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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le gouvernement souhaite qu’Ilmars Rimsevics, soupçonné d’avoir reçu un pot-de-vin de 100 000 euros et arrêté ce week-end, cesse d’exercer ses fonctions.
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Le gouverneur de la Banque centrale de Lettonie soupçonné de corruption

Le gouvernement souhaite qu’Ilmars Rimsevics, soupçonné d’avoir reçu un pot-de-vin de 100 000 euros et arrêté ce week-end, cesse d’exercer ses fonctions.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 15h50
   





                        



   


Le gouverneur de la Banque centrale de Lettonie, Ilmars Rimsevics, a été arrêté ce week-end par le Bureau national anticorruption (KNAB). Il est soupçonné d’avoir reçu un pot-de-vin de 100 000 euros, rapportent les médias lettons.
Le chef du KNAB, Jekabs Straume, a confirmé, lundi à la presse, qu’une procédure judiciaire a été ouverte à l’égard d’un haut fonctionnaire et d’une personne privée, sans donner de noms. Il a ajouté que ces accusations « ne permettaient pas au fonctionnaire de continuer d’exercer ses fonctions ».
M. Rimsevics, qui est à la tête de la Banque centrale de Lettonie depuis 2001, avait été interpellé ce week-end par le KNAB, qui l’a longuement interrogé et a procédé à des perquisitions dans sa résidence et à son bureau.
Son avocat a demandé à la justice de libérer son client sous caution. La somme, fixée à 100 000 euros, a déjà été versée par un ami du gouverneur. Si la justice accepte sa demande, M. Rimsevics pourrait être libéré lundi soir.
Pressions pour une démission
Le premier ministre letton, Maris Kucinskis, a annoncé, lundi à l’issue d’une réunion extraordinaire de son cabinet, que M. Rimsevics devrait interrompre l’exercice de ses fonctions lorsqu’il serait remis en liberté sous caution.
La ministre des finances, Dana Reizniece-Ozola (Verts-Agriculteurs), avait aussi estimé dimanche que le gouverneur devrait quitter ses fonctions « pendant la durée de l’enquête menée par la KNAB ».
De son côté, la présidente de la commission parlementaire de la sécurité nationale, Inese Libina-Egnere, a déclaré, lundi, que le gouverneur devrait démissionner, faute de quoi le Parlement étudiera d’autres moyens de le démettre.
Gel des paiements à la banque ABLV Bank
Par ailleurs, la Banque centrale européenne a annoncé avoir imposé un gel des paiements à la troisième banque commerciale en Lettonie, ABLV Bank, dont la situation s’est fortement dégradée depuis des accusations de blanchiment d’argent venant de Washington.
Cette mesure constitue une première pour la BCE depuis la création en son sein du poste de superviseur des grandes banques en zone euro fin 2014. Le réseau de lutte contre le crime financier du département du Trésor américain accuse ABLV Bank de blanchiment d’argent et d’implication dans des programmes illégaux de développement d’armes en Corée du Nord.
Depuis, la troisième banque en Lettonie a vu son accès au système financier coupé, menaçant à court terme sa survie malgré une situation financière confortable. Le chef du KNAB, Jekabs Straume, a précisé que les accusations américaines « ne sont pas liées de quelque façon avec la procédure pénale en cours actuellement » contre Ilmars Rimsevics.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Même si de nombreux Polonais ont dénoncé les camps d’extermination et soutenu des juifs, il n’empêche : exactions, délations, participations à l’extermination ont aussi été le fait de Polonais, marqués par un antisémitisme religieux, rappellent deux responsables de la Maison d’Izieu, Hélène Waysbord et Thierry Philip.
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Pologne : « On assiste à l’émergence d’un révisionnisme d’Etat »

Même si de nombreux Polonais ont dénoncé les camps d’extermination et soutenu des juifs, il n’empêche : exactions, délations, participations à l’extermination ont aussi été le fait de Polonais, marqués par un antisémitisme religieux, rappellent deux responsables de la Maison d’Izieu, Hélène Waysbord et Thierry Philip.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 13h05
    |

Hélène Waysbord (Présidente d'honneur de la Maison d'Izieu, écrivaine) et Thierry Philip (Président de la Maison d'Izieu)







                        



                                


                            

Située au cœur de l’espace européen, la Pologne incarne de façon emblématique l’histoire de notre continent. L’histoire d’une division constante au gré des ambitions des puissances voisines, d’un asservissement sans précédent par les régimes tyranniques du XXe siècle, le nazisme et le stalinisme, au point d’y perdre son autonomie, son identité même.
Une tache noire, indélébile marque à jamais la carte géographique de ce pays, celle des camps d’extermination, dont Auschwitz-Birkenau. Trente ans plus tard la naissance [du syndicat] Solidarnosc marquait le réveil de la liberté et de la démocratie. C’est tout le sens de notre histoire à nous Européens et de l’idéal qui nous a portés après 1945 : plus jamais ça !

Au début de notre siècle l’intégration de ce pays à l’Union européenne mettait un terme à une histoire de tourments et de combats pour qu’il existe enfin dans son unité. Or l’atteinte à cette histoire résulte aujourd’hui de décisions prises par les responsables du gouvernement actuel avec une détermination sans limites et surtout pas celles de la vérité.
Les « justes » plus nombreux qu’ailleurs
Faut-il refuser de nommer les lieux d’extermination « camps polonais de la mort » ? Oui, ce refus est justifié. Les camps furent édifiés ou transformés par les envahisseurs nazis. Oui, une large part des Polonais ont été victimes de la répression : politiques, résistants, ouvriers, enfermés dans les camps ou déportés en Allemagne.
Oui des Polonais ont fait preuve de compassion et sauvé des juifs. Le nombre de justes y est plus important que nulle part ailleurs mais n’oublions pas que le nombre des juifs polonais l’était aussi. La majorité du million et demi de juifs exterminés à Auschwitz était polonaise.

Il n’empêche : exactions, délations, participations à l’extermination ont aussi été le fait de Polonais, marqués par un antisémitisme religieux. Ceci contre une population juive installée depuis bien longtemps,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’historien turc Levent Yilmaz dénonce la condamnation à la prison à perpétuité par un tribunal turc des deux fils du romancier Çetin Altan, vendredi 16 février, et appelle l’Union européenne à se ressaisir.
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Turquie : « Y aura-t-il une Angela Merkel pour les frères Altan ? »

Dans une tribune au « Monde », l’historien turc Levent Yilmaz dénonce la condamnation à la prison à perpétuité par un tribunal turc des deux fils du romancier Çetin Altan, vendredi 16 février, et appelle l’Union européenne à se ressaisir.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 13h03
    |

Levent Yilmaz (Historien, résident à l'Iméra (Institut d’études avancées))







                        



                                


                            
Tribune. Le 2 février 2009, s’est déroulée une cérémonie à l’église Sainte Irène, la plus ancienne église d’Istanbul, désacralisée et désormais dévouée aux concerts, cérémonies et expositions. Sur la scène, le premier ministre turc de l’époque, Recep Tayyip Erdogan. Il était là pour décerner le grand prix pour les arts et la culture du ministère de la culture. Son discours débuta par ces paroles : « Il n’était nullement facile d’accepter les différences et la diversité en Turquie ; les préjugés rigides et les attitudes intolérantes avaient clôturé la pensée et son expression ; la Turquie en était victime. »
En 1968, au beau milieu du Parlement, Çetin Altan, député socialiste, avait été lynché
Le lauréat du grand prix était le grand romancier Çetin Altan. Un geste symbolique de la part de la République, car Çetin Altan, né en 1927, était un journaliste et romancier socialiste très influent. Il fut parmi les quinze premiers députés socialistes du Parlement entre 1965 et 1969. En 1968, au beau milieu du Parlement, il avait été lynché et avait failli perdre son œil. A l’époque du coup d’Etat de 1971, il avait été arrêté, condamné et avait passé deux ans de sa vie en prison. Ce fut le cas de nombreux autres écrivains de la Turquie moderne, à commencer par Nazim Hikmet et Yaşar Kemal. Lui rendre un hommage en lui décernant le Grand Prix, était une sorte de demande de pardon de l’Etat aux opposants, même les plus farouches.

Erdogan poursuivit : « Ce genre de cérémonie offre la possibilité d’une autocritique. La vie de Çetin Altan a été traversée par des tempêtes, des ouragans. Il a mis en avant une critique souriante mais féroce, enrobée d’intelligence, de la culture. Nous ne pouvons pas progresser sans la raison critique. Il faut qu’on apprenne à tolérer la critique ; nous ne pouvons pas réaliser notre pari de civilisation sans la liberté d’expression, sans la pensée, l’écriture et la liberté de parole. Le fondement de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Droits d’auteur, financement, diffusion : un collectif de cinéastes européens, dont les frères Dardenne, Cédric Klapisch et Ken Loach, listent dans une tribune au « Monde » leurs priorités à l’heure où la Commission de Bruxelles doit rendre des arbitrages sur sa politique médias.
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« Une vision et une ambition politique fortes pour le cinéma européen »

Droits d’auteur, financement, diffusion : un collectif de cinéastes européens, dont les frères Dardenne, Cédric Klapisch et Ken Loach, listent dans une tribune au « Monde » leurs priorités à l’heure où la Commission de Bruxelles doit rendre des arbitrages sur sa politique médias.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 11h13
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. La culture européenne est la mise en commun de toutes les singularités, façons d’être et de voir, traditions, langues et histoires propres à chaque pays. A l’heure du Brexit et des nationalismes montants, l’Europe doit comprendre que sa force demeure dans sa capacité de dialogue entre union et identités spécifiques. C’est notre force et non pas notre faiblesse : ne pas comprendre cette dualité nous mènera à notre perte.
Cinéastes, nous portons le projet d’une véritable Europe de la création, guidée par l’exception culturelle. Nous sommes convaincus que le numérique est une chance immense pour la création et la circulation des œuvres : la diversité peut ainsi être exposée dans chaque Etat membre, auprès de tous les spectateurs. Il n’y a pas de petit ou grand Etat européen de la création ; il y a une formidable richesse de regards.
L’ère du numérique, des nouvelles technologies et des nouveaux usages doit être l’occasion de proposer une vision et une ambition politique fortes ! Alors que des arbitrages politiques aux conséquences importantes vont être rendus cette année, nous, cinéastes européens, rappelons ce qui constitue pour nous des priorités.
Une juste rémunération des auteurs
La lutte contre le piratage est une priorité absolue, commune aux institutions européennes et aux Etats membres. Chaque œuvre et chaque travail consenti pour l’accomplissement de cette œuvre ont une valeur ! Une grande Europe de la création est possible si nous affirmons, au cœur de l’économie numérique, la défense de droits fondamentaux, et un partage de valeurs équilibré entre tous les acteurs de la chaîne.
Le projet de directive sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique est une occasion unique d’assurer aux auteurs une rémunération juste, proportionnelle et inaliénable lorsque leurs films et œuvres audiovisuelles sont regardés sur des plates-formes numériques. Il est temps de mettre en place un mécanisme européen...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Zoom sur le parcours d’intégration en France de trois hommes originaires du Soudan et d’Erythrée du groupe de réfugiés que « Le Monde » suit dans le cadre du programme Les nouveaux arrivants.
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Hassan, Ahmed et Alsadig, réfugiés à Vichy, mais pas encore citoyens français lambda

Zoom sur le parcours d’intégration en France de trois hommes originaires du Soudan et d’Erythrée du groupe de réfugiés que « Le Monde » suit dans le cadre du programme Les nouveaux arrivants.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 12h23
    |

            Maryline Baumard (Vichy, envoyée spéciale)








                        



   


Trente mois de France, déjà ! Ils s’appellent Hassan, Alsadig et Ahmed ; sont arrivés à Paris à l’été 2015. Les trois Africains, qui font partie d’un groupe de réfugiés dont Le Monde suit l’intégration en France dans le cadre du programme Les nouveaux arrivants, s’impatientent un peu, à Vichy, de n’être pas encore des ­citoyens lambda, anonymes dans la ville. En ce début 2018, Hassan, 37 ans, est le seul de ce trio à travailler. Chaque matin, il prend sa voiture et file, vers les champs des Jardins de Cocagne, l’entreprise d’insertion qui l’a embauché en juillet 2017. De l’aveu de son patron, Alexandre Mondet, « Hassan est autonome. Il comprend très bien le français, s’exprime de mieux en mieux ». Une sacrée reconnaissance pour le salarié qui bientôt se trouvera un emploi non fléché.
Enfin, « pas tout de suite », freine un peu son patron. « Il manque encore quelques codes à Hassan. Le plus difficile : les codes culturels », explique celui qui vient non seulement de refuser un après-midi à l’Erythréen pour faire réparer sa voiture, mais lui a en prime expliqué que ce genre d’autorisation ne se demande pas à un employeur.
Pour M. Mondet, la demande d’Hassan est « normale », sa réponse à lui, aussi. C’est ce dialogue et cet apprentissage que permet un travail en insertion. Cet habitué des publics éloignés de l’emploi – selon l’expression consacrée – estime que deux années d’insertion sont en général nécessaires avant d’être prêt à travailler chez un patron classique en ayant toutes ses chances d’y réussir et d’y être bien.
« Bureaucratie infertile »
Alsadig et Ahmed, eux, n’en sont pas encore à la case « travail », et, même si tous deux s’expriment bien et ont déjà « compris » la France, ils ont surtout vu où se trouvent les nœuds. « Il est difficile de commencer à travailler. Pourtant nous en avons envie », vient d’ailleurs d’écrire le groupe de réfugiés soudanais de Vichy à leur députée La République en marche, Bénédicte Peyrol, pour partager avec l’élue la condition de réfugié en France en 2018.
De la France, tous trois ont d’abord senti la froideur du bitume parisien, connu les trottoirs en guise de matelas, avant de se retrouver dans le squat du lycée Jean-Quarré, dans le 19e arrondissement. Et puis, en octobre 2015, un matin à l’aube, des bus les ont évacués vers Varennes-sur-Allier et son centre d’accueil et d’orientation (CAO). « On a passé plusieurs mois là avant d’arriver à Vichy, où on a été hébergés comme demandeurs d’asile, puis comme réfugiés, et où finalement on a commencé à faire nos premiers pas vers l’autonomie », résume Ahmed, 27 ans.

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Pour lui, la plus grosse galère a été le logement. Il vient juste de s’installer, alors qu’il cherchait ­depuis des mois un studio. Entre les propositions de marchands de sommeil et les loueurs qui ont peur du statut de réfugié, le jeune homme a dû être hébergé par une citoyenne solidaire entre la fin de son placement en foyer de demandeur d’asile et son emménagement récent. Outre cette difficulté, qu’il lui aurait été ­difficile de surmonter seul, Ahmed a aussi connu les galères de ce que le ­courrier à la députée qualifie de « bureaucratie infertile ».
Pour pouvoir bénéficier d’une formation, le jeune homme devait valider sa demande sur son espace personnel du site en ligne Pôle emploi. Sauf qu’Ahmed n’avait ni ordinateur ni connexion Internet. Il a essayé de créer cet espace virtuel avec son téléphone portable, en vain. Et sans un coup de pouce amical, il ne serait sans doute toujours pas inscrit à la formation FIMO (Formation initiale minimale obligatoire), sésame pour conduire des poids lourds en France. « Il était bloqué et plus rien ne se passait », s’agace Pablo Aiquel, un Vichyssois solidaire qui l’a aidé à faire installer une connexion ­Internet dans son appartement.
Retisser un lien
D’ici peu, le jeune homme, qui a appris très rapidement le français grâce au dévouement des bénévoles, va retrouver le plaisir d’être occupé toute la journée. Un ­changement qu’il attend avec impatience, lui qui, hormis les deux cents heures de cours de français de l’Office français de l’immigration et de l’intégration et les douze heures de contrat d’intégration républicaine, a surtout appris la France et le français grâce à ses amitiés vichyssoises, au bénévolat et aux coups de mains précieux d’Issam Othman, premier Soudanais qui se soit installé là, en 2001.
Alsadig, lui, s’est senti « un peu bloqué tant qu’il ne savait pas s’il obtiendrait le statut de réfugié ». Une fois ce cap franchi, il a mis l’accélérateur et réalisé des progrès très rapides en français. « Parce que je devais ça à la France qui m’a accordé sa protection. Avant le statut, je n’étais pas vraiment prêt à progresser, même si j’aimais les cours de Marie, Bernard ou Claudine [bénévoles du Réseau Vichy solidaire] », analyse Alsadig. Son rêve à lui, c’était de retisser un lien avec son passé perdu, et de devenir électricien parce qu’il avait « fait ce travail au Soudan ». Un souhait en train de se concrétiser depuis sa rencontre avec Pierre-Martin Aubelle.
Le directeur des Clés de l’atelier, une petite entreprise lyonnaise de formation aux métiers du bâtiment, a lu sur le site du Monde.fr le rêve de ce garçon de 27 ans. Il l’a joint et lui a proposé de l’inscrire avec un autre réfugié à l’une de ses formations. Comme Alexandre Mondet, des Jardins de Cocagne, Pierre-Martin Aubelle est habitué aux publics « éloignés de l’emploi », sait les étapes qu’il faut franchir une à une vers l’autonomie, et aime baliser ce chemin pas si ­facile mais nécessaire pour avancer. Tous deux prennent pour la ­première fois un réfugié.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ L’ex-ministre de l’intégration estime que la lutte contre le racisme doit être une priorité, y compris en période de campagne électorale.
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En Italie, « l’instrumentalisation de la question de l’immigration peut mener jusqu’à des crimes racistes »

L’ex-ministre de l’intégration estime que la lutte contre le racisme doit être une priorité, y compris en période de campagne électorale.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 11h05
    |

            Christophe Ayad et 
                                Sophie Malibeaux (RFI)








                        



   


Cécile Kyenge, membre du Parti démocrate (PD) de Matteo Renzi et eurodéputée sociale-démocrate, a été la première femme noire à occuper un poste de ministre – de l’intégration – en Italie, au sein du gouvernement Letta (avril 2013-février 2014). Visée par des insultes racistes, y compris au sein du personnel politique, et des menaces de mort, elle vit sous protection policière lorsqu’elle est en Italie. Elle était à Paris, dimanche 18 février, sur le plateau de TV5Monde.
Quelle est votre réaction à la fusillade de Macerata ?
Dans ce drame, la plus grande responsabilité est portée par les partis, en particulier la Ligue du Nord, à laquelle appartenait l’auteur de la fusillade, qui a été candidat aux municipales sur leur liste. L’instrumentalisation de la question de l’immigration peut mener jusqu’à des crimes racistes, comme à Macerata.
Faut-il interdire certains partis ?
La liberté d’expression a des limites. On ne peut pas accepter que des partis qui élaborent les lois tiennent des discours ouvertement racistes. C’est contraire à notre Constitution. Je me suis constituée partie civile dans une vingtaine d’affaires pour racisme depuis 2014. J’ai volontairement sélectionné des cas où sont en cause des responsables politiques ou des personnes responsables d’institutions. Tout le pays doit prendre conscience de ce danger. Le jour où je n’aurai plus besoin de garde du corps en raison de ma couleur de peau, cela voudra dire que les choses vont mieux.
Après Macerata, on a beaucoup moins entendu la gauche et le gouvernement que la droite et l’extrême droite…
Je suis allée manifester à Macerata, contre l’avis de mon propre parti politique, qui n’a pas voulu que cette affaire soit instrumentalisée dans le cadre de la campagne. Mais je considère la lutte contre le racisme comme une priorité, même en campagne électorale. Salvini dit que Macerata c’est de la faute du gouvernement, je dis que c’est de la faute de la droite. La loi en vigueur sur l’immigration a été écrite par MM. Bossi et Fini, elle a eu pour conséquence de pousser beaucoup de personnes dans la clandestinité.
Silvio Berlusconi s’est allié à la Ligue du Nord et à Fratelli d’Italia, deux partis d’extrême droite, au sein d’une coalition. Reste-t-il fréquentable ?
Berlusconi est un modéré, mais ses alliés sont des extrémistes. La Ligue du Nord a toujours instrumentalisé l’immigration, je ne parle même pas de Fratelli d’Italia. Le problème, c’est que Berlusconi est en difficulté.
Le PD doit-il tendre la main à Berlusconi après les élections du 4 mars, afin de former une coalition ?
En pleine campagne, personne ne peut dire cela. Mais je suis sûre que, le 5 mars, on devra chercher à parler avec Berlusconi, sans les deux autres partis de la droite, dont on ne partage pas les valeurs. On va se retrouver face à la question d’une grande coalition.
Y compris avec le Mouvement 5 étoiles (M5S) ?
Ça dépend. Il faut voir sur quelle base nous pouvons avoir des convergences. Ce sera plus un problème pour le M5S que pour nous, car ils disent qu’ils veulent gouverner seuls. Il faut aussi que Luigi Di Maio soit cohérent. Il dit certaines choses hors de son pays et d’autres en Italie. Il y a un peu de tout dans le M5S.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le parti d’extrême droite multiplie les provocations et se rapproche du mouvement anti-islam Pegida.
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Allemagne : la « stratégie de la haine » de l’AfD

Le parti d’extrême droite multiplie les provocations et se rapproche du mouvement anti-islam Pegida.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 10h33
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            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

L’extrême droite allemande est à l’offensive. Resté relativement discret dans les semaines qui ont suivi les élections législatives du 24 septembre 2017, lors desquelles 94 de ses candidats sont entrés au Bundestag, le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) est de nouveau, depuis quelques jours, au cœur du débat politique outre-Rhin.
En cause, les récentes déclarations d’André Poggenburg, le chef de l’AfD dans le Land de Saxe-Anhalt. Mercredi 14 février, lors d’une réunion publique, celui-ci s’en est pris aux Turcs vivant en Allemagne, les qualifiant de « marchands de cumin » et de « chameliers ». Ceux-ci, a-t-il déclaré, « doivent retourner là d’où ils viennent : au-delà, très au-delà du Bosphore, là où se trouvent leurs huttes en terre et leurs familles polygames ».
Ces propos ont provoqué de nombreuses réactions. Le président de la République, Frank-Walter Steinmeier, a dénoncé une « stratégie de la haine ». L’organisation représentant la communauté turque en Allemagne a annoncé qu’elle portait plainte pour incitation à la haine raciale. De nombreux responsables politiques, de gauche et de droite, ont également fait part de leur indignation.
Les déclarations de M. Poggenburg ne sont pas fortuites. Elles s’inscrivent dans une stratégie délibérée de rapprocher l’AfD du mouvement islamophobe Pegida, fondé à Dresde fin 2014 pour dénoncer « l’islamisation de l’Occident ». Officiellement, l’AfD n’entretient aucun lien avec cette organisation. « Notre coupure actuelle avec Pegida résulte des décisions regrettables de notre ancienne direction. Il est temps que nous nous libérions de cette interdiction », a déclaré M. Poggenburg, faisant allusion à Frauke Petry, l’ancienne chef de l’AfD, qui avait imposé qu’aucun membre du parti ne prenne la parole au nom de celui-ci lors des manifestations de Pegida. En désaccord avec la ligne de plus en plus radicale de l’AfD, Mme Petry a quitté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le premier ministre israélien annonce une rencontre entre les deux pays pour discuter de la loi mémorielle polonaise.
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Nétanyahou condamne les propos du premier ministre polonais sur la Shoah

Le premier ministre israélien annonce une rencontre entre les deux pays pour discuter de la loi mémorielle polonaise.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 10h17
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 10h18
    |

            Thomas Wieder (Munich, envoyé spécial)








                        



   


La question a été posée par le journaliste d’investigation israélien Ronen Bergman, qui travaille au quotidien Yediot Aharonot et collabore au New York Times. Elle s’adressait au premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, qui assistait, samedi 17 février, à la 54e conférence de Munich sur la sécurité. Son objet : la loi mémorielle controversée, adoptée récemment à Varsovie, qui pénalise « l’attribution à la nation ou à l’Etat polonais, en dépit des faits, de crimes contre l’humanité ».
« Si je raconte l’histoire de ma mère en Pologne, je serai considéré comme un criminel. Que cherchez-vous à faire, au juste ? », a demandé M. Bergman, fils d’une rescapée de la Shoah, déclenchant un tonnerre d’applaudissements.
Sur la scène, assis à côté du chancelier conservateur autrichien, Sebastian Kurz, arrivé au pouvoir en même temps que lui, en décembre 2017, et dirigeant d’un gouvernement auquel participe l’extrême droite, M. Morawiecki a répondu calmement. « Ce ne sera pas punissable, ce ne sera pas regardé comme criminel de dire qu’il y eut des exécuteurs polonais, de même qu’il y eut des exécuteurs juifs, des exécuteurs russes, des exécuteurs ukrainiens, et pas seulement des exécuteurs allemands », a-t-il affirmé, employant le mot anglais perpetrator, utilisé dans l’historiographie pour désigner ceux qui ont activement participé à l’extermination des juifs.
Réécrire l’histoire
Ces déclarations sont venues rappeler que le gouvernement dirigé par le parti nationaliste Droit et justice (PiS) est bien déterminé à réécrire l’histoire pour en faire un récit dans lequel la Pologne ne serait qu’héroïque et martyre.

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                A Munich, le premier ministre polonais défend la loi controversée sur la mémoire de la Shoah



Présent lui aussi à Munich, Benyamin Nétanyahou a qualifié de « scandaleux », dès samedi après-midi, les propos tenus par son homologue polonais quelques heures plus tôt. Il s’est toutefois gardé d’y faire allusion dans le discours qu’il a prononcé, dimanche matin, à la tribune de la conférence de Munich.
Ce silence est révélateur. Il montre que M. Nétanyahou n’entend pas faire de cette affaire un motif de rupture avec Varsovie, et ce malgré l’indignation provoquée en Israël par la politique mémorielle du gouvernement polonais. Une indignation rappelée par les croix gammées qui ont été découvertes, dimanche, sur l’entrée de l’ambassade de Pologne à Tel-Aviv.
Le communiqué publié par les services du premier ministre israélien, dimanche après-midi, est venu confirmer que celui-ci souhaite éviter toute surenchère. Certes, on peut y lire que M. Nétanyahou s’est entretenu avec M. Morawiecki au téléphone pour lui dire que ses déclarations étaient « inacceptables » dans la mesure où « il n’y a pas lieu de comparer les actes des Polonais et des juifs durant la Shoah ».

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                Pologne : le président Duda approuve la loi controversée sur la Shoah



Mais on y apprend également que « les deux hommes se sont mis d’accord pour que leurs pays continuent à discuter du sujet et qu’ils souhaitent pour cela que leurs équipes se rencontrent prochainement ». Une façon d’affirmer que la relation entre Israël et la Pologne n’est pas prisonnière d’une interprétation de l’histoire, aussi contestée fût-elle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Lundi, l’Eurogroupe choisit le futur vice-président de la Banque centrale européenne. C’est le premier des quatre postes-clés qui se libéreront à la tête de l’institution ces deux prochaines années, dont celui de son président, Mario Draghi.
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Le jeu de chaises musicales à la tête de la BCE est ouvert

Lundi, l’Eurogroupe choisit le futur vice-président de la Banque centrale européenne. C’est le premier des quatre postes-clés qui se libéreront à la tête de l’institution ces deux prochaines années, dont celui de son président, Mario Draghi.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 10h03
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 15h31
    |

            Marie Charrel et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Peu de citoyens européens le mesurent, et pourtant, cette nomination aura une influence déterminante sur leur vie, comme sur les politiques économiques menées ces prochaines années au sein de l’union monétaire. Lundi 19 février, les ministres des finances de la zone euro devaient choisir le futur vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), en remplacement du Portugais Vitor Constâncio, dont le mandat arrive à échéance en mai. L’Espagnol Luis de Guindos, actuel ministre des finances du gouvernement Rajoy, partait favori. La décision finale sera prise par les chefs d’Etat, probablement lors du conseil des 22 et 23 mars – ils devraient se contenter d’entériner la recommandation de leurs ministres.
D’ici à 2020, pas moins de quatre des six membres du directoire, l’organe exécutif de la BCE, seront remplacés. Y compris son président, Mario Draghi, fin 2019. Selon les traités, le seul critère de sélection des candidats est leur « autorité et expérience professionnelle dans le domaine monétaire ou bancaire ». Mais, dans les faits, le choix est le résultat d’un marchandage politique complexe, où la nationalité entre en jeu, tout comme l’équilibre entre les différentes sensibilités, ainsi qu’entre le nord et le sud de la zone euro. Naturellement, chaque capitale avance ses pions pour gagner en influence. La nomination du vice-président est donc cruciale, car elle déterminera en partie toutes les autres.

M. de Guindos convoite le poste depuis « au moins un an », assure un décideur européen. Il y tient d’autant plus qu’il a déjà essuyé un cuisant échec : il s’était positionné pour la présidence de l’Eurogroupe, en 2015, mais le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem avait finalement été renouvelé. Membre du Parti conservateur, ministre des finances de son pays depuis fin 2011, M. de Guindos jouit d’une bonne reconnaissance à Bruxelles, où on le crédite du redressement de l’Espagne. Avec le premier ministre, Mariano...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Pierre Achour et Paul Elie Lévy estiment qu’il est temps de reconnaître que le nombre de réfugiés va augmenter dans les décennies à venir, et de s’y préparer en associant les populations et décideurs locaux.
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Pour les migrants, construisons des « villages de solidarité internationale »

Dans une tribune au « Monde », Pierre Achour et Paul Elie Lévy estiment qu’il est temps de reconnaître que le nombre de réfugiés va augmenter dans les décennies à venir, et de s’y préparer en associant les populations et décideurs locaux.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 13h08
    |

Pierre Achour (Ancien directeur de l’Institut de formation et de recherche en action sociale (Ifras) de Nancy) et Paul Élie Levy (Ancien directeur ...







                        



                                


                            
Tribune. La France trompe son monde avec son double discours : envolées grandiloquentes sur la tradition de l’accueil français, d’une part ; chasse à l’immigré et pratiques administratives crispées et impitoyables, de l’autre.
Cette hypocrisie a conduit – mécaniquement – à une formidable concentration des pressions migratoires sur nos voisins. Les conséquences politiques de cette défausse de l’accueil sur nos partenaires ont été délétères. Car si les gouvernements français avaient su se montrer solidaires de l’Allemagne, qui a accueilli plus d’un million de réfugiés, l’extrême droite allemande n’aurait jamais peut-être atteint de tels scores aux élections législatives. L’analyse vaut probablement également pour l’Autriche.
Conditions misérables de l’accueil
Mais aujourd’hui, après le « oui, mais non » du président à Calais, il est à craindre que les autorités françaises ne se préparent une fois encore à faillir. L’effort annoncé par Emmanuel Macron pour les prochaines années est en effet dérisoire, comparé aux prévisions d’accueil annoncées par nos partenaires, pour les prochaines années.
En France, des citoyens, des associations se mobilisent pour dénoncer le scandale des traitements infligés aux réfugiés aux frontières du pays. Et des conditions misérables de l’accueil qui leur est proposé. Mais si le gouvernement leur donne toutes les raisons de manifester leur incompréhension et leur rage, il leur cache ce qu’il a du mal à assumer : l’absolue nécessité d’augmenter de manière considérable nos capacités d’accueil.
La première étape, urgentissime, consiste au désengorgement des structures d’accueil grecques et italiennes.
La première étape, urgentissime, consiste à envoyer les cars, les trains et les avions nécessaires au désengorgement des structures d’accueil grecques et italiennes. Mesure de solidarité immédiate, fraternelle, à la hauteur de ce panache, demandée récemment par la lauréate du prix Goncourt, Leïla Slimani.
Ces...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ La Ligue du Nord, antieuropéenne et anti-immigrés, s’impose chaque jour un peu plus comme la force montante du paysage politique transalpin.
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Article sélectionné dans La Matinale du 18/02/2018
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En Italie, la droite penche de plus en plus à droite

La Ligue du Nord, antieuropéenne et anti-immigrés, s’impose chaque jour un peu plus comme la force montante du paysage politique transalpin.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 10h08
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Comme deux vieilles gloires en tournée reprendraient un pot-pourri de leurs succès passés. L’inamovible Bruno Vespa, 73 ans, aux commandes de Porta a porta, le talk-show politique de la Rai 1, recevait, mercredi 15 février, Silvio Berlusconi, 81 ans, quatre fois premier ministre, en lice pour un nouveau retour aux affaires. Le présentateur l’a assis devant un bureau, et, tout sourire, l’a invité à signer, devant les caméras, son « engagement pour les Italiens ».
Les duettistes s’étaient livrés à la même mise en scène il y a presque dix-sept ans, en mai 2001, quelques jours avant des élections qui allaient porter une deuxième fois M. Berlusconi au pouvoir. Sûr de lui et de sa victoire prochaine, le Cavaliere avait imaginé la signature d’un « contrat avec les Italiens », en direct à la télévision. L’image avait marqué les esprits.
Le clin d’œil est tellement appuyé que personne n’aura eu besoin de décoder le message. En rejouant cette scène emblématique, l’ancien premier ministre entend installer comme une évidence l’idée qu’il est bien de retour. De fait, avec 35 % à 38 % d’intentions de vote, la coalition de droite qu’il dirige devrait se retrouver en tête au soir des élections législatives du 4 mars. Il ne lui est pas interdit de rêver à une majorité absolue.
Mais de même que le plus habile des chirurgiens esthétiques n’arrivera jamais à effacer complètement les signes du temps qui passe, cette volonté d’assurer aux Italiens que rien n’a changé masque difficilement le fait que cette coalition n’a pas grand-chose de commun avec ses devancières.

Silvio Berlusconi est entré en politique en 1994, à la tête d’une formation créée de toutes pièces, Forza Italia, alliée aux postfascistes d’Alliance nationale et aux régionalistes de la Ligue du Nord. Forza Italia était alors le pivot de l’alliance, en même temps que sa composante la plus importante (le parti avait atteint les 29 % des voix à lui seul en 2001)....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ L’ancien directeur de l’ONG britannique Oxfam en Haïti a reconnu avoir fait venir en 2011 des prostituées au domicile financé par l’organisation, lit-on dans les conclusions d’une enquête interne.
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Oxfam en Haïti : une mission entachée par la prostitution et l’intimidation

L’ancien directeur de l’ONG britannique Oxfam en Haïti a reconnu avoir fait venir en 2011 des prostituées au domicile financé par l’organisation, lit-on dans les conclusions d’une enquête interne.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 06h01
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 13h48
   





                        


L’ancien directeur d’Oxfam en Haïti, au centre d’un scandale mondial d’abus sexuels, a reconnu qu’il avait eu des rapports tarifés avec des prostituées dans des locaux financés par l’organisation, selon un rapport établi en 2011 par l’organisation non gouvernementale (ONG) à l’issue d’une enquête interne et rendu public lundi 19 février.
Avec deux autres responsables de l’organisation, le Belge Roland van Hauwermeiren, 68 ans, avait dû démissionner à la suite d’allégations selon lesquelles les trois hommes avaient acheté les services de jeunes prostituées lors de leur mission en Haïti, après le séisme dévastateur de 2010.
M. Van Hauwermeiren s’était défendu la semaine dernière en affirmant qu’il n’avait pas organisé d’orgies avec de jeunes prostituées et qu’il n’était « jamais entré dans un bordel » en Haïti. Dans une lettre publiée par des médias belges, il avait seulement reconnu avoir eu des rapports sexuels avec une « femme honorable et mature », et maintenu qu’il ne lui avait pas versé d’argent.

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                « C’est aux Haïtiens qu’Oxfam doit rendre compte »



Menaces physiques et intimidations
Or, selon le rapport interne de 2011, qu’Oxfam a rendu public lundi dans une version partiellement censurée, le responsable belge avait admis avoir eu des rapports avec des prostituées à son domicile haïtien, qui était financé par Oxfam. L’ONG avait alors choisi de proposer à son responsable en Haïti un « départ digne, à condition qu’il coopère pleinement avec le reste de l’enquête ».
Le rapport interne de 2011 avait conclu « qu’aucune des allégations initiales de fraude, népotisme ou recours à des prostituées mineures n’avait pu être étayée par l’enquête » mais qu’il ne « pouvait être exclu », cependant, que l’une au moins des prostituées fût mineure.
Selon le rapport, sept employés d’Oxfam en Haïti ont quitté l’ONG dans le cadre de l’enquête. Outre le recours à des prostituées, certains étaient également mis en cause pour harcèlement et intimidation, envers d’autres membres du personnel notamment. Quatre ont été licenciés pour « faute grave ». Trois des suspects ont également « menacé physiquement et intimidé » un des quarante témoins entendus.
Oxfam dit avoir choisi de rendre public ce rapport pour « être aussi transparente que possible quant aux décisions prises durant l’enquête ». Elle affirme avoir communiqué aux autorités compétentes les noms des personnes soupçonnées et a promis qu’elle adresserait lundi une version intégrale du rapport aux autorités haïtiennes, qui ont annoncé vouloir mener leur propre enquête.
Polémique d’ampleur mondiale
Oxfam a dévoilé vendredi un plan d’action pour empêcher de nouveaux abus sexuels et tenter ainsi d’apaiser la polémique d’ampleur mondiale. Dans cette affaire, l’ONG s’est également vu reprocher d’avoir laissé les salariés incriminés rejoindre d’autres ONG, sans mise en garde. Après Oxfam, Roland van Hauwermeiren avait ainsi rejoint l’ONG française Action contre la faim au Bangladesh. Cette dernière a déploré de ne pas avoir été prévenue.
Ayant dans un premier temps jugé le scandale « hors de proportion » par rapport à la réalité des faits commis, le directeur général d’Oxfam Grande-Bretagne, Mark Goldring, a admis dimanche que son organisation aurait dû jouer franc jeu. Les premières révélations sur les agissements des employés d’Oxfam en Haïti en avaient entraîné d’autres, notamment sur des abus au Soudan du Sud et au Liberia.

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                Oxfam : portrait d’un géant de l’humanitaire



Le scandale s’est aussi étendu à d’autres organisations humanitaires, dont Save the Children. L’ONG britannique est accusée d’avoir laissé partir sans sanction Brendan Cox, le mari de la députée assassinée Jo Cox, alors qu’il lui était reproché un comportement sexuel inapproprié envers des collègues féminines. Cox s’est excusé ce week-end et a quitté les fonctions qu’il occupait dans deux associations créées en mémoire de sa femme.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Dans une vidéo retrouvée à son domicile, Khalil Khalilov, auteur de l’attaque dimanche, prête allégeance à l’organisation Etat islamique et dit avoir voulu venger « les morts de Syrie ».
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Au Daghestan, cinq morts dans un attentat revendiqué par l’EI

Dans une vidéo retrouvée à son domicile, Khalil Khalilov, auteur de l’attaque dimanche, prête allégeance à l’organisation Etat islamique et dit avoir voulu venger « les morts de Syrie ».



Le Monde
 |    18.02.2018 à 21h59
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 15h13
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Une femme s’effondre, une autre s’enfuit en courant. Muni d’un fusil, un homme a ouvert le feu, dimanche 18 février, sur les fidèles qui sortaient d’une église orthodoxe dans la petite ville de Kizliar, située dans l’est du Daghestan, une province russe du Caucase à majorité musulmane. Diffusées depuis, les images prises par les caméras de surveillance dans une rue en apparence paisible ont jeté l’effroi. La fusillade, revendiquée par l’organisation Etat islamique (EI), a provoqué la mort de cinq femmes et blessé quatre autres personnes, deux femmes et deux policiers. L’assaillant a été abattu sur place par les forces de sécurité.
Une enquête pénale a été ouverte pour « meurtres » et « atteintes à la personne » sur des policiers, mais vingt-quatre heures après le drame, les faits n’avaient toujours pas été requalifiés en acte terroriste. Depuis l’intervention militaire russe en Syrie déclenchée en septembre 2015, les autorités répugnent à reconnaître le caractère terroriste quand des civils sont pris pour cible sur le territoire russe.
En août 2017, à Sourgout, en Sibérie occidentale, l’attaque au couteau dans la rue qui avait fait sept blessés, pourtant elle aussi revendiquée par l’EI, avait déjà été passée sous silence. Les événements de Kizliar, présentés comme l’œuvre d’un « criminel », ont été relégués sous forme de brève, dimanche soir, dans le journal télévisé de la première chaîne publique.
Lundi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a prudemment indiqué : « L’enquête continue, des vérifications sont en cours sur l’implication de l’assaillant dans des organisations extrémistes. » « En effet, a-t-il néanmoins ajouté, l’activité destructrice de certaines organisations semblables continue dans la région, y compris celles qui ont des liens avec le terrorisme international. » Le comité d’enquête chargé d’instruire le dossier a maintenu sa version criminelle sans rien changer, tout en admettant étudier « toutes les pistes, y compris un acte terroriste ».
Cette fois encore, le doute est pourtant faible. Répondant au nom de Khalil Khalilov, l’homme au fusil, âgé de 22 ans, semble bien avoir planifié son acte. Un mois exactement avant l’élection présidentielle russe, prévue le 18 mars, il a choisi pour cible un édifice chrétien où venait d’avoir lieu, vers 16 h 15, une messe à l’occasion de Maslenitsa, le dimanche gras qui annonce le début du carême orthodoxe. « Un homme avec une barbe s’est mis à tirer en criant “Allahou Akbar” (…). Dès que nous avons entendu les coups de feu, nous avons rapidement fermé les portes pour éviter qu’il ne rentre », a témoigné le père Pavel, prêtre de l’église visée rue Sovietskaïa.
Prendre pour cible le Mondial de foot
La vidéo d’un jeune homme est apparue peu après. Le visage masqué rend difficile son identification. Mais le fusil et le couteau à ses côtés correspondent exactement à ceux qui ont été retrouvés en possession de Khalil Khalilov. Dans cette vidéo trouvée lors des perquisitions à son domicile selon l’agence Interfax, l’orateur, s’exprimant en langue arabe devant un drapeau de l’EI, prête allégeance au chef de l’organisation, Abou Bakr Al-Baghdadi, et dit vouloir « venger les morts en Syrie ». Il incite aussi des musulmans à prendre pour cible, de quelque façon que ce soit, la Coupe du monde de football prévue en Russie à l’été 2018.
Le tireur de Kizliar ne figurait pas parmi les éléments radicaux recensés par la police du Daghestan. Mais selon le site d’information RBK, il faisait partie d’une « cellule dormante ». Depuis le début de l’année 2017, plus de 20 cellules dormantes ont été démantelées dans la région, indiquait en octobre le Comité national de lutte antiterroriste. Cent vingt membres appartenant à ces cellules, précisait alors cet organisme interministériel, ont été interpellés, « tous jeunes pour la plupart ».
Voisin de la Tchétchénie, le Daghestan fait aujourd’hui figure de territoire le plus instable de Russie. Les chefs de la rébellion armée islamiste, qui ont prêté allégeance depuis 2015 à l’EI, y mènent des attaques régulières, en particulier contre les forces de sécurité. Trois jours avant la fusillade de Kizliar, le 15 février, un membre des forces spéciales russes avait été tué lors d’une course-poursuite contre un homme impliqué dans une attaque à la bombe contre un convoi de policiers en décembre 2013.
Lundi, le gouverneur de ce territoire, Vladimir Vassiliev, s’est rendu sur place, en fustigeant, sans les nommer, « les ennemis du Daghestan ». « Ceux qui voulaient diviser la société multiconfessionnelle ont provoqué la réaction inverse, nous sommes encore plus unis qu’auparavant. Nous savons bien quels étaient les buts (…) mais ils ne réussiront pas », a-t-il déclaré.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ L’accord vise à permettre l’installation d’antennes relais ou d’autres matériels de transmission sur les 16 000 bâtiments détenus par les paroisses.
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Au Royaume-Uni, les églises au secours du réseau Internet

L’accord vise à permettre l’installation d’antennes relais ou d’autres matériels de transmission sur les 16 000 bâtiments détenus par les paroisses.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 17h12
   





                        



   


Plus près de toi, mon réseau. Les églises britanniques vont être mises à contribution pour renforcer la qualité du réseau internet et téléphonique en zone rurale au Royaume-Uni, selon un accord entre le gouvernement britannique et l’Église Anglicane dévoilé dimanche 18 février.
L’accord vise à permettre l’installation d’antennes relais ou d’autres matériels de transmission sur les 16 000 bâtiments détenus par les paroisses. « Des édifices datant du XVe siècle vont aider le pays à préparer son avenir et améliorer la vie des habitants en renforçant la connectivité dans certaines régions les plus difficiles d’accès », s’est réjoui le ministre en charge du numérique, Matt Hancock. L’accord garantit que les infrastructures déployées « n’affecteront pas le caractère, l’architecture, ou la dimension historique » des bâtiments utilisés.
« Développer de nouvelles formes de liens »
Selon le ministère, les deux tiers des églises d’Angleterre sont situées en zone rurale, le plus souvent à proximité des habitations, ce qui en fait des emplacements privilégiés pour améliorer les liaisons entre usagers.
L’évêque de Norwich, dans l’Est de l’Angleterre, a salué cet accord :
« Nous disposons d’un véritable réseau national d’églises, et l’utiliser de manière ingénieuse pour développer de nouvelles formes de liens améliore leur valeur auprès des communautés qu’elles servent ».
Plus de 120 églises au Royaume-Uni sont déjà équipées de matériels visant à accroitre la qualité des réseaux, que ce soit des émetteurs ou des antennes paraboliques.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Créés en 1949, les instituts Fraunhofer, qui ont pour mission la recherche appliquée et pour clients principaux les entreprises d’une région, sont moins performants pour l’innovation rapide et de rupture portée par le numérique.
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Fraunhofer, le succès du modèle allemand et ses limites

Créés en 1949, les instituts Fraunhofer, qui ont pour mission la recherche appliquée et pour clients principaux les entreprises d’une région, sont moins performants pour l’innovation rapide et de rupture portée par le numérique.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 12h12
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

C’est une des clés pour comprendre la compétitivité de l’industrie allemande et le succès à l’export de ses entreprises de taille moyenne, ancrées dans leur territoire, le fameux Mittelstand : les instituts Fraunhofer.
Créés en 1949, ces centres ont pour mission la recherche appliquée et pour clients principaux les entreprises d’une région. L’idée est de d’appliquer la recherche fondamentale produite par les universités et les autres instituts de recherche à des innovations adaptées au marché.
Au total, 69 instituts sont répartis sur le territoire allemand. Quelque 25 000 salariés, essentiellement des ingénieurs et des diplômés en sciences naturelles, y travaillent. La société Fraunhofer, qui chapeaute l’ensemble, est la plus grande organisation consacrée à la recherche appliquée d’Europe. Son nom vient du physicien et opticien allemand Joseph von Fraunhofer (1787-1826), connu pour avoir été à la fois chercheur, inventeur et entrepreneur.

Les instituts Fraunhofer se distinguent des autres instituts de recherche par le fait que les travaux y sont conduits principalement par contrat et orientés vers le résultat. Sur les 2,1 milliards d’euros de budget total, 74 % proviennent de contrats de recherche passés avec l’industrie (37 %) et des collectivités locales, l’Etat fédéral et la Commission européenne.
Exception notable de SAP
« Les instituts développent des techniques, des produits ou des installations, parfois jusqu’à leur viabilité commerciale », explique Thomas Eck, de la société Fraunhofer. Le reste (26 %) est assuré par l’Etat fédéral et les Länder, pour financer des recherches de plus long terme. Chaque institut bénéficie d’un haut degré de responsabilité sur sa spécialité de recherche et pour obtenir des contrats locaux. Ce système est un des facteurs qui a permis historiquement au Mittelstand de conserver sa souplesse et son avance technologique sur des secteurs de niche.
Fraunhofer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ 63 % des adhérents du parti ont souhaité démettre Henry Bolton, fragilisé par des propos racistes de son ex-compagne.
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Au Royaume-Uni, le leader du parti europhobe UKIP démis de ses fonctions

63 % des adhérents du parti ont souhaité démettre Henry Bolton, fragilisé par des propos racistes de son ex-compagne.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 19h32
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 02h01
   





                        



   


Le chef du parti europhobe britannique UKIP, Henry Bolton, a été démis de ses fonctions par un vote des adhérents samedi 17 février lors du congrès extraordinaire organisé à Birmingham. 63 % des adhérents se sont prononcés pour son départ. Elu en septembre 2017, M. Bolton avait fait l’objet d’un vote de défiance du comité exécutif du parti en janvier, après lequel il avait refusé de démissionner.
En cause, les propos racistes tenus par son ex-compagne visant la fiancée du prince Harry, Meghan Markle, dont le mariage avec Harry, prévu le 19 mai à Windsor, allait « souiller notre famille royale », selon les termes des SMS envoyés par Jo Marney à un ami. A la suite de la publication de ces messages, Henry Bolton avait assuré avoir mis fin à sa relation avec Jo Marney, de 29 ans plus jeune que lui, pour laquelle il avait quitté son épouse. Des photos les montrant ensemble avaient ensuite été publiées par les tabloïds britanniques.
Quel avenir pour l’UKIP ?
Déjà confronté à des difficultés financières, l’UKIP va devoir remplacer son leader pour la quatrième fois en moins de deux ans, depuis le départ du dirigeant historique Nigel Farage peu après le référendum du 23 juin 2016 qui avait décidé la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.
Une nouvelle élection doit être organisée dans les 90 jours. Pendant cette période, l’eurodéputé Gerard Batten assurera l’intérim. « Je pense qu’il sera très difficile pour le parti de survivre » à une nouvelle bataille de leadership, a déclaré Henry Bolton lors du congrès extraordinaire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ En réponse à un journaliste, Mateusz Morawiecki a évoqué, samedi, « des coupables polonais, de même qu’il y eut des coupables juifs, russes, des ukrainiens, et pas seulement des coupables allemands ».
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A Munich, le premier ministre polonais défend la loi controversée sur la mémoire de la Shoah

En réponse à un journaliste, Mateusz Morawiecki a évoqué, samedi, « des coupables polonais, de même qu’il y eut des coupables juifs, russes, des ukrainiens, et pas seulement des coupables allemands ».



Le Monde
 |    17.02.2018 à 17h10
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 18h17
    |

            Thomas Wieder (Munich, envoyé spécial)








                        



   


La question est venue du fond de la salle. Elle a été posée par le journaliste d’investigation israélien Ronen Bergman, qui travaille au quotidien Yediot Aharonot, collabore au New York Times et vient de publier une histoire du Mossad, qui fait beaucoup de bruit (Rise and Kill first. The Secret History of Israel’s Targeted Assassinations, Random House, non traduit). Elle était destinée au premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, qui assistait, samedi 17 février, à la 54e Conférence de Munich sur la sécurité.
Rappelant qu’il était lui-même le fils d’une rescapée de la Shoah, M. Bergman a interpellé M. Morawiecki sur la loi mémorielle controversée, adoptée récemment à Varsovie, qui pénalise « l’attribution à la nation ou à l’Etat polonais, en dépit des faits, de crimes contre l’humanité ». Un texte qui a suscité les protestations de plusieurs pays dont les Etats-Unis et Israël, ainsi que l’indignation des historiens du monde entier, mais dont le président polonais, Andrzej Duda, a malgré tout annoncé la promulgation, le 6 février.

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                Pologne : le président Duda approuve la loi controversée sur la Shoah



« Si je raconte l’histoire de ma mère en Pologne, je serai considéré comme un criminel. Que cherchez-vous à faire, au juste ? », a demandé M. Bergman. Dans la même salle où venaient de prendre la parole le ministre allemand des affaires étrangères, Sigmar Gabriel, la première ministre britannique, Theresa May, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et où s’apprêtait à monter à la tribune le premier ministre français, Edouard Philippe, la question a déclenché un tonnerre d’applaudissements.
« Ce ne sera pas punissable »
Assis sur la scène à côté du chancelier conservateur autrichien, Sebastian Kurz, qui est arrivé au pouvoir en même temps que lui, en décembre 2017, et dirige un gouvernement auquel participe le parti d’extrême droite FPÖ, M. Morawiecki a répondu le plus calmement du monde. « Ce ne sera pas punissable, ce ne sera pas regardé comme criminel de dire qu’il y eut des coupables polonais, de même qu’il y eut des coupables juifs, des coupables russes, des coupables ukrainiens, et pas seulement des coupables allemands », a-t-il affirmé, avant de justifier la loi portée par son gouvernement, dirigé par le parti nationaliste ultraconservateur Droit et justice (PiS).
Sur Twitter, quelques minutes plus tard, M. Bergman a commenté de ces quelques mots les propos de M. Morawiecki : « Sa réaction est incroyable. »
Le chef du gouvernement a poursuivi ses explications. « Les ambassades polonaises ont eu à réagir 260 fois pour la seule année 2017 à l’expression “camps de la mort polonais”, “camps d’extermination polonais”. Eh bien, mesdames et messieurs, il n’y a pas eu de camps de la mort polonais. Il y a eu des camps de la mort allemands nazis, et le simple fait d’avoir à l’expliquer aujourd’hui est la conséquence de notre histoire. Pendant cinquante ans après la fin de la seconde guerre mondiale, quarante-cinq pour être précis, nous n’avons pu plaider notre cause. Il n’y avait pas d’Etat polonais indépendant », a dit M. Morawiecki.
Policer l’historiographie
Insistant sur l’aide apportée par des Polonais « à leurs frères et sœurs juifs » pendant la guerre, il a conclu : « Bien sûr qu’il n’y aura aucune poursuite de gens qui disent qu’il y a eu des assassins polonais. Mais nous ne pouvons être d’accord avec le fait de mélanger les assassins avec les victimes, parce que cela serait une offense à tous les juifs et tous les Polonais qui ont durement souffert pendant la seconde guerre mondiale. »
Ce long développement du premier ministre polonais à Munich correspond à une volonté de Varsovie de défendre pied à pied sa réputation et sa volonté de policer l’historiographie, malgré la polémique qui a pourtant assombri ses bonnes relations avec Israël.

        Lire aussi :
         

                La Pologne est-elle malade de son histoire ?



Dans une lettre datée du 12 février, le président du Sénat polonais, Stanislaw Karczewski, a lancé un appel aux Polonais émigrés, afin qu’ils veillent à la bonne image de la patrie. « Je vous prie de documenter et de dénoncer toute manifestation d’antipolonisme, ainsi que les écrits ou opinions nous portant outrage, a-t-il écrit. Je vous prie d’informer nos ambassades, nos consulats ou les consuls honoraires de toute déclaration mettant en cause le bon renom de la Pologne. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ La première ministre a déclaré, samedi à Munich, que « le Royaume-Uni respectera la compétence de la Cour de justice européenne » en matière de sécurité.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/02/2018
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La concession majeure de Theresa May pour obtenir un traité de sécurité et défense avec l’UE

La première ministre a déclaré, samedi à Munich, que « le Royaume-Uni respectera la compétence de la Cour de justice européenne » en matière de sécurité.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 14h10
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 07h24
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Ce n’est qu’une minuscule phrase perdue au milieu d’un discours plutôt soporifique, mais elle amorce une nouvelle concession majeure de Theresa May dans la négociation sur le Brexit. Prenant la parole samedi 17 février au matin à la Conférence de Munich sur la sécurité, la première ministre britannique a appelé de ses vœux la signature, en 2019, d’un traité sur la sécurité entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE).
Ce texte devrait « respecter la souveraineté des systèmes juridiques du Royaume-Uni comme de l’UE », a-t-elle déclaré sans surprise. Mais, lorsque Londres coopérera avec Europol, ou le Système d’information Schengen (SIS) ou utilisera le mandat d’arrêt européen, « le Royaume-Uni respectera la compétence de la Cour de justice européenne [CJUE] », a ajouté Mme May.
Or, depuis octobre 2016, la première ministre a fait de la rupture avec la CJUE le symbole du retour à la souveraineté et une très nette « ligne rouge » dans les négociations avec les 27. Ce refus, réitéré à maintes reprises, contredisait sa volonté, elle aussi répétée, de poursuivre le maximum de coopération avec l’UE en matière de sécurité.

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                Brexit : le ton monte entre Bruxelles et Londres



La Cour de justice de l’Union européenne tranche en effet les contentieux en la matière. Sans reconnaissance de la compétence de la CJUE, pas de participation britannique au mandat arrêt européen dont Mme May, ministre de l’intérieur entre 2010 et 2016, connaît l’efficacité pour accélérer l’extradition des délinquants.
Appel à dépasser les « rigidités institutionnelles »
En une phrase, samedi, Theresa May a semblé abandonner sa rigidité sur ce point. « Nous devons trouver une formule solide et adaptée de résolution indépendante du contentieux », a-t-elle déclaré. A propos de l’échange des données, domaine crucial en matière de traque des criminels et de lutte contre le terrorisme, Mme May a aussi reconnu que Londres continuerait à respecter les règles de l’UE après le Brexit.
Pour masquer ces reculades, la première ministre a mis en avant la puissance des services secrets britanniques et le budget militaire du Royaume-Uni, qui comptent parmi ses principaux atouts dans la négociation sur le Brexit. Mme May les a abattus en adressant une menace à peine voilée à l’Union européenne. « A l’époque où nous vivons, aucun d’entre nous ne peut permettre que notre coopération soit entravée, que la sécurité de nos citoyens soit mise en danger par une concurrence entre partenaires, des rigidités institutionnelles et des idéologies bien ancrées », a-t-elle averti.

   


En position de faiblesse dans la négociation, Mme May appelle les 27 à dépasser leurs « rigidités institutionnelles » et à « faire ce qui est le plus utile, le plus pragmatique pour assurer notre sécurité collective ». D’où son souhait de négocier un traité sur la sécurité entre Londres et l’UE effectif « à partir de 2019 » (le Brexit est fixé au 29 mars 2019). Européens et britanniques « ne peuvent pas reporter cette discussion » et doivent « urgemment mettre en place un traité pour protéger tous les citoyens européens », a insisté Theresa May.
40 % des dépenses européennes de R&D dans la défense
En quittant l’UE, les Britanniques devraient quitter toutes les institutions de coopération et d’échanges de renseignements comme Europol, le Système d’information Schengen (SIS) et le Centre de renseignements de l’UE, et perdre le bénéfice du mandat d’arrêt européen. Mettant en avant l’affaiblissement réciproque que produirait un tel retrait, Theresa May souhaite maintenir le Royaume-Uni dans ces mécanismes après le Brexit. « Nous voulons continuer cette coopération après avoir quitté l’UE », a-t-elle appuyé.

        Lire aussi l’entretien :
         

          Peter Ricketts : « Le Brexit impose au Royaume-Uni de repenser sa place dans le monde »



Une alerte sur cinq diffusée sur le SIS est émise par le Royaume-Uni, a-t-elle fait valoir. Le Royaume-Uni « est le seul membre de l’UE à dépenser 2 % de son PIB à la défense » (chiffre disputé avec la France) et pèse 40 % du total des dépenses européennes en matière de recherche et développement sur la défense, a-t-elle ajouté. D’où le « partenariat intense et privilégié » – une de ses expressions favorites valable en tout domaine - qu’elle souhaite conclure en tant que pays extérieur à l’UE.

        Lire aussi :
         

                Brexit : les Vingt-Sept posent leurs conditions pour la transition



Le contenu d’un tel « partenariat » reste flou et la voie pour y parvenir n’est pas dénuée d’obstacles. Le Royaume-Uni a toujours rejeté l’idée d’« Europe de la défense » susceptible de mettre en cause la prééminence de l’OTAN, mais Mme May, soucieuse de préserver l’industrie britannique, souhaite bénéficier du Fonds européen de défense. Quant à la coopération en matière de renseignement et de police, elle reste également à négocier.
Le début de concession de Mme May sur la Cour de justice de l’UE pourrait faire bouger les lignes côté européen. Mais il pourrait aussi déclencher les foudres des ministres europhobes, prompts à rappeler ses fortes paroles à ce sujet. En janvier 2017, dans son discours de Lancaster House présentant ses objectifs pour le Brexit, n’avait-elle pas déclaré :
« Accepter un rôle pour la Cour de justice de l’UE, signifierait qu’elle conserverait son autorité légale directe dans notre pays. A tout point de vue, cela signifierait : ne pas quitter l’UE du tout. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ La volonté affichée par les Européens d’avancer concrètement sur le projet européen de défense irrite Washington.
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Le retour des inquiétudes américaines sur les projets de défense de l’UE

La volonté affichée par les Européens d’avancer concrètement sur le projet européen de défense irrite Washington.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 10h16
    |

            Sylvie Kauffmann (Munich, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

En 2017, la Conférence de Munich sur la sécurité (MSC) avait été ouverte par les ministres allemand et américain de la défense. Vendredi 16 février, ce sont deux ministres européennes, l’Allemande Ursula von der Leyen et la Française Florence Parly, qui ont été choisies pour ouvrir les travaux de cette 54e conférence annuelle. « Ce n’est pas par hasard », a souligné le grand ordonnateur de ces réunions, Wolfgang Ischinger, après avoir relevé que le monde se rapprochait dangereusement de conflits interétatiques. « Il y a une nouvelle détermination franco-allemande » à agir ensemble au sein de l’UE, « et il y a un sentiment d’urgence ».
M. Ischinger est trop poli pour observer dans le même souffle que l’an dernier, la délégation américaine avait laissé les Européens sur leur faim, un mois après l’entrée en fonction du président Trump. Un an plus tard, les Européens ont commencé à prendre les choses en main, mais ce sont à présent les Américains qui s’inquiètent, suivant un schéma assez classique dans l’Alliance atlantique : Washington demande à l’Europe de partager le fardeau de la défense, mais lorsque l’Europe augmente ses dépenses militaires et prend un peu d’autonomie, Washington se cabre.
« Un faux débat »
Les experts font état d’une « crispation » très nette des Etats-Unis depuis un mois, face à la volonté affichée par les Européens d’avancer concrètement sur le projet européen de défense. Cette crispation a été évoquée au cours de la réunion des ministres de la défense de l’OTAN à Bruxelles, les 14 et 15 février. Selon des participants, la réunion s’est cependant bien passée, la ministre française assurant que les initiatives européennes de défense pourraient aussi être utilisées pour l’Alliance.
Mais le sujet a refait surface vendredi à Munich. Mme Parly a défendu la nécessité pour l’Europe d’acquérir son « autonomie stratégique dans le bon sens du terme » et demandé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Les abus pour rejoindre les réseaux de cryptomonnaies se multiplient dans les entreprises russes, où l’électricité ne coûte pas cher.
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En Russie, des ingénieurs « minaient » des bitcoins dans un centre nucléaire

Les abus pour rejoindre les réseaux de cryptomonnaies se multiplient dans les entreprises russes, où l’électricité ne coûte pas cher.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 09h28
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            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Chronique. Des ingénieurs de l’Institut panrusse de recherche scientifique en physique expérimentale n’ont pas résisté à la tentation. Plusieurs d’entre eux ont été interpellés début février, après avoir tenté de « miner » du bitcoin sur les ordinateurs de ce centre nucléaire russe situé à Sarov, dans la région de Nijni-Novgorod. Même ici, dans cette ville fermée, autrefois connue sous son nom de code d’Arzamas-16, où fut mise au point « Tsar Bomba », la bombe nucléaire soviétique, dans l’un des endroits encore aujourd’hui les plus sécurisés de Russie, la monnaie virtuelle a fini par s’introduire.

« Il y a eu, en effet, une tentative d’utiliser les capacités informatiques à des fins personnelles, y compris pour gagner des bitcoins. Une enquête pénale a été ouverte », confirmait, un peu dépitée, Tatiana Zalesskaïa, porte-parole de l’Institut, citée le 9 février par l’agence Interfax. Le site, il est vrai, possède quelque atout. Le « minage », c’est-à-dire la création sur le réseau de cryptomonnaies, nécessite d’effectuer des calculs mathématiques complexes sur de puissants ordinateurs, très gourmands en énergie. Or, en 2011, le centre de Sarov s’était équipé d’un superordinateur, avec une capacité de calcul atteignant 1 pétaflop, ce qui en faisait alors l’un des plus puissants du monde. Seul problème : les machines n’étaient pas reliées à Internet – un obstacle vite résolu par les pros de l’atome. Le cours du bitcoin oscillait alors autour de 8 000 dollars (environ 6 000 euros à l’époque).
La chasse aux fraudeurs est ouverte

La folie du bitcoin pose un problème particulier en Russie, où l’énergie ne coûte pas cher. « Les abus deviennent de plus en plus fréquents », relève le journal économique Vedomosti. En décembre 2017, l’administrateur système de Vnoukovo, l’un des trois grands aéroports de Moscou, avait ainsi été repéré à cause des variations de tension dans le réseau interne que...




                        

                        

