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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Dans une note de blog, le médecin généraliste Luc Perino considère que la télémédecine permettra au clinicien de consacrer son temps à réinterroger la nature des symptômes, protéger ses patients des dérives médicales, supprimer d’inutiles médicaments.
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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ A 27 ans, il est le « doc » préféré des 16-25 ans. Face caméra, ce graphiste de formation décortique, sur sa chaîne YouTube, toutes sortes de phénomènes scientifiques et fait naître des vocations.
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Dr Nozman, le vulgarisateur aux deux millions d’abonnés

A 27 ans, il est le « doc » préféré des 16-25 ans. Face caméra, ce graphiste de formation décortique, sur sa chaîne YouTube, toutes sortes de phénomènes scientifiques et fait naître des vocations.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 17h00
    |

            Catherine Rollot








                        



                                


                            

Il est un homme de la nuit qui brille au panthéon des ados et des jeunes adultes. Nozman (noz, « nuit » en breton ; man, « homme » en anglais) n’est pourtant pas un personnage de science-fiction en dépit du salut vulcain emprunté à la série Star Trek qui ponctue chacune de ses vidéos. Avec son look jean tee-shirt passe-partout, le presque trentenaire tient plus du grand frère ou du bon copain que du super-héros ou… du docteur qu’il n’est pas.
Dr Nozman, Germain O’Livry dans la vraie vie, est tout simplement, à 27 ans, le vulgarisateur scientifique le plus populaire sur YouTube, au moins en nombre d’abonnés. Pas moins de 2 300 000 fidèles et des vidéos qui enregistrent entre 15 et 20 millions de « vues » par mois. C’est d’ailleurs l’une d’entre elles, qui l’a fait passer de vidéaste populaire à star des 16-25 ans. En mars 2017, le « doc » découvre par hasard sur son Instagram une publicité pour une drôle de toupie à trois branches, le hand spinner. « J’ai trouvé ça marrant et j’en ai acheté une sur un site, explique-t-il devant une étagère remplie de gadgets. En jouant avec, je me suis dit que ça ferait un bon support pour expliquer la répartition des masses, le fonctionnement des roulements à billes, l’effet de déformation visuelle au moment de la rotation. Et pour tester une nouvelle série consacrée aux “objets les plus surprenants”. » Coup d’essai, coup de maître. Le cobaye rotatif fait complètement exploser l’audience de sa chaîne et devient la coqueluche des cours de récré.
5,5 millions de vues en dix mois
Un an après, l’objet n’intéresse plus grand monde, mais la vidéo qui lui est consacrée reste de loin « son plus gros carton », avec 5,5 millions de vues en dix mois. Germain, qui n’a aucun accord avec les fabricants des gadgets qu’il utilise, se trouve depuis submergé de sollicitations commerciales. « On me propose tout et n’importe quoi, des drones à vingt...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Rapport d’étonnement. Nos manières d’être et de réfléchir sont influencées par les robots avec lesquels nous interagissons sans cesse. Gare, car la réalité est bien plus complexe que les algorithmes qui prétendent la représenter.
<filname="PROF-env_sciences-3"> ¤                     
                                                   
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Tous formatés par les machines

Rapport d’étonnement. Nos manières d’être et de réfléchir sont influencées par les robots avec lesquels nous interagissons sans cesse. Gare, car la réalité est bien plus complexe que les algorithmes qui prétendent la représenter.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 12h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Beaucoup s’inquiètent que les robots et l’intelligence artificielle détrônent les humains dans tous les métiers. Mais peu se demandent : l’omniprésence des machines n’influence-t-elle pas les humains eux-mêmes ? Nos façons de penser et d’agir ? Nos manières de travailler ? Plutôt que de craindre les robots, ne devrions-nous pas redouter d’être nous-mêmes robotisés ?
Nous connaissons le test imaginé en 1950 par le mathématicien Alan Turing pour évaluer l’intelligence d’un robot : elle est jugée de haut niveau quand un humain n’arrive plus à discerner s’il communique avec un homme ou avec une machine. Brett Frischmann, professeur de droit à l’université Villanova (Radnor Township, Pennsylvanie), a conçu un test de Turing « à l’envers » afin de « déterminer à quel moment les technologies nous déshumanisent ». Il cherche à identifier les qualités et les défauts qui nous distinguent des machines : le « sens commun », la « pensée rationnelle », mais aussi la capacité de se comporter de « façon irrationnelle » ou « émotionnelle » (car il existe chez l’homme une intelligence émotionnelle), enfin le « libre arbitre », défini comme le fait de vouloir être « l’auteur de sa propre vie ». Si ces capacités vous manquent, vous avez réussi le test de ­ Frischmann : vous êtes devenu un robot.
Nous nous habituons tant et si bien à vivre des relations désincarnées que nous finissons, des études psychologiques le montrent, par les reproduire avec les humains
Brett Frischmann s’apprête à publier, avec le philosophe des technologies Evan Selinger, Re-Engineering Humanity (Cambridge University Press, à paraître en avril). Ils y pointent tous les domaines de nos vies dans lesquels nous sommes robotisés. Par exemple, nous ne savons plus si l’opérateur d’un centre téléphonique est un être humain ou une machine. Si les « joyeux anniversaires » envoyés par LinkedIn ou Facebook le sont par des vraies...




                        

                        


<article-nb="2018/02/18/19-4">
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Une équipe scientifique franco-chinoise a simulé numériquement les effets d’une telle collision et le résultat correspond presque parfaitement aux observations actuelles.
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Des images diffusées le 15 février montrent comment se nourrit la baleine de Minke, l’un des plus petits cétacés au monde, au large de l’Antarctique.
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<article-nb="2018/02/18/19-6">
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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ A Sotchi, en 2014, les skieurs de fond norvégiens ont attribué leurs mauvaises performances au mauvais fartage de leur ski. Mauvaise foi ou le fart permet-il vraiment de skier plus vite ? Et si oui, pourquoi ?
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Augmenter de 10 % sa consommation de nourriture contenant additifs alimentaires et conservateurs divers élèverait de 12 % le risque de développer une tumeur, selon une étude.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/02/2018
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Les aliments « ultratransformés » favoriseraient le cancer

Augmenter de 10 % sa consommation de nourriture contenant additifs alimentaires et conservateurs divers élèverait de 12 % le risque de développer une tumeur, selon une étude.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 06h47
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 12h22
    |

            Pascale Santi








                        



   


Haro sur les aliments ultratransformés (AUT). D’une ampleur inédite, une étude française publiée jeudi 15 février dans la revue médicale britannique British Medical Journal (BMJ) observe un lien entre la consommation de ce type d’aliments et le risque de cancer. Cette recherche, qui porte sur 104 980 participants, suggère en effet qu’une augmentation de 10 % de la part d’AUT est associée à une hausse de 12 % du risque global de cancer, notamment du sein, l’un des plus fréquents.
Ces dernières années, les produits ultratransformés ont envahi les rayons. L’assiette des Français en contient de plus en plus, avait noté l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) en juillet 2017 dans une vaste étude, pointant une « complexification de l’alimentation ». Ils représentent entre 25 % et 50 % de notre alimentation totale, jusqu’à plus de la moitié des apports énergétiques dans de nombreux pays occidentaux.
De quoi s’agit-il ?
Selon la classification internationale Nova, les aliments sont répartis en quatre groupes en fonction de leur transformation industrielle, détaille l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Cette définition a été créée par un groupe de scientifiques dirigé par le professeur Carlos Monteiro au Brésil.
La catégorie « ultratransformée » comprend une grande variété d’aliments : barres chocolatées, petits pains emballés, boissons sucrées aromatisées, soupes déshydratées, plats surgelés ou prêts à consommer, tout produit transformé avec ajout de conservateurs autres que le sel (les nitrites par exemple)… Ils sont préparés avec divers procédés industriels. Entrent aussi dans cette catégorie les aliments augmentés d’une myriade de colorants, édulcorants, émulsifiants ou autres additifs alimentaires. Par exemple, une conserve de légumes avec un simple apport de sel est classée comme transformée, mais une poêlée de légumes avec sauce toute faite incluant des agents texturants, des exhausteurs de goût ou encore des agents blanchissants est ultratransformée.
Si des travaux avaient déjà suggéré que les AUT contribuaient à augmenter le risque de troubles cardio-métaboliques, d’obésité, d’hypertension et la dyslipidémie (taux de lipides anormaux dans le sang), « aucune étude épidémiologique n’avait établi le lien entre ces aliments et un sur-risque du cancer, notamment du sein », indiquent les scientifiques de l’Inserm, de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et de l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (EREN) de l’université Paris-XIII, signataires de l’étude parue dans le BMJ.
Comment les chercheurs ont-ils procédé ?
Les chercheurs ont analysé les données de la cohorte Nutrinet-Santé, créée en 2009, à partir des questionnaires remplis sur Internet pendant deux ans par des participants dont l’âge médian approchait 43 ans, à 78 % des femmes. De 2009 à 2017, 2 228 cas de cancer ont été recensés, dont 739 du sein. Au vu des déclarations, il apparaît qu’une augmentation de 10 % de la consommation des AUT accroît le risque de contracter un cancer de 12 % globalement. Les résultats ont été ajustés en prenant en compte des facteurs sociodémographiques, l’âge, le niveau d’étude, la consommation de tabac et d’alcool, le fait de pratiquer une activité physique, afin d’éviter au maximum les biais de confusion, précise la chercheuse Mathilde Touvier, qui a coordonné cette étude.
Comment expliquer la corrélation ?
Les produits ultratransformés « contiennent souvent des quantités plus élevées de lipides saturés, sucres et sels ajoutés, ainsi qu’une plus faible densité en fibres, vitamines et autres micronutriments », indiquent les chercheurs. Ils sont donc généralement de moins bonne qualité nutritionnelle. L’apport de ces éléments plus sucrés, plus gras, plus caloriques, peut avoir un effet sur la prise de poids et l’obésité. Or on sait que celle-ci est reconnue comme un facteur de risque majeur de cancer, notamment du sein après la ménopause.
Les aliments conservés avec du sel sont associés à un risque accru de cancer gastrique. « Inversement, l’apport en fibres alimentaires diminue le risque de cancer colorectal, avec un niveau de preuve convaincant, et pourrait également réduire le risque de cancer du sein », poursuit l’étude. Mais la qualité nutritionnelle ne serait pas seule en cause. « La transformation des aliments et en particulier leur cuisson peut produire des contaminants nouvellement formés », telle la friture, évoque l’étude. Ainsi l’acrylamide – présente notamment dans les pétales de céréales, les frites, le pain grillé –, qui peut se former lors de la cuisson à température élevée, interpelle.
De même, leurs emballages en plastique sont susceptibles de contenir du bisphénol A, un perturbateur endocrinien. Enfin, pas moins de 400 additifs différents sont autorisés en Europe. Certains comme le dioxyde de titane ont été classés « possiblement cancérogènes pour l’homme » par le Centre international de recherche sur le cancer de Lyon, tandis que les études chez le rongeur posent de sérieuses questions.
Une étude d’observation
« Il s’agit d’une étude d’observation qui mérite une exploration plus poussée », indique cependant le BMJ dans un éditorial ce jeudi 15 février, ajoutant que la part de plus en plus importante de ces aliments « pourrait en partie expliquer l’augmentation de l’incidence des maladies non transmissibles, y compris le cancer ». Ce travail reste basé sur l’observation, indiquent de leur côté les chercheurs de l’Inserm et des autres institutions publiques françaises qui l’ont conduit. «  Le lien de cause à effet reste à démontrer », préviennent-ils.
« C’est une étude très importante qui soulève la question de la qualité nutritionnelle des aliments et des éléments ajoutés », souligne le professeur Serge Hercberg, qui préside le Programme national nutrition santé et fait partie de ses signataires. « La catégorisation utilisée ici est assez générale. Il faut faire plus de recherches pour confirmer ces résultats dans d’autres populations, affiner la notion de “transformation” des aliments, et également comprendre les mécanismes en jeu », souligne pour sa part Mathilde Touvier. « Nous lançons un grand programme de recherche sur les additifs alimentaires à partir de la cohorte Nutrinet-Santé afin d’étudier leurs effets sur la santé, seuls ou en association avec d’autres, pour explorer de potentiels “effets cocktail”, annonce-t-elle. Pour cela, nous recherchons de nouveaux volontaires. »
Des repères alimentaires actualisés
En attendant, le Haut Conseil de la santé publique a actualisé ses repères alimentaires pour le futur Programme national nutrition santé et recommande depuis 2017 de privilégier l’utilisation de produits bruts. De même, dans les recommandations sur l’alimentation, l’Institut national du cancer (INCa) conseillait en 2016 de « réduire la consommation d’aliments transformés salés (charcuteries, fromages…) ». La consommation de viande transformée est même classée comme cancérogène pour l’homme, notait l’INCa fin 2017.
Dans Halte aux aliments ultratransformés (éditions Thierry Souccar, 2017), Anthony Fardet, chercheur en nutrition, constate que « l’explosion des maladies chroniques dans les pays occidentaux a été concomitante avec l’arrivée massive des AUT dans les grandes surfaces depuis les années 1980 ». En conclusion, ce travail estime que si ces liens étaient confirmés dans d’autres populations et d’autres contextes, « ces résultats suggèreraient que la consommation en augmentation rapide des aliments ultratransformés peut entraîner un fardeau croissant de cancers dans les prochaines décennies ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Elu député en juin 2017, le mathématicien est une des plus belles prises d’Emmanuel Macron. Présent sur plusieurs fronts, ce novice en politique s’engage à fond dans sa mission.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤             
Cédric Villani, la tête curieuse de la Macronie 
                  
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Le Monde
 |
                  16.02.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 15h14


Elu député en juin 2017, le mathématicien est une des plus belles prises d’Emmanuel Macron. Présent sur plusieurs fronts, ce novice en politique s’engage à fond dans sa mission.

Par             Vanessa Schneider





                     
Reconnaissons-le d’emblée, c’était mal parti. A 7 heures du matin, le portable sonne : Cédric Villani est à la gare du Nord, à Paris. Il ne sait plus quel train il doit prendre pour Bruxelles, mais se souvient qu’on doit l’accompagner, ce qui est déjà une information. Il hésite à monter dans le premier Thalys venu, on le conjure de nous attendre, tout va s’arranger.
Sur le quai, on le retrouve en grande conversation avec une dame qui nous embrasse sur les deux joues. Il a remis la main sur son billet et semble plus détendu qu’au téléphone. Il hisse un énorme sac sur son dos, son corps longiligne se courbe sous le poids, il ressemble à une tortue. Le député mathématicien au look dandy gothique trimballe sa maison avec lui. Vêtements de rechange, nécessaire de toilette, bouquins à profusion, câbles électriques en tout genre, ordinateur, clavier d’ordinateur, souris d’ordinateur, coffret de DVD, un capharnaüm à faire exploser la fermeture Eclair. On sent que ce fatras le rassure.

Il se définit en comptant sur ses doigts : « J’ai trois caractéristiques. Un, je suis toujours en retard. Deux, je suis toujours pressé. Trois, je suis toujours chargé. » On demande : « La dame, c’était qui ? », « Aucune idée », répond-il d’une voix douce et chantante. Là-dessus aussi, il a une théorie : « Les matheux ne reconnaissent pas bien les visages. » C’est scientifiquement prouvé, ajoute-t-il. On s’incline. Il est habitué à être interpellé, photographié. A la fin de la journée, il se sera livré à des dizaines de selfies et presque autant d’autographes, avec la patience et le sourire de celui qui ne boude pas sa notoriété.
Un animal politique inattendu
Cédric Villani, 44 ans, a été élu député de la cinquième circonscription de l’Essonne en juin 2017 sous l’étiquette La République en marche (LRM), mais ce n’est pas ce qui attire les foules. D’ailleurs, une fois sur deux, les passants l’abordent d’un « monsieur le ministre ! ».
Il...





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Cédric Villani, la tête curieuse de la Macronie
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Un rapport précise les troubles neurologiques qui persistent depuis plus de trois mois chez vingt et un ex-employés de l’ambassade à La Havane, sans en expliquer la cause.
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Quel est le mal mystérieux dont souffrent les diplomates américains à Cuba ?

Un rapport précise les troubles neurologiques qui persistent depuis plus de trois mois chez vingt et un ex-employés de l’ambassade à La Havane, sans en expliquer la cause.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 19h18
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 10h46
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            

A la fin de l’année 2016, des fonctionnaires affectés à l’ambassade des Etats-Unis à La Havane ont commencé à se plaindre de divers symptômes neurologiques, incluant des anomalies de l’audition, de l’équilibre et de la sensibilité. Ces signes se manifestaient soit dans les locaux diplomatiques, soit dans leur chambre d’hôtel.
L’accumulation de cas – vingt-quatre employés de l’ambassade ont fait état de ces maux –, a fait naître à Washington des soupçons d’attaques coordonnées, ce dont se sont vigoureusement défendues les autorités cubaines.
En septembre 2017, plus de la moitié des diplomates américains en poste à La Havane ont été rappelés par le département d’Etat américain. De son côté, Cuba a accusé les Etats-Unis d’entraver son enquête en refusant aux enquêteurs cubains l’accès aux victimes ou à leurs dossiers médicaux.

Phénomènes sonores ou sensoriels
Aucune explication plausible n’a été apportée à ce jour à ces troubles. Le suivi médical des fonctionnaires concernés s’est poursuivi, sous la coordination des chercheurs du Centre pour les lésions cérébrales et leur réparation de l’université de Pennsylvanie, à Philadelphie.
Jeudi 15 février, ces derniers ont publié en libre accès sur le site du Journal of the American Medical Association un rapport préliminaire de leurs constatations. Il ne s’agit toutefois que d’une description des troubles persistants présentés par les employés de l’ambassade, qui ne propose pas d’hypothèse sur leurs mécanismes déclencheurs.
Le département d’Etat américain a recensé des témoignages faisant état de phénomènes sonores ou sensoriels émanant d’une direction précise mais sans qu’une source puisse être identifiée. Sur les vingt-quatre fonctionnaires susceptibles d’avoir été exposés, vingt-et-un ont passé un bilan médical pluridisciplinaire complet, en moyenne sept mois après l’apparition des troubles. Cette évaluation incluait divers tests d’équilibre, de motricité oculaire,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Des soignants isolés, mis en concurrence, dans l’incapacité de bien faire leur travail : appliquées sans discernement depuis le début des années 2000, les méthodes de gestion issues du privé sont une catastrophe pour les institutions sanitaires et sociales.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/02/2018
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Hôpitaux, Ehpad : le soin saccagé

Des soignants isolés, mis en concurrence, dans l’incapacité de bien faire leur travail : appliquées sans discernement depuis le début des années 2000, les méthodes de gestion issues du privé sont une catastrophe pour les institutions sanitaires et sociales.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 12h29
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 13h23
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Ce n’est plus un bouillonnement, c’est une explosion. Le 8 janvier, le ministère de la santé publie un rapport accablant sur le fonctionnement du centre hospitalier universitaire (CHU) de Grenoble, où un neurochirurgien de 36 ans s’est donné la mort, en novembre 2017, dans un bloc opératoire.
Le 26 janvier, la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, présente un plan de douze mesures d’urgence en faveur des hôpitaux psychiatriques, en réponse aux mouvements de grève qui ont émergé ces derniers mois dans ces établissements.
Le 30 janvier, à l’appel de sept syndicats, les personnels des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) sont en grève pour protester contre leurs conditions de travail. Le 19 février, dans le cadre du plan d’accompagnement des Ehpad, une commission sera installée par le ministère de la santé afin de proposer « une stratégie nationale de lutte contre la maltraitance »…
Jamais la situation des personnels soignants dans les hôpitaux et les maisons de retraite n’a paru si dégradée, avec pour conséquence directe le mauvais traitement des personnes vulnérables dont ils ont la charge.
« Pressions managériales »
Comment en est-on arrivé là ? Outre le manque de moyens et d’effectifs, le constat des observateurs est quasiment unanime : appliquées sans discernement, les méthodes modernes de gestion et de management issues du privé sont une catastrophe pour les institutions sanitaires et sociales.
L’organisation Action praticiens hôpital (APH), qui regroupe une dizaine de syndicats et a lancé fin 2017 un observatoire de la souffrance au travail, fait état de « pressions managériales » de plus en plus fortes de « l’hôpital-entreprise ». « Dans certains établissements, on n’est plus loin de ce qui se passe chez Lidl ou Amazon », affirme Nicole Smolski, présidente d’honneur d’APH. Les techniques managériales modernes seraient-elles...




                        

                        


<article-nb="2018/02/18/19-11">
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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Depuis quatre ans, ce psychiatre reçoit en consultation des « grappes » de médecins, souvent chefs de service, dans des états psychiques préoccupants.
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Christophe Dejours, psychiatre : « Les soignants sont contraints d’apporter leur concours à des actes qu’ils réprouvent »

Depuis quatre ans, ce psychiatre reçoit en consultation des « grappes » de médecins, souvent chefs de service, dans des états psychiques préoccupants.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 12h18
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 11h30
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Psychiatre, psychanalyste, professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), Christophe Dejours est spécialiste en psychodynamique du travail. Il a récemment publié Le Choix. Souffrir au travail n’est pas une fatalité (Bayard, 2015) et Situations du travail (PUF, 2016).
Depuis quelques années, vous recevez dans votre cabinet des psychiatres des hôpitaux en grande souffrance. Que se passe-t-il ?
Il s’agit souvent de chefs de service, qui sont dans des états psychiques préoccupants – états de confusion mentale, problèmes somatiques gravissimes. J’ai commencé à les voir arriver par grappes il y a environ quatre ans. Or, si de nouvelles formes de pathologie liées au travail apparaissent, c’est que quelque chose a changé dans son organisation. En l’occurrence, la généralisation des méthodes du New Public Management [« nouvelle gestion publique », NPM] aux services de soins.
En quoi ces techniques de gestion rendent-elles malades les psychiatres hospitaliers ?
Tous me font une description similaire de leur situation. Ce sont toujours des cliniciens fortement engagés, depuis de longues années, dans la pratique en institution. La décompensation psychopathologique survient quelques mois ou quelques années après l’arrivée d’un nouveau directeur, le plus souvent un jeune gestionnaire. Après un audit, celui-ci met en place des outils d’évaluation et des protocoles de soins. Avec deux priorités : des objectifs quantitatifs et des performances mesurables.

Entre les deux, le gestionnaire ne veut rien savoir. Résultat : des conditions de travail ingérables pour les chefs de service. Ils doivent d’un côté diriger des équipes qui n’arrivent plus à fonctionner, de l’autre affronter une administration qui ne cesse de les harceler avec une série d’exigences n’ayant rien à voir avec leur métier. Cela provoque chez nombre d’entre eux des décompensations brutales...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Des chercheurs français mettent en évidence un nouvel effet du perturbateur endocrinien.
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Le bisphénol A pourrait altérer la mise en place des cellules reproductrices chez le fœtus masculin

Des chercheurs français mettent en évidence un nouvel effet du perturbateur endocrinien.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 07h45
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            

Connu pour être un perturbateur endocrinien, le bisphénol A (BPA) altérerait la mise en place de la lignée des cellules reproductrices chez le fœtus masculin. L’exposition des testicules fœtaux à cette substance, à des niveaux correspondant à ceux retrouvés chez l’homme, entraîne une diminution du nombre des cellules à partir desquelles se fera la production de spermatozoïdes au cours de la vie adulte.
Cet effet a été observé sur un modèle animal ayant reçu une greffe de tissu du testicule humain. Il est décrit pour la première fois dans l’espèce humaine par un groupe de chercheurs français dirigé par le Pr René Habert (université Paris-Diderot, CEA et Inserm, Fontenay-aux-Roses). L’article est paru le 31 janvier dans la revue PLoS ONE.
La même équipe avait montré, il y a cinq ans, que des fragments de testicules fœtaux humains mis en culture et exposés à une très faible concentration de BPA – de l’ordre de celle rencontrée dans la population générale – produisaient moins de testostérone. « La diminution de production de testostérone par le testicule fœtal peut entraîner des défauts de masculinisation des petits garçons à la naissance, précisait à l’époque au Monde M. Habert. En particulier la cryptorchidie, lorsque les testicules ne sont pas descendus dans les bourses, et l’hypospadias, lorsque l’orifice uro-génital ne se situe pas à l’extrémité du pénis, mais à sa base, dans les cas les plus graves. »
Ces constatations étaient cohérentes avec la démonstration de plus en plus étayée de la perturbation du fonctionnement hormonal par des substances telles que le BPA dans l’accroissement de ces malformations.
Les chercheurs avaient mis l’accent sur la production de l’hormone masculine car c’est un paramètre très étudié chez l’animal. Cette fois, ils se sont également intéressés aux cellules germinales – les cellules souches à partir desquelles se développe la production de spermatozoïdes –, tout...




                        

                        


<article-nb="2018/02/18/19-13">
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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Pour décider que quelque chose est « normal », nous prendrions en compte ce qui nous semble être le plus fréquent et idéal. Cette perception variant aussi en fonction du caractère extrême de ce à quoi nous avons été exposés auparavant...
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La norme est-elle normale ?

Pour décider que quelque chose est « normal », nous prendrions en compte ce qui nous semble être le plus fréquent et idéal. Cette perception variant aussi en fonction du caractère extrême de ce à quoi nous avons été exposés auparavant...



Le Monde
 |    15.02.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
15.02.2018 à 11h28
    |

                            Sylvie Chokron (Directrice de recherches au CNRS, Laboratoire de psychologie de la perception, université Paris-Descartes et Fondation ophtalmologique Rothschild)








                        



                                


                            
Carte blanche. Un président se veut « normal », alors que l’autre pense être un « génie stable ». Est-ce normal ? Comment répondre à cette question ? On pourrait penser que ce qui nous paraît normal correspond à ce que l’on observe le plus fréquemment. Dans ce cas, quel que soit le domaine, il nous suffirait de faire un rapide calcul ­statistique pour savoir ce qui est normal. Mais Adam Bear et ses collaborateurs de l’université de Yale ont récemment démontré dans une série d’expériences que le jugement de normalité va au-delà d’un simple jugement de familiarité. Pour décider que quelque chose est normal, nous prendrions en compte non seulement ce qui nous semble être le plus fréquent, mais également ce qui nous semble être idéal.
Pour arriver à cette conclusion, ces chercheurs ont demandé à des sujets de répondre à des questions renvoyant à des domaines très différents comme le nombre ­d’heures passées devant la télévision ou de boissons sucrées bues par semaine, le temps d’attente chez le médecin, le nombre d’amoureux au cours d’une vie ou encore la fréquence des appels téléphoniques à ses ­parents…
Pour chacune de ces questions, les participants devaient indiquer ce qui leur paraissait être la moyenne, ce qui devrait s’observer dans l’idéal et ce qui leur semblait normal. Les résultats montrent clairement que ce qui semble normal correspond à une moyenne entre ce qui est considéré comme « habituel » et ce qui semble être le plus « souhaitable ». Ce serait donc grâce à un ­apprentissage statistique mais également moral que nous serions en mesure de décider de ce qui est « normal ». Mais cette norme est-elle stable ou évolue-t-elle au cours de notre vie, en particulier du fait des situations, événements, comportements et discours auxquels nous sommes exposés en permanence ?
Effet des extrêmes
Récemment, Gabor Simonovits, de l’université de New York, s’est posé la question de ­savoir si des propositions politiques ou ­sociales...




                        

                        


<article-nb="2018/02/18/19-14">
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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Les ordonnances de placement provisoire prononcées dans le cadre d’une enquête sont des procédures inévitables, dans l’intérêt du bébé, explique le docteur Anne Laurent-Vannier dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-env_sciences-14"> ¤                     
                                                   
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Bébés secoués : « La priorité doit être donnée à la protection de l’enfant »

Les ordonnances de placement provisoire prononcées dans le cadre d’une enquête sont des procédures inévitables, dans l’intérêt du bébé, explique le docteur Anne Laurent-Vannier dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    14.02.2018 à 19h00
    |

Dr Anne Laurent-Vannier (Ancien chef du pôle de rééducation enfants aux hôpitaux de Saint-Maurice)







                        



                                


                            
Tribune. Intitulée « Enfants malades, parents maltraités », une tribune parue le 25 octobre 2017 dans le supplément « Science & médecine » évoquait les difficultés et la souffrance auxquelles peuvent être confrontés les parents dont l’enfant est suspecté de faire l’objet de maltraitance, avec pour conséquence signalement judiciaire, audition, placement de l’enfant.
Parmi ces maltraitances, le syndrome du bébé secoué (SBS) tient une place particulière. Le secouement est un geste rotatoire d’une extrême violence, comparable à un accident de la voie publique à haute cinétique. Cela ne peut être un geste malencontreux de la vie quotidienne. Les épisodes de secouement sont très souvent répétés. Les victimes ont presque toujours moins d’un an, 20 % en moyenne décèdent, et trois quarts des survivants ont des séquelles pour la vie. Tout doit donc être fait pour prévenir le SBS et sa réitération avant l’irréparable.

C’est dans l’urgence que la question de la maltraitance se pose aux médecins dont la priorité est la protection de l’enfant. Que le diagnostic du SBS soit certain ou possible, le signalement au procureur de la République s’impose. Ainsi est déclenché un processus judiciaire à double composante : civile, qui permet une protection de l’enfant et de ses droits, et pénale, pour que des investigations soient menées sur les possibles maltraitances et sur leur auteur.
« S’il y a incertitude sur le diagnostic, comment faire autrement que d’approfondir les investigations médicales ? »
C’est pour étayer la démarche diagnostique que des recommandations ont été émises par la Haute Autorité de santé (HAS) et la Société française de médecine physique et de réadaptation (Sofmer) en 2011 et actualisées en 2017. Elles résultent d’avis d’experts et d’une étude minutieuse de la littérature ­médicale internationale menée sur la base de la valeur scientifique­ (selon les recommandations de bonne pratique de la HAS) et de l’absence de conflit...




                        

                        


<article-nb="2018/02/18/19-15">
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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Président de France Assos Santé, un regroupement d’associations de patients, cet ancien chef d’entreprise milite pour que ceux-ci soient au cœur du système de soin.
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Alain-Michel Ceretti,  un patron pour les malades

Président de France Assos Santé, un regroupement d’associations de patients, cet ancien chef d’entreprise milite pour que ceux-ci soient au cœur du système de soin.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 12h00
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            

Problèmes de financement, fatigue du système de santé… les associations de patients ne sont pas très en forme. Elu en mai 2017 président de France Assos Santé, qui vise à représenter les malades, Alain-Michel Ceretti veut faire entendre la voix des ­patients. Longtemps chef d’entreprise, rien ne le prédestinait à la santé, c’est un tournant dans sa vie personnelle, en 1997, qui l’a ­conduit sur cette voie : son épouse est touchée par une des infections nosocomiales survenues à la Clinique du sport, à Paris.
« Depuis vingt ans, je m’implique, je m’investis, je m’engage, sur les sujets de santé, et ma capacité d’indignation est toujours intacte », c’est ainsi que démarrait sa profession de foi pour ce poste en mai 2017. C’est la loi de santé de 2016 qui a créé l’Union nationale des associations agréées d’usagers du système de santé, ­ex-Collectif interassociatif pour la santé (CISS), rebaptisé France Assos Santé. Ce mouvement regroupe pas moins de 80 associations membres, 130 agréées. « Nous sommes clairement un contre-pouvoir », explique Alain-Michel Ceretti. Mais, malgré ses 3,5 millions d’adhérents, ce mouvement doit gagner en notoriété. « Nous sommes un paradoxe, comme une équipe de foot avec des stars connues (Ligue contre le cancer, AFM-Téléthon, Aides, UFC-Que choisir, etc.), mais le collectif n’est guère connu », déplore Alain-Michel Ceretti. « En matière de santé, rien ne pourra se faire sans nous », tel est le slogan de France Assos Santé, reprenant ce que Bernard Kouchner scandait en 2002.
« Les Français considèrent à raison le système de santé comme un trésor national, il faut tout faire pour ne pas le perdre, pour le sauvegarder », assure-t-il, guère optimiste sur son ­avenir. Le ras-le-bol des soignants ne serait que la partie émergée de l’iceberg, c’est tout l’hôpital qui se dégrade. Il s’indigne de la façon dont ce système est organisé, calqué sur le paiement à l’activité. « On assiste...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Editorial. Les lancements réussis de SpaceX, société privée, et le retrait annoncé des Etats-Unis dans le financement de la Station spatiale internationale marquent le début d’une nouvelle ère, qui pose des questions de droit importantes.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                     
                                                

L’espace ne doit pas être le Far West

Editorial. Les lancements réussis de SpaceX, société privée, et le retrait annoncé des Etats-Unis dans le financement de la Station spatiale internationale marquent le début d’une nouvelle ère, qui pose des questions de droit importantes.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 11h44
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La privatisation de la conquête spatiale s’accélère. Le 6 février, SpaceX, la société d’Elon Musk, a réussi à envoyer au-delà de l’orbite martienne une voiture Tesla (également propriété du milliardaire), à bord de son lanceur, Falcon Heavy, le plus puissant du monde. Le 11 février, le Washington Post a révélé que les Etats-Unis envisagent de mettre fin à leur contribution financière à la Station spatiale internationale d’ici à 2024 pour confier son exploitation à des entreprises privées. Blue Origin, créée par le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, travaille à la mise au point du lanceur New Glenn, capable de placer en orbite des charges lourdes. Enfin, SpaceX prévoit, vers 2025, une nouvelle expédition humaine vers la Lune grâce à un lanceur trois fois plus puissant que Falcon Heavy, l’objectif à long terme étant de coloniser Mars.

        Lire aussi :
         

                La Maison Blanche envisage de privatiser la station spatiale internationale



En seulement quelques années, ce que l’on appelle désormais le « New Space », ces nouveaux acteurs de la conquête spatiale, a fait irruption dans un domaine qui, depuis les origines, était l’apanage de gouvernements se livrant à une compétition féroce pour démontrer leur supériorité technologique. Mais, aujourd’hui, les tensions budgétaires auxquelles les Etats doivent faire face les poussent à encourager des entreprises privées à prendre le relais, même si celles-ci restent largement subventionnées par des fonds publics.
De ce point de vue, le Space Act, promulgué en décembre 2015 par Barack Obama, constitue un tournant majeur, car il remet en cause le traité de l’espace de 1967. Signé à l’initiative des Etats-Unis et de l’URSS, celui-ci visait à préserver l’espace des égoïsmes nationaux en le considérant comme un bien commun ne pouvant pas faire l’objet de revendications de souveraineté. La logique a été poussée un peu plus loin en 1979, avec le traité sur la Lune, qui fait du satellite naturel de la Terre une partie intégrante du « patrimoine commun de l’humanité ». Toutefois, ce texte n’a pas été ratifié par les grandes puissances spatiales.
Marchandisation
Si le Space Act ne remet pas en cause le fait qu’un Etat ne puisse pas s’approprier un corps céleste, il autorise en revanche une entreprise privée à exploiter les ressources qui s’y trouvent. Cette interprétation subjective du droit international par les Etats-Unis a finalement suscité assez peu de protestations, encourageant le Luxembourg ou les Emirats arabes unis à adopter la même lecture.
Outre l’aspect éthique que pose la marchandisation de l’espace, le mouvement de privatisation actuel soulève plusieurs interrogations. D’abord, la multiplication de lancements d’objets va générer une masse de débris qui risque de se transformer en pollution irréversible. Ensuite, ces entreprises privées poursuivent des intérêts mercantiles, qui ne sont pas forcément compatibles avec le droit sur la protection des planètes censé préserver les activités scientifiques, qui, elles, ne sont pas systématiquement rentables.

        Lire aussi :
         

                Pourquoi retourner sur la Lune ?



Mais, surtout, il semble urgent de définir de nouvelles règles pour que l’espace continue à être considéré comme un bien commun. L’exemple de l’Autorité internationale des fonds marins, qui garantit une certaine équité entre les pays pour l’exploitation des ressources, pourrait servir de modèle. Si Elon Musk a réussi à redonner un élan formidable au vieux rêve humain de conquête de l’espace, il ne doit pas nous faire oublier que celle-ci doit se poursuivre à l’abri des seuls intérêts d’une poignée de milliardaires, aussi talentueux soient-ils.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Des hommes ont-ils débité un mastodonte, il y a 130 000 ans, en Californie ?
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤                     
                                                   
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Débat sur un dégraissage de mammouth

Des hommes ont-ils débité un mastodonte, il y a 130 000 ans, en Californie ?



Le Monde
 |    14.02.2018 à 11h00
   





                        



                                


                            
L’annonce avait surpris : il y a 130 000 ans, près de ce qui est aujourd’hui la ville de San Diego, en Californie, les os d’un mastodonte – une espèce de mammouth américain – auraient été fracturés à l’aide de gros marteaux et enclumes de pierre, pour en tirer la moelle. La scène, décrite en avril 2017 dans Nature, aurait constitué le plus ancien témoignage d’une activité humaine outre-Atlantique. Une découverte d’autant plus exceptionnelle que la présence de notre espèce sur le sol américain n’est solidement ­attestée que pour des dates beaucoup plus récentes – autour de 13 000 ans – et que les discussions sont encore vives pour des sites à peine plus anciens.

D’un seul coup, il fallait imaginer l’arrivée d’Homo sapiens en Amérique à une époque où il venait tout juste de quitter l’Afrique pour s’établir au Proche-Orient. Ou à défaut celle d’une autre espèce, dont on n’a pas plus retrouvé d’ossements. « A affirmations extraordinaires, preuves extraordinaires », dit l’adage. Il semble que celles ­apportées par Tom Deméré, du Muséum d’histoire naturelle de San Diego, et ses collègues, n’emportent pas l’adhésion générale.

En juillet, une dizaine d’anthropologues américains avaient exposé leurs doutes dans PaleoAmerica. Jeudi 8 février, c’est la revue Nature elle-même qui permet à Joseph Ferraro (Baylor College, Waco, Texas) et plusieurs archéologues et anthropologues de faire part de leurs objections.Les outils supposés ne portent aucune des marques qui permettraient de les distinguer de « geofacts », d’objets façonnés par la nature, avancent-ils. Les pre uves que les os auraient été fracturés par ces outils leur semblent « équivoques », en absence notamment de marques laissées par des frappes « maladroites ».
Activité humaine ?
Autre argument : un jeune mammouth daté de 24 000 ans, retrouvé dans le Maryland, présentait les mêmes fractures, alors qu’aucun outil à proximité ne ­laissait...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ De nouvelles techniques promettent de rendre infalsifiables les cartes bancaires.
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Vers des solutions de paiement quantique

De nouvelles techniques promettent de rendre infalsifiables les cartes bancaires.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 09h00
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Aura-t-on bientôt des cartes bancaires, voire des billets infalsifiables, grâce à la mécanique quantique ? Trois équipes de recherche viennent en tout cas de réaliser les premières expériences en ce sens. Par quantique, on entend un comportement non classique des propriétés de la lumière ou des particules. Il est ainsi impossible de connaître au même instant la vitesse et la position d’un objet quantique. Ce dernier peut passer par deux trous à la fois… De telles bizarreries existent bel et bien et sont même déjà utilisées, par exemple pour envoyer de façon parfaitement sûre une clé de chiffrement de messages entre deux personnes. Des chercheurs chinois l’ont même fait en septembre 2017 entre leur pays et l’Autriche via un satellite, afin de transmettre des vidéos chiffrées.
Une autre équipe chinoise, dirigée par le même chercheur, Jian-Wei Pan, a aussi mis à profit cette puissance quantique pour créer une carte bancaire non copiable. Des Français du CNRS, de Télécom ParisTech et des universités Sorbonne et Paris-Diderot ont fait de même, avant eux, comme ils l’expliquent dans Quantum Information du 30 janvier. Début 2017, des chercheurs tchèques avaient testé la difficulté à copier un billet quantique.
Stockage de bits quantiques
Les techniques françaises et chinoises sont assez semblables. Une série de bits quantiques est stockée sur la carte par la banque. Ces qbits encodent un mélange des classiques 0 et 1 de l’informatique, mais, mécanique quantique oblige, en moyenne, quand on en « attrape » un, il a une chance sur deux de valoir 0. Lors du paiement le terminal du vendeur « lit » certains de ces bits et envoie par un canal classique le résultat à la banque. Si celui-ci est conforme à celui attendu, la transaction est validée. Sinon, elle est refusée.
Mais où est la magie quantique ? Elle est centrale car c’est elle qui permet de savoir si la carte a subi une éventuelle tentative de clonage. Si un malfaiteur essaie de copier cette...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Dans son ouvrage « Animaux homos », Fleur Daugey s’attaque à l’idée selon laquelle l’homosexualité serait contre nature.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/02/2018
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Les animaux ont toujours pratiqué la sexodiversité

Dans son ouvrage « Animaux homos », Fleur Daugey s’attaque à l’idée selon laquelle l’homosexualité serait contre nature.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 10h55
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Le livre. Science et politique ne font pas toujours bon ménage. Des pseudo-études sur l’inégalité des races, chères aux nazis, aux théories farfelues de Lyssenko sur le développement agricole, l’Histoire nous le rappelle : les pouvoirs parent souvent leurs pires errements de vertus scientifiques.
Aujourd’hui encore, les industriels du sucre ou du tabac, comme les activistes climatosceptiques, appuient leurs appels au laisser-faire sur des travaux de chercheurs. C’est à ce type de prise en otage de la science que Fleur Daugey a décidé de se confronter. Plus précisément à un de ces clichés qui, depuis des siècles, ont conduit à la stigmatisation, la discrimination, le harcèlement des gays et lesbiennes : l’idée que l’homosexualité serait contre nature.
Cette affirmation se retrouve souvent dans la bouche de l’homme de la rue. « Pire, écrit Fleur Daugey, elle inonde les discours des religieux fondamentalistes de toute obédience et sert de socle idéologique aux mouvements tels que La Manif pour tous et tant d’autres organisations homophobes de par le monde », nourrissant les codes pénaux les plus répressifs, dont certains punissent encore de mort les relations entre personnes de même sexe.
Le ton est donné. Pas question d’avancer masquée : la démarche d’Animaux homos est bel et bien politique. Mais pas question non plus de laisser les obscurantistes confisquer la science. Car « l’ensemble des recherches donne une réponse claire et sans ambiguïté : loin d’être contre nature, l’homosexualité est dans la nature ». Insectes, poissons, amphibiens, reptiles, oiseaux, mammifères : elle a été documentée chez 471 espèces sauvages et 19 espèces domestiques.
Certains objecteront que la planète compte plus de 7 millions d’espèces. Mais les mœurs de la majorité d’entre elles demeurent inconnues et pourraient bien réserver de nouvelles surprises. Quant au demi-millier d’« animaux...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de professionnels du soin, de la prévention, et de chercheurs estime qu’une information à caractère sensationnel n’aidera pas à prévenir les risques associés aux nouvelles technologies.
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Enfants face aux écrans, « ne cédons pas à la démagogie »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de professionnels du soin, de la prévention, et de chercheurs estime qu’une information à caractère sensationnel n’aidera pas à prévenir les risques associés aux nouvelles technologies.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 10h11
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Nous sommes des professionnels du soin, de la prévention, et des chercheurs spécialisés dans le champ de la petite enfance, de l’enfance, de l’autisme, et de l’addiction. Conscients des dangers des écrans chez les plus jeunes, nous souhaitons pourtant témoigner de nos inquiétudes face aux affirmations erronées dont certains médias se font l’écho, notamment dans le reportage d’« Envoyé spécial » « Accros aux écrans » (18 janvier, France 2).
Depuis quelque temps, des vidéos circulent sur le Net : des signes d’autisme surviendraient chez des tout-petits très exposés à la télévision. Des chiffres effrayants sont avancés : un enfant sur vingt, dans chaque classe d’âge, dans une ville donnée. Des chiffres cinq fois supérieurs aux statistiques communément citées sur la prévalence des troubles du spectre autistique ! Enfin, affirmation tout aussi fantaisiste, il nous est assuré que la suppression des écrans conduit dans la majorité des cas à la disparition des symptômes en un mois.
Carences éducatives et affectives
Ces vidéos évoquent de très nombreux enfants exposés aux écrans 6 à 12 heures par jour, ceci même en l’absence de problématique sociale ou familiale précise-t-on. Or un enfant laissé de façon aussi importante devant un récepteur est de facto victime d’une carence éducative et/ou affective grave. Si la régulation de cette consommation est indispensable, elle ne suffira en aucun cas à compenser l’ensemble des effets du défaut de soins sur le développement de l’enfant. A l’évidence de telles situations requièrent une prise en charge pluridisciplinaire rapide et conséquente.

Par ailleurs, aucune étude à ce jour ne permet d’établir une relation de causalité entre consommation d’écrans et autisme. Ce qui est en revanche fréquemment constaté, c’est un intérêt précoce des enfants atteints de troubles autistiques pour les écrans, qui prend une forme répétitive et qui est en...




                        

                        

