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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ L’ancien numéro 2 du Front national réunissait dimanche ses partisans dans le Pas-de-Calais.
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A Arras, Florian Philippot exalte le patriotisme et plaide pour la sortie de l’Europe

L’ancien numéro 2 du Front national réunissait dimanche ses partisans dans le Pas-de-Calais.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 18h10
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 18h16
   





                        



   


Devant quelque 500 militants réunis à Arras (Pas-de-Calais), Florian Philippot a établi dimanche 18 février la feuille de route de son parti les Patriotes. « Soyons les bâtisseurs éclairés d’un avenir français ou le faible sera aidé, (...) l’excellence valorisée, la beauté encouragée, la culture transmise, les règles respectées et la santé protégée », a-t-il lancé.
« Oui il nous faudra pour notre salut quitter l’Union européenne, faire le Frexit et non continuer à faire croire à nos compatriotes qu’on réformera l’Europe, qu’on pourra faire avec l’euro ou avec Schengen ».
Alors que M. Philippot veut une sortie immédiate de l’euro, le Front national a lui renoncé, après la présidentielle, à faire de cette idée sa priorité.
Lors de ce discours fondateur, M. Philippot a affirmé que « les extrêmes sont des impasses. On croit à un moment à la mutation d’un parti et il suffit d’un échec pour que tout déraille et que les vieux démons, qu’on croyait éloignés, ressurgissent ». 
Pour lui, En Marche est « de la grosse guimauve démocratique », le PS est « en bout de course », les Républicains « divisés comme jamais, (...) obligés d’en revenir à l’enfumage », et le FN « embourbé, pathétique », avec une « petite boutique qui se rediabolise » grâce à « papa » (Jean-Marie Le Pen).

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Plaidoyer pour le patriotisme
« Le patriotisme c’est l’avenir, le patriotisme c’est la paix, c’est l’unité, c’est l’occasion historique de réconcilier définitivement ce qui reste de la gauche et ce qui reste de la droite sur une seule idée, la France », selon M. Philippot.
Florian Philippot a aussi souhaité parler de l’immigration « sans hystérie » mais a jugé que « l’immigration massive ne peut plus durer parce qu’elle assèche des régions entières ». Il a défendu « un pacte avec les pays africains, ici la fermeté, et là-bas le soutien au développement ». Il a plaidé pour déchoir de leur nationalité tout Français parti combattre « avec les terroristes islamistes ».
Le promoteur britannique du Brexit Nigel Farage a souhaité « bonne chance » (en français) à M. Philippot dans un message vidéo. « Ne doutez jamais », même s’il « faut être patients » car « les gens vous diront que c’est impossible », a prévenu l’ancien leader du parti europhobe UKIP.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Pour relancer la croissance après la crise de 2008, Nicolas Sarkozy a fait pleuvoir 35 milliards d’euros sur l’économie française afin d’irriguer les universités, les centres de recherche et les PME. Pour quels effets ?
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Recherche et innovation : heur et malheur du grand emprunt

Pour relancer la croissance après la crise de 2008, Nicolas Sarkozy a fait pleuvoir 35 milliards d’euros sur l’économie française afin d’irriguer les universités, les centres de recherche et les PME. Pour quels effets ?



Le Monde
 |    18.02.2018 à 17h00
    |

            Sandrine Cassini








                        



                                


                            

Que reste-t-il du « grand emprunt », cette politique massive d’investissements mise en œuvre par Nicolas Sarkozy ? Pour relancer la croissance après la crise de 2008, l’ancien chef de l’Etat a fait pleuvoir 35 milliards d’euros sur l’économie française afin d’irriguer les universités, les centres de recherche et les PME. Au cœur du réacteur : la recherche et l’innovation.
Quatre ans après, Jean-Marc Ayrault, alors premier ministre de François Hollande, décidait d’une rallonge de 12 milliards d’euros. Entre-temps, le grand emprunt était rebaptisé « programme d’investissements d’avenir » (PIA). En 2016, une troisième enveloppe de 10 milliards d’euros était attribuée.
Difficile de dire précisément quels ont été les effets réels de cette politique sur l’économie. Mais le chiffre total de 57 milliards d’euros investis ne reflète pas les sommes engagées dans les projets. Une grande partie des fonds est placée, et ce sont uniquement les intérêts qui ont financé les projets. A l’image de l’enseignement supérieur et de la recherche, censé avoir absorbé « 50 % du PIA », comme le précisait un rapport de France Stratégie de mars 2016.
« Placées à 2 %, les dotations en capital du PIA ne rapportaient pas grand-chose », précise l’économiste Elie Cohen, qui fit partie d’un comité d’évaluation du PIA. « L’idée de ces fonds était de transformer les universités en unités de recherche et d’accélérer le transfert de la connaissance issue du public vers le privé, à travers les instituts de recherche technologique ou les instituts hospitalo-universitaires », complète le directeur de recherche au CNRS.
Raté magistral
Dans ce domaine, il se montre déçu par les résultats des « initiatives d’excellence (IDEX) ». Ces grands projets devaient réunir des grandes écoles, comme Polytechnique ou Normale Sup, et des universités sous un même étendard. « Je pensais qu’on allait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Au sein même des Républicains, les propos du président du parti, enregistrés à son insu, font grincer des dents. « Ces propos ne concourent pas au rassemblement », a regretté Eric Woerth.
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Les propos de Laurent Wauquiez devant des étudiants continuent de faire des vagues dans son camp

Au sein même des Républicains, les propos du président du parti, enregistrés à son insu, font grincer des dents. « Ces propos ne concourent pas au rassemblement », a regretté Eric Woerth.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 14h31
   





                        



   


Le retour de bâton est aussi violent que la teneur des propos. Les déclarations sans filtre de Laurent Wauquiez, enregistrées à son insu lors d’une conférence donnée à des étudiants lyonnais, continuaient dimanche 18 février de faire des vagues, y compris dans son propre camp.
« Ça pourrait être un des membres de la famille Le Pen : c’est la même tonalité, la même violence », a résumé sur BFM-TV Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, qui a quitté le parti Les Républicains après l’élection de M. Wauquiez. « Une des raisons pour lesquelles j’ai quitté LR, c’est cette violence, ce cynisme en politique, je ne les supporte plus », a ajouté l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, pour qui « c’est pire que du Trump ».

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« On a besoin de rassembler, pas de diviser »
En cause, des extraits sonores diffusés vendredi soir par l’émission « Quotidien », dans lesquels on entend notamment M. Wauquiez affirmer, devant les étudiants d’une école de commerce lyonnaise, que Nicolas Sarkozy « mettait sur écoutes pour pomper tous les mails, tous les textos », les portables des membres du gouvernement lors des conseils des ministres.
Dans cet enregistrement, le président d’Auvergne-Rhône-Alpes se dit également « sûr et certain » qu’Emmanuel Macron et ses équipes « ont largement contribué à mettre en place la cellule de démolition » contre François Fillon. Quant au ministre Gérald Darmanin, visé par une enquête pour abus de faiblesse, « il sait ce qu’il a fait » et « il va tomber », affirme M. Wauquiez.
Au sein même des Républicains, les propos de M. Wauquiez ont aussi fait grincer des dents. « On a besoin de rassembler, pas de diviser (…) Ces propos ne concourent pas au rassemblement » du parti, a ainsi regretté Eric Woerth, député de l’Oise, sur France 3. « Il n’y aurait pas ces propos, ce serait peut-être mieux. » Selon lui, M. Wauquiez « est suffisamment intelligent pour tenir compte de ça ». Le président d’Auvergne-Rhône-Alpes, qu’il a eu depuis vendredi au téléphone, « était un peu ennuyé par l’avalanche de commentaires », a reconnu Eric Woerth.

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« Choquant »
Alexis Corbière, député La France insoumise de Seine-Saint-Denis, a trouvé « choquant » le fait que M. Wauquiez glisse dans l’enregistrement qu’il dit du « bullshit [des conneries] » quand il est sur un plateau de télévision. « Je ne vais pas à la télé pour dire autre chose que ce que je pense », a lancé M. Corbière au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.
Ces déclarations de M. Wauquiez vont « entraîner de plus en plus de Français dans le dégoût de la politique et l’abstention », redoute, quant à lui, Florian Philippot, président des Patriotes.

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Dans la majorité, les critiques ont continué de pleuvoir contre celui qui veut apparaître comme le premier opposant au chef de l’Etat. Le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, a ainsi fustigé des propos « violents qui ne grandissent pas la politique », lors du Grand Rendez-vous Europe 1-CNews-Les Echos.
Hugues Renson, député La République en marche de Paris, a de son côté décrit sur Radio J un M. Wauquiez « en voie de trumpisation ». « On ne s’adresse pas à des étudiants en colportant des ragots », met en garde cet ancien conseiller de Jacques Chirac, qui s’interroge sur l’éventuelle rémunération du président d’Auvergne-Rhône-Alpes pour ce type d’interventions.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Dans la foulée des répercussions de l’affaire Harvey Weinstein, Astrid de Villaines avait décidé de porter plainte pour agression sexuelle contre le présentateur.
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La journaliste de LCP qui a porté plainte contre Frédéric Haziza démissionne

Dans la foulée des répercussions de l’affaire Harvey Weinstein, Astrid de Villaines avait décidé de porter plainte pour agression sexuelle contre le présentateur.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 13h43
   





                        



   


Astrid de Villaines a choisi de quitter La Chaîne parlementaire (LCP). La journaliste a démissionné de son poste, trois mois après avoir déposé plainte pour agression sexuelle contre son collègue, le présentateur Frédéric Haziza, a annoncé dimanche 18 février La Lettre de l’audiovisuel. 
Dans la foulée des répercussions de l’affaire Harvey Weinstein, Astrid de Villaines avait décidé, en novembre 2017, de porter plainte, juste avant une éventuelle prescription, pour des faits remontant à 2014. Une enquête préliminaire de la police judiciaire a été lancée.
Selon BuzzFeed, la scène faisant l’objet de la plainte s’est produite le 20 novembre 2014, au sein de la rédaction de La Chaîne parlementaire. Frédéric Haziza avait bloqué le passage de la journaliste : « Sa main s’est alors retrouvée au niveau de mes fesses, côté gauche, en l’appuyant fortement. Dans le même temps, M. Haziza m’a pincé la fesse gauche », affirmait la journaliste. A l’époque, ces faits avaient été sanctionnés par un simple avertissement de la direction à l’encontre de M. Haziza, qui en conteste la réalité.
Suspendu puis réintégré
Ecarté de la chaîne après cette plainte déposée mi-novembre, le présentateur de « Questions d’info » avait finalement été réintégré à l’antenne au début de janvier. Après avoir diligenté une enquête interne, la direction a suivi les conclusions du rapport rédigé par un expert indépendant, qui jugeait que « depuis 2014, il n’y avait aucun comportement inapproprié à reprocher » à Frédéric Haziza.

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Ce retour, « malgré l’ouverture d’une enquête préliminaire après la plainte déposée par une de nos collègues pour agression sexuelle, nous choque », avait réagi la Société des journalistes. Une motion de défiance a été votée, à l’unanimité moins une abstention.
Dans Le Parisien, l’avocate de M. Haziza, Jacqueline Laffont, jugeait que cette « affaire semble largement instrumentalisée dans un contexte de prochain éventuel renouvellement de la direction de la chaîne ». Trois candidats à la présidence de la chaîne, dont l’actuelle présidente, Marie-Eve Malouines, sont en lice après avoir été sélectionnés au terme d’auditions devant un comité de députés, lundi 12 février. Un contexte qui aggrave les tensions entre direction et salariés.

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Astrid de Villaines avait été l’une des premières, avec Henda Ayari et Anne Saurat-Dubois, à dénoncer des scènes de harcèlement sexuel, quelques jours après le début du lancement des hashtags #balancetonporc et #metoo.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Le député des Hauts-de-Seine, porte-parole de La République en marche, est l’invité de Nicolas Demorand sur France Inter, en partenariat avec « Le Monde ».
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Le président d’honneur du parti d’extrême droite affirme au « JDD » qu’il se rendra au congrès, qui doit voter la suppression de sa fonction et de ses statuts.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/02/2018
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Pour Jean-Marie Le Pen, changer le nom du Front national est « une trahison »

Le président d’honneur du parti d’extrême droite affirme au « JDD » qu’il se rendra au congrès, qui doit voter la suppression de sa fonction et de ses statuts.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 00h57
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 10h30
   





                        



   


« Une trahison. » C’est ainsi que le cofondateur du Front national (FN) Jean-Marie Le Pen décrit dans un entretien au Journal du dimanche du 18 février, la volonté de sa fille Marine de rebaptiser la formation dont elle est l’actuelle présidente. Il demande ainsi « très fermement » aux adhérents du parti d’extrême droite « de rejeter la réforme des statuts, ainsi que le changement du nom du Front national ».
« Objectivement, c’est totalement absurde. Subjectivement, c’est une trahison de l’histoire du mouvement (…) C’est inexplicable et suspect », déclare l’ancien président du FN, dont il est aujourd’hui exclu mais qui reste président d’honneur du parti, comme vient de le confirmer la justice.

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Lors du congrès des 10 et 11 mars, à Lille, qui veut acter la « refondation » de la formation, les militants se prononceront sur une réforme des statuts qui supprime le poste de président d’honneur, déjà validée à la fin de janvier par la direction du FN. Ils seront ensuite consultés sur le changement de nom, « dans la foulée » de ce rassemblement, a précisé Mme Le Pen.
Jean-Marie Le Pen confirme au JDD qu’il se rendra à ce congrès, précisant qu’il ne sait « pas encore quelle forme prendra [s]on intervention ». Le FN a assuré qu’il lui en interdirait l’accès, au motif qu’il n’est plus adhérent.
« Mon sang coule dans ses veines »
A sa fille qui a estimé qu’il « ferait n’importe quoi (…) pour quelques minutes d’existence médiatique », M. Le Pen rétorque qu’il a « existé avant elle » et qu’« elle existe grâce » à lui. « Elle ne pourra rompre ses liens avec moi qu’en se suicidant ! C’est mon sang qui coule dans ses veines », lance-t-il, interrogé sur la volonté de dédiaboliser le parti en prenant ses distances avec lui.
« Elle ne serait pas ce qu’elle est si je n’avais pas dirigé le FN, et soutenu sa candidature à la présidence du parti. Et puis, elle est présidente depuis sept ans. Par conséquent, si l’image du Front est diabolique, c’est sa responsabilité. »
Laurent Wauquiez, « un rival »
M. Le Penexplique ne pas être en relation avec sa fille – « c’est une tristesse. Mais la vie politique en compte beaucoup » –, ni avec sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, qui s’est retirée de la vie politique.

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Lui-même ne sera pas candidat aux élections européennes de 2019 – il laissera « cela à des gens plus jeunes » –, mais n’entend pas renoncer « à faire de la politique ».
« Je m’exprimerai sur ce que je crois être l’intérêt du pays aussi longtemps que j’en aurai la capacité. »
A la question de savoir si le président des Républicains, Laurent Wauquiez, est un danger pour le parti d’extrême droite, M. Le Pen répond que « c’est un rival » : « Il est sans doute le concurrent Républicain le plus dangereux, puisqu’il se base pratiquement sur les mêmes thèmes que le FN. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Les chiffres fournis il y a quelques jours par l’Insee font état d’une amélioration du marché du travail. Mais, si les signaux sont positifs pour les cadres et les diplômés, le chômage se maintient à un niveau élevé pour les moins qualifiés.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Entre dérision et défaitisme, les annonceurs constatent les conséquences du déclassement possibles de leurs terres situées en zones défavorisées.
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Dans l’Aude, des villages solidaires des agriculteurs en colère se mettent aux enchères

Entre dérision et défaitisme, les annonceurs constatent les conséquences du déclassement possibles de leurs terres situées en zones défavorisées.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 14h04
   





                        



   


A vendre « village pittoresque », « entre mer et montagne », évidemment « fort sympathique ». Par solidarité avec leurs agriculteurs en colère, des communes du secteur de La Piège (Aude) se sont symboliquement mises en vente sur le site Le Bon Coin.
Saint-Julien de Briola, Fanjeaux, Orsans, Saint-Amans, Laurac, Ribouisse, Generville, Villautou Fanjeaux, Lacassaigne... autant de villages audois mis aux enchères pour protester contre l’exclusion possible de leurs éleveurs de la carte des zones défavorisées, dont la réforme est actuellement en discussion.
Cette vente, qui ne donne aucun prix, fait « suite à une série de décisions injustes », « à l’abandon du monde rural par l’État et à la surdité du ministère de l’agriculture », peut-on lire notamment sur les petites annonces. Pour tout renseignement, « l’acheteur » est d’ailleurs invité à s’adresser au ministre de l’agriculture en personne, Stéphane Travert.
Entre dérision et défaitisme, les annonceurs mettent en exergue les qualités de tous les villages, mais constatent surtout les conséquences du déclassement possibles de leurs terres, privant les exploitants de l’ICHN, l’indemnité compensatoire de handicaps naturels.

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Refonte demandée par l’UE
Tous ces villages de l’Aude ne sont pas les seuls à afficher leur mécontentement concernant la modification de la carte des « zones défavorisées ». Cette carte, qui date de 1976, détermine le versement de l’indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN) hors montagne, qui permet de compléter les revenus des agriculteurs dont l’exploitation se situe dans une zone où les conditions naturelles sont difficiles.
Sa refonte, appelée à entrer en vigueur en 2019, répond à une demande de l’UE qui a appelé ses Etats membres à revoir les critères de définition des zones soumises à contraintes afin de parvenir à des découpages plus homogènes d’un pays à l’autre. La nouvelle carte, qui devait être présentée initialement cette semaine, ne sera finalement dévoilée par le gouvernement d’Edouard Philippe qu’après validation par la Commission européenne, début mars.
5 000 sortants
Selon le projet de carte proposé le 9 février par le ministère, le nombre de bénéficiaires de l’ICHN passe d’environ 52 500 aujourd’hui à près de 60 000 au 1er janvier 2019, soit une augmentation de 13 %. Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a lui fait état cette semaine d’environ 5 000 sortants pour 10 000 entrants.
Pour les territoires « sortants », Emmanuel Macron a assuré fin janvier lors des ses vœux au monde agricole que des mesures d’accompagnement seraient prises pendant deux ans. Malgré ces assurances, les agriculteurs ne désarment pas et ont poursuivi cette semaine leur action coup-de-poing, notamment avec des barrages filtrants.
Pour calmer leur colère, Emmanuel Macron doit recevoir jeudi un millier de jeunes agriculteurs à l’Elysée, deux jours avant l’ouverture du Salon de l’agriculture. « Il s’agit d’envoyer un signal fort : montrer que l’agriculture fait partie des priorités du président », a fait savoir l’entourage du président.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Philippe Lukacs, professeur de management, appelle dans une tribune au « Monde » à dépasser les constructions classiques des marchés, formés à partir de lois de l’offre et de la demande.
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« Structuré autour du bien commun, un espace de développement et d’action s’ouvre aux entreprises »

Philippe Lukacs, professeur de management, appelle dans une tribune au « Monde » à dépasser les constructions classiques des marchés, formés à partir de lois de l’offre et de la demande.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 14h00
    |

Philippe Lukacs (Professeur de management de l’innovation à l’Ecole Centrale de Paris)







                        



                                


                            
Tribune. Le Monde du 6 février a fait état d’une note publiée vendredi 2 février par Natixis et signée de Patrick Artus, son responsable des études économiques : « La dynamique du capitalisme est aujourd’hui bien celle qu’avait prévue Karl Marx. » Ce qu’il voit lui paraît d’une « logique implacable ». Le mouvement se déroule en trois temps. D’abord, une « baisse de l’efficacité des entreprises des pays de l’OCDE », qui risque de réduire le rendement du capital. Puis, pour éviter ce possible recul de leurs profits, les sociétés cherchent à capter une plus grande part de la valeur ajoutée, au détriment des salariés, dont la rémunération diminue.
Cette stratégie ayant une limite – l’impossibilité de réduire les salaires en dessous d’un salaire de subsistance –, les capitalistes recourent enfin à la spéculation pour soutenir malgré tout le rendement du capital. Patrick Artus conclut : « Cette dynamique aboutit nécessairement d’une part à la hausse des inégalités de revenu, d’autre part à des crises financières. »

Chaque citoyen peut constater la réalité de ce mouvement en trois temps, et ses conséquences en termes d’écarts croissants des revenus, d’ores et déjà devenus, à tous égards, insoutenables. Les risques sont non seulement financiers mais également politiques. On a déjà vu à quoi l’éclatement social a conduit aux Etats-Unis. A continuer ainsi, c’est la démocratie, dans tous les pays, qui peut vaciller. En appeler à Karl Marx pour expliquer cette évolution, pourquoi pas ? Mais une explication plus simple, compréhensible par chacun existe, qui ouvre une voie de solution concrète dans laquelle il est à la fois possible, fructueux et urgent de s’engager.
Stimuler l’actionnariat individuel
Chaque responsable d’entreprise, chaque citoyen, peut constater que les marchés classiques, à force de progression, sont maintenant saturés dans les pays « développés ». Et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ La présidente sortante, Marie-Eve Malouines, affronte Thierry Guerrier, présentateur, et Bertrand Delais, réalisateur.
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Course au « perchoir » sous tension pour LCP

La présidente sortante, Marie-Eve Malouines, affronte Thierry Guerrier, présentateur, et Bertrand Delais, réalisateur.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 10h24
    |

            François Bougon








                        



   


Tensions, pressions et intrigues… le processus de désignation du prochain président de LCP – la chaîne parlementaire dont l’Assemblée nationale est l’unique actionnaire – pourrait donner lieu à une adaptation télévisée à la manière de « Baron noir », la série politique française de Canal+.
Trois candidats, dont l’actuelle présidente Marie-Eve Malouines, sont en lice après avoir été sélectionnés au terme d’auditions devant un comité de députés, lundi 12 février. Face à la sortante, deux autres journalistes ont été retenus par le comité de sélection : Thierry Guerrier, présentateur de télévision, et Bertrand Delais, réalisateur et auteur d’un documentaire sur les coulisses de l’élection d’Emmanuel Macron. Ce second candidat s’est fait remarquer par une série de posts de blog louangeurs sur l’action du président de la République publiés sur le site HuffPost.
Mme Malouines, ancienne chef du service politique de Franceinfo qui se trouve à la tête de LCP depuis 2015, a décidé de se représenter malgré une forte contestation interne, qui a abouti à une motion de défiance en janvier : « Je suis accusée d’être autoritariste et complice des agresseurs sexuels. Je refuse en fait de céder à la rumeur, aux pressions, au climat général. Je m’en tiens aux faits, au respect de la loi. Je passe sur mon ressenti personnel en tant que femme, qui a toujours lutté contre la phallocratie », a-t-elle déclaré, lundi 12 février, aux parlementaires.
L’affaire Frédéric Haziza
Cette hostilité d’une partie du personnel s’est concentrée sur l’affaire Frédéric Haziza, animateur de l’émission « Questions d’info », accusé d’agression sexuelle par une journaliste, Astrid de Villaines. Dans la foulée des répercussions de l’affaire Harvey Weinstein, elle a en effet décidé, en novembre 2017, de porter plainte, juste avant une éventuelle prescription, pour des faits remontant à 2014, ce qui a déclenché une enquête préliminaire de la police judiciaire. A l’époque, ces faits avaient été sanctionnés par un simple avertissement de la direction à l’encontre de M. Haziza, qui en conteste la réalité.

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                LCP convoque un conseil d’administration sur « des faits d’agressions sexuelles »



La présidente a décidé de se représenter malgré une forte contestation interne, qui a abouti à une motion de défiance
De son côté, Mme Malouines a diligenté une enquête interne. Le rapport rédigé par un expert indépendant a jugé que, « depuis 2014, il n’y avait aucun comportement inapproprié à lui reprocher ». Ce qui a conduit à la décision de réintégrer M. Haziza en janvier, et provoqué une fronde de la rédaction : une motion de défiance a été votée par la Société des journalistes (SDJ), à l’unanimité moins une abstention. Ce retour, « malgré l’ouverture d’une enquête préliminaire après la plainte déposée par une de nos collègues pour agression sexuelle, nous choque », a écrit la SDJ.
« Climat délétère »
Cette dernière s’est également étonnée de ne pas retrouver dans l’enquête interne les témoignages « d’autres comportements totalement inappropriés de la part de Frédéric Haziza après 2014 », dénonçant par ailleurs le « climat délétère » et la « souffrance au travail qui règnent au sein de la chaîne ». Le Monde et Franceinfo, deux médias partenaires de l’émission « Questions d’info », ont alors suspendu leur collaboration. La direction du Monde a mis en avant « la dégradation du climat interne à LCP, illustrée par le vote récent d’une motion de défiance ». Pour sa part, la présidence de l’Assemblée nationale s’est engagée à mettre en œuvre un audit par un cabinet indépendant, avant la prise de fonctions du nouveau président.

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                LCP suspend le journaliste Frédéric Haziza, visé par une plainte pour agression sexuelle



Dans Le Parisien, l’avocate de M. Haziza, Jacqueline Laffont, jugeait que cette « affaire semble largement instrumentalisée dans un contexte de prochain éventuel renouvellement de la direction de la chaîne ». Et, devant les députés, lundi, Marie-Eve Malouines s’est présentée comme la victime d’une campagne injuste : « Eh bien, oui, je me représente quand même, parce que cette campagne qui me cible n’a rien à voir avec la réalité, parce que cette fonction de PDG de la chaîne parlementaire impose précisément de savoir résister aux pressions, d’où qu’elles viennent. »
« On souhaite le calme, que l’apaisement revienne »
Au sein de la rédaction de LCP, certains journalistes redoutent une reconduction de Mme Malouines. « On souhaite le calme, que l’apaisement revienne, mais on ne croit pas que ce soit possible avec elle », explique l’un d’eux. Un autre prévient : « Si elle est élue, beaucoup de gens vont partir, elle aura les mains libres. »
La présidente sortante s’est dite prête à renouer le dialogue : « Nous nous retrouverons parce que nous partageons le même idéal, le même projet qui est de faire rayonner la culture LCP, une éthique, un état d’esprit républicain, citoyen et démocratique. » La nomination sera décidée en mars par le président de l’Assemblée, François de Rugy, pour une prise de fonctions le 8 juin. Outre un climat social dégradé, celui qui sera désigné devra gérer l’éventuelle fusion avec Public Sénat, l’autre chaîne parlementaire. Un autre dossier délicat.

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                Marie-Eve Malouines, l’exigence démocratique






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Près de cinq mois après sa rupture avec Marine Le Pen, l’ancien numéro deux du Front national lance officiellement son parti, Les Patriotes, dimanche dans le Pas-de-Calais.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/02/2018
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Philippot lance ses Patriotes à Arras

Près de cinq mois après sa rupture avec Marine Le Pen, l’ancien numéro deux du Front national lance officiellement son parti, Les Patriotes, dimanche dans le Pas-de-Calais.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 11h48
    |

            Lucie Soullier








                        



   


« Alors, vous le lancez quand, votre parti ? » Florian Philippot admet que la question lui revient encore un peu trop souvent, alors que sa formation est déjà sur les rails. « Mais j’ai une arme pour leur répondre. » Fièrement, il retourne son téléphone, dévoilant le logo d’une Marianne signée « Les Patriotes ». « C’est bleu marine », s’amuse-t-il.
En septembre 2017, l’ancien numéro deux du Front national a claqué la porte du parti d’extrême droite, qui l’a verrouillée derrière lui. Depuis, Florian Philippot tente, un chapelet de fidèles à sa suite, de relever le « premier défi » de son nouveau mouvement : en faire connaître l’existence.

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                Florian Philippot convertit Les Patriotes en formation politique



L’heure de la grand-messe philippotiste est finalement arrivée, près de cinq mois après sa rupture avec Marine Le Pen. Dimanche 18 février, Les Patriotes organisent leur « événement fondateur » à Arras, dans le Pas-de-Calais. L’occasion de coller quelques affiches – tirées à « pas gros » – et d’aller faire un peu de porte-à-porte jusque sur les terres de la députée voisine – Marine Le Pen, encore elle –, raconte Guillaume Kaznowski, conseiller régional ex-FN désormais « Patriote ».
Au menu de l’initiation dominicale : adoption des statuts du parti, confirmation de la présidence et discours de Florian Philippot. Sans oublier les travaux pratiques, pour les quelque 500 adhérents (sur les 6 500 revendiqués) s’étant acquittés de leur entrée : un sondage en direct sur le sentiment d’être « de droite, de gauche, ni l’un ni l’autre », des stands terroirs à arpenter et, Graal pour eux qui prônent la sortie de l’Union européenne, un message de Nigel Farage – l’ancien leader du UKIP europhobe britannique – à ovationner.
Agenda maigrelet
Dans moins d’un mois, le Front national organisera son propre congrès chez la voisine lilloise. Un rapport avec le choix d’Arras ? « Rien à voir, c’est parce que la salle était moins chère qu’à Paris », rétorque Florian Philippot, pas tout à fait ironique. Car l’ancien bras droit de la finaliste de la dernière présidentielle est revenu à la politique des bouts de ficelle. Les 15 000 euros de location de salle et quelques « prestations » associées ont été financés à 100 % par les Patriotes, assure son directeur de cabinet, Joffrey Bollée. Aux deux tiers par les entrées payantes ; restait donc un tiers à tirer des cotisations, dons et autres diverses rentrées – comme la coque de téléphone vendue 24 euros sur la boutique en ligne, et qui aura fait au moins un adepte. Le rendez-vous d’Arras ne devrait donc « pas trop grever les maigres comptes des Patriotes », assure M. Bollée, « conscient » que les moyens limités du mouvement n’aident pas à combler son manque de notoriété. Le parti ne compte ainsi aucun salarié ; quant aux tracts, si les maquettes sont fournies par le siège, « chacun se débrouille pour les imprimer », poursuit le directeur de cabinet.

   


Le dirigeant des Patriotes lui-même n’est pas toujours reconnu par le grand public. Pas très à l’aise dans l’exercice des mains à serrer, Florian Philippot s’est ainsi trouvé très seul dans les rues de Belfort, où il était venu soutenir sa candidate et numéro deux, Sophie Montel, le 20 janvier. Il a finalement préféré se tourner vers les caméras qui l’accompagnaient. C’est que l’homme est plus habitué aux plateaux médiatiques qu’aux tribunes populaires. Et son agenda désormais maigrelet risque de s’essouffler encore, au regard de ses résultats aux législatives partielles : 1,19 % dans le Val-d’Oise, à peine 2 % dans le territoire de Belfort… Aucun regret du côté des Patriotes. « Il fallait être présents », insiste Florian Philippot. Au moins aux premières, ajoute Joffrey Bollée :
« On sait que les suivantes seront moins médiatisées… »
La petite équipe repousse son véritable test électoral aux européennes de 2019, visant les 5 %. Puisque ni Laurent Wauquiez, ni Jean-Luc Mélenchon, ni Marine Le Pen ne s’y aventurent, l’entourage de Florian Philippot espère que placer leur « star » en tête de liste lui offrira de la visibilité. Du côté du FN, on ne manque pas de railler son « charisme d’énarque ».

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                Entre le Front national et Les Patriotes, le duel de Belfort



Ne « pas remplacer » son ancien parti
Qu’il leur ait raflé un député – José Evrard – et un maire symbolique – celui de Brachay, ville où Marine Le Pen faisait sa rentrée depuis plusieurs années – n’est « vraiment pas un sujet », balaye un proche de la dirigeante frontiste. Pour Sébastien Chenu, député FN du Nord, Florian Philippot « ne s’est pas rendu compte qu’il fallait plus de huit jours pour monter un parti ». Et le porte-parole du FN d’appuyer sur « l’erreur de débutant » de son ancien vice-président :
« Il est entre le créneau souverainiste de Nicolas Dupont-Aignan et le Frexit d’Asselineau, il n’a tout simplement pas d’espace politique. »
Florian Philippot, lui, répète tant qu’il peut ne pas vouloir « remplacer » ni être défini à travers son ancien parti, tout en « remarquant » un recentrage sur l’immigration dans les discours de Marine Le Pen. « Je ne fais pas le tableau des différences et des ressemblances… », entame-t-il, et le « mais » ne manque pas de suivre. Certes, avance-t-il, lui aussi prône une « maîtrise forte de l’immigration », mais il s’estime plus « protecteur » sur le volet social, plus « moderne » sur certains points de société, dont le mariage homosexuel. Et surtout « #FrexitVite », comme l’adepte des réseaux sociaux aime à le tweeter.
« Il faut qu’il arrête avec son europhobie pathologique », dit un conseiller de Marine Le Pen. C’est d’ailleurs, selon lui, son « entêtement » sur la question européenne qui a valu à Florian Philippot l’ire de nombreux cadres frontistes, et probablement sa place, alors que le bureau politique du FN repoussait la sortie de l’euro en lanterne rouge de ses priorités, dès sa première réunion de l’été post-présidentielle.

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                « Florian Philippot, je me demande ce que vous faisiez au Front national ! »



Pour Florian Philippot, la défaite vient d’ailleurs. Et en premier lieu du « manque de professionnalisme » du FN, qu’il ne cesse de dénoncer depuis son départ. Sur ce point, ses Patriotes peuvent compter sur les quelques trentenaires diplômés partis à la suite de leur énarque de leader. Une flotte de cadres sans troupes. Sans faire le tableau des différences et des ressemblances, on y verrait presque le pendant du FN.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ A ce stade, il s’agit d’une option, les arbitrages finaux de la grande réflexion sur l’audiovisuel public lancée par Emmanuel Macron étant attendus fin mars.
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Françoise Nyssen veut une présidence commune à France Télévisions, Radio France et France Médias Monde

A ce stade, il s’agit d’une option, les arbitrages finaux de la grande réflexion sur l’audiovisuel public lancée par Emmanuel Macron étant attendus fin mars.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 09h41
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 17h18
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

La ministre de la culture, Françoise Nyssen, propose qu’à l’avenir, France Télévisions, Radio France et France Médias Monde (France 24, RFI…) aient une présidence commune, ont indiqué au Monde des sources proches du dossier. Ce serait un changement important, car, jusqu’ici, ces trois sociétés d’audiovisuel public ont, chacune, un président. Celui-ci serait remplacé par un directeur général, qui serait sous le contrôle d’un président non exécutif unique. La ministre envisagerait même d’étendre cette direction commune à l’Institut national de l’audiovisuel (INA).
Mme Nyssen a, au cours des dix derniers jours, souhaité revoir les dirigeants des sociétés d’audiovisuel public, afin d’évoquer avec eux l’avenir de leur entreprise et du secteur, avant une prise de parole en conseil des ministres, le 14 février. Dans son propos, Mme Nyssen a d’ailleurs évoqué sa proposition d’une présidence commune. A ce stade, il s’agit d’une option, les arbitrages finaux de la grande réflexion sur l’audiovisuel public lancée par Emmanuel Macron sont attendus fin mars. Mais cette piste a déjà été évoquée au sein de l’exécutif dès la fin de 2017.
Un président commun permettrait un pilotage d’ensemble, alors que le gouvernement demande de plus en plus aux sociétés d’audiovisuel public de collaborer entre elles. En effet, France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et l’INA ont, ensemble, lancé en 2016 Franceinfo, une offre d’information mêlant télévision, radio et numérique. Et, depuis octobre 2017, le ministère de la culture a exigé des dirigeants de nouvelles synergies : ceux-ci ont donc en projet une offre d’information locale associant France 3 et France Bleu, une plate-forme numérique culturelle autour de France Culture et France 5, un média Web destiné aux jeunes, qui s’appuiera la radio Mouv et France Télévisions…
« BBC à la française »
Instaurer un dirigeant unique est aussi une réponse à la volonté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ La loi prévoit en faveur de celui qui s’est trompé le droit à rectifier sa déclaration a posteriori explique pour « Le Monde » Olivier Roznfeld, président de Fidroit.
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Puis-je rectifier une erreur dans ma déclaration fiscale ?

La loi prévoit en faveur de celui qui s’est trompé le droit à rectifier sa déclaration a posteriori explique pour « Le Monde » Olivier Roznfeld, président de Fidroit.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 10h46
    |

                            Olivier Rozenfeld (Président de Fidroit)








                        



   


Question à un expert. Vous avez commis une erreur dans votre déclaration fiscale, ne vous inquiétez pas, l’Administration sait aussi être tolérante. La déclaration de ses revenus, auxquels nous n’échapperons pas avec la mise en œuvre du prélèvement à la source, est un exercice fastidieux et complexe.
La fiscalité française est ainsi remplie de chausse-trappes dont il est parfois difficile de s’extraire. C’est dans ce cadre que la loi prévoit en faveur de celui qui s’est trompé le droit à rectifier sa déclaration a posteriori. C’est la réclamation contentieuse. Elle est recevable jusqu’au 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement de l’impôt. Soit jusqu’au 31 décembre 2019 pour l’impôt payé en 2017.

        Lire aussi :
         

                Serez-vous imposable ou non ?



La motivation de la réclamation tient à la modification rétroactive de l’assiette ou des modalités de calcul de l’impôt. C’est le cas par exemple si vous avez oublié de déclarer l’emploi d’un salarié à domicile, vos travaux… Cela ouvre droit alors au dégrèvement ou à la restitution de tout ou partie d’une imposition. Les contribuables disposent aussi de ce droit en cas de publication d’une loi comportant des dispositions qui modifient avec effet rétroactif les règles d’imposition ou encore d’une décision de justice fixant, avec retard, la véritable situation du contribuable.
Sans aller jusqu’à une erreur de déclaration, la mise en œuvre du prélèvement à la source en 2019 vous permettra aussi d’ajuster votre impôt quasiment en « temps réel » puisqu’il vous appartiendra d’informer l’administration de tout changement familial susceptible de modifier le taux de votre prélèvement fiscal.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Il y a vingt ans, à la faveur des débuts de la bulle Internet, le géant lyonnais dirigé par Bruno Bonnell se lançait à la conquête de la première place mondiale. Rétrospective.
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Jeu vidéo : quand Infogrames régnait (presque) sur le monde

Il y a vingt ans, à la faveur des débuts de la bulle Internet, le géant lyonnais dirigé par Bruno Bonnell se lançait à la conquête de la première place mondiale. Rétrospective.





Le Monde
 |    17.02.2018 à 08h00
    |

            William Audureau





De « maître du monde » à « ce qui ne me tue pas me rend plus fort » en quelques années. Bruno Bonnell, aujourd’hui député La République en marche, président emblématique de la société Infogrames de 1983 à 2008, a porté sur ses épaules l’ambition folle du jeu vidéo français de régner au niveau planétaire en délogeant les indélogeables pépites japonaises et américaines.
Un rêve icarien, que les archives de la société, consultées par Le Monde au Conservatoire national du jeu vidéo, à Chalon-sur-Saône, permettent aujourd’hui de redécouvrir autrement. Alors que viennent de ressortir sur la plate-forme Steam, en catimini, huit de ses jeux d’époque « les plus bizarres » et « indéniablement français », comme les qualifie le site spécialisé américain Rock Paper Shotgun. 

Le « boulimique » Bruno Bonnell
L’histoire des grandes heures du jeu vidéo français, c’est en grande partie celle d’Infogrames et de son emblématique cofondateur et président, Bruno Bonnell, teintée comme lui d’intuitions, d’ambition et de coups d’audace. Chimiste de formation et licencié en économie, doublé d’une nature de commercial hors pair, il finance sa jeune société avec les revenus de droit d’auteur d’un livre d’introduction à l’informatique, Pratique de l’ordinateur familial. 

   


Son premier logiciel éducatif, Le Cube, vendu à 60 000 exemplaires à la Noël 1983, est le début de la folle ascension. Son entreprise, cofondée avec son ami d’enfance Christophe Sapet, passe de deux têtes, en 1983, à 2 400 employés, en 2000.
L’homme, à l’assurance désarçonnante, fascine les médias. Dans un article de 2000, l’année de l’apogée de Bruno Bonnell, le magazine Challenges décrit un capitaine d’industrie « bateleur, cabot, grande gueule », ancien étudiant « sympa, pittoresque, tchatcheur », mais aussi « collectionneur de nains de jardin, fasciné par l’algèbre, peintre à ses heures ».
Bruno Bonnell envisage même d’acheter le géant américain Electronic Arts. Il a alors 41 ans, vient de présenter une simulation de football parrainée par la plus grande star mondiale du moment, Ronaldo, et ne cache plus sa volonté de devenir numéro un mondial.
Grands effets d’annonce
Dès les débuts d’Infogrames, Bruno Bonnell se distingue par son appétit pour l’acquisition et l’esbroufe. Ce sont d’abord des concurrents locaux qu’il achète, des pionniers du jeu sur ordinateur français, comme Cobrasoft et Ere informatique. Il s’en arroge les prix, comme les Tilt d’Or, principale récompense en France dans les années 1980.
L’entreprise sait jeter de la poudre aux yeux. Dans son dossier de présentation destiné à ses actionnaires, Alone in the dark est décrit comme la « première adaptation d’un mode de représentation subjectif, dit “réalité virtuelle” » — le jeu, quoique très innovant, est simplement en trois dimensions.

Dans une brochure de 1994 largement illustrée par les images de son jeu-phare du moment, Marco Polo, Bruno Bonnell inscrit son activité dans la filiation, entre autres, de Blaise Pascal, de Graham Bell ou encore de Steve Jobs :
« Tous les visionnaires qui ont façonné des outils de communication, nourris du talent des Wolfgang, Jules, Felix, Orson, Steven, Bill et des milliers d’autres, ont repoussé les limites de la créativité. Ils ont bouleversé sans cesse notre mode de vie en y introduisant l’image, le son, l’échange. A l’aube de l’an 2000, un nouveau rivage se dessine encore, une révolution pour laquelle tous les équipages d’Infogrames Entertainment s’engagent : le libre choix de l’information pour l’éducation et les loisirs. »

   


Cap sur la place de numéro un mondial
En 1989, alors que le jeune fleuron du jeu vidéo français est encore une entreprise privée, Infogrames dévoile sa stratégie sur cinq ans, dans un plan baptisé « En route vers les médias du futur ». Grâce notamment à l’acquisition des droits de Sim City pour l’Europe — vendu à 50 000 unités cette année-là —, elle revendique la troisième place au niveau continental. Immortalisée dans un document interne, sa vision du jeu vidéo s’articule autour de trois principes :
« Elargir le public de la micro-informatique par des produits intéressant l’ensemble de la famille, découvrir de nouvelles utilisations de l’ordinateur à la maison, et établir le logiciel comme un dixième art. » 

   


D’ici à 1995, l’ambitieux Bruno Bonnell entend faire de l’entreprise « le premier producteur mondial de logiciels ». Pour cela, le groupe lyonnais n’aura de cesse de s’endetter pour financer de spectaculaires investissements.
Les comptes rendus publics par l’entreprise lors de son introduction en Bourse, en 1993, le montrent toutefois : 88 % de son activité est en réalité encore tournée vers l’Europe, et même 44 % vers la France. C’est le prix d’une stratégie basée sur des collaborations avec le cuisinier lyonnais Paul Bocuse, le musicien français Jean-Michel Jarre, ou encore la maison de bandes dessinées franco-belges Glénat. Astérix, plus grand succès de l’éditeur avec 1,5 million d’unités, se vend essentiellement en Europe.

Acquisitions et indigestions

   


Infogrames finit par devenir numéro un continental en 1996 grâce à la spécialité de l’entreprise, l’acquisition d’un concurrent. En l’occurrence, de son grand rival sur la scène européenne, le britannique Ocean Software. La France du jeu vidéo est alors en pleine euphorie, portée par les liquidités abondantes d’une Bourse en pleine bulle Internet, et les actionnaires soutiennent tambour battant ce chef d’entreprise davantage aventurier que gestionnaire.
Dans la foulée, le groupe lyonnais gobe tour à tour Accolade (Bubsy, Test Drive), GT Interactive (Driver, Unreal Tournament), Hasbro (X-Com, la marque et le catalogue Atari) et Shiny Interactive (Earthworm Jim, MDK). Parmi ses victimes, le britannique Gremlin Interactive, propriétaire des droits de la prometteuse série Grand Theft Auto, qu’Infogrames juge trop violent, et laisse lui échapper.

Peu le relèvent, mais l’entreprise a déjà été confrontée à plusieurs reprises à de graves problèmes de trésorerie, et doit en partie sa survie au soutien répété des banques. Or sa politique d’investissements tous azimuts est risquée, d’autant que sa boulimie d’achats de concurrents fait exploser la masse salariale du groupe, à l’heure où l’arrivée de la PlayStation 2 conduit au contraire Ubisoft à rationaliser les coûts en investissant au Canada et en Chine.
La chute du géant lyonnais
Finalement, Infogrames ne rachètera jamais Electronic Arts. En mars 2000, la bulle Internet éclate, la Bourse s’effondre, le jeu des obligations boursières mine les comptes d’une entreprise déjà très dépensière. En septembre 2002, le cours de l’action de l’entreprise touche son plus bas historique.
En 2004, à la suite de l’échec d’un jeu basé sur la juteuse licence Matrix, elle perd 74 % de sa valeur sur un an après avoir annoncé son sixième exercice fiscal déficitaire d’affilée, et s’enferre dans sa dette. Le Journal du dimanche évoque alors « une petite mort pour la French Touch ». 

Malgré des succès mondiaux dans les années 2000, comme Dragon Ball Z (7 millions d’exemplaires) ou Driver (14 millions), l’entreprise a perdu la confiance du grand public, et l’homme d’affaires, de ses actionnaires. Finalement, malgré un nouveau nom — Atari — et après trois nouvelles années de marasme, Bruno Bonnell est démis de ses fonctions en 2008. Atari frôlera la faillite en 2012, et vivote aujourd’hui.
Le « Titanic » du jeu vidéo français
Le flambeau, c’est Ubisoft qui l’a repris. L’ancien dauphin d’Infogrames a su miser sur les bons chevaux : une expansion contrôlée, des licences adaptées au public américain, comme Tom Clancy, des titres très grand public originaux et décalés (Les Lapins crétins et Just Dance sur Wii) et des univers innovants au positionnement adulte, comme Assassin’s Creed. Une stratégie diamétralement opposée à celle d’Infogrames.

   


De son côté, Bruno Bonnell s’est complètement retiré du jeu vidéo, dans lequel, expliquait-il en 2016 au Monde, « tout a déjà été inventé ». L’infatigable investisseur a rebondi ailleurs : après un passage inachevé à la télévision dans la version française de l’émission « The Apprentice », où il prend le rôle de Donald Trump, il s’est reconverti dans la robotique et les voitures autonomes, et plus récemment, en homme politique.
En juin 2017, après plusieurs mois de lobbying pro-Macron, il a été élu député de Villeurbanne (Rhône) sur la liste La République en marche. Dans l’article de Challenges d’avril 2000, une ligne en apparence anecdotique prévenait : « Fana de généalogie, il a repéré deux Bonnell sur le Titanic. Les deux ont survécu. » Un truc de famille.

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                En Saône-et-Loire, sur les traces des premiers jeux vidéo français







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Article sélectionné dans La Matinale du 16/02/2018
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Wauquiez veut tourner la page de l’ère Sarkozy

Elu président de LR sur la ligne de l’ancien chef de l’Etat, le nouveau patron de la droite veut prendre sa liberté.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 10h25
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            

Qu’importe la qualité du discours ou de l’orateur. Dans la plupart des réunions publiques du parti Les Républicains (LR), prononcer le nom de Nicolas Sarkozy à la tribune suffit à emporter les vivats des militants et sympathisants, et à gagner sans trop forcer au concours de l’applaudimètre. L’ancien président de la République a certes quitté la vie politique, et l’heure glorieuse de sa victoire à l’élection présidentielle remonte à 2007, mais il garde une cote d’amour inégalée au sein de sa famille politique. Laurent Wauquiez le sait bien, lui qui a patienté sagement dans l’ombre de l’ex-chef de l’Etat, puis s’est posé en héritier du sarkozysme pour emporter la présidence de LR en décembre 2017. Mais le passage de témoin entre M. Sarkozy et celui qui veut « bâtir une nouvelle droite, une droite qui a appris de ses erreurs » ne va sans pas heurts et vexations.
Dans son entreprise de refondation, M. Wauquiez ne cache pas qu’il souhaite tourner la page de certaines pratiques de son prédécesseur. « Je ne distribue pas de postes aux enchères pour acheter le silence des uns ou des autres », a-t-il assuré lors du conseil national de LR, le 27 janvier, disant vouloir en finir avec les « chapelles » et les « querelles d’ego ». Pas question de satisfaire tout le monde par de subtils équilibres dans les instances internes du parti. Pas question, non plus, de retenir à tout prix ceux qui menacent de claquer la porte pour exprimer leurs désaccords. Une manière de se poser en rupture avec M. Sarkozy, réputé prompt, en son temps, à accorder plus de place à ceux qui le critiquaient qu’à ses propres amis. Devant certains visiteurs, ces dernières semaines, l’ancien président de la République n’a d’ailleurs cessé d’enjoindre à Laurent Wauquiez de se montrer plus « rassembleur ».
Affichage de la fidélité
« Les rapports à la concurrence ne sont pas les mêmes. Nicolas la recherchait, ça lui permettait de s’affirmer....




                        

                        


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Après la diffusion d’un enregistrement polémique, Laurent Wauquiez menace de « suites judiciaires »

Le président des Républicains a assuré, lors d’une conférence à Lyon enregistrée à son insu, que Nicolas Sarkozy « mettait sur écoute » ses ministres.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 05h21
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 06h34
   





                        



   


« Si j’ai la moindre interface qui sort par le moindre élève, là, pour le coup, ça se passera très mal », avait prévenu Laurent Wauquiez devant les étudiants de l’Ecole de management de Lyon. La consigne était clairement énoncée : pas de vidéos, pas de tweets, pas même de retranscriptions de ses propos. Si les élèves ne jouaient pas le jeu, c’était clair : 
« Ce que je vais vous sortir serait juste le bullshit [le baratin] que je peux sortir sur un plateau médiatique. »
C’est pourtant bien un enregistrement sonore de la conférence donnée par le président des Républicains qu’a diffusé, vendredi 16 février, la chaîne de télévision TMC dans l’émission « Quotidien ». Et les propos recueillis à son insu sont un coup dur pour l’ancien ministre.
« Il les mettait sur écoute »
Car dans ces extraits, Laurent Wauquiez n’hésite pas à être péremptoire. L’homme fort des Républicains affirme ainsi que Nicolas Sarkozy plaçait ses ministres sur écoute, ou encore qu’Emmanuel Macron avait mis en place une « cellule de démolition » de François Fillon.
« Nicolas Sarkozy, il en était arrivé au point où il contrôlait les téléphones portables de ceux qui rentraient en conseil des ministres. Il les mettait sur écoute pour pomper tous les mails, tous les textos, et vérifier ce que chacun de ses ministres disait au moment où on rentrait en conseil des ministres », relate Laurent Wauquiez.

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Quant à Emmanuel Macron, « objectivement, il a quand même eu un alignement de planètes assez inespéré. Que Fillon gagne la primaire et que derrière, il le démolisse… Je suis sûr et certain, qu’il l’a organisé, je pense qu’ils ont largement contribué à mettre en place la cellule de démolition », affirme le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Darmanin « va tomber »
M. Wauquiez aborde également le cas de Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics, dont la plainte pour viol qui le visait vient d’être classée sans suite par le parquet de Paris, mais qui doit encore affronter une enquête pour abus de faiblesse.
« Il sait très bien ce qu’il a fait. » « Il va tomber », dit notamment le président des Républicains (LR), au cours de cette conférence réalisée avant l’annonce du classement sans suite de l’enquête. Pour lui, le ministre va devenir, dans le quinquennat Macron, « l’incarnation de ce qu’a été [Jérôme] Cahuzac ».
« Le type sait très bien ce qu’il a fait, il sait très bien ce qui va arriver ! Juste, celui-là, je le commenterai deux secondes parce que, quand même, il est tellement drôle ! C’est génial ! »

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                L’enquête pour viol visant Gérald Darmanin classée sans suite



M. Wauquiez revient également sur l’appel à la démission lancé par son parti à l’encontre du ministre, ex-LR lui-même.
« J’ai sorti ça, j’ai été en minorité à l’intérieur de mon parti. Moment très dur pour moi à gérer. J’ai eu toute une série de voix dissonantes qui ont dit “non mais nous, on trouve que c’est bien, faut qu’il reste, présomption d’innocence”. En ayant eu une séance de débat autour de la table avec un certain nombre de responsables de notre famille politique… En les regardant dans les yeux, je me demandais : il y en a combien qui se disent “pourvu que ça ne m’arrive pas” ».
« Des suites judiciaires »
Les réactions à cette diffusion ont été nombreuses. Laurent Wauquiez lui-même a dénoncé samedi la diffusion de ses propos, « enregistrés de façon illégale avec des méthodes peu déontologiques qui ouvrent la voie à des suites judiciaires ».
« Ces propos ont été tenus dans le cadre privé d’un enseignement, au cours d’une discussion libre avec des étudiants, parfois sur le ton de l’humour. Ce cours amenait notamment les étudiants à réfléchir sur les rumeurs et les fantasmes qui nourrissent la vie politique », explique M. Wauquiez. « Il n’a par exemple jamais été question dans mon esprit de soutenir qu’on ait fait surveiller des membres du gouvernement dans le cadre du conseil des ministres », assure-t-il.
Du côté du gouvernement, plusieurs voix se sont élevées pour critiquer le président des Républicains. « Diffamations, injures, vulgarité… Une conception particulière de l’enseignement », a ironisé vendredi soir le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. De son côté, le délégué général de La République en marche, Christophe Castaner, a déclaré y voir enfin « la vraie nature » de son homologue des Républicains.
Le clan Sarkozy a fait savoir pour sa part que Laurent Wauquiez « s’est excusé » auprès de Nicolas Sarkozy, qui « en a pris note ». Sollicité par l’Agence France-Presse, l’entourage de M. Sarkozy « dément » par ailleurs « formellement cette grotesque histoire d’écoutes ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Les étudiants de l’Ecole publique de journalisme de Tours (EPJT) ont rassemblé plusieurs vérifications de paroles politiques de ces derniers jours.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Les discussions autour de la loi souhaitée par Emmanuel Macron mélangent Brexit, élection de Donald Trump, référendum catalan et élection présidentielle française. Des cas pourtant bien différents.
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« Fake news » en période électorale : le risque de tout mélanger

Les discussions autour de la loi souhaitée par Emmanuel Macron mélangent Brexit, élection de Donald Trump, référendum catalan et élection présidentielle française. Des cas pourtant bien différents.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 17h07
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 17h37
    |

            Adrien Sénécat








                        


Le contenu de la future loi sur les fausses informations annoncée par Emmanuel Macron se précise, mais le débat reste confus. La ministre de la culture, Françoise Nyssen, en a livré les grandes lignes, mardi 13 février, et notamment annoncé qu’elle pourrait être baptisée loi sur « la confiance et la fiabilité de l’information ». Le terme « fake news », qui peut s’avérer trompeur parce qu’il n’est pas clairement défini et recouvre des significations différentes, serait donc écarté.
Toutes les ambiguïtés sont loin d’être levées pour autant. Ainsi, le ministère de la culture a fait valoir trois cas de figures où la circulation des fausses nouvelles aurait été massive et déterminante selon lui : la campagne du Brexit, la dernière présidentielle américaine et le référendum catalan. Mais ces trois cas de figure, auxquels on pourrait ajouter la dernière présidentielle française, sont loin d’être équivalents.
1. Donald Trump, des mensonges en prime time et des soupçons d’ingérence russe
Des fausses informations ont massivement circulé pendant la campagne présidentielle américaine de 2016, venant majoritairement du camp des républicains. Certaines ont particulièrement marqué les esprits par leur caractère à la fois grossier et massif : c’est par exemple le cas du canular affirmant que le pape soutiendrait Donald Trump, repris au premier degré par des partisans du milliardaire et partagé des centaines de milliers de fois.
Un grand nombre de rumeurs et intox malveillantes ont également entaché l’image de la candidate démocrate Hillary Clinton, en particulier sur ses supposés problèmes de santé voire sa prétendue « démence ».
Au-delà des fausses informations, de nombreux comptes russes ou prorusses ont été actifs sur les réseaux sociaux pendant la campagne. Twitter en a dénombré 1,4 million et Facebook 80 000, ainsi que 3 000 publicités vues par 11,4 millions de personnes, pour un budget d’environ 100 000 dollars (80 000 euros). Moscou nie toute implication directe dans cette propagande, affirmant qu’il n’y a « pas une seule preuve de son ingérence ».
Une chose est certaine : les intox, mensonges et points de vue partisans sur les réseaux sociaux ont largement plombé le niveau du débat démocratique dans cette campagne. D’autant qu’en l’espèce, il est tout autant question des rumeurs qui ont circulé sur les réseaux sociaux que des mensonges de Donald Trump lui-même.
En revanche, il est beaucoup plus délicat de mesurer le poids réel de la désinformation dans le résultat du scrutin. Aucune étude scientifique n’a permis pour l’heure d’évaluer précisément leur part dans le vote des électeurs. Deux études, parmi d’autres, résument bien la difficulté d’éclairer cette controverse :
D’un côté, trois chercheurs en sciences politiques suggèrent dans des travaux publiés le 9 janvier que les fausses informations n’ont touché qu’une partie limitée de la population américaine pendant la campagne, les médias traditionnels conservant une audience largement supérieure ;De l’autre, une analyse publiée en mars 2017 montre que la désinformation pourrait être l’une des principales explications de l’abstention d’anciens électeurs de Barack Obama en 2012, potentiellement dans des proportions suffisantes pour faire échouer Hillary Clinton dans des Etats décisifs où le scrutin a été particulièrement serré.
2. Le référendum sur le Brexit : un gros mensonge au cœur de la campagne
La campagne victorieuse du camp favorable au Brexit lors du référendum britannique de juin 2016 est entachée de plusieurs mensonges. Le plus spectaculaire concernait les « 350 millions de livres » (environ 400 millions d’euros) que verserait le Royaume-Uni à l’Europe chaque semaine. Ce chiffre était non seulement erroné (la contribution nette du pays était moitié moins élevée), mais il participait surtout d’un raisonnement simpliste : la complexité des négociations actuelles autour du Brexit en témoigne.
Problème : ce mensonge n’a pas été véhiculé par d’obscurs sites Internet ou comptes militants sur les réseaux sociaux. Il était affiché en grand sur les bus de la campagne pluripartite du vote « Leave », favorable à la sortie de l’euro. Plusieurs eurosceptiques l’ont également relayé, comme l’ancien leader de l’UKIP Nigel Farage.
Moscou est là aussi accusée de s’être invitée dans la campagne, une étude de l’université de Californie estimant qu’un réseau de 150 000 comptes russes et pro-Poutine aurait commencé à publier de nombreux messages sur Twitter deux jours avant le scrutin. Leur rôle exact sur le résultat du vote est là aussi discutable : tous n’étaient pas favorables à la sortie de l’Europe et aucune campagne publicitaire comparable à celle identifiée aux Etats-Unis n’a été financée lors de ce scrutin, selon Facebook.
3. Catalogne : des accusations venant de Madrid qui mériteraient d’être étayées
L’Espagne accuse la Russie et le Venezuela d’avoir mené une campagne sur les réseaux sociaux afin de soutenir le référendum organisé par le gouvernement indépendantiste catalan en octobre 2017. Le ministre des affaires étrangères espagnol, Alfonso Dastis, a déclaré détenir des preuves de cette ingérence ; la Russie a là aussi démenti.
Des rumeurs ont également circulé sur les réseaux sociaux avant et surtout après le vote dans les deux camps, témoignant là aussi d’un climat propice à l’émergence de fausses informations partisanes. Mais il est délicat là encore de démêler l’influence réelle de ces fausses informations, quelques mois à peine après le scrutin.
4. La présidentielle française : des intox qui n’ont pas été décisives
Dès la primaire de la droite, les calomnies visant Alain Juppé, caricaturé en un « Ali Juppé » proche de l’islam radical, ont pollué la campagne présidentielle 2017. Le phénomène est loin de s’être arrêté là : l’équipe des Décodeurs a relevé des dizaines d’intox tout au long de la campagne, une large part d’entre elles émanant de l’extrême droite et ciblant Emmanuel Macron.
Impossible d’accuser cette fois les rumeurs d’avoir fait basculer l’élection puisque le candidat centriste a remporté le scrutin. Plusieurs signaux témoignent néanmoins de leur influence bien réelle sur l’opinion publique, comme le fait que des salariés de Whirlpool Amiens aient interpellé, entre les deux tours de l’élection, Emmanuel Macron sur le fait qu’il refuserait de serrer les « mains sales » des ouvriers. Accusation basée sur un canular du Gorafi repris au premier degré par l’extrême droite et une vidéo manipulée.
Mais là encore, les multiples mensonges de Marine Le Pen lors du débat de l’entre-deux tours et les intox relayées par des membres clés du Front national tout au long de la campagne ont montré que le sujet ne se limitait pas aux comptes prorusses sur les réseaux sociaux.
Pour autant, il existe bien une constante entre les différentes campagnes de ces dernières années : à chaque fois, des informations mensongères ont proliféré, plombant le niveau du débat démocratique avec elles. Sauf que ce phénomène de mal-information ne se limite pas à la vie politique : bien d’autres domaines sont touchés, à commencer par celui de la santé. D’où un besoin criant d’éducation à l’information.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Edouard Couty, médiateur national, a annoncé que ces mesures seront « opérationnelles fin 2018 début 2019 ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤                     
                                                

Des médiateurs régionaux dans les hôpitaux à la fin de l’année

Edouard Couty, médiateur national, a annoncé que ces mesures seront « opérationnelles fin 2018 début 2019 ».



Le Monde
 |    16.02.2018 à 17h07
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 17h39
   





                        


Le médiateur national sur les conditions de travail des professionnels de santé, Edouard Couty, a annoncé, vendredi 16 février, que les cas de harcèlement ou de conflit professionnel à l’hôpital pourront être soumis à des médiateurs régionaux formés et « opérationnels » d’ici à la fin de l’année.
« Nous pourrons mettre en place pendant l’automne les structures régionales et être opérationnels fin 2018, début 2019 », a-t-il déclaré lors d’un colloque sur la maltraitance et le harcèlement à l’hôpital.

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Un décret attendu cet été
Nommé en janvier 2017 par l’ancienne ministre de la santé, Marisol Touraine, et confirmé à son poste par Agnès Buzyn, M. Couty a pour mission « la mise en place de conciliations locales et de médiations au niveau régional et national ». Un décret attendu « cet été » doit fixer le cadre de la médiation à l’hôpital, notamment « les règles de saisine », a-t-il précisé, ajoutant que les futurs médiateurs régionaux devront recevoir une « formation certifiante ».

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En un an, le médiateur national est intervenu dans 53 dossiers, dont 49 cas de médecins en conflit avec leurs pairs ou leur hiérarchie. « L’omerta à l’hôpital est en train de tomber », a-t-il dit, soulignant que la médiation « n’est pas un gadget, elle répond à un besoin ».
« Il y a une culture paternaliste dans cette institution », mais « l’infantilisation des subordonnés est de moins en moins supportée », a estimé l’ancien directeur des hôpitaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ L’enquête préliminaire pour « abus de faiblesse » ouverte le 13 février par le parquet de Paris est, elle, toujours en cours.
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L’enquête pour viol visant Gérald Darmanin classée sans suite

L’enquête préliminaire pour « abus de faiblesse » ouverte le 13 février par le parquet de Paris est, elle, toujours en cours.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 16h43
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 06h38
    |

            Lucie Soullier, 
Olivier Faye et 
Emeline Cazi








                        



   


Une première décision vient d’être rendue dans l’une des deux affaires à caractère sexuel qui visent Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics. Vendredi 16 février, le procureur de la République de Paris a procédé au classement sans suite de l’enquête préliminaire pour « viol », qui avait été ouverte une première fois au début de l’été, puis relancée, fin janvier, après une nouvelle plainte déposée par Sophie Spatz, née Olga Patterson, une femme de 46 ans.
Cette dernière accuse l’ancien député du Nord d’avoir promis de lui rendre un « service » – l’intervention dans un dossier judiciaire la concernant – en échange de faveurs sexuelles. Les faits remonteraient à 2009. Fraîchement diplômé de Sciences Po Lille, M. Darmanin, 26 ans, était alors chargé de mission au service des affaires juridiques de l’UMP lorsqu’il a reçu cette dame, qui cherchait désespérément de l’aide pour nettoyer son casier.

        Voir l’enquête du « Monde » sur cette affaire :
         

          Gérald Darmanin visé par une accusation de viol



Sophie Spatz ne digérait pas la peine de dix mois de prison avec sursis pour « chantage, appels malveillants, et menace de crime », qui avait été prononcée contre elle en 2004, puis confirmée en appel, après une plainte de son ex-compagnon. Après ce rendez-vous rue de la Boétie avec Gérald Darmanin, il y aurait eu un dîner, un détour par un club privé, puis une nuit à l’hôtel.
Investigations bouclées en trois semaines
Dans son bref communiqué, le parquet de Paris a expliqué que « les actes d’enquête réalisés n’ont pas permis d’établir l’absence de consentement de la plaignante et n’ont pas caractérisé davantage l’existence d’une contrainte, d’une menace, d’une surprise ou d’une quelconque violence à son endroit ». En droit français, pour que le viol soit constitué, il faut qu’il y ait eu « violence, contrainte, menace ou surprise » lors de la pénétration sexuelle, précise l’article 222-23 du code pénal.
L’avocate de la plaignante, Me Elodie Tuaillon-Hibon, avait, elle, fondé son raisonnement juridique sur le principe d’une relation sexuelle dont le consentement aurait été acquis par surprise. Aussitôt le classement prononcé, elle a fait savoir qu’elle n’en resterait pas là. « Nous contestons l’appréciation portée à ce stade sur l’impossibilité de prouver l’absence de consentement », a t-elle réagi auprès de l’Agence France-Presse (AFP). Aujourd’hui, Sophie Spatz a la possibilité de déposer une plainte avec constitution de partie civile. Un juge d’instruction serait alors directement désigné et l’affaire relancée.
A l’appui de sa plainte, Elodie Tuaillon-Hibon avait remis aux policiers des copies de courriers et de SMS échangés entre sa cliente et M. Darmanin. A la lecture, on devine une femme obnubilée par une lettre qui, croit-elle, l’innocenterait ; de l’autre, un homme qui prie « So » de lui accorder un nouveau rendez-vous, de prendre un verre.
L’enquête du parquet a été bouclée en trois semaines. Les policiers ont entendu Mme Spatz – plus de huit heures –, son mari, mais aussi l’ami à qui elle avait aussi confié son histoire. Une expertise psychologique a été menée. Le téléphone portable de la plaignante a été examiné. Et, le 12 février, le ministre a été entendu en audition libre, au siège de la police judiciaire.
Plainte en dénonciation calomnieuse
Tout le temps de l’enquête, M. Darmanin a gardé le silence. Vendredi, en fin de journée, il a fait savoir, par la voix de ses avocats, que, « depuis le début de cette calomnie », il avait « toujours eu confiance en la justice ». « Si j’ai tenu à ne jamais m’exprimer, c’est justement pour la laisser travailler le plus sereinement possible, a t-il expliqué. C’est une ligne de conduite que je continuerai d’appliquer en toutes circonstances et j’appelle tout le monde à faire de même. C’est la condition de l’Etat de droit. »
Et d’ajouter que « la justice procède aujourd’hui à un deuxième classement sans suite ». Si le dossier a été clos une première fois, en juillet 2017, c’est uniquement parce que Mme Spatz, malgré quatre appels des policiers, avait, à ce moment-là, refusé de se présenter à eux.
« Il y a ceux qui veulent une République du soupçon. Et il y a la justice qui est rendue », s’est réjouie Aurore Bergé, députée (La République en marche) des Yvelines, reprenant l’expression de « République du soupçon » utilisée par Emmanuel Macron, mardi, devant la presse présidentielle, pour défendre M. Darmanin et le ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot. Ce dernier est, lui aussi, mis en cause publiquement suite à la révélation d’une ancienne plainte pour viol déposée contre lui.
M. Darmanin, qui « remercie chaleureusement ceux qui [l’]ont soutenu dans cette difficile épreuve personnelle », a rappelé la plainte en dénonciation calomnieuse qu’il a déposée cet été. « Il va sans dire que j’irai jusqu’au bout », a t-il déclaré.
Nouvelle menace judiciaire
Le classement de cette enquête ne signifie pas la fin des ennuis judiciaires pour M. Darmanin. Depuis cette semaine, le locataire de Bercy est visé par une seconde affaire. Mardi, en fin de journée, une femme qui vit dans le nord de la France a poussé la porte d’une antenne de la police judiciaire parisienne installée dans le 17e arrondissement, pour déposer plainte contre lui pour « abus de faiblesse ». Elle a aussitôt été entendue. Dans le même temps, le procureur de la République de Paris ouvrait une nouvelle enquête préliminaire.

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                Gérald Darmanin visé par une nouvelle plainte, cette fois pour « abus de faiblesse »



Selon Le Point, cette femme aurait expliqué avoir reçu des « demandes à caractère sexuel » de la part de M. Darmanin lorsqu’il était maire de Tourcoing (Nord), en échange d’un logement. Les faits remonteraient à 2016. A l’époque, aurait-elle expliqué, elle vivait dans un appartement insalubre, et demandait à être relogée. L’audition de cette femme n’est qu’une première étape. L’enquête se poursuit et de nombreux actes d’investigations restent encore à réaliser, a fait savoir le parquet de Paris.
A l’annonce de cette nouvelle menace judiciaire qui pèse contre l’un des membres du gouvernement, le chef du gouvernement Edouard Philippe n’a pas varié de position. Mercredi, il a appelé à respecter « la parole du plaignant » comme « la présomption d’innocence » et il a réaffirmé « la même » position selon laquelle un ministre peut rester en poste tant qu’il n’est pas mis en examen.

Enquête préliminaire
Comme dans toutes les affaires d’agression sexuelle ou de viol, l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet est automatique. Dans le cadre d’un viol présumé, elle est confiée à la police judiciaire. Au terme de cette première enquête, le parquet a trois options : décider d’ouvrir une information judiciaire si les investigations s’avèrent complexes, citer les auteurs présumés devant le tribunal si les faits sont simples et établis. Ou classer, si l’infraction n’est pas établie ou les faits prescrits.





                            


                        

                        

