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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Sylvain Bergère retrace l’épopée de cette « autodidacte de l’humanitaire » qui lors de la Grande Guerre vint en aide aux populations françaises (sur France 5 à 22 h 40).
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TV – « Anne Morgan, une Américaine sur le front »

Notre choix du soir. Sylvain Bergère retrace l’épopée de cette « autodidacte de l’humanitaire » qui lors de la Grande Guerre vint en aide aux populations françaises (sur France 5 à 22 h 40).



Le Monde
 |    18.02.2018 à 18h00
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur France 5 à 22 h 40



A son père, John Pierpont Morgan, qui l’interrogeait sur son avenir et ce qu’elle désirait devenir, Anne répondit : « Autre chose qu’une riche imbécile ». Dépeinte par ses proches comme une jeune femme libre et énergique, capable d’électriser l’atmosphère lorsqu’elle apparaissait dans une pièce, Anne Morgan (1873-1952) est surtout, dès son adolescence, déterminée à ne pas avoir l’existence d’une jeune fille rangée. Et la fortune de son père, homme d’affaires et banquier le plus influent de l’époque, n’y change rien.
Sensible à la condition des femmes – elle soutiendra les manifestations et grèves des ouvrières du textile – et des mouvements d’émancipation, elle fonde à New York, en 1903, avec la suffragette Daisy Harriman, le « Colony Club » sur le modèle des cercles privés masculins. C’est là qu’elle fait la connaissance d’Elizabeth Maybury, agente littéraire d’Oscar Wilde et de George Bernard Shaw, et de sa compagne, Elsie de Wolfe.

   


Avec le couple, elle voyage et séjourne en villégiature en France où, en 1914, la guerre la surprend dans toute son horreur. Loin de rentrer à New York, Anne Morgan reste pour venir en aide aux blessés. Alors que le gouvernement américain, par la voix de son président, Woodrow Wilson, se déclare neutre. Sa rencontre avec Anne Murray Dike, médecin porté sur l’action sociale, sera décisive dans son engagement humanitaire auprès des populations de Picardie, touchées par la stratégie de la « terre brûlée » opérée par les Allemands lors de leur repli.
En avril 1917, Anne Murray Dike et Anne Morgan fondent le Comité américain pour les régions dévastées (CARD). Et, avec le soutien du général Pétain, elles s’installent à Blérancourt (Aisne). Tout en recrutant aux Etats-Unis des volontaires francophones et, détentrice d’un permis de conduire qui lui permet de sillonner la région (350 rejoindront les rangs du CARD), Anne Morgan importe des Ford T et des tracteurs Dodge, s’active pour acheminer de la nourriture, des vaches, des poulets, des lapins ainsi que tout le matériel nécessaire à la reconstruction et à la relance de l’agriculture.
Dimension sociale et éducative
Pour financer son action, cet « autodidacte de l’humanitaire » qui a le sens de la communication, innove en levant des fonds, soit au travers de l’organisation de manifestations – tel le match de boxe opposant Benny Leonard et Richie Mitchell qui rapportera quelque 80 000 dollars – ; soit en faisant appel aux cinéastes et photographes pour rendre compte de l’action du Comité auprès des populations. Action qui se poursuivra jusqu’en 1924, en prenant une dimension sociale et éducative avec la création d’un réseau d’infirmières-visiteuses, de bibliothèques, la promotion du sport auprès des enfants et de camps scouts pour les jeunes filles.
S’appuyant sur un riche fonds d’archives mais aussi sur les lettres d’Anne Morgan et des volontaires, Sylvain Bergère propose un documentaire par trop hybride, qui hésite entre aventure collective et portrait. Sans nuire à l’intérêt de cette épopée méconnue, on peut regretter qu’il ne mentionne pas que l’engagement d’Anne Morgan ne s’arrêtera pas à la Grande Guerre.
En 1939, l’Américaine est de retour à Blérancourt où elle fonde le Comité américain de secours aux civils et organise des levées de fonds. Contrainte de repartir en 1940, elle reviendra une dernière fois en France en 1946 pour aider à la reconstruction d’un pays qui l’honorera de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre.
Anne Morgan, une Américaine sur le front, de Sylvain Bergère (Fr., 2017, 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Auteur d’une quarantaine de films, le réalisateur et producteur avait notamment obtenu le prestigieux Grand Prix du jury à Cannes pour « Tilaï », en 1990.
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Le cinéaste burkinabé Idrissa Ouédraogo est mort

Auteur d’une quarantaine de films, le réalisateur et producteur avait notamment obtenu le prestigieux Grand Prix du jury à Cannes pour « Tilaï », en 1990.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 13h47
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 17h34
   





                        



   


Le réalisateur et producteur burkinabé Idrissa Ouédraogo est mort, dimanche 18 février, à l’âge de 64 ans, a annoncé l’Union nationale des cinéastes du Burkina. Il s’est éteint « des suites de maladie » dans une clinique de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, précise le communiqué.
Figure emblématique du cinéma africain des années 1980-2000, Idrissa Ouédraogo est l’auteur d’une quarantaine de films. Le cinéaste a été récompensé dans les plus grands festivals, obtenant notamment le prestigieux Grand Prix du jury du Festival de Cannes pour Tilaï en 1990.

        Lire l’entretien avec Idrissa Ouédraogo :
         

          « Le cinéma low-cost ne veut rien dire »



« Yam daabo » et « Yaaba »
Idrissa Ouédraogo avait débuté sa carrière cinématographique en 1981 avec une fiction intitulée Poko, qui avait obtenu, la même année, le prix du meilleur court-métrage au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). Après avoir complété sa formation à l’Institut des hautes études cinématographiques (Idhec) de Paris et à la Sorbonne, il réalise en 1986 son premier long-métrage Yam daabo (« Le Choix »), suivi deux ans plus tard de Yaaba (« Grand-mère »).
En 1990, il sort Tilaï, transposition d’une tragédie grecque dans l’Afrique contemporaine, qui triomphe au Festival de Cannes et au Fespaco, qui le récompense de l’Etalon de Yennenga. Il présidera le jury du Fespaco en 2003.
Idrissa Ouédraogo s’est également essayé au théâtre. En 1991, il avait mis en scène La Tragédie du roi Christophe, d’Aimé Césaire, à la prestigieuse Comédie-Française à Paris.
« Le Burkina Faso vient de perdre un réalisateur à l’immense talent », qui « aura beaucoup œuvré au rayonnement du cinéma burkinabé et africain hors de nos frontières », a réagi le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, dans un communiqué dimanche.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ L’héroïne de la saga « Harry Potter », Emma Watson, est l’une des personnalités à l’origine de ce plan, qui obligera la présence sur chaque tournage d’un homme et d’une femme chargés de l’égalité et du harcèlement.
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A Londres, l’industrie cinématographique s’engage contre le harcèlement sexuel

L’héroïne de la saga « Harry Potter », Emma Watson, est l’une des personnalités à l’origine de ce plan, qui obligera la présence sur chaque tournage d’un homme et d’une femme chargés de l’égalité et du harcèlement.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 17h29
   





                        



   


Après Hollywood, Londres entend bien à son tour s’engager contre le harcèlement sexuel dans le secteur du divertissement. Dans la lignée du fonds d’action « Time’s Up », créé aux Etats-Unis après le séisme déclenché par l’affaire Weinstein, les institutions audiovisuelles de Grande-Bretagne ont lancé à la mi-février une campagne de prévention contre le harcèlement sexuel dans le monde du cinéma, de la télévision et du jeu vidéo.
Les Bafta – l’équivalent des Césars dans le cinéma britannique –, le BFI (British Film Institute) et Equity (le syndicat des artistes), se sont engagés à davantage de vigilance pour traiter équitablement les femmes travaillant dans cette industrie, notamment en termes de salaire. Le plan d’action prévoit également la présence sur chaque tournage d’un homme et d’une femme chargés de l’égalité et du harcèlement. Une ligne d’écoute a par ailleurs été mise en place, spécialement pour celles et ceux qui travaillent dans ce milieu du divertissement.
Pour s’assurer que le secteur joue le jeu de ces nouvelles exigences, aucun film ne pourra prétendre à recevoir un Bafta ou être financé par le BFI sans avoir adhéré à ce plan.

        Lire aussi :
         

                Affaire Weinstein, pratiques sur les tournages... la réponse de Tarantino à Uma Thurman



« Un monde qui semble mûr pour le changement »
Cette campagne de prévention a été lancée à l’initiative de près de 200 actrices, réalisatrices, productrices ou monteuses britanniques. Dans une lettre publiée par le Guardian, elles expliquent souhaiter « célébrer cet incroyable moment de solidarité et d’unité qui traverse les frontières », et rappellent que « le mouvement est bien plus grand que ce qui change dans notre seule industrie ». 
« Dans un passé encore très récent, nous vivions dans un monde où le harcèlement sexuel était une blague inconfortable – une partie désagréable mais inévitable de la vie d’une femme. Ce n’était évidemment pas sujet de réflexion, donc évidemment pas quelque chose sur lequel la société souhaitait travailler. En 2018, nous nous réveillons dans un monde qui semble mûr pour le changement. »
Parmi les signataires, plusieurs personnalités de premier plan comme la star de « Doctor Who », Jodie Whittaker, les actrices Gemma Arterton, Carey Mulligan et Keira Knightley, ou encore l’héroïne de la saga « Harry Potter », Emma Watson. Cette dernière a d’ailleurs annoncé avoir donné 1 million de livres sterling pour cette campagne contre le harcèlement sexuel.
La thématique devrait être largement évoquée dimanche 18 février au soir, à l’occasion de la cérémonie des Bafta. Consigne a été donnée aux femmes qui souhaitaient marquer leur soutien à cette campagne de se vêtir entièrement de noir, à l’instar de ce qui avait été fait aux Golden Globes 2018.

        Lire aussi :
         

                #BalanceTonGoldenGlobe en noir






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ L’écrivain, qui a vécu en Algérie de 1949 à 1962, n’y était jamais revenu, bien que ce pays soit au centre de son œuvre. « Je voulais leur dire mon amour » est le beau livre d’un retour déçu.
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édition abonné


Jean-Noël Pancrazi : « Je me sens proche de cet imaginaire algérien »

L’écrivain, qui a vécu en Algérie de 1949 à 1962, n’y était jamais revenu, bien que ce pays soit au centre de son œuvre. « Je voulais leur dire mon amour » est le beau livre d’un retour déçu.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 09h00
    |

            Christine Rousseau








                        



                                


                            

Je voulais leur dire mon amour, de Jean-Noël Pancrazi, Gallimard, 128 p., 12,50 €.
Il aura fallu un demi-siècle pour que Jean-Noël Pancrazi revienne en Algérie, où il est né, à Sétif, en 1949, avant d’être contraint de quitter le pays avec les siens, en 1962. A défaut de le revoir – ce à quoi il s’était toujours refusé avec une « fermeté étrange qui n’était que l’exorcisme du regret », écrit-il –, il en a longtemps fait l’un de ses territoires d’écriture. Un lieu d’exploration, de réconciliation et d’hommages d’où ont surgi ses plus beaux livres – les plus poignants. Parmi eux : Le Passage des princes (Ramsay, 1988), Madame Arnoul (Gallimard, 1995 – comme tous ses livres depuis 1990), Long Séjour (1998) ; Renée Camps (2001), La Montagne (2012)… Il faut désormais ajouter Je voulais leur dire mon amour, dans lequel l’écrivain relate son retour inachevé sur sa terre natale.
D’une voix grave et douce, rendue légèrement rocailleuse par les fines cigarettes qu’il consomme avec parcimonie, l’écrivain confie : « Plus j’avance dans la vie, plus je me sens proche de cet imaginaire algérien. C’est là où les choses me viennent le plus naturellement. Là où, dans l’écriture, je me sens le plus vrai. » Même si, concède-t-il, le poids des souvenirs, d’un passé marqué par la guerre, les attentats, les deuils, l’arrachement à son pays, l’ont conduit à s’échapper et à prendre le large. Loin de lui-même. En Afrique subsaharienne, au Moyen-Orient, puis en République dominicaine où, pendant près de dix ans, il s’est rendu afin de disparaître et de connaître « une forme de bonheur » dans l’effacement de soi.
Des Caraïbes en Algérie
« Creuser sa mémoire et s’oublier participent du même mouvement », dit-il, pour tenter d’expliquer comment, par une étrange ironie de la vie, les Caraïbes,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Pour « La Matinale du Monde », le dessinateur du « Petit Nicolas » revient sur sa passion pour Duke Ellington, le jazz et les musiciens qu’il aime tant croquer.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/02/2018
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Sempé : « Je dessine ce que j’aurais voulu être »

Pour « La Matinale du Monde », le dessinateur du « Petit Nicolas » revient sur sa passion pour Duke Ellington, le jazz et les musiciens qu’il aime tant croquer.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 17h26
    |

            Pascale Krémer








                        



                                


                            

Père, avec René Goscinny, des célèbres Aventures du Petit Nicolas, Jean-Jacques Sempé est aussi l’auteur de trente-cinq albums de dessins humoristiques. Le dernier paru, Musiques, fait l’objet d’une exposition à Paris.
Je ne serais pas arrivé là si…
Si je n’avais pas entendu Duke Ellington un jour à la radio. C’est un type que j’adorais, que j’adore encore. Grâce à lui, j’ai compris beaucoup de musiques. Grâce à lui, j’ai été ébloui par le talent des autres. Il m’a apporté la joie dont j’avais besoin.
Parce que votre enfance bordelaise n’a pas été très gaie ?
Pas très drôle, non. Je ne sais rien de mon père. C’était le patron de ma maman, qui était secrétaire. Un homme charmant, paraît-il. Il avait séduit ma mère, qui n’était pas mal du tout. Je suis arrivé, ça n’a pas dû être drôle pour tout le monde. Après, il y a eu Monsieur Sempé, mon beau-père. Je me suis appelé Sempé comme lui, ça s’est fait comme ça, il m’a reconnu, je suppose. J’ai été mis en nourrice, j’ai failli mourir parce que j’étais maltraité, ma mère m’a récupéré. Elle et mon beau-père, les pauvres gens, ont fait ce qu’ils ont pu. Ils étaient malheureux, vous savez, alors bien sûr ils se disputaient sans arrêt.
Monsieur Sempé était représentant de commerce…
Il tentait de vendre des boîtes de conserve mais ça ne marchait pas fort. Evidemment, quand il avait vendu quelques boîtes, il fêtait ça et rentrait un peu bizarre à la maison. Ma mère lui faisait des reproches. A la fin, il ne pouvait pas s’empêcher de lui envoyer une bonne paire de baffes. Un jour, ma mère a hurlé « Jeannot ! » – Jeannot, c’était moi – « Jeannot, viens vite, il veut m’étrangler ! » J’ai envoyé un marron à la figure du beau-père, ça l’a mis en colère, il m’a renvoyé un énorme coup de poing qui a fracassé la cloison. Je m’étais baissé, sans ça, le pauvre vieux, il me tuait.
A moi,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Notre choix du soir. Le scénariste de « Six Feet Under » brosse le portrait d’une famille américaine sous l’ère Trump (sur OCS à la demande).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

TV – « Here and Now » : un début qui laisse de glace

Notre choix du soir. Le scénariste de « Six Feet Under » brosse le portrait d’une famille américaine sous l’ère Trump (sur OCS à la demande).



Le Monde
 |    17.02.2018 à 18h00
    |

                            Martine Delahaye








                        


Série sur OCS à la demande

Oscarisé pour le scénario du film American Beauty (1999), Alan Ball s’est lancé ensuite dans la formidable fresque Six Feet Under (2001-2005), sur les névroses d’une famille – les Fisher – à la tête d’une entreprise de pompes funèbres. Puis, il a créé la très vampirique True Blood (2008-2014), métaphore de la condition des gays aux Etats-Unis. Avec Here and Now, une série sur les Bayer-Boatwright, une famille installée à Portland, dans le nord-ouest du pays, le scénariste et réalisateur porte son regard sur l’Amérique de l’ère Trump.
Anciens étudiants de Berkeley très Flower Power, les deux intellectuels que sont Audrey et Greg (Holly Hunter et Tim Robbins) ont adopté des enfants de la diversité, aujourd’hui adultes : Ramon, né en Colombie (Daniel Zovatto), Ashley, venue du Liberia (Jerrika Hinton), et Duc, d’origine vietnamienne (Raymond Lee). Ils ont ensuite conçu leur propre enfant, Kristen (Sosie Bacon), qui, avec la cynique lucidité de ses 17 ans, se qualifie de « l’ennuyeuse gamine blanche de la famille ».
Un lien secret
Alors que débute Here and Now – dont nous n’avons vu que le premier épisode, OCS diffusant la série au même rythme hebdomadaire que HBO –, le père, Greg, enseignant en philosophie, déprimé et infidèle sans enthousiasme, se voit infliger une grande fête pour son 60e anniversaire. Une réception menée de main de maître par sa femme, dont le passé professionnel de thérapeute et les bons sentiments n’ont d’égal que son indécrottable psycho-rigidité.

   


Parallèlement à la présentation de cette famille que l’on devine dysfonctionnelle sous ses atours très « libéraux-libertaires », s’immisce un mystère, de nature surnaturelle ou hallucinatoire : les visions de leur fils homosexuel Ramon, qui voit le chiffre onze s’imprimer en double (11 11) un peu partout autour de lui, et se dessiner en barres de feu verticales – qu’il est le seul à percevoir. Maladie mentale ? Phénomène surnaturel ? La réponse viendra peut-être du psychiatre qu’il va consulter, avec lequel le jeune homme semble avoir un lien secret.
Il reste à espérer que l’aspect artificiel, voire caricatural et surjoué du pilote ne soit qu’un trompe-l’œil.
Here and Now, série créée par Alan Ball. Avec Holly Hunter, Tim Robbins, Daniel Zovatto (EU, 2018, 10 × 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Alex Gohari et Leo Mattei ont suivi Ruben Figueroa qui passe sa vie à rechercher les migrants d’Amérique Centrale disparus au Mexique (sur Arte à 18 h 35).
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TV – « Mexique : à la recherche des migrants disparus »

Alex Gohari et Leo Mattei ont suivi Ruben Figueroa qui passe sa vie à rechercher les migrants d’Amérique Centrale disparus au Mexique (sur Arte à 18 h 35).



Le Monde
 |    17.02.2018 à 18h00
    |

            Alain Constant








                        


Reportage sur Arte à 18 h 35

   


Le reportage ne dure que vingt-quatre minutes, mais dégage une telle émotion qu’il est difficile d’en sortir indemne. Sobre, poignant, sans musique trop envahissante ni commentaires superflus, la caméra suit Ruben Figueroa, trentenaire mexicain qui passe sa vie sur les routes d’Amérique centrale à la recherche de migrants disparus. Des recherches en partie financées grâce aux dons d’associations. Depuis de longues années, des centaines de milliers de jeunes originaires du Honduras, du Guatemala, du Nicaragua ou du Salvador tentent de fuir la misère et de rejoindre les Etats-Unis.
Réseaux de prostitution
Pour beaucoup, le long voyage vers la terre promise s’arrête dans le sud du Mexique où les gangs font des ravages : meurtres, disparitions, les drames s’enchaînent pour des migrants sans argent et sans défense.
Infatigable, Ruben Figueroa enquête, insiste, muni parfois d’une simple photo de l’adolescent ou du jeune adulte disparu. On le suit au Honduras, en train de demander des renseignements complémentaires à des mères ou à des sœurs. Dans la région du Chiapas, au Mexique, il interroge riverains, policiers, tenancières de bordel.
Parfois, le miracle se produit, comme lorsqu’il retrouve Jacqueline, piégée par un réseau de prostitution et qui n’a pas donné signe de vie à sa famille au Honduras depuis treize ans. « La plupart des femmes migrantes qui disparaissent dans le sud du Mexique sont victimes de ces réseaux. Dans ces zones contrôlées par le crime organisé, essayer de localiser une femme disparue peut vous coûter la vie », souligne Ruben.
Chaque année, une caravane des mères des migrants disparus défile dans les rues de Guadalajara, au Mexique. Venues du Honduras et d’autres pays d’Amérique centrale, brandissant des photos de leurs enfants, elles se rassemblent pour trouver la force d’espérer. C’est lors d’une de ces réunions que Carlos, ayant fui la misère du Honduras pour aider sa mère, retrouve cette dernière après dix ans sans nouvelles. Grâce au travail de Ruben. « Depuis six ans, j’ai réussi à réunir une trentaine de familles. C’est une lutte invisible mais urgente. Car, pour des centaines de milliers de familles, la douleur de ne pas avoir de nouvelles de leurs enfants est immense », résume-t-il.
Mexique : à la recherche des migrants disparus, d’Alex Gohari et Leo Mattei (Fr., 2017, 24 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le sculpteur et la plasticienne contemporaine ne sont pas exposés dans les grands musées occidentaux mais ils sont pourtant parmi les artistes français les plus cotés.
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Les artistes Richard Orlinski et Laurence Jenkell : deux inconnus qui valent cher

Le sculpteur et la plasticienne contemporaine ne sont pas exposés dans les grands musées occidentaux mais ils sont pourtant parmi les artistes français les plus cotés.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 17h23
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Ils sont parmi les artistes français les plus vendeurs. Mais vous n’en verrez pas un seul dans un grand musée occidental. Leur fonds de commerce, ce sont les touristes et les nouveaux riches, suffisamment aisés pour acheter au coup de cœur et peu regardants quant au CV. Dans la presse spécialisée sur l’art, Richard Orlinski est aux abonnés absents. Il vend néanmoins ses sculptures dans quelque 90 galeries opérant hors des circuits officiels. Et il figure dans le classement Artprice des artistes français les plus cotés aux enchères. En 2004, l’ancien spécialiste des reconversions immobilières commence à vendre ses crocodiles en plastique coloré pour environ 1 000 euros. En 2014, une de ses sculptures s’est catapultée à 650 000 euros.
Le sculpteur a été poursuivi pour parasitisme en 2013 par l’artiste Xavier Veilhan, qui voit dans ses œuvres une trop grande parenté avec ses propres sculptures, reconnaissables à leurs formes simplifiées et leurs surfaces lisses et anguleuses. Si l’esthétique est voisine, les parcours et visées sont aux antipodes. Ancien étudiant de l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs de Paris, Xavier Veilhan travaille depuis longtemps sur l’idée d’archétype, dépouillant les formes pour les réduire à l’essentiel.
Sur son site Internet, Richard Orlinski déclare, lui, sculpter « pour sublimer la réalité et créer des œuvres d’art vivantes, belles et intemporelles, qui suscitent l’émotion dans le regard de l’autre ». Le procès, que Richard Orlinski a gagné en 2014, n’a pas freiné ses affaires. « J’ai des collectionneurs qui sont lassés qu’on leur impose ce qu’ils doivent acheter », dit-il.

« Rendre un art accessible à tous les collectionneurs »
Son succès commercial est tel qu’il a ouvert à l’automne 2017 une galerie à son nom, en partenariat avec le groupe Bartoux, en face de l’Elysée. En vitrine, un King Kong en Inox, qui existe aussi dans d’autres matériaux et formats, rouge, bleu, etc....




                        

                        


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Arts : le lucratif business des galeries marginales

Un monde sépare les galeries exposant des artistes avant-gardistes, cotés auprès des grandes fortunes, et les marchands proposant des œuvres plus populaires. Et pourtant ces derniers rencontrent un franc succès.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 17h21
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Sur l’avenue Matignon, quelques numéros seulement séparent la galerie de Kamel Mennour de celle de Mickael Marciano. Les deux marchands sont amis de longue date, l’un et l’autre ayant fait leurs armes en vendant des lithos dans des centres commerciaux parisiens. Entre eux pourtant, il y a un monde. Kamel Mennour défend une vision de l’art exigeante et pointue, plébiscitée par François Pinault et autres « giga » collectionneurs, ainsi que, du côté des institutions, par le Palais de Tokyo ou le Musée d’art moderne de la Ville de Paris.
Jamais, en revanche, les artistes de Mickael Marciano ne seront acceptés dans de tels cercles, dont les têtes d’affiches sont des galeristes comme Chantal Crousel ou Almine Rech... Trop pop, tape-à-l’œil, parfois criard, leur travail est à mille lieues de l’art validé par les experts qui font l’avant-garde, la cote et le (bon) goût.
Marciano, Opera Gallery, Bel Air, Bartoux, Frédéric Got ou Carré d’Artistes : autant de galeries mal-aimées par leurs confrères. « On ne fait pas le même métier », tranche Hervé Loevenbruck, président de MAP, une association qui réunit soixante-dix galeries parisiennes, mais pas celles-ci. « Elles ne s’embarrassent pas de frais de production ou de catalogue et ont un discours décomplexé de vendeur de vêtements », ajoute Georges-Philippe Vallois, président du Comité professionnel des galeries d’art, qui n’a accueilli aucune de ces enseignes.
Même la foire Art Elysées, qui avait eu la faiblesse d’entrouvrir sa porte à certaines de ces galeries, préfère ne plus les exposer. « Elles fonctionnent selon une logique industrielle de marque et sur un gros volume de ventes », résume Isabelle Keit-Parinaud, directrice du salon.
Ces critiques ne semblent pas miner le moral de ces « intouchables ». « Ce n’est pas parce que vous achetez un artiste à 50 000 euros dans une grande galerie que l’œuvre vaudra quelque chose plus tard »,...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 17/02/2018
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Françoise Nyssen veut une présidence commune à France Télévisions, Radio France et France Médias Monde

A ce stade, il s’agit d’une option, les arbitrages finaux de la grande réflexion sur l’audiovisuel public lancée par Emmanuel Macron étant attendus fin mars.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 09h41
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 17h18
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

La ministre de la culture, Françoise Nyssen, propose qu’à l’avenir, France Télévisions, Radio France et France Médias Monde (France 24, RFI…) aient une présidence commune, ont indiqué au Monde des sources proches du dossier. Ce serait un changement important, car, jusqu’ici, ces trois sociétés d’audiovisuel public ont, chacune, un président. Celui-ci serait remplacé par un directeur général, qui serait sous le contrôle d’un président non exécutif unique. La ministre envisagerait même d’étendre cette direction commune à l’Institut national de l’audiovisuel (INA).
Mme Nyssen a, au cours des dix derniers jours, souhaité revoir les dirigeants des sociétés d’audiovisuel public, afin d’évoquer avec eux l’avenir de leur entreprise et du secteur, avant une prise de parole en conseil des ministres, le 14 février. Dans son propos, Mme Nyssen a d’ailleurs évoqué sa proposition d’une présidence commune. A ce stade, il s’agit d’une option, les arbitrages finaux de la grande réflexion sur l’audiovisuel public lancée par Emmanuel Macron sont attendus fin mars. Mais cette piste a déjà été évoquée au sein de l’exécutif dès la fin de 2017.
Un président commun permettrait un pilotage d’ensemble, alors que le gouvernement demande de plus en plus aux sociétés d’audiovisuel public de collaborer entre elles. En effet, France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et l’INA ont, ensemble, lancé en 2016 Franceinfo, une offre d’information mêlant télévision, radio et numérique. Et, depuis octobre 2017, le ministère de la culture a exigé des dirigeants de nouvelles synergies : ceux-ci ont donc en projet une offre d’information locale associant France 3 et France Bleu, une plate-forme numérique culturelle autour de France Culture et France 5, un média Web destiné aux jeunes, qui s’appuiera la radio Mouv et France Télévisions…
« BBC à la française »
Instaurer un dirigeant unique est aussi une réponse à la volonté...




                        

                        


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Jean Rouaud, poète des cavernes

L’écrivain, fin connaisseur des cultures de l’âge de la pierre, a usé de sa liberté littéraire pour livrer de sensibles interprétations de l’art pariétal.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 09h00
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            
La Splendeur escamotée de frère Cheval ou Le Secret des grottes ornées, de Jean Rouaud, Grasset, 288 p., 19 €.

Jean Rouaud est né en Loire-Atlantique. Il n’est donc pas tombé en préhistoire comme beaucoup de ceux qui l’ont découverte enfants du côté de la Dordogne ou des Pyrénées. Dans les premières pages de La Splendeur escamotée de frère Cheval, il n’en tire pas moins un fil entre art pariétal et enfance ; un fil qui est le mot « caverne ». Ainsi les médecins décrivaient-ils les trous que la tuberculose creusait dans les poumons, ce que subit Rouaud à 7 ans et dont il guérit.
L’auteur a pu pénétrer dans la grotte Chauvet
Les cavernes à dessins, gravures et peintures, il les découvrit plus tard, « en touriste », aux Eyzies-de-Tayac : Font-de-Gaume, Rouffignac, les Combarelles. Quelques années après que son premier roman, Les Champs d’honneur (Minuit, 1990), eut reçu le prix Goncourt, l’éditeur Flohic sollicitait l’écrivain : « Il lançait une collection de livres associant un peintre à un écrivain. J’ai répondu que je souhaitais écrire sur La Jeune Fille à la perle, de Vermeer [1665]. Mais un auteur avait eu l’idée avant moi. Il m’en fallait une autre. J’ai cherché dans ma mémoire ce qui m’avait procuré une émotion aussi forte. La seule réponse était : les grottes. » Ainsi écrit-il Le Paléo Circus, paru en 1996 (repris dans Préhistoires, Folio, 2007). Et signe aujourd’hui La Splendeur escamotée… Il n’est plus jamais vraiment ressorti des cavernes.
Non seulement il a visité celles qui sont accessibles mais, grâce aux liens noués avec des préhistoriens, il a pu pénétrer dans la grotte Chauvet et dans celle de Cussac, où un grand panneau dessiné au doigt dans l’argile réunit le bestiaire de la période ­nommée gravettien (− 31 000 à – 22 000 ans) : bison, cheval, mammouth. Il y a aussi à Cussac des sépultures...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le Londonien, découvreur d’Adele, publie un premier album collectif, où figurent Peter Gabriel, Syd ou encore les sœurs Ibeyi.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/02/2018
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Musiques : Richard Russell, producteur XL

Le Londonien, découvreur d’Adele, publie un premier album collectif, où figurent Peter Gabriel, Syd ou encore les sœurs Ibeyi.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 08h44
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 16h05
    |

                            Stéphane Davet








                        



                                


                            

Mieux qu’un « home studio », Richard Russell s’est offert un « house studio » pour aller au bout de sa reconversion. Dans une rue résidentielle de Notting Hill, à Londres, une maison, la Copper House, qu’il a transformée en studio d’enregistrement, sert désormais d’outil d’expression au cofondateur et copropriétaire de XL Recordings, l’un des labels discographiques les plus cotés (grâce à la star Adele, mais aussi The Prodigy, The xx, M.I.A., Jungle…) de l’industrie musicale britannique, depuis le début des années 1990. Effaçant dorénavant les frontières entre ses fonctions de producteur et ses envies de création, ce Londonien de 46 ans publie un premier album, Everything Is Recorded by Richard Russell, qu’on évitera de qualifier d’œuvre solo, tant ce disque gorgé de soul et de métissages urbains a été conçu sur un mode collaboratif.
Admirateur de figures telles que Berry Gordy, Rick Rubin ou Chris Blackwell, dont le management des labels respectifs – Motown, Def Jam, Island – allait de pair avec une implication artistique, Richard Russell ne voit pas de cassure entre sa vie d’entrepreneur et celle de musicien. « Tout est ici affaire de sensibilité artistique, souligne l’homme aux cheveux courts et au visage émacié. Comme pour le label, il s’agissait dans ce disque de trouver les bonnes personnes et de les mettre dans les conditions pour qu’elles donnent le meilleur d’elles-mêmes. »
Des choix radicaux
D’abord petite unité vouée à la dance music, XL Recordings a construit son succès sur sa capacité à parier sur la singularité des talents, subtilement en phase avec l’air du temps. Une prise de risque que le label a su concilier avec de grandes ambitions commerciales, comme l’ont prouvé, après le triomphe fondateur de The Prodigy, des réussites comme celles de Vampire Weekend ou The xx, jamais portées par de véritables tubes. Le label pouvant se permettre la radicalité de certains choix, tel l’expérimentateur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Le groupe de Nicolas Sirkis mise sur une scénographie impressionnante pour sa tournée « 13 Tour ».
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Indochine convie son public à un voyage intersidéral

Le groupe de Nicolas Sirkis mise sur une scénographie impressionnante pour sa tournée « 13 Tour ».



Le Monde
 |    17.02.2018 à 08h33
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 16h08
    |

                            Stéphane Davet








                        



   


Juste avant de sortir de scène, Nicola Sirkis a fini par décrocher son premier petit sourire, après plus de deux heures et demie de show. Le chanteur d’Indochine avait pourtant quelques raisons de ne pas cacher sa joie. Vendredi 16 février, le premier des trois concerts parisiens du groupe, à l’Accorhotels Arena, se jouait à guichets fermés, comme le reste de cette tournée, baptisée « 13 Tour ». Pour célébrer ses retrouvailles avec son public et le succès de 13, son dernier album, l’un des meilleurs de sa discographie, Sirkis a fait les choses en grand. Clou de la scénographie, un immense écran circulaire d’une cinquantaine de panneaux surplombe les spectateurs. Cette soucoupe géante peut produire des moments bluffants. Du voyage intersidéral accompagnant Black Sky au duo sensuel de Gloria, où l’actrice italienne Asia Argento semble buter contre un dôme de verre perché au-dessus du chanteur.
Casque d’or
Tous les ingrédients paraissaient donc réunis pour emballer la fête. Certes, la gaieté n’est pas le fonds de commerce d’un groupe qui a construit l’essentiel de son répertoire sur le mal-être. On ne demande d’ailleurs pas au leader d’« Indo » de faire le clown en chantant le harcèlement (College Boy) ou un amour brisé par le cancer (La vie est belle), mais d’imaginer qu’on puisse s’amuser sur L’Aventurier ou Trois nuits par semaine.
Même quand il cherche à ambiancer l’arène, le chanteur ne parvient pas à cacher son stress, les yeux rivés sur ses prompteurs. Le groupe tourne pourtant à plein régime. Mais quelque chose passe moins bien que d’habitude. Et si c’était… cette nouvelle couleur de cheveux ? Car le chanteur aux mèches noires s’est teint en blond. Symbole du glam (les clins d’œil à Bowie sont nombreux) et d’un sex-appeal lumineux, le casque d’or sied mal aux mines d’enterrement. Quitte à broyer du noir, autant qu’il soit corbeau.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose des programmes à voir ou à écouter en différé.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/02/2018
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Un film d’animation, un magazine et un documentaire : nos idées de replays

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose des programmes à voir ou à écouter en différé.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 16h15
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Une course d’animaux en 3D, une histoire du restaurant présentée par Stéphane Bern et le burn-out décrypté. Voici notre sélection hebdomadaire de replays.
« Athleticus », les animaux mis à l’épreuve



Hippopotames judokas, autruches et tortues gymnastes, flamants roses arbitres de foot, éléphants basketteurs, otaries pongistes… C’est à ne pas y croire et pourtant l’auteur et réalisateur Nicolas Deveaux l’a fait. Il s’est offert ce plaisir a priori absurde de faire s’affronter des animaux sauvages dans des épreuves sportives, et ce, de manière pleinement réaliste. Comme si la chose était tout à fait naturelle. Mais le plus fou dans l’histoire, c’est qu’elle nous apparaît d’emblée comme telle.
Sans paroles, et en images 3D, dont la précision et la netteté du détail relèvent de la gravure, le bestiaire s’agite et se plie à toutes les compétitions avec un soin infini, professionnel jusqu’au bout des pattes. Chacun jouant des particularités de son anatomie pour parvenir à ses fins, atteindre le meilleur score et gagner sa place sur le podium.
Le comique de situation s’impose de lui-même. Dans le spectacle d’une tortue en train de virevolter à la barre asymétrique, ou d’une girafe qui s’élance pour le saut en hauteur avant de se rendre compte, arrivée devant l’élastique, qu’il lui suffit juste de l’enjamber. Se contenter de cela n’aurait cependant pas suffi. Encore fallait-il le talent d’un Nicolas Devaux – et son sens de l’épure – pour donner tant de délicatesse aux effets cocasses et tant de poésie à l’humour. D’une beauté saisissante, drôle et touchante – notamment dans la mise en scène du ou des handicap(s) qu’impose chaque morphologie (et avec laquelle il faut bien s’arranger) –, c’est une vraie petite pépite. Véronique Cauhapé
Athleticus, série courte d’animation de Nicolas Deveaux (Fr., 2018, 30 x 3 min). Sur Arte.tv
A table avec Stéphane Bern



Avec « La Fabuleuse Histoire », France 2 lance un nouveau magazine qui entend nous instruire autant que nous divertir sur des domaines du quotidien aussi divers que les loisirs, l’éducation, la santé ou encore la cuisine, qui inaugure cette collection à travers la création et le développement des restaurants.
Pour passer le plat, sans surprise, on retrouve l’incontournable « M. Histoire » de la chaîne : Stéphane Bern. Déployant davantage ses talents d’animateur – souvent très drôle – que de conteur au verbe fleuri, il nous entraîne, en costume d’époque, d’une auberge du Moyen Age à une guinguette du siècle dernier.
Si les historiens de l’alimentation et des arts de la table, tels que Pascal Ory, Florent Quellier, Julia Csergo, viennent apporter de multiples éclairages, la leçon se veut résolument divertissante et ludique. Elle ouvre d’ailleurs à quelques travaux pratiques piquants pour les candides « commis » qui entourent Stéphane Bern : Grégory Cuilleron et Nathalie Nguyen, jeunes cuisiniers passés par les fourneaux de « Top Chef » et de « Masterchef ».
De la naissance des restaurants à leur démocratisation, de la nomenclature des aliments aux portraits des grands noms de la cuisine, en passant par l’origine de certaines expressions (faire « com-pain », « payer en espèces »), on picore, on savoure. Et l’on en redemande. Christine Rousseau
« La Fabuleuse Histoire du restaurant », magazine animé par Stéphane Bern. Sur Francetv.fr
Le burn-out, une réalité sans reconnaissance



La question de la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle refait régulièrement surface. Le documentaire d’Elsa Fayner, ­plutôt que d’alimenter directement le débat, s’attache à comprendre les ressorts de cette affection qui ne fait encore l’objet d’aucun diagnostic officiel. Et, pour y parvenir, la réalisatrice a choisi de donner la parole à cinq personnes aux activités radicalement différentes – cuisinier, assistante sociale, responsable associatif, berger, cadre bancaire –, dont le point commun est d’avoir tous été « tués à petit feu » par le travail qu’ils aimaient.
Elsa Fayner a recueilli le témoignage de Brigitte, cadre de banque d’une quarantaine d’années, qui se souvient des douleurs ­physiques ressenties avant que son corps ne cède définitivement, mettant fin à un rythme de vie effréné. Les autres témoignages évoquent tous cette dimension ­affective du travail, qui tend à faire oublier tout le reste.
Selon une étude du cabinet Technologia publiée en 2014, un peu plus de trois millions de Français seraient exposés à un risque élevé de burn-out. Les propos tenus dans ce film vont dans ce sens. Tous contribuant à dresser un état des lieux du monde du travail alarmant et à nous faire prendre conscience de la nécessité qu’il y aurait à reconnaître cette maladie, qui recevait encore en mai 2017 un avis défavorable de la Haute Autorité de santé. Mathieu Ait-Lachkar
La Mécanique du burn-out, d’Elsa Fayner (Fr., 2017, 65 min). Sur France.tv



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Trente masques, tous différents, créés à partir d’échantillons d’ADN de la lanceuse d’alerte. Avec cette œuvre, l’artiste américaine Heather Dewey-Hagborg veut mettre en garde contre les failles des techniques de profilage génétique.
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Le vrai visage de Chelsea Manning, ou pas

Trente masques, tous différents, créés à partir d’échantillons d’ADN de la lanceuse d’alerte. Avec cette œuvre, l’artiste américaine Heather Dewey-Hagborg veut mettre en garde contre les failles des techniques de profilage génétique.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 17h17
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            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Ces trente visages suspendus dans l’espace, ressemblants mais différents, au genre difficile à déterminer, présentant des variations de traits et des yeux de diverses couleurs, ont été reconstitués à partir d’échantillons d’ADN de la lanceuse d’alerte Chelsea Manning. Exposée du 31 janvier au 4 février à Transmediale, festival berlinois consacré aux nouveaux médias et à la culture numérique, l’installation « Probably Chelsea » a été créée par l’artiste américaine Heather Dewey-Hagborg au début de l’année 2017.
A cette époque, Chelsea Manning, condamnée à trente-cinq ans de réclusion pour espionnage après avoir transmis à WikiLeaks, en 2010, 700 000 documents militaires confidentiels, purgeait sa peine à la prison militaire pour hommes de Fort Leavenworth, au Kansas. Pour l’armée, l’ancien analyste du renseignement militaire, dont l’image en uniforme, béret sur le front, cravaté, cheveux courts, a fait le tour du monde lors de son procès en juin 2013, s’appelait Bradley Manning et était un homme. Mais, derrière les barreaux, Manning demandait qu’on l’appelle Chelsea, se déclarait transgenre – disant se considérer comme une femme « depuis l’âge de 5 ans » –, se laissait pousser les cheveux et voulait suivre un traitement de réassignation sexuelle. Le Pentagone refusait, et lui faisait régulièrement raser la tête.
Profilage génétique
Chelsea a fait deux tentatives de suicide avant que l’armée américaine n’accède à sa demande, en septembre 2016. Elle avait alors déclaré : « C’est tout ce que je voulais : qu’ils me laissent être moi. » Saluée par les mouvements queer et LGBT, elle a commencé sa transformation en femme. Mais, étant donné ses conditions de détention très strictes, personne ne connaissait l’apparence de la nouvelle Chelsea.
C’est alors qu’Heather Dewey-Hagborg entame une correspondance avec elle. L’artiste s’intéresse, depuis plusieurs années, aux technologies de profilage génétique et à la création de portraits-robots...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le « Boston Globe » a publié une enquête dans laquelle plusieurs femmes accusent le photographe français, ainsi que d’autres professionnels de la mode, de comportements déplacés.
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Le photographe Patrick Demarchelier accusé de harcèlement sexuel

Le « Boston Globe » a publié une enquête dans laquelle plusieurs femmes accusent le photographe français, ainsi que d’autres professionnels de la mode, de comportements déplacés.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 02h20
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 17h15
   





                        



   


Le photographe français de mode Patrick Demarchelier a été accusé de harcèlement sexuel par au moins sept femmes, dont les témoignages ont été recueillis par le Boston Globe et publiés vendredi 16 février.
Le quotidien laisse notamment la parole à une ancienne assistante de Patrick Demarchelier, qui affirme avoir cédé aux avances insistantes du photographe, de peur de compromettre son avenir professionnel si elle persistait à refuser. L’ex-employée du photographe dit en outre avoir demandé instamment à la directrice artistique du groupe Condé Nast, la très influente Anna Wintour, de ne plus laisser le photographe travailler avec de jeunes mannequins.
Le Boston Globe cite également le cas de six autres femmes qui accusent toutes le Français, âgé de 74 ans, de harcèlement sexuel. L’une d’elles raconte ainsi que le photographe lui a mis la main sur ses parties génitales, et une autre qu’il lui a agrippé la poitrine.
Sollicité par l’AFP, Patrick Demarchelier n’a pas donné suite dans l’immédiat.
Patrick Demarchelier fait partie des plus grands photographes de mode et du show-business. Certains de ses clichés de la princesse Diana, de Madonna ou d’Angelina Jolie ont fait le tour du monde. Le photographe né au Havre (Normandie), dont le travail a fait l’objet d’une exposition en 2008 au Petit-Palais à Paris, est aussi l’auteur de nombreuses couvertures d’albums, entre autres pour Elton John et Céline Dion.
Sa célébrité dans le milieu de la mode est telle que son nom est cité à plusieurs reprises dans le film Le diable s’habille en Prada, satire du monde de la mode où Meryl Streep campe un personnage inspiré d’Anna Wintour.
D’autres photographes accusés
La Globe Spotlight Team, qui a mené cette enquête, est une équipe de six reporters d’investigation, héritière de celle qui avait révélé, en 2002, comment la hiérarchie catholique locale avait couvert des abus sexuels commis par quelque 90 prêtres à Boston et dans les environs pendant plusieurs décennies. L’histoire a servi de base au film Spotlight, qui a reçu l’Oscar du meilleur film en 2016.
L’enquête sur le monde de la mode publiée vendredi par le journal met en cause d’autres photographes, notamment Seth Sabal, Greg Kadel ou Andre Passos, ainsi que le styliste Karl Templer. L’enquête du Boston Globe mentionne aussi le nom de David Bellemère, photographe français accusé de harcèlement sexuel par deux femmes.
Depuis l’éclatement de l’affaire Weinstein, plusieurs grands photographes de mode ont été accusés de harcèlement sexuel, principalement Bruce Weber, Terry Richardson et Mario Testino. Plusieurs de leurs clients, notamment le groupe Condé Nast, ont indiqué publiquement qu’ils ne souhaitaient plus travailler avec eux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ En 2013, un propriétaire immobilier de New York avait fait détruire les bâtiments sur lesquels les artistes avaient peint leurs graffitis. Le dédommagement financier est une première pour ce type d’œuvre.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Peter Martins avait été accusé de s’être montré agressif, verbalement et physiquement, avec certains danseurs, et avait quitté l’institution le 1er janvier.
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Une enquête interne innocente l’ex-directeur du New York City Ballet

Peter Martins avait été accusé de s’être montré agressif, verbalement et physiquement, avec certains danseurs, et avait quitté l’institution le 1er janvier.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 18h55
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 16h49
   





                        


L’ancien directeur du New York City Ballet (NYCB), Peter Martins, a été innocenté par une enquête, diligentée par le théâtre, qui n’a pas confirmé les accusations de harcèlement moral, physique et sexuel portées par d’anciens danseurs.
L’enquête avait été confiée à une avocate extérieure, Barbara Hoey, qui n’a pu établir l’authenticité des accusations, selon le New York Times, jeudi 15 février.

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                Le directeur du New York City Ballet sur le départ à la suite d’accusations de harcèlement sexuel



Figure majeure de la danse new-yorkaise, Peter Martins avait été accusé de s’être montré agressif, verbalement et physiquement, avec certains danseurs. D’autres lui reprochaient de jouer de son influence pour avoir des relations sexuelles avec des danseuses, à qui il confiait ensuite des rôles importants dans des spectacles de la compagnie. Des accusations qui avaient provoqué son départ à la retraite le 1er janvier.
D’anciens danseurs, cités par le New York Times, ont réagi aux conclusions de l’enquête en estimant qu’elle n’était qu’un moyen de couvrir les agissements de Peter Martins, qui a créé plus de quatre-vingts chorégraphies.
« En finir avec les turbulences »
D’autres ont fait part de leur satisfaction, disant que le directeur artistique du New York City Ballet depuis plus d’un quart de siècle avait été injustement évincé. « Je suis satisfait des conclusions de cette enquête », a commenté Peter Martins, 71 ans, dans une déclaration écrite transmise par son avocat à l’Agence France-Presse.

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                Harcèlement sexuel : le monde de la danse, touché à son tour



« J’ai toujours dit que je ne m’étais pas livré à ces comportements déplacés, a-t-il ajouté. J’ai pris ma retraite pour permettre à cette glorieuse institution d’en finir avec les turbulences qu’avaient suscitées ces accusations. »
Danois de naissance, Peter Martins a rejoint le NYCB en tant que danseur en 1970. Il a dit espérer qu’avec la fin de cette enquête les membres du ballet pourraient « se recentrer sur leurs rôles de compagnie de ballet et d’école [de danse] éminentes ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ A écouter cette semaine : un lumineux et éloquent trilogue chambriste, le souffle expressif de voix sinueuses, un grand bonheur de jazz…
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Sélection albums : Beethoven, Ondrej Adamek, Henri Texier…

A écouter cette semaine : un lumineux et éloquent trilogue chambriste, le souffle expressif de voix sinueuses, un grand bonheur de jazz…



Le Monde
 |    16.02.2018 à 18h32
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 18h41
   





                        


Ludwig Van Beethoven Triple concerto pour piano, violon, violoncelle et orchestre op. 56. Trio pour clarinette, violoncelle et piano en si bémol majeur op. 11 Nicholas Angelich (piano), Gil Shaham (violon), Anne Gastinel (violoncelle), Andreas Ottensamer (clarinette). Orchestre symphonique de la Radio de Francfort, Paavo Järvi (direction)

   


Partition faisant fête à la musique s’il en fut, le Triple concerto de Beethoven établit au sein de l’orchestre un lumineux et éloquent trilogue chambriste entre cordes frappées – le piano de Nicholas Angelich, somptueux d’allure et de poésie – et cordes frottées – le violoncelle frondeur, chantant et délicat d’Anne Gastinel et le violon souverain de Gil Shaham, déjà présent dans une déjà magnifique version de 2004 avec Yefim Bronfman et Truls Mork chez Arte Nova. La rencontre au sommet de ces trois tempéraments sous la direction musclée et dramatique de Paavo Järvi ne laisse aucun répit. Belle idée de couplage : en bonus, le Trio op. 11 permet d’admirer dans l’« Adagio » la clarinette liane, idéalement ronde et souple du jeune Andreas Ottensamer, complètement adoptée par Angelich et Gastinel. Marie-Aude Roux
1 CD Naïve.
Ondrej Adamek Sinuous Voices Diverses œuvres par Roméo Monteiro (Air Machine) et l’Ensemble orchestral contemporain sous la direction de Daniel Kawka et d’Ondrej Adamek

   


Soufflé ! Il n’y a pas d’autre mot pour résumer la musique d’Ondrej Adamek, né à Prague en 1979, depuis son inspiration (souffle d’origine vocale ou tout simplement mécanique) jusqu’à sa réalisation (souffle atomique à partir de cellules dévastatrices) en passant par l’effet produit sur l’auditeur (soufflé, littéralement aspiré par l’inouï à long terme). Sinuous Voices fait écho à des prières récitées dans une église et à une lointaine berceuse quand Conséquences particulièrement blanches ou noires concerto investit avec mille trouvailles le champ expressif d’une Air Machine, conçue pour aller au bout de la passion du compositeur pour l’aspirateur. Deux rituels, ardents jusqu’à la sauvagerie. Plus souriante mais plus anecdotique, Ça tourne, ça bloque s’amuse avec des jingles électroniques importés du Japon. Aux commandes de l’Ensemble orchestral contemporain, Daniel Kawka semble aussi beaucoup jouer, comme avec une console venue d’un autre monde. Pierre Gervasoni
1 CD Aeon/Outhere Music.
Henri Texier Sand Woman

   


En 1976, Henri Texier enregistre seul, jouant de la contrebasse et de la basse, du oud, des percussions, de la flûte, et chantant plusieurs de ses compositions dont Amir, qui ouvre alors l’album du même nom. Sans avoir le succès des tubes de la chanson ou de la pop, elle est diffusée à la radio et devient un classique de Texier. Qui la remet en jeu pour débuter son nouvel album Sand Woman, cette fois avec les jeunes musiciens de son nouveau quintette, les saxophonistes Sébastien Texier et Vincent Lê Quang, le guitariste Manu Codjia et le batteur Gautier Garrigue. Texier constituant avec ce dernier une rythmique dansante et radieuse. D’autres anciens thèmes (Les Là-Bas, Indians), deux nouvelles compositions (dont Hungry Man, en forme de blues) sont abordés par de lisibles mélodies, marque de toujours chez Texier. Le sens de l’espace, la profondeur lyrique des thèmes, l’assurance musicienne emportent vers un grand bonheur de jazz. Sylvain Siclier
1 CD Label bleu/L’Autre Distribution.
Dirtmusic Bu Bir Ruya

   


Réunissant Chris Eckman (ancien cofondateur des Walkabouts, groupe rock de Seattle), Hugo Race (membre, à leurs débuts, des Bad Seeds de Nick Cave) et Murat Ertel (du groupe stambouliote psychédélique Baba Zula), Dirtmusic propose un album d’atmosphère. Sombre, oppressante, sinon menaçante, rarement percée d’un rai de lumière – grâce aux arabesques du luth saz de Murat Ertel et de la chanteuse turque Gaye Su Akyol (Love Is a Foreign Country). Avec des cordes saturées (guitares et saz électriques) et un martèlement quasi martial des percussions. Vénéneuse, cette transe sonore n’en est pas moins envoûtante. Les voix, graves et glaciales, parlent plus souvent qu’elles ne chantent. Il y est question de fuite, de pays où la pluie ne s’arrête jamais, de camps, de murs, de frontières fermées, d’impasse… Enregistré à Istanbul, ce disque militant dénonce la situation faite aux migrants en Europe. Patrick Labesse
1 CD Glitterbeat/Differ-Ant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ « Album » met en scène plus de soixante ans de spectacles créés et interprétés par ce couple d’artistes.
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Sélection livre : les Dupuy, retour sur une vie de danse

« Album » met en scène plus de soixante ans de spectacles créés et interprétés par ce couple d’artistes.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 18h30
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 18h42
    |

                            Rosita Boisseau








                        



   


C’est un livre insolite. Il s’intitule Album et est signé par les danseurs et chorégraphes Françoise et Dominique Dupuy. Il est composé de photos en noir et blanc dont le grain même transporte dans le temps. Il met en scène plus de soixante ans de spectacles créés et interprétés par ce couple d’artistes parmi les plus singuliers de la scène chorégraphique. Il draine des émerveillements et des mystères, il captive par son dynamisme et fait rêver autour de ces deux vies dévouées à la danse. Des pages blanches rythment le livre. Elles sont des trous de mémoire, marquent le temps comme des nuages qui passent mais elles sertissent aussi les images, les encadrent.
Deux textes courts, l’un des artistes Norbert et Nicole Corsino, l’autre d’Eugenia Casini Ropa, surgissent à la fin du livre. L’un d’eux s’intitule Jamais à la mode mais toujours modernes, ce qui colle bien au parcours de Françoise (née en 1925) et Dominique (né en 1930) Dupuy. Leur trajet depuis la fin des années 1940 a permis l’éclosion de quelques pièces étapes de la danse moderne et contemporaine dont ils ont aussi aidé à la structuration. Qu’ils soient sous les feux de la rampe ou dans les bureaux des institutions – entre 1989 et 1991, Dominique Dupuy est inspecteur de la danse au ministère de la culture –, ils ont une haute idée de la chaîne de l’histoire.
« L’étincelle des œuvres »
En 2005, au Théâtre national de Chaillot, ils présentaient une soirée de pièces intitulée WMD qui rassemblait des spectacles de deux de leurs complices de création : Jean Weidt (1904-1992) et Deryk Mendel (1920-2013). Vieilles gens, vieux fers, chorégraphié par Weidt en 1929, repris par les Dupuy en 1948, étire une guirlande intemporelle de gens cabossés dont les masques croquent l’humain en quelques rictus.
Rien ne fait peur aux Dupuy. En 2010, les voilà face à face dans Solo-Solo. Quatre ans plus tard, Dominique rapplique en scène avec l’acrobate Tsirihaka Harrivel dans Acte sans paroles 1, de Samuel Beckett. En 2016, toujours soutenu par Chaillot, Dominique Dupuy lançait l’opération Silence(s), qui sera déclinée dans différents endroits et théâtres jusqu’en décembre 2017. De cet Album, Dominique Dupuy dit : « Même en images, on est loin d’un récit de vie. Des dates, oui, mais en ordre dispersé. Un parcours, oui, mais en éclats l’étincelle des œuvres provoquant l’entrechoc des ans… Images et mots qui semblent tout simplement dire : vous dansiez, j’en suis fort aise, eh bien dansons maintenant. »
Album, de Françoise et Dominique Dupuy. Editions Analogues, 2017.



                            


                        

                        

