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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ La France dépense chaque année 10 milliards d’euros d’argent public d’aide à l’innovation. Le nombre de dispositifs a doublé en quinze ans et s’y retrouver relève du parcours du combattant.
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Les start-up dans le maquis des aides à l’innovation

La France dépense chaque année 10 milliards d’euros d’argent public d’aide à l’innovation. Le nombre de dispositifs a doublé en quinze ans et s’y retrouver relève du parcours du combattant.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 18h08
    |

            Sandrine Cassini








                        



                                


                            

La trentaine à peine, Gonzague Gridel fait déjà le tour des plateaux télé pour présenter sa start-up, MIP Robotics, et ses robots industriels. Il y a trois ans, ce diplômé de l’Edhec, une grande école de commerce française, a quitté un confortable emploi de cadre au Crédit mutuel pour se lancer dans l’entrepreneuriat. « J’avais rencontré un ingénieur qui voulait lancer des robots à bas coûts pour les PME », explique l’entrepreneur en herbe. Trois ans plus tard, le rêve est devenu réalité. Conçus dans son atelier de production à Bagnolet, ses robots à moins de 10 000 euros fabriqués pour automatiser les tâches répétitives ont déjà conquis leurs premiers clients.
Si Gonzague Gridel a pu se lancer, c’est d’abord grâce au formidable millefeuille d’aides à l’innovation disponible dans l’Hexagone. Très rapidement, les deux compères lèvent 340 000 euros d’argent public avant de boucler un premier tour de table auprès d’investisseurs privés. « L’argent, c’est le nerf de la guerre pour recruter ses premiers salariés », affirme le patron de MIP Robotics. Merci l’Etat !
Faire émerger des Elon Musk tricolores
Prêts, subventions, avances remboursables, bourses à l’innovation, prises de participation, avantages fiscaux, la France dépense chaque année 10 milliards d’euros d’argent public en la matière, soit un demi-point de PIB. Aux yeux du gouvernement, l’innovation est cruciale pour maintenir la compétitivité des entreprises françaises dans la mondialisation. Dans l’esprit du président, Emmanuel Macron, les start-up, synonymes de rupture technologique, doivent renouveler les vieilles industries françaises en perte de vitesse.
C’est dans ce contexte que le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, a annoncé, le 15 janvier, la création d’un nouveau fonds consacré à l’innovation et doté d’un capital de 10 milliards, qui permettra d’injecter chaque année 260 millions d’euros de subventions dans les « innovations de rupture »....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Créés en 1949, les instituts Fraunhofer, qui ont pour mission la recherche appliquée et pour clients principaux les entreprises d’une région, sont moins performants pour l’innovation rapide et de rupture portée par le numérique.
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Fraunhofer, le succès du modèle allemand et ses limites

Créés en 1949, les instituts Fraunhofer, qui ont pour mission la recherche appliquée et pour clients principaux les entreprises d’une région, sont moins performants pour l’innovation rapide et de rupture portée par le numérique.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 17h00
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

C’est une des clés pour comprendre la compétitivité de l’industrie allemande et le succès à l’export de ses entreprises de taille moyenne, ancrées dans leur territoire, le fameux Mittelstand : les instituts Fraunhofer.
Créés en 1949, ces centres ont pour mission la recherche appliquée et pour clients principaux les entreprises d’une région. L’idée est de d’appliquer la recherche fondamentale produite par les universités et les autres instituts de recherche à des innovations adaptées au marché.
Au total, 69 instituts sont répartis sur le territoire allemand. Quelque 25 000 salariés, essentiellement des ingénieurs et des diplômés en sciences naturelles, y travaillent. La société Fraunhofer, qui chapeaute l’ensemble, est la plus grande organisation consacrée à la recherche appliquée d’Europe. Son nom vient du physicien et opticien allemand Joseph von Fraunhofer (1787-1826), connu pour avoir été à la fois chercheur, inventeur et entrepreneur.
Les instituts Fraunhofer se distinguent des autres instituts de recherche par le fait que les travaux y sont conduits principalement par contrat et orientés vers le résultat. Sur les 2,1 milliards d’euros de budget total, 74 % proviennent de contrats de recherche passés avec l’industrie (37 %) et des collectivités locales, l’Etat fédéral et la Commission européenne.
Exception notable de SAP
« Les instituts développent des techniques, des produits ou des installations, parfois jusqu’à leur viabilité commerciale », explique Thomas Eck, de la société Fraunhofer. Le reste (26 %) est assuré par l’Etat fédéral et les Länder, pour financer des recherches de plus long terme. Chaque institut bénéficie d’un haut degré de responsabilité sur sa spécialité de recherche et pour obtenir des contrats locaux. Ce système est un des facteurs qui a permis historiquement au Mittelstand de conserver sa souplesse et son avance technologique sur des secteurs de niche.
Fraunhofer a pourtant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Pour relancer la croissance après la crise de 2008, Nicolas Sarkozy a fait pleuvoir 35 milliards d’euros sur l’économie française afin d’irriguer les universités, les centres de recherche et les PME. Pour quels effets ?
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Recherche et innovation : heur et malheur du grand emprunt

Pour relancer la croissance après la crise de 2008, Nicolas Sarkozy a fait pleuvoir 35 milliards d’euros sur l’économie française afin d’irriguer les universités, les centres de recherche et les PME. Pour quels effets ?



Le Monde
 |    18.02.2018 à 17h00
    |

            Sandrine Cassini








                        



                                


                            

Que reste-t-il du « grand emprunt », cette politique massive d’investissements mise en œuvre par Nicolas Sarkozy ? Pour relancer la croissance après la crise de 2008, l’ancien chef de l’Etat a fait pleuvoir 35 milliards d’euros sur l’économie française afin d’irriguer les universités, les centres de recherche et les PME. Au cœur du réacteur : la recherche et l’innovation.
Quatre ans après, Jean-Marc Ayrault, alors premier ministre de François Hollande, décidait d’une rallonge de 12 milliards d’euros. Entre-temps, le grand emprunt était rebaptisé « programme d’investissements d’avenir » (PIA). En 2016, une troisième enveloppe de 10 milliards d’euros était attribuée.
Difficile de dire précisément quels ont été les effets réels de cette politique sur l’économie. Mais le chiffre total de 57 milliards d’euros investis ne reflète pas les sommes engagées dans les projets. Une grande partie des fonds est placée, et ce sont uniquement les intérêts qui ont financé les projets. A l’image de l’enseignement supérieur et de la recherche, censé avoir absorbé « 50 % du PIA », comme le précisait un rapport de France Stratégie de mars 2016.
« Placées à 2 %, les dotations en capital du PIA ne rapportaient pas grand-chose », précise l’économiste Elie Cohen, qui fit partie d’un comité d’évaluation du PIA. « L’idée de ces fonds était de transformer les universités en unités de recherche et d’accélérer le transfert de la connaissance issue du public vers le privé, à travers les instituts de recherche technologique ou les instituts hospitalo-universitaires », complète le directeur de recherche au CNRS.
Raté magistral
Dans ce domaine, il se montre déçu par les résultats des « initiatives d’excellence (IDEX) ». Ces grands projets devaient réunir des grandes écoles, comme Polytechnique ou Normale Sup, et des universités sous un même étendard. « Je pensais qu’on allait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Avec le changement de cap des banques centrales, les investisseurs vont devoir réajuster leur baromètre du risque, détraqué des années de largesses monétaires.
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Marchés financiers : les vertus de la (bonne) peur

Avec le changement de cap des banques centrales, les investisseurs vont devoir réajuster leur baromètre du risque, détraqué des années de largesses monétaires.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 12h00
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Chronique Taux & changes. « Apprendre à maîtriser la panique, apprivoiser votre angoisse, vaincre l’anxiété. » Concocté par un coach en gestion du stress, ce programme n’est pas très différent de celui que les banques centrales vont devoir administrer aux marchés ces prochains mois. La brutale correction boursière de la semaine du 5 février et la soudaine bouffée de panique autour de l’inflation américaine ont en effet révélé un paradoxe : les marchés ont peur, mais pas comme il faut. Ni de ce qu’il faut. Et certainement pas dans les bonnes proportions.
Imagine-t-on que ce qui réjouit le reste du monde et le commun des mortels, à savoir un possible rebond des salaires, alimente aujourd’hui la nervosité des investisseurs ? Car ils redoutent que cette bonne nouvelle n’encourage la Réserve fédérale américaine (Fed) et ses homologues à accélérer le retrait des largesses monétaires, dans lesquelles ils se complaisent depuis près d’une décennie.
Une capacité d’analyse anesthésiée
Biberonnés aux taux bas, abreuvés de liquidités, ils ne regardent plus uniquement les indicateurs conjoncturels pour ce qu’ils révèlent de l’état de santé réel de l’économie, mais pour les changements qu’ils sont susceptibles de déclencher dans la stratégie des grandes banques centrales. Ce n’est pas sain. La Fed, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d’Angleterre (BoE) ont anesthésié la capacité d’analyse des investisseurs, et plus encore : elles ont détraqué le baromètre du risque et de la peur.
C’était d’ailleurs l’un de leurs objectifs affichés. En baissant ses taux et en rachetant massivement une grande partie des dettes publiques et privées disponibles sur les marchés, la BCE cherche, depuis 2015, à pousser les investisseurs vers des actifs considérés comme plus risqués. Comme par exemple, des obligations d’entreprises moins prisées, car affichant une santé financière un peu moins solide. L’idée est de permettre à ces entreprises...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Le cours de la céréale est déprimé. Concurrencée par la Russie, la France, qui a engrangé une très belle récolte de 36,6 millions de tonnes, pourrait se retrouver avec un stock de 3,25 millions de tonnes.
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Le blé français joue à la roulette russe

Le cours de la céréale est déprimé. Concurrencée par la Russie, la France, qui a engrangé une très belle récolte de 36,6 millions de tonnes, pourrait se retrouver avec un stock de 3,25 millions de tonnes.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 12h00
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Chronique. Entre chandeleur et Mardi gras, crêpes, bugnes ou gaufres ont régalé les gourmands. Becs farinés en fête ! Pas sûr, toutefois, que ces agapes aient suffi à redonner le sourire aux céréaliers français. Assis sur leurs sacs de blé, ils ont les yeux rivés sur le cours de leur précieuse céréale. Enfin, moins précieuse, qu’ils ne le souhaiteraient. La courbe qu’ils contemplent est lisse comme une pâte sans grumeau. Sur Euronext, le prix de la tonne de blé oscille autour de 160 euros. Vendredi 16 février, elle se négociait sur l’échéance de mars à 159,50 euros.
« Il faut enlever 15 à 20 euros, pour avoir le prix payé à l’agriculteur. Cela ne couvre pas les coûts de production, qui peuvent atteindre 160 euros la tonne », explique Michel Portier, de la société Agritel. Il anticipe toutefois un retour à une certaine volatilité après la secousse des marchés actions.

« La Russie et l’Ukraine font les prix du blé », affirme, pour sa part, Marc Zribi, chef de l’unité « grains et sucre » au sein de l’organisme public FranceAgrimer. La première a engrangé une belle moisson, estimée à 85 millions de tonnes. De quoi en exporter 35 millions, après avoir satisfait les appétits de sa population. Depuis, le pays de Poutine ne cesse de décrocher les contrats. En particulier en Egypte, où il truste près de 80 % des volumes achetés par le gouvernement, soit plus de 4 millions de tonnes, depuis le début de la campagne. La Russie devance largement la Roumanie et l’Ukraine et ne laisse que quelques miettes – 60 000 tonnes – à la France. Or, l’Egypte est un des plus grands importateurs mondiaux, même si elle devrait cette année être dépassée « par l’Indonésie, où le mode de vie s’occidentalise », selon M. Zribi, avec plus de 12 millions de tonnes. De quoi nourrir les adeptes – de fraîche date – de pâtisseries et de pizzas.

Le gâteau algérien grignoté
La Russie est donc devenue un véritable rouleau...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Rapport d’étonnement. Nos manières d’être et de réfléchir sont influencées par les robots avec lesquels nous interagissons sans cesse. Gare, car la réalité est bien plus complexe que les algorithmes qui prétendent la représenter.
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Tous formatés par les machines

Rapport d’étonnement. Nos manières d’être et de réfléchir sont influencées par les robots avec lesquels nous interagissons sans cesse. Gare, car la réalité est bien plus complexe que les algorithmes qui prétendent la représenter.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 12h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Beaucoup s’inquiètent que les robots et l’intelligence artificielle détrônent les humains dans tous les métiers. Mais peu se demandent : l’omniprésence des machines n’influence-t-elle pas les humains eux-mêmes ? Nos façons de penser et d’agir ? Nos manières de travailler ? Plutôt que de craindre les robots, ne devrions-nous pas redouter d’être nous-mêmes robotisés ?
Nous connaissons le test imaginé en 1950 par le mathématicien Alan Turing pour évaluer l’intelligence d’un robot : elle est jugée de haut niveau quand un humain n’arrive plus à discerner s’il communique avec un homme ou avec une machine. Brett Frischmann, professeur de droit à l’université Villanova (Radnor Township, Pennsylvanie), a conçu un test de Turing « à l’envers » afin de « déterminer à quel moment les technologies nous déshumanisent ». Il cherche à identifier les qualités et les défauts qui nous distinguent des machines : le « sens commun », la « pensée rationnelle », mais aussi la capacité de se comporter de « façon irrationnelle » ou « émotionnelle » (car il existe chez l’homme une intelligence émotionnelle), enfin le « libre arbitre », défini comme le fait de vouloir être « l’auteur de sa propre vie ». Si ces capacités vous manquent, vous avez réussi le test de ­ Frischmann : vous êtes devenu un robot.
Nous nous habituons tant et si bien à vivre des relations désincarnées que nous finissons, des études psychologiques le montrent, par les reproduire avec les humains
Brett Frischmann s’apprête à publier, avec le philosophe des technologies Evan Selinger, Re-Engineering Humanity (Cambridge University Press, à paraître en avril). Ils y pointent tous les domaines de nos vies dans lesquels nous sommes robotisés. Par exemple, nous ne savons plus si l’opérateur d’un centre téléphonique est un être humain ou une machine. Si les « joyeux anniversaires » envoyés par LinkedIn ou Facebook le sont par des vraies...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Né avec le capitalisme, le salariat pourrait disparaître avec lui, pense le philosophe américain, qui appelle à combattre les méfaits d’une automatisation ne profitant qu’aux propriétaires de nouvelles technologies.
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Nick Srnicek : « Le post-travail nous libèrera des contraintes du salariat »

Né avec le capitalisme, le salariat pourrait disparaître avec lui, pense le philosophe américain, qui appelle à combattre les méfaits d’une automatisation ne profitant qu’aux propriétaires de nouvelles technologies.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 12h00
    |

                            Nicolas Santolaria








                        



                                


                            
Nick Srnicek, qui enseigne l’économie numérique au King’s College de Londres, est, avec Alex Williams, l’auteur d’un texte paru en 2013, Accélérons ! Manifeste pour une politique accélérationniste (Adespote, 2017). Il lui a valu d’apparaître comme l’un des chefs de file de l’« accélérationnisme », mouvement défendant le dépassement du capitalisme « par le haut ». Il est également l’auteur, avec Alex Williams, d’Accélérer le futur. Post-travail & post-capitalisme (Cité du design, 2017).
Vous avez développé l’idée d’une société du post-travail, que vous appelez de vos vœux et qui devrait être, selon vous, un slogan mobilisateur. Comment la définiriez-vous ?
Il vaudrait mieux parler de post-salariat, pour être plus précis, bien que ce dernier terme ne soit pas aussi accrocheur que le « post-travail ». Disons que, par là, j’entends, avec mon coauteur Alex Williams, l’organisation du travail, singulière et spécifique, qui s’est imposée dans le mode de production capitaliste. Le salariat n’existait pas sous cette forme généralisée avant le capitalisme. Aussi, pour nous, un monde post-travail devrait au minimum viser la suppression du pouvoir coercitif du salariat, diktat selon lequel on est censé trouver un emploi si l’on ne veut pas connaître la faim et finir sans abri. Le projet du post-travail se focalise sur l’élimination de cette dimension coercitive et sur le développement de la liberté.
« Dans un monde post-travail, nous pourrons consacrer notre temps à développer des projets variés, aussi bien individuels que collectifs. Mais ce “travail” ne sera pas conditionné par l’obtention d’un salaire »
Ce n’est pas pour autant la fin de l’effort individuel. Dans un monde post-travail, nous pourrons consacrer notre temps à développer des projets variés, aussi bien individuels que collectifs. Mais ce « travail » ne sera pas conditionné par l’obtention d’un salaire. Ce sera un travail choisi librement ou, au pire, déterminé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Les chiffres fournis il y a quelques jours par l’Insee font état d’une amélioration du marché du travail. Mais, si les signaux sont positifs pour les cadres et les diplômés, le chômage se maintient à un niveau élevé pour les moins qualifiés.
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<article-nb="2018/02/18/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Les firmes, importatrices à presque 100 %, sont pénalisées par le dollar fort et les prix réglementés.
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En Egypte, l’industrie pharmaceutique est en crise

Les firmes, importatrices à presque 100 %, sont pénalisées par le dollar fort et les prix réglementés.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 15h00
    |

            Hélène Sallon (Le Caire, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

L’Egypte a connu une nouvelle vague de pénurie de médicaments, fin décembre 2017. Dans les pharmacies, la pénicilline injectable et une douzaine d’autres médicaments sans substituts, destinés à soigner la maladie de Parkinson ou des affections cardiaques, hépatiques et rénales, ont disparu des rayons. Une situation devenue courante dans le pays, depuis 2016, où circulent régulièrement les images d’Egyptiens faisant la queue devant des pharmacies vides et les appels désespérés aux dons d’hôpitaux. La dépréciation de la livre égyptienne (LE) et son flottement face au dollar en novembre 2016 ont affecté le secteur pharmaceutique, qui importe plus de 90 % de ses matières premières.
« En Egypte, on fabrique des produits finis : 100 % des principes actifs sont importés, de même que le matériel comme les emballages, les machines et les pièces de rechange », explique Gamal El-Leithy, le PDG de Future Pharmaceutical Industries. A la tête de 500 salariés, il produit ses propres antibiotiques, antidiabétiques ou traitements gastro-intestinaux, et sous-traite une partie de la production locale de multinationales comme le suisse Novartis, le français Sanofi ou l’indien SUN.
« On a tous souffert »
Vingt-deux multinationales (55 % du marché), onze groupes publics (5 %), 14 000 entreprises et 140 usines de production locales se partagent ce marché de 60 milliards de LE (2,7 milliards d’euros), qui emploie 300 000 personnes. Avec une population de 97 millions d’habitants et un taux de natalité de 2 % par an, l’Egypte – déjà l’un des plus grands du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord – a un fort potentiel de croissance et d’attrait pour les investisseurs.
Mais le dollar fort, passé de 8,8 LE à 18 LE, a contraint plusieurs entreprises à arrêter des lignes de production. « Entre novembre 2016 et janvier 2017, on a tous souffert. La production a baissé de 30 % à 40 %, car on ne pouvait plus importer....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Entre dérision et défaitisme, les annonceurs constatent les conséquences du déclassement possibles de leurs terres situées en zones défavorisées.
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Dans l’Aude, des villages solidaires des agriculteurs en colère se mettent aux enchères

Entre dérision et défaitisme, les annonceurs constatent les conséquences du déclassement possibles de leurs terres situées en zones défavorisées.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 14h04
   





                        



   


A vendre « village pittoresque », « entre mer et montagne », évidemment « fort sympathique ». Par solidarité avec leurs agriculteurs en colère, des communes du secteur de La Piège (Aude) se sont symboliquement mises en vente sur le site Le Bon Coin.
Saint-Julien de Briola, Fanjeaux, Orsans, Saint-Amans, Laurac, Ribouisse, Generville, Villautou Fanjeaux, Lacassaigne... autant de villages audois mis aux enchères pour protester contre l’exclusion possible de leurs éleveurs de la carte des zones défavorisées, dont la réforme est actuellement en discussion.
Cette vente, qui ne donne aucun prix, fait « suite à une série de décisions injustes », « à l’abandon du monde rural par l’État et à la surdité du ministère de l’agriculture », peut-on lire notamment sur les petites annonces. Pour tout renseignement, « l’acheteur » est d’ailleurs invité à s’adresser au ministre de l’agriculture en personne, Stéphane Travert.
Entre dérision et défaitisme, les annonceurs mettent en exergue les qualités de tous les villages, mais constatent surtout les conséquences du déclassement possibles de leurs terres, privant les exploitants de l’ICHN, l’indemnité compensatoire de handicaps naturels.

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                Contre le déclassement des zones défavorisées, les agriculteurs en colère ne désarment pas



Refonte demandée par l’UE
Tous ces villages de l’Aude ne sont pas les seuls à afficher leur mécontentement concernant la modification de la carte des « zones défavorisées ». Cette carte, qui date de 1976, détermine le versement de l’indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN) hors montagne, qui permet de compléter les revenus des agriculteurs dont l’exploitation se situe dans une zone où les conditions naturelles sont difficiles.
Sa refonte, appelée à entrer en vigueur en 2019, répond à une demande de l’UE qui a appelé ses Etats membres à revoir les critères de définition des zones soumises à contraintes afin de parvenir à des découpages plus homogènes d’un pays à l’autre. La nouvelle carte, qui devait être présentée initialement cette semaine, ne sera finalement dévoilée par le gouvernement d’Edouard Philippe qu’après validation par la Commission européenne, début mars.
5 000 sortants
Selon le projet de carte proposé le 9 février par le ministère, le nombre de bénéficiaires de l’ICHN passe d’environ 52 500 aujourd’hui à près de 60 000 au 1er janvier 2019, soit une augmentation de 13 %. Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a lui fait état cette semaine d’environ 5 000 sortants pour 10 000 entrants.
Pour les territoires « sortants », Emmanuel Macron a assuré fin janvier lors des ses vœux au monde agricole que des mesures d’accompagnement seraient prises pendant deux ans. Malgré ces assurances, les agriculteurs ne désarment pas et ont poursuivi cette semaine leur action coup-de-poing, notamment avec des barrages filtrants.
Pour calmer leur colère, Emmanuel Macron doit recevoir jeudi un millier de jeunes agriculteurs à l’Elysée, deux jours avant l’ouverture du Salon de l’agriculture. « Il s’agit d’envoyer un signal fort : montrer que l’agriculture fait partie des priorités du président », a fait savoir l’entourage du président.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Philippe Lukacs, professeur de management, appelle dans une tribune au « Monde » à dépasser les constructions classiques des marchés, formés à partir de lois de l’offre et de la demande.
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« Structuré autour du bien commun, un espace de développement et d’action s’ouvre aux entreprises »

Philippe Lukacs, professeur de management, appelle dans une tribune au « Monde » à dépasser les constructions classiques des marchés, formés à partir de lois de l’offre et de la demande.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 14h00
    |

Philippe Lukacs (Professeur de management de l’innovation à l’Ecole Centrale de Paris)







                        



                                


                            
Tribune. Le Monde du 6 février a fait état d’une note publiée vendredi 2 février par Natixis et signée de Patrick Artus, son responsable des études économiques : « La dynamique du capitalisme est aujourd’hui bien celle qu’avait prévue Karl Marx. » Ce qu’il voit lui paraît d’une « logique implacable ». Le mouvement se déroule en trois temps. D’abord, une « baisse de l’efficacité des entreprises des pays de l’OCDE », qui risque de réduire le rendement du capital. Puis, pour éviter ce possible recul de leurs profits, les sociétés cherchent à capter une plus grande part de la valeur ajoutée, au détriment des salariés, dont la rémunération diminue.
Cette stratégie ayant une limite – l’impossibilité de réduire les salaires en dessous d’un salaire de subsistance –, les capitalistes recourent enfin à la spéculation pour soutenir malgré tout le rendement du capital. Patrick Artus conclut : « Cette dynamique aboutit nécessairement d’une part à la hausse des inégalités de revenu, d’autre part à des crises financières. »

Chaque citoyen peut constater la réalité de ce mouvement en trois temps, et ses conséquences en termes d’écarts croissants des revenus, d’ores et déjà devenus, à tous égards, insoutenables. Les risques sont non seulement financiers mais également politiques. On a déjà vu à quoi l’éclatement social a conduit aux Etats-Unis. A continuer ainsi, c’est la démocratie, dans tous les pays, qui peut vaciller. En appeler à Karl Marx pour expliquer cette évolution, pourquoi pas ? Mais une explication plus simple, compréhensible par chacun existe, qui ouvre une voie de solution concrète dans laquelle il est à la fois possible, fructueux et urgent de s’engager.
Stimuler l’actionnariat individuel
Chaque responsable d’entreprise, chaque citoyen, peut constater que les marchés classiques, à force de progression, sont maintenant saturés dans les pays « développés ». Et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Après le coup de grisou de début février, les indices sont repartis de l’avant. De nouvelles répliques sont à attendre.
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Retour au calme – et aux fondamentaux – sur les marchés financiers

Après le coup de grisou de début février, les indices sont repartis de l’avant. De nouvelles répliques sont à attendre.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 12h00
    |

                            Emmanuel Schafroth








                        



                                


                            

Chronique Bourse. La tempête boursière de début février allait-elle dégénérer en cyclone ? La semaine dernière, nous expliquions dans ces mêmes lignes qu’une telle probabilité restait faible, dans un environnement économique apte à servir de « force de rappel ». La semaine écoulée a plutôt apporté des signes d’apaisement.
Tout d’abord, après les deux fortes baisses du 5 et du 8 février, l’indice Dow Jones est reparti à la hausse dès le 9, pour enchaîner six séances haussières consécutives et retrouver les 25 000 points. Le CAC 40, de son côté, a repris 200 points environ depuis son point bas de 2018, touché dans la séance du 9 février (5 051 points). Surtout, la volatilité des marchés, qui s’était réveillée de manière très brutale, voire suspecte, est en train de retomber, pour chercher un nouveau point d’équilibre.
Un retour à la normale
Ainsi, le Vstoxx, qui mesure la volatilité de l’indice actions européen Euro Stoxx 50, est retombé à 21 points après un pic de 35. Certes, ce niveau est plus élevé qu’avant cet épisode de fièvre sur les marchés (11 à 12 points), mais il est aussi plus conforme à ce qu’est historiquement le niveau de fluctuation du cours des actions. La mer trop calme de ces dernières années était trompeuse et, finalement, tout le monde le savait plus ou moins.
C’est bien un retour à la normale que les marchés sont, progressivement, en train d’intégrer. Et l’ingrédient de cette nouvelle normalité que les investisseurs vont particulièrement examiner, soupeser, disséquer dans les mois à venir est sans nul doute l’inflation américaine. Justement, les chiffres pour janvier publiés cette semaine sont supérieurs aux attentes, tant au niveau de l’inflation totale (2,1 %, contre 1,9 % attendus par le consensus) que de l’inflation sous-jacente (qui exclut notamment l’énergie), avec un taux de 1,8 %, contre 1,7 % escompté.

En examinant la réaction des marchés à cette annonce, deux constats s’imposent :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Editorial. Le rapport Spinetta sur « l’avenir du ferroviaire » souligne une évidence : le système est à bout de souffle et attendre pour agir ne ferait qu’aggraver la situation.
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SNCF : le pari de la réforme

Editorial. Le rapport Spinetta sur « l’avenir du ferroviaire » souligne une évidence : le système est à bout de souffle et attendre pour agir ne ferait qu’aggraver la situation.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 11h11
   





                        



   


Editorial du Monde. Le rapport Spinetta sur « l’avenir du ferroviaire » est-il la première étape d’une réforme de la SNCF différée depuis plus de vingt ans ou bien un nouveau ballon d’essai lancé par le gouvernement avant qu’il se résolve, comme ses prédécesseurs, à reculer devant de probables mouvements sociaux ? En tout cas, le document remis le 15 février par l’ex-patron d’Air France au premier ministre décrit avec lucidité une situation que nul ne peut plus ignorer, celle d’un système ferroviaire à bout de souffle, maintenu sous oxygène par un Etat qui n’en a décemment plus les moyens.

        Lire aussi :
         

                SNCF : neuf propositions-chocs et une révolution dans le rapport Spinetta



Comment ainsi justifier 10,5 milliards d’euros de concours publics, alors que chaque année la dette continue de gonfler de 3 milliards ? Comment celle-ci, qui a déjà atteint 46 milliards, pourrait-elle passer à 62 milliards en 2026, sans que l’on entrevoie une quelconque sortie de ce cercle vicieux ? Comment continuer à dépenser 1,7 milliard d’euros chaque année pour des lignes qui transportent seulement 2 % des voyageurs ?
Pour résoudre cette équation devenue impossible, le rapport propose deux principes de bon sens – qualité qui a justement fait cruellement défaut ces dernières décennies : la « cohérence des choix publics » et la « responsabilisation des acteurs ». Leur mise en œuvre passe par des mesures-chocs. Il s’agit notamment d’une remise à zéro, ou presque, des compteurs de la dette (qui serait reprise par l’Etat) pour que l’entreprise puisse assumer sereinement l’effort de modernisation de son réseau, dont les bugs à répétition ces derniers mois ne font que souligner l’urgence. En échange de quoi, la SNCF deviendrait une société anonyme à capitaux publics, ce qui mettrait fin à la possibilité de s’endetter quasiment sans limite comme c’est le cas aujourd’hui.
Une vision comptable
Autre mesure explosive : la révision du statut des agents de la SNCF pour les nouveaux embauchés, qui se verraient ainsi privés notamment de la garantie de l’emploi et d’augmentations automatiques en dehors de toute logique économique. Un système qui ne garantit en rien la capacité de l’entreprise à remplir ses missions, mais qui génère un surcoût de 30 % difficilement supportable au moment de l’ouverture du secteur à la concurrence.

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                Jean-Cyril Spinetta : « Je fais le pari de la responsabilisation des acteurs du ferroviaire »



On peut reprocher au rapport de se contenter d’une vision comptable du système ferroviaire, avec pour seule perspective son attrition, sans vraiment redéfinir la place du ferroviaire sur un plan sociétal, notamment par rapport à la route, dont le coût réel reste peu transparent et les conséquences environnementales lourdes. Mais il a le mérite de souligner une évidence : la situation n’a que trop duré et attendre pour agir ne ferait que l’aggraver.
C’est dans ce contexte que le premier ministre doit maintenant ouvrir une « première phase de concertation ». Certains syndicats parlent déjà de « déclaration de guerre », tandis que la CGT appelle à une « manifestation nationale » des cheminots le 22 mars, espérant raviver le souvenir des grandes grèves de 1995, qui n’a cessé de hanter tous les gouvernements au cours des deux dernières décennies.
Emmanuel Macron prend le pari que la France de 2018 a changé, et que les propositions de réforme qui avaient conduit, il y a vingt-trois ans, aux fameuses « grèves par procuration » d’une partie de la population ont fini par infuser dans les esprits. C’est un pari risqué, mais s’il n’est pas tenté, c’est notre système ferroviaire qui pourrait être le grand perdant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Le sculpteur et la plasticienne contemporaine ne sont pas exposés dans les grands musées occidentaux mais ils sont pourtant parmi les artistes français les plus cotés.
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Les artistes Richard Orlinski et Laurence Jenkell : deux inconnus qui valent cher

Le sculpteur et la plasticienne contemporaine ne sont pas exposés dans les grands musées occidentaux mais ils sont pourtant parmi les artistes français les plus cotés.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 17h23
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Ils sont parmi les artistes français les plus vendeurs. Mais vous n’en verrez pas un seul dans un grand musée occidental. Leur fonds de commerce, ce sont les touristes et les nouveaux riches, suffisamment aisés pour acheter au coup de cœur et peu regardants quant au CV. Dans la presse spécialisée sur l’art, Richard Orlinski est aux abonnés absents. Il vend néanmoins ses sculptures dans quelque 90 galeries opérant hors des circuits officiels. Et il figure dans le classement Artprice des artistes français les plus cotés aux enchères. En 2004, l’ancien spécialiste des reconversions immobilières commence à vendre ses crocodiles en plastique coloré pour environ 1 000 euros. En 2014, une de ses sculptures s’est catapultée à 650 000 euros.
Le sculpteur a été poursuivi pour parasitisme en 2013 par l’artiste Xavier Veilhan, qui voit dans ses œuvres une trop grande parenté avec ses propres sculptures, reconnaissables à leurs formes simplifiées et leurs surfaces lisses et anguleuses. Si l’esthétique est voisine, les parcours et visées sont aux antipodes. Ancien étudiant de l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs de Paris, Xavier Veilhan travaille depuis longtemps sur l’idée d’archétype, dépouillant les formes pour les réduire à l’essentiel.
Sur son site Internet, Richard Orlinski déclare, lui, sculpter « pour sublimer la réalité et créer des œuvres d’art vivantes, belles et intemporelles, qui suscitent l’émotion dans le regard de l’autre ». Le procès, que Richard Orlinski a gagné en 2014, n’a pas freiné ses affaires. « J’ai des collectionneurs qui sont lassés qu’on leur impose ce qu’ils doivent acheter », dit-il.

« Rendre un art accessible à tous les collectionneurs »
Son succès commercial est tel qu’il a ouvert à l’automne 2017 une galerie à son nom, en partenariat avec le groupe Bartoux, en face de l’Elysée. En vitrine, un King Kong en Inox, qui existe aussi dans d’autres matériaux et formats, rouge, bleu, etc....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Un monde sépare les galeries exposant des artistes avant-gardistes, cotés auprès des grandes fortunes, et les marchands proposant des œuvres plus populaires. Et pourtant ces derniers rencontrent un franc succès.
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Arts : le lucratif business des galeries marginales

Un monde sépare les galeries exposant des artistes avant-gardistes, cotés auprès des grandes fortunes, et les marchands proposant des œuvres plus populaires. Et pourtant ces derniers rencontrent un franc succès.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 17h21
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Sur l’avenue Matignon, quelques numéros seulement séparent la galerie de Kamel Mennour de celle de Mickael Marciano. Les deux marchands sont amis de longue date, l’un et l’autre ayant fait leurs armes en vendant des lithos dans des centres commerciaux parisiens. Entre eux pourtant, il y a un monde. Kamel Mennour défend une vision de l’art exigeante et pointue, plébiscitée par François Pinault et autres « giga » collectionneurs, ainsi que, du côté des institutions, par le Palais de Tokyo ou le Musée d’art moderne de la Ville de Paris.
Jamais, en revanche, les artistes de Mickael Marciano ne seront acceptés dans de tels cercles, dont les têtes d’affiches sont des galeristes comme Chantal Crousel ou Almine Rech... Trop pop, tape-à-l’œil, parfois criard, leur travail est à mille lieues de l’art validé par les experts qui font l’avant-garde, la cote et le (bon) goût.
Marciano, Opera Gallery, Bel Air, Bartoux, Frédéric Got ou Carré d’Artistes : autant de galeries mal-aimées par leurs confrères. « On ne fait pas le même métier », tranche Hervé Loevenbruck, président de MAP, une association qui réunit soixante-dix galeries parisiennes, mais pas celles-ci. « Elles ne s’embarrassent pas de frais de production ou de catalogue et ont un discours décomplexé de vendeur de vêtements », ajoute Georges-Philippe Vallois, président du Comité professionnel des galeries d’art, qui n’a accueilli aucune de ces enseignes.
Même la foire Art Elysées, qui avait eu la faiblesse d’entrouvrir sa porte à certaines de ces galeries, préfère ne plus les exposer. « Elles fonctionnent selon une logique industrielle de marque et sur un gros volume de ventes », résume Isabelle Keit-Parinaud, directrice du salon.
Ces critiques ne semblent pas miner le moral de ces « intouchables ». « Ce n’est pas parce que vous achetez un artiste à 50 000 euros dans une grande galerie que l’œuvre vaudra quelque chose plus tard »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ La présidente sortante, Marie-Eve Malouines, affronte Thierry Guerrier, présentateur, et Bertrand Delais, réalisateur.
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Course au « perchoir » sous tension pour LCP

La présidente sortante, Marie-Eve Malouines, affronte Thierry Guerrier, présentateur, et Bertrand Delais, réalisateur.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 10h24
    |

            François Bougon








                        



   


Tensions, pressions et intrigues… le processus de désignation du prochain président de LCP – la chaîne parlementaire dont l’Assemblée nationale est l’unique actionnaire – pourrait donner lieu à une adaptation télévisée à la manière de « Baron noir », la série politique française de Canal+.
Trois candidats, dont l’actuelle présidente Marie-Eve Malouines, sont en lice après avoir été sélectionnés au terme d’auditions devant un comité de députés, lundi 12 février. Face à la sortante, deux autres journalistes ont été retenus par le comité de sélection : Thierry Guerrier, présentateur de télévision, et Bertrand Delais, réalisateur et auteur d’un documentaire sur les coulisses de l’élection d’Emmanuel Macron. Ce second candidat s’est fait remarquer par une série de posts de blog louangeurs sur l’action du président de la République publiés sur le site HuffPost.
Mme Malouines, ancienne chef du service politique de Franceinfo qui se trouve à la tête de LCP depuis 2015, a décidé de se représenter malgré une forte contestation interne, qui a abouti à une motion de défiance en janvier : « Je suis accusée d’être autoritariste et complice des agresseurs sexuels. Je refuse en fait de céder à la rumeur, aux pressions, au climat général. Je m’en tiens aux faits, au respect de la loi. Je passe sur mon ressenti personnel en tant que femme, qui a toujours lutté contre la phallocratie », a-t-elle déclaré, lundi 12 février, aux parlementaires.
L’affaire Frédéric Haziza
Cette hostilité d’une partie du personnel s’est concentrée sur l’affaire Frédéric Haziza, animateur de l’émission « Questions d’info », accusé d’agression sexuelle par une journaliste, Astrid de Villaines. Dans la foulée des répercussions de l’affaire Harvey Weinstein, elle a en effet décidé, en novembre 2017, de porter plainte, juste avant une éventuelle prescription, pour des faits remontant à 2014, ce qui a déclenché une enquête préliminaire de la police judiciaire. A l’époque, ces faits avaient été sanctionnés par un simple avertissement de la direction à l’encontre de M. Haziza, qui en conteste la réalité.

        Lire aussi :
         

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La présidente a décidé de se représenter malgré une forte contestation interne, qui a abouti à une motion de défiance
De son côté, Mme Malouines a diligenté une enquête interne. Le rapport rédigé par un expert indépendant a jugé que, « depuis 2014, il n’y avait aucun comportement inapproprié à lui reprocher ». Ce qui a conduit à la décision de réintégrer M. Haziza en janvier, et provoqué une fronde de la rédaction : une motion de défiance a été votée par la Société des journalistes (SDJ), à l’unanimité moins une abstention. Ce retour, « malgré l’ouverture d’une enquête préliminaire après la plainte déposée par une de nos collègues pour agression sexuelle, nous choque », a écrit la SDJ.
« Climat délétère »
Cette dernière s’est également étonnée de ne pas retrouver dans l’enquête interne les témoignages « d’autres comportements totalement inappropriés de la part de Frédéric Haziza après 2014 », dénonçant par ailleurs le « climat délétère » et la « souffrance au travail qui règnent au sein de la chaîne ». Le Monde et Franceinfo, deux médias partenaires de l’émission « Questions d’info », ont alors suspendu leur collaboration. La direction du Monde a mis en avant « la dégradation du climat interne à LCP, illustrée par le vote récent d’une motion de défiance ». Pour sa part, la présidence de l’Assemblée nationale s’est engagée à mettre en œuvre un audit par un cabinet indépendant, avant la prise de fonctions du nouveau président.

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Dans Le Parisien, l’avocate de M. Haziza, Jacqueline Laffont, jugeait que cette « affaire semble largement instrumentalisée dans un contexte de prochain éventuel renouvellement de la direction de la chaîne ». Et, devant les députés, lundi, Marie-Eve Malouines s’est présentée comme la victime d’une campagne injuste : « Eh bien, oui, je me représente quand même, parce que cette campagne qui me cible n’a rien à voir avec la réalité, parce que cette fonction de PDG de la chaîne parlementaire impose précisément de savoir résister aux pressions, d’où qu’elles viennent. »
« On souhaite le calme, que l’apaisement revienne »
Au sein de la rédaction de LCP, certains journalistes redoutent une reconduction de Mme Malouines. « On souhaite le calme, que l’apaisement revienne, mais on ne croit pas que ce soit possible avec elle », explique l’un d’eux. Un autre prévient : « Si elle est élue, beaucoup de gens vont partir, elle aura les mains libres. »
La présidente sortante s’est dite prête à renouer le dialogue : « Nous nous retrouverons parce que nous partageons le même idéal, le même projet qui est de faire rayonner la culture LCP, une éthique, un état d’esprit républicain, citoyen et démocratique. » La nomination sera décidée en mars par le président de l’Assemblée, François de Rugy, pour une prise de fonctions le 8 juin. Outre un climat social dégradé, celui qui sera désigné devra gérer l’éventuelle fusion avec Public Sénat, l’autre chaîne parlementaire. Un autre dossier délicat.

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Article sélectionné dans La Matinale du 17/02/2018
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Françoise Nyssen veut une présidence commune à France Télévisions, Radio France et France Médias Monde

A ce stade, il s’agit d’une option, les arbitrages finaux de la grande réflexion sur l’audiovisuel public lancée par Emmanuel Macron étant attendus fin mars.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 09h41
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 17h18
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

La ministre de la culture, Françoise Nyssen, propose qu’à l’avenir, France Télévisions, Radio France et France Médias Monde (France 24, RFI…) aient une présidence commune, ont indiqué au Monde des sources proches du dossier. Ce serait un changement important, car, jusqu’ici, ces trois sociétés d’audiovisuel public ont, chacune, un président. Celui-ci serait remplacé par un directeur général, qui serait sous le contrôle d’un président non exécutif unique. La ministre envisagerait même d’étendre cette direction commune à l’Institut national de l’audiovisuel (INA).
Mme Nyssen a, au cours des dix derniers jours, souhaité revoir les dirigeants des sociétés d’audiovisuel public, afin d’évoquer avec eux l’avenir de leur entreprise et du secteur, avant une prise de parole en conseil des ministres, le 14 février. Dans son propos, Mme Nyssen a d’ailleurs évoqué sa proposition d’une présidence commune. A ce stade, il s’agit d’une option, les arbitrages finaux de la grande réflexion sur l’audiovisuel public lancée par Emmanuel Macron sont attendus fin mars. Mais cette piste a déjà été évoquée au sein de l’exécutif dès la fin de 2017.
Un président commun permettrait un pilotage d’ensemble, alors que le gouvernement demande de plus en plus aux sociétés d’audiovisuel public de collaborer entre elles. En effet, France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et l’INA ont, ensemble, lancé en 2016 Franceinfo, une offre d’information mêlant télévision, radio et numérique. Et, depuis octobre 2017, le ministère de la culture a exigé des dirigeants de nouvelles synergies : ceux-ci ont donc en projet une offre d’information locale associant France 3 et France Bleu, une plate-forme numérique culturelle autour de France Culture et France 5, un média Web destiné aux jeunes, qui s’appuiera la radio Mouv et France Télévisions…
« BBC à la française »
Instaurer un dirigeant unique est aussi une réponse à la volonté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ La loi prévoit en faveur de celui qui s’est trompé le droit à rectifier sa déclaration a posteriori explique pour « Le Monde » Olivier Roznfeld, président de Fidroit.
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Puis-je rectifier une erreur dans ma déclaration fiscale ?

La loi prévoit en faveur de celui qui s’est trompé le droit à rectifier sa déclaration a posteriori explique pour « Le Monde » Olivier Roznfeld, président de Fidroit.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 10h46
    |

                            Olivier Rozenfeld (Président de Fidroit)








                        



   


Question à un expert. Vous avez commis une erreur dans votre déclaration fiscale, ne vous inquiétez pas, l’Administration sait aussi être tolérante. La déclaration de ses revenus, auxquels nous n’échapperons pas avec la mise en œuvre du prélèvement à la source, est un exercice fastidieux et complexe.
La fiscalité française est ainsi remplie de chausse-trappes dont il est parfois difficile de s’extraire. C’est dans ce cadre que la loi prévoit en faveur de celui qui s’est trompé le droit à rectifier sa déclaration a posteriori. C’est la réclamation contentieuse. Elle est recevable jusqu’au 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement de l’impôt. Soit jusqu’au 31 décembre 2019 pour l’impôt payé en 2017.

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La motivation de la réclamation tient à la modification rétroactive de l’assiette ou des modalités de calcul de l’impôt. C’est le cas par exemple si vous avez oublié de déclarer l’emploi d’un salarié à domicile, vos travaux… Cela ouvre droit alors au dégrèvement ou à la restitution de tout ou partie d’une imposition. Les contribuables disposent aussi de ce droit en cas de publication d’une loi comportant des dispositions qui modifient avec effet rétroactif les règles d’imposition ou encore d’une décision de justice fixant, avec retard, la véritable situation du contribuable.
Sans aller jusqu’à une erreur de déclaration, la mise en œuvre du prélèvement à la source en 2019 vous permettra aussi d’ajuster votre impôt quasiment en « temps réel » puisqu’il vous appartiendra d’informer l’administration de tout changement familial susceptible de modifier le taux de votre prélèvement fiscal.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Les trois quarts des entreprises du secteur prévoient de recruter dans les trois ans, mais les postes sont difficiles à pourvoir. En cause, notamment, un sérieux déficit d’image.
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A l’heure d’embaucher, les métiers de la ville et du BTP sont pénalisés

Les trois quarts des entreprises du secteur prévoient de recruter dans les trois ans, mais les postes sont difficiles à pourvoir. En cause, notamment, un sérieux déficit d’image.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 09h28
    |

            Grégoire Allix








                        



   


Dans les métiers du bâtiment et de la promotion immobilière, l’activité décolle mais l’emploi rencontre quelques freins. « La crise est finie » : après « plusieurs années de croissance molle, la filière se régénère », observe la deuxième édition de l’étude annuelle sur les « Métiers de l’immobilier et de la ville », présentée le jeudi 15 février. Cette enquête a été réalisée auprès de trente fédérations et associations professionnelles et de 900 dirigeants d’entreprises par le cabinet de conseil EY, la fondation Palladio et Business Immo.
La filière, qui va de l’architecture à la gestion immobilière, en passant par l’ingénierie, la promotion et la construction, a connu 3 % de croissance entre 2015 et 2016, une progression 2,5 fois plus rapide que celle de l’économie française. Une activité portée par les ventes de logements comme par la demande de bureaux et des projets d’envergure, à l’instar de ceux du Grand Paris. « Les chiffres de 2017 vont confirmer, voire amplifier cette reprise », estime Marc Lhermitte, associé chez EY.
Des difficultés de recrutement
Conséquence logique, presque tous les secteurs de cette filière, qui fait travailler 2 millions de salariés dans une centaine de métiers, ont créé des emplois en 2016. Les effectifs des activités de conseil et d’expertise ont bondi de 9,7 %, ceux de la promotion immobilière de 5,2 %. Seul point négatif : le secteur de la construction, qui représente la moitié des emplois de la filière, enregistre un recul de ses effectifs de 2,5 %. « Il y a un effet retard, de nombreuses entreprises sont encore en sureffectif malgré la reprise », explique M. Lhermitte. Entre 2007 et 2015, les emplois de la construction avaient fondu de 11,3 %, mais l’activité du secteur, elle, avait chuté de 21 %.

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Signe de leur optimisme retrouvé, les chefs d’entreprises de la ville et de l’immobilier se préparent à embaucher : 77 % des dirigeants interrogés envisagent de recruter dans les trois ans, en Ile-de-France et en régions, et 80 % de ces intentions sont en contrat à durée indéterminée. Pas sûr, toutefois, que tous ces postes soient facilement pourvus : 68 % des dirigeants font état de difficultés de recrutement en 2017, dix points de plus qu’en 2016. Sur ce terrain, seuls 3 % des chefs d’entreprises ont vu la situation s’améliorer en un an. Dans l’ingénierie, 34 % des dirigeants disent éprouver davantage de difficultés de recrutement qu’au cours des trois dernières années.
Une filière perçue comme peu innovante
En cause : la concurrence des autres industries, dans un contexte général de reprise de l’économie française. Et un sévère déficit d’image. Selon une enquête menée pour cette étude auprès de 500 étudiants dans ces secteurs, près de la moitié des futurs professionnels considèrent l’immobilier et la ville comme une filière peu innovante. Un sentiment d’ailleurs partagé par la moitié des dirigeants d’entreprises, dans des métiers qui découvrent tardivement la révolution numérique.
« La filière est hyperfragmentée, avec des acteurs et des secteurs qui fonctionnent en silo au lieu de travailler ensemble sur les questions d’innovation industrielle et numérique, de formation aux nouveaux métiers, d’outils de financement, de smart city », analyse M. Lhermitte. Un chantier collectif qui, en plus de séduire les jeunes diplômés, aurait un effet démultiplicateur sur l’emploi : « Ensemble, les acteurs français seraient plus forts pour exporter le modèle de la ville et de l’immobilier à la française, là où les Anglo-saxons et les Allemands sont mieux organisés aujourd’hui, estime-t-il. Et ils auraient plus d’arguments pour attirer de gros investisseurs étrangers dans l’Hexagone. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Les abus pour rejoindre les réseaux de cryptomonnaies se multiplient dans les entreprises russes, où l’électricité ne coûte pas cher.
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En Russie, des ingénieurs « minaient » des bitcoins dans un centre nucléaire

Les abus pour rejoindre les réseaux de cryptomonnaies se multiplient dans les entreprises russes, où l’électricité ne coûte pas cher.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 09h28
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Chronique. Des ingénieurs de l’Institut panrusse de recherche scientifique en physique expérimentale n’ont pas résisté à la tentation. Plusieurs d’entre eux ont été interpellés début février, après avoir tenté de « miner » du bitcoin sur les ordinateurs de ce centre nucléaire russe situé à Sarov, dans la région de Nijni-Novgorod. Même ici, dans cette ville fermée, autrefois connue sous son nom de code d’Arzamas-16, où fut mise au point « Tsar Bomba », la bombe nucléaire soviétique, dans l’un des endroits encore aujourd’hui les plus sécurisés de Russie, la monnaie virtuelle a fini par s’introduire.

« Il y a eu, en effet, une tentative d’utiliser les capacités informatiques à des fins personnelles, y compris pour gagner des bitcoins. Une enquête pénale a été ouverte », confirmait, un peu dépitée, Tatiana Zalesskaïa, porte-parole de l’Institut, citée le 9 février par l’agence Interfax. Le site, il est vrai, possède quelque atout. Le « minage », c’est-à-dire la création sur le réseau de cryptomonnaies, nécessite d’effectuer des calculs mathématiques complexes sur de puissants ordinateurs, très gourmands en énergie. Or, en 2011, le centre de Sarov s’était équipé d’un superordinateur, avec une capacité de calcul atteignant 1 pétaflop, ce qui en faisait alors l’un des plus puissants du monde. Seul problème : les machines n’étaient pas reliées à Internet – un obstacle vite résolu par les pros de l’atome. Le cours du bitcoin oscillait alors autour de 8 000 dollars (environ 6 000 euros à l’époque).
La chasse aux fraudeurs est ouverte

La folie du bitcoin pose un problème particulier en Russie, où l’énergie ne coûte pas cher. « Les abus deviennent de plus en plus fréquents », relève le journal économique Vedomosti. En décembre 2017, l’administrateur système de Vnoukovo, l’un des trois grands aéroports de Moscou, avait ainsi été repéré à cause des variations de tension dans le réseau interne que...




                        

                        

