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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Rapport d’étonnement. Nos manières d’être et de réfléchir sont influencées par les robots avec lesquels nous interagissons sans cesse. Gare, car la réalité est bien plus complexe que les algorithmes qui prétendent la représenter.
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Tous formatés par les machines

Rapport d’étonnement. Nos manières d’être et de réfléchir sont influencées par les robots avec lesquels nous interagissons sans cesse. Gare, car la réalité est bien plus complexe que les algorithmes qui prétendent la représenter.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 12h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Beaucoup s’inquiètent que les robots et l’intelligence artificielle détrônent les humains dans tous les métiers. Mais peu se demandent : l’omniprésence des machines n’influence-t-elle pas les humains eux-mêmes ? Nos façons de penser et d’agir ? Nos manières de travailler ? Plutôt que de craindre les robots, ne devrions-nous pas redouter d’être nous-mêmes robotisés ?
Nous connaissons le test imaginé en 1950 par le mathématicien Alan Turing pour évaluer l’intelligence d’un robot : elle est jugée de haut niveau quand un humain n’arrive plus à discerner s’il communique avec un homme ou avec une machine. Brett Frischmann, professeur de droit à l’université Villanova (Radnor Township, Pennsylvanie), a conçu un test de Turing « à l’envers » afin de « déterminer à quel moment les technologies nous déshumanisent ». Il cherche à identifier les qualités et les défauts qui nous distinguent des machines : le « sens commun », la « pensée rationnelle », mais aussi la capacité de se comporter de « façon irrationnelle » ou « émotionnelle » (car il existe chez l’homme une intelligence émotionnelle), enfin le « libre arbitre », défini comme le fait de vouloir être « l’auteur de sa propre vie ». Si ces capacités vous manquent, vous avez réussi le test de ­ Frischmann : vous êtes devenu un robot.
Nous nous habituons tant et si bien à vivre des relations désincarnées que nous finissons, des études psychologiques le montrent, par les reproduire avec les humains
Brett Frischmann s’apprête à publier, avec le philosophe des technologies Evan Selinger, Re-Engineering Humanity (Cambridge University Press, à paraître en avril). Ils y pointent tous les domaines de nos vies dans lesquels nous sommes robotisés. Par exemple, nous ne savons plus si l’opérateur d’un centre téléphonique est un être humain ou une machine. Si les « joyeux anniversaires » envoyés par LinkedIn ou Facebook le sont par des vraies...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Né avec le capitalisme, le salariat pourrait disparaître avec lui, pense le philosophe américain, qui appelle à combattre les méfaits d’une automatisation ne profitant qu’aux propriétaires de nouvelles technologies.
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Nick Srnicek : « Le post-travail nous libèrera des contraintes du salariat »

Né avec le capitalisme, le salariat pourrait disparaître avec lui, pense le philosophe américain, qui appelle à combattre les méfaits d’une automatisation ne profitant qu’aux propriétaires de nouvelles technologies.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 12h00
    |

                            Nicolas Santolaria








                        



                                


                            
Nick Srnicek, qui enseigne l’économie numérique au King’s College de Londres, est, avec Alex Williams, l’auteur d’un texte paru en 2013, Accélérons ! Manifeste pour une politique accélérationniste (Adespote, 2017). Il lui a valu d’apparaître comme l’un des chefs de file de l’« accélérationnisme », mouvement défendant le dépassement du capitalisme « par le haut ». Il est également l’auteur, avec Alex Williams, d’Accélérer le futur. Post-travail & post-capitalisme (Cité du design, 2017).
Vous avez développé l’idée d’une société du post-travail, que vous appelez de vos vœux et qui devrait être, selon vous, un slogan mobilisateur. Comment la définiriez-vous ?
Il vaudrait mieux parler de post-salariat, pour être plus précis, bien que ce dernier terme ne soit pas aussi accrocheur que le « post-travail ». Disons que, par là, j’entends, avec mon coauteur Alex Williams, l’organisation du travail, singulière et spécifique, qui s’est imposée dans le mode de production capitaliste. Le salariat n’existait pas sous cette forme généralisée avant le capitalisme. Aussi, pour nous, un monde post-travail devrait au minimum viser la suppression du pouvoir coercitif du salariat, diktat selon lequel on est censé trouver un emploi si l’on ne veut pas connaître la faim et finir sans abri. Le projet du post-travail se focalise sur l’élimination de cette dimension coercitive et sur le développement de la liberté.
« Dans un monde post-travail, nous pourrons consacrer notre temps à développer des projets variés, aussi bien individuels que collectifs. Mais ce “travail” ne sera pas conditionné par l’obtention d’un salaire »
Ce n’est pas pour autant la fin de l’effort individuel. Dans un monde post-travail, nous pourrons consacrer notre temps à développer des projets variés, aussi bien individuels que collectifs. Mais ce « travail » ne sera pas conditionné par l’obtention d’un salaire. Ce sera un travail choisi librement ou, au pire, déterminé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’historien spécialiste du fascisme, se lance dans une comparaison entre le sort des juifs avant la guerre et celui des Palestiniens aujourd’hui.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/02/2018
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Zeev Sternhell : « En Israël pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts »

Dans une tribune au « Monde », l’historien spécialiste du fascisme, se lance dans une comparaison entre le sort des juifs avant la guerre et celui des Palestiniens aujourd’hui.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 12h20
    |

                            Zeev Sternhell (historien, membre de l’Académie israélienne des sciences et lettres, professeur  à l’Université hébraïque de Jérusalem, spécialiste de l’histoire du fascisme)








                        



                                


                            
[L’annonce est autant symbolique que contestée à l’international : le 6 décembre 2017, le président américain Donald Trump a décidé de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. L’ambassade américaine, actuellement établie à Tel-Aviv, ouvrira ses portes avant fin 2019. L’initiative a rapidement été saluée par le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Depuis, à la Knesset, le Parlement, la droite mène une offensive sur plusieurs fronts. Le 2 janvier, les députés ont voté un amendement à la loi fondamentale, c’est-à-dire constitutionnelle, rendant impossible toute cession d’une partie de Jérusalem sans un vote emporté à la majorité des deux-tiers. Plusieurs députés ont aussi avancé des projets de loi visant à redéfinir le périmètre de la ville, en rejetant des quartiers arabes entiers se trouvant au-delà du mur de séparation, ou bien en intégrant de vastes colonies. Pour l’historien Zeev Sternhell, ces décisions visent à imposer aux Palestiniens d’accepter sans résistance l’hégémonie juive sur le territoire, les condamnant pour l’éternité au statut de population occupée.]

Tribune. Je tente parfois d’imaginer comment essaiera d’expliquer notre époque l’historien qui vivra dans cinquante ou cent ans. A quel moment a-t-on commencé, se demandera-t-il sans doute, à comprendre en Israël que ce pays, devenu Etat constitué lors de la guerre d’indépendance de 1948, fondé sur les ruines du judaïsme européen et au prix du sang de 1 % de sa population, dont des milliers de combattants survivants de la Shoah, était devenu pour les non-juifs, sous sa domination, un monstre ? Quand, exactement, les Israéliens, au moins en partie, ont-ils compris que leur cruauté envers les non-juifs sous leur emprise en territoires occupés, leur détermination à briser les espoirs de liberté et d’indépendance des Palestiniens ou leur refus d’accorder l’asile aux réfugiés africains commençaient à saper la légitimité morale de leur existence nationale ?
La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Pour « La Matinale du Monde », le dessinateur du « Petit Nicolas » revient sur sa passion pour Duke Ellington, le jazz et les musiciens qu’il aime tant croquer.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/02/2018
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Sempé : « Je dessine ce que j’aurais voulu être »

Pour « La Matinale du Monde », le dessinateur du « Petit Nicolas » revient sur sa passion pour Duke Ellington, le jazz et les musiciens qu’il aime tant croquer.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 17h26
    |

            Pascale Krémer








                        



                                


                            

Père, avec René Goscinny, des célèbres Aventures du Petit Nicolas, Jean-Jacques Sempé est aussi l’auteur de trente-cinq albums de dessins humoristiques. Le dernier paru, Musiques, fait l’objet d’une exposition à Paris.
Je ne serais pas arrivé là si…
Si je n’avais pas entendu Duke Ellington un jour à la radio. C’est un type que j’adorais, que j’adore encore. Grâce à lui, j’ai compris beaucoup de musiques. Grâce à lui, j’ai été ébloui par le talent des autres. Il m’a apporté la joie dont j’avais besoin.
Parce que votre enfance bordelaise n’a pas été très gaie ?
Pas très drôle, non. Je ne sais rien de mon père. C’était le patron de ma maman, qui était secrétaire. Un homme charmant, paraît-il. Il avait séduit ma mère, qui n’était pas mal du tout. Je suis arrivé, ça n’a pas dû être drôle pour tout le monde. Après, il y a eu Monsieur Sempé, mon beau-père. Je me suis appelé Sempé comme lui, ça s’est fait comme ça, il m’a reconnu, je suppose. J’ai été mis en nourrice, j’ai failli mourir parce que j’étais maltraité, ma mère m’a récupéré. Elle et mon beau-père, les pauvres gens, ont fait ce qu’ils ont pu. Ils étaient malheureux, vous savez, alors bien sûr ils se disputaient sans arrêt.
Monsieur Sempé était représentant de commerce…
Il tentait de vendre des boîtes de conserve mais ça ne marchait pas fort. Evidemment, quand il avait vendu quelques boîtes, il fêtait ça et rentrait un peu bizarre à la maison. Ma mère lui faisait des reproches. A la fin, il ne pouvait pas s’empêcher de lui envoyer une bonne paire de baffes. Un jour, ma mère a hurlé « Jeannot ! » – Jeannot, c’était moi – « Jeannot, viens vite, il veut m’étrangler ! » J’ai envoyé un marron à la figure du beau-père, ça l’a mis en colère, il m’a renvoyé un énorme coup de poing qui a fracassé la cloison. Je m’étais baissé, sans ça, le pauvre vieux, il me tuait.
A moi,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Denis Ramond, chercheur en sciences politiques, démonte les arguments de ceux qui, face à l’antiracisme, à l’interdiction de la cigarette ou à la lutte contre le harcèlement sexuel, crient à la censure.
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« On ne peut plus rien dire » : qu’est-ce à dire ?

Dans une tribune au « Monde », Denis Ramond, chercheur en sciences politiques, démonte les arguments de ceux qui, face à l’antiracisme, à l’interdiction de la cigarette ou à la lutte contre le harcèlement sexuel, crient à la censure.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 06h30
   





                        



                                


                            
Par Denis Ramond
Tribune. Pas une semaine ne passe sans qu’un journal ne consacre sa « une » aux « nouveaux censeurs » ou aux excès du « politiquement correct ». On y évoque, pêle-mêle, la novlangue antiraciste, le puritanisme féministe, l’écriture inclusive, l’interdiction de la cigarette à l’écran et les dérives de la lutte contre le harcèlement sexuel. Des thèmes très différents, mais dont l’assemblage donne aux lecteurs la sensation qu’« on ne peut plus rien dire » dans un climat de plus en plus « totalitaire ». Le moment est sans doute venu de faire l’inventaire des arguments qui soutiennent ce constat catastrophiste – et d’éprouver sa validité.
« Dérapages »
D’abord, l’argument de la pente glissante. « On ne peut plus rien dire » recouvre en réalité deux affirmations : « on pouvait dire plus de choses avant » (sans que l’on sache quand exactement), et « on ne pourra bientôt plus rien dire du tout ». La liberté d’expression aurait ainsi connu un âge d’or avant d’être progressivement grignotée par des groupes qui veulent imposer le silence.
Pourtant, la censure n’a jamais cessé de s’exercer : faut-il rappeler que Charlie Hebdo doit son acte de naissance à la censure gouvernementale de Hara-Kiri, à la suite de sa « une » sur la mort du général de Gaulle ? En réalité, les nouveaux censurés ne dénoncent pas tant une réduction globale de la liberté d’expression qu’une sensibilité nouvelle aux expressions racistes et sexistes (par eux qualifiées pudiquement de « dérapages »). Les victimes des « nouvelles censures » manquent souvent d’arguments et de preuves. Ils recourent alors constamment aux anecdotes, dont la répétition et l’accumulation suggèrent un climat hostile à la liberté.
Des violences auparavant inaperçues
Ensuite, la confusion entre censure et controverse. Les dénonciations du « politiquement correct » et de la censure ont lieu dans des pays qui protègent la liberté d’expression....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Philippe Lukacs, professeur de management, appelle dans une tribune au « Monde » à dépasser les constructions classiques des marchés, formés à partir de lois de l’offre et de la demande.
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« Structuré autour du bien commun, un espace de développement et d’action s’ouvre aux entreprises »

Philippe Lukacs, professeur de management, appelle dans une tribune au « Monde » à dépasser les constructions classiques des marchés, formés à partir de lois de l’offre et de la demande.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 14h00
    |

Philippe Lukacs (Professeur de management de l’innovation à l’Ecole Centrale de Paris)







                        



                                


                            
Tribune. Le Monde du 6 février a fait état d’une note publiée vendredi 2 février par Natixis et signée de Patrick Artus, son responsable des études économiques : « La dynamique du capitalisme est aujourd’hui bien celle qu’avait prévue Karl Marx. » Ce qu’il voit lui paraît d’une « logique implacable ». Le mouvement se déroule en trois temps. D’abord, une « baisse de l’efficacité des entreprises des pays de l’OCDE », qui risque de réduire le rendement du capital. Puis, pour éviter ce possible recul de leurs profits, les sociétés cherchent à capter une plus grande part de la valeur ajoutée, au détriment des salariés, dont la rémunération diminue.
Cette stratégie ayant une limite – l’impossibilité de réduire les salaires en dessous d’un salaire de subsistance –, les capitalistes recourent enfin à la spéculation pour soutenir malgré tout le rendement du capital. Patrick Artus conclut : « Cette dynamique aboutit nécessairement d’une part à la hausse des inégalités de revenu, d’autre part à des crises financières. »

Chaque citoyen peut constater la réalité de ce mouvement en trois temps, et ses conséquences en termes d’écarts croissants des revenus, d’ores et déjà devenus, à tous égards, insoutenables. Les risques sont non seulement financiers mais également politiques. On a déjà vu à quoi l’éclatement social a conduit aux Etats-Unis. A continuer ainsi, c’est la démocratie, dans tous les pays, qui peut vaciller. En appeler à Karl Marx pour expliquer cette évolution, pourquoi pas ? Mais une explication plus simple, compréhensible par chacun existe, qui ouvre une voie de solution concrète dans laquelle il est à la fois possible, fructueux et urgent de s’engager.
Stimuler l’actionnariat individuel
Chaque responsable d’entreprise, chaque citoyen, peut constater que les marchés classiques, à force de progression, sont maintenant saturés dans les pays « développés ». Et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Résonance. L’anthropologie le démontre, la fragilité des écosystèmes menacés n’est pas sans liens avec notre propre vulnérabilité sociale.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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« Pourquoi les zones humides sont à défendre »

Résonance. L’anthropologie le démontre, la fragilité des écosystèmes menacés n’est pas sans liens avec notre propre vulnérabilité sociale.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 15h14
   





                        



                                


                            
Par Michel Naepels, anthropologue
Il n’y aura pas d’aéroport à Notre-Dame-des­-Landes. Les historiens du contemporain décriront les enjeux politiques de cette décision, et la multiplicité des groupes et des acteurs mobilisés depuis des années, voire des décennies, pour ou contre ce projet gaulliste. D’autres ont déjà retracé l’histoire de ces landes, de leur marginalité, de leurs usages agricoles et de la manière dont ceux-ci ont façonné le paysage – comme François de Beaulieu avec La Mémoire des landes de Bretagne (Skol Vreizh, 2014) –, ce qui aide à comprendre les formes d’agriculture et les usages, communs ou non, de la terre qui s’expérimentent dans la ZAD aujourd’hui.
Destruction des habitats
Comme anthropologue travaillant dans des mondes ruraux lointains ou proches, un tel événement m’intéresse aussi parce que l’anthropologie – qu’elle étudie des chasseurs-collecteurs, des peuples indigènes ou des agricultures industrielles – a depuis longtemps décrit les relations entre formes de vie sociale et usages et représentations de l’environnement ou de la nature. L’anthropologie contemporaine interroge particulièrement la manière dont nos formes de vie sont tissées de relations avec d’autres espèces. Nous avons des expériences quotidiennes de plantes, d’animaux, de micro-organismes, mais aussi des usages instrumentaux (il faut bien manger !), et notre imagination est densément peuplée d’une multitude d’espèces.
Dans son ouvrage Flight Ways. Life and Loss at the Edge of Extinction (« voies migratoires, la vie et la perte au bord de l’extinction », Columbia University Press, 2014), Thom van Dooren montre comment les disparitions actuelles d’espèces animales et végétales sont liées à des activités humaines, par la destruction des habitats sauvages, l’exploitation directe et la chasse de certaines espèces, l’introduction de nouveaux produits chimiques toxiques, les impacts du changement climatique.
Nous avons...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. Le rapport Spinetta sur « l’avenir du ferroviaire » souligne une évidence : le système est à bout de souffle et attendre pour agir ne ferait qu’aggraver la situation.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

SNCF : le pari de la réforme

Editorial. Le rapport Spinetta sur « l’avenir du ferroviaire » souligne une évidence : le système est à bout de souffle et attendre pour agir ne ferait qu’aggraver la situation.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 11h11
   





                        



   


Editorial du Monde. Le rapport Spinetta sur « l’avenir du ferroviaire » est-il la première étape d’une réforme de la SNCF différée depuis plus de vingt ans ou bien un nouveau ballon d’essai lancé par le gouvernement avant qu’il se résolve, comme ses prédécesseurs, à reculer devant de probables mouvements sociaux ? En tout cas, le document remis le 15 février par l’ex-patron d’Air France au premier ministre décrit avec lucidité une situation que nul ne peut plus ignorer, celle d’un système ferroviaire à bout de souffle, maintenu sous oxygène par un Etat qui n’en a décemment plus les moyens.

        Lire aussi :
         

                SNCF : neuf propositions-chocs et une révolution dans le rapport Spinetta



Comment ainsi justifier 10,5 milliards d’euros de concours publics, alors que chaque année la dette continue de gonfler de 3 milliards ? Comment celle-ci, qui a déjà atteint 46 milliards, pourrait-elle passer à 62 milliards en 2026, sans que l’on entrevoie une quelconque sortie de ce cercle vicieux ? Comment continuer à dépenser 1,7 milliard d’euros chaque année pour des lignes qui transportent seulement 2 % des voyageurs ?
Pour résoudre cette équation devenue impossible, le rapport propose deux principes de bon sens – qualité qui a justement fait cruellement défaut ces dernières décennies : la « cohérence des choix publics » et la « responsabilisation des acteurs ». Leur mise en œuvre passe par des mesures-chocs. Il s’agit notamment d’une remise à zéro, ou presque, des compteurs de la dette (qui serait reprise par l’Etat) pour que l’entreprise puisse assumer sereinement l’effort de modernisation de son réseau, dont les bugs à répétition ces derniers mois ne font que souligner l’urgence. En échange de quoi, la SNCF deviendrait une société anonyme à capitaux publics, ce qui mettrait fin à la possibilité de s’endetter quasiment sans limite comme c’est le cas aujourd’hui.
Une vision comptable
Autre mesure explosive : la révision du statut des agents de la SNCF pour les nouveaux embauchés, qui se verraient ainsi privés notamment de la garantie de l’emploi et d’augmentations automatiques en dehors de toute logique économique. Un système qui ne garantit en rien la capacité de l’entreprise à remplir ses missions, mais qui génère un surcoût de 30 % difficilement supportable au moment de l’ouverture du secteur à la concurrence.

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                Jean-Cyril Spinetta : « Je fais le pari de la responsabilisation des acteurs du ferroviaire »



On peut reprocher au rapport de se contenter d’une vision comptable du système ferroviaire, avec pour seule perspective son attrition, sans vraiment redéfinir la place du ferroviaire sur un plan sociétal, notamment par rapport à la route, dont le coût réel reste peu transparent et les conséquences environnementales lourdes. Mais il a le mérite de souligner une évidence : la situation n’a que trop duré et attendre pour agir ne ferait que l’aggraver.
C’est dans ce contexte que le premier ministre doit maintenant ouvrir une « première phase de concertation ». Certains syndicats parlent déjà de « déclaration de guerre », tandis que la CGT appelle à une « manifestation nationale » des cheminots le 22 mars, espérant raviver le souvenir des grandes grèves de 1995, qui n’a cessé de hanter tous les gouvernements au cours des deux dernières décennies.
Emmanuel Macron prend le pari que la France de 2018 a changé, et que les propositions de réforme qui avaient conduit, il y a vingt-trois ans, aux fameuses « grèves par procuration » d’une partie de la population ont fini par infuser dans les esprits. C’est un pari risqué, mais s’il n’est pas tenté, c’est notre système ferroviaire qui pourrait être le grand perdant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Ecriture inclusive, oral du bac, Tweet polémiques… « Les mots seront toujours les plus forts », relève dans sa chronique Benoît Hopquin, directeur adjoint de la rédaction du « Monde ».
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« La langue française se réinvente sans cesse, pour peu qu’on lui en donne le temps »

Ecriture inclusive, oral du bac, Tweet polémiques… « Les mots seront toujours les plus forts », relève dans sa chronique Benoît Hopquin, directeur adjoint de la rédaction du « Monde ».



Le Monde
 |    17.02.2018 à 10h51
    |

            Benoît Hopquin








                        



                                


                            
Chronique. « Fluctuat nec mergitur. » Elle tangue mais ne coule pas, la langue française. Ce bas latin, de cuisine et de gourmandise, peut s’arroger à bon droit la lutécienne maxime. Sacré coup de tabac que lui impose l’actualité, en sa météo capricieuse. Vogue la grammaire ! Ces temps-ci, chacun croit avoir son mot à dire sur comment écrire. Tant pis si, comme aurait pu le faire remarquer Brassens, la conjugaison, ça ne se commande pas.
Sur l’écriture inclusive, telle la rose de Ronsard, la polémique « a déclose ». Les adeptes de la féminisation sèment les « -aine », les « -euse », les « -ice », à tire d’-elle, au risque parfois de résumer les mots à des porteurs d’attributs. En face, l’Académie résiste. Les Immortels défendent la suprématie du masculin, croient toujours au Père éternel. Ils s’arc-boutent avec une mâle assurance sur ce qui est gravé, quitte à faire dans le français rupestre.
Au Monde, l’affaire est d’importance. On parle là boutique, fonds de commerce des journalistes. Les mots sont des outils que la profession utilise, et maltraite. Pas simple de marier un français syntaxiquement et politiquement correct. La question dépasse les genres, les générations, et les époques. La maison écrit ainsi « auteure » depuis 1997. Devant l’hostilité ambiante, on lui mit d’abord des guillemets prophylactiques. Des sortes d’attelles qu’on enleva progressivement jusqu’à ce qu’il marche tout seul. Idem pour « écrivaine », apparu en 1989 et ainsi défendu en 1991 par Benoîte Groult : « Je défie qui que ce soit de prouver qu’écrivaine est plus laid ou plus bizarre que souveraine, châtelaine ou contemporaine. »
« Gagneure » ou « gagneuse » ?
Reste que le « cassetin », surnom du service de correction, a des airs de castel ces jours-ci. Il est assailli de demandes parfois baroques. Il doit trancher entre les mots, les maux et les émois. A lui d’ouvrir ou de fermer la barrière à un nom ou à une orthographe,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Malgré la longue période de préparation qui a suivi la guerre d’indépendance de 1998-1999, le pays se montre toujours incapable d’offrir un avenir meilleur à sa population.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/02/2018
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L’inquiétant gâchis kosovar

Malgré la longue période de préparation qui a suivi la guerre d’indépendance de 1998-1999, le pays se montre toujours incapable d’offrir un avenir meilleur à sa population.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 18h13
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Analyse. L’Etat le plus jeune d’Europe devait fêter, samedi 17 février, ses 10 ans. Officiellement indépendant de la Serbie depuis 2008, le Kosovo va passer cet anniversaire dans une bien piètre situation.
Malgré la longue période de préparation qui a suivi la guerre d’indépendance de 1998-1999, le pays se montre toujours incapable d’offrir un Etat de droit fonctionnel, une souveraineté sur tout son territoire et surtout l’espoir d’un avenir meilleur à sa population. Tout cela malgré le soutien financier, diplomatique et sécuritaire considérable offert par les parrains européens et américains, qui ont toujours soutenu le processus d’indépendance face à la Serbie prorusse.
Vingt ans après la guerre, le bilan est sombre. Dans un pays très majoritairement albanophone, la minorité serbe ne se reconnaît pas dans les autorités de Pristina, la capitale. La région frontalière avec la Serbie, où ils sont majoritaires, au nord de Mitrovica, échappe d’ailleurs toujours de facto à la souveraineté du pays et est devenue une zone de non-droit où un important responsable politique serbe a pu être tué en pleine rue à la mi-janvier.
Malgré d’intenses et incessants pourparlers sous l’égide de l’Union européenne (UE), Belgrade refuse encore de reconnaître l’indépendance de son ancienne région. Et chaque avancée de ce dialogue est laborieuse. Les deux accords de normalisation, conclus en 2013 et 2015, sont mis en application à grand-peine : le Kosovo devrait, par exemple, enfin disposer de son propre code téléphonique à partir de cet été.
Un chômage effrayant
Pendant longtemps, les autorités kosovares ont pu à raison rejeter la faute sur la Serbie pour son manque de bonne volonté. Mais depuis la conversion pro-européenne de l’homme fort de ce pays, son président Alexander Vucic, celle-ci est nettement moins évidente.
Difficile d’envisager que la Serbie puisse entrer dans l’UE sans reconnaître le Kosovo, et Belgrade a envoyé des premiers signaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Trente masques, tous différents, créés à partir d’échantillons d’ADN de la lanceuse d’alerte. Avec cette œuvre, l’artiste américaine Heather Dewey-Hagborg veut mettre en garde contre les failles des techniques de profilage génétique.
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Le vrai visage de Chelsea Manning, ou pas

Trente masques, tous différents, créés à partir d’échantillons d’ADN de la lanceuse d’alerte. Avec cette œuvre, l’artiste américaine Heather Dewey-Hagborg veut mettre en garde contre les failles des techniques de profilage génétique.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 17h17
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Ces trente visages suspendus dans l’espace, ressemblants mais différents, au genre difficile à déterminer, présentant des variations de traits et des yeux de diverses couleurs, ont été reconstitués à partir d’échantillons d’ADN de la lanceuse d’alerte Chelsea Manning. Exposée du 31 janvier au 4 février à Transmediale, festival berlinois consacré aux nouveaux médias et à la culture numérique, l’installation « Probably Chelsea » a été créée par l’artiste américaine Heather Dewey-Hagborg au début de l’année 2017.
A cette époque, Chelsea Manning, condamnée à trente-cinq ans de réclusion pour espionnage après avoir transmis à WikiLeaks, en 2010, 700 000 documents militaires confidentiels, purgeait sa peine à la prison militaire pour hommes de Fort Leavenworth, au Kansas. Pour l’armée, l’ancien analyste du renseignement militaire, dont l’image en uniforme, béret sur le front, cravaté, cheveux courts, a fait le tour du monde lors de son procès en juin 2013, s’appelait Bradley Manning et était un homme. Mais, derrière les barreaux, Manning demandait qu’on l’appelle Chelsea, se déclarait transgenre – disant se considérer comme une femme « depuis l’âge de 5 ans » –, se laissait pousser les cheveux et voulait suivre un traitement de réassignation sexuelle. Le Pentagone refusait, et lui faisait régulièrement raser la tête.
Profilage génétique
Chelsea a fait deux tentatives de suicide avant que l’armée américaine n’accède à sa demande, en septembre 2016. Elle avait alors déclaré : « C’est tout ce que je voulais : qu’ils me laissent être moi. » Saluée par les mouvements queer et LGBT, elle a commencé sa transformation en femme. Mais, étant donné ses conditions de détention très strictes, personne ne connaissait l’apparence de la nouvelle Chelsea.
C’est alors qu’Heather Dewey-Hagborg entame une correspondance avec elle. L’artiste s’intéresse, depuis plusieurs années, aux technologies de profilage génétique et à la création de portraits-robots...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ En ligne ou en kiosque, « Affinity Magazine », « Here » « Rookie » et « Kazoo » s’efforcent de développer la conscience politique des jeunes filles, déconstruisant les stéréotypes sexistes.
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Aux Etats-Unis, des magazines pour émanciper les jeunes lectrices

En ligne ou en kiosque, « Affinity Magazine », « Here » « Rookie » et « Kazoo » s’efforcent de développer la conscience politique des jeunes filles, déconstruisant les stéréotypes sexistes.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h30
    |

                            Clémentine Gallot








                        



                                


                            
Du « Meilleur maquillage couleurs arc-en-ciel » à « Dix slogans cool contre Donald Trump », il n’y a qu’un pas. Lequel est gaillardement franchi par une dizaine de médias progressistes qui prospèrent aux Etats-Unis, mêlant bons tuyaux anti-acné et diatribes politiques.
Ainsi, depuis 2013, Affinity Magazine, diffusé en ligne par et pour des ados épris de justice sociale, est mené tambour battant par une toute jeune rédactrice en chef, Evelyn Atieno, âgée de 16 ans à son lancement. De son côté, le bimensuel Seventeen vient de lancer Here, une plate-forme Web militante à destination de la jeune communauté ­LGBTQ. Blogueuse mode repentie, la précoce Tavi Gevinson (21 ans) pilote, quant à elle, le site Rookie, entre guide de survie au collège et journal intime mélancolique. Les lectrices y partagent rêves, phobies, épisodes honteux et playlists thématiques.
Conscience politique
Un engouement générationnel favorisé par le contexte actuel, selon Elisa Lees ­Munoz, de l’International Women’s ­Media Foundation, qui ajoute : « La conscience politique des jeunes filles n’a pas de prix. Aux Etats-Unis, il existe un mythe sur la place des femmes dans la société, qui dit qu’on peut tout faire. L’actualité récente a démontré que ce n’était pas le cas et que la situation n’est pas la même pour toutes. Il faut donc préparer les filles à combattre notre culture qui dénigre les femmes. » Ces titres ringardisent le paysage médiatique français où l’on pleure encore la disparition du mensuel 20 ans, en 2006 : si quelques publications de niche émergent, comme le magazine dessiné Topo ou la newsletter Les Petites Glo’, Okapi et Phosphore ont l’air bien poussiéreux.
De l’autre côté de l’Atlantique, cette presse jeunesse grand public et politisée réactive également une tradition de magazines féminins engagés, comme Ms ou Sassy, disparu dans les années 1990. La transformation la plus spectaculaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif comprenant entre autres Yann Arthus-Bertrand, Allain Bougrain-Dubourg, José Bové et Audrey Pulvar considère que le plan Loire ne suffit plus pour préserver cette espèce. « L’Etat doit aller plus loin. »
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/02/2018
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« Il faut sauver le saumon de la Loire sauvage »

Dans une tribune au « Monde », un collectif comprenant entre autres Yann Arthus-Bertrand, Allain Bougrain-Dubourg, José Bové et Audrey Pulvar considère que le plan Loire ne suffit plus pour préserver cette espèce. « L’Etat doit aller plus loin. »



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 12h21
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Le grand saumon de la Loire et de l’Allier est en péril. Autrefois abondant, puisque 100 000 saumons remontaient le fleuve au XVIIIe siècle, il n’en restait qu’une centaine à la fin des années 1980 en raison de la dégradation continue de son milieu de vie.
En 1994, après la mobilisation victorieuse du collectif d’association Loire vivante ayant permis de stopper la construction de grands barrages inutiles sur la « Loire sauvage », l’Etat a lancé le plan « Loire grandeur nature ». Ce premier plan de gestion durable d’un grand fleuve dans notre pays comprenait un ambitieux volet de sauvetage du saumon.
En vingt ans, les retours annuels ont sérieusement augmenté, avec 700 poissons en moyenne. Un premier succès, insuffisant, mais qui a redonné espoir à tous ceux qui veillent sur l’avenir de ce voyageur incomparable, nageant sur 12 000 kilomètres entre la Loire et l’océan Atlantique durant son cycle de migration.
La plus grande salmoniculture d’Europe
Avec le plan Loire, l’Etat s’était donné les moyens de réussir. En 1998, il avait effacé plusieurs barrages inutiles sur la Loire, la Vienne, l’Allier. Il avait aussi suspendu toute forme de pêche et édifié la plus grande salmoniculture d’Europe sur les bords de la Desges, à Chanteuges, en Haute-Loire. Cet outil remarquable, devenu en 2007 le Conservatoire national du saumon sauvage, produit des juvéniles de saumons à partir de la souche du bassin de la Loire. Il en exporte aussi sur le Rhin, la Meuse, où des programmes de réintroduction ont débuté. Il joue un rôle capital pour aider à reconstituer une population viable, le temps que la restauration des habitats s’amplifie.

Et elle avance : en 2010, dans le cadre du Grenelle de l’environnement, l’Etat, audacieux, a décidé d’abaisser d’une douzaine de mètres le grand barrage de Poutès. Ce grand barrage EDF, construit au cœur des meilleurs habitats et sites de reproduction du haut Allier, avait une responsabilité directe dans l’effondrement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Claire Marin, professeure de philosophie, déconstruit les stéréotypes sur la jeunesse de banlieue en racontant ses rencontres et échanges avec ses élèves.
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Les « jeunes de banlieue » sont bien trop divers pour cette appellation

Claire Marin, professeure de philosophie, déconstruit les stéréotypes sur la jeunesse de banlieue en racontant ses rencontres et échanges avec ses élèves.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 12h22
    |

            Jean-Baptiste de Montvalon








                        



                                


                            
Le Livre. Avis aux amateurs de polémiques, de diatribes et autres jugements à l’emporte-pièce ; aux experts en instrumentalisation politique ; aux « étiqueteurs » de tout poil – et de tout bord –, qui rangent chacun dans une case au moindre mot : mieux vaut passer votre chemin. Vous perdriez à la lecture de ces lignes – et plus encore de l’ouvrage dont il est question – un temps (pour vous) précieux. Les autres, beaucoup d’autres, parions-le, goûteront avec grand plaisir un ouvrage d’où émanent d’autres effluves que ceux évoqués ci-dessus.
Pourquoi ce préalable, plutôt que de renter dans le vif des « sujets » que Claire Marin évoque avec talent et tant de soin ? Pour ne pas déflorer les personnalités et les parcours qu’elle évoque avec beaucoup de précautions. Mais, surtout, parce que figure dans le sous-titre de La Relève, « Portraits d’une jeunesse de banlieue », l’un de ces mots depuis si longtemps chargé d’interprétations que l’on a perdu de vue ce – et ceux – qu’il désigne. Des « banlieues » l’on se saisit généralement comme prétexte pour s’empoigner sur d’autres sujets ; loin, parfois très loin, de la réalité qu’elles nomment imparfaitement. Y habite-t-on qu’il faut y vivre souvent dans de piètres conditions, et de surcroît sous un feu nourri de mots à balles réelles mitraillés d’un lointain ailleurs.
« Cliché qui épouse les titres racoleurs »
C’est peu dire que ce n’est ni l’esprit ni l’objectif de Claire Marin. Nulle défense, nulle revanche, nulle leçon dans son propos. À ces « stéréotypes », ces « images que recrachent les algorithmes des moteurs de recherche », ce « cliché qui épouse les titres racoleurs des journaux télévisés », l’auteure règle leur compte en peu de mots : « Ce livre parle des jeunes de banlieues. C’est-à-dire qu’il n’en parle pas, parce que les “jeunes de banlieue” n’existent pas », prévient-elle. Bien trop divers, aux yeux de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ L’ONG, dont des salariés ont eu recours à des prostituées à Haïti, se défend face à la communauté internationale et confirme, ce faisant, qu’elle se sent au-dessus des lois locales, déplore le politologue Frédéric Thomas dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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« C’est aux Haïtiens qu’Oxfam doit rendre compte »

L’ONG, dont des salariés ont eu recours à des prostituées à Haïti, se défend face à la communauté internationale et confirme, ce faisant, qu’elle se sent au-dessus des lois locales, déplore le politologue Frédéric Thomas dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    17.02.2018 à 05h00
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 10h23
    |

Frédéric Thomas (Politologue, chargé d'étude au Cetri (Centre tricontinental d'études sur le développement et les rapports Nord-Sud), à Louvain-la-...







                        



                                


                            
Tribune. L’attitude d’une dizaine de membres d’Oxfam Grande-Bretagne, accusés d’avoir eu recours à des prostituées en Haïti, en 2011, n’est représentative ni de l’organisation elle-même, ni des acteurs humanitaires, en général. Elle ne peut toutefois s’apparenter à un simple accident ou à un dysfonctionnement ; encore moins à un cas isolé. Des cas similaires dans d’autres pays (Liberia, Tchad, Soudan du Sud…), attribuables à d’autres organisations non gouvernementales (ONG), apparaissent de plus en plus au grand jour.
S’il convient de ne pas céder au réflexe d’autodéfense « corporatiste » du secteur, il faut aussi et surtout dénoncer le lynchage précipité et injuste d’Oxfam. Celui-ci, instrumentalisé par ceux qui veulent couper les budgets « inutiles » de la coopération au développement, vise en réalité la solidarité Nord-Sud et la critique politique des inégalités. Le scandale s’inscrit dans le contexte actuel de dénonciation des agressions sexuelles envers les femmes à la suite de l’affaire Weinstein mais il constitue également un révélateur de la place qu’occupe l’humanitaire aujourd’hui et de son fonctionnement.
Découvrir que des humanitaires, au lendemain du séisme du 12 janvier 2010, dans un pays dévasté où vit une population en détresse, se sont « offert » des prostituées (dont certaines pourraient être mineures) lors de soirées, payées indirectement par l’argent récolté au nom de la solidarité avec le peuple haïtien, s’apparente à une chute. Et une chute d’autant plus grande que l’aura qui entoure l’aide humanitaire, du moins dans le monde occidental, est puissante.
Fonctionnement autocentré du système humanitaire
Mais cette aura n’est que l’envers du désenchantement du politique et de notre paresse intellectuelle et affective. Investi de toutes les vertus, l’humanitaire doit nous laver des complications politiques et de notre impuissance. On juge de son efficacité et de sa légitimité sur la base de son propre discours...




                        

                        


<article-nb="2018/02/18/19-16">
<filnamedate="20180218"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180218"><AAMMJJHH="2018021819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans sa chronique, la journaliste Annie Kahn prévient la gent masculine que de nombreuses épouses, frustrées de n’avoir pu mener la carrière qu’elles espéraient, reprennent goût à l’indépendance, une fois les enfants élevés.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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Avis aux hommes indifférents à la réussite professionelle de leur conjointe

Dans sa chronique, la journaliste Annie Kahn prévient la gent masculine que de nombreuses épouses, frustrées de n’avoir pu mener la carrière qu’elles espéraient, reprennent goût à l’indépendance, une fois les enfants élevés.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 17h49
    |

            Annie Kahn








                        



                                


                            
Ma vie en boîte. On ne voudrait pas trop rafraîchir l’atmosphère. Mais trois jours après la Saint-Valentin, il nous paraît important de tirer quelques signaux d’alarme. Si vous et votre actuel ou futur conjoint avez envie de fêter de très nombreux autres 14 février ensemble, mieux vaut être, dès le début, très clair quant à vos projets de vie personnels, mais aussi professionnels. Faute de quoi, toutes choses égales par ailleurs, votre union risque de mal se terminer.
L’image de l’épouse délaissée par un mari en quête de jeunesse serait surannée
Car les femmes qui se passionnent pour leur travail déchantent quand elles se rendent compte qu’elles doivent assumer l’essentiel des tâches familiales, au détriment de leur carrière. Et ces cas sont fréquents, car les hommes réellement égalitaires ne sont pas légion. Et pourquoi le seraient-ils, puisqu’ils savent que la plupart de leurs semblables sont sur le même modèle ? La concurrence est faible. Pas la peine de renoncer à ses privilèges.
Sauf que la donne change, prévient Avivah Wittenberg-Cox, dans son dernier livre, Late Love (« amour tardif », ed. Motivational Press), non encore traduit en français. Un livre réjouissant, qui semble prouver que les quinquas et sexagénaires (femmes en particulier) sont de plus en plus nombreuses à s’engager dans une nouvelle vie amoureuse, une fois leurs enfants élevés. L’image de l’épouse délaissée par un mari en quête de jeunesse serait surannée. Surtout chez les femmes souhaitant une vie professionnelle accomplie. Indépendance financière et allongement de la durée de la vie se conjuguent pour leur donner le goût de l’indépendance, à l’âge de la maturité.
Malentendu général
L’information vaut pour les baby boomers, mais aussi pour les plus jeunes, ces fameux Millenials ou Génération X que l’on croyait radicalement différents, composés de papa poules et de business women. Ils ne vont pas radicalement changer la situation comme on le dit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ La modernisation de la fonction publique ne se fera pas sans la participation des agents, estime, dans une tribune au « Monde », Jean-Ludovic Silicani, ancien commissaire à la réforme de l’Etat.
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« Adapter la fonction publique aux enjeux du XXIe siècle tout en restant fidèle aux valeurs qui l’animent »

La modernisation de la fonction publique ne se fera pas sans la participation des agents, estime, dans une tribune au « Monde », Jean-Ludovic Silicani, ancien commissaire à la réforme de l’Etat.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 14h00
    |

Jean-Ludovic Silicani (ancien commissaire à la réforme de l’Etat)







                        



                                


                            
Tribune. La France s’est construite autour de l’Etat et de services publics universels qui donnent corps aux principes républicains de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité. Les Français sont attachés à ce modèle. Or, nombre d’études nationales ou internationales, mais aussi le ressenti des citoyens, montrent que la qualité de nos services publics se dégrade. Sans doute, pour certains d’entre eux, comme la justice, par manque de moyens. Pourtant, globalement, les crédits et effectifs consacrés aux services publics sont parmi les plus élevés au monde et ne se sont pas réduits, bien au contraire, au cours des vingt dernières années.
La réduction du nombre des acteurs publics et surtout leur spécialisation sont le premier chantier à mener à bien
Il faut rechercher les causes de ce paradoxe et les moyens d’y remédier. D’abord, la complexité de notre organisation administrative, faite de strates superposées au fil de l’histoire : trop d’acteurs publics se marchent sur les pieds (services centraux des ministères, services déconcentrés, établissements publics, autorités administratives indépendantes, différents niveaux de collectivités territoriales…), ce qui génère de l’opacité, de la lenteur et des gaspillages. La réduction du nombre des acteurs publics et surtout leur spécialisation sont donc le premier chantier à mener à bien, sans provocation mais sans tabou.
La complexité croissante du droit est un autre facteur d’inflation des coûts. C’est une transformation systémique qu’il faut mener, en réduisant non seulement le flux des nouvelles normes mais surtout, massivement, le stock des normes en vigueur. Cette révolution normative est possible si la loi se limite, dans la plupart des domaines, à fixer des objectifs fondamentaux, tout en laissant aux acteurs le choix des moyens de les atteindre, sous le contrôle a posteriori de l’administration.
Moderniser la fonction publique
S’agissant des procédures administratives, c’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Les dirigeants européens divergent sur l’opportunité de relancer le processus d’adhésion des pays de la région, alors que Serbie, Monténégro, Macédoine, Albanie, Bosnie-Herzégovine et Kosovo affrontent de multiples crises.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/02/2018
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Balkans : l’UE face au dilemme de l’élargissement

Les dirigeants européens divergent sur l’opportunité de relancer le processus d’adhésion des pays de la région, alors que Serbie, Monténégro, Macédoine, Albanie, Bosnie-Herzégovine et Kosovo affrontent de multiples crises.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 13h11
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 06h33
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Morne ambiance. A Strasbourg, mardi 6 février, la salle de presse du Parlement européen est aux trois quarts vide, tandis qu’à Bruxelles, dans celle de la Commission, connectée en visioconférence, l’assistance est encore plus clairsemée. Federica Mogherini, la haute représentante de l’Union européenne (UE) pour les affaires étrangères, présente sa « Stratégie pour les Balkans occidentaux » sur laquelle la Commission a tenté de maintenir un peu de suspense, même si une bonne partie des documents a déjà été éventée.
Mme Mogherini évoque une perspective « potentielle » d’adhésions en 2025, surtout pour la Serbie et le Monténégro, déjà officiellement candidats. Quatre autres pays (l’Albanie, le Kosovo, la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine) sont concernés mais, pour eux, la perspective est plus éloignée encore. Six « projets de coopération » sont aussi à l’ordre du jour, pour le renforcement de l’Etat de droit, l’aide à la construction de réseaux de transport et de communication, l’énergie, etc.
Corruption galopante
Le tout est assorti d’un appel aux réformes et à la réconciliation avec une aide de 500 millions d’euros pour la période 2018-2020. L’intégration de ces Etats, faiblement développés au plan économique, à la démographie déclinante et en proie à une corruption galopante, serait une « nécessité continentale », à en croire Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, qui la laissera en héritage à son successeur, son mandat s’achevant à la fin de 2019.

Mais l’accueil est réservé : les grandes capitales ont d’autres soucis et, en réalité, personne ne juge réaliste la date de 2025. Tous les pays des Balkans occidentaux sont en fait censés mener d’indispensables réformes pour assurer la stabilité politique, assainir la justice et la fonction publique, éradiquer la corruption, faire respecter les normes et valeurs européennes, etc. « Vaste programme, non ? », sourit un spécialiste du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Selon  le diplomate britannique, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est une opération « perdant-perdant » dans un monde déjà fracturé.
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Peter Ricketts : « Le Brexit impose au Royaume-Uni de repenser sa place dans le monde »

Selon  le diplomate britannique, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est une opération « perdant-perdant » dans un monde déjà fracturé.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 13h08
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 14h15
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Ambassadeur du Royaume-Uni en France entre 2012 et 2016, Peter Ricketts, 65 ans, siège aujourd’hui à la Chambre des lords. Haut diplomate proeuropéen et francophile écouté, Lord Ricketts a auparavant exercé les fonctions de secrétaire général du Foreign Office (2006-2010) puis de conseiller national pour la sécurité sous le gouvernement du conservateur David Cameron, le premier ministre qui a accepté, puis perdu, le 23 juin 2016, le référendum sur le Brexit.
En isolant le Royaume-Uni, le Brexit met-il en cause sa place dans le monde ?
Honnêtement, je ne pense pas que nous sommes en train de perdre notre place dans le monde. Bien sûr, le Brexit va changer beaucoup de choses. Mais, en même temps, nous restons membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et, avec la France, nous sommes les deux seuls pays européens dotés de l’arme nucléaire et d’une volonté politique d’agir dans le monde. Je ne vois pas pourquoi le Brexit diminuerait notre capacité ou notre volonté d’être un pays actif dans le soutien à la sécurité internationale.
Tout de même, avec la sortie de l’Union européenne (UE) et l’éloignement des Etats-Unis de Donald Trump, on a l’impression que le Royaume-Uni se cherche une nouvelle place dans le monde…
Le Brexit est un énorme changement de contexte et de cap. Dans l’immédiat, il absorbe tout l’oxygène du système politique. Il ne laisse ni temps ni énergie pour prendre des initiatives de politique étrangère. A moyen terme, il nous impose une réflexion profonde sur notre place dans le monde. Les deux piliers de notre politique étrangère depuis 1945 étaient l’Europe et les Etats-Unis. Or le Brexit change le contexte européen et les Etats-Unis diminuent leur rôle dans le système international multilatéral. Nous devons donc repenser les bases de notre stratégie.C’est un vrai pari.
Sur quels piliers refonder votre stratégie ?
Comme la France, nous avons toujours...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Les œuvres du compositeur français le plus connu et joué dans le monde ne passent pas sur les radios généralistes. Une bonne raison d’aller l’écouter en concert, estime, dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».
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« Comme Pascal Dusapin, les grands noms de la musique contemporaine restent inconnus »

Les œuvres du compositeur français le plus connu et joué dans le monde ne passent pas sur les radios généralistes. Une bonne raison d’aller l’écouter en concert, estime, dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».



Le Monde
 |    16.02.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 12h59
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            Michel Guerrin








                        



                                


                            

Dans le métro, entre une publicité pour une robe et une autre pour un bracelet, on est tombé sur le visage de Pascal Dusapin. Il s’affiche pour annoncer le week-end que la Philharmonie de Paris lui consacre, les 17 et 18 février. C’est un compositeur de musique contemporaine. Entendez : la musique classique d’aujourd’hui. Il a 62 ans. A son actif, près de cent cinquante œuvres, de la pièce pour piano à l’opéra. Une question nous est alors venue. Quel est son statut ? Pour un écrivain ou un cinéaste, on a une idée. Pour lui, non.
Ses œuvres ne passent pas sur les radios généralistes, son potentiel commercial est faible, son rôle social incertain. Les grands noms de cet art sont inconnus. Cela tient beaucoup au côté indocile de leur musique. Inaudible, disent les plus durs. Dans un monde où l’on rêve d’harmonie, comment entendre une voix dissonante ? Pascal Dusapin est bien placé pour répondre puisque la Philharmonie le présente comme « l’icône de la musique contemporaine ». Soit le compositeur français le plus connu et joué dans le monde.
On pensait tomber sur un écorché, c’est un homme heureux qui dit en gros : venez m’écouter si vous êtes curieux, ou alors pas de problème. Il a une tête de playboy, mais ses nuits, il les passe souvent à table pour tracer à l’encre noire et à la règle des notes comme l’écrivain des mots. A l’ancienne. Sans piano ni ordinateur. Dusapin entend ce qu’il écrit, même pour soixante instruments. Il lui faut parfois un mois pour écrire quinze secondes.
Ses admirations musicales sont buissonnières
Tout va bien sauf qu’il déteste la formule « musique contemporaine ». Il dit que c’est une expression associée aux combats « ayatollesques » des années 1950-1970, qu’elle enferme le compositeur dans la case « musique de cintrés ». Ce qui fait beaucoup. Dans le cinéma ou la littérature, les esthétiques cohabitent depuis longtemps, dans la joie ou le mépris, parce que le public s’élargit et qu’il y a de...




                        

                        

