<FILE-date="2018/02/17/19">

<article-nb="2018/02/17/19-1">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Les chiffres fournis il y a quelques jours par l’Insee font état d’une amélioration du marché du travail. Mais, si les signaux sont positifs pour les cadres et les diplômés, le chômage se maintient à un niveau élevé pour les moins qualifiés.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ 
<article-nb="2018/02/17/19-2">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Entre dérision et défaitisme, les annonceurs constatent les conséquences du déclassement possibles de leurs terres situées en zones défavorisées.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤                     
                                                

Dans l’Aude, des villages solidaires des agriculteurs en colère se mettent aux enchères

Entre dérision et défaitisme, les annonceurs constatent les conséquences du déclassement possibles de leurs terres situées en zones défavorisées.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 14h04
   





                        



   


A vendre « village pittoresque », « entre mer et montagne », évidemment « fort sympathique ». Par solidarité avec leurs agriculteurs en colère, des communes du secteur de La Piège (Aude) se sont symboliquement mises en vente sur le site Le Bon Coin.
Saint-Julien de Briola, Fanjeaux, Orsans, Saint-Amans, Laurac, Ribouisse, Generville, Villautou Fanjeaux, Lacassaigne... autant de villages audois mis aux enchères pour protester contre l’exclusion possible de leurs éleveurs de la carte des zones défavorisées, dont la réforme est actuellement en discussion.
Cette vente, qui ne donne aucun prix, fait « suite à une série de décisions injustes », « à l’abandon du monde rural par l’État et à la surdité du ministère de l’agriculture », peut-on lire notamment sur les petites annonces. Pour tout renseignement, « l’acheteur » est d’ailleurs invité à s’adresser au ministre de l’agriculture en personne, Stéphane Travert.
Entre dérision et défaitisme, les annonceurs mettent en exergue les qualités de tous les villages, mais constatent surtout les conséquences du déclassement possibles de leurs terres, privant les exploitants de l’ICHN, l’indemnité compensatoire de handicaps naturels.

        Lire aussi :
         

                Contre le déclassement des zones défavorisées, les agriculteurs en colère ne désarment pas



Refonte demandée par l’UE
Tous ces villages de l’Aude ne sont pas les seuls à afficher leur mécontentement concernant la modification de la carte des « zones défavorisées ». Cette carte, qui date de 1976, détermine le versement de l’indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN) hors montagne, qui permet de compléter les revenus des agriculteurs dont l’exploitation se situe dans une zone où les conditions naturelles sont difficiles.
Sa refonte, appelée à entrer en vigueur en 2019, répond à une demande de l’UE qui a appelé ses Etats membres à revoir les critères de définition des zones soumises à contraintes afin de parvenir à des découpages plus homogènes d’un pays à l’autre. La nouvelle carte, qui devait être présentée initialement cette semaine, ne sera finalement dévoilée par le gouvernement d’Edouard Philippe qu’après validation par la Commission européenne, début mars.
5 000 sortants
Selon le projet de carte proposé le 9 février par le ministère, le nombre de bénéficiaires de l’ICHN passe d’environ 52 500 aujourd’hui à près de 60 000 au 1er janvier 2019, soit une augmentation de 13 %. Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a lui fait état cette semaine d’environ 5 000 sortants pour 10 000 entrants.
Pour les territoires « sortants », Emmanuel Macron a assuré fin janvier lors des ses vœux au monde agricole que des mesures d’accompagnement seraient prises pendant deux ans. Malgré ces assurances, les agriculteurs ne désarment pas et ont poursuivi cette semaine leur action coup-de-poing, notamment avec des barrages filtrants.
Pour calmer leur colère, Emmanuel Macron doit recevoir jeudi un millier de jeunes agriculteurs à l’Elysée, deux jours avant l’ouverture du Salon de l’agriculture. « Il s’agit d’envoyer un signal fort : montrer que l’agriculture fait partie des priorités du président », a fait savoir l’entourage du président.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-3">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Philippe Lukacs, professeur de management, appelle dans une tribune au « Monde » à dépasser les constructions classiques des marchés, formés à partir de lois de l’offre et de la demande.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Structuré autour du bien commun, un espace de développement et d’action s’ouvre aux entreprises »

Philippe Lukacs, professeur de management, appelle dans une tribune au « Monde » à dépasser les constructions classiques des marchés, formés à partir de lois de l’offre et de la demande.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 14h00
    |

Philippe Lukacs (Professeur de management de l’innovation à l’Ecole Centrale de Paris)







                        



                                


                            
Tribune. Le Monde du 6 février a fait état d’une note publiée vendredi 2 février par Natixis et signée de Patrick Artus, son responsable des études économiques : « La dynamique du capitalisme est aujourd’hui bien celle qu’avait prévue Karl Marx. » Ce qu’il voit lui paraît d’une « logique implacable ». Le mouvement se déroule en trois temps. D’abord, une « baisse de l’efficacité des entreprises des pays de l’OCDE », qui risque de réduire le rendement du capital. Puis, pour éviter ce possible recul de leurs profits, les sociétés cherchent à capter une plus grande part de la valeur ajoutée, au détriment des salariés, dont la rémunération diminue.
Cette stratégie ayant une limite – l’impossibilité de réduire les salaires en dessous d’un salaire de subsistance –, les capitalistes recourent enfin à la spéculation pour soutenir malgré tout le rendement du capital. Patrick Artus conclut : « Cette dynamique aboutit nécessairement d’une part à la hausse des inégalités de revenu, d’autre part à des crises financières. »

Chaque citoyen peut constater la réalité de ce mouvement en trois temps, et ses conséquences en termes d’écarts croissants des revenus, d’ores et déjà devenus, à tous égards, insoutenables. Les risques sont non seulement financiers mais également politiques. On a déjà vu à quoi l’éclatement social a conduit aux Etats-Unis. A continuer ainsi, c’est la démocratie, dans tous les pays, qui peut vaciller. En appeler à Karl Marx pour expliquer cette évolution, pourquoi pas ? Mais une explication plus simple, compréhensible par chacun existe, qui ouvre une voie de solution concrète dans laquelle il est à la fois possible, fructueux et urgent de s’engager.
Stimuler l’actionnariat individuel
Chaque responsable d’entreprise, chaque citoyen, peut constater que les marchés classiques, à force de progression, sont maintenant saturés dans les pays « développés ». Et...




                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-4">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ La présidente sortante, Marie-Eve Malouines, affronte Thierry Guerrier, présentateur, et Bertrand Delais, réalisateur.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤                     
                                                

Course au « perchoir » sous tension pour LCP

La présidente sortante, Marie-Eve Malouines, affronte Thierry Guerrier, présentateur, et Bertrand Delais, réalisateur.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 10h24
    |

            François Bougon








                        



   


Tensions, pressions et intrigues… le processus de désignation du prochain président de LCP – la chaîne parlementaire dont l’Assemblée nationale est l’unique actionnaire – pourrait donner lieu à une adaptation télévisée à la manière de « Baron noir », la série politique française de Canal+.
Trois candidats, dont l’actuelle présidente Marie-Eve Malouines, sont en lice après avoir été sélectionnés au terme d’auditions devant un comité de députés, lundi 12 février. Face à la sortante, deux autres journalistes ont été retenus par le comité de sélection : Thierry Guerrier, présentateur de télévision, et Bertrand Delais, réalisateur et auteur d’un documentaire sur les coulisses de l’élection d’Emmanuel Macron. Ce second candidat s’est fait remarquer par une série de posts de blog louangeurs sur l’action du président de la République publiés sur le site HuffPost.
Mme Malouines, ancienne chef du service politique de Franceinfo qui se trouve à la tête de LCP depuis 2015, a décidé de se représenter malgré une forte contestation interne, qui a abouti à une motion de défiance en janvier : « Je suis accusée d’être autoritariste et complice des agresseurs sexuels. Je refuse en fait de céder à la rumeur, aux pressions, au climat général. Je m’en tiens aux faits, au respect de la loi. Je passe sur mon ressenti personnel en tant que femme, qui a toujours lutté contre la phallocratie », a-t-elle déclaré, lundi 12 février, aux parlementaires.
L’affaire Frédéric Haziza
Cette hostilité d’une partie du personnel s’est concentrée sur l’affaire Frédéric Haziza, animateur de l’émission « Questions d’info », accusé d’agression sexuelle par une journaliste, Astrid de Villaines. Dans la foulée des répercussions de l’affaire Harvey Weinstein, elle a en effet décidé, en novembre 2017, de porter plainte, juste avant une éventuelle prescription, pour des faits remontant à 2014, ce qui a déclenché une enquête préliminaire de la police judiciaire. A l’époque, ces faits avaient été sanctionnés par un simple avertissement de la direction à l’encontre de M. Haziza, qui en conteste la réalité.

        Lire aussi :
         

                LCP convoque un conseil d’administration sur « des faits d’agressions sexuelles »



La présidente a décidé de se représenter malgré une forte contestation interne, qui a abouti à une motion de défiance
De son côté, Mme Malouines a diligenté une enquête interne. Le rapport rédigé par un expert indépendant a jugé que, « depuis 2014, il n’y avait aucun comportement inapproprié à lui reprocher ». Ce qui a conduit à la décision de réintégrer M. Haziza en janvier, et provoqué une fronde de la rédaction : une motion de défiance a été votée par la Société des journalistes (SDJ), à l’unanimité moins une abstention. Ce retour, « malgré l’ouverture d’une enquête préliminaire après la plainte déposée par une de nos collègues pour agression sexuelle, nous choque », a écrit la SDJ.
« Climat délétère »
Cette dernière s’est également étonnée de ne pas retrouver dans l’enquête interne les témoignages « d’autres comportements totalement inappropriés de la part de Frédéric Haziza après 2014 », dénonçant par ailleurs le « climat délétère » et la « souffrance au travail qui règnent au sein de la chaîne ». Le Monde et Franceinfo, deux médias partenaires de l’émission « Questions d’info », ont alors suspendu leur collaboration. La direction du Monde a mis en avant « la dégradation du climat interne à LCP, illustrée par le vote récent d’une motion de défiance ». Pour sa part, la présidence de l’Assemblée nationale s’est engagée à mettre en œuvre un audit par un cabinet indépendant, avant la prise de fonctions du nouveau président.

        Lire aussi :
         

                LCP suspend le journaliste Frédéric Haziza, visé par une plainte pour agression sexuelle



Dans Le Parisien, l’avocate de M. Haziza, Jacqueline Laffont, jugeait que cette « affaire semble largement instrumentalisée dans un contexte de prochain éventuel renouvellement de la direction de la chaîne ». Et, devant les députés, lundi, Marie-Eve Malouines s’est présentée comme la victime d’une campagne injuste : « Eh bien, oui, je me représente quand même, parce que cette campagne qui me cible n’a rien à voir avec la réalité, parce que cette fonction de PDG de la chaîne parlementaire impose précisément de savoir résister aux pressions, d’où qu’elles viennent. »
« On souhaite le calme, que l’apaisement revienne »
Au sein de la rédaction de LCP, certains journalistes redoutent une reconduction de Mme Malouines. « On souhaite le calme, que l’apaisement revienne, mais on ne croit pas que ce soit possible avec elle », explique l’un d’eux. Un autre prévient : « Si elle est élue, beaucoup de gens vont partir, elle aura les mains libres. »
La présidente sortante s’est dite prête à renouer le dialogue : « Nous nous retrouverons parce que nous partageons le même idéal, le même projet qui est de faire rayonner la culture LCP, une éthique, un état d’esprit républicain, citoyen et démocratique. » La nomination sera décidée en mars par le président de l’Assemblée, François de Rugy, pour une prise de fonctions le 8 juin. Outre un climat social dégradé, celui qui sera désigné devra gérer l’éventuelle fusion avec Public Sénat, l’autre chaîne parlementaire. Un autre dossier délicat.

        Lire aussi :
         

                Marie-Eve Malouines, l’exigence démocratique






                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-5">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Près de cinq mois après sa rupture avec Marine Le Pen, l’ancien numéro deux du Front national lance officiellement son parti, Les Patriotes, dimanche dans le Pas-de-Calais.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Philippot lance ses Patriotes à Arras

Près de cinq mois après sa rupture avec Marine Le Pen, l’ancien numéro deux du Front national lance officiellement son parti, Les Patriotes, dimanche dans le Pas-de-Calais.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 11h56
    |

            Lucie Soullier








                        



                                


                            

« Alors, vous le lancez quand, votre parti ? » Florian Philippot admet que la question lui revient encore un peu trop souvent, alors que sa formation est déjà sur les rails. « Mais j’ai une arme pour leur répondre. » Fièrement, il retourne son téléphone, dévoilant le logo d’une Marianne signée « Les Patriotes ». « C’est bleu marine », s’amuse-t-il.
En septembre 2017, l’ancien numéro deux du Front national a claqué la porte du parti d’extrême droite, qui l’a verrouillée derrière lui. Depuis, Florian Philippot tente, un chapelet de fidèles à sa suite, de relever le « premier défi » de son nouveau mouvement : en faire connaître l’existence.
L’heure de la grand-messe philippotiste est finalement arrivée, près de cinq mois après sa rupture avec Marine Le Pen. Dimanche 18 février, Les Patriotes organisent leur « événement fondateur » à Arras, dans le Pas-de-Calais. L’occasion de coller quelques affiches – tirées à « pas gros » – et d’aller faire un peu de porte-à-porte jusque sur les terres de la députée voisine – Marine Le Pen, encore elle –, raconte Guillaume Kaznowski, conseiller régional ex-FN désormais « Patriote ».
Au menu de l’initiation dominicale : adoption des statuts du parti, confirmation de la présidence et discours de Florian Philippot. Sans oublier les travaux pratiques, pour les quelque 500 adhérents (sur les 6 500 revendiqués) s’étant acquittés de leur entrée : un sondage en direct sur le sentiment d’être « de droite, de gauche, ni l’un ni l’autre », des stands terroirs à arpenter et, Graal pour eux qui prônent la sortie de l’Union européenne, un message de Nigel Farage – l’ancien leader du UKIP europhobe britannique – à ovationner.
Agenda maigrelet
Dans moins d’un mois, le Front national organisera son propre congrès chez la voisine lilloise. Un rapport avec le choix d’Arras ? « Rien à voir, c’est parce que la salle était moins chère qu’à Paris », rétorque Florian Philippot,...




                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-6">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ A ce stade, il s’agit d’une option, les arbitrages finaux de la grande réflexion sur l’audiovisuel public lancée par Emmanuel Macron sont attendus fin mars.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Françoise Nyssen veut une présidence commune à France Télévisions, Radio France et France Médias Monde

A ce stade, il s’agit d’une option, les arbitrages finaux de la grande réflexion sur l’audiovisuel public lancée par Emmanuel Macron sont attendus fin mars.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 09h41
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 10h37
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

La ministre de la culture, Françoise Nyssen, propose qu’à l’avenir, France Télévisions, Radio France et France Médias Monde (France 24, RFI…) aient une présidence commune, ont indiqué au Monde des sources proches du dossier. Ce serait un changement important, car, jusqu’ici, ces trois sociétés d’audiovisuel public ont, chacune, un président. Celui-ci serait remplacé par un directeur général, qui serait sous le contrôle d’un président non exécutif unique. La ministre envisagerait même d’étendre cette direction commune à l’Institut national de l’audiovisuel (INA).
Mme Nyssen a, au cours des dix derniers jours, souhaité revoir les dirigeants des sociétés d’audiovisuel public, afin d’évoquer avec eux l’avenir de leur entreprise et du secteur, avant une prise de parole en conseil des ministres, le 14 février. Dans son propos, Mme Nyssen a d’ailleurs évoqué sa proposition d’une présidence commune. A ce stade, il s’agit d’une option, les arbitrages finaux de la grande réflexion sur l’audiovisuel public lancée par Emmanuel Macron sont attendus fin mars. Mais cette piste a déjà été évoquée au sein de l’exécutif dès la fin de 2017.
Un président commun permettrait un pilotage d’ensemble, alors que le gouvernement demande de plus en plus aux sociétés d’audiovisuel public de collaborer entre elles. En effet, France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et l’INA ont, ensemble, lancé en 2016 Franceinfo, une offre d’information mêlant télévision, radio et numérique. Et, depuis octobre 2017, le ministère de la culture a exigé des dirigeants de nouvelles synergies : ceux-ci ont donc en projet une offre d’information locale associant France 3 et France Bleu, une plate-forme numérique culturelle autour de France Culture et France 5, un média Web destiné aux jeunes, qui s’appuiera la radio Mouv et France Télévisions…
« BBC à la française »

Instaurer un dirigeant unique est aussi une réponse à la volonté...




                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-7">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ La loi prévoit en faveur de celui qui s’est trompé le droit à rectifier sa déclaration a posteriori explique pour « Le Monde » Olivier Roznfeld, président de Fidroit.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤                     
                                                   
      

Puis-je rectifier une erreur dans ma déclaration fiscale ?

La loi prévoit en faveur de celui qui s’est trompé le droit à rectifier sa déclaration a posteriori explique pour « Le Monde » Olivier Roznfeld, président de Fidroit.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 10h46
    |

                            Olivier Rozenfeld (Président de Fidroit)








                        



   


Question à un expert. Vous avez commis une erreur dans votre déclaration fiscale, ne vous inquiétez pas, l’Administration sait aussi être tolérante. La déclaration de ses revenus, auxquels nous n’échapperons pas avec la mise en œuvre du prélèvement à la source, est un exercice fastidieux et complexe.
La fiscalité française est ainsi remplie de chausse-trappes dont il est parfois difficile de s’extraire. C’est dans ce cadre que la loi prévoit en faveur de celui qui s’est trompé le droit à rectifier sa déclaration a posteriori. C’est la réclamation contentieuse. Elle est recevable jusqu’au 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement de l’impôt. Soit jusqu’au 31 décembre 2019 pour l’impôt payé en 2017.

        Lire aussi :
         

                Serez-vous imposable ou non ?



La motivation de la réclamation tient à la modification rétroactive de l’assiette ou des modalités de calcul de l’impôt. C’est le cas par exemple si vous avez oublié de déclarer l’emploi d’un salarié à domicile, vos travaux… Cela ouvre droit alors au dégrèvement ou à la restitution de tout ou partie d’une imposition. Les contribuables disposent aussi de ce droit en cas de publication d’une loi comportant des dispositions qui modifient avec effet rétroactif les règles d’imposition ou encore d’une décision de justice fixant, avec retard, la véritable situation du contribuable.
Sans aller jusqu’à une erreur de déclaration, la mise en œuvre du prélèvement à la source en 2019 vous permettra aussi d’ajuster votre impôt quasiment en « temps réel » puisqu’il vous appartiendra d’informer l’administration de tout changement familial susceptible de modifier le taux de votre prélèvement fiscal.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-8">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Il y a vingt ans, à la faveur des débuts de la bulle Internet, le géant lyonnais dirigé par Bruno Bonnell se lançait à la conquête de la première place mondiale. Rétrospective.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤                

Jeu vidéo : quand Infogrames régnait (presque) sur le monde

Il y a vingt ans, à la faveur des débuts de la bulle Internet, le géant lyonnais dirigé par Bruno Bonnell se lançait à la conquête de la première place mondiale. Rétrospective.





Le Monde
 |    17.02.2018 à 08h00
    |

            William Audureau





De « maître du monde » à « ce qui ne me tue pas me rend plus fort » en quelques années. Bruno Bonnell, aujourd’hui député La République en marche, président emblématique de la société Infogrames de 1983 à 2008, a porté sur ses épaules l’ambition folle du jeu vidéo français de régner au niveau planétaire en délogeant les indélogeables pépites japonaises et américaines.
Un rêve icarien, que les archives de la société, consultées par Le Monde au Conservatoire national du jeu vidéo, à Chalon-sur-Saône, permettent aujourd’hui de redécouvrir autrement. Alors que viennent de ressortir sur la plate-forme Steam, en catimini, huit de ses jeux d’époque « les plus bizarres » et « indéniablement français », comme les qualifie le site spécialisé américain Rock Paper Shotgun. 

Le « boulimique » Bruno Bonnell
L’histoire des grandes heures du jeu vidéo français, c’est en grande partie celle d’Infogrames et de son emblématique cofondateur et président, Bruno Bonnell, teintée comme lui d’intuitions, d’ambition et de coups d’audace. Chimiste de formation et licencié en économie, doublé d’une nature de commercial hors pair, il finance sa jeune société avec les revenus de droit d’auteur d’un livre d’introduction à l’informatique, Pratique de l’ordinateur familial. 

   


Son premier logiciel éducatif, Le Cube, vendu à 60 000 exemplaires à la Noël 1983, est le début de la folle ascension. Son entreprise, cofondée avec son ami d’enfance Christophe Sapet, passe de deux têtes, en 1983, à 2 400 employés, en 2000.
L’homme, à l’assurance désarçonnante, fascine les médias. Dans un article de 2000, l’année de l’apogée de Bruno Bonnell, le magazine Challenges décrit un capitaine d’industrie « bateleur, cabot, grande gueule », ancien étudiant « sympa, pittoresque, tchatcheur », mais aussi « collectionneur de nains de jardin, fasciné par l’algèbre, peintre à ses heures ».
Bruno Bonnell envisage même d’acheter le géant américain Electronic Arts. Il a alors 41 ans, vient de présenter une simulation de football parrainée par la plus grande star mondiale du moment, Ronaldo, et ne cache plus sa volonté de devenir numéro un mondial.
Grands effets d’annonce
Dès les débuts d’Infogrames, Bruno Bonnell se distingue par son appétit pour l’acquisition et l’esbroufe. Ce sont d’abord des concurrents locaux qu’il achète, des pionniers du jeu sur ordinateur français, comme Cobrasoft et Ere informatique. Il s’en arroge les prix, comme les Tilt d’Or, principale récompense en France dans les années 1980.
L’entreprise sait jeter de la poudre aux yeux. Dans son dossier de présentation destiné à ses actionnaires, Alone in the dark est décrit comme la « première adaptation d’un mode de représentation subjectif, dit “réalité virtuelle” » — le jeu, quoique très innovant, est simplement en trois dimensions.

Dans une brochure de 1994 largement illustrée par les images de son jeu-phare du moment, Marco Polo, Bruno Bonnell inscrit son activité dans la filiation, entre autres, de Blaise Pascal, de Graham Bell ou encore de Steve Jobs :
« Tous les visionnaires qui ont façonné des outils de communication, nourris du talent des Wolfgang, Jules, Felix, Orson, Steven, Bill et des milliers d’autres, ont repoussé les limites de la créativité. Ils ont bouleversé sans cesse notre mode de vie en y introduisant l’image, le son, l’échange. A l’aube de l’an 2000, un nouveau rivage se dessine encore, une révolution pour laquelle tous les équipages d’Infogrames Entertainment s’engagent : le libre choix de l’information pour l’éducation et les loisirs. »

   


Cap sur la place de numéro un mondial
En 1989, alors que le jeune fleuron du jeu vidéo français est encore une entreprise privée, Infogrames dévoile sa stratégie sur cinq ans, dans un plan baptisé « En route vers les médias du futur ». Grâce notamment à l’acquisition des droits de Sim City pour l’Europe — vendu à 50 000 unités cette année-là —, elle revendique la troisième place au niveau continental. Immortalisée dans un document interne, sa vision du jeu vidéo s’articule autour de trois principes :
« Elargir le public de la micro-informatique par des produits intéressant l’ensemble de la famille, découvrir de nouvelles utilisations de l’ordinateur à la maison, et établir le logiciel comme un dixième art. » 

   


D’ici à 1995, l’ambitieux Bruno Bonnell entend faire de l’entreprise « le premier producteur mondial de logiciels ». Pour cela, le groupe lyonnais n’aura de cesse de s’endetter pour financer de spectaculaires investissements.
Les comptes rendus publics par l’entreprise lors de son introduction en Bourse, en 1993, le montrent toutefois : 88 % de son activité est en réalité encore tournée vers l’Europe, et même 44 % vers la France. C’est le prix d’une stratégie basée sur des collaborations avec le cuisinier lyonnais Paul Bocuse, le musicien français Jean-Michel Jarre, ou encore la maison de bandes dessinées franco-belges Glénat. Astérix, plus grand succès de l’éditeur avec 1,5 million d’unités, se vend essentiellement en Europe.

Acquisitions et indigestions

   


Infogrames finit par devenir numéro un continental en 1996 grâce à la spécialité de l’entreprise, l’acquisition d’un concurrent. En l’occurrence, de son grand rival sur la scène européenne, le britannique Ocean Software. La France du jeu vidéo est alors en pleine euphorie, portée par les liquidités abondantes d’une Bourse en pleine bulle Internet, et les actionnaires soutiennent tambour battant ce chef d’entreprise davantage aventurier que gestionnaire.
Dans la foulée, le groupe lyonnais gobe tour à tour Accolade (Bubsy, Test Drive), GT Interactive (Driver, Unreal Tournament), Hasbro (X-Com, la marque et le catalogue Atari) et Shiny Interactive (Earthworm Jim, MDK). Parmi ses victimes, le britannique Gremlin Interactive, propriétaire des droits de la prometteuse série Grand Theft Auto, qu’Infogrames juge trop violent, et laisse lui échapper.

Peu le relèvent, mais l’entreprise a déjà été confrontée à plusieurs reprises à de graves problèmes de trésorerie, et doit en partie sa survie au soutien répété des banques. Or sa politique d’investissements tous azimuts est risquée, d’autant que sa boulimie d’achats de concurrents fait exploser la masse salariale du groupe, à l’heure où l’arrivée de la PlayStation 2 conduit au contraire Ubisoft à rationaliser les coûts en investissant au Canada et en Chine.
La chute du géant lyonnais
Finalement, Infogrames ne rachètera jamais Electronic Arts. En mars 2000, la bulle Internet éclate, la Bourse s’effondre, le jeu des obligations boursières mine les comptes d’une entreprise déjà très dépensière. En septembre 2002, le cours de l’action de l’entreprise touche son plus bas historique.
En 2004, à la suite de l’échec d’un jeu basé sur la juteuse licence Matrix, elle perd 74 % de sa valeur sur un an après avoir annoncé son sixième exercice fiscal déficitaire d’affilée, et s’enferre dans sa dette. Le Journal du dimanche évoque alors « une petite mort pour la French Touch ». 

Malgré des succès mondiaux dans les années 2000, comme Dragon Ball Z (7 millions d’exemplaires) ou Driver (14 millions), l’entreprise a perdu la confiance du grand public, et l’homme d’affaires, de ses actionnaires. Finalement, malgré un nouveau nom — Atari — et après trois nouvelles années de marasme, Bruno Bonnell est démis de ses fonctions en 2008. Atari frôlera la faillite en 2012, et vivote aujourd’hui.
Le « Titanic » du jeu vidéo français
Le flambeau, c’est Ubisoft qui l’a repris. L’ancien dauphin d’Infogrames a su miser sur les bons chevaux : une expansion contrôlée, des licences adaptées au public américain, comme Tom Clancy, des titres très grand public originaux et décalés (Les Lapins crétins et Just Dance sur Wii) et des univers innovants au positionnement adulte, comme Assassin’s Creed. Une stratégie diamétralement opposée à celle d’Infogrames.

   


De son côté, Bruno Bonnell s’est complètement retiré du jeu vidéo, dans lequel, expliquait-il en 2016 au Monde, « tout a déjà été inventé ». L’infatigable investisseur a rebondi ailleurs : après un passage inachevé à la télévision dans la version française de l’émission « The Apprentice », où il prend le rôle de Donald Trump, il s’est reconverti dans la robotique et les voitures autonomes, et plus récemment, en homme politique.
En juin 2017, après plusieurs mois de lobbying pro-Macron, il a été élu député de Villeurbanne (Rhône) sur la liste La République en marche. Dans l’article de Challenges d’avril 2000, une ligne en apparence anecdotique prévenait : « Fana de généalogie, il a repéré deux Bonnell sur le Titanic. Les deux ont survécu. » Un truc de famille.

        Lire aussi :
         

                En Saône-et-Loire, sur les traces des premiers jeux vidéo français







                     require(["lmd/core/ux/longform"], function (advertLongform) {
                        advertLongform.moveAdvert('.js-parallaxe_slot', '#articleBody');
                     });


                      






<article-nb="2018/02/17/19-9">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Elu président de LR sur la ligne de l’ancien chef de l’Etat, le nouveau patron de la droite veut prendre sa liberté.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 16/02/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Wauquiez veut tourner la page de l’ère Sarkozy

Elu président de LR sur la ligne de l’ancien chef de l’Etat, le nouveau patron de la droite veut prendre sa liberté.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 10h25
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            

Qu’importe la qualité du discours ou de l’orateur. Dans la plupart des réunions publiques du parti Les Républicains (LR), prononcer le nom de Nicolas Sarkozy à la tribune suffit à emporter les vivats des militants et sympathisants, et à gagner sans trop forcer au concours de l’applaudimètre. L’ancien président de la République a certes quitté la vie politique, et l’heure glorieuse de sa victoire à l’élection présidentielle remonte à 2007, mais il garde une cote d’amour inégalée au sein de sa famille politique. Laurent Wauquiez le sait bien, lui qui a patienté sagement dans l’ombre de l’ex-chef de l’Etat, puis s’est posé en héritier du sarkozysme pour emporter la présidence de LR en décembre 2017. Mais le passage de témoin entre M. Sarkozy et celui qui veut « bâtir une nouvelle droite, une droite qui a appris de ses erreurs » ne va sans pas heurts et vexations.
Dans son entreprise de refondation, M. Wauquiez ne cache pas qu’il souhaite tourner la page de certaines pratiques de son prédécesseur. « Je ne distribue pas de postes aux enchères pour acheter le silence des uns ou des autres », a-t-il assuré lors du conseil national de LR, le 27 janvier, disant vouloir en finir avec les « chapelles » et les « querelles d’ego ». Pas question de satisfaire tout le monde par de subtils équilibres dans les instances internes du parti. Pas question, non plus, de retenir à tout prix ceux qui menacent de claquer la porte pour exprimer leurs désaccords. Une manière de se poser en rupture avec M. Sarkozy, réputé prompt, en son temps, à accorder plus de place à ceux qui le critiquaient qu’à ses propres amis. Devant certains visiteurs, ces dernières semaines, l’ancien président de la République n’a d’ailleurs cessé d’enjoindre à Laurent Wauquiez de se montrer plus « rassembleur ».
Affichage de la fidélité
« Les rapports à la concurrence ne sont pas les mêmes. Nicolas la recherchait, ça lui permettait de s’affirmer....




                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-10">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Le président des Républicains a assuré, lors d’une conférence à Lyon enregistrée à son insu, que Nicolas Sarkozy « mettait sur écoute » ses ministres.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤                     
                                                

Après la diffusion d’un enregistrement polémique, Laurent Wauquiez menace de « suites judiciaires »

Le président des Républicains a assuré, lors d’une conférence à Lyon enregistrée à son insu, que Nicolas Sarkozy « mettait sur écoute » ses ministres.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 05h21
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 14h12
   





                        



   


« Si j’ai la moindre interface qui sort par le moindre élève, là, pour le coup, ça se passera très mal », avait prévenu Laurent Wauquiez devant les étudiants de l’Ecole de management de Lyon. La consigne était clairement énoncée : pas de vidéos, pas de tweets, pas même de retranscriptions de ses propos. Si les élèves ne jouaient pas le jeu, c’était clair : « Ce que je vais vous sortir serait juste le bullshit que je peux sortir sur un plateau médiatique. »
C’est pourtant bien un enregistrement sonore de la conférence donnée par le président des Républicains qu’a diffusé, vendredi 16 février, la chaîne de télévision TMC dans l’émission « Quotidien ». Et les propos recueillis à son insu sont un coup dur pour l’ancien ministre.
« Il les mettait sur écoute »
Car dans ces extraits, Laurent Wauquiez n’hésite pas à être péremptoire. L’homme fort des Républicains affirme ainsi que Nicolas Sarkozy plaçait ses ministres sur écoute, ou encore qu’Emmanuel Macron avait mis en place une « cellule de démolition » de François Fillon.
« Nicolas Sarkozy, il en était arrivé au point où il contrôlait les téléphones portables de ceux qui rentraient en conseil des ministres. Il les mettait sur écoute pour pomper tous les mails, tous les textos, et vérifier ce que chacun de ses ministres disait au moment où on rentrait en conseil des ministres », relate Laurent Wauquiez.

        Lire aussi :
         

                Wauquiez veut tourner la page de l’ère Sarkozy



Quant à Emmanuel Macron, « objectivement, il a quand même eu un alignement de planètes assez inespéré. Que Fillon gagne la primaire et que derrière, il le démolisse… Je suis sûr et certain, qu’il l’a organisé, je pense qu’ils ont largement contribué à mettre en place la cellule de démolition », affirme le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Darmanin « va tomber »
M. Wauquiez aborde également le cas de Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics, dont la plainte pour viol qui le visait vient d’être classée sans suite par le parquet de Paris, mais qui doit encore affronter une enquête pour abus de faiblesse.
« Il sait très bien ce qu’il a fait. » « Il va tomber », dit notamment le président des Républicains (LR), au cours de cette conférence réalisée avant l’annonce du classement sans suite de l’enquête. Pour lui, le ministre va devenir, dans le quinquennat Macron, « l’incarnation de ce qu’a été [Jérôme] Cahuzac ».
« Le type sait très bien ce qu’il a fait, il sait très bien ce qui va arriver ! Juste, celui-là, je le commenterai deux secondes parce que, quand même, il est tellement drôle ! C’est génial ! »

        Lire aussi :
         

                L’enquête pour viol visant Gérald Darmanin classée sans suite



M. Wauquiez revient également sur l’appel à la démission lancé par son parti à l’encontre du ministre, ex-LR lui-même.
« J’ai sorti ça, j’ai été en minorité à l’intérieur de mon parti. Moment très dur pour moi à gérer. J’ai eu toute une série de voix dissonantes qui ont dit “non mais nous, on trouve que c’est bien, faut qu’il reste, présomption d’innocence”. En ayant eu une séance de débat autour de la table avec un certain nombre de responsables de notre famille politique… En les regardant dans les yeux, je me demandais : il y en a combien qui se disent “pourvu que ça ne m’arrive pas” ».
« Des suites judiciaires »
Les réactions à cette diffusion ont été nombreuses. Laurent Wauquiez lui-même a dénoncé samedi la diffusion de ses propos, « enregistrés de façon illégale avec des méthodes peu déontologiques qui ouvrent la voie à des suites judiciaires ».
« Ces propos ont été tenus dans le cadre privé d’un enseignement, au cours d’une discussion libre avec des étudiants, parfois sur le ton de l’humour. Ce cours amenait notamment les étudiants à réfléchir sur les rumeurs et les fantasmes qui nourrissent la vie politique », explique M. Wauquiez. « Il n’a par exemple jamais été question dans mon esprit de soutenir qu’on ait fait surveiller des membres du gouvernement dans le cadre du conseil des ministres », assure-t-il.
Du côté du gouvernement, plusieurs voix se sont élevées pour critiquer le président des Républicains. « Diffamations, injures, vulgarité… Une conception particulière de l’enseignement », a ironisé vendredi soir le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. De son côté, le porte-parole de La République en Marche, Christophe Castaner, a déclaré y voir enfin « la vraie nature » de son homologue chez Les Républicains.
Le clan Sarkozy a fait savoir pour sa part que Laurent Wauquiez « s’est excusé » auprès de Nicolas Sarkozy, qui « en a pris note ». Sollicité par l’Agence france-Presse, l’entourage de M. Sarkozy « dément » par ailleurs « formellement cette grotesque histoire d’écoutes ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-11">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Les étudiants de l’Ecole publique de journalisme de Tours (EPJT) ont rassemblé plusieurs vérifications de paroles politiques de ces derniers jours.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ 
<article-nb="2018/02/17/19-12">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Les discussions autour de la loi souhaitée par Emmanuel Macron mélangent Brexit, élection de Donald Trump, référendum catalan et élection présidentielle française. Des cas pourtant bien différents.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤                     
                                                

« Fake news » en période électorale : le risque de tout mélanger

Les discussions autour de la loi souhaitée par Emmanuel Macron mélangent Brexit, élection de Donald Trump, référendum catalan et élection présidentielle française. Des cas pourtant bien différents.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 17h07
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 17h37
    |

            Adrien Sénécat








                        


Le contenu de la future loi sur les fausses informations annoncée par Emmanuel Macron se précise, mais le débat reste confus. La ministre de la culture, Françoise Nyssen, en a livré les grandes lignes, mardi 13 février, et notamment annoncé qu’elle pourrait être baptisée loi sur « la confiance et la fiabilité de l’information ». Le terme « fake news », qui peut s’avérer trompeur parce qu’il n’est pas clairement défini et recouvre des significations différentes, serait donc écarté.
Toutes les ambiguïtés sont loin d’être levées pour autant. Ainsi, le ministère de la culture a fait valoir trois cas de figures où la circulation des fausses nouvelles aurait été massive et déterminante selon lui : la campagne du Brexit, la dernière présidentielle américaine et le référendum catalan. Mais ces trois cas de figure, auxquels on pourrait ajouter la dernière présidentielle française, sont loin d’être équivalents.
1. Donald Trump, des mensonges en prime time et des soupçons d’ingérence russe
Des fausses informations ont massivement circulé pendant la campagne présidentielle américaine de 2016, venant majoritairement du camp des républicains. Certaines ont particulièrement marqué les esprits par leur caractère à la fois grossier et massif : c’est par exemple le cas du canular affirmant que le pape soutiendrait Donald Trump, repris au premier degré par des partisans du milliardaire et partagé des centaines de milliers de fois.
Un grand nombre de rumeurs et intox malveillantes ont également entaché l’image de la candidate démocrate Hillary Clinton, en particulier sur ses supposés problèmes de santé voire sa prétendue « démence ».
Au-delà des fausses informations, de nombreux comptes russes ou prorusses ont été actifs sur les réseaux sociaux pendant la campagne. Twitter en a dénombré 1,4 million et Facebook 80 000, ainsi que 3 000 publicités vues par 11,4 millions de personnes, pour un budget d’environ 100 000 dollars (80 000 euros). Moscou nie toute implication directe dans cette propagande, affirmant qu’il n’y a « pas une seule preuve de son ingérence ».
Une chose est certaine : les intox, mensonges et points de vue partisans sur les réseaux sociaux ont largement plombé le niveau du débat démocratique dans cette campagne. D’autant qu’en l’espèce, il est tout autant question des rumeurs qui ont circulé sur les réseaux sociaux que des mensonges de Donald Trump lui-même.
En revanche, il est beaucoup plus délicat de mesurer le poids réel de la désinformation dans le résultat du scrutin. Aucune étude scientifique n’a permis pour l’heure d’évaluer précisément leur part dans le vote des électeurs. Deux études, parmi d’autres, résument bien la difficulté d’éclairer cette controverse :
D’un côté, trois chercheurs en sciences politiques suggèrent dans des travaux publiés le 9 janvier que les fausses informations n’ont touché qu’une partie limitée de la population américaine pendant la campagne, les médias traditionnels conservant une audience largement supérieure ;De l’autre, une analyse publiée en mars 2017 montre que la désinformation pourrait être l’une des principales explications de l’abstention d’anciens électeurs de Barack Obama en 2012, potentiellement dans des proportions suffisantes pour faire échouer Hillary Clinton dans des Etats décisifs où le scrutin a été particulièrement serré.
2. Le référendum sur le Brexit : un gros mensonge au cœur de la campagne
La campagne victorieuse du camp favorable au Brexit lors du référendum britannique de juin 2016 est entachée de plusieurs mensonges. Le plus spectaculaire concernait les « 350 millions de livres » (environ 400 millions d’euros) que verserait le Royaume-Uni à l’Europe chaque semaine. Ce chiffre était non seulement erroné (la contribution nette du pays était moitié moins élevée), mais il participait surtout d’un raisonnement simpliste : la complexité des négociations actuelles autour du Brexit en témoigne.
Problème : ce mensonge n’a pas été véhiculé par d’obscurs sites Internet ou comptes militants sur les réseaux sociaux. Il était affiché en grand sur les bus de la campagne pluripartite du vote « Leave », favorable à la sortie de l’euro. Plusieurs eurosceptiques l’ont également relayé, comme l’ancien leader de l’UKIP Nigel Farage.
Moscou est là aussi accusée de s’être invitée dans la campagne, une étude de l’université de Californie estimant qu’un réseau de 150 000 comptes russes et pro-Poutine aurait commencé à publier de nombreux messages sur Twitter deux jours avant le scrutin. Leur rôle exact sur le résultat du vote est là aussi discutable : tous n’étaient pas favorables à la sortie de l’Europe et aucune campagne publicitaire comparable à celle identifiée aux Etats-Unis n’a été financée lors de ce scrutin, selon Facebook.
3. Catalogne : des accusations venant de Madrid qui mériteraient d’être étayées
L’Espagne accuse la Russie et le Venezuela d’avoir mené une campagne sur les réseaux sociaux afin de soutenir le référendum organisé par le gouvernement indépendantiste catalan en octobre 2017. Le ministre des affaires étrangères espagnol, Alfonso Dastis, a déclaré détenir des preuves de cette ingérence ; la Russie a là aussi démenti.
Des rumeurs ont également circulé sur les réseaux sociaux avant et surtout après le vote dans les deux camps, témoignant là aussi d’un climat propice à l’émergence de fausses informations partisanes. Mais il est délicat là encore de démêler l’influence réelle de ces fausses informations, quelques mois à peine après le scrutin.
4. La présidentielle française : des intox qui n’ont pas été décisives
Dès la primaire de la droite, les calomnies visant Alain Juppé, caricaturé en un « Ali Juppé » proche de l’islam radical, ont pollué la campagne présidentielle 2017. Le phénomène est loin de s’être arrêté là : l’équipe des Décodeurs a relevé des dizaines d’intox tout au long de la campagne, une large part d’entre elles émanant de l’extrême droite et ciblant Emmanuel Macron.
Impossible d’accuser cette fois les rumeurs d’avoir fait basculer l’élection puisque le candidat centriste a remporté le scrutin. Plusieurs signaux témoignent néanmoins de leur influence bien réelle sur l’opinion publique, comme le fait que des salariés de Whirlpool Amiens aient interpellé, entre les deux tours de l’élection, Emmanuel Macron sur le fait qu’il refuserait de serrer les « mains sales » des ouvriers. Accusation basée sur un canular du Gorafi repris au premier degré par l’extrême droite et une vidéo manipulée.
Mais là encore, les multiples mensonges de Marine Le Pen lors du débat de l’entre-deux tours et les intox relayées par des membres clés du Front national tout au long de la campagne ont montré que le sujet ne se limitait pas aux comptes prorusses sur les réseaux sociaux.
Pour autant, il existe bien une constante entre les différentes campagnes de ces dernières années : à chaque fois, des informations mensongères ont proliféré, plombant le niveau du débat démocratique avec elles. Sauf que ce phénomène de mal-information ne se limite pas à la vie politique : bien d’autres domaines sont touchés, à commencer par celui de la santé. D’où un besoin criant d’éducation à l’information.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-13">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Edouard Couty, médiateur national, a annoncé que ces mesures seront « opérationnelles fin 2018 début 2019 ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤                     
                                                

Des médiateurs régionaux dans les hôpitaux à la fin de l’année

Edouard Couty, médiateur national, a annoncé que ces mesures seront « opérationnelles fin 2018 début 2019 ».



Le Monde
 |    16.02.2018 à 17h07
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 17h39
   





                        


Le médiateur national sur les conditions de travail des professionnels de santé, Edouard Couty, a annoncé, vendredi 16 février, que les cas de harcèlement ou de conflit professionnel à l’hôpital pourront être soumis à des médiateurs régionaux formés et « opérationnels » d’ici à la fin de l’année.
« Nous pourrons mettre en place pendant l’automne les structures régionales et être opérationnels fin 2018, début 2019 », a-t-il déclaré lors d’un colloque sur la maltraitance et le harcèlement à l’hôpital.

        Lire aussi :
         

                Harcèlement à l’hôpital : entre humour carabin, sexisme et faits graves, les avis divergent



Un décret attendu cet été
Nommé en janvier 2017 par l’ancienne ministre de la santé, Marisol Touraine, et confirmé à son poste par Agnès Buzyn, M. Couty a pour mission « la mise en place de conciliations locales et de médiations au niveau régional et national ». Un décret attendu « cet été » doit fixer le cadre de la médiation à l’hôpital, notamment « les règles de saisine », a-t-il précisé, ajoutant que les futurs médiateurs régionaux devront recevoir une « formation certifiante ».

        Lire aussi :
         

                Un syndicat d’internes en médecine brise le « tabou » du sexisme à l’hôpital



En un an, le médiateur national est intervenu dans 53 dossiers, dont 49 cas de médecins en conflit avec leurs pairs ou leur hiérarchie. « L’omerta à l’hôpital est en train de tomber », a-t-il dit, soulignant que la médiation « n’est pas un gadget, elle répond à un besoin ».
« Il y a une culture paternaliste dans cette institution », mais « l’infantilisation des subordonnés est de moins en moins supportée », a estimé l’ancien directeur des hôpitaux.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-14">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ L’enquête préliminaire pour « abus de faiblesse » ouverte le 13 février par le parquet de Paris est, elle, toujours en cours.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤                     
                                                

L’enquête pour viol visant Gérald Darmanin classée sans suite

L’enquête préliminaire pour « abus de faiblesse » ouverte le 13 février par le parquet de Paris est, elle, toujours en cours.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 16h43
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 06h38
    |

            Lucie Soullier, 
Olivier Faye et 
Emeline Cazi








                        



   


Une première décision vient d’être rendue dans l’une des deux affaires à caractère sexuel qui visent Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics. Vendredi 16 février, le procureur de la République de Paris a procédé au classement sans suite de l’enquête préliminaire pour « viol », qui avait été ouverte une première fois au début de l’été, puis relancée, fin janvier, après une nouvelle plainte déposée par Sophie Spatz, née Olga Patterson, une femme de 46 ans.
Cette dernière accuse l’ancien député du Nord d’avoir promis de lui rendre un « service » – l’intervention dans un dossier judiciaire la concernant – en échange de faveurs sexuelles. Les faits remonteraient à 2009. Fraîchement diplômé de Sciences Po Lille, M. Darmanin, 26 ans, était alors chargé de mission au service des affaires juridiques de l’UMP lorsqu’il a reçu cette dame, qui cherchait désespérément de l’aide pour nettoyer son casier.

        Voir l’enquête du « Monde » sur cette affaire :
         

          Gérald Darmanin visé par une accusation de viol



Sophie Spatz ne digérait pas la peine de dix mois de prison avec sursis pour « chantage, appels malveillants, et menace de crime », qui avait été prononcée contre elle en 2004, puis confirmée en appel, après une plainte de son ex-compagnon. Après ce rendez-vous rue de la Boétie avec Gérald Darmanin, il y aurait eu un dîner, un détour par un club privé, puis une nuit à l’hôtel.
Investigations bouclées en trois semaines
Dans son bref communiqué, le parquet de Paris a expliqué que « les actes d’enquête réalisés n’ont pas permis d’établir l’absence de consentement de la plaignante et n’ont pas caractérisé davantage l’existence d’une contrainte, d’une menace, d’une surprise ou d’une quelconque violence à son endroit ». En droit français, pour que le viol soit constitué, il faut qu’il y ait eu « violence, contrainte, menace ou surprise » lors de la pénétration sexuelle, précise l’article 222-23 du code pénal.
L’avocate de la plaignante, Me Elodie Tuaillon-Hibon, avait, elle, fondé son raisonnement juridique sur le principe d’une relation sexuelle dont le consentement aurait été acquis par surprise. Aussitôt le classement prononcé, elle a fait savoir qu’elle n’en resterait pas là. « Nous contestons l’appréciation portée à ce stade sur l’impossibilité de prouver l’absence de consentement », a t-elle réagi auprès de l’Agence France-Presse (AFP). Aujourd’hui, Sophie Spatz a la possibilité de déposer une plainte avec constitution de partie civile. Un juge d’instruction serait alors directement désigné et l’affaire relancée.
A l’appui de sa plainte, Elodie Tuaillon-Hibon avait remis aux policiers des copies de courriers et de SMS échangés entre sa cliente et M. Darmanin. A la lecture, on devine une femme obnubilée par une lettre qui, croit-elle, l’innocenterait ; de l’autre, un homme qui prie « So » de lui accorder un nouveau rendez-vous, de prendre un verre.
L’enquête du parquet a été bouclée en trois semaines. Les policiers ont entendu Mme Spatz – plus de huit heures –, son mari, mais aussi l’ami à qui elle avait aussi confié son histoire. Une expertise psychologique a été menée. Le téléphone portable de la plaignante a été examiné. Et, le 12 février, le ministre a été entendu en audition libre, au siège de la police judiciaire.
Plainte en dénonciation calomnieuse
Tout le temps de l’enquête, M. Darmanin a gardé le silence. Vendredi, en fin de journée, il a fait savoir, par la voix de ses avocats, que, « depuis le début de cette calomnie », il avait « toujours eu confiance en la justice ». « Si j’ai tenu à ne jamais m’exprimer, c’est justement pour la laisser travailler le plus sereinement possible, a t-il expliqué. C’est une ligne de conduite que je continuerai d’appliquer en toutes circonstances et j’appelle tout le monde à faire de même. C’est la condition de l’Etat de droit. »
Et d’ajouter que « la justice procède aujourd’hui à un deuxième classement sans suite ». Si le dossier a été clos une première fois, en juillet 2017, c’est uniquement parce que Mme Spatz, malgré quatre appels des policiers, avait, à ce moment-là, refusé de se présenter à eux.
« Il y a ceux qui veulent une République du soupçon. Et il y a la justice qui est rendue », s’est réjouie Aurore Bergé, députée (La République en marche) des Yvelines, reprenant l’expression de « République du soupçon » utilisée par Emmanuel Macron, mardi, devant la presse présidentielle, pour défendre M. Darmanin et le ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot. Ce dernier est, lui aussi, mis en cause publiquement suite à la révélation d’une ancienne plainte pour viol déposée contre lui.
M. Darmanin, qui « remercie chaleureusement ceux qui [l’]ont soutenu dans cette difficile épreuve personnelle », a rappelé la plainte en dénonciation calomnieuse qu’il a déposée cet été. « Il va sans dire que j’irai jusqu’au bout », a t-il déclaré.
Nouvelle menace judiciaire
Le classement de cette enquête ne signifie pas la fin des ennuis judiciaires pour M. Darmanin. Depuis cette semaine, le locataire de Bercy est visé par une seconde affaire. Mardi, en fin de journée, une femme qui vit dans le nord de la France a poussé la porte d’une antenne de la police judiciaire parisienne installée dans le 17e arrondissement, pour déposer plainte contre lui pour « abus de faiblesse ». Elle a aussitôt été entendue. Dans le même temps, le procureur de la République de Paris ouvrait une nouvelle enquête préliminaire.

        Lire aussi :
         

                Gérald Darmanin visé par une nouvelle plainte, cette fois pour « abus de faiblesse »



Selon Le Point, cette femme aurait expliqué avoir reçu des « demandes à caractère sexuel » de la part de M. Darmanin lorsqu’il était maire de Tourcoing (Nord), en échange d’un logement. Les faits remonteraient à 2016. A l’époque, aurait-elle expliqué, elle vivait dans un appartement insalubre, et demandait à être relogée. L’audition de cette femme n’est qu’une première étape. L’enquête se poursuit et de nombreux actes d’investigations restent encore à réaliser, a fait savoir le parquet de Paris.
A l’annonce de cette nouvelle menace judiciaire qui pèse contre l’un des membres du gouvernement, le chef du gouvernement Edouard Philippe n’a pas varié de position. Mercredi, il a appelé à respecter « la parole du plaignant » comme « la présomption d’innocence » et il a réaffirmé « la même » position selon laquelle un ministre peut rester en poste tant qu’il n’est pas mis en examen.

Enquête préliminaire
Comme dans toutes les affaires d’agression sexuelle ou de viol, l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet est automatique. Dans le cadre d’un viol présumé, elle est confiée à la police judiciaire. Au terme de cette première enquête, le parquet a trois options : décider d’ouvrir une information judiciaire si les investigations s’avèrent complexes, citer les auteurs présumés devant le tribunal si les faits sont simples et établis. Ou classer, si l’infraction n’est pas établie ou les faits prescrits.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-15">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ La haute juridiction a émis deux « réserves » sur un article de la loi antiterroriste de novembre 2017, mais elle valide globalement les conditions d’assignation à résidence.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤                     
                                                

Le Conseil constitutionnel valide l’assignation à résidence antiterroriste

La haute juridiction a émis deux « réserves » sur un article de la loi antiterroriste de novembre 2017, mais elle valide globalement les conditions d’assignation à résidence.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 16h15
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 16h48
    |

            Franck Johannès








                        


Le Conseil constitutionnel a légèrement encadré, vendredi 16 février, l’assignation à résidence prévue par la loi sur le terrorisme, entrée en vigueur le 1er novembre 2017, après la période d’état d’urgence. Il valide dans le même temps le principe même de cette surveillance dans le droit commun, ce qui augure mal des autres mesures qu’il sera susceptible d’examiner par la suite.
La question prioritaire de constitutionnalité (QPC), soulevée par les avocats William Bourdon et Vincent Brengarth, s’interrogeait notamment sur « l’absence d’articulation », entre la période d’état d’urgence, pendant laquelle leur client Farouk Ben Abbes, soupçonné d’appartenir à la mouvance islamiste radicale, avait été assigné à résidence deux ans durant, et la nouvelle loi, qui a de nouveau limité sa liberté d’aller et venir. « Nul n’a cependant pour destinée d’être sous le joug d’une mesure de police perpétuelle parce qu’il n’existerait aucun fondement à d’éventuelles poursuites », avaient soutenu les avocats.
L’assignation ne peut pas excéder un an
Le Conseil n’a pas jugé utile un régime transitoire, mais il a validé le cadre de l’assignation, ordonnée par le ministère de l’intérieur. Il a d’abord rappelé, conformément à la loi, que la mesure ne peut être prononcée « qu’aux fins de prévenir la commission d’un acte de terrorisme », et à une double condition : qu’il existe, d’une part, « des raisons sérieuses de penser » que la personne constitue une menace « d’une particulière gravité », et d’autre part l’administration « doit prouver » que le suspect a des relations avec des organisations terroristes ou qu’il adhère à leurs thèses.
Si ces conditions sont remplies, la personne assignée ne peut pas l’être dans un périmètre « inférieur au territoire de la commune », qui doit lui permettre « de poursuivre une vie familiale et professionnelle ». L’assignation à résidence ne peut ensuite être prononcée ou prolongée que pour une durée maximale de trois mois. Au-delà de six mois, après donc une prolongation, le ministère de l’intérieur doit produire « des éléments nouveaux ou complémentaires » pour justifier sa décision, et l’assignation ne peut de toute façon pas excéder un an.
Une décision « cosmétique »
Cependant, « compte tenu de la rigueur » de la mesure d’assignation, le Conseil a assoupli le délai de recours : il était possible de contester l’assignation devant un juge administratif dans un délai d’un mois, le juge ayant ensuite deux mois pour trancher. Il s’agit là pour le Conseil constitutionnel « d’une conciliation manifestement déséquilibrée » entre la liberté de mouvement et l’ordre public, les mots « dans un délai d’un mois » sont supprimées de l’article L. 228-2 du code de la sécurité intérieure : un assigné à résidence pourra contester la mesure tout le temps où elle s’exercera.
En cas de renouvellement du placement en résidence, l’intéressé pourra saisir dans les quarante-huit heures le juge des référés, « afin qu’il ordonne toutes les mesures nécessaires à la sauvegarde de ses droits et libertés » — le recours est suspensif, c’est-à-dire que la personne n’est plus assignée le temps (très bref, de l’ordre de quarante-huit heures) que le juge tranche. Par ailleurs, si le contrôle du juge des référés est d’ordinaire limité « aux atteintes graves et manifestement illégales », le Conseil autorise désormais le juge à se pencher sur « la régularité et le bien-fondé » du renouvellement — pour ne pas trop bousculer la justice administrative, cette décision ne sera appliquée qu’à partir du 1er octobre.
Le reste de l’article de loi est validé, et ne pourra plus être contesté par une QPC. Les avocats sont évidemment déçus de cette décision « cosmétique ». « Le Conseil constitutionnel n’a pas pris ses responsabilités, disent Mes Bourdon et Brengarth, il entérine le principe d’une assignation à résidence déguisée, pour pouvoir la fondre dans le droit commun. Sa motivation très péremptoire sauve les apparences, avec des réserves très accessoires qui ne remettent pas en cause le principe même de la mesure individuelle de surveillance. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-16">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Depuis octobre, l’ex-premier ministre a retrouvé une influence en Espagne. Il est devenu le plus fervent défenseur de l’unité espagnole face aux séparatistes catalans.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤                
                                       
édition abonné


Manuel Valls, Ibère médiatique


                      Depuis octobre, l’ex-premier ministre a retrouvé une influence en Espagne. Il est devenu le plus fervent défenseur de l’unité espagnole face aux séparatistes catalans.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 14h46
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 15h05
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                              

                        

Ils se sont bousculés pour être sur la photo avec Manuel Valls. La numéro deux du gouvernement espagnol, Soraya Sáenz de Santamaria, la secrétaire générale du Parti populaire (PP, droite au pouvoir) et ministre de la défense María Dolores de Cospedal ou encore le ministre de l’intérieur, Juan Ignacio Zoido, ont fait le déplacement à Saint-Sébastien, ce samedi 3 février, pour assister à l’hommage rendu à l’ancien premier ministre français. L’ex-chef du gouvernement José María Aznar et son épouse, Ana Botella, qui fut maire de Madrid, étaient là aussi. Sans oublier le porte-parole de la formation libérale et antinationaliste Ciudadanos, Juan Carlos Girauta, la secrétaire générale du Parti socialiste basque, Idoia Mendia, et même le président de la petite formation d’extrême droite Vox, Santiago Abascal.
Un tel cortège pour assister à la remise du prix Gregorio-Ordóñez, du nom d’un député conservateur basque assassiné par les séparatistes d’ETA en 1995, décerné cette année à Manuel Valls, c’est tout simplement exceptionnel.
« Le séparatisme est la pire chose qui peut arriver à une démocratie. » Manuel Valls
Depuis que la crise catalane a explosé, le député de l’Essonne a retrouvé de l’autre côté des Pyrénées une part de l’influence, ou du moins de l’intérêt médiatique, qu’il a perdu en France. Ses prises de position tranchées contre la « sédition » des indépendantistes catalans, en faveur du respect de « l’Etat de droit » et de la Constitution, sur les dangers du nationalisme et du séparatisme, en défense de « la démocratie espagnole » en ont fait l’un des plus fervents défenseurs de l’unité de l’Espagne. Un ancien premier ministre français né à Barcelone, qui parle espagnol et catalan, connaît le sujet personnellement et y apporte une dimension internationale pour en conclure que « le séparatisme est la pire chose qui peut arriver à une démocratie » : les unionistes ne pouvaient pas rêver meilleur ambassadeur.

La...




<article-nb="2018/02/17/19-17">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ La modernisation de la fonction publique ne se fera pas sans la participation des agents, estime, dans une tribune au « Monde », Jean-Ludovic Silicani, ancien commissaire à la réforme de l’Etat.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Adapter la fonction publique aux enjeux du XXIe siècle tout en restant fidèle aux valeurs qui l’animent »

La modernisation de la fonction publique ne se fera pas sans la participation des agents, estime, dans une tribune au « Monde », Jean-Ludovic Silicani, ancien commissaire à la réforme de l’Etat.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 14h00
    |

Jean-Ludovic Silicani (ancien commissaire à la réforme de l’Etat)







                        



                                


                            
Tribune. La France s’est construite autour de l’Etat et de services publics universels qui donnent corps aux principes républicains de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité. Les Français sont attachés à ce modèle. Or, nombre d’études nationales ou internationales, mais aussi le ressenti des citoyens, montrent que la qualité de nos services publics se dégrade. Sans doute, pour certains d’entre eux, comme la justice, par manque de moyens. Pourtant, globalement, les crédits et effectifs consacrés aux services publics sont parmi les plus élevés au monde et ne se sont pas réduits, bien au contraire, au cours des vingt dernières années.
La réduction du nombre des acteurs publics et surtout leur spécialisation sont le premier chantier à mener à bien
Il faut rechercher les causes de ce paradoxe et les moyens d’y remédier. D’abord, la complexité de notre organisation administrative, faite de strates superposées au fil de l’histoire : trop d’acteurs publics se marchent sur les pieds (services centraux des ministères, services déconcentrés, établissements publics, autorités administratives indépendantes, différents niveaux de collectivités territoriales…), ce qui génère de l’opacité, de la lenteur et des gaspillages. La réduction du nombre des acteurs publics et surtout leur spécialisation sont donc le premier chantier à mener à bien, sans provocation mais sans tabou.
La complexité croissante du droit est un autre facteur d’inflation des coûts. C’est une transformation systémique qu’il faut mener, en réduisant non seulement le flux des nouvelles normes mais surtout, massivement, le stock des normes en vigueur. Cette révolution normative est possible si la loi se limite, dans la plupart des domaines, à fixer des objectifs fondamentaux, tout en laissant aux acteurs le choix des moyens de les atteindre, sous le contrôle a posteriori de l’administration.
Moderniser la fonction publique
S’agissant des procédures administratives, c’est...




                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-18">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Une centaine de députés LRM mène la bataille contre la ligne portée par le ministre de l’intérieur.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Asile : la fronde anti-Collomb gronde au sein de la majorité

Une centaine de députés LRM mène la bataille contre la ligne portée par le ministre de l’intérieur.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 11h38
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 16h59
    |

            Manon Rescan








                        



                                


                            

La fin d’un tour de chauffe. Les députés ont adopté, jeudi 15 février, une proposition de loi sur les « dublinés » – les étrangers soumis au règlement européen sur l’asile (dit « de Dublin »). La majorité La République en marche (LRM)-MoDem a voté en faveur de ce texte, qui prévoit les conditions de leur placement en centre de rétention, malgré de vives réticences internes. La droite s’est également prononcée pour, alors que la gauche a voté contre.

Cette proposition de loi, souhaitée par le gouvernement pour adapter la législation française au règlement européen, a été loin de faire l’unanimité dans les rangs de la majorité, lors du débat dans l’Hémicycle. « Ce texte ne me convient pas », a asséné Matthieu Orphelin, à la tribune. A l’instar du député LRM de Maine-et-Loire, plusieurs députés macronistes ont affiché leur désaccord avec plusieurs points de ce texte, qui a été durci au Sénat, à majorité de droite. « Il y a un danger de banaliser l’enfermement », a ainsi jugé Florence Granjus (Yvelines), tandis que Jean-Michel Clément (Vienne) a lancé : « Il n’est pas interdit de mettre un peu d’humanité dans un texte de loi. » Dans l’Hémicycle, des députés LRM ont même défendu plusieurs amendements au texte du Sénat, mais ils ont tous été rejetés. Et l’Assemblée a finalement adopté la version du Sénat.

Il n’empêche : pour les députés LRM, les débats sur ce texte ont fait office de révélateur des rapports de force à l’approche de la présentation du projet de loi asile-immigration par Gérard Collomb lors du conseil des ministres du 21 février. Il a aussi, par ricochet, fait émerger des visages qui incarnent aujourd’hui la contestation de la ligne portée par le ministre de l’intérieur, avant l’examen du texte à l’Assemblée nationale, courant avril.
Des doutes dès décembre
L’histoire commence en novembre. Richard Ferrand, le président du groupe LRM, et les cadres de la commission des lois, anticipent...




                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-19">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ L’hypothèse d’une fusion entre conseil départemental des Bouches-du-Rhône et métropole en 2021 agite les élus.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les élus d’Aix-Marseille Provence redoutent un nouveau « big bang »

L’hypothèse d’une fusion entre conseil départemental des Bouches-du-Rhône et métropole en 2021 agite les élus.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 11h36
    |

                            Gilles Rof








                        



                                


                            

Le gouvernement n’a pas révélé clairement ses intentions et n’entend pas ouvrir ce chantier explosif avant les prochaines municipales. Mais les phrases du président Macron sur une potentielle fusion à l’horizon 2021 entre la métropole Aix-Marseille Provence (AMP) et le conseil départemental des Bouches-du-Rhône, ont électrisé les élus de ce territoire de 1,8 million d’habitants, traumatisés par la création au forceps d’AMP en janvier 2016.
L’inquiétude est grande et une bonne partie des débats de la session plénière du conseil métropolitain a tourné autour de cette question, jeudi 15 février, à Marseille. Chacun – maires de petite ville, présidents de conseil départemental et de la métropole – a exprimé ses intentions face à ce second « big bang institutionnel », après l’absorption chaotique de six établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) dans Aix-Marseille Provence.

Aux manettes de cette métropole endettée à hauteur de 2 milliards d’euros, Jean-Claude Gaudin (LR) voit dans la fusion une réforme « logique et inéluctable ». « J’y suis favorable », a confirmé le maire de Marseille, qualifiant l’idée de « combat des modernes contre les rétrogrades ». La fusion permettrait de réunir le budget départemental, sain financièrement, et celui de la métropole, et ainsi de redonner des marges de manœuvre à AMP. En 2020, M. Gaudin, qui sera alors âgé de 81 ans, ne devrait pas se représenter, mais il appelle les élus métropolitains à se préparer à l’échéance malgré le flou actuel : « Sous quelle forme aura lieu cette fusion ? Je n’en sais rien, et personne ne le sait, mais il est de notre devoir de regarder ce que l’on peut faire. »
Dans un territoire toujours divisé par la création d’une métropole de quatre-vingt-douze communes fortement déséquilibrée par la taille de Marseille – une « monstropole » dénonce la maire LR d’Aix-en-Provence, Maryse Joissains-Masini –, la perspective...




                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-20">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Les partenaires sociaux ont repoussé la fin des discussions sur l’assurance-chômage, préservant la frêle possibilité d’un accord.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤                     
                                                

Unédic  : les syndicats en appellent au gouvernement

Les partenaires sociaux ont repoussé la fin des discussions sur l’assurance-chômage, préservant la frêle possibilité d’un accord.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 11h33
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 13h23
    |

            Bertrand Bissuel








                        



   


Les syndicats et le patronat aiment tellement passer du temps ensemble qu’ils ont décidé de prolonger leurs échanges sur la réforme de l’assurance-chômage. La sixième séance de négociations qu’ils ont tenue, jeudi 15 février, à ce sujet, était censée être conclusive mais, faute de parvenir à un compromis, les protagonistes se sont octroyé une semaine de plus, dans l’espoir – très fragile – qu’elle leur permettra de ficeler un accord. A l’origine du blocage, il y a, une fois de plus, la question de la prolifération des contrats courts, que les organisations d’employeurs refusent de juguler en instaurant des pénalités financières. Les confédérations de salariés, excédées, en appellent au gouvernement pour qu’il clarifie sa position et pour qu’il pèse dans le débat.

        Lire aussi :
         

                Les plans de départs volontaires dans la fonction publique : un effet d’annonce ?



Lors du précédent round de discussions, la délégation patronale avait émis des propositions, jugées très insuffisantes par les syndicats, pour combattre la précarité. Elles se bornaient à l’idée d’ouvrir des négociations dans trois secteurs fortement consommateurs de CDD : l’hôtellerie-restauration, le monde de l’action sociale et médico-sociale, l’intérim. Le dispositif envisagé n’était assorti d’aucune sanction si les parties en présence étaient incapables de s’entendre sur une réduction des contrats courts.
Jeudi, le Medef, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) ainsi que l’Union des entreprises de proximité (artisanat, commerce, professions libérales) ont amendé leur copie en y incorporant quelques – menues – concessions : en dehors des trois secteurs d’activité déjà évoqués, le nouveau texte mentionne que les autres branches professionnelles sont « invitées » à élaborer des mesures en faveur de « l’installation durable dans l’emploi ». Rien n’est prévu si ce processus de réflexion ne démarre pas ou demeure infructueux.

        Lire aussi :
         

                Assurance-chômage : le coût, incertain, des démissionnaires



« Bonus-malus »
Les représentants des syndicats ont, sans surprise, trouvé que ce n’était pas à la hauteur des enjeux. « Le patronat a fait semblant de faire une avancée », a commenté Michel Beaugas (FO). Pour lui, comme pour les autres chefs de file d’organisations de salariés, la dernière mouture du projet d’accord est beaucoup trop timide : elle se contente de recommander aux branches de négocier mais sans les y obliger – sauf pour les trois qui avaient été mises en avant au départ et qui sont tenues, elles, de discuter. Or, a poursuivi M. Beaugas, un tel mécanisme avait déjà été mis en place dans la convention d’avril 2017 fixant les règles de fonctionnement de l’assurance-chômage : « On invitait aussi les branches à travailler [sur cette thématique de la précarité]. On a vu ce qu’elles ont fait : elles n’ont pas travaillé. »
Jugeant la rencontre de jeudi « particulièrement consternante », Véronique Descacq (CFDT) a, tout comme ses pairs des autres confédérations, lancé cette exhortation : « Il faut que le gouvernement prenne la parole. » La numéro deux de la centrale cédétiste veut qu’il soit clairement affirmé qu’en cas d’échec des discussions au sein des branches, l’exécutif appliquera le bonus-malus – une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron qui vise à réclamer un surcroît de cotisations aux employeurs abusant des CDD. « On veut une sanction, on veut des réponses du gouvernement », a martelé Eric Courpotin (CFTC). « Le mieux serait qu’il nous l’écrive », a renchéri Jean-François Foucard (CFE-CGC).
Sollicité par Le Monde, le cabinet de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, fait valoir que le vœu des syndicats a déjà été exaucé : la feuille de route transmise, le 14 décembre 2017, aux partenaires sociaux pour cadrer les discussions sur l’assurance-chômage précise que « le gouvernement prendrait ses responsabilités, par exemple via la mise en œuvre d’un système de bonus-malus », si aucune mesure satisfaisante n’était adoptée par les négociateurs. L’entourage de Mme Pénicaud ajoute avoir donné les assurances souhaitées par les centrales de salariés, jeudi soir, après la séance de négociations.
« Le gouvernement a-t-il vraiment envie de dire au patronat : “Rallongez [la durée] des contrats” ? On a quelques éléments pour penser (…) que ce n’est pas le cas », a confié Denis Gravouil (CGT). « Jupiter a parfois des failles », a, de son côté, glissé M. Beaugas. En d’autres termes, la confiance règne. La CGT envisage de ne pas se rendre à la prochaine et ultime rencontre consacrée à la réforme de l’assurance-chômage, qui est programmée le 22 février. Si le nouveau projet d’accord remis par le patronat, peu avant ce rendez-vous, ne dit pas un mot sur les sanctions, « on ne va même pas se déplacer », prévient, pour sa part, M. Courpotin.

        Lire aussi :
         

                Assurance-chômage : une négociation entre partenaires sociaux minée par les doutes






                            


                        

                        

