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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Le scénariste de « Six Feet Under » brosse le portrait d’une famille américaine sous l’ère Trump (sur OCS à la demande).
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TV – « Here and Now » : un début qui laisse de glace

Notre choix du soir. Le scénariste de « Six Feet Under » brosse le portrait d’une famille américaine sous l’ère Trump (sur OCS à la demande).



Le Monde
 |    17.02.2018 à 18h00
    |

                            Martine Delahaye








                        


Série sur OCS à la demande

Oscarisé pour le scénario du film American Beauty (1999), Alan Ball s’est lancé ensuite dans la formidable fresque Six Feet Under (2001-2005), sur les névroses d’une famille – les Fisher – à la tête d’une entreprise de pompes funèbres. Puis, il a créé la très vampirique True Blood (2008-2014), métaphore de la condition des gays aux Etats-Unis. Avec Here and Now, une série sur les Bayer-Boatwright, une famille installée à Portland, dans le nord-ouest du pays, le scénariste et réalisateur porte son regard sur l’Amérique de l’ère Trump.
Anciens étudiants de Berkeley très Flower Power, les deux intellectuels que sont Audrey et Greg (Holly Hunter et Tim Robbins) ont adopté des enfants de la diversité, aujourd’hui adultes : Ramon, né en Colombie (Daniel Zovatto), Ashley, venue du Liberia (Jerrika Hinton), et Duc, d’origine vietnamienne (Raymond Lee). Ils ont ensuite conçu leur propre enfant, Kristen (Sosie Bacon), qui, avec la cynique lucidité de ses 17 ans, se qualifie de « l’ennuyeuse gamine blanche de la famille ».
Un lien secret
Alors que débute Here and Now – dont nous n’avons vu que le premier épisode, OCS diffusant la série au même rythme hebdomadaire que HBO –, le père, Greg, enseignant en philosophie, déprimé et infidèle sans enthousiasme, se voit infliger une grande fête pour son 60e anniversaire. Une réception menée de main de maître par sa femme, dont le passé professionnel de thérapeute et les bons sentiments n’ont d’égal que son indécrottable psycho-rigidité.

   


Parallèlement à la présentation de cette famille que l’on devine dysfonctionnelle sous ses atours très « libéraux-libertaires », s’immisce un mystère, de nature surnaturelle ou hallucinatoire : les visions de leur fils homosexuel Ramon, qui voit le chiffre onze s’imprimer en double (11 11) un peu partout autour de lui, et se dessiner en barres de feu verticales – qu’il est le seul à percevoir. Maladie mentale ? Phénomène surnaturel ? La réponse viendra peut-être du psychiatre qu’il va consulter, avec lequel le jeune homme semble avoir un lien secret.
Il reste à espérer que l’aspect artificiel, voire caricatural et surjoué du pilote ne soit qu’un trompe-l’œil.
Here and Now, série créée par Alan Ball. Avec Holly Hunter, Tim Robbins, Daniel Zovatto (EU, 2018, 10 × 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Alex Gohari et Leo Mattei ont suivi Ruben Figueroa qui passe sa vie à rechercher les migrants d’Amérique Centrale disparus au Mexique (sur Arte à 18 h 35).
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TV – « Mexique : à la recherche des migrants disparus »

Alex Gohari et Leo Mattei ont suivi Ruben Figueroa qui passe sa vie à rechercher les migrants d’Amérique Centrale disparus au Mexique (sur Arte à 18 h 35).



Le Monde
 |    17.02.2018 à 18h00
    |

            Alain Constant








                        


Reportage sur Arte à 18 h 35

   


Le reportage ne dure que vingt-quatre minutes, mais dégage une telle émotion qu’il est difficile d’en sortir indemne. Sobre, poignant, sans musique trop envahissante ni commentaires superflus, la caméra suit Ruben Figueroa, trentenaire mexicain qui passe sa vie sur les routes d’Amérique centrale à la recherche de migrants disparus. Des recherches en partie financées grâce aux dons d’associations. Depuis de longues années, des centaines de milliers de jeunes originaires du Honduras, du Guatemala, du Nicaragua ou du Salvador tentent de fuir la misère et de rejoindre les Etats-Unis.
Réseaux de prostitution
Pour beaucoup, le long voyage vers la terre promise s’arrête dans le sud du Mexique où les gangs font des ravages : meurtres, disparitions, les drames s’enchaînent pour des migrants sans argent et sans défense.
Infatigable, Ruben Figueroa enquête, insiste, muni parfois d’une simple photo de l’adolescent ou du jeune adulte disparu. On le suit au Honduras, en train de demander des renseignements complémentaires à des mères ou à des sœurs. Dans la région du Chiapas, au Mexique, il interroge riverains, policiers, tenancières de bordel.
Parfois, le miracle se produit, comme lorsqu’il retrouve Jacqueline, piégée par un réseau de prostitution et qui n’a pas donné signe de vie à sa famille au Honduras depuis treize ans. « La plupart des femmes migrantes qui disparaissent dans le sud du Mexique sont victimes de ces réseaux. Dans ces zones contrôlées par le crime organisé, essayer de localiser une femme disparue peut vous coûter la vie », souligne Ruben.
Chaque année, une caravane des mères des migrants disparus défile dans les rues de Guadalajara, au Mexique. Venues du Honduras et d’autres pays d’Amérique centrale, brandissant des photos de leurs enfants, elles se rassemblent pour trouver la force d’espérer. C’est lors d’une de ces réunions que Carlos, ayant fui la misère du Honduras pour aider sa mère, retrouve cette dernière après dix ans sans nouvelles. Grâce au travail de Ruben. « Depuis six ans, j’ai réussi à réunir une trentaine de familles. C’est une lutte invisible mais urgente. Car, pour des centaines de milliers de familles, la douleur de ne pas avoir de nouvelles de leurs enfants est immense », résume-t-il.
Mexique : à la recherche des migrants disparus, d’Alex Gohari et Leo Mattei (Fr., 2017, 24 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Le sculpteur et la plasticienne contemporaine ne sont pas exposés dans les grands musées occidentaux mais ils sont pourtant parmi les artistes français les plus cotés.
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Les artistes Richard Orlinski et Laurence Jenkell : deux inconnus qui valent cher

Le sculpteur et la plasticienne contemporaine ne sont pas exposés dans les grands musées occidentaux mais ils sont pourtant parmi les artistes français les plus cotés.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 11h00
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Ils sont parmi les artistes français les plus vendeurs. Mais vous n’en verrez pas un seul dans un grand musée occidental. Leur fonds de commerce, ce sont les touristes et les nouveaux riches, suffisamment aisés pour acheter au coup de cœur et peu regardants quant au CV. Dans la presse spécialisée sur l’art, Richard Orlinski est aux abonnés absents. Il vend néanmoins ses sculptures dans quelque 90 galeries opérant hors des circuits officiels. Et il figure dans le classement Artprice des artistes français les plus cotés aux enchères. En 2004, l’ancien spécialiste des reconversions immobilières commence à vendre ses crocodiles en plastique coloré pour environ 1 000 euros. En 2014, une de ses sculptures s’est catapultée à 650 000 euros.
Le sculpteur a été poursuivi pour parasitisme en 2013 par l’artiste Xavier Veilhan, qui voit dans ses œuvres une trop grande parenté avec ses propres sculptures, reconnaissables à leurs formes simplifiées et leurs surfaces lisses et anguleuses. Si l’esthétique est voisine, les parcours et visées sont aux antipodes. Ancien étudiant de l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs de Paris, Xavier Veilhan travaille depuis longtemps sur l’idée d’archétype, dépouillant les formes pour les réduire à l’essentiel.
Sur son site Internet, Richard Orlinski déclare, lui, sculpter « pour sublimer la réalité et créer des œuvres d’art vivantes, belles et intemporelles, qui suscitent l’émotion dans le regard de l’autre ». Le procès, que Richard Orlinski a gagné en 2014, n’a pas freiné ses affaires. « J’ai des collectionneurs qui sont lassés qu’on leur impose ce qu’ils doivent acheter », dit-il.
« Rendre un art accessible à tous les collectionneurs »
Son succès commercial est tel qu’il a ouvert à l’automne 2017 une galerie à son nom, en partenariat avec le groupe Bartoux, en face de l’Elysée. En vitrine, un King Kong en Inox, qui existe aussi dans d’autres matériaux et formats, rouge, bleu, etc. « Nous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Un monde sépare les galeries exposant des artistes avant-gardistes, cotés auprès des grandes fortunes, et les marchands proposant des œuvres plus populaires. Et pourtant ces derniers rencontrent un franc succès.
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Art, le lucratif business des galeries marginales

Un monde sépare les galeries exposant des artistes avant-gardistes, cotés auprès des grandes fortunes, et les marchands proposant des œuvres plus populaires. Et pourtant ces derniers rencontrent un franc succès.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 11h00
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Sur l’avenue Matignon, quelques numéros seulement séparent la galerie de Kamel Mennour de celle de Mickael Marciano. Les deux marchands sont amis de longue date, l’un et l’autre ayant fait leurs armes en vendant des lithos dans des centres commerciaux parisiens. Entre eux pourtant, il y a un monde. Kamel Mennour défend une vision de l’art exigeante et pointue, plébiscitée par François Pinault et autres « giga » collectionneurs, ainsi que, du côté des institutions, par le Palais de Tokyo ou le Musée d’art moderne de la Ville de Paris.
Jamais, en revanche, les artistes de Mickael Marciano ne seront acceptés dans de tels cercles, dont les têtes d’affiches sont des galeristes comme Chantal Crousel ou Almine Rech... Trop pop, tape-à-l’œil, parfois criard, leur travail est à mille lieues de l’art validé par les experts qui font l’avant-garde, la cote et le (bon) goût.
Marciano, Opera Gallery, Bel Air, Bartoux, Frédéric Got ou Carré d’Artistes : autant de galeries mal-aimées par leurs confrères. « On ne fait pas le même métier », tranche Hervé Loevenbruck, président de MAP, une association qui réunit soixante-dix galeries parisiennes, mais pas celles-ci. « Elles ne s’embarrassent pas de frais de production ou de catalogue et ont un discours décomplexé de vendeur de vêtements », ajoute Georges-Philippe Vallois, président du Comité professionnel des galeries d’art, qui n’a accueilli aucune de ces enseignes.
Même la foire Art Elysées, qui avait eu la faiblesse d’entrouvrir sa porte à certaines de ces galeries, préfère ne plus les exposer. « Elles fonctionnent selon une logique industrielle de marque et sur un gros volume de ventes », résume Isabelle Keit-Parinaud, directrice du salon.
Ces critiques ne semblent pas miner le moral de ces « intouchables ». « Ce n’est pas parce que vous achetez un artiste à 50 000 euros dans une grande galerie que l’œuvre vaudra quelque chose plus tard »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ A ce stade, il s’agit d’une option, les arbitrages finaux de la grande réflexion sur l’audiovisuel public lancée par Emmanuel Macron sont attendus fin mars.
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Françoise Nyssen veut une présidence commune à France Télévisions, Radio France et France Médias Monde

A ce stade, il s’agit d’une option, les arbitrages finaux de la grande réflexion sur l’audiovisuel public lancée par Emmanuel Macron sont attendus fin mars.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 09h41
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 10h37
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

La ministre de la culture, Françoise Nyssen, propose qu’à l’avenir, France Télévisions, Radio France et France Médias Monde (France 24, RFI…) aient une présidence commune, ont indiqué au Monde des sources proches du dossier. Ce serait un changement important, car, jusqu’ici, ces trois sociétés d’audiovisuel public ont, chacune, un président. Celui-ci serait remplacé par un directeur général, qui serait sous le contrôle d’un président non exécutif unique. La ministre envisagerait même d’étendre cette direction commune à l’Institut national de l’audiovisuel (INA).
Mme Nyssen a, au cours des dix derniers jours, souhaité revoir les dirigeants des sociétés d’audiovisuel public, afin d’évoquer avec eux l’avenir de leur entreprise et du secteur, avant une prise de parole en conseil des ministres, le 14 février. Dans son propos, Mme Nyssen a d’ailleurs évoqué sa proposition d’une présidence commune. A ce stade, il s’agit d’une option, les arbitrages finaux de la grande réflexion sur l’audiovisuel public lancée par Emmanuel Macron sont attendus fin mars. Mais cette piste a déjà été évoquée au sein de l’exécutif dès la fin de 2017.
Un président commun permettrait un pilotage d’ensemble, alors que le gouvernement demande de plus en plus aux sociétés d’audiovisuel public de collaborer entre elles. En effet, France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et l’INA ont, ensemble, lancé en 2016 Franceinfo, une offre d’information mêlant télévision, radio et numérique. Et, depuis octobre 2017, le ministère de la culture a exigé des dirigeants de nouvelles synergies : ceux-ci ont donc en projet une offre d’information locale associant France 3 et France Bleu, une plate-forme numérique culturelle autour de France Culture et France 5, un média Web destiné aux jeunes, qui s’appuiera la radio Mouv et France Télévisions…
« BBC à la française »

Instaurer un dirigeant unique est aussi une réponse à la volonté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ L’écrivain, fin connaisseur des cultures de l’âge de la pierre, a usé de sa liberté littéraire pour livrer de sensibles interprétations de l’art pariétal.
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Jean Rouaud, poète des cavernes

L’écrivain, fin connaisseur des cultures de l’âge de la pierre, a usé de sa liberté littéraire pour livrer de sensibles interprétations de l’art pariétal.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 09h00
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            
La Splendeur escamotée de frère Cheval ou Le Secret des grottes ornées, de Jean Rouaud, Grasset, 288 p., 19 €.

Jean Rouaud est né en Loire-Atlantique. Il n’est donc pas tombé en préhistoire comme beaucoup de ceux qui l’ont découverte enfants du côté de la Dordogne ou des Pyrénées. Dans les premières pages de La Splendeur escamotée de frère Cheval, il n’en tire pas moins un fil entre art pariétal et enfance ; un fil qui est le mot « caverne ». Ainsi les médecins décrivaient-ils les trous que la tuberculose creusait dans les poumons, ce que subit Rouaud à 7 ans et dont il guérit.
L’auteur a pu pénétrer dans la grotte Chauvet
Les cavernes à dessins, gravures et peintures, il les découvrit plus tard, « en touriste », aux Eyzies-de-Tayac : Font-de-Gaume, Rouffignac, les Combarelles. Quelques années après que son premier roman, Les Champs d’honneur (Minuit, 1990), eut reçu le prix Goncourt, l’éditeur Flohic sollicitait l’écrivain : « Il lançait une collection de livres associant un peintre à un écrivain. J’ai répondu que je souhaitais écrire sur La Jeune Fille à la perle, de Vermeer [1665]. Mais un auteur avait eu l’idée avant moi. Il m’en fallait une autre. J’ai cherché dans ma mémoire ce qui m’avait procuré une émotion aussi forte. La seule réponse était : les grottes. » Ainsi écrit-il Le Paléo Circus, paru en 1996 (repris dans Préhistoires, Folio, 2007). Et signe aujourd’hui La Splendeur escamotée… Il n’est plus jamais vraiment ressorti des cavernes.
Non seulement il a visité celles qui sont accessibles mais, grâce aux liens noués avec des préhistoriens, il a pu pénétrer dans la grotte Chauvet et dans celle de Cussac, où un grand panneau dessiné au doigt dans l’argile réunit le bestiaire de la période ­nommée gravettien (− 31 000 à – 22 000 ans) : bison, cheval, mammouth. Il y a aussi à Cussac des sépultures...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le Londonien, découvreur d’Adele, publie un premier album collectif, où figurent Peter Gabriel, Syd ou encore les sœurs Ibeyi.
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Richard Russell, producteur XL

Le Londonien, découvreur d’Adele, publie un premier album collectif, où figurent Peter Gabriel, Syd ou encore les sœurs Ibeyi.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 08h44
    |

                            Stéphane Davet








                        



                                


                            

Mieux qu’un « home studio », Richard Russell s’est offert un « house studio » pour aller au bout de sa reconversion. Dans une rue résidentielle de Notting Hill, à Londres, une maison, la Copper House, qu’il a transformée en studio d’enregistrement, sert désormais d’outil d’expression au cofondateur et copropriétaire de XL Recordings, l’un des labels discographiques les plus cotés (grâce à la star Adele, mais aussi The Prodigy, The xx, M.I.A., Jungle…) de l’industrie musicale britannique, depuis le début des années 1990. Effaçant dorénavant les frontières entre ses fonctions de producteur et ses envies de création, ce Londonien de 46 ans publie un premier album, Everything Is Recorded by Richard Russell, qu’on évitera de qualifier d’œuvre solo, tant ce disque gorgé de soul et de métissages urbains a été conçu sur un mode collaboratif.
Admirateur de figures telles que Berry Gordy, Rick Rubin ou Chris Blackwell, dont le management des labels respectifs – Motown, Def Jam, Island – allait de pair avec une implication artistique, Richard Russell ne voit pas de cassure entre sa vie d’entrepreneur et celle de musicien. « Tout est ici affaire de sensibilité artistique, souligne l’homme aux cheveux courts et au visage émacié. Comme pour le label, il s’agissait dans ce disque de trouver les bonnes personnes et de les mettre dans les conditions pour qu’elles donnent le meilleur d’elles-mêmes. »
Des choix radicaux
D’abord petite unité vouée à la dance music, XL Recordings a construit son succès sur sa capacité à parier sur la singularité des talents, subtilement en phase avec l’air du temps. Une prise de risque que le label a su concilier avec de grandes ambitions commerciales, comme l’ont prouvé, après le triomphe fondateur de The Prodigy, des réussites comme celles de Vampire Weekend ou The xx, jamais portées par de véritables tubes. Le label pouvant se permettre la radicalité de certains choix, tel l’expérimentateur electro vénézuélien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le groupe de Nicolas Sirkis mise sur une scénographie impressionnante pour sa tournée « 13 Tour », qui fait une halte à Paris à l’Accorhotels Arena ce week-end.
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Indochine convie son public à un voyage intersidéral

Le groupe de Nicolas Sirkis mise sur une scénographie impressionnante pour sa tournée « 13 Tour », qui fait une halte à Paris à l’Accorhotels Arena ce week-end.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 08h33
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 14h05
    |

                            Stéphane Davet








                        



   


Juste avant de sortir de scène, Nicola Sirkis a fini par décrocher son premier petit sourire, après plus de deux heures et demie de show. Le chanteur d’Indochine avait pourtant quelques raisons de ne pas cacher sa joie. Vendredi 16 février, le premier des trois concerts parisiens du groupe, à l’Accorhotels Arena, se jouait à guichets fermés, comme le reste de cette tournée, baptisée « 13 Tour ». Pour célébrer ses retrouvailles avec son public et le succès de 13, son dernier album, l’un des meilleurs de sa discographie, Sirkis a fait les choses en grand. Clou de la scénographie, un immense écran circulaire d’une cinquantaine de panneaux surplombe les spectateurs. Cette soucoupe géante peut produire des moments bluffants. Du voyage intersidéral accompagnant Black Sky au duo sensuel de Gloria, où l’actrice italienne Asia Argento semble buter contre un dôme de verre perché au-dessus du chanteur.
Casque d’or
Tous les ingrédients paraissaient donc réunis pour emballer la fête. Certes, la gaieté n’est pas le fonds de commerce d’un groupe qui a construit l’essentiel de son répertoire sur le mal-être. On ne demande d’ailleurs pas au leader d’« Indo » de faire le clown en chantant le harcèlement (College Boy) ou un amour brisé par le cancer (La vie est belle), mais d’imaginer qu’on puisse s’amuser sur L’Aventurier ou Trois nuits par semaine.
Même quand il cherche à ambiancer l’arène, le chanteur ne parvient pas à cacher son stress, les yeux rivés sur ses prompteurs. Le groupe tourne pourtant à plein régime. Mais quelque chose passe moins bien que d’habitude. Et si c’était… cette nouvelle couleur de cheveux ? Car le chanteur aux mèches noires s’est teint en blond. Symbole du glam (les clins d’œil à Bowie sont nombreux) et d’un sex-appeal lumineux, le casque d’or sied mal aux mines d’enterrement. Quitte à broyer du noir, autant qu’il soit corbeau.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nancy Pena.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/02/2018
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« La chat Madame, grand reporter », par Nancy Pena (épisode 34)

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nancy Pena.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 07h06
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose des programmes à voir ou à écouter en différé
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Un film d’animation, un magazine et un documentaire : nos idées de replays

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose des programmes à voir ou à écouter en différé



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h36
   





                        



   


LES CHOIX DE LA MATINALE
Une course d’animaux en 3D, une histoire du restaurant présentée par Stéphane Bern et le burn-out décrypté. Voici notre sélection hebdomadaire de replays.
« Athleticus », les animaux mis à l’épreuve



Hippopotames judokas, autruches et tortues gymnastes, flamants roses arbitres de foot, éléphants basketteurs, otaries pongistes… C’est à ne pas y croire et pourtant l’auteur et réalisateur Nicolas Deveaux l’a fait. Il s’est offert ce plaisir a priori absurde de faire s’affronter des animaux sauvages dans des épreuves sportives, et ce, de manière pleinement réaliste. Comme si la chose était tout à fait naturelle. Mais le plus fou dans l’histoire, c’est qu’elle nous apparaît d’emblée comme telle.
Sans paroles, et en images 3D, dont la précision et la netteté du détail relèvent de la gravure, le bestiaire s’agite et se plie à toutes les compétitions avec un soin infini, professionnel jusqu’au bout des pattes. Chacun jouant des particularités de son anatomie pour parvenir à ses fins, atteindre le meilleur score et gagner sa place sur le podium.
Le comique de situation s’impose de lui-même. Dans le spectacle d’une tortue en train de virevolter à la barre asymétrique, ou d’une girafe qui s’élance pour le saut en hauteur avant de se rendre compte, arrivée devant l’élastique, qu’il lui suffit juste de l’enjamber. Se contenter de cela n’aurait cependant pas suffi. Encore fallait-il le talent d’un Nicolas Devaux – et son sens de l’épure – pour donner tant de délicatesse aux effets cocasses et tant de poésie à l’humour. D’une beauté saisissante, drôle et touchante – notamment dans la mise en scène du ou des handicap(s) qu’impose chaque morphologie (et avec laquelle il faut bien s’arranger) –, c’est une vraie petite pépite. Véronique Cauhapé
Athleticus, série courte d’animation de Nicolas Deveaux (Fr., 2018, 30 x 3 min). Sur Arte.tv
A table avec Stéphane Bern



Avec « La Fabuleuse Histoire », France 2 lance un nouveau magazine qui entend nous instruire autant que nous divertir sur des domaines du quotidien aussi divers que les loisirs, l’éducation, la santé ou encore la cuisine, qui inaugure cette collection à travers la création et le développement des restaurants.
Pour passer le plat, sans surprise, on retrouve l’incontournable « M. Histoire » de la chaîne : Stéphane Bern. Déployant davantage ses talents d’animateur – souvent très drôle – que de conteur au verbe fleuri, il nous entraîne, en costume d’époque, d’une auberge du Moyen Age à une guinguette du siècle dernier.
Si les historiens de l’alimentation et des arts de la table, tels que Pascal Ory, Florent Quellier, Julia Csergo, viennent apporter de multiples éclairages, la leçon se veut résolument divertissante et ludique. Elle ouvre d’ailleurs à quelques travaux pratiques piquants pour les candides « commis » qui entourent Stéphane Bern : Grégory Cuilleron et Nathalie Nguyen, jeunes cuisiniers passés par les fourneaux de « Top Chef » et de « Masterchef ».
De la naissance des restaurants à leur démocratisation, de la nomenclature des aliments aux portraits des grands noms de la cuisine, en passant par l’origine de certaines expressions (faire « com-pain », « payer en espèces »), on picore, on savoure. Et l’on en redemande. Christine Rousseau
« La Fabuleuse Histoire du restaurant », magazine animé par Stéphane Bern. Sur Francetv.fr
Le burn-out, une réalité sans reconnaissance



La question de la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle refait régulièrement surface. Le documentaire d’Elsa Fayner, ­plutôt que d’alimenter directement le débat, s’attache à comprendre les ressorts de cette affection qui ne fait encore l’objet d’aucun diagnostic officiel. Et, pour y parvenir, la réalisatrice a choisi de donner la parole à cinq personnes aux activités radicalement différentes – cuisinier, assistante sociale, responsable associatif, berger, cadre bancaire –, dont le point commun est d’avoir tous été « tués à petit feu » par le travail qu’ils aimaient.
Elsa Fayner a recueilli le témoignage de Brigitte, cadre de banque d’une quarantaine d’années, qui se souvient des douleurs ­physiques ressenties avant que son corps ne cède définitivement, mettant fin à un rythme de vie effréné. Les autres témoignages évoquent tous cette dimension ­affective du travail, qui tend à faire oublier tout le reste.
Selon une étude du cabinet Technologia publiée en 2014, un peu plus de trois millions de Français seraient exposés à un risque élevé de burn-out. Les propos tenus dans ce film vont dans ce sens. Tous contribuant à dresser un état des lieux du monde du travail alarmant et à nous faire prendre conscience de la nécessité qu’il y aurait à reconnaître cette maladie, qui recevait encore en mai 2017 un avis défavorable de la Haute Autorité de santé. Mathieu Ait-Lachkar
La Mécanique du burn-out, d’Elsa Fayner (Fr., 2017, 65 min). Sur France.tv



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Trente masques, tous différents, créés à partir d’échantillons d’ADN de la lanceuse d’alerte. Avec cette œuvre, l’artiste américaine Heather Dewey-Hagborg veut mettre en garde contre les failles des techniques de profilage génétique.
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Le vrai visage de Chelsea Manning, ou pas

Trente masques, tous différents, créés à partir d’échantillons d’ADN de la lanceuse d’alerte. Avec cette œuvre, l’artiste américaine Heather Dewey-Hagborg veut mettre en garde contre les failles des techniques de profilage génétique.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h30
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Ces trente visages suspendus dans l’espace, ressemblants mais différents, au genre difficile à déterminer, présentant des variations de traits et des yeux de diverses couleurs, ont été reconstitués à partir d’échantillons d’ADN de la lanceuse d’alerte Chelsea Manning. Exposée du 31 janvier au 4 février à Transmediale, festival berlinois consacré aux nouveaux médias et à la culture numérique, l’installation « Probably Chelsea » a été créée par l’artiste américaine Heather Dewey-Hagborg au début de l’année 2017.
A cette époque, Chelsea Manning, condamnée à trente-cinq ans de réclusion pour espionnage après avoir transmis à WikiLeaks, en 2010, 700 000 documents militaires confidentiels, purgeait sa peine à la prison militaire pour hommes de Fort Leavenworth, au Kansas. Pour l’armée, l’ancien analyste du renseignement militaire, dont l’image en uniforme, béret sur le front, cravaté, cheveux courts, a fait le tour du monde lors de son procès en juin 2013, s’appelait Bradley Manning et était un homme. Mais, derrière les barreaux, Manning demandait qu’on l’appelle Chelsea, se déclarait transgenre – disant se considérer comme une femme « depuis l’âge de 5 ans » –, se laissait pousser les cheveux et voulait suivre un traitement de réassignation sexuelle. Le Pentagone refusait, et lui faisait régulièrement raser la tête.
Profilage génétique
Chelsea a fait deux tentatives de suicide avant que l’armée américaine n’accède à sa demande, en septembre 2016. Elle avait alors déclaré : « C’est tout ce que je voulais : qu’ils me laissent être moi. » Saluée par les mouvements queer et LGBT, elle a commencé sa transformation en femme. Mais, étant donné ses conditions de détention très strictes, personne ne connaissait l’apparence de la nouvelle Chelsea.
C’est alors qu’Heather Dewey-Hagborg entame une correspondance avec elle. L’artiste s’intéresse, depuis plusieurs années, aux technologies de profilage génétique et à la création de portraits-robots...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le « Boston Globe » publie une enquête vendredi dans laquelle plusieurs femmes accusent le photographe français, ainsi que d’autres professionnels de la mode, de comportements déplacés.
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Le photographe Patrick Demarchelier accusé de harcèlement sexuel

Le « Boston Globe » publie une enquête vendredi dans laquelle plusieurs femmes accusent le photographe français, ainsi que d’autres professionnels de la mode, de comportements déplacés.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 02h20
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 10h49
   





                        



   


Le photographe français de mode Patrick Demarchelier a été accusé de harcèlement sexuel par au moins sept femmes, dont les témoignages ont été recueillis par le Boston Globe et publiés vendredi 16 février.
Le quotidien laisse notamment la parole à une ancienne assistante de Patrick Demarchelier, qui affirme avoir cédé aux avances insistantes du photographe, de peur de compromettre son avenir professionnel si elle persistait à refuser. L’ex-employée du photographe dit en outre avoir demandé instamment à la directrice artistique du groupe Condé Nast, la très influente Anna Wintour, de ne plus laisser le photographe travailler avec de jeunes mannequins.
Le Boston Globe cite également le cas de six autres femmes qui accusent toutes le Français, âgé de 74 ans, de harcèlement sexuel. L’une d’elles raconte ainsi que le photographe lui a mis la main sur ses parties génitales, et une autre qu’il lui a agrippé la poitrine.
Sollicité par l’AFP, Patrick Demarchelier n’a pas donné suite dans l’immédiat.
Patrick Demarchelier fait partie des plus grands photographes de mode et du show-business. Certains de ses clichés de la princesse Diana, de Madonna ou d’Angelina Jolie ont fait le tour du monde. Le photographe né au Havre (Normandie), dont le travail a fait l’objet d’une exposition en 2008 au Petit-Palais à Paris, est aussi l’auteur de nombreuses couvertures d’albums, entre autres pour Elton John et Céline Dion.
Sa célébrité dans le milieu de la mode est telle que son nom est cité à plusieurs reprises dans le film Le diable s’habille en Prada, satire du monde de la mode où Meryl Streep campe un personnage inspiré d’Anna Wintour.
D’autres photographes accusés
La Globe Spotlight Team, qui a mené cette enquête, est une équipe de six reporters d’investigation, héritière de celle qui avait révélé, en 2002, comment la hiérarchie catholique locale avait couvert des abus sexuels commis par quelque 90 prêtres à Boston et dans les environs pendant plusieurs décennies. L’histoire a servi de base au film « Spotlight », qui a reçu l’Oscar du meilleur film en 2016.
L’enquête sur le monde de la mode publiée vendredi par le journal met en cause d’autres photographes, notamment Seth Sabal, Greg Kadel ou Andre Passos, ainsi que le styliste Karl Templer. L’enquête du Boston Globe mentionne aussi le nom de David Bellemère, photographe français accusé de harcèlement sexuel par deux femmes.
Depuis l’éclatement de l’affaire Weinstein, plusieurs grands photographes de mode ont été accusés de harcèlement sexuel, principalement Bruce Weber, Terry Richardson et Mario Testino. Plusieurs de leurs clients, notamment le groupe Condé Nast, ont indiqué publiquement qu’ils ne souhaitaient plus travailler avec eux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ En 2013, un propriétaire immobilier de New York avait fait détruire les bâtiments sur lesquels les artistes avaient peint leurs graffitis. Le dédommagement financier est une première pour ce type d’œuvre.
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<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Peter Martins avait été accusé de s’être montré agressif, verbalement et physiquement, avec certains danseurs, et avait quitté l’institution le 1er janvier.
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Une enquête interne innocente l’ex-directeur du New York City Ballet

Peter Martins avait été accusé de s’être montré agressif, verbalement et physiquement, avec certains danseurs, et avait quitté l’institution le 1er janvier.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 18h55
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 20h12
   





                        


L’ancien directeur du New York City Ballet (NYCB), Peter Martins, a été innocenté par une enquête, diligentée par le théâtre, qui n’a pas confirmé les accusations de harcèlement moral, physique et sexuel portées par d’anciens danseurs.
L’enquête avait été confiée à une avocate extérieure, Barbara Hoey, qui n’a pu établir l’authenticité des accusations, selon le New York Times, jeudi 15 février.

        Lire aussi :
         

                Le directeur du New York City Ballet sur le départ à la suite d’accusations de harcèlement sexuel



Figure majeure de la danse new-yorkaise, Peter Martins avait été accusé de s’être montré agressif, verbalement et physiquement, avec certains danseurs. D’autres lui reprochaient de jouer de son influence pour avoir des relations sexuelles avec des danseuses, à qui il confiait ensuite des rôles importants dans des spectacles de la compagnie. Des accusations qui avaient provoqué son départ à la retraite le 1er janvier.
D’anciens danseurs, cités par le New York Times, ont réagi aux conclusions de l’enquête en estimant qu’elle n’était qu’un moyen de couvrir les agissements de Peter Martins, qui a créé plus de quatre-vingts chorégraphies.
« En finir avec les turbulences »
D’autres ont fait part de leur satisfaction, disant que le directeur artistique du New York City Ballet depuis plus d’un quart de siècle avait été injustement évincé. « Je suis satisfait des conclusions de cette enquête », a commenté Peter Martins, 71 ans, dans une déclaration écrite transmise par son avocat à l’Agence France-Presse.

        Lire aussi :
         

                Harcèlement sexuel : le monde de la danse, touché à son tour



« J’ai toujours dit que je ne m’étais pas livré à ces comportements déplacés, a-t-il ajouté. J’ai pris ma retraite pour permettre à cette glorieuse institution d’en finir avec les turbulences qu’avaient suscitées ces accusations. »
Danois de naissance, Peter Martins a rejoint le NYCB en tant que danseur en 1970. Il a dit espérer qu’avec la fin de cette enquête les membres du ballet pourraient « se recentrer sur leurs rôles de compagnie de ballet et d’école [de danse] éminentes ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ A écouter cette semaine : un lumineux et éloquent trilogue chambriste, le souffle expressif de voix sinueuses, un grand bonheur de jazz…
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Sélection albums : Beethoven, Ondrej Adamek, Henri Texier…

A écouter cette semaine : un lumineux et éloquent trilogue chambriste, le souffle expressif de voix sinueuses, un grand bonheur de jazz…



Le Monde
 |    16.02.2018 à 18h32
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 18h41
   





                        


Ludwig Van Beethoven Triple concerto pour piano, violon, violoncelle et orchestre op. 56. Trio pour clarinette, violoncelle et piano en si bémol majeur op. 11 Nicholas Angelich (piano), Gil Shaham (violon), Anne Gastinel (violoncelle), Andreas Ottensamer (clarinette). Orchestre symphonique de la Radio de Francfort, Paavo Järvi (direction)

   


Partition faisant fête à la musique s’il en fut, le Triple concerto de Beethoven établit au sein de l’orchestre un lumineux et éloquent trilogue chambriste entre cordes frappées – le piano de Nicholas Angelich, somptueux d’allure et de poésie – et cordes frottées – le violoncelle frondeur, chantant et délicat d’Anne Gastinel et le violon souverain de Gil Shaham, déjà présent dans une déjà magnifique version de 2004 avec Yefim Bronfman et Truls Mork chez Arte Nova. La rencontre au sommet de ces trois tempéraments sous la direction musclée et dramatique de Paavo Järvi ne laisse aucun répit. Belle idée de couplage : en bonus, le Trio op. 11 permet d’admirer dans l’« Adagio » la clarinette liane, idéalement ronde et souple du jeune Andreas Ottensamer, complètement adoptée par Angelich et Gastinel. Marie-Aude Roux
1 CD Naïve.
Ondrej Adamek Sinuous Voices Diverses œuvres par Roméo Monteiro (Air Machine) et l’Ensemble orchestral contemporain sous la direction de Daniel Kawka et d’Ondrej Adamek

   


Soufflé ! Il n’y a pas d’autre mot pour résumer la musique d’Ondrej Adamek, né à Prague en 1979, depuis son inspiration (souffle d’origine vocale ou tout simplement mécanique) jusqu’à sa réalisation (souffle atomique à partir de cellules dévastatrices) en passant par l’effet produit sur l’auditeur (soufflé, littéralement aspiré par l’inouï à long terme). Sinuous Voices fait écho à des prières récitées dans une église et à une lointaine berceuse quand Conséquences particulièrement blanches ou noires concerto investit avec mille trouvailles le champ expressif d’une Air Machine, conçue pour aller au bout de la passion du compositeur pour l’aspirateur. Deux rituels, ardents jusqu’à la sauvagerie. Plus souriante mais plus anecdotique, Ça tourne, ça bloque s’amuse avec des jingles électroniques importés du Japon. Aux commandes de l’Ensemble orchestral contemporain, Daniel Kawka semble aussi beaucoup jouer, comme avec une console venue d’un autre monde. Pierre Gervasoni
1 CD Aeon/Outhere Music.
Henri Texier Sand Woman

   


En 1976, Henri Texier enregistre seul, jouant de la contrebasse et de la basse, du oud, des percussions, de la flûte, et chantant plusieurs de ses compositions dont Amir, qui ouvre alors l’album du même nom. Sans avoir le succès des tubes de la chanson ou de la pop, elle est diffusée à la radio et devient un classique de Texier. Qui la remet en jeu pour débuter son nouvel album Sand Woman, cette fois avec les jeunes musiciens de son nouveau quintette, les saxophonistes Sébastien Texier et Vincent Lê Quang, le guitariste Manu Codjia et le batteur Gautier Garrigue. Texier constituant avec ce dernier une rythmique dansante et radieuse. D’autres anciens thèmes (Les Là-Bas, Indians), deux nouvelles compositions (dont Hungry Man, en forme de blues) sont abordés par de lisibles mélodies, marque de toujours chez Texier. Le sens de l’espace, la profondeur lyrique des thèmes, l’assurance musicienne emportent vers un grand bonheur de jazz. Sylvain Siclier
1 CD Label bleu/L’Autre Distribution.
Dirtmusic Bu Bir Ruya

   


Réunissant Chris Eckman (ancien cofondateur des Walkabouts, groupe rock de Seattle), Hugo Race (membre, à leurs débuts, des Bad Seeds de Nick Cave) et Murat Ertel (du groupe stambouliote psychédélique Baba Zula), Dirtmusic propose un album d’atmosphère. Sombre, oppressante, sinon menaçante, rarement percée d’un rai de lumière – grâce aux arabesques du luth saz de Murat Ertel et de la chanteuse turque Gaye Su Akyol (Love Is a Foreign Country). Avec des cordes saturées (guitares et saz électriques) et un martèlement quasi martial des percussions. Vénéneuse, cette transe sonore n’en est pas moins envoûtante. Les voix, graves et glaciales, parlent plus souvent qu’elles ne chantent. Il y est question de fuite, de pays où la pluie ne s’arrête jamais, de camps, de murs, de frontières fermées, d’impasse… Enregistré à Istanbul, ce disque militant dénonce la situation faite aux migrants en Europe. Patrick Labesse
1 CD Glitterbeat/Differ-Ant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ « Album » met en scène plus de soixante ans de spectacles créés et interprétés par ce couple d’artistes.
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Sélection livre : les Dupuy, retour sur une vie de danse

« Album » met en scène plus de soixante ans de spectacles créés et interprétés par ce couple d’artistes.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 18h30
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 18h42
    |

                            Rosita Boisseau








                        



   


C’est un livre insolite. Il s’intitule Album et est signé par les danseurs et chorégraphes Françoise et Dominique Dupuy. Il est composé de photos en noir et blanc dont le grain même transporte dans le temps. Il met en scène plus de soixante ans de spectacles créés et interprétés par ce couple d’artistes parmi les plus singuliers de la scène chorégraphique. Il draine des émerveillements et des mystères, il captive par son dynamisme et fait rêver autour de ces deux vies dévouées à la danse. Des pages blanches rythment le livre. Elles sont des trous de mémoire, marquent le temps comme des nuages qui passent mais elles sertissent aussi les images, les encadrent.
Deux textes courts, l’un des artistes Norbert et Nicole Corsino, l’autre d’Eugenia Casini Ropa, surgissent à la fin du livre. L’un d’eux s’intitule Jamais à la mode mais toujours modernes, ce qui colle bien au parcours de Françoise (née en 1925) et Dominique (né en 1930) Dupuy. Leur trajet depuis la fin des années 1940 a permis l’éclosion de quelques pièces étapes de la danse moderne et contemporaine dont ils ont aussi aidé à la structuration. Qu’ils soient sous les feux de la rampe ou dans les bureaux des institutions – entre 1989 et 1991, Dominique Dupuy est inspecteur de la danse au ministère de la culture –, ils ont une haute idée de la chaîne de l’histoire.
« L’étincelle des œuvres »
En 2005, au Théâtre national de Chaillot, ils présentaient une soirée de pièces intitulée WMD qui rassemblait des spectacles de deux de leurs complices de création : Jean Weidt (1904-1992) et Deryk Mendel (1920-2013). Vieilles gens, vieux fers, chorégraphié par Weidt en 1929, repris par les Dupuy en 1948, étire une guirlande intemporelle de gens cabossés dont les masques croquent l’humain en quelques rictus.
Rien ne fait peur aux Dupuy. En 2010, les voilà face à face dans Solo-Solo. Quatre ans plus tard, Dominique rapplique en scène avec l’acrobate Tsirihaka Harrivel dans Acte sans paroles 1, de Samuel Beckett. En 2016, toujours soutenu par Chaillot, Dominique Dupuy lançait l’opération Silence(s), qui sera déclinée dans différents endroits et théâtres jusqu’en décembre 2017. De cet Album, Dominique Dupuy dit : « Même en images, on est loin d’un récit de vie. Des dates, oui, mais en ordre dispersé. Un parcours, oui, mais en éclats l’étincelle des œuvres provoquant l’entrechoc des ans… Images et mots qui semblent tout simplement dire : vous dansiez, j’en suis fort aise, eh bien dansons maintenant. »
Album, de Françoise et Dominique Dupuy. Editions Analogues, 2017.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Notre choix du soir. Quand cinq gays remontés comme des ressorts débarquent chez des hommes peu préoccupés par leur apparence (sur Netflix à la demande).
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TV – Les « Queer » s’occupent de vous

Notre choix du soir. Quand cinq gays remontés comme des ressorts débarquent chez des hommes peu préoccupés par leur apparence (sur Netflix à la demande).



Le Monde
 |    16.02.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 18h02
    |

            Renaud Machart








                        


Télé-réalité sur Netflix à la demande

Entre 2003 et 2007, « Queer Eye for the Straight Guy » (« regard homo sur l’hétéro »), une émission diffusée par Bravo, avait défrayé la chronique aux Etats-Unis. Connue pour « Inside the Actors Studio »,menée par ­James Lipton,mais aussi pour « Top Chef » ou pour la franchise « The Real Housewives of… », la chaîne câblée avait lâché sur ses écrans un Club des cinq comme sous acide, les « Cinq fabuleux », ou « Fab Five » pour les intimes.
Le principe ? Cinq garçons, évidemment sensibles au goût prétendument parfait, du viril à voix grave jusqu’à la folle gla­pissante, étaient dépêchés au ­domicile d’un homme hétérosexuel peu concerné par son apparence physique, son alimentation et le décor de son intérieur.
On aura vu – notamment dans les quatre DVD de la « Fab Five Collection », publiés par Bravo en 2005 – des cas désespérés se muer en miracles dignes d’un passage à Lourdes et d’une validation papale : en quelques jours, ce relooking extrême rendait méconnaissables les hétéros un peu « beauf » – en général « dénoncés » à la production par leur femme, leur petite amie ou leur mère.
C’était drôlissime, outré et improbable, et le succès de ce programme, dont tout le monde parlait à l’époque, a donné de nombreuses adaptations comme, en France, sur TF1, « Queer, cinq experts dans le vent » (2004). Contrairement aux cinq saisons originales (entre dix et trente épisodes), le médiocre remake français ne tint que huit épisodes.

   


Si l’on pouvait trouver les stéréotypes un peu trop caricaturaux dans la version princeps, son adaptation française rendait les choses d’un ridicule achevé. En gros, les malheureux hétéros se retrouvaient habillés de rose dans des appartements remplis de coussins à plumes et à poils longs.
Netflix a décidé de reprendre le programme et a commandé cinq nouveaux épisodes. Dans ce qui s’appelle désormais « Queer Eye », les cinq experts sont nouveaux, ethniquement plus divers – ainsi que les cobayes qu’ils relookent (parmi lesquels un garçon d’origine indienne et deux Afro-Américains).
Drôlerie hystérique
La grande nouveauté, qui explique le titre abrégé, est qu’on y trouve cette fois un garçon afro-américain gay mais qui fait tout pour ne pas le paraître. L’épisode est le plus émouvant des cinq car on le voit révéler enfin à ses proches quelle est sa vie intime. Certes, « Queer Eye » est de la télé-réalité, mais les larmes sont trop fortes pour qu’on puisse les imaginer contrefaites.
Le premier candidat, un cow-boy rougeaud sexagénaire en short, a en apparence tout du cas désespéré, mais il accepte avec bonhomie de se faire entièrement relooker par, notamment, une folle furieuse aux cheveux très longs qui passe son temps à rejouer face caméra la publicité « Parce que je le vaux bien » d’une célèbre marque de cosmétiques.
On peut imaginer qu’on ait demandé à ces nouveaux « Fab Five » de pousser le bouchon aussi loin que possible dans l’autodérision. Et il est probable qu’on ait fortement recommandé aux candidats de ne rien ranger et de ne rien nettoyer chez eux pendant les trois mois ayant précédé le tournage.
On doute que tous les cow-boys, policiers et piliers d’église – tels ceux qu’on découvre dans cette nouvelle série – de l’Amérique profonde d’aujourd’hui accueilleraient toujours aussi gentiment une bande d’excités qui se donnent du « Ma fille ! » en permanence. Mais, en l’état, « Queer Eye » aura retrouvé la drôlerie hystérique de ses débuts – avec un peu plus d’émotion à la clé.
« Queer Eye », sur Netflix (EU, 2018, 8 × 45 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le jeune Français, formé à l’Ecole nationale de l’humour de Montréal, fait ses premiers pas à Paris, sur le plateau de La Nouvelle Seine.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ A voir aussi ce soir. La sombre errance de deux hommes filmée, en 1973, par un cinéaste mal-aimé (sur TCM Cinéma à 22 h 40).
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TV – « L’Epouvantail » : réminiscence d’une Amérique dépressive

A voir aussi ce soir. La sombre errance de deux hommes filmée, en 1973, par un cinéaste mal-aimé (sur TCM Cinéma à 22 h 40).



Le Monde
 |    16.02.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 18h00
    |

            Samuel Blumenfeld








                        


Film sur TCM Cinéma à 22 h 40

Quarante-cinq ans après sa sortie, en 1973, L’Epouvantail possède toujours la même force et malmène toujours autant le spectateur. Si l’épouvantail est bien celui qui obsède les rêves du personnage interprété par Al Pacino, on pourra parler d’un mouvement de malaise généralisé dans ce film qui n’hésite pas à suivre une ligne de plus en plus dramatique et à aller jusqu’au bout de son sujet en montrant un homme dépressif gagné par la folie. L’Epouvantail est donc la réminiscence d’un âge d’or du cinéma américain qui, au début des années 1970, n’hésitait pas à faire ses films contre le public.
L’Epouvantail avait été très mal accueilli à sa sortie, comme les films précédents de Jerry Schatzberg, Portrait d’une enfant déchue et ­Panique à Needle Park, tout aussi remarquables. La critique amé­ricaine avait cru y voir les tics du photographe de mode qu’était par ailleurs Schatzberg : dans L’Epou­van­tail, la magnifique photo de l’opérateur Vilmos ­Zsigmond s’accorde pourtant totalement à une très sobre mise en scène. Comme dans beaucoup de films, le fonctionnement de L’Epouvantail est inscrit dans sa première scène, très énigmatique.
Fuite de sa paternité
Deux hommes, Max (Gene Hackman, dans l’une de ses meilleures compositions) et Lion (Al Pacino) se trouvent au bord d’une route faisant de l’auto-stop. Lion regarde Max avec insistance, et finit par faire route avec lui, sans raison apparente. Max vient de purger une peine de six ans de prison pour une bagarre. Lion a passé cinq ans dans la marine, où il s’était engagé pour fuir sa future paternité. Il cherche maintenant à revoir son enfant.

   


L’Epouvantail peut être rattaché à une tradition littéraire américaine qui remonte au Tom Sawyer de Mark Twain ou, plus récemment, à Des souris et des hommes, de John Steinbeck (un couple ­central masculin basé sur une dichotomie faible/fort, grand/petit). L’errance mise ici en scène, comme celle des films de Wenders, n’a toutefois pas de but, et tous les endroits traversés par Pacino et Hackman n’ont qu’une fonction secondaire. Leur parcours se détache progressivement d’un espace dans lequel ils tournent de plus en plus en rond, pour prendre un tour métaphysique.
L’Epouvantail, de Jerry Schatzberg. Avec Al Pacino, Gene Hackman, Richard Lynch (EU, 1973, 104 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ En soixante œuvres, le Musée Marmottan Monet prouve que le portraitiste et peintre de nus est aussi important que le paysagiste.
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Exposition : Corot, peintre du vivant

En soixante œuvres, le Musée Marmottan Monet prouve que le portraitiste et peintre de nus est aussi important que le paysagiste.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 17h15
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875) se laissait aller parfois à un procédé curieux : il écrivait directement dans la peinture, avec un crayon ou l’extrémité du manche de sa brosse, un nom, un lieu, une date. « Février 1826 » en bas du portrait d’un vieil homme assis sur une malle, dont le titre précise que celle-ci appartient au peintre ; ou « Marietta – à Rome » au-dessus du nu de la jeune femme, en 1843. Sa signature, tout en lettres capitales, est aussi nettement lisible. Ces œuvres sont des huiles sur papier, montées sur toile, ce qui n’est pas tout à fait un détail : l’artiste ne s’engage pas dans l’exécution d’une composition préalablement réfléchie, mais répond aux sollicitations de l’instant, en peignant sur un support léger et peu coûteux.
On l’imagine ainsi, dans l’atelier, l’œil attiré par tel ou tel élément. Il regarde un vieillard aux habits, chapeau et canne de berger d’Ombrie ou de Toscane, assis sur une malle dans un intérieur, situation incongrue d’un modèle rustique que l’on s’attendrait à voir en plein air. Le peintre semble surtout intéressé par la ligne de lumière le long du gilet. Il la saisit avec un mince liseré de blanc pur. Ou il regarde Marietta nue, allongée sur un drap blanc, de dos, se tournant vers la droite, les bras derrière la tête. Le mouvement fait saillir son sein gauche. Mais Corot semble plus intéressé par la longue courbe continue que tracent sa cuisse et sa jambe gauches, de l’attache de la hanche à l’extrémité du pied. Cette ligne est reprise au crayon, afin qu’elle soit plus visible. Un peintre soucieux des règles ne ferait pas cela : ni reprendre au crayon ni écrire le prénom du modèle. Il achèverait la figure du vieillard et ne se contenterait pas de vagues badigeons de gris pour les murs et la fenêtre. Il compléterait le bras droit de Marietta et finirait ses mains. C’est ainsi que font ses contemporains, dont Ingres et ses minutieux élèves. Corot, non. Il peint ce qui retient son attention.

Qu’il...




                        

                        

