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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-1"> ¤ Pas de médaille française ce 17 février, mais une immense surprise en Super-G féminin, et une Norvégienne qui entre dans l’histoire des JO d’hiver.
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La gazette des JO d’hiver 2018 : record, craquage et masque de ski

Pas de médaille française ce 17 février, mais une immense surprise en Super-G féminin, et une Norvégienne qui entre dans l’histoire des JO d’hiver.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 17h51
    |

                            Grégor Brandy








                        



   


C’était aujourd’hui
Elle est entrée un peu plus dans l’histoire. En remportant avec la Norvège le relais féminin de ski de fond (4 x 5 kilomètres), Marit Björgen a rejoint son compatriote Ole Einar Björndalen comme l’athlète la plus médaillée des Jeux olympiques d’hiver avec 13 breloques (dont sept en or). C’est déjà sa troisième à Pyeongchang, après l’argent en skiathlon et le bronze sur 10 kilomètres. Elle avait commencé cette moisson en 2002, à Salt Lake City (Etats-Unis), déjà sur le 4 x 5 kilomètres en relais. La Norvégienne, âgée de 37 ans, aura l’occasion de détenir seule ce record, si elle remporte une nouvelle médaille sur le sprint par équipes mercredi 21 février ou la mass-start 30 kilomètres, dimanche 25 février.

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Histoire toujours, puisqu’en patinage artistique, le Japonais Yuzuru Hanyu est devenu le premier homme à conserver son titre, depuis 1952. Il devance son compatriote Shoma Uno et l’Espagnol Javier Fernandez.
Sur la glace, le match si attendu entre les Russes et les Américains pour la première place du groupe B a tourné à l’avantage des premiers nommés (4-0). Pour rejoindre les quarts de finale, les Américains devront donc passer par le tour qualificatif.

Face à une équipe américaine diminuée, les athlètes olympiques russes ont surclassé leurs meilleurs ennemis : 4-0 ! #PyeongChang2018 #Francetvsport #Hockeysurglace➡➡Le match en intégralité : https://t.co/AVZsgOjiSR pic.twitter.com/0netWfOfo4— France tv sport (@francetvsport) 17 février 2018


Russie toujours, enfin presque, puisqu’en biathlon, Anastasia Kuzmina, a remporté son troisième titre olympique, après les sprints de Vancouver (2010) et Sotchi (2014). La Slovaque d’origine russe n’a pas fait de détail sur la mass-start, où elle a longtemps fait la course seule en tête et n’a laissé filé qu’une seule balle, sa dernière, après de longues secondes d’hésitation. La première Française, Marie Dorin-Habert finit neuvième, à trente secondes du podium.

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Mauvaise journée pour les Français, qui n’ont remporté aucune médaille aujourd’hui. Tess Ledeux, benjamine de la délégation française à 16 ans, et championne du monde en titre de slopestyle, a été éliminée dès les qualifications, après une chute lors de son deuxième run.
C’est au programme
On suivra le slopestyle masculin à partir de 2 heures (heure française) où deux Français, Antoine Adelisse et Benoît Buratti chercheront à se qualifier pour la finale (5 h 45).
Quelques minutes plus tard, si le vent est assez clément, ce sera au tour du slalom géant masculin : deux manches à suivre à partir de 2 h 15 et 5 h 45, où l’on retrouvera notamment Alexis Pinturault, et l’ultra-favori, l’Autrichien Marcel Hirscher.
Il y aura une autre chance de médaille française avec le relais 4 x 10 kilomètres masculin en ski de fond (7 h 15), qui était reparti de Sotchi avec le bronze, il y a quatre ans.
Le tout avant un peu de patinage de vitesse féminin (12 h), de saut, en ski acrobatique (12 h) et de bobsleigh à deux masculin (12 h 05), en même temps que le gros morceau de ce dimanche, l’épreuve masculine de mass-start en biathlon (12 h 15), où Martin Fourcade tentera d’obtenir sa quatrième médaille d’or olympique et de rejoindre les vénérables escrimeurs Christian d’Oriola et Lucien Gaudin, Français les plus titrés de l’histoire aux Jeux.
C’est dit

   


« Ça fait un mois que c’est compliqué au niveau du tir. Ce n’est pas un problème technique ou stratégique, j’ai prouvé à maintes reprises que je savais tirer. À l’entraînement, ça se passe bien. Je me sens juste épuisée psychologiquement. C’est comme si on vous mettait devant une copie de maths, et que vous devez faire des calculs intenses pendant quinze heures : à un moment donné, vous pétez un câble.
Je me suis fait bouffer par la pression. La pression que je me suis mise certainement. Mais depuis le mois de janvier, c’est compliqué. C’est le seul bilan que j’ai à faire. »
Justine Braisaz était au bord des larmes au moment de parler avec plusieurs journalistes, dont notre Clément Guillou national. Vingtième de la mass-start, la Française a livré une analyse très lucide sur ses Jeux (10e en sprint, 34e en poursuite et 55e en individuelle). Elle pourra cependant se rattraper en relais, avec la délégation française, jeudi 22 février.
« Le fait que le relais soit une épreuve collective, ça peut transcender. J’ai quatre jours pour me refaire la cerise. C’est possible. C’est un relais olympique et j’ai très envie de le faire. »
C’est vu
Alexandre Boyon va vite découvrir les joies du zapping. Alors que son confrère Mathieu Lartot tente de lui donner la parole à une quinzaine de minutes du début de la mass-start, le commentateur du biathlon sur France Télévisions laisse échapper un drôle de râle, visiblement pas au courant qu’il est à l’antenne. « C’est les aléas du direct », reprend-il, lorsqu’on lui dit que la séquence a été diffusée, pendant que sur le plateau ses collègues sont morts de rire.

Bon joueur, contrairement à sa chaîne, qui bloque toute diffusion de la séquence sur les réseaux sociaux, Alexandre Boyon s’est expliqué au site de 20 Minutes. « Au début, j’ai cru qu’on nous faisait une blague », raconte-t-il pour évoquer son passage à l’antenne.
« Je sais plus de quoi on parlait à ce moment-là… Ah, si on chantait en fait. On n’avait pas de retour, c’est au moment où Mathieu [Lartot] faisait la bascule, je ne sais même pas de quel sport, au biathlon. Ça fait partie du truc, que veux-tu que je te dise. Agacé ? Non, pas plus que ça, j’aurais préféré que ça n’arrive pas bien sûr, mais dans 20, 30 ans ça me fera une histoire à raconter à mes petits enfants. »
C’est (pas) chic Corée
L’immense surprise de la journée est venue de la Tchèque Ester Ledecka, sacrée championne olympique du Super-G. Plus attendue en snowboard, où elle est double championne du monde, elle a battu l’Autrichienne Anna Veith, vainqueure à Sotchi il y a quatre ans, pour un centième de seconde. Ester Ledecka n’avait pourtant jamais mis un pied sur le podium depuis ses débuts en 2015 sur le circuit de Coupe du monde de l’alpin. Elle-même semblait incrédule à l’arrivée, pensant d’abord à une erreur de chronométrage.

🇨🇿⛷ Ester Ledecka championne olympique du Super-G ! C'EST LA SENSATION !! #PyeongChang2018  #Francetvsport #Ski pic.twitter.com/6mJVPM8z0m— France tv sport (@francetvsport) 17 février 2018


Moins amusant, une fois arrivée devant les journalistes, raconte l’AFP, Ester Ledecka a gardé son masque de ski sur le nez. « Je ne l’enlève pas car c’est mon sponsor », s’est-elle justifiée. Mais le règlement olympique est plutôt strict quant à la visibilité des sponsors personnels, rappelle l’agence de presse. Alors, quand elle a été relancée sur le sujet, Ledecka a tenté une autre version : « Ma victoire n’était pas prévue et je ne suis pas maquillée ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-2"> ¤ Plusieurs participants, à l’instar du Polynésien Pita Taufatofua, ont droit à leur quart d’heure de célébrité en enchaînant les interviews après avoir échoué aux Jeux.
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JO 2018 : pour les concurrents des petites nations, tout commence après la ligne d’arrivée

Plusieurs participants, à l’instar du Polynésien Pita Taufatofua, ont droit à leur quart d’heure de célébrité en enchaînant les interviews après avoir échoué aux Jeux.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 14h11
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 14h33
    |

            Clément Martel (Pyeongchang, Corée du Sud, envoyé spécial)








                        



   


D’une certaine façon, ça nous a rassuré. J’ai un peu honte de l’admettre, mais le numéro du Tongien-torse-nu après la cérémonie d’ouverture m’avait un peu inquiété. Souvenez-vous, après avoir paradé avec pour simple appareil une natte – il s’agit d’une ta’ovala – nouée autour de la taille lors de la glaciale cérémonie d’ouverture, Pita Taufatofua avait déclaré :
« Je n’avais pas froid du tout. Quand vous êtes de Polynésie, la chaleur vient de l’intérieur et non de l’extérieur . »
« Pyeongchang, comme ça se prononce » a mené son enquête. Et aujourd’hui, je suis en mesure de vous affirmer ceci : ledit Pita n’est pas un être étrange venu de l’espace pour ne pas avoir froid. Même les Tongiens peuvent souffrir du froid.

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                JO d’hiver 2018 : Pita Taufatofua n’a pas froid aux yeux



« Je suis jaloux de toutes vos couches ! » Au petit groupe de journalistes patients-et-gelés (patients-car-gelés est une explication plausible) qui l’attendaient vendredi 16 février comme le Messie, Pita Taufatofua a confié souffrir terriblement du froid tombé subitement sur le centre de ski de fond d’Alpensia. « Rester parler avec vous est encore plus dur que la course. Car au moins là, j’avais chaud. »

   


Car le néo-fondeur tongien a bien terminé sa première course olympique. Lui qui admet « ne pas être un athlète d’efforts longs » a galéré, mais bouclé les 15 km en style libre à la 114e position (sur 118) avec près de 23 minutes de retard sur le champion olympique Dario Cologna. Qui était sur la ligne d’arrivée pour le féliciter.
Bruce Lee, chutes et marathon télé
Passé le moment gênant où une confrère chinoise lui demande de souhaiter bonne année – dans la langue de Sun Tzu – aux citoyens de l’empire du Milieu (scoop : il n’y est pas parvenu), Taufatofua nous a raconté sa course. Note pour plus tard, le karma existe : cette dame a vu son enregistrement s’interrompre au milieu de l’interview, car son portable s’est éteint. Et s’est attiré un « il vous faudrait une meilleure batterie » du Tongien. Puis, gentil, il lui a confié la relation (imaginaire) qu’il entretenait avec le héros de son enfance, Bruce Lee, et sa « philosophie ».
Gelé, mais gérant à merveille sa communication (fait dont il est coutumier), l’ancien combattant de taekwondo a « donné du biscuit » aux journalistes. Florilège :
« Je suis hyper content de ne pas avoir terminé dernier .»« Qu’est-ce qui a été le plus dur ? Vous voyez cette montée ? On dirait qu’elle s’arrête bientôt. Mais non, elle continue jusqu’au bout du monde. »« Dans la dernière descente, je me suis concentré, “surtout ne pas tomber, pas maintenant pas devant tous ces gens”. »« Je ne suis pas tombé. Pas devant les caméras, pas quand elles n’étaient pas là. C’est pas mal, non ?  »« Combien de temps a duré ma course ? Une heure ? Eh bien ça fait douze semaines et une heure que je me suis mis au ski. Donc dans quatre ans, je serai clairement meilleur. »
Enfin, le représentant de l’atoll du Pacifique a pu quitter, au bout d’une bonne heure et demi, la zone mixte où télés, radios et journalistes du monde entier avaient essayé de lui parler. Alors que tous les concurrents des grandes nations du fond (on vous laisse choisir si la France en est) avaient depuis longtemps regagné leurs pénates, ceux des « pays exotiques » (ce n’est pas PCÇSP qui le dit, c’est l’entraîneur allemand de Pita Taufatofua) entamaient une seconde course.
Non contents d’avoir terminé à plus de vingt minutes, il fallait les voir, les Brésilien, Marocain, Mexicain, Colombien, Bolivien et le sacré numéro complémentaire tongien (oui, une règle mathématique oubliée semble régir les participants, exigeant que seuls des pays dont les ressortissants s’achèvent en «-en » fassent partie du concert des petites nations en ski de fond), enchaîner les interviews en grelottant. Mais après avoir repoussé une paire de compétitions olympiques, le froid n’allait pas leur voler leur quart d’heure de célébrité.

#JO2018 - L'important, c'est de participer !
— AFPSport (@AFP Sports)


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D’ailleurs, le froid était souvent le sujet de conversation principal avec ces sportifs qui se sont réunis au village olympique (on gage que l’ambiance est bonne). Une bonne façon de briser la glace sans doute. Mais on laisse le mot de la fin au Chilien Yonathan Jesus Fernandez, 102e de l’épreuve : « Que puto frio ! » On ne traduira pas.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-3"> ¤ Le rallye se pratique à deux, mais souvent seul le pilote est connu. Alors que la FFSA vient de lancer l’opération Rallye jeunes copilotes, coup de projecteur sur ce métier de l’ombre.
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Rallye : profession copilote

Le rallye se pratique à deux, mais souvent seul le pilote est connu. Alors que la FFSA vient de lancer l’opération Rallye jeunes copilotes, coup de projecteur sur ce métier de l’ombre.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 14h00
    |

            Catherine Pacary








                        


« Droite, 110 long, pas corde, 100 mètres, gauche-droite, mouillé, droite, 130, plus-plus coooorde. » La note est tenue par Daniel Elena, nonuple champion du monde des rallyes copilote, assis à droite de Sébastien Loeb. La voix posée tranche avec les images de la caméra embarquée à bord de la C3 WRC, qui enchaîne tunnel et virages à plus de 150 km/h. Stoïque, agrippé à son seul carnet, Daniel Elena lit ses notes comme il fredonnerait une chanson à l’intérieur d’un tambour de machine à laver en mode essorage. C’est un métier, copilote. Méconnu mais enfin reconnu par la Fédération Française de l’automobile (FFSA), qui vient de créer une filière de détection Rallye jeunes copilotes — vingt ans après celle des pilotes.

   


« C’est vrai que l’on fait un métier de l’ombre, assure Julien Ingrassia, copilote du quintuple champion de monde en titre Sébastien Ogier. Pour autant, il est bien de comprendre que le rallye est un sport qui se pratique à deux. C’est unique ! Au niveau musique, émotion, adrénaline, on ne peut retrouver ça nulle part ailleurs. » 
Athlète de haut niveau
Au niveau amplitude horaire, abnégation et ambivalence, c’est aussi une profession unique. Athlète de haut niveau, le copilote fonctionne en binôme avec son pilote. La répartition des tâches est basique : le pilote conduit ; le copilote fait tout le reste. Cela va de s’assurer que le pilote est bien réveillé le matin, à vérifier le matériel, les boissons, les tweets aux fans, gérer l’agenda, le secrétariat… « Le copilote doit tout faire pour que le pilote n’ait qu’une chose à penser : conduire, résume Daniel Elena. On est là pour le décharger au maximum afin qu’il soit zen, parce que, après, en course, le taux de concentration est tellement énorme… »
En rallye, la course s’étire sur trois ou quatre jours et alterne les spéciales chronométrées sur route fermée et les liaisons, sur route ouverte, au rythme du code de la route. Lors des liaisons, le copilote est responsable de l’itinéraire — surtout ne pas se perdre — et des « check-points », où les concurrents doivent pointer à un horaire très précis, sous peine de pénalités.
Les spéciales sont précédées de deux sessions de reconnaissance, au cours desquelles le copilote, sur les indications du pilote, retranscrit par écrit tout le tracé, au mètre près, noircissant jusqu’à mille feuilles par spéciale. En course, le copilote lit ces notes en continu. « Celui qui tient le volant est presque censé pouvoir piloter les yeux fermés, uniquement guidé par les notes récitées avec précision, dans le bon tempo, par son voisin », écrit Sébastien Loeb dans sa biographie (Ma ligne de conduite, Michel Lafon, 2013). Avec Daniel Elena, ils ont inventé un codage : « Droite, 110 long, pas corde… » Les nombres expriment des degrés d’angle du volant, de 10 à 140 degrés. Un système de prise de notes repris par plusieurs équipages, dont Ogier-Ingrassia.
« C’est exact, dit Julien Ingrassia. Quand vous êtes jeune, que vous devez tout de suite être opérationnel, et que, depuis six ans, un équipage français gagne tout, autant en profiter. » Et ainsi gagner un temps précieux. D’autres équipes expriment les virages en 9-8-7… 0. Il n’y a pas de règle. L’essentiel est que le message passe parfaitement entre le copilote et le pilote. Une simple erreur de tempo ou de lecture, et c’est l’accident.
Une confiance totale
Négocier un virage à 120 km/h sans visibilité implique une confiance totale. Pour Sébastien Loeb et Daniel Elena, elle s’est établie d’emblée, lors de leur premier rallye, en avril 1998. Cela va faire vingt ans. Depuis, ils ont grandi ensemble, sont devenus amis, frères, voisins. « Notre complicité est unique », dit Daniel Elena. La preuve, « on ne se dit jamais bonjour ! ».
Dans l’équipage Ingrassia-Ogier, la confiance est venue après un certain temps de latence, dû à leur écart d’âge de quatre ans. Le pilote avait besoin d’être rassuré. Heureusement, « Séb’ [Ogier] a vu assez vite que j’étais un bosseur », rapporte Julien Ingrassia.
Le 10 janvier, quand Sébastien Loeb a vu Daniel Elena incapable de respirer après la chute de leur Peugeot DKR 3008 en plein désert péruvien, lors du Dakar, il a eu peur et n’a pas hésité à abandonner. « C’est la première fois que l’on abandonne sur blessure », relève Daniel Elena. Lui, si superstitieux, ne doit pas y voir un signe à la veille de leur retour, avec Citroën, pour trois courses en championnat du monde des rallyes (WRC).

   


« La peur ne doit pas s’immiscer dans l’habitacle, prévient Sébastien Loeb. C’est elle qui génère le stress et provoque les erreurs. » L’antidote ? Cela peut être « un petit canard avec un drapeau » posé depuis près de dix ans sur la plage arrière de la voiture de reconnaissance du duo Ogier-Ingrassia. Plus cartésien, Sébastien Loeb suggère de « tout aborder avec optimisme, assurance et détermination. Il faut être habité de cet esprit-là pour être copilote ».
10 % à 15 % du salaire d’un pilote
Compétence nécessaire mais non suffisante. Le copilote doit également être disponible, d’une nature aussi calme que le pilote peut être stressé, aussi effacé que le pilote est orgueilleux, organisé, méthodique, précis… et totalement désintéressé financièrement. En France, un copilote professionnel — ils sont une grosse dizaine — touche entre 10 % et 15 % de ce qu’empoche un pilote. Un rallye couru étant payé 1 000 à 2 000 euros, hors prime de victoire, cela permet à un bon pro de se faire un honnête salaire de cadre. Quant au pilote amateur, il arrive qu’il en soit de sa poche pour s’inscrire aux rallyes nationaux.
Une telle différence de traitement semble inacceptable. Julien Ingrassia, 38 ans, n’a jamais voulu s’engager dans un mouvement revendicatif pour autant. Même s’il a conscience qu’avec son statut de premier, c’est désormais à lui d’aller au front pour défendre les copains. Avant lui, Daniel Elena, 45 ans, n’a pas hésité dans les années 2000, à monter au créneau lorsque le nom des copilotes a été enlevé des voitures. Après plusieurs « gueulantes », une des premières actions de Jean Todt — lui-même ex-copilote — à la tête de la Fédération internationale de l’automobile (FIA) a été de restaurer le nom des copilotes sur la voiture. « Je le remercie pour ça », salue Daniel Elena. Mais il en veut encore à la FFSA, qui avait supprimé les photos des copilotes des cartes de la Fédération et rayé leurs noms de la liste des invités aux présentations. Jusqu’à ce qu’il intervienne.
Ce n’est toutefois pas dans les salons mais sur la route que l’équipage Loeb-Elena a le plus œuvré pour la reconnaissance du copilote, simplement en gagnant. En effet, dans les années 1980, le pilote pouvait effectuer autant de reconnaissances qu’il le souhaitait et connaissait quasiment la route par cœur. Le rôle du copilote était secondaire, interchangeable. Depuis la limitation à deux reconnaissances, promoteurs et constructeurs se sont aperçus que les titres mondiaux étaient conquis par les couples qui durent, comme Carlos Sainz-Luis Moya (quinze ans), Sébastien Ogier-Julien Ingrassia (douze ans) et Loeb-Elena (vingt ans)…
Résultat, alors que Julien Ingrassia présidait la première session de détection de copilotes de la FFSA juste avant le rallye de Suède, Daniel Elena peaufine son projet d’école de copilotes avec Mathieu Baumel, champion WRC2 et vainqueur du Dakar. Avec dans un coin de leur tête, ce texte (Pour une poignée de seconde, Albin Michel, 1988) tout en second degré du champion finlandais Ari Vatanen sur le « bon » copilote, ce « pilote frustré » qui doit en toute circonstance  « servir son maître [le pilote] », sans rien en attendre et surtout sans oublier l’essentiel : « Si l’équipage gagne, c’est grâce au pilote, s’il perd c’est à cause de son copilote. » 

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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-4"> ¤ La Norvège a remporté le relais dames de ski de fond. Marit Björgen, qui a décroché sa première médaille olympique à Salt Lake City en 2002, égale son compatriote avec 13 podiums.
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La Norvégienne Björgen rejoint son compatriote Björndalen comme athlète le plus médaillé des JO d’hiver

La Norvège a remporté le relais dames de ski de fond. Marit Björgen, qui a décroché sa première médaille olympique à Salt Lake City en 2002, égale son compatriote avec 13 podiums.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 12h09
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 13h42
   





                        


Au palmarès honorifique des jeux Olympiques d’hiver, c’est le biathlète norvégien Ole Einar Björndalen qui, jusqu’à présent, trustait le sommet avec 13 médailles remportées, dont huit titres (médailles d’or). Il est désormais rejoint par sa compatriote Marit Björgen, qui dispute en Corée du Sud ses derniers JO.
Samedi, à Pyeongchang, l’équipe de Norvège a remporté le relais dames de ski de fond (4 x 5 km), ce qui a permis à Marit Björgen d’égaler le record d’Ole Einar Björndalen : sur ses 13 médailles, sept sont en or.
La Norvège (Oestberg, Jacobsen, Haga, Björgen) a devancé la Suède, (Haag, Kalla, Andersson, Nilsson), médaille d’argent, et les Russes sous bannière olympique (Nepryaeva, Belorukova, Sedova, Nechaevskaya), en bronze.
il reste mathématiquement deux courses à Marit Björgen - le sprint par équipes mercredi et la mass start 30 km le dernier jour - pour dépasser Björndalen.
Troisième médaille en Corée
Marit Björgen, qui fêtera ses 38 ans le mois prochain, était déjà, avant le début des Jeux de Pyeongchang, la sportive féminine la plus titrée et la plus médaillée sous les Anneaux en hiver.
Elle avait décroché sa première médaille olympique sur cette même épreuve du relais 4x5 km à Salt Lake City (Etats-Unis) en 2002.
Elle en a remporté une deuxième à Turin en 2006, avant d’accroître son total à Vancouver en 2010, d’où elle est repartie avec un excédent de bagages comprenant cinq médailles.
Elle a encore remporté trois médailles en 2014 à Sotchi. A l’issue de la saison 2015, elle s’était octroyée une pause maternité, pour donner naissance en décembre 2015 à un petit Marius. La saison 2015/16 est donc restée blanche, avant de reprendre sa quête de records aux Mondiaux et aux JO dès l’année suivante.
En Corée, elle a décroché samedi sa troisième, après l’argent en skiathlon samedi 10 février et le bronze sur 10 km jeudi 15 février.
Samedi, « Gull Marit » (« Marit en or ») Björgen, comme on la surnomme au pays, dernière relayeuse, a dû s’employer pour se défaire de la Suédoise Stina Nilsson dans le sprint final et offrir le titre à la Norvège. La Suède était tenante du titre.
« Je n’ai pas pensé » au record de médailles. « Comme je le dis, lorsque vous êtes encore skieur actif, vous regardez vers devant, vous ne regardez pas ce que vous avez fait. Je suis concentrée sur la course à venir. Quand j’en aurais terminé avec ma carrière, j’aurais le temps de regarder en arrière », a commenté la skieuse de Trondheim après la course.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-5"> ¤ La Slovaque d’origine russe Anastasia Kuzmina a remporté le titre olympique de la mass-start, une course qu’elle a dominée de bout en bout. La Française Marie Dorin-Habert a pris la neuvième place.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-6"> ¤ Avec huit podiums après une semaine de compétition, l’objectif de vingt médailles paraît difficilement atteignable pour les Français à Pyeongchang (Corée du Sud).
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JO d’hiver 2018 : à mi-Jeux, la France revoit ses objectifs à la baisse

Avec huit podiums après une semaine de compétition, l’objectif de vingt médailles paraît difficilement atteignable pour les Français à Pyeongchang (Corée du Sud).



Le Monde
 |    17.02.2018 à 10h11
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 14h50
    |

            Clément Martel (Pyeongchang, Corée du Sud, envoyé spécial)








                        



   


C’était l’automne et le ciel était au beau fixe. Sur la scène de la Salle Pleyel, à Paris, le président de la Fédération française de ski (FFS), Michel Vion, affichait les ambitions françaises, à quelques mois des Jeux olympiques de Pyeongchang : « A Sotchi, la France avait établi un record de quinze médailles. L’ambition que l’on s’est fixée [pour 2018] est de vingt médailles olympiques. » Un objectif élevé mais justifié par l’empilement de médailles mondiales dans les disciplines olympiques sur les épaules bleues : après vingt et une en 2015, l’équipe de France dans son ensemble en a récolté vingt-trois en 2017.

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Tout juste débarqué en Corée, quelques jours avant l’ouverture des Jeux, Fabien Saguez, le directeur technique national du ski français, réaffirmait cet objectif. Et de préciser : « Plutôt que d’être dans le combien, on va donc surtout être dans le comment », insistant sur le fait qu’il  « n’y aurait rien de facile ».
« Cet objectif est complètement atteignable. Il faudra des surprises agréables, mais il y a encore de quoi faire, notamment avec les relais. »

   


Une semaine a passé depuis l’ouverture des Jeux, et la belle flamme bleue est un peu retombée. Avec trois titres, deux médailles d’argent et deux de bronze après la première semaine de compétitions, la France figurait au septième rang du classement des nations. Loin derrière l’Allemagne (15 médailles), et en-deça de ses objectifs. Qu’elle a discrètement revus à la baisse.
« Mon but est de faire mieux qu’à Sotchi, soit mieux que quinze médailles, explique Luc Tardif, samedi 17 février. A mi-chemin, cet objectif est complètement atteignable. Il faudra des surprises agréables, mais il y a encore de quoi faire, notamment avec les relais. » Et le chef de mission de la délégation française d’insister : mieux vaut attendre la fin de la semaine [l’entretien a été réalisé samedi matin] avant de tirer un premier bilan. Mais « ce qui est sûr, c’est que l’objectif de vingt médailles va être très difficile à atteindre, à moins d’une seconde semaine éblouissante. »
Ne souhaitant pas « apprécier le bilan sportif des Jeux tant qu’il y a des compétitions en cours », Denis Masseglia, président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), explique qu’« en annonçant un objectif, on considère qu’il est réaliste en fonction de potentialités ». Rappelant que l’objectif de vingt médailles a été « basé sur les résultats des championnats du monde de l’année précédente », le patron de l’olympisme français précise : « On ne fixe jamais l’objectif au niveau le plus élevé : c’est toujours en équilibre entre les perspectives les plus heureuses et celles qui le sont moins. »
Le spectre du zéro pointé est déja écarté en ski alpin
Deux tirs de Martin Fourcade qui loupent la cible (sur le 20 km du biathlon), Tessa Worley qui rate sa première manche du géant, quatre secondes qui manquent à Maurice Manificat (sur le 15 km en ski de fond), une chute de Tess Ledeux sur son dernier saut en slopestyle… La chance n’a guère souri à plusieurs Français candidats au podium, compromettant l’objectif de vingt médailles, qui aurait constitué un record dans l’histoire des Jeux d’hiver pour la délégation tricolore.
Avec les titres de Perrine Laffont en ski de bosses et Pierre Vaultier en snowboardcross, et l’argent de Julia Pereira de Sousa-Mabileau dans cette même discipline, les disciplines acrobatiques et cross ont comme prévu apporté leur quote-part de métaux précieux. Petite déception en revanche du côté du biathlon, gros pourvoyeur de médailles, avec deux courses qui ont échappé à l’emprise de Martin Fourcade. Mais deux podium néanmoins, l’or pour le Pyrénéen et le bronze pour Anaïs Bescond, tous deux en poursuite. Quant au tir groupé français sur le combiné (Alexis Pinturault 2e et Victor Muffat-Jeandet 3e), il écarte le spectre du zéro pointé en ski alpin et remplit – dès la première course − l’objectif de deux médailles fixé à la discipline.

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En seconde semaine, il reste aux Bleus de nombreuses chances de briller. Outre l’inévitable Fourcade (une épreuve individuelle et deux relais), le couple Papadakis-Cizeron fait figure de favori en danse sur glace, de même que le ski-cross français (qui avait réalisé le triplé à Sotchi). Le podium est également envisageable pour les relais en ski de fond, combiné nordique et biathlon féminin, tout comme pour Alexis Contin en patinage de vitesse, le sprint par équipes en ski de fond, les géantistes ainsi que dans la nouvelle épreuve par équipes en ski alpin.
Sans oublier les surprises, toujours possible. « A tous les Jeux il y en a, souligne Luc Tardif, comparant ces épreuves d’un jour aux classiques en vélo. Des favoris ont du mal à concrétiser, et il y a des surprises. Il suffit d’une petite erreur et on est loin du podium. » Et le chef de mission de conclure : « A partir du moment où l’on fera entre quinze et vingt médailles, le bilan de ces Jeux sera positif. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-7"> ¤ Grâce à sa maîtrise du quadruple saut, le Japonais a conservé son titre de patinage artistique. Mais la notation de cette figure fait débat.
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JO 2018 : le doublé du patineur Yuzuru Hanyu, maître du « quad »

Grâce à sa maîtrise du quadruple saut, le Japonais a conservé son titre de patinage artistique. Mais la notation de cette figure fait débat.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 09h59
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 11h52
    |

            Clément Guillou








                        



   


Yuzuru Hanyu a répondu d’une révérence à l’ovation debout, aux drapeaux du Japon et au bruit, énorme. Autour de l’acrobate, un essaim violet s’est mis à tourbillonner, ramassant les Winnie l’Ourson qui rebondissaient par dizaines sur la patinoire de Gangneung. C’est par un lancer de peluches que les admiratrices ont pris l’habitude de saluer les performances de Yuzuru Hanyu, et celle-là le méritait : au prix d’un programme ponctué de quatre quadruples sauts, dont trois réalisés parfaitement, le Japonais a conservé le titre olympique obtenu à Sotchi il y a quatre ans. Le dernier doublé en patinage messieurs, discipline à la hiérarchie mouvante, remontait à l’Américain Dick Button, en 1948 et 1952.

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Le public japonais, chez lequel la passion pour les patineurs dépasse parfois les limites du raisonnable, trouvait une deuxième raison de s’embraser avec la médaille d’argent de Shoma Uno, 20 ans seulement. En bronze, l’Espagnol Javier Fernandez enfonce un coin dans la suprématie asiatique – cinq des six premiers sont nés en Asie ou sont d’origine asiatique, pour les Américains Nathan Chen et Vincent Zhou. Il y a quatre ans, l’histoire de Yuzuru Hanyu était celle d’un patineur de 19 ans ayant dû, trois ans plus tôt, fuir la patinoire locale sans déchausser ses lames en raison du séisme et du tsunami au large de Fukushima.
Les six quadruples sauts de Nathan Chen
A Pyeongchang, Yuzuru Hanyu a fait la démonstration d’une volonté et d’un physique hors norme, puisqu’il arrivait sans la moindre compétition dans les jambes depuis trois mois. Le 9 novembre, il s’était blessé aux ligaments de la cheville droite en tentant un quadruple lutz à l’entraînement. « J’ai juste pensé : “Patine”. Pensé à patiner toute la journée, chaque jour, chaque semaine. Et j’ai gardé la foi. » Le quadruple, réalisé pour la première fois en compétition il y a trente ans, est le compagnon infidèle du patineur contemporain. Nécessitant six dixièmes de seconde en lévitation et martyrisant les chevilles, les pieds, les genoux et les épaules, elle est pour autant la figure absolue, indispensable et traîtresse. Le « quad » est la nouvelle pomme de discorde du patinage artistique masculin.

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Yuzuru Hanyu n’est pas le maître incontesté de la quadruple rotation. Mais il est celui qui, à Pyeongchang, a trouvé le meilleur équilibre entre la prise de risque et la réussite. Celui que l’on donnait favori pour l’or était l’Américain Nathan Chen, surnommé « The quad king ». Il en a fait l’élément essentiel de son patinage, mais en rate plus d’un sur trois en compétition.

   


Cette tendance lui a coûté une médaille olympique : deux erreurs sur ses « quads » du programme court l’avaient relégué à la 17e place. Il a alors relevé la difficulté d’un programme libre somptueux, ponctué de six « quads », dont cinq bien exécutés – une première dans l’histoire du patinage. Chen a remporté le libre et est remonté à la cinquième place, à huit points de la médaille. Athlète exceptionnel, Nathan Chen a relégué dans l’ombre les danseurs, les esthètes aux transitions déliées et aux suites de pas enchanteresses.
Ceux que certains observateurs considèrent comme les véritables artistes parce qu’ils suscitent une émotion plus forte, mais que les changements dans la méthode de notation ont tués. Parce que les scandales sur la notation subjective étaient incessants, l’International Skating Union (ISU) a introduit une méthode plus objective. Et parce que le verdict des Jeux olympiques de Vancouver, en 2010, a suscité un nouveau tollé, elle a renforcé l’importance des quadruples sauts.
« Le patinage doit récompenser le plus complet, et non le meilleur sauteur, non ? »
L’Américain Evan Lysacek y avait glané l’or devant le Russe Evgueni Plushenko sans passer un seul « quad » – il était le premier champion olympique dans ce cas depuis 1994. Plushenko et son quadruple saut pour rien avait tempêté : « Ceux qui ne font pas de quadruple ne sont pas des hommes. Ce n’est plus du patinage, c’est de la danse. » L’ISU a relevé la note des « quads » à une hauteur telle que ceux-ci constituent désormais l’essentiel des sauts réalisés par les meilleurs. Le Japonais Shoma Uno a ainsi devancé Javier Fernandez malgré une chute et une erreur sur deux de ses quadruples sauts. Son quadruple boucle terminé sur les fesses lui a rapporté plus de points qu’un triple boucle réussi par l’Espagnol. Comme si, en gymnastique, une figure difficile à la réception catastrophique pouvait valoir davantage qu’un saut bien exécuté : impensable.
« Si vous accumulez les quadruples dans un programme, ça met effectivement votre stabilité en danger, disait Uno lors de sa dernière conférence de presse avant les Jeux. Mais je ne veux pas montrer la perfection aux gens, je veux leur montrer que je progresse en tant que patineur. Donc je continuerai à faire des programmes difficiles. »
Plus réaliste que romantique
Le réalisme a pris le pas sur le romantisme, l’efficacité sur la perfection. Conséquence de cette prime au risque, Yuzuru Hanyu a remporté ses deux titres olympiques en ratant à chaque fois deux sauts : cette fois, ce fut un quadruple boucle piqué lui coûtant une main sur la glace et un triple lutz mal réceptionné. « Le patinage doit récompenser le plus complet, et non le meilleur sauteur, non ? », faisait mine de s’interroger Javier Fernandez avant les Jeux.
Un discours qui se rapproche de celui d’Evan Lysacek, pour toujours associé à l’absence de quadruple - une figure qu’il n’avait pourtant ôté de son programme olympique qu’en raison d’un problème physique : « Si c’était un concours de saut, il n’y aurait pas de musique, ils vous donneraient 10 secondes pour faire votre meilleur saut et ça s’arrêterait là. Je ne sais pas pourquoi certains sont si attachés à un seul élément. C’est un pas sur quatre minutes et quarante secondes de patinage », plaidait-il en 2010.
L’ISU s’interroge aussi. Elle envisage maintenant de réviser à la baisse le nombre de sauts autorisés et la valeur des quadruples . Mais la prochaine frontière, estiment les entraîneurs, sera bientôt franchie : celle du quadruple axel, ajoutant une demi-rotation, et un jour le quintuple saut.
Yuzuru Hanyu sera-t-il de cette ère-là ? L’usure qu’imposent les « quads » sur le corps des patineurs raccourcit les carrières mais le double champion olympique n’a que 23 ans. Les Winnie l’Ourson n’ont peut-être pas fini de pleuvoir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-8"> ¤ Dans sa chronique, Philippe Mesmer, journaliste au « Monde » revient sur les relations entre la France et la Corée, durablement installées depuis le XIXe siècle.
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JO 2018 : La Corée, objet d’une « fascination profonde cachée » en France

Dans sa chronique, Philippe Mesmer, journaliste au « Monde » revient sur les relations entre la France et la Corée, durablement installées depuis le XIXe siècle.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 08h10
    |

            Philippe Mesmer (Séoul, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Chronique. « COR ». Les amoureux des détails olympiques auront sans doute remarqué le code pays retenu pour l’équipe féminine unifiée coréenne de hockey sur glace engagée aux Jeux olympiques de Pyeongchang. Comme en 1991 aux championnats du monde de tennis de table et lors de la coupe du monde de football des moins de 19 ans, la formation réunissant des joueuses des deux Corées, il n’était pas question d’employer le code pays KOR, habituellement dévolu au Sud, ou le PRK réservé au Nord. Les trois premières lettres du français (langue officielle des JO) « Corée » ont donc été retenues. Pour symbolique qu’il soit, ce choix rappelle que les relations franco-sud-coréennes se portent bien, comme en témoigne le succès en 2016-2017 de l’année France-Corée et, en 2016, l’admission comme observateur de la Corée du Sud à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF).

En France, l’intérêt pour la Corée se développe depuis la fin des années 2000, sous l’effet de la Hallyu (la « vague coréenne »), culture populaire incluant entre autres la K-Pop et qui « a fait de la Corée du Sud une véritable puissance culturelle », écrit dans l’intéressante galerie de portraits Les Sud-Coréens (Ateliers Henry Dougier, 2017) Frédéric Ojardias, correspondant à Séoul (RFI, Médiapart, La Croix). Le nombre de résidents français en Corée du Sud a doublé en une dizaine d’années pour dépasser les 4 000. « Ce sont surtout des 18-30 ans », observe Benjamin Joinau, directeur de la très active maison d’édition les Ateliers de Corée, par ailleurs co-auteur avec l’artiste Elodie Dornand de Rouville des Croquis de Corée (Ateliers de Cahiers, 2016) dont la traduction anglaise a intéressé les organisateurs des JO qui souhaitaient pour les volontaires un guide présentant l’essentiel de la culture coréenne.
Refuge pour opposants
M. Joinau rappelle toutefois que l’intérêt des Français pour la péninsule est ancien....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-9"> ¤ La Tchèque était venue à Pyeongchang pour gagner en snowboard. Elle a surpris tout le monde en décrochant une médaille d’or en ski, dans le Super-G.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

JO d’hiver 2018 : la snowboardeuse Ledecka s’impose en ski alpin

La Tchèque était venue à Pyeongchang pour gagner en snowboard. Elle a surpris tout le monde en décrochant une médaille d’or en ski, dans le Super-G.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 07h33
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 12h17
    |

            Clément Guillou (envoyé spécial à Pyeongchang, Corée du Sud)








                        



   


Les organisateurs, sur les réseaux sociaux, avaient déjà attribué l’or du Super-G à l’Autrichienne Anna Veith, comme il y a quatre ans. Lindsey Vonn avait commis une faute de trop, Tina Weirather amenait une médaille d’argent au Liechtenstein et Tessa Worley, à deux secondes et demie de la vainqueure, avait eu le temps de confier sa déception à la télévision.
Et soudain, l’improbable : pour un centième de seconde, la Tchèque Ester Ledecka devançait sur la ligne Anna Veith et réalisait l’exploit le plus imprévisible de cette première semaine des Jeux olympiques.

🇨🇿⛷ Ester Ledecka championne olympique du Super-G ! C'EST LA SENSATION !! #PyeongChang2018  #Francetvsport #Ski https://t.co/6mJVPM8z0m— francetvsport (@France tv sport)


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Car Ester Ledecka était bien venue aux JO pour gagner une médaille, mais en snowboard, discipline dont elle est double championne du monde. Déjà en lice sur le slalom géant jeudi (23e), elle est la seule à être inscrite aux JO en ski alpin et en snowboard, sur le slalom parallèle. Son meilleur résultat en Coupe du monde de ski alpin était jusqu’à présent une septième place en descente.
L’information selon laquelle elle avait emprunté les skis de Mikaela Shiffrin a été nuancée auprès du New York Times par la mère et entraîneure de l’Américaine, pour qui il s’agissait uniquement de skis de la même marque. Ledecka a indiqué n’utiliser que des skis déjà utilisés précédemment par d’autres skieuses.
« OK, là, c’est bizarre »
Après sa course historique, elle a avoué n’avoir pas compris tout de suite ce que voulait dire la lumière verte à l’arrivée, demandant à sa mère si elle avait raté une porte. « Je me disais : “OK, ils vont changer le temps, j’attends un peu, ils vont ajouter des secondes.” Je fixais l’écran et il ne se passait rien, tout le monde criait, donc j’ai commencé à me dire : “OK, là, c’est bizarre”. »
En conférence de presse, elle refusera d’enlever son masque en se justifiant très simplement :
« Je ne m’attendais pas à venir ici. Je ne suis pas préparée comme les autres filles, je n’avais pas de maquillage ».

When you win #gold in #alpineskiing Ladies' Super-G and you go to the press conference... #PyeongChang2018… https://t.co/RQ6awOjyFB— Olympics (@Olympics)


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Avant même de remporter le Super-G, Ester Ledecka avait tout pour être une star des JO de Pyeongchang. Parce qu’elle est exubérante et surtout parce que sa pratique de deux disciplines différentes, sur les mêmes JO, est une première historique.
« Si elle jouait au golf et au tennis au niveau auquel elle pratique le ski et le snowboard, elle serait une personnalité aux Etats-Unis et sur “SportsCenter” [émission télévisée d’ESPN] tous les soirs, disait l’Américain Justin Reiter, son entraîneur de snowboard, dans un portrait consacré à la Tchèque par le New York Times. Je pense qu’elle est l’une des plus grandes athlètes vivantes. »

   


« Je ferai les deux, ce sera comme ça et pas autrement »
« Depuis le début, les gens me disent : “Tu ne peux pas faire les deux, tu dois te spécialiser ou tu n’atteindras jamais le plus haut niveau”, disait-elle au quotidien américain. Depuis que j’ai 14 ans, mes entraîneurs me disent : “Tu dois faire un choix et bla-bla-bla.” Je leur réponds : “Je ferai les deux, et si ça t’ennuie, je trouverai un autre entraîneur parce que ce sera comme ça et pas autrement.” »
« Mon entraîneur de ski et de snowboard se refilent la garde en permanence »
La Tchèque tente de répartir ses entraînements à parité en ski et en snowboard, par blocs de trois semaines et en fonction du calendrier des compétitions. Elle dispose d’un entraîneur pour chaque discipline mais le reste de son encadrement – technicien matériel et physiothérapeute – l’accompagne partout. « Je ne sais pas faire uniquement l’un des deux. Pour moi, [travailler les deux] est normal, a-t-elle expliqué samedi. C’est comme quand un père et une mère se confient leurs enfants : mon entraîneur de ski et celui de snowboard se refilent la garde en permanence. »
Les entraîneurs de la Tchèque voient des avantages à sa polyvalence. Selon Reiter, Ledecka lit mieux les parcours que les autres snowboardeuses grâce à la complexité des descentes de ski alpin. Et grâce à sa pratique des planches, elle a « une manière plus créative de comprendre la montagne et les prises de carre ».

Jusqu’à samedi, Ledecka pensait être meilleur snowboardeuse que skieuse. Désormais, elle se dit prête à revoir son jugement. Elle le vérifiera samedi prochain, lors de la phase finale du slalom parallèle de snowboard. La descente est sacrifiée au profit des qualifications de snowboard, le lendemain.
Grand-père hockeyeur et père compositeur
Ester Ledecka devrait devenir, avec cette médaille d’or – la première pour la République tchèque dans ces Jeux –, la plus célèbre de sa famille. Ce n’était pas le cas jusqu’alors. Son grand-père était un hockeyeur de haut niveau, médaille olympique en 1964 et 1968. Son père, Janek Ledecky, est un compositeur renommé en République tchèque pour ses chants de Noël et ses comédies musicales dont l’une, Hamlet, fut un succès en Corée du Sud, relate le New York Times. L’extrait vidéo suivant pourrait faire tousser les amateurs de l’œuvre shakespearienne.

A la sixième place de ce Super-G, l’Américaine Lindsey Vonn s’est pour une fois fait voler la vedette. Alors qu’elle était partie la première, une erreur sur la fin du parcours lui a coûté non seulement le podium, mais peut-être la médaille d’or. La skieuse américaine de 33 ans, en pleurs à l’arrivée, tentera de se rattraper lors de la descente, mercredi.

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                Aux JO, la skieuse américaine Lindsey Vonn se mue en avocate du « girl power »



La Française Tessa Worley est 27e à 2 secondes et 43 centièmes. Romane Miradoli (19e), Jennifer Piot (20e) et Tiffany Gauthier (22e) confirment les difficultés du groupe féminin de vitesse, en manque d’expérience.

JO d’hiver 2018 : le programme, les médailles et toute notre couverture
- Comment suivre les compétitions sur LeMonde.fr et ailleurs
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- 10 chiffres pour tout savoir sur les JO d’hiver 2018
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Nota bene : Une première version de cet article mentionnait le fait qu’Ester Ledecka disputait sa première saison de Coupe du monde. C’est en réalité sa troisième saison à ce niveau.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-10"> ¤ Yuzuru Hanyu a remporté l’or en individuel, quatre ans après sa victoire à Sotchi. Aucun patineur de l’avait fait depuis 1952.
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JO d’hiver 2018 : en conservant l’or, le Japonais Hanyu est dans l’histoire du patinage artistique

Yuzuru Hanyu a remporté l’or en individuel, quatre ans après sa victoire à Sotchi. Aucun patineur de l’avait fait depuis 1952.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 07h24
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 08h04
   





                        



   


Aucun patineur artistique n’avait réussi à faire ce qu’a fait Yuzuru Hanyu, depuis l’Américain Dick Button en 1948 et 1952. Le Japonais a remporté, quatre ans après sa victoire aux JO de Sotchi, l’épreuve masculine de patinage artistique.
Dans un palais des glaces de Gangneung où les Japonais étaient légion, Hanyu a mis un terme à tout suspense avec le deuxième meilleur score en programme libre, après avoir signé de loin le meilleur en programme court, la veille. Le tout après être revenu d’une sale blessure à la cheville droite, il y a à peine trois mois.
Le Japonais Shoma Uno (306,90 points) et l’Espagnol Javier Fernandez (305,24 points) complètent le podium. Pour la première fois depuis 2002, un pays, le Japon, place deux patineurs artistiques sur un podium olympique. Et pour la première fois dans son histoire, l’Espagne est récompensée dans cette discipline grâce à son sextuple champion d’Europe, dont c’était les derniers JO,

   


L’Américain Nathan Chen, 5e, a réalisé une des plus belles remontées de l’histoire du patinage après un programme court catastrophique. Il est devenu le premier patineur à placer 6 quadruple sauts dans son programme, dont 5 ont été parfaitement notés.
Pour un connaisseur de longue date comme le journaliste Nelson Monfort, qui commente le patinage pour France Télévisions, la fin de la compétition a représenté « les plus beaux 45 minutes de l’histoire du patinage ». Pour l’ancien patineur Philippe Candeloro, à ses côtés aux commentaires, c’était « la plus belle compétition masculine de l’histoire du patinage ». 

La plus belle compétition masculine de l histoire du patinage (Ph Candeloro)...suivez ce chef d œuvre aujhui Sur no… https://t.co/KuLHaCiZDB— n_monfort (@Nelson Monfort)


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JO d’hiver 2018 : le programme, les médailles et toute notre couverture
- Comment suivre les compétitions sur LeMonde.fr et ailleurs
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤ Hanyu a gardé l’or en individuel, ce qu’aucun patineur n’avait fait depuis 1952. Le podium de ski slopestyle, promis à Tess Ledeux, s’est rempli sans elle.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

JO d’hiver 2018 - le récap : le patineur japonais Hanyu dans l’histoire, la chute de Tess Ledeux et la sensation tchèque en ski

Hanyu a gardé l’or en individuel, ce qu’aucun patineur n’avait fait depuis 1952. Le podium de ski slopestyle, promis à Tess Ledeux, s’est rempli sans elle.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h49
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 09h41
    |

            Luc Vinogradoff








                        


En attendant les épreuves de la journée du 17 février – le relais dames 4x5 km de ski de fond, le patinage à vitesse sur piste courte et, surtout, la mass start dames au biathlon (à suivre en direct sur LeMonde.fr dès midi) –, on vous résume ce qu’il s’est passé cette nuit aux Jeux olympiques de Pyeongchang, en Corée du Sud : une immense surprise sur les pentes du Super G, une chute sur les pentes du ski slopestyle et un concours de patinage pour l’histoire.
Le Japonais Yuzuru Hanyu conserve son titre olympique

   


Aucun patineur artistique n’avait réussi à faire ce qu’a fait Yuzuru Hanyu, depuis l’Américain Dick Button en 1948 et 1952. Le Japonais a remporté, quatre ans après sa victoire aux JO de Sotchi, l’épreuve masculine de patinage artistique.
Dans un palais des glaces de Gangneung où les Japonais étaient légion, Hanyu a mis un terme à tout suspense avec le deuxième meilleur score en programme libre, après avoir signé de loin le meilleur en programme court, la veille. Le tout après être revenu d’une sale blessure à la cheville droite, il y a à peine trois mois.
Le Japonais Shoma Uno (306,90 points) et l’Espagnol Javier Fernandez (305,24 points) complètent le podium. Pour la première fois depuis 2002, un pays, le Japon, place deux patineurs artistiques sur un podium olympique. Et pour la première fois dans son histoire, l’Espagne est récompensée dans cette discipline grâce à son sextuple champion d’Europe, dont c’était les derniers JO.

        Le compte rendu :
         

          Yuzuru Hanyu dans l’histoire du patinage



Sensation en Super G avec l’or inattendu de la Tchèque Ledecka

   


C’est un tremblement de neige qui a eu lieu sur les pentes du centre alpin de Jeongseon. Alors que toutes les favorites étaient parties lors du Super G, dont l’Américaine Lindsey Vonn, l’Autrichienne Anna Veith était solidement sur la première place du podium. A tel point qu’en ligne, les organisateurs lui attribuaient déjà la médaille d’or. Et puis la Tchèque Ester Ledecka, dossard 26, est descendue : un centième de seconde de mieux que Veith, pour une médaille d’or inattendue, et c’est un euphémisme.
Car Ester Ledecka était venue aux JO pour gagner une médaille, mais en snowboard, discipline où elle est double championne du monde. Elle a la particularité d’être inscrite en ski alpin et en slalom parallèle. Son meilleur résultat en Coupe du monde d’alpin, qu’elle dispute pour la première fois, était jusqu’à présent une septième place en descente. Autant dire que personne, sauf peut-être elle, ne l’attendait.
En argent, un centième de seconde derrière donc, Anna Veith, la championne en titre de la discipline qui doit se demander ce qui lui arrivée. En bronze, Tina Weirather ramène la première médaille au Liechtenstein. Les cinq premières se tiennent en 16 centièmes.

        Le compte rendu
         

          Ester Ledecka, la Tchèque venue de nulle part au Super G



Une chute et pas de podium pour Tess Ledeux

   


Le comité olympique français avait dit, avant les JO, que le pays viserait une vingtaine de médailles à Pyeongchang. Une nouvelle désillusion est venue rappeler que cet objectif sera de plus en plus difficile à atteindre alors qu’on entre dans la deuxième semaine de compétition.
Tess Ledeux, championne du monde du ski slopestyle, était attendue sur le podium olympique, par beaucoup sur la première place, en ski slopestyle. Mais la benjamine de la délégation, 16 ans, n’a même pas passé les qualifications, avec un premier run moyen et un deuxième run magnifique, mais annihilé par une chute à la fin.
« Je fais un premier run avec beaucoup d’erreurs, mais ça m’a mis en confiance », a-t-elle dit après la course.
« Le deuxième run, c’est un des plus beaux de ma vie, mais je prends trop de vitesse sur le dernier saut, et je tombe. C’est dur à accepter, mais c’est un sport aléatoire. Je suis déçu, mais je vais m’en remettre. »
« C’est dur parce qu’elle n’était pas stressée, a dit l’autre Française, Lou Barin, elle aussi éliminée en qualifications. Et que contrairement à moi, elle était super bien sur les entraînements »
Le score premier score de Ledeux, 69,40 points, ne sera pas suffisant pour qu’elle soit parmi les 12 qualifiées pour la finale, qui s’est terminée par un doublée suisse Sarah Hoefflin en or et Mathilde Gremaud en argent, avec la Britannique Isabel Atkin en bronze, la première médaille en ski de l’histoire de la Grande-Bretagne.

AIEEEEE !!! Tess Ledeux chute à son deuxième run et amenuise ses chances de qualification en finale !!!! 😱… https://t.co/k62E8B0hoK— francetvsport (@France tv sport)


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-12"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
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Réforme du bac, démission de Zuma, JO d’hiver : les infos à retenir cette semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h37
    |

            Mathilde Damgé








                        


JO : une semaine et sept médailles françaises
Après la cérémonie d’ouverture du 9 février, les épreuves ont commencé pour les athlètes aux Jeux olympiques (JO) de Pyeongchang (Corée du Sud), malgré un froid polaire et des vents violents qui ont conduit à repousser plusieurs épreuves. En marge du sport, les JO ont aussi favorisé un rapprochement entre les deux Corées. Une équipe unifiée a même concouru en hockey sur glace féminin.
Au tableau des médailles, l’Allemagne faisait vendredi la course en tête, avec neuf titres. La France se classait 7e, avec trois breloques en or pour Martin Fourcade (poursuite en biathlon), Perrine Laffont (ski de bosse) et Pierre Vaultier (snowboardcross).

        Récap’ :
         

          Jeux olympiques d’hiver 2018 : toutes les médailles de la France



Nordahl Lelandais avoue le meurtre de Maëlys
Après avoir clamé son innocence pendant cinq mois et demi, Nordahl Lelandais, l’unique suspect dans la disparition de Maëlys, survenue dans la nuit du 26 au 27 août 2017 lors d’une fête de mariage au Pont-de-Beauvoisin (Isère), a avoué mercredi qu’il avait tué l’enfant de 8 ans « involontairement ».
Sur ses indications, les gendarmes ont pu retrouver le corps de la fillette. L’enquête a avancé grâce à la découverte d’une tache de sang retrouvée en désossant la voiture du suspect. Pour Richard Marlet, ancien chef du service régional d’identité judiciaire de Paris, l’affaire souligne l’« importance de l’exploitation des traces » et le rôle de la police scientifique.

        Le point sur l’affaire :
         

          Affaire Maëlys : ce que l’on sait et ce que l’on ignore encore



La réforme du bac se précise
Trois semaines après la remise d’un rapport avançant des pistes radicales pour réformer le baccalauréat et l’organisation du lycée, Jean-Michel Blanquer a présenté ses arbitrages, mercredi : du nouveau lycée imaginé par l’universitaire Pierre Mathiot, le ministre de l’éducation nationale a retenu l’architecture générale – fin des séries, moins d’épreuves (cinq en incluant celle anticipée de français) –, tout en livrant une déclinaison a minima des modalités du contrôle continu, enjeu pourtant central.

        Lire aussi :
         

                Réforme du bac : qui sont les candidats à l’examen ?



Oxfam : les déflagrations d’un scandale sexuel
L’ancien archevêque sud-africain Desmond Tutu, prix Nobel de la paix, a annoncé jeudi qu’il renonçait à son rôle d’ambassadeur pour l’association Oxfam, éclaboussée par un scandale sexuel. D’autres personnalités avaient déjà pris leurs distances avec l’ONG, dont plusieurs employés sont accusés de viols au cours de missions humanitaires au Soudan du Sud, d’abus sexuels au Liberia et d’avoir, entre autres, fait appel à des prostituées en Haïti, ainsi qu’au Tchad. Dans la foulée de ces révélations, d’autres associations ont été mises en cause par d’anciens employés : Médecins sans frontières, International Rescue Committee…

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                Oxfam : portrait d’un géant de l’humanitaire



Le président sud-africain Jacob Zuma a démissionné
Après des semaines de tractations et de réunions, le chef de l’Etat, empêtré dans des scandales de corruption, a finalement cédé, mercredi, aux pressions de son parti. L’ANC (Congrès national africain) a imposé son nouveau chef, Cyril Ramaphosa. Après dix ans au pouvoir, Jacob Zuma quitte ses fonctions « avec effet immédiat » et perd aussitôt son immunité de chef d’Etat.

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                Démissions, coups d’Etat, élections… quelles transitions au pouvoir en Afrique ?



Meurtre de masse en Floride
Nicolas Cruz, un jeune homme de 19 ans, amateur d’armes à feu et proche des suprémacistes blancs, a ouvert le feu, mercredi, dans un lycée de Parkland, dans le sud-est de la Floride. Il a tué dix-sept personnes, enseignants, entraîneurs ou lycéens de son âge.
Arrêté une heure après son crime, il pourra être jugé, ce qui est rare, car les meurtriers se suicident en général après leur passage à l’acte. Il s’agit de la dix-huitième fusillade en milieu scolaire aux Etats-Unis depuis le début de l’année.
Et aussi
Terrorisme. Jawad Bendaoud, le logeur des djihadistes du 13-Novembre, a été relaxé. Deux autres prévenus ont été condamnés à des peines de prison ferme. Le parquet, qui avait requis des peines plus lourdes, a fait appel.
Cahuzac. L’ancien ministre du budget, rejugé en appel, a expliqué les raisons qui l’ont poussé à faire de la fraude fiscale.
Agressions sexuelles. Sous le mot-clé #mosquemetoo, des musulmanes dénoncent des agressions sexuelles subies à La Mecque.Scandale alimentaire. Après deux premières plaintes, l’association Foodwatch porte plainte à son tour contre Lactalis dans l’affaire du lait contaminé.Service national. L’exécutif maintient l’objectif de rétablir un service national obligatoire et universel, remis en cause un temps par la ministre des armées.Transparence. La justice a été saisie de la déclaration de patrimoine du député Thierry Robert. La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique doute de l’exhaustivité, de l’exactitude et de la sincérité de la déclaration de fin de mandat établie fin 2016 par l’élu réunionnais.Migrants. Une centaine de travailleurs sans papiers se sont mis en grève en Ile-de-France : ils s’opposaient au projet de loi immigration qui veut pénaliser le travail sous une autre identité, et réclament d’être régularisés.
Disparitions
Morgan Tsvangirai. L’homme politique zimbabwéen, éternel adversaire de Robert Mugabe, est mort mercredi à 65 ans.Daniel Vernet. Le journaliste, ancien directeur de la rédaction du Monde, est mort à 73 ans.Jacques Hébert. Le compagnon de la Libération, ancien maire de Cherbourg et député, est mort jeudi à 97 ans.Henrik de Danemark. Le mari de la reine Margrethe II, d’origine bordelaise, est mort mardi.Asma Jahangir. La militante pakistanaise des droits de l’homme est morte à l’âge de 66 ans, a annoncé sa famille, dimanche 11 février.Michiko Ishimure. L’écrivaine japonaise, qui s’était fait connaître en révélant la contamination au mercure de la mer de Shiranui, au Japon, est morte samedi 10 février.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-13"> ¤ Après une sensation en Super G avec la victoire inattendue de la Tchèque Ledecka, le Japonais Hanyu a clôturé la nuit en remportant la médaille or en patinage.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-14"> ¤ Son plus vieux rival, Rafael Nadal, reprend du service à Acapulco, du 26 février au 3 mars, avec la ferme intention de lui ravir la place.
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A 36 ans, Roger Federer redevient numéro un mondial du tennis

Son plus vieux rival, Rafael Nadal, reprend du service à Acapulco, du 26 février au 3 mars, avec la ferme intention de lui ravir la place.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 22h12
   





                        



   


A 36 ans et 6 mois, Roger Federer écrit une nouvelle page de l’histoire du tennis en devenant le joueur le plus âgé à être couronné numéro un mondial. Le Suisse n’a eu qu’à se hisser en demi-finales du tournoi de Rotterdam, vendredi 16 février, pour chiper ce record à Andre Agassi. L’Américain avait atteint le sommet de l’ATP en 2003, à l’âge de 33 ans.
Face à la star locale, le Néerlandais Robin Haase, 42e mondial, Federer a sans doute joué le quart de finale le plus stressant de sa carrière, le visage fermé. Mais, au terme de 3 sets et d’un peu plus d’une heure de jeu (4-6, 6-1, 6-1), il s’est envolé une nouvelle fois dans la dimension exceptionnelle des records.
Tout comme le 28 janvier à Melbourne, où il a porté à vingt le record de trophées du Grand Chelem, il s’est laissé aller à beaucoup d’émotions. Après avoir salué son adversaire puis le public, il est allé s’asseoir sur sa chaise et a mis sa tête entre ses mains pour pleurer. Il a essuyé ses larmes pour afficher un sourire ému.
« Etre numéro un mondial, c’est l’aboutissement suprême dans notre sport. C’est fou. C’est un rêve devenu réalité », a dit le joueur.
Federer a poursuivi cette quête durant plus de cinq ans, sans jamais renoncer, avec obstination et la passion du jeune débutant pour déloger de brillants perturbateurs tels Andy Murray et Novak Djokovic. Mais surtout son plus vieux rival, Rafael Nadal.
Roger Federer peut pleinement savourer ce retour au sommet. Mais cela ne pourrait être que de courte durée. Nadal revient dans le jeu en principe à Acapulco (26 février-3 mars) avec la ferme intention de redevenir le roi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-15"> ¤ La star américaine, dont la notoriété dépasse le cadre de son sport, entre en lice ce samedi lors de l’épreuve du super-G.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/02/2018
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Aux JO, la skieuse américaine Lindsey Vonn se mue en avocate du « girl power »

La star américaine, dont la notoriété dépasse le cadre de son sport, entre en lice ce samedi lors de l’épreuve du super-G.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 20h00
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 12h09
    |

            Clément Guillou (Envoyé spécial à Pyeongchang, Corée du Sud)








                        



   


L’Amérique a peur. Elle visait aux Jeux olympiques (JO) d’hiver de Pyeongchang, et pour la première fois depuis 1932 (Lake Placid, à domicile), la première place du tableau des médailles. Mais elle a vécu une mauvaise journée, vendredi 16 février, avec les échecs de Nathan Chen en patinage (17e du programme court), de Lindsey Jacobellis au snowboardcross (la Française Julia Pereira de Sousa a décroché l’argent) et de la chouchoute des médias américains, Mikaela Shiffrin – la jeune femme n’a terminé que quatrième du slalom, son épreuve favorite, au lendemain de son titre olympique en géant.
Avec seulement huit médailles – dont cinq en or –, les Américains ont pris un retard considérable sur les Allemands (neuf titres).
Une valeur sûre s’élançait enfin samedi. La star de ces JO, la seule dont la notoriété dépasse le cadre du sport. A 33 ans, Lindsey Vonn est sans conteste la plus grande skieuse de l’histoire, à la fois par l’empreinte laissée et par son palmarès : 81 victoires en Coupe du monde dans les cinq disciplines, à cinq longueurs du Suédois Ingemar Stenmark.
Et c’est pour le battre qu’elle continuera au moins une saison après les JO, aussi longtemps que ses genoux lui permettront de gagner. Sa trace dans l’histoire olympique est toutefois modeste : un titre et une médaille de bronze à Vancouver (Canada), en 2010.
Le sens du spectacle
Pyeongchang est l’occasion pour elle « d’ajouter un point d’exclamation à [sa] carrière », en remportant le titre en descente, mercredi 21, sur une piste qui lui convient parfaitement. L’Américaine se dit en forme et gonflée de confiance. Elle a raté la médaille en super-G, samedi 17, finissant à la 6e place, et elle disputera aussi le combiné dans une semaine.

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                Ski : Lindsey Vonn décroche sa 79e victoire en Coupe du monde



Sans pour l’instant chausser une seule fois ses skis, Lindsey Vonn a déjà réussi à faire parler d’elle à Pyeongchang. Lors de sa conférence de presse d’introduction, devant des journalistes du monde entier, elle a mis en scène sa chienne Lucy, engendrant une avalanche de reprises médiatiques. Ses larmes à l’évocation de son grand-père, mort en novembre 2017, ont aussi fait les délices des télévisions américaines. Elle les a séchées avec de longs gants noirs, enfilés pour ne pas attraper un virus dans le centre de presse de ces JO.
Lindsey Vonn a le sens du spectacle. Cela a toujours été le cas, depuis son avènement, il y a plus de dix ans. Il lui a permis d’être la skieuse la mieux payée du monde, sous contrat avec de multiples sponsors.
Elle est aussi la plus « scarifiée » et ses retours de blessure – cinq opérations de 2006 à 2016 – font aujourd’hui sa légende, au-delà de son palmarès. Une publicité diffusée par NBC durant le Super Bowl, en amont des JO, montre ses chutes, ses cicatrices et son travail physique sur fond de « Girl On Fire », que la chanteuse Alicia Keys revendique comme un hymne féministe.
« Après ma victoire aux Jeux olympiques de Vancouver, je n’avais pas confiance en moi. Je défilais sur les tapis rouges, devant les photographes, et j’ai réalisé que j’étais bien plus massive que tout le monde. J’avais l’impression de devoir perdre du poids pour me conformer à l’image de l’athlète américaine filiforme »
Selon un schéma tristement connu des sportives de haut niveau, ses premiers succès ont été attribués à son entraîneur et mari, l’ancien skieur Thomas Vonn. Un homme de neuf ans son aîné, rencontré alors qu’elle était encore mineure, et à l’emprise énorme. Elle l’a quitté sans qu’il s’y attende, en 2011.
Elle a ensuite ouvert sa vie privée au regard des paparazzis, notamment durant ses deux années comme concubine du golfeur Tiger Woods, jusqu’à son tweet du 14 février dans laquelle la célibataire disait chercher un compagnon pour la Saint-Valentin. Elle l’a fait en dépit de ceux qui voyaient là une façon d’attirer l’attention sur autre chose que ses performances sportives :
« Ma carapace s’est endurcie au fil des années et plus aucune méchanceté sur les réseaux sociaux ne m’atteint. »
La blonde du Minnesota, aux cheveux interminables, toujours impeccablement apprêtée et si souvent dévêtue dans les magazines, n’était pas a priori l’archétype de la défenseure de la cause féministe. C’est pourtant elle qui, aujourd’hui, défend le girl power.
La promotion de son livre de conseils nutritifs et d’entraînement (Strong is the New Beautiful, Marabout, 2017), a été l’occasion de montrer son corps musculeux et scarifié dans les magazines, afin, selon elle, de faire changer les canons de beauté.
« Après ma victoire aux Jeux de Vancouver, je n’avais pas confiance en moi, écrit-elle. Je défilais sur les tapis rouges, devant les photographes, et j’ai réalisé que j’étais bien plus massive que tout le monde. J’avais l’impression de devoir perdre du poids pour me conformer à l’image de l’athlète américaine filiforme. »
Interrogée récemment par le magazine Outside sur son inspiratrice, Lindsey Vonn a répondu Billie Jean King, championne des droits des femmes dans le sport : « Elle a fait des choses incroyables ; le fait de jouer contre un homme est la chose la plus admirable, la plus grande que j’ai vue de la part d’une femme. »

   


« Déplacer des montagnes »
Si son propre combat pour disputer une descente avec les hommes a pu sembler, en 2013, un coup publicitaire, elle semble en avoir fait une question de principe. Plus grande et musculeuse que ses adversaires féminines, Lindsey Vonn descend depuis 2009 avec des skis d’hommes, s’entraîne avec les Norvégiens et semble persuadée de pouvoir faire bonne figure face à eux sur la descente de Lake Louise (Canada), son jardin.
Lorsque la Fédération internationale lui a proposé d’ouvrir une descente masculine, sans chronométrer son temps, elle a évidemment décliné.
Ses absences prolongées du circuit depuis trois ans lui ont permis de lancer sa fondation, qui vise à « donner la force à plus de filles de suivre leurs rêves ». Le mouvement, dirigé par sa sœur Laura, finance les projets sportifs et éducatifs d’adolescentes et a pour devise :
« Donner confiance aux femmes du monde entier pour déplacer des montagnes. »

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En bonne logique, elle a déjà annoncé qu’en cas de titre olympique, elle répondrait négativement à une invitation de Donald Trump à la Maison Blanche : « J’espère représenter le peuple américain et non le président. (…) Je veux bien représenter notre pays. Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de monde dans le gouvernement actuel qui le fasse. »
Les Etats-Unis, que ses propos ont divisés, lui pardonneront si elle fait résonner le Star Spangled Banner à Pyeongchang.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-16"> ¤ Absente il y a quatre ans à Sotchi, Lindsey Vonn fait son entrée à Pyeongchang sur le Super-G.
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La gazette des JO d’hiver : lycéenne en argent, Winnie l’ourson et virus fantôme

Absente il y a quatre ans à Sotchi, Lindsey Vonn fait son entrée à Pyeongchang sur le Super-G.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 18h36
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 19h17
    |

                            Corentin Lesueur








                        



   


C’était aujourd’hui
Au lendemain du deuxième titre olympique de Pierre Vaultier en snowbardcross, les Françaises avaient rendez-vous au parc de neige Phoenix. Une breloque était attendue dans le camp tricolore, mais pas forcément celle-ci. Julia Pereira de Sousa, 16 ans et seulement une saison de Coupe du monde dans les jambes, a pris l’argent au terme d’un run final très serré. La septième médaille française dans ces Jeux. Candidate à la victoire, sa compatriote Chloé Trespeuch n’a pris que la cinquième place de l’ultime manche, remportée par la favorite, l’Italienne Michaela Moioli.

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Très ému au micro de David Sandona, Maurice Manificat était frustré et déçu de sa 5e place
— francetvsport (@France tv sport)


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Pour quatre petites secondes, Maurice Manificat a raté le podium du 15 km du ski de fond. Le Français, leader de la spécialité en Coupe du monde, a pris la cinquième place, comme lors de l’épreuve de skiathlon. La course a été dominée par le Suisse Dario Cologna, désormais quadruple champion olympique.
Le géant en poche, la question était de savoir si Mikaela Shiffrin parviendrait à repartir de Pyeongchang lestée de trois morceaux d’or, voire plus. Pour tous, le slalom dames se résumerait à une bataille pour les deux dernières marches du podium, la première revenant de droit à l’Américaine. La skieuse du Colorado n’est pourtant pas parvenue à conserver son titre sur les pentes de Yongpyong. Vainqueure de sept des dix épreuves disputées entre les piquets cette saison et leader de la Coupe du monde, elle a échoué au pied de la boîte, à quatre dixièmes de la nouvelle championne olympique, Frida Hansdotter (Suède).

   


Programmé entre les deux manches du slalom féminin, le Super-G hommes a été remporté par Matthias Mayer. Titré à Sotchi (2014) en descente, l’Autrichien a pris le dessus sur Beat Feuz (Suisse) et Kjetil Jansrud (Norvège). Quatrième, Blaise Giezendanner a créé la sensation. Le Chamoniard, qui n’avait jamais fait mieux qu’une huitième place en Coupe du monde, a devancé Aksel-Lund Svindal, récent vainqueur de la descente.
C’est au programme
La nuit commencera dans les airs, avec l’épreuve féminine de ski slopestyle, à 2 heures. Au Monde, on sera attentifs aux runs de Lou Barin et Tess Ledeux.
Quatre ans après avoir renoncé aux Jeux de Sotchi, Lindsay Vonn fait son entrée à Pyeongchang. L’Américaine, championne olympique de la descente en 2010, disputera le Super-G, programmé à 3 heures. Quatre Françaises seront de la partie : Tiffany Gauthier, Romane Miradoli, Jennifer Piot et Tessa Worley.
Une fois n’est pas coutume, trois tricolores seront sur le pied de guerre en short-track. Tifany Huot-Marchand et Véronique Pierron ouvriront le bal à 11 heures, avec les séries du 1 500 mètres du patinage de vitesse version courte piste. Thibaut Fauconnet disputera lui les quarts de finale du kilomètre, dès 11 h 44 (on ne peut pas faire plus précis).
Vous l’avez senti vous aussi qu’il manquait quelque chose aujourd’hui, non ? Le cliquetis des armes, les tribunes à moitié vides, les frissons de notre chef de service. Le biathlon reprend enfin ses droits. Le coup d’envoi de la mass-start femmes (12,5 km) sera donné à 12 h 15. Anaïs Bescond, Justine Braisaz, Anaïs Chevalier et Marie Dorin-Habert tenteront d’empêcher Laure Dahlmeier d’empocher un troisième titre.
C’est dit
« Je pense qu’après la première manche, j’ai voulu me trouver une excuse. »
Très loin de son niveau habituel, Mikaela Shiffrin ne s’est pas défilée à l’issue du slalom dames. Après la première manche, la skieuse du Colorado avait d’abord avoué souffrir de « quelque chose qui ressemble à un virus » pour expliquer les vomissements au départ de la course. Honnête, elle est finalement revenue sur ses propos à l’arrivée : « Je ne me sens pas malade maintenant, je ne crois pas que j’ai un virus. »

   


C’est vu
Une pluie de peluches Winnie l’Ourson. Il ne s’agit pas du dernier rêve d’un ami amateur de substances prohibées mais des offrandes du public pour saluer la prestation de Yuzuru Hanyu, en patinage artistique. Mais pourquoi donc jeter le petit ursidé au polo rouge taille XXXS ? Selon une source proche du dossier, plus jeune, le Japonais avait pour grigri une boîte de mouchoirs à l’effigie du jovial animal.

   


Le champion du monde en titre n’a pas volé les petites attentions du public : il a pris la tête de la compétition à l’issue du programme court, devant Javier Fernandez (Espagne). Au Monde, on s’interroge tout de même sur la raison de laisser Winnie l’Ourson dans son emballage avant son grand saut sur la glace.

   


On vous voit d’ici crier au scandale, dénoncer la position de hors-jeu du hockeyeur suédois ou en appeler à la goal-line technology pour statuer sur la position du palet. Ce but est parfaitement valable. Et ne nous demandez pas pourquoi. Il n’y avait de toute façon pas match dans le duel scandinave. Les Suédois ont écrasé leurs voisins norvégiens (4-0) pour leur entrée dans le tournoi messieurs.
C’est (pas) chic Corée

   


Le Comité international olympique (CIO) a fait le ménage en plein Jeux. L’organisation a contraint l’un de ses membres à quitter Pyeongchang, vendredi 16 février. Adam Pengilly, 40 ans, vice-champion du monde de skeleton en 2009 et élu au CIO en 2010, a dû faire ses bagages, après une altercation avec un agent de sécurité. Reconnaissant l’incident et présentant ses excuses dans une lettre adressée à l’individu, le Britannique a été banni des Jeux olympiques et a été invité à quitter le territoire sud-coréen dans la foulée.

Le porte-parole du CIO prévenant des journalistes sur Twitter pour les avertir du dérapage d'un membre du CIO. Pend… https://t.co/V9EFa1LzLK— JeuneGuillou (@Clément Guillou)


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La célérité de la sanction infligée par le CIO a surpris, en comparaison avec les longues – et graves – procédures engagées contre des membres toujours en place. Adam Pengilly, au CIO depuis 2010, était l’un des élus les plus critiques de la politique menée par le président de l’instance, Thomas Bach (Allemagne), s’opposant notamment au traitement de l’affaire russe de dopage organisé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-17"> ¤ Tout juste âgée de 16 ans, la Française a obtenu la médaille d’argent du concours de snowboardcross, vendredi, aux Jeux olympiques de Pyeongchang.
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JO d’hiver 2018 : Julia Pereira, surprise argentée du boardercross français

Tout juste âgée de 16 ans, la Française a obtenu la médaille d’argent du concours de snowboardcross, vendredi, aux Jeux olympiques de Pyeongchang.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 14h56
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 15h03
    |

            Clément Martel (Pyeongchang, Corée du Sud, envoyé spécial)








                        



   


L’image résume tout. Alors que Julia Pereira de Sousa-Mabileau saute sur le podium et serre le poing gauche, Chloé Trespeuch passe devant elle la tête basse. Arrivée cette année au sein de l’équipe de France, la première – 16 ans et des poussières – s’est adjugé l’argent lors de la finale du snowboardcross dames, vendredi 16 février, aux Jeux olympiques de Pyeongchang. Son aînée, en bronze à Sotchi, a vu ses rêves de titres se briser en finale, terminant à la 5e place.
« Je n’arrive pas à réaliser, c’est incroyable », souffle la vice-championne olympique extatique, redescendue de son podium mais pas de son nuage. Et de s’exclamer quand on lui décline son nouveau CV argenté : « Ça me donne envie de pleurer. » Et pleurer, elle l’avait déjà fait, sitôt franchie la ligne d’arrivée.
« T’as 16 ans, et maintenant t’as une médaille olympique »
« Ma première réaction, ça a été de chialer, j’en pouvais plus, raconte la benjamine de l’équipe de France de boardercross, chaleureusement félicitée par son illustre aîné Pierre Vaultier à l’arrivée. Je me suis dit : “T’as 16 ans, t’en as rêvé, et maintenant t’as une médaille olympique”. C’est énorme. »
Meilleure équipe de la planète avec quatre filles classées parmi les toutes meilleures mondiales, c’est peu dire qu’un attendait des médailles en bleu-blanc-rouge, vendredi, du côté du snowboardcross. Tout juste sacré pour une seconde fois, jeudi, Pierre Vaultier confessait « beaucoup croire en les chances de cette équipe, composée d’individualités remarquables ». En revanche, ni lui ni personne n’avait prévu que Julia tirerait son épingle du jeu d’une épreuve où les cartes sont perpétuellement rebattues. A part elle.
Avec toute la fraîcheur de sa jeunesse, la camarade de classe de Tess Ledeux (une autre chance de médaille française samedi, en ski slopestyle) avait prévenu en arrivant à Pyeongchang : pas question de débarquer sur la pointe des pieds, elle « [pensait] clairement à la médaille ».
Elle plaque le ski pour le snow à 9 ans
La rideuse d’Isola 2000 est décidée et directe. « Elle est aussi joueuse et dans ce sport il faut être joueuse, explique Luc Faye, directeur du snowboard hexagonal. Elle ne se pose pas de questions. » Un avantage au snowboardcross, discipline simple à comprendre (le premier arrivé en bas a gagné) mais ardue à exécuter. C’est mathématique : lorsque six concurrentes dévalent en même temps une piste faite de creux et de bosses large de quelques mètres, à moins de stratégie minutieuse et d’une maîtrise totale de sa trajectoire, il y a des chances de finir les genoux dans la neige.
A l’âge de 9 ans, la jeune fille de Saint-Cézaire-sur-Siagne (Alpes-Maritimes) décide de planter spatules et bâtons pour se focaliser sur la planche sur neige. Elle expliquait en décembre à Ski Chrono avoir choisi d’abandonner le ski, qu’elle pratique depuis ses 2 ans, sur un coup de tête. « J’étais en cours de ski et ça s’est mal passé. J’étais furieuse lorsque je suis allée voir ma maman en pleurant pour lui dire que je voulais m’orienter sur le snowboard. »
Pour le plus grand bonheur de l’équipe de France. En obtenant un podium à l’âge de 16 ans, 4 mois et 26 jours, Julia Pereira est devenue la plus jeune médaillée française des JO d’hiver. Pourtant, sa journée avait mal débuté.
Face aux meilleures de la discipline
« Je n’étais vraiment pas bien, en plus j’avais froid, expliquait-elle après la finale. Et une fois que le premier run [manche] est passé, ça m’a mis un coup de chaud. » Seule Française à devoir passer par la seconde manche de qualifications pour se hisser en quarts de finale, la jeune fille y parvient, et enchaîne les manches efficaces jusqu’en finale. Entre-temps, Charlotte Bankes et Nelly Moenne-Loccoz ont été éliminées de leur demi-finale. Seule Chloé Trespeuch l’accompagne, côté français, face aux meilleures de la discipline. Championne olympique en titre, leader de la Coupe du monde, ancienne s’étant maintenue au meilleur niveau… Les cinq concurrentes de Pereira étaient des pointures.
Mais les aléas du snowboardcross ont favorisé la jeune fille. Bien partie, Chloé Trespeuch a été contrainte de choir pour éviter Julia Pereira en retombant d’un saut, hypothéquant ses chances de médailles. « Sur la dernière table, je reviens un peu à l’aspi, et en l’air, je vois que je suis juste au-dessus de Julia et qu’il y a des chances que je la fauche, donc je m’écrase un peu », a développé la médaillée de bronze olympique (à Sotchi, en 2014), abattue par son échec.
Marquées par leur résultat, décevant pour elles, les « anciennes » de l’équipe (Trespeuch a 24 ans, Bankes 22 et Moenne-Loccoz 27), étaient à peine réconfortées par la médaille de leur benjamine. « C’est une consolation, concède Charlotte Banks. Ça montre le travail du staff de l’équipe de France. C’est la petite jeune qui sort, et vraiment elle a bien ridé aujourd’hui, donc c’est cool. Mais les autres, on est un peu toutes déçues. »
Julia Pereira de Sousa-Mabileau compte bien profiter de son succès dans un sport, après tout, individuel. « Je ne me cacherai pas ma joie, on parle des JO, c’est une médaille olympique. Je suis tellement fière de ce que j’ai fait. »

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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-18"> ¤ Cette Russo-Britannique de 44 ans a monté en urgence une campagne de financement participatif pour aider Elisabeth Revol et Tomasz Mackiewicz, en perdition au Nanga Parbat fin janvier.
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Masha Gordon, l’ange-gardien des alpinistes en péril dans l’Himalaya


                      Cette Russo-Britannique de 44 ans a monté en urgence une campagne de financement participatif pour aider Elisabeth Revol et Tomasz Mackiewicz, en perdition au Nanga Parbat fin janvier.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 14h40
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 14h54
    |

            Patricia Jolly








   


L’histoire du sauvetage d’Elisabeth Revol sur les pentes vertigineuses de la « montagne tueuse » a fait le tour du monde. Adam Bielecki et Denis Urubko, les deux himalayistes stars qui ont gravi à une vitesse record des pentes du Nanga Parbat, de nuit, pour la retrouver vers 6 000 mètres d’altitude, affamée, assoiffée, les pieds et les mains gelées, ont été partout célébrés.
Ils ont été les jambes et les bras qui ont permis de sauver la vie de la Française dans des conditions météorologiques épouvantables. Mais le rôle capital d’une femme, depuis Chamonix, est passé beaucoup plus inaperçu dans cette histoire désormais inscrite dans les annales de l’alpinisme.
Il fallait agir, et vite
Tout a commencé, pour Masha Gordon, dans la nuit du 25 au 26 janvier. Son sang s’est glacé quand elle a reçu un SMS lancé comme une bouteille à la mer par l’époux d’Elisabeth Revol, qui lui a appris que l’alpiniste française de 37 ans et son compagnon de cordée polonais, Tomasz Mackiewicz, étaient en perdition sur le flanc du neuvième sommet le plus haut du monde (8 125 mètres), qu’ils avaient atteint quelques heures plus tôt. Il fallait agir. Et vite.



Son expérience de gestionnaire d’actifs dans la finance internationale a permis à cette Russo-Britannique de 44 ans de se muer en « sauveteuse 2.0 ». En quelques minutes, elle a monté, par le biais du site GoFundMe, l’opération de financement participatif en ligne qui a réuni 157 000 euros et permis de sauver son amie, mais pas « Tomek », trop mal en point à 7 200 mètres d’altitude.
« Notre objectif initial était de 15 000 euros pour assurer le décollage de deux hélicoptères, et nous avons atteint 50 000 euros en six heures », raconte-t-elle, estimant que « 80 % de la somme totale levée provient de la diaspora polonaise ». Sans ce coup de pouce financier, jamais les deux hélicoptères de l’armée pakistanaise n’auraient décollé pour aller chercher l’équipe de sauvetage improvisée, qui préparait l’ascension du K2 (8 611 m) tout proche.

   


Les chemins de Masha Gordon et d’Elisabeth Revol n’auraient jamais dû se croiser. Elisabeth, la passionnée des sommets, a fait partie des équipes jeunes de la Fédération française de la montagne et de l’escalade, et est professeure de sport en disponibilité dans le collège de la Drôme où elle a suivi sa propre scolarité.
Masha, elle, est née dans le Caucase. Diplômée de l’école de journalisme de Moscou, elle a d’abord pigé pour le bureau russe du Washington Post, avant d’étudier la finance aux Etats-Unis, où elle a notamment officié pour la banque d’investissement internationale Goldman Sachs, avant de rallier le Royaume-Uni, où elle a épousé un Britannique, l’ex-directeur général du LibDem (parti des démocrates libéraux), Tim Gordon.

        Lire aussi :
         

                L’alpiniste Elisabeth Revol fait le récit de son sauvetage sur le Nanga Parbat



C’est la montagne qui a gommé les différences entre les deux femmes. Il y a huit ans, à l’occasion d’un congé de maternité de six mois, la Russo-Britannique, persuadée d’être « nulle en sport » et « incapable de courir 5 kilomètres », s’est installée à Chamonix, où un ami l’a initié à l’alpinisme. Elle y a découvert une « autre addiction » que celle des marchés boursiers. Cette « citoyenne du monde », comme elle se définit, s’est rapidement sentie à l’étroit dans le massif du Mont-Blanc.
Le grand chelem des explorateurs
En 2015, avec ses propres deniers, elle s’est embarquée dans le grand chelem des explorateurs, qui consiste à gravir les sommets les plus élevés de chaque continent et à rallier à skis les deux pôles. Elle a bouclé le défi en mai 2016 par l’ascension avec oxygène de l’Everest (8 848 m) dans le cadre d’expéditions commerciales à la logistique parfaitement huilée.
De retour en Europe, Masha Gordon a créé, en septembre 2016, une organisation caritative, Grit & Rock, pour encourager les jeunes filles des faubourgs défavorisés de Londres à « crever le plafond de glace », en s’émancipant par la montagne. Sa fondation propose aussi des bourses (pour un total de 10 000 dollars) pour aider des projets de première ascension portés par des femmes. Elle se souvient parfaitement du courriel envoyé par Elisabeth Revol.
Amitié naissante lors d’une expédition au Makalu
Elle est tombée sous le charme du CV de cette Française qui, dans un relatif anonymat, a, entre autres, enchaîné en solo et sans apport d’oxygène artificiel le Broad Peak (8 051 m), le Gasherbrum I (8 080 m) et le Gasherbrum II (8 035 m), et à qui le Nanga Parbat résistait encore. « “Eli” écrivait que sa devise était de monter, toujours plus haut, sans jamais abandonner », sourit Masha Gordon, devenue son amie à l’été 2017, lors d’une expédition au Makalu (8 485 m).
Menacée d’amputation en raison de ses engelures, Elisabeth Revol n’a aujourd’hui qu’une idée en tête : aller à la rencontre des enfants de Tomek, âgés de 7, 8 et 9 ans. Les frais de sauvetage déduits, le solde de la cagnotte en ligne – environ 125 000 euros – leur reviendra.



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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-19"> ¤ Une semaine après l’ouverture des Jeux en Corée du Sud, nos journalistes Clément Guillou et Clément Martel ont répondu à vos questions.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-20"> ¤ A Sotchi, en 2014, les skieurs de fond norvégiens ont attribué leurs mauvaises performances au mauvais fartage de leur ski. Mauvaise foi ou le fart permet-il vraiment de skier plus vite ? Et si oui, pourquoi ?
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