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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ En réponse à un journaliste, Mateusz Morawiecki a évoqué, samedi, « des coupables polonais, de même qu’il y eut des coupables juifs, russes, des ukrainiens, et pas seulement des coupables allemands ».
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A Munich, le premier ministre polonais défend la loi controversée sur la mémoire de la Shoah

En réponse à un journaliste, Mateusz Morawiecki a évoqué, samedi, « des coupables polonais, de même qu’il y eut des coupables juifs, russes, des ukrainiens, et pas seulement des coupables allemands ».



Le Monde
 |    17.02.2018 à 17h10
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 18h17
    |

            Thomas Wieder (Munich, envoyé spécial)








                        



   


La question est venue du fond de la salle. Elle a été posée par le journaliste d’investigation israélien Ronen Bergman, qui travaille au quotidien Yediot Aharonot, collabore au New York Times et vient de publier une histoire du Mossad, qui fait beaucoup de bruit (Rise and Kill first. The Secret History of Israel’s Targeted Assassinations, Random House, non traduit). Elle était destinée au premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, qui assistait, samedi 17 février, à la 54e Conférence de Munich sur la sécurité.
Rappelant qu’il était lui-même le fils d’une rescapée de la Shoah, M. Bergman a interpellé M. Morawiecki sur la loi mémorielle controversée, adoptée récemment à Varsovie, qui pénalise « l’attribution à la nation ou à l’Etat polonais, en dépit des faits, de crimes contre l’humanité ». Un texte qui a suscité les protestations de plusieurs pays dont les Etats-Unis et Israël, ainsi que l’indignation des historiens du monde entier, mais dont le président polonais, Andrzej Duda, a malgré tout annoncé la promulgation, le 6 février.

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« Si je raconte l’histoire de ma mère en Pologne, je serai considéré comme un criminel. Que cherchez-vous à faire, au juste ? », a demandé M. Bergman. Dans la même salle où venaient de prendre la parole le ministre allemand des affaires étrangères, Sigmar Gabriel, la première ministre britannique, Theresa May, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et où s’apprêtait à monter à la tribune le premier ministre français, Edouard Philippe, la question a déclenché un tonnerre d’applaudissements.
« Ce ne sera pas punissable »
Assis sur la scène à côté du chancelier conservateur autrichien, Sebastian Kurz, qui est arrivé au pouvoir en même temps que lui, en décembre 2017, et dirige un gouvernement auquel participe le parti d’extrême droite FPÖ, M. Morawiecki a répondu le plus calmement du monde. « Ce ne sera pas punissable, ce ne sera pas regardé comme criminel de dire qu’il y eut des coupables polonais, de même qu’il y eut des coupables juifs, des coupables russes, des coupables ukrainiens, et pas seulement des coupables allemands », a-t-il affirmé, avant de justifier la loi portée par son gouvernement, dirigé par le parti nationaliste ultraconservateur Droit et justice (PiS).
Sur Twitter, quelques minutes plus tard, M. Bergman a commenté de ces quelques mots les propos de M. Morawiecki : « Sa réaction est incroyable. »
Le chef du gouvernement a poursuivi ses explications. « Les ambassades polonaises ont eu à réagir 260 fois pour la seule année 2017 à l’expression “camps de la mort polonais”, “camps d’extermination polonais”. Eh bien, mesdames et messieurs, il n’y a pas eu de camps de la mort polonais. Il y a eu des camps de la mort allemands nazis, et le simple fait d’avoir à l’expliquer aujourd’hui est la conséquence de notre histoire. Pendant cinquante ans après la fin de la seconde guerre mondiale, quarante-cinq pour être précis, nous n’avons pu plaider notre cause. Il n’y avait pas d’Etat polonais indépendant », a dit M. Morawiecki.
Policer l’historiographie
Insistant sur l’aide apportée par des Polonais « à leurs frères et sœurs juifs » pendant la guerre, il a conclu : « Bien sûr qu’il n’y aura aucune poursuite de gens qui disent qu’il y a eu des assassins polonais. Mais nous ne pouvons être d’accord avec le fait de mélanger les assassins avec les victimes, parce que cela serait une offense à tous les juifs et tous les Polonais qui ont durement souffert pendant la seconde guerre mondiale. »
Ce long développement du premier ministre polonais à Munich correspond à une volonté de Varsovie de défendre pied à pied sa réputation et sa volonté de policer l’historiographie, malgré la polémique qui a pourtant assombri ses bonnes relations avec Israël.

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Dans une lettre datée du 12 février, le président du Sénat polonais, Stanislaw Karczewski, a lancé un appel aux Polonais émigrés, afin qu’ils veillent à la bonne image de la patrie. « Je vous prie de documenter et de dénoncer toute manifestation d’antipolonisme, ainsi que les écrits ou opinions nous portant outrage, a-t-il écrit. Je vous prie d’informer nos ambassades, nos consulats ou les consuls honoraires de toute déclaration mettant en cause le bon renom de la Pologne. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ La première ministre a déclaré, samedi à Munich, que « le Royaume-Uni respectera la compétence de la Cour de justice européenne » en matière de sécurité.
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La concession majeure de Theresa May pour obtenir un traité de sécurité et défense avec l’UE

La première ministre a déclaré, samedi à Munich, que « le Royaume-Uni respectera la compétence de la Cour de justice européenne » en matière de sécurité.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 14h10
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 15h54
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Ce n’est qu’une minuscule phrase perdue au milieu d’un discours plutôt soporifique, mais elle amorce une nouvelle concession majeure de Theresa May dans la négociation sur le Brexit. Prenant la parole samedi 17 février au matin à la Conférence de Munich sur la sécurité, la première ministre britannique a appelé de ses vœux la signature, en 2019, d’un traité sur la sécurité entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE).
Ce texte devrait « respecter la souveraineté des systèmes juridiques du Royaume-Uni comme de l’UE », a-t-elle déclaré sans surprise. Mais, lorsque Londres coopérera avec Europol, ou le Système d’information Schengen (SIS) ou utilisera le mandat d’arrêt européen, « le Royaume-Uni respectera la compétence de la Cour de justice européenne [CJUE] », a ajouté Mme May.
Or, depuis octobre 2016, la première ministre a fait de la rupture avec la CJUE le symbole du retour à la souveraineté et une très nette « ligne rouge » dans les négociations avec les 27. Ce refus, réitéré à maintes reprises, contredisait sa volonté, elle aussi répétée, de poursuivre le maximum de coopération avec l’UE en matière de sécurité.
La CJUE tranche en effet les contentieux en la matière. Sans reconnaissance de la compétence de la CJUE, pas de participation britannique au mandat arrêt européen dont Mme May, ministre de l’intérieur entre 2010 et 2016, connaît l’efficacité pour accélérer l’extradition des délinquants.

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Appel à dépasser les « rigidités institutionnelles »
En une phrase, samedi, Theresa May a semblé abandonner sa rigidité sur ce point. « Nous devons trouver une formule solide et adaptée de résolution indépendante du contentieux », a-t-elle déclaré. À propos de l’échange des données, domaine crucial en matière de traque des criminels et de lutte contre le terrorisme, Mme May a aussi reconnu que Londres continuerait à respecter les règles de l’UE après le Brexit.
Pour masquer ces reculades, la première ministre a mis en avant la puissance des services secrets britanniques et le budget militaire du Royaume-Uni, qui comptent parmi ses principaux atouts dans la négociation sur le Brexit. Mme May les a abattus en adressant une menace à peine voilée à l’Union européenne. « À l’époque où nous vivons, aucun d’entre nous ne peut permettre que notre coopération soit entravée, que la sécurité de nos citoyens soit mise en danger par une concurrence entre partenaires, des rigidités institutionnelles et des idéologies bien ancrées », a-t-elle averti.
En position de faiblesse dans la négociation, Mme May appelle les 27 à dépasser leurs « rigidités institutionnelles » et à « faire ce qui est le plus utile, le plus pragmatique pour assurer notre sécurité collective ». D’où son souhait de négocier un traité sur la sécurité entre Londres et l’UE effectif « à partir de 2019 » (le Brexit est fixé au 29 mars 2019). Européens et britanniques « ne peuvent pas reporter cette discussion » et doivent « urgemment mettre en place un traité pour protéger tous les citoyens européens », a insisté Theresa May.

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40 % des dépenses européennes de R&D dans la défense
En quittant l’UE, les Britanniques devraient quitter toutes les institutions de coopération et d’échanges de renseignements comme Europol, le Système d’information Schengen (SIS) et le Centre de renseignements de l’UE, et perdre le bénéfice du mandat d’arrêt européen. Mettant en avant l’affaiblissement réciproque que produirait un tel retrait, Theresa May souhaite maintenir le Royaume-Uni dans ces mécanismes après le Brexit. « Nous voulons continuer cette coopération après avoir quitté l’UE », a-t-elle appuyé.
Une alerte sur cinq diffusée sur le SIS est émise par le Royaume-Uni, a-t-elle fait valoir. Le Royaume-Uni « est le seul membre de l’UE à dépenser 2 % de son PIB à la défense » (chiffre disputé avec la France) et pèse 40 % du total des dépenses européennes en matière de recherche et développement sur la défense, a-t-elle ajouté. D’où le « partenariat intense et privilégié » – une de ses expressions favorites valable en tout domaine - qu’elle souhaite conclure en tant que pays extérieur à l’UE.

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Le contenu d’un tel « partenariat » reste flou et la voie pour y parvenir n’est pas dénuée d’obstacles. Le Royaume-Uni a toujours rejeté l’idée d’« Europe de la défense » susceptible de mettre en cause la prééminence de l’OTAN, mais Mme May, soucieuse de préserver l’industrie britannique, souhaite bénéficier du Fonds européen de défense. Quant à la coopération en matière de renseignement et de police, elle reste également à négocier.
Le début de concession de Mme May sur la Cour de justice de l’UE pourrait faire bouger les lignes côté européen. Mais il pourrait aussi déclencher les foudres des ministres europhobes, prompts à rappeler ses fortes paroles à ce sujet. En janvier 2017, dans son discours de Lancaster House présentant ses objectifs pour le Brexit, n’avait-elle pas déclaré : « accepter un rôle pour la Cour de justice de l’UE, signifierait qu’elle conserverait son autorité légale directe dans notre pays. A tout point de vue, cela signifierait : ne pas quitter l’UE du tout ».

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ La volonté affichée par les Européens d’avancer concrètement sur le projet européen de défense irrite Washington.
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Le retour des inquiétudes américaines sur les projets de défense de l’UE

La volonté affichée par les Européens d’avancer concrètement sur le projet européen de défense irrite Washington.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 10h16
    |

            Sylvie Kauffmann (Munich, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

En 2017, la Conférence de Munich sur la sécurité (MSC) avait été ouverte par les ministres allemand et américain de la défense. Vendredi 16 février, ce sont deux ministres européennes, l’Allemande Ursula von der Leyen et la Française Florence Parly, qui ont été choisies pour ouvrir les travaux de cette 54e conférence annuelle. « Ce n’est pas par hasard », a souligné le grand ordonnateur de ces réunions, Wolfgang Ischinger, après avoir relevé que le monde se rapprochait dangereusement de conflits interétatiques. « Il y a une nouvelle détermination franco-allemande » à agir ensemble au sein de l’UE, « et il y a un sentiment d’urgence ».
M. Ischinger est trop poli pour observer dans le même souffle que l’an dernier, la délégation américaine avait laissé les Européens sur leur faim, un mois après l’entrée en fonction du président Trump. Un an plus tard, les Européens ont commencé à prendre les choses en main, mais ce sont à présent les Américains qui s’inquiètent, suivant un schéma assez classique dans l’Alliance atlantique : Washington demande à l’Europe de partager le fardeau de la défense, mais lorsque l’Europe augmente ses dépenses militaires et prend un peu d’autonomie, Washington se cabre.
« Un faux débat »
Les experts font état d’une « crispation » très nette des Etats-Unis depuis un mois, face à la volonté affichée par les Européens d’avancer concrètement sur le projet européen de défense. Cette crispation a été évoquée au cours de la réunion des ministres de la défense de l’OTAN à Bruxelles, les 14 et 15 février. Selon des participants, la réunion s’est cependant bien passée, la ministre française assurant que les initiatives européennes de défense pourraient aussi être utilisées pour l’Alliance.
Mais le sujet a refait surface vendredi à Munich. Mme Parly a défendu la nécessité pour l’Europe d’acquérir son « autonomie stratégique dans le bon sens du terme » et demandé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Les abus pour rejoindre les réseaux de cryptomonnaies se multiplient dans les entreprises russes, où l’électricité ne coûte pas cher.
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En Russie, des ingénieurs « minaient » des bitcoins dans un centre nucléaire

Les abus pour rejoindre les réseaux de cryptomonnaies se multiplient dans les entreprises russes, où l’électricité ne coûte pas cher.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 09h28
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Chronique. Des ingénieurs de l’Institut panrusse de recherche scientifique en physique expérimentale n’ont pas résisté à la tentation. Plusieurs d’entre eux ont été interpellés début février, après avoir tenté de « miner » du bitcoin sur les ordinateurs de ce centre nucléaire russe situé à Sarov, dans la région de Nijni-Novgorod. Même ici, dans cette ville fermée, autrefois connue sous son nom de code d’Arzamas-16, où fut mise au point « Tsar Bomba », la bombe nucléaire soviétique, dans l’un des endroits encore aujourd’hui les plus sécurisés de Russie, la monnaie virtuelle a fini par s’introduire.

« Il y a eu, en effet, une tentative d’utiliser les capacités informatiques à des fins personnelles, y compris pour gagner des bitcoins. Une enquête pénale a été ouverte », confirmait, un peu dépitée, Tatiana Zalesskaïa, porte-parole de l’Institut, citée le 9 février par l’agence Interfax. Le site, il est vrai, possède quelque atout. Le « minage », c’est-à-dire la création sur le réseau de cryptomonnaies, nécessite d’effectuer des calculs mathématiques complexes sur de puissants ordinateurs, très gourmands en énergie. Or, en 2011, le centre de Sarov s’était équipé d’un superordinateur, avec une capacité de calcul atteignant 1 pétaflop, ce qui en faisait alors l’un des plus puissants du monde. Seul problème : les machines n’étaient pas reliées à Internet – un obstacle vite résolu par les pros de l’atome. Le cours du bitcoin oscillait alors autour de 8 000 dollars (environ 6 000 euros à l’époque).
La chasse aux fraudeurs est ouverte

La folie du bitcoin pose un problème particulier en Russie, où l’énergie ne coûte pas cher. « Les abus deviennent de plus en plus fréquents », relève le journal économique Vedomosti. En décembre 2017, l’administrateur système de Vnoukovo, l’un des trois grands aéroports de Moscou, avait ainsi été repéré à cause des variations de tension dans le réseau interne que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Malgré la longue période de préparation qui a suivi la guerre d’indépendance de 1998-1999, le pays se montre toujours incapable d’offrir un avenir meilleur à sa population.
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L’inquiétant gâchis kosovar

Malgré la longue période de préparation qui a suivi la guerre d’indépendance de 1998-1999, le pays se montre toujours incapable d’offrir un avenir meilleur à sa population.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 18h13
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Analyse. L’Etat le plus jeune d’Europe devait fêter, samedi 17 février, ses 10 ans. Officiellement indépendant de la Serbie depuis 2008, le Kosovo va passer cet anniversaire dans une bien piètre situation.
Malgré la longue période de préparation qui a suivi la guerre d’indépendance de 1998-1999, le pays se montre toujours incapable d’offrir un Etat de droit fonctionnel, une souveraineté sur tout son territoire et surtout l’espoir d’un avenir meilleur à sa population. Tout cela malgré le soutien financier, diplomatique et sécuritaire considérable offert par les parrains européens et américains, qui ont toujours soutenu le processus d’indépendance face à la Serbie prorusse.
Vingt ans après la guerre, le bilan est sombre. Dans un pays très majoritairement albanophone, la minorité serbe ne se reconnaît pas dans les autorités de Pristina, la capitale. La région frontalière avec la Serbie, où ils sont majoritaires, au nord de Mitrovica, échappe d’ailleurs toujours de facto à la souveraineté du pays et est devenue une zone de non-droit où un important responsable politique serbe a pu être tué en pleine rue à la mi-janvier.
Malgré d’intenses et incessants pourparlers sous l’égide de l’Union européenne (UE), Belgrade refuse encore de reconnaître l’indépendance de son ancienne région. Et chaque avancée de ce dialogue est laborieuse. Les deux accords de normalisation, conclus en 2013 et 2015, sont mis en application à grand-peine : le Kosovo devrait, par exemple, enfin disposer de son propre code téléphonique à partir de cet été.
Un chômage effrayant
Pendant longtemps, les autorités kosovares ont pu à raison rejeter la faute sur la Serbie pour son manque de bonne volonté. Mais depuis la conversion pro-européenne de l’homme fort de ce pays, son président Alexander Vucic, celle-ci est nettement moins évidente.
Difficile d’envisager que la Serbie puisse entrer dans l’UE sans reconnaître le Kosovo, et Belgrade a envoyé des premiers signaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le « contrat de coalition » signé entre les conservateurs et les sociaux-démocrates allemands, le 7 février, entretient le flou sur toutes les questions d’ordre militaire.
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Europe de la défense : les divergences persistent entre Berlin et Paris

Le « contrat de coalition » signé entre les conservateurs et les sociaux-démocrates allemands, le 7 février, entretient le flou sur toutes les questions d’ordre militaire.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 10h17
    |

            Nathalie Guibert et 
Thomas Wieder (Munich, envoyé spécial)








                        



   


Officiellement, tout va pour le mieux entre Paris et Berlin sur les questions de défense. Tel est en tout cas le message que souhaitaient faire passer Florence Parly et Ursula von der Leyen, vendredi 16 février, à Munich. Invitées à ouvrir la 54e conférence annuelle sur la sécurité, qui se tient jusqu’à dimanche dans la capitale bavaroise, la ministre française des forces armées et son homologue allemande chargée de la défense pouvaient difficilement en faire plus pour se montrer à l’unisson.
« Nous avons le Rhin entre nous, mais le Rhin est un fleuve, ce n’est plus une véritable frontière », s’est ainsi enflammée Mme Parly à l’adresse de sa « chère Ursula », avant d’assurer qu’il n’y a pas « deux nations plus intégrées » que la France et l’Allemagne.
« Nous avons une brigade commune, des avions communs, des hélicoptères communs, et [lors du conseil des ministres franco-allemand du 13 juillet 2017] nous avons décidé que nous aurions demain aussi des drones communs, des canons communs, des avions de chasse communs », a ajouté la ministre française, promettant « une intensification encore plus grande de ce partenariat dans les prochains mois ».

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« L’Allemagne et la France sont prêtes à faire progresser ensemble le projet européen, et nous invitons tous les Européens à aller de l’avant avec nous », a lancé plus sobrement Mme von der Leyen, précisant qu’elle souhaitait que l’Europe, pour se défendre, puisse « se tenir sur ses propres jambes ». Une adresse clairement destinée à certaines personnalités présentes dans la salle, comme le secrétaire américain à la défense, James Mattis, ou le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. Mme Parly n’a pas dit autre chose en revendiquant elle aussi pour l’Europe « une autonomie stratégique » qui n’oblige pas « les Etats-Unis à venir à [son] chevet ».
Cette belle démonstration d’unité ne doit cependant pas masquer l’essentiel : la persistance de réelles divergences entre Paris et Berlin. Or celles-ci ne sont aucunement levées par le « contrat de coalition » signé entre les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates (SPD) allemands, le 7 février.
La Bundeswehr dans un état déplorable
« L’accord reste dans un flou artistique volontaire sur les sujets de défense », explique Barbara Kunz, de l’Institut français des relations internationales (IFRI). « La réponse de Berlin aux propositions de M. Macron sur la défense est très prudente, et on ne voit pas ce qui pourrait lever les désaccords ou les crispations qui existent entre la France et l’Allemagne sur ces sujets », ajoute Christian Mölling, du Conseil allemand des relations internationales.
Trois points, en particulier, posent problème. L’état de l’armée allemande, d’abord. L’accord de coalition promet certes de « renforcer la Bundeswehr ». Mais l’augmentation budgétaire prévue (de 38,75 milliards d’euros en 2018 à 42,65 milliards en 2021) est limitée.
« La vraie politique de défense allemande reste l’OTAN », selon Barbara Kunz, de l’Institut français des relations internationales
Si la trajectoire est respectée, le budget allemand de la défense représenterait 1,5 % du produit intérieur brut (PIB) du pays en 2021, contre 1,2 % aujourd’hui, loin de l’objectif de 2 % fixé par l’OTAN à ses membres d’ici à 2024. Or, s’il est entendu que celui-ci ne peut être atteint dans un si bref délai, le fait qu’il ne soit pas rappelé explicitement – une exigence du SPD, qui avait contesté le bien-fondé de cet objectif des 2 % pendant la campagne des législatives – jette un doute sur la volonté du prochain gouvernement allemand d’investir en faveur d’une Bundeswehr dans un état déplorable, dont aucun des six sous-marins n’est opérationnel et dont seuls 105 chars sur 244 sont utilisables…
En outre, le contrat de coalition ne permet pas de savoir à quoi ressemblera la future armée allemande. « On attend depuis des mois le plan de la Bundeswehr. Or celui-ci s’annonce comme un document à 110 % otanien, marquant un net retour à l’idée de défense territoriale. La vraie politique de défense allemande reste l’OTAN », analyse Mme Kunz.
Gommer tout accent martial
Dans cette optique, une vraie divergence de fond demeure avec la France. « Là où Macron souhaite une initiative européenne d’intervention autour d’un noyau dur de quelques Etats, l’Allemagne préfère rester dans le cadre de la “coopération structurée permanente” pour augmenter les capacités militaires de l’Union européenne [UE]. Dans ce domaine, le fossé entre Paris et Berlin s’est creusé plus qu’il ne s’est comblé ces derniers mois », observe M. Mölling.
La place importante accordée par Mme von der Leyen à l’aide au développement, vendredi, semblait clairement l’indiquer. Sans doute fallait-il y voir un message de politique intérieure.

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A la veille du vote des adhérents du SPD sur le « contrat de coalition », prévu du 20 février au 2 mars, la ministre de la défense, membre de la CDU, sait qu’elle a intérêt à gommer tout accent martial dans son discours, afin de ne pas hérisser la fibre pacifiste des sociaux-démocrates. « Dans le cadre de l’Europe de la défense, l’Allemagne va continuer à mettre l’accent sur le civil, et l’éternel débat entre opérations militaires et aide au développement perdurera », prédit déjà Mme Kunz.
Reste les exportations d’armements. Dans ce domaine, la volonté affichée de Berlin d’être encore plus strict pourrait remettre en question les projets qu’ont en commun l’Allemagne et la France sur les chars et les avions de combat. « Si on veut construire un char de combat ensemble, mais qu’on ne peut pas l’exporter, c’est un problème », résume Mme Kunz.

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Sur ce plan, l’accord entre le SPD et la CDU-CSU « ne règle absolument pas le problème », abonde M. Mölling. Une façon de souligner que, dans le domaine de la défense comme dans d’autres, tel l’avenir de la zone euro, le « nouvel élan pour l’Europe » qui a été choisi comme titre au programme de la future « grande coalition », qu’entend conduire la chancelière Angela Merkel, risque de rapidement se heurter au mur d’une réalité beaucoup moins lyrique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Relâché vendredi, Deniz Yücel, correspondant du quotidien allemand « Die Welt », a quitté le pays après l’intervention de la chancelière allemande, Angela Merkel.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/02/2018
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Turquie : six personnes condamnées à la perpétuité, un journaliste libéré

Relâché vendredi, Deniz Yücel, correspondant du quotidien allemand « Die Welt », a quitté le pays après l’intervention de la chancelière allemande, Angela Merkel.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 22h35
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 10h03
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Vendredi 16 février, la porte de la prison de Silivri, à 70 kilomètres d’Istanbul, s’est ouverte pour le correspondant du quotidien allemand Die Welt, Deniz Yücel, remis en liberté conditionnelle, mais s’est refermée définitivement sur six Turcs, dont trois journalistes, condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité.
Accusés d’avoir participé au putsch manqué du 15 juillet 2016 par leurs écrits et leurs déclarations, Ahmet Altan, ancien rédacteur en chef du quotidien Taraf, et les journalistes Mehmet Altan, Nazli Ilicak, ainsi que trois autres personnes, incarcérés depuis 2016, resteront en prison pour le restant de leurs jours, selon le verdict de « perpétuité aggravée » prononcé par le tribunal de Silivri. Les trois autres personnes condamnées sont l’ancien directeur du marketing du quotidien Zaman, Yakup Simsek, l’instructeur de l’académie de police Sükrü Tugrul Özsengül et le graphiste de Zaman Fevzi Yazici.
Plus chanceux que ses collègues, le journaliste turco-allemand Deniz Yücel a recouvré la liberté après l’intervention de la chancelière allemande, Angela Merkel, qui avait reçu, jeudi, le premier ministre turc, Binali Yildirim, à Berlin. « J’ai souligné pour la énième fois le caractère urgent de ce cas » qui a « terni nos relations et continue à le faire », avait souligné Mme Merkel.
Volonté d’Ankara d’aller à l’apaisement
Le journaliste, âgé de 44 ans, avait été arrêté le 14 février 2017 dans le cadre des purges déclenchées après le coup d’Etat manqué de juillet 2016. Sa détention empoisonnait la relation turco-allemande, sa libération dit la volonté d’apaisement d’Ankara.

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Se pliant aux décisions du pouvoir exécutif, le bureau du procureur général d’Istanbul a officialisé, vendredi, la remise en liberté de Deniz Yücel, tout en requérant en même temps entre quatre et dix-huit ans de prison contre lui pour « propagande pour le compte d’une organisation terroriste » et « incitation à la haine ». Le journaliste ne passera pas en procès. Vendredi soir, il s’est envolé à bord d’un avion privé pour l’Allemagne avec son épouse.
En réponse aux médias allemands qui demandaient si la libération avait été monnayée contre des livraisons d’armes, Rainer Breul, porte-parole du ministère des affaires étrangères, a exclu « qu’il y ait eu un quelconque deal ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le réseau social est accusé de pister les internautes, y compris lorsque ces derniers ne disposent pas de comptes sur le réseau social.
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Vie privée : Facebook condamné en Belgique

Le réseau social est accusé de pister les internautes, y compris lorsque ces derniers ne disposent pas de comptes sur le réseau social.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 18h43
   





                        


Nouvelle étape dans le bras de fer qui oppose depuis 2015 Facebook aux autorités belges : la justice a ordonné, vendredi 16 février, au réseau social de cesser de pister les internautes en Belgique sans leur consentement.
Facebook doit « cesser de suivre et d’enregistrer l’utilisation d’Internet des personnes surfant de Belgique », écrit le tribunal néerlandophone de première instance de Bruxelles, dans un communiqué. Le tribunal a également ordonné que Facebook supprime toutes les données « obtenues illégalement ».
La justice reproche à Facebook une utilisation trop intensive des « cookies », des microfichiers qui conservent les données ou les habitudes des internautes et continuent de les pister, qu’ils possèdent ou non un compte. La Commission de la protection de la vie privée (CPVP) et le tribunal ont aussi évoqué les boutons « J’aime » ou « Partager » présents sur Facebook et que l’entreprise met aussi à disposition sur des sites tiers. Même si « vous n’avez jamais visité le site de Facebook auparavant, Facebook peut suivre votre comportement de navigation, sans que vous vous en rendiez compte », souligne le tribunal.
Pour Facebook, un mécanisme de sécurité
Facebook a toujours expliqué que ce mécanisme de sauvegarde de leur activité sur Internet lui permettait de différencier les véritables utilisateurs des robots qui arpentent la Toile. Mais pour le tribunal, « Facebook ne nous informe pas suffisamment sur le fait qu’il recueille des informations sur nous, sur la nature des informations qu’il recueille » et « sur ce qu’il fait de ces informations », une exigence majeure du droit européen, et donc belge, sur les données personnelles.
Le réseau social doit se conformer à la décision sous peine d’une astreinte de 250 000 euros par jour pouvant atteindre 100 millions d’euros. Facebook a d’ores et déjà décidé de faire appel.
« Nous sommes bien sûrs très satisfait que la Cour ait pleinement suivi notre position. Facebook vient justement de lancer une grande campagne publicitaire dans laquelle il affirme que la vie privée est très importante. Nous espérons que cela va désormais se traduire dans la réalité », s’est réjouie la CPVP dans un communiqué.
Le contentieux entre la CPVP et Facebook a commencé en 2015 : après la publication d’un rapport sur les cookies utilisés par Facebook, l’autorité de protection des données avait assigné le réseau social. En référé, la justice avait donné raison à la CPVP, avant qu’une cour d’appel, siégeant toujours en référé, n’annule la décision pour des raisons techniques. C’est la première fois que l’affaire est jugée sur le fond.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ L’homme politique néerlandais, célèbre pour sa longévité à la tête du pays, est mort le 14 février, à l’âge de 78 ans
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Ruud Lubbers, ex-premier ministre des Pays-Bas, est mort

L’homme politique néerlandais, célèbre pour sa longévité à la tête du pays, est mort le 14 février, à l’âge de 78 ans



Le Monde
 |    16.02.2018 à 17h12
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Ses compatriotes l’avaient baptisé « le Sphinx ». Ruud Lubbers fut effectivement un homme mystérieux, surtout célèbre pour avoir été, durant près de douze années, premier ministre des Pays-Bas. Une performance inégalée dans un pays où les coalitions vécurent ensuite des périodes très agitées. Ce pragmatique, né le 7 mai 1939, à Rotterdam, et formé à l’école des jésuites, était réputé pour sa capacité à inventer des solutions à tous les problèmes. Il est mort le 14 février, à Rotterdam, à l’âge de 78 ans.
Il est encore peu connu du grand public quand ses collègues de l’Appel chrétien-démocrate (CDA), le parti qui domina longtemps la vie publique néerlandaise, le propulsent au premier plan. Les Pays-Bas ne sont pas, à l’époque, les champions de la flexibilité, de l’austérité budgétaire et des exportations record. Comme d’autres Etats européens, ils doivent gérer le déclin de secteurs industriels traditionnels comme la construction navale ou le textile.
Un « jeune homme d’affaires au sens pratique »
Ministre de l’économie dans le cabinet dirigé, entre 1973 et 1977, par le socialiste Joop Den Uyl, Ruud Lubbers se prépare alors à être l’artisan de grandes réformes. Ce conservateur a aussi démontré son ouverture d’esprit en se rangeant à l’idée défendue par la gauche d’une légalisation des drogues douces, une décision qui fit scandale ailleurs en Europe.
En 1982, il devient premier ministre et, assez rapidement, le monde anglo-saxon salue les performances de cet adepte revendiqué du concept de « no-nonsense », à savoir une politique « orientée résultats » ne s’embarrassant pas de considérations inutiles. Dans ses mémoires, Margaret Thatcher le qualifie de « jeune homme d’affaires au sens pratique » et s’étonne qu’un dirigeant continental la dépasse en audace en abaissant d’un seul coup les salaires des agents de la fonction publique de 3,5 %, histoire d’attaquer de front la question du déficit budgétaire.
Les grèves consécutives...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ La peintre allemande est invitée à Rome avec la plasticienne italienne Tatiana Trouvé.
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Katharina Grosse ressuscite les pins parasols de la Villa Médicis

La peintre allemande est invitée à Rome avec la plasticienne italienne Tatiana Trouvé.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 15h58
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 16h13
    |

                            Emmanuelle Lequeux (Rome)








                        



                                


                            

Les pins parasols de la Villa Médicis, c’était comme une signature dans le ciel de Rome. S’élançant de la colline de la Trinité-des-Monts, ils faisaient partie de l’ADN de l’institution, enclave française en Italie. Mais voilà, un jour, il a fallu se résoudre à abattre ceux qui étaient malades et menaçaient de contaminer le parc. « Pour les Romains, c’était un peu comme si on leur arrachait le cœur », confie Chiara Parisi, chargée de la programmation artistique à la Villa, sous la direction de Muriel Mayette.

Les artistes peuvent-ils réparer ce genre de blessure ? La Franco-Romaine en est convaincue. Mais elle a tout de même été épatée par la proposition de Katharina Grosse, qu’elle avait invitée en duo avec la plasticienne italienne Tatiana Trouvé : la peintre allemande, experte en débordements en tout genre, s’est emparée des souches des pins arrachés, elle les a aspergées de peinture, avant de les traîner jusqu’aux salles d’exposition. Elles y sont désormais disposées en une sorte de bûcher joyeux, enflammées de pigments.
Etre dans la peinture, plutôt que devant : voilà l’expérience que propose la plasticienne, réputée pour ses interventions colossales et qui joue souvent à l’échelle de la ville plutôt que du chevalet. Etre sur la peinture, plutôt que devant : un escalier recouvert d’un tissu polychrome y invite, aussi pétulant que casse-gueule. Pluie de pourpre, vagues carmin, plis et replis émeraude, cette toile convoque le corps tout entier et mène vers les œuvres de sa complice Tatiana Trouvé. « Nos deux univers sont formellement très éloignés, mais nous partageons beaucoup d’affinités, et une vraie amitié », résume l’artiste, qui s’était faite discrète depuis sa somptueuse rétrospective au Mamco de Genève, en 2014.
Avec le feu de la peinture
Quand Grosse couvre de couleurs, Trouvé compose en transparences ; quand la première joue avec le feu de la peinture, la seconde manipule fer, verre, et imaginaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Depuis octobre, l’ex-premier ministre a retrouvé une influence en Espagne. Il est devenu le plus fervent défenseur de l’unité espagnole face aux séparatistes catalans.
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Manuel Valls, Ibère médiatique


                      Depuis octobre, l’ex-premier ministre a retrouvé une influence en Espagne. Il est devenu le plus fervent défenseur de l’unité espagnole face aux séparatistes catalans.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 14h46
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 15h05
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                              

                        

Ils se sont bousculés pour être sur la photo avec Manuel Valls. La numéro deux du gouvernement espagnol, Soraya Sáenz de Santamaria, la secrétaire générale du Parti populaire (PP, droite au pouvoir) et ministre de la défense María Dolores de Cospedal ou encore le ministre de l’intérieur, Juan Ignacio Zoido, ont fait le déplacement à Saint-Sébastien, ce samedi 3 février, pour assister à l’hommage rendu à l’ancien premier ministre français. L’ex-chef du gouvernement José María Aznar et son épouse, Ana Botella, qui fut maire de Madrid, étaient là aussi. Sans oublier le porte-parole de la formation libérale et antinationaliste Ciudadanos, Juan Carlos Girauta, la secrétaire générale du Parti socialiste basque, Idoia Mendia, et même le président de la petite formation d’extrême droite Vox, Santiago Abascal.
Un tel cortège pour assister à la remise du prix Gregorio-Ordóñez, du nom d’un député conservateur basque assassiné par les séparatistes d’ETA en 1995, décerné cette année à Manuel Valls, c’est tout simplement exceptionnel.
« Le séparatisme est la pire chose qui peut arriver à une démocratie. » Manuel Valls
Depuis que la crise catalane a explosé, le député de l’Essonne a retrouvé de l’autre côté des Pyrénées une part de l’influence, ou du moins de l’intérêt médiatique, qu’il a perdu en France. Ses prises de position tranchées contre la « sédition » des indépendantistes catalans, en faveur du respect de « l’Etat de droit » et de la Constitution, sur les dangers du nationalisme et du séparatisme, en défense de « la démocratie espagnole » en ont fait l’un des plus fervents défenseurs de l’unité de l’Espagne. Un ancien premier ministre français né à Barcelone, qui parle espagnol et catalan, connaît le sujet personnellement et y apporte une dimension internationale pour en conclure que « le séparatisme est la pire chose qui peut arriver à une démocratie » : les unionistes ne pouvaient pas rêver meilleur ambassadeur.

La...




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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Les dirigeants européens divergent sur l’opportunité de relancer le processus d’adhésion des pays de la région, alors que Serbie, Monténégro, Macédoine, Albanie, Bosnie-Herzégovine et Kosovo affrontent de multiples crises.
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Balkans : l’UE face au dilemme de l’élargissement

Les dirigeants européens divergent sur l’opportunité de relancer le processus d’adhésion des pays de la région, alors que Serbie, Monténégro, Macédoine, Albanie, Bosnie-Herzégovine et Kosovo affrontent de multiples crises.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 13h11
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 19h54
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Morne ambiance. A Strasbourg, mardi 6 février, la salle de presse du Parlement européen est aux trois quarts vide, tandis qu’à Bruxelles, dans celle de la Commission, connectée en visioconférence, l’assistance est encore plus clairsemée. Federica Mogherini, la haute représentante de l’Union européenne (UE) pour les affaires étrangères, présente sa « Stratégie pour les Balkans occidentaux » sur laquelle la Commission a tenté de maintenir un peu de suspense, même si une bonne partie des documents a déjà été éventée.
Mme Mogherini évoque une perspective « potentielle » d’adhésions en 2025, surtout pour la Serbie et le Monténégro, déjà officiellement candidats. Quatre autres pays (l’Albanie, le Kosovo, la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine) sont concernés mais, pour eux, la perspective est plus éloignée encore. Six « projets de coopération » sont aussi à l’ordre du jour, pour le renforcement de l’Etat de droit, l’aide à la construction de réseaux de transport et de communication, l’énergie, etc.
Corruption galopante
Le tout est assorti d’un appel aux réformes et à la réconciliation avec une aide de 500 millions d’euros pour la période 2018-2020. L’intégration de ces Etats, faiblement développés au plan économique, à la démographie déclinante et en proie à une corruption galopante, serait une « nécessité continentale », à en croire Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, qui la laissera en héritage à son successeur, son mandat s’achevant à la fin de 2019.

Mais l’accueil est réservé : les grandes capitales ont d’autres soucis et, en réalité, personne ne juge réaliste la date de 2025. Tous les pays des Balkans occidentaux sont en fait censés mener d’indispensables réformes pour assurer la stabilité politique, assainir la justice et la fonction publique, éradiquer la corruption, faire respecter les normes et valeurs européennes, etc. « Vaste programme, non ? », sourit un spécialiste du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Monténégro, Serbie, Macédoine, Albanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo : l’avancement des négociations d’adhésion diverge considérablement d’un Etat à l’autre.
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Balkans : six pays en ordre dispersé

Monténégro, Serbie, Macédoine, Albanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo : l’avancement des négociations d’adhésion diverge considérablement d’un Etat à l’autre.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 13h10
    |

            Jean-Baptiste Chastand et 
Benoît Vitkine








                        



                                


                            

Les pays des Balkans ne faisant pas encore partie de l’Union européenne (UE) représentent une population d’un peu moins de 18 millions d’habitants, équivalente à celle des Pays-Bas ou de la Roumanie, mais répartie entre six Etats. Cinq d’entre eux faisaient partie de la Yougoslavie avant les guerres des années 1990. Si la région s’est désormais largement stabilisée, les différentes communautés entretiennent toujours des relations tendues. La corruption et l’Etat de droit constituent des problèmes récurrents, même si l’avancement des négociations d’adhésion diverge considérablement d’un pays à l’autre.
LES PLUS AVANCÉS
Monténégro
Pays le plus riche de la région, le Monténégro fait figure de premier de la classe dans les Balkans occidentaux. Candidat à l’adhésion depuis 2010, ce pays de 600 000 habitants, indépendant depuis 2006, a ouvert trente chapitres de négociation avec l’UE sur les trente-cinq que compte la feuille de route de l’adhésion. Le non-respect de l’Etat de droit, la corruption et le crime organisé restent les principaux points noirs de la candidature monténégrine. L’adhésion de Podgorica à l’OTAN, entérinée en 2016, a aussi montré combien le thème de « l’intégration euro-atlantique » reste sensible à l’intérieur même du Monténégro, où des manifestations contre l’Alliance atlantique ont régulièrement lieu. Le poids économique de la Russie a sensiblement diminué dans le pays ces dernières années, mais Moscou y conserve de nombreux partisans.
Serbie
Avec douze chapitres ouverts sur trente-cinq, la Serbie, candidate depuis 2012, avance rapidement. Mais la Commission européenne rappelait en février que l’objectif affiché de 2025 restait « extrêmement ambitieux ». Les progrès de Belgrade doivent beaucoup à Aleksandar Vucic, au pouvoir depuis 2014 comme premier ministre, puis président. Cet ancien dirigeant ultranationaliste a fait de l’adhésion à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Selon  le diplomate britannique, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est une opération « perdant-perdant » dans un monde déjà fracturé.
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Peter Ricketts : « Le Brexit impose au Royaume-Uni de repenser sa place dans le monde »

Selon  le diplomate britannique, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est une opération « perdant-perdant » dans un monde déjà fracturé.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 13h08
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 14h15
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Ambassadeur du Royaume-Uni en France entre 2012 et 2016, Peter Ricketts, 65 ans, siège aujourd’hui à la Chambre des lords. Haut diplomate proeuropéen et francophile écouté, Lord Ricketts a auparavant exercé les fonctions de secrétaire général du Foreign Office (2006-2010) puis de conseiller national pour la sécurité sous le gouvernement du conservateur David Cameron, le premier ministre qui a accepté, puis perdu, le 23 juin 2016, le référendum sur le Brexit.
En isolant le Royaume-Uni, le Brexit met-il en cause sa place dans le monde ?
Honnêtement, je ne pense pas que nous sommes en train de perdre notre place dans le monde. Bien sûr, le Brexit va changer beaucoup de choses. Mais, en même temps, nous restons membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et, avec la France, nous sommes les deux seuls pays européens dotés de l’arme nucléaire et d’une volonté politique d’agir dans le monde. Je ne vois pas pourquoi le Brexit diminuerait notre capacité ou notre volonté d’être un pays actif dans le soutien à la sécurité internationale.
Tout de même, avec la sortie de l’Union européenne (UE) et l’éloignement des Etats-Unis de Donald Trump, on a l’impression que le Royaume-Uni se cherche une nouvelle place dans le monde…
Le Brexit est un énorme changement de contexte et de cap. Dans l’immédiat, il absorbe tout l’oxygène du système politique. Il ne laisse ni temps ni énergie pour prendre des initiatives de politique étrangère. A moyen terme, il nous impose une réflexion profonde sur notre place dans le monde. Les deux piliers de notre politique étrangère depuis 1945 étaient l’Europe et les Etats-Unis. Or le Brexit change le contexte européen et les Etats-Unis diminuent leur rôle dans le système international multilatéral. Nous devons donc repenser les bases de notre stratégie.C’est un vrai pari.
Sur quels piliers refonder votre stratégie ?
Comme la France, nous avons toujours...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Les associations parviennent de plus en plus à peser sur les décisions européennes, mais face aux lobbies, leurs victoires sont souvent momentanées.
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A Bruxelles, le nouveau pouvoir des ONG face aux lobbies

Les associations parviennent de plus en plus à peser sur les décisions européennes, mais face aux lobbies, leurs victoires sont souvent momentanées.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 12h08
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Janvier 2018, la première cession plénière de l’année au Parlement européen s’annonce sans grand relief : la machine législative communautaire tourne encore au ralenti. Soudain, bénéficiant de ce trou d’air bruxellois, le sujet « pêche électrique » s’impose, captant toute l’attention des médias.
En quelques jours, les eurodéputés basculent. Réunis à Strasbourg, le 16 janvier, ils rejettent à une très large majorité une dérogation de la Commission européenne autorisant cette pêche jugée destructrice pour la faune sous-marine. Tous les élus de la délégation du parti Les Républicains (LR), pourtant réputés plus sensibles aux lobbies industriels que d’autres, votent contre.
L’association Bloom, fondée en 2005 par Claire Nouvian, récolte les fruits d’un travail acharné. « On a bossé comme des fous, on s’est couché à 4 heures du matin pendant des semaines », témoigne la jeune femme, auteure du livre à succès Abysses (Fayard, 2006).
Avec une toute petite équipe, dotée de la « même motivation de malade » qu’elle, Mme Nouvian a utilisé tous les relais possibles : question prioritaire à la Commission, pétition en ligne, mobilisation des pêcheurs artisans, manifeste de chefs cuisiniers, et même une performance « artiviste » au siège bruxellois du Parlement européen, juste avant le vote décisif de janvier.

Un usage habile des réseaux sociaux
Bloom n’est pas un cas isolé. Depuis quelques années, des organisations non gouvernementales (ONG) parviennent à peser sur les décisions européennes. Disposant d’une solide expertise, d’un sens du timing médiatique, d’une bonne connaissance de la machinerie communautaire, et d’un usage habile des réseaux sociaux, ces associations ont réussi à renverser en partie le rapport de force, dans la capitale de l’Union, réputée pour être la deuxième ville concentrant le plus de lobbies privés au monde.
Transport & Environnement appartient à ce club encore...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le PIB a progressé de 2,7 % en 2017, tandis que le taux de chômage baisse rapidement.
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La croissance portugaise est au plus haut depuis dix-sept ans

Le PIB a progressé de 2,7 % en 2017, tandis que le taux de chômage baisse rapidement.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 11h22
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Pour l’homme comme pour son pays, c’est une consécration. Le 22 janvier, Mario Centeno a présidé sa première réunion à la tête de l’Eurogroupe, après avoir œuvré pendant deux ans au redressement de l’économie lusitanienne. L’ancien ministre des finances portugais peut se targuer d’avoir laissé un bilan impeccable : en 2017, le produit intérieur brut du Portugal a progressé de 2,7 %, au plus haut depuis dix-sept ans, selon les chiffres officiels publiés mercredi 14 février. C’est plus que la moyenne enregistrée dans la zone euro, à 2,5 %. 

« Le Portugal est rentré dans le peloton de tête des pays européens à croissance dynamique », souligne Frédérique Cerisier, économiste chez BNP Paribas. « Tous les moteurs de l’économie sont repartis ; l’optimisme est de retour autant du côté des ménages que des entreprises », ajoute Diogo Teixeira, du fonds Optimize, à Lisbonne. Mieux : le pays a le vent en poupe parmi les investisseurs étrangers. « Depuis 2015, de plus en plus de groupes internationaux implantent des centres de services chez nous, créant des emplois qualifiés », se félicite-t-on à l’AICEP, l’agence pour l’investissement du pays.

Ces derniers mois, BNP Paribas et Natixis ont ainsi délocalisé une partie de leurs activités à Lisbonne. Volkswagen va accroître les capacités de production de son usine Autoeuropa, au sud de la capitale : elles passeront de 85 000 unités en 2016 à 200 000 cette année. Et les obligations souveraines portugaises, longtemps reléguées au purgatoire des investissements risqués par les grandes agences de notation, ont de nouveau les faveurs des marchés. Aujourd’hui, les taux à dix ans évoluent autour de 2 %, comme ceux de l’Italie. Au plus fort de la crise, en 2012, ils culminaient à plus de 15 %…
Redressement des exportations
Ces bons résultats tiennent pour beaucoup au redressement des exportations, qui ont bondi de 10 % en 2017. Elles pèsent aujourd’hui près...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Varsovie veut punir la négation d’un « génocide » attribué à des nationalistes réhabilités par Kiev.
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Lois mémorielles : l’Ukraine et la Pologne se fâchent sur la seconde guerre mondiale

Varsovie veut punir la négation d’un « génocide » attribué à des nationalistes réhabilités par Kiev.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 15h48
    |

                            Intérim (Varsovie, correspondant) et 
Benoît Vitkine








                        



                                


                            

La Pologne ne se contente pas de vouloir pénaliser, à propos de la Shoah, « l’attribution à la nation ou à l’Etat polonais, en dépit des faits, de crimes contre l’humanité ». Très contestée, la loi mémorielle adoptée début février par la majorité PiS (Droit et justice) au pouvoir punit également la négation des « crimes commis par les nationalistes ukrainiens ou les membres de formations ukrainiennes ayant collaboré avec le IIIe Reich allemand ». Des dispositions moins remarquées, mais qui suscitent de vives tensions avec l’Ukraine. Le président ukrainien Petro Porochenko dénonce un texte « biaisé » qui contrevient, selon lui, aux principes régissant le partenariat stratégique entre Kiev et Varsovie.

Au grand dam de Varsovie, les autorités de Kiev cherchent à réhabiliter certains groupes nationalistes qui ont « combattu pour l’indépendance de l’Ukraine au XXe siècle ». Parmi eux figurent l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) et son bras armé, l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), toutes deux considérées par la Pologne comme coupables de génocide.
La querelle n’est pas seulement historique, car la surenchère de textes mémoriels adoptés depuis deux ans par les Parlements des deux pays contribue à dégrader les relations polono-ukrainiennes, alors même que Varsovie est censé être l’avocat de Kiev au sein de l’Union européenne comme de l’OTAN.
L’OUN et l’UPA furent les bêtes noires du régime soviétique, qu’ils combattirent jusque dans les années 1950. Pendant la seconde guerre mondiale, elles s’allièrent un temps avec l’Allemagne nazie qui leur promettait un Etat, puis se retournèrent contre elle lorsque cette promesse s’évanouit.
Représailles
C’est à cette période sanglante que l’OUN et l’UPA commirent d’importants massacres de Polonais dans des régions contestées, habitées par de nombreux Ukrainiens mais placées sous l’autorité de la Pologne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Dix ans après l’indépendance du Kosovo, le contrôle du nord de la ville est toujours contesté par la Serbie.
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A Mitrovica, meurtre politique en zone de non-droit

Dix ans après l’indépendance du Kosovo, le contrôle du nord de la ville est toujours contesté par la Serbie.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 10h53
    |

            Jean-Baptiste Chastand (Mitrovica, Kosovo, Envoyé spécial)








                        



                                


                            

« En serbe, nous avons un proverbe qui dit qu’on ne peut pas attraper de poissons si l’eau n’est pas claire. » Et en matière d’eaux troubles, Miroslav Ivanovic en connaît un rayon. D’abord, parce qu’il est juge à Mitrovica, cette ville du nord du Kosovo divisée en deux le long des eaux sombres de la rivière Ibar qui sépare les Serbes (au nord) des Albanais (au sud). Depuis la guerre d’indépendance du Kosovo en 1998-1999, les quelques kilomètres carrés du nord sont devenus une zone de non-droit au cœur des Balkans. Alors que le Kosovo s’apprête à fêter ses 10 ans d’indépendance, samedi 17 février, Pristina et Belgrade se disputent toujours l’autorité sur cette partie nord de la ville.
Dans cette zone de non-droit, le juge Ivanovic a perdu son frère, Oliver, mort sous les balles de mystérieux assassins qui lui ont tiré dessus, le 16 janvier, à son arrivée au siège de son parti Liberté, Démocratie, Justice, en plein cœur de Mitrovica-Nord. « J’avais peur pour mon frère mais je ne m’attendais pas à quelque chose comme ça », lâche le juge depuis les bureaux de ce parti, où il est venu chercher un peu de réconfort, tout de noir vêtu. Sa voix est rocailleuse, le débit lent, les termes pesés.

« Ces derniers temps, il dénonçait sans arrêt les problèmes de sécurité à Mitrovica. De ce point de vue, je pense que beaucoup de gens pouvaient avoir intérêt à le tuer », affirme le magistrat, en évitant soigneusement d’accuser qui que ce soit, Serbes ou Albanais. « Sa voiture avait été brûlée deux fois, ainsi que ses bureaux. Il a été tué par des professionnels », rappelle, à ses côtés, la vice-présidente du parti, Ksenija Bozovic, également vêtue de noir.
La trace du crime organisé
Tout, dans cette exécution qui a choqué l’ensemble du Kosovo, porte la trace du crime organisé. Politicien charismatique et séducteur, Oliver Ivanovic avait été pendant les années post-conflit le leader des Serbes du Kosovo. Parlant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Quelque 400 films seront projetés lors de la 68e édition du festival de cinéma, qui se met à l’heure du mouvement #metoo.
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Menu pantagruélique à la Berlinale

Quelque 400 films seront projetés lors de la 68e édition du festival de cinéma, qui se met à l’heure du mouvement #metoo.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 10h31
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 10h41
    |

                            Thomas Sotinel (Berlin, envoyé spécial)








                        



   


Bill Murray, Greta Gerwig, Bryan Cranston et Wes Anderson, acteurs et réalisateur de L’Ile aux chiens, ont foulé le tapis rouge pour l’ouverture de la 68e Berlinale, jeudi 15 février. L’information, dépourvue d’intérêt dans la liturgie ordinaire des festivals, a retenu l’attention : une pétition lancée par l’actrice Claudia Eisinger (qui joue entre autres dans la série Tatort) exigeait que le tapis soit noir, en signe de solidarité avec le mouvement #metoo. Dieter Kosslick, le directeur de la Berlinale, a décliné, déclarant que le festival « ne s’engagerait pas dans une politique des symboles ».
Enorme manifestation publique (environ 400 films projetés, presque un demi-million de billets vendus en 2017) et professionnelle (l’European Film Market), la Berlinale est sensible aux mouvements de l’époque. D’ici au 25 février, elle aura accueilli deux rencontres, consacrées l’une à l’égalité entre genres dans l’octroi des aides publiques à la création, l’autre à la lutte contre le harcèlement sexuel dans l’industrie cinématographique. Prenant la parole pendant la cérémonie d’ouverture, Monika Grütters, la commissaire fédérale aux arts et aux médias, a rappelé que l’Allemagne avait rendu obligatoire la parité dans les commissions qui attribuent les aides aux productions cinématographiques.
Quatre films de réalisatrice
Si le jury, présidé par le réalisateur allemand Tom Tykwer (Cours, Lola, cours), compte dans ses rangs trois femmes (l’actrice belge Cécile de France, la productrice américaine Adele Romanski et la critique américaine Stephanie Zacharek) et trois hommes (outre Tykwer, le musicien japonais Ryuichi Sakamoto et l’ex-directeur de la Filmothèque espagnole Chema Prado), quatre films sur les dix-neuf qui concourent pour l’Ours d’or ont été réalisés par des femmes, parmi lesquelles Emily Atef. L’Allemande présente Trois jours à Quiberon, qui raconte comment Romy Schneider accorda, en 1981, son ultime entretien à un journal allemand.
On attend aussi Unsane, de Steven Soderbergh, thriller hospitalier tourné avec un téléphone portable, et La Saison du diable, du Philippin Lav Diaz, qui, cette année présente un film moitié moins long que sa Berceuse pour le mystère de la douleur, projeté pendant huit heures à la Berlinale 2016. La France est représentée par Benoît Jacquot, pour une nouvelle adaptation d’Eva, le roman de James Hadley Chase, et Cédric Kahn, avec La Prière, qui suit les efforts d’un jeune toxicomane pour s’arracher à l’addiction, au sein d’une communauté catholique.
Foisonnement des sections parallèles
Il faudra aussi chercher dans le foisonnement des sections parallèles, Panorama et Forum. On y repère quelques noms connus : Claire Simon, avec Premières Solitudes, les Suisses Ursula Meier et Lionel Baier, le documentariste congolais Dieudo Hamadi, avec Kinshasa Makambo, tourné pendant les affrontements qui suivirent la réforme constitutionnelle imposée par le président Kabila. Ce menu pantagruélique est complété par une rétrospective du cinéma de la République de Weimar mêlant noms connus (G.W. Pabst, Leni Riefenstahl) et redécouvertes.
Avant de se jeter dans ce grand bain, il était salutaire de se rafraîchir avec L’Ile aux chiens. Les vedettes présentes dans la grande salle de la Marlene-Dietrich-Platz n’étaient pas à l’écran, puisque Wes Anderson s’est contenté de leur demander de prêter leur voix. Ce film d’animation situé dans un Japon futuriste emprunte à toute l’histoire du cinéma nippon, de Kurosawa à Miyazaki, pour livrer un conte moral où les chiens doivent se révolter afin de regagner leur place de meilleur ami de l’homme. L’Ile aux chiens sortira en France le 11 avril.

Sur le Web : www.berlinale.de



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ En quatrième division il y a peu, l’ÖFK a affronté Arsenal en Ligue Europa. Son secret ? Développer les performances de ses joueurs grâce au théâtre, à la peinture et à un club de lecture.
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En Suède, le club d’Östersund est passé en première division grâce au théâtre


                      En quatrième division il y a peu, l’ÖFK a affronté Arsenal en Ligue Europa. Son secret ? Développer les performances de ses joueurs grâce au théâtre, à la peinture et à un club de lecture.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 13h50
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 14h58
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                              

                        
Une équipe de football, enchaînant jetés, chassés et pas de deux, dans une adaptation moderne du Lac des cygnes, de Tchaïkovski. L’image est irrésistible. Elle aurait pu rester une simple anecdote, un petit coup de com’ sympathique pour briser la réputation d’une discipline gâtée par l’obsession du fric et de l’image.
Sauf qu’à Östersund, en Suède, on en est convaincu : c’est bien grâce à une approche différente, fondée sur la culture, et au talent de l’entraîneur britannique Graham Potter que l’ÖFK (Östersunds Fotbollsklubb) est parvenu à se hisser parmi l’élite du foot suédois. Embourbé en quatrième division, il y a huit ans, le club s’est même qualifié pour les seizièmes de finale de la Ligue Europa, la « petite » Coupe d’Europe.
Le 15 février, le club a ainsi accueilli Arsenal et ses stars internationales sur la pelouse synthétique de sa Jämtkraft Arena, avant un match retour à Londres le 22. Une petite consécration, après avoir déjà battu Bilbao, Berlin et Galatasaray. Quelques jours plus tôt, des employés s’affairaient dans les gradins, pour y dégager la neige, en attendant ce grand moment.

Un froid glacial s’est abattu sur la ville de 50 000 habitants, recouverte d’un épais manteau blanc. Dans cette ancienne cité militaire, à 400 km à peine au sud du cercle polaire, le seul événement sportif notable de l’année était, jusqu’à l’envol de l’ÖFK, une étape annuelle de la Coupe du monde de biathlon.
L’histoire de l’ÖFK commence en 1996, quand un groupe d’enthousiastes décide de créer une équipe capable d’évoluer en Superettan, la deuxième division suédoise. L’apprentissage est rude : quatre ans plus tard, le club est relégué en quatrième division, et la direction démissionne.
Mais un homme, Daniel Kindberg, ex-militaire et « serial entrepreneur » local, arrive en deus ex machina. Et il décide de fixer une barre encore plus ambitieuse, qui semble alors un peu farfelue : la qualification en Ligue des champions, soit...



