<FILE-date="2018/02/17/19">

<article-nb="2018/02/17/19-1">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ En réponse à un journaliste, Mateusz Morawiecki a évoqué, samedi, « des coupables polonais, de même qu’il y eut des coupables juifs, russes, des ukrainiens, et pas seulement des coupables allemands ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

A Munich, le premier ministre polonais défend la loi controversée sur la mémoire de la Shoah

En réponse à un journaliste, Mateusz Morawiecki a évoqué, samedi, « des coupables polonais, de même qu’il y eut des coupables juifs, russes, des ukrainiens, et pas seulement des coupables allemands ».



Le Monde
 |    17.02.2018 à 17h10
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 18h17
    |

            Thomas Wieder (Munich, envoyé spécial)








                        



   


La question est venue du fond de la salle. Elle a été posée par le journaliste d’investigation israélien Ronen Bergman, qui travaille au quotidien Yediot Aharonot, collabore au New York Times et vient de publier une histoire du Mossad, qui fait beaucoup de bruit (Rise and Kill first. The Secret History of Israel’s Targeted Assassinations, Random House, non traduit). Elle était destinée au premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, qui assistait, samedi 17 février, à la 54e Conférence de Munich sur la sécurité.
Rappelant qu’il était lui-même le fils d’une rescapée de la Shoah, M. Bergman a interpellé M. Morawiecki sur la loi mémorielle controversée, adoptée récemment à Varsovie, qui pénalise « l’attribution à la nation ou à l’Etat polonais, en dépit des faits, de crimes contre l’humanité ». Un texte qui a suscité les protestations de plusieurs pays dont les Etats-Unis et Israël, ainsi que l’indignation des historiens du monde entier, mais dont le président polonais, Andrzej Duda, a malgré tout annoncé la promulgation, le 6 février.

        Lire aussi :
         

                Pologne : le président Duda approuve la loi controversée sur la Shoah



« Si je raconte l’histoire de ma mère en Pologne, je serai considéré comme un criminel. Que cherchez-vous à faire, au juste ? », a demandé M. Bergman. Dans la même salle où venaient de prendre la parole le ministre allemand des affaires étrangères, Sigmar Gabriel, la première ministre britannique, Theresa May, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et où s’apprêtait à monter à la tribune le premier ministre français, Edouard Philippe, la question a déclenché un tonnerre d’applaudissements.
« Ce ne sera pas punissable »
Assis sur la scène à côté du chancelier conservateur autrichien, Sebastian Kurz, qui est arrivé au pouvoir en même temps que lui, en décembre 2017, et dirige un gouvernement auquel participe le parti d’extrême droite FPÖ, M. Morawiecki a répondu le plus calmement du monde. « Ce ne sera pas punissable, ce ne sera pas regardé comme criminel de dire qu’il y eut des coupables polonais, de même qu’il y eut des coupables juifs, des coupables russes, des coupables ukrainiens, et pas seulement des coupables allemands », a-t-il affirmé, avant de justifier la loi portée par son gouvernement, dirigé par le parti nationaliste ultraconservateur Droit et justice (PiS).
Sur Twitter, quelques minutes plus tard, M. Bergman a commenté de ces quelques mots les propos de M. Morawiecki : « Sa réaction est incroyable. »
Le chef du gouvernement a poursuivi ses explications. « Les ambassades polonaises ont eu à réagir 260 fois pour la seule année 2017 à l’expression “camps de la mort polonais”, “camps d’extermination polonais”. Eh bien, mesdames et messieurs, il n’y a pas eu de camps de la mort polonais. Il y a eu des camps de la mort allemands nazis, et le simple fait d’avoir à l’expliquer aujourd’hui est la conséquence de notre histoire. Pendant cinquante ans après la fin de la seconde guerre mondiale, quarante-cinq pour être précis, nous n’avons pu plaider notre cause. Il n’y avait pas d’Etat polonais indépendant », a dit M. Morawiecki.
Policer l’historiographie
Insistant sur l’aide apportée par des Polonais « à leurs frères et sœurs juifs » pendant la guerre, il a conclu : « Bien sûr qu’il n’y aura aucune poursuite de gens qui disent qu’il y a eu des assassins polonais. Mais nous ne pouvons être d’accord avec le fait de mélanger les assassins avec les victimes, parce que cela serait une offense à tous les juifs et tous les Polonais qui ont durement souffert pendant la seconde guerre mondiale. »
Ce long développement du premier ministre polonais à Munich correspond à une volonté de Varsovie de défendre pied à pied sa réputation et sa volonté de policer l’historiographie, malgré la polémique qui a pourtant assombri ses bonnes relations avec Israël.

        Lire aussi :
         

                La Pologne est-elle malade de son histoire ?



Dans une lettre datée du 12 février, le président du Sénat polonais, Stanislaw Karczewski, a lancé un appel aux Polonais émigrés, afin qu’ils veillent à la bonne image de la patrie. « Je vous prie de documenter et de dénoncer toute manifestation d’antipolonisme, ainsi que les écrits ou opinions nous portant outrage, a-t-il écrit. Je vous prie d’informer nos ambassades, nos consulats ou les consuls honoraires de toute déclaration mettant en cause le bon renom de la Pologne. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-2">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le ministre voyageait en compagnie du gouverneur de l’Etat d’Oaxaca, Alejandro Murat, et de plusieurs fonctionnaires vers la ville de Pinotepa de San Luis, à environ 600 kilomètres au sud de Mexico.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Au Mexique, 13 morts dans l’accident d’hélicoptère d’un ministre

Le ministre voyageait en compagnie du gouverneur de l’Etat d’Oaxaca, Alejandro Murat, et de plusieurs fonctionnaires vers la ville de Pinotepa de San Luis, à environ 600 kilomètres au sud de Mexico.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 17h02
   





                        



   


Treize personnes ont été tuées dans l’accident d’hélicoptère du ministre mexicain de l’intérieur, Alfonso Navarrete, qui se rendait sur la zone touchée par le séisme de vendredi, ont annoncé samedi 17 février les autorités judiciaires locales. Le ministre ne fait pas partie des victimes du drame.
« Nous avons récupéré sur place les corps de douze personnes : cinq femmes, quatre hommes, deux petites filles et un petit garçon. Une autre personne est décédée à l’hôpital de Jamiltepec » et quinze autres ont été blessées, selon les autorités judiciaires de l’Etat de Oaxaca (sud), où s’est produit l’accident vendredi soir.
« Plusieurs personnes au sol ont perdu la vie »
Le ministre voyageait en compagnie du gouverneur de l’Etat d’Oaxaca, Alejandro Murat, et de plusieurs fonctionnaires vers la ville de Pinotepa de San Luis, à environ 600 kilomètres au sud de Mexico. « Le ministre Naverrete et le gouverneur Alejandro Murat ainsi que l’équipage sont sains et saufs », a tweeté en fin de soirée le président mexicain Enrique Peña Nieto. « Malheureusement, plusieurs personnes au sol ont perdu la vie et d’autres sont blessées », a ajouté le président, qui a présenté ses condoléances aux familles des victimes.
Alfonso Navarrete a déclaré à la chaîne Televisa que le pilote de l’hélicoptère militaire avait perdu le contrôle de l’appareil à environ 40 mètres du sol. Les images obtenues par l’Agence France-Presse montrent un hélicoptère militaire renversé sur le côté, et une camionnette écrasée sous lui. Des chaises en plastique apparaissent renversées à proximité.
Le ministre et ses accompagnateurs se dirigeaient vers le lieu d’un séisme de magnitude 7,2 qui a frappé vendredi l’Etat d’Oaxaca. Fortement ressenti dans la capitale, le tremblement de terre n’a fait ni victimes, ni dégâts importants, selon les premières informations données par les autorités.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-3">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Après l’annonce de poursuites contre treize Russes pour complot, les journaux américains dénoncent une « absence de leadership » de Trump.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Ingérence russe : la presse américaine s’interroge sur la « mystérieuse réticence » de Trump à agir

Après l’annonce de poursuites contre treize Russes pour complot, les journaux américains dénoncent une « absence de leadership » de Trump.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 14h22
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 16h43
   





                        



   


Il n’y croyait pas. Dans une interview accordée au Time en décembre 2016, Donald Trump, alors qu’il n’était encore que « président élu », l’avait affirmé sans détour : « Je ne pense pas qu’ils aient interféré dans l’élection. » Ils, c’était les Russes. M. Trump, à qui les services de renseignement n’avaient pas encore présenté un dossier sur les interférences, avait ajouté : « Ça pourrait être tout autant la Chine. Ou un type obèse assis sur son lit au fin fond du New Jersey », disculpant en une phrase le Kremlin de toute velléité interventionniste.
Plus de deux ans plus tard, « il n’y a désormais plus de doute possible sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle », titre le mensuel américain The Atlantic, au lendemain des révélations du ministre de la justice américain. Ce dernier a annoncé, vendredi 16 février, poursuivre treize Russes et trois entités russes pour complot en vue de tromper les Etats-Unis. Un élément qui fait vaciller la stratégie de défense de la Maison Blanche, note à l’unisson la presse américaine.

        Lire aussi :
         

                Donald Trump face à de solides accusations d’interférences russes



Car le document de 37 pages publié par le procureur spécial chargé de cette enquête, Robert Mueller, est une « bombe à fragmentation », note le site d’information américain Wired. Pour l’heure, de fait, il n’établit pas de participation délibérée du côté de l’équipe de campagne de Donald Trump. Mais il n’en fait pas moins voler en éclats la ligne du président américain depuis les premiers soupçons de collusion. « Etes-vous toujours sûr de vouloir appeler ces accusations des “fake news”, monsieur le président ? », prend ainsi à partie l’éditorial du New York Times dès son incipit. 
Pour le quotidien américain, les rebondissements de vendredi sont « une charge directe contre la version de la réalité que Donald Trump a patiemment tenté de mettre en place depuis son élection ». Le président américain avait notamment jusqu’ici « tenté de discréditer l’enquête de Robert Mueller comme le fruit d’une chasse aux sorcières », rappelle le journal américain. « Il faut désormais cesser de laisser les Russes s’en tirer impunément, M. Trump », souligne le quotidien.
« Trump est la première victime »
Mais Donald Trump – qui a pourtant été prévenu avant la conférence de presse du ministre de la justice, nous apprend la chaîne de télévision CNBC – ne semble pas avoir choisi de suivre ce conseil. Dans un tweet, le président américain a préféré rappeler qu’il n’y avait « aucune collusion » et mettre en avant ce qui l’innocente, plutôt que de condamner l’action menée par la Russie.
Une réponse politique « inappropriée », selon le Washington Post :
« Le seul message qu’il devrait envoyer, à la fois au peuple américain et à Moscou, c’est que M. Poutine est responsable et que le gouvernement américain va riposter de manière appropriée à ces attaques. »
Une position d’autant plus justifiée que, pour le Wall Street Journal, « les preuves amenées jusqu’à présent souligne que le président Trump est la première victime de ces manœuvres russes, et qu’il devrait être furieux contre Vladimir Poutine ». Parce que ces soupçons ont « entaché toute la première année d’exercice de se présidence et affaibli son pouvoir, Donald Trump devrait publiquement déclarer son indignation à la Russie au nom du peuple américain ».

        Lire aussi :
         

                Comment l’agence de propagande russe sur Internet a tenté d’influencer l’élection américaine



Pour le Washington Post, ce manque de réaction de la part de Donald Trump fait ressortir « la déroutante et inexcusable absence de leadership présidentiel ». Et le quotidien d’en appeler ainsi au Congrès, qui « doit s’imposer pour défendre la nation ».
Un avis partagé par le New York Times, qui appelle notamment à « faire entrer en vigueur les sanctions votées largement l’an passé et signées à l’été ». Mais « cela impliquerait bien sûr que Donald Trump surpasse sa mystérieuse réticence à agir contre la Russie et à se concentrer plutôt sur la protection de son pays ». 
« Une trahison au serment »
Le quoitidien national USA Today va même plus loin, en estimant que cette absence de réaction de la part du président américain est « la base sur laquelle appuyer une procédure d’impeachment », soit une démission forcée. « Quel est l’intérêt d’avoir une République libre si le président fait l’aveugle quand un pouvoir étranger interfère avec notre pays », note le média américain.
« Notre droit fondamental à choisir nos propres dirigeants est attaqué et notre président non seulement ne fait rien contre cela, mais préfère en plus rester dans le déni que cela est bien arrivé. C’est une trahison au serment qu’il a prêté en prenant son poste. »
Comment dès lors expliquer le choix de Donald Trump de rester sur la défensive plutôt que de passer à l’offensive contre le Kremlin ? Pour le site américain Politico, c’est notamment parce que « ces accusations mettent en lumière quelque chose que Donald Trump s’est farouchement battu pour éviter : la question de la légitimité de son élection ». Le président américain est « notoirement irrité par le fait qu’un agent étranger ait pu expliquer au moins en partie sa réussite politique », souligne le site d’information.
Pour CNN, cette réplique de Donald Trump s’explique aussi par le « sérieux » de l’enquête Mueller. « Ces poursuites judiciaires sont bien réelles, et pourront conduire à des condamnations tout aussi réelles », note la chaîne de télévision. Dès lors, « il n’est plus possible pour Donald Trump de continuer à dénigrer l’enquête à l’avenir », note le média.

        Lire aussi :
         

                Etats-Unis : le spectre de l’ingérence russe plane sur les élections de mi-mandat de novembre 2018



Or, il ne s’agit qu’un des cinq volets de l’investigation conduite par le procureur spécial Robert Mueller. De fait, « M. Mueller n’a pas fini son enquête et n’a pas exclu la possibilité d’une collusion », souligne ainsi le Washington Post. Pour le quotidien, persister dans les dénégations est donc un pari dangereux pour le président américain, car nul ne sait ce qui viendra ensuite.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-4">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ La première ministre a déclaré, samedi à Munich, que « le Royaume-Uni respectera la compétence de la Cour de justice européenne » en matière de sécurité.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

La concession majeure de Theresa May pour obtenir un traité de sécurité et défense avec l’UE

La première ministre a déclaré, samedi à Munich, que « le Royaume-Uni respectera la compétence de la Cour de justice européenne » en matière de sécurité.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 14h10
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 15h54
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Ce n’est qu’une minuscule phrase perdue au milieu d’un discours plutôt soporifique, mais elle amorce une nouvelle concession majeure de Theresa May dans la négociation sur le Brexit. Prenant la parole samedi 17 février au matin à la Conférence de Munich sur la sécurité, la première ministre britannique a appelé de ses vœux la signature, en 2019, d’un traité sur la sécurité entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE).
Ce texte devrait « respecter la souveraineté des systèmes juridiques du Royaume-Uni comme de l’UE », a-t-elle déclaré sans surprise. Mais, lorsque Londres coopérera avec Europol, ou le Système d’information Schengen (SIS) ou utilisera le mandat d’arrêt européen, « le Royaume-Uni respectera la compétence de la Cour de justice européenne [CJUE] », a ajouté Mme May.
Or, depuis octobre 2016, la première ministre a fait de la rupture avec la CJUE le symbole du retour à la souveraineté et une très nette « ligne rouge » dans les négociations avec les 27. Ce refus, réitéré à maintes reprises, contredisait sa volonté, elle aussi répétée, de poursuivre le maximum de coopération avec l’UE en matière de sécurité.
La CJUE tranche en effet les contentieux en la matière. Sans reconnaissance de la compétence de la CJUE, pas de participation britannique au mandat arrêt européen dont Mme May, ministre de l’intérieur entre 2010 et 2016, connaît l’efficacité pour accélérer l’extradition des délinquants.

        Lire aussi :
         

                Brexit : le ton monte entre Bruxelles et Londres



Appel à dépasser les « rigidités institutionnelles »
En une phrase, samedi, Theresa May a semblé abandonner sa rigidité sur ce point. « Nous devons trouver une formule solide et adaptée de résolution indépendante du contentieux », a-t-elle déclaré. À propos de l’échange des données, domaine crucial en matière de traque des criminels et de lutte contre le terrorisme, Mme May a aussi reconnu que Londres continuerait à respecter les règles de l’UE après le Brexit.
Pour masquer ces reculades, la première ministre a mis en avant la puissance des services secrets britanniques et le budget militaire du Royaume-Uni, qui comptent parmi ses principaux atouts dans la négociation sur le Brexit. Mme May les a abattus en adressant une menace à peine voilée à l’Union européenne. « À l’époque où nous vivons, aucun d’entre nous ne peut permettre que notre coopération soit entravée, que la sécurité de nos citoyens soit mise en danger par une concurrence entre partenaires, des rigidités institutionnelles et des idéologies bien ancrées », a-t-elle averti.
En position de faiblesse dans la négociation, Mme May appelle les 27 à dépasser leurs « rigidités institutionnelles » et à « faire ce qui est le plus utile, le plus pragmatique pour assurer notre sécurité collective ». D’où son souhait de négocier un traité sur la sécurité entre Londres et l’UE effectif « à partir de 2019 » (le Brexit est fixé au 29 mars 2019). Européens et britanniques « ne peuvent pas reporter cette discussion » et doivent « urgemment mettre en place un traité pour protéger tous les citoyens européens », a insisté Theresa May.

        Lire aussi l’entretien :
         

          Peter Ricketts : « Le Brexit impose au Royaume-Uni de repenser sa place dans le monde »



40 % des dépenses européennes de R&D dans la défense
En quittant l’UE, les Britanniques devraient quitter toutes les institutions de coopération et d’échanges de renseignements comme Europol, le Système d’information Schengen (SIS) et le Centre de renseignements de l’UE, et perdre le bénéfice du mandat d’arrêt européen. Mettant en avant l’affaiblissement réciproque que produirait un tel retrait, Theresa May souhaite maintenir le Royaume-Uni dans ces mécanismes après le Brexit. « Nous voulons continuer cette coopération après avoir quitté l’UE », a-t-elle appuyé.
Une alerte sur cinq diffusée sur le SIS est émise par le Royaume-Uni, a-t-elle fait valoir. Le Royaume-Uni « est le seul membre de l’UE à dépenser 2 % de son PIB à la défense » (chiffre disputé avec la France) et pèse 40 % du total des dépenses européennes en matière de recherche et développement sur la défense, a-t-elle ajouté. D’où le « partenariat intense et privilégié » – une de ses expressions favorites valable en tout domaine - qu’elle souhaite conclure en tant que pays extérieur à l’UE.

        Lire aussi :
         

                Brexit : les Vingt-Sept posent leurs conditions pour la transition



Le contenu d’un tel « partenariat » reste flou et la voie pour y parvenir n’est pas dénuée d’obstacles. Le Royaume-Uni a toujours rejeté l’idée d’« Europe de la défense » susceptible de mettre en cause la prééminence de l’OTAN, mais Mme May, soucieuse de préserver l’industrie britannique, souhaite bénéficier du Fonds européen de défense. Quant à la coopération en matière de renseignement et de police, elle reste également à négocier.
Le début de concession de Mme May sur la Cour de justice de l’UE pourrait faire bouger les lignes côté européen. Mais il pourrait aussi déclencher les foudres des ministres europhobes, prompts à rappeler ses fortes paroles à ce sujet. En janvier 2017, dans son discours de Lancaster House présentant ses objectifs pour le Brexit, n’avait-elle pas déclaré : « accepter un rôle pour la Cour de justice de l’UE, signifierait qu’elle conserverait son autorité légale directe dans notre pays. A tout point de vue, cela signifierait : ne pas quitter l’UE du tout ».

        Lire aussi :
         

                Brexit : « L’amour de la patrie n’exclut pas la solidarité européenne »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-5">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Le viol et le meurtre de la fillette avaient bouleversé l’opinion publique pakistanaise. Une violente manifestation contre l’inaction supposée de la police avait fait deux morts.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Pakistan : le meurtrier d’une fillette condamné à mort

Le viol et le meurtre de la fillette avaient bouleversé l’opinion publique pakistanaise. Une violente manifestation contre l’inaction supposée de la police avait fait deux morts.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 11h30
   





                        


L’affaire avait bouleversé le Pakistan et alimenté la peur d’un tueur en série s’en prenant aux enfants de la ville de Kasur. Le principal suspect du viol et du meurtre d’une fillette a été condamné à mort samedi 17 février.
Imran Ali, 24 ans, a été reconnu coupable du meurtre de Zainab Fatima Ameen, 6 ans, dont le corps avait été retrouvé début janvier. La petite Zainab était le douzième enfant assassiné ces deux dernières années dans un rayon de deux kilomètres autour de Kasur. Ali, dont l’ADN a été retrouvé sur Zainab et six autres victimes, a confessé huit crimes au total.
#JusticeForZainab circulait sur les réseaux sociaux
Le viol et le meurtre de la fillette avaient bouleversé l’opinion publique pakistanaise. Une violente manifestation contre l’inaction supposée de la police avait fait deux morts à Kasur. Des célébrités, des hommes politiques de l’opposition et des anonymes exigeaient l’arrestation du coupable tandis que le hashtag #JusticeForZainab circulait sur les réseaux sociaux.

La cour a aussi condamné Imran Ali à plusieurs autres peines, dont une de prison à perpétuité, ainsi qu’à plusieurs amendes, pour un total de 3,2 millions de roupies (environ 23 700 euros), pour avoir notamment « caché le cadavre dans des ordures », a précisé le procureur général de la province du Pendjab. L’audience, qui ne s’intéressait pas aux autres victimes présumées d’Ali, s’est tenue à huis clos dans la prison Kot Lakhpat de Lahore pour des raisons de sécurité. Seuls les proches des victimes avaient accès à la salle d’audience, les journalistes étant retenus cinq cents mètres en amont.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-6">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Rex Tillerson, le secrétaire d’Etat américain, et Recep Tayyip Erdogan, le président turc, se sont engagés à « travailler ensemble », mais des ambiguïtés demeurent.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Syrie : Ankara et Washington calment le jeu

Rex Tillerson, le secrétaire d’Etat américain, et Recep Tayyip Erdogan, le président turc, se sont engagés à « travailler ensemble », mais des ambiguïtés demeurent.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 10h19
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Revenant sur sa promesse d’administrer une « claque ottomane » aux Américains, le président turc Recep Tayyip Erdogan a finalement mis ses griefs de côté en recevant Rex Tillerson, le secrétaire d’Etat américain, dans son palais de Bestepe à Ankara, jeudi 15 février.
La rencontre, qui a duré trois heures et quinze minutes, s’est déroulée dans une atmosphère secrète et très peu protocolaire puisque Mevlüt Cavusoglu, le ministre turc des affaires étrangères, unique témoin de la conversation, a joué les interprètes entre MM. Erdogan et Tillerson.
Habituellement, le protocole exige la présence d’un interprète du département d’Etat afin d’être sûr que les propos du diplomate en chef ont été bien compris. Or, cette fois-ci, M. Tillerson était seul face à MM. Erdogan et Cavusoglu. A première vue, les Etats-Unis et la Turquie sont revenus à de meilleurs sentiments.

Les propos acrimonieux et querelleurs tenus les jours précédents ont été oubliés au profit d’une détermination partagée, celle de travailler « ensemble » en Syrie et de tout faire pour surmonter les divergences qui les opposent. Celles-ci sont à leur paroxysme depuis que l’armée turque a lancé une offensive, le 20 janvier, dans l’enclave d’Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie.
Le rôle joué par les milices YPG
Voici trois semaines que les soldats turcs et leurs supplétifs rebelles syriens y affrontent les combattants kurdes syriens des Unités de protection du peuple (YPG), alliés de Washington dans la lutte contre l’organisation Etat islamique (EI). La progression turque est très lente sur un terrain accidenté parfaitement connu des YPG, combattants aguerris qui ont reçu des renforts des autres cantons kurdes de l’Est de la Syrie : 31 soldats turcs ont perdu la vie en vingt-neuf jours d’intervention.
Ulcéré par l’alliance durable scellée entre le Pentagone et les milices kurdes, qu’il accuse d’être liées au PKK, le président Erdogan a menacé à...




                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-7">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ La volonté affichée par les Européens d’avancer concrètement sur le projet européen de défense irrite Washington.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le retour des inquiétudes américaines sur les projets de défense de l’UE

La volonté affichée par les Européens d’avancer concrètement sur le projet européen de défense irrite Washington.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 10h16
    |

            Sylvie Kauffmann (Munich, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

En 2017, la Conférence de Munich sur la sécurité (MSC) avait été ouverte par les ministres allemand et américain de la défense. Vendredi 16 février, ce sont deux ministres européennes, l’Allemande Ursula von der Leyen et la Française Florence Parly, qui ont été choisies pour ouvrir les travaux de cette 54e conférence annuelle. « Ce n’est pas par hasard », a souligné le grand ordonnateur de ces réunions, Wolfgang Ischinger, après avoir relevé que le monde se rapprochait dangereusement de conflits interétatiques. « Il y a une nouvelle détermination franco-allemande » à agir ensemble au sein de l’UE, « et il y a un sentiment d’urgence ».
M. Ischinger est trop poli pour observer dans le même souffle que l’an dernier, la délégation américaine avait laissé les Européens sur leur faim, un mois après l’entrée en fonction du président Trump. Un an plus tard, les Européens ont commencé à prendre les choses en main, mais ce sont à présent les Américains qui s’inquiètent, suivant un schéma assez classique dans l’Alliance atlantique : Washington demande à l’Europe de partager le fardeau de la défense, mais lorsque l’Europe augmente ses dépenses militaires et prend un peu d’autonomie, Washington se cabre.
« Un faux débat »
Les experts font état d’une « crispation » très nette des Etats-Unis depuis un mois, face à la volonté affichée par les Européens d’avancer concrètement sur le projet européen de défense. Cette crispation a été évoquée au cours de la réunion des ministres de la défense de l’OTAN à Bruxelles, les 14 et 15 février. Selon des participants, la réunion s’est cependant bien passée, la ministre française assurant que les initiatives européennes de défense pourraient aussi être utilisées pour l’Alliance.
Mais le sujet a refait surface vendredi à Munich. Mme Parly a défendu la nécessité pour l’Europe d’acquérir son « autonomie stratégique dans le bon sens du terme » et demandé...




                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-8">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ L’homme d’affaires franco-polonais au parcours troublant, est poursuivi en Espagne pour fraude et blanchiment d’argent. En toile de fond : des soupçons d’escroquerie et de trafic international d’armes.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Pierre Dadak, maître de l’esbroufe

L’homme d’affaires franco-polonais au parcours troublant, est poursuivi en Espagne pour fraude et blanchiment d’argent. En toile de fond : des soupçons d’escroquerie et de trafic international d’armes.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 07h00
    |

            Simon Piel et 
Joan Tilouine








                        



                                


                            
Les hivers sont longs aux Baléares. Surtout pour un homme seul avec ses secrets. A bientôt 42 ans, Pierre Dadak a beau cultiver ses manières de dandy, sa vie a changé. Il y a encore trois ans, ce millionnaire franco-polonais pavoisait au volant de bolides et donnait des fêtes dans sa villa d’architecte, sur l’île d’Ibiza. A l’époque, ses activités intriguaient, ses voyages faisaient jaser, mais ses amis ignoraient ce qu’il faisait, ou préféraient ne pas le savoir. D’où tirait-il son argent ? Du commerce des armes ? D’un business inavouable ? Lui-même savait dissuader toute curiosité, et se montrer intimidant. Entouré de ses gardes du corps, des colosses passés paraît-il par les services secrets polonais, il jouait volontiers de la menace, quitte à faire valoir son amitié, réelle ou supposée, avec Franck Barresi, souvent présenté comme une figure de la pègre marseillaise. Et puis, le 14 juillet 2016, tout a basculé…
« On me fait passer pour un Pablo Escobar, mais moi, je ne suis rien et je ne suis pas inculpé pour trafic de drogue ou d’armes »
Ce matin-là, les forces spéciales espagnoles surgissent dans sa demeure. Les vitres blindées n’y changent rien, ni la plaque diplomatique de la Guinée-Bissau apposée à l’entrée. Les gardes du corps finissent ventre au sol, en sous-vêtements. Sa compagne, Katerina Dirgina, ex-mannequin ukrainien au charme capiteux, est arrêtée. Pierre Dadak, lui, se retranche dans une salle sécurisée, non loin de la piscine. Intercepté alors qu’il tente de fuir, il est incarcéré. La presse locale le qualifiera bientôt de « seigneur de guerre » ou de « trafiquant d’armes international ». La justice, elle, l’accuse de fraude et de blanchiment d’argent, tout en continuant de constituer le dossier d’accusation pour trafic d’armes.
Libéré le 12 décembre dernier, après avoir versé 30 000 euros de caution, l’homme d’affaires attend son procès, prévu à Madrid à une date indéterminée. D’ici là, il a interdiction...




                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-9">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Malgré la longue période de préparation qui a suivi la guerre d’indépendance de 1998-1999, le pays se montre toujours incapable d’offrir un avenir meilleur à sa population.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 16/02/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


L’inquiétant gâchis kosovar

Malgré la longue période de préparation qui a suivi la guerre d’indépendance de 1998-1999, le pays se montre toujours incapable d’offrir un avenir meilleur à sa population.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 18h13
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Analyse. L’Etat le plus jeune d’Europe devait fêter, samedi 17 février, ses 10 ans. Officiellement indépendant de la Serbie depuis 2008, le Kosovo va passer cet anniversaire dans une bien piètre situation.
Malgré la longue période de préparation qui a suivi la guerre d’indépendance de 1998-1999, le pays se montre toujours incapable d’offrir un Etat de droit fonctionnel, une souveraineté sur tout son territoire et surtout l’espoir d’un avenir meilleur à sa population. Tout cela malgré le soutien financier, diplomatique et sécuritaire considérable offert par les parrains européens et américains, qui ont toujours soutenu le processus d’indépendance face à la Serbie prorusse.
Vingt ans après la guerre, le bilan est sombre. Dans un pays très majoritairement albanophone, la minorité serbe ne se reconnaît pas dans les autorités de Pristina, la capitale. La région frontalière avec la Serbie, où ils sont majoritaires, au nord de Mitrovica, échappe d’ailleurs toujours de facto à la souveraineté du pays et est devenue une zone de non-droit où un important responsable politique serbe a pu être tué en pleine rue à la mi-janvier.
Malgré d’intenses et incessants pourparlers sous l’égide de l’Union européenne (UE), Belgrade refuse encore de reconnaître l’indépendance de son ancienne région. Et chaque avancée de ce dialogue est laborieuse. Les deux accords de normalisation, conclus en 2013 et 2015, sont mis en application à grand-peine : le Kosovo devrait, par exemple, enfin disposer de son propre code téléphonique à partir de cet été.
Un chômage effrayant
Pendant longtemps, les autorités kosovares ont pu à raison rejeter la faute sur la Serbie pour son manque de bonne volonté. Mais depuis la conversion pro-européenne de l’homme fort de ce pays, son président Alexander Vucic, celle-ci est nettement moins évidente.
Difficile d’envisager que la Serbie puisse entrer dans l’UE sans reconnaître le Kosovo, et Belgrade a envoyé des premiers signaux...




                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-10">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le « contrat de coalition » signé entre les conservateurs et les sociaux-démocrates allemands, le 7 février, entretient le flou sur toutes les questions d’ordre militaire.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 16/02/2018
Découvrir l’application


                        

Europe de la défense : les divergences persistent entre Berlin et Paris

Le « contrat de coalition » signé entre les conservateurs et les sociaux-démocrates allemands, le 7 février, entretient le flou sur toutes les questions d’ordre militaire.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 10h17
    |

            Nathalie Guibert et 
Thomas Wieder (Munich, envoyé spécial)








                        



   


Officiellement, tout va pour le mieux entre Paris et Berlin sur les questions de défense. Tel est en tout cas le message que souhaitaient faire passer Florence Parly et Ursula von der Leyen, vendredi 16 février, à Munich. Invitées à ouvrir la 54e conférence annuelle sur la sécurité, qui se tient jusqu’à dimanche dans la capitale bavaroise, la ministre française des forces armées et son homologue allemande chargée de la défense pouvaient difficilement en faire plus pour se montrer à l’unisson.
« Nous avons le Rhin entre nous, mais le Rhin est un fleuve, ce n’est plus une véritable frontière », s’est ainsi enflammée Mme Parly à l’adresse de sa « chère Ursula », avant d’assurer qu’il n’y a pas « deux nations plus intégrées » que la France et l’Allemagne.
« Nous avons une brigade commune, des avions communs, des hélicoptères communs, et [lors du conseil des ministres franco-allemand du 13 juillet 2017] nous avons décidé que nous aurions demain aussi des drones communs, des canons communs, des avions de chasse communs », a ajouté la ministre française, promettant « une intensification encore plus grande de ce partenariat dans les prochains mois ».

        Lire aussi :
         

                Europe, défense, climat… la France et l’Allemagne signent plusieurs accords de coopération



« L’Allemagne et la France sont prêtes à faire progresser ensemble le projet européen, et nous invitons tous les Européens à aller de l’avant avec nous », a lancé plus sobrement Mme von der Leyen, précisant qu’elle souhaitait que l’Europe, pour se défendre, puisse « se tenir sur ses propres jambes ». Une adresse clairement destinée à certaines personnalités présentes dans la salle, comme le secrétaire américain à la défense, James Mattis, ou le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. Mme Parly n’a pas dit autre chose en revendiquant elle aussi pour l’Europe « une autonomie stratégique » qui n’oblige pas « les Etats-Unis à venir à [son] chevet ».
Cette belle démonstration d’unité ne doit cependant pas masquer l’essentiel : la persistance de réelles divergences entre Paris et Berlin. Or celles-ci ne sont aucunement levées par le « contrat de coalition » signé entre les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates (SPD) allemands, le 7 février.
La Bundeswehr dans un état déplorable
« L’accord reste dans un flou artistique volontaire sur les sujets de défense », explique Barbara Kunz, de l’Institut français des relations internationales (IFRI). « La réponse de Berlin aux propositions de M. Macron sur la défense est très prudente, et on ne voit pas ce qui pourrait lever les désaccords ou les crispations qui existent entre la France et l’Allemagne sur ces sujets », ajoute Christian Mölling, du Conseil allemand des relations internationales.
Trois points, en particulier, posent problème. L’état de l’armée allemande, d’abord. L’accord de coalition promet certes de « renforcer la Bundeswehr ». Mais l’augmentation budgétaire prévue (de 38,75 milliards d’euros en 2018 à 42,65 milliards en 2021) est limitée.
« La vraie politique de défense allemande reste l’OTAN », selon Barbara Kunz, de l’Institut français des relations internationales
Si la trajectoire est respectée, le budget allemand de la défense représenterait 1,5 % du produit intérieur brut (PIB) du pays en 2021, contre 1,2 % aujourd’hui, loin de l’objectif de 2 % fixé par l’OTAN à ses membres d’ici à 2024. Or, s’il est entendu que celui-ci ne peut être atteint dans un si bref délai, le fait qu’il ne soit pas rappelé explicitement – une exigence du SPD, qui avait contesté le bien-fondé de cet objectif des 2 % pendant la campagne des législatives – jette un doute sur la volonté du prochain gouvernement allemand d’investir en faveur d’une Bundeswehr dans un état déplorable, dont aucun des six sous-marins n’est opérationnel et dont seuls 105 chars sur 244 sont utilisables…
En outre, le contrat de coalition ne permet pas de savoir à quoi ressemblera la future armée allemande. « On attend depuis des mois le plan de la Bundeswehr. Or celui-ci s’annonce comme un document à 110 % otanien, marquant un net retour à l’idée de défense territoriale. La vraie politique de défense allemande reste l’OTAN », analyse Mme Kunz.
Gommer tout accent martial
Dans cette optique, une vraie divergence de fond demeure avec la France. « Là où Macron souhaite une initiative européenne d’intervention autour d’un noyau dur de quelques Etats, l’Allemagne préfère rester dans le cadre de la “coopération structurée permanente” pour augmenter les capacités militaires de l’Union européenne [UE]. Dans ce domaine, le fossé entre Paris et Berlin s’est creusé plus qu’il ne s’est comblé ces derniers mois », observe M. Mölling.
La place importante accordée par Mme von der Leyen à l’aide au développement, vendredi, semblait clairement l’indiquer. Sans doute fallait-il y voir un message de politique intérieure.

        Lire aussi :
         

                « Sur l’Europe, comment ne pas décevoir ? »



A la veille du vote des adhérents du SPD sur le « contrat de coalition », prévu du 20 février au 2 mars, la ministre de la défense, membre de la CDU, sait qu’elle a intérêt à gommer tout accent martial dans son discours, afin de ne pas hérisser la fibre pacifiste des sociaux-démocrates. « Dans le cadre de l’Europe de la défense, l’Allemagne va continuer à mettre l’accent sur le civil, et l’éternel débat entre opérations militaires et aide au développement perdurera », prédit déjà Mme Kunz.
Reste les exportations d’armements. Dans ce domaine, la volonté affichée de Berlin d’être encore plus strict pourrait remettre en question les projets qu’ont en commun l’Allemagne et la France sur les chars et les avions de combat. « Si on veut construire un char de combat ensemble, mais qu’on ne peut pas l’exporter, c’est un problème », résume Mme Kunz.

        Lire aussi :
         

                Le retour des inquiétudes américaines sur les projets de défense de l’UE



Sur ce plan, l’accord entre le SPD et la CDU-CSU « ne règle absolument pas le problème », abonde M. Mölling. Une façon de souligner que, dans le domaine de la défense comme dans d’autres, tel l’avenir de la zone euro, le « nouvel élan pour l’Europe » qui a été choisi comme titre au programme de la future « grande coalition », qu’entend conduire la chancelière Angela Merkel, risque de rapidement se heurter au mur d’une réalité beaucoup moins lyrique.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-11">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Réforme du bac, démission de Zuma, JO d’hiver : les infos à retenir cette semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h37
    |

            Mathilde Damgé








                        


JO : une semaine et sept médailles françaises
Après la cérémonie d’ouverture du 9 février, les épreuves ont commencé pour les athlètes aux Jeux olympiques (JO) de Pyeongchang (Corée du Sud), malgré un froid polaire et des vents violents qui ont conduit à repousser plusieurs épreuves. En marge du sport, les JO ont aussi favorisé un rapprochement entre les deux Corées. Une équipe unifiée a même concouru en hockey sur glace féminin.
Au tableau des médailles, l’Allemagne faisait vendredi la course en tête, avec neuf titres. La France se classait 7e, avec trois breloques en or pour Martin Fourcade (poursuite en biathlon), Perrine Laffont (ski de bosse) et Pierre Vaultier (snowboardcross).

        Récap’ :
         

          Jeux olympiques d’hiver 2018 : toutes les médailles de la France



Nordahl Lelandais avoue le meurtre de Maëlys
Après avoir clamé son innocence pendant cinq mois et demi, Nordahl Lelandais, l’unique suspect dans la disparition de Maëlys, survenue dans la nuit du 26 au 27 août 2017 lors d’une fête de mariage au Pont-de-Beauvoisin (Isère), a avoué mercredi qu’il avait tué l’enfant de 8 ans « involontairement ».
Sur ses indications, les gendarmes ont pu retrouver le corps de la fillette. L’enquête a avancé grâce à la découverte d’une tache de sang retrouvée en désossant la voiture du suspect. Pour Richard Marlet, ancien chef du service régional d’identité judiciaire de Paris, l’affaire souligne l’« importance de l’exploitation des traces » et le rôle de la police scientifique.

        Le point sur l’affaire :
         

          Affaire Maëlys : ce que l’on sait et ce que l’on ignore encore



La réforme du bac se précise
Trois semaines après la remise d’un rapport avançant des pistes radicales pour réformer le baccalauréat et l’organisation du lycée, Jean-Michel Blanquer a présenté ses arbitrages, mercredi : du nouveau lycée imaginé par l’universitaire Pierre Mathiot, le ministre de l’éducation nationale a retenu l’architecture générale – fin des séries, moins d’épreuves (cinq en incluant celle anticipée de français) –, tout en livrant une déclinaison a minima des modalités du contrôle continu, enjeu pourtant central.

        Lire aussi :
         

                Réforme du bac : qui sont les candidats à l’examen ?



Oxfam : les déflagrations d’un scandale sexuel
L’ancien archevêque sud-africain Desmond Tutu, prix Nobel de la paix, a annoncé jeudi qu’il renonçait à son rôle d’ambassadeur pour l’association Oxfam, éclaboussée par un scandale sexuel. D’autres personnalités avaient déjà pris leurs distances avec l’ONG, dont plusieurs employés sont accusés de viols au cours de missions humanitaires au Soudan du Sud, d’abus sexuels au Liberia et d’avoir, entre autres, fait appel à des prostituées en Haïti, ainsi qu’au Tchad. Dans la foulée de ces révélations, d’autres associations ont été mises en cause par d’anciens employés : Médecins sans frontières, International Rescue Committee…

        Lire aussi :
         

                Oxfam : portrait d’un géant de l’humanitaire



Le président sud-africain Jacob Zuma a démissionné
Après des semaines de tractations et de réunions, le chef de l’Etat, empêtré dans des scandales de corruption, a finalement cédé, mercredi, aux pressions de son parti. L’ANC (Congrès national africain) a imposé son nouveau chef, Cyril Ramaphosa. Après dix ans au pouvoir, Jacob Zuma quitte ses fonctions « avec effet immédiat » et perd aussitôt son immunité de chef d’Etat.

        Lire aussi :
         

                Démissions, coups d’Etat, élections… quelles transitions au pouvoir en Afrique ?



Meurtre de masse en Floride
Nicolas Cruz, un jeune homme de 19 ans, amateur d’armes à feu et proche des suprémacistes blancs, a ouvert le feu, mercredi, dans un lycée de Parkland, dans le sud-est de la Floride. Il a tué dix-sept personnes, enseignants, entraîneurs ou lycéens de son âge.
Arrêté une heure après son crime, il pourra être jugé, ce qui est rare, car les meurtriers se suicident en général après leur passage à l’acte. Il s’agit de la dix-huitième fusillade en milieu scolaire aux Etats-Unis depuis le début de l’année.
Et aussi
Terrorisme. Jawad Bendaoud, le logeur des djihadistes du 13-Novembre, a été relaxé. Deux autres prévenus ont été condamnés à des peines de prison ferme. Le parquet, qui avait requis des peines plus lourdes, a fait appel.
Cahuzac. L’ancien ministre du budget, rejugé en appel, a expliqué les raisons qui l’ont poussé à faire de la fraude fiscale.
Agressions sexuelles. Sous le mot-clé #mosquemetoo, des musulmanes dénoncent des agressions sexuelles subies à La Mecque.Scandale alimentaire. Après deux premières plaintes, l’association Foodwatch porte plainte à son tour contre Lactalis dans l’affaire du lait contaminé.Service national. L’exécutif maintient l’objectif de rétablir un service national obligatoire et universel, remis en cause un temps par la ministre des armées.Transparence. La justice a été saisie de la déclaration de patrimoine du député Thierry Robert. La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique doute de l’exhaustivité, de l’exactitude et de la sincérité de la déclaration de fin de mandat établie fin 2016 par l’élu réunionnais.Migrants. Une centaine de travailleurs sans papiers se sont mis en grève en Ile-de-France : ils s’opposaient au projet de loi immigration qui veut pénaliser le travail sous une autre identité, et réclament d’être régularisés.
Disparitions
Morgan Tsvangirai. L’homme politique zimbabwéen, éternel adversaire de Robert Mugabe, est mort mercredi à 65 ans.Daniel Vernet. Le journaliste, ancien directeur de la rédaction du Monde, est mort à 73 ans.Jacques Hébert. Le compagnon de la Libération, ancien maire de Cherbourg et député, est mort jeudi à 97 ans.Henrik de Danemark. Le mari de la reine Margrethe II, d’origine bordelaise, est mort mardi.Asma Jahangir. La militante pakistanaise des droits de l’homme est morte à l’âge de 66 ans, a annoncé sa famille, dimanche 11 février.Michiko Ishimure. L’écrivaine japonaise, qui s’était fait connaître en révélant la contamination au mercure de la mer de Shiranui, au Japon, est morte samedi 10 février.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-12">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ En ligne ou en kiosque, « Affinity Magazine », « Here » « Rookie » et « Kazoo » s’efforcent de développer la conscience politique des jeunes filles, déconstruisant les stéréotypes sexistes.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Aux Etats-Unis, des magazines pour émanciper les jeunes lectrices

En ligne ou en kiosque, « Affinity Magazine », « Here » « Rookie » et « Kazoo » s’efforcent de développer la conscience politique des jeunes filles, déconstruisant les stéréotypes sexistes.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h30
    |

                            Clémentine Gallot








                        



                                


                            
Du « Meilleur maquillage couleurs arc-en-ciel » à « Dix slogans cool contre Donald Trump », il n’y a qu’un pas. Lequel est gaillardement franchi par une dizaine de médias progressistes qui prospèrent aux Etats-Unis, mêlant bons tuyaux anti-acné et diatribes politiques.
Ainsi, depuis 2013, Affinity Magazine, diffusé en ligne par et pour des ados épris de justice sociale, est mené tambour battant par une toute jeune rédactrice en chef, Evelyn Atieno, âgée de 16 ans à son lancement. De son côté, le bimensuel Seventeen vient de lancer Here, une plate-forme Web militante à destination de la jeune communauté ­LGBTQ. Blogueuse mode repentie, la précoce Tavi Gevinson (21 ans) pilote, quant à elle, le site Rookie, entre guide de survie au collège et journal intime mélancolique. Les lectrices y partagent rêves, phobies, épisodes honteux et playlists thématiques.
Conscience politique
Un engouement générationnel favorisé par le contexte actuel, selon Elisa Lees ­Munoz, de l’International Women’s ­Media Foundation, qui ajoute : « La conscience politique des jeunes filles n’a pas de prix. Aux Etats-Unis, il existe un mythe sur la place des femmes dans la société, qui dit qu’on peut tout faire. L’actualité récente a démontré que ce n’était pas le cas et que la situation n’est pas la même pour toutes. Il faut donc préparer les filles à combattre notre culture qui dénigre les femmes. » Ces titres ringardisent le paysage médiatique français où l’on pleure encore la disparition du mensuel 20 ans, en 2006 : si quelques publications de niche émergent, comme le magazine dessiné Topo ou la newsletter Les Petites Glo’, Okapi et Phosphore ont l’air bien poussiéreux.
De l’autre côté de l’Atlantique, cette presse jeunesse grand public et politisée réactive également une tradition de magazines féminins engagés, comme Ms ou Sassy, disparu dans les années 1990. La transformation la plus spectaculaire...




                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-13">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le raid, qui impliquait les forces spéciales françaises, s’est concentré sur « trois objectifs de groupes armés terroristes » entre Boghassa et Tin Zaouatine.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤         

Compte rendu

Un « coup significatif » porté aux djihadistes par Barkhane

Le raid, qui impliquait les forces spéciales françaises, s’est concentré sur « trois objectifs de groupes armés terroristes » entre Boghassa et Tin Zaouatine.


Le Monde.fr avec Reuters
              datetime="2018-02-17T06:03:48+01:00"

        Le 17.02.2018 à 06h03

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-02-17T06:21:29+01:00"

        Mis à jour le 17.02.2018 à 06h21






    
Des soldats des forces maliennes patrouillent avec la mission française Barkhane, en novembre 2017.
Crédits : HANDOUT / AFP


La France a annoncé, vendredi 16 février, avoir porté un coup significatif aux groupes armés djihadistes dans le nord-est du Mali, par un raid « audacieux » des forces françaises de l’opération Barkhane au cours duquel une vingtaine de personnes – dont des chefs – ont été tuées ou capturées.
« Vingt-trois terroristes, dont des chefs d’Ansar Eddine ainsi que d’Al Mourabitoune, connus pour leurs exactions à l’encontre de la population malienne, ont été tués ou capturés dans cette opération » qui a été menée dans la nuit de mardi à mercredi, a déclaré, vendredi, le général François Lecointre, chef d’état-major des armées, dans un communiqué. « Cette action d’éclat porte un coup significatif aux groupes armés terroristes », souligne-t-il.

        Lire aussi :
         

                Application de l’accord de paix au Mali : le temps presse



Trois objectifs
Le raid, qui impliquait les forces spéciales françaises, s’est concentré sur « trois objectifs de groupes armés terroristes » entre Boghassa et Tin Zaouatine, dans une zone de prédilection du groupe Ansar Dine, avait-on appris jeudi.
Ansar Dine est un groupe armé salafiste fondé en 2012 et dirigé par Iyad Ag Ghali. Le chef touareg malien est « un terroriste et un criminel » contre lequel la France mène une guerre sans la moindre négociation, avait déclaré le président de la République Emmanuel Macron en décembre 2017. Al Mourabitoune est pour sa part lié à Al Qaïda et est commandé par l’Algérien Mokhtar Belmokhtar. Les deux groupes avaient annoncé il y a près d’un an qu’ils allaient fusionner leurs forces.


<article-nb="2018/02/17/19-14">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ L’ONG, dont des salariés ont eu recours à des prostituées à Haïti, se défend face à la communauté internationale et confirme, ce faisant, qu’elle se sent au-dessus des lois locales, déplore le politologue Frédéric Thomas dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« C’est aux Haïtiens qu’Oxfam doit rendre compte »

L’ONG, dont des salariés ont eu recours à des prostituées à Haïti, se défend face à la communauté internationale et confirme, ce faisant, qu’elle se sent au-dessus des lois locales, déplore le politologue Frédéric Thomas dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    17.02.2018 à 05h00
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 10h23
    |

Frédéric Thomas (Politologue, chargé d'étude au Cetri (Centre tricontinental d'études sur le développement et les rapports Nord-Sud), à Louvain-la-...







                        



                                


                            
Tribune. L’attitude d’une dizaine de membres d’Oxfam Grande-Bretagne, accusés d’avoir eu recours à des prostituées en Haïti, en 2011, n’est représentative ni de l’organisation elle-même, ni des acteurs humanitaires, en général. Elle ne peut toutefois s’apparenter à un simple accident ou à un dysfonctionnement ; encore moins à un cas isolé. Des cas similaires dans d’autres pays (Liberia, Tchad, Soudan du Sud…), attribuables à d’autres organisations non gouvernementales (ONG), apparaissent de plus en plus au grand jour.
S’il convient de ne pas céder au réflexe d’autodéfense « corporatiste » du secteur, il faut aussi et surtout dénoncer le lynchage précipité et injuste d’Oxfam. Celui-ci, instrumentalisé par ceux qui veulent couper les budgets « inutiles » de la coopération au développement, vise en réalité la solidarité Nord-Sud et la critique politique des inégalités. Le scandale s’inscrit dans le contexte actuel de dénonciation des agressions sexuelles envers les femmes à la suite de l’affaire Weinstein mais il constitue également un révélateur de la place qu’occupe l’humanitaire aujourd’hui et de son fonctionnement.
Découvrir que des humanitaires, au lendemain du séisme du 12 janvier 2010, dans un pays dévasté où vit une population en détresse, se sont « offert » des prostituées (dont certaines pourraient être mineures) lors de soirées, payées indirectement par l’argent récolté au nom de la solidarité avec le peuple haïtien, s’apparente à une chute. Et une chute d’autant plus grande que l’aura qui entoure l’aide humanitaire, du moins dans le monde occidental, est puissante.
Fonctionnement autocentré du système humanitaire
Mais cette aura n’est que l’envers du désenchantement du politique et de notre paresse intellectuelle et affective. Investi de toutes les vertus, l’humanitaire doit nous laver des complications politiques et de notre impuissance. On juge de son efficacité et de sa légitimité sur la base de son propre discours...




                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-15">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Le président américain s’est rendu à l’hôpital Broward Health où sont soignées certaines des victimes de Nikolas Cruz, le tueur de 19 ans.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Trump rencontre les blessés de la tuerie de Floride

Le président américain s’est rendu à l’hôpital Broward Health où sont soignées certaines des victimes de Nikolas Cruz, le tueur de 19 ans.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 04h54
   





                        



   


Donald et Melania Trump se sont rendus vendredi 16 février au soir dans un hôpital de Floride au chevet des victimes blessées dans la fusillade qui a fait 17 morts dans un lycée, alors que le FBI est dans l’œil du cyclone après avoir reconnu une inaction coupable.
Accompagné de sa femme, le président s’est rendu à l’hôpital Broward Health où sont soignées certaines des victimes de Nikolas Cruz, le tueur de 19 ans. Il a également rencontré des membres du personnel hospitalier et doit encore s’entretenir avec des forces de l’ordre locales pour les remercier de leur action.
Le milliardaire a ensuite prévu de se rendre dans sa résidence de Mar-a-Lago, non loin de Parkland, pour y passer le week-end. « Le travail des docteurs, des infirmières, de l’hôpital, des premiers secours et des forces de l’ordre est incroyable. La vitesse à laquelle ils ont transporté les victimes à l’hôpital est un record », a-t-il brièvement déclaré depuis l’hôpital.
Le FBI critiqué
Pendant ce temps-là, sa police fédérale est sous le feu des critiques. Le FBI a en effet reconnu avoir reçu le 5 janvier dernier un appel d’un proche de Cruz, qui a décrit le comportement déviant du jeune homme et son intention de tuer des personnes, y compris dans un établissement scolaire.
Cette information « aurait dû être traitée comme une menace potentielle » et « aurait dû être communiquée au bureau du FBI de Miami, qui se serait chargé des investigations nécessaires », a souligné le FBI dans un communiqué. En bref, « la procédure en vigueur n’a pas été respectée », a admis la police fédérale.
L’informateur, qui n’a pas été identifié, a également livré au téléphone des détails sur le fait que Cruz était armé et qu’il publiait des messages menaçants sur les réseaux sociaux.
Le jeune homme avait été renvoyé du lycée Marjory Stoneman Douglas, situé dans la ville de Parkland. Il a ouvert le feu mercredi au fusil semi-automatique dans les classes de cet établissement, ses balles fauchant une trentaine de personnes, dont 17 sont décédées, parmi lesquelles une majorité d’adolescents. Il est maintenant poursuivi pour 17 meurtres avec préméditation.
Face à la gravité de l’absence d’une enquête qui aurait pu empêcher ce massacre, le directeur du FBI, Christopher Wray, s’est engagé à « aller au fond du problème ». M. Wray s’est également dit prêt à revoir les procédures en place, dans une déclaration jointe au communiqué.
Gronde ministérielle
Le FBI avait également reconnu avoir été alerté en septembre par un abonné de la plateforme YouTube à propos du commentaire suivant laissé par un utilisateur du nom de Nikolas Cruz : « Je vais devenir tireur professionnel dans les écoles ». L’agence fédérale a expliqué « ne pas avoir été capable d’identifier avec plus de précisions la personne qui a posté ce commentaire ».

        Lire aussi :
         

                Ce que l’on sait de Nikolas Cruz, l’auteur de la fusillade dans un lycée de Floride



Le ministre américain de la Justice, Jeff Sessions, a lui parlé de « manquements » du FBI « aux conséquences tragiques ». « Il est désormais établi qu’il existait des signaux d’avertissement, et que le FBI est passé à côté de ces informations », a commenté M. Sessions.
Le gouverneur républicain de la Floride, Rick Scott, a jugé « inacceptable » l’inaction du FBI et a appelé M. Wray à démissionner.
Parmi les parents parvenant à surmonter leur désespoir pour s’exprimer devant les caméras, Lori Alhadeff a suscité une vive émotion par l’intensité de ses suppliques. Elle a perdu sa fille de 14 ans, Alyssa. « Des actes ! Des actes ! Des actes ! », a-t-elle crié sur l’antenne de CNN, en interpellant directement le locataire de la Maison Blanche. « Je viens de voir ma fille, au corps froid comme la glace. Elle a reçu des tirs dans le cœur, dans la tête, dans la main. Morte ! Froide ! Elle ne reviendra pas », a martelé Mme Alhadeff, exhortant le président à agir contre les armes à feu.
No guns 4 kids
Donald Trump, qui avait été activement soutenu dans sa campagne par les lobbys des armuriers, s’est pour l’instant gardé d’établir un lien entre la dissémination des armes à feu dans le pays et la fusillade de mercredi. A l’inverse, M. Trump a insisté sur les perturbations mentales de Nikolas Cruz.
Le long de la route vers le lycée, des pancartes récemment posées affichent pourtant : « No guns 4 kids » (« Pas d’armes pour les enfants »). « Trop c’est trop. Il est urgent d’adopter des lois de bon sens qui empêcheraient les personnes malades mentales de se procurer des armes », a confié Diana Umpiere, une résidente locale.

Everytown for Gun Safety et Moms Demand Action, deux organisations en pointe de ce combat, ont lancé vendredi une initiative nationale pour écarter les élus qui temporisent sur la question. « L’heure est venue de les dégager », a justifié John Feinblatt, le président of Everytown for Gun Safety. « Les Américains en ont assez ».

        Lire aussi :
         

                Etats-Unis : qu’est-ce que l’« alt-right » et le « suprémacisme blanc » ?






                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-16">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ En inculpant 13 personnes, la justice américaine donne pour la première fois un aperçu du dispositif mis en place pour peser sur l’élection via les réseaux sociaux.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Comment l’agence de propagande russe sur Internet a tenté d’influencer l’élection américaine

En inculpant 13 personnes, la justice américaine donne pour la première fois un aperçu du dispositif mis en place pour peser sur l’élection via les réseaux sociaux.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 03h49
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 05h20
    |

            Martin Untersinger








                        



   


Dans son courriel, Irina Kaverzina s’excuserait presque. « Il y a eu une petite crise au travail » écrit-elle le 13 septembre 2017 à un membre de sa famille. Mais elle n’est pas une simple employée de bureau en retard à un dîner. Depuis 2014, elle travaille, selon la justice américaine, au sein de l’Internet Research Agency (IRA), un organisme russe engagé depuis des mois « dans une guerre informationnelle contre les États-Unis ». Et elle sent le vent tourner. « Le FBI a répéré nos activités (je blague pas !). J’ai dû m’occuper de couvrir les traces »
Ce court message figure dans les 37 pages du document d’accusation publié par les équipes du procureur spécial Mueller dans lequel il inculpe Mme Kaverzina et 12 de ses compatriotes pour avoir tenté d’infléchir le cours de l’élection présidentielle américaine de 2016. Ce document résumant les éléments en possession de la justice américaine dans ce dossier brûlant donne pour la première fois un aperçu du dispositif mis en place par la Russie pour peser sur l’élection.

        Lire aussi :
         

                Donald Trump face à de solides accusations d’interférences russes



Le cœur de l’opération se déroule au 55 rue Savushkina, à Saint-Pétersbourg. C’est dans ce banal immeuble de trois étages qu’en 2013 a été installée l’IRA. Dès 2014, cet organisme spécialisé dans la propagande sur Internet et fort de quelques centaines d’employés s’intéresse, toujours selon le document d’inculpation « aux questions sociales et politiques controversées aux États-Unis ».
Une unité visant l’élection de novembre 2016 est mise en place, et comptera plus de 80 personnes. Des agents de l’IRA sont dépêchés sur le territoire américain pour réunir des informations utiles à l’opération. Selon la justice américaine, ils préparaient leurs expéditions comme des agents de renseignement, avec des portables jetables et des « scénarios d’évacuation ».
Une propagande qui s’intensifie
Plus l’élection approche et plus l’activité semble intense, à en croire la recension qu’en fait la justice. Des agents sont chargés de créer des centaines de comptes sur divers réseaux sociaux, dont certains compteront plusieurs dizaines de milliers d’abonnés. Leur hiérarchie demande à ce que soient particulièrement visés « les utilisateurs insatisfaits de la situation sociale et économique ». Ces faux-comptes traiteront donc largement de religion, d’immigration ou de la place des Noirs dans la société américaine. Cette myriade de comptes propageront également de nombreuses rumeurs — par exemple sur des irrégularités dans le vote par correspondance — dont l’audience sera assurée par l’achat régulier de publicités sur les réseaux sociaux, à hauteur de plusieurs milliers de dollars par mois.
Courant 2016, ces pages tentent de façonner l’image des candidats à la présidence. Il leur est ainsi ordonné « d’utiliser toutes les opportunités possibles pour critiquer Hillary et les autres (sauf Sanders et Trump, on les soutient) », selon une instruction interne reproduite dans le document d’inculpation. À peu près à la même période, leur effort de propagande s’intensifie en direction des États « violets », dont le vote pour l’élection est indécis, entre le rouge républicain et le bleu démocrate. 
Organisation de manifestations
L’influence de l’IRA dépasse largement les réseaux. Selon le document d’inculpation, en ligne avec des informations parues ces derniers mois dans la presse américaine, les agents russes ont organisé sur le sol américain des manifestations, quasi-systématiquement en faveur de Donald Trump ou contre Hillary Clinton.
Pour cela, la mécanique est rôdée. D’abord, leurs influents comptes sur les réseaux sociaux promeuvent le rassemblement. En se faisant passer pour de simples militants, ils contactent des sympathisants de Trump pour les convaincre d’y assister. Ils ont même pris langue à plusieurs reprises avec des membres locaux du comité d’organisation de la campagne de Trump. A l’un d’eux, ils écrivent :
« La Floride est encore un État violet, et nous devons le peindre en rouge ! Et si nous organisions une ÉNORME manifestation pro-Trump dans toutes les villes de Floride ? »
Il lui arrive aussi de dédommager certains sympathisants. En Floride, l’IRA a payé pour la construction d’une cage fixée sur un camion. A l’intérieur, un manifestant y incarnait Hillary Clinton en tenue de prisonnière. Lui aussi contre rémunération.
À la lecture de ce document d’inculpation, on comprend que sur les réseaux sociaux, l’IRA n’a fait qu’utiliser des outils conçus pour le marketing et la publicité. La description qu’en fait la justice américaine la fait d’ailleurs ressembler à n’importe quelle entreprise du secteur. Des « shifts » sont organisés pour alimenter les comptes sur les réseaux sociaux. Des experts en analyse de données scrutent les performances de chaque publication : nombre de clics, de partages, de « J’aime »… À leurs côtés, des experts du référencement ou du graphisme complètent les effectifs de cette PME de propagande. Jusqu’au moindre détail : un agent de l’IRA, de retour d’Atlanta en novembre 2014, rapporte à son supérieur hiérarchique les informations recueillies mais aussi… Ses notes de frais.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-17">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ La Salvadorienne Teodora Vasquez a été libérée jeudi après avoir passé 11 ans en prison pour une fausse couche, considérée par la justice comme un homicide.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Avortement au Salvador : une libération relance le débat sur l’interdiction totale

La Salvadorienne Teodora Vasquez a été libérée jeudi après avoir passé 11 ans en prison pour une fausse couche, considérée par la justice comme un homicide.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 03h02
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 10h21
    |

            Jean-Michel Caroit (Saint-Domingue, correspondant)








                        



   


La libération de la Salvadorienne Teodora Vasquez, condamnée à 30 ans de prison en 2008 pour une fausse couche qualifiée « d’homicide aggravé » par la justice, a relancé le débat sur les législations anti-avortement draconiennes en Amérique latine. Teodora Vasquez a passé dix ans et sept mois derrière les barreaux. Elle a quitté la prison pour femmes d’Ilopango, à 11 kilomètres à l’est de San Salvador, jeudi 15 février après que le Tribunal suprême eut décidé de commuer sa peine « pour des raisons de justice, d’équité et de caractère juridique ».
En décembre dernier, un tribunal de San Salvador avait confirmé sa condamnation. La Cour suprême n’a pas reconnu son innocence mais a jugé « que les preuves scientifiques ne permettaient pas de déterminer qu’il y ait eu une action volontaire conduisant à la mort de la créature en gestation ».
Accusée d’avoir tué
Teodora Vasquez était cuisinière au lycée canadien de San Salvador. Le 13 juillet 2007, enceinte de neuf mois, elle a ressenti de vives douleurs à son travail et a tenté d’appeler à plusieurs reprises le 911, le service des urgences, sans obtenir de réponse. Elle s’est rendue aux toilettes où elle s’est évanouie. Lorsque la police, alertée par un employé du lycée, est arrivée, elle gisait inconsciente au milieu d’une mare de sang avec son bébé mort-né.
Elle fut immédiatement arrêtée et accusée d’avoir tué le nouveau-né sur la base de rapports d’autopsie contestés par ses avocats et plusieurs organisations de la société civile. Teodora, qui avait un fils de 4 ans au moment de son arrestation, n’a pu le voir que sept fois durant les dix années de son incarcération.
« La libération de Teodora est un pas important, mais il est insuffisant car il ne reconnaît pas son innocence », a souligné Morena Herrera, animatrice du regroupement citoyen pour la dépénalisation de l’avortement. Selon cette féministe, ancienne guérillera lors de la guerre civile des années 1980, « il est temps d’en finir avec cette situation de criminalisation des femmes ».
Règles les plus strictes
En avril 1997, une réforme pénale a interdit toute forme d’avortement au Salvador, y compris en cas de viol, lorsque la vie de la mère est en danger ou quand le fœtus n’a aucune chance de survie. Ces trois exceptions étaient acceptées avant la réforme. En février 1999, un vote majoritaire des députés, y compris 15 des 27 représentants du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN-ancienne guérilla) a donné une force constitutionnelle à cette interdiction totale de l’avortement.
La peine prévue en cas d’avortement est de deux à huit ans de prison.
Les tribunaux qualifient fréquemment les avortements « d’homicides aggravés », passibles de 30 à 50 ans de prison. En novembre 2016, la députée Lorena Peña, du FMLN, a présenté une proposition de loi pour dépénaliser l’avortement en cas de viol, de danger pour la vie de la mère ou pour la survie du fœtus. Cette initiative n’a pas été adoptée et un député de l’opposition de droite a au contraire proposé d’augmenter les peines à 50 ans de prison.
27 femmes en prison
A sa sortie de prison, Teodora Vasquez s’est dite déterminée à « poursuivre la lutte » pour obtenir la rapide libération de treize femmes condamnées dans les mêmes circonstances qu’elle. Selon Amnesty International, il reste encore au moins vingt-sept femmes emprisonnées au Salvador en application de la loi pénalisant l’avortement.
« Il est encourageant de voir Teodora sortir de prison, où elle n’aurait jamais du être, mais le Salvador est encore loin d’assurer pleinement les droits des femmes et des filles », a réagi Erika Guevara-Rosas, la directrice d’Amnesty International pour les Amériques. « Les autorités du Salvador doivent urgemment abolir cette interdiction aberrante de l’avortement qui a créé un contexte de discrimination, de souffrance et d’injustice », a-t-elle ajouté.
Comme le Salvador, trois autres pays de la région interdisent toute forme d’avortement : le Honduras, le Nicaragua et la République dominicaine. Les puissantes Eglises, catholique et protestantes, s’opposent à toute forme d’assouplissement en dépit des données sur la mortalité des femmes et sur le rôle de la prohibition de l’avortement et de l’éducation sexuelle dans la perpétuation de l’extrême pauvreté chez les femmes.
Les plus aisées peuvent se rendre à l’étranger. Pour les plus pauvres, les interventions sont souvent dangereuses, sans suivi médical. Dans les pays où la prohibition est totale, s’est développé un marché noir du misoprostol, un médicament contre les ulcères, qui est utilisé sans précaution à des fins abortives. Le comprimé, qui vaut 30 centimes de dollar, est vendu cent fois plus cher sous le manteau au Salvador.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-18">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ La justice américaine a mis le Kremlin sur la sellette, vendredi, en inculpant treize Russes, dont un proche de Poutine, pour avoir favorisé la candidature de Trump à la présidentielle de 2016.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 16/02/2018
Découvrir l’application


                        

Donald Trump face à de solides accusations d’interférences russes

La justice américaine a mis le Kremlin sur la sellette, vendredi, en inculpant treize Russes, dont un proche de Poutine, pour avoir favorisé la candidature de Trump à la présidentielle de 2016.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 02h45
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 13h28
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


Longtemps niée par Donald Trump, la réalité d’une tentative russe de peser sur la présidentielle de novembre 2016 a pris une nouvelle consistance, vendredi 16 février, avec la mise en cause par le ministère de la justice de treize ressortissants et de trois entités russes. Ils sont accusés d’avoir voulu peser sur les débats aux Etats-Unis, principalement par le truchement de réseaux sociaux instrumentalisés à distance par des agents se présentant faussement comme des citoyens américains.
La Maison Blanche a rapidement réagi aux avancées de l’enquête conduite par le procureur spécial Robert Mueller. Mais, plutôt que de dénoncer une ingérence de la Russie, la présidence a préféré mettre en avant des éléments qui innocentent, selon elle, Donald Trump.
Tout d’abord la date du lancement de cette machination, antérieure à la déclaration de candidature du milliardaire. Ensuite, l’absence à ce stade – précisée par l’acte d’accusation – de tout élément de collusion consciente entre l’équipe de campagne du candidat républicain et ces agents russes. Le fait, enfin, que le résultat de l’élection n’a pas été « affecté » par cette campagne. La formulation utilisée, vendredi, par le numéro deux du ministère de la justice, Rod Rosenstein, laisse plutôt entendre que l’acte d’accusation ne s’est pas penché sur des conséquences éventuelles sur le vote du 8 novembre 2016, évidemment délicates à établir.
« Chasse aux sorcières »
Le volet de l’enquête exposé vendredi ne vise que l’offensive russe sur les réseaux sociaux. Il ne concerne pas les piratages informatiques ciblant des responsables démocrates pratiqués pendant cette même période et également prêtés à la Russie, ni les contacts noués au même moment par des membres de l’équipe de campagne de Donald Trump avec des personnalités russes.

        Lire aussi :
         

                Affaire russe : Donald Trump refuse de rendre publique la note démocrate



Les bonnes nouvelles mises en avant par la Maison Blanche ont également été relativisées par la description extrêmement détaillée d’une opération longtemps qualifiée de « bobard » et de « plus grande chasse aux sorcières de l’histoire des Etats-Unis » par le président Trump.
En dépit du rapport resté classifié qui lui avait été présenté en janvier 2017 par le renseignement américain, Donald Trump n’a cessé de répéter que cette affaire avait été montée de toutes pièces par le Parti démocrate pour s’exonérer de toute responsabilité dans sa défaite inattendue.
Après une brève rencontre avec son homologue russe, Vladimir Poutine, en marge d’un sommet régional au Vietnam, en novembre 2017, le président américain avait ainsi déclaré : « Chaque fois qu’il me voit, il me dit : “Je n’ai pas fait ça” et je le crois vraiment quand il me le dit. » Donald Trump avait ensuite réitéré sa confiance dans ses services de renseignement après une vive réaction de la CIA.
Véritable film d’espionnage
L’acte d’accusation, qui se lit parfois comme le script d’un film d’espionnage, assure que les agents russes mobilisés pour la circonstance ont fini par se fixer un agenda précis : favoriser le candidat républicain, y compris face à ses rivaux des primaires, dénigrer au contraire son adversaire démocrate, Hillary Clinton, et tenter de démobiliser des électorats jugés favorables à l’ancienne secrétaire d’Etat. Des accusations qualifiées d’« absurdes » par Moscou, vendredi soir.
Les premières inculpations annoncées à l’automne 2017 par le procureur spécial avaient visé des infractions découvertes par les enquêteurs sans lien direct avec les soupçons d’interférences (fraude fiscale et mensonges au FBI). Celles-ci visent, au contraire, l’un des objets précis d’une enquête qui ne semble pas proche de son terme et que Robert Mueller est parvenu, jusqu’à présent, à conduire dans la plus grande confidentialité.
« Nous ne pouvons pas faire face à cette menace, qui est sérieuse, avec une réponse de l’ensemble de l’administration, lorsque le chef de cette dernière continue de nier qu’elle existe », Angus King, sénateur indépendant du Maine
Ces dernières semaines, le procureur spécial et Rod Rosenstein étaient la cible d’une campagne de déstabilisation conduite par des fidèles du président. Il est probable que les annonces de vendredi les confortent au contraire dans leurs fonctions.
La solidité apparente de l’acte d’accusation va aussi mettre Donald Trump à l’épreuve sur un sujet à propos duquel il ne cesse d’entretenir l’ambiguïté. Le 30 janvier, le président a ainsi laissé passer une date limite pour imposer des sanctions visant la Russie votées à la quasi-unanimité par le Congrès, en riposte justement à ces accusations d’interférences. Le département du Trésor s’est contenté de publier une liste de personnalités russes désormais dans le viseur de Washington.
Guerre d’influence
Le risque, pourtant, persiste. Le 13 février, au cours d’une audition annuelle au Sénat consacrée aux menaces internationales, les responsables du renseignement américain ont assuré que la Russie n’a pas renoncé à cette forme de guerre d’influence.

        Lire aussi :
         

                Donald Trump attaque frontalement le ministère de la justice et le FBI



« Au sein de la communauté [du renseignement], nous n’avons pas vu de preuve de changement significatif », a expliqué Dan Coats, le directeur du renseignement national, approuvé notamment par Mike Pompeo, responsable de la CIA. « Il ne devrait y avoir aucun doute sur le fait que la Russie estime que ses efforts ont porté leurs fruits [en 2016] et considère les élections de mi-mandat en 2018 comme une cible pour des opérations d’influence », a ajouté Dan Coats.
Lorsque le sénateur démocrate Jack Reed (Rhode Island) a demandé aux responsables quelles « actions spécifiques » le président leur a indiqué de mettre en place « pour contrer et limiter » ces efforts prêtés à la Russie, Dan Coats et le directeur du FBI, Christopher Wray, ont bien été en peine d’en indiquer une seule.
« Nous ne pouvons pas faire face à cette menace, qui est sérieuse, avec une réponse de l’ensemble de l’administration, lorsque le chef de cette dernière continue de nier qu’elle existe », s’est agacé le sénateur indépendant du Maine Angus King.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-19">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Un séisme de magnitude 7,5 sur l’échelle de Richter a été ressenti jusque dans la capitale.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Puissant tremblement de terre au Mexique

Un séisme de magnitude 7,5 sur l’échelle de Richter a été ressenti jusque dans la capitale.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 01h00
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 10h35
   





                        


Un puissant séisme a secoué vendredi 16 février au soir Mexico, faisant osciller des bâtiments sans provoquer de dégâts majeurs dans l’immédiat, cinq mois après un violent tremblement de terre qui avait tué 369 personnes dans la capitale. « Pour l’instant, il n’y a pas de dégâts signalés », a indiqué sur Twitter le département de la protection civile. « Jusqu’à présent, il n’y a pas de pertes de vies humaines ni de personnes blessées », a déclaré le porte-parole de la présidence, Eduardo Sanchez.
La magnitude de la secousse a été évaluée à 7 par le service sismologique mexicain et à 7,5 par l’Institut américain de géophysique USGS, qui l’a ensuite révisée à 7,2. Selon l’USGS, l’épicentre du séisme a été localisé au nord-est de Pinotepa de Don Luis, dans l’Etat d’Oaxaca, à environ 600 kilomètres au sud de Mexico. Selon le réseau Sky Alert, le tremblement de terre a été ressenti dans les Etats de Guerrero, d’Oaxaca et de Puebla. Les services météorologiques américains ont immédiatement prévenu qu’il n’y avait pas lieu de lancer une alerte au tsunami.

Crash de l’hélicoptère d’un ministre se rendant sur les lieux du séisme
L’hélicoptère qui transportait le ministre de l’intérieur, Alfonso Navarrete, vers le lieu du séisme dans l’Etat d’Oaxaca, s’est écrasé vendredi soir 16 févirer à l’atterrissage, faisant deux morts au sol, a annoncé le président mexicain Enrique Peña Nieto, qui a précisé que le ministre était sain et sauf.
Le ministre voyageait en compagnie du gouverneur de l’Etat d’Oaxaca, Alejandro Murat, et de plusieurs fonctionnaires vers la ville de Pinotepa de San Luis, à environ 600 km au sud de Mexico. Le président a présenté ses condoléances aux familles des victimes.


Alerte déclenchée
Des centaines de personnes sont sorties précipitamment des immeubles de la capitale quand s’est déclenché le système d’alarme, annonciateur d’une secousse imminente, pour rejoindre des places ou des avenues et éviter ainsi le risque de chute de bâtiments, ont indiqué des témoins.
« Nous sommes sortis en courant, c’est la seule chose qu’on peut faire », a déclaré, les yeux rougis par l’émotion, Kevin Valladolid, 38 ans, habitant du quartier Roma, qui a ensuite confié :
« C’est vrai qu’on déjà assez perturbés. A la moindre alarme qui retentit on pleure, on est très stressés, on vit un flash back. »
Debout au milieu d’une avenue du même quartier, Graciela Escalante, 72 ans, gardait les yeux fixés sur son appartement, situé au cinquième étage. « Cela a été horriblement fort. On a eu du mal descendre, ça a été les escaliers les plus longs du monde, mais on a réussi à sortir avant que la Terre se mette à trembler... on a cru que tout allait s’effondrer une fois de plus », a-t-elle raconté, tenant fermement la main de sa fille.
La secousse survient en effet cinq mois après une série de deux séismes qui avaient tué plusieurs centaines de personnes dans le centre et le sud du Mexique. Le 7 septembre, un tremblement de terre de magnitude 8,2 avait frappé le pays et fait 96 morts, principalement dans l’Etat d’Oaxaca. Puis le 19 septembre, au 32e anniversaire de l’énorme séisme de 1985 qui avait tué 10 000 personnes, une secousse de magnitude 7,1 avait frappé Mexico, faisant 369 morts.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/17/19-20">
<filnamedate="20180217"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180217"><AAMMJJHH="2018021719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Rien qu’en 2017, l’Etat a recensé 6 731 morts violentes, deux toutes les trois heures. Chaque jour les journaux brésiliens relatent les fusillades et les tragédies absurdes de familles touchées par des balles perdues ou victimes d’agression.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Les militaires reprennent le contrôle de la sécurité à Rio de Janeiro

Rien qu’en 2017, l’Etat a recensé 6 731 morts violentes, deux toutes les trois heures. Chaque jour les journaux brésiliens relatent les fusillades et les tragédies absurdes de familles touchées par des balles perdues ou victimes d’agression.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 23h00
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 02h46
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



   


La voix étranglée, le président brésilien, Michel Temer a dû reconnaître, vendredi 16 février, le chaos dans lequel l’Etat de Rio de Janeiro, rongé par le trafic, meurtri par les gangs, avait plongé.
A situation extrême, réponse exceptionnelle, le gouvernement fédéral a décrété une intervention militaire afin de reprendre le contrôle de la sécurité de l’Etat. Une première depuis le retour de la démocratie dans le pays et la Constitution de 1988.
Le général Walter Souza Braga Netto assumera la responsabilité des tâches policières jusqu’au 31 décembre en lieu et place du secrétaire à la sécurité de l’Etat, Roberto Sa. Désavoué, ce dernier devait déposer sa démission vendredi.
« Le crime organisé a presque pris le contrôle de l’Etat de Rio. C’est une métastase qui se répand dans le pays et menace la tranquillité de notre peuple, a expliqué Michel Temer. Nous ne pouvons accepter passivement la mort d’innocents. Il est intolérable que nous enterrions des pères et de mères de famille, des travailleurs, des policiers, des jeunes et des enfants, [il est intolérable de voir] des écoles cernées par les fusils et des rues transformées en tranchées. C’est fini. Assez. Nous n’allons pas accepter qu’ils tuent notre présent et continuent d’assassiner notre futur. »
Deux morts violentes toutes les trois heures
Rien qu’en 2017, l’Etat a recensé 6 731 morts violentes, deux toutes les trois heures. Chaque jour les journaux brésiliens relatent les fusillades et les tragédies absurdes de familles touchées par des balles perdues ou victimes d’agression.
Le 6 février, la population s’est encore émue de la mort d’une enfant de 3 ans, Emily, tuée dans la voiture de ses parents par des voleurs en panique. Le même jour, Jérémias, 13 ans, tombait d’une balle dans le thorax alors qu’il jouait au foot dans sa favela du Complexo da Maré. Selon l’Organisation non gouvernementale Rio de Paz, quarante-quatre enfants sont morts victimes de balles perdues depuis 2007.
Le naufrage de Rio s’est répercuté jusque dans les défilés du carnaval. Sur un air de samba, l’école Beija-Flor, a résumé en une heure, lors de son arrivée sur le sambodrome, dans la nuit de lundi 12 à mardi 13 février, la tragédie de l’ancienne capitale en faisant défiler la corruption, la mort, les policiers assassinés et l’indécence des politiciens. Point d’orgue du spectacle : un char allégorique incarnant une madone tenant dans ses bras un policier tué. Acclamée, l’école de samba, a remporté la compétition. « Ce carnaval très politique a renforcé l’idée que la ville était dans une situation d’anarchie », commente le politologue Mathias de Alencastro.
Manœuvre politique de fin de mandat ?
Les défilés diffusés en mondovision ont-ils influencé Brasilia ? A moins d’un an de la fin du mandat de Michel Temer, président à l’impopularité historique, l’intervention de l’armée à Rio suscite la perplexité, voire la frayeur. Certains n’y voient qu’une manœuvre visant à faire oublier l’incapacité du gouvernement à faire voter la réforme des retraites, élément crucial du gouvernement de Michel Temer. D’autres fustigent une mesure vouée à l’échec dans un Etat en faillite où l’extrême violence le dispute à l’indigence des services publics.
« Ce décret ne répond pas aux besoins de Rio. On n’obtient pas la paix en militarisant la police. Le résultat ne sera qu’une escalade de violence », alerte Adilson Paes de Souza, ancien lieutenant-colonel de l’armée et auteur d’un ouvrage sur le malaise des policiers brésiliens. « Construisons des écoles, et nous fermerons des prisons », abonde Francisco Chao, directeur du syndicat des policiers civils de Rio, paraphrasant Victor Hugo.
Souvenir de la dictature militaire
Dans un pays où le souvenir de la dictature militaire (1964-1985) reste dans les esprits, cette démonstration de fermeté fait aussi trembler. « La démocratie exige l’ordre. Cette mesure vise à renforcer la démocratie. Il n’y aura aucune restriction des droits », a tenté de rassurer, vendredi, Raul Jungmann, le ministre de la défense.
Il n’empêche. Sur les réseaux sociaux, quelques heures après son annonce, Michel Temer était déjà grimé en maréchal Castelo Branco, principal architecte du coup d’Etat de 1964. « Le gouvernement de Michel Temer sait qu’il ne laissera aucune trace alors il tente un dernier coup en satisfaisant l’électorat le plus extrême qui ne voit de salut que dans l’intervention militaire », résume Mathias de Alencastro.



                            


                        

                        

