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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Plusieurs participants, à l’instar du Polynésien Pita Taufatofua, ont droit à leur quart d’heure de célébrité en enchaînant les interviews après avoir échoué aux Jeux.
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JO 2018 : pour les concurrents des petites nations, tout commence après la ligne d’arrivée

Plusieurs participants, à l’instar du Polynésien Pita Taufatofua, ont droit à leur quart d’heure de célébrité en enchaînant les interviews après avoir échoué aux Jeux.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 14h11
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 14h33
    |

            Clément Martel (Pyeongchang, Corée du Sud, envoyé spécial)








                        



   


D’une certaine façon, ça nous a rassuré. J’ai un peu honte de l’admettre, mais le numéro du Tongien-torse-nu après la cérémonie d’ouverture m’avait un peu inquiété. Souvenez-vous, après avoir paradé avec pour simple appareil une natte – il s’agit d’une ta’ovala – nouée autour de la taille lors de la glaciale cérémonie d’ouverture, Pita Taufatofua avait déclaré :
« Je n’avais pas froid du tout. Quand vous êtes de Polynésie, la chaleur vient de l’intérieur et non de l’extérieur . »
« Pyeongchang, comme ça se prononce » a mené son enquête. Et aujourd’hui, je suis en mesure de vous affirmer ceci : ledit Pita n’est pas un être étrange venu de l’espace pour ne pas avoir froid. Même les Tongiens peuvent souffrir du froid.

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                JO d’hiver 2018 : Pita Taufatofua n’a pas froid aux yeux



« Je suis jaloux de toutes vos couches ! » Au petit groupe de journalistes patients-et-gelés (patients-car-gelés est une explication plausible) qui l’attendaient vendredi 16 février comme le Messie, Pita Taufatofua a confié souffrir terriblement du froid tombé subitement sur le centre de ski de fond d’Alpensia. « Rester parler avec vous est encore plus dur que la course. Car au moins là, j’avais chaud. »

   


Car le néo-fondeur tongien a bien terminé sa première course olympique. Lui qui admet « ne pas être un athlète d’efforts longs » a galéré, mais bouclé les 15 km en style libre à la 114e position (sur 118) avec près de 23 minutes de retard sur le champion olympique Dario Cologna. Qui était sur la ligne d’arrivée pour le féliciter.
Bruce Lee, chutes et marathon télé
Passé le moment gênant où une confrère chinoise lui demande de souhaiter bonne année – dans la langue de Sun Tzu – aux citoyens de l’empire du Milieu (scoop : il n’y est pas parvenu), Taufatofua nous a raconté sa course. Note pour plus tard, le karma existe : cette dame a vu son enregistrement s’interrompre au milieu de l’interview, car son portable s’est éteint. Et s’est attiré un « il vous faudrait une meilleure batterie » du Tongien. Puis, gentil, il lui a confié la relation (imaginaire) qu’il entretenait avec le héros de son enfance, Bruce Lee, et sa « philosophie ».
Gelé, mais gérant à merveille sa communication (fait dont il est coutumier), l’ancien combattant de taekwondo a « donné du biscuit » aux journalistes. Florilège :
« Je suis hyper content de ne pas avoir terminé dernier .»« Qu’est-ce qui a été le plus dur ? Vous voyez cette montée ? On dirait qu’elle s’arrête bientôt. Mais non, elle continue jusqu’au bout du monde. »« Dans la dernière descente, je me suis concentré, “surtout ne pas tomber, pas maintenant pas devant tous ces gens”. »« Je ne suis pas tombé. Pas devant les caméras, pas quand elles n’étaient pas là. C’est pas mal, non ?  »« Combien de temps a duré ma course ? Une heure ? Eh bien ça fait douze semaines et une heure que je me suis mis au ski. Donc dans quatre ans, je serai clairement meilleur. »
Enfin, le représentant de l’atoll du Pacifique a pu quitter, au bout d’une bonne heure et demi, la zone mixte où télés, radios et journalistes du monde entier avaient essayé de lui parler. Alors que tous les concurrents des grandes nations du fond (on vous laisse choisir si la France en est) avaient depuis longtemps regagné leurs pénates, ceux des « pays exotiques » (ce n’est pas PCÇSP qui le dit, c’est l’entraîneur allemand de Pita Taufatofua) entamaient une seconde course.
Non contents d’avoir terminé à plus de vingt minutes, il fallait les voir, les Brésilien, Marocain, Mexicain, Colombien, Bolivien et le sacré numéro complémentaire tongien (oui, une règle mathématique oubliée semble régir les participants, exigeant que seuls des pays dont les ressortissants s’achèvent en «-en » fassent partie du concert des petites nations en ski de fond), enchaîner les interviews en grelottant. Mais après avoir repoussé une paire de compétitions olympiques, le froid n’allait pas leur voler leur quart d’heure de célébrité.

#JO2018 - L'important, c'est de participer !
— AFPSport (@AFP Sports)


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D’ailleurs, le froid était souvent le sujet de conversation principal avec ces sportifs qui se sont réunis au village olympique (on gage que l’ambiance est bonne). Une bonne façon de briser la glace sans doute. Mais on laisse le mot de la fin au Chilien Yonathan Jesus Fernandez, 102e de l’épreuve : « Que puto frio ! » On ne traduira pas.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ En réponse à un journaliste, Mateusz Morawiecki a évoqué, samedi, « des coupables polonais, de même qu’il y eut des coupables juifs, russes, des ukrainiens, et pas seulement des coupables allemands ».
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A Munich, le premier ministre polonais défend la loi controversée sur la mémoire de la Shoah

En réponse à un journaliste, Mateusz Morawiecki a évoqué, samedi, « des coupables polonais, de même qu’il y eut des coupables juifs, russes, des ukrainiens, et pas seulement des coupables allemands ».



Le Monde
 |    17.02.2018 à 17h10
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 18h17
    |

            Thomas Wieder (Munich, envoyé spécial)








                        



   


La question est venue du fond de la salle. Elle a été posée par le journaliste d’investigation israélien Ronen Bergman, qui travaille au quotidien Yediot Aharonot, collabore au New York Times et vient de publier une histoire du Mossad, qui fait beaucoup de bruit (Rise and Kill first. The Secret History of Israel’s Targeted Assassinations, Random House, non traduit). Elle était destinée au premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, qui assistait, samedi 17 février, à la 54e Conférence de Munich sur la sécurité.
Rappelant qu’il était lui-même le fils d’une rescapée de la Shoah, M. Bergman a interpellé M. Morawiecki sur la loi mémorielle controversée, adoptée récemment à Varsovie, qui pénalise « l’attribution à la nation ou à l’Etat polonais, en dépit des faits, de crimes contre l’humanité ». Un texte qui a suscité les protestations de plusieurs pays dont les Etats-Unis et Israël, ainsi que l’indignation des historiens du monde entier, mais dont le président polonais, Andrzej Duda, a malgré tout annoncé la promulgation, le 6 février.

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« Si je raconte l’histoire de ma mère en Pologne, je serai considéré comme un criminel. Que cherchez-vous à faire, au juste ? », a demandé M. Bergman. Dans la même salle où venaient de prendre la parole le ministre allemand des affaires étrangères, Sigmar Gabriel, la première ministre britannique, Theresa May, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et où s’apprêtait à monter à la tribune le premier ministre français, Edouard Philippe, la question a déclenché un tonnerre d’applaudissements.
« Ce ne sera pas punissable »
Assis sur la scène à côté du chancelier conservateur autrichien, Sebastian Kurz, qui est arrivé au pouvoir en même temps que lui, en décembre 2017, et dirige un gouvernement auquel participe le parti d’extrême droite FPÖ, M. Morawiecki a répondu le plus calmement du monde. « Ce ne sera pas punissable, ce ne sera pas regardé comme criminel de dire qu’il y eut des coupables polonais, de même qu’il y eut des coupables juifs, des coupables russes, des coupables ukrainiens, et pas seulement des coupables allemands », a-t-il affirmé, avant de justifier la loi portée par son gouvernement, dirigé par le parti nationaliste ultraconservateur Droit et justice (PiS).
Sur Twitter, quelques minutes plus tard, M. Bergman a commenté de ces quelques mots les propos de M. Morawiecki : « Sa réaction est incroyable. »
Le chef du gouvernement a poursuivi ses explications. « Les ambassades polonaises ont eu à réagir 260 fois pour la seule année 2017 à l’expression “camps de la mort polonais”, “camps d’extermination polonais”. Eh bien, mesdames et messieurs, il n’y a pas eu de camps de la mort polonais. Il y a eu des camps de la mort allemands nazis, et le simple fait d’avoir à l’expliquer aujourd’hui est la conséquence de notre histoire. Pendant cinquante ans après la fin de la seconde guerre mondiale, quarante-cinq pour être précis, nous n’avons pu plaider notre cause. Il n’y avait pas d’Etat polonais indépendant », a dit M. Morawiecki.
Policer l’historiographie
Insistant sur l’aide apportée par des Polonais « à leurs frères et sœurs juifs » pendant la guerre, il a conclu : « Bien sûr qu’il n’y aura aucune poursuite de gens qui disent qu’il y a eu des assassins polonais. Mais nous ne pouvons être d’accord avec le fait de mélanger les assassins avec les victimes, parce que cela serait une offense à tous les juifs et tous les Polonais qui ont durement souffert pendant la seconde guerre mondiale. »
Ce long développement du premier ministre polonais à Munich correspond à une volonté de Varsovie de défendre pied à pied sa réputation et sa volonté de policer l’historiographie, malgré la polémique qui a pourtant assombri ses bonnes relations avec Israël.

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                La Pologne est-elle malade de son histoire ?



Dans une lettre datée du 12 février, le président du Sénat polonais, Stanislaw Karczewski, a lancé un appel aux Polonais émigrés, afin qu’ils veillent à la bonne image de la patrie. « Je vous prie de documenter et de dénoncer toute manifestation d’antipolonisme, ainsi que les écrits ou opinions nous portant outrage, a-t-il écrit. Je vous prie d’informer nos ambassades, nos consulats ou les consuls honoraires de toute déclaration mettant en cause le bon renom de la Pologne. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Malgré la longue période de préparation qui a suivi la guerre d’indépendance de 1998-1999, le pays se montre toujours incapable d’offrir un avenir meilleur à sa population.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/02/2018
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L’inquiétant gâchis kosovar

Malgré la longue période de préparation qui a suivi la guerre d’indépendance de 1998-1999, le pays se montre toujours incapable d’offrir un avenir meilleur à sa population.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 18h13
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Analyse. L’Etat le plus jeune d’Europe devait fêter, samedi 17 février, ses 10 ans. Officiellement indépendant de la Serbie depuis 2008, le Kosovo va passer cet anniversaire dans une bien piètre situation.
Malgré la longue période de préparation qui a suivi la guerre d’indépendance de 1998-1999, le pays se montre toujours incapable d’offrir un Etat de droit fonctionnel, une souveraineté sur tout son territoire et surtout l’espoir d’un avenir meilleur à sa population. Tout cela malgré le soutien financier, diplomatique et sécuritaire considérable offert par les parrains européens et américains, qui ont toujours soutenu le processus d’indépendance face à la Serbie prorusse.
Vingt ans après la guerre, le bilan est sombre. Dans un pays très majoritairement albanophone, la minorité serbe ne se reconnaît pas dans les autorités de Pristina, la capitale. La région frontalière avec la Serbie, où ils sont majoritaires, au nord de Mitrovica, échappe d’ailleurs toujours de facto à la souveraineté du pays et est devenue une zone de non-droit où un important responsable politique serbe a pu être tué en pleine rue à la mi-janvier.
Malgré d’intenses et incessants pourparlers sous l’égide de l’Union européenne (UE), Belgrade refuse encore de reconnaître l’indépendance de son ancienne région. Et chaque avancée de ce dialogue est laborieuse. Les deux accords de normalisation, conclus en 2013 et 2015, sont mis en application à grand-peine : le Kosovo devrait, par exemple, enfin disposer de son propre code téléphonique à partir de cet été.
Un chômage effrayant
Pendant longtemps, les autorités kosovares ont pu à raison rejeter la faute sur la Serbie pour son manque de bonne volonté. Mais depuis la conversion pro-européenne de l’homme fort de ce pays, son président Alexander Vucic, celle-ci est nettement moins évidente.
Difficile d’envisager que la Serbie puisse entrer dans l’UE sans reconnaître le Kosovo, et Belgrade a envoyé des premiers signaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Après l’annonce de poursuites contre treize Russes pour complot, les journaux américains dénoncent une « absence de leadership » de Trump.
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Ingérence russe : la presse américaine s’interroge sur la « mystérieuse réticence » de Trump à agir

Après l’annonce de poursuites contre treize Russes pour complot, les journaux américains dénoncent une « absence de leadership » de Trump.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 14h22
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 16h43
   





                        



   


Il n’y croyait pas. Dans une interview accordée au Time en décembre 2016, Donald Trump, alors qu’il n’était encore que « président élu », l’avait affirmé sans détour : « Je ne pense pas qu’ils aient interféré dans l’élection. » Ils, c’était les Russes. M. Trump, à qui les services de renseignement n’avaient pas encore présenté un dossier sur les interférences, avait ajouté : « Ça pourrait être tout autant la Chine. Ou un type obèse assis sur son lit au fin fond du New Jersey », disculpant en une phrase le Kremlin de toute velléité interventionniste.
Plus de deux ans plus tard, « il n’y a désormais plus de doute possible sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle », titre le mensuel américain The Atlantic, au lendemain des révélations du ministre de la justice américain. Ce dernier a annoncé, vendredi 16 février, poursuivre treize Russes et trois entités russes pour complot en vue de tromper les Etats-Unis. Un élément qui fait vaciller la stratégie de défense de la Maison Blanche, note à l’unisson la presse américaine.

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                Donald Trump face à de solides accusations d’interférences russes



Car le document de 37 pages publié par le procureur spécial chargé de cette enquête, Robert Mueller, est une « bombe à fragmentation », note le site d’information américain Wired. Pour l’heure, de fait, il n’établit pas de participation délibérée du côté de l’équipe de campagne de Donald Trump. Mais il n’en fait pas moins voler en éclats la ligne du président américain depuis les premiers soupçons de collusion. « Etes-vous toujours sûr de vouloir appeler ces accusations des “fake news”, monsieur le président ? », prend ainsi à partie l’éditorial du New York Times dès son incipit. 
Pour le quotidien américain, les rebondissements de vendredi sont « une charge directe contre la version de la réalité que Donald Trump a patiemment tenté de mettre en place depuis son élection ». Le président américain avait notamment jusqu’ici « tenté de discréditer l’enquête de Robert Mueller comme le fruit d’une chasse aux sorcières », rappelle le journal américain. « Il faut désormais cesser de laisser les Russes s’en tirer impunément, M. Trump », souligne le quotidien.
« Trump est la première victime »
Mais Donald Trump – qui a pourtant été prévenu avant la conférence de presse du ministre de la justice, nous apprend la chaîne de télévision CNBC – ne semble pas avoir choisi de suivre ce conseil. Dans un tweet, le président américain a préféré rappeler qu’il n’y avait « aucune collusion » et mettre en avant ce qui l’innocente, plutôt que de condamner l’action menée par la Russie.
Une réponse politique « inappropriée », selon le Washington Post :
« Le seul message qu’il devrait envoyer, à la fois au peuple américain et à Moscou, c’est que M. Poutine est responsable et que le gouvernement américain va riposter de manière appropriée à ces attaques. »
Une position d’autant plus justifiée que, pour le Wall Street Journal, « les preuves amenées jusqu’à présent souligne que le président Trump est la première victime de ces manœuvres russes, et qu’il devrait être furieux contre Vladimir Poutine ». Parce que ces soupçons ont « entaché toute la première année d’exercice de se présidence et affaibli son pouvoir, Donald Trump devrait publiquement déclarer son indignation à la Russie au nom du peuple américain ».

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Pour le Washington Post, ce manque de réaction de la part de Donald Trump fait ressortir « la déroutante et inexcusable absence de leadership présidentiel ». Et le quotidien d’en appeler ainsi au Congrès, qui « doit s’imposer pour défendre la nation ».
Un avis partagé par le New York Times, qui appelle notamment à « faire entrer en vigueur les sanctions votées largement l’an passé et signées à l’été ». Mais « cela impliquerait bien sûr que Donald Trump surpasse sa mystérieuse réticence à agir contre la Russie et à se concentrer plutôt sur la protection de son pays ». 
« Une trahison au serment »
Le quoitidien national USA Today va même plus loin, en estimant que cette absence de réaction de la part du président américain est « la base sur laquelle appuyer une procédure d’impeachment », soit une démission forcée. « Quel est l’intérêt d’avoir une République libre si le président fait l’aveugle quand un pouvoir étranger interfère avec notre pays », note le média américain.
« Notre droit fondamental à choisir nos propres dirigeants est attaqué et notre président non seulement ne fait rien contre cela, mais préfère en plus rester dans le déni que cela est bien arrivé. C’est une trahison au serment qu’il a prêté en prenant son poste. »
Comment dès lors expliquer le choix de Donald Trump de rester sur la défensive plutôt que de passer à l’offensive contre le Kremlin ? Pour le site américain Politico, c’est notamment parce que « ces accusations mettent en lumière quelque chose que Donald Trump s’est farouchement battu pour éviter : la question de la légitimité de son élection ». Le président américain est « notoirement irrité par le fait qu’un agent étranger ait pu expliquer au moins en partie sa réussite politique », souligne le site d’information.
Pour CNN, cette réplique de Donald Trump s’explique aussi par le « sérieux » de l’enquête Mueller. « Ces poursuites judiciaires sont bien réelles, et pourront conduire à des condamnations tout aussi réelles », note la chaîne de télévision. Dès lors, « il n’est plus possible pour Donald Trump de continuer à dénigrer l’enquête à l’avenir », note le média.

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Or, il ne s’agit qu’un des cinq volets de l’investigation conduite par le procureur spécial Robert Mueller. De fait, « M. Mueller n’a pas fini son enquête et n’a pas exclu la possibilité d’une collusion », souligne ainsi le Washington Post. Pour le quotidien, persister dans les dénégations est donc un pari dangereux pour le président américain, car nul ne sait ce qui viendra ensuite.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Deux techniciens ont été tués par une explosion survenue samedi en fin de matinée dans une usine de traitement d’huile en Seine-Maritime.
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Une explosion dans une usine à Dieppe fait deux morts

Deux techniciens ont été tués par une explosion survenue samedi en fin de matinée dans une usine de traitement d’huile en Seine-Maritime.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 13h42
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 16h42
   





                        



   


Une explosion s’est produite peu avant 11 heures, samedi 17 février, dans une des principales cuves de l’usine de traitement d’huile Saipol de Dieppe (Seine-Maritime). Deux techniciens ont été tués par l’explosion, qui s’est produite lors d’une opération de maintenance réalisée par des sous-traitants.
Originaires de la région, les deux techniciens travaillaient « en binôme » pour une société de prestations spécialisée dans la maintenance, la SNAD, a précisé à l’Agence France-Presse le sous-préfet de Dieppe. Selon le communiqué de la sous-préfecture, une autre personne a été légèrement blessée dans l’explosion, et sept autres sont en état de choc.
Atelier d’extraction
On ignore encore la cause exacte du drame qui a touché cette usine spécialisée dans la transformation des graines de colza en huiles végétales brutes et en tourteaux. Une enquête a été confiée à la police sous la conduite des services du procureur du Tribunal de grande instance de Dieppe.
L’explosion s’est produite au niveau de l’atelier d’extraction, un local où est notamment extraite, à l’aide d’un solvant, l’huile contenue dans les résidus solides issus des presses, a expliqué le groupe Avril, propriétaire de l’usine. L’usine avait été arrêtée depuis vingt-quatre heures pour une opération classique de nettoyage. Le groupe Avril a assuré que « toutes les procédures habituelles de prévention et de sécurité étaient conformes ».
L’explosion a libéré de très grandes flammes au-dessus de l’usine et provoqué un incendie important. Dans l’après-midi, de la fumée s’échappait encore du bâtiment de six étages, entièrement carbonisé.
« Pas classée Seveso »
Selon Sébastien Jumel, député PC de Seine-Maritime et ancien maire de la ville, « l’usine de fabrication d’huile n’est pas classée Seveso mais elle est soumise à autorisation », souligne France Bleu. « Les risques de pollution sont semble-t-il maîtrisés », a déclaré Sébastien Jumel (PC). « Dès lundi, nous demanderons à la préfecture et à Bruno Le Maire une table ronde » pour étudier les conséquences, notamment sociales, de cet accident, a affirmé l’élu dieppois.
Un périmètre de sécurité a été mis en place et une salle municipale a été mise à disposition par la mairie pour accueillir si besoin les personnes évacuées. Une cellule d’urgence médico-psychologique a été mise en place à l’hôpital de Dieppe. Quarante sapeurs-pompiers, des équipages de police et une équipe du SAMU sont mobilisés sur le site.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ L’outil visant à comptabiliser les particuliers tués ou blessés dans le cadre d’une mission de police – quelles que soient les circonstances – est opérationnel depuis le 1er janvier
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Le nombre de tués et de blessés graves par la police désormais recensé

L’outil visant à comptabiliser les particuliers tués ou blessés dans le cadre d’une mission de police – quelles que soient les circonstances – est opérationnel depuis le 1er janvier



Le Monde
 |    17.02.2018 à 09h55
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 10h19
    |

            Julia Pascual








                        


Le nombre de particuliers décédés ou grièvement blessés dans le cadre d’une mission de police fait désormais l’objet d’un recensement et sera rendu public. Alors que Le Monde annonçait au printemps 2016 la décision prise par la police nationale de procéder à cette comptabilité, l’outil est opérationnel depuis le 1er janvier, selon une information du Figaro que nous avons confirmée. « Il s’agit pour une police démocratique qui a des pouvoirs particuliers, notamment par rapport à l’usage de la force, de savoir combien de blessés et de tués elle fait, défend Marie-France Moneger, la chef de l’inspection générale de la police nationale (IGPN), qui centralisera les données. Nous avons testé l’outil pendant six mois dans les départements des Yvelines et de la Gironde. C’est concluant. La direction générale a décidé de le généraliser. Nous pourrons faire un premier bilan à la fin de l’année. »
Jusque-là, aucun chiffre relatif aux blessés ou aux morts imputables à la police n’était rendu public par le ministère de l’intérieur. On ne dispose que de données partielles sur le sujet. Le bilan annuel de l’IGPN faisait en revanche état de l’emploi des armes par les fonctionnaires. On sait ainsi qu’en 2016 les grenades de désencerclement ont été utilisées à 866 reprises, le lanceur de balles de défense, 1 705 fois, et le pistolet de service, 255 fois.

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« Transparence et de redevabilité »
En 2016, c’est l’ONG française de défense des droits de l’homme Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) qui avait enquêté sur le sujet et rapporté 89 cas de blessures graves survenues entre 2005 et 2015 et ayant entraîné la mort à 26 reprises.
« Il nous fallait cet outil, considère Marie-France Moneger. Il y a un enjeu de transparence et de redevabilité. » Les faits sont comptabilisés à partir de l’ouverture d’une enquête judiciaire et en cas de décès ou à partir de neuf jours d’incapacité totale de travail (ITT) constatés par certificat médical. L’ITT permet de qualifier pénalement les faits. Au-delà de huit jours d’ITT, les faits relèvent du délit. En deçà, il s’agit d’une contravention. Mme Moneger souligne que le recensement ne préjuge pas de la légalité ou de la légitimité de l’emploi de la force. « Ce n’est certainement pas un recensement des bavures », insiste-t-elle. Pourront être recensés, par exemple, les cas de suicide dans une geôle ou un centre de rétention administrative, les personnes se tuant ou se blessant en essayant d’échapper à une interpellation comme les tués ou blessés par balle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Elu député en juin 2017, le mathématicien est une des plus belles prises d’Emmanuel Macron. Présent sur plusieurs fronts, ce novice en politique s’engage à fond dans sa mission.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤             
Cédric Villani, la tête curieuse de la Macronie 
                  
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Le Monde
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                  16.02.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 15h14


Elu député en juin 2017, le mathématicien est une des plus belles prises d’Emmanuel Macron. Présent sur plusieurs fronts, ce novice en politique s’engage à fond dans sa mission.

Par             Vanessa Schneider





                     
Reconnaissons-le d’emblée, c’était mal parti. A 7 heures du matin, le portable sonne : Cédric Villani est à la gare du Nord, à Paris. Il ne sait plus quel train il doit prendre pour Bruxelles, mais se souvient qu’on doit l’accompagner, ce qui est déjà une information. Il hésite à monter dans le premier Thalys venu, on le conjure de nous attendre, tout va s’arranger.
Sur le quai, on le retrouve en grande conversation avec une dame qui nous embrasse sur les deux joues. Il a remis la main sur son billet et semble plus détendu qu’au téléphone. Il hisse un énorme sac sur son dos, son corps longiligne se courbe sous le poids, il ressemble à une tortue. Le député mathématicien au look dandy gothique trimballe sa maison avec lui. Vêtements de rechange, nécessaire de toilette, bouquins à profusion, câbles électriques en tout genre, ordinateur, clavier d’ordinateur, souris d’ordinateur, coffret de DVD, un capharnaüm à faire exploser la fermeture Eclair. On sent que ce fatras le rassure.

Il se définit en comptant sur ses doigts : « J’ai trois caractéristiques. Un, je suis toujours en retard. Deux, je suis toujours pressé. Trois, je suis toujours chargé. » On demande : « La dame, c’était qui ? », « Aucune idée », répond-il d’une voix douce et chantante. Là-dessus aussi, il a une théorie : « Les matheux ne reconnaissent pas bien les visages. » C’est scientifiquement prouvé, ajoute-t-il. On s’incline. Il est habitué à être interpellé, photographié. A la fin de la journée, il se sera livré à des dizaines de selfies et presque autant d’autographes, avec la patience et le sourire de celui qui ne boude pas sa notoriété.
Un animal politique inattendu
Cédric Villani, 44 ans, a été élu député de la cinquième circonscription de l’Essonne en juin 2017 sous l’étiquette La République en marche (LRM), mais ce n’est pas ce qui attire les foules. D’ailleurs, une fois sur deux, les passants l’abordent d’un « monsieur le ministre ! ».
Il...





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Après la diffusion d’un enregistrement polémique, Laurent Wauquiez menace de « suites judiciaires »

Le président des Républicains a assuré, lors d’une conférence à Lyon enregistrée à son insu, que Nicolas Sarkozy « mettait sur écoute » ses ministres.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 05h21
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 14h12
   





                        



   


« Si j’ai la moindre interface qui sort par le moindre élève, là, pour le coup, ça se passera très mal », avait prévenu Laurent Wauquiez devant les étudiants de l’Ecole de management de Lyon. La consigne était clairement énoncée : pas de vidéos, pas de tweets, pas même de retranscriptions de ses propos. Si les élèves ne jouaient pas le jeu, c’était clair : « Ce que je vais vous sortir serait juste le bullshit que je peux sortir sur un plateau médiatique. »
C’est pourtant bien un enregistrement sonore de la conférence donnée par le président des Républicains qu’a diffusé, vendredi 16 février, la chaîne de télévision TMC dans l’émission « Quotidien ». Et les propos recueillis à son insu sont un coup dur pour l’ancien ministre.
« Il les mettait sur écoute »
Car dans ces extraits, Laurent Wauquiez n’hésite pas à être péremptoire. L’homme fort des Républicains affirme ainsi que Nicolas Sarkozy plaçait ses ministres sur écoute, ou encore qu’Emmanuel Macron avait mis en place une « cellule de démolition » de François Fillon.
« Nicolas Sarkozy, il en était arrivé au point où il contrôlait les téléphones portables de ceux qui rentraient en conseil des ministres. Il les mettait sur écoute pour pomper tous les mails, tous les textos, et vérifier ce que chacun de ses ministres disait au moment où on rentrait en conseil des ministres », relate Laurent Wauquiez.

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                Wauquiez veut tourner la page de l’ère Sarkozy



Quant à Emmanuel Macron, « objectivement, il a quand même eu un alignement de planètes assez inespéré. Que Fillon gagne la primaire et que derrière, il le démolisse… Je suis sûr et certain, qu’il l’a organisé, je pense qu’ils ont largement contribué à mettre en place la cellule de démolition », affirme le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Darmanin « va tomber »
M. Wauquiez aborde également le cas de Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics, dont la plainte pour viol qui le visait vient d’être classée sans suite par le parquet de Paris, mais qui doit encore affronter une enquête pour abus de faiblesse.
« Il sait très bien ce qu’il a fait. » « Il va tomber », dit notamment le président des Républicains (LR), au cours de cette conférence réalisée avant l’annonce du classement sans suite de l’enquête. Pour lui, le ministre va devenir, dans le quinquennat Macron, « l’incarnation de ce qu’a été [Jérôme] Cahuzac ».
« Le type sait très bien ce qu’il a fait, il sait très bien ce qui va arriver ! Juste, celui-là, je le commenterai deux secondes parce que, quand même, il est tellement drôle ! C’est génial ! »

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                L’enquête pour viol visant Gérald Darmanin classée sans suite



M. Wauquiez revient également sur l’appel à la démission lancé par son parti à l’encontre du ministre, ex-LR lui-même.
« J’ai sorti ça, j’ai été en minorité à l’intérieur de mon parti. Moment très dur pour moi à gérer. J’ai eu toute une série de voix dissonantes qui ont dit “non mais nous, on trouve que c’est bien, faut qu’il reste, présomption d’innocence”. En ayant eu une séance de débat autour de la table avec un certain nombre de responsables de notre famille politique… En les regardant dans les yeux, je me demandais : il y en a combien qui se disent “pourvu que ça ne m’arrive pas” ».
« Des suites judiciaires »
Les réactions à cette diffusion ont été nombreuses. Laurent Wauquiez lui-même a dénoncé samedi la diffusion de ses propos, « enregistrés de façon illégale avec des méthodes peu déontologiques qui ouvrent la voie à des suites judiciaires ».
« Ces propos ont été tenus dans le cadre privé d’un enseignement, au cours d’une discussion libre avec des étudiants, parfois sur le ton de l’humour. Ce cours amenait notamment les étudiants à réfléchir sur les rumeurs et les fantasmes qui nourrissent la vie politique », explique M. Wauquiez. « Il n’a par exemple jamais été question dans mon esprit de soutenir qu’on ait fait surveiller des membres du gouvernement dans le cadre du conseil des ministres », assure-t-il.
Du côté du gouvernement, plusieurs voix se sont élevées pour critiquer le président des Républicains. « Diffamations, injures, vulgarité… Une conception particulière de l’enseignement », a ironisé vendredi soir le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. De son côté, le porte-parole de La République en Marche, Christophe Castaner, a déclaré y voir enfin « la vraie nature » de son homologue chez Les Républicains.
Le clan Sarkozy a fait savoir pour sa part que Laurent Wauquiez « s’est excusé » auprès de Nicolas Sarkozy, qui « en a pris note ». Sollicité par l’Agence france-Presse, l’entourage de M. Sarkozy « dément » par ailleurs « formellement cette grotesque histoire d’écoutes ».



                            


                        

                        


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Héritage Hallyday : les deux aînés de Johnny intentent une nouvelle action en justice

Après avoir contesté son testament, Laura Smet et David Hallyday veulent obtenir un droit de regard sur l’album posthume de leur père ainsi que le gel de son patrimoine.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 13h17
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 15h48
   





                        


Nouvel épisode dans l’imbroglio juridique autour du testament de Johnny Hallyday. Les deux aînés du chanteur, Laura Smet et David Hallyday, ont intenté une action en référé pour obtenir un droit de regard sur l’album posthume de Johnny Hallyday, ainsi que le gel de son patrimoine dans l’attente du règlement du litige sur l’héritage du chanteur qui les oppose à Laeticia Hallyday, ont indiqué leurs avocats samedi 17 février.
Affirmant avoir essuyé un refus de la veuve de Johnny, Laura Smet a décidé de saisir la justice pour « prendre connaissance du projet d’album posthume afin de pouvoir exercer ses prérogatives d’héritier, pour pouvoir confirmer le respect de l’intégrité artistique de l’entier contenu de cet album dont la presse a annoncé qu’il aurait été récemment terminé », a dit un de leurs avocat Emmanuel Ravanas.
Avec son frère, Laura Smet a saisi en référé (en urgence) le président du tribunal de grande instance de Nanterre « afin de se voir autorisée à prendre des mesures conservatoires et notamment de se voir communiquer sous 48 heures le projet d’album ».
Gel des biens immobiliers
Les enfants de Johnny ont également demandé le gel des biens immobiliers du chanteur, soit plusieurs villas de luxe à Los Angeles, Saint-Barthélémy et Marnes-la-Coquette, près de Paris, et la mise sous séquestre de ses droits d’auteur.
L’audience est fixée au jeudi 15 mars à 14 h 30. Deux mois après la mort de Johnny Hallyday, les deux aînés du rocker, David et Laura, ont lancé une première action en justice en début de la semaine pour contester le testament américain de leur père au seul profit de sa veuve. La procédure devrait durer plusieurs mois. Le camp adverse leur oppose des donations dont ils auraient bénéficié du vivant du chanteur, ce que Sylvie Vartan a estimé « scandaleux » vendredi alors qu’elle est arrivée à Paris.

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                Héritage de Johnny Hallyday : pour Laura Smet, « la vérité des chiffres sera établie par la justice »



« Préoccupée par la défense de l’œuvre de son père »
« Principalement préoccupée par la défense de l’œuvre de son père », Laura Smet affirme cette fois que Laeticia Smet lui a « sèchement opposé une fin de non-recevoir à sa demande de communication amiable, s’inscrivant dans le cadre de relations familiales normales, de ce projet d’album finalisé dont elle ne sait que très peu de choses ». « Johnny Hallyday avait fait écouter avec fierté le 4 octobre dernier les premiers enregistrements bruts de quelques titres de l’album à sa fille Laura », selon les avocats.

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                Cinq questions sur l’héritage de Johnny Hallyday



Johnny Hallyday, mort le 6 décembre, a travaillé une grande partie de l’année 2017 à ce 51e album studio, inachevé, pour lequel une dizaine de chansons ont été enregistrées. David, 51 ans, et Laura, 34 ans, dont la mère est Nathalie Baye, estiment que les modalités de succession de leur père les « déshéritent », ce qui n’est théoriquement pas possible en droit français.



                            


                        

                        


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Le Kosovo entre débrouille et culture du secret


                      Les photos d’Anoush Abrar témoignent des difficultés économiques qui pèsent sur cette république des Balkans, dix ans après la proclamation de son indépendance.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 10h35
    |

            Jean-Baptiste Chastand








   


Les secrets de famille sont parmi les plus difficiles à percer. Encore plus au Kosovo où s’y ajoutent ceux de la guerre. Et encore davantage dans la région de la Drenica. Situé à l’ouest de la capitale du pays, Pristina, c’est le berceau de la guérilla albanophone de l’Armée de libération du Kosovo (UCK). Réputé pour son fonctionnement mystérieux et clanique, ce mouvement paramilitaire s’est battu avec succès contre l’armée serbe lors de la guerre du Kosovo (1998-1999), qui a débouché sur l’indépendance du pays, proclamée il y a dix ans, le 17 février 2008.
Le photographe suisse Anoush Abrar (né à Téhéran) a tenté de pénétrer l’intimité de cette guérilla en passant l’été 2014 dans la famille d’un de ses fondateurs, Adem Jashari. Abrar a été invité dans la Drenica par son propre beau-frère, dont il a découvert un peu par hasard qu’il était un descendant de ce combattant. Tué avec une cinquantaine de proches par l’armée serbe en 1998, Adem Jashari est devenu un héros national : l’aéroport de Pristina porte d’ailleurs son nom.
Skenderaj, ville de plus de 9 000 habitants
« Jusqu’à ce que je découvre ce lien, mon beau-frère ne m’en avait jamais parlé », se souvient Anoush Abrar. Dans le fief familial de Skenderaj, ville de plus de 9 000 habitants, le photographe a pu partager le quotidien d’un clan et d’une société d’habitude difficilement pénétrables pour des étrangers. « J’aime entrer dans des mondes différents, auxquels il est difficile d’accéder », explique le photographe.
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        La région de la Drenica est le berceau de la guérilla albanophone de l’Armée de libération du Kosovo (UCK). Réputé pour son fonctionnement mystérieux et clanique, ce mouvement paramilitaire s’est battu avec succès contre l’armée serbe lors de la guerre du Kosovo (1998-1999). Le photographe suisse Anoush Abrar a rencontré les proches de cette guérilla en passant l’été 2014 dans la famille d’un de ses fondateurs, Adem Jashari,  tué en 1998 et devenu héros national."
            data-slide-description="A la veille d'un mariage traditionnel au Kosovo, à Skenderaj, en 2014. La future épouse, sous son voile rouge, doit manifester la tristesse d'être bientôt séparée de sa famille."
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            data-slide-description="A Prekaz, près de Skenderaj, la maison d’Adem Jashari, où il fut tué en 1998 par l’armée serbe."
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            data-slide-description="Une maison en construction, mais déjà habitée, à Skenderaj."
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            data-slide-description="Un membre de la famille Jashari."
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            data-slide-description="Kada, la mère d’Avni, le beau-frère du photographe."
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            data-slide-description="Un membre par alliance de la famille Jashari."
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            data-slide-description="Un jeune homme gardait la chèvre qui sera cuisinée pour un mariage."
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            data-slide-description="Le dépeçage de ladite chèvre."
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            data-slide-description="Au Kosovo lors du mariage traditionnel, la mariée ne doit ni sourire ni parler pendant deux jours."
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            data-slide-description="Après un accident, la solidarité s’est organisé, les gens ont très vite déplacé les voitures, nettoyé la route et aidé la police pour la circulation."
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            data-slide-description="A l’arrière de la maison de la famille Jashari, à Skenderaj, deux belles-sœurs sont allées vérifier si les poules ont pondu des œufs."
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            data-slide-description="A bord d’un tracteur de fortune, un des frères Jashari était parti chercher du bois sur le terrain appartenant à la famille."
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            data-slide-description="Un des cousins de la famille  Jashari qui habite en Suède était venu visiter ses proches durant ses vacances d’été."
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La région de la Drenica est le berceau de la guérilla albanophone de l’Armée de libération du Kosovo (UCK). Réputé pour son fonctionnement mystérieux et clanique, ce mouvement paramilitaire s’est battu avec succès contre l’armée serbe lors de la guerre du Kosovo (1998-1999). Le photographe suisse Anoush Abrar a rencontré les proches de cette guérilla en passant l’été 2014 dans la famille d’un de ses fondateurs, Adem Jashari,  tué en 1998 et devenu héros national.            
A la veille d'un mariage traditionnel au Kosovo, à Skenderaj, en 2014. La future épouse, sous son voile rouge, doit manifester la tristesse d'être bientôt séparée de sa famille.

Anoush Abrar
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Même si elles ont été prises chez les Jashari, ses images ne montrent finalement pas autre chose que la vie banale du Kosovo actuel, avec ses deux piliers : la famille et la maison. « Je m’attendais à ce que les gens aient encore des armes ou à voir des traces de la guerre, mais en fait il n’y en avait pas du tout », se souvient Abrar, qui a pu se glisser dans la maison d’Adem Jashari, transformée en monument national, pour prendre les clichés des restes d’un drapeau albanais.
Bâtisses jamais finies mais déjà habitées, animaux tués dans la cour de la ferme, visages rugueux marqués par la vie à la campagne… La débrouille reste nécessaire au quotidien dans ce pays à l’économie atone et sous perfusion de l’étranger, avec l’argent envoyé par la diaspora ou celui des bailleurs occidentaux, parrains de l’indépendance. Spectaculaires, des mariages incessants scandent tous les étés, lorsque les émigrés reviennent au pays, rapportant par la même occasion devises et grosses cylindrées. « Il y a un côté très kitsch », souligne Abrar, qui avoue n’avoir pas toujours bien compris « les règles un peu étranges » de ces cérémonies où la mariée « ne doit ni parler ni sourire ».
Même s’il pose un regard intime et positif sur le Kosovo actuel, ses photos dévoilent aussi un aspect plus sombre et inquiétant. Un voile fait de secrets de famille et de secrets de guerre, sur lesquels la justice internationale peine toujours à enquêter, vingt ans après le conflit. « J’ai eu beau demander, on n’a jamais pu m’expliquer clairement quel est le lien de famille exact entre mon beau-frère Avni et Adem Jashari. » Au retour de ce voyage, Anoush et Avni se sont d’ailleurs brouillés et ne se voient plus. Comme si les secrets de la Drenica ne pouvaient pas ressortir au grand jour sans causer de dommages.



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Article sélectionné dans La Matinale du 15/02/2018
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Hôpitaux, Ehpad : le soin saccagé

Des soignants isolés, mis en concurrence, dans l’incapacité de bien faire leur travail : appliquées sans discernement depuis le début des années 2000, les méthodes de gestion issues du privé sont une catastrophe pour les institutions sanitaires et sociales.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 12h29
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 13h23
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Ce n’est plus un bouillonnement, c’est une explosion. Le 8 janvier, le ministère de la santé publie un rapport accablant sur le fonctionnement du centre hospitalier universitaire (CHU) de Grenoble, où un neurochirurgien de 36 ans s’est donné la mort, en novembre 2017, dans un bloc opératoire.
Le 26 janvier, la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, présente un plan de douze mesures d’urgence en faveur des hôpitaux psychiatriques, en réponse aux mouvements de grève qui ont émergé ces derniers mois dans ces établissements.
Le 30 janvier, à l’appel de sept syndicats, les personnels des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) sont en grève pour protester contre leurs conditions de travail. Le 19 février, dans le cadre du plan d’accompagnement des Ehpad, une commission sera installée par le ministère de la santé afin de proposer « une stratégie nationale de lutte contre la maltraitance »…
Jamais la situation des personnels soignants dans les hôpitaux et les maisons de retraite n’a paru si dégradée, avec pour conséquence directe le mauvais traitement des personnes vulnérables dont ils ont la charge.
« Pressions managériales »
Comment en est-on arrivé là ? Outre le manque de moyens et d’effectifs, le constat des observateurs est quasiment unanime : appliquées sans discernement, les méthodes modernes de gestion et de management issues du privé sont une catastrophe pour les institutions sanitaires et sociales.
L’organisation Action praticiens hôpital (APH), qui regroupe une dizaine de syndicats et a lancé fin 2017 un observatoire de la souffrance au travail, fait état de « pressions managériales » de plus en plus fortes de « l’hôpital-entreprise ». « Dans certains établissements, on n’est plus loin de ce qui se passe chez Lidl ou Amazon », affirme Nicole Smolski, présidente d’honneur d’APH. Les techniques managériales modernes seraient-elles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ L’islamologue, en détention provisoire pour viols, affirme souffrir d’une sclérose en plaques .
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L’entourage de Tariq Ramadan annonce son hospitalisation

L’islamologue, en détention provisoire pour viols, affirme souffrir d’une sclérose en plaques .



Le Monde
 |    17.02.2018 à 17h52
   





                        



   


Le comité de soutien de Tariq Ramadan a annoncé samedi 17 février qu’il avait été hospitalisé la veille. L’islamologue, actuellement en détention provisoire pour viols, affirme souffrir d’une sclérose en plaques et attend les résultats d’une expertise médicale indépendante pour une éventuelle remise en liberté.
Le théologien suisse est détenu à Fleury-Mérogis (Essonne) depuis sa mise en examen le 2 février. Jeudi, la cour d’appel de Paris, qui examinait le recours qu’il a formé contre son placement en détention provisoire, a ordonné une expertise médicale indépendante et renvoyé sa décision au 22 février.
S’appuyant sur un premier examen médical sommaire établi mardi, les avocats de Tariq Ramadan soutiennent que l’état de santé de leur client, qui est arrivé en ambulance à l’audience de jeudi, n’est pas « compatible avec un maintien en détention ».

        Lire aussi :
         

                Malgré la contre-attaque de ses avocats, Tariq Ramadan reste en prison



Deux plaintes
L’islamologue controversé a été mis en examen pour viols, dont l’un sur personne vulnérable, après les plaintes de deux femmes fin octobre, qui ont débouché sur une information judiciaire confiée à trois juges d’instruction.
Début février, la justice a ordonné sa détention provisoire, craignant une fuite à l’étranger ou d’éventuelles pressions sur les plaignantes ou d’autres femmes qui ont témoigné sous X lors de l’enquête préliminaire.
Depuis le début de cette affaire, qui a suscité de vifs débats en France entre partisans et détracteurs de cette figure intellectuelle, M. Ramadan conteste les accusations portées contre lui pour des faits d’une grande violence, qui auraient eu lieu le 9 octobre 2009 à Lyon et en mars-avril 2012 à Paris.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ La première ministre a déclaré, samedi à Munich, que « le Royaume-Uni respectera la compétence de la Cour de justice européenne » en matière de sécurité.
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La concession majeure de Theresa May pour obtenir un traité de sécurité et défense avec l’UE

La première ministre a déclaré, samedi à Munich, que « le Royaume-Uni respectera la compétence de la Cour de justice européenne » en matière de sécurité.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 14h10
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 15h54
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Ce n’est qu’une minuscule phrase perdue au milieu d’un discours plutôt soporifique, mais elle amorce une nouvelle concession majeure de Theresa May dans la négociation sur le Brexit. Prenant la parole samedi 17 février au matin à la Conférence de Munich sur la sécurité, la première ministre britannique a appelé de ses vœux la signature, en 2019, d’un traité sur la sécurité entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE).
Ce texte devrait « respecter la souveraineté des systèmes juridiques du Royaume-Uni comme de l’UE », a-t-elle déclaré sans surprise. Mais, lorsque Londres coopérera avec Europol, ou le Système d’information Schengen (SIS) ou utilisera le mandat d’arrêt européen, « le Royaume-Uni respectera la compétence de la Cour de justice européenne [CJUE] », a ajouté Mme May.
Or, depuis octobre 2016, la première ministre a fait de la rupture avec la CJUE le symbole du retour à la souveraineté et une très nette « ligne rouge » dans les négociations avec les 27. Ce refus, réitéré à maintes reprises, contredisait sa volonté, elle aussi répétée, de poursuivre le maximum de coopération avec l’UE en matière de sécurité.
La CJUE tranche en effet les contentieux en la matière. Sans reconnaissance de la compétence de la CJUE, pas de participation britannique au mandat arrêt européen dont Mme May, ministre de l’intérieur entre 2010 et 2016, connaît l’efficacité pour accélérer l’extradition des délinquants.

        Lire aussi :
         

                Brexit : le ton monte entre Bruxelles et Londres



Appel à dépasser les « rigidités institutionnelles »
En une phrase, samedi, Theresa May a semblé abandonner sa rigidité sur ce point. « Nous devons trouver une formule solide et adaptée de résolution indépendante du contentieux », a-t-elle déclaré. À propos de l’échange des données, domaine crucial en matière de traque des criminels et de lutte contre le terrorisme, Mme May a aussi reconnu que Londres continuerait à respecter les règles de l’UE après le Brexit.
Pour masquer ces reculades, la première ministre a mis en avant la puissance des services secrets britanniques et le budget militaire du Royaume-Uni, qui comptent parmi ses principaux atouts dans la négociation sur le Brexit. Mme May les a abattus en adressant une menace à peine voilée à l’Union européenne. « À l’époque où nous vivons, aucun d’entre nous ne peut permettre que notre coopération soit entravée, que la sécurité de nos citoyens soit mise en danger par une concurrence entre partenaires, des rigidités institutionnelles et des idéologies bien ancrées », a-t-elle averti.
En position de faiblesse dans la négociation, Mme May appelle les 27 à dépasser leurs « rigidités institutionnelles » et à « faire ce qui est le plus utile, le plus pragmatique pour assurer notre sécurité collective ». D’où son souhait de négocier un traité sur la sécurité entre Londres et l’UE effectif « à partir de 2019 » (le Brexit est fixé au 29 mars 2019). Européens et britanniques « ne peuvent pas reporter cette discussion » et doivent « urgemment mettre en place un traité pour protéger tous les citoyens européens », a insisté Theresa May.

        Lire aussi l’entretien :
         

          Peter Ricketts : « Le Brexit impose au Royaume-Uni de repenser sa place dans le monde »



40 % des dépenses européennes de R&D dans la défense
En quittant l’UE, les Britanniques devraient quitter toutes les institutions de coopération et d’échanges de renseignements comme Europol, le Système d’information Schengen (SIS) et le Centre de renseignements de l’UE, et perdre le bénéfice du mandat d’arrêt européen. Mettant en avant l’affaiblissement réciproque que produirait un tel retrait, Theresa May souhaite maintenir le Royaume-Uni dans ces mécanismes après le Brexit. « Nous voulons continuer cette coopération après avoir quitté l’UE », a-t-elle appuyé.
Une alerte sur cinq diffusée sur le SIS est émise par le Royaume-Uni, a-t-elle fait valoir. Le Royaume-Uni « est le seul membre de l’UE à dépenser 2 % de son PIB à la défense » (chiffre disputé avec la France) et pèse 40 % du total des dépenses européennes en matière de recherche et développement sur la défense, a-t-elle ajouté. D’où le « partenariat intense et privilégié » – une de ses expressions favorites valable en tout domaine - qu’elle souhaite conclure en tant que pays extérieur à l’UE.

        Lire aussi :
         

                Brexit : les Vingt-Sept posent leurs conditions pour la transition



Le contenu d’un tel « partenariat » reste flou et la voie pour y parvenir n’est pas dénuée d’obstacles. Le Royaume-Uni a toujours rejeté l’idée d’« Europe de la défense » susceptible de mettre en cause la prééminence de l’OTAN, mais Mme May, soucieuse de préserver l’industrie britannique, souhaite bénéficier du Fonds européen de défense. Quant à la coopération en matière de renseignement et de police, elle reste également à négocier.
Le début de concession de Mme May sur la Cour de justice de l’UE pourrait faire bouger les lignes côté européen. Mais il pourrait aussi déclencher les foudres des ministres europhobes, prompts à rappeler ses fortes paroles à ce sujet. En janvier 2017, dans son discours de Lancaster House présentant ses objectifs pour le Brexit, n’avait-elle pas déclaré : « accepter un rôle pour la Cour de justice de l’UE, signifierait qu’elle conserverait son autorité légale directe dans notre pays. A tout point de vue, cela signifierait : ne pas quitter l’UE du tout ».

        Lire aussi :
         

                Brexit : « L’amour de la patrie n’exclut pas la solidarité européenne »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Le suspect, qui a avoué avoir tué la petite Maëlys, a été hospitalisé au sud de Lyon.
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Nordahl Lelandais hospitalisé « par précaution » à la demande de son avocat

Le suspect, qui a avoué avoir tué la petite Maëlys, a été hospitalisé au sud de Lyon.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 17h00
   





                        


L’ancien militaire de 34 ans Nordahl Lelandais, qui a reconnu être l’auteur du meurtre de la petite Maëlys, a été hospitalisé vendredi 16 février dans la soirée au sud de Lyon « par précaution », à la demande de son avocat Alain Jakubowicz, selon une source proche du dossier.
« Il n’y a pas eu de tentative de suicide », a toutefois précisé cette source, confirmant une information du quotidien Le Dauphiné libéré selon lequel Lelandais était depuis ses aveux mercredi surveillé toutes les 45 minutes au centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier (Isère) où il est détenu pour éviter toute tentative de cette nature.
Acculé après la découverte de nouveaux indices, celui qui est également mis en examen pour l’assassinat du caporal Arthur Noyer, a avoué avoir tué  « involontairement » la fillette de 8 ans, disparue lors d’un mariage à Pont-de-Beauvoisin (Isère).

        Lire aussi :
         

                Qui est Nordahl Lelandais, le suspect dans l’affaire Maëlys ?



Les circonstances de la mort toujours inconnues
Sur les indications du suspect, un crâne et un os long appartenant à l’enfant avaient été mis au jour mercredi dans un secteur escarpé en Savoie, à la lisière du département de l’Isère.
Après la découverte mercredi des premiers ossements de Maëlys, les enquêteurs ont retrouvé jeudi la « quasi-totalité » des restes de la fillette disparue depuis fin août et certains de ses effets. Reste à déterminer les circonstances de sa mort, et notamment sa nature accidentelle, thèse avancée par le suspect qui a refusé de s’exprimer davantage.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Patrick Cottin, directeur de la Maison des adolescents de Nantes, intervenait lors d’une conférence O21/S’orienter au XXIe siècle, organisée par « Le Monde ».
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Le ministre voyageait en compagnie du gouverneur de l’Etat d’Oaxaca, Alejandro Murat, et de plusieurs fonctionnaires vers la ville de Pinotepa de San Luis, à environ 600 kilomètres au sud de Mexico.
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Au Mexique, 13 morts dans l’accident d’hélicoptère d’un ministre

Le ministre voyageait en compagnie du gouverneur de l’Etat d’Oaxaca, Alejandro Murat, et de plusieurs fonctionnaires vers la ville de Pinotepa de San Luis, à environ 600 kilomètres au sud de Mexico.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 17h02
   





                        



   


Treize personnes ont été tuées dans l’accident d’hélicoptère du ministre mexicain de l’intérieur, Alfonso Navarrete, qui se rendait sur la zone touchée par le séisme de vendredi, ont annoncé samedi 17 février les autorités judiciaires locales. Le ministre ne fait pas partie des victimes du drame.
« Nous avons récupéré sur place les corps de douze personnes : cinq femmes, quatre hommes, deux petites filles et un petit garçon. Une autre personne est décédée à l’hôpital de Jamiltepec » et quinze autres ont été blessées, selon les autorités judiciaires de l’Etat de Oaxaca (sud), où s’est produit l’accident vendredi soir.
« Plusieurs personnes au sol ont perdu la vie »
Le ministre voyageait en compagnie du gouverneur de l’Etat d’Oaxaca, Alejandro Murat, et de plusieurs fonctionnaires vers la ville de Pinotepa de San Luis, à environ 600 kilomètres au sud de Mexico. « Le ministre Naverrete et le gouverneur Alejandro Murat ainsi que l’équipage sont sains et saufs », a tweeté en fin de soirée le président mexicain Enrique Peña Nieto. « Malheureusement, plusieurs personnes au sol ont perdu la vie et d’autres sont blessées », a ajouté le président, qui a présenté ses condoléances aux familles des victimes.
Alfonso Navarrete a déclaré à la chaîne Televisa que le pilote de l’hélicoptère militaire avait perdu le contrôle de l’appareil à environ 40 mètres du sol. Les images obtenues par l’Agence France-Presse montrent un hélicoptère militaire renversé sur le côté, et une camionnette écrasée sous lui. Des chaises en plastique apparaissent renversées à proximité.
Le ministre et ses accompagnateurs se dirigeaient vers le lieu d’un séisme de magnitude 7,2 qui a frappé vendredi l’Etat d’Oaxaca. Fortement ressenti dans la capitale, le tremblement de terre n’a fait ni victimes, ni dégâts importants, selon les premières informations données par les autorités.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Chaque semaine, le supplément « L’Epoque » du « Monde » paie son coup. Le chanteur, rencontré devant une grenadine dans un bar vide, lance son premier album et une tournée déjà complète.
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Un apéro avec Eddy de Pretto : « Sur scène, je mets mon costume de monstre »


                      Chaque semaine, le supplément « L’Epoque » du « Monde » paie son coup. Le chanteur, rencontré devant une grenadine dans un bar vide, lance son premier album et une tournée déjà complète.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 15h25
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 06h39
    |

                            Zineb Dryef








                              

                        

Eddy de Pretto hésite entre un Perrier et une bière. Il regarde l’heure : 13 h 15. Va pour la bière. Mais il n’y a personne pour faire le service et les fûts, comme les réfrigérateurs, sont vides – c’est le gros inconvénient des bars déserts – on avait d’abord convenu d’un rendez-vous un soir dans un bar du 18e arrondissement. Mais depuis qu’il a concouru dans la catégorie « Révélation scène » des Victoires de la musique, Eddy de Pretto a un agenda tellement gonflé d’interviews et de sessions live qu’il a fini par nous emmener en pleine journée dans un bar de nuit ouvert rien que pour nous. Reparti bredouille des Victoires, il se dit déçu, mais pas à cause du trophée décerné à Gaël Faye plutôt qu’à lui-même :
« Je m’attendais à faire quelque chose de mieux sur scène mais on a eu des problèmes techniques. »
En fouillant bien le bar, on finit par tomber sur quelques bouteilles de sirop. Le choix d’une sage grenadine s’impose. Dans Fête de trop, son premier titre, visionné près de 5 millions de fois sur YouTube, il scande : « Tu sais, ce soir, j’ai vu tous les joyaux de la pop/J’ai même bu à outrance toute l’absinthe de tes potes/J’ai côtoyé de rares nymphes, pris des rails en avance/Dans des salles bien trop noires sans lueur d’élégance. » Et si on était tombé sur une bouteille de vodka ? Le jeune homme sourit, « je me préserve de la fête en ce moment », mais il poursuit, en se balançant dans le fauteuil suspendu où il s’est lové :
« Je n’aime pas la demi-mesure. J’aime aller au fond des choses, de façon totale. Pour moi, la scène, le sexe et la fête, c’est un lâcher prise total. On ne mesure rien, on ne calcule rien. On y va à fond et jusqu’au bout. »

Eddy de Pretto s’étonne des questions parfois curieuses des journalistes. On lui a demandé s’il n’était pas trop jeune pour avoir déjà connu la fête de trop. « C’est étrange d’imaginer que tout est figé. Je raconte qu’à trop faire...




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Le rallye se pratique à deux, mais souvent seul le pilote est connu. Alors que la FFSA vient de lancer l’opération Rallye jeunes copilotes, coup de projecteur sur ce métier de l’ombre.
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Rallye : profession copilote

Le rallye se pratique à deux, mais souvent seul le pilote est connu. Alors que la FFSA vient de lancer l’opération Rallye jeunes copilotes, coup de projecteur sur ce métier de l’ombre.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 14h00
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            Catherine Pacary








                        


« Droite, 110 long, pas corde, 100 mètres, gauche-droite, mouillé, droite, 130, plus-plus coooorde. » La note est tenue par Daniel Elena, nonuple champion du monde des rallyes copilote, assis à droite de Sébastien Loeb. La voix posée tranche avec les images de la caméra embarquée à bord de la C3 WRC, qui enchaîne tunnel et virages à plus de 150 km/h. Stoïque, agrippé à son seul carnet, Daniel Elena lit ses notes comme il fredonnerait une chanson à l’intérieur d’un tambour de machine à laver en mode essorage. C’est un métier, copilote. Méconnu mais enfin reconnu par la Fédération Française de l’automobile (FFSA), qui vient de créer une filière de détection Rallye jeunes copilotes — vingt ans après celle des pilotes.

   


« C’est vrai que l’on fait un métier de l’ombre, assure Julien Ingrassia, copilote du quintuple champion de monde en titre Sébastien Ogier. Pour autant, il est bien de comprendre que le rallye est un sport qui se pratique à deux. C’est unique ! Au niveau musique, émotion, adrénaline, on ne peut retrouver ça nulle part ailleurs. » 
Athlète de haut niveau
Au niveau amplitude horaire, abnégation et ambivalence, c’est aussi une profession unique. Athlète de haut niveau, le copilote fonctionne en binôme avec son pilote. La répartition des tâches est basique : le pilote conduit ; le copilote fait tout le reste. Cela va de s’assurer que le pilote est bien réveillé le matin, à vérifier le matériel, les boissons, les tweets aux fans, gérer l’agenda, le secrétariat… « Le copilote doit tout faire pour que le pilote n’ait qu’une chose à penser : conduire, résume Daniel Elena. On est là pour le décharger au maximum afin qu’il soit zen, parce que, après, en course, le taux de concentration est tellement énorme… »
En rallye, la course s’étire sur trois ou quatre jours et alterne les spéciales chronométrées sur route fermée et les liaisons, sur route ouverte, au rythme du code de la route. Lors des liaisons, le copilote est responsable de l’itinéraire — surtout ne pas se perdre — et des « check-points », où les concurrents doivent pointer à un horaire très précis, sous peine de pénalités.
Les spéciales sont précédées de deux sessions de reconnaissance, au cours desquelles le copilote, sur les indications du pilote, retranscrit par écrit tout le tracé, au mètre près, noircissant jusqu’à mille feuilles par spéciale. En course, le copilote lit ces notes en continu. « Celui qui tient le volant est presque censé pouvoir piloter les yeux fermés, uniquement guidé par les notes récitées avec précision, dans le bon tempo, par son voisin », écrit Sébastien Loeb dans sa biographie (Ma ligne de conduite, Michel Lafon, 2013). Avec Daniel Elena, ils ont inventé un codage : « Droite, 110 long, pas corde… » Les nombres expriment des degrés d’angle du volant, de 10 à 140 degrés. Un système de prise de notes repris par plusieurs équipages, dont Ogier-Ingrassia.
« C’est exact, dit Julien Ingrassia. Quand vous êtes jeune, que vous devez tout de suite être opérationnel, et que, depuis six ans, un équipage français gagne tout, autant en profiter. » Et ainsi gagner un temps précieux. D’autres équipes expriment les virages en 9-8-7… 0. Il n’y a pas de règle. L’essentiel est que le message passe parfaitement entre le copilote et le pilote. Une simple erreur de tempo ou de lecture, et c’est l’accident.
Une confiance totale
Négocier un virage à 120 km/h sans visibilité implique une confiance totale. Pour Sébastien Loeb et Daniel Elena, elle s’est établie d’emblée, lors de leur premier rallye, en avril 1998. Cela va faire vingt ans. Depuis, ils ont grandi ensemble, sont devenus amis, frères, voisins. « Notre complicité est unique », dit Daniel Elena. La preuve, « on ne se dit jamais bonjour ! ».
Dans l’équipage Ingrassia-Ogier, la confiance est venue après un certain temps de latence, dû à leur écart d’âge de quatre ans. Le pilote avait besoin d’être rassuré. Heureusement, « Séb’ [Ogier] a vu assez vite que j’étais un bosseur », rapporte Julien Ingrassia.
Le 10 janvier, quand Sébastien Loeb a vu Daniel Elena incapable de respirer après la chute de leur Peugeot DKR 3008 en plein désert péruvien, lors du Dakar, il a eu peur et n’a pas hésité à abandonner. « C’est la première fois que l’on abandonne sur blessure », relève Daniel Elena. Lui, si superstitieux, ne doit pas y voir un signe à la veille de leur retour, avec Citroën, pour trois courses en championnat du monde des rallyes (WRC).

   


« La peur ne doit pas s’immiscer dans l’habitacle, prévient Sébastien Loeb. C’est elle qui génère le stress et provoque les erreurs. » L’antidote ? Cela peut être « un petit canard avec un drapeau » posé depuis près de dix ans sur la plage arrière de la voiture de reconnaissance du duo Ogier-Ingrassia. Plus cartésien, Sébastien Loeb suggère de « tout aborder avec optimisme, assurance et détermination. Il faut être habité de cet esprit-là pour être copilote ».
10 % à 15 % du salaire d’un pilote
Compétence nécessaire mais non suffisante. Le copilote doit également être disponible, d’une nature aussi calme que le pilote peut être stressé, aussi effacé que le pilote est orgueilleux, organisé, méthodique, précis… et totalement désintéressé financièrement. En France, un copilote professionnel — ils sont une grosse dizaine — touche entre 10 % et 15 % de ce qu’empoche un pilote. Un rallye couru étant payé 1 000 à 2 000 euros, hors prime de victoire, cela permet à un bon pro de se faire un honnête salaire de cadre. Quant au pilote amateur, il arrive qu’il en soit de sa poche pour s’inscrire aux rallyes nationaux.
Une telle différence de traitement semble inacceptable. Julien Ingrassia, 38 ans, n’a jamais voulu s’engager dans un mouvement revendicatif pour autant. Même s’il a conscience qu’avec son statut de premier, c’est désormais à lui d’aller au front pour défendre les copains. Avant lui, Daniel Elena, 45 ans, n’a pas hésité dans les années 2000, à monter au créneau lorsque le nom des copilotes a été enlevé des voitures. Après plusieurs « gueulantes », une des premières actions de Jean Todt — lui-même ex-copilote — à la tête de la Fédération internationale de l’automobile (FIA) a été de restaurer le nom des copilotes sur la voiture. « Je le remercie pour ça », salue Daniel Elena. Mais il en veut encore à la FFSA, qui avait supprimé les photos des copilotes des cartes de la Fédération et rayé leurs noms de la liste des invités aux présentations. Jusqu’à ce qu’il intervienne.
Ce n’est toutefois pas dans les salons mais sur la route que l’équipage Loeb-Elena a le plus œuvré pour la reconnaissance du copilote, simplement en gagnant. En effet, dans les années 1980, le pilote pouvait effectuer autant de reconnaissances qu’il le souhaitait et connaissait quasiment la route par cœur. Le rôle du copilote était secondaire, interchangeable. Depuis la limitation à deux reconnaissances, promoteurs et constructeurs se sont aperçus que les titres mondiaux étaient conquis par les couples qui durent, comme Carlos Sainz-Luis Moya (quinze ans), Sébastien Ogier-Julien Ingrassia (douze ans) et Loeb-Elena (vingt ans)…
Résultat, alors que Julien Ingrassia présidait la première session de détection de copilotes de la FFSA juste avant le rallye de Suède, Daniel Elena peaufine son projet d’école de copilotes avec Mathieu Baumel, champion WRC2 et vainqueur du Dakar. Avec dans un coin de leur tête, ce texte (Pour une poignée de seconde, Albin Michel, 1988) tout en second degré du champion finlandais Ari Vatanen sur le « bon » copilote, ce « pilote frustré » qui doit en toute circonstance  « servir son maître [le pilote] », sans rien en attendre et surtout sans oublier l’essentiel : « Si l’équipage gagne, c’est grâce au pilote, s’il perd c’est à cause de son copilote. » 

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Figure du violoncelle français, Ophélie Gaillard avait été braquée par un individu armé d’un couteau dans la soirée de vendredi.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/02/2018
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La violoncelliste Ophélie Gaillard retrouve son instrument, estimé à plus d’un million d’euros

Figure du violoncelle français, Ophélie Gaillard avait été braquée par un individu armé d’un couteau dans la soirée de vendredi.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 16h50
   





                        



   


La mésaventure se termine bien pour la soliste Ophélie Gaillard. Après avoir porté plainte vendredi pour le vol en région parisienne de son violoncelle du XVIIIe siècle, estimé à près de 1,3 million d’euros, la musicienne a reçu un appel anonyme, samedi 17 février en fin de matinée.
Suivant les indications de cette voix, la violoncelliste a retrouvé l’instrument « sur la banquette arrière d’une voiture garée devant son domicile », a fait savoir la violoncelliste. L’une des vitres de la voiture était fracturée, mais l’instrument est « en bon état », a fait savoir la musicienne.
« Le vol a été très violent, je n’ai pas pu dormir depuis deux jours. Je suis tellement soulagée de l’avoir retrouvé. Je sors de deux jours de cauchemar, c’est un miracle », a-t-elle commenté.
« Un circuit spécial »
Figure du violoncelle français, Ophélie Gaillard avait été braquée par un individu armé d’un couteau dans la soirée de vendredi, à la sortie de son domicile de Pantin (Seine-Saint-Denis). L’agresseur avait exigé qu’elle lui remette son téléphone portable et l’étui contenant le violoncelle, avant de prendre la fuite à pied.
« A l’aide ! On m’a volé ce soir mon violoncelle (…) et mon archet personnel Jean-Marie Persoit, fait vers 1825 à Paris », avait écrit la musicienne dans un message sur sa page Facebook, accompagné de photos de l’instrument.
La brigade de répression du banditisme avait été saisie, et les enquêteurs cherchaient à déterminer s’il pouvait s’agir d’une « commande », selon une source proche de l’enquête. « Ce n’est pas un instrument qui se vend chez le receleur du coin. Il faut forcément un circuit spécial », selon cette source.
Un instrument fabriqué en 1737
La banque CIC avait prêté à Ophélie Gaillard ce violoncelle fabriqué en 1737, à Udine, en Italie, par le luthier italien Francesco Goffriller, il y a une quinzaine d’années. C’est spécialement pour Ophélie Gaillard que la banque CIC avait réalisé sa première acquisition d’instrument. Une forme de mécénat culturel permettant aux virtuoses de la musique classique de se faire prêter des pièces rares qui peuvent valoir plusieurs millions d’euros.

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« C’était devenu essentiel pour moi : quand on travaille avec de grands orchestres, il est important de pouvoir jouer un instrument offrant de belles qualités de son et de puissance », avait témoigné Ophélie Gaillard auprès de l’AFP en 2006.
Elle avait ajouté que ce genre d’instrument était fait pour être utilisé :
« Mon violoncelle, qui n’avait pas été joué depuis des années, s’est bonifié en quelques mois. Reléguer ces instruments dans les placards des collectionneurs est contraire à leur nature. »
Une « commande » ?
Des prix comme celui de ce violoncelle sont monnaie courante dans le monde des instruments de musique anciens : en 2014, lors d’une vente par la maison Sotheby’s, un alto stradivarius datant de 1719 avait été estimé à plus de 45 millions de dollars. Il n’avait cependant pas trouvé preneur.




                            


                        

                        


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Des chauffeurs de VTC réclament un tarif minimum

Un mouvement de grève a débuté ce matin à Paris et à Nice. Le sujet est sensible dans un environnement en constante évolution et la profession reste très divisée.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 16h15
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            Philippe Jacqué








                        



   


Le rendez-vous a été donné à la station Total sur la voie de sortie de l’aéroport Charles-de-Gaulle, samedi 17 février. « Nous ne voulons pas bloquer les véhicules VTC se dirigeant vers l’aéroport, mais ceux se rendant vers Paris. La profession est en grève, et on entend que ce soit respecté », explique Yazid Sekhri, de l’Union des VTC (voitures de transport avec chauffeurs).
Près d’un an après une mobilisation massive des chauffeurs de VTC, liée à l’augmentation de la commission d’Uber, les conducteurs professionnels voulaient remettre la pression sur les pouvoirs publics. Objectif : obtenir un tarif minimum pour les conducteurs, qu’ils réclament depuis plus d’un an.
Mais la mobilisation a été faible, à Paris comme en régions, à l’exception de Nice, où entre 150 et 200 chauffeurs VTC ont installé des barrages filtrants aux entrées de l’aéroport international. En région parisienne, les chauffeurs présents non loin de l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle ont levé le camp à la mi-journée pour se rendre à Bercy. Ils devaient aller en milieu d’après-midi au ministère des transports, boulevard Saint-Germain à Paris (VIIe arrondissement), a indiqué Fabian Tosolini de la CFDT-VTC.
« La mission est encore en cours »
« Depuis janvier 2017, les représentants des VTC, souhaitant obtenir une tarification minimum, sont conviés de réunion en réunion avec les plates-formes ou le gouvernement », relève, dans un communiqué, l’Union des VTC. « D’études en missions, rien ne vient », s’emporte M. Sekhri. « La mission est encore en cours », indique-t-on sobrement au ministère des transports.
C’est que le sujet est sensible, qui plus est dans un environnement en constante modification. Depuis le 1er janvier, le marché du transport particulier de personnes a été secoué par la mise en place de la mesure phare de la loi Grandguillaume, qui bannit les chauffeurs salariés ayant le statut Loti.

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Du jour au lendemain, Uber a vu disparaître 5 000 à 6 000 chauffeurs de sa plate-forme de mise en relation. La société américaine travaille désormais avec 20 000 indépendants. Au 1er février, environ 26 000 chauffeurs exploitants sont comptabilisés par le gouvernement, selon un courrier d’Elisabeth Borne, la ministre des transports, envoyé le 14 février aux différents acteurs du secteur.
Les autres sociétés ont connu les mêmes secousses. « Seulement 5 % de nos chauffeurs étaient des Loti, indique Yanis Kiansky, PDG d’Allocab. Cependant, nous avons tout de même senti la différence. Malgré l’augmentation des demandes de courses, aujourd’hui, je ne peux pas répondre à toutes les demandes… » 
Salaire moyen de 1 700 euros par mois

   


Dans les faits, le temps d’attente pour une course VTC a largement augmenté en région parisienne, tandis que la « gestion dynamique » des prix d’Uber et de quelques concurrents, liés à un déséquilibre entre offre et demande, a poussé les prix à la hausse. Dans le même temps, les taxis reprennent des couleurs. Nicolas Rousselet, le patron de G7, a indiqué début février une croissance de 20 % des commandes de courses de taxis en janvier.
Dans ce contexte de retournement du rapport de force entre les conducteurs et les sociétés de VTC, les revenus des chauffeurs devraient augmenter. « C’est le cas », assure un patron de société VTC. « C’est trop tôt pour le dire, assure Yazid Sekhri, car il y a, jusqu’à fin mars, une période de transition pour que les chauffeurs Loti régularisent leur situation. » Selon le ministère des transports, 4 500 chauffeurs Loti conduisent dans l’attente de l’étude de l’examen de leur dossier.
Les dernières données concernant les revenus des professionnels, qui datent de début 2017, font état d’un salaire moyen de 1 700 euros par mois pour soixante heures de travail. « Aujourd’hui, nos revenus ne sont pas suffisants pour faire face à nos charges, qui ont augmenté, à l’image de l’augmentation des taxes sur le gazole, reprend M. Sekhri. Nous proposons que l’Etat légifère pour mettre en place un tarif minimum pour les courses, reprend M. Sekhri. A l’Union des VTC, nous estimons qu’il faudrait atteindre un tarif minimum de 12 euros [nets de commission pour les plates-formes] pour les conducteurs, ainsi que les tarifications à 1,50 euro au kilomètre, 50 cents à la minute et 2 euros la prise en charge. » Cela reviendrait à une tarification équivalente à celle des taxis. Aujourd’hui, le tarif net d’un chauffeur chez Uber est au minimum de 4,50 euros (6 euros, moins la commission de 25 %), tandis qu’il est de 7 euros chez Heetch ou 9 euros chez Allocab.
« Si on met un tarif minimum à 15 euros, qui va supprimer une grande part de la demande, il y aura deux fois moins de trajets pour le même nombre de chauffeurs » Teddy Pellerin, cofondateur d’Heetch
La profession reste cependant très divisée. Yanis Kiansky soutient un tarif minimal. « Les revenus des chauffeurs sont aujourd’hui indécents. Ce n’est même pas le smic. Si vous voulez que les chauffeurs offrent des prestations de qualité, il faut qu’ils soient heureux et gagnent correctement leur vie. » 

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En revanche, les autres sociétés sont plus sceptiques. « D’une manière générale, ça peut être une bonne comme une mauvaise idée, estime Teddy Pellerin, cofondateur d’Heetch. Le problème est plus sur l’équilibre entre offre et demande. Si on met un tarif minimum à 15 euros, qui va supprimer une grande part de la demande, il y aura deux fois moins de trajets pour le même nombre de chauffeurs. Dans ce cas, leur rentabilité baisserait probablement. Il faut donc étudier précisément ce projet. » 
« La tarification est une question complexe, ajoute-t-on chez Uber, car elle doit répondre à plusieurs critères : l’accessibilité du service pour les passagers, la rentabilité des chauffeurs et la capacité d’Uber à poursuivre sa croissance pour continuer à investir, afin d’offrir un service de meilleure qualité. Nous devons préserver un équilibre entre ces trois éléments. » Dans les faits, le leadeur reste opposé à tout tarif minimal, car il a popularisé son service et élargi son marché en baissant le prix des courses.



                            


                        

                        

