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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Les étudiants de l’Ecole publique de journalisme de Tours (EPJT) ont rassemblé plusieurs vérifications de paroles politiques de ces derniers jours.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Les discussions autour de la loi souhaitée par Emmanuel Macron mélangent Brexit, élection de Donald Trump, référendum catalan et élection présidentielle française. Des cas pourtant bien différents.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤                     
                                                

« Fake news » en période électorale : le risque de tout mélanger

Les discussions autour de la loi souhaitée par Emmanuel Macron mélangent Brexit, élection de Donald Trump, référendum catalan et élection présidentielle française. Des cas pourtant bien différents.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 17h07
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 17h37
    |

            Adrien Sénécat








                        


Le contenu de la future loi sur les fausses informations annoncée par Emmanuel Macron se précise, mais le débat reste confus. La ministre de la culture, Françoise Nyssen, en a livré les grandes lignes, mardi 13 février, et notamment annoncé qu’elle pourrait être baptisée loi sur « la confiance et la fiabilité de l’information ». Le terme « fake news », qui peut s’avérer trompeur parce qu’il n’est pas clairement défini et recouvre des significations différentes, serait donc écarté.
Toutes les ambiguïtés sont loin d’être levées pour autant. Ainsi, le ministère de la culture a fait valoir trois cas de figures où la circulation des fausses nouvelles aurait été massive et déterminante selon lui : la campagne du Brexit, la dernière présidentielle américaine et le référendum catalan. Mais ces trois cas de figure, auxquels on pourrait ajouter la dernière présidentielle française, sont loin d’être équivalents.
1. Donald Trump, des mensonges en prime time et des soupçons d’ingérence russe
Des fausses informations ont massivement circulé pendant la campagne présidentielle américaine de 2016, venant majoritairement du camp des républicains. Certaines ont particulièrement marqué les esprits par leur caractère à la fois grossier et massif : c’est par exemple le cas du canular affirmant que le pape soutiendrait Donald Trump, repris au premier degré par des partisans du milliardaire et partagé des centaines de milliers de fois.
Un grand nombre de rumeurs et intox malveillantes ont également entaché l’image de la candidate démocrate Hillary Clinton, en particulier sur ses supposés problèmes de santé voire sa prétendue « démence ».
Au-delà des fausses informations, de nombreux comptes russes ou prorusses ont été actifs sur les réseaux sociaux pendant la campagne. Twitter en a dénombré 1,4 million et Facebook 80 000, ainsi que 3 000 publicités vues par 11,4 millions de personnes, pour un budget d’environ 100 000 dollars (80 000 euros). Moscou nie toute implication directe dans cette propagande, affirmant qu’il n’y a « pas une seule preuve de son ingérence ».
Une chose est certaine : les intox, mensonges et points de vue partisans sur les réseaux sociaux ont largement plombé le niveau du débat démocratique dans cette campagne. D’autant qu’en l’espèce, il est tout autant question des rumeurs qui ont circulé sur les réseaux sociaux que des mensonges de Donald Trump lui-même.
En revanche, il est beaucoup plus délicat de mesurer le poids réel de la désinformation dans le résultat du scrutin. Aucune étude scientifique n’a permis pour l’heure d’évaluer précisément leur part dans le vote des électeurs. Deux études, parmi d’autres, résument bien la difficulté d’éclairer cette controverse :
D’un côté, trois chercheurs en sciences politiques suggèrent dans des travaux publiés le 9 janvier que les fausses informations n’ont touché qu’une partie limitée de la population américaine pendant la campagne, les médias traditionnels conservant une audience largement supérieure ;De l’autre, une analyse publiée en mars 2017 montre que la désinformation pourrait être l’une des principales explications de l’abstention d’anciens électeurs de Barack Obama en 2012, potentiellement dans des proportions suffisantes pour faire échouer Hillary Clinton dans des Etats décisifs où le scrutin a été particulièrement serré.
2. Le référendum sur le Brexit : un gros mensonge au cœur de la campagne
La campagne victorieuse du camp favorable au Brexit lors du référendum britannique de juin 2016 est entachée de plusieurs mensonges. Le plus spectaculaire concernait les « 350 millions de livres » (environ 400 millions d’euros) que verserait le Royaume-Uni à l’Europe chaque semaine. Ce chiffre était non seulement erroné (la contribution nette du pays était moitié moins élevée), mais il participait surtout d’un raisonnement simpliste : la complexité des négociations actuelles autour du Brexit en témoigne.
Problème : ce mensonge n’a pas été véhiculé par d’obscurs sites Internet ou comptes militants sur les réseaux sociaux. Il était affiché en grand sur les bus de la campagne pluripartite du vote « Leave », favorable à la sortie de l’euro. Plusieurs eurosceptiques l’ont également relayé, comme l’ancien leader de l’UKIP Nigel Farage.
Moscou est là aussi accusée de s’être invitée dans la campagne, une étude de l’université de Californie estimant qu’un réseau de 150 000 comptes russes et pro-Poutine aurait commencé à publier de nombreux messages sur Twitter deux jours avant le scrutin. Leur rôle exact sur le résultat du vote est là aussi discutable : tous n’étaient pas favorables à la sortie de l’Europe et aucune campagne publicitaire comparable à celle identifiée aux Etats-Unis n’a été financée lors de ce scrutin, selon Facebook.
3. Catalogne : des accusations venant de Madrid qui mériteraient d’être étayées
L’Espagne accuse la Russie et le Venezuela d’avoir mené une campagne sur les réseaux sociaux afin de soutenir le référendum organisé par le gouvernement indépendantiste catalan en octobre 2017. Le ministre des affaires étrangères espagnol, Alfonso Dastis, a déclaré détenir des preuves de cette ingérence ; la Russie a là aussi démenti.
Des rumeurs ont également circulé sur les réseaux sociaux avant et surtout après le vote dans les deux camps, témoignant là aussi d’un climat propice à l’émergence de fausses informations partisanes. Mais il est délicat là encore de démêler l’influence réelle de ces fausses informations, quelques mois à peine après le scrutin.
4. La présidentielle française : des intox qui n’ont pas été décisives
Dès la primaire de la droite, les calomnies visant Alain Juppé, caricaturé en un « Ali Juppé » proche de l’islam radical, ont pollué la campagne présidentielle 2017. Le phénomène est loin de s’être arrêté là : l’équipe des Décodeurs a relevé des dizaines d’intox tout au long de la campagne, une large part d’entre elles émanant de l’extrême droite et ciblant Emmanuel Macron.
Impossible d’accuser cette fois les rumeurs d’avoir fait basculer l’élection puisque le candidat centriste a remporté le scrutin. Plusieurs signaux témoignent néanmoins de leur influence bien réelle sur l’opinion publique, comme le fait que des salariés de Whirlpool Amiens aient interpellé, entre les deux tours de l’élection, Emmanuel Macron sur le fait qu’il refuserait de serrer les « mains sales » des ouvriers. Accusation basée sur un canular du Gorafi repris au premier degré par l’extrême droite et une vidéo manipulée.
Mais là encore, les multiples mensonges de Marine Le Pen lors du débat de l’entre-deux tours et les intox relayées par des membres clés du Front national tout au long de la campagne ont montré que le sujet ne se limitait pas aux comptes prorusses sur les réseaux sociaux.
Pour autant, il existe bien une constante entre les différentes campagnes de ces dernières années : à chaque fois, des informations mensongères ont proliféré, plombant le niveau du débat démocratique avec elles. Sauf que ce phénomène de mal-information ne se limite pas à la vie politique : bien d’autres domaines sont touchés, à commencer par celui de la santé. D’où un besoin criant d’éducation à l’information.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Edouard Couty, médiateur national, a annoncé que ces mesures seront « opérationnelles fin 2018 début 2019 ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤                     
                                                

Des médiateurs régionaux dans les hôpitaux à la fin de l’année

Edouard Couty, médiateur national, a annoncé que ces mesures seront « opérationnelles fin 2018 début 2019 ».



Le Monde
 |    16.02.2018 à 17h07
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 17h39
   





                        


Le médiateur national sur les conditions de travail des professionnels de santé, Edouard Couty, a annoncé, vendredi 16 février, que les cas de harcèlement ou de conflit professionnel à l’hôpital pourront être soumis à des médiateurs régionaux formés et « opérationnels » d’ici à la fin de l’année.
« Nous pourrons mettre en place pendant l’automne les structures régionales et être opérationnels fin 2018, début 2019 », a-t-il déclaré lors d’un colloque sur la maltraitance et le harcèlement à l’hôpital.

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Un décret attendu cet été
Nommé en janvier 2017 par l’ancienne ministre de la santé, Marisol Touraine, et confirmé à son poste par Agnès Buzyn, M. Couty a pour mission « la mise en place de conciliations locales et de médiations au niveau régional et national ». Un décret attendu « cet été » doit fixer le cadre de la médiation à l’hôpital, notamment « les règles de saisine », a-t-il précisé, ajoutant que les futurs médiateurs régionaux devront recevoir une « formation certifiante ».

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                Un syndicat d’internes en médecine brise le « tabou » du sexisme à l’hôpital



En un an, le médiateur national est intervenu dans 53 dossiers, dont 49 cas de médecins en conflit avec leurs pairs ou leur hiérarchie. « L’omerta à l’hôpital est en train de tomber », a-t-il dit, soulignant que la médiation « n’est pas un gadget, elle répond à un besoin ».
« Il y a une culture paternaliste dans cette institution », mais « l’infantilisation des subordonnés est de moins en moins supportée », a estimé l’ancien directeur des hôpitaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ L’enquête préliminaire pour « abus de faiblesse » ouverte le 13 février par le parquet de Paris est, elle, toujours en cours.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤                     
                                                

L’enquête pour viol visant Gérald Darmanin classée sans suite

L’enquête préliminaire pour « abus de faiblesse » ouverte le 13 février par le parquet de Paris est, elle, toujours en cours.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 16h43
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 17h43
   





                        



   


Le parquet de Paris a de nouveau classé sans suite, vendredi 16 février, l’enquête préliminaire sur une accusation de viol visant le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin.
Cette enquête, classée sans suite en juillet 2017, avait été rouverte à la fin de janvier après un nouveau dépôt de plainte de Sophie Spatz, née Olga Patterson, qui accuse M. Darmanin de l’avoir violée en 2009 alors qu’elle sollicitait de l’aide dans une affaire judiciaire. Vendredi, le ministre des comptes publics a annoncé qu’il maintenait la « plainte en dénonciation calomnieuse » déposée en juillet, ajoutant : « Il va sans dire que j’irai jusqu’au bout. »
Le 25 janvier, Mme Spatz, âgée de 46 ans, avait été entendue plus de huit heures par la police judiciaire. Elle avait évoqué sa rencontre avec M. Darmanin et un « service » (l’intervention dans un dossier judiciaire la concernant) qu’il aurait promis de lui rendre, en tant qu’élu de la République.
Elle avait affirmé aux enquêteurs — comme elle l’a relaté à plusieurs reprises au Monde — qu’il lui aurait dit, la main posée sur la sienne : « Il va falloir m’aider vous aussi. » Après un rendez-vous dans un bureau, il y aurait eu un dîner, un détour par un club privé, une nuit à l’hôtel. L’avocate de Mme Spatz fondait son raisonnement sur le principe d’une relation sexuelle dont le consentement aurait été acquis « par surprise », l’une des quatre circonstances retenues en droit pour qualifier une pénétration sexuelle de viol.
Mais, après enquête, le parquet de Paris a finalement expliqué, vendredi après-midi que « les actes d’enquête réalisés n’[avaient] pas permis d’établir l’absence de consentement de la plaignante et n’[avaient] pas caractérisé davantage l’existence d’une contrainte, d’une menace, d’une surprise ou d’une quelconque violence à son endroit ».

        Voir l’enquête du « Monde » sur cette affaire :
         

          Gérald Darmanin visé par une accusation de viol



L’enquête pour « abus de faiblesse » toujours en cours
Par contre, l’enquête préliminaire ouverte le 13 février à la suite du dépôt d’une plainte distincte pour abus de faiblesse se poursuit, et « de nombreux actes d’investigation restent encore à réaliser dans ce cadre », précise le parquet de Paris.
Mardi en fin de journée, une femme vivant dans le nord de la France s’est présentée à une antenne de la police judiciaire parisienne dans le 17e arrondissement de Paris pour y déposer plainte pour « abus de faiblesse » contre le ministre. Les policiers l’ont aussitôt entendue. Dans le même temps, le procureur de la République de Paris ouvrait une nouvelle enquête préliminaire.

        Lire aussi :
         

                Gérald Darmanin visé par une nouvelle plainte, cette fois pour « abus de faiblesse »



Selon Le Point, cette femme aurait dit avoir reçu des « demandes à caractère sexuel » de M. Darmanin lorsqu’il était maire de Tourcoing (Nord), en échange d’un logement. Les faits remonteraient à 2016. A l’époque, aurait-elle expliqué, elle vivait dans un appartement insalubre et demandait à être relogée. L’enregistrement de cette plainte et cette première audition ne sont que le premier acte de l’enquête. Les policiers devraient procéder à une série de vérifications avant d’entendre le ministre.

Enquête préliminaire
Comme dans toutes les affaires d’agression sexuelle ou de viol, l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet est automatique. Dans le cadre d’un viol présumé, elle est confiée à la police judiciaire. Au terme de cette première enquête, le parquet a trois options : décider d’ouvrir une information judiciaire si les investigations s’avèrent complexes, citer les auteurs présumés devant le tribunal si les faits sont simples et établis. Ou classer, si l’infraction n’est pas établie ou les faits prescrits.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ La haute juridiction a émis deux « réserves » sur un article de la loi antiterroriste de novembre 2017, mais elle valide globalement les conditions d’assignation à résidence.
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Le Conseil constitutionnel valide l’assignation à résidence antiterroriste

La haute juridiction a émis deux « réserves » sur un article de la loi antiterroriste de novembre 2017, mais elle valide globalement les conditions d’assignation à résidence.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 16h15
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 16h48
    |

            Franck Johannès








                        


Le Conseil constitutionnel a légèrement encadré, vendredi 16 février, l’assignation à résidence prévue par la loi sur le terrorisme, entrée en vigueur le 1er novembre 2017, après la période d’état d’urgence. Il valide dans le même temps le principe même de cette surveillance dans le droit commun, ce qui augure mal des autres mesures qu’il sera susceptible d’examiner par la suite.
La question prioritaire de constitutionnalité (QPC), soulevée par les avocats William Bourdon et Vincent Brengarth, s’interrogeait notamment sur « l’absence d’articulation », entre la période d’état d’urgence, pendant laquelle leur client Farouk Ben Abbes, soupçonné d’appartenir à la mouvance islamiste radicale, avait été assigné à résidence deux ans durant, et la nouvelle loi, qui a de nouveau limité sa liberté d’aller et venir. « Nul n’a cependant pour destinée d’être sous le joug d’une mesure de police perpétuelle parce qu’il n’existerait aucun fondement à d’éventuelles poursuites », avaient soutenu les avocats.
L’assignation ne peut pas excéder un an
Le Conseil n’a pas jugé utile un régime transitoire, mais il a validé le cadre de l’assignation, ordonnée par le ministère de l’intérieur. Il a d’abord rappelé, conformément à la loi, que la mesure ne peut être prononcée « qu’aux fins de prévenir la commission d’un acte de terrorisme », et à une double condition : qu’il existe, d’une part, « des raisons sérieuses de penser » que la personne constitue une menace « d’une particulière gravité », et d’autre part l’administration « doit prouver » que le suspect a des relations avec des organisations terroristes ou qu’il adhère à leurs thèses.
Si ces conditions sont remplies, la personne assignée ne peut pas l’être dans un périmètre « inférieur au territoire de la commune », qui doit lui permettre « de poursuivre une vie familiale et professionnelle ». L’assignation à résidence ne peut ensuite être prononcée ou prolongée que pour une durée maximale de trois mois. Au-delà de six mois, après donc une prolongation, le ministère de l’intérieur doit produire « des éléments nouveaux ou complémentaires » pour justifier sa décision, et l’assignation ne peut de toute façon pas excéder un an.
Une décision « cosmétique »
Cependant, « compte tenu de la rigueur » de la mesure d’assignation, le Conseil a assoupli le délai de recours : il était possible de contester l’assignation devant un juge administratif dans un délai d’un mois, le juge ayant ensuite deux mois pour trancher. Il s’agit là pour le Conseil constitutionnel « d’une conciliation manifestement déséquilibrée » entre la liberté de mouvement et l’ordre public, les mots « dans un délai d’un mois » sont supprimées de l’article L. 228-2 du code de la sécurité intérieure : un assigné à résidence pourra contester la mesure tout le temps où elle s’exercera.
En cas de renouvellement du placement en résidence, l’intéressé pourra saisir dans les quarante-huit heures le juge des référés, « afin qu’il ordonne toutes les mesures nécessaires à la sauvegarde de ses droits et libertés » — le recours est suspensif, c’est-à-dire que la personne n’est plus assignée le temps (très bref, de l’ordre de quarante-huit heures) que le juge tranche. Par ailleurs, si le contrôle du juge des référés est d’ordinaire limité « aux atteintes graves et manifestement illégales », le Conseil autorise désormais le juge à se pencher sur « la régularité et le bien-fondé » du renouvellement — pour ne pas trop bousculer la justice administrative, cette décision ne sera appliquée qu’à partir du 1er octobre.
Le reste de l’article de loi est validé, et ne pourra plus être contesté par une QPC. Les avocats sont évidemment déçus de cette décision « cosmétique ». « Le Conseil constitutionnel n’a pas pris ses responsabilités, disent Mes Bourdon et Brengarth, il entérine le principe d’une assignation à résidence déguisée, pour pouvoir la fondre dans le droit commun. Sa motivation très péremptoire sauve les apparences, avec des réserves très accessoires qui ne remettent pas en cause le principe même de la mesure individuelle de surveillance. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Depuis octobre, l’ex-premier ministre a retrouvé une influence en Espagne. Il est devenu le plus fervent défenseur de l’unité espagnole face aux séparatistes catalans.
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Manuel Valls, Ibère médiatique


                      Depuis octobre, l’ex-premier ministre a retrouvé une influence en Espagne. Il est devenu le plus fervent défenseur de l’unité espagnole face aux séparatistes catalans.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 14h46
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 15h05
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                              

                        

Ils se sont bousculés pour être sur la photo avec Manuel Valls. La numéro deux du gouvernement espagnol, Soraya Sáenz de Santamaria, la secrétaire générale du Parti populaire (PP, droite au pouvoir) et ministre de la défense María Dolores de Cospedal ou encore le ministre de l’intérieur, Juan Ignacio Zoido, ont fait le déplacement à Saint-Sébastien, ce samedi 3 février, pour assister à l’hommage rendu à l’ancien premier ministre français. L’ex-chef du gouvernement José María Aznar et son épouse, Ana Botella, qui fut maire de Madrid, étaient là aussi. Sans oublier le porte-parole de la formation libérale et antinationaliste Ciudadanos, Juan Carlos Girauta, la secrétaire générale du Parti socialiste basque, Idoia Mendia, et même le président de la petite formation d’extrême droite Vox, Santiago Abascal.
Un tel cortège pour assister à la remise du prix Gregorio-Ordóñez, du nom d’un député conservateur basque assassiné par les séparatistes d’ETA en 1995, décerné cette année à Manuel Valls, c’est tout simplement exceptionnel.
« Le séparatisme est la pire chose qui peut arriver à une démocratie. » Manuel Valls
Depuis que la crise catalane a explosé, le député de l’Essonne a retrouvé de l’autre côté des Pyrénées une part de l’influence, ou du moins de l’intérêt médiatique, qu’il a perdu en France. Ses prises de position tranchées contre la « sédition » des indépendantistes catalans, en faveur du respect de « l’Etat de droit » et de la Constitution, sur les dangers du nationalisme et du séparatisme, en défense de « la démocratie espagnole » en ont fait l’un des plus fervents défenseurs de l’unité de l’Espagne. Un ancien premier ministre français né à Barcelone, qui parle espagnol et catalan, connaît le sujet personnellement et y apporte une dimension internationale pour en conclure que « le séparatisme est la pire chose qui peut arriver à une démocratie » : les unionistes ne pouvaient pas rêver meilleur ambassadeur.

La...




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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ La modernisation de la fonction publique ne se fera pas sans la participation des agents, estime, dans une tribune au « Monde », Jean-Ludovic Silicani, ancien commissaire à la réforme de l’Etat.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Adapter la fonction publique aux enjeux du XXIe siècle tout en restant fidèle aux valeurs qui l’animent »

La modernisation de la fonction publique ne se fera pas sans la participation des agents, estime, dans une tribune au « Monde », Jean-Ludovic Silicani, ancien commissaire à la réforme de l’Etat.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 14h00
    |

Jean-Ludovic Silicani (ancien commissaire à la réforme de l’Etat)







                        



                                


                            
Tribune. La France s’est construite autour de l’Etat et de services publics universels qui donnent corps aux principes républicains de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité. Les Français sont attachés à ce modèle. Or, nombre d’études nationales ou internationales, mais aussi le ressenti des citoyens, montrent que la qualité de nos services publics se dégrade. Sans doute, pour certains d’entre eux, comme la justice, par manque de moyens. Pourtant, globalement, les crédits et effectifs consacrés aux services publics sont parmi les plus élevés au monde et ne se sont pas réduits, bien au contraire, au cours des vingt dernières années.
La réduction du nombre des acteurs publics et surtout leur spécialisation sont le premier chantier à mener à bien
Il faut rechercher les causes de ce paradoxe et les moyens d’y remédier. D’abord, la complexité de notre organisation administrative, faite de strates superposées au fil de l’histoire : trop d’acteurs publics se marchent sur les pieds (services centraux des ministères, services déconcentrés, établissements publics, autorités administratives indépendantes, différents niveaux de collectivités territoriales…), ce qui génère de l’opacité, de la lenteur et des gaspillages. La réduction du nombre des acteurs publics et surtout leur spécialisation sont donc le premier chantier à mener à bien, sans provocation mais sans tabou.
La complexité croissante du droit est un autre facteur d’inflation des coûts. C’est une transformation systémique qu’il faut mener, en réduisant non seulement le flux des nouvelles normes mais surtout, massivement, le stock des normes en vigueur. Cette révolution normative est possible si la loi se limite, dans la plupart des domaines, à fixer des objectifs fondamentaux, tout en laissant aux acteurs le choix des moyens de les atteindre, sous le contrôle a posteriori de l’administration.
Moderniser la fonction publique
S’agissant des procédures administratives, c’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Une centaine de députés LRM mène la bataille contre la ligne portée par le ministre de l’intérieur.
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Asile : la fronde anti-Collomb gronde au sein de la majorité

Une centaine de députés LRM mène la bataille contre la ligne portée par le ministre de l’intérieur.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 11h38
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 16h59
    |

            Manon Rescan








                        



                                


                            

La fin d’un tour de chauffe. Les députés ont adopté, jeudi 15 février, une proposition de loi sur les « dublinés » – les étrangers soumis au règlement européen sur l’asile (dit « de Dublin »). La majorité La République en marche (LRM)-MoDem a voté en faveur de ce texte, qui prévoit les conditions de leur placement en centre de rétention, malgré de vives réticences internes. La droite s’est également prononcée pour, alors que la gauche a voté contre.

Cette proposition de loi, souhaitée par le gouvernement pour adapter la législation française au règlement européen, a été loin de faire l’unanimité dans les rangs de la majorité, lors du débat dans l’Hémicycle. « Ce texte ne me convient pas », a asséné Matthieu Orphelin, à la tribune. A l’instar du député LRM de Maine-et-Loire, plusieurs députés macronistes ont affiché leur désaccord avec plusieurs points de ce texte, qui a été durci au Sénat, à majorité de droite. « Il y a un danger de banaliser l’enfermement », a ainsi jugé Florence Granjus (Yvelines), tandis que Jean-Michel Clément (Vienne) a lancé : « Il n’est pas interdit de mettre un peu d’humanité dans un texte de loi. » Dans l’Hémicycle, des députés LRM ont même défendu plusieurs amendements au texte du Sénat, mais ils ont tous été rejetés. Et l’Assemblée a finalement adopté la version du Sénat.

Il n’empêche : pour les députés LRM, les débats sur ce texte ont fait office de révélateur des rapports de force à l’approche de la présentation du projet de loi asile-immigration par Gérard Collomb lors du conseil des ministres du 21 février. Il a aussi, par ricochet, fait émerger des visages qui incarnent aujourd’hui la contestation de la ligne portée par le ministre de l’intérieur, avant l’examen du texte à l’Assemblée nationale, courant avril.
Des doutes dès décembre
L’histoire commence en novembre. Richard Ferrand, le président du groupe LRM, et les cadres de la commission des lois, anticipent...




                        

                        


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Les élus d’Aix-Marseille Provence redoutent un nouveau « big bang »

L’hypothèse d’une fusion entre conseil départemental des Bouches-du-Rhône et métropole en 2021 agite les élus.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 11h36
    |

                            Gilles Rof








                        



                                


                            

Le gouvernement n’a pas révélé clairement ses intentions et n’entend pas ouvrir ce chantier explosif avant les prochaines municipales. Mais les phrases du président Macron sur une potentielle fusion à l’horizon 2021 entre la métropole Aix-Marseille Provence (AMP) et le conseil départemental des Bouches-du-Rhône, ont électrisé les élus de ce territoire de 1,8 million d’habitants, traumatisés par la création au forceps d’AMP en janvier 2016.
L’inquiétude est grande et une bonne partie des débats de la session plénière du conseil métropolitain a tourné autour de cette question, jeudi 15 février, à Marseille. Chacun – maires de petite ville, présidents de conseil départemental et de la métropole – a exprimé ses intentions face à ce second « big bang institutionnel », après l’absorption chaotique de six établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) dans Aix-Marseille Provence.

Aux manettes de cette métropole endettée à hauteur de 2 milliards d’euros, Jean-Claude Gaudin (LR) voit dans la fusion une réforme « logique et inéluctable ». « J’y suis favorable », a confirmé le maire de Marseille, qualifiant l’idée de « combat des modernes contre les rétrogrades ». La fusion permettrait de réunir le budget départemental, sain financièrement, et celui de la métropole, et ainsi de redonner des marges de manœuvre à AMP. En 2020, M. Gaudin, qui sera alors âgé de 81 ans, ne devrait pas se représenter, mais il appelle les élus métropolitains à se préparer à l’échéance malgré le flou actuel : « Sous quelle forme aura lieu cette fusion ? Je n’en sais rien, et personne ne le sait, mais il est de notre devoir de regarder ce que l’on peut faire. »
Dans un territoire toujours divisé par la création d’une métropole de quatre-vingt-douze communes fortement déséquilibrée par la taille de Marseille – une « monstropole » dénonce la maire LR d’Aix-en-Provence, Maryse Joissains-Masini –, la perspective...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Les partenaires sociaux ont repoussé la fin des discussions sur l’assurance-chômage, préservant la frêle possibilité d’un accord.
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Unédic  : les syndicats en appellent au gouvernement

Les partenaires sociaux ont repoussé la fin des discussions sur l’assurance-chômage, préservant la frêle possibilité d’un accord.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 11h33
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 13h23
    |

            Bertrand Bissuel








                        



   


Les syndicats et le patronat aiment tellement passer du temps ensemble qu’ils ont décidé de prolonger leurs échanges sur la réforme de l’assurance-chômage. La sixième séance de négociations qu’ils ont tenue, jeudi 15 février, à ce sujet, était censée être conclusive mais, faute de parvenir à un compromis, les protagonistes se sont octroyé une semaine de plus, dans l’espoir – très fragile – qu’elle leur permettra de ficeler un accord. A l’origine du blocage, il y a, une fois de plus, la question de la prolifération des contrats courts, que les organisations d’employeurs refusent de juguler en instaurant des pénalités financières. Les confédérations de salariés, excédées, en appellent au gouvernement pour qu’il clarifie sa position et pour qu’il pèse dans le débat.

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Lors du précédent round de discussions, la délégation patronale avait émis des propositions, jugées très insuffisantes par les syndicats, pour combattre la précarité. Elles se bornaient à l’idée d’ouvrir des négociations dans trois secteurs fortement consommateurs de CDD : l’hôtellerie-restauration, le monde de l’action sociale et médico-sociale, l’intérim. Le dispositif envisagé n’était assorti d’aucune sanction si les parties en présence étaient incapables de s’entendre sur une réduction des contrats courts.
Jeudi, le Medef, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) ainsi que l’Union des entreprises de proximité (artisanat, commerce, professions libérales) ont amendé leur copie en y incorporant quelques – menues – concessions : en dehors des trois secteurs d’activité déjà évoqués, le nouveau texte mentionne que les autres branches professionnelles sont « invitées » à élaborer des mesures en faveur de « l’installation durable dans l’emploi ». Rien n’est prévu si ce processus de réflexion ne démarre pas ou demeure infructueux.

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« Bonus-malus »
Les représentants des syndicats ont, sans surprise, trouvé que ce n’était pas à la hauteur des enjeux. « Le patronat a fait semblant de faire une avancée », a commenté Michel Beaugas (FO). Pour lui, comme pour les autres chefs de file d’organisations de salariés, la dernière mouture du projet d’accord est beaucoup trop timide : elle se contente de recommander aux branches de négocier mais sans les y obliger – sauf pour les trois qui avaient été mises en avant au départ et qui sont tenues, elles, de discuter. Or, a poursuivi M. Beaugas, un tel mécanisme avait déjà été mis en place dans la convention d’avril 2017 fixant les règles de fonctionnement de l’assurance-chômage : « On invitait aussi les branches à travailler [sur cette thématique de la précarité]. On a vu ce qu’elles ont fait : elles n’ont pas travaillé. »
Jugeant la rencontre de jeudi « particulièrement consternante », Véronique Descacq (CFDT) a, tout comme ses pairs des autres confédérations, lancé cette exhortation : « Il faut que le gouvernement prenne la parole. » La numéro deux de la centrale cédétiste veut qu’il soit clairement affirmé qu’en cas d’échec des discussions au sein des branches, l’exécutif appliquera le bonus-malus – une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron qui vise à réclamer un surcroît de cotisations aux employeurs abusant des CDD. « On veut une sanction, on veut des réponses du gouvernement », a martelé Eric Courpotin (CFTC). « Le mieux serait qu’il nous l’écrive », a renchéri Jean-François Foucard (CFE-CGC).
Sollicité par Le Monde, le cabinet de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, fait valoir que le vœu des syndicats a déjà été exaucé : la feuille de route transmise, le 14 décembre 2017, aux partenaires sociaux pour cadrer les discussions sur l’assurance-chômage précise que « le gouvernement prendrait ses responsabilités, par exemple via la mise en œuvre d’un système de bonus-malus », si aucune mesure satisfaisante n’était adoptée par les négociateurs. L’entourage de Mme Pénicaud ajoute avoir donné les assurances souhaitées par les centrales de salariés, jeudi soir, après la séance de négociations.
« Le gouvernement a-t-il vraiment envie de dire au patronat : “Rallongez [la durée] des contrats” ? On a quelques éléments pour penser (…) que ce n’est pas le cas », a confié Denis Gravouil (CGT). « Jupiter a parfois des failles », a, de son côté, glissé M. Beaugas. En d’autres termes, la confiance règne. La CGT envisage de ne pas se rendre à la prochaine et ultime rencontre consacrée à la réforme de l’assurance-chômage, qui est programmée le 22 février. Si le nouveau projet d’accord remis par le patronat, peu avant ce rendez-vous, ne dit pas un mot sur les sanctions, « on ne va même pas se déplacer », prévient, pour sa part, M. Courpotin.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Depuis le 1er janvier, le compte personnel de formation (CPF) est ouvert aux travailleurs non-salariés. Qu’est-ce qui change concrètement ?
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤                     
                                                   
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Indépendants : comment financer sa formation professionnelle ?

Depuis le 1er janvier, le compte personnel de formation (CPF) est ouvert aux travailleurs non-salariés. Qu’est-ce qui change concrètement ?



Le Monde
 |    16.02.2018 à 11h27
    |

                            Catherine Quignon








                        



                                


                            
Depuis le 1er janvier, le compte personnel de formation (CPF) est ouvert aux travailleurs indépendants, libéraux et aux chefs d’entreprise non salariés. En conséquence, leur compte sera automatiquement crédité de vingt-quatre heures par an. Ils pourront cumuler ce temps de formation dans la limite de 120 (puis 150) heures, comme les salariés.
Les travailleurs non-salariés cotisaient déjà à des fonds de formation dédiés. A ce titre, ils peuvent bénéficier de la prise en charge du financement de leur formation, tout comme leurs conjoints collaborateurs, même si leur entreprise est récente. Seule condition : être à jour dans le paiement de la cotisation à la formation professionnelle. En 2016, le Fonds d’assurance formation des chefs d’entreprise artisanale (Fafcea) a ainsi financé la formation de 104 737 bénéficiaires, pour une prise en charge moyenne de 472 euros pour 17 heures (soit 28 euros de l’heure).
Montants plafonnés
Les démarches pour effectuer une demande de financement restent les mêmes. Le travailleur indépendant doit solliciter le fonds d’assurance formation (FAF) auquel il cotise. Ces FAF doivent définir une liste de formations éligibles.
Les montants pris en charge peuvent varier du simple au triple selon l’activité, le FAF et le type de formation choisie. Quel que soit le nombre d’heures automatiquement créditées sur son compte CPF, les montants accordés sont généralement plafonnés. Par exemple, le Fonds interprofessionnel de formation des professionnels libéraux (FIF-PL) prend en charge des frais de formation pour les traducteurs et interprètes à hauteur de 1 400 euros maximum par an pour des formations en rapport direct avec ces professions (en placement de voix, par exemple). Pour un bilan de compétences, la prise en charge est plafonnée à 1 500 euros.
Le Fonds d’Assurance formation du commerce, de l’industrie et des services (Agefice) plafonne, quant à lui, son financement à 50 euros de l’heure et 2 450 euros...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Cyril Ramaphosa doit restaurer la confiance en l’action gouvernementale et prendre solidement en main l’ANC sans déclencher une rébellion interne.
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Compte rendu

En Afrique du Sud, la délicate purge d’un Etat rongé par la corruption

Cyril Ramaphosa doit restaurer la confiance en l’action gouvernementale et prendre solidement en main l’ANC sans déclencher une rébellion interne.

Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant régional)
    



LE MONDE
              datetime="2018-02-16T11:07:33+01:00"

        Le 16.02.2018 à 11h07

     •
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        Mis à jour le 16.02.2018 à 15h15






    
Cyril Ramaphosa, devant le Parlement sud-africain, au Cap, jeudi 15  février 2018.
Crédits : MIKE HUTCHINS / REUTERS


A peine élu, et aussitôt dans le feu de l’action. Cyril Ramaphosa devait prononcer, vendredi 16 février au soir, son premier discours sur l’état de la nation. Un moment solennel pour rendre palpable la politique d’urgence qu’il compte mener dans les mois à venir. Depuis plusieurs années, ce rendez-vous crucial se terminait dans le chaos. Les députés du parti Economic Freedom Fighters (EFF, « combattants pour la liberté économique ») interrompaient Jacob Zuma, qui n’attachait de toute évidence pas la moindre importance à cet exercice, jusqu’à ce que la sécurité renforcée pour l’occasion de gros bras les déloge du Parlement.
C’est dans les derniers discours perturbés sur l’état d’une nation, qui ne l’était pas moins, que les EFF ont popularisé, en la hurlant inlassablement à Jacob Zuma, l’expression « Bring back the money ! » (« rends l’argent »), en référence aux fonds publics utilisés pour les travaux de sa résidence de Nkandla.

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                Cyril Ramaphosa en mission de sauvetage de l’Afrique du Sud



Cette année, le ton sera différent. On attend de Cyril Ramaphosa qu’il articule de manière convaincante les fondamentaux d’une politique d’urgence destinée à sauver l’économie tout juste sortie de récession, tout en restaurant la confiance en l’action gouvernementale. Dans la foulée, il faudra procéder à la composition de son gouvernement et décider, arbitrage délicat, quelle est l’étendue des purges des responsables de l’ère Zuma qu’il est possible de réaliser sans risquer de déclencher une rébellion interne, dangereuse pour l’ANC.
« Candy Crush » pendant les débats
Les têtes des éléments jugés les plus incompétents, les plus corrompus, les plus obstinément fidèles au système Zuma, devraient rouler en premier. Un homme pose un problème particulier : Malusi Gigaba. Le dernier ministre des finances de Jacob Zuma avait été identifié par les chercheurs du State Capacity Resarch Project, un groupe de professeurs d’université ayant réalisé un travail de recherche approfondi sur le sujet, comme l’un des architectes du système de « capture d’Etat », cette infiltration des structures de l’Etat par un réseau corrompu aux ordres de la famille Gupta, les hommes d’affaires d’origine indienne à présent visés par la justice.

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Il n’est pas établi que Malusi Gibaba a bénéficié personnellement de ce système de pillage des ressources publiques, mais il incarne le système que Cyril Ramaphosa doit abattre. Or, le budget doit être présenté devant le Parlement dans cinq jours. Il ne peut décemment l’être par M. Gigaba. Ce dernier, lors de la session au cours de laquelle M. Ramaphosa a été élu, jeudi, président de la République, a été surpris en train de jouer à Candy Crush sur une tablette pendant les débats. Sans doute le signe d’un détachement vis-à-vis de ses fonctions menacées.


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Le Sénat a adopté les ordonnances relatives aux études d’impact, à l’évaluation environnementale ainsi qu’à la participation du public.
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Une réforme de la démocratie environnementale pour faciliter la réalisation de grands projets

Le Sénat a adopté les ordonnances relatives aux études d’impact, à l’évaluation environnementale ainsi qu’à la participation du public.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 10h54
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            

Plus jamais ça. Ni la violence d’un conflit comme celui du barrage de Sivens (Tarn), qui s’est soldé par la mort d’un manifestant écologiste, Rémi Fraisse, le 26 octobre 2014. Ni l’enlisement d’un projet comme celui de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), qui, durant plusieurs dizaines d’années a vu s’affronter deux camps opposés, rendant impossible le démarrage du chantier, et que le gouvernement d’Edouard Philippe a refermé définitivement, le 17 janvier. Autant de scénarios que le gouvernement voudrait notamment éviter pour le prochain dossier sensible, celui du centre d’enfouissement de déchets nucléaires prévu à Bure (Meuse).

Jeudi 15 février, les sénateurs ont adopté définitivement, après les députés, le projet de loi ratifiant deux ordonnances visant à « clarifier et simplifier le droit environnemental », le but étant de favoriser l’acceptabilité d’un projet et d’en réduire les délais.
Cette réforme, relancée par François Hollande, alors président de la République, au lendemain du drame de Sivens, trouve ainsi son aboutissement, après des débats parfois difficiles. Alors qu’ils étaient souvent défendus par les porteurs de projet, l’enjeu de simplification et de raccourcissement des délais ainsi que la possibilité de déroger à certaines règles étaient souvent perçus par les défenseurs de l’environnement comme des entraves aux possibilités de recours, comme une régression du droit environnemental. Ces derniers demandaient aussi que le public puisse être consulté très en amont de la réalisation des projets.
Sur ce point, c’est chose faite avec ces ordonnances. « En matière de participation, la loi prévoit désormais que la concertation préalable pourra porter sur l’opportunité du projet », explique Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire.
La mesure est accueillie favorablement par France nature environnement (FNE). « Le problème...




                        

                        


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<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Lycéens et étudiants mettent en garde contre le caractère obligatoire du SNU.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤                     
                                                

Service national universel : les jeunes veulent s’engager sans contrainte

Lycéens et étudiants mettent en garde contre le caractère obligatoire du SNU.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 10h35
    |

            Eric Nunès








                        


« Il faut faire confiance aux jeunes ! » Il ne s’agit pas d’une requête, encore moins une supplique, mais d’un conseil qu’adresse au gouvernement Andreas Christin, 18 ans, élève de terminale en sciences et technologies du management et de la gestion et coprésident de la Fédération des maisons des lycéens. Le jeune homme répond au président de la République, Emmanuel Macron, qui a réaffirmé, mardi 13 février, que son quinquennat serait celui d’un nouveau « service obligatoire, ouvert aux femmes et aux hommes ». Chaque jeune Français devra s’engager plusieurs mois au service des autres, de la nation. « Mais peut-on parler d’engagement si c’est une obligation ?, interroge Andreas Christin. Il ne faut pas braquer sa jeunesse. »

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                Macron pour un service national « avec une partie obligatoire »



La mise au point présidentielle, sur un de ses engagements de campagne, est venue clore une série de dissonances sur le sujet au sein de l’exécutif. Le 9 février, Florence Parly, la ministre des armées, avait décrit, au micro de France Inter, « un service qui probablement n’aurait pas un caractère obligatoire ». Une position infirmée deux jours plus tard, dimanche 11 février, par le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, puis encore le 13 février par le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux : le futur « service » sera bien « national, obligatoire, universel », a-t-il martelé.
« Politique infantilisante »
« Lorsqu’on est un citoyen, on n’a pas seulement des droits mais on a aussi des devoirs, et donner un peu d’engagement a beaucoup de sens », a également déclaré le chef de l’Etat. Le service national serait en quelque sorte la monnaie, que chaque jeune citoyen devra rendre, pour le bien qu’il a reçu de la nation.
« Avoir un regard aussi paternaliste sur la jeunesse, c’est surprenant de la part d’Emmanuel Macron, un président qu’on croyait moins condescendant vis-à-vis des moins de 20 ans », réagit Claire Thoury, déléguée générale d’Animafac, réseau d’associations étudiantes, qui est un peu tombée des nues en découvrant l’intervention du président.
Comme elle, l’ensemble des élus étudiants, lycéens et représentants de la jeunesse interrogés s’étonnent de la volonté du gouvernement de vouloir fusionner la notion « d’engagement » avec celle « d’obligation ». Lilâ Le Bas, présidente de l’UNEF, syndicat étudiant, reconnaît avoir été surprise par « le caractère obligatoire » du service national que projette le gouvernement. « Cela fait partie de la politique infantilisante d’Emmanuel Macron, qui veut imposer aux jeunes leur orientation par sa réforme de l’université et maintenant un service obligatoire. Nous nous y opposons et nous appellerons les jeunes à se mobiliser contre », avertit la syndicaliste.
Un engagement différent
Ce projet serait l’illustration d’une « incompréhension intergénérationnelle, estime également Claire Thoury. Il est possible de défendre des causes et de s’investir pour la communauté par du bénévolat ou en adaptant son mode de vie à ses valeurs, par exemple l’écologie. » Jimmy Losfeld, président de la FAGE, premier syndicat étudiant, abonde : « Les jeunes s’engagent, mais différemment de leurs aînés. Si leur adhésion à des vieux partis politiques ou à des vieux syndicats s’essouffle, sur le terrain social, ils sont présents. »
Tordre le bras à la jeunesse pour lui faire intégrer des missions citoyennes, « c’est donner le sentiment qu’ils ne sont pas assez patriotes, qu’ils ne font pas assez bien, qu’il faut leur apprendre à faire mieux. C’est une erreur car, dans les faits, ils s’engagent juste différemment », poursuit Claire Thoury.
Les moins de 20 ans ont-ils besoin de leçons de fraternité ou de stages de citoyenneté auxquels n’ont pas été convoqués leurs aînés ? « La jeunesse n’est pas individualiste, c’est notre société qui l’est devenue. Et les récents événements qui ont frappé notre pays ont mis en exergue le besoin de se retrouver », répond Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des armées, en charge du futur service national universel. Aux jeunes de montrer l’exemple, donc.
Déjà en 2008, Luc Ferry, philosophe et ancien ministre de l’éducation nationale, écrivait dans un rapport sur la mise en place d’un service civique : « L’obligation [le rapport rendait compte de plusieurs hypothèses, dont celle-ci] va tuer le bénévolat à cause, justement, de la contradiction entre don et contrainte, engagement désintéressé et obligation imposée. Il serait irréaliste, même aux yeux des partisans les plus résolus de l’obligation universelle, de procéder d’un seul coup à l’extension d’un dispositif contraignant à toute une classe d’âge. » Dix ans plus tard, la problématique reste la même.

Un service obligatoire conforme à la Constitution ?
Le projet de service national universel (SNU) pourrait-il se heurter à un argument de constitutionnalité en raison de son caractère obligatoire ? La question du volontariat ou de l’obligation a déjà été posée par Julien Blanchet et Jean-François Serres, dans un rapport du Conseil économique, social et environnemental sur le service civique publié en 2017. Selon le juriste Guy Carcassonne, cité dans ce rapport (et décédé en 2013), « la Constitution n’autorise le législateur à disposer de la personne ou du bien des citoyens que dans un certain nombre de cas » : la défense nationale, les obligations fiscales et l’instruction obligatoire.
Par conséquent, quelle sera la part relevant de la défense nationale dans le futur SNU ? Ce point n’est pas arbitré par le gouvernement. Le rapport sur le service national commandé par Emmanuel Macron à un groupe de travail sera remis le 30 avril et précisera les modalités techniques, financières et juridiques, a précisé jeudi 15 février Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement.
Selon Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des armées, en charge du service national universel, interrogée jeudi lors d’une rencontre avec la presse, la conformité ou non avec la Constitution « n’a rien de rédhibitoire ». Autrement dit, la Constitution est modifiable, et le SNU se fera.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ En milieu rural et dans les maternelles, la communauté éducative dénonce les fermetures de classes et la hausse des effectifs qui en découle.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤                     
                                                   
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Maternelles et écoles rurales risquent de payer le prix des CP et CE1 à douze élèves

En milieu rural et dans les maternelles, la communauté éducative dénonce les fermetures de classes et la hausse des effectifs qui en découle.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 11h25
    |

                            Mattea Battaglia








                        



                                


                            

Alors que la rentrée 2018 se prépare, une question résonne parmi les profs : où trouver les enseignants pour dédoubler, en plus des CP, une partie des CE1 des écoles de l’éducation prioritaire, comme s’y est engagé, pour septembre, le gouvernement ? « En maternelle », redoute Marion Audrain, professeure des écoles dans le Val-de-Marne. « Il y a dix jours, nous avons appris que dans notre département, 180 classes allaient être fermées, 110 concernent la maternelle. Ce qui ramène nos classes entre 28 et 30 élèves. »
Dans son école d’Alfortville, les trois classes qui resteront ouvertes en septembre – alors que la quatrième devrait fermer – accueilleront même chacune plus de 30 élèves. Ses élèves aussi ont de « réels besoins », défend Marion : 40 % sont hébergés par le Samusocial, 20 % ne parlent pas le français… « Comment découvrir l’école dans ces conditions ? Comment devenir un enfant serein, écouté, épaulé ? Comment être un parent rassuré ? Et comment rester un enseignant bienveillant ? »

Ces questions, les profs se les posent un peu partout, et notamment dans les zones rurales où ils ont un peu le sentiment de « payer le prix des dédoublements ». « Il n’y aura plus de fermeture de classes en école primaire », leur avait assuré Emmanuel Macron, lors de la conférence des territoires au Sénat, en juillet 2017, s’engageant à ce que les communes rurales ne soient pas une variable d’ajustement. A quelques mois d’une rentrée qui s’annonce difficile, les élus LR devaient organiser, vendredi 16 février, une « opération décentralisée » avec des conférences de presse un peu partout sur le territoire.
Les jeux semblent faits
A lire les chiffres que s’échangent les enseignants, au fil des comités techniques réunis, ces jours-ci, dans chaque département, les jeux semblent faits : il est question de 12 postes supprimés dans le Lot (« une ponction en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Les affaires d’agressions sexuelles et de viols sont étouffées par les solidarités partisanes, observe la politologue Vanessa Jérome dans un entretien accordé au « Monde ».
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Violences sexuelles : « Une omerta frappe les partis politiques »

Les affaires d’agressions sexuelles et de viols sont étouffées par les solidarités partisanes, observe la politologue Vanessa Jérome dans un entretien accordé au « Monde ».



Le Monde
 |    16.02.2018 à 10h06
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 11h12
    |

            Sylvia Zappi








                        



                                


                            

Vanessa Jérome est politologue et sociologue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (Labex Tepsis) et travaille sur la socialisation partisane et les questions sexuelles en politique. Ancienne membre des Verts, elle a réalisé une thèse sur le parti. Alors que des responsables politiques ont été mis en cause dans des affaires de violences sexuelles, elle revient sur les raisons pour lesquelles, après le premier élan massif de libération de la parole des femmes, le mouvement #balancetonporc semble marquer le pas.
Vous travaillez sur les mécanismes d’imbrication entre logiques partisanes et logiques sexuelles. Comment expliquez-vous que les dénonciations soient plus difficiles dans les milieux politiques en France ?
Parce qu’on ne change pas les constructions sociales et le patriarcat seulement à coups de hashtag ou de pétition. La France est un pays qui a relativement peu avancé sur la question de l’égalité hommes-femmes et le traitement des violences. Nous avons, en plus, cette particularité nationale qu’on appelle la « séduction à la française », une manière de considérer que la sexualité repose sur une connaissance mutuelle des règles du jeu amoureux et de ses zones grises.

Cette conception de la séduction, qui est à la fois un mythe et une part de notre roman national, était au cœur de l’affaire DSK et perdure aujourd’hui avec la tribune des 100 femmes, notamment signée par Catherine Deneuve. Le problème de ce mythe, c’est qu’il nie l’asymétrie des positions hommes-femmes dans la société et refuse de reconnaître que les rapports de pouvoir sont au cœur des relations sexuelles. A cela s’ajoute le fonctionnement du champ politique qui contribue au silence sur ces questions.
Quelles répercussions ce contexte a-t-il dans le fonctionnement des partis politiques ?
Il faut d’abord se rappeler que les partis sont des opérateurs de carrière et de professionnalisation. Quand, en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le professeur de gestion Xavier Leflaive estime, dans une tribune au « Monde », que le « Pacte » souhaité par le gouvernement offre une opportunité de refondation de l’entreprise.
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« N’ayons pas peur d’un débat collectif sur le partage des risques, de la valeur créée et des rémunérations dans l’entreprise »

Le professeur de gestion Xavier Leflaive estime, dans une tribune au « Monde », que le « Pacte » souhaité par le gouvernement offre une opportunité de refondation de l’entreprise.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 07h00
    |

Xavier Leflaive (Enseignant à l’Ecole du management et de l’innovation de Sciences Po)







                        



                                


                            

Tribune. Il faut saluer l’initiative du président de la République d’avoir lancé un débat sur la réforme de l’entreprise. La méthode choisie par le gouvernement – une forme de co-construction – est en phase avec la nature de l’enjeu, les attentes et les capacités de la société française. Mais si la méthode est bonne, sa mise en œuvre appelle quelques questions.
Pourquoi confier l’animation du débat aux seuls dirigeants ? Les groupes de travail qui ont accouché des propositions sont animés par des parlementaires et des chefs d’entreprise ; et la moitié de ces parlementaires a été formée à HEC ou à l’Essec et a exercé des fonctions de dirigeants ou de conseil auprès de dirigeants.
Deux ambitions
Certes, ce sont des formations et des expériences pertinentes. Mais reconnaissons qu’elles confèrent aussi un point de vue singulier sur l’entreprise. Les suites de la consultation devront rassurer sur le fait que les autres parties concernées par l’entreprise (salariés et non-salariés, demandeurs d’emploi, consommateurs, territoires…) ont un droit équitable à être représentés et à animer la réflexion.
Deuxième question : quel lien avec le modèle de croissance ? Le Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte) combine deux ambitions : faire grandir les entreprises et repenser leur place dans la société. Mais la seconde semble subordonnée à la première : l’entreprise est d’abord abordée comme un agent économique qui doit croître. D’ailleurs, les cinq députés qui animent les groupes de travail appartiennent soit à la Commission des finances, soit à la Commission des affaires économiques. Les Commissions du développement durable ou des affaires sociales ne sont pas impliquées directement.

Le Pacte suppose que la croissance économique passerait par la croissance de la taille des entreprises. Peut-être. Pourtant, les fameux districts industriels italiens ont montré que des territoires se...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ A Paris et à Mulhouse, des classes de cours préparatoire « dédoublées », en zone d’éducation prioritaire renforcée, ont accepté de nous ouvrir leurs portes tout au long de l’année. Deuxième épisode.
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CP à douze élèves : « Je ne peux pas ne pas être fière ! »

A Paris et à Mulhouse, des classes de cours préparatoire « dédoublées », en zone d’éducation prioritaire renforcée, ont accepté de nous ouvrir leurs portes tout au long de l’année. Deuxième épisode.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 10h33
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                            Mattea Battaglia








                        



                                


                            

Dans la classe de CP de Danielle Ruetsch, le tempo, depuis notre première visite en septembre 2017, n’a pas faibli. Avec seulement douze élèves face à elle, l’enseignante de l’école Furstenberger de Mulhouse (Haut-Rhin), classée « REP + » (le noyau dur de l’éducation prioritaire), avait eu l’« intuition », à la rentrée, de journées plus riches, plus pleines.
Le premier trimestre écoulé, ce sentiment, dit-elle, s’est confirmé. « Dans un CP ordinaire, arrivé au cap symbolique de décembre, on se retrouve généralement avec trois quarts d’enfants qui déchiffrent, un quart encore en difficulté. Mais écoutez-les aujourd’hui… »
« La pommade, la racine, une pelote… » La fluidité avec laquelle Prosper, arrivé en CP avec déjà un an d’avance, lit une fiche au reste de la classe est étonnante – « des élèves comme ça, on est fier d’en avoir aussi en éducation prioritaire », s’enorgueillit l’enseignante. Répartis en binômes, les enfants s’exercent à retenir une vingtaine de mots, de difficultés variables, avant de retourner leur fiche à l’envers. Au top départ de Danielle Ruetsch, le doigt sur le chronomètre, ils tentent d’en partager le contenu avec la classe.

« La poupée, la pétanque, l’appétit… » En dix secondes, Zeyneb a parachevé l’exercice. « Bravo ! Lundi dernier, tu avais mis soixante secondes ; tu as réussi six fois plus vite », l’applaudit Danielle. Selma se réjouit de son score de trente-neuf secondes, contre soixante-deux une semaine plus tôt. Un ou deux enfants devinent encore les mots plus qu’ils ne les déchiffrent, mais aucun ne sèche vraiment. « Prenez votre temps », souffle la maîtresse aux plus hésitants.
« A douze, je ne laisse personne de côté »
Un conseil qu’elle peine un peu à s’appliquer à elle-même, reconnaît-elle. Au tableau ce lundi de janvier, Danielle Ruetsch a annoncé la couleur : après une dictée préparée (cinq termes que six des douze enfants orthographient parfaitement),...




                        

                        


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Cédric Villani, la tête curieuse de la Macronie 
                  
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Le Monde
 |
                  16.02.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 10h28


Elu député en juin 2017, le mathématicien est une des plus belles prises d’Emmanuel Macron. Présent sur plusieurs fronts, ce novice en politique s’engage à fond dans sa mission.

Par             Vanessa Schneider





                     
Reconnaissons-le d’emblée, c’était mal parti. A 7 heures du matin, le portable sonne : Cédric Villani est à la gare du Nord, à Paris. Il ne sait plus quel train il doit prendre pour Bruxelles, mais se souvient qu’on doit l’accompagner, ce qui est déjà une information. Il hésite à monter dans le premier Thalys venu, on le conjure de nous attendre, tout va s’arranger.
Sur le quai, on le retrouve en grande conversation avec une dame qui nous embrasse sur les deux joues. Il a remis la main sur son billet et semble plus détendu qu’au téléphone. Il hisse un énorme sac sur son dos, son corps longiligne se courbe sous le poids, il ressemble à une tortue. Le député mathématicien au look dandy gothique trimballe sa maison avec lui. Vêtements de rechange, nécessaire de toilette, bouquins à profusion, câbles électriques en tout genre, ordinateur, clavier d’ordinateur, souris d’ordinateur, coffret de DVD, un capharnaüm à faire exploser la fermeture Eclair. On sent que ce fatras le rassure.

Il se définit en comptant sur ses doigts : « J’ai trois caractéristiques. Un, je suis toujours en retard. Deux, je suis toujours pressé. Trois, je suis toujours chargé. » On demande : « La dame, c’était qui ? », « Aucune idée », répond-il d’une voix douce et chantante. Là-dessus aussi, il a une théorie : « Les matheux ne reconnaissent pas bien les visages. » C’est scientifiquement prouvé, ajoute-t-il. On s’incline. Il est habitué à être interpellé, photographié. A la fin de la journée, il se sera livré à des dizaines de selfies et presque autant d’autographes, avec la patience et le sourire de celui qui ne boude pas sa notoriété.
Un animal politique inattendu
Cédric Villani, 44 ans, a été élu député de la cinquième circonscription de l’Essonne en juin 2017 sous l’étiquette La République en marche (LRM), mais ce n’est pas ce qui attire les foules. D’ailleurs, une fois sur deux, les passants l’abordent d’un « monsieur le ministre ! ».
Il...





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Cédric Villani, la tête curieuse de la Macronie
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Les plans de départs volontaires dans la fonction publique : un effet d’annonce ?

Le gouvernement compte sur ce dispositif, annoncé le 1er février, pour parvenir à son objectif de suppression de 120 000 postes de fonctionnaires d’ici à 2022



Le Monde
 |    16.02.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 11h33
    |

            Benoît Floc'h








                        



                                


                            
L’annonce a fait l’effet d’une bombe. Le 1er février, lors de la présentation par le premier ministre, Edouard Philippe, des premières pistes du gouvernement pour réformer l’Etat, Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, promet « un plan de départs volontaires [PDV] pour ceux qui souhaiteraient partir, conséquence de la réforme de l’Etat ».
Emprunté au lexique du privé, la formule claque. Cependant, son application sera peut-être plus modeste que l’effet produit par l’annonce. Même si le gouvernement compte, entre autres, sur le plan de départs volontaires pour atteindre son objectif de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires d’ici à 2022.
Quelle forme prendra le plan de départs volontaires ? 
La formule « plan de départs volontaires » ne figurait pas dans le dossier de presse du 1er février, et d’aucuns se sont demandés si Gérald Darmanin ne s’était pas un peu emballé. Dans les jours suivants, elle a cependant été reprise par d’autres ministres, mais pour la relativiser.
Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a indiqué que le PDV ne serait « ni automatique ni obligatoire ». Au site d’information Acteurs publics, le 7 février, le secrétaire d’Etat Olivier Dussopt a déclaré : « Je ne dirais pas un plan, mais des plans. Car ceux-ci ne vont pas s’adresser à l’ensemble des quelque 5 millions et demi de fonctionnaires. (…) Dans le cadre d’une transformation ou d’une réorganisation de service, les employeurs sont d’ores et déjà dans l’obligation d’offrir une solution de reclassement. Notre objectif est d’ouvrir une voie supplémentaire de mobilité en proposant un accompagnement au départ volontaire. »
Les PDV devraient donc être un outil à la disposition des employeurs publics qui, en cas de fusion de services, de disparition ou de modification de missions entraînées par la réorganisation de l’Etat, pourront proposer une...




                        

                        

