<FILE-date="2018/02/16/19">

<article-nb="2018/02/16/19-1">
<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Quand cinq gays remontés comme des ressorts débarquent chez des hommes peu préoccupés par leur apparence (sur Netflix à la demande).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

TV – Les « Queer » s’occupent de vous

Notre choix du soir. Quand cinq gays remontés comme des ressorts débarquent chez des hommes peu préoccupés par leur apparence (sur Netflix à la demande).



Le Monde
 |    16.02.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 18h02
    |

            Renaud Machart








                        


Télé-réalité sur Netflix à la demande

Entre 2003 et 2007, « Queer Eye for the Straight Guy » (« regard homo sur l’hétéro »), une émission diffusée par Bravo, avait défrayé la chronique aux Etats-Unis. Connue pour « Inside the Actors Studio »,menée par ­James Lipton,mais aussi pour « Top Chef » ou pour la franchise « The Real Housewives of… », la chaîne câblée avait lâché sur ses écrans un Club des cinq comme sous acide, les « Cinq fabuleux », ou « Fab Five » pour les intimes.
Le principe ? Cinq garçons, évidemment sensibles au goût prétendument parfait, du viril à voix grave jusqu’à la folle gla­pissante, étaient dépêchés au ­domicile d’un homme hétérosexuel peu concerné par son apparence physique, son alimentation et le décor de son intérieur.
On aura vu – notamment dans les quatre DVD de la « Fab Five Collection », publiés par Bravo en 2005 – des cas désespérés se muer en miracles dignes d’un passage à Lourdes et d’une validation papale : en quelques jours, ce relooking extrême rendait méconnaissables les hétéros un peu « beauf » – en général « dénoncés » à la production par leur femme, leur petite amie ou leur mère.
C’était drôlissime, outré et improbable, et le succès de ce programme, dont tout le monde parlait à l’époque, a donné de nombreuses adaptations comme, en France, sur TF1, « Queer, cinq experts dans le vent » (2004). Contrairement aux cinq saisons originales (entre dix et trente épisodes), le médiocre remake français ne tint que huit épisodes.

   


Si l’on pouvait trouver les stéréotypes un peu trop caricaturaux dans la version princeps, son adaptation française rendait les choses d’un ridicule achevé. En gros, les malheureux hétéros se retrouvaient habillés de rose dans des appartements remplis de coussins à plumes et à poils longs.
Netflix a décidé de reprendre le programme et a commandé cinq nouveaux épisodes. Dans ce qui s’appelle désormais « Queer Eye », les cinq experts sont nouveaux, ethniquement plus divers – ainsi que les cobayes qu’ils relookent (parmi lesquels un garçon d’origine indienne et deux Afro-Américains).
Drôlerie hystérique
La grande nouveauté, qui explique le titre abrégé, est qu’on y trouve cette fois un garçon afro-américain gay mais qui fait tout pour ne pas le paraître. L’épisode est le plus émouvant des cinq car on le voit révéler enfin à ses proches quelle est sa vie intime. Certes, « Queer Eye » est de la télé-réalité, mais les larmes sont trop fortes pour qu’on puisse les imaginer contrefaites.
Le premier candidat, un cow-boy rougeaud sexagénaire en short, a en apparence tout du cas désespéré, mais il accepte avec bonhomie de se faire entièrement relooker par, notamment, une folle furieuse aux cheveux très longs qui passe son temps à rejouer face caméra la publicité « Parce que je le vaux bien » d’une célèbre marque de cosmétiques.
On peut imaginer qu’on ait demandé à ces nouveaux « Fab Five » de pousser le bouchon aussi loin que possible dans l’autodérision. Et il est probable qu’on ait fortement recommandé aux candidats de ne rien ranger et de ne rien nettoyer chez eux pendant les trois mois ayant précédé le tournage.
On doute que tous les cow-boys, policiers et piliers d’église – tels ceux qu’on découvre dans cette nouvelle série – de l’Amérique profonde d’aujourd’hui accueilleraient toujours aussi gentiment une bande d’excités qui se donnent du « Ma fille ! » en permanence. Mais, en l’état, « Queer Eye » aura retrouvé la drôlerie hystérique de ses débuts – avec un peu plus d’émotion à la clé.
« Queer Eye », sur Netflix (EU, 2018, 8 × 45 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/16/19-2">
<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Le jeune Français, formé à l’Ecole nationale de l’humour de Montréal, fait ses premiers pas à Paris, sur le plateau de La Nouvelle Seine.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ 
<article-nb="2018/02/16/19-3">
<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ A voir aussi ce soir. La sombre errance de deux hommes filmée, en 1973, par un cinéaste mal-aimé (sur TCM Cinéma à 22 h 40).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

TV – « L’Epouvantail » : réminiscence d’une Amérique dépressive

A voir aussi ce soir. La sombre errance de deux hommes filmée, en 1973, par un cinéaste mal-aimé (sur TCM Cinéma à 22 h 40).



Le Monde
 |    16.02.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 18h00
    |

            Samuel Blumenfeld








                        


Film sur TCM Cinéma à 22 h 40

Quarante-cinq ans après sa sortie, en 1973, L’Epouvantail possède toujours la même force et malmène toujours autant le spectateur. Si l’épouvantail est bien celui qui obsède les rêves du personnage interprété par Al Pacino, on pourra parler d’un mouvement de malaise généralisé dans ce film qui n’hésite pas à suivre une ligne de plus en plus dramatique et à aller jusqu’au bout de son sujet en montrant un homme dépressif gagné par la folie. L’Epouvantail est donc la réminiscence d’un âge d’or du cinéma américain qui, au début des années 1970, n’hésitait pas à faire ses films contre le public.
L’Epouvantail avait été très mal accueilli à sa sortie, comme les films précédents de Jerry Schatzberg, Portrait d’une enfant déchue et ­Panique à Needle Park, tout aussi remarquables. La critique amé­ricaine avait cru y voir les tics du photographe de mode qu’était par ailleurs Schatzberg : dans L’Epou­van­tail, la magnifique photo de l’opérateur Vilmos ­Zsigmond s’accorde pourtant totalement à une très sobre mise en scène. Comme dans beaucoup de films, le fonctionnement de L’Epouvantail est inscrit dans sa première scène, très énigmatique.
Fuite de sa paternité
Deux hommes, Max (Gene Hackman, dans l’une de ses meilleures compositions) et Lion (Al Pacino) se trouvent au bord d’une route faisant de l’auto-stop. Lion regarde Max avec insistance, et finit par faire route avec lui, sans raison apparente. Max vient de purger une peine de six ans de prison pour une bagarre. Lion a passé cinq ans dans la marine, où il s’était engagé pour fuir sa future paternité. Il cherche maintenant à revoir son enfant.

   


L’Epouvantail peut être rattaché à une tradition littéraire américaine qui remonte au Tom Sawyer de Mark Twain ou, plus récemment, à Des souris et des hommes, de John Steinbeck (un couple ­central masculin basé sur une dichotomie faible/fort, grand/petit). L’errance mise ici en scène, comme celle des films de Wenders, n’a toutefois pas de but, et tous les endroits traversés par Pacino et Hackman n’ont qu’une fonction secondaire. Leur parcours se détache progressivement d’un espace dans lequel ils tournent de plus en plus en rond, pour prendre un tour métaphysique.
L’Epouvantail, de Jerry Schatzberg. Avec Al Pacino, Gene Hackman, Richard Lynch (EU, 1973, 104 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/16/19-4">
<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ En soixante œuvres, le Musée Marmottan Monet prouve que le portraitiste et peintre de nus est aussi important que le paysagiste.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Exposition : Corot, peintre du vivant

En soixante œuvres, le Musée Marmottan Monet prouve que le portraitiste et peintre de nus est aussi important que le paysagiste.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 17h15
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875) se laissait aller parfois à un procédé curieux : il écrivait directement dans la peinture, avec un crayon ou l’extrémité du manche de sa brosse, un nom, un lieu, une date. « Février 1826 » en bas du portrait d’un vieil homme assis sur une malle, dont le titre précise que celle-ci appartient au peintre ; ou « Marietta – à Rome » au-dessus du nu de la jeune femme, en 1843. Sa signature, tout en lettres capitales, est aussi nettement lisible. Ces œuvres sont des huiles sur papier, montées sur toile, ce qui n’est pas tout à fait un détail : l’artiste ne s’engage pas dans l’exécution d’une composition préalablement réfléchie, mais répond aux sollicitations de l’instant, en peignant sur un support léger et peu coûteux.
On l’imagine ainsi, dans l’atelier, l’œil attiré par tel ou tel élément. Il regarde un vieillard aux habits, chapeau et canne de berger d’Ombrie ou de Toscane, assis sur une malle dans un intérieur, situation incongrue d’un modèle rustique que l’on s’attendrait à voir en plein air. Le peintre semble surtout intéressé par la ligne de lumière le long du gilet. Il la saisit avec un mince liseré de blanc pur. Ou il regarde Marietta nue, allongée sur un drap blanc, de dos, se tournant vers la droite, les bras derrière la tête. Le mouvement fait saillir son sein gauche. Mais Corot semble plus intéressé par la longue courbe continue que tracent sa cuisse et sa jambe gauches, de l’attache de la hanche à l’extrémité du pied. Cette ligne est reprise au crayon, afin qu’elle soit plus visible. Un peintre soucieux des règles ne ferait pas cela : ni reprendre au crayon ni écrire le prénom du modèle. Il achèverait la figure du vieillard et ne se contenterait pas de vagues badigeons de gris pour les murs et la fenêtre. Il compléterait le bras droit de Marietta et finirait ses mains. C’est ainsi que font ses contemporains, dont Ingres et ses minutieux élèves. Corot, non. Il peint ce qui retient son attention.

Qu’il...




                        

                        


<article-nb="2018/02/16/19-5">
<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ La révélation de donations versées de son vivant à ses premiers enfants, Laura et David, ne change rien à la bataille juridique autour du testament du chanteur. « Le Monde » fait le point.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Cinq questions sur l’héritage de Johnny Hallyday

La révélation de donations versées de son vivant à ses premiers enfants, Laura et David, ne change rien à la bataille juridique autour du testament du chanteur. « Le Monde » fait le point.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 17h15
    |

                            Le Monde.fr








                        



   


La bataille pour l’héritage de Johnny Hallyday, dont le testament est contesté par ses deux aînés, a connu un rebondissement, jeudi 15 février. Selon des documents présentés par RTL et Le Point comme le dernier testament de la star, rédigé en anglais en juillet 2014 à Los Angeles, devant notaire, le chanteur avait délibérément écarté ses deux premiers enfants, Laura et David, car il leur avait fait des donations de son vivant.
« La vérité des montages juridiques et la vérité des chiffres seront bientôt établies par la justice », a réagi Laura Smet, vendredi 16 février, dans un communiqué.
Le Monde fait le point sur les questions que soulève l’héritage du rockeur.
A combien s’élève le patrimoine de Johnny Hallyday ? 
Il représenterait plusieurs dizaines de millions d’euros.
Côté immobilier, Johnny Hallyday était propriétaire, entre autres, de deux luxueuses maisons de 500 m2 environ avec piscine, l’une à Los Angeles (Californie) et l’autre à Saint-Barthélemy, île des Antilles françaises, où il est enterré. Ces deux villas sont estimées chacune entre 10 et 15 millions d’euros, selon plusieurs médias. En France, sa propriété de Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine), une villa cossue entourée d’un parc, est en vente autour de 15 millions d’euros.
Johnny Hallyday possédait également une Bentley Continental d’une valeur de quelque 350 000 euros, et de grosses cylindrées.
Le patrimoine musical du chanteur, lui, comprend plus d’un millier de chansons, commercialisées essentiellement en France et quelques pays francophones. Cela représente donc une cinquantaine de millions d’euros de redevances à percevoir sur la durée de protection des droits de chanteur-interprète.
Peut-il priver ses enfants d’héritage ?
Ce n’est pas possible en France, où « la loi prévoit que certains héritiers doivent obligatoirement recevoir une part », selon la chambre des notaires d’Ile-de-France. Cette « réserve héréditaire » revient automatiquement aux héritiers désignés par la loi, principalement les descendants.

        Lire aussi :
         

                Johnny, encore plus Américain mort que vif



Il en va différemment aux Etats-Unis, où la succession est réglée par les Etats. La plupart d’entre eux ont instauré des protections des conjoints, mais pas des enfants. La loi californienne dispose ainsi que « quiconque peut déshériter quiconque, y compris ses enfants », explique Beti Tsai Bergman, avocate de l’agglomération de Los Angeles spécialisée dans les successions.
C’est pourquoi Laura Smet a « découvert avec stupéfaction et douleur » que « l’ensemble du patrimoine [de son père] et l’ensemble de ses droits d’artiste seraient exclusivement transmis à sa seule épouse Laeticia par l’effet de la loi californienne », comme l’ont indiqué ses avocats.
Que change la découverte des donations faites à David et Laura par Johnny Hallyday de son vivant ?
Selon les documents présentés par RTL comme les donations faites par la star à ses deux enfants aînés, Laura Smet a reçu 442 000 euros en décembre 2003 puis 450 000 euros en février 2007. RTL et Le Point affirment que ces sommes ont aidé la jeune femme à acheter deux appartements à Paris. En outre, Laura Smet a perçu une rente de quelque 5 000 euros mensuels depuis 2004, selon eux.
David Hallyday a quant à lui reçu, en mars 2002, la moitié d’une luxueuse villa du XVIe arrondissement de Paris, qui appartenait à ses parents, Johnny et Sylvie Vartan. Selon Le Point, cette résidence « serait aujourd’hui estimée à près de 20 millions d’euros ».
« Sur le plan médiatique, la révélation de ces donations change la perception du conflit, car les enfants ne peuvent plus dire qu’ils ont été privés de tout héritage, estime Barbara Thomas-David, notaire à Paris. Mais juridiquement parlant, cela ne change rien. » L’enjeu reste le même, à savoir si c’est le droit français ou le droit californien qui s’applique.
Si c’est le droit français, « il faudra refaire les comptes et tout remettre au pot commun : les donations et l’ensemble du patrimoine du chanteur. Les enfants auront alors leur part, moins les donations reçues du vivant de leur père, et Laeticia aura le reste », poursuit la notaire.
« La réserve héréditaire revenant aux enfants de Johnny Hallyday en droit français représenterait 18,75 % [les trois quarts de l’héritage divisé par les quatre enfants] », calcule-t-elle. Or, selon les évaluations du patrimoine du chanteur, les donations reçues par Laura Smet représenteraient entre 1 % et 3 % de celui-ci. « C’est loin de sa réserve », constate la notaire.
Entre la loi française et la loi californienne, laquelle s’applique ?
Un procès le déterminera. La bataille juridique s’annonce longue : « Cela prendra entre cinq et huit ans », selon l’experte juridique.
Depuis 2015, la réglementation européenne prévoit qu’une personne peut choisir, dans son testament, la législation applicable à son cas. Si le défunt n’explicite pas le pays souhaité, c’est sa dernière résidence habituelle qui s’impose.
Ce qui sera déterminant, c’est de voir si son installation en Californie avec sa femme et ses deux petites filles, dans le courant des années 2000, était « ancienne et durable ». « S’il est prouvé que 80 % de leur centre d’intérêt familial et social était en Californie, ce sera la loi californienne qui s’appliquera, explique Barbara Thomas-David. Mais si la famille passait son temps entre Saint-Barthélemy et Marnes-la-Coquette, ce sera sans doute le droit français. » Selon elle, les premiers éléments font plutôt pencher la balance en faveur du droit californien, car « les époux passaient apparemment beaucoup de temps en Californie ».

        Lire aussi :
         

                Succession de Johnny : Laeticia Hallyday « écœurée » par la contestation de Laura Smet



Dans le cas du compositeur de films Maurice Jarre, dont la bataille autour de l’héritage était similaire, la Cour de cassation a jugé que la loi française n’avait pas à s’imposer face à la loi californienne, parce que Maurice Jarre avait construit sa vie en Californie depuis longtemps, et parce que les enfants qui réclamaient leur part de l’héritage n’étaient pas « dans une situation de précarité économique ou de besoin ».
Qui va gérer son image et ses droits d’auteur ?
Si c’est la loi californienne qui s’applique, Laeticia Hallyday gérera tout, car elle est la légataire universelle.
Chaque œuvre est protégée pour une durée de 70 ans après sa commercialisation, les droits étant versés aux héritiers désignés. Ces droits peuvent générer en moyenne entre 1 et 2 millions d’euros par an, selon un ancien collaborateur du chanteur.
Actuellement, les trois sociétés chargées de la gestion des droits d’auteur de Johnny Hallyday et de son image d’artiste – Artistes et Promotion, Pimiento Music et Mamour – sont gérées par Elyette Boudou, grand-mère de Laeticia Hallyday.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/16/19-6">
<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Chantier culturel à ciel ouvert, la ville camarguaise fait de plus en plus concurrence à la Cité des papes, qui peine à diversifier son offre.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Arles et Avignon en  lutte pour la lumière

Chantier culturel à ciel ouvert, la ville camarguaise fait de plus en plus concurrence à la Cité des papes, qui peine à diversifier son offre.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 16h33
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 17h28
    |

            Laurent Carpentier (Arles et Avignon, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Et si Arles était en train de voler la vedette à Avignon ? Comment ? Avignon, l’une des « marques » françaises les plus connues au monde – avec le champagne, le bordeaux et Cannes ? La question trouble, fait hausser les épaules. Et pourtant…
Face à face : Avignon (Vaucluse), Cité des papes, pont légendaire et remparts enserrant une ville bourgeoise et un festival qu’on ne présente plus. Et Arles (Bouches-du-Rhône), cité ouvrière – ateliers ferro­viaires, usine à riz Lustucru, Papeteries Etienne – et des moustiques gros comme des bombardiers… Oui, sauf que ça, c’était il y a trente ans. Exit les ateliers, l’usine et les papeteries, en 2018, Arles, ce sont les éditions Actes Sud, les Rencontres photographiques internationales, la Fondation Van Gogh… et bien sûr l’impressionnante Fondation Luma, de Maja Hoffmann.

Car Arles est aujourd’hui un chantier culturel à ciel ouvert qui commence à faire de l’ombre à sa sœur rivale du nord de la Durance. Que l’artiste coréen Lee Ufan ait renoncé à New York pour installer son fonds ici, et que Roger Ballen, célèbre photographe américain vivant à Johannesburg (Afrique du Sud), dont la fondation défend la photographie du continent africain, veuille y poser son ambassade européenne, est symptomatique. D’autant que, pour couronner le tout, on annonce également pour 2019 une nouvelle gare TGV entre Nîmes et Arles. Pas étonnant que le New York Times ait d’ores et déjà placé la ville de Camargue dans les « 52 places to go in 2018 », sa sélection annuelle des lieux à visiter dans le monde.

Désormais, c’est Arles la branchée. Une invasion de trentenaires et d’artistes qui y font exploser le prix du mètre carré, et la cohorte de people qui l’accompagne – les acteurs Edouard Baer et Virginie Efira, comme le danseur Benjamin Millepied, installé en résidence pour trois ans à la Fondation Luma… « On a l’impression qu’il s’ouvre ici une galerie d’art toutes les semaines. Je...




                        

                        


<article-nb="2018/02/16/19-7">
<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ L’œuvre de l’artiste, installé à Paris depuis les années 1970, sera exposée à Arles.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le Coréen Lee Ufan aura sa fondation en Camargue

L’œuvre de l’artiste, installé à Paris depuis les années 1970, sera exposée à Arles.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 16h32
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 16h34
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

Le 2 mars, la Lee Ufan Foundation devrait se porter acquéreuse de l’hôtel Vernon, aussi appelé « Maison Dervieux », puissante et austère bâtisse du XVIIe siècle située dans les vieux quartiers d’Arles, à mi-chemin entre arènes et place du Forum. L’artiste, né en Corée en 1936, qui vit le plus souvent au Japon – mais il conserve un atelier à Paris et y fait des séjours réguliers –, est aujourd’hui l’un de ceux dont les peintures et les installations sculpturales sont le plus recherchées par les collectionneurs et les musées.

En 2011, le Guggenheim Museum de New York lui consacrait une rétrospective, « Making Infinity ». Cela faisait longtemps déjà qu’il était inscrit dans l’histoire, comme fondateur et théoricien du mouvement Mono-Ha en 1969, avant-garde qui se situait au point de rencontre de l’abstraction et de la philosophie.

En 2010, un premier musée à son nom a été inauguré sur l’île ­japonaise de Naoshima, qui accueille, avec l’île voisine de Teshima, de très nombreuses œuvres contemporaines. L’architecte en est Tadao Ando, qui sera aussi celui de la fondation ­arlésienne. Mais pourquoi un deuxième lieu, en France ? « J’aurais voulu m’installer aux Etats-Unis, dans les années 1960, déclare Lee Ufan, mais comme le hasard a fait que je suis à Paris depuis les années 1970, mes œuvres et réflexions ont été influencées par l’art classique, notamment par le Musée du Louvre. Cela m’a persuadé de m’installer en France. » Et pourquoi Arles ? « J’ai connu la ville grâce à Actes Sud lors de la publication de mon livre Monographie, et cette ville romaine pleine d’histoire m’a permis de renouveler mes pensées », répond-il.
En 2012 en effet, les éditions Actes Sud lui proposent de consacrer à son œuvre une monographie, la première en français. Ce projet le fait venir plusieurs fois à Arles et en entraîne un autre, l’exposition « Dissonance », dans la chapelle Saint-Laurent­-Le...




                        

                        


<article-nb="2018/02/16/19-8">
<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le pianiste enregistre une anthologie du répertoire pour la main gauche dont le prochain volume paraîtra en mars.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Maxime Zecchini, un clavier pour la main gauche

Le pianiste enregistre une anthologie du répertoire pour la main gauche dont le prochain volume paraîtra en mars.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 16h03
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



   


A deux stations de métro de la Philharmonie de Paris, qui accueillait jeudi 15 février la grande Elisabeth Leonskaja, un autre récital de piano suscitait la curiosité : le pianiste français Maxime Zecchini, spécialiste du répertoire pour la main gauche, se produisait dans l’immense salle des fêtes de la mairie du 19e arrondissement de Paris dans un programme intitulé « Hommage au Centenaire de la Grande Guerre » organisé par le festival Concerts d’hiver.
Le Steinway est accolé contre la petite scène qui sert de podium aux discours et cérémonies municipales, le public installé sur de simples chaises en plastique, mais le concert est gratuit dans la limite des places disponibles, tout comme les treize autres soirées du festival qui se tient jusqu’au 18 février. Maxime Zecchini n’a pas été victime comme Leon Fleisher, Gary Graffman ou Michel Béroff, d’une quelconque blessure ou de cette fameuse dystonie, trouble neurologique moteur caractérisé par une déficience du tonus musculaire, qui peut faire des ravages chez les pianistes.
Le jeune pianiste a toujours joui d’une puissance singulière de sa main gauche
Le jeune homme a toujours au contraire joui d’une puissance singulière de sa main gauche. Lui parle de cet engouement qui lui est venu alors qu’il travaillait le Concerto pour la main gauche, de Ravel, sans conteste la plus connue des quelques 600 œuvres pour la main gauche que comporte le répertoire, qu’elles soient transcriptions ou compositions originales.
Ainsi le Prélude et Nocturne pour la main gauche op. 9 écrit par Scriabine alors qu’il s’était blessé à la main droite par excès de travail, suivi de l’impressionnante et virtuose Fantaisie en la bémol majeur extraite des Trois grandes études pour les deux mains séparées et réunies op.76 d’Alkan, surnommé le « Berlioz du piano », qui comporte aussi une pièce pour la main droite seule. Entre chaque morceau, le jeune homme s’adresse au public, donne des éléments d’explication, comme pour les nombreuses transcriptions d’opéra au XIXe siècle qui diffusaient à très moindre frais les airs à succès en province. C’est le cas du « Miserere », de Verdi, extrait du Trouvère, ou de « Casta Diva » de La Norma, de Bellini, après la Méditation de Thaïs, de Massenet, que l’absence de violon rend moins élégiaque mais plus sombre et dramatique.
Soldat des temps modernes
Le pouce et l’index pour la mélodie, les trois autres pour l’accompagnement (sauts, arpèges, tremolos, battements, notes répétées) ainsi qu’un usage particulier de la pédale qui permet de garder des résonances en prenant garde de ne pas brouiller la clarté polyphonique, telles sont les règles de base pour le supra pianiste « gaucher ». Sans oublier aussi un goût du challenge bien dans l’esprit de ces virtuoses avides de dépasser les limites de l’instrument ou les vicissitudes de la guerre : mise en abyme culottée, Maxime Zecchini a proposé pour finir une transcription pour la seule main gauche du Concerto que Ravel composa à la requête du pianiste autrichien (naturalisé américain), Paul Wittgenstein, qui avait perdu son bras droit sur le front russe au cours de la première guerre mondiale et désirait néanmoins poursuivre sa carrière.
Après avoir relaté la brouille entre l’interprète et le compositeur, qui quitta Vienne précipitamment à la suite d’une création désastreuse en novembre 1931 – le commanditaire, jugeant l’œuvre injouable, l’avait arrangée dans une version pour deux pianos –, Maxime Zecchini a donné du chef-d’œuvre ravélien une lecture impressionnante tant sur le plan purement pianistique que de l’expression musicale. Soldat des temps modernes à sa façon, Maxime Zecchini sortira début mars chez Ad Vitam Records le septième des dix volumes de l’anthologie qu’il consacre au répertoire pour la main gauche, un projet soutenu par la Mission du centenaire 14-18. Au programme cette fois, des compositeurs de musique contemporaine, Nicolas Bacri, Richard Dubugnon, Alain Louvier, Maurice Ohana et Bruno Mantovani.

Concerts d’hiver. Salle des fêtes de la mairie du 19e arrondissement, 5-7, place Armand Carrel, Paris 19e. Jusqu’au 18 février. Tél. : 01-44-52-28-90. Entrée libre dans la limite des places disponibles. mairie19.paris.fr
Disque à paraître le 6 mars : septième volume de l’anthologie du répertoire pour la main gauche en dix volumes chez Ad Vitam Records/Harmonia Mundi. maximezecchini.fr/enregistrements.php



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/16/19-9">
<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ La peintre allemande est invitée à Rome avec la plasticienne italienne Tatiana Trouvé.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Katharina Grosse ressuscite les pins parasols de la Villa Médicis

La peintre allemande est invitée à Rome avec la plasticienne italienne Tatiana Trouvé.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 15h58
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 16h13
    |

                            Emmanuelle Lequeux (Rome)








                        



                                


                            

Les pins parasols de la Villa Médicis, c’était comme une signature dans le ciel de Rome. S’élançant de la colline de la Trinité-des-Monts, ils faisaient partie de l’ADN de l’institution, enclave française en Italie. Mais voilà, un jour, il a fallu se résoudre à abattre ceux qui étaient malades et menaçaient de contaminer le parc. « Pour les Romains, c’était un peu comme si on leur arrachait le cœur », confie Chiara Parisi, chargée de la programmation artistique à la Villa, sous la direction de Muriel Mayette.

Les artistes peuvent-ils réparer ce genre de blessure ? La Franco-Romaine en est convaincue. Mais elle a tout de même été épatée par la proposition de Katharina Grosse, qu’elle avait invitée en duo avec la plasticienne italienne Tatiana Trouvé : la peintre allemande, experte en débordements en tout genre, s’est emparée des souches des pins arrachés, elle les a aspergées de peinture, avant de les traîner jusqu’aux salles d’exposition. Elles y sont désormais disposées en une sorte de bûcher joyeux, enflammées de pigments.
Etre dans la peinture, plutôt que devant : voilà l’expérience que propose la plasticienne, réputée pour ses interventions colossales et qui joue souvent à l’échelle de la ville plutôt que du chevalet. Etre sur la peinture, plutôt que devant : un escalier recouvert d’un tissu polychrome y invite, aussi pétulant que casse-gueule. Pluie de pourpre, vagues carmin, plis et replis émeraude, cette toile convoque le corps tout entier et mène vers les œuvres de sa complice Tatiana Trouvé. « Nos deux univers sont formellement très éloignés, mais nous partageons beaucoup d’affinités, et une vraie amitié », résume l’artiste, qui s’était faite discrète depuis sa somptueuse rétrospective au Mamco de Genève, en 2014.
Avec le feu de la peinture
Quand Grosse couvre de couleurs, Trouvé compose en transparences ; quand la première joue avec le feu de la peinture, la seconde manipule fer, verre, et imaginaire...




                        

                        


<article-nb="2018/02/16/19-10">
<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ L’une des mesures du rapport du Haut Conseil à l’égalité, remis vendredi 16 février à Françoise Nyssen, vise à flécher les financements publics ainsi qu’à créer des bonus et malus.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Vingt recommandations pour l’égalité femmes-hommes dans la culture

L’une des mesures du rapport du Haut Conseil à l’égalité, remis vendredi 16 février à Françoise Nyssen, vise à flécher les financements publics ainsi qu’à créer des bonus et malus.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 15h35
    |

            Clarisse Fabre








                        



   


Mercredi 7 février, la ministre de la culture, Françoise Nyssen, annonçait la mise en place de mesures contraignantes en vue d’atteindre la parité femmes-hommes dans le monde de la culture, où les postes et les moyens financiers sont très inégalement répartis. Françoise Nyssen s’est même dit prête à envisager un malus pour les lieux qui ne respecteraient pas les objectifs annuels de progression qu’elle a fixés (Le Monde daté vendredi 9 février).

        Lire le compte-rendu :
         

          Quotas, malus, budget, le plan de Françoise Nyssen pour l’égalité femmes-hommes



Ces annonces ministérielles ont été puisées dans un rapport du Haut Conseil à l’égalité (HCE) entre les femmes et les hommes. Intitulé Inégalités entre les femmes et les hommes dans les arts et la culture. Acte II : après dix ans de constat, le temps de l’action, ce document de 135 pages a été remis à la ministre de la culture, vendredi 16 février en fin de matinée.
Le HCE s’est auto-saisi pour rédiger ce rapport – selon les codes de l’écriture incluvise – et les deux rapporteur.e.s, Anne Grumet et Stéphane Frimat, ont commencé leurs travaux en mars 2017. Cela fait maintenant des années que les militant.e.s féministes pointent les inégalités. Tout le monde ou presque se dit d’accord, mais concrètement la situation n’évolue guère. « Il faut changer d’échelle, de paradigme. Il faut une volonté de fer et de faire, j’insiste sur les deux mots, pour avancer. C’est au niveau de l’argent qu’il faut agir. Car les femmes manquent précisément de moyens financiers ainsi que de réseaux », déclare au Monde Anne Grumet.
« Une juste allocation des financements publics »
Les auteurs du rapport formulent une vingtaine de propositions, selon deux axes. D’une part, il faut « tendre à une juste allocation des financements publics ». Aujourd’hui, les moyens dédiés à la culture représentent 20 milliards d’euros, si l’on additionne le budget de l’Etat et l’engagement des collectivités locales. « L’Etat et les élus ont donc une responsabilité à l’égard des concitoyens, afin que cet argent soit ditribué équitablement entre les femmes et les hommes. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui », pointe Anne Grumet.
L’une des mesures-phares consiste à fixer des « taux de progression annuels » pour favoriser la visibilité des femmes dans les lieux culturels, et dans les programmations. Cette proposition a été reprise par Françoise Nyssen. Deux seuils sont prévus : un taux de progression de 10 % par an dans les lieux « lorsqu’un déséquilibre fort apparaît », un taux de progression de 5 % par an dans les autres cas. Un « bonus » serait prévu pour les lieux qui respectent ces objectifs chiffrés, mais en revanche un « malus », soit une baisse de subventions, serait appliqué aux mauvais élèves.
Les auteurs du rapport souhaitent la création d’un « premier musée national des femmes, ou de l’histoire des femmes »
« C’est le concept de l’éga-conditionnalité. Il faut conditionner les fonds publics de l’Etat et des collectivités à la réalisation d’avancées concrètes sur le terrain de l’égalité femmes-hommes », ajoute la co-autrice du rapport. Les quotas ne sont pas nouveaux, rappelle-t-elle : « On sait aujourd’hui qu’au XVIIe siècle, l’Académie des beaux-arts était remplie de femmes artistes. Des quotas ont été alors instaurés pour faire de la place aux hommes ». C’est dire que les quotas peuvent être efficaces !  « Mais aujourd’hui, il ne s’agit évidemment pas d’évincer les hommes, juste d’avoir un paysage équilibré et représentatif de la création », prend soin de préciser Anne Grumet.
Il faut aussi rendre visible l’apport des femmes à l’histoire de l’art. Les auteurs souhaitent la création d’un « premier musée national des femmes, ou de l’histoire des femmes ». lls demandent que la prochaine journée du patrimoine, en septembre 2018, soit dédiée justement au « matrimoine » en matière d’architecture, d’urbanisme, de textes littéraires, etc. « Il faut quand même savoir que dans les programmes de baccalauréat littéraire, aucune femme n’est à l’étude. C’est seulement cette année, en 2018, que l’on voit apparaître une autrice, en la personne de Mme Lafayette », s’étonne Anne Grumet.
« Transformer le terreau des inégalités »
Le deuxième axe du rapport vise « transformer le terreau des inégalités ». Le terrain est sensible. « Au cours des auditions, bien avant que n’éclate l’affaire Weinstein, nous avons reçu des témoignages de violences sexistes et sexuelles dans les lieux culturels. Pour autant, la parole des professionnelles de la culture et des artistes femmes se libère peu », déclare au Monde Anne Grumet. Outre l’élaboration d’une charte dans les écoles d’art, il faut « former et sensibiliser les professionnels » à la lutte contre ces violences, et « diffuser largement le numéro d’écoute national (3919) au sein des établissements culturels subventionnés par l’Etat afin de faciliter la révélation des violences ». 
Plus largement, il faut lutter contre les stéréotypes. « Que ce soit au théâtre, au cinéma, dans les productions télévisuelles, dans la bande dessinée ou encore dans les jeux vidéo, l’image véhiculée des femmes est souvent stéréotypée : elles sont soit jeunes, belles et sans ambition, soit ridicules ou acariâtres voire méchantes, soit hypersexualisées, notamment dans certains jeux vidéo », lit-on dans le rapport. « Les femmes sont en outre moins représentées : les rôles manquent en particulier pour les comédiennes de plus de 50 ans dans les productions cinématographiques, théâtrales ou télévisuelles, en décalage avec la réalité sociétale ». 
Enfin, dernière recommandation : « Il faut faciliter la prise en charge des enfants dans un secteur culturel aux horaires souvent atypiques et peu prévisibles », estiment les auteurs du rapport. Une aide est déjà prévue pour les intermittentes du spectacle, et l’idée serait de l’étendre à toutes les femmes travaillant dans le secteur culturel.
L’intégralité du rapport du Haut Conseil à l’égalité est disponible (en format PDF) sur le site Internet du HCE : haut-conseil-egalite.gouv.fr/IMG/pdf/hce_rapport_inegalites_dans_les_arts_et_la_culture_20180216_vlight.pdf



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/16/19-11">
<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Un individu armé d’un couteau a menacé la soliste, révélation des Victoires de la musique classique en 2003, et a emporté son téléphone et son violoncelle, jeudi soir.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

La violoncelliste Ophélie Gaillard dépouillée de son instrument, estimé à plus d’un million d’euros

Un individu armé d’un couteau a menacé la soliste, révélation des Victoires de la musique classique en 2003, et a emporté son téléphone et son violoncelle, jeudi soir.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 17h38
   





                        



   


La soliste Ophélie Gaillard a porté plainte, vendredi 16 février, pour le vol en région parisienne de son violoncelle du XVIIIe siècle, estimé à près de 1,3 million d’euros.
Ophélie Gaillard a déclaré qu’un individu armé d’un couteau l’avait menacée la veille au soir à la sortie de son domicile de Pantin (Seine-Saint-Denis), pour qu’elle lui remette son téléphone portable et l’étui contenant le violoncelle, avant de prendre la fuite à pied.
« À L’AIDE !!! On m’a volé ce soir mon violoncelle (…) et mon archet personnel Jean-Marie Persoit, fait vers 1825 à Paris », a écrit la musicienne dans un message sur sa page Facebook, accompagné de photos de l’instrument.
Un instrument fabriqué en 1737
La banque CIC avait prêté à Ophélie Gaillard ce violoncelle fabriqué en 1737, à Udine, en Italie, par le luthier italien Francesco Goffriller, il y a une quinzaine d’années. Son caractère presque unique explique sa valeur impressionnante.

        Lire aussi :
         

                Le code des luthiers décrypté



C’est spécialement pour Ophélie Gaillard que la banque CIC avait réalisé sa première acquisition d’instrument. C’est une forme de mécénat culturel permettant aux virtuoses de la musique classique de se faire prêter des pièces rares qui peuvent valoir plusieurs millions d’euros.
« C’était devenu essentiel pour moi : quand on travaille avec de grands orchestres, il est important de pouvoir jouer un instrument offrant de belles qualités de son et de puissance », avait témoigné Ophélie Gaillard auprès de l’AFP en 2006.
Elle avait ajouté que ce genre d’instrument était fait pour être utilisé :
« Mon violoncelle, qui n’avait pas été joué depuis des années, s’est bonifié en quelques mois. Reléguer ces instruments dans les placards des collectionneurs est contraire à leur nature. »
Une « commande » ?
Des prix comme celui de ce violoncelle sont monnaie courante dans le monde des instruments de musique anciens : en 2014, lors d’une vente par la maison Sotheby’s, un alto stradivarius datant de 1719 avait été estimé à plus de 45 millions de dollars. Il n’avait cependant pas trouvé preneur.
La brigade de répression du banditisme a été saisie, et les enquêteurs cherchent à déterminer s’il pouvait s’agir d’une « commande », selon une source proche de l’enquête. « Ce n’est pas un instrument qui se vend chez le receleur du coin. Il faut forcément un circuit spécial », selon cette source.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/16/19-12">
<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Chaque semaine, le supplément du « Monde », « L’Epoque », paie son coup. Le chanteur, rencontré devant une grenadine dans un bar vide, lance son premier album et une tournée déjà complète.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                
                                       
édition abonné


Un apéro avec Eddy de Pretto : « Sur scène, je mets mon costume de monstre »


                      Chaque semaine, le supplément du « Monde », « L’Epoque », paie son coup. Le chanteur, rencontré devant une grenadine dans un bar vide, lance son premier album et une tournée déjà complète.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 15h25
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 16h02
    |

                            Zineb Dryef








                              

                        

Eddy de Pretto hésite entre un Perrier et une bière. Il regarde l’heure : 13 h 15. Va pour la bière. Mais il n’y a personne pour faire le service et les fûts, comme les réfrigérateurs, sont vides – c’est le gros inconvénient des bars déserts – on avait d’abord convenu d’un rendez-vous un soir dans un bar du 18e arrondissement. Mais depuis qu’il a concouru dans la catégorie « Révélation scène » des Victoires de la musique, Eddy de Pretto a un agenda tellement gonflé d’interviews et de sessions live qu’il a fini par nous emmener en pleine journée dans un bar de nuit ouvert rien que pour nous. Reparti bredouille des Victoires, il se dit déçu mais pas à cause du trophée décerné à Gaël Faye plutôt qu’à lui-même : « Je m’attendais à faire quelque chose de mieux sur scène mais on a eu des problèmes techniques. »
En fouillant bien le bar, on finit par tomber sur quelques bouteilles de sirop. Le choix d’une sage grenadine s’impose. Dans La Fête de trop, son premier titre, visionné près de 5 millions de fois sur YouTube, il scande : « Tu sais, ce soir, j’ai vu tous les joyaux de la pop/J’ai même bu à outrance toute l’absinthe de tes potes/J’ai côtoyé de rares nymphes, pris des rails en avance/Dans des salles bien trop noires sans lueur d’élégance. » Et si on était tombé sur une bouteille de vodka ? Le jeune homme sourit, « je me préserve de la fête en ce moment », mais il poursuit, en se balançant dans le fauteuil suspendu où il s’est lové : « Je n’aime pas la demi-mesure. J’aime aller au fond des choses, de façon totale. Pour moi, la scène, le sexe et la fête, c’est un lâcher prise total. On ne mesure rien, on ne calcule rien. On y va à fond et jusqu’au bout. »

Eddy de Pretto s’étonne des questions parfois curieuses des journalistes. On lui a demandé s’il n’était pas trop jeune pour avoir déjà connu la fête de trop. « C’est étrange d’imaginer que tout est figé. Je raconte qu’à trop faire...




<article-nb="2018/02/16/19-13">
<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ L’artiste flamand modèle la céramique à l’image de sa pensée : a(r)gile et iconoclaste.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Sélection galerie : Johan Creten chez Perrotin

L’artiste flamand modèle la céramique à l’image de sa pensée : a(r)gile et iconoclaste.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 15h23
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



   


Il modèle la céramique à l’image de sa pensée : a(r)gile et iconoclaste. Pour son nouvel accrochage, l’artiste flamand Johan Creten tente de ralentir la visite en semant le parcours de bittes d’amarrage émaillées qui invitent à savourer son art du double sens. Assis sur ces socles, le visiteur peut ainsi observer aux murs toutes sortes d’épidermes – des visages, des « vulva » en bronze doré, la peau d’une orange, une bouche d’où sort une perle. Mais aussi de voilures : voiles de femmes, voilages qu’il a ajoutés aux fenêtres. A ces joyeuses et transgressives polysémies se greffe l’inquiétante étrangeté de diverses proliférations (fleurs, insectes, taches…), et de ses récents bronzes : des oiseaux hybrides, comme mazoutés, qui semblent se désintégrer. De résonances écologiques en échos sociétaux, le parcours permet de redécouvrir deux de ses interventions anciennes, documentées par des photographies. Il y est question de réparer des logements sociaux avec des reliefs muraux et de révéler la nature hostile d’un portique de parking qui s’avère être un aménagement anti-Gitans.

« Sunrise/Sunset », de Johan Creten. Galerie Perrotin, 76, rue de Turenne, Paris 3e. Du mardi au samedi, de 11 heures à 19 heures. Jusqu’au 10 mars. www.perrotin.com



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/16/19-14">
<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ La photographe américaine fait l’objet d’une rétrospective au Jeu de paume, à Paris. L’occasion de découvrir le regard intime et documentaire d’une figure emblématique de l’agence Magnum.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤                
                                       
édition abonné


La vie des autres, obsession de Susan Meiselas


                      La photographe américaine fait l’objet d’une rétrospective au Jeu de paume, à Paris. L’occasion de découvrir le regard intime et documentaire d’une figure emblématique de l’agence Magnum.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 14h48
    |

            Claire Guillot








                              

                        

La grande photo qui ouvre la rétrospective de Susan Meiselas au Jeu de paume, l’une des premières qu’elle ait prises, lui fiche « la chair de poule ». C’est un autoportrait de 1971, en noir et blanc, où elle est assise, cheveux souples et pieds nus. Mais son corps est transparent et révèle le bois de la chaise. En utilisant une double exposition, la jeune femme de 23 ans s’était transformée en fantôme.
« Je n’ai aucune idée de la raison pour laquelle j’ai fait ça, raconte la photographe américaine de 69 ans à l’allure étonnamment juvénile. Et sans doute qu’à l’époque je n’aurais pas su l’exprimer. Mais cette image contient déjà toute ma philosophie de la vie ! Je suis là, et en même temps invisible. » A Cambridge, dans le Massachusetts, l’étudiante en art avait fait le portrait des habitants de la pension dans laquelle elle louait une chambre. Au moment de faire le sien, elle a voulu disparaître.
« Ce qui la distinguait des autres, c’est qu’elle n’était jamais pressée. Ce qu’elle avait sous les yeux ne lui suffisait jamais ! » Alan Riding, journaliste
S’effacer pour montrer les vies des autres, surtout ceux pris dans les tumultes de l’Histoire. La photographe documentaire, figure historique de l’agence Magnum, en a fait son mantra, et s’est immergée depuis presque cinquante ans dans des sujets au long cours. Si elle a publié dans la presse, elle ne s’est jamais perçue comme une photojournaliste, les limitations et la vitesse de l’actualité la frustrant trop.
« Ce qui la distinguait des autres, c’est qu’elle n’était jamais pressée, note Alan Riding, journaliste qui travailla avec elle pour le New York Times Magazine pendant la révolution au Nicaragua. Ce qu’elle avait sous les yeux ne lui suffisait jamais ! Je disais : “J’ai ce qu’il me faut comme informations, on s’en va”. Elle me rétorquait : “Mais je n’ai même pas commencé !” »
Aux côtés des révolutionnaires sandinistes
Elle...




<article-nb="2018/02/16/19-15">
<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Les œuvres du compositeur français le plus connu et joué dans le monde ne passent pas sur les radios généralistes. Une bonne raison d’aller l’écouter en concert, estime, dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Comme Pascal Dusapin, les grands noms de la musique contemporaine restent inconnus »

Les œuvres du compositeur français le plus connu et joué dans le monde ne passent pas sur les radios généralistes. Une bonne raison d’aller l’écouter en concert, estime, dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».



Le Monde
 |    16.02.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 12h59
    |

            Michel Guerrin








                        



                                


                            

Dans le métro, entre une publicité pour une robe et une autre pour un bracelet, on est tombé sur le visage de Pascal Dusapin. Il s’affiche pour annoncer le week-end que la Philharmonie de Paris lui consacre, les 17 et 18 février. C’est un compositeur de musique contemporaine. Entendez : la musique classique d’aujourd’hui. Il a 62 ans. A son actif, près de cent cinquante œuvres, de la pièce pour piano à l’opéra. Une question nous est alors venue. Quel est son statut ? Pour un écrivain ou un cinéaste, on a une idée. Pour lui, non.
Ses œuvres ne passent pas sur les radios généralistes, son potentiel commercial est faible, son rôle social incertain. Les grands noms de cet art sont inconnus. Cela tient beaucoup au côté indocile de leur musique. Inaudible, disent les plus durs. Dans un monde où l’on rêve d’harmonie, comment entendre une voix dissonante ? Pascal Dusapin est bien placé pour répondre puisque la Philharmonie le présente comme « l’icône de la musique contemporaine ». Soit le compositeur français le plus connu et joué dans le monde.
On pensait tomber sur un écorché, c’est un homme heureux qui dit en gros : venez m’écouter si vous êtes curieux, ou alors pas de problème. Il a une tête de playboy, mais ses nuits, il les passe souvent à table pour tracer à l’encre noire et à la règle des notes comme l’écrivain des mots. A l’ancienne. Sans piano ni ordinateur. Dusapin entend ce qu’il écrit, même pour soixante instruments. Il lui faut parfois un mois pour écrire quinze secondes.
Ses admirations musicales sont buissonnières
Tout va bien sauf qu’il déteste la formule « musique contemporaine ». Il dit que c’est une expression associée aux combats « ayatollesques » des années 1950-1970, qu’elle enferme le compositeur dans la case « musique de cintrés ». Ce qui fait beaucoup. Dans le cinéma ou la littérature, les esthétiques cohabitent depuis longtemps, dans la joie ou le mépris, parce que le public s’élargit et qu’il y a de...




                        

                        


<article-nb="2018/02/16/19-16">
<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Après quinze ans de difficultés, le marché de la musique reprend des couleurs grâce au streaming. En témoignent les résultats record d’Universal qui font le bonheur de Vivendi.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Quand la musique est bonne »

Après quinze ans de difficultés, le marché de la musique reprend des couleurs grâce au streaming. En témoignent les résultats record d’Universal qui font le bonheur de Vivendi.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 11h23
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. En cuisine comme en musique, tout est affaire d’ingrédients et de proportions. Pour faire une bonne sauce, il convient d’abord de choisir une bonne base, compatible avec tous les palais. Par exemple, les Beatles, avec la réédition, en 2017, de l’album mythique Sgt. Pepper’s. Ajoutez-y ensuite une saveur à la mode, de celles qu’il ne faut pas rater, Taylor Swift ou Kendrick Lamar feront parfaitement l’affaire. Puis épicez généreusement à grandes pincées de Despacito, le tube de l’été. Et vous obtenez au bout du compte les résultats record d’Universal Music Group. Avec un résultat opérationnel de 761 millions d’euros, il représente plus des trois quarts des bénéfices de sa maison mère, le groupe français Vivendi.

Quand la musique est bonne, comme le chantait Jean-Jacques Goldman en 1982, tout est possible. Du moins l’était à cette époque bénie du CD roi. Entre-temps, l’industrie musicale a subi le plus grand choc de son histoire. Durant la première décennie de l’an 2000, le chiffre d’affaires de la profession a été divisé par deux tandis que le nombre de majors est passé de six à trois.
La recette du succès
A ce jeu, le numéro un, Universal, a été le principal consolidateur, absorbant, en 2011, son concurrent EMI. Ce n’est qu’à partir de 2016 que le secteur s’est remis à fabriquer de la croissance, grâce notamment au streaming, qui a inventé un nouvel usage de la musique et un modèle économique fondé non plus sur la vente d’un produit, un disque ou une chanson téléchargée, mais sur un abonnement mensuel. En 2017, les ventes liées à cette pratique ont augmenté de plus de 35 % pour Universal.
Et ce n’est pas Universal et ses recettes soigneusement élaborées qui ont sauvé le secteur mais un jeune suédois de 34 ans, Daniel Ek. Le fondateur de Spotify a réussi l’exploit d’imposer son modèle d’abord en Europe puis aux Etats-Unis. Avec près de 70 millions d’abonnés payants, il est deux...




                        

                        


<article-nb="2018/02/16/19-17">
<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Quelque 400 films seront projetés lors de la 68e édition du festival de cinéma, qui se met à l’heure du mouvement #metoo.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Menu pantagruélique à la Berlinale

Quelque 400 films seront projetés lors de la 68e édition du festival de cinéma, qui se met à l’heure du mouvement #metoo.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 10h31
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 10h41
    |

                            Thomas Sotinel (Berlin, envoyé spécial)








                        



   


Bill Murray, Greta Gerwig, Bryan Cranston et Wes Anderson, acteurs et réalisateur de L’Ile aux chiens, ont foulé le tapis rouge pour l’ouverture de la 68e Berlinale, jeudi 15 février. L’information, dépourvue d’intérêt dans la liturgie ordinaire des festivals, a retenu l’attention : une pétition lancée par l’actrice Claudia Eisinger (qui joue entre autres dans la série Tatort) exigeait que le tapis soit noir, en signe de solidarité avec le mouvement #metoo. Dieter Kosslick, le directeur de la Berlinale, a décliné, déclarant que le festival « ne s’engagerait pas dans une politique des symboles ».
Enorme manifestation publique (environ 400 films projetés, presque un demi-million de billets vendus en 2017) et professionnelle (l’European Film Market), la Berlinale est sensible aux mouvements de l’époque. D’ici au 25 février, elle aura accueilli deux rencontres, consacrées l’une à l’égalité entre genres dans l’octroi des aides publiques à la création, l’autre à la lutte contre le harcèlement sexuel dans l’industrie cinématographique. Prenant la parole pendant la cérémonie d’ouverture, Monika Grütters, la commissaire fédérale aux arts et aux médias, a rappelé que l’Allemagne avait rendu obligatoire la parité dans les commissions qui attribuent les aides aux productions cinématographiques.
Quatre films de réalisatrice
Si le jury, présidé par le réalisateur allemand Tom Tykwer (Cours, Lola, cours), compte dans ses rangs trois femmes (l’actrice belge Cécile de France, la productrice américaine Adele Romanski et la critique américaine Stephanie Zacharek) et trois hommes (outre Tykwer, le musicien japonais Ryuichi Sakamoto et l’ex-directeur de la Filmothèque espagnole Chema Prado), quatre films sur les dix-neuf qui concourent pour l’Ours d’or ont été réalisés par des femmes, parmi lesquelles Emily Atef. L’Allemande présente Trois jours à Quiberon, qui raconte comment Romy Schneider accorda, en 1981, son ultime entretien à un journal allemand.
On attend aussi Unsane, de Steven Soderbergh, thriller hospitalier tourné avec un téléphone portable, et La Saison du diable, du Philippin Lav Diaz, qui, cette année présente un film moitié moins long que sa Berceuse pour le mystère de la douleur, projeté pendant huit heures à la Berlinale 2016. La France est représentée par Benoît Jacquot, pour une nouvelle adaptation d’Eva, le roman de James Hadley Chase, et Cédric Kahn, avec La Prière, qui suit les efforts d’un jeune toxicomane pour s’arracher à l’addiction, au sein d’une communauté catholique.
Foisonnement des sections parallèles
Il faudra aussi chercher dans le foisonnement des sections parallèles, Panorama et Forum. On y repère quelques noms connus : Claire Simon, avec Premières Solitudes, les Suisses Ursula Meier et Lionel Baier, le documentariste congolais Dieudo Hamadi, avec Kinshasa Makambo, tourné pendant les affrontements qui suivirent la réforme constitutionnelle imposée par le président Kabila. Ce menu pantagruélique est complété par une rétrospective du cinéma de la République de Weimar mêlant noms connus (G.W. Pabst, Leni Riefenstahl) et redécouvertes.
Avant de se jeter dans ce grand bain, il était salutaire de se rafraîchir avec L’Ile aux chiens. Les vedettes présentes dans la grande salle de la Marlene-Dietrich-Platz n’étaient pas à l’écran, puisque Wes Anderson s’est contenté de leur demander de prêter leur voix. Ce film d’animation situé dans un Japon futuriste emprunte à toute l’histoire du cinéma nippon, de Kurosawa à Miyazaki, pour livrer un conte moral où les chiens doivent se révolter afin de regagner leur place de meilleur ami de l’homme. L’Ile aux chiens sortira en France le 11 avril.

Sur le Web : www.berlinale.de



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/16/19-18">
<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Les timbres rares, anciens, irréprochables de qualité, du monde entier, restent des valeurs sûres. Le marché est dynamique pour ces pièces.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Philatélie : près de 9 000 lots mis en vente

Les timbres rares, anciens, irréprochables de qualité, du monde entier, restent des valeurs sûres. Le marché est dynamique pour ces pièces.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 10h15
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 10h56
    |

            Pierre Jullien








                        


En 2014, le « one cent » noir et magenta, de Guyane britannique (aujourd’hui le Guyana), timbre émis en 1856, connu à un seul exemplaire, était vendu aux enchères à New York pour 9,5 millions de dollars (plus de 7 millions d’euros), prix le plus élevé jamais atteint par une vignette postale… Loin de cette somme, les trois « ventes sur offres » – des ventes aux enchères par correspondance – organisées par Jamet-Baudot-Pothion, Cérès philatélie et la maison Behr, trois des poids lourds parisiens des ventes de timbres, clôturées respectivement les 21 février, 28 février et 8 mars, témoignent cependant du dynamisme du marché du timbre-poste.
Jean-François Baudot disperse 1 556 lots, parmi lesquels une très belle sélection de classiques de France dont une collection d’une cinquantaine de lettres affranchies avec le 20 centimes noir au type « Cérès », oblitérées du 1er au 31 janvier 1849, c’est-à-dire durant le premier mois de l’utilisation du premier timbre-poste de France.
Les prix de départ s’échelonnent de 80 euros (lettre au départ de Paris, du 25 janvier 1849) à 7 000 euros (pour un 1er janvier, au départ de Nontron, en Dordogne), selon l’origine de la lettre et la nature de son oblitération.

   


Une circulaire de retrait du 1 franc vermillon, la valeur vedette de la philatélie française, portant une moitié de 1 franc vermillon et une moitié de 1 franc carmin, datant du 1er décembre 1849 démarre à 35 000 euros.
Un 1 franc vermillon sur lettre, de février 1849, avec un cachet de l’Assemblée nationale, seule pièce connue avec cette valeur, ne partira pas à moins de 5 000 euros.
Danton pour 1 000 euros
Pour les historiens, une « boule de Moulins », un courrier lâché dans une boîte étanche dans la Seine en amont de Paris, pour franchir les lignes prussiennes qui assiégeaient la capitale durant la guerre de 1870, est proposée à partir de 1 000 euros.
Pour les spécialistes amateurs de marques postales avant l’invention du timbre, des cachets d’essai de février 1828, de forme rectangulaire, sont proposés entre 90 euros (Aix-en-Provence) et 500 euros (Givet).
Dans les « divers », quelques lettres clôturent la vente, avec des signatures prestigieuses : Danton (prix de départ 1 000 euros), Buonaparte (500 euros), Talleyrand (170 euros) ou Massena (250 euros).

   


Cérès philatélie clôture le 28 février sa vente sur offres qui compte plus de 4 000 lots. A retenir un bloc de quatre 20 centimes noir « Cérès » sur lettre au départ de Boulogne-sur-Mer, de mars 1850, pour l’Angleterre, au prix de départ de 5 750 euros. Un 1 franc vermillon « vervelle » (vermillon pâle), bord de feuille, neuf, est affiché à 8 000 euros. Un 5 francs « Empire » – le seul timbre de France légendé « timbre-poste » ! –, dans une version non dentelée, neuf, est mis à prix à 3 500 euros.

   


Quelques curiosités pour les amateurs : une marque postale « D’Hollande » (sur-Lac), de 1795, est à 40 euros minimum ; un document de l’Ordre de la Légion d’honneur, de 1807, signé Lacépède, démarre à 75 euros ; une lettre du général Boulanger, de 1889, de Londres, est affichée à 70 euros ; compter au moins 850 euros pour une épreuve collective de la « Marianne » – outremer et rouge – de Cocteau, signée du graveur Albert Decaris ; 300 euros pour une épreuve d’artiste d’une « Marianne » non émise d’Eugène Lacaque, signée, et 50 euros pour une épreuve d’artiste en noir du timbre français à l’effigie de Massoud, signée par le dessinateur (Taraskoff) et le graveur (Jumelet) ; les quatre valeurs d’une série émise par la République populaire de Chine pour le centenaire de la Commune de Paris sont affichées à 75 euros.

   


Behr est une référence pour la vente des timbres du XIXe siècle, de France ou du monde entier
Son catalogue disperse 2 755 lots.

   


Pour la France, parmi les grosses cotes, il faudra compter au moins 28 000 euros pour un bloc de quatre, neuf, du 40 centimes orange de la première émission au type « Cérès ».
Nouvelle-Calédonie, Réunion, Fezzan
Une sélection de quatorze 1 franc vermillon, détachés – neufs ou oblitérés – ou sur lettres, propose un large éventail de prix de départ, de 7 000 euros (1 franc vermillon très vif, oblitération grille) à 30 000 euros (1 franc vermillon vif sur lettre chargée, grand cachet à date de Pontarlier du 27 novembre 1850 à destination de Besançon, arrivée le 28).
On continue sur la lancée des prix à cinq chiffres avec un 10 centimes bistre « Présidence » de 1 852, neuf, à 35 000 euros.

   


Une lettre transportée par le « Vauban », un ballon monté – qui permettait aux Parisiens de s’échapper de Paris assiégé avec du courrier – de la guerre franco-prussienne de 1870-1871, timbré avec un 80 centimes frappé du cachet à date de Paris du 25 octobre 1870 à destination d’Osaka (Japon), avec passage à Marseille le 2 novembre et arrivé par le bureau de Yokohama le 25 décembre 1870, pointe à 70 000 euros, dans une rubrique de près de 200 références.
Pour les territoires français, une feuille complète du premier timbre de Nouvelle-Calédonie, le 10 centimes gris-noir « Triquéra », à l’effigie de Napoléon III, est à 5 000 euros.
De La Réunion, une lettre revêtue d’un 15 c. noir s/azuré (type I) plus un 30 c. noir s/azuré (type IV), cachet à date de Saint-André du 28 août 1850, à destination de Nantes par le bateau Zaide. A l’arrivée taxe à 35 décimes, cachet rouge d’arrivée au recto du 25 novembre 1850. Le tout pour 50 000 euros.
Du Fezzan (ancienne province turque en Libye, qui accueillit des garnisons françaises dès 1943), la série de neuf valeurs en blocs de quatre, bord de feuille, parue en 1943 (timbres de Libye de 1921-1931 surchargés « Fezzan Occupation française ») est proposée à partir de 100 000 euros.

   


A l’étranger, un lot composé du « one penny » vermillon et du « two pence » bleu, « Post Paid » de l’île Maurice (1848), neufs, démarre les enchères à 300 000 euros.

   


Un timbre à 13 cents d’Hawaï, dit de la série des « missionnaires » (utilisés par les missionnaires américains installés dans l’île sur leurs correspondances, d’où le nom de cette émission), paru en 1851, est à 100 000 euros…
Jean-François Baudot, 24, rue de Gramont, 75002 Paris (tél. : 01-42-96-51-12).
Cérès philatélie, 23, rue du Louvre, 75001 Paris (tél. : 01-42-33-31-91).
Behr, 30, avenue de l’Opéra, 75002 Paris (tél. : 01-43-12-37-67).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/16/19-19">
<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Alors qu’une école d’éducation à l’image va ouvrir en septembre, des incertitudes pèsent sur la programmation cinématographique.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le Forum des images, un trentenaire en plein doute

Alors qu’une école d’éducation à l’image va ouvrir en septembre, des incertitudes pèsent sur la programmation cinématographique.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 10h09
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 10h35
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

Etrange anniversaire : le Fo­rum des images, créé en 1988 dans le quartier des Halles, à Paris, a trente ans. Mais, pour l’heure, l’équipe est occupée à gamberger sur son avenir. Ce lieu consacré aux images sous toutes ses formes n’a cessé d’évoluer avec les technologies. Initialement dévolu à la mémoire cinématographique de Paris, le « Forum » a développé une programmation foisonnante, avec des festivals grand public (Tout-petits cinéma, à partir de 18 mois) ou plus politiques (Un état du monde), auxquels s’ajoutent des master-class, des ateliers, drainant 300 000 spectateurs par an.
Le tournant qui s’annonce aujourd’hui est d’une autre teneur : la Ville de Paris a décidé d’implanter au Forum une école d’éducation à l’image, sur le modèle de l’école Tumo, située à Erevan, en Arménie. Elle s’adressera aux jeunes de 12 à 18 ans ainsi qu’aux adultes. De l’avis de spécialistes, cette institution serait performante pour aiguiser le regard des jeunes générations grâce à une pédagogie alternant cours théoriques et fabriques de films. « L’évolution ne nous fait pas peur, c’est notre ADN, mais l’incertitude et l’absence de réponses à nos questions nous font craindre le pire », résume un membre du Collectif de défense du Forum. Certains ont choisi de se mobiliser, d’autres préfèrent œuvrer au rapprochement avec la future école.
Malentendus avec la Ville de Paris
Les derniers mois écoulés ont été source de malentendus entre la Ville de Paris, principal financeur de l’établissement (avec une dotation annuelle de 6 millions d’euros) et les salariés. Le 4 juillet 2017, ceux-ci apprenaient dans la presse le départ de leur directrice, Laurence Herszberg, après quinze ans de mandat. Une autre nouvelle est tombée : Mme Herszberg a emmené dans ses bagages un festival « maison », SériesMania, devenu très populaire, qu’elle va désormais piloter à Lille – la première édition est prévue du 27 avril au 5 mai. Le Forum est amputé d’un événement phare.

Contactée...




                        

                        


<article-nb="2018/02/16/19-20">
<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ La manifestation, qui a vu défiler des générations de chorégraphes, fête ses 40 ans, jusqu’au 3 mars.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les Hivernales, l’autre festival d’Avignon

La manifestation, qui a vu défiler des générations de chorégraphes, fête ses 40 ans, jusqu’au 3 mars.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 11h32
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            
Il a toujours été à l’ombre de plus grand que lui mais a poussé comme une plante tout-terrain. Il est né en hiver, a grandi l’été avant de se déployer pendant l’année. Cette espèce rare est le festival de danse contemporaine Les Hivernales d’Avignon, qui a conservé le même nom « chair de poule » quelle que soit la saison.

Depuis le 2 février et jusqu’au 3 mars, la manifestation fête ses quarante ans sous la nouvelle direction d’Isabelle Martin-Bridot. Avec 23 compagnies invitées, une séquence Hiverômomes pour les enfants, la fête d’hiver lancée en 1978 par Amélie Grand rayonne. « On était juste une bande d’amis qui a soudain eu une idée folle : organiser une semaine de danse dans la ville du théâtre !, se souvient la fondatrice, qui était alors prof de gymnastique et de danse, conseillère à la direction départementale de la jeunesse et des sports. J’avais envie de faire aimer cet art et j’ai appris sur le tas à construire et diriger ce qui est devenu un festival. »
Isabelle Martin-Bridot, directrice des Hivernales : « Le travail reste toujours à faire contre les idées reçues d’un art enfermé dans le tutu-chignon ou à l’inverse dans le concept élitiste »
Brosser les grandes étapes de ce rendez-vous devenu la plaque tournante de générations de chorégraphes, labellisé Centre de ­développement chorégraphique (CDC) en 1996, c’est tourner les ­pages d’un pan massif de l’histoire de la danse contemporaine. Tous les noms y ont défilé : Dominique Bagouet, Maguy Marin, Daniel Larrieu, en vedette pour cette édition, Mark Tompkins, Georges ­Appaix, Thomas Lebrun… « En tant que jeune festivalière, j’y ai passé beaucoup de temps dans les années 1980, se rappelle Isabelle Martin-Bridot. C’était le lieu de la fabrication de cette nouvelle danse française que Les Hivernales ont contribué à faire connaître. C’est une manifestation à dimension humaine avec un côté associatif qui lui colle à la peau, même si, depuis longtemps, elle...




                        

                        

