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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-1"> ¤ Tout juste âgée de 16 ans, la Française a obtenu la médaille d’argent du concours de snowboardcross, vendredi, aux Jeux olympiques de Pyeongchang.
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JO d’hiver 2018 : Julia Pereira, surprise argentée du boardercross français

Tout juste âgée de 16 ans, la Française a obtenu la médaille d’argent du concours de snowboardcross, vendredi, aux Jeux olympiques de Pyeongchang.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 14h56
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 15h03
    |

            Clément Martel (Pyeongchang, Corée du Sud, envoyé spécial)








                        



   


L’image résume tout. Alors que Julia Pereira de Sousa-Mabileau saute sur le podium et serre le poing gauche, Chloé Trespeuch passe devant elle la tête basse. Arrivée cette année au sein de l’équipe de France, la première – 16 ans et des poussières – s’est adjugé l’argent lors de la finale du snowboardcross dames, vendredi 16 février, aux Jeux olympiques de Pyeongchang. Son aînée, en bronze à Sotchi, a vu ses rêves de titres se briser en finale, terminant à la 5e place.
« Je n’arrive pas à réaliser, c’est incroyable », souffle la vice-championne olympique extatique, redescendue de son podium mais pas de son nuage. Et de s’exclamer quand on lui décline son nouveau CV argenté : « Ça me donne envie de pleurer. » Et pleurer, elle l’avait déjà fait, sitôt franchie la ligne d’arrivée.
« T’as 16 ans, et maintenant t’as une médaille olympique »
« Ma première réaction, ça a été de chialer, j’en pouvais plus, raconte la benjamine de l’équipe de France de boardercross, chaleureusement félicitée par son illustre aîné Pierre Vaultier à l’arrivée. Je me suis dit : “T’as 16 ans, t’en as rêvé, et maintenant t’as une médaille olympique”. C’est énorme. »
Meilleure équipe de la planète avec quatre filles classées parmi les toutes meilleures mondiales, c’est peu dire qu’un attendait des médailles en bleu-blanc-rouge, vendredi, du côté du snowboardcross. Tout juste sacré pour une seconde fois, jeudi, Pierre Vaultier confessait « beaucoup croire en les chances de cette équipe, composée d’individualités remarquables ». En revanche, ni lui ni personne n’avait prévu que Julia tirerait son épingle du jeu d’une épreuve où les cartes sont perpétuellement rebattues. A part elle.
Avec toute la fraîcheur de sa jeunesse, la camarade de classe de Tess Ledeux (une autre chance de médaille française samedi, en ski slopestyle) avait prévenu en arrivant à Pyeongchang : pas question de débarquer sur la pointe des pieds, elle « [pensait] clairement à la médaille ».
Elle plaque le ski pour le snow à 9 ans
La rideuse d’Isola 2000 est décidée et directe. « Elle est aussi joueuse et dans ce sport il faut être joueuse, explique Luc Faye, directeur du snowboard hexagonal. Elle ne se pose pas de questions. » Un avantage au snowboardcross, discipline simple à comprendre (le premier arrivé en bas a gagné) mais ardue à exécuter. C’est mathématique : lorsque six concurrentes dévalent en même temps une piste faite de creux et de bosses large de quelques mètres, à moins de stratégie minutieuse et d’une maîtrise totale de sa trajectoire, il y a des chances de finir les genoux dans la neige.
A l’âge de 9 ans, la jeune fille de Saint-Cézaire-sur-Siagne (Alpes-Maritimes) décide de planter spatules et bâtons pour se focaliser sur la planche sur neige. Elle expliquait en décembre à Ski Chrono avoir choisi d’abandonner le ski, qu’elle pratique depuis ses 2 ans, sur un coup de tête. « J’étais en cours de ski et ça s’est mal passé. J’étais furieuse lorsque je suis allée voir ma maman en pleurant pour lui dire que je voulais m’orienter sur le snowboard. »
Pour le plus grand bonheur de l’équipe de France. En obtenant un podium à l’âge de 16 ans, 4 mois et 26 jours, Julia Pereira est devenue la plus jeune médaillée française des JO d’hiver. Pourtant, sa journée avait mal débuté.
Face aux meilleures de la discipline
« Je n’étais vraiment pas bien, en plus j’avais froid, expliquait-elle après la finale. Et une fois que le premier run [manche] est passé, ça m’a mis un coup de chaud. » Seule Française à devoir passer par la seconde manche de qualifications pour se hisser en quarts de finale, la jeune fille y parvient, et enchaîne les manches efficaces jusqu’en finale. Entre-temps, Charlotte Bankes et Nelly Moenne-Loccoz ont été éliminées de leur demi-finale. Seule Chloé Trespeuch l’accompagne, côté français, face aux meilleures de la discipline. Championne olympique en titre, leader de la Coupe du monde, ancienne s’étant maintenue au meilleur niveau… Les cinq concurrentes de Pereira étaient des pointures.
Mais les aléas du snowboardcross ont favorisé la jeune fille. Bien partie, Chloé Trespeuch a été contrainte de choir pour éviter Julia Pereira en retombant d’un saut, hypothéquant ses chances de médailles. « Sur la dernière table, je reviens un peu à l’aspi, et en l’air, je vois que je suis juste au-dessus de Julia et qu’il y a des chances que je la fauche, donc je m’écrase un peu », a développé la médaillée de bronze olympique (à Sotchi, en 2014), abattue par son échec.
Marquées par leur résultat, décevant pour elles, les « anciennes » de l’équipe (Trespeuch a 24 ans, Bankes 22 et Moenne-Loccoz 27), étaient à peine réconfortées par la médaille de leur benjamine. « C’est une consolation, concède Charlotte Banks. Ça montre le travail du staff de l’équipe de France. C’est la petite jeune qui sort, et vraiment elle a bien ridé aujourd’hui, donc c’est cool. Mais les autres, on est un peu toutes déçues. »
Julia Pereira de Sousa-Mabileau compte bien profiter de son succès dans un sport, après tout, individuel. « Je ne me cacherai pas ma joie, on parle des JO, c’est une médaille olympique. Je suis tellement fière de ce que j’ai fait. »

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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-2"> ¤ Cette Russo-Britannique de 44 ans a monté en urgence une campagne de financement participatif pour aider Elisabeth Revol et Tomasz Mackiewicz, en perdition au Nanga Parbat fin janvier.
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Masha Gordon, l’ange-gardien des alpinistes en péril dans l’Himalaya


                      Cette Russo-Britannique de 44 ans a monté en urgence une campagne de financement participatif pour aider Elisabeth Revol et Tomasz Mackiewicz, en perdition au Nanga Parbat fin janvier.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 14h40
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 14h54
    |

            Patricia Jolly








   


L’histoire du sauvetage d’Elisabeth Revol sur les pentes vertigineuses de la « montagne tueuse » a fait le tour du monde. Adam Bielecki et Denis Urubko, les deux himalayistes stars qui ont gravi à une vitesse record des pentes du Nanga Parbat, de nuit, pour la retrouver vers 6 000 mètres d’altitude, affamée, assoiffée, les pieds et les mains gelées, ont été partout célébrés.
Ils ont été les jambes et les bras qui ont permis de sauver la vie de la Française dans des conditions météorologiques épouvantables. Mais le rôle capital d’une femme, depuis Chamonix, est passé beaucoup plus inaperçu dans cette histoire désormais inscrite dans les annales de l’alpinisme.
Il fallait agir, et vite
Tout a commencé, pour Masha Gordon, dans la nuit du 25 au 26 janvier. Son sang s’est glacé quand elle a reçu un SMS lancé comme une bouteille à la mer par l’époux d’Elisabeth Revol, qui lui a appris que l’alpiniste française de 37 ans et son compagnon de cordée polonais, Tomasz Mackiewicz, étaient en perdition sur le flanc du neuvième sommet le plus haut du monde (8 125 mètres), qu’ils avaient atteint quelques heures plus tôt. Il fallait agir. Et vite.



Son expérience de gestionnaire d’actifs dans la finance internationale a permis à cette Russo-Britannique de 44 ans de se muer en « sauveteuse 2.0 ». En quelques minutes, elle a monté, par le biais du site GoFundMe, l’opération de financement participatif en ligne qui a réuni 157 000 euros et permis de sauver son amie, mais pas « Tomek », trop mal en point à 7 200 mètres d’altitude.
« Notre objectif initial était de 15 000 euros pour assurer le décollage de deux hélicoptères, et nous avons atteint 50 000 euros en six heures », raconte-t-elle, estimant que « 80 % de la somme totale levée provient de la diaspora polonaise ». Sans ce coup de pouce financier, jamais les deux hélicoptères de l’armée pakistanaise n’auraient décollé pour aller chercher l’équipe de sauvetage improvisée, qui préparait l’ascension du K2 (8 611 m) tout proche.

   


Les chemins de Masha Gordon et d’Elisabeth Revol n’auraient jamais dû se croiser. Elisabeth, la passionnée des sommets, a fait partie des équipes jeunes de la Fédération française de la montagne et de l’escalade, et est professeure de sport en disponibilité dans le collège de la Drôme où elle a suivi sa propre scolarité.
Masha, elle, est née dans le Caucase. Diplômée de l’école de journalisme de Moscou, elle a d’abord pigé pour le bureau russe du Washington Post, avant d’étudier la finance aux Etats-Unis, où elle a notamment officié pour la banque d’investissement internationale Goldman Sachs, avant de rallier le Royaume-Uni, où elle a épousé un Britannique, l’ex-directeur général du LibDem (parti des démocrates libéraux), Tim Gordon.

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                L’alpiniste Elisabeth Revol fait le récit de son sauvetage sur le Nanga Parbat



C’est la montagne qui a gommé les différences entre les deux femmes. Il y a huit ans, à l’occasion d’un congé de maternité de six mois, la Russo-Britannique, persuadée d’être « nulle en sport » et « incapable de courir 5 kilomètres », s’est installée à Chamonix, où un ami l’a initié à l’alpinisme. Elle y a découvert une « autre addiction » que celle des marchés boursiers. Cette « citoyenne du monde », comme elle se définit, s’est rapidement sentie à l’étroit dans le massif du Mont-Blanc.
Le grand chelem des explorateurs
En 2015, avec ses propres deniers, elle s’est embarquée dans le grand chelem des explorateurs, qui consiste à gravir les sommets les plus élevés de chaque continent et à rallier à skis les deux pôles. Elle a bouclé le défi en mai 2016 par l’ascension avec oxygène de l’Everest (8 848 m) dans le cadre d’expéditions commerciales à la logistique parfaitement huilée.
De retour en Europe, Masha Gordon a créé, en septembre 2016, une organisation caritative, Grit & Rock, pour encourager les jeunes filles des faubourgs défavorisés de Londres à « crever le plafond de glace », en s’émancipant par la montagne. Sa fondation propose aussi des bourses (pour un total de 10 000 dollars) pour aider des projets de première ascension portés par des femmes. Elle se souvient parfaitement du courriel envoyé par Elisabeth Revol.
Amitié naissante lors d’une expédition au Makalu
Elle est tombée sous le charme du CV de cette Française qui, dans un relatif anonymat, a, entre autres, enchaîné en solo et sans apport d’oxygène artificiel le Broad Peak (8 051 m), le Gasherbrum I (8 080 m) et le Gasherbrum II (8 035 m), et à qui le Nanga Parbat résistait encore. « “Eli” écrivait que sa devise était de monter, toujours plus haut, sans jamais abandonner », sourit Masha Gordon, devenue son amie à l’été 2017, lors d’une expédition au Makalu (8 485 m).
Menacée d’amputation en raison de ses engelures, Elisabeth Revol n’a aujourd’hui qu’une idée en tête : aller à la rencontre des enfants de Tomek, âgés de 7, 8 et 9 ans. Les frais de sauvetage déduits, le solde de la cagnotte en ligne – environ 125 000 euros – leur reviendra.



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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-3"> ¤ Une semaine après l’ouverture des Jeux en Corée du Sud, nos journalistes Clément Guillou et Clément Martel ont répondu à vos questions.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-4"> ¤ A Sotchi, en 2014, les skieurs de fond norvégiens ont attribué leurs mauvaises performances au mauvais fartage de leur ski. Mauvaise foi ou le fart permet-il vraiment de skier plus vite ? Et si oui, pourquoi ?
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-5"> ¤ La nuit a souri à Julia Pereira de Sousa, 16 ans, qui ramène l’argent en snowboardcross. Mais elle a été cruelle pour Maurice Manificat et le ski de fond français.
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JO d’hiver 2018 - le récap de la nuit : la jeune médaillée française et la déception des fondeurs

La nuit a souri à Julia Pereira de Sousa, 16 ans, qui ramène l’argent en snowboardcross. Mais elle a été cruelle pour Maurice Manificat et le ski de fond français.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 06h49
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 09h50
    |

            Luc Vinogradoff








                        


Voici un résumé de ce qui s’est passé dans la nuit du jeudi au vendredi 16 février, à Pyeongchang : une très jeune médaillée française, pas la même chance pour les fondeurs, une domination norvégienne brisée et un skeletoneur sud-coréen, héros en son pays.

        JO d’hiver 2018 :
         

          revivez les épreuves de la nuit du 16 février



Julia Pereira de Sousa, 16 ans et médaille d’argent en snowboardcross

   


A 16 ans à peine, Julia Pereira de Sousa a décroché la médaille d’argent du snowboardcross et rapporte à la France sa septième médaille depuis le début de la compétition. C’est une grosse surprise de voir cette jeune fille finir sur le podium devant une autre Française qui était davantage attendue, Chloé Trespeuch. La grande favorite, l’Italienne Michela Moioli, est repartie, logiquement, avec l’or et la Tchèque Samkova avec le bronze.
« Je n’arrive pas trop à réaliser, je suis super heureuse », a dit la toute nouvelle médaillée française.
« Il y a quatre ans, je regardais ces filles à la télévision. J’avais 12 ans, ça faisait deux ans que je faisais du snowboard. J’ai regardé Chloé [Trespeuch] faire le bronze. Mon rêve, c’était la Coupe du monde et les Jeux olympiques. La médaille, c’était mon rêve, mais pas tout de suite. »
Chloé Trespeuch, médaillée de bronze à Sotchi, termine à une décevante 5e place, de son propre aveu : « C’était une finale très compliquée, je suis très frustrée, a-t-elle dit. J’étais arrivée ici prête, j’avais de grandes ambitions, mais là c’est dur de savoir qu’il faut réattendre quatre ans. » A 23 ans à peine, il est probable qu’elle attende.

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                JO d’hiver 2018 : la Française Julia Pereira de Sousa, médaille d’argent en snowboardcross



Aucune médaille pour les fondeurs français

   


La France aura raté sa première médaille en ski de fond de quatre secondes. Maurice Manificat a fini l’épreuve de 15 km style libre à la 5e place, à un souffle d’un podium occupé par l’athlète russe Denis Spitsov en bronze et le Norvégien Krueger, déjà champion du skiathlon, en argent, d’une course remportée par le Suisse Dario Cologna qui s’offre un troisième titre sur la distance.
Manificat, qui arrivait conquérant après une bonne place au skiathlon, n’a pas pu s’en sortir, alors qu’il s’agissait de sa spécialité, une distance dont il est le leader à la Coupe du monde. Une immense déception pour le ski de fond français, mais surtout pour le skieur, qui disputait « peut-être [s] a dernière chance de médaille individuelle ».
« Vous ne pouvez pas imaginer à quel point je voulais ramener cette médaille pour le ski de fond français », a-t-il déclaré sur France Télévisions, les larmes aux yeux et la gorge nouée.
« Je savais que ça allait être dur, que ça allait être une bataille difficile. On a souffert dans cette course, et ça c’est joué à peu de choses. C’est une grosse déception. »
Pas de doublé géant-slalom pour Mikaela Shiffrin

   


A 22 ans, et une toute nouvelle médaille d’or en géant, l’Américaine Mikaela Shiffrin était l’immense favorite du slalom. D’autant qu’elle était la championne en titre et la leader de la Coupe du monde dans cette discipline de l’alpin. Mais une première manche moyenne et une deuxième pas meilleure, lui ont seulement permis d’être à la quatrième place, derrière la nouvelle championne olympique, la Suédoise Frida Hansdotter, et ses lauréates la Suissesse Wendy Holdener et l’Autrichienne Katharina Gallhuber.
Etant en lice pour encore deux épreuves, Shiffrin essaiera à nouveau de devenir la seule skieuse américaine à avoir trois médailles d’or. Ce ne sera pas lors du super-G, le 16 février, sur lequel elle a décidé de faire l’impasse.
L’Autrichien Mayer plutôt qu’un Norvégien en super-G

   


L’Autrichien Matthias Mayer a réussi l’exploit non seulement de succéder à un illustre compatriote, mais aussi de mettre un terme à une domination. En remportant le super-G, il devient le premier Autrichien médaillé d’or depuis Hermann Maier, il y a vingt ans. Et le premier skieur non norvégien à obtenir l’or dans cette discipline depuis 2002.
Le Suisse Beat Feuz prend l’argent, pour sa 2e médaille des JO après le bronze en combiné. Et l’inévitable Norvégien Kjetil Jansrud prend le bronze, après avoir obtenu l’argent hier en descente.
Mayer, titré en descente à Sotchi, devient aussi le deuxième skieur à avoir remporté l’or olympique dans les deux épreuves de vitesse, avec le Norvégien Aksel Lund Svindal, champion en 2010, qui a fini 5e.
Le Français Blaise Giezendanner, qui a cru pendant quelque temps être médaillé, termine à la 4e place, à 20/100e à peine du podium. C’est la meilleure performance de sa carrière, et logiquement la meilleure des Français en lice. Il est revenu sur sa course en disant :
« Je me sentais bien au départ, j’avais de bons souvenirs sur cette piste, le tracé était assez similaire. Mais des regrets, j’en aurai sans doute ce soir dans mon lit en voyant que je n’ai pas la médaille autour du cou. »
Deuxième médaille pour la Corée du Sud en skeleton

   


Yun Sung-bin est devenu le premier athlète asiatique titré au skeleton, à l’issue de quatre descentes parfaitement menées. Avant ces Jeux, seuls neuf pays différents avaient obtenu une médaille olympique au skeleton. Traditionnellement, la discipline est dominée par les Etats-Unis, l’Autriche, le Canada, l’Allemagne ou la Suisse.
C’est la deuxième médaille d’or pour la Corée du Sud lors de « ses » JO. Ce n’est pas une immense surprise dans la mesure où Yun est numéro un mondial et vainqueur de la Coupe du monde. L’athlète russe Tregubov a remporté l’argent et le Britannique Parsons, le bronze.
Ce sport méconnu consiste à descendre une piste la tête la première, avec le menton à quelques centimètres de la glace. A ne pas confondre avec la luge ou le bobsleigh, le skeleton est, si c’est possible, encore plus effrayant.
Début du concours masculin en patinage artistique

   


Le Japonais Yazuru Hanyu a terminé en tête du programme court chez les messieurs, devant le double champion du monde et sextuple champion d’Europe, l’Espagnol Javier Hernandez, et un autre Japonais, Shoma Uno.
Le reste des favoris – Patrick Chan du Canada, Dmitri Aliev des athlètes russes, et les Américains Rippon, Zhou et Chen – sont également qualifiés pour la fin de l’épreuve, le 17 février, avec le programme libre. Le Français Chafik Besseghier, avec 72,10 points, termine à la 26e place, non qualificative.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-6"> ¤ Elle a terminé en deuxième place de la course, à 16 ans seulement. Chloé Trespeuch, donnée favorite, termine 5e d’une course remportée par l’Italienne Moioli.
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JO d’hiver 2018 : la Française Julia Pereira de Sousa, médaille d’argent en snowboardcross

Elle a terminé en deuxième place de la course, à 16 ans seulement. Chloé Trespeuch, donnée favorite, termine 5e d’une course remportée par l’Italienne Moioli.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 05h24
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 09h12
   





                        



   


Julia Pereira de Sousa, 16 ans à peine, a décroché la médaille d’argent du snowboardcross et rapporte à la France sa septième médaille aux Jeux olympiques de Pyeongchang. C’est une grosse surprise de voir cette jeune fille finir sur le podium de cette discipline devant la Française qui était davantage attendue, Chloé Trespeuch. La grande favorite, l’Italienne Michaela Moioli, est repartie avec l’or et la Tchèque Samkova avec le bronze.

        En direct :
         

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« Je n’arrive pas trop à réaliser, je suis super heureuse », a dit la toute nouvelle médaillée.
« Il y a quatre ans, je regardais ces filles à la télévision. J’avais 12 ans, ça faisait deux ans que je faisais du snowboard. J’ai regardé Chloé faire le bronze. Mon rêve, c’était la Coupe du monde et les Jeux olympiques. La médaille, c’était mon rêve, mais pas tout de suite. »
Chloé Trespeuch, médaillée de bronze à Sotchi, termine à une decevante 5e place, ce qu’elle n’a pas cherché à cacher après la course.
« C’était une finale très compliquée, je suis très frustrée. J’étais arrivée ici prête, j’avais de grandes ambitions, mais là c’est dur de savoir qu’il faut réattendre quatre ans ».
A 23 ans, il est probable qu’elle y sera.
Les deux autres Françaises, Charlotte Bankes (7e) et Nelly Moenne-Loccoz (10e) sont allées jusqu’aux demi-finales. C’est la sixième médaille française en snowboardcross, une discipline pour laquelle la France a été récompensée à chaque JO depuis qu’elle est devenue olympique. La veille, Pierre Vaultier, champion en titre, avait conservé sa médaille dans la course messieurs.

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                Tableau des médailles des JO d’hiver : l’Allemagne en tête, la France toujours 7e




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<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-7"> ¤ La nuit a souri à Julia Pereira de Sousa, 16 ans, qui ramène l’argent en snowboardcross. Mais elle a été cruelle pour Maurice Manificat et le ski de fond français.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-8"> ¤ Réintroduit en 2002, le skeleton permet de mettre en évidence, à la simple vue du casque, l’état d’esprit des athlètes, entre fantaisie, patriotisme et goût du risque.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-9"> ¤ Après le titre de Vaultier et l’échec de Fourcade aujourd’hui, Mikaela Shiffrin et Aksel Lund Svindal tenteront de doubler la mise, en ski alpin, vingt-quatre heures après leur sacre.
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La gazette des Jeux d’hiver : « sport de merde », pantalons et skeleton

Après le titre de Vaultier et l’échec de Fourcade aujourd’hui, Mikaela Shiffrin et Aksel Lund Svindal tenteront de doubler la mise, en ski alpin, vingt-quatre heures après leur sacre.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 18h46
 • Mis à jour le
15.02.2018 à 18h47
    |

            Anthony Hernandez








                        



   


C’était aujourd’hui
Pierre Vaultier est double champion olympique, Martin Fourcade n’est pas (encore) quadruple champion olympique et la France compte désormais trois médailles d’or à Pyeongchang.

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Cette nuit, le premier nommé a conservé son titre en snowboardcross, une discipline très spectaculaire qui consiste en un parcours très accidenté sur lequel s’affrontent six concurrents pour arriver le premier en bas. Les chutes sont fréquentes. Vaultier s’est d’ailleurs qualifié de justesse, malgré une belle gamelle, pour la finale, qu’il a dominée sans coup férir du début à la fin.

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En biathlon, le second, Fourcade donc, s’est écroulé lors de ses deux derniers tirs. Impeccable jusqu’alors avec un 18/18, le Français a manqué deux cibles et du même coup un quatrième titre olympique. Il termine hors du podium, à la cinquième place d’un 20 km remporté par le Norvégien Johannes Boe.
Journée faste pour les Norvégiens, qui ont ajouté trois médailles d’or à leur collection grâce à Boe, à l’inévitable Aksel Svindal en descente et à la fondeuse Ragnhild Haga sur le 10 km. Ils occupent désormais le deuxième rang du classement des médailles grâce à six premières places. Il s’en est fallu de 39 centièmes pour qu’une autre Ragnhild, la slalomeuse Mowinckel, n’offre à la Norvège un quatrième sacre journalier, mais c’est finalement l’Américaine Mikaela Shiffrin qui a triomphé dans le slalom géant.

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Du côté du Palais des glaces de Gangneung, une patineuse ukrainienne et un patineur français ont remporté une nouvelle médaille d’or pour l’Allemagne, qui caracole en tête du classement des nations [9 en or]. Le couple Aliona Savchenko et Bruno Massot ont devancé les Chinois Sui et Han, ainsi que les Canadiens Duhamel et Radford.

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C’est au programme
La nuit commencera en musique, avec le début du concours masculin de patinage artistique. Le Français Chafik Besseghier sera du programme court, qui débutera à 2 heures. Double champion du monde et sextuple champion d’Europe, l’Espagnol Javier Hernandez est attendu au tournant.
Qui pourrait vraiment contrarier Mikaela Shiffrin ? Sacrée sur géant la nuit passée, l’Américaine sera l’archifavorite du slalom, dont la première manche est annoncée à 2 heures, si les conditions le permettent (la seconde à 5 h 15). Adeline Baud-Mugnier et Nastasia Noens ne seront pas de trop pour empêcher la tenante du titre de conserver sa breloque dorée.

   


Aksel Lund Svindal n’aura pas le temps de célébrer sa victoire en descente. Le Norvégien de 35 ans sera dans le portique de départ pour disputer le super-G, dont il est l’un des prétendants à la couronne. Adrien Théaux, déjà médaillé mondial, concentrera les espoirs tricolores, à partir de 3 heures. Blaise Giezendanner, Maxence Muzaton et Brice Roger seront aussi de la partie.
Vingt-quatre heures après le titre de Pierre Vaultier, ses compatriotes ont une belle carte à jouer au parc de neige Phoenix. Les quatre Françaises engagées à partir de 2 heures en snowboardcross (Charlotte Bankes, Nelly Moenne-Loccoz, Julia Pereira de Sousa et Chloé Trespeuch) comptent parmi les sept premières au classement de la Coupe du monde. La mieux classée d’entre elles, Chloé Trespeuch, ira chercher un plus beau métal que le bronze cueilli à Sotchi, en 2014.
Maurice Manificat va-t-il apporter à la France le premier titre olympique de son histoire en ski de fond ? Cinquième en skiathlon pour son entrée dans ces Jeux, le Haut-Savoyard sera l’un des favoris du 15 km, dont le départ sera donné à 7 heures. Le leader de la spécialité en Coupe du monde sera accompagné d’Adrien Backscheider, Clément Parisse et Jean-Marc Gaillard.
C’est vu

   


Sarah Schleper et Rodolfo Dickson nous présentent un très bel ensemble à dominante noir et blanc, décoré de calaveras (les têtes de mort) et assorti de roses rouges et de diamants bleus. Non, ce n’est pas une tenue désignée pour un défilé de la fashion week de Pyeongchang, qui n’existe pas, mais la combinaison officielle de l’équipe mexicaine de ski alpin conçue par Hubertus von Holenlohe… Jet-setteur, ancien skieur et prince mexico-austro-germano-espagnol, ce drôle d’hurluberlu dirige la courte délégation mexicaine en Corée du Sud (4 membres au total).

C’est dit
« Ce n’est pas de la déception, c’est de la colère, parce que ça passe à rien. Je donne un titre olympique. Je n’ai pas réussi à conserver le niveau d’attention, le niveau de performance que requièrent le haut niveau et un titre olympique. »
Martin Fourcade pouvait rager après sa cinquième place sur l’épreuve du jour. Passé à deux doigts d’un quatrième titre olympique qui lui tendait les bras, le biathlète était en colère contre lui-même. Il lui restera deux épreuves, la mass-start et le relais par équipes, pour rejoindre les escrimeurs Christian d’Oriola et Lucien Gaudin au panthéon des sportifs tricolores les plus primés aux JO.

Sport de merde...mais c’est pour ça qu’on l’aime tant!— martinfkde (@Martin Fourcade)


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C’est Chic Corée

   


Le spectacle était encore une fois dans les tribunes à Gangneung lors des compétitions de hockey. Ces deux jeunes femmes sud-coréennes ne s’y sont pas trompées lorsqu’elles ont pris leur selfie avec en arrière-plan les fameuses pom-pom girls nord-coréennes. Le choc des cultures. Sur la glace, les hockeyeurs du pays du Matin-Calme ont bien résisté aux redoutables spécialistes tchèques, seulement vainqueurs 2 à 1.

La nuit prochaine, la Corée du Sud peut décrocher un deuxième titre olympique en… skeleton. Cette spectaculaire discipline de la luge, tête en avant, est pour le moment dominée, après deux manches sur quatre, par le dénommé Yun Sung-bin. Ce jeune homme de 23 ans n’a jamais décroché de médaille aux Mondiaux ou aux JO. Cela constituerait une vraie sensation.

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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-10"> ¤ L’Américain, qui disputait le programme court cette nuit, s’en est ouvertement pris au vice-président Mike Pence. Et il refuse de se rendre à Washington après les Jeux.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/02/2018
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JO d’hiver 2018 : le patineur gay Adam Rippon en guerre ouverte avec la Maison Blanche

L’Américain, qui disputait le programme court cette nuit, s’en est ouvertement pris au vice-président Mike Pence. Et il refuse de se rendre à Washington après les Jeux.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 18h11
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 07h08
    |

            Luc Vinogradoff








                        



   


Lorsque Adam Rippon est entré sur la patinoire olympique de Pyeongchang pour le programme libre messieurs, lundi 12 février, les Etats-Unis étaient à la lutte pour la médaille de bronze de l’épreuve par équipes avec l’Italie. Sa troisième place à 172,9 points a permis à son pays de s’assurer la breloque. Une fois son programme terminé, Rippon est resté un peu plus longtemps que prévu sur la glace, saluant la foule qui l’acclamait, un immense sourire sur le visage.
Ce sont les premiers Jeux olympiques (JO) de ce patineur américain de 28 ans, star dans son pays par ses performances, son charisme et peut-être le fait qu’il avait hésité à danser sur sa propre version d’une chanson de Rihanna pour son prochain concours. Il aura finalement opté pour un choix plus sobre, obtenant un score de 87,95 au programme court qui le qualifie pour le programme libre, le 17 février.
« Ne laissez pas des “fake news” vous distraire »
Son entrée en lice réussie a été précédée d’une longue polémique à forte teneur politique impliquant le vice-président américain, Mike Pence. Choisi comme chef de la délégation américaine pour ces JO, M. Pence était présent à la cérémonie d’ouverture. Un choix avec lequel Adam Rippon, en tant qu’athlète gay et défenseur de la communauté LGBT, n’était pas du tout d’accord, ce qu’il a fait savoir. Interrogé par USA Today en début d’année, Rippon avait fait part de son incompréhension, compte tenu des propos hostiles aux homosexuels tenus par M. Pence. Lorsqu’il était gouverneur de l’Indiana en 2015, ce dernier, fervent catholique, avait essayé de faire passer une loi qui aurait potentiellement autorisé des discriminations contre les homosexuels.
Le patineur l’a aussi accusé d’avoir défendu, lors d’une campagne en 2000, le financement public des méthodes thérapeutiques visant à soigner les gays de leur homosexualité. Les services du vice-président ont démenti cette assertion, tout en cherchant à calmer le jeu. A son arrivée en Corée du Sud, M. Pence s’est adressé au patineur publiquement, via son compte Twitter :
« @Adaripp Je veux que vous sachiez que nous sommes AVEC VOUS. Ne laissez pas des “fake news” vous distraire. Je suis fier de vous et de TOUS LES GRANDS athlètes et mon seul souhait pour vous et de toute la #TeamUSA est de ramener l’or à la maison. Allez les chercher ! »

   


Le tweet du vice-président américain a été publié quelques heures après que USA Today a assuré, en citant des sources anonymes, que le patineur avait refusé de le rencontrer en janvier. Ce que la vice-présidence a également démenti.
Cette polémique rappelle que, même dans une période où chaque pays est censé être uni derrière ses champions, les divisions politiques américaines se résorbent difficilement.
« Pas mes valeurs »
Pour chaque question sur ses performances sportives, Adam Rippon a aussi droit à une question sur Mike Pence. S’il ne les évite pas, il répète qu’il ne veut pas que cette histoire occulte celle, plus importante à ses yeux, des patineurs et des patineuses américains. « Je maintiens ce que j’ai dit, mais je crois que l’heure est aux compétitions olympiques », a-t-il dit lors d’une conférence de presse.
« Ça a attiré beaucoup d’attention sur mes coéquipiers, et je ne veux pas les distraire. Je ne veux pas que mon expérience olympique se résume à Mike Pence. »
Adam Rippon est le premier patineur ouvertement gay à représenter les Etats-Unis à des JO, mais il se définit avant tout « comme un olympien, pas un olympien gay ». « Et maintenant, je suis un médaillé olympique qui se trouve être gay. L’un n’a aucun rapport avec l’autre. Ce qui aide, c’est d’avoir des sourcils canons », a-t-il dit.

I was recently asked in an interview what its like to be a gay athlete in sports. I said that it’s exactly like bei… https://t.co/zg3iUuqjqE— Adaripp (@Adam Rippon)


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Le patineur compte bien ajouter une médaille individuelle à son palmarès. Mais quoi qu’il arrive, il ne compte pas se rendre à la traditionnelle réception organisée à la Maison Blanche pour les sélectionnés olympiques, car il ne « pense pas que l’administration actuelle représente les valeurs que l’on m’a enseignées quand j’ai grandi ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤ Tombé malade après son titre olympique, le roi du biathlon a commis deux fautes par manque de lucidité sur son dernier tir. Il a le sentiment d’avoir offert l’or à son rival Johannes Boe.
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JO 2018 : Martin Fourcade, héros fatigué

Tombé malade après son titre olympique, le roi du biathlon a commis deux fautes par manque de lucidité sur son dernier tir. Il a le sentiment d’avoir offert l’or à son rival Johannes Boe.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 16h30
 • Mis à jour le
15.02.2018 à 16h57
    |

            Clément Guillou (Envoyé spécial à Pyeongchang, Corée du Sud)








                        



   


Des traces d’humanité ont été trouvées chez Martin Fourcade : jeudi 15 février, le triple champion olympique de biathlon a commis deux fautes d’affilée à la toute fin d’un 20 km qu’il s’apprêtait à remporter avec plus d’une minute d’avance. Ce n’est pas le vent, ce n’est pas un problème de carabine, c’était seulement une erreur comme il n’en avait pas commis depuis plusieurs années dans un grand championnat.
Un manque de lucidité immédiatement attribué à la fatigue. Car oui, Martin Fourcade peut être fatigué. Il a le regard noir et la voix sèche, loin de l’air ahuri affiché après son sprint raté, lorsqu’il attribuait encore ses trois erreurs au tir à un phénomène paranormal ou météorologique. Ce jeudi soir, la colère dont il dit avoir besoin pour rebondir sur la course suivante est là, palpable.
« Je n’étais vraiment pas bien, c’était vraiment difficile. Sur les skis, c’était une sale journée pour moi, je me suis battu tout le long. Il y a quatre secondes de la course où je me bats pas et… c’est de la colère. Il n’y a pas de réaction, d’électrochoc après la première faute. Je n’ai pas réussi à conserver le niveau d’attention que requiert le haut niveau. (…) Je donne un titre olympique. »

   


Un confrère ose : « Le match avec Johannes [Boe] est relancé ? » « Non, pas à mon goût », répond Fourcade en s’en allant. Il n’y a pas match, pour lui, car l’affaire était entendue jusqu’à cette 18e balle : il restait le roi des Jeux, et Johannes Boe un lointain poursuivant, encore empêtré dans ses difficultés au tir (une faute au premier, couché, et une autre au dernier, debout). Puis Fourcade met une balle à la limite inférieure de la cible, qui ne tombe pas. Une minute de pénalité.
Au lieu de se repositionner – il a le temps, le titre reste sien –, il enchaîne une deuxième balle, elle aussi trop basse, à gauche. Le titre est passé, le podium passera avec les passages de Jakov Fak et Dominik Landertinger, auteurs de deux 20 sur 20 face aux cibles.

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                Martin Fourcade : « Rejoindre Jean-Claude Killy et Tony Estanguet, ça signifie beaucoup »



« Il aurait dû se reprendre »
« Il aurait dû se reprendre, confirme Franck Badiou, son entraîneur du tir. Ce n’est pas du tir couché dans le vent. Il y a moyen de se dire, bien à l’abri, “Celle-là mérite un peu plus d’attention”. Or les deux sont parties presque dans la même déflagration. (…) Martin, même au bout d’une individuelle, a normalement plus de peps et de réaction que ce qu’il a eu là. »
Franck Badiou ne se souvient pas de deux fautes consécutives, dans une individuelle où les fautes comptent tant, dans un grand championnat. Son prédécesseur Siegfried Mazet, désormais entraîneur des Norvégiens et à ce titre soulagé par la première médaille, en or, de ces Jeux, doit remonter à 2010 ou 2011. Et encore, sur une Coupe du monde.
Siegfried Mazet connaît son Fourcade sur le bout des doigts. Il ne s’attendait pas à un tel cadeau et l’imaginait même intouchable sur cette individuelle, loin devant ses Norvégiens incapables de fauter moins de deux fois.
« Je pense qu’il s’est dit qu’il avait une balle de marge. Et qu’à partir du moment où il rate la quatrième, il se dit “C’est bon, la cinquième je la mets et c’est bâché”. »
Sous antibiotiques mardi
L’explication de cette absence de lucidité réside peut-être dans les quatre heures de sollicitations médiatiques ayant suivi son titre de la poursuite, lundi soir. Il avait rejoint son lit à 3 heures du matin et en était tiré à neuf par une gorge enflammée le privant de grasse matinée.
Le médecin de l’équipe de France l’a alors mis sous antibiotiques, révèle l’entraîneur Stéphane Bouthiaux, ainsi qu’Anaïs Bescond, médaillée de bronze quelques heures plus tôt et victime du même mal. « Le médecin a vite réagi mais je pense qu’on est passé à deux millimètres de la catastrophe », dit Bouthiaux. En 2014, le Français était aussi tombé malade après son deuxième titre olympique, et souffrait d’une sinusite au matin de la mass-start… qu’il avait tout de même finie à trois centimètres du vainqueur Emil Svendsen.
La trachéite de Pyeongchang était, elle, en voie de disparition dès mercredi. Franck Badiou l’a vu « facile à l’entraînement, une démonstration ». Elle constitue pourtant un début d’explication à ces jambes répondant moins bien que d’habitude, à cette perte de concentration au bout du quatrième tir. « Il n’a pas l’habitude de faire des courses où il se donne à 100 % tout le temps, explique son coéquipier Antonin Guigonnat (23e). D’habitude, il gère toujours son niveau, qui suffit pour gagner. Là, il m’a dit qu’il était à fond dès les 100 premiers mètres. »
« Ce n’est pas une excuse, puisque j’ai bien réussi à me remettre en jeu sur une grande partie de la course », insiste Martin Fourcade. De fait, son temps de ski, à vingt-deux secondes de Johannes Boe, est loin d’être ridicule. Mais il lui a fait perdre sa maîtrise habituelle.
Le Français dispose désormais de deux soirs sans course avant de livrer à Johannes Boe un véritable duel, sur la « mass start », dimanche. Il est souvent dit que le Français est imbattable lorsqu’il est en colère. Mais le scénario d’un Martin Fourcade en colère et fatigué a, lui, moins de précédents.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-12"> ¤ Le Français a terminé cinquième d’une course remportée par son grand rival, le Norvégien Johannes Boe.
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JO d’hiver 2018 : Martin Fourcade abandonne son titre sur le 20 km individuel

Le Français a terminé cinquième d’une course remportée par son grand rival, le Norvégien Johannes Boe.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 13h54
 • Mis à jour le
15.02.2018 à 15h34
   





                        



   


Le Norvégien Johannes Boe a remporté, jeudi 15 février, l’épreuve de l’individuel de biathlon, son premier titre olympique, alors que le grand favori Martin Fourcade n’a pu faire mieux que 5e, aux JO 2018 de Pyeongchang.
Bø, principal rival de Fourcade cette saison, a devancé le Slovène Jakov Fak, et l’Autrichien Dominik Landertinger. Fourcade, en tête des classements intermédiaires, a perdu toute chance de victoire en commettant deux fautes lors de ses deux derniers tirs.

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Martin Fourcade laisse ainsi passer l’occasion de devenir le Français le plus titré de l’histoire des JO d’hiver, lui qui avait rejoint lundi Jean-Claude Killy avec une troisième médaille d’or, avec son sacre en poursuite.
« J’ai été très nul »
En tête tout au long de la course, Fourcade peut enrager. « C’est beaucoup de colère ce soir », a lâché Fourcade au micro de France Télévisions. « C’est de la colère contre moi-même parce que j’ai été très nul sur ces deux dernières balles. Il ne se passe rien, il n’y a pas de réaction. Aujourd’hui il m’a manqué de la force », a-t-il dit.

Sport de merde...mais c’est pour ça qu’on l’aime tant!— martinfkde (@Martin Fourcade)


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Johannes Boe a eu le mérite d’y croire jusqu’au bout. Impressionnant sur les skis, il a pourtant cédé du terrain rapidement en fautant dès le premier passage sur le pas de tir, soit une minute de pénalité dans cette épreuve qui mélange tirs et 20 km de ski de fond. Quand Boe a également loupé une cible au dernier passage, l’affaire semblait entendue. Mais quelques minutes après, Fourcade craquait.
Ce n’était pas pour autant la délivrance pour Boe, car Fak et Landertinger, impeccables aux tirs (20/20), pointaient quelques secondes devant lui à l’amorce du dernier tour. Peine perdue, les deux hommes cédaient du terrain pour finalement laisser Boe, 24 ans, exulter.
Il reste encore à Fourcade trois occasions de convertir ses efforts en or, et de dépasser Killy. Dès dimanche, avec sa meilleure chance, la mass start. Puis avec les deux relais : le mixte mardi 20, puis le masculin vendredi 23 février.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-13"> ¤ En quatrième division il y a peu, l’ÖFK a affronté Arsenal en Ligue Europa. Son secret ? Développer les performances de ses joueurs grâce au théâtre, à la peinture et à un club de lecture.
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En Suède, le club d’Östersund est passé en première division grâce au théâtre


                      En quatrième division il y a peu, l’ÖFK a affronté Arsenal en Ligue Europa. Son secret ? Développer les performances de ses joueurs grâce au théâtre, à la peinture et à un club de lecture.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 13h50
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 14h58
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                              

                        
Une équipe de football, enchaînant jetés, chassés et pas de deux, dans une adaptation moderne du Lac des cygnes, de Tchaïkovski. L’image est irrésistible. Elle aurait pu rester une simple anecdote, un petit coup de com’ sympathique pour briser la réputation d’une discipline gâtée par l’obsession du fric et de l’image.
Sauf qu’à Östersund, en Suède, on en est convaincu : c’est bien grâce à une approche différente, fondée sur la culture, et au talent de l’entraîneur britannique Graham Potter que l’ÖFK (Östersunds Fotbollsklubb) est parvenu à se hisser parmi l’élite du foot suédois. Embourbé en quatrième division, il y a huit ans, le club s’est même qualifié pour les seizièmes de finale de la Ligue Europa, la « petite » Coupe d’Europe.
Le 15 février, le club a ainsi accueilli Arsenal et ses stars internationales sur la pelouse synthétique de sa Jämtkraft Arena, avant un match retour à Londres le 22. Une petite consécration, après avoir déjà battu Bilbao, Berlin et Galatasaray. Quelques jours plus tôt, des employés s’affairaient dans les gradins, pour y dégager la neige, en attendant ce grand moment.

Un froid glacial s’est abattu sur la ville de 50 000 habitants, recouverte d’un épais manteau blanc. Dans cette ancienne cité militaire, à 400 km à peine au sud du cercle polaire, le seul événement sportif notable de l’année était, jusqu’à l’envol de l’ÖFK, une étape annuelle de la Coupe du monde de biathlon.
L’histoire de l’ÖFK commence en 1996, quand un groupe d’enthousiastes décide de créer une équipe capable d’évoluer en Superettan, la deuxième division suédoise. L’apprentissage est rude : quatre ans plus tard, le club est relégué en quatrième division, et la direction démissionne.
Mais un homme, Daniel Kindberg, ex-militaire et « serial entrepreneur » local, arrive en deus ex machina. Et il décide de fixer une barre encore plus ambitieuse, qui semble alors un peu farfelue : la qualification en Ligue des champions, soit...




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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-14"> ¤ La soirée du XV de France après sa défaite en Ecosse laisse encore beaucoup de questions en suspens.
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Rugby : la nuit toujours obscure des joueurs du XV de France à Edimbourg

La soirée du XV de France après sa défaite en Ecosse laisse encore beaucoup de questions en suspens.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 13h36
 • Mis à jour le
15.02.2018 à 14h00
   





                        



   


Le brouillard persiste dans le ciel d’Edimbourg. Depuis cette nuit du dimanche 11 au lundi 12 février, la soirée du XV de France après sa défaite en Ecosse laisse encore beaucoup de questions en suspens.
Pour donner le change, et parce qu’elle semble dépassée par le cours des choses, la Fédération française de rugby (FFR) a « décidé de diligenter une enquête interne afin de faire la lumière sur le déroulé de la soirée » passée dans une boîte de nuit de la capitale écossaise, a-t-elle annoncé dans un communiqué, mercredi 14 février, au beau milieu du Tournoi des six nations.
Ce que l’on sait
Lundi matin, au lendemain de leur défaite face aux Ecossais, l’avion qui devait ramener les Bleus en France a été bloqué sur le tarmac de l’aéroport d’Edimbourg. Six joueurs en ont été extraits : Anthony Belleau, Jonathan Danty, Félix Lambey, Louis Picamoles, Rémi Lamerat et Yacouba Camara. Ils ont été entendus dans la journée par la police écossaise comme témoins potentiels après le dépôt d’une plainte pour « agression sexuellle », selon L’Equipe ; une plainte retirée, par la suite, avec une « rapidité surprenante », ajoute le quotidien sportif.
La police écossaise a conclu après investigation qu’« aucun crime » n’avait « été commis » dans la soirée de dimanche à lundi.
Par ailleurs, dans un dossier qui semble distinct, elle a indiqué n’avoir eu vent d’aucune bagarre impliquant des joueurs en boîte de nuit, à l’inverse de ce qu’indiquaient plusieurs médias français.
Après leur soirée, deux autres joueurs sont pourtant bien apparus avec le visage endolori : il s’agit d’Arthur Iturria et Geoffrey Palis. Mardi, le premier nommé a justifié ses points de suture et sa blessure au nez par… une chute dans sa chambre d’hôtel. Le second a avancé une explication tout aussi étonnante, expliquant avoir malencontreusement cogné sa tête contre… une lampe.
Ceux qui ont été exclus
Initialement, le sélectionneur du XV de France devait communiquer dès lundi sa liste de joueurs retenus pour affronter l’Italie, le 23 février. Finalement, Jacques Brunel l’a annoncée mardi. Il a décidé d’exclure du groupe, pour une durée d’un match, plusieurs joueurs du XV de France. Cinq des six joueurs entendus par la police ont été sanctionnés, tous, donc, à l’exception de Yacouba Camara.
Trois autres joueurs, qui n’ont pourtant pas fait l’objet d’un interrogatoire, figurent également parmi les fêtards exclus avant le match contre l’Italie : Teddy Thomas (auteur de deux essais contre l’Ecosse), Arthur Iturria et Sekou Macalou.
Selon le quotidien L’Equipe, Yacouba Camara aurait été confondu par la police avec Sekou Macalou, ce qui expliquerait pourquoi le second a été sanctionné par la FFR, et non le premier.
Pour aucun de tous ces joueurs, jeunes pour la plupart, la « fédé » ne développe un motif précis. « Par ce comportement inapproprié, ils n’ont pas respecté leur statut de joueur international et les devoirs qui en découlent », élude simplement le communiqué fédéral.
Malgré sa blessure mystérieuse, Geoffrey Palis fait, lui, bien partie du groupe retenu face à l’Italie. Enfin, précisons que le cas d’Alexandre Lapandry fait figure d’exception : le joueur a lui aussi été retiré du groupe pour préparer le prochain match, mais son départ relève d’un simple choix tactique et n’aurait a priori rien à voir avec la soirée d’Edimbourg.
L’embarras de la « fédé »
La FFR se serait bien passée de cette affaire. Déjà fragilisé par des soupçons de conflits d’intérêt visant Bernard Laporte et une série d’un an sans victoire sur le terrain, le rugby français se retrouve donc à traiter un nouveau dossier sensible.
L’affaire met encore une fois les dirigeants de la FFR face à leurs limites. Son président, Bernard Laporte, avait indiqué lundi que les événements survenus à Edimbourg n’étaient « pas méchants ». Mercredi soir, devant l’ampleur grandissante du dossier, il s’est donc pourtant résigné à ouvrir une enquête interne.
Cette enquête sera confiée à une « commission ad hoc », sous la conduite de Christian Dullin, secrétaire général de la FFR. Elle « devra rendre un rapport qui permettra le cas échéant, sur des faits établis, de saisir les organes compétents de la FFR à des fins de sanctions personnalisées », a ajouté la fédération.
Parmi les éléments à éclaircir, reste à déterminer si ou non les joueurs du XV de France avaient bien reçu préalablement l’autorisation de sortir en ville dimanche soir après leur défaite et après le traditionnel « pot du président », organisé à l’hôtel comme il est d’usage. D’après L’Equipe, un dirigeant fédéral aurait bien accordé son aval, mais sans faire partie pour autant du staff technique. Un point à clarifier qui ajoute au flou ambiant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-15"> ¤ Dans sa chronique, Philippe Pons, journaliste au « Monde » revient sur le mythe fondateur de la Corée qui explique le choix des mascottes mais aussi la symbolique de la montagne au moment où le Sud accueille les Jeux d’hiver.
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JO 2018 : Un tigre, une ourse et la montagne

Dans sa chronique, Philippe Pons, journaliste au « Monde » revient sur le mythe fondateur de la Corée qui explique le choix des mascottes mais aussi la symbolique de la montagne au moment où le Sud accueille les Jeux d’hiver.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 11h40
 • Mis à jour le
15.02.2018 à 11h44
    |

            Philippe Pons (Séoul, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Chronique. La Corée était prédestinée à accueillir un jour les Jeux olympiques d’hiver : c’est un pays où la montagne est omniprésente. Couvrant 70 % du territoire de la péninsule, visible de partout ou presque, elle est un élément fondamental de la culture locale : des mythes, aux contes populaires, en passant par la poésie et l’iconographie. Ce n’est pas un hasard si les deux mascottes des Jeux de Pyeongchang sont des animaux des forêts et des monts : Soohorang, le tigre blanc comme neige, et Bandabi, l’ours noir.

Tous deux sont des figures des mythes fondateurs. Un jour, las de leur sort d’animal, un tigre et une ourse implorèrent Hwanung, fils du dieu du ciel descendu sur Terre, de les transformer en êtres humains. Celui-ci leur donna vingt gousses d’ail et de l’armoise pour toute nourriture pendant les cent jours où ils devaient rester au fond d’une grotte. Le tigre s’enfuit au bout de quelques jours. L’ourse endura l’épreuve et se transforma en jeune femme.
Hwanung l’épousa et de leur union naquit le légendaire roi Tangun, qui aurait fondé en 2033 av. J-C. le royaume de Corée qu’il nomma choson : le « pays du matin clair », devenu pour les Occidentaux le pays du Matin-Calme. Après sa mort, Tangun, monté au ciel, devint l’esprit de la montagne (sansinryong) auquel est voué un culte qui a tendu à se confondre avec la vénération des ancêtres.
Energie spirituelle
Epine dorsale de la péninsule, la montagne, avec ses paysages hostiles et grandioses, frappa les premiers voyageurs : le Français Georges Ducrocq évoque ainsi, en 1901, « un pays rugueux, découpé comme un échiquier par des montagnes qui lèvent dans tous les sens leurs têtes sourcilleuses ». On ne saurait mieux décrire les monts de Diamant, en Corée du Nord, situés à 80 kilomètres au nord de Pyeongchang à vol d’oiseau : hérissés de pics noyés dans la brume au petit jour, avec leurs gorges et chutes d’eau, ils constituent l’un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-16"> ¤ Revenu de nombreuses blessures, le Norvégien de 35 ans a remporté le seul titre qui manquait à son palmarès... et à celui du ski norvégien. Il devance son compatriote Jansrud et le Suisse Feuz.
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JO 2018 : Aksel Lund Svindal, colosse fait de rouille et d’or

Revenu de nombreuses blessures, le Norvégien de 35 ans a remporté le seul titre qui manquait à son palmarès... et à celui du ski norvégien. Il devance son compatriote Jansrud et le Suisse Feuz.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
15.02.2018 à 13h47
    |

            Clément Guillou (Envoyé spécial à Pyeongchang, Corée du Sud)








                        



   


Il y a deux ans, c’est de son lit d’hôpital qu’Aksel Lund Svindal avait regardé son ami Kjetil Jansrud remporter la descente de Coupe du monde de Pyeongchang. Cela lui arrive souvent. Le Norvégien affirme qu’il n’aime pas les blessures, si fréquentes chez les skieurs, mais qu’il apprécie le combat qui le ramène invariablement au sommet du ski mondial.
Jeudi 15 février, sur la piste sud-coréenne qu’il n’a pourtant découverte que le week-end passé, il a remporté le titre qui lui manquait : celui de la descente olympique, qui parachève le palmarès le plus complet de ce début de siècle, de la vitesse au géant. Voilà Aksel Lund Svindal plus vieux champion olympique de ski alpin de l’histoire, à l’âge de 35 ans.

        Lire aussi :
         

                JO d’hiver 2018 - le récap de la nuit : Vaultier toujours champion, Shiffrin et les Norvégiens dominent le ski



Il y avait plus de soulagement que d’effusions au sein de l’innombrable encadrement norvégien présent dans la zone d’arrivée de la descente de Jeongseon. Les cadres techniques n’auront plus à répondre à la lancinante question de la presse nationale : quand la Norvège, pays le plus titré de l’histoire des Jeux d’hiver, décrochera-t-elle enfin l’or dans l’épreuve reine, qui lui a plusieurs fois échappé de quelques centièmes de seconde ?
Homme-sandwich
L’anomalie, Aksel Lund Svindal l’a dit, ne l’empêchait pas de dormir. Mais l’ancien a réglé la question et en cas de problème, son ami Jansrud l’aurait fait pour lui : impeccable sur le haut du parcours, le champion olympique du super-G de Sotchi n’a été devancé par son compatriote, plus rapide, que dans les derniers hectomètres. A l’arrivée, douze centièmes de seconde les séparaient et la troisième place du Suisse Beat Feuz, meilleur descendeur de la saison, dessinait un podium parfait.
Le parcours que l’on annonçait trop facile et ouvert aux surprises a finalement sacré le meilleur glisseur du monde. Un homme aux pieds en or qui, malgré sa stature de grizzly et son aérodynamique discutable, n’a pas son pareil pour prendre de la vitesse au fil des courbes. La neige très froide et abrasive des pistes de Pyeongchang, facile à skier et donc piégeuse, s’apparente à celle que les Norvégiens rencontrent chez eux, ainsi qu’en Amérique du Nord, où Aksel Svindal a ses habitudes. Il formait avec la descendeuse Julia Mancuso le couple le plus glamour du circuit – ils sont désormais séparés –, il donne à son amie Lindsey Vonn des conseils matrimoniaux et le géantiste Ted Ligety est de ses amis : le champion olympique de descente tient plus de l’Américain comique et bon client que du Norvégien fermé comme une huître.
Une chute à plus de 120 km/h sur la dangereuse Birds of Prey de Beaver Creek (Etats-Unis) le laissait inconscient, le dos cassé, le visage fracturé, une énorme entaille dans le fessier causée par son propre ski.
Depuis quinze ans qu’il balade ses spatules dans les hôtels des stations alpines, le colosse est devenu le visage avenant de nombreuses marques associées au luxe et aux sports d’hiver. Plus sûrement que Marcel Hirscher, son contemporain, pourtant le meilleur skieur de tous les temps, Aksel Svindal est l’homme-sandwich de la Fédération internationale de ski : son anglais et son allemand – il vit à Innsbruck, en Autriche – sont impeccables, ce qui lui permet de couvrir la totalité des pays de ski, et son histoire est vendeuse.
Le Norvégien est revenu de tout. Sa mère, skieuse de haut niveau, est morte en couches lorsqu’il avait 8 ans, le bébé ne lui survivant que dix-huit mois. Bjorn Svindal et ses fils Aksel et Simen se sont alors réfugiés dans le ski, dans les montagnes de Geilo, au centre de la Norvège où la famille disposait d’une hytte (petit chalet).
A 19 ans, Aksel Svindal débutait en Coupe du monde, et son petit frère suivait ses traces lorsqu’un accident lui brisa les vertèbres, ainsi que sa carrière de skieur. En 2007, la trajectoire de celui qui était, déjà à l’époque, le meilleur skieur du monde aurait pu s’arrêter, elle aussi : une chute à plus de 120 km/h sur la dangereuse Birds of Prey de Beaver Creek (Etats-Unis) le laissait inconscient, le dos cassé, le visage fracturé, une énorme entaille dans le fessier causée par son propre ski.

   


Après trois semaines d’hôpital et dix mois de convalescence, il remportait la saison suivante la descente et le super-G de Beaver Creek. Depuis, ce sont ses genoux qui lui ont causé soucis et saisons blanches. « C’est la première fois que je skie en février depuis quatre ans », s’est-il amusé après sa victoire. Il s’est à peine entraîné, hors compétition, en décembre et janvier, glisse son entraîneur suisse Reto Nydegger. « On fait super attention à son genou droit. Il s’en occupe au moins une heure par jour et fait beaucoup de vélo d’intérieur, tous les matins et après le ski. » Aksel Svindal « s’économise, vit sur ses acquis, parce qu’il sait qu’il va pouvoir le faire le jour de la course », souligne Luc Alphand, ex-meilleur descendeur du monde.
La revanche du duel entre Aksel Svindal et Kjetil Jansrud devait avoir lieu vendredi au même endroit, à l’occasion du super-G. Avec les mêmes favoris. En cas de victoire du second, l’affaire pourrait se régler aux jeux vidéo, mais il paraît que dans cette discipline, Kjetil Jansrud est imbattable.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-17"> ¤ Pour une fois pas de vent, mais les skieurs français n’ont pas pu profiter de la belle météo, contrairement à d’autres.
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JO d’hiver 2018 - le récap de la nuit : Vaultier toujours champion, Shiffrin et les Norvégiens dominent le ski

Pour une fois pas de vent, mais les skieurs français n’ont pas pu profiter de la belle météo, contrairement à d’autres.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 09h25
 • Mis à jour le
15.02.2018 à 11h53
    |

            Luc Vinogradoff








                        


Pour une fois pas de vent sur les monts de Pyeongchang, mais les skieurs français n’ont pas pu profiter de la belle météo. Ni Tessa Worley ni les descendeurs, qui terminent tous loin de leurs podiums respectifs. Pour les médailles françaises il fallait compter cette nuit sur Pierre Vaultier, l’empereur du snowboardcross qui n’a pas deçu. Survolant les qualifications, il a dynamité sa finale et s’est facilement imposé pour conserver son titre.
En attendant les 10 km (F) de ski de fond, et surtout les deux courses de biathlon messieurs et dames (à suivre en direct sur LeMonde.fr dès 10 heures) voici le résumé de la nuit olympique.

        JO d’hiver :
         

          Revivez la nuit du 15 février



Pierre Vaultier en son royaume du snowboardcross

   


Au terme d’une course magnifique, menée de bout en bout, Pierre Vaultier est resté maître du snowboardcross olympique. Le Français a conservé son titre et a apporté à la France sa 6e médaille de ces Jeux olympiques.
A 30 ans, Vaultier reste au sommet de son sport, en étant actuellement leader d’une Coupe du monde dont il est le champion en titre. Après sa victoire, il a dit sur France Télévisions :
« La journée s’achève très bien. C’est une belle deuxième médaille d’or. J’ai du mal à dire ce que je ressens, je suis au bord des larmes depuis que j’ai passé la ligne d’arrivée. Ce sont de grosses émotions »

        Notre portrait :
         

          Pierre Vaultier, double champion olympique, un stratège en or



Après des séances de qualification où il a été dominateur, une chute en demi-finale a failli arrêter cette ascension qu’il avait déjà faite, il y a quatre ans, à Sotchi.
« J’avais une bonne étoile, quand on voit ce qui s’est passé en demi-finale. J’étais dans le coup, mais j’ai eu un coup de malchance. C’était assez inattendu de me retrouver par terre et de passer en finale. Mon coach m’a dit : Tu as une bonne étoile, il ne peut plus rien t’arriver. Tu fracasses le run et puis personne ne pourra rien dire. Eh bien, c’est le cas »
Il finira par se qualifier pour la finale, en 3e place. Derrière lui, l’Australien Jarryd Hughes et l’Espagnol Regino Hernandez se partagent le podium.
Shiffrin impressionne, Tessa Worley aura des regrets

   


La finale du géant féminin a commencé par une déception, au moins côté français. La grande favorite, Tessa Worley, a complètement raté sa première manche, finissant loin derrière les meilleures. Un retard qu’elle n’a pu rattraper, malgré une deuxième manche fulgurante qui a fait remonter la championne du monde en titre de la discipline à une décevante 7e place.
« J’étais hyper déçue de ma première manche, fallait tenter le tout pour le tout, a-t-elle dit sur France Télévisions après sa deuxième manche. Ce n’était pas parfait, mais j’ai une bonne avance, à voir jusqu’à où ça peut me mener ». Ça l’a menée à quelques places du podium, devant l’Italienne Manuela Moelgg, meilleur temps de la première manche qui a craqué ensuite, mais derrière l’Italienne Federica Brignone, en bronze, la Norvégienne Ragnhild Mowinckel en argent, et l’impressionante Mikaela Shiffrin, en or.

Immense Mikaela Shiffrin ! L'Américaine remporte la médaille d'or olympique dans le géant femmes. De quoi voir sere… https://t.co/UjK7CpLurZ— francetvsport (@France tv sport)


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Il est logique que l’Américaine ait conservé son titre de Sotchi, tant elle a dominé en Coupe du monde, et tant elle a survolé la compétition lors de la seconde manche. Mikaela Shiffrin a une médaille autour du cou, il lui en reste quatre autres pour remplir son pari : en gagner dans chaque discipline de l’alpin où elle est en lice. Ça commence dès demain sur le slalom, sa spécialité.
Un podium norvégien en descente

   


Ce soir à Pyeongchang, la descente était norvégienne. Aksel Lund Svindal, médaillé d’argent 2010, est devenu le premier Norvégien à être en or en descente, et, au passage, devient, à 35 ans, le plus vieux champion de ski alpin. Derrière lui, son compatriote Kjetil Jansrud prend l’argent et le Suisse Beat Feuz, leader de la Coupe du monde de descente, prend le bronze.

Aksel Svindal en or dans la descente hommes ! Le Norvégien de 35 ans s'impose devant son compatriote Jansrud et le… https://t.co/pA4jftOOBn— francetvsport (@France tv sport)


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Après sa victoire, le Norvégien a déclaré :
« C’est une grande émotion. Je n’arrive pas y croire, faire mieux que Kjetil Aamodt (2e en 1994) et Lasse Kjus (1998, 2002). C’est un jour aussi particulier avec ce doublé »
« Perdre contre ces deux Norvégiens n’a rien d’infamant pour moi, ils s’imposent un peu partout depuis des années », a concédé Beat Feuz. Les Français n’ont rien pu faire lors de cette descente, mal à l’aise avec une neige qui, par sa consistance, favorisait les skieurs norvégiens. La plupart terminent loin, loin des premières places :
Brice Roger est 8e à 1’14Johan Clarey 18e à 2’14Maxence Muzaton 23e à 2’71Adrien Théaux 26e à 2’74
Brice Roger, malgré une belle 8e place, s’est dit « frustré » après la descente :
« Frustré de ne pas être allé chercher les trois premières places, mais les deux molosses devant, sur cette neige, ils savent faire. »
Quant à Adrien Théaux, que les entraîneurs français considéraient comme la meilleure chance française, il s’est dit déçu. « Mais il faut déjà rebondir, il y a des courses demain », a-t-il relativisé, référence au Super-G qui se profile.
Massot et Savchenko, champions olympiques de patinage en couples

   


Bruno Massot et Aljona Savchenko, d’origine française et ukrainienne respectivement, ont été sacrés à l’issue d’un programme libre qui les aura propulsés à la première place, devant les Chinois Sui et Han et les Canadiens Duhamel et Radford. Les Français Vanessa James et Morgan Ciprès terminent 5es.

La 5ème place pour le couple de français Vanessa James et Morgan Cipres. La jeune femme de 30 ans a lourdement chut… https://t.co/F6i152ue9u— francetvsport (@France tv sport)


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Deuxièmes après le programme court mercredi, les Russes sous bannière olympique Evgenia Tarasova et Vladimir Morozov, tout récemment sacrés champions d’Europe, finissent quatrièmes.
Il s’agit de la troisième médaille olympique pour Savchenko, après deux bronzes consécutifs, et de la première pour Massot, né en Normandie et naturalisé allemand en 2017. Pour l’Allemagne, c’est la 8e médaille de ces JO, le meilleur bilan à Pyeongchang.

        Notre portrait :
         

          Bruno Massot, le patineur normand, devenu allemand pour poursuivre son rêve olympique




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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-18"> ¤ Le biathlète remettait son titre en jeu dans l’épreuve du 20 km. Avec deux erreurs au dernier tir debout, le Français a terminé à la 5e place.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-19"> ¤ Déjà sacré à Sotchi, le Haut-Alpin a gardé son titre olympique de snowboardcross mercredi. Un aboutissement pour ce perfectionniste.
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JO d’hiver 2018 : le snowboardeur Pierre Vaultier, double champion olympique, un stratège en or

Déjà sacré à Sotchi, le Haut-Alpin a gardé son titre olympique de snowboardcross mercredi. Un aboutissement pour ce perfectionniste.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 07h55
 • Mis à jour le
15.02.2018 à 14h40
    |

            Clément Martel (Pyeongchang, Corée du Sud, envoyé spécial)








                        



   


« On ne se fatigue jamais du rêve olympique ». L’été dernier, alors qu’il préparait ardemment ses quatrièmes Jeux olympiques (après Turin en 2006, Vancouver, 2010 et Sotchi, 2014), Pierre Vaultier nous confiait ce qui l’animait. Le snowboardeur français est devenu, jeudi 15 février à Pyeongchang, champion olympique en snowboardcross pour la seconde fois d’affilée, s’imposant au terme d’une journée maîtrisée, en dépit d’une chute en demi-finale.
Déséquilibré par un concurrent, le Briançon a cru voir s’envoler ses rêves de doublés. « Je ne me suis jamais qualifié en déchaussant, confiait-il après la finale. Et ça m’a semblé une éternité, j’avais l’impression d’être en enfer. Tout s’est écroulé. Mais je ne me suis pas démonté ». Et s’est qualifié in extremis, avant de planer sur la finale.
Piste s’élançant du haut de la montagne et serpentant, tel un torrent, jusqu’à son pied, le snowboardcross (ou bordercross) est aisé à appréhender : le premier arrivé en bas a gagné. Mais au cœur des creux, des bosses et des virages, la stratégie prime. Et dans cette « épreuve de confrontation », Vaultier est le maître. « De la trempe d’un Shaun White, de quelqu’un qui domine son sport et qui le reste, malgré son vieil âge », selon son coéquipier Ken Vuagnoux, chacun de ses runs (manches) est minutieusement préparé.
Son coach en équipe de France, Kevin Strucl, salue « un stratège ». D’autres louent son approche mathématique. Choisir parmi mille scénarios possibles – suivant les profils des adversaires sur lesquels l’expérimenté Vaultier a accumulé une base de données quasi encyclopédique – quel plan d’attaque choisir, et le réaliser. Voilà le quotidien d’une compétition de bordercross qui, si elle ressemble à « du Mario Kart sur neige » (la formule est de Jean-Frédéric Chapuis, champion olympique de skicross à Sotchi), n’est pas moins stratégique qu’une partie d’échecs.
« Miracle »
Pierre Vaultier est du genre obstiné. Et pour lui, seule la victoire est belle. Annoncé forfait pour les Jeux olympiques de Sotchi après sa rupture d’un ligament croisé du genou fin décembre 2013, le Français a rebondi. Non content de revenir à temps, choisissant de ne pas se faire opérer et de surfer avec une attelle, il remporte l’or olympique. « Un miracle », estime le Haut-Alpin à chaud.
Quatre ans ont passé, et de miracle il n’est plus question. De minutieuse préparation, si. A 30 ans, l’athlète de Serre-Chevalier ne laisse rien au hasard. Le prix à payer pour se maintenir au sommet en dépit d’un corps perclus de blessures. Car la liste de ses séquelles est un triste inventaire. Fracture du dos en 2008, du péroné en 2011. Puis vient l’astragale (un os servant à la flexion et l’extension de la cheville) en 2012, dont il ne se remettra jamais complètement : aujourd’hui, le champion reste incapable de courir, mais se rattrape à VTT. Et enfin cette rupture du ligament croisé du genou (en 2013). Et la tête ? Pour l’instant, tout va bien, merci.
A le voir dominer de bout en bout sa compétition jeudi - en dépit d’une chute en demi-finale - sur le snowpark de Bokwang, difficile de croire que Pierre Vaultier ait pu douter de ses capacités un jour. Pourtant, le Français a connu une carrière à l’image d’une piste de bordercross : pleine de creux et de bosses.
Un côté normal

   


Perfectionniste à l’extrême, Vaultier n’arrivait pas, à ses débuts (il a commencé en 2005) à valider en compétition les promesses de ses entraînements. « Je cartonnais à l’entraînement, personne ne me faisait peur, mais je n’arrivais pas à transformer ça sur les courses à enjeux. » En cas de mauvais résultats, le Haut-Alpin se punissait, allant jusqu’à s’interdire de manger pendant quelques jours, et remettre en cause ses fondamentaux : « J’en étais arrivé à me demander comment faire un virage. »
« Pierre était victime de ses qualités, analyse Philippe Giraud, préparateur mental vers qui le champion s’est tourné en 2006. Capable d’exploiter 100 % de ses capacités à l’entraînement, mais complètement inhibé par le stress en compétition ». Depuis qu’ils collaborent, le snowboardeur a appris, non pas à se satisfaire de l’échec, mais à « ne plus détruire [ses] compétences. » Avec les résultats que l’on sait : en 2017, le natif de Briançon a complété son palmarès, remportant le titre de champion du monde de sa discipline.
Revendiquant son côté normal, et avouant n’avoir jamais rêvé de « devenir l’idole de quelqu’un », Pierre Vaultier ne cherche pas la lumière. Bien installé à Saint-Chaffrey (Hautes-Alpes) avec sa femme – l’ancienne snowboardeuse estonienne Kadri Pihla – et leurs deux jeunes enfants, il passe la moitié de l’année en Estonie. Et avait hâte, après la finale, de « prendre [son] téléphone et de leur passer un long coup de fil. »
Une chose est sûre, même trentenaire, même sans cheville, le désormais double champion olympique n’est pas près de quitter la piste. « Je vais avoir du mal à lâcher mon snow », reconnaissait-il cet été. Vu ses résultats, personne ne s’en plaindra.



                            


                        

                        


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