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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans sa chronique, la journaliste Annie Kahn prévient la gent masculine que de nombreuses épouses, frustrées de n’avoir pu mener la carrière qu’elles espéraient, reprennent goût à l’indépendance, une fois les enfants élevés.
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Avis aux hommes indifférents à la réussite professionelle de leur conjointe

Dans sa chronique, la journaliste Annie Kahn prévient la gent masculine que de nombreuses épouses, frustrées de n’avoir pu mener la carrière qu’elles espéraient, reprennent goût à l’indépendance, une fois les enfants élevés.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 17h49
    |

            Annie Kahn








                        



                                


                            
Ma vie en boîte. On ne voudrait pas trop rafraîchir l’atmosphère. Mais trois jours après la Saint-Valentin, il nous paraît important de tirer quelques signaux d’alarme. Si vous et votre actuel ou futur conjoint avez envie de fêter de très nombreux autres 14 février ensemble, mieux vaut être, dès le début, très clair quant à vos projets de vie personnels, mais aussi professionnels. Faute de quoi, toutes choses égales par ailleurs, votre union risque de mal se terminer.
L’image de l’épouse délaissée par un mari en quête de jeunesse serait surannée
Car les femmes qui se passionnent pour leur travail déchantent quand elles se rendent compte qu’elles doivent assumer l’essentiel des tâches familiales, au détriment de leur carrière. Et ces cas sont fréquents, car les hommes réellement égalitaires ne sont pas légion. Et pourquoi le seraient-ils, puisqu’ils savent que la plupart de leurs semblables sont sur le même modèle ? La concurrence est faible. Pas la peine de renoncer à ses privilèges.
Sauf que la donne change, prévient Avivah Wittenberg-Cox, dans son dernier livre, Late Love (« amour tardif », ed. Motivational Press), non encore traduit en français. Un livre réjouissant, qui semble prouver que les quinquas et sexagénaires (femmes en particulier) sont de plus en plus nombreuses à s’engager dans une nouvelle vie amoureuse, une fois leurs enfants élevés. L’image de l’épouse délaissée par un mari en quête de jeunesse serait surannée. Surtout chez les femmes souhaitant une vie professionnelle accomplie. Indépendance financière et allongement de la durée de la vie se conjuguent pour leur donner le goût de l’indépendance, à l’âge de la maturité.
Malentendu général
L’information vaut pour les baby boomers, mais aussi pour les plus jeunes, ces fameux Millenials ou Génération X que l’on croyait radicalement différents, composés de papa poules et de business women. Ils ne vont pas radicalement changer la situation comme on le dit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ La modernisation de la fonction publique ne se fera pas sans la participation des agents, estime, dans une tribune au « Monde », Jean-Ludovic Silicani, ancien commissaire à la réforme de l’Etat.
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« Adapter la fonction publique aux enjeux du XXIe siècle tout en restant fidèle aux valeurs qui l’animent »

La modernisation de la fonction publique ne se fera pas sans la participation des agents, estime, dans une tribune au « Monde », Jean-Ludovic Silicani, ancien commissaire à la réforme de l’Etat.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 14h00
    |

Jean-Ludovic Silicani (ancien commissaire à la réforme de l’Etat)







                        



                                


                            
Tribune. La France s’est construite autour de l’Etat et de services publics universels qui donnent corps aux principes républicains de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité. Les Français sont attachés à ce modèle. Or, nombre d’études nationales ou internationales, mais aussi le ressenti des citoyens, montrent que la qualité de nos services publics se dégrade. Sans doute, pour certains d’entre eux, comme la justice, par manque de moyens. Pourtant, globalement, les crédits et effectifs consacrés aux services publics sont parmi les plus élevés au monde et ne se sont pas réduits, bien au contraire, au cours des vingt dernières années.
La réduction du nombre des acteurs publics et surtout leur spécialisation sont le premier chantier à mener à bien
Il faut rechercher les causes de ce paradoxe et les moyens d’y remédier. D’abord, la complexité de notre organisation administrative, faite de strates superposées au fil de l’histoire : trop d’acteurs publics se marchent sur les pieds (services centraux des ministères, services déconcentrés, établissements publics, autorités administratives indépendantes, différents niveaux de collectivités territoriales…), ce qui génère de l’opacité, de la lenteur et des gaspillages. La réduction du nombre des acteurs publics et surtout leur spécialisation sont donc le premier chantier à mener à bien, sans provocation mais sans tabou.
La complexité croissante du droit est un autre facteur d’inflation des coûts. C’est une transformation systémique qu’il faut mener, en réduisant non seulement le flux des nouvelles normes mais surtout, massivement, le stock des normes en vigueur. Cette révolution normative est possible si la loi se limite, dans la plupart des domaines, à fixer des objectifs fondamentaux, tout en laissant aux acteurs le choix des moyens de les atteindre, sous le contrôle a posteriori de l’administration.
Moderniser la fonction publique
S’agissant des procédures administratives, c’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Les dirigeants européens divergent sur l’opportunité de relancer le processus d’adhésion des pays de la région, alors que Serbie, Monténégro, Macédoine, Albanie, Bosnie-Herzégovine et Kosovo affrontent de multiples crises.
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Balkans : L’UE face au dilemme de l’élargissement

Les dirigeants européens divergent sur l’opportunité de relancer le processus d’adhésion des pays de la région, alors que Serbie, Monténégro, Macédoine, Albanie, Bosnie-Herzégovine et Kosovo affrontent de multiples crises.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 13h11
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Morne ambiance. A Strasbourg, mardi 6 février, la salle de presse du Parlement européen est aux trois quarts vide, tandis qu’à Bruxelles, dans celle de la Commission, connectée en visioconférence, l’assistance est encore plus clairsemée. Federica Mogherini, la haute représentante de l’Union européenne (UE) pour les affaires étrangères, présente sa « Stratégie pour les Balkans occidentaux » sur laquelle la Commission a tenté de maintenir un peu de suspense, même si une bonne partie des documents a déjà été éventée.
Mme Mogherini évoque une perspective « potentielle » d’adhésions en 2025, surtout pour la Serbie et le Monténégro, déjà officiellement candidats. Quatre autres pays (l’Albanie, le Kosovo, la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine) sont concernés mais, pour eux, la perspective est plus éloignée encore. Six « projets de coopération » sont aussi à l’ordre du jour, pour le renforcement de l’Etat de droit, l’aide à la construction de réseaux de transport et de communication, l’énergie, etc.
Corruption galopante
Le tout est assorti d’un appel aux réformes et à la réconciliation avec une aide de 500 millions d’euros pour la période 2018-2020. L’intégration de ces Etats, faiblement développés au plan économique, à la démographie déclinante et en proie à une corruption galopante, serait une « nécessité continentale », à en croire Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, qui la laissera en héritage à son successeur, son mandat s’achevant à la fin de 2019.

Mais l’accueil est réservé : les grandes capitales ont d’autres soucis et, en réalité, personne ne juge réaliste la date de 2025. Tous les pays des Balkans occidentaux sont en fait censés mener d’indispensables réformes pour assurer la stabilité politique, assainir la justice et la fonction publique, éradiquer la corruption, faire respecter les normes et valeurs européennes, etc. « Vaste programme, non ? », sourit un spécialiste du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Les œuvres du compositeur français le plus connu et joué dans le monde ne passent pas sur les radios généralistes. Une bonne raison d’aller l’écouter en concert, estime, dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».
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« Comme Pascal Dusapin, les grands noms de la musique contemporaine restent inconnus »

Les œuvres du compositeur français le plus connu et joué dans le monde ne passent pas sur les radios généralistes. Une bonne raison d’aller l’écouter en concert, estime, dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».



Le Monde
 |    16.02.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 12h59
    |

            Michel Guerrin








                        



                                


                            

Dans le métro, entre une publicité pour une robe et une autre pour un bracelet, on est tombé sur le visage de Pascal Dusapin. Il s’affiche pour annoncer le week-end que la Philharmonie de Paris lui consacre, les 17 et 18 février. C’est un compositeur de musique contemporaine. Entendez : la musique classique d’aujourd’hui. Il a 62 ans. A son actif, près de cent cinquante œuvres, de la pièce pour piano à l’opéra. Une question nous est alors venue. Quel est son statut ? Pour un écrivain ou un cinéaste, on a une idée. Pour lui, non.
Ses œuvres ne passent pas sur les radios généralistes, son potentiel commercial est faible, son rôle social incertain. Les grands noms de cet art sont inconnus. Cela tient beaucoup au côté indocile de leur musique. Inaudible, disent les plus durs. Dans un monde où l’on rêve d’harmonie, comment entendre une voix dissonante ? Pascal Dusapin est bien placé pour répondre puisque la Philharmonie le présente comme « l’icône de la musique contemporaine ». Soit le compositeur français le plus connu et joué dans le monde.
On pensait tomber sur un écorché, c’est un homme heureux qui dit en gros : venez m’écouter si vous êtes curieux, ou alors pas de problème. Il a une tête de playboy, mais ses nuits, il les passe souvent à table pour tracer à l’encre noire et à la règle des notes comme l’écrivain des mots. A l’ancienne. Sans piano ni ordinateur. Dusapin entend ce qu’il écrit, même pour soixante instruments. Il lui faut parfois un mois pour écrire quinze secondes.
Ses admirations musicales sont buissonnières
Tout va bien sauf qu’il déteste la formule « musique contemporaine ». Il dit que c’est une expression associée aux combats « ayatollesques » des années 1950-1970, qu’elle enferme le compositeur dans la case « musique de cintrés ». Ce qui fait beaucoup. Dans le cinéma ou la littérature, les esthétiques cohabitent depuis longtemps, dans la joie ou le mépris, parce que le public s’élargit et qu’il y a de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Après une longue enquête de terrain, le sociologue Matthew Desmond a fait paraître outre-Atlantique un livre décrivant la cruelle mécanique qu’entraîne la diminution des aides au logement.
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Aux Etats-Unis, dans l’enfer des expulsions

Après une longue enquête de terrain, le sociologue Matthew Desmond a fait paraître outre-Atlantique un livre décrivant la cruelle mécanique qu’entraîne la diminution des aides au logement.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 12h07
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. Donald Trump a construit sa fortune dans l’immobilier de luxe, c’est bien connu. On connaît cependant moins le détail de la politique qu’il poursuit en matière de logement, tant ses frasques squattent l’espace médiatique. Les orientations retenues auront pourtant un effet dévastateur : pour l’année en cours, le président des Etats-Unis souhaite réduire de 6 milliards de dollars le budget du ministère ad hoc, ce qui entraînera une grave diminution des aides au logement et le risque d’une augmentation en flèche du nombre de SDF.
Le sociologue Matthew Desmond a étudié la cruelle mécanique, dont le rythme promet de s’accélérer. Dans Evicted. Poverty and Profit in the American City (« Expulsés. Pauvreté et profit dans la ville américaine », Crown, 2016, non traduit), un ouvrage récompensé du prix Pulitzer 2017, il montre l’impact, pour ceux qui en sont victimes, des expulsions locatives.
S’installant pendant plus d’un an dans les quartiers populaires de Milwaukee (Wisconsin), Matthew ­Desmond a suivi huit familles, dont certaines consacrent plus des trois quarts de leurs revenus à leur loyer. Le livre s’ouvre sur le parcours d’Arleen, mère célibataire de deux garçons. Expulsés en plein hiver, tous trois partent vivre dans un foyer pour SDF pendant plusieurs semaines, jusqu’à ce qu’Arleen retrouve un logement. Mais un inspecteur des services municipaux lui demande de quitter les lieux, jugés impropres à l’habitation. Au cours des mois suivants, elle doit déménager deux fois, avant de trouver un endroit convenable – dont elle est bientôt expulsée.
« Le ghetto, c’est du gâteau »
Cette instabilité a des effets dévastateurs. Les enfants changent sans cesse d’école, perdent leurs amis, vivent dans la crainte et sont exposés à la violence et aux charmes vénéneux des gangs. Changer si souvent d’adresse rend également très difficile l’obtention des aides au logement. Le temps passé à trouver un toit compromet les chances...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Editorial. Si le remplacement de Jacob Zuma à la tête du pays ne pourra pas effacer la misère, l’espoir d’un grand nettoyage dans les affaires publiques renaît.
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Cyril Ramaphosa, symbole d’un nouveau départ pour l’Afrique du Sud

Editorial. Si le remplacement de Jacob Zuma à la tête du pays ne pourra pas effacer la misère, l’espoir d’un grand nettoyage dans les affaires publiques renaît.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 14h42
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Les scandales qui ont marqué les huit ans de Jacob Zuma à la tête de l’Afrique du Sud, ses ultimes menaces proférées avec l’énergie du désespoir alors que l’heure de sa chute approchait, ont presque éclipsé l’essentiel : la démocratie sud-africaine se révèle plus forte que les hommes qui la dirigent.
Celle-ci a eu finalement le dernier mot face à l’homme qui était censé l’incarner, alors qu’il avait préféré s’affranchir de ses règles. Le président Zuma a quitté le pouvoir, remplacé quelques heures plus tard par Cyril Ramaphosa, porteur désormais de l’espoir d’un grand nettoyage dans les affaires publiques.

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                Cyril Ramaphosa en mission de sauvetage de l’Afrique du Sud



Jacob Zuma a perdu la guerre avec la faction Ramaphosa au sein du Congrès national africain (ANC), une forme d’empoignade dont le parti est coutumier. C’est cette même organisation qu’il avait prise d’assaut en 2007 avant d’accéder à la présidence du pays deux ans plus tard, se faisant une joie de démettre sèchement de ses fonctions Thabo Mbeki, le successeur de Nelson Mandela.
Aujourd’hui, son tour est venu d’être remercié. Ce faisant, l’ANC se débarrasse d’un président devenu un boulet à l’approche des élections générales d’avril 2019. Lui, l’homme du peuple, qui se voulait proche des masses traditionnelles et rurales, loin des « petits malins de Noirs », cette élite et cette classe moyenne des villes, est aujourd’hui perçu comme le maître d’œuvre d’un pillage au détriment des plus modestes. Si les écoles et les centres de santé manquent d’argent, c’est en partie parce qu’une corruption d’Etat détourne leurs subsides.
Le courage d’une femme
La situation est devenue si préoccupante que l’ANC peut craindre de perdre les scrutins de 2019. Une première depuis l’instauration de la démocratie multiraciale en 1994. A présent, le parti doit essayer de contenir le flot d’électeurs qui ont l’intention de se détourner de lui. Dès lors, sacrifier Jacob Zuma, emblème de l’effondrement du capital moral du parti de Nelson Mandela, était devenu incontournable.

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                En Afrique du Sud, la délicate purge d’un Etat rongé par la corruption



Certes, les abus avaient commencé bien avant son arrivée au pouvoir. Mais jamais avant lui la corruption n’avait atteint ce niveau. En réaction, les médias, des organisations de la société civile, la justice et des partis d’opposition ont fait preuve d’une opiniâtreté remarquable. Malgré les pressions, ils n’ont pas hésité à dénoncer les dérives du président. Et celles de son entourage, notamment les frères Gupta, engagés dans une opération dite de « capture d’Etat ».

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                En Afrique du Sud, la chute de l’empire Gupta



Pour en triompher, il a fallu aussi le courage d’une femme : Thuli Madonsela. La médiatrice de la République a tenu bon pour maintenir l’indépendance d’une institution-clé. Elle a exposé en détail les travaux indécents – 20 millions d’euros payés sur les fonds publics – réalisés à la demeure de Jacob Zuma, à Nkandla, dans le Kwazulu-Natal. La Cour constitutionnelle avait ensuite condamné le président à rembourser une partie de la facture. Et ce n’est là que le premier acte des démêlés judiciaires qui vont désormais occuper l’ex-dirigeant.
Son départ contraint et forcé du pouvoir ne pourra pas effacer du jour au lendemain la misère en Afrique du Sud. Mais l’espoir renaît. Désormais, Cyril Ramaphosa va devoir s’attaquer franchement à la corruption, relancer l’économie, réduire les inégalités, recoller les morceaux d’une nation divisée et faire rayonner à nouveau ce pays-phare du continent… Un projet national que l’Afrique du Sud n’entendait plus dans la bouche de Jacob Zuma.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Les affaires d’agressions sexuelles et de viols sont étouffées par les solidarités partisanes, observe la politologue Vanessa Jérome dans un entretien accordé au « Monde ».
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Violences sexuelles : « Une omerta frappe les partis politiques »

Les affaires d’agressions sexuelles et de viols sont étouffées par les solidarités partisanes, observe la politologue Vanessa Jérome dans un entretien accordé au « Monde ».



Le Monde
 |    16.02.2018 à 10h06
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 11h12
    |

            Sylvia Zappi








                        



                                


                            

Vanessa Jérome est politologue et sociologue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (Labex Tepsis) et travaille sur la socialisation partisane et les questions sexuelles en politique. Ancienne membre des Verts, elle a réalisé une thèse sur le parti. Alors que des responsables politiques ont été mis en cause dans des affaires de violences sexuelles, elle revient sur les raisons pour lesquelles, après le premier élan massif de libération de la parole des femmes, le mouvement #balancetonporc semble marquer le pas.
Vous travaillez sur les mécanismes d’imbrication entre logiques partisanes et logiques sexuelles. Comment expliquez-vous que les dénonciations soient plus difficiles dans les milieux politiques en France ?
Parce qu’on ne change pas les constructions sociales et le patriarcat seulement à coups de hashtag ou de pétition. La France est un pays qui a relativement peu avancé sur la question de l’égalité hommes-femmes et le traitement des violences. Nous avons, en plus, cette particularité nationale qu’on appelle la « séduction à la française », une manière de considérer que la sexualité repose sur une connaissance mutuelle des règles du jeu amoureux et de ses zones grises.

Cette conception de la séduction, qui est à la fois un mythe et une part de notre roman national, était au cœur de l’affaire DSK et perdure aujourd’hui avec la tribune des 100 femmes, notamment signée par Catherine Deneuve. Le problème de ce mythe, c’est qu’il nie l’asymétrie des positions hommes-femmes dans la société et refuse de reconnaître que les rapports de pouvoir sont au cœur des relations sexuelles. A cela s’ajoute le fonctionnement du champ politique qui contribue au silence sur ces questions.
Quelles répercussions ce contexte a-t-il dans le fonctionnement des partis politiques ?
Il faut d’abord se rappeler que les partis sont des opérateurs de carrière et de professionnalisation. Quand, en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Le professeur de gestion Xavier Leflaive estime, dans une tribune au « Monde », que le « Pacte » souhaité par le gouvernement offre une opportunité de refondation de l’entreprise.
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« N’ayons pas peur d’un débat collectif sur le partage des risques, de la valeur créée et des rémunérations dans l’entreprise »

Le professeur de gestion Xavier Leflaive estime, dans une tribune au « Monde », que le « Pacte » souhaité par le gouvernement offre une opportunité de refondation de l’entreprise.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 07h00
    |

Xavier Leflaive (Enseignant à l’Ecole du management et de l’innovation de Sciences Po)







                        



                                


                            

Tribune. Il faut saluer l’initiative du président de la République d’avoir lancé un débat sur la réforme de l’entreprise. La méthode choisie par le gouvernement – une forme de co-construction – est en phase avec la nature de l’enjeu, les attentes et les capacités de la société française. Mais si la méthode est bonne, sa mise en œuvre appelle quelques questions.
Pourquoi confier l’animation du débat aux seuls dirigeants ? Les groupes de travail qui ont accouché des propositions sont animés par des parlementaires et des chefs d’entreprise ; et la moitié de ces parlementaires a été formée à HEC ou à l’Essec et a exercé des fonctions de dirigeants ou de conseil auprès de dirigeants.
Deux ambitions
Certes, ce sont des formations et des expériences pertinentes. Mais reconnaissons qu’elles confèrent aussi un point de vue singulier sur l’entreprise. Les suites de la consultation devront rassurer sur le fait que les autres parties concernées par l’entreprise (salariés et non-salariés, demandeurs d’emploi, consommateurs, territoires…) ont un droit équitable à être représentés et à animer la réflexion.
Deuxième question : quel lien avec le modèle de croissance ? Le Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte) combine deux ambitions : faire grandir les entreprises et repenser leur place dans la société. Mais la seconde semble subordonnée à la première : l’entreprise est d’abord abordée comme un agent économique qui doit croître. D’ailleurs, les cinq députés qui animent les groupes de travail appartiennent soit à la Commission des finances, soit à la Commission des affaires économiques. Les Commissions du développement durable ou des affaires sociales ne sont pas impliquées directement.

Le Pacte suppose que la croissance économique passerait par la croissance de la taille des entreprises. Peut-être. Pourtant, les fameux districts industriels italiens ont montré que des territoires se...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Les disparités de genre pourraient être encore aggravées par l’émergence de la ville dite « durable  et intelligente », redoute  le géographe Yves Raibaud. Il est temps de rétablir la mixité – et donc l’égalité devant l’impôt, plaide-t-il.
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« L’aménagement des villes construit l’inégalité »

Les disparités de genre pourraient être encore aggravées par l’émergence de la ville dite « durable  et intelligente », redoute  le géographe Yves Raibaud. Il est temps de rétablir la mixité – et donc l’égalité devant l’impôt, plaide-t-il.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 12h15
    |

            Claire Legros








                        



                                


                            

Spécialiste de la géographie du genre, Yves Raibaud est enseignant-chercheur à l’université Bordeaux-Montaigne. Il est l’auteur de La Ville faite par et pour les hommes (Belin, 2015).
Vous dénoncez depuis longtemps la banalisation du harcèlement des femmes dans l’espace urbain et ses conséquences sur leurs droits. Avez-vous été surpris par la libération de la parole sur ce sujet ?
Cette prise de parole corrobore nos études de géographie sur la place des femmes dans la ville et le harcèlement de rue. Le sentiment d’insécurité y est totalement asymétrique : la nuit, on constate une baisse de fréquentation des rues piétonnières de 25 % à 50 % pour les femmes, qui adoptent des stratégies d’évitement.
Quand des lieux publics ou des lignes de bus ne sont plus fréquentés que par des hommes, il existe une discrimination devant l’impôt. Ce qui est choquant, c’est que cette situation ait été acceptée si longtemps par les pouvoirs publics.
Vous montrez que les institutions sont loin d’être neutres et favorisent la place des hommes en ville. De quelles façons ?
Nos études sur l’offre de loisirs montrent que, à Bordeaux, les deux tiers des activités mises en place par les pouvoirs publics sont destinées aux garçons. Quand on s’intéresse à d’autres villes en Europe, on trouve un chiffre équivalent.
On considère d’intérêt général que les jeunes garçons puissent libérer leur énergie sur un terrain de football ou un skatepark, des espaces dont on ne dit jamais qu’ils sont non mixtes mais qui, de fait, sont des terrains masculins.
L’exclusion spatiale commence dès la cour de récréation. Comment cela se passe-t-il ?
A l’école, le terrain de foot est souvent situé au milieu de la cour et accaparé par les garçons. Avec ce ballon qui roule, les filles apprennent à esquiver, à pratiquer des jeux qui ne prennent pas de place. Cet aménagement est porteur de sens, il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Née aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle, cette machine a façonné emplois et achats en permettant l’avènement du libre-service. Portrait, alors que la grande distribution est en passe de l’abandonner.
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La caisse-enregistreuse, inventaire avant liquidation

Née aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle, cette machine a façonné emplois et achats en permettant l’avènement du libre-service. Portrait, alors que la grande distribution est en passe de l’abandonner.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 12h22
    |

                            Anne Dujin








                        



                                


                            

Elle est née en 1879 à Dayton, dans l’Ohio. Et elle a commencé par trôner sur le comptoir d’un saloon. Son inventeur, James Ritty, cherchait un moyen de lutter contre les pratiques peu scrupuleuses de certains de ses employés qui, selon lui, se servaient dans la caisse. Surnommée par ses soins la « caisse incorruptible », elle est rapidement devenue, dans l’imaginaire des patrons de commerce américains, symbole de moralité et d’efficacité.
Mais elle eut vite une autre fonction que le contrôle des employés : l’historienne américaine Susan Spellman a montré, dans un travail de thèse, comment elle permit également le suivi des transactions et la mise en place d’une véritable comptabilité. Ayant lui-même acheté un exemplaire à James Ritty en 1882, John Patterson constata rapidement son effet positif sur l’état de ses comptes. Rachetant l’entreprise de Ritty, il fonda en 1885 la National Cash Register (NCR), qui deviendra le premier fabricant mondial de caisses enregistreuses.
Renforcer la confiance du consommateur
La caisse entre alors peu à peu dans le quotidien des patrons de commerce et de leurs employés, mais aussi de leurs clients, qui se familiarisent avec le tintement de la cloche accompagnant chacun de leur passage. Elle joue un rôle-clé dans la formation de ce que le sociologue Franck Cochoy appelle la « chaîne de prix », qui modifie profondément les rapports entre commerçants et clients. « Les fabricants ont fait des efforts considérables pour développer des systèmes d’affichage des prix clairs et justes, non seulement sur l’appareil de caisse lui-même, mais également dans le magasin », explique-t-il.
A la fin des années 1920, les premières caisses électroniques affichent le prix côté commerçant, puis côté client. Viendront ensuite l’impression de tickets, puis l’affichage sur la machine non plus seulement du total des achats, mais du montant à rendre. Parallèlement, l’étiquetage des produits dans l’ensemble...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le ministre de la cohésion des territoires rappelle que « les personnes en situation de grande précarité ne doivent pas être les otages de rapports de force politiques ».
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Jacques Mézard : « La mise à l’abri des plus précaires est un combat de tous les jours »

Dans une tribune au « Monde », le ministre de la cohésion des territoires rappelle que « les personnes en situation de grande précarité ne doivent pas être les otages de rapports de force politiques ».



Le Monde
 |    15.02.2018 à 15h00
    |

Jacques Mézard (Ministre de la cohésion des territoires)







                        



                                


                            
Tribune. Cela fait désormais dix jours que le plan Grand froid a été activé dans trente-sept départements pour mettre à l’abri les personnes sans domicile fixe (SDF) dans cette période particulièrement difficile pour elles. L’attention politique et médiatique est logiquement à son comble. La progression du nombre de personnes sans domicile fixe est pourtant une réalité depuis des années, réalité crue, complexe, à laquelle nous devons faire face sans dogmatisme et en rejetant toute instrumentalisation.
nul n’a à s’ériger en donneur de leçons ni en détenteur du monopole de l’altruisme et de la générosité
La pauvreté, la marginalisation, la solitude de femmes et d’hommes dans notre pays est une réalité, comme elle l’est aussi dans la quasi-totalité des pays développés. Evolutions sociétales (augmentation des divorces et des familles monoparentales, recul du sentiment de solidarité), persistance de la crise économique, amplification des flux migratoires, tout cela multiplie le nombre de laissés-pour-compte. Face à ce triste constat, nous devons collectivement avoir l’objectif de ne plus avoir personne « à la rue ». Est-ce le cas aujourd’hui ? Non. Devant cette réalité, le gouvernement ne se résignera pas et continuera le combat contre la misère qui tue.
En tant que ministre de la cohésion des territoires, j’exerce avec gravité et humilité la responsabilité qui est la mienne. Je n’ignore rien de la précarité d’une partie des Français. En la matière, nul besoin de se quereller à coups de chiffres qui disent si peu des drames humains du quotidien qui sont vécus par les plus vulnérables de nos concitoyens. Toute polémique sur les chiffres ne saurait être à la hauteur des enjeux. Je salue tant le travail quotidien des services de l’Etat autour des préfets – et en premier lieu du préfet d’Ile-de-France – que le travail des associations. Mais nul n’a à s’ériger en donneur de leçons ni en détenteur du monopole de l’altruisme et de la générosité.
Travail...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans sa chronique, l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur estime que le développement de l’apprentissage ne pourra se faire que si toutes les carrières techniques, jusqu’aux postes d’ingénieurs de rang élevé, deviennent accessibles aux apprentis.
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« Faute de rendre l’apprentissage plus attrayant, celui-ci restera considéré comme une solution par défaut »

Dans sa chronique, l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur estime que le développement de l’apprentissage ne pourra se faire que si toutes les carrières techniques, jusqu’aux postes d’ingénieurs de rang élevé, deviennent accessibles aux apprentis.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 13h04
    |

Pierre-Cyrille Hautcœur (Directeur d'études à l’EHESS)







                        



                                


                            
Histoire. L’inspiration allemande du projet de loi sur l’apprentissage, qui sera bientôt présenté au Parlement, ne fait guère de doute. Outre-Rhin, près des deux tiers des jeunes commencent un apprentissage, et les trois quarts d’entre eux l’achèvent. Dans beaucoup de professions, trouver du travail sans en avoir suivi un est impossible. Cela serait la clé de l’articulation entre industrie puissante et faible chômage, qui font le succès de l’économie allemande. Ce système peut-il être importé en France, où l’apprentissage est, comme en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, moins développé malgré de nombreux efforts pour le réhabiliter ?

Les systèmes d’apprentissage étaient ancrés dans les corporations dans quasiment toute l’Europe au Moyen Age. Ils furent l’objet de nombreux débats. Les libéraux considéraient dès le XVIIIe siècle que l’apprentissage corporatiste était moins un outil de formation que de légitimation sociale de la transmission de père en fils des emplois de maîtres artisans, et conduisait par conséquent à une barrière monopolistique qui freinait la croissance économique, l’innovation et la promotion sociale par le mérite.
De plus, les apprentis autres que l’héritier n’étaient pas toujours bien traités, leurs droits étaient limités, et la durée durant laquelle ils travaillaient « gratuitement » pour leur maître en échange de leur formation était souvent très longue (sept ans dans le Statute of Artificers – « artisans » – anglais de 1563, qui resta en application plus de deux siècles). Certains s’enfuyaient, ou ne parvenaient pas au statut de maître, malgré leurs années d’efforts.
Ces accusations conduisirent à la remise en cause des corporations par les libéraux, notamment par Turgot, en France, et Adam Smith, en Angleterre. Si Turgot ne parvint pas à les faire supprimer en 1776, le statut plus ouvert que leur donna alors Necker (avec l’accès des femmes à la maîtrise, par exemple) ne suffit pas à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans sa chronique mensuelle, Marie de Vergès, journaliste au « Monde », rappelle combien, en économie comme en matière militaire, l’équation nord-coréenne demeure d’une rare complexité.
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« L’économie nord-coréenne désarçonne et trompe son monde »

Dans sa chronique mensuelle, Marie de Vergès, journaliste au « Monde », rappelle combien, en économie comme en matière militaire, l’équation nord-coréenne demeure d’une rare complexité.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 14h00
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            
Emergences. République populaire démocratique de Corée, automne 1974. L’ambassadeur de France en Chine, Etienne Manac’h, est en visite au nord du 38e parallèle. Qu’y découvre-t-il ? Un peuple d’un grand « dynamisme ». Vêtu de « façon beaucoup plus cossue qu’en Chine » et dont les hommes pourraient facilement « être pris pour des Japonais aisés ». Une capitale, Pyongyang, hérissée d’« immeubles modernes d’assez belle apparence ». Des campagnes où « la mécanisation [est] assez poussée ». Surtout, un régime attentif « à l’amélioration constante des conditions matérielles d’existence de la population »…
La Corée du Nord figure parmi les économies les plus pauvres d’Asie
Ce télégramme est à découvrir dans un ouvrage récent consacré à cinquante ans d’archives diplomatiques (Dans les archives secrètes du Quai d’Orsay, éd. L’Iconoclaste, 2017). Un récit savoureux et pour le moins déconcertant, plus de quatre décennies plus tard, alors que les projecteurs sont à nouveau braqués sur le régime de Pyongyang. Celui-ci peut bien jouer l’unité sportive avec son frère du Sud, hôte des Jeux olympiques de Pyeongchang, jusqu’à lui voler la ­vedette, mais rien ne dissimule le gouffre béant qui ­sépare les deux Corées.
Pays de Samsung et de Hyundai, l’une est la onzième nation la plus riche du monde. Un « dragon » émergent devenu industrialisé, ultratechnologique et inséré dans la mondialisation. Pour l’autre, force est de constater que les promesses de développement esquissées sous la plume de l’ambassadeur Manac’h ne se sont pas réalisées. Elle figure parmi les économies les plus pauvres d’Asie. Ses produits phares sont le charbon, les crustacés, le ginseng et le vinalon, fibre synthétique inventée par le chimiste Ri Sung-gi, aussi incontournable en Corée du Nord que méconnue à l’étranger.
Boom de la construction
D’autres Etats communistes, comme la Chine ou le Vietnam,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le professeur de gestion Stéphane Garelli estime que la masse des liquidités sur le marché représente plus qu’un risque financier ; elle pourrait conduire à une redistribution spectaculaire de l’actionnariat des grandes entreprises mondiales.
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« La restructuration de la propriété des entreprises va affecter notre environnement économique »

Dans une tribune au « Monde », le professeur de gestion Stéphane Garelli estime que la masse des liquidités sur le marché représente plus qu’un risque financier ; elle pourrait conduire à une redistribution spectaculaire de l’actionnariat des grandes entreprises mondiales.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
15.02.2018 à 16h01
    |

Stéphane Garelli (Professeur à l’International Institute  for Management Development (IMD)  de Lausanne  et fondateur  du IMD World Competitiveness...







                        



                                


                            
Tribune. Les prévisions économiques se concentrent trop souvent sur l’aspect financier des affaires. Les Bourses sont-elles surévaluées et vont-elles s’effondrer ? L’inflation va-t-elle reprendre ? Les banques centrales vont-elles relever les taux d’intérêt ? Toutes ces questions sont légitimes, mais elles obscurcissent parfois l’essentiel. La vague de fond qui va affecter 2018 pourrait bien être une restructuration considérable de l’économie mondiale et de ses acteurs principaux, les grandes entreprises.
Cinq compagnies technologiques américaines ont plus de 500 milliards de dollars de liquidités à disposition
Les entreprises ont en général une vie courte. Dans les années 1970, elle était de quarante ans. Aujourd’hui, elle est tombée à moins de dix-huit ans. Le cabinet de conseil en stratégie McKinsey estime qu’en 2027 les trois quarts des entreprises cotées au S&P 500 auront disparu. Pour comprendre ce phénomène de destruction massive, il faut se tourner vers plusieurs événements majeurs qui vont déterminer notre environnement économique et d’affaires en 2018.
Il n’y a jamais eu autant d’argent liquide sur les marchés. Le bilan combiné des neuf plus grandes banques centrales dépasse les 18 000 milliards de dollars (environ 15 400 milliards d’euros). Les dix plus grands fonds souverains du monde gèrent plus de 10 000 milliards de dollars. Cinq compagnies technologiques américaines ont plus de 500 milliards de dollars de liquidités à disposition. Finalement, les grandes entreprises américaines et européennes bénéficient ensemble de plus de 3 000 milliards de liquidités à leur bilan.
L’objectif de la réforme fiscale américaine
De plus, les grandes sociétés américaines continuent de conserver une partie considérable de ces liquidités en dehors des Etats-Unis. L’administration Trump estime à plus de 1 400 milliards de dollars les profits accumulés de ces entreprises qui n’ont pas été rapatriés. Apple aurait ainsi plus de 260 milliards...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ La loi visant l’interdiction de l’expression « camps de concentration polonais » résulte en grande partie d’un faux pas politique. Mais elle confirme la volonté de Varsovie de vouloir réécrire l’histoire juge la philosophe Anna Zielinska.
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Pologne : « Plusieurs démons du passé se sont réveillés »

La loi visant l’interdiction de l’expression « camps de concentration polonais » résulte en grande partie d’un faux pas politique. Mais elle confirme la volonté de Varsovie de vouloir réécrire l’histoire juge la philosophe Anna Zielinska.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 13h47
 • Mis à jour le
15.02.2018 à 18h36
    |

Anna Zielinska (Philosophe, université de Lorraine)







                        



                                


                            
Tribune. Comment une loi en apparence liberticide, interprétée comme interdisant de suggérer l’implication des Polonais dans la Shoah, a pu être votée par l’Assemblée nationale polonaise la veille de la célébration du 73e anniversaire de la libération du camp de la mort d’Auschwitz ? Cette situation ubuesque mérite quelques éclaircissements sur la Pologne, un pays aussi déchiré entre deux conceptions du patriotisme et de son histoire que les Etats-Unis.
De fait, depuis des années, les médias internationaux emploient parfois l’expression : « les camps de la mort/de concentration polonais » (« Polish death camps »). Si nous savons tous que plusieurs camps de la mort situés en Pologne y ont été construits par les Allemands pour anéantir le peuple juif d’Europe, il faut justement s’arrêter sur la formule « peuple juif », ou encore « peuple polonais », alors qu’on ne dit jamais, ou presque, « peuple anglais » ou « peuple français ».

« Peuple », Narod, est une notion qui s’est développée dans le monde slave et dans les Balkans, des régions où l’identité d’un groupe culturel ne coïncidait qu’en partie avec l’identité étatique. Les frontières de l’Europe centrale et orientale ont toujours été en constant mouvement, comme en témoigne en particulier la construction curieuse de l’Empire austro-hongrois.
L’appartenance nationale
Ce terme de Narod ne désigne pas les représentants distincts d’un peuple, mais son esprit et sa continuité historique, quelque chose d’élevé qui dépasse les individualités. Une notion qui semble donc avoir plus de sens pour des conservateurs que pour des libéraux. Notons que le polonais connaît deux termes relatifs à l’appartenance nationale : obywatelstwo (nationalité au sens de citoyenneté) et narodowosc (nationalité au sens de l’appartenance à une communauté, qui, lors de recensements de la population, sert à distinguer...




                        

                        


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<filnamedate="20180216"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180216"><AAMMJJHH="2018021619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Des soignants isolés, mis en concurrence, dans l’incapacité de bien faire leur travail : appliquées sans discernement depuis le début des années 2000, les méthodes de gestion issues du privé sont une catastrophe pour les institutions sanitaires et sociales. Etat des lieux.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/02/2018
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Hôpitaux, Ehpad : le soin saccagé

Des soignants isolés, mis en concurrence, dans l’incapacité de bien faire leur travail : appliquées sans discernement depuis le début des années 2000, les méthodes de gestion issues du privé sont une catastrophe pour les institutions sanitaires et sociales. Etat des lieux.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 12h29
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 12h51
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            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Ce n’est plus un bouillonnement, c’est une explosion. Le 8 janvier, le ministère de la santé publie un rapport accablant sur le fonctionnement du centre hospitalier universitaire (CHU) de Grenoble, où un neurochirurgien de 36 ans s’est donné la mort, en novembre 2017, dans un bloc opératoire.
Le 26 janvier, la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, présente un plan de douze mesures d’urgence en faveur des hôpitaux psychiatriques, en réponse aux mouvements de grève qui ont émergé ces derniers mois dans ces établissements.
Le 30 janvier, à l’appel de sept syndicats, les personnels des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) sont en grève pour protester contre leurs conditions de travail. Le 19 février, dans le cadre du plan d’accompagnement des Ehpad, une commission sera installée par le ministère de la santé afin de proposer « une stratégie nationale de lutte contre la maltraitance »…
Jamais la situation des personnels soignants dans les hôpitaux et les maisons de retraite n’a paru si dégradée, avec pour conséquence directe le mauvais traitement des personnes vulnérables dont ils ont la charge.
« Pressions managériales »
Comment en est-on arrivé là ? Outre le manque de moyens et d’effectifs, le constat des observateurs est quasiment unanime : appliquées sans discernement, les méthodes modernes de gestion et de management issues du privé sont une catastrophe pour les institutions sanitaires et sociales.
L’organisation Action praticiens hôpital (APH), qui regroupe une dizaine de syndicats et a lancé fin 2017 un observatoire de la souffrance au travail, fait état de « pressions managériales » de plus en plus fortes de « l’hôpital-entreprise ». « Dans certains établissements, on n’est plus loin de ce qui se passe chez Lidl ou Amazon », affirme Nicole Smolski, présidente d’honneur d’APH. Les techniques managériales modernes seraient-elles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Depuis quatre ans, ce psychiatre reçoit en consultation des « grappes » de médecins, souvent chefs de service, dans des états psychiques préoccupants.
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Christophe Dejours, psychiatre : « Les soignants sont contraints d’apporter leur concours à des actes qu’ils réprouvent »

Depuis quatre ans, ce psychiatre reçoit en consultation des « grappes » de médecins, souvent chefs de service, dans des états psychiques préoccupants.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 12h18
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 11h30
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Psychiatre, psychanalyste, professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), Christophe Dejours est spécialiste en psychodynamique du travail. Il a récemment publié Le Choix. Souffrir au travail n’est pas une fatalité (Bayard, 2015) et Situations du travail (PUF, 2016).
Depuis quelques années, vous recevez dans votre cabinet des psychiatres des hôpitaux en grande souffrance. Que se passe-t-il ?
Il s’agit souvent de chefs de service, qui sont dans des états psychiques préoccupants – états de confusion mentale, problèmes somatiques gravissimes. J’ai commencé à les voir arriver par grappes il y a environ quatre ans. Or, si de nouvelles formes de pathologie liées au travail apparaissent, c’est que quelque chose a changé dans son organisation. En l’occurrence, la généralisation des méthodes du New Public Management [« nouvelle gestion publique », NPM] aux services de soins.
En quoi ces techniques de gestion rendent-elles malades les psychiatres hospitaliers ?
Tous me font une description similaire de leur situation. Ce sont toujours des cliniciens fortement engagés, depuis de longues années, dans la pratique en institution. La décompensation psychopathologique survient quelques mois ou quelques années après l’arrivée d’un nouveau directeur, le plus souvent un jeune gestionnaire. Après un audit, celui-ci met en place des outils d’évaluation et des protocoles de soins. Avec deux priorités : des objectifs quantitatifs et des performances mesurables.

Entre les deux, le gestionnaire ne veut rien savoir. Résultat : des conditions de travail ingérables pour les chefs de service. Ils doivent d’un côté diriger des équipes qui n’arrivent plus à fonctionner, de l’autre affronter une administration qui ne cesse de les harceler avec une série d’exigences n’ayant rien à voir avec leur métier. Cela provoque chez nombre d’entre eux des décompensations brutales...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Plusieurs ministres ont échoué à transformer l’examen mais le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, semble bénéficier d’une opinion publique favorable.
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Une réforme du baccalauréat… oui, mais après ?

Plusieurs ministres ont échoué à transformer l’examen mais le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, semble bénéficier d’une opinion publique favorable.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
15.02.2018 à 15h29
    |

                            Mattea Battaglia








                        



                                


                            
Faut-il rebaptiser l’année de terminale, et si oui, comment ? La question, soumise aux syndicats qui ont défilé devant le ministère de l’éducation nationale avant l’annonce, mercredi 14 février, de la réforme du baccalauréat, peut paraître secondaire. Elle ne l’est pas.
En remettant en jeu le nom de cette dernière année de lycée, pensée comme un aboutissement du temps du lycée Napoléonien, mais qui n’a presque plus rien de « terminale » dès lors que 90 % des bacheliers, et même plus, poursuivent des études supérieures, le ministère a résumé l’ambition : graver dans le système – et dans les esprits – le « continuum du bac – 3, bac + 3 », comme on dit dans le jargon de l’école. Un parcours au sein duquel l’examen bicentenaire et son année de préparation n’ont plus vocation de verrou mais bien celle de passerelle.

Le baccalauréat vieillit mal. « Modernisons-le », plaidait Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle 2017, en livrant le mode d’emploi : quatre épreuves finales, le reste en contrôle continu. « C’est même le seul point clair de son programme éducatif », réagissaient à l’époque les commentateurs politiques. « Musclons-le », a renchéri Jean-Michel Blanquer en posant ses cartons au ministère de l’éducation, lui qui défendait déjà, dans ses livres (L’Ecole de la vie en 2014, L’Ecole de demain en 2016), la nécessité de « dépoussiérer » l’examen et de « l’adapter à son temps ».
Autour de cet objectif, à tous les niveaux du pouvoir, on serre les rangs.
« Nous dépensons bien plus que les autres pays pour le lycée, notamment parce que notre système est rigide et conçu autour du baccalauréat, soulignait le premier ministre, Edouard Philippe, lors de son discours de politique générale, le 4 juillet 2017. Mais nous conduisons 60 % de bacheliers à l’échec en licence ! »
Le procès fait à l’examen...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Le dirigeant de la formation de Beppe Grillo adopte un discours modéré avant les législatives du 4 mars en Italie.
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Luigi Di Maio : « Le Mouvement 5 étoiles est pro-européen »

Le dirigeant de la formation de Beppe Grillo adopte un discours modéré avant les législatives du 4 mars en Italie.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 11h42
 • Mis à jour le
15.02.2018 à 15h23
    |

            Jérôme Gautheret (Pomigliano d'Arco (Italie), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Le Mouvement 5 étoiles (M5S) n’a pas modifié le cours de sa campagne pour les législatives italiennes du 4 mars, après l’attentat raciste de Macerata, qu’il n’a pas cherché à exploiter. Un militant de la Ligue du Nord, Luca Traini, avait ouvert le feu dans les rues de la ville, le 3 février, blessant six migrants africains, en représailles contre le meurtre d’une jeune femme de 18 ans, pour lequel trois Nigérians sont soupçonnés. Les 11 et 12 février, Luigi Di Maio, 31 ans, dirigeant du mouvement fondé par Beppe Grillo, était de retour dans sa région, en Campanie, pour une série de rencontres. C’est là qu’il a accordé un entretien au Monde, à Pomigliano d’Arco, dans la maison de ses parents.
Après l’attaque de Macerata, le Mouvement 5 étoiles a semblé vouloir rester à l’écart de la polémique. Pourquoi ?
Ce qui s’est passé est une tragédie, pour cette jeune fille qui a été tuée et pour ce qu’a commis ensuite Luca Traini. Bien sûr qu’il fallait condamner ces actes, et nous l’avons fait, mais ensuite, il y a eu tant de spéculations politiques… La gauche et la droite ont cherché à faire campagne sur cette affaire. Pourquoi ? Parce que ces coalitions, aujourd’hui, ne représentent plus ni la gauche ni la droite. La droite a massacré les entreprises quand elle gouvernait, et la gauche a massacré les ouvriers quand elle était aux affaires. Alors il ne leur reste que ce genre d’histoires pour rassembler. De notre côté, nous avons appelé à rejeter les instrumentalisations, et nous en sommes restés là.
Que pensez-vous des alarmes en Italie sur le risque d’un retour du fascisme ?
Ce que je vois, c’est surtout le risque qu’il puisse y avoir des initiatives personnelles tragiques. Ce qui s’est passé à Macerata ne peut pas être justifié. Mais nous devons tenir compte du fait que le tissu social italien se désagrège, parce que l’immigration, comme la criminalité disons « italienne » et tous les problèmes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Editorial. La réforme de cet examen symbolique a été présentée le mercredi 14 février par Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’éducation nationale. Courageux et périlleux, ce chantier est une nécessité.
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Baccalauréat : une modernisation nécessaire

Editorial. La réforme de cet examen symbolique a été présentée le mercredi 14 février par Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’éducation nationale. Courageux et périlleux, ce chantier est une nécessité.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 11h38
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Le baccalauréat est un monument historique. Depuis sa création par Napoléon, il a traversé plus de deux siècles d’empires, de royautés et de Républiques. Mais l’édifice est en péril. Passeport de l’entrée à l’université, il fut longtemps la chasse gardée des enfants des élites sociales ou culturelles. L’on ne comptait encore que 60 000 bacheliers en 1960 ; ils ont été 640 000 l’an dernier, soit près de 80 % des jeunes Français.
Depuis trois décennies, tous les ministres de l’éducation nationale ont envisagé de moderniser l’examen. Ils avaient raison. Non seulement le bac est devenu un monstre d’organisation, coûteux et chronophage. Mais il apparaît comme un viatique inadapté aux études supérieures, si l’on en juge par les taux d’échecs massifs des bacheliers dans les premiers cycles universitaires.
Excellent connaisseur du système éducatif, fort des engagements pris par le chef de l’Etat durant sa campagne présidentielle, l’actuel ministre, Jean-Michel Blanquer, est bien décidé à réussir là où ses prédécesseurs ont échoué ou renoncé. La réforme qu’il a présentée, mercredi 14 février, est aussi sérieuse et courageuse que périlleuse.
Trois innovations
Sérieuse, car ce sont la conception et la finalité des baccalauréats généraux et technologiques qui sont repensées – les filières professionnelles (27 % des lauréats) faisant l’objet d’une réflexion complémentaire. Pour les bacs généraux, en particulier, trois innovations sont destinées, à partir de 2021, à simplifier l’examen et à mieux l’articuler avec les études supérieures.
Tout d’abord, les trois séries actuelles (littéraire, économique et social, scientifique) vont être supprimées. Outre un socle de culture commune (français, histoire-géographie, deux langues vivantes, « humanités scientifiques et numériques »…), les élèves devront choisir trois disciplines dominantes en classe de première, puis deux en classe de terminale dans un menu d’une dizaine de spécialités (des arts à la physique-chimie en passant par les sciences économiques et la philosophie).

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Deuxième innovation, le nombre d’épreuves sera sensiblement réduit : après celles inchangées de français en fin de première, les élèves passeront en terminale, au printemps, deux épreuves écrites sur leurs deux spécialités, puis, en juin, une de philosophie et un oral adossé à un projet préparé durant les deux dernières années. Enfin, une part de contrôle continu sur les autres disciplines est introduite et comptera pour 40 % dans la note finale, dont 10 % prenant en compte les bulletins scolaires de première et de terminale.
Réforme courageuse, ensuite. Car l’histoire des dernières décennies a démontré que l’on ne touche pas au baccalauréat sans être immédiatement soupçonné par les enseignants, les élèves et leurs familles d’en affaiblir le prestige. Le ministre le sait, qui a immédiatement allumé des contre-feux et vanté le caractère national, égalitaire et « remusclé » du bac rénové.
Il s’agit enfin d’un chantier périlleux. Sur le papier, ce baccalauréat new-look ressemble à un impeccable jardin à la française. Quand il s’agira de mettre en place cette nouvelle machinerie, d’organiser en première et en terminale des épreuves anonymisées pour le contrôle continu, de modifier les programmes en conséquence et d’accompagner les choix des élèves, ce sera une autre paire de manches.
Chacun reconnaît qu’il fallait moderniser l’examen fétiche des Français. Le gouvernement y est déterminé. On lui souhaite de réussir.

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          François Dubet : « Une réforme du bac s’imposait »






                            


                        

                        

