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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Des soignants isolés, mis en concurrence, dans l’incapacité de bien faire leur travail : appliquées sans discernement depuis le début des années 2000, les méthodes de gestion issues du privé sont une catastrophe pour les institutions sanitaires et sociales. Etat des lieux.
<filname="PROF-env_sciences-1"> ¤                     
                                                   
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Hôpitaux, Ehpad : le soin saccagé

Des soignants isolés, mis en concurrence, dans l’incapacité de bien faire leur travail : appliquées sans discernement depuis le début des années 2000, les méthodes de gestion issues du privé sont une catastrophe pour les institutions sanitaires et sociales. Etat des lieux.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 12h29
 • Mis à jour le
15.02.2018 à 16h55
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Ce n’est plus un bouillonnement, c’est une explosion. Le 8 janvier, le ministère de la santé publie un rapport accablant sur le fonctionnement du centre hospitalier universitaire (CHU) de Grenoble, où un neurochirurgien de 36 ans s’est donné la mort, en novembre 2017, dans un bloc opératoire. Le 26 janvier, la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, présente un plan de douze mesures d’urgence en faveur des hôpitaux psychiatriques, en réponse aux mouvements de grève qui ont émergé ces derniers mois dans ces établissements. Le 30 janvier, à l’appel de sept syndicats, les personnels des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) sont en grève pour protester contre leurs conditions de travail. Le 19 février, dans le cadre du plan d’accompagnement des Ehpad, une commission sera installée par le ministère de la santé afin de proposer « une stratégie nationale de lutte contre la maltraitance »… Jamais la situation des personnels soignants dans les hôpitaux et les maisons de retraite n’a paru si dégradée, avec pour conséquence directe le mauvais traitement des personnes vulnérables dont ils ont la charge.
« Pressions managériales »
Comment en est-on arrivé là ? Outre le manque de moyens et d’effectifs, le constat des observateurs est quasiment unanime : appliquées sans discernement, les méthodes modernes de gestion et de management issues du privé sont une catastrophe pour les institutions sanitaires et sociales. L’organisation Action praticiens hôpital (APH), qui regroupe une dizaine de syndicats et a lancé fin 2017 un observatoire de la souffrance au travail, fait état de « pressions managériales » de plus en plus fortes de « l’hôpital-entreprise ». « Dans certains établissements, on n’est plus loin de ce qui se passe chez Lidl ou Amazon », affirme Nicole Smolski, présidente d’honneur d’APH. Les techniques managériales modernes seraient-elles incompatibles avec la philosophie et...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Depuis quatre ans, ce psychiatre reçoit en consultation des « grappes » de médecins, souvent chefs de service, dans des états psychiques préoccupants.
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Christophe Dejours, psychiatre : « Les soignants sont contraints d’apporter leur concours à des actes qu’ils réprouvent »

Depuis quatre ans, ce psychiatre reçoit en consultation des « grappes » de médecins, souvent chefs de service, dans des états psychiques préoccupants.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 12h18
 • Mis à jour le
15.02.2018 à 12h29
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Psychiatre, psychanalyste, professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), Christophe Dejours est spécialiste en psychodynamique du travail. Il a récemment publié Le Choix. Souffrir au travail n’est pas une fatalité (Bayard, 2015) et Situations du travail (PUF, 2016).
Depuis quelques années, vous recevez dans votre cabinet des psychiatres des hôpitaux en grande souffrance. Que se passe-t-il ?
Il s’agit souvent de chefs de service, qui sont dans des états psychiques préoccupants – états de confusion mentale, problèmes somatiques gravissimes. J’ai commencé à les voir arriver par grappes il y a environ quatre ans. Or, si de nouvelles formes de pathologie liées au travail apparaissent, c’est que quelque chose a changé dans son organisation. En l’occurrence, la généralisation des méthodes du New Public Management [« nouvelle gestion publique », NPM] aux services de soins.
En quoi ces techniques de gestion rendent-elles malades les psychiatres hospitaliers ?
Tous me font une description similaire de leur situation. Ce sont toujours des cliniciens fortement engagés, depuis de longues années, dans la pratique en institution. La décompensation psychopathologique survient quelques mois ou quelques années après l’arrivée d’un nouveau directeur, le plus souvent un jeune gestionnaire. Après un audit, celui-ci met en place des outils d’évaluation et des protocoles de soins. Avec deux priorités : des objectifs quantitatifs et des performances mesurables. Entre les deux, le gestionnaire ne veut rien savoir. Résultat : des conditions de travail ingérables pour les chefs de service. Ils doivent d’un côté diriger des équipes qui n’arrivent plus à fonctionner, de l’autre affronter une administration qui ne cesse de les harceler avec une série d’exigences n’ayant rien à voir avec leur métier. Cela provoque chez nombre d’entre eux des décompensations brutales qu’on ne voyait...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Des chercheurs français mettent en évidence un nouvel effet du perturbateur endocrinien.
<filname="PROF-env_sciences-3"> ¤                     
                                                   
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Le bisphénol A pourrait altérer la mise en place des cellules reproductrices chez le fœtus masculin

Des chercheurs français mettent en évidence un nouvel effet du perturbateur endocrinien.



Le Monde
 |    15.02.2018 à 11h17
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            

Connu pour être un perturbateur endocrinien, le bisphénol A (BPA) altérerait la mise en place de la lignée des cellules reproductrices chez le fœtus masculin. L’exposition des testicules fœtaux à cette substance, à des niveaux correspondant à ceux retrouvés chez l’homme, entraîne une diminution du nombre des cellules à partir desquelles se fera la production de spermatozoïdes au cours de la vie adulte.
Cet effet a été observé sur un modèle animal ayant reçu une greffe de tissu du testicule humain. Il est décrit pour la première fois dans l’espèce humaine par un groupe de chercheurs français dirigé par le Pr René Habert (université Paris-Diderot, CEA et Inserm, Fontenay-aux-Roses). L’article est paru le 31 janvier dans la revue PLoS ONE.
La même équipe avait montré, il y a cinq ans, que des fragments de testicules fœtaux humains mis en culture et exposés à une très faible concentration de BPA – de l’ordre de celle rencontrée dans la population générale – produisaient moins de testostérone. « La diminution de production de testostérone par le testicule fœtal peut entraîner des défauts de masculinisation des petits garçons à la naissance, précisait à l’époque au Monde M. Habert. En particulier la cryptorchidie, lorsque les testicules ne sont pas descendus dans les bourses, et l’hypospadias, lorsque l’orifice uro-génital ne se situe pas à l’extrémité du pénis, mais à sa base, dans les cas les plus graves. »
Ces constatations étaient cohérentes avec la démonstration de plus en plus étayée de la perturbation du fonctionnement hormonal par des substances telles que le BPA dans l’accroissement de ces malformations.
Les chercheurs avaient mis l’accent sur la production de l’hormone masculine car c’est un paramètre très étudié chez l’animal. Cette fois, ils se sont également intéressés aux cellules germinales – les cellules souches à partir desquelles se développe la production de spermatozoïdes –, tout...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Pour décider que quelque chose est « normal », nous prendrions en compte ce qui nous semble être le plus fréquent et idéal. Cette perception variant aussi en fonction du caractère extrême de ce à quoi nous avons été exposés auparavant...
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤                     
                                                   
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La norme est-elle normale ?

Pour décider que quelque chose est « normal », nous prendrions en compte ce qui nous semble être le plus fréquent et idéal. Cette perception variant aussi en fonction du caractère extrême de ce à quoi nous avons été exposés auparavant...



Le Monde
 |    15.02.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
15.02.2018 à 11h28
    |

                            Sylvie Chokron (Directrice de recherches au CNRS, Laboratoire de psychologie de la perception, université Paris-Descartes et Fondation ophtalmologique Rothschild)








                        



                                


                            
Carte blanche. Un président se veut « normal », alors que l’autre pense être un « génie stable ». Est-ce normal ? Comment répondre à cette question ? On pourrait penser que ce qui nous paraît normal correspond à ce que l’on observe le plus fréquemment. Dans ce cas, quel que soit le domaine, il nous suffirait de faire un rapide calcul ­statistique pour savoir ce qui est normal. Mais Adam Bear et ses collaborateurs de l’université de Yale ont récemment démontré dans une série d’expériences que le jugement de normalité va au-delà d’un simple jugement de familiarité. Pour décider que quelque chose est normal, nous prendrions en compte non seulement ce qui nous semble être le plus fréquent, mais également ce qui nous semble être idéal.
Pour arriver à cette conclusion, ces chercheurs ont demandé à des sujets de répondre à des questions renvoyant à des domaines très différents comme le nombre ­d’heures passées devant la télévision ou de boissons sucrées bues par semaine, le temps d’attente chez le médecin, le nombre d’amoureux au cours d’une vie ou encore la fréquence des appels téléphoniques à ses ­parents…
Pour chacune de ces questions, les participants devaient indiquer ce qui leur paraissait être la moyenne, ce qui devrait s’observer dans l’idéal et ce qui leur semblait normal. Les résultats montrent clairement que ce qui semble normal correspond à une moyenne entre ce qui est considéré comme « habituel » et ce qui semble être le plus « souhaitable ». Ce serait donc grâce à un ­apprentissage statistique mais également moral que nous serions en mesure de décider de ce qui est « normal ». Mais cette norme est-elle stable ou évolue-t-elle au cours de notre vie, en particulier du fait des situations, événements, comportements et discours auxquels nous sommes exposés en permanence ?
Effet des extrêmes
Récemment, Gabor Simonovits, de l’université de New York, s’est posé la question de ­savoir si des propositions politiques ou ­sociales...




                        

                        


<article-nb="2018/02/15/19-5">
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Les ordonnances de placement provisoire prononcées dans le cadre d’une enquête sont des procédures inévitables, dans l’intérêt du bébé, explique le docteur Anne Laurent-Vannier dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                   
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Bébés secoués : « La priorité doit être donnée à la protection de l’enfant »

Les ordonnances de placement provisoire prononcées dans le cadre d’une enquête sont des procédures inévitables, dans l’intérêt du bébé, explique le docteur Anne Laurent-Vannier dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    14.02.2018 à 19h00
    |

Dr Anne Laurent-Vannier (Ancien chef du pôle de rééducation enfants aux hôpitaux de Saint-Maurice)







                        



                                


                            
Tribune. Intitulée « Enfants malades, parents maltraités », une tribune parue le 25 octobre 2017 dans le supplément « Science & médecine » évoquait les difficultés et la souffrance auxquelles peuvent être confrontés les parents dont l’enfant est suspecté de faire l’objet de maltraitance, avec pour conséquence signalement judiciaire, audition, placement de l’enfant.
Parmi ces maltraitances, le syndrome du bébé secoué (SBS) tient une place particulière. Le secouement est un geste rotatoire d’une extrême violence, comparable à un accident de la voie publique à haute cinétique. Cela ne peut être un geste malencontreux de la vie quotidienne. Les épisodes de secouement sont très souvent répétés. Les victimes ont presque toujours moins d’un an, 20 % en moyenne décèdent, et trois quarts des survivants ont des séquelles pour la vie. Tout doit donc être fait pour prévenir le SBS et sa réitération avant l’irréparable.

C’est dans l’urgence que la question de la maltraitance se pose aux médecins dont la priorité est la protection de l’enfant. Que le diagnostic du SBS soit certain ou possible, le signalement au procureur de la République s’impose. Ainsi est déclenché un processus judiciaire à double composante : civile, qui permet une protection de l’enfant et de ses droits, et pénale, pour que des investigations soient menées sur les possibles maltraitances et sur leur auteur.
« S’il y a incertitude sur le diagnostic, comment faire autrement que d’approfondir les investigations médicales ? »
C’est pour étayer la démarche diagnostique que des recommandations ont été émises par la Haute Autorité de santé (HAS) et la Société française de médecine physique et de réadaptation (Sofmer) en 2011 et actualisées en 2017. Elles résultent d’avis d’experts et d’une étude minutieuse de la littérature ­médicale internationale menée sur la base de la valeur scientifique­ (selon les recommandations de bonne pratique de la HAS) et de l’absence de conflit...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Président de France Assos Santé, un regroupement d’associations de patients, cet ancien chef d’entreprise milite pour que ceux-ci soient au cœur du système de soin.
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤                     
                                                   
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Alain-Michel Ceretti,  un patron pour les malades

Président de France Assos Santé, un regroupement d’associations de patients, cet ancien chef d’entreprise milite pour que ceux-ci soient au cœur du système de soin.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 12h00
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            

Problèmes de financement, fatigue du système de santé… les associations de patients ne sont pas très en forme. Elu en mai 2017 président de France Assos Santé, qui vise à représenter les malades, Alain-Michel Ceretti veut faire entendre la voix des ­patients. Longtemps chef d’entreprise, rien ne le prédestinait à la santé, c’est un tournant dans sa vie personnelle, en 1997, qui l’a ­conduit sur cette voie : son épouse est touchée par une des infections nosocomiales survenues à la Clinique du sport, à Paris.
« Depuis vingt ans, je m’implique, je m’investis, je m’engage, sur les sujets de santé, et ma capacité d’indignation est toujours intacte », c’est ainsi que démarrait sa profession de foi pour ce poste en mai 2017. C’est la loi de santé de 2016 qui a créé l’Union nationale des associations agréées d’usagers du système de santé, ­ex-Collectif interassociatif pour la santé (CISS), rebaptisé France Assos Santé. Ce mouvement regroupe pas moins de 80 associations membres, 130 agréées. « Nous sommes clairement un contre-pouvoir », explique Alain-Michel Ceretti. Mais, malgré ses 3,5 millions d’adhérents, ce mouvement doit gagner en notoriété. « Nous sommes un paradoxe, comme une équipe de foot avec des stars connues (Ligue contre le cancer, AFM-Téléthon, Aides, UFC-Que choisir, etc.), mais le collectif n’est guère connu », déplore Alain-Michel Ceretti. « En matière de santé, rien ne pourra se faire sans nous », tel est le slogan de France Assos Santé, reprenant ce que Bernard Kouchner scandait en 2002.
« Les Français considèrent à raison le système de santé comme un trésor national, il faut tout faire pour ne pas le perdre, pour le sauvegarder », assure-t-il, guère optimiste sur son ­avenir. Le ras-le-bol des soignants ne serait que la partie émergée de l’iceberg, c’est tout l’hôpital qui se dégrade. Il s’indigne de la façon dont ce système est organisé, calqué sur le paiement à l’activité. « On assiste...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Editorial. Les lancements réussis de SpaceX, société privée, et le retrait annoncé des Etats-Unis dans le financement de la Station spatiale internationale marquent le début d’une nouvelle ère, qui pose des questions de droit importantes.
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L’espace ne doit pas être le Far West

Editorial. Les lancements réussis de SpaceX, société privée, et le retrait annoncé des Etats-Unis dans le financement de la Station spatiale internationale marquent le début d’une nouvelle ère, qui pose des questions de droit importantes.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 11h44
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La privatisation de la conquête spatiale s’accélère. Le 6 février, SpaceX, la société d’Elon Musk, a réussi à envoyer au-delà de l’orbite martienne une voiture Tesla (également propriété du milliardaire), à bord de son lanceur, Falcon Heavy, le plus puissant du monde. Le 11 février, le Washington Post a révélé que les Etats-Unis envisagent de mettre fin à leur contribution financière à la Station spatiale internationale d’ici à 2024 pour confier son exploitation à des entreprises privées. Blue Origin, créée par le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, travaille à la mise au point du lanceur New Glenn, capable de placer en orbite des charges lourdes. Enfin, SpaceX prévoit, vers 2025, une nouvelle expédition humaine vers la Lune grâce à un lanceur trois fois plus puissant que Falcon Heavy, l’objectif à long terme étant de coloniser Mars.

        Lire aussi :
         

                La Maison Blanche envisage de privatiser la station spatiale internationale



En seulement quelques années, ce que l’on appelle désormais le « New Space », ces nouveaux acteurs de la conquête spatiale, a fait irruption dans un domaine qui, depuis les origines, était l’apanage de gouvernements se livrant à une compétition féroce pour démontrer leur supériorité technologique. Mais, aujourd’hui, les tensions budgétaires auxquelles les Etats doivent faire face les poussent à encourager des entreprises privées à prendre le relais, même si celles-ci restent largement subventionnées par des fonds publics.
De ce point de vue, le Space Act, promulgué en décembre 2015 par Barack Obama, constitue un tournant majeur, car il remet en cause le traité de l’espace de 1967. Signé à l’initiative des Etats-Unis et de l’URSS, celui-ci visait à préserver l’espace des égoïsmes nationaux en le considérant comme un bien commun ne pouvant pas faire l’objet de revendications de souveraineté. La logique a été poussée un peu plus loin en 1979, avec le traité sur la Lune, qui fait du satellite naturel de la Terre une partie intégrante du « patrimoine commun de l’humanité ». Toutefois, ce texte n’a pas été ratifié par les grandes puissances spatiales.
Marchandisation
Si le Space Act ne remet pas en cause le fait qu’un Etat ne puisse pas s’approprier un corps céleste, il autorise en revanche une entreprise privée à exploiter les ressources qui s’y trouvent. Cette interprétation subjective du droit international par les Etats-Unis a finalement suscité assez peu de protestations, encourageant le Luxembourg ou les Emirats arabes unis à adopter la même lecture.
Outre l’aspect éthique que pose la marchandisation de l’espace, le mouvement de privatisation actuel soulève plusieurs interrogations. D’abord, la multiplication de lancements d’objets va générer une masse de débris qui risque de se transformer en pollution irréversible. Ensuite, ces entreprises privées poursuivent des intérêts mercantiles, qui ne sont pas forcément compatibles avec le droit sur la protection des planètes censé préserver les activités scientifiques, qui, elles, ne sont pas systématiquement rentables.

        Lire aussi :
         

                Pourquoi retourner sur la Lune ?



Mais, surtout, il semble urgent de définir de nouvelles règles pour que l’espace continue à être considéré comme un bien commun. L’exemple de l’Autorité internationale des fonds marins, qui garantit une certaine équité entre les pays pour l’exploitation des ressources, pourrait servir de modèle. Si Elon Musk a réussi à redonner un élan formidable au vieux rêve humain de conquête de l’espace, il ne doit pas nous faire oublier que celle-ci doit se poursuivre à l’abri des seuls intérêts d’une poignée de milliardaires, aussi talentueux soient-ils.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Des hommes ont-ils débité un mastodonte, il y a 130 000 ans, en Californie ?
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤                     
                                                   
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Débat sur un dégraissage de mammouth

Des hommes ont-ils débité un mastodonte, il y a 130 000 ans, en Californie ?



Le Monde
 |    14.02.2018 à 11h00
   





                        



                                


                            
L’annonce avait surpris : il y a 130 000 ans, près de ce qui est aujourd’hui la ville de San Diego, en Californie, les os d’un mastodonte – une espèce de mammouth américain – auraient été fracturés à l’aide de gros marteaux et enclumes de pierre, pour en tirer la moelle. La scène, décrite en avril 2017 dans Nature, aurait constitué le plus ancien témoignage d’une activité humaine outre-Atlantique. Une découverte d’autant plus exceptionnelle que la présence de notre espèce sur le sol américain n’est solidement ­attestée que pour des dates beaucoup plus récentes – autour de 13 000 ans – et que les discussions sont encore vives pour des sites à peine plus anciens.

D’un seul coup, il fallait imaginer l’arrivée d’Homo sapiens en Amérique à une époque où il venait tout juste de quitter l’Afrique pour s’établir au Proche-Orient. Ou à défaut celle d’une autre espèce, dont on n’a pas plus retrouvé d’ossements. « A affirmations extraordinaires, preuves extraordinaires », dit l’adage. Il semble que celles ­apportées par Tom Deméré, du Muséum d’histoire naturelle de San Diego, et ses collègues, n’emportent pas l’adhésion générale.

En juillet, une dizaine d’anthropologues américains avaient exposé leurs doutes dans PaleoAmerica. Jeudi 8 février, c’est la revue Nature elle-même qui permet à Joseph Ferraro (Baylor College, Waco, Texas) et plusieurs archéologues et anthropologues de faire part de leurs objections.Les outils supposés ne portent aucune des marques qui permettraient de les distinguer de « geofacts », d’objets façonnés par la nature, avancent-ils. Les pre uves que les os auraient été fracturés par ces outils leur semblent « équivoques », en absence notamment de marques laissées par des frappes « maladroites ».
Activité humaine ?
Autre argument : un jeune mammouth daté de 24 000 ans, retrouvé dans le Maryland, présentait les mêmes fractures, alors qu’aucun outil à proximité ne ­laissait...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ De nouvelles techniques promettent de rendre infalsifiables les cartes bancaires.
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Vers des solutions de paiement quantique

De nouvelles techniques promettent de rendre infalsifiables les cartes bancaires.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 09h00
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Aura-t-on bientôt des cartes bancaires, voire des billets infalsifiables, grâce à la mécanique quantique ? Trois équipes de recherche viennent en tout cas de réaliser les premières expériences en ce sens. Par quantique, on entend un comportement non classique des propriétés de la lumière ou des particules. Il est ainsi impossible de connaître au même instant la vitesse et la position d’un objet quantique. Ce dernier peut passer par deux trous à la fois… De telles bizarreries existent bel et bien et sont même déjà utilisées, par exemple pour envoyer de façon parfaitement sûre une clé de chiffrement de messages entre deux personnes. Des chercheurs chinois l’ont même fait en septembre 2017 entre leur pays et l’Autriche via un satellite, afin de transmettre des vidéos chiffrées.
Une autre équipe chinoise, dirigée par le même chercheur, Jian-Wei Pan, a aussi mis à profit cette puissance quantique pour créer une carte bancaire non copiable. Des Français du CNRS, de Télécom ParisTech et des universités Sorbonne et Paris-Diderot ont fait de même, avant eux, comme ils l’expliquent dans Quantum Information du 30 janvier. Début 2017, des chercheurs tchèques avaient testé la difficulté à copier un billet quantique.
Stockage de bits quantiques
Les techniques françaises et chinoises sont assez semblables. Une série de bits quantiques est stockée sur la carte par la banque. Ces qbits encodent un mélange des classiques 0 et 1 de l’informatique, mais, mécanique quantique oblige, en moyenne, quand on en « attrape » un, il a une chance sur deux de valoir 0. Lors du paiement le terminal du vendeur « lit » certains de ces bits et envoie par un canal classique le résultat à la banque. Si celui-ci est conforme à celui attendu, la transaction est validée. Sinon, elle est refusée.
Mais où est la magie quantique ? Elle est centrale car c’est elle qui permet de savoir si la carte a subi une éventuelle tentative de clonage. Si un malfaiteur essaie de copier cette...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Dans son ouvrage « Animaux homos », Fleur Daugey s’attaque à l’idée selon laquelle l’homosexualité serait contre nature.
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Les animaux ont toujours pratiqué la sexodiversité

Dans son ouvrage « Animaux homos », Fleur Daugey s’attaque à l’idée selon laquelle l’homosexualité serait contre nature.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 10h55
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Le livre. Science et politique ne font pas toujours bon ménage. Des pseudo-études sur l’inégalité des races, chères aux nazis, aux théories farfelues de Lyssenko sur le développement agricole, l’Histoire nous le rappelle : les pouvoirs parent souvent leurs pires errements de vertus scientifiques.
Aujourd’hui encore, les industriels du sucre ou du tabac, comme les activistes climatosceptiques, appuient leurs appels au laisser-faire sur des travaux de chercheurs. C’est à ce type de prise en otage de la science que Fleur Daugey a décidé de se confronter. Plus précisément à un de ces clichés qui, depuis des siècles, ont conduit à la stigmatisation, la discrimination, le harcèlement des gays et lesbiennes : l’idée que l’homosexualité serait contre nature.
Cette affirmation se retrouve souvent dans la bouche de l’homme de la rue. « Pire, écrit Fleur Daugey, elle inonde les discours des religieux fondamentalistes de toute obédience et sert de socle idéologique aux mouvements tels que La Manif pour tous et tant d’autres organisations homophobes de par le monde », nourrissant les codes pénaux les plus répressifs, dont certains punissent encore de mort les relations entre personnes de même sexe.
Le ton est donné. Pas question d’avancer masquée : la démarche d’Animaux homos est bel et bien politique. Mais pas question non plus de laisser les obscurantistes confisquer la science. Car « l’ensemble des recherches donne une réponse claire et sans ambiguïté : loin d’être contre nature, l’homosexualité est dans la nature ». Insectes, poissons, amphibiens, reptiles, oiseaux, mammifères : elle a été documentée chez 471 espèces sauvages et 19 espèces domestiques.
Certains objecteront que la planète compte plus de 7 millions d’espèces. Mais les mœurs de la majorité d’entre elles demeurent inconnues et pourraient bien réserver de nouvelles surprises. Quant au demi-millier d’« animaux...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de professionnels du soin, de la prévention, et de chercheurs estime qu’une information à caractère sensationnel n’aidera pas à prévenir les risques associés aux nouvelles technologies.
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Enfants face aux écrans, « ne cédons pas à la démagogie »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de professionnels du soin, de la prévention, et de chercheurs estime qu’une information à caractère sensationnel n’aidera pas à prévenir les risques associés aux nouvelles technologies.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
15.02.2018 à 10h39
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Nous sommes des professionnels du soin, de la prévention, et des chercheurs spécialisés dans le champ de la petite enfance, de l’enfance, de l’autisme, et de l’addiction. Conscients des dangers des écrans chez les plus jeunes, nous souhaitons pourtant témoigner de nos inquiétudes face aux affirmations erronées dont certains médias se font l’écho, notamment dans le reportage d’« Envoyé spécial » « Accros aux écrans » (18 janvier, France 2).
Depuis quelque temps, des vidéos circulent sur le Net : des signes d’autisme surviendraient chez des tout-petits très exposés à la télévision. Des chiffres effrayants sont avancés : un enfant sur vingt, dans chaque classe d’âge, dans une ville donnée. Des chiffres cinq fois supérieurs aux statistiques communément citées sur la prévalence des troubles du spectre autistique ! Enfin, affirmation tout aussi fantaisiste, il nous est assuré que la suppression des écrans conduit dans la majorité des cas à la disparition des symptômes en un mois.
Carences éducatives et affectives
Ces vidéos évoquent de très nombreux enfants exposés aux écrans 6 à 12 heures par jour, ceci même en l’absence de problématique sociale ou familiale précise-t-on. Or un enfant laissé de façon aussi importante devant un récepteur est de facto victime d’une carence éducative et/ou affective grave. Si la régulation de cette consommation est indispensable, elle ne suffira en aucun cas à compenser l’ensemble des effets du défaut de soins sur le développement de l’enfant. A l’évidence de telles situations requièrent une prise en charge pluridisciplinaire rapide et conséquente.

Par ailleurs, aucune étude à ce jour ne permet d’établir une relation de causalité entre consommation d’écrans et autisme. Ce qui est en revanche fréquemment constaté, c’est un intérêt précoce des enfants atteints de troubles autistiques pour les écrans, qui prend une forme répétitive et qui est en...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Selon cette étude, 12,3 % des patients ont souffert d’une infection dans les trente jours suivant l’opération. Le problème résiderait dans l’excès d’antibiotiques.
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Un risque sur neuf d’infection dans la chirurgie digestive

Selon cette étude, 12,3 % des patients ont souffert d’une infection dans les trente jours suivant l’opération. Le problème résiderait dans l’excès d’antibiotiques.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 01h45
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 09h31
   





                        


Plus d’une opération de chirurgie digestive sur neuf dans le monde débouche sur une infection, selon une étude publiée mercredi 14 février dans la revue The Lancet Infectious Diseases, qui dénonce des lacunes dans l’utilisation raisonnée des antibiotiques.
Cette étude, qui couvre les données de 2 500 praticiens et chercheurs dans 66 pays, montre que 12,3 % des patients opérés avaient souffert d’une infection dans les trente jours suivant l’opération. Le risque est deux fois plus important dans les pays à faibles revenus.
Le problème n’est pas la pénurie d’antibiotiques, très largement prescrits, et même quasi systématiquement dans les pays les moins riches. Il est plutôt dans l’excès.

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                Les antibiotiques, ennemis des immunothérapies



La mort dans 1,9 % des cas étudiés
« Dans un cinquième des cas le micro-organisme en cause était résistant aux antibiotiques administrés avant l’opération, et cela grimpait à un cas sur trois dans les pays à faibles revenus », a souligné dans un communiqué Ewen Harrison, de l’université d’Edimbourg (Grande-Bretagne).
La moitié (49 %) de ces 12 500 opérations, effectuées entre janvier et juillet 2016, étaient faites en urgence. Les plus fréquentes consistaient à retirer la vésicule biliaire (35 %) et l’appendice (33 %). L’ensemble des opérations a abouti à la mort dans 1,9 % des cas. Si c’était l’organe opéré qui était infecté, le risque de mort était plus que triplé (4,7 %, contre 1,5 %).
« Même si les chercheurs se gardent de recommander un changement des pratiques en faveur de traitements antimicrobiens plus brefs, l’abus relatif d’antibiotiques dans les pays à revenus faibles et moyens, en particulier dans la phase postopératoire, est associé à une hausse de la résistance antimicrobienne », a commenté la revue dans son éditorial.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Quatrième volet de la collection « Archéologie », Palmyre, mutilée à deux reprises par l’organisation Etat islamique, est aujourd’hui dans l’attente de son projet de restauration.
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La restauration de Palmyre attend sa feuille de route

Quatrième volet de la collection « Archéologie », Palmyre, mutilée à deux reprises par l’organisation Etat islamique, est aujourd’hui dans l’attente de son projet de restauration.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 18h08
    |

            Florence Evin








                        



                                


                            

Collection « Archéologie ». Quel devenir pour Palmyre, la « perle » du ­désert syrien, classée au Patrimoine mondial de l’Unesco en 1980 et placée depuis 2013 sur la liste des sites en péril de l’organisation onusienne ? Qu’advient-il du « plus beau site antique du monde », dont parlait le ­cinéaste Pier Paolo Pasolini ? ­Mutilée à deux reprises par l’organisation Etat islamique (EI), qui ­occupa la ville d’août 2015 à mars 2016, puis de janvier à mars 2017, « Palmyre est dans une phase de transition, note l’archéologue Mounir Bouchenaki, ­conseiller Patrimoine de l’Unesco qui dirigea le Centre régional arabe pour le patrimoine mondial (2012-2017). L’Unesco organise des réunions avec tous les pays intéressés à la restauration, aucun pays n’est exclu ».Et d’ajouter que « Mikhaïl Piotrovski, directeur ­général du musée de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg [Russie], archéologue arabisant, qui a fait des fouilles en Irak et au Yémen, a offert ses services ». Dès 2016, les experts internationaux se sont mobilisés, enchaînant les colloques, à Berlin, à Varsovie et à Nara, au Japon.

Pour l’heure, « la priorité est à l’humanitaire, à la reconstruction urbaine », résume Nada Al Hassan, responsable des pays arabes à l’Unesco, pour permettre le ­retour des 50 000 habitants dans la ville moderne, en partie ­détruite, toujours sans eau ni électricité. « La mission archéologique multidisciplinaire programmée a été déplacée, dit-elle. Les mesures d’urgence sont réalisées par l’équipe technique de la direction générale des antiquités et des musées (DGAM) de Syrie, notamment sur la citadelle mamelouk et le portique du temple de Bêl », sanctuaire-phare du site, au sud de la ville moderne. Un groupe de l’EI serait toujours actif à 50 km.
Etat des lieux en urgence
Ses vestiges imposants, autour d’une colonnade d’un kilomètre, disent que Palmyre, la Tadmor de la...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ L’obtention de ces cellules sexuelles pourrait permettre de préserver les chances de fertilité de femmes atteintes d’un cancer. Mais chez la souris, les descendants issus de cette technique souffrent fréquemment d’anomalies.
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Des ovocytes humains entièrement cultivés « in vitro »

L’obtention de ces cellules sexuelles pourrait permettre de préserver les chances de fertilité de femmes atteintes d’un cancer. Mais chez la souris, les descendants issus de cette technique souffrent fréquemment d’anomalies.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 18h24
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


Cela avait été fait pour la souris, mais pas pour l’espèce humaine. Une équipe de chercheurs d’Edimbourg, dirigée par Evelyn Telfer, est parvenue à développer in vitro des ovocytes humains jusqu’au stade mature, où ils sont fécondables par un spermatozoïde, à partir des follicules primordiaux que contient le tissu ovarien. Jusqu’ici, cela n’avait été réalisé qu’à partir de follicules plus tardifs ayant déjà accompli une partie de ce développement. Publié dans le numéro de février de la revue Molecular Human Reproduction, leur travail ouvre des perspectives pour mieux traiter certains problèmes de fertilité, notamment chez les femmes atteintes d’un cancer.
La mise en route d’un traitement contre un cancer solide ou une hémopathie maligne, que ce soit une chimiothérapie antitumorale, une radiothérapie ou une chirurgie du pelvis, risque d’entraîner des troubles potentiellement définitifs du fonctionnement des organes génitaux, ovaires ou testicules, avec à la clé un risque d’infertilité. Afin de préserver la fertilité et pour éviter la toxicité pour les ovaires, il est possible de prélever et de conserver soit des ovocytes ou des embryons, soit de conserver du tissu ovarien.
Eviter un recours à la greffe
Cette dernière option permet de restaurer une fonction ovarienne complète par une greffe ultérieure du tissu prélevé. Elle présente toutefois le risque, dans le cas d’un cancer ovarien, que soient réimplantées des cellules malignes présentes dans le greffon. « Il faut se représenter le désespoir de patientes dont le tissu ovarien a été congelé sans qu’on soit sûrs de pouvoir le réimplanter sans risque de métastases », souligne la professeure Nelly Achour-Frydman, responsable de la biologie de la reproduction au Centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains de l’hôpital Antoine-Béclère (Clamart, AP-HP). D’où l’idée de chercher une technique de développement de follicules matures à partir de follicules primordiaux, ce qui dispenserait du recours à la greffe de tissu ovarien. Jusqu’ici, la réalisation d’un tel cycle complet in vitro n’a été menée à bien qu’à partir d’ovaires de souris qui ont permis la naissance de souriceaux.
Mary McLaughlin (Institute of Cell Biology, université d’Edimbourg), première auteure, et ses collègues ont travaillé sur un nombre limité d’échantillons de tissu ovarien, donnés par dix femmes ayant accordé leur consentement à cet acte au cours d’une césarienne. « Il s’agit donc de tissu normal et même performant puisque prélevé chez des femmes enceintes », remarque le professeur Michael Grynberg, chef du service de médecine de la reproduction à l’hôpital Antoine-Béclère.
« Peu de recul sur la descendance »
Les différentes étapes, notamment celle de la division cellulaire qui fait passer l’ovocyte de deux jeux de chromosomes à un seul, ont été accomplies in vitro en trois semaines quand, physiologiquement, le processus se déroule en huit à onze mois chez la femme. Ayant perfectionné sa technique de culture, l’équipe écossaise, qui travaille de longue date sur ces sujets, a ainsi « obtenu des ovocytes qui ont réussi à grossir et à parvenir à un stade de maturation correcte, même si certains produits des divisions cellulaires sont d’une taille trop grande, au détriment de l’ovocyte. Celui-ci est normalement très gros, car il doit assurer seul les besoins de l’embryon pendant ses trois premiers jours », résume la professeure Achour-Frydman, qui estime qu’il s’agit là d’une « belle avancée en biologie ».
A ce stade, rien ne peut, cependant, être déduit sur la compétence pour la reproduction qu’auraient ces ovocytes obtenus in vitro : jusqu’à quel point les chercheurs sont-ils parvenus à mimer la nature ? « Chez l’animal, il y a peu de recul sur la descendance conçue à partir d’ovocytes produits in vitro et pas beaucoup de souriceaux normaux obtenus ainsi. Cela ne marche pas très bien, sans doute parce qu’in vitro, sur un délai court, on doit forcément shunter certaines étapes. Nous n’en sommes donc qu’au tout début », tempère le professeur Grynberg.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Alors que le gouvernement dévoile, mardi, un plan pour réformer le système de santé, reportage à l’hôpital d’Orléans, confronté à des difficultés budgétaires et à des suppressions de postes.
<filname="PROF-env_sciences-15"> ¤                     
                                                

A l’hôpital d’Orléans, « cette fois, on va devoir accepter de faire moins bien »

Alors que le gouvernement dévoile, mardi, un plan pour réformer le système de santé, reportage à l’hôpital d’Orléans, confronté à des difficultés budgétaires et à des suppressions de postes.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 17h49
    |

                            Eléa Pommiers (envoyée spéciale à Orléans)








                        



   


Il est 19 heures passées à l’horloge de la salle de réveil qui jouxte les blocs opératoires : Christine, infirmière anesthésiste à l’hôpital d’Orléans, termine sa journée, commencée dix heures plus tôt. Elle travaille jusqu’à 48 heures par semaine et peine à prendre ses jours de repos. « On ne peut pas faire plus que ce qu’on fait, je ne vois pas comment », lâche-t-elle, fatiguée.
Comme de nombreux hôpitaux français, l’hôpital d’Orléans (1 752 lits en 2016 et 5 354 employés) est confronté à des difficultés budgétaires en partie dues aux économies demandées chaque année par les gouvernements successifs (1,6 milliard d’économies demandé pour 2018). Dès février, un plan de retour à l’équilibre va entraîner à Orléans la suppression de 75 postes, dont 50 de soignants. « Nous n’avons pas le choix, assure le directeur de l’hôpital, Olivier Boyer. Si nous ne revenons pas à l’équilibre [financier], nous ne serons plus maîtres de la situation. »

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« On travaille avec de l’humain »
Mais, pour les soignants, logique financière et qualité des soins sont peu compatibles. « Je n’aurais jamais cru devoir dire ça de ma carrière, mais cette fois on va devoir accepter de faire moins bien », déplore une cadre de santé ayant requis l’anonymat, qui précise toutefois que la sécurité des patients ne sera en aucun cas affectée.
Dans son service de 60 lits, infirmières et aide-soignantes accueillent ce discours avec dépit et résignation. Au lieu de trois aide-soignantes, elles ne seront bientôt plus que deux pour servir les repas à trente patients, aider les plus handicapés à manger, bouger, marcher, ou encore faire leur toilette. Ou bien aller aider dans d’autres services en difficulté, où elles ne connaissent pas forcément les procédures et les pathologies.
« [Les patients] nous voient courir tout le temps », explique Camille*. Le podomètre qu’elle avait dans la poche jusqu’à récemment lui a appris qu’elle parcourait fréquemment 10 kilomètres durant sa journée de travail. « Certains nous disent qu’ils n’osent pas nous appeler parce qu’on est déjà très occupées, mais ils ne devraient pas avoir à penser ça. »
Le temps qu’elles passent auprès des patients leur semble déprécié en raison de « son manque de rentabilité ». Incompréhensible pour ces aide-soignantes. « Certains ne reçoivent jamais de visites : on ne peut pas les laisser seuls, même si ce temps ne rapporte pas d’argent ! » s’insurge Myriam*, aide-soignante depuis quatre ans. Elle fait référence au système de la tarification à l’activité (T2A), qui rémunère l’hôpital en fonction des actes médicaux réalisés et pousse les soignants à toujours augmenter leur activité. « Le moral, c’est important aussi dans une guérison. On travaille avec de l’humain, il ne faut pas l’oublier. »

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                Qu’est-ce que la T2A, qui cristallise les tensions à l’hôpital ?



« Un jour, on passera à côté de quelque chose »
Les économies demandées suscitent autant d’amertume chez les infirmières, qui ne sont pourtant pas concernées par les réductions de postes. Elles sont deux pour trente patients, et assurent ne plus avoir le temps de manger.
Dans leurs blouses blanches à liseré bleu, elles passent de chambre en chambre pour donner les traitements, prendre les constantes, faire les visites avec les médecins, vérifier les prescriptions, remplir les papiers d’entrée et de sortie… Sans compter les sollicitations permanentes : les alarmes, déclenchées en continu par les patients, ou les téléphones, qui sonnent plusieurs fois par heure. C’est l’appel d’une famille prenant des nouvelles d’un proche, d’un médecin des urgences cherchant un lit pour un patient, ou d’un malade qui n’a pas pu avoir de secrétaire pour une prise de rendez-vous.
« Avec l’aide-soignante en moins, on va nous demander des tâches en plus, et on va récupérer celles qu’elles nous aidaient à faire, anticipe Adèle*. Un jour, on va finir par passer à côté de quelque chose, à force de faire mille choses à la fois, et il se passera un truc grave. »
« J’ai depuis longtemps le sentiment d’avoir bâclé mon travail quand je rentre chez moi »
Plus loin dans le couloir, Corinne*, sa collègue, opine. Infirmière en fin de carrière, elle a vu la charge de travail augmenter continûment bien avant les récentes suppressions de postes. « J’ai depuis longtemps le sentiment d’avoir bâclé mon travail quand je rentre chez moi, regrette-t-elle. L’hôpital est devenu une entreprise dans laquelle on fait du travail à la chaîne. » Elle n’avait pourtant « pas choisi le service public pour rien ».

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                La pression sur l’hôpital public, une méthode à bout de souffle



« Le temps, nous l’avons de moins en moins »
Un discours que partagent largement les praticiens hospitaliers d’Orléans. Ils n’ont pas non plus à déplorer de suppressions de postes, mais ils connaissent un sous-effectif chronique en raison des difficultés de recrutement. Aux urgences adultes, la docteure Anne Malet est formelle : son service, qui voit défiler 200 patients par jour, aurait besoin d’un tiers de médecins supplémentaire. Médecin urgentiste depuis près de trente ans, elle a vu, malgré des attentes toujours croissantes, les moyens de l’hôpital se raréfier en raison des économies imposées par les gouvernements.
En effet, les structures manquent pour accueillir un nouveau profil de patients « plus âgés, qui attendent le dernier moment pour venir et ont souvent besoin d’une longue prise en charge », explique-t-elle. Les yeux au ciel, elle s’agace de devoir passer des heures au téléphone pour trouver un lit à un patient dans les services déjà surchargés.

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« L’examen, l’entretien pour établir les antécédents, restaurer l’histoire du patient… tout ça est nécessaire pour bien soigner mais prend beaucoup plus de temps avec les plus âgés, détaille-t-elle. Et ce temps-là, nous l’avons de moins en moins. »
« Schizophrénie de l’hôpital »
Des attentes croissantes, également, en raison de la désertification médicale de la région Centre-Val de Loire, qui oblige les malades à se tourner vers l’hôpital d’Orléans. En neurologie, la docteure Canan Ozsancak les voit affluer en consultation, et se retrouve confrontée à la « schizophrénie de l’hôpital ».
« On nous dit que les consultations ne rapportent pas d’argent. […] Mais on est un service public, et on a tous fait le serment d’Hippocrate : comment dit-on “non” à un patient en consultation, sachant qu’il ne verra personne d’autre ? »
De plus, à ces tâches médicales qui surchargent déjà le quotidien des médecins s’ajoutent les tâches administratives, encore alourdies par les suppressions de postes. Des secrétaires en moins, ce sont, par exemple, des compte-rendus à taper soi-même au détriment du temps de soin, ou à attendre plus longtemps.

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L’argent… « L’argent du matin au soir » : le docteur Willy Mfam en est écœuré. Pour ce chef de service anesthésie-réanimation, l’hôpital public n’est « vu que comme une charge », et les soignants comme « la variable d’ajustement ». Pour lui, comme pour ses collègues, ce sont avant tout les valeurs du service public – égalité dans l’accès et face aux soins – qui sont attaquées par les réformes successives de l’hôpital.
« Qu’est-ce que le service public de la santé ? » C’est à cette question que Willy Mfam attend désormais une réponse précise de la part du gouvernement. A défaut, « ça va craquer », prédit Canan Ozsancak. « Et on n’a pas de parachute. »
* Les prénoms ont été modifiés



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Un homme de 28 ans qui souffrait de violentes douleurs post-opératoires a été soulagé après une courte nage en eau libre. Un cas clinique spectaculaire.
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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Combinant observation et modélisation, la « météo de l’espace » tente d’anticiper les dégâts des orages magnétiques.
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤                     
                                                   
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Satellites endommagés, villes plongées dans le noir... Comment prédire les dévastatrices éruptions solaires

Combinant observation et modélisation, la « météo de l’espace » tente d’anticiper les dégâts des orages magnétiques.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 17h20
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
En septembre 2017, les émissions radio longue distance ont été brièvement interrompues dans l’hémisphère Nord. En novembre 2003, un système de localisation aérienne a été perturbé pendant plus d’une journée et des satellites de communication endommagés. En 1989, le Québec a été plongé dans le noir pendant neuf heures.
La liste est longue des dégâts qu’engendrent les éruptions solaires, des sautes d’humeur de notre étoile, un milliard de fois plus énergétiques qu’une bombe ­nucléaire à hydrogène. A chaque fois, le Soleil envoie des bouffées de rayonnement et de particules qui causent de belles aurores ­boréales mais perturbent aussi les satellites ou les réseaux électriques. Prédire ces événements est donc aussi important, voire plus, qu’anticiper une chute de neige.
Une équipe du CEA, du CNRS, de l’Ecole polytechnique et d’Inria (institut national de recherche en numérique) vient de franchir une étape importante dans ce but, en décortiquant, dans la revue Nature du 8 février, un mécanisme à l’origine de ces éruptions.
Leur source d’énergie est connue depuis longtemps. C’est un effet dynamo, comme pour l’éclairage d’un vélo, en plus puissant. Le mouvement des particules chargées crée un champ magnétique, qui lui-même induit des déplacements de charges électriques, etc.
Les lieux des « explosions » aussi sont bien connus. Ce sont les énormes taches sombres de plusieurs milliers de kilomètres à la surface rougeoyante de notre étoile. C’est là que des lignes de champs magnétiques, ressemblant à des cordons en torsion ­extrême prêts à claquer, entrent et sortent, limitant la production de rayonnement lumineux.

Restait à trouver l’étincelle. En 2014, la même équipe de chercheurs en avait trouvé une. Un de ces cordons magnétiques s’étire en altitude, gardant ses deux pieds dans les taches sombres. Il grandit, se tord comme un fil élastique et emmagasine de l’énergie, jusqu’à plusieurs milliers de kilomètres dans l’atmosphère solaire....




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ L’histoire naturelle est une science de la vie. Pour cette raison, il faut la remettre au cœur de la formation, au service de chacun, rappellent dans une tribune au « Monde » Bruno David, Marc-André Selosse, Guillaume Lecointre, du Musée national d’histoire naturelle, et Eric Westhof, de l’Académie des sciences.
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« Enseigner une nouvelle histoire naturelle pour penser aujourd’hui et construire demain »

L’histoire naturelle est une science de la vie. Pour cette raison, il faut la remettre au cœur de la formation, au service de chacun, rappellent dans une tribune au « Monde » Bruno David, Marc-André Selosse, Guillaume Lecointre, du Musée national d’histoire naturelle, et Eric Westhof, de l’Académie des sciences.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h08
    |

Bruno David (Musée national d'histoire naturelle (MNHN)), Marc-André Selosse (Musée national d'histoire naturelle (MNHN)), Guillaume Lecointre (Mus...







                        



                                


                            

Tribune. L’histoire naturelle étudie les composantes et les mécanismes du monde, qu’il soit minéral, végétal ou animal, ainsi que la diversité humaine dans ses dimensions biologiques et sociales.
Elle est présente dans les cursus scolaires et universitaires par les « sciences de la vie et de la Terre ». Elle ne se réduit pas à une histoire ancienne, elle est plus que jamais vivante et dynamique d’innombrables découvertes et par ses liens avec d’autres disciplines.
L’histoire naturelle a fait de formidables progrès qui influencent la vie de chaque citoyen au quotidien comme au long terme. Elle peut être un formidable levier pour contribuer à préparer une société responsable et des citoyens éclairés en ce début de siècle où la crise environnementale et la montée de certains obscurantismes conduisent à une perte de repères.
La réforme du lycée engagée par le gouvernement s’annonce comme une occasion unique de repenser la formation des futures générations. Or, les discussions actuelles sur la réforme du lycée envisagent que l’histoire naturelle puisse être optionnelle à partir de la classe de seconde. Les institutions signataires de cette tribune appellent, au contraire, à mettre l’histoire naturelle au cœur de la formation, au service de chacun et de l’avenir du pays, pour plusieurs raisons.
Etudier et respecter les faits
Nos choix d’avenir doivent être nourris des acquis de l’histoire naturelle : parmi les défis auxquels nos sociétés sont confrontées, les transitions écologiques et environnementales sont pressantes, et font l’objet d’un engagement gouvernemental actif. Chacun fait aussi ses propres choix de vie pour son alimentation, sa santé ou son environnement et ces engagements, individuels et collectifs, doivent pouvoir s’appuyer sur des connaissances avérées.
Parmi les perspectives d’actualité, la redéfinition espérée des relations entre hommes et femmes ou la compréhension du vieillissement et de ses...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ L’idée a longtemps prévalu que l’exercice physique était néfaste pour les patients, mais la recherche scientifique est sans équivoque : ses bénéfices, y compris sur le cerveau, sont démontrés.
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Le sport est tout indiqué contre la sclérose en plaques

L’idée a longtemps prévalu que l’exercice physique était néfaste pour les patients, mais la recherche scientifique est sans équivoque : ses bénéfices, y compris sur le cerveau, sont démontrés.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 10h22
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Halte aux idées reçues ! Il y a une vingtaine d’années, les médecins n’osaient pas proposer une activité physique à leurs patients atteints de sclérose en plaques (SEP). Les pratiques d’endurance étaient même contre-indiquées. Il s’agissait de ne pas accroître la fatigue des patients, on craignait même d’aggraver leur maladie… Mais cela ne reposait sur aucune donnée scientifique.
Aujourd’hui, c’est l’inverse qui est préconisé. La recherche scientifique est sans équivoque. L’activité physique atténue les symptômes, la fatigue, les douleurs… et peut aussi ralentir la progression de la SEP. C’est l’une des affections neurologiques les plus fréquentes chez les jeunes adultes – elle touche environ 80 000 personnes en France. Elle se caractérise par des atteintes de la myéline, une substance qui isole et protège les cellules nerveuses et garantit une transmission rapide des influx nerveux. L’évolution de la maladie varie fortement d’une personne à l’autre. 
« L’exercice est considéré aujourd’hui comme l’un des aspects importants de la prise en charge globale de cette maladie », écrit la société canadienne de la SEP. La docteure Cécile Donzé, chef de service de médecine physique et réadaptation fonctionnelle à l’hôpital Saint-Philibert à Lomme (Nord), spécialisée sur la SEP depuis une vingtaine d’années, le propose aujourd’hui à tous ses patients. « Les études montrent les bénéfices de l’exercice physique sur l’aspect cardiovasculaire et donc le conditionnement à l’effort, les troubles de l’équilibre, le périmètre de marche », décrit la docteure Donzé. Ce qui agit sur le bien-être et diminue la fatigue.
« On peut tout faire »
Une perte de masse musculaire est souvent observée chez ces patients, accentuée par le manque d’activité physique. C’est le cercle vicieux. « Il convient de ne pas tomber dans cette spirale de la sédentarité », recommande Pierre Zaenker (doctorant Staps,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Consommés pour accélérer le développement de la musculature, les stéroïdes anabolisants androgéniques peuvent entraîner des atrophies des testicules et des altérations neurocognitives graves.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/02/2018
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Les stéroïdes anabolisants, un poison pour le cerveau

Consommés pour accélérer le développement de la musculature, les stéroïdes anabolisants androgéniques peuvent entraîner des atrophies des testicules et des altérations neurocognitives graves.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 20h54
    |

                            Sylvie Burnouf








                        



                                


                            

Se donner les moyens de développer une musculature qui en jette fait manifestement partie des « bonnes résolutions » de début d’année. A partir de données fournies par Google Trends, des chercheurs britanniques se sont intéressés à l’intérêt porté par les internautes aux stéroïdes anabolisants androgéniques – des molécules proches de la testostérone dont la consommation permet de booster le gain de musculature. Leur étude, publiée fin novembre dans International Journal of Drug Policy, décrit un phénomène clairement cyclique : chaque mois de janvier, le nombre de recherches effectuées sur ­Internet grimpe en flèche, pour atteindre un pic au début de l’été… avant de s’effriter progressivement à mesure que la fin de l’année approche.
La facilité avec laquelle ces produits prohibés peuvent désormais être dénichés sur la Toile a sans doute largement contribué à l’évolution du profil des consommateurs : auparavant cantonnée au milieu du sport de haut niveau, la prise de stéroïdes anabolisants est devenue monnaie courante parmi les adeptes des salles de musculation. « Au moins 30 % des bobybuilders en ­prennent », estime Martine Duclos, endocrinologue et chef du service de médecine du sport au CHU de Clermont-Ferrand. Les jeunes aussi en sont friands – essentiellement dans un but ­esthétique, la quête de l’effet « tee-shirt moulant », selon la médecin.

Cette aspiration peut mener les consommateurs à en absorber de très fortes doses, « jusqu’à 1 000 ou 2 000 mg par semaine, note-t-elle, alors que l’organisme d’un sujet jeune ne produit normalement que 250 mg de testostérone par mois ». Or, « le cerveau ne fait pas la différence entre ces molécules exogènes et la testostérone normalement produite par l’organisme », souligne-t-elle. Deux petites structures situées à la base du cerveau, l’hypothalamus et l’hypophyse, ont en effet pour fonction de réguler la production de testostérone : lorsqu’elles...




                        

                        

