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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ YouTube Red, l’offre payante de la plate-forme de streaming musical et vidéo devrait être disponible dans une centaine de pays cette année.
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YouTube va déployer son offre payante en France

YouTube Red, l’offre payante de la plate-forme de streaming musical et vidéo devrait être disponible dans une centaine de pays cette année.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 18h08
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



   


YouTube pourrait faire d’une pierre deux coups. Après avoir expérimenté son offre payante de streaming musical et vidéo aux Etats-Unis pendant plus de deux ans, la filiale de Google a annoncé lundi 12 février l’expansion de YouTube Red dans « une centaine » de pays en 2018, selon Susan Wojcicki, qui préside la plate-forme.
YouTube peut-il objectivement concilier musique et vidéo et ainsi concurrencer Netflix et Spotify, respectivement leaders mondiaux du streaming vidéo et audio ? Rien n’est moins sûr. « YouTube Red est d’abord un service de streaming musical, a déclaré Susan Wojcicki lors d’une conférence organisée lundi par Recode, un site d’information consacré aux nouvelles technologies. Tous ces contenus [productions labellisées YouTube Originals, co-financés par la plate-forme] seront ajoutés à ce service. » Un clin d’œil à Spotify, qui pour le même la même somme, environ 10 dollars (8 euros), ne propose à ses abonnés que de la musique.
Un million et demi d’abonnés
Selon une étude menée par Edison Research, 80 % des 18-49 ans regardent des vidéos sur YouTube. Une reconnaissance massive qui pourrait réduire l’emprise de Spotify sur l’industrie musicale. Google ne communique pas le nombre d’abonnés au service YouTube Red, toutefois, d’après le site américain The Verge, il ne dépassait pas le million et demi d’abonnés un an après son lancement en octobre 2015. Une audience qui semble marginale face aux plus de 100 millions d’abonnés à Netflix et aux 70 millions d’abonnés à Spotify.
YouTube Red intègre trois services : un accès sans publicité à l’ensemble de YouTube, un accès à Google Play Music, et la diffusion de contenus vidéo originaux, co-financés par la plate-forme. Le plus souvent, ces programmes mettent en vedettes d’influents youtubeurs tels que PewDiePie ou Logan Paul mais aussi des stars hollywoodiennes à l’image de l’acteur Dwayne « The Rock » Johnson ou du réalisateur Doug Liman.
Cette focalisation sur le streaming musical représente un changement de stratégie pour YouTube. En septembre 2017, le leader mondial de la vidéo en streaming n’a pas hésité à mettre 3 millions d’euros sur la table pour acheter les droits de diffusion du second opus du film-documentaire Super Size Me, réalisé par Morgan Spurlock, avant de l’écarter de son offre après les révélations accusant son auteur de viol et de harcèlement sexuel. A l’époque, YouTube a damé le pion à Netflix, Hulu et CNN, et séduit Morgan Spurlock en mettant en avant ses 1,5 milliard de spectateurs mensuels. « Vous ne faites pas de films pour récolter des poussières, vous voulez qu’ils soient réellement appréciés par le plus grand nombre possible de personnes », a déclaré ce dernier au Hollywood Reporter.
Priorité aux youtubeurs
Après avoir fait saliver Hollywood, Google et ses 70 milliards d’euros de trésorerie, semblent abandonner cette course aux achats de contenus qui a électrisé le marché. Menée par Netflix et Amazon, cette frénésie touche désormais Hulu, Apple, Facebook et Disney. Malgré les perspectives de croissance du nombre d’abonnés liées à l’expansion de son offre payante dans une centaine de pays, YouTube n’entend donc plus dépenser des milliards dans l’achat et la production de contenus haut de gamme. « Nous pourrions le faire, mais je ne suis pas sûr que cela puisse aller plus loin que ce que nous faisons déjà », a expliqué Susan Wojcicki.
La plate-forme miserait ainsi sur ses meilleurs créateurs, qui, grâce à leurs audiences, sont devenus de véritables stars. Malgré les polémiques qui visent notamment Logan Paul, qui a invité ses spectateurs à avaler des capsules de lessive, la filiale de Google n’entend pas leur retirer son soutien. « Nous ne pouvons pas simplement retirer les vidéastes de notre plate-forme… Ce que vous trouvez insipide ne l’est pas forcément pour quelqu’un d’autre », a estimé Susan Wojcicki. De leur côté, les annonceurs, qui représentent la plus grande source de revenus pour YouTube, ne l’entendent pas de cette oreille. Unilever menace notamment de retirer ses publicités des plates-formes qui n’effacent pas les contenus nocifs destinés aux enfants. Exactement ce qu’on reproche à Logan Paul.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ En 2007, Pascal Y vend sa maison aux époux X. Il assure qu’il a fait les travaux nécessaires pour colmater des fissures, mais dissimule un jugement qui ordonne la démolition de la maison. Les X l’assignent en garantie des vices cachés.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Seuls 5,2 % des demandeurs d’emploi – et 0,9 % des salariés – ont eu une formation validée dans le cadre du compte personnel de formation (CPF) en 2016, révèle le ministère du travail.
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Bilan mitigé pour le compte personnel de formation

Seuls 5,2 % des demandeurs d’emploi – et 0,9 % des salariés – ont eu une formation validée dans le cadre du compte personnel de formation (CPF) en 2016, révèle le ministère du travail.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 17h50
    |

                            Catherine Quignon








                        



                                


                            

Alors que les négociations entre partenaires sociaux autour de la future réforme de la formation professionnelle s’achèvent bientôt, une étude de la Dares, le service des statistiques du ministère du travail, vient faire le bilan de la mise en place du compte personnel de formation (CPF). Et il est mitigé.
Succédant au droit individuel à la formation (DIF) en 2015, le CPF avait pour but de développer le recours à la formation. Deux ans après son entrée en vigueur, le recours au compte personnel de formation augmente, mais reste limité : en 2016, seules 5,2 % des personnes ayant connu au moins un mois de chômage dans l’année ont eu une formation validée dans le cadre du CPF, révèle l’étude.

Chez les salariés du secteur privé, le recours à ce dispositif est encore plus faible : seul 0,9 % d’entre eux ont vu leur dossier de formation validé. Ce qui correspond toutefois à « une forte croissance du recours au dispositif avec un peu plus de 492 000 dossiers acceptés (en 2016 contre 208 000 en 2015) », dont 320 294 pour les demandeurs d’emploi et 172 076 pour les salariés.
Après les cafouillages du début, le dispositif semble donc s’installer lentement. Il a déjà atteint le rythme de croisière de son prédécesseur, le droit individuel à la formation (DIF). En comparaison, ce dernier permettait chaque mois à environ 45 000 personnes d’entrer en formation.
Les cadres surreprésentés
La mise en place du CPF avait pour but de développer la formation de ceux qui en ont le plus besoin, à savoir les moins diplômés et les demandeurs d’emploi, grâce au lancement d’un site internet dédié et des démarches soi-disant simplifiées. Mais là aussi, le bilan est mitigé.
Comme le DIF, le CPF continue à bénéficier aux plus qualifiés. « Les cadres et les professions intellectuelles supérieures recourent plus fréquemment que les autres catégories socioprofessionnelles au CPF (1,7 % contre 0,8 % pour les professions intermédiaires,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ A voir aussi ce soir. Le documentaire d’Elsa Fayner retrace, à travers plusieurs témoignages, les différentes étapes de l’épuisement professionnel (sur France 5 à 20 h 55).
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

TV – « La Mécanique du burn-out »

A voir aussi ce soir. Le documentaire d’Elsa Fayner retrace, à travers plusieurs témoignages, les différentes étapes de l’épuisement professionnel (sur France 5 à 20 h 55).



Le Monde
 |    14.02.2018 à 17h30
    |

                            Mathieu Ait Lachkar








                        


Documentaire sur France 5 à 20 h 55



La question de la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle refait régulièrement surface. Le documentaire d’Elsa Fayner, ­plutôt que d’alimenter directement le débat, s’attache à comprendre les ressorts de cette affection qui ne fait encore l’objet d’aucun diagnostic officiel. Et, pour y parvenir, la réalisatrice a choisi de donner la parole à cinq personnes aux activités radicalement différentes – cuisinier, ­assistante sociale, responsable associatif, berger, cadre bancaire –, dont le point commun est d’avoir tous été « tués à petit feu » par le travail qu’ils aimaient.
Elsa Fayner a recueilli le témoignage de Brigitte, cadre de banque d’une quarantaine d’années, qui se souvient des douleurs ­physiques ressenties avant que son corps ne cède définitivement, mettant fin à un rythme de vie effréné. « Je travaillais tous les week-ends. Pendant sa ­finalisation, j’ai dormi trois heures en trois jours, et environ vingt heures sur les dix derniers jours », se souvient la jeune femme. A l’époque, elle travaillait sur un projet, le plus beau de sa vie selon elle, mais destructeur.

   


Les autres témoignages évoquent tous cette dimension ­affective au travail qui tend à faire oublier tout le reste. Jacques, chef cuisinier, explique avoir toujours voulu gérer sa cuisine comme son propre foyer. Or, c’est précisément ce manque de discernement entre vies professionnelle et privée qui serait, à en croire le psychologue du travail Samuel Michalon, l’une des causes du « burn-out », un terme ­né dans les années 1970 et dont l’utilisation n’a cessé de se répandre en même temps que le mal qu’il désigne.
Selon une étude du cabinet Technologia publiée en 2014, un peu plus de trois millions de Français seraient exposés à un risque élevé de burn-out. Les propos tenus dans ce documentaire vont dans ce sens, tous contribuant à dresser un état des lieux du monde du travail alarmant (culte de la performance, méthodes brutales de management, ­dégradation des conditions professionnelles…) et à nous faire prendre conscience de la nécessité qu’il y aurait à reconnaître cette maladie, qui recevait encore en mai dernier un avis défavorable de la haute autorité de santé.
La Mécanique du burn-out, d’Elsa Fayner (Fr., 2017, 65 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ 85 000 sociétés impliquées dans l’enquête ont été ajoutées à cette base de données ouverte sur les paradis fiscaux par le Consortium international des journalistes d’investigation.
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« Paradise Papers » : des dizaines de milliers de sociétés offshore rendues publiques dans la « Offshore Leaks DataBase »

85 000 sociétés impliquées dans l’enquête ont été ajoutées à cette base de données ouverte sur les paradis fiscaux par le Consortium international des journalistes d’investigation.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 16h25
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 16h43
    |

            Maxime Vaudano et 
Jérémie Baruch








                        



   


Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) continue son combat pour davantage de transparence dans le monde de la finance offshore : il a ajouté, mercredi 14 février, 85 000 sociétés, ainsi que 110 000 actionnaires et administrateurs, issus de l’enquête « Paradise Papers », dans sa « Offshore Leaks Database ». Cette énorme base de données des paradis fiscaux, établie grâce aux différentes fuites de données auxquelles l’ICIJ a eu accès – « Offshore Leaks » et « Panama Papers » notamment – contient désormais plus de 785 000 sociétés écrans, trusts et fonds, liés à presque autant d’administrateurs et d’actionnaires de ces entités offshore.
En novembre et en décembre 2017, l’ICIJ avait déjà mis en ligne un premier lot de données extraites des « Paradise Papers », provenant de la base interne du cabinet d’avocats Appleby et des registres du commerce de quatre paradis fiscaux caribéens (La Barbade, Bahamas, Aruba et Saint-Christophe-et-Niévès). Les nouvelles données publiées aujourd’hui par le consortium émanent des îles Cook, Samoa et de Malte, et courent jusqu’à la fin 2016.

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                Suisse et Etats-Unis en tête : le vrai classement des paradis fiscaux



Favoriser la transparence
En mettant ces informations d’intérêt public à la disposition de tous, l’ICIJ entend favoriser la transparence sur des structures offshore souvent prisées pour leur opacité, dans des juridictions caractérisées par leur discrétion. Bien qu’incomplète et incapable de lever totalement le voile du secret, cette base de données vise à aider journalistes, chercheurs et citoyens à rechercher les bénéficiaires effectifs des montages économiques passant par les paradis fiscaux.
Les îles Samoa ont un registre du commerce relativement ouvert – où l’on peut rechercher gratuitement le nom d’une société ou d’un actionnaire –, mais c’est loin d’être le cas pour les îles Cook, Etat souverain associé à la Nouvelle-Zélande. En effet, nul registre en ligne n’y est disponible, tandis que les tribunaux locaux ignorent fréquemment les demandes d’informations de juridictions étrangères, notamment en matière de détention d’actifs.
Malte, centre offshore au cœur de l’UE
Quant à Malte, le plus petit pays de l’Union européenne, il est dans les radars de nombreuses associations depuis de nombreuses années, mais aussi – plus récemment – dans le viseur de nombreux parlementaires européens. L’île, au centre de plusieurs enquêtes journalistiques découlant, entre autres, des « Paradise Papers », est accusée d’être un important centre offshore au cœur de l’Union européenne, attirant notamment les actifs grâce un important rabais fiscal.

        Lire notre enquête :
         

          Le petit monde confiné de Malte s’accommode des scandales



Malte possède bien un registre du commerce en ligne, dans lequel un internaute peut rechercher une société. Mais à l’instar de nombreux registres, on ne peut s’enquérir que du nom des sociétés : ni les actionnaires ni les administrateurs ne sont directement accessibles. C’est pourtant, selon de nombreuses ONG spécialisées dans la fraude fiscale, l’une des conditions sine qua non vers plus de transparence financière. « Offshore Leaks Database » permet de pallier cet écueil en créant un réseau interrogeable de nœuds et de liens qui montrent d’un coup d’œil les relations entre les différentes sociétés écrans, administrateurs et autres bénéficiaires économiques, et ce, quelles que soient les juridictions.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ L’entreprise a mis à disposition des outils permettant de créer ce type de contenu pour mobiles. Ils pourraient remonter, à l’avenir, dans son moteur de recherche.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Google lance des stories à la manière de Snapchat

L’entreprise a mis à disposition des outils permettant de créer ce type de contenu pour mobiles. Ils pourraient remonter, à l’avenir, dans son moteur de recherche.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 16h23
   





                        


Cela ne se dément pas : Snapchat, l’application préférée des adolescents, continue à être imitée de toutes parts. Après Facebook et Instagram, c’est au tour de Google de s’en inspirer. L’entreprise américaine a annoncé, mardi 13 février, sur son blog le lancement du format AMP Story, qui ressemble fortement aux fameuses stories de Snapchat. Et plus particulièrement celles qui se trouvent dans la partie Discover de l’application, réservée aux médias.
Ce format vertical permet d’enchaîner images, courtes vidéos, textes et animations, afin de mettre en scène une information de façon dynamique, pensée pour mobile, dans laquelle l’utilisateur avance d’une pression sur l’écran.

Objectif : mettre à disposition de tout un chacun les outils permettant de publier dans ce format adapté au mobile. Dans un premier temps, Google s’est associé à plusieurs médias américains comme CNN, le Washington Post, Conde Nast, Hearst, Mashable, Meredith, Mic ou encore Vox Media, qui ont commencé à produire leurs propres AMP stories. Les internautes peuvent y accéder en recherchant le nom du média à l’adresse g.co/ampstories. En attendant que le concept, encore à ses prémisses, ne se développe.
Pour le moment, Google ne précise pas comment il compte remonter à l’avenir ces stories dans son moteur de recherche – qu’il s’agisse de celles créées par des médias partenaires, des médias non partenaires ou autres entités.
« Les images, les vidéos et le graphisme aident les personnes qui publient du contenu à retenir l’attention de leurs lecteurs le plus rapidement possible », écrit Google, « et à maintenir leur intérêt grâce à des informations visuelles immersives et faciles à consulter ».
Les outils mis gratuitement à disposition par Google « ont pour but de faciliter, d’un point de vue technique, la production de stories », explique l’entreprise, qui précise que celles-ci seront hébergées sur les sites de leurs créateurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ L’indice des prix à la consommation a augmenté en janvier de 0,5 % par rapport au mois précédent, après avoir progressé de 0,2 % en décembre. C’est plus que ce qu’attendaient les économistes.
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La hausse modérée des prix se confirme aux Etats-Unis

L’indice des prix à la consommation a augmenté en janvier de 0,5 % par rapport au mois précédent, après avoir progressé de 0,2 % en décembre. C’est plus que ce qu’attendaient les économistes.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 16h08
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 16h26
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


Les tensions inflationnistes se confirment aux Etats-Unis, même si elles restent modérées. L’indice des prix à la consommation a augmenté en janvier de 0,5 % par rapport au mois précédent, selon les statistiques publiées, mercredi 14 février, par le département du travail, après avoir progressé de 0,2 % en décembre.
Si l’on exclut l’énergie et l’alimentation, les prix ont progressé de 0,3 % comparé à 0,2 % en décembre. C’est plus que ce qu’attendaient les économistes interrogés par le Wall Street Journal, qui tablaient sur 0,4 % (0,2 % hors énergie et alimentation).
Sur un an, l’inflation reste inchangée par rapport au mois de décembre, à 2,1 % (1,8 % hors énergie et alimentation). C’est là aussi un peu plus que les attentes des économistes.
Dans ce contexte, les marchés craignent un durcissement plus rapide qu’attendu de la politique monétaire et une hausse des taux d’intérêt.
Dans la foulée de la publication de ces chiffres, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans s’est brusquement tendu, passant de 2,82 % à 2,878 %. Le dollar, plus attractif, s’est raffermi, l’euro qui cotait 1,235 dollar dans la matinée passant sous la barre de 1,23 dollar.
L’indice Dow Jones reculait sur les marchés à terme, mercredi matin, mais de façon modérée (– 0,85 %).
Les yeux rivés sur la Réserve fédérale et son nouveau président
Les marchés, qui progressaient à un rythme de métronome depuis l’élection de Donald Trump, sont entrés dans une phase de volatilité au début du mois de février, lorsqu’il est apparu que la hausse des salaires américains s’accélérait enfin, au bout de huit ans de croissance, avec une progression en janvier de 2,9 % contre 2,5 % le mois précédent.
Cette annonce a déclenché une relecture de la situation économique, les opérateurs craignant une compression des marges des entreprises et surtout un resserrement du crédit qui aurait un double effet : rendre l’argent moins facile et réduire la valeur des entreprises, celle-ci étant fonction des taux d’intérêt.
Pour compliquer l’affaire, le Congrès et Donald Trump ont ouvert les vannes du déficit budgétaire, qui devrait approcher les 5 % du PIB en 2019 alors que l’économie américaine est en pleine croissance.
Les yeux sont rivés sur la Réserve fédérale et son nouveau président Jerome Powell, qui présidera à partir du 21 mars son premier comité de politique monétaire. Une hausse du loyer de l’argent, aujourd’hui compris entre 1,25 % et 1,5 %, est attendue, et les opérateurs tablent, désormais, sur quatre resserrements d’un quart de point en 2018, un peu plus que les trois hausses qu’avait laissées entendre la Fed en décembre 2017.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Face à la fragmentation du marché de la télévision, les droits de la Premier League n’augmentent plus, pour la première fois en vingt-cinq ans.
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Football anglais : la fin de la folle envolée des droits de retransmission

Face à la fragmentation du marché de la télévision, les droits de la Premier League n’augmentent plus, pour la première fois en vingt-cinq ans.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 16h02
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 16h52
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Après vingt-cinq années d’inflation presque ininterrompue, la folle envolée des droits de retransmission du football anglais semble s’être arrêtée. Mardi 13 février, la Premier League a annoncé le résultat de la mise aux enchères de ses droits pour le Royaume-Uni pour les trois saisons de 2019-2020 à 2021-2022 : le total atteint 4,5 milliards de livres (5 milliards d’euros), nettement moins que les 5,1 milliards de livres de la précédente mise aux enchères il y a trois ans.
« L’ère où les télévisions payaient toujours plus est finie », estime James Barford, de la société de consultants Enders Analysis. La concurrence d’Internet, qui révolutionne la façon de regarder la télévision et fragmente l’accès aux écrans, atteint désormais le sport.
Certes, l’actuel processus n’est pas tout à fait terminé : les droits de la Premier League sont divisés en sept « paquets » de retransmission, dont seuls les cinq premiers – les plus intéressants – ont été vendus. La plupart des analystes estiment cependant que les deux derniers paquets ne suffiront pas à combler le trou, et que les enchères lèveront moins d’argent qu’il y a trois ans. « Ce qui est certain, c’est que les augmentations spectaculaires sont terminées », continue M. Barford.

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                La Premier League, le championnat de football le plus riche du monde, perd de l’argent



Concurrence d’Internet
Sky, le bouquet satellite, remporte quatre des cinq paquets, soit 128 rencontres par saison. Par match, son coût baisse de 16 %, à 9,3 millions de livres. BT, l’acteur historique des télécommunications au Royaume-Uni, qui a lancé des chaînes de sport en 2013, a acheté le cinquième paquet, soit 32 rencontres par saison. Le groupe paie un prix par match similaire, de 9,2 millions de livres.
En partie, ce coup de frein était nécessaire après l’incroyable envolée de ces dernières décennies. En 1992, Sky, la télévision par satellite du magnat Rupert Murdoch, avait ouvert la voie, offrant l’équivalent de 80 millions d’euros actuels par saison, une somme qui paraissait prodigieuse à l’époque. Aujourd’hui, le prix a été multiplié par presque vingt-cinq.
A titre de comparaison, les droits d’une saison de retransmission coûtent aujourd’hui l’équivalent des investissements de la BBC dans tous ses programmes. Pour le même prix, Netflix pourrait s’offrir dix-sept saisons de la série à succès The Crown, qui retrace les premières années de la reine Elizabeth II. Pire, ces sommes astronomiques ne couvrent que les droits : il faut ensuite investir lourdement dans l’installation des caméras, les studios, les émissions… Si bien que l’inévitable est arrivé : Sky et BT perdent aujourd’hui de l’argent sur le football. La retransmission des matchs attire des spectateurs passionnés, prêts à dépenser en moyenne une cinquantaine d’euros par mois pour regarder leur sport préféré, mais cela ne suffit plus.
L’autre phénomène est la concurrence d’Internet. Avec l’émergence des vidéos en ligne, en particulier de Netflix, un bouquet satellite comme Sky voit sa clientèle s’effriter. Il compense avec sa propre offre à la demande, intitulée Now TV, mais son prix d’accès est moins élevé.
Course effrénée
Dans ce contexte, la fin de l’inflation des droits du football anglais peut indiquer un changement profond dans le business du sport, la Premier League ayant été l’une des pionnières de cette course effrénée. « Les propriétaires de ligues de sport devraient être inquiets de ce résultat, même si les sommes demeurent très élevées », continue M. Barford.

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                Amazon souhaiterait acquérir les droits de la Premier League



Ils auraient pu espérer que les géants d’Internet se lancent eux aussi dans la bataille pour les droits, relançant l’inflation. Mais pour l’instant, malgré leurs poches profondes, les Google et autres Facebook se sont contentés d’approcher le marché là où il est le moins cher. Amazon a acheté les droits d’une dizaine de matchs de football américain (NFL) par an, ainsi que ceux des matchs de tennis de l’ATP. Ses investissements se limitent cependant à quelques dizaines de millions d’euros par an, loin des sommes engagées pour le football anglais. Seul Facebook avait tenté une offensive plus impressionnante, offrant 600 millions de dollars (487 millions d’euros) pour le cricket en Inde, mais il n’avait finalement pas remporté les droits.
Le problème est que l’économie d’Internet ne fonctionne pas de la même façon que celle des câblo-opérateurs traditionnels. Les abonnés à Netflix ou Amazon Prime dépensent moins d’une dizaine d’euros par mois, cinq fois moins que ceux de Sky. De plus, les géants du Net ont une approche internationale, visant des téléspectateurs du monde entier, tandis que les droits du sport sont généralement limités pays par pays.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ A la suite de Wall Street, les Bourses mondiales ont chuté fortement pendant la semaine du 5 février. Ce mouvement suivait une longue envolée des cours. Comment expliquer de telles amplitudes ?
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Bourse : pourquoi de telles fluctuations ?

A la suite de Wall Street, les Bourses mondiales ont chuté fortement pendant la semaine du 5 février. Ce mouvement suivait une longue envolée des cours. Comment expliquer de telles amplitudes ?



Le Monde
 |    14.02.2018 à 15h58
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 16h20
    |

            Edouard Pflimlin








                        



   


La Bourse de New York, le New York Stock Exchange (NYSE), a connu des journées agitées la semaine dernière. Le 5 février 2018, l’indice Dow Jones a brièvement perdu plus de 1 500 points, soit 6 %. L’autre indice phare américain, le S&P 500, a reculé de 4,1 %. Malgré un rebond de Wall Street le 9 février, ses deux indices phares ont abandonné plus de 5 % sur la semaine, leur plus forte perte hebdomadaire depuis janvier 2016.
L’onde de choc s’est propagée sur toutes les places financières, notamment en Europe. Au total, les Bourses mondiales ont perdu 7 500 milliards de dollars de capitalisation (valeur des Bourses) en l’espace d’une semaine.
Pourquoi les Bourses connaissent-elles de telles fluctuations ? Qu’est-ce qui explique leurs mouvements ?

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Quand on parle d’indices boursiers, de quoi parle-t-on ?
Les indices sont le reflet des cours des actions des entreprises cotées en Bourse. Il existe deux types d’indices. Ceux qui sont « pondérés » par les prix, comme le Dow Jones, à la Bourse de New York, et le Nikkei, à la Bourse de Tokyo, simplement calculés selon la moyenne arithmétique des cours des actions qui les composent.
Les autres indices prennent en compte les capitalisations boursières, c’est-à-dire les cours cotés des actions multipliés par le nombre d’actions en circulation. Ils pondèrent les valeurs par le nombre de titres en circulation de chaque société.
Dow Jones
Souvent raccourci en Dow Jones, le Dow Jones Average Industrial est le plus ancien des indices boursiers. Créé en 1896, il ne comprend que 30 valeurs.
S&P 500
Créé en 1957, cet indice est basé sur 500 grandes sociétés cotées sur les Bourses américaines. L’indice est possédé et géré par Standard & Poor’s, l’une des trois principales sociétés de notation financière. Il a détrôné le Dow Jones parce qu’il est composé d’un plus grand nombre de compagnies et que sa valeur tient compte de la capitalisation boursière des compagnies contenues dans l’indice.
Nasdaq
L’indice Nasdaq Composite a été créé en 1971, conjointement au Nasdaq, marché électronique des valeurs technologiques. Dans l’indice, l’importance de chaque compagnie est proportionnelle à sa capitalisation boursière.
FTSE 100
L’indice que l’on appelle de façon familière le « footsie », regroupe les cent entreprises britanniques les mieux capitalisées cotées à la Bourse de Londres. Il a été lancé en 1984.
CAC 40
Le CAC 40 (cotation assistée en continu) est le principal indice boursier de la Bourse de Paris. Créé en 1988, il est déterminé à partir des cours de quarante actions cotées en continu parmi les cent sociétés dont les échanges sont les plus abondants. Quand une valeur cote à la hausse, le CAC 40 augmente la pondération de la valeur dans l’indice.
DAX
Le Deutscher AktienindeX (DAX) est le principal indice boursier allemand. Sa valeur est fondée sur le cours des actions des 30 plus importantes entreprises cotées à la Bourse de Francfort.
Nikkei
Composé de 225 sociétés, le Nikkei est le principal indice boursier de la Bourse de Tokyo. Il est l’abréviation de Nihon Keizai Shinbun, le nom du quotidien économique qui le publie.
A quels événements les indices boursiers sont-ils sensibles ?
« Le marché est un indicateur avancé du cycle économique », souligne Sylvain Goyon, responsable de la stratégie actions chez Natixis. Les Bourses anticipent l’évolution des principaux indicateurs économiques dans le monde. Elles y réagissent aussi. Tout comme elles anticipent et réagissent aux « faits et gestes » des acteurs économiques.
Sont ainsi particulièrement importants :
les signaux émis par les banques centrales, qui agissent notamment sur les taux d’intérêt (une hausse de ces taux renchérit le crédit bancaire et peut donc freiner l’activité économique et les profits des entreprises).les statistiques économiques : indice des prix à la consommation (inflation), à la production, indice des directeurs d’achat ou de la demande d’emploi sont les indicateurs les plus suivis. La semaine dernière, c’est, notamment, l’annonce d’un rebond de l’inflation salariale aux Etats-Unis qui a déclenché le mouvement de recul.les résultats des sociétés : les résultats trimestriels ont des conséquences immédiates sur les autres entreprises mondiales appartenant au même secteur.
Quand Wall Street s’enrhume, les marchés en Asie et en Europe prennent-ils forcément froid ?

   


Les Bourses sont toutes liées entre elles. A Tokyo, par exemple, les investisseurs vont réagir à la clôture, la veille, de New York et aux marchés asiatiques. Attentive au niveau du dollar face au yen, la place japonaise a toutefois sa propre dynamique, liée aux résultats des entreprises nippones.
En Europe, s’ils sont ouverts de 8 heures à 20 heures, les marchés n’affichent pas de véritable tendance avant 15 h 30, heure d’ouverture des marchés américains. De 15 h 30 à 22 heures, les opérateurs n’ont d’yeux que pour les grands indices boursiers américains (Nasdaq, Dow Jones, S&P). « La corrélation est très forte entre le marché américain et le marché européen », explique Sylvain Goyon.
Les liens entre les différentes Bourses sont renforcés par l’utilisation de techniques comme les transactions à haute fréquence (high frequency trading, en anglais). Cette pratique repose sur des machines capables d’analyser des phénomènes statistiques et d’exécuter des ordres à très grande vitesse, en tirant profit d’écarts de prix même minimes sur les valeurs.
Quels sont les exemples fameux de contagion boursière ?
Krach de 1929
Cette crise survient à la Bourse de New York entre le 24 octobre (« jeudi noir ») et le 29 octobre 1929. Mais ses effets se prolongent : le 8 juillet 1932, l’indice Dow Jones tombe à son plus bas niveau depuis sa création. Comme les banques américaines ont des intérêts dans de nombreuses banques et Bourses européennes et qu’elles rapatrient d’urgence leurs avoirs aux Etats-Unis, la crise financière se propage progressivement dans toute l’Europe. Parallèlement, les échanges économiques internationaux se contractent.

   


Crise asiatique
En juillet 1997, la crise démarre à Bangkok avec la chute du baht. Elle entraînera la chute des monnaies d’Asie du Sud-Est, un krach sur les marchés actions asiatiques et aura un effet négatif sur les Bourses européennes – l’un des rares exemples de contagion des marchés européens produits par des événements asiatiques.
Eclatement de la bulle internet
En avril 2000, le Nasdaq, qui représente les principales valeurs technologiques américaines, s’effondre. Cette chute se répercute sur tous les marchés. A Paris, le CAC 40 chute jusqu’en mars 2003 (− 65 % en deux ans et demi).
Crise des subprimes
Le dégonflement brutal de la bulle de l’immobilier aux Etats-Unis, et principalement des subprimes, entraînent une crise bancaire et boursière autour du monde qui commence le 10 août 2007, avec des chutes de 2 à 3 % des places européennes et asiatiques.
Le 15 septembre 2008, l’annonce de la banqueroute de la banque d’affaires américaine, Lehman Brothers fait chuter toutes les places financières du monde. A Paris, le CAC 40 perd 3,8 %.
Le vrai krach commence le 6 octobre 2008. La plupart des Bourses mondiales connaissent la plus forte baisse de leur histoire sur une semaine : − 22 % à Paris, − 24 % à Tokyo, où une compagnie d’assurance fait faillite, et − 21 % à New York.

« Flash crash » du 6 mai 2010
A la Bourse de New York, les cours s’effondrent : en quelques minutes, le Dow Jones chute de plus de 9 %. Un vent de panique s’empare des marchés et 1 000 milliards de dollars s’envolent. Le trading à haute fréquence est mis en avant. Un robot a mal interprété une statistique et a revendu toutes ses actions. Pour stopper l’emballement, la Bourse de New York suspend ses ordinateurs quelques instants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ L’inévitable remontée des taux va étrangler l’Etat endetté, estime Frédéric Peltier dans une tribune au « Monde ». Pourquoi ne pas recourir à un outil déjà utilisé par le passé, en substituant à l’impôt un emprunt obligatoire sur les plus gros patrimoines ?
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« L’emprunt national, alternative à l’impôt, pour diminuer la dépendance de l’Etat aux marchés financiers »

L’inévitable remontée des taux va étrangler l’Etat endetté, estime Frédéric Peltier dans une tribune au « Monde ». Pourquoi ne pas recourir à un outil déjà utilisé par le passé, en substituant à l’impôt un emprunt obligatoire sur les plus gros patrimoines ?



Le Monde
 |    14.02.2018 à 15h00
    |

                            Frédéric Peltier (Avocat)








                        



                                


                            

Tribune. La dette mondiale, qu’elle soit publique ou privée, continue de métastaser. Le Trésor américain doit aujourd’hui 20 000 milliards de dollars (environ 16 000 milliards d’euros) aux épargnants du monde entier et continue à emprunter à un rythme effréné. La France, elle aussi, profite des euros gratuits sur le marché pour financer à crédit son déficit public. Mais l’ère du crédit gratuit se terminera bien un jour, et lorsque l’argent aura un prix, la dette publique deviendra vite un sujet explosif.
Il semble bien que nos dirigeants attendent, un peu comme l’autruche la tête dans le sable, une remontée des taux d’intérêt contre laquelle ils ne pourront pas grand-chose. Leur seule ambition semble être dorénavant de contenir un risque systémique.
Pour éviter le sauve-qui-peut à venir, il est urgent de s’interroger sur l’équilibre du rapport de force entre les créanciers et les débiteurs dès aujourd’hui car, dans quelque temps, il sera sans doute trop tard : les créanciers auront pris le pouvoir.
Pouvoir machiavélique
Ce pouvoir des créanciers est bien plus machiavélique que tout autre. Il s’impose par le marché, qui se targue de la rationalité économique implacable de l’équilibre financier. La force des créanciers tient aussi au fait que les marchés de la dette sont mondialisés. Les Etats ne sont plus que des clients parmi d’autres des marchés d’argent où l’on s’endette, et sont de plus en plus captifs de cette source de financement. Les Etats sont notés comme n’importe quel autre emprunteur et n’ont d’ailleurs plus le monopole des meilleures notes.
Parce qu’il a atteint les limites de l’impôt, l’Etat français, comme beaucoup d’autres, doit donc emprunter toujours plus et devient, cahin-caha, un exécutant obligé du marché financier plus que de la souveraineté nationale et des citoyens. L’action publique est aujourd’hui quasi accaparée par la gestion de la dette, et les choses ne vont pas s’améliorer. L’exemple...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ D’ici fin février, 300 véhicules sillonneront la capitale avec des microcapteurs pour mesurer les PM2,5. Un dispositif qui permet d’identifier en temps réel les sources de pollution.
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Pollution : Paris affine sa traque des particules

D’ici fin février, 300 véhicules sillonneront la capitale avec des microcapteurs pour mesurer les PM2,5. Un dispositif qui permet d’identifier en temps réel les sources de pollution.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 15h39
    |

            Stéphane Mandard








                        



                                


                            

Officiellement, Paris et l’Ile-de-France n’ont connu qu’un seul épisode de pollution cet hiver. Selon les relevés d’Airparif, l’organisme chargé de la surveillance de la qualité de l’air, il s’est produit le 8 février avec un pic de particules fines dites PM10 (de diamètre compris entre 2,5 µm et 10 µm) à 62 µg/m3, soit au-dessus du seuil d’alerte de 50 µg/m3 sur vingt-quatre heures.
Pourtant, Paris a été touchée par plusieurs épisodes persistants de pollution aux particules fines PM2,5 (inférieures à 2,5 µm) entre novembre 2017 et janvier 2018. Mais à la différence des PM10, du dioxyde d’azote, de l’ozone et du dioxyde de soufre, des concentrations excessives en PM2,5 ne déclenchent pas de procédures d’alerte.

Le seuil de PM2,5 de 25 µg/m³ sur vingt-quatre heures a été dépassé à dix-sept reprises avec une pointe à 50 µg/m³ entre le 2 et le 3 décembre, alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de ne pas le dépasser plus de trois jours par an.
Ces données issues des stations fixes d’Airparif ont également été collectées dans le cadre d’une expérimentation menée depuis quelques mois dans le but d’affiner la connaissance de la pollution à Paris. Baptisé « Pollutrack », ce dispositif vise à mesurer en temps réel et, à même le flux de circulation, le niveau de PM2,5. Aussi, d’ici à la fin février, 300 véhicules électriques d’Enedis, l’opérateur du réseau électrique francilien, sillonneront les rues de la capitale munis de microcapteurs sur leur toit.
« Urgence de santé publique »
La maire de Paris, Anne Hidalgo, devait signer mercredi 14 février une convention de partenariat avec Enedis, Airparif, la Fondation du souffle et la société PlanetWatch24 à l’origine du concept pour consolider l’expérience.
« Il y a une urgence de santé publique car les particules fines PM2,5 sont reconnues par l’OMS comme étant particulièrement nocives », explique la Mairie de Paris....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », deux députés et un économiste estiment que, face à l’expertise économique de l’exécutif, nos parlementaires doivent s’adjoindre les compétences qui leur permettront d’exercer leur mission de contre-pouvoir.
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« Le Parlement doit se doter d’une structure propre d’évaluation des politiques publiques »

Dans une tribune au « Monde », deux députés et un économiste estiment que, face à l’expertise économique de l’exécutif, nos parlementaires doivent s’adjoindre les compétences qui leur permettront d’exercer leur mission de contre-pouvoir.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 14h00
    |

Jean-Noël Barrot (Député (MoDem) des Yvelines), Jean-François Eliaou (Député (LRM) de l’Hérault) et David Thesmar (Professeur de finance au MIT - M...







                        



                                


                            
Tribune. Le moment est venu pour les parlementaires de se doter de l’expertise nécessaire pour amender les projets de loi présentés par l’exécutif, faire des propositions responsables et contrôler les ­effets des politiques publiques.
Cette proposition s’appuie sur un constat largement partagé : en France, le pouvoir politique est déséquilibré en faveur de l’exécutif. Avant d’être soumis à la représentation nationale, les projets de loi sont préparés par des ­conseillers chevronnés et aidés par une administration ultra-compétente. Côté Parlement, en revanche, les moyens se limitent à quelques assistants parlementaires et administrateurs surmenés.
les parlementaires ont deux mois à peine pour approuver un projet de loi de finances livré clés en main
Cette asymétrie est particulièrement frappante au moment de l’élaboration du budget : les parlementaires ont deux mois à peine pour approuver un projet de loi de finances livré clés en main, sans disposer d’une capacité de contre-expertise propre. Résultat : le Parlement peine à jouer son rôle de contre-pouvoir.
C’est la raison pour laquelle un grand nombre de parlementaires appelle à la mise en place d’une structure susceptible de les assister dans leur travail. Elle analyserait les projets gouvernementaux sur les plans macro et microéconomique et en évaluerait le coût, laissant toutefois à la Cour des comptes le soin d’en faire l’audit comptable.
Construire un modèle macroéconomique
Elle serait en mesure de formuler un diagnostic économique, social, environnemental et scientifique si nécessaire, susceptible de confirmer ou d’infirmer les prévisions du gouvernement. Mais, surtout, elle produirait des études d’impact des différentes politiques possibles, à la fois a priori, mais aussi ex post. Par exemple, mesurer l’effet du crédit impôt recherche ou des ordonnances travail serait de son ressort.
Il s’agit de constituer une équipe de techniciens objectifs dont le métier...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Le PIB nippon a progressé de 0,5 % en rythme annuel au cours du dernier trimestre de 2017 grâce notamment à la consommation et aux investissements.
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Le Japon vit sa plus longue période de croissance en trente ans

Le PIB nippon a progressé de 0,5 % en rythme annuel au cours du dernier trimestre de 2017 grâce notamment à la consommation et aux investissements.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 12h55
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



   


La consommation et les investissements en capital permettent au Japon d’afficher son huitième trimestre consécutif de croissance. D’après les données préliminaires rendues publiques mercredi 14 février par le gouvernement, le PIB a progressé de 0,5 % au cours des trois derniers mois de 2017 (en rythme annuel). Ce chiffre, bien qu’inférieurs aux attentes, conforte la dynamique de la troisième économie mondiale, qui vit sa plus longue période de croissance, depuis celle observée entre le troisième trimestre 1986 et le premier de 1989, du temps de la bulle immobilière et financière. Sur l’ensemble de l’année la croissance du PIB s’est élevée à 1,6 % (après 0,9 % en 2016).
Fin 2017, la consommation des ménages, qui génère près des deux tiers du PIB nippon, a crû de 0,5 %, une première hausse après deux trimestres consécutifs de baisse. Les investissements en capital des entreprises ont augmenté de 0,7 % et les exportations ont progressé de 2,4 %.
Ces données s’ajoutent aux chiffres du ministère des finances, selon lesquels les exportations ont augmenté de 11,8 % sur l’ensemble de l’année 2017. Elles ont bénéficié d’une forte demande, notamment dans le domaine des semi-conducteurs – un secteur tiré par le développement de l’Internet des objets – en Asie et plus spécifiquement en Chine, qui a absorbé 19 % des exportations nippones contre 17,6 % en 2016, et en Corée du Sud.
Des exportations en hausse
Dans ses Perspectives sur l’activité économique et les prix, un rapport rendu public le 24 janvier, la Banque du Japon (BoJ) estime que les exportations « vont continuer à progresser modérément en bénéficiant de la croissance des économies du monde » et que cette hausse devrait « soutenir l’économie japonaise ».
L’activité au Japon s’appuie sur cette dynamique internationale et sur les « Abenomics », la politique économique mise en place depuis le retour au pouvoir fin 2012 du premier ministre Shinzo Abe. Il s’agit principalement d’une politique d’assouplissement monétaire menée par la BoJ, de plans de relance budgétaire et dans une moindre mesure de certaines mesures pour encourager par exemple l’emploi des femmes et des personnes âgées.

        Lire aussi :
         

                Les « abenomics », trois flèches visant la relance économique au Japon



Ces politiques devraient se poursuivre notamment car le gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda, qui bénéficie de la pleine confiance de M. Abe, a de grandes chances, selon le quotidien économique Nihon Keizai, d’être reconduit en avril pour un nouveau mandat à la tête de l’institution monétaire.
Un taux de chômage de 2,8 %
La bonne tenue de l’économie pourrait permettre au Japon d’atteindre son objectif de 2 % d’inflation. En décembre 2017, les prix ont augmenté de 1 % sur un an, en raison principalement de la hausse des prix du pétrole et de l’alimentation. Hors denrées périssables, l’augmentation a été de 0,9 %.
Pour soutenir la dynamique inflationniste et ainsi confirmer la sortie du Japon de quinze années de déflation, le gouvernement table sur une augmentation des salaires à même de soutenir la consommation. Il appelle les entreprises à profiter du « shunto », les traditionnelles négociations salariales du printemps qui ont commencé, à décider des hausses de 3 %.
Plusieurs compagnies seraient prêtes à le faire. Mais malgré des profits record, certaines entreprises restent réticentes. « Il y a aujourd’hui tous les éléments en place pour une augmentation des salaires, constate Kentaro Arita, économiste de l’institut de recherche Mizuho qui cite notamment la pénurie de main-d’œuvre dans un pays où le taux de chômage s’établit à 2,8 %.  Mais une chose manque chez certains groupes, c’est la confiance dans l’avenir. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Au moment du Nouvel An chinois, le courtier hongkongais CLSA livre un horoscope humoristique annuel axé sur les perspectives de l’économie et la Bourse de Hongkong.
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Economie : dans le zodiaque chinois, le chien appelle à la prudence…

Au moment du Nouvel An chinois, le courtier hongkongais CLSA livre un horoscope humoristique annuel axé sur les perspectives de l’économie et la Bourse de Hongkong.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 15h18
    |

            Florence de Changy (Hongkong, correspondance)








                        



   


Onzième animal du zodiaque chinois, le chien a la réputation rassurante de meilleur ami de l’homme, connu pour sa loyauté, son honnêteté et son rôle de protecteur ou de gardien. Mais il lui arrive aussi d’aboyer ; il peut même mordre… L’heure est donc à la prudence et aux décisions raisonnées. « Les entrepreneurs ont intérêt à privilégier leurs clients les plus fidèles, et les investisseurs ne doivent pas viser des os plus gros que leur gueule », suggère Alec So, l’économiste du courtier basé à Hongkong CLSA, qui, comme tous les ans, se livre à un horoscope humoristique de l’année à venir, mélange d’analyse réelle et de géomancie chinoise, axé sur les perspectives de l’économie et la Bourse de Hongkong.
Dans le zodiaque chinois, l’animal revient tous les douze ans (pour le chien, ce sont les années de naissance 1946, 1958, 1970, 1982, 1994, etc.), mais est également associé à l’un des cinq éléments fondamentaux, l’or (ou métal), le bois, l’eau, le feu et la terre. Avec la nouvelle lune du 16 février, l’année du chien de terre va mettre fin à l’année du coq de feu. La concordance d’un animal et d’un élément ne se présente donc que tous les soixante ans. Bill Clinton, George W. Bush et Donald Trump sont tous trois nés sous le signe du chien de feu.
L’exercice est devenu une tradition
Pour la Bourse de Hongkong, cette année devrait commencer par « un sprint à la sortie de la niche », qui va toutefois se finir par un roulé-boulé dans les fourrés au printemps. En 2017, la valeur de la Bourse de Hongkong a gagné 36 %. En juillet, l’index a atteint son plus haut score depuis dix ans. Il a toutefois perdu 9 % au cours de la semaine dernière.
Cet horoscope décalé a démarré en 1992 avec une carte de vœux du CLSA contenant quelques prédictions quant aux surprises à attendre du singe. Les sept principaux soubresauts de la Bourse ayant alors été « devinés » avec une précision surprenante, les prédictions du CLSA sont, depuis, attendues et écoutées avec plus de sérieux qu’elles ne le méritent, admet, lui-même, le courtier. L’exercice est devenu une tradition que la plupart des médias de Hongkong couvrent assidûment, bien que le coup de génie de 1992 ne se soit jamais vraiment reproduit. En 2011, par exemple, le lapin qui n’était censé que « sautiller » avait fait un grand bond dans le vide et avait perdu 19 %…
Le président français Emmanuel Macron, né sous le signe du serpent de feu, a droit à une mention spéciale dans le rapport du CLSA. « Coopération avec les piliers financiers de l’Etat va rapporter de bons dividendes à la République. A la maison, Macron peut lever un verre au bonheur familial. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ L’eusko a séduit plus de trois mille utilisateurs au Pays basque en cinq ans, et est en passe de devenir la première monnaie locale utilisée par une collectivité.
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Au Pays basque, une monnaie autant pour revendiquer une identité que pour l’économie

L’eusko a séduit plus de trois mille utilisateurs au Pays basque en cinq ans, et est en passe de devenir la première monnaie locale utilisée par une collectivité.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 11h41
    |

                            Eléa Pommiers (envoyée spéciale à Bayonne)








                        



   


En traversant l’allée du marché de Saint-Jean-Pied-de-Port, dans le Pays basque intérieur, on remarque à peine le petit « e » inhabituel apposé près des chiffres indiquant les prix ; « e » pour eusko, la monnaie locale du Pays basque. Nelly et Raphaël, producteurs de légumes et de laine, sont les seuls à avoir choisi d’exprimer ainsi la valeur de leurs produits, mais personne ne s’en étonne.
« Les gens qui nous payent en eusko sont minoritaires, mais tout le monde est au courant. Certains viennent chez nous spécifiquement pour ça », explique Raphaël. « Il se passe quelque chose dans le regard quand on paye en eusko », enchaîne Nelly, pour qui utiliser cette monnaie est une évidence : « On se dit qu’on a les mêmes valeurs dans cette communauté d’utilisateurs de cette monnaie, qu’on veut consommer plus intelligemment. » 
Relocaliser l’activité économique, redonner du sens à la monnaie, c’était l’ambition des créateurs de l’eusko en 2013, comme l’explique l’un d’entre eux, Dante Edme-Sanjurjo. Gérée par l’association Euskal moneta, l’eusko (« basque » en euskera) compte trois mille utilisateurs particuliers et sept cents professionnels.

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Utilisée par moins de 1 % de la population du Pays basque, elle n’en reste pas moins la plus grosse monnaie locale française, et la troisième européenne, avec plus de 750 000 unités en circulation. Valable uniquement dans les 158 communes du Pays basque, elle ne peut être dépensée qu’auprès d’entreprises et d’agriculteurs locaux, sous sa forme fiduciaire (les billets) ou, depuis mars 2017, numériquement, par virement ou paiement par carte.
« Retrouver du pouvoir »
Laurent Bounet s’y est converti il y a un an, lorsqu’il a monté son magasin de fruits et légumes biologiques à Bayonne, après avoir quitté la vente dans la grande distribution. Il utilise cette monnaie dans sa vie professionnelle, mais ce sont surtout ses habitudes de consommation personnelles qui ont changé avec l’eusko :
« Au lieu d’aller acheter du café au Carrefour Market comme avant, maintenant, je vais chez un torréfacteur qui prend l’eusko. Comme ça, je sais qu’il est du coin et que je fais travailler le tissu économique local. »
Pour d’autres, comme Nelly, qui défend depuis longtemps l’économie locale et les circuits courts, l’eusko — cette « monnaie qui ne passe pas par les banques », comme aiment à le répéter certains utilisateurs — a changé son rapport à l’argent plus que ses habitudes de consommation :
« On a surtout l’impression de retrouver du pouvoir, de redonner du sens au fait d’utiliser une monnaie. On sait où va l’argent, on peut choisir où il va, cela fait des nous des “consomacteurs”. »

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Permettre à la richesse de rester sur le territoire
L’eusko séduit également la mairie de Bayonne, où le maire, Jean-René Etchegaray, a fait voter en conseil municipal la possibilité d’accepter des paiements et de verser des indemnités aux élus en monnaie locale. Une première.
« C’est un système qui marche très bien, beaucoup d’entreprises et de commerçants utilisent l’eusko, et cela participe à ce que la richesse reste sur le territoire », estime le maire, qui se dit déterminé à faire adopter les mêmes dispositions au niveau de la communauté d’agglomération, malgré l’action en justice intentée en janvier par le préfet des Pyrénées-Atlantiques. Ce dernier considère en effet que « les règles de la comptabilité publique ne prévoient pas la possibilité de payer dans une autre monnaie que nationale ».
Difficultés à dépenser
« Du jacobinisme malvenu », déclare Dante Edme-Sanjurjo, pour qui le soutien des pouvoirs publics locaux constitue un enjeu majeur pour la pérennité de la monnaie. Même si elle est désormais utilisée par des artisans mais aussi par des auto-écoles, des agences immobilières, des médecins, des vétérinaires, des garagistes ou encore des pharmaciens, les professionnels peinent toujours à dépenser les euskos qu’ils reçoivent.

   


C’est le cas pour la fromagerie des bergers de Saint-Michel, qui a accumulé entre 10 000 à 14 000 euskos, et n’a réussi à en dépenser que 3 000 en 2017. Si les bergers tentent de trouver de nouveaux partenaires utilisant l’eusko, « nous avons des fournisseurs avec qui nous travaillons depuis plus de vingt ans, qui sont déjà des locaux mais qui ne prennent pas l’eusko, et nous n’allons pas rompre avec eux parce qu’ils ne l’utilisent pas ! », estime Christophe Ouricarriet, qui a longtemps été directeur de la fromagerie.
Près de 15 % des professionnels sont ainsi contraints de reconvertir leurs euskos inutilisables en euros chaque année. « Mais on n’y est pas entré par intérêt économique, pour ramener des clients, relativise M. Ouricarriet. On y est entré pour la philosophie, les valeurs. On veut faire vivre les gens du coin autant qu’on peut. »
« Manière de défendre l’identité basque »
L’eusko, comme les autres monnaies locales, affiche en effet surtout une ambition solidaire, voire un caractère politique, encore plus présent au Pays basque. L’un des objectifs de cette monnaie est aussi de défendre la langue basque, et l’association demande aux professionnels adhérents d’utiliser, par exemple, l’affichage bilingue dans leurs commerces.
Dans le quartier du Petit Bayonne, c’est la raison pour laquelle Pierre Ibaïalde, artisan du jambon, arbore l’autocollant vert de l’eusko sur sa vitrine, alors que presque aucun de ses clients ne paye ses achats dans cette monnaie. « C’est un acte militant de soutien à la démarche, revendique-t-il. Pour moi c’est une manière de défendre d’identité et la culture basque. »
Mais pour M. Edme-Sanjurjo, la dimension identitaire n’est pas l’explication du succès de l’eusko. « Nous avons surtout un réseau de bénévoles solide, des salariés, et nous avons réussi à fédérer des acteurs très différents autour d’une monnaie simple à utiliser », explique-t-il.
Beaucoup de ceux qui ne l’utilisent pas voient pourtant l’eusko surtout comme la « monnaie des Basques », avant d’y voir un outil pour l’économie locale. « C’est surtout la communauté basque du Petit Bayonne qui l’utilise, dès qu’on élargit sur le reste de la ville, les gens s’en fichent », affirment à l’unisson plusieurs commerçants bayonnais. Pour l’équipe d’Euskal moneta, ils sont autant de personnes à convaincre.

L’eusko en chiffres
750 000
C’est le nombre d’euskos en circulation en janvier, soit 40 % de plus qu’en 2016. A noter que l’eusko n’est pas une monnaie locale fondante — elle ne perd pas de sa valeur au cours du temps.
385 000
C’est le nombre d’euskos numériques en circulation sur les 950 comptes ouverts depuis un an. Leurs propriétaires doivent obligatoirement y verser au moins 10 euskos par mois.
3 %
Des dépenses… C’est ce que reçoivent, sous forme de dons, les associations du Pays basque parrainées par chaque utilisateur de l’eusko. Ces dons représentaient 13 000 euskos en 2017.
5 %
C’est la commission que doivent payer les professionnels pour reconvertir leurs euskos en euros. Ils sont les seuls à y être autorisés, les particuliers devant obligatoirement les dépenser.
51 %
C’est la proportion de professionnels du réseau qui, en 2017, ont pris un nouveau fournisseur pour dépenser leurs euskos. Ils étaient 34 % en 2014.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ L’audition du patron du fisc a donné lieu à des échanges tendus, mardi, à la Commission des finances.
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Les parlementaires poursuivent leur offensive contre le « verrou de Bercy »

L’audition du patron du fisc a donné lieu à des échanges tendus, mardi, à la Commission des finances.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 11h31
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            

« Les débats actuels suscitent de ma part une grande perplexité. » En débutant par ces mots son audition devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, mardi 13 février, Bruno Parent, le directeur général des finances publiques, ne pensait sans doute pas provoquer des réactions aussi vives de la part des parlementaires venus l’écouter dans le cadre de la mission sur les procédures de poursuite des infractions fiscales. Les deux heures d’échange entre le patron du fisc et la petite dizaine de députés présents – une affluence record pour ce genre d’exercice – ont été nettement moins feutrées que de coutume dans cette commission connue pour sa technicité.
« On nous accuse de manquer de transparence, d’entraver la bonne marche de la justice et d’avoir des pratiques peu avouables (…). Mais notre politique est une politique de sélectivité, de façon à obtenir les peines les plus exemplaires », a plaidé M. Parent. « C’est gênant, la justice pour l’exemple. (…) Une administration qui exerce un pouvoir discrétionnaire sur des sanctions à caractère pénal, c’est une anomalie », a rétorqué le député MoDem Jean-Louis Bourlanges. « Ça ne vous choque pas de jouer le rôle d’un parquet judiciaire ? Est-ce normal dans une démocratie ? », a renchéri Charles de Courson (Les Constructifs). « Il y a pour moi une entrave au droit commun qui place l’administration au-dessus de la justice », a achevé Eric Coquerel (La France insoumise).
De nombreuses critiques
La cause de cette salve nourrie ? Le « verrou de Bercy », ce monopole de l’administration fiscale qui, en France, est la seule à pouvoir décider d’engager des poursuites pénales en matière de fraude fiscale. Hormis certains cas comme le blanchiment de fraude fiscale, c’est la commission des infractions fiscales (CIF), composée de magistrats et de personnalités qualifiées, qui décide des dossiers fiscaux à transmettre aux tribunaux. Saisie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Le groupe allemand, opérateur de « cars Macron », estime faire face à une concurrence déloyale, en particulier de la SNCF.
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FlixBus bataille pour devenir rentable en France

Le groupe allemand, opérateur de « cars Macron », estime faire face à une concurrence déloyale, en particulier de la SNCF.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 11h19
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Cinq ans après la création de FlixBus – c’était en Allemagne, le 13 février 2013 –, les cars vert et orange sont devenus des objets familiers sur les routes d’Europe. Ils sillonnent la France depuis que le président Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie, a libéralisé le transport de voyageurs par autocar sur longue distance, en août 2015. La start-up allemande avait sauté sur l’occasion pour conquérir la France des « cars Macron ». Mais le succès sonnant et trébuchant est plus difficile à obtenir que prévu.
Mardi 13 février, lors de la présentation du bilan de l’année 2017, Yvan Lefranc-Morin, directeur général de FlixBus France a reconnu que l’activité hexagonale ne serait peut-être pas rentable cette année. Le changement de ton est net. Jusqu’ici, l’objectif était d’atteindre la rentabilité en 2018. Soit au bout de trois ans, comme en Allemagne, où l’activité est devenue rémunératrice en 2016 et où FlixBus se trouve aujourd’hui en situation de quasi-monopole avec 92 % du marché.

En attendant, en France, FlixBus perd donc de l’argent. Combien ? L’entreprise ne souhaite pas communiquer sur le montant de ses pertes qui se comptent en millions d’euros – moins de cinq millions, l’an dernier, selon nos informations, pour un chiffre d’affaires qui dépasse les 80 millions d’euros. Ses deux concurrents sont aussi dans le rouge, Ouibus, filiale de la SNCF, et Isilines-Eurolines, filiale de Transdev (elle-même détenue par le groupe Caisse des dépôts), qui se partagent un marché estimé à 200 millions d’euros en 2017 (en comptant les liaisons internationales).

A défaut de bénéfices, la croissance est là. FlixBus, c’est 5,2 millions de passagers en 2017 (en comptant les voyages internationaux), soit 60 % de plus que l’année précédente ; 50 % de destinations et 80 % de liaisons supplémentaires. Et FlixBus ne compte pas ralentir en 2018. L’objectif est d’arriver à 230 villes desservies (contre 180 aujourd’hui) et à 180 lignes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Le plus grand parc éolien d’Afrique est sur pied depuis un an. Mais il n’y a pas de ligne électrique, le groupe espagnol chargé de le construire ayant fait faillite. Un consortium a pris le relais.
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Kenya : au Turkana, les éoliennes tournent dans le vide

Le plus grand parc éolien d’Afrique est sur pied depuis un an. Mais il n’y a pas de ligne électrique, le groupe espagnol chargé de le construire ayant fait faillite. Un consortium a pris le relais.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 12h32
    |

                            Marion Douet (Loiyangalani, Kenya, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Pendant quinze ans, on les a pris pour des fous. « Tout le monde nous voyait comme une bande d’aliénés, mais c’est devenu notre force », en rit encore Carlo Van Wageningen, maintenant que se dresse devant lui, au beau milieu d’un paysage aux faux airs de planète Mars – les chameaux en plus – la plus grande ferme éolienne d’Afrique. Financer, acheminer et implanter 365 monstres d’acier dans le Turkana, région pauvre et isolée du nord du Kenya, fut pour ce Néerlandais un long combat. Il n’est pas encore achevé.
L’histoire du projet est aussi improbable que sa localisation. Elle commence par une passion pour la pêche. Au milieu des années 1990, un autre Néerlandais résidant au Kenya, Willem Dolleman, vient régulièrement camper aux abords de l’immense lac Turkana, attiré par ses eaux poissonneuses. « A son retour à Nairobi, il parlait pendant des jours de la force prodigieuse du vent et me harcelait pour y développer une ferme éolienne », se souvient Carlo Van Wageningen, la voix presque recouverte par les bourrasques. « A l’époque, imaginer des éoliennes ici était délirant. Les premières fermes existaient en Europe, mais grâce à de fortes subventions impossibles à envisager en Afrique. »
Aucun des deux compères, spécialisés en projets agricoles, n’a déjà développé de ferme éolienne. L’idée fait malgré tout son chemin. Au début des années 2000, une centrale électrique d’une cinquantaine de mégawatts (MW) est prévue, une poignée de connaissances et d’officiels kényans apportent leur soutien, un expert de la mesure du vent est dépêché sur place. « Il nous a dit : “J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle : la bonne, c’est que le vent est exceptionnel. La mauvaise, c’est qu’il faut au minimum 300 MW pour justifier de construire des installations en plein désert”, poursuit Carlo Van Wageningen, qui dirige désormais Lake Turkana Wind Power (LTWP, la société de projet dont il est actionnaire). C’était effrayant. »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Le fonds britannique TCI est monté au capital de l’exploitant du tunnel sous la Manche. Le renouvellement du PDG Jacques Gounon à la tête du groupe est en jeu.
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Getlink, l’ex-Eurotunnel, se prépare à ferrailler contre son deuxième actionnaire

Le fonds britannique TCI est monté au capital de l’exploitant du tunnel sous la Manche. Le renouvellement du PDG Jacques Gounon à la tête du groupe est en jeu.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 11h06
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

La bataille n’a pas encore débuté. Mais les uns après les autres, tous les éléments se mettent en place pour un affrontement très vif chez Getlink, le nouveau nom d’Eurotunnel. L’exploitant du tunnel sous la Manche est la nouvelle cible de The Children’s Investment Fund (TCI), le plus grand fonds activiste européen. En quelques mois, TCI a ramassé assez d’actions pour devenir le deuxième actionnaire de l’entreprise. Et il entend visiblement la secouer. Les dirigeants de Getlink se préparent dès à présent à une assemblée qui pourrait être chahutée, le 18 avril, à Marcq-en-Barœul (Nord), près de Lille.
Devant les représentants du personnel, le PDG Jacques Gounon n’a rien caché de ses inquiétudes. « A plusieurs reprises, il a évoqué les risques qui pèsent sur le groupe avec l’arrivée de TCI, relate Stéphane Sauvage, élu Force ouvrière et secrétaire du comité d’entreprise. Il faut s’attendre à une confrontation assez rapidement. D’ores et déjà, nous sommes prêts, nous les salariés, à nous mobiliser contre les intentions néfastes de cet actionnaire. » 
Un homme d’affaires redoutable
Les deux camps sont menés par des hommes à poigne. D’un côté, Jacques Gounon, 64 ans, le PDG qui a redressé Eurotunnel après la quasi-faillite de 2007. Ce polytechnicien a déjà eu à deux reprises à composer avec des actionnaires activistes, qui sont l’un comme l’autre repartis. De l’autre côté, Christopher Hohn, 51 ans, le fondateur de TCI. Un homme d’affaires redoutable. Avec son fonds, ce Britannique, diplômé d’Harvard, repère de grosses sociétés jugées sous-valorisées ou mal gérées, entre au capital, et tente d’imposer ses vues, souvent en orchestrant de vastes campagnes médiatiques et juridiques. C’est ainsi qu’il a contribué au départ d’un patron de la Deutsche Börse, au démantèlement de la banque ABN Amro, à la cession par Airbus de ses parts dans Dassault, ou encore, en 2017, à une profonde modification du projet de fusion entre Safran et Zodiac.
Dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Les exportations de vins et spiritueux français ont bondi de 8,5 % en 2017, à 12,9 milliards d’euros, un nouveau record.
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A l’étranger, l’alcool français coule à flots

Les exportations de vins et spiritueux français ont bondi de 8,5 % en 2017, à 12,9 milliards d’euros, un nouveau record.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 11h07
    |

            Laurence Girard








                        



   


Le déficit commercial français s’est encore aggravé en 2017. Et pourtant, dans ce tableau sombre, un secteur continue à pousser les feux. Les exportations de vins et spiritueux ont encore battu un record en 2017. Sur cette période, elles ont engrangé un total de 12,9 milliards d’euros, en croissance de 8,5 %, selon les chiffres publiés, mercredi 14 février, par la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS). Mieux, avec un excédent commercial de 11,5 milliards d’euros, en progression de près de 10 %, ce secteur conforte sa place de deuxième contributeur à la balance commerciale. Derrière l’aéronautique, mais devant les parfums et cosmétiques.
« C’est la quatrième année de croissance d’affilée, avec une progression cumulée de 30 %. De plus, en 2017, nous renouons avec une croissance en volume. Nous avons repris des parts de marché à nos concurrents », se félicite Antoine Leccia, président de la FEVS. De quoi donner tort aux Cassandre qui prédisaient un recul de la filière.

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Les vins d’appellation d’origine contrôlée, une valorisation du terroir dont la France s’est fait une spécialité, tirent tout particulièrement leur épingle du jeu. Bordeaux, Bourgogne, Loire, Alsace, Provence, Languedoc, vallée du Rhône… Toutes les régions contribuent à une progression de 12,2 % des ventes à l’export, à 4,348 milliards d’euros. Le champagne continue sur sa lancée et bat encore des records avec un total de ventes à l’export de 2,8 milliards d’euros en hausse de 7,4 %.

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L’épopée du cognac
Dans les spiritueux, le cognac poursuit son épopée. Quasiment absent de la consommation française, il atteint un niveau de ventes historique hors de nos frontières, en dépassant la barre des 3 milliards d’euros (+ 10,8 %). A noter que l’armagnac, lilliputien à côté de son grand concurrent, renoue avec la croissance, à 17 845 euros (+ 11 %).
Les clients des vins et spiritueux français sont plutôt lointains. Même si la commercialisation en Europe a rebondi de 4,5 % en 2017, après deux années de recul, le premier consommateur reste les Etats-Unis. Le rythme de croissance dans ce pays reste élevé à (+ 10 %) pour un total supérieur à 3 milliards d’euros. Il culmine à 50 % en trois ans.

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Le deuxième moteur n’est autre que le marché chinois. Il s’est rallumé après un temps d’arrêt. Le chiffre d’affaires dans l’ex-empire du Milieu a atteint 1,2 milliard d’euros, (1,7 milliard en incluant Hongkong), en hausse de 25 %.

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Même si les taux de croissance des économies américaines et chinoises sont autant de signaux positifs, M. Leccia se dit « prudent pour 2018 ». Il évoque « les incertitudes politiques, le Brexit qu’il va falloir gérer, la fluctuation des changes », comme autant de défis et de zone d’ombre rendant toute prévision délicate. Quant à la petite vendange de 2017 en France, en repli de 19 %, il relativise son incidence. Les concurrents ont aussi, pour la plupart, subi les mêmes aléas météorologiques.



                            


                        

                        

