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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Seuls 5,2 % des demandeurs d’emploi – et 0,9 % des salariés – ont eu une formation validée dans le cadre du compte personnel de formation (CPF) en 2016, révèle le ministère du travail.
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Bilan mitigé pour le compte personnel de formation

Seuls 5,2 % des demandeurs d’emploi – et 0,9 % des salariés – ont eu une formation validée dans le cadre du compte personnel de formation (CPF) en 2016, révèle le ministère du travail.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 17h50
    |

                            Catherine Quignon








                        



                                


                            

Alors que les négociations entre partenaires sociaux autour de la future réforme de la formation professionnelle s’achèvent bientôt, une étude de la Dares, le service des statistiques du ministère du travail, vient faire le bilan de la mise en place du compte personnel de formation (CPF). Et il est mitigé.
Succédant au droit individuel à la formation (DIF) en 2015, le CPF avait pour but de développer le recours à la formation. Deux ans après son entrée en vigueur, le recours au compte personnel de formation augmente, mais reste limité : en 2016, seules 5,2 % des personnes ayant connu au moins un mois de chômage dans l’année ont eu une formation validée dans le cadre du CPF, révèle l’étude.

Chez les salariés du secteur privé, le recours à ce dispositif est encore plus faible : seul 0,9 % d’entre eux ont vu leur dossier de formation validé. Ce qui correspond toutefois à « une forte croissance du recours au dispositif avec un peu plus de 492 000 dossiers acceptés (en 2016 contre 208 000 en 2015) », dont 320 294 pour les demandeurs d’emploi et 172 076 pour les salariés.
Après les cafouillages du début, le dispositif semble donc s’installer lentement. Il a déjà atteint le rythme de croisière de son prédécesseur, le droit individuel à la formation (DIF). En comparaison, ce dernier permettait chaque mois à environ 45 000 personnes d’entrer en formation.
Les cadres surreprésentés
La mise en place du CPF avait pour but de développer la formation de ceux qui en ont le plus besoin, à savoir les moins diplômés et les demandeurs d’emploi, grâce au lancement d’un site internet dédié et des démarches soi-disant simplifiées. Mais là aussi, le bilan est mitigé.
Comme le DIF, le CPF continue à bénéficier aux plus qualifiés. « Les cadres et les professions intellectuelles supérieures recourent plus fréquemment que les autres catégories socioprofessionnelles au CPF (1,7 % contre 0,8 % pour les professions intermédiaires,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ L’inévitable remontée des taux va étrangler l’Etat endetté, estime Frédéric Peltier dans une tribune au « Monde ». Pourquoi ne pas recourir à un outil déjà utilisé par le passé, en substituant à l’impôt un emprunt obligatoire sur les plus gros patrimoines ?
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« L’emprunt national, alternative à l’impôt, pour diminuer la dépendance de l’Etat aux marchés financiers »

L’inévitable remontée des taux va étrangler l’Etat endetté, estime Frédéric Peltier dans une tribune au « Monde ». Pourquoi ne pas recourir à un outil déjà utilisé par le passé, en substituant à l’impôt un emprunt obligatoire sur les plus gros patrimoines ?



Le Monde
 |    14.02.2018 à 15h00
    |

                            Frédéric Peltier (Avocat)








                        



                                


                            

Tribune. La dette mondiale, qu’elle soit publique ou privée, continue de métastaser. Le Trésor américain doit aujourd’hui 20 000 milliards de dollars (environ 16 000 milliards d’euros) aux épargnants du monde entier et continue à emprunter à un rythme effréné. La France, elle aussi, profite des euros gratuits sur le marché pour financer à crédit son déficit public. Mais l’ère du crédit gratuit se terminera bien un jour, et lorsque l’argent aura un prix, la dette publique deviendra vite un sujet explosif.
Il semble bien que nos dirigeants attendent, un peu comme l’autruche la tête dans le sable, une remontée des taux d’intérêt contre laquelle ils ne pourront pas grand-chose. Leur seule ambition semble être dorénavant de contenir un risque systémique.
Pour éviter le sauve-qui-peut à venir, il est urgent de s’interroger sur l’équilibre du rapport de force entre les créanciers et les débiteurs dès aujourd’hui car, dans quelque temps, il sera sans doute trop tard : les créanciers auront pris le pouvoir.
Pouvoir machiavélique
Ce pouvoir des créanciers est bien plus machiavélique que tout autre. Il s’impose par le marché, qui se targue de la rationalité économique implacable de l’équilibre financier. La force des créanciers tient aussi au fait que les marchés de la dette sont mondialisés. Les Etats ne sont plus que des clients parmi d’autres des marchés d’argent où l’on s’endette, et sont de plus en plus captifs de cette source de financement. Les Etats sont notés comme n’importe quel autre emprunteur et n’ont d’ailleurs plus le monopole des meilleures notes.
Parce qu’il a atteint les limites de l’impôt, l’Etat français, comme beaucoup d’autres, doit donc emprunter toujours plus et devient, cahin-caha, un exécutant obligé du marché financier plus que de la souveraineté nationale et des citoyens. L’action publique est aujourd’hui quasi accaparée par la gestion de la dette, et les choses ne vont pas s’améliorer. L’exemple...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », deux députés et un économiste estiment que, face à l’expertise économique de l’exécutif, nos parlementaires doivent s’adjoindre les compétences qui leur permettront d’exercer leur mission de contre-pouvoir.
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« Le Parlement doit se doter d’une structure propre d’évaluation des politiques publiques »

Dans une tribune au « Monde », deux députés et un économiste estiment que, face à l’expertise économique de l’exécutif, nos parlementaires doivent s’adjoindre les compétences qui leur permettront d’exercer leur mission de contre-pouvoir.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 14h00
    |

Jean-Noël Barrot (Député (MoDem) des Yvelines), Jean-François Eliaou (Député (LRM) de l’Hérault) et David Thesmar (Professeur de finance au MIT - M...







                        



                                


                            
Tribune. Le moment est venu pour les parlementaires de se doter de l’expertise nécessaire pour amender les projets de loi présentés par l’exécutif, faire des propositions responsables et contrôler les ­effets des politiques publiques.
Cette proposition s’appuie sur un constat largement partagé : en France, le pouvoir politique est déséquilibré en faveur de l’exécutif. Avant d’être soumis à la représentation nationale, les projets de loi sont préparés par des ­conseillers chevronnés et aidés par une administration ultra-compétente. Côté Parlement, en revanche, les moyens se limitent à quelques assistants parlementaires et administrateurs surmenés.
les parlementaires ont deux mois à peine pour approuver un projet de loi de finances livré clés en main
Cette asymétrie est particulièrement frappante au moment de l’élaboration du budget : les parlementaires ont deux mois à peine pour approuver un projet de loi de finances livré clés en main, sans disposer d’une capacité de contre-expertise propre. Résultat : le Parlement peine à jouer son rôle de contre-pouvoir.
C’est la raison pour laquelle un grand nombre de parlementaires appelle à la mise en place d’une structure susceptible de les assister dans leur travail. Elle analyserait les projets gouvernementaux sur les plans macro et microéconomique et en évaluerait le coût, laissant toutefois à la Cour des comptes le soin d’en faire l’audit comptable.
Construire un modèle macroéconomique
Elle serait en mesure de formuler un diagnostic économique, social, environnemental et scientifique si nécessaire, susceptible de confirmer ou d’infirmer les prévisions du gouvernement. Mais, surtout, elle produirait des études d’impact des différentes politiques possibles, à la fois a priori, mais aussi ex post. Par exemple, mesurer l’effet du crédit impôt recherche ou des ordonnances travail serait de son ressort.
Il s’agit de constituer une équipe de techniciens objectifs dont le métier...



                        

                        


<article-nb="2018/02/14/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Au moment du Nouvel An chinois, le courtier hongkongais CLSA livre un horoscope humoristique annuel axé sur les perspectives de l’économie et la Bourse de Hongkong.
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Economie : dans le zodiaque chinois, le chien appelle à la prudence…

Au moment du Nouvel An chinois, le courtier hongkongais CLSA livre un horoscope humoristique annuel axé sur les perspectives de l’économie et la Bourse de Hongkong.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 15h18
    |

            Florence de Changy (Hongkong, correspondance)








                        



   


Onzième animal du zodiaque chinois, le chien a la réputation rassurante de meilleur ami de l’homme, connu pour sa loyauté, son honnêteté et son rôle de protecteur ou de gardien. Mais il lui arrive aussi d’aboyer ; il peut même mordre… L’heure est donc à la prudence et aux décisions raisonnées. « Les entrepreneurs ont intérêt à privilégier leurs clients les plus fidèles, et les investisseurs ne doivent pas viser des os plus gros que leur gueule », suggère Alec So, l’économiste du courtier basé à Hongkong CLSA, qui, comme tous les ans, se livre à un horoscope humoristique de l’année à venir, mélange d’analyse réelle et de géomancie chinoise, axé sur les perspectives de l’économie et la Bourse de Hongkong.
Dans le zodiaque chinois, l’animal revient tous les douze ans (pour le chien, ce sont les années de naissance 1946, 1958, 1970, 1982, 1994, etc.), mais est également associé à l’un des cinq éléments fondamentaux, l’or (ou métal), le bois, l’eau, le feu et la terre. Avec la nouvelle lune du 16 février, l’année du chien de terre va mettre fin à l’année du coq de feu. La concordance d’un animal et d’un élément ne se présente donc que tous les soixante ans. Bill Clinton, George W. Bush et Donald Trump sont tous trois nés sous le signe du chien de feu.
L’exercice est devenu une tradition
Pour la Bourse de Hongkong, cette année devrait commencer par « un sprint à la sortie de la niche », qui va toutefois se finir par un roulé-boulé dans les fourrés au printemps. En 2017, la valeur de la Bourse de Hongkong a gagné 36 %. En juillet, l’index a atteint son plus haut score depuis dix ans. Il a toutefois perdu 9 % au cours de la semaine dernière.
Cet horoscope décalé a démarré en 1992 avec une carte de vœux du CLSA contenant quelques prédictions quant aux surprises à attendre du singe. Les sept principaux soubresauts de la Bourse ayant alors été « devinés » avec une précision surprenante, les prédictions du CLSA sont, depuis, attendues et écoutées avec plus de sérieux qu’elles ne le méritent, admet, lui-même, le courtier. L’exercice est devenu une tradition que la plupart des médias de Hongkong couvrent assidûment, bien que le coup de génie de 1992 ne se soit jamais vraiment reproduit. En 2011, par exemple, le lapin qui n’était censé que « sautiller » avait fait un grand bond dans le vide et avait perdu 19 %…
Le président français Emmanuel Macron, né sous le signe du serpent de feu, a droit à une mention spéciale dans le rapport du CLSA. « Coopération avec les piliers financiers de l’Etat va rapporter de bons dividendes à la République. A la maison, Macron peut lever un verre au bonheur familial. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Editorial. Les lancements réussis de SpaceX, société privée, et le retrait annoncé des Etats-Unis dans le financement de la Station spatiale internationale marquent le début d’une nouvelle ère, qui pose des questions de droit importantes.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

L’espace ne doit pas être le Far West

Editorial. Les lancements réussis de SpaceX, société privée, et le retrait annoncé des Etats-Unis dans le financement de la Station spatiale internationale marquent le début d’une nouvelle ère, qui pose des questions de droit importantes.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 11h44
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La privatisation de la conquête spatiale s’accélère. Le 6 février, SpaceX, la société d’Elon Musk, a réussi à envoyer au-delà de l’orbite martienne une voiture Tesla (également propriété du milliardaire), à bord de son lanceur, Falcon Heavy, le plus puissant du monde. Le 11 février, le Washington Post a révélé que les Etats-Unis envisagent de mettre fin à leur contribution financière à la Station spatiale internationale d’ici à 2024 pour confier son exploitation à des entreprises privées. Blue Origin, créée par le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, travaille à la mise au point du lanceur New Glenn, capable de placer en orbite des charges lourdes. Enfin, SpaceX prévoit, vers 2025, une nouvelle expédition humaine vers la Lune grâce à un lanceur trois fois plus puissant que Falcon Heavy, l’objectif à long terme étant de coloniser Mars.

        Lire aussi :
         

                La Maison Blanche envisage de privatiser la station spatiale internationale



En seulement quelques années, ce que l’on appelle désormais le « New Space », ces nouveaux acteurs de la conquête spatiale, a fait irruption dans un domaine qui, depuis les origines, était l’apanage de gouvernements se livrant à une compétition féroce pour démontrer leur supériorité technologique. Mais, aujourd’hui, les tensions budgétaires auxquelles les Etats doivent faire face les poussent à encourager des entreprises privées à prendre le relais, même si celles-ci restent largement subventionnées par des fonds publics.
De ce point de vue, le Space Act, promulgué en décembre 2015 par Barack Obama, constitue un tournant majeur, car il remet en cause le traité de l’espace de 1967. Signé à l’initiative des Etats-Unis et de l’URSS, celui-ci visait à préserver l’espace des égoïsmes nationaux en le considérant comme un bien commun ne pouvant pas faire l’objet de revendications de souveraineté. La logique a été poussée un peu plus loin en 1979, avec le traité sur la Lune, qui fait du satellite naturel de la Terre une partie intégrante du « patrimoine commun de l’humanité ». Toutefois, ce texte n’a pas été ratifié par les grandes puissances spatiales.
Marchandisation
Si le Space Act ne remet pas en cause le fait qu’un Etat ne puisse pas s’approprier un corps céleste, il autorise en revanche une entreprise privée à exploiter les ressources qui s’y trouvent. Cette interprétation subjective du droit international par les Etats-Unis a finalement suscité assez peu de protestations, encourageant le Luxembourg ou les Emirats arabes unis à adopter la même lecture.
Outre l’aspect éthique que pose la marchandisation de l’espace, le mouvement de privatisation actuel soulève plusieurs interrogations. D’abord, la multiplication de lancements d’objets va générer une masse de débris qui risque de se transformer en pollution irréversible. Ensuite, ces entreprises privées poursuivent des intérêts mercantiles, qui ne sont pas forcément compatibles avec le droit sur la protection des planètes censé préserver les activités scientifiques, qui, elles, ne sont pas systématiquement rentables.

        Lire aussi :
         

                Pourquoi retourner sur la Lune ?



Mais, surtout, il semble urgent de définir de nouvelles règles pour que l’espace continue à être considéré comme un bien commun. L’exemple de l’Autorité internationale des fonds marins, qui garantit une certaine équité entre les pays pour l’exploitation des ressources, pourrait servir de modèle. Si Elon Musk a réussi à redonner un élan formidable au vieux rêve humain de conquête de l’espace, il ne doit pas nous faire oublier que celle-ci doit se poursuivre à l’abri des seuls intérêts d’une poignée de milliardaires, aussi talentueux soient-ils.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Question de droit social. Les organisations syndicales françaises ont pris du retard sur certaines de leurs homologues européennes sur les formes d’actions à promouvoir pour améliorer les conditions de travail des salariés indépendants.
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Travail collaboratif : qu’attendent les syndicats ?

Question de droit social. Les organisations syndicales françaises ont pris du retard sur certaines de leurs homologues européennes sur les formes d’actions à promouvoir pour améliorer les conditions de travail des salariés indépendants.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 09h31
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 11h57
    |

                            Francis Kessler (Maître de conférences à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            
Les plates-formes de travail numérique comme MTurk, Deliveroo, Malt... permettent à des clients de bénéficier de services proposés, par le biais d’une plate-forme et des logiciels associés, par des travailleurs exerçant soit à un niveau local (pour le transport, la livraison de repas...), soit à distance (services de programmation, de graphisme...).
Pour intégrer une telle organisation, ils ont dû adopter le statut d’indépendant. Celui-ci peut être approprié à un projet entrepreneurial, à un choix de vie et/ou à des rémunérations attrayantes. Cette forme de travail élargit aussi l’accès au travail rémunéré, même si c’est un pis-aller face au chômage. Toutefois, ce mode de travail est sans garantie : ni sur les rémunérations, ni sur les conditions de travail, ni sur la protection sociale. Le travail peut être précaire, de haute intensité, sans cadre temporel et avec une pression à la baisse de la rémunération.
En 2016, sous le pompeux intitulé « sécuriser les parcours et construire les bases d’un nouveau modèle social à l’ère du numérique », le législateur a ajouté au livre VIII du code du travail le droit pour ces travailleurs de se syndiquer, ainsi qu’une prise en charge par l’opérateur de la plate-forme des contributions à la formation professionnelle et à d’éventuelles primes à une assurance privée accident du travail, conditionnée à un chiffre d’affaires minimal.
Déclaration de Francfort
Faut-il continuer à développer un tel « statut intermédiaire » qui tend à rapprocher l’indépendant du salarié, comme le préconisent notamment la Commission européenne et le Comité économique, social et environnemental dans deux rapports de novembre 2017, mais dont l’application est nécessairement liée à la localisation d’une entité juridique sur le territoire national ? Ne faut-il pas également promouvoir d’autres formes d’action en faveur de ces travailleurs, notamment pour les tâches transnationales à distance qui échappent largement à toute tentative nationale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dominique Steiler, professeur de gestion, propose dans une tribune au « Monde » de rompre avec le paradigme de l’hypercompétitivité et de la guerre économique pour faire de l’entreprise un facteur de bonheur individuel et de paix sociale.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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« A quoi doivent vraiment servir les profits des entreprises ? »

Dominique Steiler, professeur de gestion, propose dans une tribune au « Monde » de rompre avec le paradigme de l’hypercompétitivité et de la guerre économique pour faire de l’entreprise un facteur de bonheur individuel et de paix sociale.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 07h00
    |

Dominique Steiler (Professeur de gestion)







                        



                                


                            

Tribune. Faut-il intégrer la responsabilité sociale et environnementale dans le cadre juridique qui définit l’« objet » des sociétés à but lucratif ? Telle est la question aujourd’hui discutée dans le projet de Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte).
Si les experts et les chefs d’entreprises sont divisés sur la question, c’est peut-être simplement parce qu’elle est ne va pas au cœur des choses et qu’il conviendrait d’aborder le sujet de manière plus directe, plus abrupte : « Comment conduire les entreprises à devenir contributrices, non seulement du développement économique, mais aussi de l’épanouissement social et de la paix ? ».

Nous sommes aujourd’hui dans l’hypercompétition et dans une guerre économique qui fait des dégâts sur tous les fronts. Il s’agit donc de tenter un renversement de paradigme pour que l’entreprise soit créatrice de valeur, mais aussi d’épanouissement et de paix, au sein de nos sociétés tout comme entre les nations.
Le modèle libéral a fait deux promesses à ses débuts : améliorer les revenus par habitant et, par conséquence, augmenter le bonheur. Certains ont bénéficié de la première, mais les inégalités sont importantes et grandissantes. Pour la seconde, les travaux de recherche du professeur Layard de la London School of Economics, menés sur cinquante ans, ont montré que, même pour les plus favorisés, le sentiment et les critères du bonheur sont en déclin (Le Prix du bonheur. Leçons d’une science nouvelle, Richard Layard, Armand Colin, 2007).
« Nous allons nous détruire les uns les autres »
En 2010, un groupe de dirigeants d’entreprises a contacté l’Ecole de management de Grenoble pour créer un centre de recherche afin de « réfléchir ensemble à de nouvelles façons de faire des affaires au profit de la paix sociale ».
La motivation de cette demande était directement exposée ainsi : « Si nous continuons sur...




                        

                        


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<filnamedate="20180214"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180214"><AAMMJJHH="2018021419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Avec la crise de la « GroKo » allemande et la campagne électorale italienne, aucun pays européen ne semble pouvoir échapper à l’implosion des systèmes politiques traditionnels, explique notre éditorialiste Sylvie Kauffmann dans sa chronique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/02/2018
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« Y a-t-il aujourd’hui un pays en Europe où la démocratie représentative ne soit pas perturbée ? »

Avec la crise de la « GroKo » allemande et la campagne électorale italienne, aucun pays européen ne semble pouvoir échapper à l’implosion des systèmes politiques traditionnels, explique notre éditorialiste Sylvie Kauffmann dans sa chronique.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 11h58
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            Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            
Chronique. Si l’Europe était une personne, elle s’appellerait Emma Bonino. Cette Italienne de 69 ans, passionnée de liberté, de démocratie et de justice, a mené toutes sortes de combats depuis quatre bonnes décennies. Elle a été députée et ministre dans son pays, députée et commissaire européenne. En termes d’empoignades électorales, elle a à peu près tout vu. Mais ce à quoi elle assiste aujourd’hui, cette campagne décousue pour les législatives du 4 mars, où elle défend les couleurs de son nouveau mouvement, Più Europa (Plus d’Europe), elle ne l’avait sans doute pas imaginé.
Dans cette Union européenne qui voit se dresser un nouvel obstacle chaque fois qu’elle en surmonte un, le scrutin italien est le dernier candidat au box-office des films d’épouvante que l’on se joue et se rejoue, après ceux du référendum sur le Brexit, des élections en France, en Autriche, en Allemagne ou en Catalogne. Le scénario est étrangement familier. Défiance de l’électorat envers les institutions et les partis politiques traditionnels, crise migratoire, montée de l’extrême droite et du Mouvement 5 étoiles qui fait figure de favori, rejet de l’Europe dans un pays qui en fut pourtant l’un des plus enthousiastes soutiens… et incertitude totale sur le résultat pour couronner le tout.
On a même vu, le 3 février, un extrémiste faire un carton sur des migrants, dont six ont été blessés par balles. Si Emma Bonino n’y perd pas son latin, c’est parce qu’elle n’est pas du genre à renoncer. Pour elle, la crise italienne ne peut avoir de solution que dans le cadre européen. Le New York Times relève à son propos que, si les Italiens l’adorent, ils ne votent pas pour elle pour autant – son Parti radical dépasse rarement les 2 % –, mais elle n’en démord pas.
Le 4 mars, jour fatidique pour l’Europe
Ce 4 mars s’annonce décidément comme un jour fatidique pour l’Europe. Attention, danger ! Ce même jour, où l’on saura si l’Italie choisit de continuer sur le chemin...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans son ouvrage « Animaux homos », Fleur Daugey s’attaque à l’idée selon laquelle l’homosexualité serait contre nature.
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Les animaux ont toujours pratiqué la sexodiversité

Dans son ouvrage « Animaux homos », Fleur Daugey s’attaque à l’idée selon laquelle l’homosexualité serait contre nature.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 10h55
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Le livre. Science et politique ne font pas toujours bon ménage. Des pseudo-études sur l’inégalité des races, chères aux nazis, aux théories farfelues de Lyssenko sur le développement agricole, l’Histoire nous le rappelle : les pouvoirs parent souvent leurs pires errements de vertus scientifiques.
Aujourd’hui encore, les industriels du sucre ou du tabac, comme les activistes climatosceptiques, appuient leurs appels au laisser-faire sur des travaux de chercheurs. C’est à ce type de prise en otage de la science que Fleur Daugey a décidé de se confronter. Plus précisément à un de ces clichés qui, depuis des siècles, ont conduit à la stigmatisation, la discrimination, le harcèlement des gays et lesbiennes : l’idée que l’homosexualité serait contre nature.
Cette affirmation se retrouve souvent dans la bouche de l’homme de la rue. « Pire, écrit Fleur Daugey, elle inonde les discours des religieux fondamentalistes de toute obédience et sert de socle idéologique aux mouvements tels que La Manif pour tous et tant d’autres organisations homophobes de par le monde », nourrissant les codes pénaux les plus répressifs, dont certains punissent encore de mort les relations entre personnes de même sexe.
Le ton est donné. Pas question d’avancer masquée : la démarche d’Animaux homos est bel et bien politique. Mais pas question non plus de laisser les obscurantistes confisquer la science. Car « l’ensemble des recherches donne une réponse claire et sans ambiguïté : loin d’être contre nature, l’homosexualité est dans la nature ». Insectes, poissons, amphibiens, reptiles, oiseaux, mammifères : elle a été documentée chez 471 espèces sauvages et 19 espèces domestiques.
Certains objecteront que la planète compte plus de 7 millions d’espèces. Mais les mœurs de la majorité d’entre elles demeurent inconnues et pourraient bien réserver de nouvelles surprises. Quant au demi-millier d’« animaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de professionnels du soin, de la prévention, et de chercheurs estime qu’une information à caractère sensationnel n’aidera pas à prévenir les risques associés aux nouvelles technologies.
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Enfants face aux écrans, « ne cédons pas à la démagogie »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de professionnels du soin, de la prévention, et de chercheurs estime qu’une information à caractère sensationnel n’aidera pas à prévenir les risques associés aux nouvelles technologies.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 07h31
   





                        



                                


                            
Tribune. Nous sommes des professionnels du soin, de la prévention, et des chercheurs spécialisés dans le champ de la petite enfance, de l’enfance, de l’autisme, et de l’addiction. Conscients des dangers des écrans chez les plus jeunes, nous souhaitons pourtant témoigner de nos inquiétudes face aux affirmations erronées dont certains médias se font l’écho, notamment dans le reportage d’« Envoyé spécial » « Accros aux écrans » (18 janvier, France 2).
Depuis quelque temps, des vidéos circulent sur le Net : des signes d’autisme surviendraient chez des tout-petits très exposés à la télévision. Des chiffres effrayants sont avancés : un enfant sur vingt, dans chaque classe d’âge, dans une ville donnée. Des chiffres cinq fois supérieurs aux statistiques communément citées sur la prévalence des troubles du spectre autistique ! Enfin, affirmation tout aussi fantaisiste, il nous est assuré que la suppression des écrans conduit dans la majorité des cas à la disparition des symptômes en un mois.
Carences éducatives et affectives
Ces vidéos évoquent de très nombreux enfants exposés aux écrans 6 à 12 heures par jour, ceci même en l’absence de problématique sociale ou familiale précise-t-on. Or un enfant laissé de façon aussi importante devant un récepteur est de facto victime d’une carence éducative et/ou affective grave. Si la régulation de cette consommation est indispensable, elle ne suffira en aucun cas à compenser l’ensemble des effets du défaut de soins sur le développement de l’enfant. A l’évidence de telles situations requièrent une prise en charge pluridisciplinaire rapide et conséquente.

Par ailleurs, aucune étude à ce jour ne permet d’établir une relation de causalité entre consommation d’écrans et autisme. Ce qui est en revanche fréquemment constaté, c’est un intérêt précoce des enfants atteints de troubles autistiques pour les écrans, qui prend une forme répétitive et qui est en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Les enfants d’aujourd’hui grandissent dans un environnement inédit, où l’écran est omniprésent. Les bébés qui y sont surexposés développent une addiction et des troubles proches de l’autisme, alerte la psychologue Sabine Duflo dans une tribune au « Monde ».
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« Ne livrons pas nos enfants à une économie milliardaire »

Les enfants d’aujourd’hui grandissent dans un environnement inédit, où l’écran est omniprésent. Les bébés qui y sont surexposés développent une addiction et des troubles proches de l’autisme, alerte la psychologue Sabine Duflo dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    14.02.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 08h26
    |

Sabine Duflo (Psychologue, membre du Collectif surexpositions écrans (CoSE))







                        



                                


                            

Tribune. L’environnement dans lequel naît et grandit l’enfant aujourd’hui est totalement différent de celui dans lequel ses parents ont grandi. Un objet fait la différence, l’écran ou plutôt les écrans. Quand le bébé y est exposé dès la naissance, quand il y est exposé plus de la moitié de son temps d’éveil, alors son rapport au monde, aux autres et à lui-même est modifié en profondeur. Ces bébés ne sont pas rares : expliquons pourquoi.
Les études portant sur les effets des écrans sur les enfants s’attachent à établir des corrélations entre le temps passé devant les écrans et les répercussions sur le temps de sommeil, d’attention, le langage, à partir de questionnaires aux médecins ou aux parents. Ce sont des suivis « à distance », des études élaborées et analysées par des chercheurs. Ces scientifiques peuvent apporter des éléments intéressants ; malheureusement, ils fréquentent peu leur objet d’étude. Ils ne sont pas sur le terrain.
Toute affirmation concernant les troubles du développement chez l’enfant qui ne procède pas d’une observation réelle, et répétée, de l’enfant me semble insuffisante
A l’opposé, se situe la démarche du psychothérapeute, qui reçoit chaque semaine les mêmes enfants, les fréquente durant plusieurs mois, voire plusieurs années. Je ne crois pas qu’on puisse se connaître autrement qu’en se côtoyant, en se regardant, en échangeant. Toute affirmation concernant les troubles du développement chez l’enfant qui ne procède pas d’une observation réelle, et répétée, de l’enfant me semble insuffisante.
Mes observations répétées de très jeunes enfants m’autorisent à avancer ceci : il existe deux effets majeurs de l’exposition massive aux écrans. L’un direct, sa potentialité addictive, et l’autre indirect, celle du temps volé à la mise en place d’un attachement sécurisant à son parent. Cet attachement va permettre à l’enfant d’explorer le monde physique de façon adaptée.
Un flux continu de couleurs et de...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les professeurs Philippe Grimbert et André Grimaldi souhaitent que cesse l’opposition entre l’intérêt de l’établissement et celui de la Sécurité sociale à cause de la survalorisation des actes médicaux.
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« Il faut réviser les modes de financement de l’hôpital public »

Dans une tribune au « Monde », les professeurs Philippe Grimbert et André Grimaldi souhaitent que cesse l’opposition entre l’intérêt de l’établissement et celui de la Sécurité sociale à cause de la survalorisation des actes médicaux.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 10h43
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Philippe Grimbert (Professeur de néphrologie , chef de service CHU Henri-Mondor Créteil) et André Grimaldi (Professeur émérite CHU Pitié-Salpêtrièr...







                        



                                


                            
Tribune. L’hôpital public est en France dans une situation alarmante. En dépit d’efforts substantiels (7 milliards d’euros d’économies en dix ans), les hôpitaux publics devraient voir leur déficit tripler cette année et devront réaliser plus de 1,5 milliard d’économies l’année prochaine. La situation de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), est tout aussi alarmante puisque qu’elle s’achemine vers un déficit de 174 millions d’euros en 2017 et va fortement limiter sa masse salariale d’ici à 2022. De nouveaux efforts vont donc être demandés à une communauté de soignants, médicaux et paramédicaux déjà à bout de souffle et dont l’état d’esprit collectif se détériore progressivement.
La majorité du financement des hôpitaux dépend du nombre et de la nature des actes réalisés, la fameuse tarification à l’acte (T2A) mise en place en 2004
Comment en est-on arrivé à cette situation ? La majorité du financement des hôpitaux dépend du nombre et de la nature des actes réalisés, la fameuse tarification à l’acte (T2A) mise en place en 2004 et généralisée en 2008. Destinée à stimuler la productivité des établissements de soins, elle peut également encourager à la multiplication d’actes non pertinents et à « optimiser le codage », c’est-à-dire à augmenter autant que faire se peut la facture adressée à la Sécurité sociale.

Elle peut surtout arriver à mettre l’hôpital en déficit quand l’activité stagne ou lorsque les prix des actes diminuent. Système ubuesque où, pour limiter les déficits, l’hôpital public est entraîné dans une course à l’activité sans augmenter le nombre des personnels soignants et tout en faisant l’impasse sur la complexité des pratiques médicales, sur la précarité sociale des patients et sur la gravité des pathologies souvent prises en charge en milieu hospitalier.
Un rééquilibrage de la gouvernance
Dans cette logique purement comptable, la quantité d’activité prime sur la qualité et l’objet concerné...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Analyse. « NKM » chez Capgemini, « NVB » chez Fayard... Quels enseignements tirer de ces départs de responsables politiques vers d’autres cieux ?
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« La politique, tu l’aimes et tu la quittes ! »

Analyse. « NKM » chez Capgemini, « NVB » chez Fayard... Quels enseignements tirer de ces départs de responsables politiques vers d’autres cieux ?



Le Monde
 |    14.02.2018 à 04h15
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 10h46
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            Jean-Baptiste de Montvalon








                        



                                


                            

Analyse. Ils prennent « du champ ». Ou « du recul ». Bref, la poudre d’escampette. Partent-ils pour mieux revenir ? Possible, cela s’est déjà vu : il ne faut jurer de rien en politique. En attendant, le fait est que nombre de responsables politiques décampent. Direction un abri, de fortune si possible. Capgemini pour Nathalie Kosciusko-Morizet, dernière en date à avoir plié bagage.
A New York, l’ex-ministre de Nicolas Sarkozy « va diriger l’activité projet et consulting de la division cloud infrastructure et cybersécurité du groupe aux Etats-Unis », a précisé, si l’on peut dire, la direction du groupe. Une fonction qui la mettra à une distance certaine, géographiquement et culturellement, de ses anciennes occupations, et qui la protégera des affres de son parti, Les Républicains, désormais mis en coupe réglée par Laurent Wauquiez.

« NKM » a quitté, sous l’effet d’un probable mal de mer, un navire qui tangue dangereusement. Najat Vallaud-Belkacem s’est éloignée pour sa part d’un champ de ruines, déclinant les appels de ses proches à reconstruire ce qui s’était effondré. Plutôt que de se porter candidate à la tête du Parti socialiste, qui ne saurait assurer à lui tout seul « l’avenir de la gauche », « NVB » a décidé de prendre la direction d’une collection d’essais chez Fayard. Mêmes causes mêmes effets à l’extrême droite. Laissant sa tante s’employer péniblement à colmater les brèches ouvertes par une année de sérieuses déconvenues pour le Front national, Marion Maréchal-Le Pen s’était mise en retrait, en mai 2017, pour travailler au développement d’une école.

Citées ici à titre d’exemples, la liste n’étant pas exhaustive, ces trois femmes ont déserté des formations qui structurent la vie politique. Ajoutons-y, parmi d’autres, Bernard Cazeneuve, troisième et dernier premier ministre du quinquennat de François Hollande, qui a repris sa carrière d’avocat à l’été 2017. Ou...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », plusieurs organisations syndicales appellent à une journée de mobilisation dans les tribunaux, jeudi 15 février.
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Justice : « Nous voulons une réforme adaptée aux besoins des citoyens »

Dans une tribune au « Monde », plusieurs organisations syndicales appellent à une journée de mobilisation dans les tribunaux, jeudi 15 février.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 04h15
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 18h13
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                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Depuis une quinzaine de jours, le ministère de la justice s’affaire : syndicats de fonctionnaires de greffe et magistrats, organisations représentatives des avocats sont reçus pour signifier leurs « lignes rouges » en matière de chantiers. Le discours, quoique flou, imprécis voire contradictoire, se veut rassurant : aucune réforme n’a été arrêtée, les conclusions des chantiers n’engagent que leurs rapporteurs et surtout, un leitmotiv : aucun « lieu de justice » ne sera fermé…
Ces affirmations dissimulent le projet d’une réorganisation qui dissout la justice de proximité dans une appellation trompeuse, contient en germe une carte judiciaire uniquement gestionnaire, et instaure, contre les citoyens, des obstacles à l’accès aux services judiciaires.
Le cœur des réformes envisagées est la suppression des tribunaux d’instance (TI), ces tribunaux des vulnérabilités du quotidien, juridictions accessibles, qui traitent dans des délais raisonnables les litiges portant sur des sommes inférieures à 10 000 euros, les impayés de loyers ou de crédits, les mesures de tutelle… La procédure y est orale : le dépôt d’une requête est facilité, pour les usagers les plus précaires, par le rôle essentiel qu’y jouent au premier chef les fonctionnaires de greffe, puis, à l’audience, le juge.
Le principe qui risque d’être retenu est celui d’un « tribunal judiciaire » par département, regroupant les contentieux dits « spécialisés », chef de file des autres juridictions du ressort, les tribunaux de proximité, aux compétences variables, remplaçant les « petits » tribunaux de grande instance (TGI) et les TI. Le tribunal de proximité qui s’annonce ne serait pas le prolongement du tribunal d’instance, mais son fossoyeur.
Jeu de chaises musicales
Avec le contentieux familial hors divorce et les affaires pénales à juge unique ou sans audience, le tribunal de proximité serait illisible pour le justiciable qui irait divorcer à un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Guy Verhofstadt, ancien premier ministre belge, dénonce dans une tribune au « Monde » l’attitude des conservateurs européens qui viennent de refuser les listes transnationales aux élections européennes.
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Parlement européen : « Le coup d’Etat permanent » des conservateurs

Guy Verhofstadt, ancien premier ministre belge, dénonce dans une tribune au « Monde » l’attitude des conservateurs européens qui viennent de refuser les listes transnationales aux élections européennes.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 16h28
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 16h52
    |

Guy Verhofstadt (Président de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe au Parlement européen)







                        



                                


                            

Tribune. Dans l’article 3 de ses statuts, le Parti populaire européen (PPE) qui regroupe les partis nationaux de la droite conservatrice au sein de l’Union européenne (UE), se targue de « promouvoir le processus d’unification et d’intégration fédérale en Europe en tant qu’élément constitutif de l’Union européenne ». Que n’ont-ils appliqué leur propre précepte lors de la dernière session du Parlement européen à Strasbourg pour voter en faveur des listes transnationales ? Quelqu’un pourrait-il nous expliquer ce qui pourrait contribuer davantage à un « processus d’unification et d’intégration » de l’Union européenne que la création d’une démocratie paneuropéenne ?
Tous les cinq ans, les élections européennes s’apparentent en effet à une addition d’élections nationales, où l’Europe est un sujet secondaire, et au terme desquelles des citoyens, au demeurant de moins en moins nombreux, expriment leur mauvaise humeur à l’encontre de leur gouvernement du moment.
Nous proposions de créer une circonscription unique européenne pour un nombre restreint mais symbolique de députés, vingt-sept, soit autant que d’Etat de l’UE à cette date
On se demande bien d’ailleurs pourquoi ils se déplaceraient en masse puisque dans la foulée du scrutin, et dans le huis clos du Conseil européen, les chefs d’Etat et de gouvernement font sortir de leur chapeau souverain le nom du président de la Commission européenne. Aucun électeur, ou presque, n’en aura jamais entendu parler auparavant. Et c’est donc à juste titre qu’il aura ensuite l’impression de subir sa politique, sans avoir eu son mot à dire.
L’opacité de ce système était devenue si lourde à assumer politiquement que le Parlement européen était parvenu à imposer une novation lors des élections européennes de mai 2014 : le « Spitzenkandidät » [chef de fil]. Il était convenu que les partis politiques européens désigneraient chacun un champion dont la vocation était...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Marie Béatrice Levaux, référente francophonie au Conseil économique, social et environnemental, estime dans une tribune au « Monde » que la francophonie, trait d’union entre les continents, formidable passerelle entre les peuples, permet le dialogue des civilisations.
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« La francophonie n’est pas un colonialisme culturel »

Marie Béatrice Levaux, référente francophonie au Conseil économique, social et environnemental, estime dans une tribune au « Monde » que la francophonie, trait d’union entre les continents, formidable passerelle entre les peuples, permet le dialogue des civilisations.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 15h26
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 11h04
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Marie Béatrice Levaux (Référente francophonie au Conseil économique social et environnemental)







                        



                                


                            

Tribune. C’est un sujet sur lequel on ne l’attendait pas forcément. Pourtant, de manière assez inédite depuis François Mitterrand et l’organisation des premiers sommets de la francophonie, Emmanuel Macron s’est emparé de la problématique francophone pour en faire l’une de ses priorités.
A de multiples reprises – devant un parterre d’étudiants de l’université de Ouagadougou [Burkina Faso] en novembre 2017, à Francfort ou encore devant l’Assemblée des Français de l’étranger –, le chef de l’Etat s’est dernièrement posé en fervent défenseur de la langue française universelle en appelant à partager et à diffuser ce bien commun linguistique qui unit des hommes, au-delà des territoires.

Il s’est prononcé en faveur de la constitution d’un « dictionnaire de la francophonie », en lien avec l’Académie française, pour entretenir la vitalité de la cinquième langue la plus parlée au monde, et partagée par près de trois cents millions de francophones sur cinq continents. Il souhaite enfin initier « un nouveau projet pour la francophonie », pour en faire « un outil de rayonnement, au service de l’intégration économique ». Symbole de cet engagement, la récente nomination de Leila Slimani, écrivaine franco-marocaine comme « représentante personnelle » du président de la République au conseil permanent de la francophonie.
Histoire partagée
Longtemps ringardisée, la francophonie revient donc, si l’on peut dire, « à la mode ». Et il était plus que temps, au regard de l’expansion irrépressible de la culture anglo-saxonne. Car les Anglo-Saxons ont eux compris depuis bien longtemps la force que représente le langage.
Chez nous, l’existence de la francophonie a longtemps été tolérée mais volontairement négligée, assimilée à tort aux ambiguïtés de la politique post-colonialiste françaises. Mais non, la francophonie n’est pas un colonialisme culturel. Elle n’est pas domination, elle est partage. Trait d’union entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’agent littéraire Pierre Astier estime que l’édition française exerce une domination impérialiste sur la production de livres dans la francophonie somme toute dérisoire.
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« La francophonie est un grand désert éditorial »

Dans une tribune au « Monde », l’agent littéraire Pierre Astier estime que l’édition française exerce une domination impérialiste sur la production de livres dans la francophonie somme toute dérisoire.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 14h41
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 11h06
    |

Pierre Astier (Agent littéraire)







                        



                                


                            

Tribune. L’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou vient de refuser l’offre de service du président de la République française, Emmanuel Macron, qui lui proposait de participer aux côtés de la romancière franco-marocaine Leila Slimani « aux travaux de réflexion autour de la langue française et de la francophonie ». Emmanuel Macron voit sans doute dans la langue française un atout (c’est une des cinq langues dominantes dans le monde) et un enjeu (700 millions de primo-locuteurs en langue française à l’horizon 2050).
De fait la langue française devrait être, plus qu’elle ne l’est actuellement, un vecteur de développement économique et de coopération dans ce vaste espace linguistique intercontinental, comme l’est l’anglais en Afrique ou en Asie.
Institutions gangrenées
L’argument que lui oppose Alain Mabanckou, pour justifier son refus, est que la francophonie politique, tant que n’ont pas été clarifiées les relations bilatérales entre la France et nombre de pays d’Afrique et de l’océan Indien à régimes autoritaires, peu démocratiques, ne peut avancer sereinement sur cette voie si la France (son administration, ses hommes d’affaires) ne sort pas de ce rôle trouble. Encore et toujours la « Françafrique »…
Sans doute faudra-t-il d’ailleurs quelques décennies avant que l’ancienne métropole française renonce à son statut impérial à l’égard de ses anciennes colonies tant ses institutions en sont encore imprégnées, pour ne pas dire gangrenées. Le débat est néanmoins ouvert et mérite que soient posées quelques questions.

Une langue vit pleinement quand elle est parlée et lue, et quand elle est enseignée. Mais aussi et surtout quand elle est publiée. On le sait, il n’y a pas d’éducation, de formation, de culture et de développement économique sans les livres. Autrement dit quand suffisamment de livres, dans tous les secteurs éditoriaux (de la littérature au management, du livre jeunesse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ La création des SBBS, nouveaux titres souverains pouvant être titrisés sur les marchés, diffuserait le risque financier plutôt que de le limiter, explique dans une tribune au « Monde » Jean-Michel Naulot, ancien membre du collège de l’Autorité des marchés financiers.
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Bientôt des « subprimes » dans la zone euro ?

La création des SBBS, nouveaux titres souverains pouvant être titrisés sur les marchés, diffuserait le risque financier plutôt que de le limiter, explique dans une tribune au « Monde » Jean-Michel Naulot, ancien membre du collège de l’Autorité des marchés financiers.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 13h48
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 13h52
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                            Jean-Michel Naulot (Ancien membre du collège de l’Autorité des marchés financiers)








                        



                                


                            

Tribune. Au début des années 2000, les investisseurs ont cru qu’avec la naissance de l’euro l’intégration financière allait progresser rapidement. Une obligation publique allemande serait désormais équivalente à une obligation française, italienne ou grecque. La Banque centrale européenne (BCE) elle-même se félicitait de cette évolution et plaidait avec vigueur en faveur de l’accélération d’un mouvement jugé inéluctable. Pendant de longues années, les taux allemands, français, espagnols ou grecs ont ainsi été proches les uns des autres.
Au cours de l’hiver 2010, le réveil a été difficile ! Les taux des obligations se sont écartés brutalement. Des bulles financières gigantesques ont éclaté, notamment en Espagne et en Grèce. Les investisseurs et les banques avaient eu le tort de croire les autorités monétaires. Ils ont découvert subitement que ces taux artificiellement bas avaient contribué au surendettement. Plus personne n’a voulu acheter d’obligations des pays périphériques.
Prêts à taux zéro aux banques
Face à la crise, la BCE a pris les choses en main. Sous la présidence de Jean-Claude Trichet, elle a acheté des obligations publiques pour calmer l’envol des taux. Sous la présidence de Mario Draghi, elle a prêté massivement à taux zéro aux banques, notamment espagnoles et italiennes, en théorie pour faciliter le crédit bancaire, en réalité pour leur permettre d’acheter de la dette et calmer les marchés. A partir de mars 2015, elle a déclenché une spectaculaire politique d’assouplissement quantitatif (« quantitative easing ») en achetant elle-même, et par le biais des banques centrales nationales, des dettes publiques.
A l’issue de toutes ces opérations, la BCE et les banques centrales nationales détiendront en septembre prochain, à l’issue du quantitative easing, 21 % des dettes publiques de la zone euro, un montant considérable si on compare ce chiffre aux 12 % que la Réserve fédérale américaine (FED)...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ L’Inde affiche une croissance moyenne annuelle de plus de 7 % depuis 2014, ce qui en fait le pays le plus dynamique du G20, constate l’économiste Jean-Pierre Petit dans sa chronique mensuelle.
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« L’Inde, pays crucial pour l’avenir de l’économie mondiale »

L’Inde affiche une croissance moyenne annuelle de plus de 7 % depuis 2014, ce qui en fait le pays le plus dynamique du G20, constate l’économiste Jean-Pierre Petit dans sa chronique mensuelle.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 13h18
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                            Jean-Pierre Petit (Economiste et président de la société de conseil Les Cahiers verts de l'économie)








                        



                                


                            

L’éclairage. Quittons un moment les turbulences des marchés financiers pour nous intéresser à un pays qui ne fait pas beaucoup parler de lui et ne suscite, bizarrement, guère d’intérêt en Europe : l’Inde. Ce pays sera crucial pour l’avenir de l’économie mondiale au cours des décennies à venir.
L’Inde deviendra cette année la cinquième économie mondiale en dollars courants, devant la France et le Royaume-Uni. Elle affiche une croissance moyenne annuelle de plus de 7 % depuis 2014, ce qui en fait le pays le plus dynamique du G20. La croissance devrait s’établir à plus de 7,5 % en 2018 contre 6,7 % en 2017. Et la dynamique récente reste assez bonne : l’indice PMI manufacturier lissé sur trois mois continue de progresser depuis début 2015, même s’il faut surveiller l’impact de la hausse du prix du baril et des tensions récentes sur le marché obligataire local.
Surtout, alors que l’Inde apparaissait, en 2012-2014, comme l’un des grands pays émergents les plus fragiles sur le plan financier (avec le Brésil, l’Indonésie, la Turquie et l’Afrique du Sud), elle a nettement amélioré sa position depuis. L’inflation est passée de plus de 12 % fin 2013 à un peu plus de 5 % en décembre 2017, même si elle est remontée ces derniers mois. Le déficit de la balance courante se situe à un peu plus de 1 % du PIB contre 5 % en 2013. Le déficit public s’est réduit, de même que la dette privée externe en dollars. La notation souveraine de l’Inde a été rehaussée en novembre par Moody’s, pour la première fois en treize ans, passant de Baa3 à Baa2 avec des perspectives stables.
Plusieurs chocs brutaux
Il est clair que l’avenir de l’Inde dépendra en grande partie de la qualité de sa gouvernance. Le bilan de Narendra Modi depuis son élection en 2014 est indéniablement favorable en matière de réformes structurelles (réforme foncière, libéralisation de la finance et des médias, ouverture des infrastructures aux investissements étrangers…), en dépit de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Les marques exercent un contrôle tatillon sur les contenus et les audiences. Internet comme les médias traditionnels « sont désormais sous surveillance », explique Philippe Escande, journaliste au « Monde ».
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Publicité : l’annonceur impose sa loi

Les marques exercent un contrôle tatillon sur les contenus et les audiences. Internet comme les médias traditionnels « sont désormais sous surveillance », explique Philippe Escande, journaliste au « Monde ».



Le Monde
 |    13.02.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 17h19
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            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. On ne badine pas avec l’histoire. Le présentateur de la chaîne américaine NBC, Joshua Cooper Ramo, pourtant censé être un expert des relations internationales, aurait dû réfléchir avant de commenter la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver à Pyeongchang, en Corée du Sud.
« Tous les Coréens vous diront que le Japon est un exemple pour eux en matière de culture, de technologie et d’économie », a-t-il benoîtement affirmé à propos de la venue aux Jeux du premier ministre nippon. Emotion, dans un pays où les plaies de la sanglante occupation japonaise, de 1910 à 1945, ne sont pas cicatrisées. Il ne fallut que quelques heures au média américain pour licencier l’imprudent et se confondre en excuses.
Stratégies plus ciblées et directes
Au-delà des considérations diplomatiques, l’enjeu est de taille pour NBC. Il ne faut pas mettre en danger une manne publicitaire de 900 millions de dollars sur toute la durée de la compétition.

La firme est d’autant plus aux petits soins avec ses annonceurs que ceux-ci se font davantage tirer l’oreille pour financer ce genre d’événement. Les plus importants d’entre eux, comme General Motors, Procter & Gamble ou AT&T, devraient dépenser en spots télévisés 10 % à 30 % de moins pour cette manifestation que lors de l’édition précédente, en 2014, à Sotchi, en Russie. Ils privilégient désormais des stratégies plus ciblées et directes, qui mêlent l’événementiel et le numérique.
NBC a riposté en garantissant pour la première fois une audience par individu, et non plus par foyer, et cela sur toutes les plates-formes : télévision classique, replay, streaming. Ce qui accroît encore la pression au résultat. Même pour un événement d’ampleur mondiale comme les JO, les annonceurs se montrent de plus en plus exigeants.
Exigence de résultats tangibles
Ils le sont désormais autant pour Internet que pour les médias traditionnels. Fini le temps où les sites pouvaient...




                        

                        

