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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ L’outil, financé par le Royaume-Uni, a été pensé pour détecter les vidéos problématiques, et ainsi faciliter le travail des modérateurs de certains sites.
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Le gouvernement britannique lance un logiciel pour détecter les vidéos djihadistes

L’outil, financé par le Royaume-Uni, a été pensé pour détecter les vidéos problématiques, et ainsi faciliter le travail des modérateurs de certains sites.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 15h51
    |

                            Perrine Signoret








                        


Pour lutter contre la diffusion en ligne de vidéos de propagande de l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), le gouvernement britannique a financé le développement d’un algorithme censé les détecter, a annoncé mardi 13 février le ministère de l’intérieur dans un communiqué. Objectif : le mettre à disposition de sites qui n’ont pas les moyens de créer leurs propres outils de détection.
Le ministère ne précise toutefois pas quelles conditions sont nécessaires pour accéder à cet outil. « Cette technologie sera mise à disposition gratuitement à toute plateforme qui en aura besoin », annonce de son côté, sans donner plus de détails, l’entreprise ASI Data Science.
C’est elle qui a été missionnée pour mettre au point ce programme, avec 600 000 livres (674 000 euros) de fonds publics. Cette petite entreprise londonienne vante les prouesses de son programme, capable, selon elle, de détecter 94 % des contenus de propagande de l’EI. Elle estime le taux d’erreur, c’est-à-dire le nombre de vidéos identifiées à tort comme étant problématiques, à environ 0,005 %.
Pour fonctionner, le programme d’intelligence artificielle a analysé un millier de vidéos de propagande de l’EI afin d’apprendre à les reconnaître. Il se base notamment sur plusieurs critères pour les détecter. Certains renvoient à des éléments audio ou visuels, comme des logos ou des symboles utilisés par l’EI. D’autres concernent, eux, le contenu des métadonnées, c’est-à-dire les informations liées à la vidéo. Par exemple : de quel pays a été mise en ligne une vidéo.
Les petites plates-formes « de plus en plus ciblées »
Les entreprises de plus grande taille, comme Facebook et YouTube, ne sont pas la cible de ce logiciel, mais l’ont en partie inspiré, explique le ministère :
« Beaucoup des grandes entreprises tech ont développé leur propre technologie pour leur plate-forme et ont affirmé que cela faisait une différence dans leur combat contre le contenu terroriste. Les plus petites plates-formes, en revanche, sont de plus en plus ciblées par l’EI et ses soutiens, et n’ont pas souvent le même niveau de ressources pour développer ces technologies. »
Les autorités britanniques ont pourtant régulièrement critiqué ces grandes entreprises, les accusant de ne pas filtrer avec assez d’efficacité les contenus de propagande. En avril 2017, plusieurs ministres britanniques avaient ainsi jugé dans un rapport « honteux » le travail de Google (qui détient YouTube), Facebook et Twitter à ce sujet.
Quelques mois plus tard, en décembre, YouTube annonçait avoir supprimé plus de 150 000 vidéos faisant la promotion de l’extrémisme et de la violence depuis juin. Sa présidente-directrice générale, Susan Wojcicki, avait aussi annoncé que 98 % d’entre elles avaient été repérées grâce à des algorithmes. A la fin de novembre, Facebook estimait que ce pourcentage s’élevait chez elle à 99 %.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Les ministres de la défense des 29 alliés se penchent sur une réforme délicate des structures de commandement de l’Alliance.
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Russie, terrorisme, Corée du Nord : l’OTAN cherche à s’adapter aux nouvelles menaces

Les ministres de la défense des 29 alliés se penchent sur une réforme délicate des structures de commandement de l’Alliance.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 11h58
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Le dossier semble très technique, il est en fait éminemment politique : les ministres de la défense de l’OTAN doivent s’entendre, mercredi 14 et jeudi 15 février à Bruxelles, sur les grandes lignes d’une nouvelle refonte des structures de commandement de l’Alliance atlantique. Cette « adaptation » – « la plus grande depuis la fin de la guerre froide », selon le secrétaire général Jens Stoltenberg – est proposée par les responsables militaires. Elle vise à rendre l’alliance plus efficace en cas de crise de haute intensité. En clair, mieux dissuader et répondre aux nouvelles menaces venant de certains Etats, au premier rang desquels la Russie. Les décisions concrètes sur ce sujet brûlant devraient être prises en juin. Puis entérinées politiquement, en juillet, lors du sommet des 29 alliés qui se tiendra à Bruxelles.
La dernière édition du grand exercice militaire annuel russe « Zapad », en septembre 2017, a été analysée à l’OTAN comme « une préparation pour une guerre majeure contre un ennemi à parité », comme l’avait souligné le président du comité militaire, le général Petr Pavel. Le renforcement défensif de l’OTAN, qui s’est accéléré depuis l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, concerne autant ses forces conventionnelles que sa posture nucléaire et ses états-majors.
« Effort maximum »
Les deux grands commandants de l’alliance sont à la manœuvre : le général américain Curtis Scaparrotti, commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR), responsable des opérations depuis Mons en Belgique ; et le Français Denis Mercier, commandant suprême à la transformation (SACT), responsable des moyens futurs, depuis Norfolk, aux Etats-Unis. Ils ont souhaité travailler vite, les hypothèses stratégiques ayant, selon eux, radicalement changé. Dans leur vision, la Russie n’est plus un « partenaire » tel qu’on l’avait envisagé en 2002, au moment de la création du conseil OTAN-Russie. Les « printemps arabes » et le terrorisme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ L’audition du patron du fisc a donné lieu à des échanges tendus, mardi, à la Commission des finances.
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Les parlementaires poursuivent leur offensive contre le « verrou de Bercy »

L’audition du patron du fisc a donné lieu à des échanges tendus, mardi, à la Commission des finances.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 11h31
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            

« Les débats actuels suscitent de ma part une grande perplexité. » En débutant par ces mots son audition devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, mardi 13 février, Bruno Parent, le directeur général des finances publiques, ne pensait sans doute pas provoquer des réactions aussi vives de la part des parlementaires venus l’écouter dans le cadre de la mission sur les procédures de poursuite des infractions fiscales. Les deux heures d’échange entre le patron du fisc et la petite dizaine de députés présents – une affluence record pour ce genre d’exercice – ont été nettement moins feutrées que de coutume dans cette commission connue pour sa technicité.
« On nous accuse de manquer de transparence, d’entraver la bonne marche de la justice et d’avoir des pratiques peu avouables (…). Mais notre politique est une politique de sélectivité, de façon à obtenir les peines les plus exemplaires », a plaidé M. Parent. « C’est gênant, la justice pour l’exemple. (…) Une administration qui exerce un pouvoir discrétionnaire sur des sanctions à caractère pénal, c’est une anomalie », a rétorqué le député MoDem Jean-Louis Bourlanges. « Ça ne vous choque pas de jouer le rôle d’un parquet judiciaire ? Est-ce normal dans une démocratie ? », a renchéri Charles de Courson (Les Constructifs). « Il y a pour moi une entrave au droit commun qui place l’administration au-dessus de la justice », a achevé Eric Coquerel (La France insoumise).
De nombreuses critiques
La cause de cette salve nourrie ? Le « verrou de Bercy », ce monopole de l’administration fiscale qui, en France, est la seule à pouvoir décider d’engager des poursuites pénales en matière de fraude fiscale. Hormis certains cas comme le blanchiment de fraude fiscale, c’est la commission des infractions fiscales (CIF), composée de magistrats et de personnalités qualifiées, qui décide des dossiers fiscaux à transmettre aux tribunaux. Saisie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Un article publié en janvier dans le « British Journal of Criminology » montre qu’entre 2004 et 2014, à Londres, les contrôles policiers n’ont pas fait diminuer la délinquance.
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Les contrôles de police n’ont pas d’incidence sur la délinquance, selon une étude anglaise

Un article publié en janvier dans le « British Journal of Criminology » montre qu’entre 2004 et 2014, à Londres, les contrôles policiers n’ont pas fait diminuer la délinquance.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 11h17
    |

            Julia Pascual








                        



                                


                            

Matteo Tiratelli est chercheur à l’université de Manchester (Grande-Bretagne) et coauteur d’une étude publiée en janvier dans le British Journal of Criminology qui relativise l’effet dissuasif des contrôles de police vis-à-vis des délinquants. En Angleterre, les contrôles d’identité n’existent pas formellement puisqu’il n’y a pas de carte nationale d’identité, mais la police a le droit de pratiquer le stop and search, autrement dit une interpellation, éventuellement assortie d’une fouille.

Votre étude montre que les contrôles de police n’ont pas eu d’impact sur la délinquance à Londres. Comment arrivez-vous à cette conclusion ?
Notre étude se base sur le nombre de contrôles réalisés par les policiers à Londres entre 2004 et 2014. Nous l’avons comparé au nombre de délits enregistrés dans chaque quartier de la capitale pour en mesurer l’effet, d’une semaine à l’autre, d’un mois à l’autre. Notre principale conclusion est que le nombre de contrôles réalisés ne semble pas avoir d’impact significatif à moyen terme sur la délinquance, qu’il s’agisse des cambriolages, des vols, des atteintes aux véhicules ou du vandalisme. Même pour les faits de violence, l’impact est insignifiant. Une augmentation de 10 % des contrôles sur un mois est associée à une baisse de la criminalité de 0,32 % le mois suivant. L’effet produit est donc tout au plus maginal. Des études menées à New York et Chicago sont parvenues à des conclusions similaires.
Comment expliquez-vous cette absence de corrélation ?
L’idée est communément admise que les contrôles de police ont un effet dissuasif car ils donnent aux gens le sentiment que commettre une infraction est risqué. Par conséquent, ils sont moins susceptibles de passer à l’acte. Nos résultats laissent au contraire penser que les gens ne remarquent finalement pas tant que ça les changements d’intensité dans la pratique des contrôles. Ce qui veut dire qu’il faudrait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Deuxième contingent de l’OTAN, les militaires turcs ont accentué le tournant conservateur et anti-occidental après le putsch raté de 2016.
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L’armée turque s’éloigne de ses partenaires occidentaux

Deuxième contingent de l’OTAN, les militaires turcs ont accentué le tournant conservateur et anti-occidental après le putsch raté de 2016.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 11h01
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante) et 
Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Engagée, depuis le coup d’Etat manqué de juillet 2016, dans un bras de fer permanent avec ses alliés traditionnels, la Turquie est devenue un partenaire difficile à déchiffrer. Vues depuis le quartier général de l’OTAN à Bruxelles, les gesticulations du président Recep Tayyip Erdogan ne doivent pas être prises au pied de la lettre. « Les Turcs restent investis dans les dossiers de l’alliance, explique une source au sein de l’organisation. Les choses ne sont pas simples au quotidien, mais chacun sait que la présence de la Turquie dans l’alliance est un grand facteur de stabilité, et le président Erdogan est obligé de tenir compte de l’OTAN. »
Si l’attachement aux fondamentaux reste présent dans le discours officiel, force est de constater que la Turquie n’est plus pro-occidentale. Deuxième contingent de l’Alliance atlantique, l’armée turque est le laboratoire de ce changement de cap. Après la tentative de putsch du 15 juillet 2016, M. Erdogan a mis les militaires au pas, limogeant 149 généraux sur 358, tandis que 10 840 officiers et soldats étaient débarqués. La purge a été drastique au sein des structures de l’OTAN, avec 400 attachés militaires turcs en poste à l’étranger pour l’Alliance atlantique relevés de leurs fonctions et rappelés en Turquie.
La plupart ont demandé et obtenu l’asile politique dans les pays où ils étaient basés, ce qui a ulcéré Ankara. Accusés d’être des adeptes du prédicateur Fethullah Gülen, le cerveau du putsch selon les autorités turques, ces officiers étaient pro-occidentaux et parfaitement au courant des rouages de l’Alliance atlantique. Leur mise à pied a été déplorée, notamment par le général Curtis Scaparrotti, le commandant en chef de l’OTAN pour l’Europe. Ils n’auraient été remplacés qu’à 40 %.
« Schéma de pensée »
Avec les Etats-Unis, les relations sont à couteaux tirés. Autrefois, l’état-major envoyait des officiers turcs en formation au National War College de Washington. Or, « depuis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Avec la crise de la « GroKo » allemande et la campagne électorale italienne, aucun pays européen ne semble pouvoir échapper à l’implosion des systèmes politiques traditionnels, explique notre éditorialiste Sylvie Kauffmann dans sa chronique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/02/2018
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« Y a-t-il aujourd’hui un pays en Europe où la démocratie représentative ne soit pas perturbée ? »

Avec la crise de la « GroKo » allemande et la campagne électorale italienne, aucun pays européen ne semble pouvoir échapper à l’implosion des systèmes politiques traditionnels, explique notre éditorialiste Sylvie Kauffmann dans sa chronique.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 11h58
    |

            Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            
Chronique. Si l’Europe était une personne, elle s’appellerait Emma Bonino. Cette Italienne de 69 ans, passionnée de liberté, de démocratie et de justice, a mené toutes sortes de combats depuis quatre bonnes décennies. Elle a été députée et ministre dans son pays, députée et commissaire européenne. En termes d’empoignades électorales, elle a à peu près tout vu. Mais ce à quoi elle assiste aujourd’hui, cette campagne décousue pour les législatives du 4 mars, où elle défend les couleurs de son nouveau mouvement, Più Europa (Plus d’Europe), elle ne l’avait sans doute pas imaginé.
Dans cette Union européenne qui voit se dresser un nouvel obstacle chaque fois qu’elle en surmonte un, le scrutin italien est le dernier candidat au box-office des films d’épouvante que l’on se joue et se rejoue, après ceux du référendum sur le Brexit, des élections en France, en Autriche, en Allemagne ou en Catalogne. Le scénario est étrangement familier. Défiance de l’électorat envers les institutions et les partis politiques traditionnels, crise migratoire, montée de l’extrême droite et du Mouvement 5 étoiles qui fait figure de favori, rejet de l’Europe dans un pays qui en fut pourtant l’un des plus enthousiastes soutiens… et incertitude totale sur le résultat pour couronner le tout.
On a même vu, le 3 février, un extrémiste faire un carton sur des migrants, dont six ont été blessés par balles. Si Emma Bonino n’y perd pas son latin, c’est parce qu’elle n’est pas du genre à renoncer. Pour elle, la crise italienne ne peut avoir de solution que dans le cadre européen. Le New York Times relève à son propos que, si les Italiens l’adorent, ils ne votent pas pour elle pour autant – son Parti radical dépasse rarement les 2 % –, mais elle n’en démord pas.
Le 4 mars, jour fatidique pour l’Europe
Ce 4 mars s’annonce décidément comme un jour fatidique pour l’Europe. Attention, danger ! Ce même jour, où l’on saura si l’Italie choisit de continuer sur le chemin...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Agé de 83 ans, l’aristocrate girondin souffrait de « démence », selon la maison royale. N’ayant jamais obtenu le titre de roi, il avait demandé à ne pas être enterré avec son épouse.
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Henrik de Danemark, mari bordelais de la reine Margrethe II, est mort

Agé de 83 ans, l’aristocrate girondin souffrait de « démence », selon la maison royale. N’ayant jamais obtenu le titre de roi, il avait demandé à ne pas être enterré avec son épouse.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 06h11
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 16h55
   





                        



   


Il n’aura jamais coiffé la couronne royale malgré ses noces avec l’héritière du trône danois, Margrethe. Le prince Henrik de Danemark, aristocrate girondin épris de viticulture et de poésie, est mort mardi 13 février au soir, à l’âge de 83 ans.
« Son altesse royale est morte mardi à 23 h 18 au château de Fredensborg », résidence royale située à une quarantaine de kilomètres au nord de la capitale danoise, a précisé le palais royal dans un communiqué, ajoutant que le prince était entouré de sa femme et de leurs deux fils.
Henrik avait été rapatrié fin janvier alors qu’il se trouvait en villégiature en Egypte, et hospitalisé au Rigshospitalet pour une infection pulmonaire avant d’être transféré vers le château de Fredensborg pour « vivre ses derniers instants ». Le 9 février, son fils aîné Frederick, le prince héritier, avait interrompu son voyage en Corée du Sud dans le cadre des Jeux olympiques pour se rendre au chevet de son père.
En septembre, la maison royale danoise avait annoncé qu’il souffrait de « démence », dont la maladie d’Alzheimer est une forme fréquente. Le diagnostic précis n’avait pas été révélé.
Un prince controversé
Depuis le 1er janvier 2016, Henrik était retraité, libéré de ces obligations officielles qu’il honorait selon son humeur : il semblait parfois s’y ennuyer royalement, mais boudait comme un enfant s’il n’était pas convié.

        Lire aussi :
         

                Henrik du Danemark, le prince qui voulait devenir roi



« Les controverses ont marqué son histoire au Danemark et sa relation avec la population danoise », selon sa biographe Stephanie Surrugue. En avril 2015, il s’était fait porter pâle lors des célébrations du 75e anniversaire de la reine, mais avait été perçu à Venise quelques jours après, s’attirant railleries et foudres de la presse à grand tirage.
Et l’été dernier, il avait publiquement fait savoir qu’il refusait d’être inhumé avec sa femme dans la nécropole royale de la cathédrale de Roskilde, comme le sont traditionnellement les couples royaux. N’ayant pas obtenu le titre et la fonction qu’il convoitait, il arguait qu’il n’était pas son égal dans la vie et ne souhaitait pas l’être dans la mort. La maison royale n’a pas encore fait savoir où il sera enterré.
Emmanuel Macron lui a rendu hommage mercredi en rappelant son engagement dans la promotion de la « longue et inaltérable amitié entre la France et le Danemark ».
« Il veilla en particulier à ce que la langue française demeure employée à la Cour et reste enseignée au Danemark, notamment au lycée Prince Henri, le plus important lycée français d’Europe du Nord. »
Le président de la République, qui a appris « avec tristesse » sa mort, ainsi que son épouse Brigitte Macron ont adressé « à la reine Margrethe II, à ses fils Frederik et Joachim, à ses petits-enfants et au peuple du Danemark, leurs sincères condoléances ».
De nombreux sacrifices
Né le 11 juin 1934 à Talence, près de Bordeaux, le jeune et fringant Henri de Laborde de Monpezat passe ses premières années en Indochine où son père administre les plantations familiales. La guerre les chasse définitivement du Vietnam, même s’il reviendra passer son bac à Hanoï.
Après des études de sciences politiques, de vietnamien et de chinois, il embrasse la carrière diplomatique. C’est en poste, à Londres, qu’il rencontre Margrethe, alors héritière de la couronne danoise. En l’épousant en juin 1967, il change de prénom, renonce à sa nationalité française pour devenir danois et abjure sa foi catholique pour le protestantisme. Surtout, il se résigne bon gré mal gré à mettre ses pas dans ceux de Margrethe, couronnée en janvier 1972, que ses sujets adorent.
« J’accepte de jouer le jeu. Mais c’est très dur pour un homme de ne pas être considéré sur le même plan que son épouse », admet-il dans ses mémoires, Destin oblige, publiés en 1997. D’autant plus dur que le Français, amateur de rimes, de vins boisés et de bonne chère, incarnation de l’arrogance méridionale en terre luthérienne, met du temps avant de se faire accepter.
« Tout ce que je faisais était critiqué. Mon danois était bancal. Je préférais le vin à la bière, les chaussettes en soie aux chaussettes en tricot, les Citroën aux Volvo, le tennis au football. J’étais différent. »
Henrik, également sculpteur, a publié plusieurs recueils de poésie, dont certains ont été illustrés par Margrethe, peintre et plasticienne respectée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Martin Schulz a annoncé la tenue d’un congrès extraordinaire, le 22 avril, pour lui désigner un successeur.
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Allemagne : Martin Schulz démissionne de la direction du SPD, Olaf Scholz assure l’intérim

Martin Schulz a annoncé la tenue d’un congrès extraordinaire, le 22 avril, pour lui désigner un successeur.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 20h33
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 11h14
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Jusqu’au bout, ses plans auront été contrariés. Mardi 13 février, Martin Schulz a annoncé qu’il quittait la présidence du Parti social-démocrate (SPD) allemand, ajoutant qu’un congrès aurait lieu le 22 avril, à Wiesbaden (Hesse), pour élire celle qu’il souhaite voir lui succéder, à savoir Andrea Nahles, l’actuelle présidente du groupe SPD au Bundestag. « J’ai informé les instances du parti que je quittais mes fonctions à compter d’aujourd’hui », a déclaré M. Schulz lors d’un bref point presse, à Berlin. La voix blanche et le regard embué, celui qui n’aura présidé le SPD que pendant onze mois a reconnu qu’il avait, à ce poste, « connu des hauts et des bas comme rarement ».
Ce n’était pas le scénario prévu. Certes, M. Schulz avait annoncé, le 7 février, qu’il ne serait bientôt plus président du SPD. Mais son départ, avait-il précisé, n’aurait lieu qu’après le vote des adhérents du parti sur le « contrat de coalition » scellé avec les conservateurs de la CDU-CSU, autrement dit pas avant le 4 mars. Certes, avait-il également indiqué, un congrès serait organisé pour adouber Mme Nahles. Mais il avait imaginé que celle-ci, en attendant, serait présidente du parti par intérim, tandis que lui-même deviendrait ministre des affaires étrangères.
Finalement, M. Schulz a opéré une double reculade. La première a eu lieu vendredi, quand il a annoncé qu’il ne serait finalement pas ministre. Au sein du SPD, l’annonce de son arrivée à la tête de la diplomatie allemande avait en effet été accueillie avec stupéfaction, tout le monde se souvenant de ce qu’il avait promis, le 25 septembre 2017, au lendemain des élections législatives : « Jamais je n’entrerai dans un gouvernement avec Mme Merkel. »
Attelage baroque
La seconde reculade a eu lieu mardi. Par rapport au calendrier qu’il s’était fixé six jours plus tôt, M. Schulz a avancé son départ de la présidence du SPD d’au moins trois semaines. En outre, il a dû se résigner à ce que Mme Nahles n’assure pas l’intérim. Si la direction du SPD a bien enregistré qu’elle soumettrait sa candidature à la présidence du parti lors du congrès du 22 avril, elle a en effet désigné un autre qu’elle comme président provisoire. En l’occurrence Olaf Scholz, aujourd’hui maire de Hambourg et demain ministre des finances – à condition, toutefois, qu’une majorité des 463 723 adhérents du parti valident le « contrat de coalition ».

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A Berlin, le départ précipité de M. Schulz était pressenti depuis ce week-end. En revanche, la désignation de M. Scholz comme président du SPD par intérim a été une surprise. Si elle s’est imposée, c’est en raison de la grogne suscitée à l’intérieur du parti à l’idée que M. Schulz passe directement la main à Mme Nahles. Une décision dénoncée, par plusieurs dirigeants, comme un abus de pouvoir et comme une volonté, de la part du président démissionnaire, de verrouiller sa succession.

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Andrea Nahles et Olaf Scholz : c’est donc à eux qu’il revient, désormais, de conduire la campagne interne au SPD en faveur de la grande coalition. Il est d’ores et déjà prévu qu’ils se retrouvent samedi, à Hambourg, la ville dont M. Scholz est le maire depuis 2011, pour lancer cette campagne.

   


Sur le papier, on ne saurait imaginer attelage plus baroque. Agée de 47 ans, Mme Nahles a longtemps incarné l’aile gauche du SPD. Le 27 septembre 2017, trois jours après la débâcle de son parti aux législatives, et alors qu’elle venait d’être élue présidente du groupe SPD au Bundestag, un journaliste lui avait demandé comment elle se sentait. « Un peu mélancolique », avait-elle répondu, avant d’ajouter : « Mais, à partir de demain, ils vont s’en prendre plein la gueule ! » Le « ils » désignait les conservateurs de la CDU-CSU. Ceux-ci étaient prévenus : après avoir passé quatre ans au gouvernement avec eux comme ministre du travail et des affaires sociales, Mme Nahles promettait désormais de les combattre avec la plus extrême vigueur.
M. Scholz, lui, affiche un profil beaucoup plus modéré. Dans le tempérament comme dans les idées. Aussi taciturne que Mme Nahles est combative, il s’est toujours revendiqué comme le disciple de Gerhard Schröder là où sa camarade a, dès le début, pris soin de se démarquer de l’héritage de ce dernier, en prenant ses distances avec l’orientation qu’elle jugeait trop « libérale » de la politique menée par l’ancien chancelier social-démocrate entre 1998 et 2005.
En dépit de leurs différences, Mme Nahles et M. Scholz entretiennent des relations cordiales. Les voilà désormais liés l’un à l’autre pour convaincre leur base de voter en faveur de l’entrée au gouvernement. Elle pour pouvoir espérer devenir présidente du parti, lui pour accéder au ministère des finances.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Le nombre de films produits en Europe a augmenté de 47 % pour passer de 1 444 en 2007 à 2 124 en 2016, selon l’Observatoire européen de l’audiovisuel, publié mardi.
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Forte progression de la production cinématographique européenne depuis dix ans

Le nombre de films produits en Europe a augmenté de 47 % pour passer de 1 444 en 2007 à 2 124 en 2016, selon l’Observatoire européen de l’audiovisuel, publié mardi.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 18h59
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 07h13
    |

            Nicole Vulser








                        


Selon un rapport de l’Observatoire européen de l’audiovisuel, publié mardi 13 février, le nombre de films produits en Europe a augmenté de 47 % pour passer de 1 444 en 2007 à 2 124 en 2016.

   


Au total, plus de 18 000 films ont été produits au cours de cette période en Europe. Cette tendance à la hausse a été enregistrée tant pour les productions purement nationales que pour les coproductions. Les coproductions majoritaires ont représenté 20,4 % du volume de production total sur l’Europe pour cette période. Le volume de documentaires a quasiment doublé, atteignant 698 films en 2016, tandis que la production de films de fiction a également connu un essor important de 33 %.

   


Les pays européens ont coproduit avec 150 pays différents au cours de la période étudiée. Avec le Brexit, le nombre de films produits ou coproduits au Royaume-Uni pourrait diminuer.
Les dix premiers pays producteurs représentent 73 % du volume total des longs-métrages. La production cinématographique en Europe reste très concentrée puisque cinq pays (Royaume-Uni, France, Allemagne, Espagne et Italie) représentent plus de la moitié de la production totale des 36 pays couverts par cette étude.

   


En valeur absolue, la France arrive en tête de liste avec 566 coproductions comptabilisées entre 2007 et 2016.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ A la suite du scandale qui touche Oxfam, une pétition portée par le quotidien europhobe « Daily Express » demande de « stopper la folie de l’aide à l’étranger ».
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Affaire Oxfam : en quoi consiste l’aide publique britannique au développement

A la suite du scandale qui touche Oxfam, une pétition portée par le quotidien europhobe « Daily Express » demande de « stopper la folie de l’aide à l’étranger ».



Le Monde
 |    13.02.2018 à 17h38
   





                        



   


En annonçant, lundi 12 février, que la part du revenu national britannique à l’aide internationale ne bougerait pas, la première ministre du Royaume-Uni, Theresa May, a dû rassurer une partie des organismes humanitaires de son pays. Depuis les révélations, vendredi 9 février, par le quotidien britannique The Times, d’un scandale sexuel impliquant des employés de l’ONG Oxfam à Haïti en 2011, sa directrice adjointe, Penny Lawrence, a démissionné, et le gouvernement britannique menace de lui supprimer ses financements.

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Au lendemain des révélations du Times, Jacob Remord, le député leader de l’aile droite du parti conservateur est venu porter au 10 Downing Street une pétition de 100 000 signatures rassemblées par le quotidien europhobe Daily Express demandant de « stopper la folie de l’aide à l’étranger ». Régulièrement pointée du doigt par une partie de la droite conservatrice, l’aide britannique au développement à l’étranger est l’une des plus importantes de l’Union européenne.
En quoi consiste cette aide au développement ?
Le département pour le développement international « coordonne le travail réalisé par le Royaume-Uni pour mettre fin à l’extrême pauvreté », peut-on lire sur le site du gouvernement britannique. Celui-ci, à travers son organisme UK Aid, contribue à aider au développement de certains pays. Une loi, votée en 2002, a instauré une ligne directrice au programme d’aide britannique : la réduction de la pauvreté.
Cette aide ne consiste pas seulement à verser de l’argent directement à certains pays, elle peut également prendre la forme de financement de projets concrets (conseils en matière agricole, mesures de purification de l’eau ou d’hygiène, ou encore aide à la construction d’écoles).
Quelle dépense cette aide représente-t-elle chaque année ?
Lundi, la première ministre britannique a fait savoir qu’elle ne remettrait pas en cause la promesse de consacrer 0,7 % du revenu national à l’aide internationale au développement. Ce pourcentage a été inscrit dans la loi par la majorité conservatrice. Cela a représenté en 2016 près de 13,5 milliards de livres (plus de 15 milliards d’euros).
L’objectif de consacrer 0,7 % du revenu national à l’aide au développement avait été inscrit dans une résolution de l’ONU en 1970. Selon les Nations unies, en 2015, seuls cinq pays (Pays-Bas, Danemark, Luxembourg, Norvège et Suède), en plus de la Grande-Bretagne, atteignaient ou dépassaient ce chiffre de 0,7 %. En 2016 ils n’étaient plus que deux : le Royaume-Uni et l’Allemagne.

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A quels organismes ou pays cette aide bénéficie-t-elle ?
La BBC rapporte qu’en 2015 37 % des aides britanniques au développement ont été à destination d’organisations internationales, dont les Nations unies, et 63 % sont allées directement aux pays concernés.
Cette aide est accordée à de nombreux pays dans le monde entier. Dont un certain nombre de pays du Commonwealth. Des pays africains, comme l’Ethiopie, le Nigeria, la Sierra Leone, ou le Soudan du Sud, mais aussi asiatiques avec l’Inde et le Bangladesh, enfin des pays du proche et moyen orient avec la Syrie, le Pakistan et l’Afghanistan.
Et en France ?
En France l’aide publique au développement est gérée financièrement par l’Agence française de développement (AFD). L’objectif fixé en début d’année 2018 est d’y consacrer 0,55 % du revenu national brut (RNB) en 2022. La France a décidé de recentrer ses priorités sur l’aide bilatérale, et les contributions aux ONG vont être doublées d’ici à 2022.

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D’après une enquête pilotée par la direction générale du Trésor, l’aide publique au développement française s’élevait en 2016 à 8,7 milliards d’euros. Cela représentait 0,38 % de la richesse nationale cette année-là. Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait inscrit dans son programme un financement pour le développement à 0,7 % en 2030.
Le budget de l’aide au développement avait baissé de 140 millions d’euros en 2017, et n’avait augmenté que de 100 millions en 2018. Le niveau de 0,55 % n’a plus été atteint depuis 1995.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Guy Verhofstadt, ancien premier ministre belge, dénonce dans une tribune au « Monde » l’attitude des conservateurs européens qui viennent de refuser les listes transnationales aux élections européennes.
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Parlement européen : « Le coup d’Etat permanent » des conservateurs

Guy Verhofstadt, ancien premier ministre belge, dénonce dans une tribune au « Monde » l’attitude des conservateurs européens qui viennent de refuser les listes transnationales aux élections européennes.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 16h28
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 16h52
    |

Guy Verhofstadt (Président de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe au Parlement européen)







                        



                                


                            

Tribune. Dans l’article 3 de ses statuts, le Parti populaire européen (PPE) qui regroupe les partis nationaux de la droite conservatrice au sein de l’Union européenne (UE), se targue de « promouvoir le processus d’unification et d’intégration fédérale en Europe en tant qu’élément constitutif de l’Union européenne ». Que n’ont-ils appliqué leur propre précepte lors de la dernière session du Parlement européen à Strasbourg pour voter en faveur des listes transnationales ? Quelqu’un pourrait-il nous expliquer ce qui pourrait contribuer davantage à un « processus d’unification et d’intégration » de l’Union européenne que la création d’une démocratie paneuropéenne ?
Tous les cinq ans, les élections européennes s’apparentent en effet à une addition d’élections nationales, où l’Europe est un sujet secondaire, et au terme desquelles des citoyens, au demeurant de moins en moins nombreux, expriment leur mauvaise humeur à l’encontre de leur gouvernement du moment.
Nous proposions de créer une circonscription unique européenne pour un nombre restreint mais symbolique de députés, vingt-sept, soit autant que d’Etat de l’UE à cette date
On se demande bien d’ailleurs pourquoi ils se déplaceraient en masse puisque dans la foulée du scrutin, et dans le huis clos du Conseil européen, les chefs d’Etat et de gouvernement font sortir de leur chapeau souverain le nom du président de la Commission européenne. Aucun électeur, ou presque, n’en aura jamais entendu parler auparavant. Et c’est donc à juste titre qu’il aura ensuite l’impression de subir sa politique, sans avoir eu son mot à dire.
L’opacité de ce système était devenue si lourde à assumer politiquement que le Parlement européen était parvenu à imposer une novation lors des élections européennes de mai 2014 : le « Spitzenkandidät » [chef de fil]. Il était convenu que les partis politiques européens désigneraient chacun un champion dont la vocation était...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Le cofondateur de WikiLeaks vit reclus dans l’ambassade équatorienne de Londres depuis plus de cinq ans. En cas d’arrestation, il craint d’être extradé vers les Etats-Unis.
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La justice britannique maintient à nouveau son mandat d’arrêt contre Julian Assange

Le cofondateur de WikiLeaks vit reclus dans l’ambassade équatorienne de Londres depuis plus de cinq ans. En cas d’arrestation, il craint d’être extradé vers les Etats-Unis.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 16h20
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 16h43
   





                        



   


Julian Assange doit encore rester confiné dans l’ambassade équatorienne de Londres, dans laquelle il vit depuis plus de cinq ans. Mardi 13 février, la justice britannique a maintenu le mandat d’arrêt à son encontre : s’il met le pied dehors, le cofondateur de WikiLeaks risque l’arrestation immédiate.
L’Australien, âgé de 46 ans, a trouvé refuge dans cette ambassade en 2012, alors qu’il était recherché par la police suédoise pour des accusations de viol qu’il a toujours niées. L’an dernier, la justice suédoise a classé l’affaire, ce qui n’a pas pour autant suffi à débloquer sa situation. Julian Assange demeure, en effet, toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt britannique datant de 2012 : à cette époque, il n’avait pas respecté les conditions de sa liberté sous caution. Ses avocats estimaient que ce mandat n’a plus lieu d’être, puisqu’il est lié à la procédure suédoise. La juge, après avoir maintenu ce mandat en écartant le 6 février un premier argument purement juridique, n’a pas été sensible à la nouvelle démonstration des avocats de l’Australien. Ces derniers ont tenté de la convaincre que la santé fragile de l’Australien, une décision d’un organe de l’ONU contre sa détention ou encore ses offres de coopération avec les autorités suédoises justifiaient de lever le mandat. Sans succès.
La juge n’a pas non plus été sensible à des courriels internes au parquet britannique, obtenus par une journaliste d’investigation. Dans cette correspondance interne, on apprend que les autorités suédoises ont tenté en 2013 d’abandonner les poursuites contre Julian Assange. Une initiative qui n’a pas plu au parquet britannique qui a tout fait pour en décourager ses homologues suédois.
« [Julian Assange] est un homme qui veut imposer ses conditions à la justice, que ce soit dans cette juridiction ou en Suède. Il semble se considérer au-dessus des lois et ne réclame la justice que lorsqu’elle est en sa faveur », écrit la juge Emma Arbuthnot en conclusion de son jugement.
Si Julian Assange refuse depuis 2012 de sortir de l’ambassade, ce n’est pas parce qu’il craint de devoir rendre des comptes pour cette affaire de liberté sous caution, relativement mineure. Mais parce qu’il soupçonne les autorités britanniques de vouloir l’extrader vers les Etats-Unis. WikiLeaks avait publié en 2010 des milliers de documents secrets de l’armée américaine. En avril, le ministre de la justice américain, Jeff Sessions, avait assuré qu’arrêter Julian Assange était une « priorité » tandis que le directeur de la CIA avait qualifié WikiLeaks de « service de renseignement non étatique hostile, souvent soutenu par des acteurs étatiques comme la Russie ».

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                Le chef de la CIA s’en prend violemment à WikiLeaks



Contacté la semaine dernière par Le Monde, l’avocat belge de Julian Assange, Christophe Marchand, a souligné que la levée du mandat d’arrêt ne signifierait pas pour autant la fin des risques. Craignant un accord secret entre Washington et Londres, il affirme que Julian Assange ne sortira pas de l’ambassade sans avoir préalablement obtenu l’assurance des autorités britanniques qu’il ne sera pas arrêté en vue d’une extradition vers les Etats-Unis.
Nationalité équatorienne
En décembre, dans une énième tentative de débloquer la situation, Quito avait octroyé la nationalité équatorienne à Julian Assange, espérant que le Royaume-Uni accepterait de lui reconnaître un statut diplomatique – cela aurait pu lui permettre de quitter l’ambassade sans être arrêté. Ce qui lui a été refusé, et la police britannique en a même profité pour rappeler son intention d’arrêter Julian Assange s’il sortait de l’ambassade. En janvier, le président équatorien, Lenin Moreno, a déclaré que la présence de Julian Assange dans l’ambassade était un « problème hérité » de l’ancien président et représentait « plus qu’un tracas ».
Depuis, les avocats de Julian Assange soulignent ses problèmes de santé. Selon eux, le cofondateur de WikiLeaks n’a pas accès aux soins médicaux. Il souffrirait notamment de problèmes aux dents, à l’épaule, mais aussi de dépression.

        Lire nos explications :
         

          Comprendre la situation de Julian Assange en huit questions


Depuis la création de WikiLeaks et la divulgation des documents secrets de l’armée américaine, Julian Assange est devenu un personnage très controversé. La publication, pendant la campagne présidentielle américaine, de milliers d’e-mails dérobés au Parti démocrate avait déstabilisé une partie de ses soutiens. En diffusant ces documents, Julian Assange a, en effet, été accusé de faire le jeu de Donald Trump et de la Russie, dont les pirates sont soupçonnés d’être derrière le piratage de ces courriels. Julian Assange a toujours nié ces accusations et n’a jamais dévoilé l’origine de ces documents.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Le départ du ministre, proche du premier ministre Mark Rutte, fragilise la coalition au pouvoir aux Pays-Bas.
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Le chef de la diplomatie néerlandaise démissionne après avoir menti sur une réunion avec Poutine

Le départ du ministre, proche du premier ministre Mark Rutte, fragilise la coalition au pouvoir aux Pays-Bas.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 15h41
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 09h48
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Quelques semaines seulement après son entrée en fonction et à l’issue de plusieurs jours de polémiques, le ministre néerlandais des affaires étrangères quitte ses fonctions. Interrogé par le quotidien De Volkskrant, Halbe Zijlstra avait dû concéder qu’il avait menti : il n’a jamais assisté, ainsi qu’il le prétendait pourtant, à une réunion au cours de laquelle le président russe, Vladimir Poutine, aurait détaillé son projet de retour à une grande Russie qui inclurait les Etats baltes, l’Ukraine, le Kazakhstan et la Biélorussie.
La scène s’était, selon les propos tenus en 2016 par le ministre devant le congrès du parti au pouvoir, le Parti pour la liberté et la démocratie (VVD), déroulée dans une datcha de M. Poutine. C’était en 2006 et M. Zijlstra, alors collaborateur occasionnel de la société Shell pour les technologies de l’information et sans autre fonction politique que celle de conseiller municipal à Utrecht, avait, disait-il, pu suivre les conversations à l’arrière de la salle de réunion. Il s’en est tenu à cette version, notamment pour répondre aux critiques de la presse sur son manque d’expérience dans la diplomatie quand il a été nommé, en 2017, dans le troisième gouvernement de Mark Rutte, son collègue de parti.
Jeroen Van der Veer, qui dirigeait Shell en 2006, avait affirmé dès octobre que son ancien employé n’avait pas pu assister à la réunion avec M. Poutine. Il semblait peu vraisemblable, en effet, qu’un simple collaborateur ait été autorisé à prendre part, même passivement, à un débat à haute teneur politique, au cours duquel étaient aussi évoqués des contrats de plusieurs milliards d’euros.
Sous pression, les collaborateurs ministériels de M. Zijlstra ont d’abord tenté d’éluder les questions sur sa présence, puis ont suggéré que M. Van der Veer avait peut-être « oublié » certains détails. Une position devenue intenable quand d’autres cadres de Shell ont décrit comme « risible » l’éventuelle présence de leur collègue dans la datcha.
Tentatives de désinformation
M. Zijlstra a finalement dû admettre qu’il avait menti. Il l’aurait fait, à l’en croire, pour protéger sa source, laquelle lui avait raconté en détail les échanges entre M. Poutine et ses interlocuteurs néerlandais. Il aurait ensuite jugé que, compte tenu de leur portée, les propos du président russe devaient être répercutés.
Cette explication, aussi, est jugée douteuse. Car le PDG de Shell – qui était sans doute la « source » évoquée par le ministre – a indiqué au Volkskrant que les propos attribués à M. Poutine faisaient davantage référence à l’histoire qu’à l’avenir. Que le président évoquait en quelque sorte sa nostalgie de la grande Russie. Certes, poursuivait l’ancien patron de Shell, on pouvait en déduire que le président russe songeait à un regain d’influence pour son pays mais l’interprétation « dans un sens agressif » de M. Zijlstra dépassait largement le sens des propos tenus lors de la réunion.

        Lire notre analyse :
         

          La campagne permanente de Vladimir Poutine



Même s’il a tenté de se justifier en soulignant que la menace russe restait bien réelle, avec pour preuve l’annexion de la Crimée en 2014, la position de M. Zijlstra était devenue intenable. Trois formations d’opposition demandaient déjà sa démission, elle est intervenue à la chambre des députés, mardi après-midi. Le gouvernement n’y détient la majorité que d’une voix.

Le départ de M. Zijlstra, très proche du premier ministre, complique la position de la coalition au pouvoir, qui dénonce régulièrement les tentatives de désinformation auxquelles se livre la Russie. La Haye est, par ailleurs, toujours en conflit avec Moscou au sujet du crash de l’avion MH-17 de la Malaysia Airlines. L’appareil qui reliait Amsterdam à Kuala Lumpur s’était écrasé en Ukraine en juillet 2014, frappé par un missile de fabrication russe tiré, selon des conclusions provisoires du parquet néerlandais, d’une portion de territoire occupée par des séparatistes ukrainiens, soutenus par Moscou. Le bilan fut de 298 tués, dont de nombreux ressortissants néerlandais.
Les Pays-Bas reprochent à la Russie ses propos « injustes et inacceptables » sur l’enquête. M. Zijlstra devait d’ailleurs évoquer ce dossier avec son homologue russe Sergueï Lavrov, mercredi 17 février. La polémique l’a rattrapé avant.

Rejet d’une motion de défiance contre le premier ministre néerlandais
Les députés néerlandais ont rejeté par une grande majorité (avec 101 voix contre et 43 voix pour) une motion de défiance mardi 13 février contre le premier ministre Mark Rutte.
La motion de défiance avait été introduite par le député Geert Wilders du Parti pour la Liberté (PVV), qui avait jugé « inacceptable » que le premier ministre, à la tête d’une coalition très fragile, n’ait pas informé les députés du scandale autour de son ministre des affaires étrangères.
Mark Rutte s’est trouvé sous le feu des critiques après que son ministre a reconnu avoir menti, des députés lui reprochant de ne pas avoir immédiatement agi après avoir été mis au courant, il y a trois semaines, du mensonge de son plus fidèle ministre. « C’était une erreur de jugement de ma part » que de ne pas informer le Parlement à ce moment-là, a-t-il admis.
« Je ne pensais pas que cette affaire aurait une telle portée politique. J’ai sous-estimé l’impact de ce mensonge », a reconnu M. Rutte avant que le leader du PVV ne dépose la motion de défiance.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ L’opposant d’origine géorgienne Mikheïl Saakachvili a été expulsé vers la Pologne, le 12 février. Il a dénoncé un « kidnapping » des autorités ukrainiennes.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ L’ONG britannique fait face aux révélations d’une ex-dirigeante, qui a dénoncé l’existence d’une « culture d’abus sexuels au sein de certains bureaux ».
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L’ONG Oxfam visée par de nouvelles accusations portant sur des viols au Soudan du Sud

L’ONG britannique fait face aux révélations d’une ex-dirigeante, qui a dénoncé l’existence d’une « culture d’abus sexuels au sein de certains bureaux ».



Le Monde
 |    13.02.2018 à 14h42
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 09h42
   





                        



   


Les révélations d’Helen Evans, directrice de la prévention interne à Oxfam entre 2012 et 2015, ont alimenté, mardi 13 février, le scandale touchant l’organisation non gouvernementale britannique, dans le viseur du régulateur des organisations humanitaires. Mme Evans a dénoncé l’existence d’une « culture d’abus sexuels au sein de certains bureaux », faisant état de viols ou tentatives de viols au Soudan du Sud ou d’agressions sur des mineurs bénévoles dans des magasins tenus par l’ONG au Royaume-Uni.
Selon une enquête interne menée auprès de 120 personnes dans trois pays différents entre 2013 et 2014, entre 11 % et 14 % des personnels déployés avaient été victimes ou témoins d’agressions sexuelles.
« Comportements inappropriés »
Au Soudan du Sud, quatre personnes avaient été victimes de viols ou de tentatives de viols. « Cela concerne des agissements de salariés sur d’autres salariés. Nous n’avons pas réalisé d’enquête sur les bénéficiaires de nos programmes d’aide. Mais j’étais extrêmement inquiète de ces résultats », a-t-elle révélé sur Channel 4.
Dans un autre cas, l’agression d’un mineur par un adulte commise dans un magasin a donné lieu à des poursuites, a-t-elle révélé. Selon Channel 4, cinq cas de « comportements inappropriés » par des adultes sur des mineurs ont été relevé par Oxfam en 2012-2013, et sept l’année suivante.
Une réunion prévue pour soulever ces sujets avait finalement été annulée, Mark Goldring, le directeur général de l’ONG, estimant qu’il n’y avait « rien à ajouter » au rapport établi par Helen Evans. Cette dernière a aussi fait part de ses difficultés à obtenir plus de ressources pour mener à bien ces enquêtes.

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                L’ONG Oxfam touchée par un scandale sexuel qui fait tache d’huile au Royaume-Uni



Mark Goldring exclut de démissionner
Interrogé par la chaîne, Mark Goldring s’est excusé pour n’avoir « pas agi assez rapidement ». Mais il a assuré avoir pris la question « au sérieux ». « Nous avons répondu de différentes manières : par la vérification des faits, par la formation, par le développement d’une ligne d’assistance téléphonique », a-t-il affirmé. Il a exclu de quitter ses fonctions, sauf si le conseil d’administration lui en faisait la demande. Lundi, la directrice générale adjointe de l’ONG, Penny Lawrence, a démissionné, à la suite des révélations sur le recours à des prostituées et de potentiels abus sexuels par certains de ses agents en mission à Haïti et au Tchad.

        Lire aussi :
         

                Oxfam : la presse britannique parle d’un scandale sexuel « plus important que l’affaire Weinstein »



La Commission caritative, qui contrôle les organisations humanitaires au Royaume-Uni, a lancé lundi une enquête sur Oxfam, sur la réalité des agressions commises en Haïti et la réaction de la direction. La Commission suspecte Oxfam de n’avoir pas « divulgué complètement en 2011 des détails importants concernant ces allégations et sur sa gestion des incidents ».

Le président haïtien dénonce une « violation extrêmement grave »
Le président haïtien, Jovenel Moïse, a dénoncé le comportement de l’ONG britannique Oxfam à Haïti. « Ce qui s’est passé avec Oxfam en Haïti est une violation extrêmement grave de la dignité humaine », a tweeté M. Moïse tard lundi.
« Il n’y a rien de plus indigne et malhonnête qu’un prédateur sexuel qui utilise sa position dans le cadre de la réponse humanitaire à une catastrophe naturelle pour exploiter les personnes nécessiteuses dans leurs moments de grande vulnérabilité », a-t-il ajouté.
Les représentants de l’ONG à Haïti sont convoqués jeudi par le ministère de la planification et de la coopération externe afin de fournir des explications.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ La création des SBBS, nouveaux titres souverains pouvant être titrisés sur les marchés, diffuserait le risque financier plutôt que de le limiter, explique dans une tribune au « Monde » Jean-Michel Naulot, ancien membre du collège de l’Autorité des marchés financiers.
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Bientôt des « subprimes » dans la zone euro ?

La création des SBBS, nouveaux titres souverains pouvant être titrisés sur les marchés, diffuserait le risque financier plutôt que de le limiter, explique dans une tribune au « Monde » Jean-Michel Naulot, ancien membre du collège de l’Autorité des marchés financiers.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 13h48
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 13h52
    |

                            Jean-Michel Naulot (Ancien membre du collège de l’Autorité des marchés financiers)








                        



                                


                            

Tribune. Au début des années 2000, les investisseurs ont cru qu’avec la naissance de l’euro l’intégration financière allait progresser rapidement. Une obligation publique allemande serait désormais équivalente à une obligation française, italienne ou grecque. La Banque centrale européenne (BCE) elle-même se félicitait de cette évolution et plaidait avec vigueur en faveur de l’accélération d’un mouvement jugé inéluctable. Pendant de longues années, les taux allemands, français, espagnols ou grecs ont ainsi été proches les uns des autres.
Au cours de l’hiver 2010, le réveil a été difficile ! Les taux des obligations se sont écartés brutalement. Des bulles financières gigantesques ont éclaté, notamment en Espagne et en Grèce. Les investisseurs et les banques avaient eu le tort de croire les autorités monétaires. Ils ont découvert subitement que ces taux artificiellement bas avaient contribué au surendettement. Plus personne n’a voulu acheter d’obligations des pays périphériques.
Prêts à taux zéro aux banques
Face à la crise, la BCE a pris les choses en main. Sous la présidence de Jean-Claude Trichet, elle a acheté des obligations publiques pour calmer l’envol des taux. Sous la présidence de Mario Draghi, elle a prêté massivement à taux zéro aux banques, notamment espagnoles et italiennes, en théorie pour faciliter le crédit bancaire, en réalité pour leur permettre d’acheter de la dette et calmer les marchés. A partir de mars 2015, elle a déclenché une spectaculaire politique d’assouplissement quantitatif (« quantitative easing ») en achetant elle-même, et par le biais des banques centrales nationales, des dettes publiques.
A l’issue de toutes ces opérations, la BCE et les banques centrales nationales détiendront en septembre prochain, à l’issue du quantitative easing, 21 % des dettes publiques de la zone euro, un montant considérable si on compare ce chiffre aux 12 % que la Réserve fédérale américaine (FED)...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Et si la crise financière de 2008 n’était pas le résultat de la dérégulation, mais de l’informatisation ? Un livre passionnant propose une solution radicale : mettre fin aux banques, explique le correspondant du « Monde » à Londres, Eric Albert.
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« Il faut réinventer un système financier où les banques telles qu’elles existent aujourd’hui disparaîtraient »

Et si la crise financière de 2008 n’était pas le résultat de la dérégulation, mais de l’informatisation ? Un livre passionnant propose une solution radicale : mettre fin aux banques, explique le correspondant du « Monde » à Londres, Eric Albert.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 15h37
    |

            Eric Albert (@IciLondres)








                        



                                


                            
Lettre de la City. Il est des livres qui ouvrent soudain de nouvelles perspectives, remettant tout à plat. Le passionnant ouvrage de Jonathan McMillan, Pourquoi les banques vont disparaître, publié ce mercredi 14 février, est de ceux-là. La thèse de l’auteur : les banques, si utiles à l’ère industrielle, sont devenues impossibles à superviser à l’heure des technologies numériques et d’Internet ; les tentatives pour les contrôler, sans cesse plus lourdes et compliquées, sont vouées à l’échec ; il faut donc réinventer un système financier entièrement nouveau, décentralisé, où les banques telles qu’elles existent aujourd’hui disparaîtraient.
Derrière « Jonathan McMillan » se cachent de fait deux auteurs. Le premier est macro-économiste, Jürg Müller, désormais journaliste au quotidien suisse Neue Zürcher Zeitung. Le second est l’homme qui apporte vraiment sa crédibilité au livre : il travaille pour une grande banque européenne, et en a longtemps été un auditeur. En clair, non seulement il connaît la banque de l’intérieur, mais il est payé pour en superviser les mécanismes. Travaillant toujours pour cet établissement, son nom ne peut pas apparaître.
Les deux hommes, amis d’enfance qui s’étaient perdus de vue, se sont retrouvés un peu par hasard après la grande crise financière de 2008. « Nous étions tous les deux très déçus, témoigne Jürg Müller. En 2009, tout le monde disait qu’il fallait radicalement transformer le système financier, rapporte Jürg Müller. Mais finalement, rien n’a changé. »
La révolution numérique a tout chamboulé
De leur collaboration est sorti un livre, que les deux hommes ont initialement autopublié discrètement en anglais, en 2014. Petit à petit, l’ouvrage – ardu, mais jamais jargonneux – a fait son chemin, intriguant les économistes, les financiers, les banquiers centraux… Le voilà finalement traduit dans de nombreuses langues, dont le français.
Le postulat...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Les convoitises autour des ressources sous-marines sont un obstacle à la réunification de l’île.
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La Turquie bloque l’exploration de gisements de gaz au large de Chypre

Les convoitises autour des ressources sous-marines sont un obstacle à la réunification de l’île.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h13
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


La tension est montée d’un cran entre la République de Chypre et la Turquie, après que la marine turque a bloqué l’accès d’un navire italien à des gisements gaziers situés au large des côtes de l’île de la Méditerranée.
Tout a commencé vendredi 9 février, lorsqu’une plate-forme de forage affrétée par le géant italien de l’énergie ENI a été stoppée par des vaisseaux turcs qui lui ont ordonné de faire halte sous prétexte de « manœuvres militaires ». Lundi 12 février, la plate-forme était immobilisée à cinquante kilomètres de sa zone de forage au sud-est des côtes chypriotes, face à la marine turque déterminée à faire barrage.
« Nous essayons d’éviter tout ce qui pourrait aggraver la situation, sans ignorer le fait que les actions de la Turquie bafouent le droit international », a déclaré dimanche le président chypriote Nicos Anastasiades. Bien que tout à fait légitimes, les explorations gazières menées par la République de Chypre, en toute souveraineté dans sa Zone économique exclusive (ZEE), n’ont pas l’heur de plaire à Ankara. Dans un communiqué, le ministère turc des affaires étrangères a dénoncé les actions « unilatérales » de Chypre, qui spolient « les droits des Chypriotes turcs, copropriétaires de l’île, sur ses ressources naturelles », créant « un obstacle majeur à la solution du problème ».
Espoirs de réunification évanouis
L’île a été divisée en deux en 1974 lorsque l’armée turque, appelée en renfort face à un coup d’Etat orchestré par des nationalistes chypriotes grecs, a envahi la partie nord. Non reconnue par la communauté internationale, cette partie dépend de la Turquie qui la subventionne économiquement et maintient sur place 35 000 soldats. Ankara réclame la suspension de l’exploration tant qu’une solution ne sera pas trouvée. Or l’espoir de voir un jour l’île réunifiée s’est évanoui en juillet 2017 à Crans-Montana (Suisse), lorsque les dernières négociations menées sous l’égide de l’ONU se sont soldées par un échec.
L’incident autour des gisements n’est pas le premier du genre. En 2014, la Turquie avait dépêché un navire de recherche sismographique dans la zone, ce qui avait poussé Chypre à se retirer des négociations bicommunautaires en signe de protestation. Décrite parfois comme un possible catalyseur de la réunification, la découverte de gisements de gaz est devenue un obstacle.

   


Pour le moment, Nicosie joue la retenue. Nicos Christodoulides, le porte-parole du gouvernement, a indiqué mardi à la télévision chypriote RIK qu’il misait sur la fin des manœuvres militaires turques dans la zone, prévue pour le jeudi 22 février. Le gouvernement chypriote et ENI sont résolus à poursuivre l’exploration de gisements gaziers offshore jugés prometteurs.
La veille des manœuvres turques, l’italien ENI et le français Total avaient annoncé la découverte d’importantes réserves de gaz, a priori « d’excellente qualité », au large de Chypre. Associées pour l’exploitation, par 3 800 mètres de fond, du bloc 6, appelé Calypso, les deux majors doivent encore procéder à des évaluations.
Projets de gazoducs sous-marins
Treize blocs supposés riches en gaz ont été délimités au large de l’île. Ils excitent l’appétit des géants de l’énergie. La firme américaine Noble doit développer le bloc 12. La plate-forme d’ENI, interceptée vendredi, faisait route vers le bloc 3. ExxonMobil et Qatar Petroleum ont signé, l’an passé, un accord avec le gouvernement chypriote pour l’exploration du bloc 10. Ce gisement jouxte l’immense champ gazier égyptien de Zohr, découvert par ENI en 2015.
Une fois le gaz extrait, il faudra l’exporter, car les foyers chypriotes ne sont pas un débouché offrant un marché suffisant. D’ores et déjà, des projets de gazoducs et d’oléoducs sous-marins sont en discussion entre Chypre, l’Egypte et Israël. Or, Ankara a des relations compliquées avec ces deux derniers Etats. Il n’y a plus d’ambassadeur de Turquie au Caire depuis 2013 et réciproquement. Les relations avec Israël, bien que florissantes sur le plan commercial, sont mises à mal par les sorties enflammées du président Erdogan, proche du Hamas et chantre de la cause palestinienne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Après l’offensive de la Turquie contre les Kurdes syriens, les tensions entre l’Iran et Israël menacent l’édifice construit par le Kremlin pour imposer une solution en Syrie.
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L’alliance nouée en Syrie par la Russie avec la Turquie et l’Iran est fragilisée

Après l’offensive de la Turquie contre les Kurdes syriens, les tensions entre l’Iran et Israël menacent l’édifice construit par le Kremlin pour imposer une solution en Syrie.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 10h59
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

L’apparition de nouvelles tensions sur le théâtre syrien entre Israël et l’Iran, soutenu par les forces de Bachar Al-Assad, place Moscou dans une délicate position. D’un côté, la Russie entretient des relations étroites avec Israël, de l’autre elle n’a ni les moyens ni l’envie de rompre l’alliance conclue avec l’Iran pour maintenir le régime de Damas en place. Cette équation a rendu les autorités russes quasi muettes depuis l’opération aérienne israélienne, samedi 10 février, en Syrie.
Dans les heures qui ont suivi, Moscou a seulement fait part de sa « grande préoccupation ». « Nous demandons à toutes les parties impliquées de faire preuve de retenue. (…) Il est nécessaire de respecter la souveraineté et l’intégrité de la Syrie et d’autres pays de la région », a réagi le ministère des affaires étrangères dans un communiqué, ajoutant : « Il est absolument inacceptable de menacer la vie et la sécurité des soldats russes qui se trouvent dans la République syrienne arabe à la demande du gouvernement légitime. »
Aucune référence à l’intrusion d’un drone attribué à l’Iran sur le territoire israélien depuis la Syrie qui a justifié, aux yeux de Tel-Aviv, des frappes de représailles ; aucune condamnation pour l’avion de chasse F-16 israélien abattu en riposte par des tirs de la défense aérienne syrienne.
Le soir même, joint par téléphone par le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, Vladimir Poutine se contentait de plaider d’éviter toute nouvelle confrontation « dangereuse pour le monde entier ». M. Nétanyahou a fait plusieurs fois le trajet jusqu’à Moscou pour mettre en garde le chef du Kremlin contre « l’influence grandissante » de son ennemi juré, l’Iran, en Syrie.
Nouveau coup dur
Le 29 janvier, moins de deux semaines avant la dernière montée des tensions, le premier ministre israélien était même venu avec des cartes en main attestant, selon Tel-Aviv,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Coutumier des polémiques, le secrétaire d’Etat à l’asile et la migration reste incontournable dans le gouvernement belge.
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Theo Francken, le Flamand antimigrants

Coutumier des polémiques, le secrétaire d’Etat à l’asile et la migration reste incontournable dans le gouvernement belge.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 10h33
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Theo Francken blanchi, une fois encore. Et un peu plus populaire, sans doute. Vendredi 9 février, le gouvernement de Charles Michel a sorti de sa manche un rapport du Commissariat général belge aux réfugiés et apatrides (CGRA) : il juge qu’aucune « certitude ou précision absolues » ne peuvent être avancées quant aux mauvais traitements et tortures qu’auraient subis des migrants soudanais renvoyés de Bruxelles vers leur pays.
Une ONG, le Tahrir Institute for Middle East Policy, avait évoqué cette affaire en décembre dernier. Elle semblait d’autant plus embarrassante pour le secrétaire d’Etat à l’asile et la migration – et l’ensemble du gouvernement fédéral – que M. Francken avait reçu en Belgique des agents du régime dictatorial de Khartoum chargés d’« identifier » ces migrants. Hervé Hasquin, historien réputé et membre du même parti que M. Michel, osera, à l’époque, la comparaison avec Pétain et Laval « se débarrassant des juifs qui avaient fui l’Allemagne pour les rendre à Hitler ». 

De nombreux officiels belges n’ont, en réalité, jamais vraiment cru aux allégations de torture, et l’enquête « internationale » évoquée par M. Michel pour éteindre l’incendie n’a pas vraiment eu lieu. Le CGRA n’a pas envoyé de mission au Soudan, souligne en tout cas le député centriste Francis Delpérée, tandis que la Ligue belge des droits de l’Homme en appelle, en vain, à une enquête de l’ONU.
« Il joue les durs, mais il ne l’est pas totalement et déteste notamment être décrit comme un xénophobe », estime un député de la majorité
Koert Debeuf, le directeur du Tahrir Institute, maintient, lui, ses accusations, mais la majorité parlementaire ainsi qu’une partie de l’opposition se satisfont d’un rapport qui, en réalité, souligne que s’il n’existe aucune certitude quant aux mauvais traitements subis par les expulsés, il n’établit pas non plus « avec certitude » que les faits mentionnés « n’ont...




                        

                        

