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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Les autorités, qui ont entrepris un programme d’amnisties, ont également abandonné les charges contre deux blogueurs critiques du gouvernement.
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Compte rendu

En Ethiopie, un journaliste et un opposant libérés

Les autorités, qui ont entrepris un programme d’amnisties, ont également abandonné les charges contre deux blogueurs critiques du gouvernement.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-02-14T18:02:30+01:00"

        Le 14.02.2018 à 18h02






    
Des partisans de Bekele Gerba célèbrent la libération du secrétaire général du Congrès fédéraliste oromo (opposition), à Adama, en Ethiopie, le 13 février 2018.
Crédits : Tiksa Negeri / REUTERS


Les autorités éthiopiennes ont libéré, mercredi 14 février, un journaliste et un responsable d’opposition dans le cadre d’un programme d’amnisties et de libérations de prisonniers. Elles ont également abandonné les charges contre des blogueurs critiques du gouvernement.

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Le journaliste Eskinder Nega et l’opposant Andualem Arage ont quitté une prison d’Addis-Abeba sous les regards d’une centaine de personnes venues les saluer, a constaté un journaliste de l’AFP. « La lutte doit continuer, a notamment déclaré M. Andualem. Il faut que la situation s’améliore pour nous tous, les rayons de la démocratie doivent briller sur l’Ethiopie. »
MM. Andualem et Eskinder avaient été condamnés respectivement à perpétuité et à dix-huit ans de prison, en 2012, dans le cadre de la législation antiterroriste éthiopienne. Ils avaient été accusés d’être liés à un groupe d’opposition exilé aux États-Unis, Ginbot 7, considéré comme une organisation terroriste par le régime éthiopien. En 2013, les États-Unis s’étaient dits « profondément déçus » quand la Cour suprême fédérale avait confirmé la condamnation des deux hommes.
« Améliorer le consensus national »
La loi sur le terrorisme est régulièrement dénoncée comme trop vague par les organisations de défense des droits humains, selon qui les autorités éthiopiennes l’utilisent pour étouffer l’opposition politique et la liberté de la presse.
Amnesty International a salué la libération de MM. Andualem et Eskinder, survenue au lendemain de celle d’un des principaux responsables de l’opposition, Bekele Gerba, tout en appelant le gouvernement à libérer plus de prisonniers politiques. « Les autorités doivent aussi prendre des mesures pour réformer le système judiciaire sous lequel les détentions arbitraires et les tortures de dissidents ont pullulé », a déclaré Sarah Jackson, directrice adjointe de l’ONG pour l’Afrique de l’Est.

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Ces dernières semaines, les autorités éthiopiennes ont libéré des centaines de prisonniers et abandonné des poursuites, à la suite de la promesse faite par le premier ministre, Hailemariam Desalegn, le 3 janvier, de libérer un certain nombre d’hommes politiques pour « améliorer le consensus national ».
Promesse de réformes
Mercredi, le parquet éthiopien a renoncé à poursuivre deux blogueurs critiques du gouvernement, Befekadu Haile et Natnael Feleke, qui étaient inculpés d’incitation à la violence, a affirmé un membre de leur collectif. Ce dernier, Atnafu Berhane, a assuré que le juge avait aussi annoncé que les charges retenues contre lui seraient abandonnées.
Ces libérations, ainsi que des discussions en cours avec certains partis d’opposition et la récente promesse de réformes, s’inscrivent dans un contexte difficile pour la coalition au pouvoir, au sein de laquelle des fractures sont apparues dernièrement.

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De nombreux opposants avaient été arrêtés à partir de fin 2015 dans le cadre de la répression des plus importantes manifestations antigouvernementales en Ethiopie depuis vingt-cinq ans, qui avait fait au moins 940 morts, selon la Commission éthiopienne des droits de l’homme, liée au gouvernement. Le calme n’était revenu qu’avec l’instauration de l’état d’urgence entre octobre 2016 et août 2017, même si d’occasionnelles manifestations ont encore lieu dans la région Oromia.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Si le patinage attire les Coréens, les épreuves sur neige ne font pas recette, si ce n’est auprès d’Européens ayant fait le déplacement. Souvent des proches des athlètes.
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JO 2018 : A Pyeongchang, on skie (surtout) devant sa famille

Si le patinage attire les Coréens, les épreuves sur neige ne font pas recette, si ce n’est auprès d’Européens ayant fait le déplacement. Souvent des proches des athlètes.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 17h34
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 17h49
    |

            Clément Martel et 
Clément Guillou








                        


Pardonnez cet excès d’orgueil, mais je suis l’une des rares personnes à avoir assisté en direct au troisième titre olympique de Martin Fourcade. Et au premier titre de Marcel Hirscher. Car oui, je ne sais pas si ça se voit à la télé, mais ça se voit en vrai : dès lors qu’un peu de neige est de la partie, il n’y a plus personne pour aller voir les épreuves des Jeux olympiques de Pyeongchang.

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Le travelling sur la ligne droite d’arrivée d’Eric Frenzel, vainqueur de la première épreuve de combiné nordique mercredi après-midi, était d’ailleurs assez éloquent : ce n’est qu’à 100 mètres de la ligne que les sièges commençaient à se remplir.
Dans un sens, on les comprend, et Martin Fourcade aussi : « C’est une compétition qui se court à 21 heures le soir par moins 15 degrés, je connais beaucoup de passionnés de biathlon qui n’auraient pas mis le nez dehors ! »
Je confirme : j’adore le biathlon, et je n’ai mis le nez dehors que lorsqu’il n’y avait plus le choix et qu’il fallait bien justifier ma présence en Corée du Sud.

   


De fait, les tribunes de ski nordique et de ski alpin – pour ce qu’on en a vu, c’est-à-dire une épreuve – sont largement clairsemées et occupées très majoritairement par des Européens et des Américains. J’ai cru voir que la réalisation filmait dès que possible des Asiatiques dans les tribunes : qu’on ne s’y trompe pas, les locaux n’ont pas soudainement chopé le virus du ski malgré les efforts de Timofei Lapshin, le Russe sous pavillon coréen qui se bat tant qu’il peut pour donner envie à ses nouveaux compatriotes de venir le voir au biathlon (16e du sprint et 22e de la poursuite).
Autant de frères Fourcade que de spectateurs coréens
Les organisateurs avaient prévu le coup, en installant des tribunes de modeste ampleur : entre 2 500 et 4 500 places assises pour les sites de ski alpin et de biathlon, l’équivalent d’une petite manche de Coupe du monde.
Au vrai, le soir de la victoire de Martin Fourcade, il y avait sans doute autant de frères du vainqueur que de Sud-Coréens : deux. Et aussi ce bonhomme absolument impassible avec chapka et drapeau soviétiques, de loin le meilleur spectateur de ces JO.

Incontestablement LA photo de ces Jeux jusqu'à présent. Le mec s'est pointé une heure après l'arrivée de la poursui… https://t.co/gmn427Fu2q— JeuneGuillou (@Clément Guillou)


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Sur la route d’Alpensia, qui distribue les sites de ski nordique, l’on croise davantage de bénévoles et de personnes accréditées, ce qui renforce l’impression d’une compétition organisée pour les téléspectateurs et les journalistes.
Il faut dire que les conditions ne sont pas idéales, en particulier pour les épreuves nocturnes. Le délire consiste tout de même à passer une bonne heure assis dans un froid sibérien, à plisser des yeux pour tenter de voir les cibles tomber et à regarder les biathlètes skier sur un écran géant (sur la neige, mais c’est bien l’écran géant qu’il faut regarder, vous voyez ce que je veux dire). Le tout par – 20 degrés ressentis. Ce qui ne peut s’expliquer que par un amour féroce de la « cara », du « tour de péna » ou du « cordon », ou par une relation de famille avec l’un des intéressés, ce qui est – on le soupçonne – souvent le cas.
Exemple : Megan, 35 ans, croisée au ski de bosses et membre de l’armada américaine venue encourager Tess Johnson. Portant le « E » de Tess (concluons-en que le groupe était au moins au nombre de douze), elle explique « être venue du Colorado soutenir son amie ». Mais admet ne pas s’intéresser plus que ça à la compétition.
« 84 % des billets ont été vendus »
Par conséquent, la foule s’est éclaircie au fur et à mesure de l’avancée de la compétition, ce qui n’a strictement aucun sens. Mais s’explique par le fait que les spectateurs quittent l’arène après le passage de leur favori, officiellement pour le consoler, officieusement pour se mettre à l’abri du froid.

   


Ces tribunes clairsemées ne sont une surprise pour personne, surtout pas pour les organisateurs et le Comité international olympique qui s’alarmaient il y a six mois des ventes difficiles. Une brève liste de raisons à cela :
les Sud-Coréens, dans l’ensemble, ne skient pas, et les rares qui aiment ça vont au Japon pour le faire ;Il n’y a pas un Sud-Coréen qui ait la moindre chance de médaille dans ces compétitions ;Les quelques logements dans la station d’Alpensia, centre des sports de neige, sont inaccessibles, et les tarifs ont aussi explosé depuis un an à Gangneung, où se déroulent les sports de glace ;Pour les Européens, cela fait loin et cher ;Les Américains, traditionnels pourvoyeurs de spectateurs aux Jeux, n’ont pas forcément été rassurés par le contexte politique trois mois auparavant ;Les billets sont comme d’habitude hors de prix : 160 000 wons pour la descente féminine, soit 120 euros (40 000 wons pour les vétérans de guerre sud-coréens, mais on n’en a pas vu tant que ça sur le combiné). Et 120 000 wons (90 euros) pour les qualifications du Big Air : on n’est pas loin de l’escroquerie en bande organisée.
C’est avec ces images en tête qu’il faut se rendre aux conférences de presse du comité d’organisation où, chaque matin, le porte-parole du comité d’organisation récite des chiffres de fréquentation s’apparentant à ceux d’une élection présidentielle kazakhe.
J’y étais lundi : « Le total des ventes montre que 84,3 % des billets ont été vendus. Sur les épreuves d’aujourd’hui, nous sommes à 94,2 % de billets vendus. »
Personne n’a ri : le contexte ne s’y prêtait pas.
Toujours selon l’organisation, un peu plus d’un billet sur cinq est vendu à des étrangers, ce qui semble peu. Mais beaucoup plus réaliste si l’on parle de l’ensemble des billets, à la fois ceux vendus et ceux distribués.
Folie au short-track

   


Certains événements affichent réellement complets, notamment à Gangneung, plus de 200 000 habitants. Les Coréens s’intéressent relativement au patinage de vitesse et au patinage artistique, et les Néerlandais et Russes les aident à remplir les salles. Le hockey sur glace, guère populaire en Corée, a bénéficié du buzz autour de l’équipe unifiée pour remplir la petite patinoire à plusieurs reprises, même si des sièges vides apparaissaient tout de même. « J’ai vu des sièges vides moi aussi, reconnaissait le porte-parole du POCOG. Peut-être que des spectateurs regardaient le match dans les coursives, sur les écrans. Ce n’est pas bien d’avoir des sièges vides, d’autant plus s’ils sont filmés par la télévision. Nous essayons de trouver une solution et quand les sièges seront vides, nous y mettrons dorénavant des bénévoles. » Les bonnes recettes ne meurent jamais.
Il n’y aura pas toujours besoin de remplir les trous dans ces Jeux olympiques. Ainsi la patinoire de short-track affiche-t-elle invariablement complet, offrant une ambiance incomparable et un vacarme de tous les diables dès qu’un Sud-Coréen pose un patin sur la glace. Lorsqu’une décision d’un arbitre lui déplaît, le public sud-coréen ne hue pas mais émet un sifflement lancinant et corrosif pour les tympans.
Les épreuves de ski et de snowboard n’ont pas fait le plein tous les jours, mais c’était le cas pour le half-pipe masculin, où la star Shaun White a attiré du monde.
Réactions déroutantes

   


Le Phoenix Snowpark de Bokwang s’est rempli comme jamais depuis le début des JO, générant quelques situations cocasses. Notamment en termes de canalisation de la foule (n’exagérons rien, plusieurs milliers de personnes, mais rien à voir avec un RER en heure de pointe). On a alors percé l’un des grands mystères de ces Jeux : le nombre de volontaires au mètre carré. En fait, ils ont été prévus pour des cas d’affluence maximale.
La plupart du temps cantonnés à un rôle d’hôte d’une politesse extrême (« helloooooo » et « byyyyyye », sourire et signe de main qui vont bien), chaque bénévole tente de trouver sa place dans l’organisation globale. Qui tient une barrière pendant une dizaine d’heures pour s’assurer que personne ne la franchit, qui fait le planton armé d’une matraque luminescente.
Evidemment, qui dit tribunes remplies dit tribunes néophytes, puisque si l’on devait rassembler toutes les personnes capables de différencier un « double mctwist 1260 » d’un « frontside double cork 1440 », on n’aurait jamais rempli lesdites tribunes. Du coup, les réactions sont plutôt déroutantes.
On en retient que les speakers doivent déployer d’immenses efforts pour arracher au public sud-coréen, peut-être engourdi par le froid, quelques encouragements. Ces derniers, quand ils viennent, nous ramènent aux novilladas landaises plutôt qu’aux Winter X-Games : « ooooolé », « whooaaa », « olllllllaaaaa » !
Bon, l’ensemble manquait un peu de bandas.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ L’organisation compte 40 000 employés permanents dans le monde. Elle a reçu 146 plaintes ou alertes en 2017, dont 24 étaient des cas de harcèlement ou d’abus sexuel.
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L’ONG Médecins sans frontières confrontée à 24 cas de harcèlement ou d’abus sexuels en 2017

L’organisation compte 40 000 employés permanents dans le monde. Elle a reçu 146 plaintes ou alertes en 2017, dont 24 étaient des cas de harcèlement ou d’abus sexuel.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 17h09
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 17h28
   





                        



   


Dans le sillage du scandale Oxfam, ONG visée par des accusations de viols lors de missions de terrain, c’est tout le secteur humanitaire qui est ébranlé. L’ONG Médecins sans frontières (MSF) a annoncé, mercredi 14 février, avoir été confrontée à plusieurs cas de harcèlement ou d’abus sexuels en 2017 au sein de son organisation.
Faisant état de 146 plaintes ou alertes reçues par sa direction, l’organisation, qui compte 40 000 employés permanents dans le monde, a expliqué, dans un communiqué, que « 40 cas ont été identifiés comme des cas d’abus ou de harcèlement au terme d’une investigation interne ». Sur ces 40 cas, « 24 étaient des cas de harcèlement ou d’abus sexuel », a précisé MSF, ajoutant que 19 personnes impliquées dans ces agressions ont été licenciées. « Dans les autres cas, les employés ont été sanctionnés par des mesures disciplinaires ou des suspensions », précise le communiqué.
Des abus sous-rapportés, reconnaît l’ONG
Selon MSF, les 24 cas signalés n’incluent toutefois pas « les cas directement gérés par les équipes sur le terrain et non signalés au siège » opérationnel à Paris. Le nombre effectif de cas de harcèlement ou d’abus sexuels peut donc être potentiellement plus élevé.
« Bien que les signalements d’abus soient en augmentation régulière, MSF est consciente que les abus en son sein sont sous-rapportés », reconnaît l’association.
Médecins sans frontières est une association médicale humanitaire internationale, créée en 1971 à Paris par des médecins et des journalistes. Elle intervient dans les zones touchées par des conflits, épidémies ou catastrophes naturelles.
L’association, qui assure son indépendance en tirant ses ressources quasi exclusivement de dons privés est présente dans 71 pays et notamment en Irak, au Yémen, en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud. L’association a reçu le prix Nobel de la paix en 1999.
MSF dévoile ces chiffres au moment où le secteur humanitaire est secoué par une onde de choc, provoquée par des révélations sur l’ONG britannique Oxfam.

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Avant Oxfam, le monde de l’humanitaire avait déjà été touché par plusieurs scandales similaires. Des affaires impliquant des casques bleus des Nations unies ont notamment été dévoilées au début des années 2000 au Népal, en République centrafricaine, en Haïti, en République démocratique du Congo ou encore en Côte d’Ivoire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le chef de l’Etat a annoncé qu’il ne démissionnerait pas, alors qu’une motion de défiance doit être votée jeudi au Parlement.
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Récit

Sur le point d’être démis, Jacob Zuma menace l’Afrique du Sud en direct

Le chef de l’Etat a annoncé qu’il ne démissionnerait pas, alors qu’une motion de défiance doit être votée jeudi au Parlement.

Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant régional)
    



LE MONDE
              datetime="2018-02-14T16:54:33+01:00"

        Le 14.02.2018 à 16h54






    
Des clients d’un bar regardant le président sud-africain, Jacob Zuma, s’exprimer à la télévision publique, le 14 février 2018, à Pretoria.
Crédits : PHILL MAGAKOE/AFP


Voilà une interview. En réalité un étrange monologue face à un journaliste emprunté et écrasé par les circonstances, qui restera dans les annales de la télévision sud-africaine. Mercredi 14 février, en ce jour de la Saint-Valentin, Jacob Zuma, qui devrait être, d’ici quelques heures, démis de ses fonctions par une motion de défiance initiée par l’opposition mais soutenue – du jamais-vu – par son propre parti, a décidé de menacer son pays en direct sur la chaîne publique SABC.
Le chef de l’Etat devait faire une déclaration le matin, dans un cadre nettement plus formel, à la présidence, afin de réagir à l’annonce, la veille, de son « rappel » par le Congrès national africain (ANC), qui équivaut à une demande polie de quitter ses fonctions. Mais, à l’heure dite, pas de Jacob Zuma ni de déclaration.

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Dans l’intervalle, la police menait un raid retentissant au domicile et dans les bureaux de ses alliés, les frères Gupta, saisissant du matériel et arrêtant notamment l’un de ces hommes d’affaires soupçonnés d’être les cerveaux de l’opération de mise à sac des ressources publiques instaurée pendant les deux mandats de M. Zuma, avec la complicité active de ses propres enfants.
Cette opération a dû sonner comme une ultime menace pour un président en sursis. Jeudi, les députés de l’ANC et de l’opposition voteront de manière identique, et dans la joie, pour mettre fin à ses fonctions, puis on élira aussitôt son rival, Cyril Ramaphosa, comme chef de l’Etat, et Jacob Zuma sera nu, exposé désormais à des poursuites judiciaires.
Il ne « comprend rien » à ce que veut l’ANC
Ce mercredi, en début d’après-midi, surprise. Le président apparaît à la télévision, sans être annoncé. Le voici en chemise, décontracté, expliquant qu’il ne « comprend rien » à ce que veut l’ANC, qu’on ne lui a rien dit. La bonne foi incarnée, et outragée. Les détails de sa démonstration ne sont pas faciles à suivre, mais le raisonnement prend un tour attendu. Il demande du temps, quelques mois, se propose dans l’intervalle de se consacrer à une tâche importante, celle de présenter Cyril Ramaphosa à ses pairs, ceux du continent, de ses institutions, mais aussi ceux des Brics (acronyme désignant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, cinq pays qui se réunissent chaque année en sommet).

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« Je connais l’Afrique, je connais les Brics », se rengorge l’homme que ses derniers alliés, même les plus proches au sein du parti, ont lâché ces derniers jours. Son ministre des finances, Malusi Gigaba, un habitué du manoir des Gupta au temps de leur splendeur (il a veillé à leur obtenir la nationalité sud-africaine), a affirmé publiquement son souhait de le voir démis. Son ex-épouse et mère de ses enfants, Nkosazana Dlamini-Zuma, qu’il voulait voir lui succéder pour le protéger, justement, des poursuites judiciaires qui s’accumulent dans son ciel comme un orage, a elle aussi pris froidement ses distances, soutenant la décision de l’ANC de rappeler Jacob Zuma.
Mais un rappel, ça se refuse : le chef de l’Etat vient de le prouver. Il sera balayé, donc, par la motion de défiance, perdant au passage sa chance de sortir en douceur, avec les honneurs et les politesses infinies de l’ANC, qui cherche à sauver les apparences.
« Des gens ne vont pas être contents »
Quel est donc le plan de Jacob Zuma ? Ses proches, il y a encore peu de temps, disaient qu’il avait des « dossiers » explosifs sur ses ennemis au sein de l’ANC. On ignore toujours lesquels. Le chef de l’Etat, en exercice pour quelques heures encore, supplie maintenant qu’on lui laisse du temps, plus de temps, encore du temps. On ne sait s’il tente un dernier coup de poker ou s’il est en train de perdre le sens des réalités, comme il se perd en direct dans une explication laborieuse, interminable, pour expliquer qu’au fond, il n’a « rien à se reprocher ».

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C’est vers la fin de cet étrange moment de politique nationale et de télévision qu’il prononce, soudain, des mots qui comptent : s’il était démis demain, « ils vont le regretter, parce que des gens ne vont pas être contents ». Le spectre d’une tentative de chamboulement de la situation par le chaos vient de ressurgir.
Personne ne sait avec certitude s’il peut compter sur des gros bras, certains armés, dans la province du KwaZulu-Natal, pour défendre leur « frère zulu ». Cette menace plane depuis des semaines, alimentant les fantasmes. Elle n’est pas étayée par des faits. On a cité divers groupements (notamment le groupe Amabutho e-Sizwe SamaZulu) comme les viviers possibles d’individus n’ayant pas froid aux yeux et capables de violences.
Mais contre qui ? Contre quoi ? Tout ceci est nébuleux, sans doute destiné à être emporté par le vent de l’histoire de cette fin de règne. Mais cette menace en direct, alors que tout le pays attendait les mots de Jacob Zuma, c’est une chose que nul, en Afrique du Sud, n’est près d’oublier.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ 85 000 sociétés impliquées dans l’enquête ont été ajoutées à cette base de données ouverte sur les paradis fiscaux par le Consortium international des journalistes d’investigation.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

« Paradise Papers » : des dizaines de milliers de sociétés offshore rendues publiques dans la « Offshore Leaks DataBase »

85 000 sociétés impliquées dans l’enquête ont été ajoutées à cette base de données ouverte sur les paradis fiscaux par le Consortium international des journalistes d’investigation.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 16h25
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 16h43
    |

            Maxime Vaudano et 
Jérémie Baruch








                        



   


Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) continue son combat pour davantage de transparence dans le monde de la finance offshore : il a ajouté, mercredi 14 février, 85 000 sociétés, ainsi que 110 000 actionnaires et administrateurs, issus de l’enquête « Paradise Papers », dans sa « Offshore Leaks Database ». Cette énorme base de données des paradis fiscaux, établie grâce aux différentes fuites de données auxquelles l’ICIJ a eu accès – « Offshore Leaks » et « Panama Papers » notamment – contient désormais plus de 785 000 sociétés écrans, trusts et fonds, liés à presque autant d’administrateurs et d’actionnaires de ces entités offshore.
En novembre et en décembre 2017, l’ICIJ avait déjà mis en ligne un premier lot de données extraites des « Paradise Papers », provenant de la base interne du cabinet d’avocats Appleby et des registres du commerce de quatre paradis fiscaux caribéens (La Barbade, Bahamas, Aruba et Saint-Christophe-et-Niévès). Les nouvelles données publiées aujourd’hui par le consortium émanent des îles Cook, Samoa et de Malte, et courent jusqu’à la fin 2016.

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Favoriser la transparence
En mettant ces informations d’intérêt public à la disposition de tous, l’ICIJ entend favoriser la transparence sur des structures offshore souvent prisées pour leur opacité, dans des juridictions caractérisées par leur discrétion. Bien qu’incomplète et incapable de lever totalement le voile du secret, cette base de données vise à aider journalistes, chercheurs et citoyens à rechercher les bénéficiaires effectifs des montages économiques passant par les paradis fiscaux.
Les îles Samoa ont un registre du commerce relativement ouvert – où l’on peut rechercher gratuitement le nom d’une société ou d’un actionnaire –, mais c’est loin d’être le cas pour les îles Cook, Etat souverain associé à la Nouvelle-Zélande. En effet, nul registre en ligne n’y est disponible, tandis que les tribunaux locaux ignorent fréquemment les demandes d’informations de juridictions étrangères, notamment en matière de détention d’actifs.
Malte, centre offshore au cœur de l’UE
Quant à Malte, le plus petit pays de l’Union européenne, il est dans les radars de nombreuses associations depuis de nombreuses années, mais aussi – plus récemment – dans le viseur de nombreux parlementaires européens. L’île, au centre de plusieurs enquêtes journalistiques découlant, entre autres, des « Paradise Papers », est accusée d’être un important centre offshore au cœur de l’Union européenne, attirant notamment les actifs grâce un important rabais fiscal.

        Lire notre enquête :
         

          Le petit monde confiné de Malte s’accommode des scandales



Malte possède bien un registre du commerce en ligne, dans lequel un internaute peut rechercher une société. Mais à l’instar de nombreux registres, on ne peut s’enquérir que du nom des sociétés : ni les actionnaires ni les administrateurs ne sont directement accessibles. C’est pourtant, selon de nombreuses ONG spécialisées dans la fraude fiscale, l’une des conditions sine qua non vers plus de transparence financière. « Offshore Leaks Database » permet de pallier cet écueil en créant un réseau interrogeable de nœuds et de liens qui montrent d’un coup d’œil les relations entre les différentes sociétés écrans, administrateurs et autres bénéficiaires économiques, et ce, quelles que soient les juridictions.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ L’indice des prix à la consommation a augmenté en janvier de 0,5 % par rapport au mois précédent, après avoir progressé de 0,2 % en décembre. C’est plus que ce qu’attendaient les économistes.
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La hausse modérée des prix se confirme aux Etats-Unis

L’indice des prix à la consommation a augmenté en janvier de 0,5 % par rapport au mois précédent, après avoir progressé de 0,2 % en décembre. C’est plus que ce qu’attendaient les économistes.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 16h08
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 16h26
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


Les tensions inflationnistes se confirment aux Etats-Unis, même si elles restent modérées. L’indice des prix à la consommation a augmenté en janvier de 0,5 % par rapport au mois précédent, selon les statistiques publiées, mercredi 14 février, par le département du travail, après avoir progressé de 0,2 % en décembre.
Si l’on exclut l’énergie et l’alimentation, les prix ont progressé de 0,3 % comparé à 0,2 % en décembre. C’est plus que ce qu’attendaient les économistes interrogés par le Wall Street Journal, qui tablaient sur 0,4 % (0,2 % hors énergie et alimentation).
Sur un an, l’inflation reste inchangée par rapport au mois de décembre, à 2,1 % (1,8 % hors énergie et alimentation). C’est là aussi un peu plus que les attentes des économistes.
Dans ce contexte, les marchés craignent un durcissement plus rapide qu’attendu de la politique monétaire et une hausse des taux d’intérêt.
Dans la foulée de la publication de ces chiffres, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans s’est brusquement tendu, passant de 2,82 % à 2,878 %. Le dollar, plus attractif, s’est raffermi, l’euro qui cotait 1,235 dollar dans la matinée passant sous la barre de 1,23 dollar.
L’indice Dow Jones reculait sur les marchés à terme, mercredi matin, mais de façon modérée (– 0,85 %).
Les yeux rivés sur la Réserve fédérale et son nouveau président
Les marchés, qui progressaient à un rythme de métronome depuis l’élection de Donald Trump, sont entrés dans une phase de volatilité au début du mois de février, lorsqu’il est apparu que la hausse des salaires américains s’accélérait enfin, au bout de huit ans de croissance, avec une progression en janvier de 2,9 % contre 2,5 % le mois précédent.
Cette annonce a déclenché une relecture de la situation économique, les opérateurs craignant une compression des marges des entreprises et surtout un resserrement du crédit qui aurait un double effet : rendre l’argent moins facile et réduire la valeur des entreprises, celle-ci étant fonction des taux d’intérêt.
Pour compliquer l’affaire, le Congrès et Donald Trump ont ouvert les vannes du déficit budgétaire, qui devrait approcher les 5 % du PIB en 2019 alors que l’économie américaine est en pleine croissance.
Les yeux sont rivés sur la Réserve fédérale et son nouveau président Jerome Powell, qui présidera à partir du 21 mars son premier comité de politique monétaire. Une hausse du loyer de l’argent, aujourd’hui compris entre 1,25 % et 1,5 %, est attendue, et les opérateurs tablent, désormais, sur quatre resserrements d’un quart de point en 2018, un peu plus que les trois hausses qu’avait laissées entendre la Fed en décembre 2017.

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                Les marchés financiers craignent la fin de « l’argent facile »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ A la suite de Wall Street, les Bourses mondiales ont chuté fortement pendant la semaine du 5 février. Ce mouvement suivait une longue envolée des cours. Comment expliquer de telles amplitudes ?
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Bourse : pourquoi de telles fluctuations ?

A la suite de Wall Street, les Bourses mondiales ont chuté fortement pendant la semaine du 5 février. Ce mouvement suivait une longue envolée des cours. Comment expliquer de telles amplitudes ?



Le Monde
 |    14.02.2018 à 15h58
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 16h20
    |

            Edouard Pflimlin








                        



   


La Bourse de New York, le New York Stock Exchange (NYSE), a connu des journées agitées la semaine dernière. Le 5 février 2018, l’indice Dow Jones a brièvement perdu plus de 1 500 points, soit 6 %. L’autre indice phare américain, le S&P 500, a reculé de 4,1 %. Malgré un rebond de Wall Street le 9 février, ses deux indices phares ont abandonné plus de 5 % sur la semaine, leur plus forte perte hebdomadaire depuis janvier 2016.
L’onde de choc s’est propagée sur toutes les places financières, notamment en Europe. Au total, les Bourses mondiales ont perdu 7 500 milliards de dollars de capitalisation (valeur des Bourses) en l’espace d’une semaine.
Pourquoi les Bourses connaissent-elles de telles fluctuations ? Qu’est-ce qui explique leurs mouvements ?

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Quand on parle d’indices boursiers, de quoi parle-t-on ?
Les indices sont le reflet des cours des actions des entreprises cotées en Bourse. Il existe deux types d’indices. Ceux qui sont « pondérés » par les prix, comme le Dow Jones, à la Bourse de New York, et le Nikkei, à la Bourse de Tokyo, simplement calculés selon la moyenne arithmétique des cours des actions qui les composent.
Les autres indices prennent en compte les capitalisations boursières, c’est-à-dire les cours cotés des actions multipliés par le nombre d’actions en circulation. Ils pondèrent les valeurs par le nombre de titres en circulation de chaque société.
Dow Jones
Souvent raccourci en Dow Jones, le Dow Jones Average Industrial est le plus ancien des indices boursiers. Créé en 1896, il ne comprend que 30 valeurs.
S&P 500
Créé en 1957, cet indice est basé sur 500 grandes sociétés cotées sur les Bourses américaines. L’indice est possédé et géré par Standard & Poor’s, l’une des trois principales sociétés de notation financière. Il a détrôné le Dow Jones parce qu’il est composé d’un plus grand nombre de compagnies et que sa valeur tient compte de la capitalisation boursière des compagnies contenues dans l’indice.
Nasdaq
L’indice Nasdaq Composite a été créé en 1971, conjointement au Nasdaq, marché électronique des valeurs technologiques. Dans l’indice, l’importance de chaque compagnie est proportionnelle à sa capitalisation boursière.
FTSE 100
L’indice que l’on appelle de façon familière le « footsie », regroupe les cent entreprises britanniques les mieux capitalisées cotées à la Bourse de Londres. Il a été lancé en 1984.
CAC 40
Le CAC 40 (cotation assistée en continu) est le principal indice boursier de la Bourse de Paris. Créé en 1988, il est déterminé à partir des cours de quarante actions cotées en continu parmi les cent sociétés dont les échanges sont les plus abondants. Quand une valeur cote à la hausse, le CAC 40 augmente la pondération de la valeur dans l’indice.
DAX
Le Deutscher AktienindeX (DAX) est le principal indice boursier allemand. Sa valeur est fondée sur le cours des actions des 30 plus importantes entreprises cotées à la Bourse de Francfort.
Nikkei
Composé de 225 sociétés, le Nikkei est le principal indice boursier de la Bourse de Tokyo. Il est l’abréviation de Nihon Keizai Shinbun, le nom du quotidien économique qui le publie.
A quels événements les indices boursiers sont-ils sensibles ?
« Le marché est un indicateur avancé du cycle économique », souligne Sylvain Goyon, responsable de la stratégie actions chez Natixis. Les Bourses anticipent l’évolution des principaux indicateurs économiques dans le monde. Elles y réagissent aussi. Tout comme elles anticipent et réagissent aux « faits et gestes » des acteurs économiques.
Sont ainsi particulièrement importants :
les signaux émis par les banques centrales, qui agissent notamment sur les taux d’intérêt (une hausse de ces taux renchérit le crédit bancaire et peut donc freiner l’activité économique et les profits des entreprises).les statistiques économiques : indice des prix à la consommation (inflation), à la production, indice des directeurs d’achat ou de la demande d’emploi sont les indicateurs les plus suivis. La semaine dernière, c’est, notamment, l’annonce d’un rebond de l’inflation salariale aux Etats-Unis qui a déclenché le mouvement de recul.les résultats des sociétés : les résultats trimestriels ont des conséquences immédiates sur les autres entreprises mondiales appartenant au même secteur.
Quand Wall Street s’enrhume, les marchés en Asie et en Europe prennent-ils forcément froid ?

   


Les Bourses sont toutes liées entre elles. A Tokyo, par exemple, les investisseurs vont réagir à la clôture, la veille, de New York et aux marchés asiatiques. Attentive au niveau du dollar face au yen, la place japonaise a toutefois sa propre dynamique, liée aux résultats des entreprises nippones.
En Europe, s’ils sont ouverts de 8 heures à 20 heures, les marchés n’affichent pas de véritable tendance avant 15 h 30, heure d’ouverture des marchés américains. De 15 h 30 à 22 heures, les opérateurs n’ont d’yeux que pour les grands indices boursiers américains (Nasdaq, Dow Jones, S&P). « La corrélation est très forte entre le marché américain et le marché européen », explique Sylvain Goyon.
Les liens entre les différentes Bourses sont renforcés par l’utilisation de techniques comme les transactions à haute fréquence (high frequency trading, en anglais). Cette pratique repose sur des machines capables d’analyser des phénomènes statistiques et d’exécuter des ordres à très grande vitesse, en tirant profit d’écarts de prix même minimes sur les valeurs.
Quels sont les exemples fameux de contagion boursière ?
Krach de 1929
Cette crise survient à la Bourse de New York entre le 24 octobre (« jeudi noir ») et le 29 octobre 1929. Mais ses effets se prolongent : le 8 juillet 1932, l’indice Dow Jones tombe à son plus bas niveau depuis sa création. Comme les banques américaines ont des intérêts dans de nombreuses banques et Bourses européennes et qu’elles rapatrient d’urgence leurs avoirs aux Etats-Unis, la crise financière se propage progressivement dans toute l’Europe. Parallèlement, les échanges économiques internationaux se contractent.

   


Crise asiatique
En juillet 1997, la crise démarre à Bangkok avec la chute du baht. Elle entraînera la chute des monnaies d’Asie du Sud-Est, un krach sur les marchés actions asiatiques et aura un effet négatif sur les Bourses européennes – l’un des rares exemples de contagion des marchés européens produits par des événements asiatiques.
Eclatement de la bulle internet
En avril 2000, le Nasdaq, qui représente les principales valeurs technologiques américaines, s’effondre. Cette chute se répercute sur tous les marchés. A Paris, le CAC 40 chute jusqu’en mars 2003 (− 65 % en deux ans et demi).
Crise des subprimes
Le dégonflement brutal de la bulle de l’immobilier aux Etats-Unis, et principalement des subprimes, entraînent une crise bancaire et boursière autour du monde qui commence le 10 août 2007, avec des chutes de 2 à 3 % des places européennes et asiatiques.
Le 15 septembre 2008, l’annonce de la banqueroute de la banque d’affaires américaine, Lehman Brothers fait chuter toutes les places financières du monde. A Paris, le CAC 40 perd 3,8 %.
Le vrai krach commence le 6 octobre 2008. La plupart des Bourses mondiales connaissent la plus forte baisse de leur histoire sur une semaine : − 22 % à Paris, − 24 % à Tokyo, où une compagnie d’assurance fait faillite, et − 21 % à New York.

« Flash crash » du 6 mai 2010
A la Bourse de New York, les cours s’effondrent : en quelques minutes, le Dow Jones chute de plus de 9 %. Un vent de panique s’empare des marchés et 1 000 milliards de dollars s’envolent. Le trading à haute fréquence est mis en avant. Un robot a mal interprété une statistique et a revendu toutes ses actions. Pour stopper l’emballement, la Bourse de New York suspend ses ordinateurs quelques instants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ L’outil, financé par le Royaume-Uni, a été pensé pour détecter les vidéos problématiques, et ainsi faciliter le travail des modérateurs de certains sites.
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Le gouvernement britannique lance un logiciel pour détecter les vidéos djihadistes

L’outil, financé par le Royaume-Uni, a été pensé pour détecter les vidéos problématiques, et ainsi faciliter le travail des modérateurs de certains sites.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 15h51
    |

                            Perrine Signoret








                        


Pour lutter contre la diffusion en ligne de vidéos de propagande de l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), le gouvernement britannique a financé le développement d’un algorithme censé les détecter, a annoncé mardi 13 février le ministère de l’intérieur dans un communiqué. Objectif : le mettre à disposition de sites qui n’ont pas les moyens de créer leurs propres outils de détection.
Le ministère ne précise toutefois pas quelles conditions sont nécessaires pour accéder à cet outil. « Cette technologie sera mise à disposition gratuitement à toute plateforme qui en aura besoin », annonce de son côté, sans donner plus de détails, l’entreprise ASI Data Science.
C’est elle qui a été missionnée pour mettre au point ce programme, avec 600 000 livres (674 000 euros) de fonds publics. Cette petite entreprise londonienne vante les prouesses de son programme, capable, selon elle, de détecter 94 % des contenus de propagande de l’EI. Elle estime le taux d’erreur, c’est-à-dire le nombre de vidéos identifiées à tort comme étant problématiques, à environ 0,005 %.
Pour fonctionner, le programme d’intelligence artificielle a analysé un millier de vidéos de propagande de l’EI afin d’apprendre à les reconnaître. Il se base notamment sur plusieurs critères pour les détecter. Certains renvoient à des éléments audio ou visuels, comme des logos ou des symboles utilisés par l’EI. D’autres concernent, eux, le contenu des métadonnées, c’est-à-dire les informations liées à la vidéo. Par exemple : de quel pays a été mise en ligne une vidéo.
Les petites plates-formes « de plus en plus ciblées »
Les entreprises de plus grande taille, comme Facebook et YouTube, ne sont pas la cible de ce logiciel, mais l’ont en partie inspiré, explique le ministère :
« Beaucoup des grandes entreprises tech ont développé leur propre technologie pour leur plate-forme et ont affirmé que cela faisait une différence dans leur combat contre le contenu terroriste. Les plus petites plates-formes, en revanche, sont de plus en plus ciblées par l’EI et ses soutiens, et n’ont pas souvent le même niveau de ressources pour développer ces technologies. »
Les autorités britanniques ont pourtant régulièrement critiqué ces grandes entreprises, les accusant de ne pas filtrer avec assez d’efficacité les contenus de propagande. En avril 2017, plusieurs ministres britanniques avaient ainsi jugé dans un rapport « honteux » le travail de Google (qui détient YouTube), Facebook et Twitter à ce sujet.
Quelques mois plus tard, en décembre, YouTube annonçait avoir supprimé plus de 150 000 vidéos faisant la promotion de l’extrémisme et de la violence depuis juin. Sa présidente-directrice générale, Susan Wojcicki, avait aussi annoncé que 98 % d’entre elles avaient été repérées grâce à des algorithmes. A la fin de novembre, Facebook estimait que ce pourcentage s’élevait chez elle à 99 %.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Les autorités assurent que Kavous Seyed Emami s’est suicidé et qu’il faisait partie d’un collectif qui espionnait pour le compte de la CIA et du Mossad.
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édition abonné


En Iran, des funérailles discrètes pour l’universitaire irano-canadien mort en prison

Les autorités assurent que Kavous Seyed Emami s’est suicidé et qu’il faisait partie d’un collectif qui espionnait pour le compte de la CIA et du Mossad.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 15h34
    |

            Ghazal Golshiri (Téhéran, correspondance)








                        



                                


                            

Sous une pluie battante, quelque 200 personnes ont, mardi 13 février à midi, rendu un dernier hommage au sociologue irano-canadien Kavous Seyed Emami, mort en détention à la prison d’Evin, dans le nord de Téhéran. Dans un petit cimetière sur les hauteurs du village d’Emameh, à 40 kilomètres de la capitale, l’enterrement s’est déroulé dans le calme, sous les yeux de quelques membres des forces de sécurité en civil, avant que l’un des fils du défunt, Ramin, ne demande à la foule de quitter les lieux.

Kavous Seyed Emami, à l’origine de la Fondation persane du patrimoine de la faune, l’une des plus importantes organisations non gouvernementales pour la protection des espèces menacées en Iran, a été arrêté le 24 janvier. Le 9 février, les responsables de la prison ont convoqué sa femme pour lui annoncer son suicide en prison.
Or sa famille et une partie de l’opinion publique en Iran rejettent cette version des faits et demandent des explications. Selon l’un des avocats de la famille, Payam Derafshan, le dossier de cette mort a été envoyé au bureau de procureur et les résultats de l’autopsie réalisée par le médecin légiste seraient bientôt rendus publics. Avec Kavous Seyed Emami, sept autres personnes de sa fondation avaient été arrêtées, dont un irano-américain, Morad Tahbaz.
Mardi soir, le procureur de Téhéran, Abbas Jafari Dolatabadi, a évoqué le démantèlement d’un projet collectif entre la CIA et le Mossad, dans le but de « susciter des crises écologiques » en Iran et de « recueillir des informations classifiées dans le domaine de la défense ». « Les membres de ce réseau, a assuré le procureur, avaient installé des caméras dans certaines zones stratégiques, sous prétexte de surveiller l’environnement, en réalité pour suivre les activités balistiques du pays et envoyer images et informations aux étrangers. » Des propos qui seront très lourds de conséquences pour les détenus.
Escalade de tension
Lundi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Opposante célèbre aux dictatures militaires du pays, la Pakistanaise est décédée le 11 février à Lahore. Elle avait 66 ans.
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édition abonné


La mort d’Asma Jahangir, avocate et militante des droits de l’homme pakistanaise

Opposante célèbre aux dictatures militaires du pays, la Pakistanaise est décédée le 11 février à Lahore. Elle avait 66 ans.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 15h12
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondant en Asie du Sud)








                        



                                


                            

Dans un Pakistan pris en tenaille entre une armée omniprésente et l’islam radical, elle était la défenseuse de la liberté religieuse, de la démocratie et des droits humains. L’avocate pakistanaise Asma Jahangir est morte à l’âge de 66 ans, dimanche 11 février, d’une crise cardiaque à Lahore (à l’est du pays). Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a salué en elle une « géante des droits de l’homme ».
Née le 27 janvier 1952, Asma Jahangir n’a que 18 ans lorsqu’elle mène son premier combat devant les tribunaux, en demandant la libération de son père Malik Ghulam Jilani, un ancien haut fonctionnaire opposé à la dictature militaire. Deux ans plus tard, sa requête aboutit finalement avec l’annulation, par la Cour suprême, de la loi martiale. En 1980, elle ouvre un cabinet d’avocats, le premier du pays composé exclusivement de femmes, avec sa sœur Hina Jilani et deux amies.
Au cours de cette décennie, le général putschiste Zia Ul-Haq lance une politique d’islamisation à marche forcée au Pakistan en parrainant l’expansion des madrasas et en promulguant les ordonnances Hudood, qui punissent les femmes en cas d’adultère, y compris celles qui sont victimes de viol. Asma Jahangir obtiendra de la Cour suprême qu’une femme puisse se marier librement, sans l’autorisation d’un tuteur. La fondatrice de la Commission pakistanaise des droits de l’homme enquête également sur les meurtres extrajudiciaires commis par les services secrets de l’armée pakistanaise, combat les crimes d’honneur, le travail forcé, défend les droits des femmes et des minorités religieuses.
Emprisonnée
Le Pakistan se souviendra longtemps de cet adolescent chrétien de 14 ans, libéré en 1994 après avoir été condamné à mort pour blasphème religieux. Quelques semaines plus tard, des djihadistes tentent de prendre leur revanche en prenant en otage des membres de la famille de l’avocate avant de s’enfuir. « Je demande toujours aux islamistes : “Quelle justice voulez-vous ?”,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ La classe africaine (25). Quand il ne donne pas cours, le professeur de sciences de la vie et de la Terre, membre d’un influent syndicat, se bat pour redorer le blason de la profession.
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Portrait

A Abidjan, Lassina Kanté, enseignant et « ingénieur des esprits »

La classe africaine (25). Quand il ne donne pas cours, le professeur de sciences de la vie et de la Terre, membre d’un influent syndicat, se bat pour redorer le blason de la profession.

Par                                            Haby Niakaté (Abidjan, correspondance)




LE MONDE
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        Le 14.02.2018 à 14h23

     •
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        Mis à jour le 14.02.2018 à 14h52






    
Au collège-lycée Nangui-Abrogua, à Abidjan, en Côte d’Ivoire, en février 2018.
Crédits : 


Il est 8 heures au marché d’Adjamé, une commune populaire d’Abidjan, en Côte d’Ivoire. Vendeurs et clients, ménagères et domestiques, patrons et mendiants peuplent déjà les rues. Le marché d’Adjamé, c’est le plus grand de la ville. On y vend tout, partout, tout le temps. Ici ce sont des étals précaires qui croulent sous le poids de poissons frais, là des contrefaçons chinoises de sacs et chaussures de grandes marques d’antan, plus loin des supermarchés climatisés qui débordent de produits high-tech. C’est au beau milieu de ce capharnaüm organisé qu’est niché le collège-lycée public Nangui-Abrogua.

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          La classe africaine



8 h 30. Lassina Kanté, 46 ans, professeur de sciences de la vie et de la Terre (SVT), débute son cours devant 41 élèves de 1re. « C’est très peu pour une classe, ils font partie des privilégiés de l’établissement et même d’Abidjan », sourit l’enseignant, qui sait que la mauvaise réputation du marché d’Adjamé en matière de sécurité décourage nombre de parents de scolariser leurs enfants dans cet établissement.

    

Crédits : Infographie "Le Monde"


Liberté de ton
En ce matin de février, la température est supportable, presque agréable. Pas de vitres aux fenêtres ni de porte à l’entrée de la classe. Le bruit extérieur rend la concentration difficile.
Uniforme beige pour les garçons, jupe bleue et chemise blanche pour les filles, qui représentent un petit tiers de l’effectif. Celles-ci sont toutefois à l’honneur dans la leçon du jour : l’appareil reproductif féminin. Hormones, règles, ménopause… Lassina Kanté détaille, répète, dicte, dessine au tableau, avec aisance et patience. « Il est important de se connaître soi-même », dit-il aux filles de la classe, à qui il a demandé de tenir un calendrier personnel afin de savoir la durée de leur cycle menstruel et de mieux saisir les changements de leur corps. Sexualité, grossesses, dangers des avortements clandestins… L’enseignant aborde tout, avec une liberté de ton qui fait souvent glousser dans ces rangs adolescents.

        Episode 24
         

          Les livres scolaires en Côte d’Ivoire, un business qui vire au casse-tête



Ces rires gênés sont l’une des rares choses qui n’aient pas changé depuis le début de sa carrière, en 1998. « Les conditions d’enseignement se sont beaucoup dégradées, explique Lassina Kanté. Par exemple, auparavant on avait des laboratoires où on pouvait faire des expériences avec les élèves. Aujourd’hui, le nombre d’élèves fait que c’est impossible. Les laboratoires sont devenus de simples salles de classes, et dans certains établissements on donne même cours dans des cantines aménagées ! »
Lui a quatre classes cette année : deux de 6e, une de 3e et une de 1re, soit un peu moins de 240 élèves au total. Chaque semaine, il passe entre dix-huit et vingt-quatre heures en classe et consacre le reste de son temps de travail à préparer ses cours, corriger les copies, faire des photocopies de schémas ou d’exercices à distribuer aux élèves – en l’absence, selon lui, de manuels scolaires adaptés en SVT.



Après vingt ans de carrière, Lassina Kanté a atteint un échelon qui lui permet de toucher entre 500 000 et 700 000 francs CFA par mois (soit entre 760 et 1 060 euros), même s’il préfère rester discret sur son salaire exact. C’est beaucoup plus que le salaire minimum ivoirien (60 000 francs CFA) et que nombre de ses collègues d’Afrique de l’Ouest, mais pas assez pour Lassina Kanté. Pour lui, le « faible niveau de vie » des enseignants, notamment en début de carrière, dévalorise le statut de professeur aux yeux de la population et des élèves en particulier.
Il est 10 h 15. Fin du cours. Lassina Kanté ramasse feuilles et stylos, tandis que les élèves restent assis. Ici, c’est le professeur qui change de salle à chaque sonnerie. Direction la classe de 3e, à l’étage inférieur.
« Où va l’argent ? »
Marié, père de quatre enfants, Lassina Kanté habite à Abobo, une autre commune populaire d’Abidjan. L’enseignement, il n’en rêvait pas forcément lorsqu’il était petit – il se destinait plutôt à la recherche scientifique. C’est avec le temps qu’il y a pris goût et a compris que « les enseignants sont une sorte d’ingénieurs des esprits, dont dépend l’avenir de toute société ».
« Société », mais aussi « injustice », « revalorisation », « salaire », « déclassement », « engagement »… Son métier, Lassina Kanté en parle comme d’une « cause » pour laquelle il faut lutter, continuellement. Lui qui expliquait, presque enjoué, le mécanisme de l’ovulation quelques heures plus tôt devant ses élèves se fait tout à coup sérieux : « Dans les années 1990, pendant la crise économique qu’a traversée le pays, le gouvernement avait baissé les salaires des enseignants et il a fallu se battre pour tout récupérer et réduire les inégalités salariales. » Membre de l’influent Syndicat national des enseignants du second degré de Côte d’Ivoire (Synesci), Lassina Kanté est en campagne, avec deux collègues, pour en prendre la tête et « redonner de l’élan à cette lutte ».

        Episode 19
         

          Dans la classe de Maxime Sou, le super-prof du Burkina Faso



« Chaque année, on nous annonce à la télévision que des sommes considérables sont débloquées pour rehausser l’éducation nationale, mais nous n’en voyons pas passer un centime. Le budget de fonctionnement de notre lycée est toujours aussi faible, à peine 4 millions de francs CFA par an ! Où va l’argent débloqué par le ministère ? », s’exclame un enseignant attablé dans la salle des professeurs. « Nous devons interpeller le gouvernement. Il faut plus de transparence dans la gestion des budgets, que l’argent soit utilisé là où il est vraiment nécessaire », lance un autre, dans une ambiance qui rappelle très vite celle d’un meeting syndical.
12 h 30. A la sortie de l’établissement, les gardiens, dépassés par le flot d’élèves se ruant dans la cour de récréation, s’autorisent quelques coups par-ci par-là. A l’extérieur, le marché d’Adjamé n’offre plus un centimètre carré de libre : les transactions, elles, battent leur plein. Pour le professeur Kanté, c’est une deuxième journée qui commence. Il faut préparer le cours du lendemain. Au programme de la classe de 1re : les différentes étapes de la fécondation.



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Sommaire de notre série La classe africaine
De l’Ethiopie au Sénégal, douze pays ont été parcourus pour raconter les progrès et les besoins de l’éducation sur le continent.

        Episode 25
         

          A Abidjan, Lassina Kanté, enseignant et « ingénieur des esprits »




        Episode 24
         

          Les livres scolaires en Côte d’Ivoire, un business qui vire au casse-tête




        Episode 23
         

          Au Bénin, la formation des professeurs a retrouvé son cours




        Episode 22
         

          Au Bénin, la scolarisation des filles reste un combat




        Episode 21
         

          Au Burkina, « l’école garde sa coloration néocoloniale, les savoirs locaux sont ignorés »




        Episode 20
         

          Au Burkina, apprendre à lire sous une paillote, sans murs ni électricité




        Episode 19
         

          Dans la classe de Maxime Sou, le super-prof du Burkina Faso




        Episode 18
         

          Lacina, 30 ans, sept ans à l’université de Ouagadougou et toujours aucun diplôme




        Episode 17
         

          Au Burkina, Maxime Sou, l’enseignant qui a 100 élèves par classe et 100 % de réussite aux examens




        Episode 16
         

          Les filles, éternelles oubliées de l’éducation au Niger




        Episode 15
         

          Au Niger, la formation agricole comme alternative à l’école




        Episode 14
         

          Face à la déscolarisation, le Niger mise sur l’enseignement en langues locales




        Episode 13
         

          Au Nigeria, les écoles coraniques se mettent aux maths et à l’anglais




        Episode 12
         

          A l’université panafricaine de Yaoundé, on rêve de changer le continent




        Episode 11
         

          Au Cameroun, « je mène une véritable bataille pour payer la scolarité de mes enfants »




        Episode 10
         

          L’Université de Juba, une école de la survie au Soudan du Sud




        Episode 9
         

          Au Soudan du Sud, « plutôt que de se battre, il faut tout faire pour continuer notre éducation »




        Episode 8
         

          En Ouganda, l’école secondaire universelle en examen




        Episode 7
         

          En Ouganda, « c’est un très gros atout de pouvoir s’exprimer en mandarin » pour travailler




        Episode 6
         

          A l’école des « codeurs » kényans




        Episode 5
         

          Des universités kényanes prestigieuses mais déconnectées du marché de l’emploi




        Episode 4
         

          Le pari financier raté des écoles Bridge en Afrique




        Episode 3
         

          Au Kenya et en Ouganda, les écoles bon marché Bridge dans la tourmente




        Episode 2
         

          L’Ethiopie mise sur la formation d’une main-d’œuvre qualifiée pour s’industrialiser




        Premier épisode
         

          Enseignement supérieur : en Ethiopie, la quantité prime sur la qualité




        Présentation de notre série
         

          La classe africaine







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Décryptage

Au Zimbabwe, la maladie de Morgan Tsvangirai déchaîne les ambitions des « vautours »

Alors que l’opposant, président du Mouvement pour le changement démocratique, lutte contre le cancer, la bataille fait rage pour la succession à la tête du parti.

Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant régional)
    



LE MONDE
              datetime="2018-02-14T13:17:32+01:00"

        Le 14.02.2018 à 13h17






    
L’opposant zimbabwéen Morgan Tsvangirai (à gauche) et le président Emmerson Mnangagwa, à Harare, le 5 janvier 2018.
Crédits : JEKESAI NJIKIZANA / AFP


Morgan Tsvangirai n’est pas mort. Il respire, souffre sans doute, mais il est en vie. Au Zimbabwe, où il est le principal opposant, les structures de santé sont saccagées par la gestion calamiteuse de la fin de l’ère Mugabe. Un malade qui en a les moyens part se faire soigner à l’étranger. Morgan Tsvangirai, 65 ans, a choisi l’unité de cancérologie d’un hôpital de Johannesburg, en Afrique du Sud. Il est sans doute dans la phase terminale d’un cancer du colon qu’il avait rendu public en 2016. Selon des sources, il lui est difficile de parler.
Autour de lui s’agitent les prétendants à la direction du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), et tant pis si le chef n’est pas mort : les ambitieux sont prêts à enjamber son corps endolori pour arriver en premier dans la course à la succession. Luke Tambolinyoka, le porte-parole de M. Tsvangirai, les accuse d’être des « vautours » et brandit de faux documents « signés grâce à Photoshop » et distribués par les pirates qui tentent de prendre le parti à la hussarde.

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Lui soutient Nelson Chamisa, l’un des vice-présidents, et assure, comme d’autres responsables du parti, que ce dernier est bien le président par intérim souhaité par Morgan Tsvangirai quand ce dernier avait encore toutes ses facultés. Deux autres vice-présidents, Elias Mudzuri et Thokozani Khupe, tentent de s’imposer comme successeurs.
Pour ce faire, M. Mudzuri a fait le voyage jusqu’à Johannesburg et s’est assuré la complicité d’une partie de la famille Tsvangirai, qui filtre les visiteurs. Il a été admis, sans témoin, dans la chambre du mourant et, sitôt sorti, a affirmé à qui voulait l’entendre que le président du MDC venait de lui confier les rênes du parti. Pendant ce temps, Mme Khupe répète qu’elle est la seule à pouvoir revendiquer cette fonction, ayant été élue lors d’une conférence du parti et non désignée après-coup, comme l’ont été Nelson Chamisa et Elias Mudzuri.
Une visite de courtoisie d’Emmerson Mnangagwa
Comme si cela n’était pas assez compliqué, la famille s’en mêle et se dispute. D’un côté, le fils et le frère de Tsvangirai, leurs épouses respectives et quelques autres se serrent les coudes et gardent la porte de la chambre du Wits Donald Gordon Medical Centre, à Johannesburg. Ils interdisent le passage, notamment, à la dernière épouse de Tsvangirai, Elizabeth, vingt-cinq ans plus jeune que lui.
Cette dernière soutient la candidature de Chamisa, contre l’avis de la famille. Et les accusations fusent. On rappelle par exemple qu’Elizabeth vient d’une grande famille de la ZANU-PF, le parti au pouvoir, ennemi exécré qui martyrise les militants et parfois les responsables du MDC depuis presque vingt ans. Morgan Tsvangirai a failli être tué deux fois par les sbires de Robert Mugabe.
Mais avec sa maladie, quelque chose a changé. Le gouvernement a payé certains de ses frais médicaux, avant de formaliser la chose en lui assurant un traitement d’ex-premier ministre (il a occupé ce poste dans un gouvernement d’union nationale entre 2009 et 2013). Avant qu’il ne soit obligé de quitter précipitamment Harare en raison de la dégradation de son état de santé, Tsvangirai avait reçu une visite de courtoisie d’Emmerson Mnangagwa, l’actuel président zimbabwéen, qui a profité de la chute de Mugabe mais appartient au même parti et avait même été l’un des grands ordonnateurs des violences contre le MDC.

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Pour le pouvoir zimbabwéen, ces divisions du MDC sont une aubaine. Des élections générales doivent être organisées « avant juillet », a rappelé récemment le président Mnangagwa. Or, au fil des années, gangrené par les divisions, l’appât du gain, les rivalités et gouverné comme une propriété personnelle par Morgan Tsvangirai, le MDC avait périclité, sa base en partie lassée du combat, ses dirigeants multipliant les scissions.
Mais, en août 2017, une Alliance (c’est son nom) a été mise sur pied pour associer au MDC-T (pour Tsvangirai) sept autres partis, dont ceux dirigés par Tendai Biti et Welshman Ncube. Ces derniers soutiennent Nelson Chamisa et leur tendance gagne du terrain au sein du parti. La branche de Bulawayo, la ville dont est originaire Thokozani Khupe, a par exemple sèchement remis à sa place la vice-présidente du MDC, assurant ne pas la tenir pour la présidente du parti par intérim. « Chamisa, c’est le seul véritable joueur dans cette affaire, et il a le soutien de la base », affirme une source influente au sein du MDC.
Des inconnus se font passer pour des « parents »
Une nouvelle dynamique est en train de naître, une sorte de recollage de la famille MDC. « Ce sera peut-être l’occasion de changer de nom et de réinventer ce parti, sans Morgan Tsvangirai », analyse Piers Pigou, spécialiste du Zimbabwe à l’International Crisis Group (ICG). Cet effort centripète a de quoi inquiéter la ZANU-PF, qui a ses propres divisions après la mise à l’écart de Mugabe, en novembre. Une partie de ses militants et responsables sont encore braqués contre le nouveau pouvoir zimbabwéen, ayant le sentiment que c’est une faction, et pas la totalité de l’appareil de la ZANU-PF (notamment les militaires), qui l’a emporté.

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L’agonie du vieil opposant et les dissensions des dirigeants du MDC sont pourtant, dans l’immédiat, un handicap pour l’opposition. A cela s’ajoutent les manœuvres familiales, dont certaines relèvent de la cupidité. Des inconnus se sont déjà présentés au domicile de Tsvangirai, à Harare, pour « venir chercher des choses » et ont même tenté de forcer les gardes, à l’entrée, à leur ouvrir la maison. Il a fallu appeler la police pour les chasser. Ils affirmaient être « des parents ».
« C’est l’échec du grand homme : avoir mal préparé sa succession, mal géré sa maladie, note Piers Pigou. Mais, dans cette phase, le MDC va peut-être avoir la chance de se renouveler. Morgan Tsvangirai va peut-être survivre et revenir à Harare, mais pour la politique, c’est fini. On est déjà, effectivement, dans l’ère post-Tsvangirai. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le PIB nippon a progressé de 0,5 % en rythme annuel au cours du dernier trimestre de 2017 grâce notamment à la consommation et aux investissements.
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Le Japon vit sa plus longue période de croissance en trente ans

Le PIB nippon a progressé de 0,5 % en rythme annuel au cours du dernier trimestre de 2017 grâce notamment à la consommation et aux investissements.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 12h55
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



   


La consommation et les investissements en capital permettent au Japon d’afficher son huitième trimestre consécutif de croissance. D’après les données préliminaires rendues publiques mercredi 14 février par le gouvernement, le PIB a progressé de 0,5 % au cours des trois derniers mois de 2017 (en rythme annuel). Ce chiffre, bien qu’inférieurs aux attentes, conforte la dynamique de la troisième économie mondiale, qui vit sa plus longue période de croissance, depuis celle observée entre le troisième trimestre 1986 et le premier de 1989, du temps de la bulle immobilière et financière. Sur l’ensemble de l’année la croissance du PIB s’est élevée à 1,6 % (après 0,9 % en 2016).
Fin 2017, la consommation des ménages, qui génère près des deux tiers du PIB nippon, a crû de 0,5 %, une première hausse après deux trimestres consécutifs de baisse. Les investissements en capital des entreprises ont augmenté de 0,7 % et les exportations ont progressé de 2,4 %.
Ces données s’ajoutent aux chiffres du ministère des finances, selon lesquels les exportations ont augmenté de 11,8 % sur l’ensemble de l’année 2017. Elles ont bénéficié d’une forte demande, notamment dans le domaine des semi-conducteurs – un secteur tiré par le développement de l’Internet des objets – en Asie et plus spécifiquement en Chine, qui a absorbé 19 % des exportations nippones contre 17,6 % en 2016, et en Corée du Sud.
Des exportations en hausse
Dans ses Perspectives sur l’activité économique et les prix, un rapport rendu public le 24 janvier, la Banque du Japon (BoJ) estime que les exportations « vont continuer à progresser modérément en bénéficiant de la croissance des économies du monde » et que cette hausse devrait « soutenir l’économie japonaise ».
L’activité au Japon s’appuie sur cette dynamique internationale et sur les « Abenomics », la politique économique mise en place depuis le retour au pouvoir fin 2012 du premier ministre Shinzo Abe. Il s’agit principalement d’une politique d’assouplissement monétaire menée par la BoJ, de plans de relance budgétaire et dans une moindre mesure de certaines mesures pour encourager par exemple l’emploi des femmes et des personnes âgées.

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                Les « abenomics », trois flèches visant la relance économique au Japon



Ces politiques devraient se poursuivre notamment car le gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda, qui bénéficie de la pleine confiance de M. Abe, a de grandes chances, selon le quotidien économique Nihon Keizai, d’être reconduit en avril pour un nouveau mandat à la tête de l’institution monétaire.
Un taux de chômage de 2,8 %
La bonne tenue de l’économie pourrait permettre au Japon d’atteindre son objectif de 2 % d’inflation. En décembre 2017, les prix ont augmenté de 1 % sur un an, en raison principalement de la hausse des prix du pétrole et de l’alimentation. Hors denrées périssables, l’augmentation a été de 0,9 %.
Pour soutenir la dynamique inflationniste et ainsi confirmer la sortie du Japon de quinze années de déflation, le gouvernement table sur une augmentation des salaires à même de soutenir la consommation. Il appelle les entreprises à profiter du « shunto », les traditionnelles négociations salariales du printemps qui ont commencé, à décider des hausses de 3 %.
Plusieurs compagnies seraient prêtes à le faire. Mais malgré des profits record, certaines entreprises restent réticentes. « Il y a aujourd’hui tous les éléments en place pour une augmentation des salaires, constate Kentaro Arita, économiste de l’institut de recherche Mizuho qui cite notamment la pénurie de main-d’œuvre dans un pays où le taux de chômage s’établit à 2,8 %.  Mais une chose manque chez certains groupes, c’est la confiance dans l’avenir. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le chef du gouvernement israélien, dont la police a recommandé l’inculpation pour corruption dans les dossiers « 1 000 » et « 2 000 », est mis en cause dans de multiples autres enquêtes.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Benyamin Nétanyahou, un premier ministre cerné par les affaires

Le chef du gouvernement israélien, dont la police a recommandé l’inculpation pour corruption dans les dossiers « 1 000 » et « 2 000 », est mis en cause dans de multiples autres enquêtes.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 12h03
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        


En transmettant ses conclusions soigneusement soupesées, mardi 13 février, dans deux enquêtes visant Benyamin Nétanyahou, la police place le sort du premier ministre israélien entre les mains d’un homme : le procureur général, Avichaï Mendelblit. C’est lui qui doit décider d’une éventuelle inculpation pour corruption, fraude et abus de confiance, recommandée par les policiers. Cerné par les enquêtes, le chef du gouvernement se trouve dans une situation délicate depuis des mois. Ces affaires le mettent en cause directement, lui et sa famille, ou bien son plus proche entourage, dont il est difficile de concevoir qu’il ignorait les agissements.

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                Israël : la police recommande l’inculpation de Benyamin Nétanyahou pour corruption



Le dossier 1 000, ou les cadeaux oligarchiques
C’est la première enquête dans laquelle la police recommande une inculpation du premier ministre. Benyamin et Sara Nétanyahou et leur fils Yaïr sont suspectés d’avoir bénéficié des largesses de deux milliardaires, le producteur d’Hollywood Arnon Milchan et l’Australien James Packer. Le premier leur a notamment fourni des livraisons régulières de champagne et de cigares, ainsi que des bijoux pour Sara Nétanyahou, pour un montant total de 240 000 euros. Le premier ministre assure qu’il s’agissait de cadeaux entre amis, mais la presse israélienne affirme que les enquêteurs ont identifié des demandes précises, formulées par le couple.
Arnon Milchan aurait cherché, selon les enquêteurs, à obtenir une extension de son visa aux Etats-Unis et à bénéficier de l’aide du premier ministre pour promouvoir ses intérêts sur le marché de la télévision. Surtout, M. Nétanyahou aurait soutenu un projet de législation – finalement rejeté – réduisant les impôts pour les citoyens rentrant en Israël après un long séjour à l’étranger. La police recommande aussi l’inculpation de M. Milchan. Quant à Yaïr, il aurait bénéficié de séjours luxueux, avions et hôtels payés, grâce aux bons soins de James Packer.
Le dossier 2 000, quand le premier ministre se passionne pour la presse
La seconde affaire dans laquelle la police suggère une inculpation met en cause les liens entre Benyamin Nétanyahou et le propriétaire du quotidien Yediot Aharonot, Arnon Mozes. Les policiers disposent d’enregistrements entre les deux hommes, qui envisagent un pacte compromettant, aux dépens de Sheldon Adelson. Ce dernier est un milliardaire américain, magnat des casinos, qui a créé en 2007 Israel Hayom, un quotidien gratuit à grand tirage, devenu un instrument de communication au service du premier ministre.
Dans ses conversations avec Arnon Mozes, M. Nétanyahou propose de soutenir un projet de loi pour réduire la circulation d’Israel Hayom, grand rival du Yediot. En échange, Arnon Mozes organiserait une couverture plus favorable de son journal sur les activités de M. Nétanyahou. Ce dernier prétend qu’il ne s’agissait que d’une conversation à bâtons rompus. L’ancien chef de cabinet du premier ministre, Ari Harow, qui dispose de nombreuses informations, a accepté de témoigner au profit de l’accusation, pour s’épargner d’autres poursuites.
Les liens entre Benyamin Nétanyahou et Israel Hayom ont été illustrés de façon spectaculaire par le journaliste Raviv Drucker, de la chaîne Channel 10 News. Celui-ci a obtenu, au nom de la loi sur la transparence et sur décision de la Cour suprême, la liste des appels passés par le premier ministre à Amos Regev, alors rédacteur en chef du journal gratuit, au moment des élections législatives de 2013. En 19 jours, les deux hommes avaient parlé quinze fois. En outre, entre 2012 et 2015, M. Nétanyahou s’est entretenu à près de 160 reprises avec Sheldon Adelson.

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Frais de bouche
Le 8 septembre 2017, le procureur général a confirmé que Sara Nétanyahou, l’épouse du premier ministre, serait inculpée pour fraude. Il est reproché au couple d’avoir abusé de l’argent public – à hauteur de 84 000 euros – pour des frais de résidence non justifiés. Les Nétanyahou mettent en cause la responsabilité entière de l’ancien concierge de la résidence, Meni Naftali, qui devrait témoigner comme témoin de l’accusation.
Plusieurs autres enquêtes préliminaires visant le couple Nétanyahou pour de faux contrats de travail passés avec des employés à la résidence ont été fermées, faute de preuves suffisantes, a expliqué le parquet général. A l’automne, une employée de la communauté ultraorthodoxe, qui a travaillé quelques semaines auprès de Sara Nétanyahou, a déposé nommément plainte contre elle pour harcèlement et mauvais traitement.
Le dossier 3 000, ou les sous-marins allemands contestés
L’enquête ne vise pas nommément Benyamin Nétanyahou, mais elle est, politiquement, chargée de menace. Elle ne met pas seulement en cause la gestion de l’argent public et des allégations de pots-de-vin, mais la sécurité nationale. Le dossier porte sur les négociations et l’achat de trois sous-marins à l’Allemagne, selon les termes d’un contrat signé en février 2016, pour un montant d’1,5 milliard d’euros. Et ce alors Israël possédait déjà cinq sous-marins allemands, un sixième devant lui être livré en 2018.

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En février 2017, une enquête criminelle a été ouverte, après des investigations préliminaires de la police. Il est apparu que David Shimron, avocat personnel, confident de longue date et cousin éloigné du premier ministre israélien, servait aussi de conseiller auprès du représentant local du constructeur naval allemand ThyssenKrupp, Michael Ganor. David Shimron aurait utilisé son entregent et ses contacts officiels pour promouvoir les intérêts de ThyssenKrupp. Il a été à nouveau interrogé, le 5 novembre 2017, par l’unité anticorruption Lahav 433.
Soupçonné de blanchiment et de corruption, Michael Ganor a aussi été interpellé. Il est devenu un témoin de l’accusation, donnant du poids à l’enquête policière, par son témoignage et les documents qu’il possède. Michael Ganor a joué un rôle central dans les rapports exclusifs entre le groupe allemand et le gouvernement israélien. Celui-ci était en discussion, à l’origine, avec la Corée du Sud pour l’achat des navires, avant de modifier curieusement ses exigences techniques dans un sens correspondant davantage à l’offre de ThyssenKrupp.
L’enquête policière avance dans plusieurs directions, tant les intermédiaires et les hauts fonctionnaires suspects ou nécessitant d’être entendus comme témoins sont nombreux. Début septembre, ce fut au tour de l’ancien chef de cabinet de M. Nétanyahou, David Sharan, d’être interrogé.
Dossier 4 000, dans le secteur des télécoms
Le directeur général du ministère des communications, Shlomo Filber, est accusé d’avoir permis au groupe Bezeq d’acquérir illégalement des actions du fournisseur de télévision par satellite Yes. Il aurait aussi transmis au groupe des documents confidentiels et œuvré à défendre ses intérêts. Or Benyamin Nétanyahou a gardé, jusqu’en février 2017, le portefeuille des communications. C’est lui qui avait nommé à son poste Shlomo Filber.
Selon un rapport du contrôleur d’Etat, Joseph Shapira, datant de juillet, de nombreuses infractions auraient été commises dans les relations entre le ministère et Bezeq. Les liens entre le premier ministre et le propriétaire de Bezeq, Shaul Elovitch, sont scrutés de près, en raison de soupçons de conflits d’intérêts. D’autant que M. Nétanyahou n’a pas fait toute la transparence sur l’étroitesse de ces liens, au moment de prendre la direction du ministère. Selon les enquêteurs, M. Elovitch aurait gagné illégalement 170 millions de shekels (40,5 millions d’euros) dans l’affaire entre Bezeq et Yes.
L’expérience des affaires
Benyamin Nétanyahou est rompu à l’épreuve des scandales. En 1997, par exemple, la police avait déjà recommandé son inculpation pour fraude et abus de confiance, pendant son premier mandat, sans être suivie par le parquet général. Il était soupçonné d’avoir tenté de promouvoir un affilié au poste de procureur général pour aider l’un de ses alliés politiques. En 2011, le premier ministre israélien avait été au cœur d’une enquête intitulée « Bibi Tour », qui mettait en cause ses frais de voyage ainsi que ceux de sa famille, dans les années 2000. Le parquet général avait fini par fermer le dossier, faute de preuves.
Mais l’affaire qui a marqué les esprits remonte à 1993. Agé à l’époque de 43 ans, M. Nétanyahou postule à la tête du Likoud. Il est jeune, il incarne la relève, il est imprégné de culture et de politique américaine. Il confesse une aventure extraconjugale sur un plateau de télévision. Dans le même élan, il dénonce une tentative de chantage exercée contre son couple. L’affaire se dégonflera vite.



                            


                        

                        


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Russie, terrorisme, Corée du Nord : l’OTAN cherche à s’adapter aux nouvelles menaces

Les ministres de la défense des 29 alliés se penchent sur une réforme délicate des structures de commandement de l’Alliance.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 11h58
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Le dossier semble très technique, il est en fait éminemment politique : les ministres de la défense de l’OTAN doivent s’entendre, mercredi 14 et jeudi 15 février à Bruxelles, sur les grandes lignes d’une nouvelle refonte des structures de commandement de l’Alliance atlantique. Cette « adaptation » – « la plus grande depuis la fin de la guerre froide », selon le secrétaire général Jens Stoltenberg – est proposée par les responsables militaires. Elle vise à rendre l’alliance plus efficace en cas de crise de haute intensité. En clair, mieux dissuader et répondre aux nouvelles menaces venant de certains Etats, au premier rang desquels la Russie. Les décisions concrètes sur ce sujet brûlant devraient être prises en juin. Puis entérinées politiquement, en juillet, lors du sommet des 29 alliés qui se tiendra à Bruxelles.
La dernière édition du grand exercice militaire annuel russe « Zapad », en septembre 2017, a été analysée à l’OTAN comme « une préparation pour une guerre majeure contre un ennemi à parité », comme l’avait souligné le président du comité militaire, le général Petr Pavel. Le renforcement défensif de l’OTAN, qui s’est accéléré depuis l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, concerne autant ses forces conventionnelles que sa posture nucléaire et ses états-majors.
« Effort maximum »
Les deux grands commandants de l’alliance sont à la manœuvre : le général américain Curtis Scaparrotti, commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR), responsable des opérations depuis Mons en Belgique ; et le Français Denis Mercier, commandant suprême à la transformation (SACT), responsable des moyens futurs, depuis Norfolk, aux Etats-Unis. Ils ont souhaité travailler vite, les hypothèses stratégiques ayant, selon eux, radicalement changé. Dans leur vision, la Russie n’est plus un « partenaire » tel qu’on l’avait envisagé en 2002, au moment de la création du conseil OTAN-Russie. Les « printemps arabes » et le terrorisme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Au moment du Nouvel An chinois, le courtier hongkongais CLSA livre un horoscope humoristique annuel axé sur les perspectives de l’économie et la Bourse de Hongkong.
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Economie : dans le zodiaque chinois, le chien appelle à la prudence…

Au moment du Nouvel An chinois, le courtier hongkongais CLSA livre un horoscope humoristique annuel axé sur les perspectives de l’économie et la Bourse de Hongkong.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 15h18
    |

            Florence de Changy (Hongkong, correspondance)








                        



   


Onzième animal du zodiaque chinois, le chien a la réputation rassurante de meilleur ami de l’homme, connu pour sa loyauté, son honnêteté et son rôle de protecteur ou de gardien. Mais il lui arrive aussi d’aboyer ; il peut même mordre… L’heure est donc à la prudence et aux décisions raisonnées. « Les entrepreneurs ont intérêt à privilégier leurs clients les plus fidèles, et les investisseurs ne doivent pas viser des os plus gros que leur gueule », suggère Alec So, l’économiste du courtier basé à Hongkong CLSA, qui, comme tous les ans, se livre à un horoscope humoristique de l’année à venir, mélange d’analyse réelle et de géomancie chinoise, axé sur les perspectives de l’économie et la Bourse de Hongkong.
Dans le zodiaque chinois, l’animal revient tous les douze ans (pour le chien, ce sont les années de naissance 1946, 1958, 1970, 1982, 1994, etc.), mais est également associé à l’un des cinq éléments fondamentaux, l’or (ou métal), le bois, l’eau, le feu et la terre. Avec la nouvelle lune du 16 février, l’année du chien de terre va mettre fin à l’année du coq de feu. La concordance d’un animal et d’un élément ne se présente donc que tous les soixante ans. Bill Clinton, George W. Bush et Donald Trump sont tous trois nés sous le signe du chien de feu.
L’exercice est devenu une tradition
Pour la Bourse de Hongkong, cette année devrait commencer par « un sprint à la sortie de la niche », qui va toutefois se finir par un roulé-boulé dans les fourrés au printemps. En 2017, la valeur de la Bourse de Hongkong a gagné 36 %. En juillet, l’index a atteint son plus haut score depuis dix ans. Il a toutefois perdu 9 % au cours de la semaine dernière.
Cet horoscope décalé a démarré en 1992 avec une carte de vœux du CLSA contenant quelques prédictions quant aux surprises à attendre du singe. Les sept principaux soubresauts de la Bourse ayant alors été « devinés » avec une précision surprenante, les prédictions du CLSA sont, depuis, attendues et écoutées avec plus de sérieux qu’elles ne le méritent, admet, lui-même, le courtier. L’exercice est devenu une tradition que la plupart des médias de Hongkong couvrent assidûment, bien que le coup de génie de 1992 ne se soit jamais vraiment reproduit. En 2011, par exemple, le lapin qui n’était censé que « sautiller » avait fait un grand bond dans le vide et avait perdu 19 %…
Le président français Emmanuel Macron, né sous le signe du serpent de feu, a droit à une mention spéciale dans le rapport du CLSA. « Coopération avec les piliers financiers de l’Etat va rapporter de bons dividendes à la République. A la maison, Macron peut lever un verre au bonheur familial. »



                            


                        

                        


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Les contrôles de police n’ont pas d’incidence sur la délinquance, selon une étude anglaise

Un article publié en janvier dans le « British Journal of Criminology » montre qu’entre 2004 et 2014, à Londres, les contrôles policiers n’ont pas fait diminuer la délinquance.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 11h17
    |

            Julia Pascual








                        



                                


                            

Matteo Tiratelli est chercheur à l’université de Manchester (Grande-Bretagne) et coauteur d’une étude publiée en janvier dans le British Journal of Criminology qui relativise l’effet dissuasif des contrôles de police vis-à-vis des délinquants. En Angleterre, les contrôles d’identité n’existent pas formellement puisqu’il n’y a pas de carte nationale d’identité, mais la police a le droit de pratiquer le stop and search, autrement dit une interpellation, éventuellement assortie d’une fouille.

Votre étude montre que les contrôles de police n’ont pas eu d’impact sur la délinquance à Londres. Comment arrivez-vous à cette conclusion ?
Notre étude se base sur le nombre de contrôles réalisés par les policiers à Londres entre 2004 et 2014. Nous l’avons comparé au nombre de délits enregistrés dans chaque quartier de la capitale pour en mesurer l’effet, d’une semaine à l’autre, d’un mois à l’autre. Notre principale conclusion est que le nombre de contrôles réalisés ne semble pas avoir d’impact significatif à moyen terme sur la délinquance, qu’il s’agisse des cambriolages, des vols, des atteintes aux véhicules ou du vandalisme. Même pour les faits de violence, l’impact est insignifiant. Une augmentation de 10 % des contrôles sur un mois est associée à une baisse de la criminalité de 0,32 % le mois suivant. L’effet produit est donc tout au plus maginal. Des études menées à New York et Chicago sont parvenues à des conclusions similaires.
Comment expliquez-vous cette absence de corrélation ?
L’idée est communément admise que les contrôles de police ont un effet dissuasif car ils donnent aux gens le sentiment que commettre une infraction est risqué. Par conséquent, ils sont moins susceptibles de passer à l’acte. Nos résultats laissent au contraire penser que les gens ne remarquent finalement pas tant que ça les changements d’intensité dans la pratique des contrôles. Ce qui veut dire qu’il faudrait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ La police israélienne a recommandé mardi la mise en examen du premier ministre israélien, soupçonné notamment de corruption.
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Menacé de poursuites, Nétanyahou assure que son gouvernement est « stable »

La police israélienne a recommandé mardi la mise en examen du premier ministre israélien, soupçonné notamment de corruption.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 11h09
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 13h32
   





                        



   


Au lendemain de recommandations de la police israélienne, préconisant qu’il soit poursuivi dans deux affaires de corruption, le premier ministre, Benyamin Nétanyahou s’est montré serein mercredi 14 février. Dans un discours prononcé à Tel-Aviv, M. Nétanyahou a assuré que la coalition sur laquelle repose son gouvernement était « stable » :
« Je peux vous rassurer : la coalition est stable et ni moi ni personne n’avons de projet d’élections [anticipées]. Nous allons continuer à travailler ensemble pour le bien de nos citoyens israéliens jusqu’à la fin du mandat [prévue en 2019]. »

        Lire :
         

          Israël : la police recommande l’inculpation de Benyamin Nétanyahou pour corruption



Dans un discours tenu dans la même ville, Naftali Bennett, ministre de l’éducation et chef du parti Foyer juif, l’un des piliers de la coalition gouvernementale, a critiqué le premier ministre.
« Accepter sur une période prolongée des cadeaux représentant de grosses sommes, ce n’est pas être à la hauteur des standards » d’une personnalité censée donner l’exemple a estimé M. Bennet, déclarant que « nous sommes dans un Etat de droit, et le premier ministre reste présumé innocent ». Ajoutant que c’est pour cela qu’il avait « décidé d’attendre ». Naftali Bennett a toutefois ajouté qu’il restait au sein de la coalition jusqu’à ce que le procureur général décide ou non de poursuivre le chef du gouvernement.
Du côté de la presse israélienne, le quotidien Yediot Aharonot, hostile à M. Nétanyahou, parle de « début de la fin ». Mais les responsables israéliens et les dirigeants internationaux risquent de traiter encore un certain temps avec une personnalité apparemment sans rival dans son pays, interlocuteur de longue date des plus grands à l’étranger.
Deux affaires :
Mardi soir, la police israélienne avait formellement transmis ses recommandations au parquet général, dans deux des enquêtes visant le premier ministre. Au terme de ses investigations, elle plaide en faveur de son inculpation pour corruption, fraude et abus de confiance dans deux affaires.
Le « dossier 1000 ». Le couple Nétanyahou et son fils Yaïr sont suspectés d’avoir bénéficié des largesses d’un producteur à Hollywood, Arnon Milchan, et du milliardaire australien James Packer, pour un montant de 1 million de shekels (229 000 euros). Le premier leur aurait livré régulièrement du champagne et des cigares, ainsi que des bijoux pour Sara Nétanyahou. En contrepartie, M. Nétanyahou aurait notamment facilité une législation réduisant les impôts pour les Israéliens ayant séjourné longtemps à l’étranger ;
La seconde affaire, le « dossier 2000 », met en cause les liens de Benyamin Nétanyahou et du propriétaire du quotidien Yediot Aharonot, Arnon Mozes, lui aussi visé par la police. Celle-ci dispose d’enregistrements de conversations des deux hommes, qui envisagent un pacte compromettant, aux dépens de Sheldon Adelson. Ce dernier est un milliardaire américain, magnat des casinos, qui a créé en 2007 Israel Hayom, un quotidien gratuit à grand tirage. Dans ses conversations avec Arnon Mozes, M. Nétanyahou propose de soutenir un projet de loi pour réduire la distribution d’Israel Hayom, grand rival du Yediot. En échange, Arnon Mozes organiserait une couverture médiatique plus favorable au gouvernement Nétanyahou de la part de son journal. M. Nétanyahou prétend qu’il ne s’agissait que d’une conversation à bâtons rompus, sans engagement.
Les adversaires de Benyamin Nétanyahou réfutent l’argument des petits cadeaux entre vieux amis. Pour eux, les deux affaires ne sont que la « partie émergée de l’iceberg », une corruption systématisée et des échanges de faveurs auxquels MM. Milchan et Packer ne seraient pas les seuls à avoir contribué.
« Sans équivoque possible, le premier ministre doit démissionner », a répété mercredi le leadeur du Parti travailliste, parti d’opposition, Avi Gabbay. « Il n’estpas digne de rester premier ministre. »
Bientôt douze années au pouvoir
La décision de l’inculpation incombe au procureur général Avichaï Mandelblit, qui a été nommé à ce poste par Benyamin Nétanyahou et qui avait été auparavant son secrétaire du cabinet des ministres. Rien ne l’oblige à prendre une décision rapide, et même inculpé, M. Nétanyahou ne sera pas forcé de se retirer.
Le premier ministre a annoncé lui-même mardi soir qu’il avait fait l’objet ces dernières années d’une quinzaine d’enquêtes plus ou moins avancées, et qu’il n’en était jamais rien sorti. Dans certains cas, la police a recommandé son inculpation, sans que cela soit suivi d’effet.
Les conclusions de la police mettent en question le maintien au gouvernement de M. Nétanyahou, au pouvoir depuis bientôt douze ans au total, et notamment l’attitude de ses partenaires de coalition. Ces derniers n’ont signalé jusqu’alors aucune intention de se désolidariser.



                            


                        

                        

