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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Quatrième volet de la collection « Archéologie », Palmyre, mutilée à deux reprises par l’organisation Etat islamique, est aujourd’hui dans l’attente de son projet de restauration.
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La restauration de Palmyre attend sa feuille de route

Quatrième volet de la collection « Archéologie », Palmyre, mutilée à deux reprises par l’organisation Etat islamique, est aujourd’hui dans l’attente de son projet de restauration.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 18h08
    |

            Florence Evin








                        



                                


                            

Collection « Archéologie ». Quel devenir pour Palmyre, la « perle » du ­désert syrien, classée au Patrimoine mondial de l’Unesco en 1980 et placée depuis 2013 sur la liste des sites en péril de l’organisation onusienne ? Qu’advient-il du « plus beau site antique du monde », dont parlait le ­cinéaste Pier Paolo Pasolini ? ­Mutilée à deux reprises par l’organisation Etat islamique (EI), qui ­occupa la ville d’août 2015 à mars 2016, puis de janvier à mars 2017, « Palmyre est dans une phase de transition, note l’archéologue Mounir Bouchenaki, ­conseiller Patrimoine de l’Unesco qui dirigea le Centre régional arabe pour le patrimoine mondial (2012-2017). L’Unesco organise des réunions avec tous les pays intéressés à la restauration, aucun pays n’est exclu ».Et d’ajouter que « Mikhaïl Piotrovski, directeur ­général du musée de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg [Russie], archéologue arabisant, qui a fait des fouilles en Irak et au Yémen, a offert ses services ». Dès 2016, les experts internationaux se sont mobilisés, enchaînant les colloques, à Berlin, à Varsovie et à Nara, au Japon.

Pour l’heure, « la priorité est à l’humanitaire, à la reconstruction urbaine », résume Nada Al Hassan, responsable des pays arabes à l’Unesco, pour permettre le ­retour des 50 000 habitants dans la ville moderne, en partie ­détruite, toujours sans eau ni électricité. « La mission archéologique multidisciplinaire programmée a été déplacée, dit-elle. Les mesures d’urgence sont réalisées par l’équipe technique de la direction générale des antiquités et des musées (DGAM) de Syrie, notamment sur la citadelle mamelouk et le portique du temple de Bêl », sanctuaire-phare du site, au sud de la ville moderne. Un groupe de l’EI serait toujours actif à 50 km.
Etat des lieux en urgence
Ses vestiges imposants, autour d’une colonnade d’un kilomètre, disent que Palmyre, la Tadmor de la...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ L’obtention de ces cellules sexuelles pourrait permettre de préserver les chances de fertilité de femmes atteintes d’un cancer. Mais chez la souris, les descendants issus de cette technique souffrent fréquemment d’anomalies.
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Des ovocytes humains entièrement cultivés « in vitro »

L’obtention de ces cellules sexuelles pourrait permettre de préserver les chances de fertilité de femmes atteintes d’un cancer. Mais chez la souris, les descendants issus de cette technique souffrent fréquemment d’anomalies.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 18h24
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


Cela avait été fait pour la souris, mais pas pour l’espèce humaine. Une équipe de chercheurs d’Edimbourg, dirigée par Evelyn Telfer, est parvenue à développer in vitro des ovocytes humains jusqu’au stade mature, où ils sont fécondables par un spermatozoïde, à partir des follicules primordiaux que contient le tissu ovarien. Jusqu’ici, cela n’avait été réalisé qu’à partir de follicules plus tardifs ayant déjà accompli une partie de ce développement. Publié dans le numéro de février de la revue Molecular Human Reproduction, leur travail ouvre des perspectives pour mieux traiter certains problèmes de fertilité, notamment chez les femmes atteintes d’un cancer.
La mise en route d’un traitement contre un cancer solide ou une hémopathie maligne, que ce soit une chimiothérapie antitumorale, une radiothérapie ou une chirurgie du pelvis, risque d’entraîner des troubles potentiellement définitifs du fonctionnement des organes génitaux, ovaires ou testicules, avec à la clé un risque d’infertilité. Afin de préserver la fertilité et pour éviter la toxicité pour les ovaires, il est possible de prélever et de conserver soit des ovocytes ou des embryons, soit de conserver du tissu ovarien.
Eviter un recours à la greffe
Cette dernière option permet de restaurer une fonction ovarienne complète par une greffe ultérieure du tissu prélevé. Elle présente toutefois le risque, dans le cas d’un cancer ovarien, que soient réimplantées des cellules malignes présentes dans le greffon. « Il faut se représenter le désespoir de patientes dont le tissu ovarien a été congelé sans qu’on soit sûrs de pouvoir le réimplanter sans risque de métastases », souligne la professeure Nelly Achour-Frydman, responsable de la biologie de la reproduction au Centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains de l’hôpital Antoine-Béclère (Clamart, AP-HP). D’où l’idée de chercher une technique de développement de follicules matures à partir de follicules primordiaux, ce qui dispenserait du recours à la greffe de tissu ovarien. Jusqu’ici, la réalisation d’un tel cycle complet in vitro n’a été menée à bien qu’à partir d’ovaires de souris qui ont permis la naissance de souriceaux.
Mary McLaughlin (Institute of Cell Biology, université d’Edimbourg), première auteure, et ses collègues ont travaillé sur un nombre limité d’échantillons de tissu ovarien, donnés par dix femmes ayant accordé leur consentement à cet acte au cours d’une césarienne. « Il s’agit donc de tissu normal et même performant puisque prélevé chez des femmes enceintes », remarque le professeur Michael Grynberg, chef du service de médecine de la reproduction à l’hôpital Antoine-Béclère.
« Peu de recul sur la descendance »
Les différentes étapes, notamment celle de la division cellulaire qui fait passer l’ovocyte de deux jeux de chromosomes à un seul, ont été accomplies in vitro en trois semaines quand, physiologiquement, le processus se déroule en huit à onze mois chez la femme. Ayant perfectionné sa technique de culture, l’équipe écossaise, qui travaille de longue date sur ces sujets, a ainsi « obtenu des ovocytes qui ont réussi à grossir et à parvenir à un stade de maturation correcte, même si certains produits des divisions cellulaires sont d’une taille trop grande, au détriment de l’ovocyte. Celui-ci est normalement très gros, car il doit assurer seul les besoins de l’embryon pendant ses trois premiers jours », résume la professeure Achour-Frydman, qui estime qu’il s’agit là d’une « belle avancée en biologie ».
A ce stade, rien ne peut, cependant, être déduit sur la compétence pour la reproduction qu’auraient ces ovocytes obtenus in vitro : jusqu’à quel point les chercheurs sont-ils parvenus à mimer la nature ? « Chez l’animal, il y a peu de recul sur la descendance conçue à partir d’ovocytes produits in vitro et pas beaucoup de souriceaux normaux obtenus ainsi. Cela ne marche pas très bien, sans doute parce qu’in vitro, sur un délai court, on doit forcément shunter certaines étapes. Nous n’en sommes donc qu’au tout début », tempère le professeur Grynberg.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Alors que le gouvernement dévoile, mardi, un plan pour réformer le système de santé, reportage à l’hôpital d’Orléans, confronté à des difficultés budgétaires et à des suppressions de postes.
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A l’hôpital d’Orléans, « cette fois, on va devoir accepter de faire moins bien »

Alors que le gouvernement dévoile, mardi, un plan pour réformer le système de santé, reportage à l’hôpital d’Orléans, confronté à des difficultés budgétaires et à des suppressions de postes.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 17h49
    |

                            Eléa Pommiers (envoyée spéciale à Orléans)








                        



   


Il est 19 heures passées à l’horloge de la salle de réveil qui jouxte les blocs opératoires : Christine, infirmière anesthésiste à l’hôpital d’Orléans, termine sa journée, commencée dix heures plus tôt. Elle travaille jusqu’à 48 heures par semaine et peine à prendre ses jours de repos. « On ne peut pas faire plus que ce qu’on fait, je ne vois pas comment », lâche-t-elle, fatiguée.
Comme de nombreux hôpitaux français, l’hôpital d’Orléans (1 752 lits en 2016 et 5 354 employés) est confronté à des difficultés budgétaires en partie dues aux économies demandées chaque année par les gouvernements successifs (1,6 milliard d’économies demandé pour 2018). Dès février, un plan de retour à l’équilibre va entraîner à Orléans la suppression de 75 postes, dont 50 de soignants. « Nous n’avons pas le choix, assure le directeur de l’hôpital, Olivier Boyer. Si nous ne revenons pas à l’équilibre [financier], nous ne serons plus maîtres de la situation. »

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« On travaille avec de l’humain »
Mais, pour les soignants, logique financière et qualité des soins sont peu compatibles. « Je n’aurais jamais cru devoir dire ça de ma carrière, mais cette fois on va devoir accepter de faire moins bien », déplore une cadre de santé ayant requis l’anonymat, qui précise toutefois que la sécurité des patients ne sera en aucun cas affectée.
Dans son service de 60 lits, infirmières et aide-soignantes accueillent ce discours avec dépit et résignation. Au lieu de trois aide-soignantes, elles ne seront bientôt plus que deux pour servir les repas à trente patients, aider les plus handicapés à manger, bouger, marcher, ou encore faire leur toilette. Ou bien aller aider dans d’autres services en difficulté, où elles ne connaissent pas forcément les procédures et les pathologies.
« [Les patients] nous voient courir tout le temps », explique Camille*. Le podomètre qu’elle avait dans la poche jusqu’à récemment lui a appris qu’elle parcourait fréquemment 10 kilomètres durant sa journée de travail. « Certains nous disent qu’ils n’osent pas nous appeler parce qu’on est déjà très occupées, mais ils ne devraient pas avoir à penser ça. »
Le temps qu’elles passent auprès des patients leur semble déprécié en raison de « son manque de rentabilité ». Incompréhensible pour ces aide-soignantes. « Certains ne reçoivent jamais de visites : on ne peut pas les laisser seuls, même si ce temps ne rapporte pas d’argent ! » s’insurge Myriam*, aide-soignante depuis quatre ans. Elle fait référence au système de la tarification à l’activité (T2A), qui rémunère l’hôpital en fonction des actes médicaux réalisés et pousse les soignants à toujours augmenter leur activité. « Le moral, c’est important aussi dans une guérison. On travaille avec de l’humain, il ne faut pas l’oublier. »

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« Un jour, on passera à côté de quelque chose »
Les économies demandées suscitent autant d’amertume chez les infirmières, qui ne sont pourtant pas concernées par les réductions de postes. Elles sont deux pour trente patients, et assurent ne plus avoir le temps de manger.
Dans leurs blouses blanches à liseré bleu, elles passent de chambre en chambre pour donner les traitements, prendre les constantes, faire les visites avec les médecins, vérifier les prescriptions, remplir les papiers d’entrée et de sortie… Sans compter les sollicitations permanentes : les alarmes, déclenchées en continu par les patients, ou les téléphones, qui sonnent plusieurs fois par heure. C’est l’appel d’une famille prenant des nouvelles d’un proche, d’un médecin des urgences cherchant un lit pour un patient, ou d’un malade qui n’a pas pu avoir de secrétaire pour une prise de rendez-vous.
« Avec l’aide-soignante en moins, on va nous demander des tâches en plus, et on va récupérer celles qu’elles nous aidaient à faire, anticipe Adèle*. Un jour, on va finir par passer à côté de quelque chose, à force de faire mille choses à la fois, et il se passera un truc grave. »
« J’ai depuis longtemps le sentiment d’avoir bâclé mon travail quand je rentre chez moi »
Plus loin dans le couloir, Corinne*, sa collègue, opine. Infirmière en fin de carrière, elle a vu la charge de travail augmenter continûment bien avant les récentes suppressions de postes. « J’ai depuis longtemps le sentiment d’avoir bâclé mon travail quand je rentre chez moi, regrette-t-elle. L’hôpital est devenu une entreprise dans laquelle on fait du travail à la chaîne. » Elle n’avait pourtant « pas choisi le service public pour rien ».

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« Le temps, nous l’avons de moins en moins »
Un discours que partagent largement les praticiens hospitaliers d’Orléans. Ils n’ont pas non plus à déplorer de suppressions de postes, mais ils connaissent un sous-effectif chronique en raison des difficultés de recrutement. Aux urgences adultes, la docteure Anne Malet est formelle : son service, qui voit défiler 200 patients par jour, aurait besoin d’un tiers de médecins supplémentaire. Médecin urgentiste depuis près de trente ans, elle a vu, malgré des attentes toujours croissantes, les moyens de l’hôpital se raréfier en raison des économies imposées par les gouvernements.
En effet, les structures manquent pour accueillir un nouveau profil de patients « plus âgés, qui attendent le dernier moment pour venir et ont souvent besoin d’une longue prise en charge », explique-t-elle. Les yeux au ciel, elle s’agace de devoir passer des heures au téléphone pour trouver un lit à un patient dans les services déjà surchargés.

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« L’examen, l’entretien pour établir les antécédents, restaurer l’histoire du patient… tout ça est nécessaire pour bien soigner mais prend beaucoup plus de temps avec les plus âgés, détaille-t-elle. Et ce temps-là, nous l’avons de moins en moins. »
« Schizophrénie de l’hôpital »
Des attentes croissantes, également, en raison de la désertification médicale de la région Centre-Val de Loire, qui oblige les malades à se tourner vers l’hôpital d’Orléans. En neurologie, la docteure Canan Ozsancak les voit affluer en consultation, et se retrouve confrontée à la « schizophrénie de l’hôpital ».
« On nous dit que les consultations ne rapportent pas d’argent. […] Mais on est un service public, et on a tous fait le serment d’Hippocrate : comment dit-on “non” à un patient en consultation, sachant qu’il ne verra personne d’autre ? »
De plus, à ces tâches médicales qui surchargent déjà le quotidien des médecins s’ajoutent les tâches administratives, encore alourdies par les suppressions de postes. Des secrétaires en moins, ce sont, par exemple, des compte-rendus à taper soi-même au détriment du temps de soin, ou à attendre plus longtemps.

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L’argent… « L’argent du matin au soir » : le docteur Willy Mfam en est écœuré. Pour ce chef de service anesthésie-réanimation, l’hôpital public n’est « vu que comme une charge », et les soignants comme « la variable d’ajustement ». Pour lui, comme pour ses collègues, ce sont avant tout les valeurs du service public – égalité dans l’accès et face aux soins – qui sont attaquées par les réformes successives de l’hôpital.
« Qu’est-ce que le service public de la santé ? » C’est à cette question que Willy Mfam attend désormais une réponse précise de la part du gouvernement. A défaut, « ça va craquer », prédit Canan Ozsancak. « Et on n’a pas de parachute. »
* Les prénoms ont été modifiés



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Un homme de 28 ans qui souffrait de violentes douleurs post-opératoires a été soulagé après une courte nage en eau libre. Un cas clinique spectaculaire.
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Combinant observation et modélisation, la « météo de l’espace » tente d’anticiper les dégâts des orages magnétiques.
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Satellites endommagés, villes plongées dans le noir... Comment prédire les dévastatrices éruptions solaires

Combinant observation et modélisation, la « météo de l’espace » tente d’anticiper les dégâts des orages magnétiques.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 17h20
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
En septembre 2017, les émissions radio longue distance ont été brièvement interrompues dans l’hémisphère Nord. En novembre 2003, un système de localisation aérienne a été perturbé pendant plus d’une journée et des satellites de communication endommagés. En 1989, le Québec a été plongé dans le noir pendant neuf heures.
La liste est longue des dégâts qu’engendrent les éruptions solaires, des sautes d’humeur de notre étoile, un milliard de fois plus énergétiques qu’une bombe ­nucléaire à hydrogène. A chaque fois, le Soleil envoie des bouffées de rayonnement et de particules qui causent de belles aurores ­boréales mais perturbent aussi les satellites ou les réseaux électriques. Prédire ces événements est donc aussi important, voire plus, qu’anticiper une chute de neige.
Une équipe du CEA, du CNRS, de l’Ecole polytechnique et d’Inria (institut national de recherche en numérique) vient de franchir une étape importante dans ce but, en décortiquant, dans la revue Nature du 8 février, un mécanisme à l’origine de ces éruptions.
Leur source d’énergie est connue depuis longtemps. C’est un effet dynamo, comme pour l’éclairage d’un vélo, en plus puissant. Le mouvement des particules chargées crée un champ magnétique, qui lui-même induit des déplacements de charges électriques, etc.
Les lieux des « explosions » aussi sont bien connus. Ce sont les énormes taches sombres de plusieurs milliers de kilomètres à la surface rougeoyante de notre étoile. C’est là que des lignes de champs magnétiques, ressemblant à des cordons en torsion ­extrême prêts à claquer, entrent et sortent, limitant la production de rayonnement lumineux.

Restait à trouver l’étincelle. En 2014, la même équipe de chercheurs en avait trouvé une. Un de ces cordons magnétiques s’étire en altitude, gardant ses deux pieds dans les taches sombres. Il grandit, se tord comme un fil élastique et emmagasine de l’énergie, jusqu’à plusieurs milliers de kilomètres dans l’atmosphère solaire....




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ L’histoire naturelle est une science de la vie. Pour cette raison, il faut la remettre au cœur de la formation, au service de chacun, rappellent dans une tribune au « Monde » Bruno David, Marc-André Selosse, Guillaume Lecointre, du Musée national d’histoire naturelle, et Eric Westhof, de l’Académie des sciences.
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤                     
                                                   
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« Enseigner une nouvelle histoire naturelle pour penser aujourd’hui et construire demain »

L’histoire naturelle est une science de la vie. Pour cette raison, il faut la remettre au cœur de la formation, au service de chacun, rappellent dans une tribune au « Monde » Bruno David, Marc-André Selosse, Guillaume Lecointre, du Musée national d’histoire naturelle, et Eric Westhof, de l’Académie des sciences.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h08
    |

Bruno David (Musée national d'histoire naturelle (MNHN)), Marc-André Selosse (Musée national d'histoire naturelle (MNHN)), Guillaume Lecointre (Mus...







                        



                                


                            

Tribune. L’histoire naturelle étudie les composantes et les mécanismes du monde, qu’il soit minéral, végétal ou animal, ainsi que la diversité humaine dans ses dimensions biologiques et sociales.
Elle est présente dans les cursus scolaires et universitaires par les « sciences de la vie et de la Terre ». Elle ne se réduit pas à une histoire ancienne, elle est plus que jamais vivante et dynamique d’innombrables découvertes et par ses liens avec d’autres disciplines.
L’histoire naturelle a fait de formidables progrès qui influencent la vie de chaque citoyen au quotidien comme au long terme. Elle peut être un formidable levier pour contribuer à préparer une société responsable et des citoyens éclairés en ce début de siècle où la crise environnementale et la montée de certains obscurantismes conduisent à une perte de repères.
La réforme du lycée engagée par le gouvernement s’annonce comme une occasion unique de repenser la formation des futures générations. Or, les discussions actuelles sur la réforme du lycée envisagent que l’histoire naturelle puisse être optionnelle à partir de la classe de seconde. Les institutions signataires de cette tribune appellent, au contraire, à mettre l’histoire naturelle au cœur de la formation, au service de chacun et de l’avenir du pays, pour plusieurs raisons.
Etudier et respecter les faits
Nos choix d’avenir doivent être nourris des acquis de l’histoire naturelle : parmi les défis auxquels nos sociétés sont confrontées, les transitions écologiques et environnementales sont pressantes, et font l’objet d’un engagement gouvernemental actif. Chacun fait aussi ses propres choix de vie pour son alimentation, sa santé ou son environnement et ces engagements, individuels et collectifs, doivent pouvoir s’appuyer sur des connaissances avérées.
Parmi les perspectives d’actualité, la redéfinition espérée des relations entre hommes et femmes ou la compréhension du vieillissement et de ses...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ L’idée a longtemps prévalu que l’exercice physique était néfaste pour les patients, mais la recherche scientifique est sans équivoque : ses bénéfices, y compris sur le cerveau, sont démontrés.
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Le sport est tout indiqué contre la sclérose en plaques

L’idée a longtemps prévalu que l’exercice physique était néfaste pour les patients, mais la recherche scientifique est sans équivoque : ses bénéfices, y compris sur le cerveau, sont démontrés.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 09h00
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Halte aux idées reçues ! Il y a une vingtaine d’années, les médecins n’osaient pas proposer une activité physique à leurs patients atteints de sclérose en plaques (SEP). Les pratiques d’endurance étaient même contre-indiquées. Il s’agissait de ne pas accroître la fatigue des patients, on craignait même d’aggraver leur maladie… Mais cela ne reposait sur aucune donnée scientifique.
Aujourd’hui, c’est l’inverse qui est préconisé. La recherche scientifique est sans équivoque. L’activité physique atténue les symptômes, la fatigue, les douleurs… et peut aussi ralentir la progression de la SEP. C’est l’une des affections neurologiques les plus fréquentes chez les jeunes adultes – elle touche environ 80 000 personnes en France. Elle se caractérise par des atteintes de la myéline, une substance qui isole et protège les cellules nerveuses et garantit une transmission rapide des influx nerveux. L’évolution de la maladie varie fortement d’une personne à l’autre. 
« L’exercice est considéré aujourd’hui comme l’un des aspects importants de la prise en charge globale de cette maladie », écrit la société canadienne de la SEP. La docteure Cécile Donzé, chef de service de médecine physique et réadaptation fonctionnelle à l’hôpital Saint-Philibert à Lomme (Nord), spécialisée sur la SEP depuis une vingtaine d’années, le propose aujourd’hui à tous ses patients. « Les études montrent les bénéfices de l’exercice physique sur l’aspect cardiovasculaire et donc le conditionnement à l’effort, les troubles de l’équilibre, le périmètre de marche », décrit la docteure Donzé. Ce qui agit sur le bien-être et diminue la fatigue.
« On peut tout faire »
Une perte de masse musculaire est souvent observée chez ces patients, accentuée par le manque d’activité physique. C’est le cercle vicieux. « Il convient de ne pas tomber dans cette spirale de la sédentarité », recommande Pierre Zaenker (doctorant Staps,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Consommés pour accélérer le développement de la musculature, les stéroïdes anabolisants androgéniques, qui provoquent une addiction forte, peuvent entraîner des atrophies des testicules et des altérations neurocognitives graves.
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Les stéroïdes anabolisants, un poison pour le cerveau

Consommés pour accélérer le développement de la musculature, les stéroïdes anabolisants androgéniques, qui provoquent une addiction forte, peuvent entraîner des atrophies des testicules et des altérations neurocognitives graves.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 06h32
    |

                            Sylvie Burnouf








                        



                                


                            

Se donner les moyens de développer une musculature qui en jette fait manifestement partie des « bonnes résolutions » de début d’année. A partir de données fournies par Google Trends, des chercheurs britanniques se sont intéressés à l’intérêt porté par les internautes aux stéroïdes anabolisants androgéniques – des molécules proches de la testostérone dont la consommation permet de booster le gain de musculature. Leur étude, publiée fin novembre dans International Journal of Drug Policy, décrit un phénomène clairement cyclique : chaque mois de janvier, le nombre de recherches effectuées sur ­Internet grimpe en flèche, pour atteindre un pic au début de l’été… avant de s’effriter progressivement à mesure que la fin de l’année approche.
La facilité avec laquelle ces produits prohibés peuvent désormais être dénichés sur la Toile a sans doute largement contribué à l’évolution du profil des consommateurs : auparavant cantonnée au milieu du sport de haut niveau, la prise de stéroïdes anabolisants est devenue monnaie courante parmi les adeptes des salles de musculation. « Au moins 30 % des bobybuilders en ­prennent », estime Martine Duclos, endocrinologue et chef du service de médecine du sport au CHU de Clermont-Ferrand. Les jeunes aussi en sont friands – essentiellement dans un but ­esthétique, la quête de l’effet « tee-shirt moulant », selon la médecin.

Cette aspiration peut mener les consommateurs à en absorber de très fortes doses, « jusqu’à 1 000 ou 2 000 mg par semaine, note-t-elle, alors que l’organisme d’un sujet jeune ne produit normalement que 250 mg de testostérone par mois ». Or, « le cerveau ne fait pas la différence entre ces molécules exogènes et la testostérone normalement produite par l’organisme », souligne-t-elle. Deux petites structures situées à la base du cerveau, l’hypothalamus et l’hypophyse, ont en effet pour fonction de réguler la production de testostérone : lorsqu’elles...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ La grande serre tropicale du Jardin des plantes, à Paris, présente une myriade d’hybrides de cette fleur exotique et familière.
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Mille & une orchidées illuminent l’hiver

La grande serre tropicale du Jardin des plantes, à Paris, présente une myriade d’hybrides de cette fleur exotique et familière.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 18h30
    |

                            Florence  Rosier








                        



                                


                            
L’Exposition. Ils ont bravé la neige, le froid, les trottoirs de Paris transformés en bourbier ou en patinoire. Vendredi 9 février, de rares intrépides accédaient enfin à la grande serre tropicale du Jardin des plantes : une oasis dans un désert blanc. A l’abri de l’immense verrière art déco, un féerique dépaysement s’offrait à eux.
Sous les imposants ficus de Malaisie, les palmiers géants des Bermudes, les grands bananiers d’Afrique… ils ont découvert un trésor aux mille et une couleurs : les « Mille & une orchidées » de l’exposition – la sixième – organisée par le Muséum national d’histoire naturelle, avec le Jardin botanique de la Ville de Paris, la Société française d’orchidophilie, l’Association française culture et protection des orchidées (AFCPO) et quatre fabricants producteurs.
« Chaque année, les orchidées attirent ici 35 000 visiteurs supplémentaires, se réjouit Denis Larpin, botaniste responsable des collections végétales tropicales vivantes du Museum. Pour beaucoup de civilisations, ces fleurs mystérieuses symbolisent la beauté, la féminité, l’érotisme, la fécondité. Il y a plus de deux mille ans, les Chinois les vénéraient déjà. »

Il existe quelque 35 000 espèces sauvages d’orchidées à travers le monde. « 95 % d’entre elles sont tropicales, mais on en trouve partout. La France en abrite plus de 150 espèces », précise Denis Larpin. L’engouement pour ces fleurs, rapportées des empires coloniaux, a aussi conduit à d’intenses travaux d’hybridation et de sélection artificielles. « Chaque jour, une nouvelle variété est créée. On compte plus de 200 000 hybrides horticoles d’orchidées », ajoute Jacques Souben, de l’AFCPO.
L’exposition offre un aperçu de cette fascinante diversité. Certaines espèces sont discrètes. D’autres sont spectaculaires, comme celles du genre Phalaenopsis ou « orchidée papillon ». Originaire d’Asie du Sud-Est, c’est un des genres les plus...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Cinquante ans après le premier pas de l’homme sur la Lune, notre satellite fait de nouveau rêver des agences spatiales. Trump veut y envoyer des Américains, et deux missions robotisées sont prévues par l’Inde et la Chine.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/02/2018
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Pourquoi retourner sur la Lune ?

Cinquante ans après le premier pas de l’homme sur la Lune, notre satellite fait de nouveau rêver des agences spatiales. Trump veut y envoyer des Américains, et deux missions robotisées sont prévues par l’Inde et la Chine.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 17h42
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 09h16
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
On va remarcher sur la Lune. Du moins si l’on en croit un certain Donald Trump. En effet, dans un décret signé le 11 décembre 2017, le président américain a, en seulement quelques mots, remis notre satellite au cœur de la politique spatiale de son pays : « Les Etats-Unis vont mener le retour des humains sur la Lune pour de l’exploration et de l’exploitation à long terme, suivi par des missions humaines vers Mars et d’autres destinations. » Un choix inattendu. Pour le spécialiste du secteur qu’est Francis Rocard, responsable des programmes d’exploration du Système solaire au Centre ­national d’études spatiales (CNES), « Donald Trump a pris tout le monde à contre-pied, y compris la NASA. Qui est en train de phosphorer… »
Ce n’est pas la première fois que l’agence spatiale américaine subit un changement de cap majeur. En 2004, George W. Bush avait donné le coup d’envoi du programme Constellation, qui visait à renvoyer des humains sur la Lune. Six ans plus tard, son successeur, Barack Obama, annulait ce projet qui avait pris du retard et ne tenait pas ses budgets. Il lui substituait notamment l’idée d’envoyer un équipage vers un astéroïde, avec un voyage vers Mars en toile de fond très lointaine. Et aujourd’hui, Donald Trump, peut-être en raison de son obsession de détricoter ce que son prédécesseur a fait, redonne un coup de barre vers la Lune en revenant au plan de George W. Bush… Un autre connaisseur du monde spatial se montre grinçant :
« Tout le monde se moque de 90 % des décisions de Trump. Pourquoi, sous prétexte qu’il s’agit de la Lune, faudrait-il prendre celle-ci au sérieux ? »

Quoi qu’il en soit, presque un demi-siècle après les premiers pas de Neil Armstrong et de Buzz Aldrin sur notre satellite, en juillet 1969, cette directive du président américain a le ­ mérite de remettre la Lune un peu plus sous le feu de l’actualité. Un peu plus, car 2018 avait déjà une belle coloration lunaire. Chacune de son côté, l’Inde...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ L’Organisation de ­recherche spatiale indienne se prépare à faire ses premiers tours de roue sur la Lune avec sa mission baptisée « Chandrayaan-2 ».
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L’Inde veut alunir pour la première fois

L’Organisation de ­recherche spatiale indienne se prépare à faire ses premiers tours de roue sur la Lune avec sa mission baptisée « Chandrayaan-2 ».



Le Monde
 |    12.02.2018 à 17h41
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 17h44
    |

                            Guillaume Delacroix (Bombay, interim)








                        



                                


                            
Soucieuse de trouver une place digne de son poids démographique et de son potentiel de croissance dans le concert des ­nations, l’Inde, qui se démène sur la terre ferme pour obtenir un jour un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, s’apprête à vivre une ­expérience historique dans l’espace. Quatre ans et demi après avoir réussi la prouesse de placer un engin en orbite autour de Mars, l’Organisation de ­recherche spatiale indienne (Indian Space Research Organisation ; ISRO) se prépare à faire ses premiers tours de roue sur la Lune avec sa mission baptisée « Chandrayaan-2 », mot qui signifie « véhicule lunaire » en sanskrit.
Les préparatifs vont bon train au centre spatial Satish-Dhawan de l’île de Sriharikota, le pas de tir des rives du golfe du Bengale. Pour transporter le matériel « 100 % made in India » destiné à se poser sur la Lune, l’ISRO va utiliser la plus puissante de ses fusées, le GSLV Mk II qui, d’ordinaire, place des satellites en orbite géostationnaire.
« C’est une mission difficile car, pour la première fois, nous allons envoyer sur la Lune un orbiteur, un atterrisseur et un rover. La date du lancement est prévue courant avril et il faudra un à deux mois à la fusée pour se mettre en orbite autour de la Lune », a précisé, lundi 5 février, le nouveau président de l’agence spatiale indienne, Kailasavadivoo Sivan, dans le Times of India. Auparavant, l’atterrisseur avait été éprouvé sur une maquette reproduisant les cratères du sol lunaire.

A la différence de la mission Chandrayaan-1 qui avait consisté, en 2008, à tourner autour de la Lune, Chandrayaan-2 – imaginée à son commencement, en 2007, dans le cadre d’un partenariat avec l’agence spatiale russe, qui a fait long feu – vise cette fois à alunir. « Après avoir atteint l’orbite lunaire à une altitude de 100 kilomètres, le lanceur larguera l’atterrisseur qui entamera alors une descente contrôlée pour se poser en douceur près du pôle Sud de la...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Cette mission, qui serait une première mondiale, représente un défi scientifique et technologique qui confirme les ambitions spatiales de la Chine.
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La Chine à la conquête de la face cachée de la Lune

Cette mission, qui serait une première mondiale, représente un défi scientifique et technologique qui confirme les ambitions spatiales de la Chine.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 17h41
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 17h44
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            
Des puissances spatiales, la Chine est de loin la plus ambitieuse. ­Encore considérée comme une « petite nouvelle » il y a dix ans, la Chine ­s’affirme. Et 2018 devrait voir la confirmation de ces ambitions, avec une mission vers la face cachée de la Lune. Une première mondiale ainsi qu’un défi scientifique et technologique en deux phases : lancement d’un satellite en juin et lancement d’un ­robot roulant sur la Lune en fin d’année.
Jusqu’ici, la Chine se contentait d’égaler les missions pionnières des Etats-Unis et de l’URSS. En 2013, son « Lapin de jade » avait été le premier robot à atteindre la Lune ­depuis 1976. Mais un alunissage sur la face cachée de la Lune serait une première. Un futur exploit que ne manque pas de célébrer la presse d’Etat : « La Chine a obtenu de nombreuses “médailles de bronze”, devenant le troisième pays à réussir un certain nombre de missions (…), mais la mission Chang’e 4 sera une vraie première, si c’est une réussite », écrivait ainsi le quotidien nationaliste Global Times en octobre 2017.

La Lune faisant un tour sur elle-même au même rythme qu’elle tourne autour de la Terre (environ vingt-huit jours), c’est toujours la même face qu’elle nous montre. De quoi compliquer une expédition lunaire sur la face cachée car les communications avec la Terre seront bloquées par la Lune. Pour rendre possible une telle mission, la Chine doit donc d’abord envoyer un satellite de 425 kg à proximité de la Lune afin de transmettre les données. Il aura aussi pour tâche de guider la seconde mission, contenant un atterrisseur et un véhicule automatisé similaire au « Lapin de jade ».
A l’abri des signaux radio terrestres
La face cachée de la Lune constitue un point d’observation privilégié de l’Univers, à l’abri des signaux radio terrestres. De quoi faire rêver les spécialistes qui observent les ­signaux de l’Univers naissant. C’est le cas de Heino Falcke, astronome de l’université de Nimègue (Pays-Bas) :...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Le cliché, réalisé par la sonde de la NASA, montre un objet de la ceinture de Kuiper. Aucune image n’avait, jusqu’alors, été prise aussi loin de la Terre.
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La sonde New Horizons publie une « photo » de son voyage à 6,12 milliards de km de la Terre

Le cliché, réalisé par la sonde de la NASA, montre un objet de la ceinture de Kuiper. Aucune image n’avait, jusqu’alors, été prise aussi loin de la Terre.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 17h19
   





                        



   


Point vert sur fond bleuté. Ce n’est pas une œuvre d’art d’avant-garde, mais une image prise par la sonde américaine New Horizons, lancée en 2006. Sa particularité ? Aucune image n’avait, jusqu’alors, été prise aussi loin de la Terre.
Le cliché a été réalisé par la sonde en décembre 2017, alors qu’elle se trouvait à 6,12 milliards de kilomètres de la Terre, soit plus de 20 000 fois la distance séparant la Terre de la Lune. L’image montre un objet de la ceinture de Kuiper, nommé 2012 HZ84. Une autre image, similaire, montre l’objet 2012 HE85.

   


La sonde New Horizons, en hibernation depuis quelques semaines, s’était rendue célèbre en envoyant les images les plus précises jamais prises de la planète naine Pluton, qu’elle avait survolée en juillet 2015.
Le prochain objectif de la sonde américaine est un objet de la ceinture de Kuiper, nommé 2014 MU69 : il s’agit d’un corps dont les dimensions ne dépassent pas 50 kilomètres, et que la sonde frôlera à une distance de 3 500 kilomètres en janvier 2019. Elle parcourt actuellement près de 1,1 million de kilomètres chaque jour.
La précédente image, qui détenait le record de distance, avait été prise à une distance de 3,75 milliards de kilomètres de la Terre par la sonde Voyager 1, en 1990. Surnommée « Pale Blue Dot » (« point bleu pâle »), elle montrait la planète Bleue, un simple pixel perdu au milieu de l’espace.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Une équipe de l’Université d’Etat de Géorgie a fait passer le « test du marshmallow » à des singes et trouvé les mêmes résultats que chez les enfants.
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Chez le chimpanzé comme chez l’homme, le « self-control » prédit l’intelligence

Une équipe de l’Université d’Etat de Géorgie a fait passer le « test du marshmallow » à des singes et trouvé les mêmes résultats que chez les enfants.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 06h32
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Ce n’est pas un test, c’est une légende. Une de ces buttes-témoins qui ont marqué l’étude du développement de l’intelligence humaine. En 1972, le psychologue américain Walter Mischel organise à Stanford, en Californie, une série d’expériences sur des enfants. Le dispositif apparaît on ne peut plus simple. L’enfant est installé devant une table. Face à lui, un marshmallow, cette molle friandise que tous adorent. Les scientifiques l’avertissent : s’il parvient à attendre le retour de l’adulte qui conduit le jeu avant de la manger, il en aura deux. Dans le cas contraire, il lui suffit de sonner la cloche.
Un tiers des enfants réussissent à contrôler leur pulsion. Surtout, Mischel parvient à montrer que ces mêmes gamins sont ceux qui présentent les meilleures performances cognitives. Dans les années, les décennies qui suivent, le psychologue et ses disciples découvrent que devenus adolescents puis adultes, ils décrochent de meilleurs diplômes, de meilleures rémunérations, échappent davantage à l’obésité, à la drogue.
Pour un avenir meilleur
Professeur associé à l’université d’Etat de Géorgie, aux Etats-Unis, Michael Beran a découvert le « fameux test » dès ses premières années d’études. « C’est un instrument très puissant : il permet d’observer si un individu choisit ou non d’attendre pour un avenir meilleur, mais aussi pendant combien de temps il résiste, ses stratégies pour y parvenir. Quand j’ai commencé à m’intéresser aux primates non humains, j’ai décidé de m’en emparer. »
Avec d’autres collègues, il a ainsi montré, dans les années 2000, que les chimpanzés et les orangs-outans − ou plutôt certains d’entre eux − présentaient les mêmes capacités de self-control. « Les singes rhésus et capucins réussissent spontanément moins bien mais certains apprennent à attendre assez longtemps », précise-t-il. Restait toutefois une inconnue, qui obsédait Michael Beran :
« Les chimpanzés les plus patients étaient-ils aussi les plus intelligents ? »

Dans...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Le « scarabée bombardier » oblige son prédateur à le vomir, au bout d’un temps allant de 12 à 107 minutes, grâce à un jet chimique brûlant.
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Il ressort vivant de l’estomac du crapaud

Le « scarabée bombardier » oblige son prédateur à le vomir, au bout d’un temps allant de 12 à 107 minutes, grâce à un jet chimique brûlant.



Le Monde
 |    11.02.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 06h11
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Zoologie. D’abord, Shinji Sugiura a entendu une petite explosion, un « bu » ou « vu » en provenance des entrailles du crapaud. Le biologiste de l’université de Kobe, spécialiste des insectes, a attendu quelques dizaines de minutes, à observer l’amphibien, manifestement indisposé. Jusqu’à ce que ce dernier vomisse. Sans surprise, il a vu sortir de l’estomac de l’animal un coléoptère entouré de mucus. « Ce qui m’a beaucoup plus étonné, c’est qu’il bougeait, il était vivant », raconte le scientifique.
Avec son collègue Takuya Sato, il a alors reproduit l’expérience, à de nombreuses reprises, et observé la même séquence. Le crapaud gobe l’insecte, une sourde explosion retentit. Enfin, au bout d’un temps allant de 12 à 107 minutes, le prédateur régurgite sa proie, intacte. Cette étonnante observation est relatée dans la revue britannique Biology Letters.
L’insecte n’est pas n’importe qui, il est vrai. Le héros de cette version moderne et purement animale de Jonas et la baleine se nomme « bombardier ». Souvent improprement appelé « scarabée bombardier », alors qu’il s’agit d’un carabe, une autre famille de coléoptères, il présente la particularité de disposer d’une arme défensive éminemment destructive : un jet chimique et chaud (100 degrés) que son postérieur projette à 10 m/s (la vitesse d’un sprinteur). Les Japonais l’ont donc baptisé du doux nom d’« insecte péteur ». Il y a deux ans, une équipe du Massachusetts Institute of Technology était parvenue à en décrire le fonctionnement : une mécanique de précision mettant en contact dans une chambre de réaction de l’eau oxygénée et de l’hydroquinone. Ce cocktail explosif, qu’il transforme en jet pulsé et dirigé, le bombardier le manie à merveille.

La preuve par le crapaud. L’amphibien est, en effet, réputé pouvoir tout avaler. Personne ou presque ne résiste à ses sucs gastriques. Mais devant le canon du bombardier, il rend sinon l’âme,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Le recours à l’imagerie cérébrale dans le domaine judiciaire est autorisé en France depuis 2011. Dans une tribune au « Monde », deux chercheurs en sociologie s’en inquiètent, alors que se tiennent les Etats généraux de la bioéthique.
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Le neurodroit, oublié du débat sur la bioéthique

Le recours à l’imagerie cérébrale dans le domaine judiciaire est autorisé en France depuis 2011. Dans une tribune au « Monde », deux chercheurs en sociologie s’en inquiètent, alors que se tiennent les Etats généraux de la bioéthique.



Le Monde
 |    11.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 18h24
   





                        



                                


                            
Par Julien Larregue et William Wannyn
Tribune. La loi bioéthique de 2011 a fait de la France le premier pays du monde à autoriser dans un texte législatif le recours à l’imagerie cérébrale dans le domaine judiciaire. Depuis cette date, l’article 16-14 du code civil autorise un magistrat à mandater un expert en neurosciences afin qu’il évalue les risques de récidive, la véracité d’un témoignage ou le degré de responsabilité pénale d’un prévenu. Cette expertise peut prendre la forme d’une analyse de l’activité électrique et/ou hémodynamique de certaines zones cérébrales pendant que l’individu répond, par exemple, à un interrogatoire de police.
« Alors que les Etats généraux de la loi bioéthique ont débuté le 18 janvier, il est primordial d’ouvrir le débat public sur l’utilisation des neurosciences dans le domaine judiciaire »
Malgré ses répercussions potentielles, l’adoption de cet amendement proposé et défendu par Jean Leonetti est passée relativement inaperçue. Plus grave encore, elle s’est faite contre l’avis des chercheurs présents lors des auditions préparatoires qui s’y étaient unanimement opposés, craignant que cette législation ouvre la porte à des dérives sécuritaires. Alors que les Etats généraux de la loi bioéthique ont débuté le 18 janvier, il est primordial d’ouvrir le débat public sur l’utilisation des neurosciences dans le domaine judiciaire si l’on ne veut pas reconduire le rendez-vous manqué de 2011.

Comme la nomination récente du neuroscientifique Stanislas Dehaene à la tête du Conseil scientifique de l’éducation nationale, l’autorisation de l’expertise neuroscientifique dans le cadre judiciaire illustre bien les attentes sociales et politiques croissantes qui sont placées dans la recherche sur le cerveau. L’utilisation des neurosciences pour orienter les politiques publiques en France remonte à 2009, lorsque le Centre d’analyse stratégique, organe qui assiste le premier ministre dans la...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Le blog de Guillaume Cannat s’intéresse aux deux étoiles  HR 5999 et HR 6000 de la nébuleuse Lupus 3.
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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Plus de 7 % des jeunes de 17 ans présenteraient un risque élevé d’usage problématique, soit environ 60 000 adolescents de cet âge.
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Le désarroi des parents face à la consommation excessive de cannabis

Plus de 7 % des jeunes de 17 ans présenteraient un risque élevé d’usage problématique, soit environ 60 000 adolescents de cet âge.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 11h12
    |

            François Béguin








                        



                                


                            
Que faire lorsqu’un adolescent se met à avoir une consommation excessive de cannabis ? Cette question, des milliers de parents se la posent chaque année en France, avec souvent le sentiment d’être bien démunis et bien seuls pour y répondre.
Aucune famille ne semble a priori immunisée contre une telle situation. Médecin à Bordeaux (Gironde), Stéphanie, qui préfère garder l’anonymat, et son mari, dentiste, n’avaient par exemple jamais pensé que l’un de leurs enfants puisse un jour être concerné par une telle addiction. Lorsqu’un soir celui-ci, alors en classe de troisième, rentre en stop parce qu’il s’est endormi dans le bus de retour du collège, « défoncé » après avoir fumé du cannabis, ils tombent des nues. A cette époque pourtant, avec une consommation quasi-quotidienne, ses résultats scolaires plongent.
Phénomène loin d’être marginal
Fin de l’argent de poche, interdiction de sortie… Stéphanie et son mari multiplient les sanctions mais rien n’y fait. Au domicile familial, les positions se figent, « c’était la guerre », dit la mère de famille. C’est finalement le recours à CAAN’abus, une consultation jeune consommateur (CJC) conseillée par la ligne d’appel gratuite et anonyme Drogue info service, qui permet de faire retomber la tension. « La psychologue nous a aidés à lâcher prise, raconte Stéphanie. On le flique moins. On est moins sur lui, ça ne se termine plus en pugilat, à le plaquer au sol… »
Le phénomène est loin d’être marginal. Selon les chiffres publiés mardi 6 février par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), 7,4 % des jeunes de 17 ans, soit environ 60 000 adolescents d’uniquement cet âge, seraient susceptibles de présenter en 2017 un « risque élevé d’usage problématique » de cannabis. Une population qui représentait un quart (24,9 %) des jeunes ayant fumé au moins une fois dans l’année écoulée, en hausse de 3 points par rapport à 2014 (21,9 %).
Ces...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Au menu : les fourmis sources de futurs antibiotiques ; prévoir les éruptions solaires ; une androïde va présenter un journal télévisé au Japon, etc.
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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Deux chercheurs de l’université de San Diego l’ont montré : on a tendance à mieux apprécier une histoire lorsqu’on en connaît la fin.
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