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Ce qui a changé depuis l’affaire Cahuzac

L’affaire qui a entraîné la démission de l’ancien ministre du budget, dont le procès en appel s’est ouvert lundi, a fait évoluer les règles du jeu pour les élus.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 17h53
    |

            Gary Dagorn








                        



   


L’affaire Jérôme Cahuzac, spectaculairement dénouée par les aveux de ce dernier début avril 2013 après qu’il eut démenti fermement quatre mois durant les informations de Mediapart, et dont le procès en appel s’est ouvert, lundi 12 février, n’a pas eu de conséquences que pour le ministre du budget démissionnaire. Elle a également contribué à faire évoluer les règles du jeu politique.
Un premier projet de loi relatif « à la transparence de la vie publique » est déposé le 24 avril 2013 au secrétariat de l’Assemblée nationale par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, dont l’image est écornée et qui choisit d’engager la procédure accélérée sur ce texte écrit en moins de trois semaines (une procédure qui permet l’examen d’un texte quinze jours après son dépôt au lieu de six semaines et une seule lecture par assemblée).
Cette première réponse à l’affaire Cahuzac et plus généralement aux scandales qui ont émaillé la vie politique française depuis quelques années est finalement adoptée le 11 octobre 2013.
Le contrôle du patrimoine et des intérêts des élus
La loi d’octobre 2013 crée la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), une administration indépendante dont la mission est de contrôler les déclarations d’intérêt et de patrimoine de milliers d’élus, collaborateurs et hauts fonctionnaires en début et en fin de mandat. Au total, la HATVP estime désormais à environ 15 800 les postes ou fonctions qui sont soumises à ces obligations.
Théoriquement, les personnes contrôlées risquent des sanctions pénales en cas de non-transmission des documents (3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende, porté à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende pour les membres du gouvernement). Les ministres et personnalités nommées en conseil des ministres risquent également jusqu’à dix ans d’inéligibilité en cas d’infraction portant atteinte à la moralité publique.
Le principe d’une haute autorité s’inspire au départ du rapport de la commission de réflexion sur la prévention des conflits d’intérêts, constituée en septembre 2010 à la demande de Nicolas Sarkozy, en pleine affaire Woerth-Bettencourt.
Au départ, la HATVP n’était composée que des six agents transférés de la commission pour la transparence financière de la vie politique qu’elle remplace, des moyens « inadaptés » pour gérer les quelque 20 000 déclarations que ses agents devaient vérifier en 2014. Depuis, même si la HATVP a vu ses effectifs progresser (jusqu’à 40 agents en 2016), ses moyens restent relativement limités pour vérifier l’intégralité des déclarations qu’elle reçoit. En 2016, cela représente 150 déclarations par agents.


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Budget et effectifs de la HATVP
Crédits de paiement annuels et nombre d'agents (collège exclu) de la HATVP. Les effectifs en 2014 correspondent au nombre moyen d'agents sur l'année.

Source : HATVP (Rapports d'activité 2015 et 2016)



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Dans son rapport d’activité 2016, la HATVP indique qu’environ 6 % des déclarants vérifiés ont été relancés pour absence de déclaration ou oublis substantiels d’éléments, que 1,4 % des déclarants vérifiés ont reçu une injonction et qu’aucun d’entre eux n’a fait l’objet d’une traduction en justice, contre huit cas en 2015. Des chiffres qui indiquent une amélioration, mais celle-ci est à relativiser tant le nombre de déclarations non vérifiées reste élevé.
Une faiblesse que vient souligner une enquête récente de Marianne sur les nombreuses omissions de députés dans leurs déclarations d’intérêts. Ainsi apprend-t-on qu’au 22 janvier, seuls 220 députés sur 577 ont parfaitement rempli leur déclaration d’intérêts et que certains parlementaires ont visiblement eu des oublis substantiels : au moins 19 députés n’ont pas mentionné une ou plusieurs années de revenus et cinq d’entre eux n’ont pas déclaré leurs parts actuelles dans une société. Une trentaine n’a également pas fait figurer leurs sociétés civiles immobilières (SCI). Contactés, la plupart d’entre eux plaident des erreurs de bonne foi. Quelques heures après la publication de l’enquête, 62 déclarations rectificatives ont été publiées sur le site de la HATVP, dont six provenaient de députés contactés par Marianne.
« On lit donc dans ces documents uniquement ce que les candidats veulent bien dire d’eux-mêmes », jugeait en mars 2017 Eric Alt, le vice-président d’Anticor, une association luttant contre la corruption en politique. Le magistrat, qui rappelle que la HATVP n’a « ni pouvoir d’enquête ni pouvoir de police », estime qu’« il est indispensable de donner davantage de moyens à la haute autorité pour qu’elle puisse contrôler plus efficacement les déclarations de patrimoine des élus ».
La prévention du conflit d’intérêts
Outre le contrôle des intérêts des élus qu’impose la loi du 11 octobre 2013, celle-ci donne une définition du conflit d’intérêts afin de prévenir l’interférence entre les intérêts publics poursuivis et les intérêts propres des responsables publics. Par exemple, la loi impose désormais aux membres du gouvernement, aux titulaires de fonctions exécutives locales et aux membres des autorités administratives indépendantes de s’abstenir de prendre part à toute décision s’il existe un risque de conflit d’intérêts. Lorsque ceux-ci interviennent dans le domaine économique, ils doivent obligatoirement déléguer la gestion de leurs intérêts financiers durant toute la durée de leurs fonctions.
La loi limite également les allers et retours entre le privé et le public en interdisant aux ministres, secrétaires d’Etat et aux exécutifs locaux de rejoindre après avoir travaillé pour l’Etat une entreprise avec laquelle ils avaient été en relation durant leurs fonctions. Une disposition préexistante mais limitée auparavant aux fonctionnaires.
Une mesure adoptée par un amendement prévoit aussi que les membres du Conseil constitutionnel ne puissent plus cumuler leurs fonctions avec une activité extérieure rémunérée.
A ceci, la loi du 15 septembre 2017 a ajouté l’interdiction faite aux collaborateurs parlementaires et aux membres des cabinets ministériels ou présidentiels d’être rémunérés par les lobbys, ainsi que la défense, pour les parlementaires, de poursuivre une activité de conseil si elle a été débutée un an avant le début de leur mandat.
L’interdiction du cumul des mandats
La mesure n’est certes pas due à l’affaire Cahuzac, puisqu’elle figurait dans le programme du candidat François Hollande en 2012, mais puisqu’elle a été votée en février 2014, elle fait partie des changements de règles du jeu auxquelles hommes et femmes politiques ont dû se plier depuis 2017 et son entrée en application (et en 2019 pour les députés européens).
Promulgué le 14 février 2014, le texte prévoit qu’il est désormais interdit aux députés, sénateurs et députés européens français de cumuler leur mandat parlementaire avec une fonction exécutive locale (maire, adjoint au maire, président ou vice-président d’un conseil régional, départemental, municipal, d’une assemblée territorial ou d’une intercommunalité).
Selon une enquête des Décodeurs, 56 % des députés disposaient en juin 2017 d’un autre mandat, 68 % d’entre eux étant en contradiction avec la loi. En 2012, le taux de parlementaire en situation de cumul était même de 82 % chez les députés et de 77 % chez les sénateurs.

        Lire aussi :
         

                La liste des 184 députés et maires qui vont devoir abandonner un mandat



La suppression de la réserve parlementaire
La réserve parlementaire, une enveloppe de plusieurs centaines de millions d’euros que pouvaient distribuer députés et sénateurs aux communes et structures de leurs choix, a été supprimée depuis le 1er janvier. Cette enveloppe, existante depuis 1973 à l’Assemblée nationale et depuis 1989 au Sénat, n’était prévue par aucun texte et consistait pour les parlementaires à financer des projets d’investissements divers, dans une discrétion quasi totale.
Critiquée pour ses dérives clientélistes (les parlementaires distribuant cet argent public principalement dans leurs circonscriptions) et son manque d’efficacité, sa suppression a été adoptée par la loi « pour la confiance dans la vie politique » promulguée le 15 septembre 2017. Méconnue du grand public, cette pratique opaque est sortie de l’ombre en 2013, lorsque Hervé Lebreton, président de « Pour une démocratie directe », a obtenu des pouvoirs publics la publication annuelle des sommes versées par les parlementaires.
Outre les dérives locales qu’elle engendrait, la réserve parlementaire était contraire à l’article 40 de la Constitution, qui interdit aux parlementaires toute initiative ayant pour effet de créer ou d’aggraver une charge publique.
Le contrôle des frais des parlementaires
Les frais de mandat des députés et sénateurs sont désormais légèrement mieux encadrés qu’auparavant, depuis l’édiction de nouvelles règles, adoptées par la loi du 15 septembre 2017 et précisées fin 2017 par les bureaux des deux assemblées. Celles-ci stipulent que les parlementaires doivent désormais justifier une grande part de leurs dépenses.
L’enveloppe mensuelle pouvant être dépensée sans justificatifs, qui représentait avant l’intégralité de l’indemnité représentative de frais de mandat (IFRM), la somme mise mensuellement à la disposition des parlementaires (5 373 euros pour les députés et 6 110 euros pour les sénateurs), a été réduite à 650 euros pour les députés et 885 euros pour les sénateurs. Le reste des dépenses des parlementaires devra maintenant être justifié pour être remboursé, à la condition que ladite dépense reste « raisonnable ».
La réforme a toutefois une portée très relative pour les parlementaires, puisque au lieu d’effectuer les remboursements à chaque fin de mois, l’IRFM continuera d’être versée comme une avance aux élus en début de mois. Sachant que les frais ne seront contrôlés que par la seule déontologue de l’Assemblée nationale, Agnès Roblot-Troizier – qui a critiqué vivement la mesure – et que ces contrôles ne pourront concerner aléatoirement qu’environ 120 députés par an sur les 577 que compte le palais Bourbon, le dispositif ne permettra pas d’encadrer efficacement les dépenses des parlementaires.
L’interdiction des emplois familiaux
Elus et membres du gouvernement ne peuvent dorénavant plus employer des membres de leur famille proche comme collaborateurs (conjoints, parents, enfants, beaux-parents et beaux-enfants), sous peine de risquer une peine de trois ans de prison et 45 000 euros d’amende.
Ils peuvent en revanche employer des membres de leur famille élargie (frères, sœurs, beaux-frères et belles-sœurs, anciens conjoints, neveux et nièces) à condition de le déclarer à la HATVP ou au déontologue de leur assemblée.
La mesure est une réponse directe à l’affaire Fillon, dans laquelle l’ancien premier ministre fut accusé d’avoir employé fictivement sa femme, Penelope Fillon, à un poste d’assistant parlementaire.
L’inéligibilité des élus condamnés
Toute personne condamnée pour atteinte à la probité recevra dorénavant une peine complémentaire obligatoire d’inéligibilité. La liste des infractions concernées comprend, entre autres, les violences sexuelles, les faits de discrimination, de racisme, d’escroquerie, d’abus de bien social ou encore d’association de malfaiteurs. Cette peine d’inéligibilité sera inscrite au casier judiciaire des contrevenants.
Cette mesure, qui constitue le premier article de la loi « pour la confiance dans la vie politique » promulguée en septembre 2017, figurait dans le programme d’Emmanuel Macron, qui avait promis que les candidats aux élections devraient avoir un casier judiciaire B2 vierge.
Le maintien du « verrou de Bercy »
Le « verrou de Bercy », qui désigne le monopole qu’exerce le ministère du budget en matière de poursuites pénales pour fraude fiscale (le ministère décide seul des suites judiciaires à donner), n’a pas été supprimé, malgré une levée partielle proposée par le Sénat et rejetée d’une courte majorité à l’Assemblée nationale en juillet 2017.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ L’épouse du ministre de l’intérieur devra, en revanche, faire preuve d’« un surcroît de vigilance et de discrétion » en raison de l’activité de son mari, selon un avis de la justice administrative.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤                     
                                                

L’épouse de Gérard Collomb autorisée à cumuler les fonctions de juge administratif et de responsable de LRM

L’épouse du ministre de l’intérieur devra, en revanche, faire preuve d’« un surcroît de vigilance et de discrétion » en raison de l’activité de son mari, selon un avis de la justice administrative.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 17h25
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 18h13
   





                        


La justice administrative a tranché. Caroline Collomb peut cumuler les fonctions de juge administratif et de responsable de La République en marche (LRM) mais doit faire preuve d’« un surcroît de vigilance et de discrétion » en raison de l’activité de son mari, selon l’avis qu’elle a publié lundi 12 février.
En décembre, un ancien élu LR lyonnais, Eric Forquin, avait appelé le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative, à statuer sur la situation de Caroline Collomb, l’épouse du ministre de l’intérieur, évoquant un « risque de conflit d’intérêts » et de manquement à son « obligation de réserve ».
Le vice-président du Conseil d’Etat, Jean-Marc Sauvé, a demandé au début du mois de janvier l’avis du Collège de déontologie de la justice administrative sur la situation de Caroline Collomb, première conseillère au tribunal administratif (TA) de Paris et « référente » LRM pour le Rhône.
« Si un magistrat administratif peut assumer une fonction de responsabilité au sein d’un parti politique, c’est à la double condition que les obligations inhérentes à cette responsabilité n’affectent pas sa disponibilité pour l’exercice de ses fonctions juridictionnelles et qu’il ne soit pas, du fait de cette fonction, amené à s’exprimer d’une façon qui ne serait pas compatible avec son obligation de réserve », écrit le Collège dans son avis publié sur le site du Conseil d’Etat. « Pour autant, Mme Collomb doit demeurer particulièrement attentive au fait que sa situation d’épouse du ministre de l’intérieur l’expose à ce que ses faits et propos soient tout particulièrement observés », poursuit le Collège, qui appelle Caroline Collomb à « un surcroît de vigilance et de discrétion ».
« Propos lénifiants » du Conseil d’Etat
Caroline Collomb, qui travaillait depuis 2015 au TA de Toulon, a été mutée durant l’été à Paris puis désignée « référente » LRM pour le Rhône, le 6 octobre. Le 18 septembre, le Collège de déontologie avait déjà rendu un avis sur sa mutation, à l’origine d’une polémique. Il ne s’y était pas opposé, appelant toutefois Mme Collomb à être « tout particulièrement vigilante » quant à son « obligation de réserve » et sa « discrétion professionnelle ».
Il avait aussi enjoint le TA de Paris à l’écarter de tout dossier « relevant du ministère de l’intérieur, y compris naturellement au titre du contentieux des étrangers ». Le vice-président du Conseil d’Etat s’était alors fendu d’une « mise au point » en faveur de Mme Collomb. « Il ne saurait y avoir de stigmatisation ou d’interdiction professionnelle tenant aux liens familiaux des juges », affirmait alors Jean-Marc Sauvé.
Joint par l’AFP, Eric Forquin s’est dit « très déçu » par « les propos lénifiants » du Conseil d’Etat qui « prend des gants » avec l’épouse du ministre de l’intérieur. La « situation extrême » de Caroline Collomb est « emblématique » et « nécessitait un avis tranché », estime ce juriste d’entreprise pour qui « le Conseil d’Etat rappelle des règles déontologiques évidentes mais ne statue pas sur la véritable compatibilité » entre les multiples fonctions de Mme Collomb.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Guy Verhofstadt, ancien premier ministre belge, dénonce dans une tribune au « Monde » l’attitude des conservateurs européens qui viennent de refuser les listes transnationales aux élections européennes.
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Parlement européen : « Le coup d’Etat permanent » des conservateurs

Guy Verhofstadt, ancien premier ministre belge, dénonce dans une tribune au « Monde » l’attitude des conservateurs européens qui viennent de refuser les listes transnationales aux élections européennes.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 16h28
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 16h52
    |

Guy Verhofstadt (Président de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe au Parlement européen)







                        



                                


                            

Tribune. Dans l’article 3 de ses statuts, le Parti populaire européen (PPE) qui regroupe les partis nationaux de la droite conservatrice au sein de l’Union européenne (UE), se targue de « promouvoir le processus d’unification et d’intégration fédérale en Europe en tant qu’élément constitutif de l’Union européenne ». Que n’ont-ils appliqué leur propre précepte lors de la dernière session du Parlement européen à Strasbourg pour voter en faveur des listes transnationales ? Quelqu’un pourrait-il nous expliquer ce qui pourrait contribuer davantage à un « processus d’unification et d’intégration » de l’Union européenne que la création d’une démocratie paneuropéenne ?
Tous les cinq ans, les élections européennes s’apparentent en effet à une addition d’élections nationales, où l’Europe est un sujet secondaire, et au terme desquelles des citoyens, au demeurant de moins en moins nombreux, expriment leur mauvaise humeur à l’encontre de leur gouvernement du moment.
Nous proposions de créer une circonscription unique européenne pour un nombre restreint mais symbolique de députés, vingt-sept, soit autant que d’Etat de l’UE à cette date
On se demande bien d’ailleurs pourquoi ils se déplaceraient en masse puisque dans la foulée du scrutin, et dans le huis clos du Conseil européen, les chefs d’Etat et de gouvernement font sortir de leur chapeau souverain le nom du président de la Commission européenne. Aucun électeur, ou presque, n’en aura jamais entendu parler auparavant. Et c’est donc à juste titre qu’il aura ensuite l’impression de subir sa politique, sans avoir eu son mot à dire.
L’opacité de ce système était devenue si lourde à assumer politiquement que le Parlement européen était parvenu à imposer une novation lors des élections européennes de mai 2014 : le « Spitzenkandidät » [chef de fil]. Il était convenu que les partis politiques européens désigneraient chacun un champion dont la vocation était...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Le porte-parole du gouvernement maintient l’objectif de rétablir un service national obligatoire et universel, remis en cause par la ministre des armées.
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Tirage au sort, généralisation puis abandon de la conscription : les péripéties du service national

Le porte-parole du gouvernement maintient l’objectif de rétablir un service national obligatoire et universel, remis en cause par la ministre des armées.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 15h58
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 16h30
    |

            Anne-Aël Durand








                        


Le service national sera bien « obligatoire et universel » a affirmé, mardi 13 février, Benjamin Griveaux. Le porte-parole du gouvernement a corrigé les propos de la ministre des armées, Florence Parly, qui avait déclaré, vendredi, qu’il n’aura probablement pas un caractère obligatoire. Ce rétablissement d’un service imposé à tous les jeunes Français pourrait intervenir plus de vingt ans après la fin du service militaire.
Cet article reprend en partie une publication de 2016 sur les propositions des candidats à la présidentielle. 
1. Quelle est l’origine du service militaire en France ?
La conscription (recrutement de soldats selon leur année de naissance) est un héritage de la Révolution. Elle est instaurée en 1798, par la loi Jourdan-Delbrel. Les citoyens français doivent servir cinq ans sous les drapeaux s’ils sont tirés au sort. Les plus fortunés se font alors remplacer.
En 1905, le service militaire ne dure plus que deux ans. Le tirage au sort est supprimé et les seules exemptions sont médicales. Durant la guerre d’Algérie, entre 1954 et 1962, 1,5 million de jeunes appelés sont mobilisés.
En 1971, on parle de « service national », qui peut prendre la forme d’une coopération internationale ou d’un service civique pour les objecteurs de conscience. Les femmes sont admises sur la base du volontariat. Sa durée est réduite à un an, puis à dix mois (vingt mois pour les objecteurs).
2. Comment a-t-il été abandonné ?
Le 22 février 1996, dans un discours télévisé, le président Jacques Chirac annonce la « suspension » du service militaire, en expliquant que « la conscription ne répond plus aux exigences d’une armée moderne dans un grand pays moderne ».
« Aujourd’hui, le métier de militaire, qui est un superbe métier, s’arrange mal de l’improvisation et de la non-professionnalisation. (…) L’armée française, aujourd’hui, ne nous permet d’envoyer à l’extérieur que 10 000 à 12  000 hommes, et encore, généralement formés de bric et de broc, parce qu’on ne peut pas envoyer les appelés sur les théâtres d’opération extérieurs. Au terme de la réforme [réorganisant] l’armée, nous aurons la possibilité d’envoyer entre 50 000 et 60 000 hommes… »
La loi est votée le 28 octobre 1997. Les jeunes nés après 1979 ne sont plus appelés sous les drapeaux, mais les plus âgés doivent toutefois finir leur service. Les derniers sont libérés de leurs obligations militaires au 30 novembre 2001.
Désormais, 800 000 jeunes filles et garçons doivent participer une fois, entre 16 ans et 25 ans, à la journée défense et citoyenneté (anciennement « journée d’appel et de préparation à la défense »), qui présente le fonctionnement de l’armée, des bases de civisme et permet de réaliser des tests de lecture auprès de toute la population française.
3. Qu’est-ce qui remplace le service national ?
L’armée française est désormais essentiellement constituée de militaires professionnels, au nombre de 202 000 en 2015, auxquels s’ajoutent 100 000 gendarmes.
Mais les citoyens sont encore présents, par le biais de la réserve opérationnelle dans l’armée (28 000 volontaires) ou des gendarmes volontaires ou aspirants (12 000 personnes). Les réservistes, âgés d’au moins 17 ans, sont entraînés et s’engagent à se rendre disponibles au moins trente jours par an. Les volontaires de l’armée, la police et la gendarmerie sont regroupés depuis le 12 octobre 2016 au sein de la « garde nationale », avec l’objectif d’atteindre 72 000 réservistes en un an.

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                « La garde nationale est un simple label »



Par ailleurs, l’engagement au service de la nation a été renforcé ces dernières années par différents dispositifs citoyens :
le service civique, créé en 2010. Facultatif, mais « universel », donc accessible à tous depuis 2015, il est rémunéré 573 euros par mois ;le service militaire volontaire, instauré en 2015, après les attentats de Paris, destiné à réinsérer les jeunes de 18 ans à 25 ans ;le service militaire adapté, un dispositif spécifique à l’outre-mer, maintenu depuis 1961 ;l’établissement public d’insertion de la défense (Epide), également destiné à réinsérer des jeunes éloignés de l’emploi.

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4. Qui souhaite rétablir un service national obligatoire ?
La montée en puissance du service civique et la création de la garde nationale répondent au besoin, exprimé après les vagues d’attentat en France, de recréer une unité nationale et un sens de l’intérêt général. Les nostalgiques présentent aussi le service militaire comme un outil égalitaire, un moment où l’ensemble de la jeunesse se retrouve brassé au sein d’une même institution.
En 2016, un sondage CSA-Direct Matin, montrait que 74 % des personnes interrogées souhaitaient rétablir le service militaire ou civique obligatoire. La question s’est invitée dans la campagne présidentielle 2017, défendue par des hommes politiques de gauche (Jean-Luc Mélenchon) comme de droite (Xavier Bertrand, Nicolas Dupont-Aignan…), alors que d’autres, comme François Fillon s’inquiétaient du coût et de la faisabilité de la mesure.

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                Les partisans du service national donnent de la voix



Lorsqu’il était candidat à la présidence, Emmanuel Macron a proposé d’instaurer un « service national universel, encadré par les armées et la gendarmerie nationale, s’adressant aux jeunes femmes et hommes aptes de toute une classe d’âge », de courte durée, réalisé dans les trois ans suivant le 18e anniversaire. Mais la réalisation de cette promesse crée quelques difficultés.

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                Le service national universel ne « réinventera pas le service militaire »



5. Quels sont les obstacles ?
Le premier problème est financier. Le candidat Macron avait estimé qu’un service universel pour l’ensemble d’une classe d’âge (entre 600 000 et 800 000 jeunes par an) coûterait entre deux et trois milliards d’euros par an. L’armée, dont les effectifs ont été fortement revus à la baisse depuis 1996, risque aussi de ne pas pouvoir accueillir et encadrer des centaines de milliers de jeunes sans formation. Concrètement, de nombreuses casernes ont été fermées en vingt ans.
Enfin, si le service civique est plutôt bien perçu par les principaux intéressés, les 18-25 ans, l’idée de le rendre obligatoire pourrait entrer en concurrence avec leurs autres projets d’insertion, emploi ou formation. En 2015, l’Union des étudiants de France (UNEF) appelait ainsi à ne pas inculquer aux jeunes « une vision punitive de la République » avec des amendes en cas de refus de la conscription.
Un rapport parlementaire, réalisé par les députées Marianne Dubois (Les Républicains) et Emilie Guerel (La République en marche), doit être publié le 21 février. Selon les premières informations obtenues par Le Monde, il conclut qu’il n’est pas possible ou souhaitable de rendre le service universel obligatoire. Mais lors de ses vœux aux forces armées le 30 janvier, le président Macron a annoncé la publication en avril d’un autre rapport sur la question. Qui est donc loin d’être tranchée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Ouvrir l’indemnisation des victimes civiles de la guerre d’indépendance aux Algériens : à Alger, la décision du Conseil constitutionnel laisse dubitatif.
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En Algérie, après l’annonce du Conseil constitutionnel : « C’est comme si la France hiérarchisait les victimes »

Ouvrir l’indemnisation des victimes civiles de la guerre d’indépendance aux Algériens : à Alger, la décision du Conseil constitutionnel laisse dubitatif.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h54
    |

                            Zahra Chenaoui (Alger, correspondance)








                        



                                


                            

« Il y a une logique de réhabilitation de l’Histoire, pour que l’on sache que la France a mené une guerre en faisant des choses pas correctes et qui n’ont jamais été reconnues depuis 1962. » Fwad Hasnaoui, élu de l’Assemblée des Français de l’étranger, se félicite de la décision du 8 février du Conseil constitutionnel français. Ce dernier reconnaît le droit aux victimes civiles algériennes de la guerre d’indépendance (1954-1962) de réclamer une pension à l’Etat français, au même titre que les civils français. Une décision « constructive pour un avenir serein entre les deux pays », estime l’élu.
L’information n’a pas fait la « une » des journaux algériens, ni suscité de réactions des autorités. Elle concerne pourtant toutes les victimes civiles, blessées, tombées malades ou dont la maladie s’est aggravée à cause des conditions de détention entre le 31 octobre 1954 et le 29 septembre 1962, ainsi que leurs ayants droit. Potentiellement donc un nombre très important de personnes, d’autant que les villes elles-mêmes ont été des théâtres de guerre.
« J’ai cru à une blague »
« Au début, j’ai cru que c’était une blague », avoue Abdelkrim Lounis, membre de la Fondation de la Wilaya 4, une association qui recueille les témoignages d’anciens combattants et de militants de la guerre d’indépendance. M. Lounis a perdu son père à cette époque. Arrêté par l’armée française, ce dernier a disparu sans laisser de traces, au début des années 1960 en périphérie d’Alger. Aujourd’hui, son fils demande l’ouverture des archives militaires « pour que les familles puissent enfin savoir et faire leur deuil ». Il commente, interloqué, la décision du Conseil constitutionnel : « C’est insensé. Nos parents sont morts pour des idéaux. Je ne vais pas aller faire la queue devant une administration pour qu’on me donne un chèque. Si la France veut soulager ma douleur, qu’elle m’aide à retrouver les dépouilles de nos disparus. »

En 2005,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Privé de direction depuis le mois de juillet 2017, le mouvement ne sait toujours pas de quoi son avenir sera fait.
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Guerre intestine chez les jeunes LR

Privé de direction depuis le mois de juillet 2017, le mouvement ne sait toujours pas de quoi son avenir sera fait.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h37
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            

« House of Cards », « Sarajevo pendant la guerre » : l’imagination ne manque pas chez Les Républicains (LR) pour qualifier la situation au sein des Jeunes Républicains (JR), la branche « jeunes » du parti de droite. Privé de direction depuis le mois de juillet 2017, le mouvement ne sait toujours pas de quoi son avenir sera fait. Une période d’incertitude qui voit ses responsables s’adonner à des guerres intestines dénuées de tous ressorts idéologiques.
Favori jusqu’au mois de décembre 2017 pour prendre la direction des « JR », Aurane Reihanian, collaborateur de Laurent Wauquiez à la région Auvergne-Rhône-Alpes, a vu son étoile pâlir après des déclarations polémiques dans la presse. Il avait assuré en particulier dans Libération, le 11 décembre, que les enfants nés de PMA « ne devraient même pas exister » – des propos qu’il a regrettés par la suite.
Après cette polémique, de nombreuses voix se font fait entendre pour réclamer au nouveau président de LR, Laurent Wauquiez, une élection en bonne et due forme du nouveau patron des jeunes. En coulisses, les coups bas se sont multipliés chez les prétendants au trône, les uns appelant de manière anonyme des journalistes pour dénigrer leurs adversaires, les autres exhumant, dans le même but, d’anciennes conversations privées. L’affaire n’est pas complètement anecdotique, puisque les JR compteraient encore 10 000 militants, même s’il n’y en a, selon un cadre, « que 2 500 vraiment actifs, grand maximum ».

« Ne pas singer leurs aînés »
« Lors de la réunion du conseil national, le 27 janvier, je les ai appelés à l’unité, à ne pas singer leurs aînés en s’adonnant à des divisions intestines », raconte Geoffroy Didier, secrétaire général délégué de LR. Le mot d’ordre est resté lettre morte. Le jour même, deux soirées concurrentes ont été organisées : l’une par M. Reihanian, l’autre par ses opposants au sein des jeunes wauquiézistes, Erik Tegner...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Jean-Guy de Chalvron, démissionnaire de son poste à la Commission nationale des comptes de campagne, dénonce une procédure « jouée d’avance ».
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Comptes de campagne de la présidentielle 2017 : la colère d’un ex-rapporteur

Jean-Guy de Chalvron, démissionnaire de son poste à la Commission nationale des comptes de campagne, dénonce une procédure « jouée d’avance ».



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 11h32
    |

            Yann Bouchez et 
Anne Michel








                        



                                


                            
Haut fonctionnaire à la retraite, passé par plusieurs ministères, dont celui de l’intérieur, de la fin des années 1990 à 2014, Jean-Guy de Chalvron a consacré sa carrière au contrôle des finances publiques et de la bonne application des réglementations. Chargé par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) de vérifier les finances du candidat Jean-Luc Mélenchon, dans le cadre du contrôle de la campagne présidentielle de 2017, il a démissionné de son poste de rapporteur, le 22 novembre 2017, ainsi que l’a révélé Le Parisien daté du 7 janvier.
Dans un entretien au Monde, M. de Chalvron s’exprime pour la première fois sur les raisons qui l’ont conduit à cette démission, livrant un témoignage inédit sur l’institution. La commission a, selon lui, sous-estimé les dépenses litigieuses du chef de file de La France insoumise, initialement chiffrées à 1,5 million d’euros. L’ex-rapporteur dénonce son fonctionnement opaque et une procédure écrite d’avance.

Comment êtes-vous devenu rapporteur à la commission ?
Inspecteur général de l’administration honoraire, j’ai exercé des fonctions de contrôle pendant une trentaine d’années, avant d’évoluer au moment de ma retraite vers la représentation de l’Etat dans diverses fondations, que je supervise toujours aujourd’hui en qualité de commissaire du gouvernement.
Si j’ai accepté les fonctions de rapporteur auprès de la CNCCFP, en juin 2017, ce n’est donc pas pour me trouver un job d’été. Ce n’est pas non plus pour des raisons financières – nous sommes rémunérés à la vacation, 18 euros la journée – mais parce qu’il me plaisait de travailler au cœur même d’un des grands dispositifs de régulation de notre vie démocratique, voué à la campagne présidentielle et à son financement.
Un rapport de mon corps d’origine, l’inspection générale de l’administration, datant de 2015, m’avait particulièrement frappé. En 2012, l’organisation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Le 13e congrès de l’organisation de jeunesse a été le théâtre de vives tensions internes. Des responsables des jeunes socialistes contestent la nouvelle direction et lui reprochent sa proximité avec Hamon.
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Le Mouvement des jeunes socialistes, terrain de lutte entre le PS et Génération.s

Le 13e congrès de l’organisation de jeunesse a été le théâtre de vives tensions internes. Des responsables des jeunes socialistes contestent la nouvelle direction et lui reprochent sa proximité avec Hamon.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 11h38
    |

            Abel Mestre








                        



                                


                            

C’est le nouveau champ de bataille entre le Parti socialiste et Génération.s, la formation de Benoît Hamon. Lors du 13e congrès du Mouvement des jeunes socialistes (MJS, organisation jeunes du PS), qui s’est tenu les 10 et 11 février à Bondy (Seine-Saint-Denis), de vives tensions sont apparues entre la direction, présentée comme proche de l’ancien candidat à la présidentielle, et les courants minoritaires – rejoints par une partie de la majorité de l’organisation – qui veulent rester dans le giron du PS.
Cette crise arrive au pire des moments pour les jeunes socialistes. Comptant peu d’adhérents (1 500 militants ont voté pour le congrès), le MJS est encore marqué par les révélations de Libération, fin 2017, sur les cas de harcèlements et d’agressions sexuels en son sein. Et l’élection du prochain premier secrétaire du PS, en avril, laisse planer un doute sur sa pérennité. Le sujet du MJS sera, sans aucun doute, au programme du bureau national du Parti socialiste du mardi 13 février, qui accueillera Roxane Lundy, la nouvelle présidente du mouvement de jeunesse.
La direction du MJS se voit aujourd’hui reprocher une opacité financière, des « irrégularités lors des votes de plusieurs fédérations », « l’annulation d’assemblées générales de vote lorsque celles-ci étaient défavorables » et le refus de communiquer « la liste de délégués votants au congrès », selon un texte transmis, dimanche soir, par les contestataires. Résultat : les minoritaires ne reconnaissent pas l’élection de Roxane Lundy. Tout le week-end, le congrès a été rythmé par le chahut dans la salle et les algarades sur les réseaux sociaux. « On appelle le PS à une réaction, au moins à dénoncer ce qu’il s’est passé », affirme Pauline Blanc, qui représente l’un des courants « réformistes » du MJS.

Fraction
Une trentaine de responsables nationaux, huit coordinateurs régionaux et une quarantaine d’animateurs fédéraux et locaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Olivier de Guerre, spécialiste du financement de l’économie sociale et solidaire, rappelle dans une tribune au « Monde » que certaines coopératives ou mutuelles n’ont aucune mission sociale malgré leur statut, et que des entreprises privées en ont une, sans associer les parties prenantes.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤                     
                                                   
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« Il ne faut pas lier la question de la gouvernance des entreprises à celle de l’intérêt général »

Olivier de Guerre, spécialiste du financement de l’économie sociale et solidaire, rappelle dans une tribune au « Monde » que certaines coopératives ou mutuelles n’ont aucune mission sociale malgré leur statut, et que des entreprises privées en ont une, sans associer les parties prenantes.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 17h21
    |

Olivier de Guerre (Fondateur de PhiTrust, société de capital risque, spécialiste de l’économie sociale et solidaire)







                        



                                


                            

Tribune. Les débats récents autour de la question de « l’entreprise à mission » créent des crispations entre des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS), pour qui la structure juridique induit par essence une mission sociale de par sa gouvernance élargie et partagée (un homme, une voix), et certains acteurs de l’économie privée (par exemple le Medef), qui craignent que l’introduction d’une « mission » dans les statuts de l’entreprise induise de fait la nécessité de partager le pouvoir avec toutes les parties prenantes.
Le gouvernement et de nombreux acteurs de l’ESS et de l’entreprise privée (et ce n’est là qu’une « dissociation » terminologique regrettable…) sont quant à eux persuadés que les contraintes sociales et environnementales actuelles nécessitent un engagement fort de toutes les forces vives de la société, et a fortiori des entreprises qui souhaitent intégrer dans leur stratégie la prise en compte de questions sociales et environnementales.

Depuis une dizaine d’années, les « barrières » entre les entreprises de l’ESS et les entreprises privées se sont pourtant bien estompées. De nombreux projets ayant un impact social et environnemental sont portés par des organisations venant de toute la société – associations, coopératives, entreprises… – et ce avec succès, montrant que chacune d’entre elles pouvait apporter une contribution positive pour permettre de répondre à un enjeu social et/ou environnemental.
Prises de position ambiguës
Paradoxalement, certaines coopératives ou mutuelles n’ont aujourd’hui aucune mission sociale si ce n’est leur gouvernance qui permet un engagement différent des parties prenantes associées aux décisions. De même, certaines entreprises privées ont réellement une mission sociale même si toutes les parties prenantes ne sont pas associées aux décisions.

Cela prouve bien qu’il ne faut pas lier la question de la gouvernance des entreprises à celle de l’intérêt...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ La Commission des comptes de campagne a refusé d’intégrer les intérêts des prêts contractés par la présidente du FN pour un total de 827 017 euros.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤                     
                                                   
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D’importantes irrégularités sur les dépenses de Marine Le Pen lors de la présidentielle 2017

La Commission des comptes de campagne a refusé d’intégrer les intérêts des prêts contractés par la présidente du FN pour un total de 827 017 euros.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 12h13
    |

            Yann Bouchez et 
Anne Michel








                        



                                


                            
Voilà une première place dont Marine Le Pen se serait sûrement passée. Avec 873 576 euros de « réformations », la candidate du Front national est, parmi les onze prétendants à la présidentielle de 2017, celle dont les dépenses ont été le plus fortement rectifiées par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP).
Mais Mme Le Pen peut se rassurer : sur un budget initial de plus de 12 millions d’euros, cela n’aura aucune incidence sur le montant qu’elle récupérera de l’Etat. La Commission a, en effet, validé le remboursement de 10,691 millions d’euros de ses dépenses. Il s’agit du maximum auquel peut prétendre un candidat présent au second tour de l’élection.

Néanmoins à y regarder de plus près, les rectifications opérées par la commission mettent en lumière d’importantes irrégularités. La plus substantielle d’entre elles concerne les prêts contractés par la présidente du FN pour financer sa campagne. La candidate a emprunté, en tout, dans le cadre de celle-ci, 11,795 millions d’euros, notamment auprès du FN et de Cotelec, le microparti de Jean-Marie Le Pen. Des prêts indispensables pour la candidate d’extrême droite, en délicatesse avec les banques. Mais surtout, a priori, une très bonne affaire pour ses créditeurs.
En effet, selon nos informations, les intérêts fixés par le FN et Cotelec s’élevaient respectivement à 242 017 euros et 585 000 euros. Ont-ils été surfacturés, enrichissant d’autant les deux structures ? Sans répondre à la question, la CNCCFP a décidé de retoquer ce montant global de 827 017 euros, en se fondant sur le caractère irrégulier des taux d’intérêt des prêts.
Point litigieux écarté
Car les règles sont claires et elles n’ont pas été respectées. Comme l’indique le mémento à l’usage du candidat et de son mandataire daté du 7 avril 2016, « un emprunt auprès d’une formation politique ne peut être contracté avec intérêts ouvrant droit, le cas échéant, au remboursement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Le texte examiné au Sénat a été approuvé par les indépendantistes et les non-indépendantistes.
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Nouvelle-Calédonie : une loi organique pour sécuriser le corps électoral du référendum

Le texte examiné au Sénat a été approuvé par les indépendantistes et les non-indépendantistes.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 10h48
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            
Le Sénat se penche, à partir de mardi 13 février, sur le projet de loi organique établissant les modalités de vote à la consultation sur l’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie qui doit avoir lieu au plus tard en novembre. Ce texte transcrit l’accord politique trouvé le 2 novembre 2017, lors du comité des signataires de l’accord de Nouméa réuni à Matignon, entre les représentants des partis indépendantistes et non indépendantistes. Il vise à favoriser l’inscription sur les listes électorales en Nouvelle-Calédonie et à faciliter les opérations de vote.
L’épineuse question du corps électoral autorisé à prendre part au référendum d’autodétermination prévu par l’accord de Nouméa du 5 juin 1998 envenime les relations politiques sur le territoire depuis des années. Initialement, l’accord fixait des conditions strictes pour établir la notion de « citoyenneté calédonienne » permettant l’inscription sur la liste électorale référendaire.

Coexistence de trois listes
Le système électoral calédonien se caractérise en effet par la coexistence de trois listes. Une, dite générale, pour les élections nationales françaises, ouverte à tous les Français résidant sur place depuis au moins six mois. Une, dite provinciale, pour élire les membres des assemblées de province et du Congrès. Une dernière, dite spéciale, pour la consultation référendaire.
Il faut d’abord être inscrit sur la liste générale pour pouvoir l’être sur la liste spéciale, mais les critères sont plus restrictifs. Pour les non-natifs en Nouvelle-Calédonie et n’ayant pas un parent qui y soit né, il faut y être arrivé avant le 31 décembre 1994 et justifier de vingt ans de domicile en continu. Ces conditions visaient à « figer » le corps électoral appelé à se prononcer sur l’avenir du territoire pour que les populations originaires du pays ne soient pas submergées par les nouveaux arrivants.
Environ 158 000 électeurs susceptibles de prendre part au scrutin référendaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ L’examen de son compte de campagne a mis en lumière de nombreuses irrégularités, dont des dépenses insuffisamment justifiées.
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Présidentielle 2017 : plus de 430 000 euros de dépenses litigieuses pour Mélenchon

L’examen de son compte de campagne a mis en lumière de nombreuses irrégularités, dont des dépenses insuffisamment justifiées.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 15h00
    |

            Yann Bouchez et 
Anne Michel








                        



                                


                            
C’était la décision la plus attendue, depuis l’annonce, début janvier, de la démission d’un des deux rapporteurs chargés de vérifier la régularité du compte de campagne de Jean-Luc Mélenchon, lors de la présidentielle de 2017, sur fond de graves désaccords. Mardi 13 février, le Journal officiel a publié la décision de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) approuvant le budget du chef de file de La France insoumise (LFI), après en avoir toutefois rectifié certaines dépenses litigieuses, à hauteur de 434 939 euros.

Pour substantielles qu’elles soient, ces « réformations » – qui n’ont qu’une incidence marginale sur le montant du remboursement auquel pouvait prétendre le candidat – restent très en deçà du 1,5 million d’euros que le rapporteur démissionnaire estimait non éligibles au remboursement de l’Etat. M. Mélenchon a-t-il profité de la campagne présidentielle pour financer une partie de son avenir politique ?
Selon nos informations, l’examen de son compte de campagne a mis en lumière de nombreuses irrégularités, dont un bon nombre de surfacturations et de dépenses insuffisamment justifiées. Une partie d’entre elles seulement se voient rectifiées à la baisse par la commission.
Parmi les principaux dossiers litigieux, dont l’ex-candidat avait sollicité le remboursement, figurent de nombreuses prestations facturées par une association dénommée L’Ere du peuple. Créée fin 2015, celle-ci a, comme l’indiquent ses statuts, pour objet de « servir de support technique et logistique à toutes initiatives prises au service des idées développées par Jean-Luc Mélenchon pour réaliser la “révolution citoyenne” et apporter son assistance à la promotion et la diffusion par tous les moyens du livre L’Ere du peuple ». Si cet ouvrage est effectivement devenu l’un des succès de librairie de M. Mélenchon, l’association, elle, va surtout se révéler être un prestataire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ La Commission des comptes de campagne a procédé à des rectifications de dépenses qui n’affectent toutefois pas le remboursement, par l’Etat, des frais engagés par les candidats.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤                     
                                                

Présidentielle 2017 : les comptes de campagne des candidats tous validés

La Commission des comptes de campagne a procédé à des rectifications de dépenses qui n’affectent toutefois pas le remboursement, par l’Etat, des frais engagés par les candidats.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 17h20
    |

            Anne Michel et 
Yann Bouchez








                        



   


Neuf mois après le second tour de l’élection présidentielle de mai 2017, la décision de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) est tombée, mardi 13 février. D’Emmanuel Macron à Jacques Cheminade, en passant par François Fillon, tous les comptes de campagne des candidats à la présidentielle ont été approuvés, même si tous l’ont été après « réformations  », c’est-à-dire après des retouches opérées par la commission sur les dépenses ou les recettes des budgets présentés.
Il s’agit d’une bonne nouvelle pour les candidats, qui pourront ainsi être remboursés par l’Etat d’une partie de leurs dépenses, ainsi que le prévoit la loi. Plusieurs plafonds de remboursement sont fixés : 800 423 euros pour les candidats ayant obtenu moins de 5 % des voix au premier tour de l’élection et 8 004 225 euros pour ceux ayant obtenu plus de 5 % ; 10 691 775 euros pour les deux candidats accédant au second tour. Avec cette précision d’importance : les candidats dont l’apport personnel est inférieur à ces plafonds ne peuvent être remboursés qu’à hauteur du montant de leur apport.
Si les rectifications de la commission varient fortement en valeur absolue – du « record » établi par la candidate du Front national, Marine Le Pen (873 576 euros), à la modification la plus faible concernant le compte de Nathalie Arthaud (2 116 euros) –, finalement, ces corrections n’ont que peu ou prou d’incidence sur le montant des remboursements auxquels les candidats peuvent prétendre.

        Lire aussi :
         

                D’importantes irrégularités sur les dépenses de Marine Le Pen lors de la présidentielle 2017



Malgré d’importantes irrégularités dans son compte de campagne, Mme Le Pen est ainsi, de tous les candidats, celle qui percevra le remboursement le plus élevé de la part de l’Etat, soit 10,691 millions d’euros. Les rectifications opérées par la commission n’ont en effet pas eu d’incidence financière pour la candidate d’extrême droite.
Emmanuel Macron, lui, sera remboursé à hauteur de 10,640 millions d’euros, en raison de rectifications liées à des dons non conformes, intégrés à ses comptes de campagne. Pour l’anecdote, Olivier Besancenot, candidat en 2007, reste donc, à ce jour, le seul candidat dont le compte a été « approuvé » sans réserve par la CNCCFP.
A noter, le faible remboursement obtenu par le candidat des Républicains, François Fillon, à hauteur de 2,067 millions d’euros. Ce montant s’explique par le fait que l’apport personnel du candidat, bien aidé financièrement par la manne de la primaire de la droite, s’établissait à ce niveau.

        Lire aussi :
         

                Présidentielle 2017 : plus de 430 000 euros de dépenses litigieuses pour Mélenchon



Le contrôle de la régularité des comptes de la campagne présidentielle fait partie des grandes missions assumées par la CNCCFP, depuis le scrutin de 2007. Celle-ci dispose de trois options : approuver le compte sans réserve, l’approuver après réformations ou le rejeter. Une responsabilité majeure, puisque l’analyse de la commission détermine le montant du remboursement auquel les candidats peuvent prétendre de la part de l’Etat.
Traumastisme de l’affaire Bygmalion
Cette année, le verdict sur la campagne 2017 était particulièrement attendu. La démission, fin 2017, d’un rapporteur chargé de vérifier la conformité du compte de campagne de Jean-Luc Mélenchon a créé le trouble. Ce haut fonctionnaire a refusé d’endosser les conclusions de la commission, qu’il estimait très en deçà de ses propres constatations. Il dénonce aujourd’hui un système opaque ainsi que le manque de moyens d’une commission pourtant investie d’un rôle central dans le fonctionnement démocratique.
En outre, l’affaire Bygmalion reste dans tous les esprits. Lors de la précédente élection présidentielle de 2012, la décision de la CNCCFP avait certes été marquée par le rejet du compte de campagne de Nicolas Sarkozy, pour dépassement du plafond des dépenses autorisées. Mais elle n’avait rien vu de ce scandale de fausses facturations ayant permis une dissimulation de dépenses colossales. Une affaire restée comme un traumatisme pour l’institution, comme d’ailleurs pour les candidats.

        Lire l’entretien :
         

          Comptes de campagne de la présidentielle 2017 : la colère d’un ex-rapporteur



Ainsi, aucun d’entre eux ne s’est approché du plafond des dépenses autorisées pour une campagne présidentielle, fixé à 16,851 millions d’euros pour les candidats s’arrêtant au premier tour et à 22,509 millions d’euros pour les deux finalistes. Emmanuel Macron, le plus dépensier, est resté très loin de ce montant maximal, avec un total de dépenses d’un peu moins de 16,6 millions d’euros.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Le militant nationaliste corse Charles Pieri est entendu par les gendarmes dans le cadre de l’enquête sur la diffusion d’un message injurieux envers la veuve du préfet Erignac.
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L’ex-chef du FLNC en garde à vue dans l’enquête sur les injures visant la veuve du préfet Erignac

Le militant nationaliste corse Charles Pieri est entendu par les gendarmes dans le cadre de l’enquête sur la diffusion d’un message injurieux envers la veuve du préfet Erignac.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 10h31
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 12h52
   





                        



   


Le message avait été publié le 7 février sur Facebook, dans la nuit qui a suivi la cérémonie d’hommage au préfet Claude Erignac, assassiné il y a vingt ans à Ajaccio. La veuve du haut fonctionnaire, Dominique, y était présentée comme « le symbole de la femme française », ces femmes qui « de 1940 à 1944, réussirent à faire 400 000 petits bâtards aux valeureux soldats du Troisième Reich ». Ce message a été diffusé sur le compte « Di l’altu pianu », attribué au nationaliste corse Charles Pieri, ancien chef du Front de libération nationale corse (FLNC).
Convoqué dans le cadre de l’enquête ouverte sur la diffusion de ce message injurieux, M. Pieri a été placé en garde à vue mardi 13 février, a déclaré Eric Bouillard, le procureur de la République à Ajaccio. Convoqué à 10 heures à la gendarmerie de Ghisonaccia (Haute-Corse), Charles Pieri est arrivé avec ses deux enfants, soutenu par une dizaine de sympathisants réunis à l’appel de Sulidarita, une association de défense des prisonniers dits « politiques ».
L’enquête, visant des faits d’« injure par voie de communication », a été ouverte par le procureur de la République à Ajaccio, Eric Bouillard.

        Lire aussi :
         

                Enquête ouverte sur des injures visant Mme Erignac



Réunion à Paris
Le placement en garde à vue de Charles Pieri survient en même temps qu’une réunion à Paris, sous l’égide de la « Mme Corse » du gouvernement, la ministre auprès du ministre de l’intérieur, Jacqueline Gourault, et en présence des dirigeants nationalistes de l’île, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, sur l’inscription de la Corse dans la Constitution – une mesure annoncée par Emmanuel Macron lors de sa visite.
Déplorant mardi matin sur CNews une « déclaration immonde, abjecte », Mme Gourault a salué la réaction « rapide, claire et nette » de Gilles Simeoni, président du conseil exécutif corse, qui a dénoncé fermement le message publié sur Facebook dès dimanche midi. La ministre a en revanche jugé « inquiétant » que M. Pieri reprenne un rôle de premier ordre « dans le parti de Jean-Guy Talamoni », Corsica Libera.
M. Pieri, figure de la violence clandestine, a en effet resurgi dans l’actualité insulaire en participant à la réunion de préparation de la grande manifestation à l’appel des nationalistes organisée le 3 février. Il a également annoncé il y a deux semaines « reprendre une place de responsable dans l’exécutif » du parti de Jean-Guy Talamoni.
« Contenu inacceptable »
« Le contenu de ce texte est inacceptable et contraire à ce que je suis et ce que je pense, au plan philosophique, éthique et politique », avait déclaré Gilles Simeoni. Jean-Guy Talamoni a attendu lundi pour réagir en son nom, après une réaction de son parti : « Quel qu’en soit l’auteur, je n’en partage évidemment pour ma part ni la forme ni la teneur ».
Dans une rare interview accordée à Corse-matin, Charles Pieri avait annoncé avant la visite d’Emmanuel Macron en Corse « reprendre une place de responsable dans l’exécutif » de Corsica Libera. Il avait ensuite participé à la manifestation organisée à l’appel de MM. Talamoni et Simeoni le 3 février, juste avant la visite du chef de l’Etat.
Interrogé lors de cette manifestation sur le retour au premier plan de M. Pieri au sein des instances dirigeantes de Corsica Libera, M. Talamoni avait jugé que sa présence était « dans l’ordre des choses ». « Charles Pieri a toujours fait partie de Corsica Libera. Aujourd’hui, il est à nouveau responsable », avait-il dit, jugeant que c’était « le fonctionnement normal d’une organisation politique ».
La réapparition sur la scène publique de Charles Pieri pourrait toutefois se révéler une épine dans le pied des dirigeants nationalistes, au moment où les discussions reprennent avec le gouvernement.
Mardi, c’est la seule de leurs revendications à laquelle Emmanuel Macron n’a pas opposé une fin de non-recevoir que MM. Simeoni et Talamoni doivent évoquer avec Mme Gourault, à savoir l’inscription de la Corse dans la Constitution. « C’est le début d’une discussion concrète », « nous allons demander aux représentants de la collectivité de Corse ce qu’ils souhaitent précisément à travers la modification constitutionnelle », a-t-elle expliqué.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Un amendement au projet de loi de finances 2018, adopté en décembre, permet à certains élus de revaloriser leurs indemnités jusqu’à 40 %.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤                     
                                                

Cinq questions sur l’augmentation de 40 % des indemnités des grands élus locaux

Un amendement au projet de loi de finances 2018, adopté en décembre, permet à certains élus de revaloriser leurs indemnités jusqu’à 40 %.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 10h08
    |

            Anne-Aël Durand








                        


Alors que la hausse du pouvoir d’achat promise par le gouvernement tarde à être perçue dans l’opinion, des centaines d’internautes se sont émus sur les réseaux sociaux d’une hausse des « salaires » des maires de grandes villes, adoptée dans la loi de finances 2018, qu’ils estiment insuffisamment médiatisée. Qu’en est-il ?
La loi permet-elle à des élus d’être augmentés de 40 % ?
Oui, la loi de finances pour 2018 permet à partir du 1er janvier de majorer de 40 % les indemnités de fonction des grands maires et présidents d’assemblées locales.
Un groupe de sénateurs Les Républicains a d’abord déposé un amendement, adopté le 11 décembre, pour les villes de plus de 500 000 habitants, présidents de région et de département. Lors de l’examen par les députés, la mesure a été étendue aux villes de plus de 100 000 habitants.
L’objectif affiché est de s’aligner sur les rémunérations de la haute fonction publique. Cette augmentation permet aussi de compenser la fin du cumul des mandats, qui s’est traduite par une perte de revenus pour certains maires ou présidents d’exécutifs départementaux ou régionaux qui cumulaient leur poste avec celui de député ou de sénateur.
Qui peut en bénéficier ?
Le ministère de l’intérieur a précisé dans une circulaire quels élus pouvaient bénéficier de cette majoration :
les maires de communes de plus de 100 000 habitants, qui étaient 42 en 2017 ; les présidents des 101 départements français ;les présidents des 22 régions ;les présidents des communautés de communes, métropoles ou communautés urbaines ou d’agglomérations de plus de 100 000 habitants, qui étaient 120 en 2017 ;les présidents de l’assemblée et du conseil exécutif de Corse, de Martinique et de Guyane. En revanche, elle ne peut s’appliquer aux élus de la Polynésie française, de la Nouvelle-Calédonie, de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy et de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Le total atteint près de 300 élus, dont la rémunération maximale peut être portée au maximum à 7 857 euros brut (5 893 euros pour les présidents de communautés de communes).
La revalorisation est-elle systématique ?
Non, elle n’est ni automatique ni obligatoire. Pour s’appliquer, elle doit faire l’objet d’une délibération expresse de l’assemblée concernée (conseil municipal, départemental, régional, etc.). Le montant reste aussi indicatif et constitue un plafond à ne pas dépasser.
Pour des questions symboliques, les élus ne se sont pas précipités. Seul le conseil départemental du Puy-de-Dôme a voté une augmentation de 2 200 euros pour son président, Jean-Yves Gouttebel (PRG), selon France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. Celui-ci a rappelé qu’il exerçait son mandat depuis 2004, « avec abnégation et rigueur, sept jours sur sept et avec tout au plus une semaine de vacances par an ».
A Lille, en revanche, la maire, Martine Aubry, et le président de la métropole ont assuré qu’ils ne demanderaient pas cette hausse, selon La Voix du Nord. Le maire de Reims, Arnaud Robinet, y renoncera aussi, précise L’Union.
Certains élus n’avaient pas attendu ce nouveau texte pour se faire octroyer de fortes augmentations — dans le respect de la loi — après l’entrée en vigueur du non-cumul des mandats. Une enquête de Paris Match de juin 2017 citait les maires d’Orléans, de Cholet ou de Roanne.
Combien cela coûtera-t-il ?
Normalement, rien ou très peu au contribuable. En effet, l’augmentation accordée au président ne peut conduire à dépasser l’enveloppe maximale allouée à l’ensemble des membres (vice-présidents, adjoints, conseillers…). C’est donc aux autres élus locaux que coûtera cette réforme, puisqu’ils perdront une part de rémunération au profit de leur président. Selon un système de vases communicants, l’augmentation de M. Gouttebel fait par exemple perdre « une quarantaine d’euros » aux autres élus, selon France 3.
Toutefois, certains exécutifs locaux n’atteignent pas aujourd’hui les plafonds de rémunération. Dans ce cas, la somme totale augmentera si le président fait revaloriser ses indemnités.
Les autres élus seront-ils aussi augmentés ?
Non, et c’est ce qui les chagrine. Les élus locaux ont appris par une circulaire le 29 janvier qu’ils ne seraient pas augmentés (ou de quelques pour-cent) comme initialement prévu en janvier 2018, mais seulement un an plus tard, en janvier 2019. Leur indemnité est en effet basée sur le point d’indice des fonctionnaires, qui a été gelé en 2018.
La hausse de 40 % réservée aux « grands élus » suscite l’ire de l’association des maires ruraux de France, qui juge la mesure « honteuse » et « démagogique », alors que plus de la moitié des maires perçoivent moins de 658 euros brut mensuels, soit « des indemnités bien inférieures au salaire pourtant modeste de leur secrétaire de mairie ».

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                Réduire le nombre d’élus locaux, un bon calcul ?


Cette question d’augmentation est surtout symbolique, puisque, comme le rappelait le spécialiste des finances publiques René Dosière, interrogé en juillet dans Le Monde, « Les indemnités représentent des sommes très faibles par rapport aux budgets : 1,2 % pour les communes et 0,2 % pour les régions et les départements ». Parmi les 580 000 élus locaux de France, environ 350 000 exercent leur mandat bénévolement.



                            


                        

                        


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Le service universel sera « obligatoire », affirme Benjamin Griveaux

Le porte-parole du gouvernement a affirmé mardi que cette promesse de campagne d’Emmanuel Macron serait universelle et obligatoire. Un rapport parlementaire à paraître préconise le contraire.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 09h41
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 12h31
    |

            Eric Nunès








                        


Nouveau rebondissement dans le feuilleton sur le « service national universel » : le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a affirmé, mardi 13 février, sur Radio Classique et Paris Première que ce service serait obligatoire.
« Le moment que représentera ce service national universel, c’est un moment de rencontre entre la jeunesse de notre pays et la nation, et en partie son armée, mais ça peut être aussi un engagement civique, comment est-ce qu’on donne de son temps utilement à la nation », a-t-il précisé. « National, obligatoire, universel », a-t-il martelé, relancé sur les positions divergentes qui ont semblé apparaître au sein du gouvernement sur son caractère obligatoire.
Cette prise de parole vise à couper court aux questionnements sur le sujet, confirmant celle du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, dimanche 11 février, et infirmant celle de la ministre des armées, vendredi 9 février. Florence Parly avait en effet déclaré au micro de France Inter : « Ce sera un service qui probablement n’aura pas un caractère obligatoire, au sens où les gendarmes viendraient rechercher le réfractaire. »
La faisabilité en question
Cette annonce de Benjamin Griveaux est également faite peu avant la publication d’un rapport parlementaire sur le service national universel par les députées Marianne Dubois (Les Républicains) et Emilie Guerel (La République en Marche). Selon les premières informations obtenues par Le Monde, le rapport, qui doit paraître le 21 février, estimerait qu’il n’est pas possible ou souhaitable de rendre le service universel obligatoire.
Les deux rapporteuses, les députées Marianne Dubois (LR) et Emilie Guerel (LRM), préconisent plutôt la mise en place d’un « parcours citoyen » pour les jeunes de 11 à 25 ans, en trois étapes, « s’appuyant sur les dispositifs existants ».
La première étape serait le socle de l’« apprentissage de la citoyenneté ». Il s’adresse aux 11-16 ans avec la mise en place d’une « semaine annuelle de la défense et de la citoyenneté ». Un temps « obligatoire » mais qui serait réalisé dans le cadre scolaire. Il se « déroulerait au même moment sur l’ensemble du territoire ». Les thèmes abordés seraient « défense et sécurité, résilience, droits et devoirs, mémoire et engagement ». Les établissements seraient autonomes dans la mise en œuvre de cette semaine et les « initiatives locales », bienvenues ;Le deuxième niveau du « service » devrait prendre la forme « d’un rite de passage », selon les rapporteuses. L’idée est d’encourager chaque jeune à effectuer une semaine d’« immersion », un « temps commun », dans le but de « faire se rencontrer les jeunesses de France ». Une période rapide de mixité sociale qui serait conclue par une cérémonie officielle où un représentant de l’Etat remettrait à chaque jeune un passeport citoyen ;Enfin, dernier étage de la fusée, pour les jeunes citoyens actifs de 16 à 25 ans : accompagner les dispositifs d’engagement existants et développer des outils « incitatifs » afin d’encourager à l’engagement associatif, au service civique, préparations militaires… L’intérêt de s’appuyer sur des dispositifs existants est de « présenter un coût raisonnable », soulignent les parlementaires. L’idée d’une période tournée vers les pratiques militaires et encadrée par l’armée, qui figurait dans le programme et le discours du candidat Macron, est par contre absente du rapport.
La question du volontariat
Au-delà de ses préconisations, le rapport tord également le cou à un certain nombre d’idées concernant le retour d’un service national obligatoire. Est-ce qu’un service commun est un outil d’intégration ? « Non », répondent les rapporteuses aux nostalgiques de la conscription, un mythe « relevant plus de l’affichage que d’une réalité ». Quid du rôle des armées qui semblent absentes du plan des parlementaires ? Sur ce point, le rapport rend parfaitement compte du point de vue de beaucoup des cadres de l’armée concernant la formation à la citoyenneté de la jeunesse : ce n’est pas leur rôle. Les militaires, engagés en opération extérieures et intérieures, « n’ont pas à former des citoyens-soldats qui ne combattront jamais, ni à remettre dans le droit chemin 800 jeunes prétendument peu engagés ».
Enfin le service national serait le moyen de pousser les jeunes à s’engager. « IIs sont engagés », répondent les parlementaires, mais pas tous. L’engagement associatif est marqué par une forte reproduction sociale : les adolescents ayant grandi dans une famille elle-même sensibilisée au bénévolat « sont eux-mêmes plus impliqués ».
L’acceptation du nouveau service devra se faire sur la base du volontariat, avertissent les principaux syndicats étudiants. « Le caractère obligatoire supposait que la jeunesse aurait besoin d’être rééduquée, alors que c’est au travers de l’école que l’on devrait éveiller les consciences », selon l’Unef. « Ce n’est pas en créant un service obligatoire qu’on va créer du vivre-ensemble. La jeunesse veut trouver du sens dans ses actes et ses choix, mais ce n’est pas en lui tordant le bras qu’elle va s’exécuter », souligne également Jimmy Losfeld, président de la FAGE, le premier syndicat étudiant.
Nouveau rapport en avril
Que restera-t-il de ce plan dans le futur projet du gouvernement ? « Nous le lirons », répond-on au ministère des armées. La pierre angulaire du futur service national ne sera peut-être pas dans ce rapport, mais dans le prochain. Lors de ses vœux aux forces vives de la nation le 30 janvier, Emmanuel Macron a annoncé qu’un groupe de travail avait été chargé d’amorcer « des travaux de préfiguration et de rendre ses conclusions en avril ». Un groupe de travail constitué sur mesure, qui devrait fournir la charpente du prochain service national.
« On est en train de regarder les modalités techniques », a encore indiqué le porte-parole du gouvernement mardi matin à la radio, interrogé sur la tranche d’âge qui serait concernée. « C’est la totalité d’une classe d’âge, c’est universel, donc les garçons et les filles, et c’est obligatoire ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Yaël Braun-Pivet, Naïma Moutchou (LRM) et Stéphane Peu (GDR) ont visité lundi le centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot. Ils y ont notamment trouvé une petite fille de 13 mois enfermée depuis plusieurs jours avec sa mère.
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En visite en centre de rétention, trois députés constatent entorses à la loi et locaux dégradés

Yaël Braun-Pivet, Naïma Moutchou (LRM) et Stéphane Peu (GDR) ont visité lundi le centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot. Ils y ont notamment trouvé une petite fille de 13 mois enfermée depuis plusieurs jours avec sa mère.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 11h37
    |

            Maryline Baumard








                        



   


A l’entrée de la zone réservée à l’enfermement des familles, le commissaire Pierre Bordereau, directeur des centres de rétention d’Ile-de-France, marque une pause, heureux de montrer aux trois députés le « dispositif anti-pincement de doigts » installé sur les portes. Le détail aurait pu faire son effet. Mais au centre de rétention administrative (CRA) numéro deux du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), lundi 12 février, il a fait un bide.
Les regards des parlementaires se sont plus volontiers arrêtés sur « l’absence de serrures aux toilettes », ou « l’état de certaines chambres aux murs maculés ». Ce qui a vite amené Yaël Braun-Pivet (La République en marche, LRM, Yvelines), présidente de la commission des lois, à affirmer que « si on veut augmenter la durée de rétention, il va falloir adapter sérieusement les locaux ».
Avant de discuter la loi asile et migration qui arrivera prochainement en débat, et prône plus de cent jours de rétention pour préparer l’expulsion d’un étranger, contre quarante-cinq aujourd’hui, Mme Braun-Pivet, Naïma Moutchou (LRM, Val-d’Oise) et Stéphane Peu (GDR, Seine-Saint-Denis) sont venus lundi après-midi constater sur le terrain qui on enferme en CRA et dans quelles conditions.

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                Une loi pour mettre en rétention les « dublinés »



La réponse leur est rapidement apparue sous les traits d’une toute petite fille de 13 mois, qui entamait lundi sa deuxième semaine de privation de liberté, accrochée au dos de sa mère. Cette dernière, une Ivoirienne de 20 ans, avait pourtant deux bonnes raisons au moins de ne pas se trouver là avec son enfant. Ayant laissé ses empreintes pour la première fois en Europe en Italie, elle pouvait y être renvoyée au nom des accords de Dublin. Et la Cour de cassation a estimé, le 27 septembre 2017, que rien dans le droit français ne permettait de placer un « dubliné » en rétention…
La France condamnée six fois
A ce premier contournement de la loi s’ajoute le fait que la France a déjà été condamnée six fois par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour la privation de liberté d’un mineur… Mais les préfectures continuent de passer allègrement outre les décisions des juridictions françaises et européennes.
Au Mesnil-Amelot, les députés ont également découvert un nouveau profil de « retenu » qui donne au centre de faux airs de hall d’aéroport. Une jeune Hondurienne en route pour l’Espagne tourne en rond après avoir passé une dizaine de jours en zone d’attente à Roissy. Elle a été transférée là après son refus de monter dans un vol retour.
Non loin, une Tunisienne, munie d’un visa pour étudier en Ukraine, traîne sa tristesse à l’idée que ses « cours de biologie ont déjà commencé ». Elle aussi se retrouve là pour avoir refusé un retour. « Normal, rétorque-t-elle, il n’est pas question que je retourne en Tunisie puisque je vais en Ukraine. »
Les trois députés, eux, sont repartis vers l’Assemblée nationale, un peu mieux armés pour écrire le futur droit des étrangers. Un droit que, demain, les fonctionnaires sur le terrain pourraient bien s’ingénier à contourner…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Pour faire passer son chantier, Emmanuel Macron doit obtenir l’assentiment des sénateurs. Mais ni le président du Sénat ni sa majorité de droite n’entendent lui faciliter la tâche, rappelle, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».
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Réforme constitutionnelle : « Partie de poker entre le Sénat et l’Elysée »

Pour faire passer son chantier, Emmanuel Macron doit obtenir l’assentiment des sénateurs. Mais ni le président du Sénat ni sa majorité de droite n’entendent lui faciliter la tâche, rappelle, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    13.02.2018 à 06h29
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 09h25
    |

            Gérard Courtois (éditorialiste au Monde)








                        



                                


                            

Chronique. C’est une manie française : au motif de les moderniser, réformer sans cesse nos institutions. Tous les présidents de la Ve République en ont eu la tentation. Bon nombre de ces projets de révision ont échoué (de Gaulle en 1969) ou ont été enterrés. Mais plusieurs ont abouti à des changements déterminants, comme la saisine du Conseil constitutionnel par les parlementaires (1974), la session parlementaire unique (1995), le quinquennat présidentiel (2000) ou la question prioritaire de constitutionnalité (et bien d’autres dispositions) en 2008.
A son tour, Emmanuel Macron a décidé de remettre l’ouvrage sur le métier. Le 3 juillet 2017, devant le Congrès réuni à Versailles, il annonçait son intention de parachever, d’ici à l’été 2018, un important chantier constitutionnel. Trois des modifications envisagées font l’objet d’un large consensus : la suppression de la singulière Cour de justice de la République (chargée de juger les ministres pour des crimes ou délits commis dans l’exercice de leurs fonctions) ; la suppression du privilège accordé aux anciens présidents de la République de siéger, de droit, au Conseil constitutionnel ; la réforme du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), destinée à garantir l’indépendance des magistrats du parquet. A quoi l’on peut ajouter la modernisation du Conseil économique, social et environnemental (CESE).
En revanche, le chef de l’Etat entend mener à bien trois réformes beaucoup plus spectaculaires : la réduction « d’un tiers » du nombre de parlementaires, la limitation du cumul dans le temps des mandats de parlementaires et d’élus locaux (trois mandats successifs maximum) et l’introduction d’une « dose de proportionnelle » dans le scrutin législatif. S’y ajoutent diverses dispositions destinées à simplifier et accélérer la procédure parlementaire. En outre, au fil des dernières semaines, M. Macron a un peu plus chargé la barque en proposant de donner...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ La justice a rouvert l’enquête sur une accusation de viol visant le ministre pour des faits présumés remontant à 2009, et qu’il conteste.
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Enquête pour viol : le ministre Gérald Darmanin entendu par la justice

La justice a rouvert l’enquête sur une accusation de viol visant le ministre pour des faits présumés remontant à 2009, et qu’il conteste.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 19h40
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 06h29
   





                        


Le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a été entendu plusieurs heures dans la matinée, lundi 12 février, en audition libre, par la police, dans le cadre de l’enquête pour viol qui le vise.
La procédure en est au stade de l’enquête préliminaire, et l’audition libre de Gérald Darmanin, révélée par RTL et confirmée au Monde, signifie qu’il n’y a pas eu de garde à vue.
Dans ce dossier, une première enquête avait été classée sans suite en juillet 2017, car son accusatrice, Sophie Spatz, qui avait déposé sa plainte peu de temps après l’entrée de Gérald Darmanin au gouvernement pour des faits remontant à 2009, n’avait pas répondu aux convocations des enquêteurs. Ayant fait savoir qu’elle était prête à répondre aux questions de ces derniers, la procédure a été rouverte le 22 janvier, et son audition a eu lieu jeudi.

        Lire notre enquête :
         

          Gérald Darmanin visé par une accusation de viol



En juin 2017, Gérald Darmanin avait déposé plainte contre son accusatrice pour dénonciation calomnieuse. L’un de ses avocats a toutefois reconnu que le ministre avait eu une relation sexuelle librement consentie avec son accusatrice.
Le ministre, âgé de 35 ans, venu des rangs des Républicains, qui conteste formellement les accusations, garde le soutien du gouvernement et du président de la République, en vertu de la règle selon laquelle seule une mise en examen peut entraîner une exclusion automatique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Un article publié vendredi met en cause le ministre de la transition écologique pour des violences sexuelles.
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Nicolas Hulot veut porter plainte pour diffamation contre le magazine « Ebdo »

Un article publié vendredi met en cause le ministre de la transition écologique pour des violences sexuelles.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 19h19
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 19h22
   





                        


Trois jours après la publication d’un article sur des accusations de violences sexuelles à son encontre, le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a demandé à ses avocats de déposer une plainte en diffamation contre le magazine Ebdo, ont fait savoir ces derniers, lundi 12 février.
« Nous avons reçu pour instruction, Jacqueline Laffont et moi, de lancer cette procédure en diffamation », a déclaré Me Alain Jakubowicz. « Je pense qu’elle sera déposée d’ici la fin de la semaine », a précisé de son côté Me Laffont. La direction d’Ebdo n’a pas souhaité réagir avant de connaître le contenu de la plainte.
La veille de la publication, Nicolas Hulot avait tenu à démentir, sur BFM-TV, des rumeurs « ignominieuses ». Interrogé sur une plainte pour agression sexuelle, il avait reconnu son existence, précisant qu’elle avait été déposée en 2008 par une jeune femme « majeure », concernant « des allégations remontant à 1997 », et qu’elle avait été classée « sans suite ».
Le parquet de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) a confirmé, jeudi soir, le dépôt d’une plainte, le 11 juillet 2008, à l’encontre de M. Hulot, pour un fait commis, selon la plaignante, « onze ans auparavant, alors qu’elle était déjà majeure ». A la suite de cette plainte, « Nicolas Hulot a été entendu dès le 29 août 2008 sur ces faits par les gendarmes de la brigade de recherches de Saint-Malo », a précisé la procureure de la République de Saint-Malo, Christine Le Crom.
Un article « irresponsable »
Pascale Mitterrand, petite-fille de François Mitterrand et fille de Gilbert Mitterrand, a fini par reconnaître être l’auteure de cette plainte. Son nom « a été associé contre son consentement à une tempête médiatique visant M. Nicolas Hulot. Elle-même et sa famille ne cautionnent en aucune manière la publicité » donnée à cette affaire, a écrit l’intéressée dans un communiqué transmis vendredi à l’Agence France-Presse par Me Michel Dufranc, bâtonnier du barreau de Bordeaux, et avocat de la famille.
Figure-clé du gouvernement et atout politique de taille pour Emmanuel Macron sur le terrain de l’écologie, Nicolas Hulot a reçu dès jeudi l’appui immédiat et au diapason de l’exécutif. Le premier ministre, Edouard Philippe, a ainsi adressé « un message de soutien » à son ministre.
Dans une tribune, publiée par Le Journal du dimanche (JDD), la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a qualifié d’« irresponsable » l’article du magazine Ebdo.



                            


                        

                        

