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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. A travers l’histoire d’un produit universel, cette solide enquête relate celle d’un capitalisme brutal, sauvage et triomphant (sur France 2 à 22 h 50).
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TV – « L’Empire de l’or rouge », l’univers impitoyable de la tomate

Notre choix du soir. A travers l’histoire d’un produit universel, cette solide enquête relate celle d’un capitalisme brutal, sauvage et triomphant (sur France 2 à 22 h 50).



Le Monde
 |    13.02.2018 à 17h45
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur France 2 à 22 h 50

   


Après avoir visionné cet étonnant documentaire, votre sauce tomate n’aura sans doute plus tout à fait le même goût. En dégustant cette belle sauce rouge, ce jus appétissant, cette soupe onctueuse, vous pensiez mettre un peu de soleil d’Italie dans votre assiette ? En fait, il y a de fortes probabilités qu’il s’agisse de tomates… chinoises.
Ces dernières alimentent toutes les grandes marques mondiales, Heinz en premier. Et comme jamais l’humanité n’a englouti autant de tomates, les industriels ne lâchent pas l’affaire, conscients des gains énormes que promet le filon. Les Chinois en profitent de plus en plus, les Américains restent dans la course, les Italiens tentent de les suivre.
Pendant deux ans, le journaliste Jean-Baptiste Malet a effectué un tour du monde de la tomate. De Provence en Chine, des Etats-Unis à l’Italie en passant par le Canada et le Ghana, des circuits de production à sa commercialisation et à sa transformation, il en a tiré une solide enquête, L’Empire de l’or rouge, parue chez Fayard (2017).

   


Mise en images par l’expérimenté réalisateur Xavier Deleu, cette enquête offre un passionnant moment de télévision. Car à travers l’histoire d’un produit universel, c’est l’histoire d’un capitalisme brutal, sauvage et triomphant qui se dessine. Avec ses tradeurs richissimes, ses cueilleurs misérables, ses généticiens, ses intermédiaires, ses patrons d’usines peu scrupuleux, l’industrie de la tomate est un business très lucratif. Un marché dans lequel la Chine domine désormais, menant un combat sans merci à l’Italie et aux Etats-Unis.
Ce constat est d’autant plus surprenant que les Chinois consomment très peu de sauce tomate ! Mais grâce aux industriels italiens qui leur ont vendu savoir-faire, technologies et usines à la fin des années 1990, qui les ont aidés à la plantation et à la production, les Chinois sont devenus maîtres en matière d’or rouge. Désormais, le pays le plus peuplé au monde exporte ses conserves à travers la planète. Avec des logos et des marques aux couleurs et consonances italiennes, quelques additifs composés notamment de fibres de soja, le tour est joué.



Avant d’arriver en Chine, la tomate a fait le tour du monde. Depuis sa découverte en Amérique du Sud, elle est arrivée à la cour du roi d’Espagne, au royaume de Naples, avant de s’implanter solidement en Italie. Son industrie s’est aussi développée aux Etats-Unis et dans le sud du Canada. Fondée en 1869, la célèbre H. J. Heinz Company a été rachetée en 2013 par Warren Buffett, deuxième fortune mondiale, pour la somme colossale de 28 milliards de dollars. Depuis, Buffett a fermé cinq usines et supprimé 7 400 emplois.
Ouvriers renvoyés, misérables cueilleurs sous-payés en Afrique, en Chine et même en Italie, l’industrie de la tomate ne fait pas de sentiments. En Afrique, où l’on consomme le plus de concentré par habitant au monde, la guerre entre Chine et Italie fait rage. Au Ghana, les ouvriers locaux sont payés quatre fois moins que leurs collègues chinois.
La Chine a donc délocalisé une partie de sa production là où la main-d’œuvre est la moins chère. Et ainsi de suite. Dans le sud de l’Italie, des migrants réduits en esclavage, parqués dans des hangars, cueillent des tomates dans des conditions éprouvantes et pour une somme dérisoire. La sauce tomate, symbole inattendu d’un capitalisme obscène ? Bon appétit.
L’Empire de l’or rouge, de Jean-Baptiste Malet et Xavier Deleu (France, 2016, 75 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A voir aussi ce soir. Un nouveau magazine de vulgarisation entend nous instruire et nous divertir sur les domaines du quotidien (sur France 2 à 20 h 55).
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TV – Stéphane Bern régale avec sa « Fabuleuse histoire… du restaurant »

A voir aussi ce soir. Un nouveau magazine de vulgarisation entend nous instruire et nous divertir sur les domaines du quotidien (sur France 2 à 20 h 55).



Le Monde
 |    13.02.2018 à 17h30
    |

            Christine Rousseau








                        


Magazine sur France 2 à 20 h 55



A côté des récits de batailles, des intrigues de palais ou des portraits de têtes couronnées, l’histoire matérielle et sociale reste le parent pauvre des émissions historiques grand public. Tout juste n’y apparaît-elle que fortuitement par petites touches décoratives. Sans doute est-ce pour réparer cet injuste traitement que France 2 lance « La Fabuleuse histoire » : un nouveau magazine, produit par Capa, qui entend nous instruire autant que nous divertir sur des domaines du quotidien aussi divers que les loisirs, l’éducation, la santé ou encore la cuisine. Cette dernière inaugurant cette collection à travers la création et le développement des restaurants.
Pour passer le plat, on retrouve sans surprise l’incontournable « M. Histoire » de la chaîne : Stéphane Bern. Déployant ici davantage ses talents d’animateur – souvent très drôle – que de conteur au verbe fleuri, il nous entraîne, en costume d’époque, d’une auberge du Moyen Age à une guinguette du siècle dernier, d’une maison de café du XVIIIe siècle aux cuisines d’un palace, au fil d’un périple aussi instructif que savoureux.

   


Si les historiens de l’alimentation et des arts de la table, tels que Pascal Ory, Florent Quellier, Julia Csergo, viennent apporter de multiples éclairages, la leçon se veut résolument divertissante et ludique. Elle ouvre d’ailleurs à quelques travaux pratiques piquants pour les candides « commis » qui entourent Stéphane Bern : Grégory Cuilleron et Nathalie NGuyen. Les deux jeunes cuisiniers passés par les fourneaux de « Masterchef » et de « Top Chef » sont soumis à divers défis. Comme de concevoir, avec le matériel de l’époque, un gravé d’écrevisse à partir du Viandier de Taillevent (1310-1395), un des tous premiers livres de cuisine, attribué à celui qui officia à la cour de Charles V et de Charles VI ; préparer une crème glacée à la pistache telle qu’au XVIIIe (sans Thermomix ni congélateur) ; ou encore dresser une salade de homard à la manière de celui qui fit entrer la gastronomie dans la modernité, Auguste Escoffier (1846-1935).
De la naissance des restaurants à leur démocratisation, de la nomenclature des aliments aux portraits des grands noms de la cuisine, en passant par l’origine de certaines expressions (faire « com-pain », « payer en espèces »), on picore, on savoure. Et l’on en redemande.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ L’établissement culturel associatif, situé aux Lilas, est en difficulté en raison d’une baisse de subvention, mais maintient une programmation inventive.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

La salle de concert Le Triton menacée de fermeture

L’établissement culturel associatif, situé aux Lilas, est en difficulté en raison d’une baisse de subvention, mais maintient une programmation inventive.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 17h07
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 17h14
    |

                            Francis Marmande








                        



   


Samedi 10 février au Triton, haut lieu des Lilas (Seine-Saint-Denis), bistronomie, deux salles de concert supérieurement équipées, programmation imprenable depuis vingt ans. Double « concert de soutien » (les musiciens abandonnent leur cachet net) de luxe, on reviendra sur cette notion, salles de musique blindées, restaurants très gais, familles, tribus, toutes générations confondues, ce ne sont ni les réjouissants bars à bobos bruyants des arrondissements de l’est parisien, ni le public touchant des clubs à l’ancienne. Une forme s’est inventée ici. Et elle peut disparaître.
De Juliette à Magma en passant par l’avant-garde la plus fraîchement pondue des musiques improvisées, le Triton, lieu très ouvert de l’immédiate banlieue, joue un rôle central dans le circuit des clubs – de plus en plus rares dans Paris intra-muros, formidablement inventifs à Montreuil, Pantin, etc. –, et d’un coup d’un seul, se trouve menacé dans son exercice même.
Paradoxalement, il n’y a pas le moindre paradoxe à ce que le Triton, « SMAC » (Scène de Musiques Actuelles, label du ministère de la culture, en Seine-Saint-Denis), soit menacé. Dix-huit ans d’existence et d’expansion, le Triton est un « lieu culturel associatif lilasien, à fort rayonnement. » Dixit son président Jean-Pierre Vivante, en éditorial du programme des mois à venir, intitulé « Aidez-nous les uns les autres ».
Générosité à perte de sons
La suppression brutale et sans compensation des « emplois aidés », en août 2017, très ardemment relayée par la réduction des subventions des différentes tutelles, la ville des Lilas comprise, compromet l’existence du Triton qui en est un des fleurons. Salué, d’audit en contrôles de la direction des finances publiques, pour « sa gestion rigoureuse, sincère et transparente », le Triton est menacé dans son projet, son action, et la mutation annoncée de son modèle économique.
Ni yé-yé, ni tapageur, ni Cent-quatre, ni Silencio, ni dans le vent, ni ratisse-subventions, ni–ni et « en même temps » spontanément résistant au despotisme éclairé ascendant libéralisme usant dont la raison a ses raisons que la raison ne connaît que trop, le programme du Triton depuis 2000 promeut les « musiques actuelles » – on se comprend : elles le sont toutes, mais… –, les aventures improvisées, le truc impassable en musique d’ascenseur, la générosité à perte des sons, la diffusion (émissions de radio comprises) et la transmission. Transition numérique en vue.
Ces musiques improvisées, on pourrait les appeler les musiques « des musiciens entre eux », mises à disposition d’un auditoire. Pas « les musiques de musiciens pour musiciens », ça, se serait plutôt le cas du « jazz ». Non, les musiques de musiciens entre eux, celles qui recoupent parfois l’ensemble mathématique des musiques de fêtes, de réunions ou de circonstance. De bal, dans le meilleur des cas. Bon. C’est une hypothèse.
Un festival de luxe
Depuis le 12 janvier (concert d’Emile Parisien et Vincent Peirani), le Triton en appelle au soutien du public et des musiciens qui font partie de cette galaxie. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça répond. Au point, dit Jean-Pierre Vivante en style de présentateur moustache au vent, ironique et jamais plaintif, qu’il ne faudrait pas que les « concerts de soutien » devinssent le recours quotidien.
Si l’on se fie au programme des trois premiers mois de 2018, on tient une sorte de festival de luxe. Le luxe, c’est ce qu’on abandonne quand on a tout donné. Voir Marcel Mauss et Georges Bataille. Théo Ceccaldi, violoniste fougueux de la scène la plus vibrante du genre (son frangin, Valentin, est violoncelliste), répond à l’invitation, à moins que ce ne soit l’inverse, de Michel Portal. Concert de soutien, donc, le nouveau venu et le vétéran. Théo Ceccaldi est né en 1986 à Pithiviers, Portal en 1935 à Bayonne. Le temps ne fait rien à l’affaire ? Ils se retrouvent chez le violoniste. Soudain alertés, les réseaux, dits par antiphrase sans doute, sociaux, en frémissent. Même sur ce coup-là, ils sont couillons. C’est leur destin.
Clarinette basse, bandonéon, ça roule, ça berce, ça claque, ça vous trouve un air à la mode toutes les trois secondes
En scène, ça prend d’emblée. Au son, au souffle, à la tension. Un standard de Bernard Hermann pour caler les rails, deux compos symétriques à toi, à moi (pour la SACEM), et vogue l’aventure. Portal débarque de Hambourg, il aurait quelque chose comme 83 ans. On n’y croit pas. Cet art de dramatiser l’acte musical, de le rendre immédiatement visible, naissant, psycho-actif, il le cabotine avec un charme sciant, c’est sa nature la plus fraîche, inutile de discuter. Le jeune homme au violon se régale. Clarinette basse, bandonéon, ça roule, ça berce, ça claque, ça vous trouve un air à la mode toutes les trois secondes. Il ne sera jamais rejoué. Portal prend son air de Prince des Asturies, de marin argentin, de cantaor andalou. C’est son air. Théo joue à fond.
Des pitreries inattendues
Le public ne s’en fait pas. Il est venu pour ça, il a ça. Il exulte. Evaluer ? Finasser ? Mesurer au trusquin ? Inutile. La science musicale, on sait qu’elle est là. La rencontre, on suppose qu’elle a un enjeu. Le drame musical instantané (trouvaille de Vitet, Corgé, Birgé pour leurs expériences drolatiques), on sait s’il est, s’il feint ou s’il brûle. Il est.

        Lire aussi :
         

                Joëlle Léandre, gipsy contrebassiste



Juste avant, dans l’autre salle, Joëlle Léandre, la contrebassiste énergumène à carrière fascinante. Née en 1951 à Aix-en-Provence, dans un milieu modeste, comme on dit. Elise Caron (1960) est une artiste marrante. Formidablement douée et travailleuse. Voilà ce point réglé. Le plus troublant, c’est la scène. D’une beauté digne de Modigliani, trop grande pour le plateau, ce qui la rend formidable, Elise Caron change sa grâce naturelle, évidente, constante, en charme ou pitreries inattendues. Entre de ce fait dans des liens harmoniques sans nom avec la Léandre.

Puis, elle se lâchent. Inventent et brodent ces langues musicales de tous les musiciens du monde – scat de la 52e rue, scoop de Bali, onomatopées d’Inde du Nord, rap de Périgueux –, ces langues inconnues qui laissent babas les bobos, gagas les gogos, elles sont drôles, produisent dans l’instant des paroles à la Dubillard ou Pierre Repp, c’est un art insensé, un délicieux vertige. Et surtout, c’est gorgé de chant et de musique. Voilà. Un soir de soutien, au Triton, sous la neige. A suivre.
Le Triton, 11 Bis Rue du Coq Français, 93260 Les Lilas. Vendredi 16 février, Marianne Legendre et Florence Bourdon en salle 1, Schwarz-Bart en 2 ; samedi 17, Quinteto Respiro ; le 8 mars, Thierry Eliez et Dimitri Naiditch ; 9 mars, Benjamin Moussay & Andy Emler ; 10 mars, Roberto Negro & Josef Dumoulin, Yves Rousseau…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ L’auteure s’était fait connaître en révélant la contamination au mercure de la mer de Shiranui, au Japon. Elle est décédée le 10 février, à l’âge de 90 ans.
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édition abonné


Michiko Ishimure, écrivaine japonaise, est morte

L’auteure s’était fait connaître en révélant la contamination au mercure de la mer de Shiranui, au Japon. Elle est décédée le 10 février, à l’âge de 90 ans.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 16h40
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 18h15
    |

            Philippe Pons (Tokyo, correspondant)








                        



                                


                            
Une grande dame s’est éteinte : Michiko Ishimure, écrivaine qui révéla aux Japonais les souffrances des victimes de la maladie de Minamata (intoxication par le mercure) est morte le 10 février à Kumamoto. Elle avait 90 ans. Mêlant romanesque, poésie, journal intime, témoignages et histoire, elle fut la voix des 10 000 personnes qui ont été officiellement atteintes de cette maladie affectant le système nerveux central.
Née le 11 mars 1927 dans le village de Kawaura sur l’île Amakusa, elle avait grandi à Minamata (département de Kumamoto, dans le Kyushu) sur la rive opposée de la mer de Shiranui. Institutrice, elle avait découvert en se rendant à l’hôpital, où avait été hospitalisé son fils, les premiers malades souffrant de cette maladie mystérieuse qui n’épargnait pas les enfants, dont beaucoup naissaient avec des infirmités motrices et cérébrales lourdes. Un faisceau de symptômes (poissons morts, chats pris de spasmes convulsifs…) allait permettre de conclure à un empoisonnement de la mer. La maladie fut reconnue en 1956 mais, jusqu’en 1968, l’usine chimique Chisso qui déversait du méthyle-mercure dans la mer et l’Etat nièrent toute responsabilité.
A l’écoute des victimes
Michiko Ishimure rompit cette conspiration du silence qui contribua à contaminer la mer pendant des décennies. Elle ne fut certes pas seule à militer pour que la lumière soit faite et que les victimes soient dédommagées mais, par son empathie pour celles-ci, la trilogie qu’elle publia en 1959, Mer de souffrance, terre de lumière (Paradise in the Sea of Sorrow : Our Minamata Disease, University of Michigan, 2003) eut un retentissement particulier, s’inscrivant dans ce que l’on appellerait aujourd’hui la « narration littéraire documentaire ».
Michiko Ishimure a écouté les victimes provenant pour la plupart de communautés de pêcheurs des petites îles de la mer de Shiranui. A partir du récit de ces drames individuels (découverte d’une maladie sournoise...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Notre chroniqueur a encore frappé : après les vestiaires de David Guetta et de Jane Birkin, Marc Beaugé scrute celui de l’acteur qui est à l’affiche du « Retour du héros », un film costumé. Et ce n’est sans doute pas un hasard.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Marie Béatrice Levaux, référente francophonie au Conseil économique, social et environnemental, estime dans une tribune au « Monde » que la francophonie, trait d’union entre les continents, formidable passerelle entre les peuples, permet le dialogue des civilisations.
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édition abonné


« La francophonie n’est pas un colonialisme culturel »

Marie Béatrice Levaux, référente francophonie au Conseil économique, social et environnemental, estime dans une tribune au « Monde » que la francophonie, trait d’union entre les continents, formidable passerelle entre les peuples, permet le dialogue des civilisations.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 15h26
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 17h04
    |

Marie Béatrice Levaux (Référente francophonie au Conseil économique social et environnemental)







                        



                                


                            

Tribune. C’est un sujet sur lequel on ne l’attendait pas forcément. Pourtant, de manière assez inédite depuis François Mitterrand et l’organisation des premiers sommets de la francophonie, Emmanuel Macron s’est emparé de la problématique francophone pour en faire l’une de ses priorités.
A de multiples reprises – devant un parterre d’étudiants de l’université de Ouagadougou [Burkina Faso] en novembre 2017, à Francfort ou encore devant l’Assemblée des Français de l’étranger –, le chef de l’Etat s’est dernièrement posé en fervent défenseur de la langue française universelle en appelant à partager et à diffuser ce bien commun linguistique qui unit des hommes, au-delà des territoires.

Il s’est prononcé en faveur de la constitution d’un « dictionnaire de la francophonie », en lien avec l’Académie française, pour entretenir la vitalité de la cinquième langue la plus parlée au monde, et partagée par près de trois cents millions de francophones sur cinq continents. Il souhaite enfin initier « un nouveau projet pour la francophonie », pour en faire « un outil de rayonnement, au service de l’intégration économique ». Symbole de cet engagement, la récente nomination de Leila Slimani, écrivaine franco-marocaine comme « représentante personnelle » du président de la République au conseil permanent de la francophonie.
Histoire partagée
Longtemps ringardisée, la francophonie revient donc, si l’on peut dire, « à la mode ». Et il était plus que temps, au regard de l’expansion irrépressible de la culture anglo-saxonne. Car les Anglo-Saxons ont eux compris depuis bien longtemps la force que représente le langage.
Chez nous, l’existence de la francophonie a longtemps été tolérée mais volontairement négligée, assimilée à tort aux ambiguïtés de la politique post-colonialiste françaises. Mais non, la francophonie n’est pas un colonialisme culturel. Elle n’est pas domination, elle est partage. Trait d’union entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Une exposition parisienne met en lumière plus de 130 tirages du célèbre dadaïste, dont l’œuvre photographique est longtemps restée dans l’ombre.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Obtenir un visa Schengen pour des écrivains, acteurs, metteurs en scène, danseurs venus défendre une création est devenu « un parcours kafkaïen ».
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Décryptage

Des artistes maghrébins confrontés à « une forteresse Europe fermée à la circulation des idées »

Obtenir un visa Schengen pour des écrivains, acteurs, metteurs en scène, danseurs venus défendre une création est devenu « un parcours kafkaïen ».

Charlotte Bozonnet
    



LE MONDE
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        Le 13.02.2018 à 14h44

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        Mis à jour le 13.02.2018 à 17h59






    
Aéroport de Montpellier, dans le sud de la France, en novembre 2015.
Crédits : PASCAL GUYOT/AFP


Tout a commencé par un coup de gueule. Celui de Maria Daïf, directrice de L’Uzine, un important centre de création artistique à Casablanca, créé et financé par la Fondation Tazi en 2014 pour promouvoir la création pluridisciplinaire, la transmission et l’échange avec les publics. Dans une lettre ouverte publiée sur Facebook dimanche 4 février, la responsable marocaine annonçait avoir décidé de ne pas se rendre à Bruxelles où elle était invitée à participer à une conférence sur la danse contemporaine par le centre d’art belge Moussem. En cause : les difficultés croissantes d’obtention des visas pour les artistes marocains.

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                En Algérie, la colère des demandeurs de visa pour la France



« Toute la semaine, il a été question de visas refusés à des artistes ou à des journalistes, de séjours express accordés au compte-gouttes et d’interventions multiples (on en est là) pour que les artistes puissent traverser la frontière, travailler, partager », écrivait Maria Daïf, résumant sa propre expérience de demande de visa comme « un parcours totalement kafkaïen ». « Il fut un temps où l’espace Schengen était moins la forteresse qu’il est aujourd’hui. Cette forteresse, je ne m’y sens plus la bienvenue », lâchait-elle.
Coût prohibitif
Dans la foulée de ce courrier, des centaines de réactions furent postées sur les réseaux sociaux. « J’ai reçu des messages du Maroc, de Tunisie, d’Algérie, mais aussi du Sénégal, du Mali, du Liban, du Pakistan, de France, des Etats-Unis, explique Maria Daïf. Je ne m’attendais pas à un tel déferlement mais je crois que les artistes en ont assez de subir cette relation dominés/dominants. » 
De l’autre côté de la Méditerranée, en Belgique, Mohamed Ikoubaan, directeur du Moussem, a également pris la parole par la voie d’un communiqué intitulé « La forteresse Europe ferme ses portes à la circulation des idées ». « Le consulat belge a fait son possible pour faciliter l’organisation de cet événement sur Casablanca, reconnaît M. Ikoubaan, mais, à chaque fois, c’est la même chose : la problématique est générale et structurelle. » « Dernièrement, nous avons pu obtenir un visa pour quatre de nos danseurs invités à Cannes grâce à l’intervention du consul de France à Casablanca, mais ce n’est pas une solution sur le long terme », confirme Maria Daïf.
La mobilité n’a jamais été simple, y compris pour les artistes. De l’avis de tous, la situation s’est aggravée ces dernières années avec le durcissement des règles d’entrée au sein de la zone Schengen mais aussi le recours, par de nombreuses chancelleries européennes, à des sociétés privées auxquelles est sous-traitée la constitution des dossiers de demandes de visas.

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Le nombre de documents requis est impressionnant : attestation de travail et de scolarité, relevés bancaires, etc. « On me demande même tous mes relevés de la caisse nationale de Sécurité sociale, c’est-à-dire depuis vingt ans que je travaille », souligne Maria Daïf, qui rappelle également le coût prohibitif d’une demande de visa – environ 200 euros – sans assurance de l’obtenir. « Il faut compter 70 euros pour introduire la demande, puis 25 euros pour l’entreprise privée qui sous-traite. Un traitement VIP (donc plus rapide) coûte 25 euros supplémentaires. Auxquelles s’ajoutent d’innombrables photocopies », détaille-t-elle.
« Une humiliation »
En outre, dans nombre de pays, il est extrêmement difficile de faire reconnaître son statut d’artiste, notamment pour les jeunes. « En conséquence, nous ne devrions inviter que des artistes confirmés, poursuit Mohamed Ikoubaan. Or notre raison d’être est de soutenir la scène émergente. Donc ça limite notre liberté artistique. »
Marie Lenfant, qui dirige une compagnie de danse au Mans, travaille depuis plusieurs années avec un artiste marocain. Alors qu’une pièce doit être montée pour novembre, ce dernier a vu sa demande de visa une nouvelle fois refusée. « Toutes ces démarches pour tenter de débloquer la situation occupent beaucoup de temps. On essaie de comprendre ce qu’il y a dans les dossiers de ceux qui parviennent à circuler. Est-ce lié à leur personnalité ? Y a-t-il un quota ? On a d’autant plus de mal à comprendre qu’on entend régulièrement les autorités françaises et d’autres pays européens parler de leur volonté de développer les échanges culturels, universitaires, etc. », dit-elle.

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Pour la chorégraphe, la situation est d’autant plus choquante que la réciproque n’est pas vraie : « Prenez l’exemple du Maroc, nous pouvons y aller pour travailler ou se faire bronzer quand nous le souhaitons. Qu’est-ce que ça veut dire ? » « Cette politique de limitation d’accès à la zone Schengen fait de chaque demandeur de visa un immigré clandestin ou un terroriste potentiel. Certains intellectuels refusent maintenant de venir, car ils ne veulent plus subir cette humiliation », souligne Mohamed Ikoubaan.
« Un fossé »
Si les difficultés sont particulièrement aiguës pour les ressortissants des pays du Maghreb et du Moyen-Orient – en raison de la politique sécuritaire globale –, elles touchent tous les pays du Sud. Khadija Al-Bennaoui, qui dirige depuis dix ans un fonds de mobilité des artistes en Afrique, a réalisé un rapport sur le sujet pour l’Unesco, en application de la Convention pour la diversité culturelle adoptée en 2005. Un an de recherches (entre septembre 2016 et juillet 2017) lui a permis de mesurer le gouffre existant entre le texte et son application : la Convention stipule dans son article 16 que les pays du Nord doivent accorder un statut préférentiel aux artistes du Sud pour leur permettre de voyager. « La réalité, c’est qu’il existe un fossé de plus en plus important entre ces intentions, les institutions culturelles et les autorités qui traitent les visas », souligne Khadija Al-Bennaoui.

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Elle cite notamment la pièce Alors que j’attendais, écrite par le dramaturge syrien Mohammad Al-Attar, présentée en Avignon et au Festival d’automne en 2016, mais pour laquelle il a été extrêmement difficile de réunir les acteurs syriens. Ou encore le festival d’Edimbourg, en Ecosse, pénalisé à l’été 2017 par des refus de visas ou des délais d’obtention beaucoup trop longs. « Les artistes dans le monde arabe sont parmi les rares personnes qui puissent insuffler le changement que nous espérons tous. Les empêcher de venir, de voyager […] de montrer leur travail et de rencontrer leurs partenaires est juste totalement stupide », écrivait alors le metteur en scène écossais David Greig.
Si le problème des visas est le lot quotidien des artistes et des structures qui travaillent dans la sphère culturelle, il est finalement peu médiatisé. « Chaque structure a le nez dans le guidon et essaie de régler ses problèmes au cas par cas, reconnaît Marie Lenfant, ce qu’a fait Maria Daïf est courageux et nécessaire. » Cette dernière a annoncé que, dans le sillage des nombreuses marques de soutien reçues, elle lancerait avec d’autres une initiative : la création d’une plate-forme virtuelle, surnommée Artistic Mobility Watch, destinée à collecter des témoignages. « Il faut nous battre pour conserver les ponts qui existent entre les deux rives de la Méditerranée », souligne la directrice de L’Uzine.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’agent littéraire Pierre Astier estime que l’édition française exerce une domination impérialiste sur la production de livres dans la francophonie somme toute dérisoire.
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« La francophonie est un grand désert éditorial »

Dans une tribune au « Monde », l’agent littéraire Pierre Astier estime que l’édition française exerce une domination impérialiste sur la production de livres dans la francophonie somme toute dérisoire.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 14h41
    |

Pierre Astier (Agent littéraire)







                        



                                


                            

Tribune. L’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou vient de refuser l’offre de service du président de la République française, Emmanuel Macron, qui lui proposait de participer aux côtés de la romancière franco-marocaine Leila Slimani « aux travaux de réflexion autour de la langue française et de la francophonie ». Emmanuel Macron voit sans doute dans la langue française un atout (c’est une des cinq langues dominantes dans le monde) et un enjeu (700 millions de primo-locuteurs en langue française à l’horizon 2050).
De fait la langue française devrait être, plus qu’elle ne l’est actuellement, un vecteur de développement économique et de coopération dans ce vaste espace linguistique intercontinental, comme l’est l’anglais en Afrique ou en Asie.
Institutions gangrenées
L’argument que lui oppose Alain Mabanckou, pour justifier son refus, est que la francophonie politique, tant que n’ont pas été clarifiées les relations bilatérales entre la France et nombre de pays d’Afrique et de l’océan Indien à régimes autoritaires, peu démocratiques, ne peut avancer sereinement sur cette voie si la France (son administration, ses hommes d’affaires) ne sort pas de ce rôle trouble. Encore et toujours la « Françafrique »…
Sans doute faudra-t-il d’ailleurs quelques décennies avant que l’ancienne métropole française renonce à son statut impérial à l’égard de ses anciennes colonies tant ses institutions en sont encore imprégnées, pour ne pas dire gangrenées. Le débat est néanmoins ouvert et mérite que soient posées quelques questions.

Une langue vit pleinement quand elle est parlée et lue, et quand elle est enseignée. Mais aussi et surtout quand elle est publiée. On le sait, il n’y a pas d’éducation, de formation, de culture et de développement économique sans les livres. Autrement dit quand suffisamment de livres, dans tous les secteurs éditoriaux (de la littérature au management, du livre jeunesse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Surveillance des réseaux sociaux et médias sous influence d’un Etat étranger, procédure de référé pour pouvoir bloquer rapidement les fausses informations… Françoise Nyssen a précisé les contours de la proposition de loi contre les « fake news ».
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La ministre de la culture précise les contours de la loi contre les « fake news »

Surveillance des réseaux sociaux et médias sous influence d’un Etat étranger, procédure de référé pour pouvoir bloquer rapidement les fausses informations… Françoise Nyssen a précisé les contours de la proposition de loi contre les « fake news ».



Le Monde
 |    13.02.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 16h18
   





                        


Légiférer sur les fausses informations – ou fake news – en ligne, c’est l’ambition du gouvernement depuis l’annonce d’Emmanuel Macron lors de ses vœux à la presse au début de janvier. Un sujet complexe qui soulève de nombreuses questions, notamment parmi les journalistes.
La ministre de la culture, Françoise Nyssen, a précisé, mardi 13 février, les contours de la proposition de loi qui sera déposée dans les prochains jours, et également lancé une consultation pour réformer la loi Bichet qui régit la distribution de la presse.
Autorités de régulation, représentants des éditeurs, des diffuseurs et des dépositaires de presse seront consultés jusqu’à avril-mai afin qu’un texte de loi soit présenté à l’Assemblée nationale « avant l’été ».

        Lire notre éditorial:
         

          « Fake news » : les risques d’une loi



Surveillance des réseaux sociaux et des médias sous influence d’un Etat étranger
La loi contre les fake news, rebaptisée loi sur « la confiance et la fiabilité de l’information » se concentrera sur les « tuyaux », c’est-à-dire sur les modes de diffusion des fausses nouvelles que sont les réseaux sociaux et les « médias sous influence d’un Etat étranger », avec une attention particulière durant les périodes de campagne électorale, a précisé le ministère de la culture.

        Lire notre décryptage:
         

          Légiférer sur les fausses informations en ligne ? Les problèmes que cela soulève



Il s’agira, pendant une période de cinq semaines au maximum, de permettre au Conseil supérieur de l’audiovisuel de « suspendre la convention d’un média sous influence étrangère » et d’obliger les plates-formes numériques à signaler les contenus sponsorisés, en publiant le nom de leur auteur et la somme perçue.
Le ministère justifie cette loi en citant trois cas où la circulation des fausses nouvelles aurait été massive et déterminante : la campagne du Brexit, la dernière élection états-unienne et le référendum catalan, souligne-t-on au ministère.
Procédure de référé pour pouvoir bloquer rapidement les « fake news »
Elle prévoit une procédure de référé pour pouvoir faire cesser rapidement la circulation de fake news diffusées « massivement et artificiellement ».
C’est le juge des référés qui qualifiera la fausse information, dont la définition existe déjà dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse.
Devoir de coopération des plates-formes Web
Du côté des plates-formes Web (Facebook, YouTube, etc.), le « devoir de coopération » qui existe déjà pour les contenus pédopornographiques ou d’apologie du terrorisme sera étendu aux fausses nouvelles, avec une obligation pour elles de se donner les moyens d’une vigilance accrue en période électorale.
Le projet de loi est moins sévère que la législation allemande – en Allemagne les retraits de publication sont jugés trop automatiques par le ministère de la culture français –, mais plus contraignant que ce qui se fait en Grande-Bretagne, où il n’existe aucun devoir de coopération des plates-formes.
Réformer la loi sur la distribution de la presse
La ministre Françoise Nyssen, qui présentait ces points dans le cadre de la quatrième conférence des éditeurs de presse, a également lancé une concertation de la filière pour réformer la loi Bichet de 1947 sur la distribution de la presse.
« Toutes les pistes sont ouvertes » précise le ministère, qui souhaite que cette réforme soit aussi large que la future loi sur l’audiovisuel public, prévue pour la fin de 2018.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ La réforme du baccalauréat, dont certains points méritent d’être salués, ne changera pas fondamentalement un enseignement qui se heurte à la culture de l’immédiateté des élèves, explique l’écrivain et professeur de philosophie dans un entretien au « Monde ».
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Jérôme Ferrari : « Il faut enseigner la philosophie avant la terminale »

La réforme du baccalauréat, dont certains points méritent d’être salués, ne changera pas fondamentalement un enseignement qui se heurte à la culture de l’immédiateté des élèves, explique l’écrivain et professeur de philosophie dans un entretien au « Monde ».



Le Monde
 |    13.02.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 11h21
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            
Né en 1968 à Paris, Jérôme Ferrari est professeur de philosophie au lycée Fesch d’Ajaccio et en hypokhâgne au lycée Giocante de Casabianca de Bastia. Romancier et traducteur, il a notamment écrit Le Sermon sur la chute de Rome (Actes Sud, 2012), pour lequel il obtint le prix Goncourt, Le Principe (Actes Sud, 2015) et Il se passe quelque chose (Flammarion, 2017). Il analyse la réforme du baccalauréat proposée par le rapport Mathiot et les difficultés rencontrées par l’enseignement de la philosophie en France.
Dans le rapport Mathiot, la philosophie devient une « épreuve universelle », est-ce une bonne nouvelle ?
L’épreuve de philosophie est emblématique de cet examen symbolique qu’est le baccalauréat et il était difficile pour le gouvernement de la supprimer. Mais des questions demeurent : comment et à qui va-t-elle être enseignée ? Si l’on passe des horaires actuels à deux heures pour tout le monde, en dehors de toute considération corporatiste,la philosophie ne sera pas enseignée de façon satisfaisante, car il faut environ quatre heures par semaine pour se familiariser avec une discipline nouvelle qui introduit une façon de penser singulière.
A côté du tronc commun, les élèves pourront prendre la philosophie en majeure (ou en spécialisation). Mais comment choisiraient-ils la philosophie alors qu’ils ne l’ont jamais rencontrée en première ou en seconde ? Cette réforme devrait induire une refonte du lycée et introduire un enseignement de la philosophie avant la classe de terminale.
Quels sont les principaux problèmes rencontrés par les professeurs de philosophie ?
J’ai fait toute ma carrière en Corse ou dans les lycées français à l’étranger. J’ai conscience d’être excessivement privilégié et je ne peux parler pour l’ensemble de mes collègues. Cela dit, il me semble qu’il y a une inadéquation entre ce que l’on attend des élèves et ce que l’on peut réellement exiger d’eux....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le cinéaste américain insiste sur la dimension pragmatique de son nouveau long-métrage, qui aurait pu s’intituler « The Master ».
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Paul Thomas Anderson : « On peut tenir cette histoire entre ses mains »

Le cinéaste américain insiste sur la dimension pragmatique de son nouveau long-métrage, qui aurait pu s’intituler « The Master ».



Le Monde
 |    13.02.2018 à 07h53
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 11h29
    |

            Aureliano Tonet








                        



                                


                            

En bon Américain, Paul Thomas Anderson est un cinéaste pragmatique, plus prompt à détailler la confection de son huitième long-métrage, Phantom Thread, qu’à broder des théories sur le rapport de force entre les sexes lors des prochains Oscars, où il a glané six nominations. Le quadra reçoit dans un palace parisien, peu après « un excellent déjeuner ».

Votre film est saturé de repas, qui affriandent ou enveniment les relations de couple, de famille, de travail. Pourquoi ?
Le New Yorker a écrit qu’il s’agissait du meilleur film culinaire depuis des lustres… Quand Daniel Day-Lewis et moi préparions There Will Be Blood (2007), Daniel se moquait chaque matin de l’ampleur et de la sophistication des commandes que je passais pour le petit déjeuner. Le tournage de Phantom Thread nous a permis de surenchérir sur cet amusant petit rituel.
Les personnages se défient par mets, vêtements ou voitures interposés. « Phantom Thread » est-il le pendant matérialiste de « The Master » (2012), où les rapports de force s’exprimaient sur un mode plus spirituel ?
L’histoire est très mince, on peut la tenir entre ses mains, comme un tissu. Le spectateur s’y plongera d’autant mieux. De tous les films en lice pour les Oscars que j’ai vus, celui qui m’a le plus troublé est Call Me by Your Name, de Luca Guadagnino. Même si le film a pour personnages principaux un groupe d’intellectuels, les sens importent davantage que les idées : son élégance minimale et pragmatique m’a bouleversé. J’ai également très hâte de découvrir Lady Bird, de Greta Gerwig.
Le décor est tapissé de motifs conçus par William Morris, un designer socialiste issu de l’aristocratie victorienne. « Phantom Thread » est-il marxiste ?
Cette idée me plaît beaucoup ! Comme nombre d’immigrés dans l’Angleterre des années 1950, le personnage d’Alma a fui l’Europe de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/02/2018
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Adolescence et politique-fiction : notre semaine en séries

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 07h25
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
La version française de la série norvégienne Skam est une belle réussite, tout comme la saison 7 de Homeland, jamais loin du réel : voici notre liste hebdomadaire des séries à ne pas manquer.
« Skam France », le remake de la série qui a enflammé la jeunesse norvégienne

En quatre saisons, la série Skam (« honte », en norvégien) sera passée de phénomène national, lors de son apparition en Norvège en 2015, à série culte pour nombre d’ados du monde entier. Un engouement qu’espère obtenir à son tour France Télévisions en lançant son adaptation – Skam France.
Cette version française, très fidèle à son modèle, suit une bande de lycéennes de la banlieue parisienne : leur arrivée en seconde, leurs copains, leurs petites histoires du quotidien et leurs grands problèmes sans fin. En s’attachant, chaque saison, à l’une d’entre elles plus particulièrement. En cette première saison : les élans et les ébats d’Emma, excellemment interprétée par Philippine Stindel. Emma, donc, comme ses copines Manon, Daphné, Alexia et Imane, souffre d’un mal visiblement fort commun : le manque de popularité. Un problème qui va les fédérer et les entraîner dans une folle quête : organiser la fête la plus cool qui puisse s’inventer… pour « pécho » les mecs de terminale les plus top.
Comme en Norvège, Skam France repose sur un dispositif transmédia propre à une immersion totale des fans : depuis le lundi 5 février, de courtes vidéos sont postées inopinément sur la page Facebook de la série, et onze comptes Instagram ont été créés, au nom des personnages principaux. Par ailleurs, chaque vendredi, depuis le 9 février, un épisode de 26 minutes doit être mis en ligne sur la plate-forme « djeuns » (18-30 ans) que vient d’ouvrir le service public, France tv slash. On a trouvé très « frais » le peu que nous avons pu en voir pour le moment. Martine Delahaye
Skam France, saison 1, adaptée par Cyril Tysz, Clémence Lebatteux, Karen Guillorel, Julien Capron. Avec Philippine Stindel, Marilyn Lima, Lula Cotton Frapier, Assa Sylla et Coline Preher. (France, 2018, 9 × 26 minutes). Sur France tv slash depuis le 9 février, puis sur France 4 à la fin du mois.
« Homeland », toujours aussi prenante 

Après une saison 6 en grande partie écrite avant l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, ce qui avait amené les scénaristes à faire accéder une femme à la tête du pays, nous voici, en ce début de saison 7, avec une présidente que Carrie Mathison qualifie de « fasciste ». Il faut se souvenir qu’en fin de saison dernière, la présidente Keane, ayant subi une tentative d’assassinat, a fait arrêter, sans preuve aucune, deux cents membres des services de renseignement, dont le mentor de Carrie à la CIA, Saul Berenson.
Inutile de dire, dans ces conditions, que lorsque s’ouvre cette saison 7 (dont nous n’avons vu que le pilote), Carrie a quitté la Maison Blanche pour entrer en guerre contre la présidente. Retournée vivre chez sa sœur, elle va dorénavant se démener pour faire libérer les membres du renseignement illégalement détenus. D’autant que rien n’interdit de penser que l’attentat contre la présidente aurait pu être fomenté depuis la présidence elle-même, afin de se permettre une vaste purge parmi les hauts fonctionnaires, au sein de différentes institutions.
Reste à espérer que toute cette saison se montre à la hauteur du pilote, dense, intense et très bien rythmé. M. De.
Homeland, saison 7, série créée par Howard Gordon, Alex Gansa et Gideon Raff. Avec Claire Danes, Elizabeth Marvel, Mandy Patinkin (EU, 2018, 12 × 42 min). En multidiffusion à partir du mardi 13 février, à 20 h 50 sur Canal+ Séries, et disponible sur Canal+ à la demande (un épisode par semaine).
« Occupied » : qu’est-ce que résister ?

Fidèle à ses engagements écologiques, le premier ministre norvégien, Jesper Berg, a décidé d’en finir avec l’exploitation du pétrole en Norvège. Ce qui coupe court, de facto, à toute exportation d’or noir. Mais les pays voisins, dépendant de cet approvisionnement, ne vont pas l’entendre de cette oreille : la Russie, appuyée par l’Union européenne, va occuper la Norvège afin de remettre les pendules à l’heure. La Russie supervisera dorénavant l’extraction et l’exportation du pétrole norvégien, dans le cadre d’une occupation « pacifique » du pays. Tel était le propos de la première saison de l’excellente série Occupied, de laquelle Arte est un coproducteur minoritaire.
En cette deuxième saison, les Russes sont bel et bien installés en territoire norvégien : rien qui ne se fasse sans eux. Comment, dans ces conditions, les Norvégiens vont-ils réagir ? S’organiser et résister, ou pas ? Et côté gouvernement, faut-il entrer en guerre ouverte avec le Kremlin, quitte à perdre toute latitude de mouvement, ou composer au mieux avec l’occupant pour que le pays souffre le moins possible ?
A partir d’un scénario imaginé par l’écrivain Jo Nesbo, un des maîtres du polar scandinave, Erik Skjoldbjærg, le showrunner de la série, parvient à maintenir une tension qui, bien que moins dense qu’en première saison, maintenant que les Russes sont bel et bien là, entraîne davantage à la réflexion : qu’aurais-je fait dans un tel cas de figure ? Pour ne pas se demander, plus directement : que ferai(s)-je, demain, face au totalitarisme ? M. De.
Occupied, saison 2, série créée par Erik Skjoldbjærg. Avec Janne Heltberg, Henrik Mestad, Eldar Skar, (Fr.-Scan., 2017, 10 × 45 minutes). Sur Arte, à partir du jeudi 15 février, à 20 h 55 (quatre épisodes à la suite).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Paul Thomas Anderson filme avec maestria un fervent corps-à-corps dans le Londres des années 1950.
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« Phantom Thread » : l’amour sous toutes les coutures

Paul Thomas Anderson filme avec maestria un fervent corps-à-corps dans le Londres des années 1950.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 07h55
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

L’avis du « Monde » – chef-d’œuvre
Parmi toutes les gemmes que l’on accumule deux heures durant, en suivant ce « fil fantôme » qui donne son titre au film, il y a cette réplique : « Voyez-vous, l’aimer, lui, fait que la vie n’est plus un grand mystère. » On aimera Phantom Thread comme Alma (Vicky Krieps), l’immigrée d’Europe centrale, aime Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis), le couturier londonien. En s’abîmant dans le labyrinthe d’énigmes et d’illusions qui courent sous l’élégante surface du huitième long-métrage de Paul Thomas Anderson comme sous le maintien de gentleman du premier rôle masculin, au risque de réduire les autres films du moment à de simples évidences. Il est impossible d’évaluer le nombre de visions qu’il faudrait pour en épuiser les ressources.

Pourtant, rien de plus simple en apparence. Quelques années après la fin du Blitz, Reynolds Woodcock vit et travaille dans une belle maison de l’Ouest londonien. Chaque matin, il prend son breakfast en compagnie de sa ­conquête du moment et de Cyril (Lesley Manville), sa sœur, qu’il appelle affectueusement « my old so and so » (« ma vieille machine »), pendant que les employées de la maison Woodcock gravissent l’escalier de service jusqu’à l’atelier.
Cyril, femme austère toujours vêtue de sombre, est l’intendante et la directrice des ressources humaines d’une entreprise dont la raison sociale serait : « l’existence d’un homme ». C’est elle qui fait tourner la maison de couture, elle qui congédie les compagnes lorsque celles-ci revendiquent une part déraisonnable de l’attention du grand homme, elle qui stabilise l’humeur instable de son frère en l’envoyant à la campagne lorsque le poids des attentes féminines (car Reynolds Woodcock ne commerce qu’avec les femmes : sœur, amantes, employées, clientes) se fait insupportable.

Sur la route qui mène à son cottage, le couturier arrête sa voiture de sport devant une auberge de campagne,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Réclamée par les proches et l’Académie française, la demande d’inhumation dans la capitale a été rejetée par la Mairie de Paris.
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L’académicien Michel Déon n’aura pas de sépulture dans un cimetière parisien

Réclamée par les proches et l’Académie française, la demande d’inhumation dans la capitale a été rejetée par la Mairie de Paris.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 04h05
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 07h15
   





                        


La Mairie de Paris a tranché lundi 12 février : l’écrivain et académicien français Michel Déon, mort à l’âge de 97 ans, ne sera pas inhumé dans un cimetière parisien.
L’auteur de La Montée du soir est mort le 28 décembre, à la clinique de Galway, en Irlande, où il résidait une partie de l’année. Il a été incinéré, et ses cendres ont été rapatriées en France par sa famille, qui souhaitait les faire inhumer à Paris où réside sa fille, avait révélé samedi Le Figaro, qui affirme que la mairie avait répondu négativement à l’Académie française, qui avait fait la demande. Selon l’article, Bruno Julliard, premier adjoint d’Anne Hidalgo chargé de la culture, aurait affirmé qu’il demanderait « que l’on fasse une exception » pour l’écrivain.

        Lire aussi :
         

                Michel Déon, écrivain et académicien, est mort



Des propos surinterprétés, selon la Mairie de Paris. « Il a dit que la mairie allait réétudier la question. On a regardé et on maintient la position de la Ville. » Dans une série de tweets lundi, Pénélope Komitès, l’adjointe à la maire de Paris Anne Hidalgo, chargée des affaires funéraires, a rappelé que la Mairie de Paris n’avait « juridiquement pas le droit de transiger avec les règles fixées par le code général des collectivités territoriales », au risque d’une « rupture d’égalité ».
La loi brandie pour expliquer cette décision
« Nous avons examiné cette demande de la même manière que nous examinons celles des autres familles », a-t-elle insisté. Elle assure que le code général des collectivités territoriales « fixe quatre situations pour lesquelles la mairie peut autoriser à la famille l’acquisition d’une sépulture dans la commune ».

Devant la mort, cette même égalité en droits s’applique, que l’on soit une personnalité publique ou non, que l’on s… https://t.co/OX6Ktd7j6e— PKOMITES (@penelope komites)


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Il faut pour cela « que la personne soit décédée sur le territoire de la commune, quel que soit son domicile », « que la personne soit domiciliée sur le territoire de la commune, bien qu’elle soit décédée dans une autre commune », « que la personne ait une sépulture de famille dans la commune, bien qu’elle n’y résidait pas et qu’elle n’y est pas décédée », ou enfin « que la personne soit inscrite sur la liste électorale de la commune, bien qu’elle n’y résidait pas et n’y avait pas de sépulture de famille ».
Pourtant, si le code général des collectivités territoriales liste bien, dans son article L2223-3, ces quatre situations, c’est pour indiquer les cas pour lesquels une commune est obligée accepter la sépulture – il ne s’agit pas d’une liste restrictive, comme l’a rappelé la jurisprudence du Conseil d’Etat.
Dans une réponse à une question écrite d’un sénateur, en 2013, le ministère de l’intérieur avait répété que, « lorsqu’une personne ne dispose pas du droit d’être inhumée [c’est-à-dire hors de ces quatre cas], la commune est libre, au moment du décès, d’accepter ou non l’inhumation de cette personne dans son cimetière ».
Pénélope Komitès s’est cependant dite « fière qu’à Paris » soient appliqués « scrupuleusement ces principes fondateurs de [la] République ».
« Devant la mort, cette même égalité en droits s’applique, que l’on soit une personnalité publique ou non, que l’on soit membre de l’Académie Française ou non. »
Dans un autre tweet, Anne Hidalgo a salué « une réponse très claire ». Sur Twitter, des internautes se sont émus de cette décision, prise selon eux « par idéologie ».

Une réponse très claire de @PKOMITES aux questions posées par certains internautes à propos de Michel #Déon. À déro… https://t.co/Fyjkzm8HeC— Anne_Hidalgo (@Anne Hidalgo)


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ A voir aussi ce soir. L’assassinat d’une vieille femme fait ressurgir le passé et les secrets de deux familles de l’île de Bressay (sur Polar+ à 21 heures).
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TV – « Shetland », meurtres à tous vents

A voir aussi ce soir. L’assassinat d’une vieille femme fait ressurgir le passé et les secrets de deux familles de l’île de Bressay (sur Polar+ à 21 heures).



Le Monde
 |    12.02.2018 à 17h30
    |

            Véronique Cauhapé








                        


Série sur Polar+ à 21 heures

En dehors de quelques notes d’humour glissées ici ou là dans les dialogues, Shetland n’est pas une série bien riante. Les paysages quasi désertiques de l’archipel britannique situé en Ecosse y sont pour beaucoup. Leur isolement géographique aussi, qui crée tout naturellement un climat sous tension et forge, dans le même temps, des caractères rudes et taiseux. Ceux-là mêmes auxquels va devoir se confronter le commissaire de police Jimmy Perez (Douglas Henshall) pour mener à bien ses enquêtes.
La première d’entre elles concerne Mima Wilson, une vieille femme retrouvée assassinée chez elle, à Bressay. Après une première ronde d’interrogatoires menée auprès des proches de l’octogénaire, le commissaire n’a guère d’indices susceptibles de pouvoir l’éclairer. Excepté peut-être la découverte, la veille du meurtre, d’un fragment d’os crânien par une équipe d’archéologues qui travaillait sur le chantier de fouilles installé près de la maison de la victime. Une découverte qui avait, dit-on, bouleversé Mima.
Décors sauvages
Cette première intrigue – qui court sur les deux épisodes de la saison 1 de Shetland – met en scène deux familles rivales, les Wilson et les Haldane, tous parents plus ou moins éloignés vivant sur la même île depuis des années. Les uns riches, les autres pas : de quoi créer rancœur, jalousie et autres délicieux sentiments capables de fournir à chacun un motif de meurtre. Et plus encore, quand se mettent à surgir des événements du passé qui « déterrent » de vieilles affaires tels les convois d’espions, de matériel et d’argent à destination de la Norvège auxquels aurait participé le mari de la victime, entre 1940 et 1945.

   


Produite par la BBC Scotland, cette série inspirée des romans de la Britannique Ann Cleeves – à l’origine aussi des Enquêtes de Véra, autre série diffusée depuis 2015 sur France 3 – n’a guère besoin d’user d’effets de style pour imposer sa tonalité. Puisque décors sauvages, profils (et gueules) de personnages énigmatiques, suspense bien tenu parviennent d’emblée à s’en acquitter. C’est donc une série de facture classique qui nous mène, contre vents et marées, au sein de cet archipel dont le climat n’est pas sans évoquer celui des polars nordiques.
Shetland, saison 1. Avec Douglas Henshall, Steven Robertson, Alison O’Donnell, Mark Bonnar (GB, 2013, 2×52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le documentaire, qui relate la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, a été déprogrammé à Marseille.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/02/2018
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Sortie en salle sous haute tension pour « L’Insoumis », de Gilles Perret

Le documentaire, qui relate la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, a été déprogrammé à Marseille.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 08h38
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

L’Insoumis, le documentaire de Gilles Perret sur la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, sortira le 21 février. Mais dans combien de salles, et dans quel climat ? La distribution du film est en soi un feuilleton. Dernier épisode en date, le 8 février, le distributeur Etienne Ollagnier (Jour2Fête) apprenait que L’Insoumis était déprogrammé au cinéma Les Variétés, à Marseille. Un lieu symbolique, puisque la salle se situe dans la circonscription du député de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon (4e circonscription des Bouches-du-Rhône) : le documentaire devait être projeté « en exclusivité » aux Variétés, selon un accord signé avec les programmateurs le 24 octobre 2017.
Le directeur du cinéma, Jean Mizrahi, a décidé de déprogrammer le film après avoir visionné la bande-annonce, qualifiée de « propagande ». Il n’avait pas encore vu le film, mais c’est chose faite, dit-il. Lundi 12 février, dans un communiqué, Jean Mizrahi confirme que Les Variétés « ne programmeront pas » L’Insoumis, pour deux raisons : « Le documentaire n’est aucun cas un film de cinéma mais plutôt un document télévisuel, qui ne prend aucune distance vis à vis de son sujet. Le rôle des Variétés n’est pas de promouvoir, ou à l’inverse de dénigrer, tel ou tel personnage public jouant un rôle local. »
Gilles Perret, réalisateur : « Il y a une telle cristallisation contre Mélenchon que certains en viennent à se comporter comme des censeurs »
Le distributeur du film a trouvé un plan B : L’Insoumis sortira à Marseille le 21 février au Pathé- Madeleine et une avant-première y sera organisée le vendredi 16. Pour le réalisateur Gilles Perret, « il y a une telle cristallisation contre Mélenchon que certains en viennent à se comporter comme des censeurs ». Son film montre un Mélenchon plutôt calme et posé, loin de l’image colérique véhiculée dans les médias. On voit le candidat de La France insoumise...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Candidate de « The Voice », la chanteuse Mennel a quitté l’émission à la suite de l’exhumation de messages à connotation complotiste sur les attentats de juillet 2016. Un départ qu’Abdel Rahmène Azzouzi regrette dans une tribune au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/02/2018
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« Mennel est l’antithèse des bêtes de Daech et peut-être même leur antidote »

Candidate de « The Voice », la chanteuse Mennel a quitté l’émission à la suite de l’exhumation de messages à connotation complotiste sur les attentats de juillet 2016. Un départ qu’Abdel Rahmène Azzouzi regrette dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    12.02.2018 à 13h22
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 13h36
    |

                            Abdel Rahmène Azzouzi (professeur des universités)








                        



                                


                            

Tribune. La vidéo de son passage à « The Voice » était rapidement devenue virale. Comme le disait Zazie, les fées se sont penchées sur son berceau. Une vraie voix, une grande beauté, un talent incontestable et des cheveux discrètement couverts. Egalement des origines syriennes, une francité pleinement assumée, tout comme son islam. Elle semblait avoir conquis le jury du télé-crochet. Cette synthèse de nos valeurs françaises, et même plus largement occidentales, sans renier son âme orientale, aura suffi à provoquer l’ire de l’extrême droite qui, dans cette affaire, a servi d’aiguillon aux médias et peut-être à l’opinion française.
Des posts maladroits de la jeune Mennel, exhumés par le Bloc identitaire, ont ouvert la polémique et brisé le pont que tentait de construire la jeune femme. En janvier, déjà, le mannequin « voilé », Amena Khan, avait dû renoncer à une campagne de L’Oréal pour avoir critiqué la politique israélienne dans des tweets datant de 2014. La connotation complotiste des tweets de la jeune Mennel pose en effet problème et a semblé constituer un obstacle insurmontable à son évolution artistique au sein de l’émission.

Que devrions-nous alors penser des onze vidéos parfaitement assumées par Jean-Marie Bigard sur les attentats du 11-Septembre ? Nous pouvons facilement imaginer le travail et la réflexion élaborée qu’a nécessités la réalisation de ces vidéos. Il ne s’agissait pas d’un ou deux tweets d’une jeune femme de 20 ans dont le pays d’origine est ravagé, depuis de nombreuses années, par la guerre et le terrorisme le plus abject et dont probablement nombre de membres de sa propre famille ont été victimes. Et pourtant, nul n’a pensé à excommunier Jean-Marie Bigard et il appartient à chacun de faire la part des choses entre un des humoristes les plus talentueux de sa génération et son analyse complotiste des attentats du 11-Septembre.
Un message unissant l’Orient et l’Occident bienvenu
Dans le contexte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Françoise Nyssen a annoncé la fermeture du monument parisien entre décembre 2020 et le printemps 2023, afin de le restaurer et de réorganiser ses espaces pour le public.
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Le Grand Palais fait sa mue

Françoise Nyssen a annoncé la fermeture du monument parisien entre décembre 2020 et le printemps 2023, afin de le restaurer et de réorganiser ses espaces pour le public.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 12h23
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 08h06
    |

                            Philippe Dagen








                        



   


La ministre de la culture, Françoise Nyssen, l’a annoncé lundi 12 février : le Grand Palais sera fermé pour travaux, de décembre 2020 au printemps 2023 pour la nef et les galeries d’expositions, et jusqu’en juin 2024 pour le Palais de la découverte. Ce calendrier ne pourra pas supporter trop de retard car la nef doit accueillir les épreuves d’escrime des Jeux olympiques 2024. Le projet était à l’étude depuis plusieurs années, ayant été porté d’abord par Jean-Paul Cluzel, en sa qualité de président de la Réunion des musées nationaux-Grand Palais (RMNGP) de 2009 à 2016. Il revient à Sylvie Hubac, qui lui a succédé, de le réaliser.
En annonçant décision et calendrier, Françoise Nyssen met un terme à une longue suite de reports et de réestimations des coûts. En 2010, le nouveau Grand Palais était promis pour 2017, après une rénovation estimée à 236 millions d’euros, mais Nicolas Sarkozy ne s’intéressa pas au dossier. En 2015, sous François Hollande, le lancement de travaux fut annoncé pour le second semestre 2019 « au plus tôt », pour une durée prévue de deux ans et un coût de 390 millions d’euros, dont 150 millions financés par un emprunt de la RMNGP – une solution inventée par Jean-Paul Cluzel, qui a réussi à la faire admettre en dépit de sa nouveauté. Ce sera donc finalement à partir de fin 2020, pour plus de trois ans et un budget de 466 millions, les derniers obstacles budgétaires ayant été levés par l’Elysée.

        Lire l’éclairage :
         

          La FIAC se cherche un hébergement provisoire



Que le Grand Palais doive être restauré et réaménagé, on le sait depuis longtemps : au moins depuis juin 1993, quand la chute d’un rivet du haut de la charpente de la verrière avait contraint le ministre de la culture de l’époque, Jacques Toubon, à ordonner sa fermeture pour plusieurs mois. Il était apparu que la structure tout entière était en voie de dégradation. Les conditions et le lieu de sa construction l’expliquent. Le « Grand Palais des Beaux-Arts » a été construit, en trois ans, pour l’Exposition universelle de 1900. Il fallait faire grand, haut et vite. Ce qui fut réussi en tirant parti des technologies les plus modernes alors disponibles. La structure métallique, d’un poids total supérieur à 9 000 tonnes, fut non pas fondée sur un sol stable, mais posée sur une sorte de « radeau », soutenu par 3 400 pieux de chêne qui s’enfonçaient dans le sol rendu humide par la proximité de la Seine et de la nappe phréatique. L’eau conservait intacts les pieux qui y baignaient.

        Lire l’enquête dans « M » :
         

          Le Grand Palais, un colosse aux pieds d’argile



Métamorphose architecturale
Quand le niveau de la nappe phréatique a baissé – sécheresses, régulation du fleuve en amont –, les pieux ont commencé à pourrir à l’air libre. De petits affaissements déstabilisèrent peu à peu la structure métallique, jusqu’à ce qu’un point de jonction cède et qu’il faille consolider les fondations, ce qui fut fait en 1993. Il a fallu recommencer en 2005, côté verrière pour l’étanchéité, côté sous-sol pour renforcer à nouveau l’ancrage.
Depuis, le bâtiment était en sursis. « La ­rénovation d’ensemble a été périodiquement envisagée mais toujours reportée, affirme sans ambages le dossier de présentation des travaux. Pour ces raisons, le monument se trouve aujourd’hui affecté par de graves désordres sanitaires. De larges surfaces sont délaissées et inexploitées, de nombreux espaces sont fermés au public, faute de conformité aux normes de sécurité. »
Principale nouveauté : l’ouverture d’une « rue des Palais », du square Jean-Perrin, côté Champs-Elysées, au Jardin de la Reine, côté Seine
Au-delà des travaux nécessaires pour soigner un centenaire fragile, il s’agit aussi de faire du Grand Palais un ensemble qui fonctionne tout autrement qu’aujourd’hui. Métamorphose architecturale et redéfinition des missions vont de pair. La première de celles-ci, selon Sylvie Hubac : « L’ouvrir, y faire entrer des publics qui n’y viennent pas. A l’heure actuelle, pour y entrer, il faut acheter un billet pour une exposition dans les Galeries nationales ou une manifestation sous la nef. Rien n’est en accès libre, et les touristes qui souhaitent visiter le bâtiment pour lui-même ne le peuvent pas. »
De là, la principale nouveauté : l’ouverture d’une « rue des Palais ». Du square Jean-Perrin, côté Champs-Elysées, au Jardin de la Reine, côté Seine, elle sera traversante et ouverte au libre passage. Elle sera à deux niveaux : celui qui est aujourd’hui le rez-de-chaussée, si l’on peut dire, du bâtiment et, en dessous, celui de ce qui abritait, à l’origine, des rampes de circulation pour chevaux et véhicules. Elles ont été coupées et masquées par des aménagements ultérieurs, jusqu’à devenir invisibles. Il s’agit donc pour l’architecte chargé du chantier, François Chatillon, et l’agence LAN qui l’accompagne de retrouver les volumes initiaux et de créer un espace d’accès et de distribution des visiteurs. La rue des Palais elle-même ouvrira sur des salles gratuites : « Salle sur l’histoire du Grand Palais, librairie-boutique, salle d’immersion dans les collections, galerie des enfants, énumère Sylvie Hubac. Nous voulons en faire un lieu où il sera possible et gratuit de venir juste passer un moment et de profiter de ces ressources. »
« Un lieu de rencontres entre les savoirs »
Ce sera aussi le chemin pour accéder au Palais de la découverte et aux galeries d’exposition – ce qui devrait permettre d’en finir avec les files d’attente sous la pluie ou dans le froid les jours d’affluence. Enfin, le nouvel espace établira une connexion entre le Palais de la découverte, qui n’est accessible aujourd’hui que par son entrée avenue Franklin-Roosevelt, et les Galeries nationales et la nef, côté avenue Winston-Churchill. Plus besoin de faire le tour par l’extérieur pour qui voudrait profiter des différents lieux.
A cette continuité spatiale doit répondre une coordination entre les différents occupants, jamais réalisée depuis la création du Palais de la découverte, en 1937. Sylvie Hubac veut un « ensemble culturel, un lieu de rencontres entre les savoirs », y compris les savoirs scientifiques. C’est aussi le discours de Bruno Maquart, président d’Universcience, l’établissement public qui gère le Palais de la découverte et la Cité des sciences et de l’industrie. Ensemble, ils se disent partisans « de plus de dialogue entre les différents secteurs, de l’intégration des sciences dans des projets ­communs » et d’une meilleure réactivité à l’actualité. « Cette maison, affirme Bruno Maquart, n’a pas vocation à montrer seulement des objets, mais des hommes et leurs travaux. » L’accent devrait donc être mis sur « une actualisation beaucoup plus rapide et beaucoup plus flexible » des présentations, pour que les visiteurs soient informés des recherches en cours.
La nouvelle programmation se fonderait sur une collaboration plus étroite avec les grands musées parisiens
Les technologies du numérique seront plus largement employées. « Il doit devenir possible pour les visiteurs d’assister en direct à une opération chirurgicale de pointe qui aurait lieu au même moment à Toulouse ou à Brooklyn », dit-il. Même réflexion en cours côté RMNGP, où le succès de fréquentation de l’exposition « Sites éternels », en 2016, qui traitait des destructions du patrimoine par faits de guerre et de religion à notre époque, semble avoir convaincu l’institution qu’elle doit être mieux en phase avec le présent. Celle-ci doit se saisir, plaide Sylvie Hubac, de « thèmes de société à dimension philosophique, anthropologique, sociologique ou politique », tout en conservant sa part d’histoire de l’art, en s’adressant autant aux néophytes qu’aux connaisseurs à travers des « lectures panoramiques et des expositions thématiques ».
Plus généralement, ces travaux, suggère Sylvie Hubac, doivent être l’occasion de « faire une programmation mieux construite entre différents lieux parisiens. Il faut concevoir des saisons, afin que les actions du secteur public culturel soient plus concertées. Ainsi éviterait-on les doublons ». Cette programmation se fonderait sur une collaboration plus étroite avec les grands musées parisiens. Reste à savoir ce qu’accepteront certains d’entre eux, jaloux d’une autonomie qui n’a cessé de s’accroître, au Louvre comme à Orsay, dans les dernières décennies. Redéfinir les relations entre eux et le Grand Palais, qui serait un « monument-monde » – autant dire le vaisseau amiral –, et introduire de la cohérence dans la programmation des expositions : le projet est aussi logique que périlleux.
Sur le Web : www.grandpalais.fr

Le Grand Palais en quelques chiffres
ESPACES
Galeries nationales : aujourd’hui 3 092 m2 de ­surface d’exposition, après ­travaux 3 962 m2 en six ­galeries modulables (gain de 31 %).
Galeries événementielles (foires, manifestations sportives, etc.) : aujourd’hui 17 918 m2, dont 13 500 m2 pour la nef ; après travaux 22 254 m2, dont 17 255 m2 pour la nef et les balcons (gain de 24 %).
Concessions (restaurants, librairie-boutique, etc.) : aujourd’hui 550 m2, après travaux 1 057m2 ( gain de 92 %).
BUDGET
Budget total des travaux : 466 millions d’euros.
Subvention du ministère de la culture : 128 millions d’euros.
Subvention du grand plan d’investissement : 160 millions d’euros.
Emprunt RMNGP : 150 millions d’euros.
Mécénat Chanel : 25 millions d’euros.
Universcience : 3 millions d’euros.



Travaux du Grand Palais : Chanel investit 25 millions d’euros
Le groupe de luxe Chanel sera le mécène exclusif du projet de rénovation et d’aménagement du Grand Palais. « Nous allons consacrer 25 millions d’euros » à ce chantier de 466 millions, a indiqué au Monde Bruno Pavlovsky, président des activités mode de Chanel. Depuis 2005, les défilés du directeur artistique Karl Lagerfeld ont métamorphosé le Grand Palais en salle de théâtre dévastée, terminal d’aéroport, brasserie… « Les défilés auront lieu dans une structure temporaire le temps des travaux, avant de revenir au Grand Palais », a précisé M. Pavlovsky. Chanel finance aussi le Palais Galliera à (4,6 millions d’euros), et a lancé un ensemble immobilier porte d’Aubervilliers, pour abriter les équipes des métiers d’art.





                            


                        

                        


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Travaux du Grand Palais : la FIAC se cherche un hébergement provisoire

De 2021 à 2024, aucun événement ne se tiendra dans la nef de l’établissement parisien.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 12h23
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 12h24
    |

                            Philippe Dagen








                        



   


Conséquence des travaux du Grand Palais : de 2021 à 2024, aucun événement ne se tiendra dans la nef. Aucune compétition sportive telle que le Saut Hermès et, ce qui est plus grave, aucune foire : ni Paris Photo ni Foire internationale d’art contemporain (FIAC). D’une seule voix, Sylvie Hubac, présidente de la RMN-Grand Palais, et Jennifer Flay, directrice de la FIAC, assurent que, depuis dix-huit mois, elles cherchent des solutions. Ce qui signifie trouver ou inventer un volume vide et vaste à l’intérieur duquel installer les stands en leur assurant les conditions techniques nécessaires. Sa superficie devrait être de 10 000 m2 au moins : les dernières FIAC, recevant près de deux cents exposants, se sont étendues sur 18 000 m2 au Grand Palais.

        Lire le récit :
         

          Le Grand Palais fait sa mue



Ce lieu doit aussi être central. La galeriste Jennifer Flay exclut tout retour à la porte de Versailles et tout exil vers La Villette ou Villepinte. « La FIAC n’y survivrait pas, affirme-t-elle. Ce serait annuler tout le travail accompli depuis quinze ans. » Et de rappeler des arguments pratiques : les galeries étrangères, dont la présence est essentielle à l’image de la foire, aiment venir montrer leurs œuvres au centre de Paris, à proximité des grands musées et non loin des palaces et des restaurants étoilés. Autre exigence, en rapport avec les précédentes : ce lieu doit être une « belle chose », et non une structure mobile. « Ce ne serait pas rentable économiquement », fait observer Sylvie Hubac, et, probablement, peu satisfaisant du point de vue de l’architecture.
« C’est un dossier très complexe »
Soit. Mais quoi et où ? « A l’heure actuelle, il n’y a pas de solution finalisée », répond Sylvie Hubac, ce qui revient à ne pas répondre. Mais on finit par apprendre que plusieurs solutions ont été envisagées, puis abandonnées. La plus spectaculaire et imaginative était de construire un pont-esplanade provisoire sur la Seine, sur lequel aurait été érigée la structure nécessaire. Il a fallu y renoncer en raison du coût excessif, regrette Sylvie Hubac. Une autre hypothèse a été d’occuper, place de la Concorde, l’espace dévolu à la grande roue, avec possibilité d’une expansion dans le jardin des Tuileries. Mais des raisons de sécurité et de circulation s’y opposent. Il a encore été question de la gare des Invalides, sans suite non plus.
Et donc ? Seuls deux endroits satisfont aux exigences énoncées : les esplanades des Invalides et du Champ-de-Mars, où se sont tenues, aux XIXe et XXe siècles, les expositions universelles, avec leurs pavillons éphémères et la tour Eiffel, vestige de celle de 1889. Sylvie Hubac n’en dira pas plus : « C’est un dossier très complexe. Il implique la Ville de Paris, les Monuments historiques, la préfecture de police, les riverains des emplacements que nous explorons… » Jennifer Flay conclut sur une note optimiste. « Nous avons encore le temps, les FIAC 2018, 2019 et 2020 seront au Grand Palais, comme d’habitude. Et puis, il faut aussi penser que nous reviendrons dans des espaces modernisés et agrandis. Pour l’instant, nous ne pouvons pas proposer des stands d’une superficie supérieure à 80 m2. A la Foire de Bâle, à Frieze, à Londres, on peut aller jusqu’à 120 et même 150 m2. Dans le nouveau Grand Palais, nous pourrons être à ce niveau. C’est une perspective très excitante. »
Sur le Web : www.fiac.com



                            


                        

                        

