<FILE-date="2018/02/13/19">

<article-nb="2018/02/13/19-1">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Dans sa dernière étude, l’Ifremer a évalué les stocks de poissons dans la zone et tente de mesurer les effets du changement climatique.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Les poissons pélagiques de la Manche migrent vers la mer du Nord

Dans sa dernière étude, l’Ifremer a évalué les stocks de poissons dans la zone et tente de mesurer les effets du changement climatique.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 18h13
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 18h21
    |

                            Laurie Moniez (Lille, correspondance)








                        



   


La Thalassa, l’un des onze navires de l’Institut national de recherche intégrée en sciences marines (Ifremer), vient de rentrer au port de Boulogne-sur-Mer après avoir sillonné les eaux de la Manche Est et de la mer du Nord du 21 janvier au 11 février. Dans les filets du bateau océanographique, des poissons, mais surtout des données scientifiques.
La campagne européenne d’évaluation des stocks qui vient d’être menée, comme chaque année depuis plus de trente ans, permet de calculer un indice d’abondance des principales espèces de poissons commerciaux exploitées en Manche-mer du Nord. Pour cela, l’équipage du Thalassa a trié, pesé, mesuré 13 325 poissons et rapporté à quai 189 échantillons d’œufs de 77 espèces différentes, à la suite de 60 chalutages de fond d’une durée de 30 minutes chacun.

        Lire le reportage :
         

          A Boulogne-sur-Mer, le désarroi des pêcheurs face aux chalutiers électriques néerlandais



Première conclusion du projet Eclipse, qui étudie en particulier les effets de la pêche et du changement climatique sur la biodiversité marine : la structure des populations de poissons a subi des fortes modifications au cours des années 1990 en Manche Est. Les stocks de pélagiques, des poissons de petite taille – hareng, chinchard, sprat, sardine, maquereau – ont fortement diminué. Ces espèces, qui vivent dans les eaux proches de la surface ou entre la surface et le fond, ont souvent une préférence pour les eaux froides.
« Il y a eu dans les années 1990 un passage d’une phase froide à une phase chaude, explique Arnaud Auber, responsable du projet Eclipse. Et les résultats des analyses statistiques suggèrent que les changements de communautés de poissons sont liés à ce basculement climatique. » La température a augmenté en moyenne de 0,5 degré par décennie en Manche-mer du Nord depuis les années 1980.
Parallèlement, en mer du Nord, l’étude a démontré une augmentation des petits pélagiques depuis le début des années 2000. Les scientifiques font donc l’hypothèse d’une migration vers le Nord en réponse au réchauffement de l’eau. Des études prospectives seront menées pour confirmer ce point et mesurer si le changement climatique peut accroître ces tendances à l’avenir. Les membres du projet Eclipse travaillent au demeurant avec le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Trois scénarios – optimiste, intermédiaire ou pessimiste –, permettront d’anticiper jusqu’à 2100 les conséquences des modifications du climat sur de nombreuses espèces de poissons.
Augmentation du trafic maritime
Dans ce contexte et face aux tensions autour de la pêche – en particulier en lien avec la pêche électrique développée par les armateurs néerlandais dans cette zone –, ce qui n’était qu’un simple inventaire des jeunes poissons en mer du Nord est devenu une étude annuelle attendue par les professionnels de la pêche et du climat. « C’est important d’étudier l’ensemble de l’écosystème, insiste l’ingénieur de l’Ifremer et chef de la mission, Yves Vérin. Pour expliquer les changements, on ne peut pas juste incriminer les pêcheurs ou le réchauffement climatique. »

        Lire aussi :
         

                Le Parlement européen demande l’interdiction de la pêche électrique



L’augmentation du trafic maritime et du nombre de plateformes en mer du Nord, mais aussi de champs éoliens du côté des eaux danoises et britanniques, rend plus ardus les prélèvements qu’au début de la campagne, en 1976. Yves Vérin se souvient des premières études : « Au début, on collectait les poissons à la main sur l‘ancienne Thalassa. Mais ça a énormément évolué techniquement et le programme s’est enrichi pour tenir compte des paramètres environnementaux. »
Six autres pays (Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Allemagne, Danemark, Suède) effectuent en parallèle le même type de captures. L’ensemble des données est coordonné par le Conseil international pour l’exploration de la mer. Réseau de centaines de scientifiques, le CIEM donne des avis pour une gestion durable des écosystèmes marins de l’Atlantique nord-est et des mers adjacentes, il est en particulier consulté lors de la fixation des quotas de pêche dans l’Union européenne.
Finalement les impacts directs de la pêche sur la structure des communautés n’ont pas été mis en évidence par l’Ifremer. « Mais cela ne dit pas qu’il n’y a pas eu des effets sur certaines espèces », met en garde Arnaud Auber. Sur les trois dernières décennies, les histogrammes en dents de scie présentés par les scientifiques affichent une baisse de plusieurs espèces telles que la morue, le merlan et l’églefin.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-2">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ L’auteure s’était fait connaître en révélant la contamination au mercure de la mer de Shiranui, au Japon. Elle est décédée le 10 février, à l’âge de 90 ans.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Michiko Ishimure, écrivaine japonaise, est morte

L’auteure s’était fait connaître en révélant la contamination au mercure de la mer de Shiranui, au Japon. Elle est décédée le 10 février, à l’âge de 90 ans.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 16h40
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 18h15
    |

            Philippe Pons (Tokyo, correspondant)








                        



                                


                            
Une grande dame s’est éteinte : Michiko Ishimure, écrivaine qui révéla aux Japonais les souffrances des victimes de la maladie de Minamata (intoxication par le mercure) est morte le 10 février à Kumamoto. Elle avait 90 ans. Mêlant romanesque, poésie, journal intime, témoignages et histoire, elle fut la voix des 10 000 personnes qui ont été officiellement atteintes de cette maladie affectant le système nerveux central.
Née le 11 mars 1927 dans le village de Kawaura sur l’île Amakusa, elle avait grandi à Minamata (département de Kumamoto, dans le Kyushu) sur la rive opposée de la mer de Shiranui. Institutrice, elle avait découvert en se rendant à l’hôpital, où avait été hospitalisé son fils, les premiers malades souffrant de cette maladie mystérieuse qui n’épargnait pas les enfants, dont beaucoup naissaient avec des infirmités motrices et cérébrales lourdes. Un faisceau de symptômes (poissons morts, chats pris de spasmes convulsifs…) allait permettre de conclure à un empoisonnement de la mer. La maladie fut reconnue en 1956 mais, jusqu’en 1968, l’usine chimique Chisso qui déversait du méthyle-mercure dans la mer et l’Etat nièrent toute responsabilité.
A l’écoute des victimes
Michiko Ishimure rompit cette conspiration du silence qui contribua à contaminer la mer pendant des décennies. Elle ne fut certes pas seule à militer pour que la lumière soit faite et que les victimes soient dédommagées mais, par son empathie pour celles-ci, la trilogie qu’elle publia en 1959, Mer de souffrance, terre de lumière (Paradise in the Sea of Sorrow : Our Minamata Disease, University of Michigan, 2003) eut un retentissement particulier, s’inscrivant dans ce que l’on appellerait aujourd’hui la « narration littéraire documentaire ».
Michiko Ishimure a écouté les victimes provenant pour la plupart de communautés de pêcheurs des petites îles de la mer de Shiranui. A partir du récit de ces drames individuels (découverte d’une maladie sournoise...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-3">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ La ville du Cap est depuis des mois frappée par une sécheresse historique qui menace la mégapole de 4 millions d’habitants d’une rupture de son approvisionnement en eau potable.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Crise de l’eau au Cap : l’Afrique du Sud déclare l’état de catastrophe naturelle

La ville du Cap est depuis des mois frappée par une sécheresse historique qui menace la mégapole de 4 millions d’habitants d’une rupture de son approvisionnement en eau potable.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h59
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 13h37
   





                        


Les autorités sud-africaines ont proclamé mardi 13 février l’état de catastrophe naturelle dans tout le pays en raison de la sécheresse historique qui frappe depuis des mois l’agglomération du Cap, menacée d’une rupture de son approvisionnement en eau potable.
Cette décision, publiée dans le Journal officiel, a été prise après « réévaluation de l’ampleur et de la gravité de la sécheresse actuelle » et confie désormais la gestion de la crise au gouvernement. Sous son autorité, toutes les institutions de l’Etat sont désormais mandatées pour mettre en œuvre « les plans d’urgence, l’aide immédiate et les mesures de construction » nécessaires, selon le texte de l’arrêté signé par le chef du centre national de gestion des situations d’urgence, Mmaphaka Tau.

        Lire :
         

          En Afrique du Sud, vent de panique au Cap menacé d’être privé d’eau



25 litres d’eau potable par jour et par personne
Après trois ans de sécheresse, le niveau d’eau dans les barrages, première source d’approvisionnement de la mégapole, est dramatiquement bas, et la deuxième ville d’Afrique du Sud pourrait se retrouver sans eau dans les prochaines semaines. Ce sera le « jour zéro ». En novembre 2017, il avait été fixé au 13 mai 2018, puis un temps à la mi-avril, avant d’être reporté cette semaine au 11 juin.
Pour retarder l’échéance, les quelque 4 millions d’habitants du Cap ont été invités à n’utiliser que cinquante litres d’eau par personne et par jour, l’équivalent d’une douche quotidienne de trois minutes. Les autorités locales ont menacé d’infliger des amendes à ceux qui dépasseraient ce seuil mais leurs menaces n’ont, pour l’heure, pas été mises à exécution. Si le « jour zéro » se produit, les Captoniens devront se ravitailler aux 200 points de collecte d’eau, où ils recevront un maximum de 25 litres par jour et par personne. La municipalité du Cap, contrôlée par le parti d’opposition de l’Alliance démocratique, est vivement critiquée pour ne pas avoir tenu compte des avertissements des experts et ne pas avoir pris plus tôt des mesures de restriction.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-4">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Depuis l’arrivée aux commandes d’Isabelle Kocher, le groupe a axé sa stratégie sur la transition énergétique et les services. Des changements parfois difficiles à accepter en interne.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Engie, une transformation menée au pas de charge

Depuis l’arrivée aux commandes d’Isabelle Kocher, le groupe a axé sa stratégie sur la transition énergétique et les services. Des changements parfois difficiles à accepter en interne.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h40
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

C’est l’une des plus importantes transformations menée par un groupe français. Issu de la fusion entre Gaz de France et Suez en 2008 sous la surveillance de l’Etat français, Engie a multiplié en dix ans les virages stratégiques.
Alors que le paysage de l’énergie en Europe a été bouleversé par la baisse massive des prix de l’électricité et du gaz, Engie a progressivement décidé de se recentrer. Après plusieurs années d’atermoiements, Gérard Mestrallet et Isabelle Kocher, respectivement président du conseil d’administration et directrice générale, ont initié, modestement en 2013, puis de manière accélérée en 2015, une stratégie axée sur la transition énergétique. L’idée était de vendre les activités dites carbonées – notamment les centrales à charbon, très émettrices de CO2 – tout en se concentrant sur les activités à revenus réguliers, comme les renouvelables subventionnés, ou les réseaux de gaz.

Cette stratégie est passée par un programme de cessions d’actifs colossal, pour un montant de 15 milliards d’euros, qui, début 2018, ont quasiment été toutes réalisées. Citons notamment la vente des centrales à charbon d’International Power, pourtant achetées à prix d’or en 2010, celle des activités d’exploration et de production de gaz ou, plus récemment, la cession d’une partie de ses activités dans le gaz naturel liquéfié (GNL) à Total. Mme Kocher annonce aussi son intention de renoncer à investir dans le nucléaire, alors que le groupe exploite encore sept réacteurs en Belgique.

Stratégie de cessions
« Les actifs n’ont pas été bradés, estime Pierre-Antoine Chazal, analyste chez Bryan Garnier. C’est un tour de force pour un groupe comme Engie d’avoir réalisé toutes ces cessions en trois ans. » Parallèlement, le groupe se développe dans les services énergétiques, notamment en direction des collectivités locales, et dans les énergies renouvelables. « Engie a installé en 2017...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-5">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ En mai, Jean-Pierre Clamadieu remplacera Gérard Mestrallet à la tête de l’énergéticien français. Isabelle Kocher, qui visait le poste, officiera à ses côtés.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Bataille pour la présidence d’Engie : coups bas, sexisme et boules puantes

En mai, Jean-Pierre Clamadieu remplacera Gérard Mestrallet à la tête de l’énergéticien français. Isabelle Kocher, qui visait le poste, officiera à ses côtés.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 15h51
    |

            Jean-Michel Bezat, 
Isabelle Chaperon et 
                                Nabil Wakim








                        



                                


                            

Le gouvernement a tranché : Jean-Pierre Clamadieu sera le prochain président non exécutif du conseil d’administration d’Engie. Le « board » du géant énergétique devait en effet proposer, mardi 13 février, la nomination du patron du groupe chimique belge Solvay comme administrateur, en vue de son intronisation à l’issue de l’assemblée générale du 18 mai 2018, date à laquelle s’achève le mandat de Gérard Mestrallet, 69 ans, l’actuel président. Cet industriel reconnu, âgé de 59 ans, formera un nouveau tandem avec Isabelle Kocher, 51 ans, la directrice générale du groupe depuis le 3 mai 2016.
Pour son entourage, il s’agit d’une bonne nouvelle. Les deux dirigeants se connaissent de longue date et s’apprécient. Pour autant, l’arrivée de M. Clamadieu, aux compétences très opérationnelles, pourrait constituer une menace pour Mme Kocher, dont le mandat s’achève dans deux ans. Le temps qu’il lui reste pour prouver qu’elle a réussi le virage stratégique engagé en 2015 : sortir en partie des énergies fossiles et de la production d’électricité soumise aux risques du marché pour développer les renouvelables, les réseaux intelligents et les services énergétiques. En cas d’échec de sa « stratégie de l’énergie trois D » (décarbonée, décentralisée et digitalisée), M. Clamadieu offrirait une alternative très crédible.

Un déchaînement de haine
Longtemps, Mme Kocher, qui avait été mise sur orbite dès novembre 2014 par Gérard Mestrallet pour prendre sa succession, a espéré réunir les fonctions de présidente et de directrice générale, pour devenir la première femme PDG du CAC 40. L’Etat, qui détient encore 24,1 % du capital d’Engie, en a décidé autrement. Parce que « Macron ne l’aime pas » comme le susurre depuis des mois le très courtisan microcosme parisien ? Parce qu’elle gère mal l’entreprise, comme ses détracteurs l’assurent ? Par sexisme ordinaire, alors qu’elle est la seule femme à diriger un groupe du CAC 40 ?
Une...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-6">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ 57,5 % des entreprises du CAC 40 ont à leur tête des dirigeants qui cumulent les mandats de président et de directeur général contre seulement 10 % des firmes européennes.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Le PDG, une exception française… au masculin

57,5 % des entreprises du CAC 40 ont à leur tête des dirigeants qui cumulent les mandats de président et de directeur général contre seulement 10 % des firmes européennes.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h21
    |

            Isabelle Chaperon








                        



   


Quatre ans après avoir été choisie par Gérard Mestrallet pour assurer sa succession à la tête d’Engie, deux ans après avoir pris la direction générale, Isabelle Kocher s’est vu refuser la présidence de l’énergéticien. Est-ce un désaveu ? Oui et non.
En France, en effet, le cumul du mandat de président et de directeur général reste le modèle dominant. Selon les calculs du cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest, 57,5 % des entreprises du CAC 40 ont à leur tête un PDG. Ce mode de gouvernance apparaît, toutefois, comme une exception en Europe : seulement 10 % des entreprises appartenant à l’indice Stoxx Europe 600, regroupant les grandes valeurs européennes, sont dirigées par un PDG.
Au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, le chairman et le chief executive officer se partagent le plus souvent les rôles, comme le président et l’administrateur délégué en Italie. « La dissociation est un principe de bonne gouvernance. Le président anime le conseil d’administration qui nomme les dirigeants et contrôle la bonne mise en œuvre de la stratégie. L’absence de dissociation revient à dire que le PDG doit se contrôler lui-même. On voit bien que cela pose un problème », souligne Charles Pinel, associé chez Proxinvest.
Cette analyse ne prospère guère en France, où le pouvoir ne se partage pas, sauf affaire de circonstance. Ainsi, à mesure que les parrains du CAC 40 ont été rattrapés par l’âge, beaucoup ont abandonné dans un premier temps les rênes opérationnelles, conservant la présidence le plus longtemps possible. La dissociation est alors vue comme une transition en attendant que le dauphin fasse ses preuves. A ce jeu, Patrick Pouyanné a été le plus rapide : nommé directeur général de Total en octobre 2014 après le décès de Christophe de Margerie, il a été intronisé PDG dès décembre 2015.

        Lire aussi :
         

                CAC 40 : du sang neuf dans les conseils d’administration



Aucune femme n’a été PDG du CAC 40
Chez Veolia, Antoine Frérot n’a eu à passer qu’un an entre deux eaux, le temps qu’Henri Proglio, resté président du spécialiste de l’environnement après sa nomination comme PDG d’EDF, démissionne, sous la pression du gouvernement.
L’attente avait été de trois ans pour Pierre-André de Chalendar (Saint-Gobain) et Emmanuel Faber (Danone), de cinq ans pour Jean-Paul Agon (L’Oréal). Le plus patient aura été Henri de Castries, nommé PDG de l’assureur AXA en 2010, après en avoir été pendant dix ans le président du directoire. Jacques Aschenbroich, lui, a été nommé PDG de l’équipementier automobile Valeo en 2016, au bout de sept ans à la direction générale.
L’Etat assure que désormais il veut voir deux têtes dépasser dans les entreprises dont il est actionnaire. C’est déjà le cas chez Safran, Airbus, CNP ou Orano (ex-Areva). Mais pas chez Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris), Air France KLM, Thales, Renault ou Orange. La formule n’a pas que des avantages, comme EDF l’a illustré, dans les années 1990.
Le groupe d’électricité, organisé en direction bicéphale depuis sa création en 1946, a été marqué entre 1996 et 1998 par une guerre – souvent larvée, parfois ouverte – entre le président, Edmond Alphandéry, qui voulait contrôler l’entreprise, et Pierre Daurès, le directeur général, un homme du sérail soutenu par les grands barons du groupe. Le premier ministre, Lionel Jospin, avait fini par pousser les deux hommes à la démission en juin 1998. Les quatre patrons suivants ont été investis des pleins pouvoirs…
Seule constante, jamais aucune femme n’a été PDG du CAC 40. Deux directrices générales ont émergé – l’Américaine Patricia Russo chez Alcatel-Lucent (2006-2008) et Isabelle Kocher chez Engie. Depuis janvier 2016, Sophie Bellon est présidente de Sodexo.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-7">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Un « red rattler » réhabilité et couvert de panneaux photovoltaïques assure un trajet de trois kilomètres entre le centre-ville et un hôtel situé sur la plage.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Australie, le premier train 100 % solaire roule sur la côte de Byron Bay

Un « red rattler » réhabilité et couvert de panneaux photovoltaïques assure un trajet de trois kilomètres entre le centre-ville et un hôtel situé sur la plage.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h05
    |

                            Isabelle Dellerba (Sydney, correspondance)








                        



                                


                            

Quand, dans la ville de Byron Bay, à 600 kilomètres au nord de Sydney, l’ancien baron des mines Brian Flannery a eu l’idée de réhabiliter une voie de chemin de fer désaffectée pour y faire circuler une locomotive diesel retapée, il n’avait pas prévu de marquer l’histoire des énergies renouvelables. Mais six ans plus tard, son projet a pris une tournure inattendue. Le 16 décembre 2017, il a offert à la cité balnéaire une première mondiale : un train électrique fonctionnant entièrement à l’énergie solaire. Désormais, la nouvelle attraction touristique de la ville parcourt seize fois par jour, en sept minutes, un trajet de trois kilomètres.
L’histoire commence au début des années 2010. Brian Flannery, qui a fait fortune dans le charbon avant d’investir dans le secteur touristique, cherche un mode de transport alternatif pour les clients de son luxueux « Resort Elements of Byron », situé sur une plage de la ville confrontée à de terribles embouteillages. Il convainc les autorités locales de le laisser rouvrir une ligne de chemin de fer abandonnée et fait restaurer un « red rattler », l’un de ces trains construits après la seconde guerre mondiale, qui ont sillonné l’Australie pendant des décennies. Problème, les habitants voient d’un mauvais œil l’arrivée de cet engin polluant qui doit relier le centre au complexe hôtelier. Finalement, en 2016, un concours de circonstances offre une alternative : grâce aux progrès technologiques, au poids relativement léger de ce « red rattler » pouvant accueillir 100 passagers, à un trajet court et plat, il semble possible de l’alimenter à l’énergie solaire.
Récupérer l’énergie du freinage
Les équipes de l’entrepreneur couvrent le toit du train de panneaux photovoltaïques, les connectent à un ensemble de batteries lithium d’une capacité de 77 kWh et mettent en place un système de freinage qui permet de récupérer environ 25 % de l’énergie utilisée quand les freins sont actionnés. L’un des deux moteurs...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-8">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Près de 50 000 logements d’Australie-Méridionale vont être équipés de panneaux photovoltaïques et d’une batterie fournie par Tesla.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Australie, la plus grande centrale électrique virtuelle du monde

Près de 50 000 logements d’Australie-Méridionale vont être équipés de panneaux photovoltaïques et d’une batterie fournie par Tesla.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 10h21
    |

                            Isabelle Dellerba (Sydney, correspondance)








                        



                                


                            

Si l’Australie, l’un des premiers pollueurs mondiaux par habitant, affiche des ambitions modestes en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre – de 26 % à 28 % d’ici 2030 par rapport à 2005 –, le gouvernement d’Australie-Méridionale multiplie les initiatives pour devenir « leader du monde en énergies renouvelables », selon son premier ministre Jay Weatherill. Le 4 février, il a annoncé un plan visant à créer la plus grande centrale électrique virtuelle de la planète.
Pour mener à bien ce projet, cet Etat s’appuie sur des technologies innovantes et s’est associé à Tesla, l’entreprise fondée par Elon Musk. Ensemble, ils vont équiper, d’ici 2022, 50 000 habitations de panneaux solaires et de batteries Powerwall 2 développées par le géant américain.
Logements en réseau
Alors que les installations photovoltaïques sont, par définition, tributaires de l’ensoleillement pour fournir de l’électricité, ce type de boîtier domestique permet de stocker le surplus d’énergie engrangé pendant la journée et de l’utiliser ultérieurement en fonction des besoins. A l’échelle individuelle, rien de révolutionnaire, mais le gouvernement travailliste prévoit de mettre en réseau l’ensemble des logements dotés de ce système, capable de produire 5 kWh, pour les transformer en une immense usine de production énergétique. « A des moments-clés, l’usine virtuelle pourra fournir autant d’énergie qu’une centrale à charbon ou une turbine à gaz », a expliqué Tesla dans un communiqué. A terme, elle devrait atteindre une capacité de 250 mégawatts couplés à 650 MWh de stockage. Cerise sur le gâteau, les foyers seront équipés gratuitement.
Dans ce cadre, les logements individuels sont avant tout conçus comme des unités de production et de stockage d’énergie renouvelable. En d’autres termes, leurs occupants ne seront pas propriétaires des installations et ne devraient pas consommer directement l’électricité produite. Celle-ci sera gérée par...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-9">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ En France, un million et demi de mètres cubes de déchets nucléaires s’accumulent dans des centres de stockage. Certains resteront radioactifs pendant 100 000 ans. Comment s’en débarrasser ?
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ 
<article-nb="2018/02/13/19-10">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Le rassemblement réussi des opposants au projet d’aéroport, samedi 10 février, s’est tenu sur fond de divergences fortes sur la stratégie à adopter face au gouvernement.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Notre-Dame-des-Landes : la ZAD en plein débat sur son avenir

Le rassemblement réussi des opposants au projet d’aéroport, samedi 10 février, s’est tenu sur fond de divergences fortes sur la stratégie à adopter face au gouvernement.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 17h09
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 17h18
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            

Les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, à une vingtaine de kilomètres au nord de Nantes, ont réussi leur pari. Après avoir obtenu son abandon, annoncé officiellement par le gouvernement le 17 janvier, les occupants de la ZAD, la zone à défendre, ont fait le plein, samedi 10 février, lors de leur rassemblement, « Enracinons l’avenir ».
Ils furent des milliers – de 30 000 à 40 000 personnes selon les organisateurs, venus de la France entière, 8 500 selon la préfecture –, dont de très nombreux jeunes et beaucoup de manifestants venant pour la première fois, à rejoindre la ferme de Bellevue, au cœur de la zone. Mais l’ambiance carnavalesque, les fanfares, chorales, fest-noz et concerts en tout genre, ou encore l’embrasement d’une maquette géante d’avion en bois, propre à réchauffer des participants transis par une bruine persistante et pénétrante, ne sauraient masquer les défis, et les difficultés, à venir pour les occupants de la ZAD.

Au-delà de l’immense satisfaction visible sur tous les visages, cette fête se voulait tournée vers le futur des terres agricoles et de la ZAD, menacé par l’arrivée du printemps, échéance à laquelle les occupants illégaux devront être partis « d’eux-mêmes », selon les termes d’Edouard Philippe, le premier ministre.
Il y a pour le mouvement contre l’aéroport (Acipa, Adeca, Copain44, Naturalistes en lutte, Coordination des opposants) deux problèmes majeurs à régler : la discussion avec les autorités sur le processus de légalisation ou d’intégration des nombreux projets agricoles déjà en cours sur la zone, et le règlement de divergences importantes entre les divers habitants du bocage.
« Franche engueulade »
Les tensions ont augmenté lors du nettoyage de la route départementale 281 – entravée par de nombreuses chicanes –, une exigence de la préfecture avant tout démarrage de discussions sur l’avenir de la ZAD, une condition aussi pour éviter l’intervention directe des...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-11">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Le patron du groupe chimique belge Solvay a été choisi par le gouvernement et les administrateurs. Jusqu’au dernier moment, la directrice générale, Isabelle Kocher, a essayé de décrocher le titre de PDG.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 12/02/2018
Découvrir l’application


                        

Engie : Jean-Pierre Clamadieu succédera à Gérard Mestrallet à la présidence du conseil d’administration

Le patron du groupe chimique belge Solvay a été choisi par le gouvernement et les administrateurs. Jusqu’au dernier moment, la directrice générale, Isabelle Kocher, a essayé de décrocher le titre de PDG.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 15h39
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 08h14
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



   


Le président de la République et les administrateurs d’Engie ont sifflé la fin de la partie. Ils sont tombés d’accord sur le nom de Jean-Pierre Clamadieu, président du comité exécutif du chimiste belge Solvay, pour succéder à Gérard Mestrallet à la présidence du conseil d’administration du géant de l’énergie, dont l’Etat détient encore 24,1 % du capital.
M. Clamadieu pourra rester patron de Solvay. Cet industriel reconnu et engagé sur les dossiers du développement durable et du changement climatique sera proposé comme administrateur d’Engie, mardi 13 février, lors d’un conseil d’administration extraordinaire. Il sera élu président à l’issue de l’assemblée générale du 18 mai. Il aura pour mission de contrôler la bonne exécution du plan stratégique défini en 2015 par M. Mestrallet, alors PDG, et l’actuelle directrice générale, Isabelle Kocher.

        Lire aussi :
         

                Isabelle Kocher ne sera pas présidente d’Engie



Alors que l’Etat actionnaire prônait la dissociation des fonctions de président du conseil et de directeur général, Mme Kocher s’est battue jusqu’au bout pour les cumuler et devenir ainsi la première femme PDG d’une entreprise du CAC 40. M. Clamadieu est, lui, un chaud partisan d’une dissociation des fonctions. Il l’a expérimentée chez Rhodia, puis chez Solvay. C’est à ses yeux le meilleur mode de gouvernance, et pas une forme de défiance vis-à-vis d’un directeur général.
Une solide réputation
Après douze ans dans le service public – notamment comme conseiller industriel au cabinet de la ministre du travail, Martine Aubry, entre 1991 et 1993 –, M. Clamadieu est entré chez Rhône-Poulenc. Devenu directeur général en pleine crise dix ans plus tard, il redresse Rhodia, l’ex-branche chimie du groupe au bord de la faillite, avant de mener à bien l’opération de rachat de son groupe par Solvay en 2011. Puis il recentre la séculaire maison belge sur la chimie à haute valeur ajoutée, notamment en déboursant 5 milliards d’euros en 2015 pour racheter l’américain Cytec, spécialiste des matériaux composites pour l’aéronautique.
Depuis une dizaine d’années, M. Clamadieu s’était ainsi forgé une solide réputation. Son nom avait été évoqué en 2011 pour remplacer Anne Lauvergeon à la tête d’Areva, où il préférera laisser la place à son condisciple du corps des Mines, Luc Oursel, déjà bras droit d’« Atomic Anne ». Il est de nouveau cité en 2014 pour succéder au PDG d’EDF, Henri Proglio, où l’Etat lui préférera le patron de Thales, Jean-Bernard Lévy. De nombreuses sources indiquent qu’il fait partie, comme Fabrice Brégier, encore numéro deux d’Airbus, des chefs d’entreprise les plus appréciés par le président de la République.

        Lire aussi :
         

                Engie vend son activité d’exploration-production d’hydrocarbures



Discret mais influent au sein des instances patronales, M. Clamadieu est devenu le « monsieur développement durable » du Medef et de l’Association française des entreprises privées, le puissant lobby des grands groupes tricolores. Une conversion, ou plutôt une conviction, qui remonte à ses années chez Rhodia, persuadé que la réduction des émissions de gaz à effet de serre est « un objectif majeur pour tous les chefs d’entreprise ». Et qu’elle peut être source de croissance. C’est à lui que Laurence Parisot, alors présidente du Medef, confiera en 2007 la commission du développement durable. Elle lui permettra de s’investir dans le Grenelle de l’environnement lancé deux ans plus tard par le président de la République, Nicolas Sarkozy.
Connaissance des arcanes politico-économiques belges
Actif dans la préparation de la COP21 de Paris, il a aussi été à la manœuvre, en décembre 2017, pour mettre en avant l’action des grands groupes en faveur du climat lors du One Planet Summit organisé par M. Macron à Paris. Plus de 90 entreprises, dont la quasi-totalité du CAC 40, s’étaient alors engagées à mobiliser plusieurs dizaines de milliards d’euros pour rendre leurs activités climato-compatibles et « engager une baisse drastique des émissions de gaz à effet de serre de la planète ».
M. Clamadieu connaît bien « sa » directrice générale. Il rencontre Mme Kocher depuis des années sur les sujets d’énergie et de climat, mais aussi au conseil d’administration de l’assureur AXA, où ils siègent tous les deux. Et sans doute partagent-ils une conviction profonde tout en affichant un solide optimisme naturel : sans inflexion forte des activités humaines, la planète court à sa perte.
Le candidat retenu coche aussi une case supplémentaire : sa connaissance des arcanes politico-économiques belges. Elle lui sera utile. Les relations de Engie avec les autorités, mais aussi l’opinion, ont souvent été conflictuelles, notamment sur les prix de l’électricité pratiqués par Electrabel, l’« EDF belge ». Autre sujet connexe : les 7 réacteurs nucléaires exploités par cette société outre-Quievain. Des centrales en fin de vie appelées à fermer dans moins de dix ans. Mme Kocher ne veut pas développer l’énergie nucléaire, qu’elle ne juge plus pertinente sur le Vieux Continent. Le gouvernement français souhaite que le nouveau président d’Engie s’attelle sérieusement à ce dossier.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-12">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Le département avait acquis, depuis sa création en 1974, la « zone d’aménagement différé » destinée au projet, soit 895 hectares de terres.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

NDDL : la Loire-Atlantique réclame la rétrocession des parcelles cédées à l’Etat

Le département avait acquis, depuis sa création en 1974, la « zone d’aménagement différé » destinée au projet, soit 895 hectares de terres.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 14h45
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 15h36
   





                        



   


Le conseil départemental de Loire-Atlantique, ancien propriétaire de 895 ha de parcelles à Notre-Dame-des-Landes, sur le site prévu pour accueillir le projet d’aéroport nantais, a officiellement demandé à l’Etat, lundi 12 février, leur rétrocession.
« Je sollicite au nom du département de Loire-Atlantique la rétrocession de l’ensemble des parcelles cédées [à l’Etat et au concessionnaire] », qui étaient « situées dans le périmètre de la déclaration d’utilité publique », écrit le président (PS) du conseil départemental, Philippe Grosvalet, dans un courrier adressé à la directrice régionale des finances publiques, en tant que gestionnaire du patrimoine de l’Etat. Les parcelles n’ayant « pas reçu l’affectation prévue », le département en demande la rétrocession à l’Etat, « en application de l’article L. 421-1 du code de l’expropriation », ajoute M. Grosvalet dans son courrier.
Le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé, le 17 janvier, l’abandon de la réalisation d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, mais c’est l’expiration vendredi dernier du décret qui déclarait ces travaux d’utilité publique qui a marqué la fin officielle de ce projet né dans les années 1960.

        Lire aussi :
         

                Notre-Dame-des-Landes : le devenir des terres, autre source de conflits



Le périmètre de la déclaration d’utilité publique (DUP) du projet d’aéroport comprenait 1 650 ha – 1 250 ha de terres agricoles et 400 ha de bois, forêts et routes –, qui ont été acquis soit à l’amiable, soit après expropriation. La DUP étant devenue caduque, les anciens propriétaires peuvent demander de récupérer leurs terrains, maisons et bâtiments d’exploitation.

        Lire aussi :
         

                Notre-Dame-des-Landes : cinquante ans de batailles


Le département de Loire-Atlantique avait acquis depuis 1974 et la création de la ZAD, la « zone d’aménagement différé » destinée au projet, 895 hectares de terres. Près de 43 ha de parcelles situées dans le périmètre de la DUP avaient été cédées au printemps 2012 à l’Etat pour réaliser la desserte routière de l’aéroport, et 852 ha au concessionnaire de l’Etat pour réaliser la plate-forme aéroportuaire, détaille le courrier de M. Grosvalet.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-13">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ A l’est de Nairobi, l’une des plus grandes décharges d’Afrique continue de croître malgré le danger pour le million de Kényans habitant les bidonvilles alentour. Reportage.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ 
<article-nb="2018/02/13/19-14">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Les fileyeurs connaissent depuis plusieurs années une baisse d’activité qui les met en péril.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Boulogne-sur-Mer, le désarroi des pêcheurs face aux chalutiers électriques néerlandais

Les fileyeurs connaissent depuis plusieurs années une baisse d’activité qui les met en péril.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 13h42
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 16h20
    |

                            Valentin Ehkirch








                        



                                


                            

Il n’est pas tout à fait 7 heures, le quai Gambetta est plongé dans l’obscurité et seule une poignée de fileyeurs, ces bateaux de pêche posant des filets, sont amarrés au ponton. A Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), le premier port de pêche français, un jour glacial se lève doucement en ce début de février. Les premiers pêcheurs rentrent au port.
Le Brise-Lame, un fileyeur d’une quinzaine de mètres, souffle une fumée de gazole blanche. Le moteur tourne encore, les caisses de poissons sont débarquées sur le quai. Le fruit de la pêche du jour est maigre : 60 kg de soles.

Mines fatiguées, une cigarette au bout des lèvres, deux matelots, Sébastien Feutry et Tony Magnier, finissent de nettoyer les dernières caisses qui s’entassent sur le pont du navire. « Ça fait trois ans que l’on voit une diminution », lâche, amer, Sébastien. Le matelot a le visage rond et les mains épaisses. Il a commencé à 14 ans. Aujourd’hui, il en a 41, dont cinq à bord du Brise-Lame.
Partir dans l’après-midi, poser et remonter les filets, revenir au petit matin, le quotidien d’un fileyeur. Mais depuis quelque temps, la routine s’est durcie. « Ces dernières années, le chiffre d’affaires de l’entreprise a été divisé par deux, assure de son côté Tony. Y a plus de soles, les morues ont disparu aussi. Apparemment, le poisson ne passe plus par chez nous. »

Les constatations sont tristement banales, et les fileyeurs de Boulogne ont un coupable tout trouvé : les chalutiers électriques néerlandais. Cette pêche consiste à laisser traîner sur le fond de la mer un chalut équipé de câbles électriques permettant de capturer plus facilement les poissons plats.
Cette pratique est autorisée depuis 2007 à titre expérimental en mer du Nord par l’Union européenne. Interdite en France, elle pourrait être bientôt totalement prohibée au sein de l’Union, le Parlement européen s’étant prononcé en majorité contre lors d’un...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-15">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ L’exploitation du pétrole de schiste était marginale en 2007, mais cet hydrocarbure représente aujourd’hui la moitié de la production de pétrole aux Etats-Unis.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Comment la production de pétrole de schiste a été décuplée en dix ans aux Etats-Unis

L’exploitation du pétrole de schiste était marginale en 2007, mais cet hydrocarbure représente aujourd’hui la moitié de la production de pétrole aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 11h46
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 20h04
    |

                            Margot Desmas








                        


L’extraction de pétrole a atteint son plus haut niveau depuis quarante-sept ans en 2017 aux Etats-Unis grâce, notamment, à la remontée du cours boursier qui a profité à la plupart des exploitations américaines. Entre 2015 et 2016, le prix du baril avait chuté à cause d’une surproduction à l’échelle mondiale, ce qui a poussé l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), la Russie et l’Arabie saoudite à modérer leurs extractions.
Maintenant que les prix repartent à la hausse, les Etats-Unis en ont profité pour rapidement augmenter leur production. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime même que le pays pourrait dépasser l’Arabie saoudite en 2018, leader historique en termes de production. Des chiffres en partie dus à l’exploitation du pétrole de schiste qui prend de plus en plus de place dans le secteur pétrolier américain.
Le pétrole de schiste, qu’est-ce que c’est ?
Moins connu que le gaz du même nom, le pétrole de schiste est un hydrocarbure léger contenu dans des roches poreuses. Les gisements sont assez rares, mais se retrouvent de plus en plus convoités, surtout aux Etats-Unis en raison de leur abondance.

 .tooltipdecodeurs{border-radius:4px; padding: 8px; position: absolute; z-index:9999; max-width: 350px; -webkit-box-shadow: none!important; box-shadow: none!important; border: 2px solid #ccd0d3!important; background: #fff!important; color: #222; } .dcdr_graticule {fill: none;stroke-width: .5px;} .dcdr_pays{cursor:pointer;} .dcdr_general{padding:16px;} #dcdr_container15181048354{padding:5px 0px 0px 0px;width:100%;background-color:#f5f6f8;} #dcdr_container15181048354 #legend_fond{fill:#ffffff;fill-opacity:0;} .tooltipdecodeurs img {padding: 1px;border: 1px solid #A2A9AE;background-color: #FFF;height: 1.5rem;margin-right: .7rem;margin-bottom: -.2rem;}.dcdr_general .tt6 {font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial;font-size: 1.7rem;font-weight: bold;}.ui-tooltip-content .tt6 {font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial;font-size: 1.3rem;font-weight: bold;}#dcdr_source15181048354{font-size:12px;text-align:right;}


Les Etats-Unis ont la plus grande réserve de pétrole de schiste




Source : Agence d'information sur l'énergie




require(["jquery", "jquery-ui/core", "jquery-ui/tooltip", "d3/3.5.6", "d3-topojson/v1", "d3-geo-projection/v0"], function($, jqueryUICore, tooltip, d3, topojson) {

var margin = {top: 0,left: 0,bottom: 0,right: 0};
var width = ($("#dcdr_map15181048354").width()/10)*9.8,
width = width - margin.left - margin.right,
mapRatio = 0.85,
height = width * mapRatio;
var projection = d3.geo.winkel3().scale(width/4).rotate([0, 0]).center([18, 0]).translate([width / 2, height / 2]).precision(.1);
var path = d3.geo.path().projection(projection);
var graticule = d3.geo.graticule();

var svg = d3.select("#dcdr_map15181048354").append("svg").attr("id", "mapSVG15181048354").attr("width", width).attr("height", height);

var svggraticule = svg.append("g").attr("id", "graticule15181048354");
var svgcarte = svg.append("g").attr("id", "carte15181048354");
var svglegende = svg.append("g").attr("id", "legende15181048354");

d3.json("//s1.lemde.fr/assets-redaction/grumpymap/json/monde.json", function(error, maps) {
if (error) throw error;
var data = [["Pays","Ressources de gaz de schiste (million de barils)"],["Canada",8.8],["Mexique",13.1],["États-Unis",78.2],["Australie",15.6],["Argentine",27],["Bolivie",0.6],["Brésil",5.3],["Chili",2.3],["Colombie",6.8],["Paraguay",3.7],["Uruguay",0.6],["Venezuela",13.4],["Bulgarie",0.2],["Lituanie",1.4],["Pologne",1.8],["Roumanie",0.3],["Russie",74.6],["Turquie",4.7],["Ukraine",1.1],["France",4.7],["Allemagne",0.7],["Pays-Bas",2.9],["Espagne",0.1],["Royaume-Uni",0.7],["Algérie",5.7],["Égypte",4.6],["Libye",26.1],["Tunisie",1.5],["Sahara occidental",0.2],["Tchad",16.2],["Chine",32.2],["Inde",3.8],["Indonésie",7.9],["Mongolie",3.4],["Pakistan",9.1],["Kazakhstan",10.6],["Jordanie",0.1],["Oman",6.2],["Émirats arabes unis",22.6]];

var m = d3.map(data, function(d, i) {return d[0];});
var a = [0.1,5,20,40,70,78.2];
var dcdr_noms = [["Canada","ca"],["Mexique","mx"],["États-Unis","us"],["Australie","au"],["Argentine","ar"],["Bolivie","bo"],["Brésil","br"],["Chili","cl"],["Colombie","co"],["Paraguay","py"],["Uruguay","uy"],["Venezuela","ve"],["Bulgarie","bg"],["Lituanie","lt"],["Pologne","pl"],["Roumanie","ro"],["Russie","ru"],["Turquie","tr"],["Ukraine","ua"],["France","fr"],["Allemagne","de"],["Pays-Bas","nl"],["Espagne","es"],["Royaume-Uni","gb"],["Algérie","dz"],["Égypte","eg"],["Libye","ly"],["Tunisie","tn"],["Sahara occidental","eh"],["Tchad","td"],["Chine","cn"],["Inde","in"],["Indonésie","id"],["Mongolie","mn"],["Pakistan","pk"],["Kazakhstan","kz"],["Jordanie","jo"],["Oman","om"],["Émirats arabes unis","ae"]]
var m2 = d3.map(dcdr_noms, function(d, i) {return d[0];})
var url = "//www.lemonde.fr/assets-redaction/img/drapeaux/250/";
var color=["#edf8e9","#bae4b3","#74c476","#31a354","#006d2c"]
var quantize = d3.scale.threshold()
.domain([5,20,40,70])
.range(d3.range(5).map(function(i) {return color[i]}));
svgcarte.selectAll("path")
.data(topojson.feature(maps, maps.objects.monde).features)
.enter().append("path")
.attr("name", function(d, i) {return d.properties.fr})
.attr("d", path)
.attr("class", function(d,i){
if (m.get(d.properties.fr) != undefined) {
return "dcdr_pays"}
})
.attr("stroke","#000")
.attr("stroke-width",0.4)
.attr("fill", function(d, i) {
if (m.get(d.properties.fr) != undefined) {
return quantize(m.get(d.properties.fr)[1])
} else {
return "#fff"}});
var legend_fond = svglegende.append("g").attr("id", "legend_fond");
var legend = svglegende.append("g").attr("id", "legend").selectAll("rect")
legend.data(color)
.enter().append("rect")
.attr("x", 0).attr("y", function(d,i){
return i*14
})
.attr("width", 15)
.attr("height", 13)
.attr("fill", function(d,i){
return color[i]
})
.attr("shape-rendering", "crispEdges")
.attr("stroke", "none");
var legend_txt = svglegende.append("g").attr("id", "legend_txt").selectAll("text");
legend_txt.data(color)
.enter().append("text")
.attr("x", 18)
.attr("y", function(d,i){
return i*14 + 11
})
.style("font-size", "10px")
.style("font-family", "Arial")
.attr("fill", "#333333")
.text(function(d,i){
var virgule = Math.pow(10,2);
var t0 = Math.round(a[i] * virgule) / virgule
var t1 = Math.round(a[i + 1] * virgule) / virgule
return t0 + " - " + t1 + " " + ""});
var legend_titre = svglegende.append("g").attr("id", "legend_titre");
legend_titre.append("text")
.attr("x", 0)
.attr("y", -5)
.style("font-size", "11px")
.attr("font-weight", "bold").attr("fill", "#000000")
.text("Réserves en millions de barils");
var rect = document.getElementById("legende15181048354").getBBox();
legend_fond.append("rect").attr("x", rect.x - 10)
.attr("y", rect.y - 5)
.attr("width", rect.width + 10 * 2)
.attr("height", rect.height + 5 * 2);

var w = $("#dcdr_map15181048354").width();
var h = $("#dcdr_map15181048354").height();
var x = w * 4 / 100, y = h * 70 / 100; 
svglegende.attr("transform", "translate("+x+","+y+")");

var isNumber = [1], data_modif_title = ["Pays","Ressources de gaz de schiste (million de barils)"];
function p(col) {
var m = data_modif_title.indexOf(col);
return m;}

$(function() {
$("#dcdr_map15181048354").tooltip({items: ".dcdr_pays",
tooltipClass: "tooltipdecodeurs multimedia-embed",
track: true,
content: function() {function essai(contents){if (contents == "COULEUR"){
var color = $(element[0]).attr("fill");
return color;
}
= 0){var virgule = Math.pow(10, 2);
var t0 = Math.round(allvalues[p(contents)] * virgule) / virgule;
return t0.toLocaleString();}else{return allvalues[p(contents)];
}}
var element = $(this);
var allvalues = m.get(element.attr("name"));
var drapeau = m2.get(element.attr("name"))[1];
var titre = "{{Ressources de gaz de schiste (million de barils)}} millions de barils";
var content = "";
var notes = "";
var reg = new RegExp(/{{(.*?)}}/g)
titre = titre.replace(reg, function(match, contents, offset, s) {return essai(contents);});
content = content.replace(reg, function(match, contents, offset, s) {return essai(contents);});
notes = notes.replace(reg, function(match, contents, offset, s) {return essai(contents);});

var str = ""
if (titre != "") {
" + titre + ""
}
if (content != "") {
" + content + ""
}
if (notes != "") {
" + notes + ""}
return str;
}
});
});

})

$("#dcdr_container15181048354 a").click(function(event) {event.stopImmediatePropagation()});

});


Le bassin permien, à l’ouest du Texas, est l’un des principaux gisements de la planète, certains spécialistes estiment même que les réserves pourraient être plus grandes qu’en Arabie saoudite. Entre janvier et février, la production de pétrole de schiste issue de nouveaux puits a augmenté de 251 000 barils par jour dans cette région, ce qui en fait la première du pays. Cet hydrocarbure dit « non conventionnel » se distingue par son mode d’extraction plus complexe que pour le pétrole classique.
Pourquoi l’exploiter ?
L’extraction du pétrole conventionnel a longtemps été suffisante aux Etats-Unis, mais depuis les années 2000, les réserves commencent à s’épuiser. Les compagnies pétrolières doivent maintenant creuser plus profondément pour avoir accès à l’or noir, là où se situe le pétrole de schiste. Pour l’extraire, il faut forer entre 3 000 à 5 000 mètres, soit environ trois fois plus que pour des hydrocarbures conventionnels. De l’eau et des additifs chimiques sont ensuite injectés à très haute pression dans la roche pour la fissurer et récupérer le pétrole, c’est la fracturation hydraulique.
Contrairement à l’extraction d’hydrocarbures traditionnels, l’exploitation de pétrole de schiste est peu coûteuse et les installations très rapides à mettre en place. Ces puits sont toutefois éphémères, chaque gisement contenant une quantité limitée d’hydrocarbures. Aux Etats-Unis, ces installations sont déjà nombreuses et une dizaine de nouvelles sont construites chaque semaine, selon les statistiques de la compagnie parapétrolière sise à Houston Baker Hughes, qui en comptabilisait 523 en décembre 2017, contre 316 en mai.


	#container_15181634944{
		padding:5px 5px 0px 10px;
		width:100%;
		background-color:#f5f6f8;
	}
	#graphe_15181634944{
		height:500px;
	}
	#container_15181634944 .titre{
		position:relative;margin: 10px 0;
		font-size: 1.5rem;
		font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial, FreeSans, sans-serif;
		font-weight: bold;
		position: relative;
		}
	#container_15181634944 .subtitle{
		display:block;
		margin: 10px 0;
		font-size: 1.3rem;
}
	.highcharts-tooltip span {
		height: auto;
		min-width: 170px;
		z-index: 9998!important;
		overflow: auto;
		opacity: 1;
		white-space: normal !important;
	}
	#container_15181634944.highcharts-xaxis-labels text
	{
		font-size: 10px!important;
}
	#container_15181634944.highcharts-legend-item text
	{
		font-size: 11px!important;
	}
	.tooltiplarge {
		width: 230px;
	}
	#container_15181634944 .credits{
		text-align: right;
		margin-right: 5px;
		padding-bottom: 5px;
	}



Le pétrole de schiste représente près de la moitié de la production totale


Source : Agence d'information sur l'énergie



require(['highcharts/4.1.9','highcharts-standalone'], function() {
	Highcharts.setOptions({
		lang: {
			decimalPoint: ',',
			thousandsSep: ' ',
			months: ['Janvier', 'Février', 'Mars', 'Avril', 'Mai', 'Juin',  'Juillet', 'Août', 'Septembre', 'Octobre', 'Novembre', 'Décembre'],
			shortMonths: [ 'jan.' , 'fév.' , 'mars' , 'avr.' , 'mai' , 'juin' , 'juil.' , 'août' , 'sept.' , 'oct.' , 'nov.' , 'déc.'],
			weekdays: ['Dimanche', 'Lundi', 'Mardi', 'Mercredi', 'Jeudi', 'Vendredi', 'Samedi'],
			noData: 'Pas de données à afficher', 
			numericSymbols: [null, 'M', 'G', 'T', 'P', 'E']
		}
	});
	var annotation_spe = [];

	var chart = new Highcharts.Chart({
	chart:{
		renderTo:"graphe_15181634944",
		backgroundColor: "rgba(255,255,255,0)",
		borderRadius: 0,
		alignTicks:false,
		type: "areaspline",
		spacingBottom: 10
	},
	colors:["#821400","#ffc832","#ff3232","#F19300","#28beaa","#285a82","#821400","#191919"],
	credits:{
		enabled:false},
	title: {
		text: ""
	},
	subtitle: {
		text: ""
	},
	plotOptions: {
		series: {
			dataLabels: {
				inside: false,
				allowOverlap: true,
				format: "{y} ",
				style: {
					textShadow: 'none',
					color: '#333'
				}
			},
			connectNulls:true,
			stacking:null,
			marker:{
				symbol:"circle",
				fillColor:"#FFF",
				lineWidth: 2,
				radius:3,
				lineColor:null
			},
			states:{
				hover:{
					lineWidthPlus : 0
				}
			}
		},
		pie:{
			dataLabels:{
				distance:30, 
				softConnector:false
			}
		}
	},
	yAxis:[{
		id:"0",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:"Production de pétrole (millions de barils par jour)"
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "" ,
			label: {
				useHTML: false,
				text:"",
				align: "left",
				x: -3
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: -5
			}
		}]
	},{
		id:"1",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		opposite:true
	}],
	xAxis: {
		type: "linear",
		 categories:["1970","1971","1972","1973","1974","1975","1976","1977","1978","1979","1980","1981","1982","1983","1984","1985","1986","1987","1988","1989","1990","1991","1992","1993","1994","1995","1996","1997","1998","1999","2000","2001","2002","2003","2004","2005","2006","2007","2008","2009","2010","2011","2012","2013","2014","2015","2016","2017"],
		title: {
			text: ""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			step: "",
			format: "{value}"
		},
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				verticalAlign: "top",
				x: 5,
				y: ""
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: 10
			}
		}]
	},
	legend:{
		enabled:1,
		layout:"horizontal", 
		verticalAlign:"bottom", 
		align:"center",
		y:-10
	},

	series:[
  {
    "name": "Production de pétrole brute",
    "color": "#821400",
    "data": [
      [
        "",
        9.64
      ],
      [
        "",
        9.46
      ],
      [
        "",
        9.44
      ],
      [
        "",
        9.21
      ],
      [
        "",
        8.77
      ],
      [
        "",
        8.38
      ],
      [
        "",
        8.13
      ],
      [
        "",
        8.25
      ],
      [
        "",
        8.71
      ],
      [
        "",
        8.55
      ],
      [
        "",
        8.6
      ],
      [
        "",
        8.57
      ],
      [
        "",
        8.65
      ],
      [
        "",
        8.69
      ],
      [
        "",
        8.88
      ],
      [
        "",
        8.97
      ],
      [
        "",
        8.68
      ],
      [
        "",
        8.35
      ],
      [
        "",
        8.14
      ],
      [
        "",
        7.61
      ],
      [
        "",
        7.36
      ],
      [
        "",
        7.42
      ],
      [
        "",
        7.17
      ],
      [
        "",
        6.85
      ],
      [
        "",
        6.66
      ],
      [
        "",
        6.56
      ],
      [
        "",
        6.47
      ],
      [
        "",
        6.45
      ],
      [
        "",
        6.25
      ],
      [
        "",
        5.88
      ],
      [
        "",
        5.82
      ],
      [
        "",
        5.8
      ],
      [
        "",
        5.74
      ],
      [
        "",
        5.65
      ],
      [
        "",
        5.44
      ],
      [
        "",
        5.18
      ],
      [
        "",
        5.09
      ],
      [
        "",
        5.07
      ],
      [
        "",
        5
      ],
      [
        "",
        5.35
      ],
      [
        "",
        5.48
      ],
      [
        "",
        5.64
      ],
      [
        "",
        6.5
      ],
      [
        "",
        7.47
      ],
      [
        "",
        8.75
      ],
      [
        "",
        9.41
      ],
      [
        "",
        8.86
      ],
      [
        "",
        9.33
      ]
    ],
    "type": "",
    "lineWidth": 2,
    "yAxis": 0,
    "stack": "null",
    "visible": true,
    "dataLabels": {
      "enabled": 0
    }
  },
  {
    "name": "Production de pétrole de schiste",
    "color": "#ffc832",
    "data": [
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0
      ],
      [
        "",
        0.14
      ],
      [
        "",
        0.33
      ],
      [
        "",
        0.36
      ],
      [
        "",
        0.35
      ],
      [
        "",
        0.34
      ],
      [
        "",
        0.33
      ],
      [
        "",
        0.35
      ],
      [
        "",
        0.38
      ],
      [
        "",
        0.4
      ],
      [
        "",
        0.43
      ],
      [
        "",
        0.52
      ],
      [
        "",
        0.6
      ],
      [
        "",
        0.8
      ],
      [
        "",
        1.24
      ],
      [
        "",
        2.08
      ],
      [
        "",
        2.95
      ],
      [
        "",
        3.96
      ],
      [
        "",
        4.58
      ],
      [
        "",
        4.24
      ],
      [
        "",
        4.66
      ]
    ],
    "type": "",
    "lineWidth": 2,
    "yAxis": 0,
    "stack": "null",
    "visible": true,
    "dataLabels": {
      "enabled": 0
    }
  }
],
	tooltip: {
		useHTML: true,
		shared: false,
		valueDecimals: 2,
		valuePrefix: "",
		valueSuffix: " millions de barils par jour",
		backgroundColor: '#FFF',
		borderColor: '#ccd0d3',
		borderRadius: 8,
		borderWidth: 0,
		dateTimeLabelFormats: {
			hour: "",
		},
		shadow: false,
		style: {"padding":"15px", "font-family":"Helvetica,Arial!important", "color":"#16212c"},
{point.key}',
\u25CF {series.name}: {point.y}',
		hideDelay: 200,
		borderWidth: 1,
		borderColor: "#AAA",
		formatter: function(tooltip) {
			return tooltip.defaultFormatter.call(this, tooltip);
		},
	}
});

	function findLength(str) {
 100) {
			el = document.getElementsByClassName('highcharts-tooltip')[1].firstChild;
			if (el.classList) {el.classList.add('tooltiplarge');}
			else {el.className += ' ' + 'tooltiplarge';}
		}	
	}

});


Les investissements dans le secteur ont plus que doublé entre 2016 et 2017, selon l’AIE, et en 2017, le pétrole de schiste a représenté près de la moitié de la production totale de pétrole.
Quels sont les risques ?
En procédant à la fracturation hydraulique pour exploiter le pétrole de schiste, les compagnies pétrolières injectent une dizaine d’additifs chimiques dans les roches, ce qui contribue à polluer les sols. Théoriquement, les exploitants doivent récupérer l’eau injectée, mais, d’après une étude de l’AIE, ces fluides peuvent malgré tout contaminer durablement les nappes phréatiques. Les populations locales peuvent donc rencontrer des problèmes sanitaires à cause de la mauvaise qualité de l’eau, la biodiversité locale ainsi que les espèces animales dépendant des eaux de surface sont également menacées.
L’exploitation des hydrocarbures non conventionnels influe également sur l’activité sismique. En fragilisant les roches situées dans le sous-sol, l’activité pétrolière modifie l’équilibre tectonique local. Des scientifiques de plusieurs universités américaines ont notamment estimé que cette technique d’extraction aurait pu contribuer à la survenue de plusieurs séismes ou glissements de terrain dans certains Etats.
Selon les prédictions de l’AIE, la production de pétrole de schiste devrait atteindre 11 millions de barils par jour d’ici à 2035, ce qui représenterait 66 % de la production totale de pétrole aux Etats-Unis. Une croissance qui sera soutenue en partie par la décision de Donald Trump de relancer l’exploitation de pétrole offshore. L’autorisation qui s’appliquera à partir de 2019 concernera la quasi-totalité des eaux côtières abritant 98 % des ressources encore inexploitées de pétrole et de gaz du domaine fédéral, dont une large part d’hydrocarbures non conventionnels.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-16">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Une étude inédite révèle la présence importante de dioxines et de PCB dans la viande de taureau ou les moules. La mairie soutient le dépôt d’une plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

A Fos-sur-Mer, la pollution industrielle contamine aussi les aliments

Une étude inédite révèle la présence importante de dioxines et de PCB dans la viande de taureau ou les moules. La mairie soutient le dépôt d’une plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 07h33
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 09h29
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Voisins d’une des plus grandes zones industrialo-portuaires (ZIP) d’Europe, les quelque 100 000 habitants du golfe de Fos savent depuis longtemps que l’air qu’ils respirent n’est pas le plus pur de France. Mais ils ne se doutent pas encore que la viande, les œufs et les moules qu’ils consomment localement sont aussi contaminés par la pollution.
C’est ce que révèle une étude que Le Monde a pu consulter et dont les résultats devaient être présentés, lundi 12 février au soir à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), par l’Association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos (ADPLGF). Ils constituent les derniers éléments d’un épais dossier que l’association, soutenue par la mairie de Fos-sur-Mer, a décidé, après quinze ans d’alertes, de transmettre à la justice avec le dépôt d’une plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui.
Entre 2009 et 2015, l’ADPLGF a piloté une campagne d’analyses sur des produits alimentaires du pourtour du golfe de Fos, qui compte une vingtaine d’installations industrielles classées Seveso : raffinerie, sidérurgie, chimie, incinérateur d’ordures… Des prélèvements ont été réalisés sur sept produits certifiés AOC (taureau de Camargue, mouton de Crau, fromages de chèvre, œufs de poules élevées en plein air, moules de Carteau à Port-Saint-Louis-du-Rhône, huile d’olive et foin de Crau) et des poissons du golfe. Deux laboratoires spécialisés (Carso, à Lyon, et Wessling, en Isère) ont recherché dans les échantillons une cinquantaine de composés chimiques. Et l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions, implanté à Fos et dont le conseil scientifique compte des chercheurs du CNRS, de l’Inserm et de l’INRA, a interprété les résultats.
Bataille judiciaire
Les conclusions les plus inquiétantes concernent la viande de taureau et les œufs. Des concentrations très élevées en dioxines, polluants organiques persistants considérés comme cancérogènes, y ont été trouvées. Sur les huit essais pratiqués depuis 2009 sur les échantillons de viande bovine, deux valeurs (25 % des échantillons) dépassent le seuil réglementaire (4 TEQ – équivalent toxique international – pg/g de matière grasse) alors que, sur 318 essais analogues réalisés sur toute la France depuis 2009 dans le cadre du plan de contrôle national, seul un dépassement a été enregistré (0,3 %). Concernant les œufs, des dépassements sont constatés sur la moitié des quatre prélèvements réalisés, contre seulement quatre pour 204 essais (2 %) à l’échelle du pays.
La présence de dioxines a aussi été mise en évidence à des valeurs supérieures à la moyenne nationale pour les fromages de chèvre et les moules ; à des niveaux moindres pour les poissons mais en constante augmentation depuis les premières mesures en 2009.
Les analyses ont également révélé des teneurs importantes en PCB (polychlorobiphényles), des perturbateurs endocriniens toxiques pour le développement cérébral et classés cancérogènes probables, pour les moules et les poissons, et des teneurs supérieures aux maximales nationales pour les œufs et la viande bovine. Elles montrent enfin la présence importante de métaux lourds (plomb et cadmium) dans les produits de la mer.
« L’objectif de cette étude n’est pas de détruire les éleveurs de taureaux ou de moules, insiste Daniel Moutet, le président de l’ADPLGF. Ils sont des victimes, au même titre que tous ceux qui ont des cancers à Fos ou à Port-Saint-Louis. » Aussi, Daniel Moutet souhaite les associer à sa démarche judiciaire en leur proposant, comme à tous les habitants du golfe, de déposer, au civil cette fois, des requêtes individuelles pour troubles anormaux du voisinage. « Cette volonté d’agir est le résultat d’un ras-le-bol », résume Me Julie Andreu, du cabinet TTLA & associés, spécialisé dans les dossiers santé-environnement (amiante, AZF…), qui déposera plainte contre X auprès du parquet du Marseille dans les prochaines semaines.
« Etat de santé fragilisé »
« On en a marre, dit Daniel Moutet. Cela fait quinze ans que l’on alerte, que l’on envoie des courriers aux ministres de la santé ou de l’environnement et qu’ils bottent en touche tous les malades. » Les premiers combats de l’association remontent à 2002 avec le projet d’implantation par GDF d’un terminal méthanier sur la presqu’île du Cavaou et à 2003 avec celui de l’incinérateur d’ordures ménagères de Marseille Provence Métropole à Fos-sur-Mer.
« Depuis quinze ans, on réclame en vain une vraie étude épidémiologique pour savoir si, effectivement, comme tout le monde le dit, il y a plus de cancers ici. Il n’y a même pas de registre des cancers dans le département », déplore René Raimondi, maire de Fos-sur-Mer depuis 2004, prêt à soutenir la bataille judiciaire qui s’engage.
Les habitants de Fos-sur-Mer et de Port-Saint-Louis-du-Rhône ont obtenu de premiers indices sérieux en janvier 2017. Une étude indépendante franco-américaine (Fos Epseal), financée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et conduite sur un échantillon de population limité, suggère que la prévalence des cancers, du diabète de type 1 et de l’asthme est supérieure aux moyennes françaises. Quant à l’étude d’imprégnation environnementale appelée de ses vœux par l’édile, c’est l’Institut écocitoyen qui s’y attelle. Les résultats, aussi attendus que craints, doivent être présentés en mai.
Sur la base d’une étude statistique rendue publique fin janvier, l’Agence régionale de santé (ARS) et la direction régionale de l’environnement (Dreal) reconnaissent prudemment « des indices de risques à long terme supérieurs au seuil de vigilance pour les effets cancérigènes, liés à la présence de plusieurs polluants sur des zones délimitées […] à proximité de certaines sources industrielles ». Fin 2017, l’ARS devait publier les résultats de l’Observatoire des cancers du rein, de la vessie et des leucémies aiguës dans le département des Bouches-du-Rhône. Mis en place en 2012 après le constat d’un taux élevé d’hospitalisations pour leucémies aiguës autour de l’étang de Berre, l’observatoire doit permettre de décider de « la pertinence d’installer un registre des cancers ». La publication a été reportée à fin 2018. « Nous sommes conscients que c’est long mais la collecte des données sanitaires et leur consolidation au niveau du département prennent du temps, explique Muriel Andrieu-Semmel, de l’ARS, qui reconnaît un « état de santé fragilisé » sur le golfe de Fos.
D’importants dépassements de rejets de benzène
Du côté des industriels, « on vit comme une injustice qu’on dise que beaucoup de gens sont malades à cause des usines », témoigne Marc Bayard, le vice-président du Groupement maritime et industriel de Fos qui regroupe les industries de la ZIP. « Nous sommes tellement conscients du problème de la pollution que cela fait quarante ans que nous travaillons de tous les côtés pour réduire les impacts environnementaux, assure-t-il. En dix ans, les rejets des principaux polluants ont diminué de 50 à 70 %, et cela continue. »
Pourtant, la plus grosse installation de Fos, ArcelorMittal, qui emploie environ 3 600 personnes, enregistre d’importants dépassements de rejets de benzène (gaz cancérogène) depuis 2016. Un rapport d’inspection environnementale d’octobre 2017 que Le Monde a pu consulter relève ainsi « des concentrations en benzène anormalement élevées (jusqu’à 10 fois la valeur limite) » et « la persistance des dépassements des émissions observées au niveau de la cokerie en 2016 ».
Sur la base de ce rapport, qui pointe également des dépassements pour les composés organiques volatiles ou les oxydes d’azote, le préfet des Bouches-du-Rhône a pris un arrêt de mise en demeure le 12 décembre 2017. Il donne à ArcelorMittal, qui demandait des délais supplémentaires, entre six mois et un an pour se mettre en conformité.
« C’est scandaleux et symptomatique, réagit le maire de Fos-sur-Mer. A chaque fois, l’Etat réagit avec retard. » René Raimondi est un enfant du pays. « Souvent, on me demande s’il est dangereux d’habiter à Fos. C’est dur d’entendre ça et de ne pas savoir quoi répondre. Quand quelqu’un est mis en danger, l’Etat doit prendre ses responsabilités. Tchernobyl, plus personne n’y vit. Quand on a construit le barrage de Serre-Ponçon, on a fait déplacer les habitants avant de noyer les villages. Alors qu’on nous rassure ou qu’on nous évacue. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-17">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Emmanuel Macron a confirmé mi-décembre 2017 sa décision de fermer les centrales à charbon françaises avant la fin du quinquennat. EDF, qui exploite les unités de Cordemais et du Havre, et l’allemand Uniper (Gardanne et Saint-Avold), ont déjà en partie anticipé.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La France prépare la fermeture de ses dernières centrales à charbon

Emmanuel Macron a confirmé mi-décembre 2017 sa décision de fermer les centrales à charbon françaises avant la fin du quinquennat. EDF, qui exploite les unités de Cordemais et du Havre, et l’allemand Uniper (Gardanne et Saint-Avold), ont déjà en partie anticipé.



Le Monde
 |    11.02.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 19h53
    |

Pierre-Oliver Rouaud







                        



                                


                            

En confirmant, mi-décembre 2017, sa décision de fermer les centrales à charbon françaises « avant la fin du quinquennat », Emmanuel Macron ne changera pas la face climatique du pays : le charbon ne pèse que 1,4 % du mix électrique français. Il se répartit sur quatre sites : Cordemais (Loire-Atlantique) et Le Havre (Seine-Maritime) pour EDF, Saint-Avold (Moselle) et Gardanne (Bouches-du-Rhône) pour le groupe allemand Uniper. « C’est du pur opportunisme politique. A Gardanne, 600 emplois directs et indirects sont en jeu, quand l’impact de ces centrales est dérisoire en comparaison de celui des transports », tempête Nicolas Casoni, secrétaire général CGT d’Uniper Gardanne, radicalement opposé à la fermeture.
Uniper ne contestera pas le principe, pas plus qu’EDF, « qui se conformera évidemment aux directives de l’Etat » concernant l’avenir de ces centrales, assure Denis Florenty, directeur de la production thermique d’EDF, qui apporte « tout son concours » à la mission interministérielle en cours. Celle-ci doit préfigurer ce « Fessenheim bis » qui concerne un millier de salariés sous statut IEG (industries électriques et gazières) et laisse une belle ardoise à EDF, qui venait de dépenser plus de 450 millions d’euros de mise aux normes. Le réseau devra par ailleurs intégrer le retrait de ces sites, qui fournissent 3 GW, surtout utilisés en pointe.
Luc Poyer, ‎président du directoire d’‎Uniper France, se dit « en attente d’un dialogue avec l’Etat pour gérer les conséquences en termes d’activité et d’emplois ». Mais les opérateurs ont déjà en partie anticipé. A Gardanne, Uniper a reconverti, en 2016, une des deux tranches en centrale biomasse de 160 MW. Mais des associations écologistes, émettant des craintes pour la ressource en bois, ont obtenu l’annulation de l’arrêté d’exploitation par le tribunal administratif de Marseille en juin 2017.
Un programme de R&D sur un « charbon vert »
Uniper, qui a...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-18">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Bête noire des ONG qui militent en faveur du climat, « King Coal » résiste. La consommation mondiale est repartie à la hausse en 2017, portée par la Chine et l’Inde.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Charbon, le retour de flamme

Bête noire des ONG qui militent en faveur du climat, « King Coal » résiste. La consommation mondiale est repartie à la hausse en 2017, portée par la Chine et l’Inde.



Le Monde
 |    11.02.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 06h39
    |

Pierre-Olivier Rouaud







                        



                                


                            

A Safi, sur la côte ouest du Maroc, les techniciens du groupe Daewoo s’affairent pour la mise en service de la centrale à charbon Safiec. Porté par le groupe français Engie, le japonais Mitsui et Nareva, une société de la famille royale, ce projet à 2,6 milliards de dollars (2,1 milliards d’euros) générera un quart de l’électricité du royaume. Une fois en exploitation, elle ajoutera, en capacité de production, presque l’équivalent d’un réacteur nucléaire EPR à la capacité du Maroc. Etonnant, à première vue, pour un pays qui promet 52 % de capacité électrique en renouvelables d’ici à 2030… Mais pas question, pour le royaume, de prendre le risque d’un black-out, alors que la demande d’électricité bondit de 5 % par an.
Et à l’instar du Maroc, nombreux sont les pays à composer avec ce principe de réalité. Matarbari au Bangladesh, Kalselteng-2 en Indonésie, Kostolac en Serbie ou Medupi-4 en Afrique du Sud : ouvertures et projets de centrales à charbon fleurissent.
Depuis 2014, la demande mondiale de charbon reculait, mais elle vient de repartir à la hausse. « L’année 2017 inverse – légèrement – la tendance, avec un regain d’environ 1 point, sous l’effet de la demande en Asie », confirme Carlos Fernandez Alvarez, analyste senior à l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
40 % de la production électrique mondiale
Tandis que les énergies renouvelables et le gaz sont en plein essor, le charbon reste un élément clé du mix énergétique du globe. Avec 5,4 milliards de tonnes normalisées, il couvre 27 % des besoins en énergie primaire ; et 40 % de la production électrique.
C’est que « King Coal », qui pèse plus de 350 milliards d’euros au prix actuel des marchés mondiaux, n’a guère besoin qu’on lui fasse l’article : abondant – avec des réserves prouvées de cent cinquante ans –, facile à transporter, peu cher, il cumule les atouts.

De l’autre côté du miroir, le charbon est la bête noire des organisations non...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-19">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Avec les centrales « ultra-supercritiques », les émissions sont réduites de l’ordre d’un tiers, et plus encore avec la dernière génération, dite Advanced Ultra-Supercritical (AUSC), des performances dopées par l’apport du numérique.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La technologie appelée à la rescousse du charbon

Avec les centrales « ultra-supercritiques », les émissions sont réduites de l’ordre d’un tiers, et plus encore avec la dernière génération, dite Advanced Ultra-Supercritical (AUSC), des performances dopées par l’apport du numérique.



Le Monde
 |    11.02.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 19h55
    |

Pierre-Olivier Rouaud







                        



                                


                            

Bien que contesté, le terme « charbon propre » est celui consacré dans l’industrie pour les technologies qui améliorent le rendement et diminuent les émissions de CO2 par kWh d’électricité produit.
A cela s’ajoutent les traitements de fumée qui limitent les polluants (particules fines, mercure, gaz soufrés, oxyde d’azote…) ou encore la capture du CO2. En ce qui concerne les polluants, « les technologies actuelles permettent l’abattement à des niveaux comparables à ceux de centrales à gaz ; c’est le cas notamment au Japon », indique Carlos Fernandez Alvarez, de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Côté production, les développements visent à l’augmentation des conditions de température et de pression dans les générateurs de vapeur, à travers des technologies dites « supercritiques », en référence aux propriétés particulières du fluide (ni vapeur ni liquide) qui permettent de gagner en performance.
Dans la génération « ultra-supercritiques », le rendement peut dépasser 47 %, contre à peine plus de 30 % pour les technologies « sous-critiques », encore à l’œuvre dans des milliers de vieilles centrales dans le monde, notamment en Inde ou en Chine. Pékin ayant banni les « sous-critiques », le pays aura, à terme, un parc parmi les plus performants au monde – et pourra déployer ces technologies.
Capture et le stockage du CO2
Avec les centrales « ultra-supercritiques », les émissions sont réduites de l’ordre d’un tiers, et plus encore avec la dernière génération, dite Advanced Ultra-Supercritical (AUSC). Coûteuses en raison des matériaux ultrarésistants nécessaires à leur fonctionnement, les centrales AUSC ont des niveaux de CO2 qui se rapprochent de ceux des centrales à gaz. A cela s’ajoute l’apport du numérique, qui permettrait « d’améliorer de 27 % l’efficacité des centrales thermiques installées, dont celles à charbon, et de réduire les émissions de CO2 de 4,7 %. Cela n’a été entrepris que sur moins de 10 % des centrales »,...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-20">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Arthur Leroux, ingénieur Ensam-Lille, est le cofondateur d’Enogia, start-up marseillaise qui produit de l’électricité à partir de la chaleur.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

« On a créé une start-up pour produire de l’électricité de façon écologique »

Arthur Leroux, ingénieur Ensam-Lille, est le cofondateur d’Enogia, start-up marseillaise qui produit de l’électricité à partir de la chaleur.



Le Monde
 |    11.02.2018 à 14h00
    |

                            Françoise Marmouyet








                        



   


On peut très bien produire de l’électricité de manière écologique en utilisant des vieux procédés du XIXe siècle. C’est ce qu’ont montré Arthur Leroux et ses deux associés, comme lui ingénieurs, en dépoussiérant une technologie du siècle de la révolution industrielle appelée le ­ « cycle organique de Rankine ».
Grâce à elle, la start-up marseillaise Enogia, lancée par les trois diplômés de l’Ecole nationale supérieure d’arts et métiers (Ensam) de Lille, en 2012, parvient à fabriquer des microcentrales qui transforment la chaleur en électricité. Des sources de chaleur variées peuvent ainsi être exploitées : la géothermie et la biomasse principalement, mais aussi la récupération de chaleur sur les processus industriels ou les moteurs à combustion… Depuis son lancement, la jeune pousse prospère. Son chiffre d’affaires avoisinera les 2,5 millions d’euros cette année, et elle emploie désormais une trentaine de salariés.
« Nous travaillons avec des entreprises comme Veolia ou Méthanergy pour l’exploitation des déchets, et nous visons désormais des entreprises de transport maritime ou routier, qui voient dans notre technologie un moyen intéressant de récupérer de l’électricité ; le marché est gigantesque », estime Arthur Leroux. Pour lancer sa société, le trentenaire a bénéficié du réseau d’investisseurs mis à disposition par l’Ensam. « C’est notamment grâce à cet appui qu’on a trouvé des business angels pour nous financer au départ, cela aurait été plus long et plus difficile sans cela », se félicite-t-il.

        Lire aussi :
         

                Les ingénieurs passent au vert




« Le Monde » aide les jeunes à s’orienter vers les études supérieures
Pour aider les 16-25 ans, leurs familles et les enseignants à se formuler les bonnes questions au moment d’effectuer les voeux d’orientation, Le Monde organise les conférences O21/s’orienter au 21e siècle, à Nantes (16 et 17 février 2018), Bordeaux (2 et 3 mars 2018) et Paris (17 et 18 mars 2018), après Nancy (1er et 2 décembre) et Lille (19 et 20 janvier).

        Lire aussi :
         

                « Le Monde » organise O21 / s’orienter au 21e siècle à Lille, Nantes, Bordeaux et Paris en 2018



A consulter également, notre rubrique Le Monde Campus, et tout particulièrement ses sous-rubriques O21, Etudes supérieures et Parcoursup APB.





                            


                        

                        

