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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Lu Wei, ex-numéro un de l’administration du cyberespace jadis courtisé par les géants américains de l’Internet, a été exclu du Parti communiste chinois.
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L’ancien « tsar » du Net chinois accusé de corruption et de dépravation

Lu Wei, ex-numéro un de l’administration du cyberespace jadis courtisé par les géants américains de l’Internet, a été exclu du Parti communiste chinois.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 18h23
    |

            François Bougon








                        



   


Du temps de sa splendeur, Lu Wei, grand ordonnateur de l’Internet chinois, pouvait s’asseoir sans vergogne et tout sourire dans le siège de Mark Zuckerberg en personne. La photo avait été diffusée par les médias officiels de l’ex-Empire du milieu lors d’une visite du haut dirigeant à la Silicon Valley en 2014. Sur le bureau du fondateur de Facebook était même posé le livre de Xi Jinping, le numéro un chinois.
Les géants américains de l’Internet – avides d’avoir accès au marché chinois mais dont les sites sont bloqués – courtisaient l’homme qui dirigeait l’administration du cyberespace chinois et occupait également le poste de numéro deux du département de la propagande. Jovial mais ferme politiquement, il contrôlait l’accès aux 700 millions d’internautes du pays et défendait le concept de « souveraineté numérique » mis en avant par la puissance asiatique. C’était le temps de la splendeur pour cet ancien journaliste de l’agence officielle Chine Nouvelle devenu grand censeur et serviteur zélé de la mise au pas du Net.
« Un exemple typique de duplicité »
Mais à 68 ans la chute est spectaculaire : juste après le XIXe congrès du parti communiste chinois (PCC), qui a vu en octobre 2017 le mandat de M. Xi renouvelé pour cinq ans, les autorités ont annoncé que Lu Wei était l’objet d’une enquête diligentée par la commission centrale pour la discipline du PCC, l’agence anti-corruption tant redoutée depuis que Xi Jinping en a fait un outil politique de premier plan.

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Mardi 13 février, un communiqué officiel a sonné le glas : Lu Wei est exclu du PCC et de tout poste officiel. Le texte dresse de lui le portrait d’un cadre immoral, dépravé et véreux qui a trahi le Parti, « défié les règles, agi de façon arbitraire et émis des critiques sans fondement sur les décisions et les politiques du comité central ». Il est également accusé d’avoir usé de son pouvoir pour obtenir des gains personnels, « fréquenté des lieux luxueux » et enfreint le « code de frugalité » mis en place par M. Xi.
Comble de l’abomination, il est mis en cause pour avoir voulu « former des factions et des cliques ». « Lu est un exemple typique de duplicité », ont jugé les enquêteurs anti-corruption, précisant que ses « gains illégaux » seront confisqués et son dossier transféré à la justice. Au même moment, la chute d’un autre « tigre » était annoncée, également pour corruption : celle de Sun Zhengcai, un temps présenté comme le dauphin de Xi Jinping. Macbeth au royaume de Confucius.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Ces suppressions de postes se feraient dans un premier temps via des départs volontaires puis, si nécessaire, par des départs contraints.
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SoLocal (ex-PagesJaunes) va supprimer 1 000 postes sur 4 500 en deux ans

Ces suppressions de postes se feraient dans un premier temps via des départs volontaires puis, si nécessaire, par des départs contraints.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 15h22
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 15h49
   





                        


Le groupe SoLocal, héritier des annuaires téléphoniques PagesJaunes, va supprimer 1 000 postes, sur près de 4 500, sur la période 2018-2019, dont 800 dès cette année, a annoncé le groupe dans un communiqué, mardi 13 février.
Ces suppressions de postes se feraient dans un premier temps via des départs volontaires puis, si nécessaire, par des départs contraints, a déclaré Eric Boustouller, directeur général de SoLocal.
Dans la tourmente depuis plusieurs années, l’ex-PagesJaunes a dévoilé ce mardi en Comité d’entreprise un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) touchant principalement ses équipes commerciales. Il s’inscrit dans un plan conçu par la nouvelle direction du groupe visant à renouer avec la croissance du chiffre d’affaires en 2019 après une année 2018 de transition.
« La survie de l’entreprise en jeu »
« Si on ne fait pas cela dans l’urgence, c’est la survie de l’entreprise qui est en jeu », a expliqué à la presse le nouveau directeur général Eric Boustouller, un ancien haut-responsable européen de Microsoft. Il a insisté sur la capacité de l’entreprise à devenir un champion français du numérique au terme de son redressement.
Le groupe avait annoncé lundi soir avoir demandé la suspension de la cotation de son titre en Bourse jusqu’à jeudi dans l’attente de la publication d’un communiqué. Le groupe, qui doit présenter ses résultats mercredi avant une journée investisseurs jeudi, a revu une nouvelle fois à la baisse début novembre ses prévisions pour 2017.

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Concurrence de Google
La société a changé de direction en septembre 2017 pour tenter de se relancer au terme d’une restructuration financière et d’un long conflit avec une partie de ses actionnaires.
Dans un secteur des annuairistes mis à mal par l’émergence de nouveaux champions du numérique comme le moteur de recherche Google, SoLocal, qui possède les sites PagesJaunes et Mappy, tente de se distinguer en se spécialisant dans l’accompagnement des petites et moyennes entreprises dans leur communication numérique.

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Il peine toutefois à compenser le déclin structurel des revenus générés par ses imprimés avec ses nouvelles activités dans le numérique. L’action SoLocal avait clôturé lundi soir à 0,9975 euro. Il affiche une progression de 20 % depuis le début de l’année après avoir perdu près d’un tiers de sa valeur l’an dernier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’agent littéraire Pierre Astier estime que l’édition française exerce une domination impérialiste sur la production de livres dans la francophonie somme toute dérisoire.
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« La francophonie est un grand désert éditorial »

Dans une tribune au « Monde », l’agent littéraire Pierre Astier estime que l’édition française exerce une domination impérialiste sur la production de livres dans la francophonie somme toute dérisoire.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 14h41
    |

Pierre Astier (Agent littéraire)







                        



                                


                            

Tribune. L’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou vient de refuser l’offre de service du président de la République française, Emmanuel Macron, qui lui proposait de participer aux côtés de la romancière franco-marocaine Leila Slimani « aux travaux de réflexion autour de la langue française et de la francophonie ». Emmanuel Macron voit sans doute dans la langue française un atout (c’est une des cinq langues dominantes dans le monde) et un enjeu (700 millions de primo-locuteurs en langue française à l’horizon 2050).
De fait la langue française devrait être, plus qu’elle ne l’est actuellement, un vecteur de développement économique et de coopération dans ce vaste espace linguistique intercontinental, comme l’est l’anglais en Afrique ou en Asie.
Institutions gangrenées
L’argument que lui oppose Alain Mabanckou, pour justifier son refus, est que la francophonie politique, tant que n’ont pas été clarifiées les relations bilatérales entre la France et nombre de pays d’Afrique et de l’océan Indien à régimes autoritaires, peu démocratiques, ne peut avancer sereinement sur cette voie si la France (son administration, ses hommes d’affaires) ne sort pas de ce rôle trouble. Encore et toujours la « Françafrique »…
Sans doute faudra-t-il d’ailleurs quelques décennies avant que l’ancienne métropole française renonce à son statut impérial à l’égard de ses anciennes colonies tant ses institutions en sont encore imprégnées, pour ne pas dire gangrenées. Le débat est néanmoins ouvert et mérite que soient posées quelques questions.

Une langue vit pleinement quand elle est parlée et lue, et quand elle est enseignée. Mais aussi et surtout quand elle est publiée. On le sait, il n’y a pas d’éducation, de formation, de culture et de développement économique sans les livres. Autrement dit quand suffisamment de livres, dans tous les secteurs éditoriaux (de la littérature au management, du livre jeunesse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Un accord aurait été signé lundi soir entre Lou Media Invest, éditeur du magazine, et le groupe Hildegarde, qui publie les titres cinéma « Le Film français » et « Première ».
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Accord en vue pour la reprise de « Causette »

Un accord aurait été signé lundi soir entre Lou Media Invest, éditeur du magazine, et le groupe Hildegarde, qui publie les titres cinéma « Le Film français » et « Première ».



Le Monde
 |    13.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 14h45
    |

                            Yassine El Azzaz








                        


Les passes d’armes juridiques pour la reprise du magazine Causette touchent à leur fin. Le mensuel, menacé de disparition, était dans l’attente d’un repreneur après sa mise en liquidation judiciaire. Selon nos informations, Grégory Lassus-Debat, cofondateur du titre et actionnaire majoritaire de Lou Media Invest, aurait signé un accord avec la holding Hildegarde qui publie les titres cinéma Le Film Français et Première, à la veille d’une audience au tribunal de commerce de Paris, prévue mardi 13 février à 15 h 45.
L’accord prévoit une cession totale de la marque Causette aux repreneurs. C’est cette épineuse question de la propriété de la marque qui a compliqué les discussions commencées la semaine dernière. Le bras de fer judiciaire et les sorties dans la presse auraient ainsi fait fuir certains candidats à la reprise.

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« Une solution a été trouvée à cette situation ubuesque »
Hildegarde serait prêt à mettre 150 000 euros sur la table pour acquérir le titre, en grande difficulté financière. Entre mars 2016 et mars 2017, le journal, très endetté, a perdu 120 000 euros.

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La somme de 70 000 euros irait à Lou Media Invest, actuel propriétaire de la marque tandis que 80 000 euros reviendraient aux fournisseurs. Me Lesly Miroite, commissaire chargée du redressement judiciaire, qui représente les intérêts de ces derniers, peut encore refuser cet accord, si elle estime que la somme qui leur est allouée, n’est pas suffisante.
L’accord signé entre Grégory Lassus-Debat et la holding Hildegarde a été approuvé par les salariés de Causette mardi 13 février en début d’après-midi. Il prévoit le maintien de 14 salariés permanents, sur 18 actuellement. « Nous sommes heureux qu’une solution à cette situation ubuesque ait enfin été trouvée », a déclaré Eric Blanchet, journaliste et délégué du personnel.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ La création des SBBS, nouveaux titres souverains pouvant être titrisés sur les marchés, diffuserait le risque financier plutôt que de le limiter, explique dans une tribune au « Monde » Jean-Michel Naulot, ancien membre du collège de l’Autorité des marchés financiers.
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Bientôt des « subprimes » dans la zone euro ?

La création des SBBS, nouveaux titres souverains pouvant être titrisés sur les marchés, diffuserait le risque financier plutôt que de le limiter, explique dans une tribune au « Monde » Jean-Michel Naulot, ancien membre du collège de l’Autorité des marchés financiers.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 13h48
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 13h52
    |

                            Jean-Michel Naulot (Ancien membre du collège de l’Autorité des marchés financiers)








                        



                                


                            

Tribune. Au début des années 2000, les investisseurs ont cru qu’avec la naissance de l’euro l’intégration financière allait progresser rapidement. Une obligation publique allemande serait désormais équivalente à une obligation française, italienne ou grecque. La Banque centrale européenne (BCE) elle-même se félicitait de cette évolution et plaidait avec vigueur en faveur de l’accélération d’un mouvement jugé inéluctable. Pendant de longues années, les taux allemands, français, espagnols ou grecs ont ainsi été proches les uns des autres.
Au cours de l’hiver 2010, le réveil a été difficile ! Les taux des obligations se sont écartés brutalement. Des bulles financières gigantesques ont éclaté, notamment en Espagne et en Grèce. Les investisseurs et les banques avaient eu le tort de croire les autorités monétaires. Ils ont découvert subitement que ces taux artificiellement bas avaient contribué au surendettement. Plus personne n’a voulu acheter d’obligations des pays périphériques.
Prêts à taux zéro aux banques
Face à la crise, la BCE a pris les choses en main. Sous la présidence de Jean-Claude Trichet, elle a acheté des obligations publiques pour calmer l’envol des taux. Sous la présidence de Mario Draghi, elle a prêté massivement à taux zéro aux banques, notamment espagnoles et italiennes, en théorie pour faciliter le crédit bancaire, en réalité pour leur permettre d’acheter de la dette et calmer les marchés. A partir de mars 2015, elle a déclenché une spectaculaire politique d’assouplissement quantitatif (« quantitative easing ») en achetant elle-même, et par le biais des banques centrales nationales, des dettes publiques.
A l’issue de toutes ces opérations, la BCE et les banques centrales nationales détiendront en septembre prochain, à l’issue du quantitative easing, 21 % des dettes publiques de la zone euro, un montant considérable si on compare ce chiffre aux 12 % que la Réserve fédérale américaine (FED)...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ L’Inde affiche une croissance moyenne annuelle de plus de 7 % depuis 2014, ce qui en fait le pays le plus dynamique du G20, constate l’économiste Jean-Pierre Petit dans sa chronique mensuelle.
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« L’Inde, pays crucial pour l’avenir de l’économie mondiale »

L’Inde affiche une croissance moyenne annuelle de plus de 7 % depuis 2014, ce qui en fait le pays le plus dynamique du G20, constate l’économiste Jean-Pierre Petit dans sa chronique mensuelle.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 13h18
    |

                            Jean-Pierre Petit (Economiste et président de la société de conseil Les Cahiers verts de l'économie)








                        



                                


                            

L’éclairage. Quittons un moment les turbulences des marchés financiers pour nous intéresser à un pays qui ne fait pas beaucoup parler de lui et ne suscite, bizarrement, guère d’intérêt en Europe : l’Inde. Ce pays sera crucial pour l’avenir de l’économie mondiale au cours des décennies à venir.
L’Inde deviendra cette année la cinquième économie mondiale en dollars courants, devant la France et le Royaume-Uni. Elle affiche une croissance moyenne annuelle de plus de 7 % depuis 2014, ce qui en fait le pays le plus dynamique du G20. La croissance devrait s’établir à plus de 7,5 % en 2018 contre 6,7 % en 2017. Et la dynamique récente reste assez bonne : l’indice PMI manufacturier lissé sur trois mois continue de progresser depuis début 2015, même s’il faut surveiller l’impact de la hausse du prix du baril et des tensions récentes sur le marché obligataire local.
Surtout, alors que l’Inde apparaissait, en 2012-2014, comme l’un des grands pays émergents les plus fragiles sur le plan financier (avec le Brésil, l’Indonésie, la Turquie et l’Afrique du Sud), elle a nettement amélioré sa position depuis. L’inflation est passée de plus de 12 % fin 2013 à un peu plus de 5 % en décembre 2017, même si elle est remontée ces derniers mois. Le déficit de la balance courante se situe à un peu plus de 1 % du PIB contre 5 % en 2013. Le déficit public s’est réduit, de même que la dette privée externe en dollars. La notation souveraine de l’Inde a été rehaussée en novembre par Moody’s, pour la première fois en treize ans, passant de Baa3 à Baa2 avec des perspectives stables.
Plusieurs chocs brutaux
Il est clair que l’avenir de l’Inde dépendra en grande partie de la qualité de sa gouvernance. Le bilan de Narendra Modi depuis son élection en 2014 est indéniablement favorable en matière de réformes structurelles (réforme foncière, libéralisation de la finance et des médias, ouverture des infrastructures aux investissements étrangers…), en dépit de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Alors que le gouvernement dévoile, mardi, un plan pour réformer le système de santé, reportage à l’hôpital d’Orléans, confronté à des difficultés budgétaires et à des suppressions de postes.
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A l’hôpital d’Orléans, « cette fois, on va devoir accepter de faire moins bien »

Alors que le gouvernement dévoile, mardi, un plan pour réformer le système de santé, reportage à l’hôpital d’Orléans, confronté à des difficultés budgétaires et à des suppressions de postes.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 17h49
    |

                            Eléa Pommiers (envoyée spéciale à Orléans)








                        



   


Il est 19 heures passées à l’horloge de la salle de réveil qui jouxte les blocs opératoires : Christine, infirmière anesthésiste à l’hôpital d’Orléans, termine sa journée, commencée dix heures plus tôt. Elle travaille jusqu’à 48 heures par semaine et peine à prendre ses jours de repos. « On ne peut pas faire plus que ce qu’on fait, je ne vois pas comment », lâche-t-elle, fatiguée.
Comme de nombreux hôpitaux français, l’hôpital d’Orléans (1 752 lits en 2016 et 5 354 employés) est confronté à des difficultés budgétaires en partie dues aux économies demandées chaque année par les gouvernements successifs (1,6 milliard d’économies demandé pour 2018). Dès février, un plan de retour à l’équilibre va entraîner à Orléans la suppression de 75 postes, dont 50 de soignants. « Nous n’avons pas le choix, assure le directeur de l’hôpital, Olivier Boyer. Si nous ne revenons pas à l’équilibre [financier], nous ne serons plus maîtres de la situation. »

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« On travaille avec de l’humain »
Mais, pour les soignants, logique financière et qualité des soins sont peu compatibles. « Je n’aurais jamais cru devoir dire ça de ma carrière, mais cette fois on va devoir accepter de faire moins bien », déplore une cadre de santé ayant requis l’anonymat, qui précise toutefois que la sécurité des patients ne sera en aucun cas affectée.
Dans son service de 60 lits, infirmières et aide-soignantes accueillent ce discours avec dépit et résignation. Au lieu de trois aide-soignantes, elles ne seront bientôt plus que deux pour servir les repas à trente patients, aider les plus handicapés à manger, bouger, marcher, ou encore faire leur toilette. Ou bien aller aider dans d’autres services en difficulté, où elles ne connaissent pas forcément les procédures et les pathologies.
« [Les patients] nous voient courir tout le temps », explique Camille*. Le podomètre qu’elle avait dans la poche jusqu’à récemment lui a appris qu’elle parcourait fréquemment 10 kilomètres durant sa journée de travail. « Certains nous disent qu’ils n’osent pas nous appeler parce qu’on est déjà très occupées, mais ils ne devraient pas avoir à penser ça. »
Le temps qu’elles passent auprès des patients leur semble déprécié en raison de « son manque de rentabilité ». Incompréhensible pour ces aide-soignantes. « Certains ne reçoivent jamais de visites : on ne peut pas les laisser seuls, même si ce temps ne rapporte pas d’argent ! » s’insurge Myriam*, aide-soignante depuis quatre ans. Elle fait référence au système de la tarification à l’activité (T2A), qui rémunère l’hôpital en fonction des actes médicaux réalisés et pousse les soignants à toujours augmenter leur activité. « Le moral, c’est important aussi dans une guérison. On travaille avec de l’humain, il ne faut pas l’oublier. »

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« Un jour, on passera à côté de quelque chose »
Les économies demandées suscitent autant d’amertume chez les infirmières, qui ne sont pourtant pas concernées par les réductions de postes. Elles sont deux pour trente patients, et assurent ne plus avoir le temps de manger.
Dans leurs blouses blanches à liseré bleu, elles passent de chambre en chambre pour donner les traitements, prendre les constantes, faire les visites avec les médecins, vérifier les prescriptions, remplir les papiers d’entrée et de sortie… Sans compter les sollicitations permanentes : les alarmes, déclenchées en continu par les patients, ou les téléphones, qui sonnent plusieurs fois par heure. C’est l’appel d’une famille prenant des nouvelles d’un proche, d’un médecin des urgences cherchant un lit pour un patient, ou d’un malade qui n’a pas pu avoir de secrétaire pour une prise de rendez-vous.
« Avec l’aide-soignante en moins, on va nous demander des tâches en plus, et on va récupérer celles qu’elles nous aidaient à faire, anticipe Adèle*. Un jour, on va finir par passer à côté de quelque chose, à force de faire mille choses à la fois, et il se passera un truc grave. »
« J’ai depuis longtemps le sentiment d’avoir bâclé mon travail quand je rentre chez moi »
Plus loin dans le couloir, Corinne*, sa collègue, opine. Infirmière en fin de carrière, elle a vu la charge de travail augmenter continûment bien avant les récentes suppressions de postes. « J’ai depuis longtemps le sentiment d’avoir bâclé mon travail quand je rentre chez moi, regrette-t-elle. L’hôpital est devenu une entreprise dans laquelle on fait du travail à la chaîne. » Elle n’avait pourtant « pas choisi le service public pour rien ».

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« Le temps, nous l’avons de moins en moins »
Un discours que partagent largement les praticiens hospitaliers d’Orléans. Ils n’ont pas non plus à déplorer de suppressions de postes, mais ils connaissent un sous-effectif chronique en raison des difficultés de recrutement. Aux urgences adultes, la docteure Anne Malet est formelle : son service, qui voit défiler 200 patients par jour, aurait besoin d’un tiers de médecins supplémentaire. Médecin urgentiste depuis près de trente ans, elle a vu, malgré des attentes toujours croissantes, les moyens de l’hôpital se raréfier en raison des économies imposées par les gouvernements.
En effet, les structures manquent pour accueillir un nouveau profil de patients « plus âgés, qui attendent le dernier moment pour venir et ont souvent besoin d’une longue prise en charge », explique-t-elle. Les yeux au ciel, elle s’agace de devoir passer des heures au téléphone pour trouver un lit à un patient dans les services déjà surchargés.

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« L’examen, l’entretien pour établir les antécédents, restaurer l’histoire du patient… tout ça est nécessaire pour bien soigner mais prend beaucoup plus de temps avec les plus âgés, détaille-t-elle. Et ce temps-là, nous l’avons de moins en moins. »
« Schizophrénie de l’hôpital »
Des attentes croissantes, également, en raison de la désertification médicale de la région Centre-Val de Loire, qui oblige les malades à se tourner vers l’hôpital d’Orléans. En neurologie, la docteure Canan Ozsancak les voit affluer en consultation, et se retrouve confrontée à la « schizophrénie de l’hôpital ».
« On nous dit que les consultations ne rapportent pas d’argent. […] Mais on est un service public, et on a tous fait le serment d’Hippocrate : comment dit-on “non” à un patient en consultation, sachant qu’il ne verra personne d’autre ? »
De plus, à ces tâches médicales qui surchargent déjà le quotidien des médecins s’ajoutent les tâches administratives, encore alourdies par les suppressions de postes. Des secrétaires en moins, ce sont, par exemple, des compte-rendus à taper soi-même au détriment du temps de soin, ou à attendre plus longtemps.

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L’argent… « L’argent du matin au soir » : le docteur Willy Mfam en est écœuré. Pour ce chef de service anesthésie-réanimation, l’hôpital public n’est « vu que comme une charge », et les soignants comme « la variable d’ajustement ». Pour lui, comme pour ses collègues, ce sont avant tout les valeurs du service public – égalité dans l’accès et face aux soins – qui sont attaquées par les réformes successives de l’hôpital.
« Qu’est-ce que le service public de la santé ? » C’est à cette question que Willy Mfam attend désormais une réponse précise de la part du gouvernement. A défaut, « ça va craquer », prédit Canan Ozsancak. « Et on n’a pas de parachute. »
* Les prénoms ont été modifiés



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Le sénateur socialiste Jérôme Durain et le Syndicat des travailleurs du jeu vidéo expriment leurs inquiétudes après la création d’un groupe spécialisé à l’Assemblée.
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Le groupe consacré au jeu vidéo à l’Assemblée nationale suscite des réserves

Le sénateur socialiste Jérôme Durain et le Syndicat des travailleurs du jeu vidéo expriment leurs inquiétudes après la création d’un groupe spécialisé à l’Assemblée.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 12h25
    |

            William Audureau








                        



   


Le groupe d’étude sur le jeu vidéo en cours de constitution à l’Assemblée nationale se désintéressera-t-il des conditions de travail du secteur ? C’est ce que redoutent le jeune Syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV) et le sénateur socialiste de la Saône-et-Loire Jérôme Durain, alors que, depuis le début de l’année, plusieurs enquêtes publiées par Le Monde, Mediapart, Canard PC ou encore Gamekult évoquent de manière concordante une culture de la surcharge de travail, des salaires modestes et dans certains cas, un management oppressant.

        Lire notre enquête :
         

          Quantic Dream, un fleuron du jeu vidéo français aux méthodes de management contestées



« Nous regrettons évidemment que ce groupe d’étude ne considère pas nos conditions de travail comme un sujet digne d’intérêt, écrit le STJV dans un communiqué publié lundi 12 février sur son site. L’Assemblée clame que nous sommes une industrie de pointe, une fierté nationale dont il faut brandir les chiffres et s’enorgueillir, tout en fermant les yeux sur les entorses aux droits des femmes et des hommes qui la font vivre. »
Interrogé par Le Monde, Jérôme Durain, à l’origine de la loi sur l’encadrement de l’e-sport et « jeu vidéo-friendly » (qu’on pourrait traduire par « ami du jeu vidéo »), comme il se définit, a rappelé, pour sa part, la nécessité pour les entreprises de respecter le code du travail :
« Le jeu vidéo n’est pas un secteur exorbitant du droit commun. Nous avons de belles entreprises, de beaux créateurs, mais, pour que le jeu vidéo appartienne à tout le monde et que tout le monde se l’approprie dans le patrimoine commun, il faut aussi qu’il soit soumis aux règles communes. »
Jérôme Durain cible en particulier les problématiques de « crunch » : des semaines pouvant excéder les soixante heures de travail en période de bouclage. Un phénomène « inquiétant, juge-t-il. « Or le numérique, ce ne peut pas être le retour au XIXe siècle. » 
« Mépris face à ce que vivent les travailleurs »
A l’origine de ces inquiétudes, la réponse du député chargé de la constitution du groupe « jeu vidéo » à l’assemblée, Denis Masséglia, à une question du Monde portant sur les conditions de travail au sein de la société parisienne Quantic Dream, dénoncées par plus d’une vingtaine d’actuels ou anciens employés. « Je refuse de généraliser la situation que vous évoquez », avait écarté le député La République en marche du Maine-et-Loire, opposant la liberté de choix des employés :
« Il faut avoir un regard mais pas stigmatiser. Il y a des règles et des lois qui protègent les salariés. Et dans ce secteur, il y a plus d’offres que de demandes, libre à chacun d’aller où bon lui semble. »

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« Denis Masséglia montre sa méconnaissance des conditions de recrutement de notre industrie, et son mépris face à ce que vivent les travailleurs et les travailleuses, tous secteurs professionnels confondus », estime pour sa part le STJV.
« Si, dans certains domaines (comme l’ingénierie), il est relativement facile d’être mobile, de rebondir et de changer d’entreprise, c’est tout simplement faux pour la plupart des métiers de notre industrie. En outre, de nombreuses personnes n’ont pas les moyens, le temps ou l’énergie nécessaires pour repartir sur un marché du travail à ce point concurrentiel, par exemple du fait de leur situation familiale, financière ou de santé. »
De son côté, Jérôme Durain estime que « Denis Masséglia s’est exprimé dans une optique pro-business, il est manifestement mandaté pour faire tourner la boutique. Mais si on veut bien faire les choses, il faut regarder ce qui marche, mais aussi ce qui ne marche pas, et essayer d’améliorer le tout. » Le sénateur socialiste avait, par ailleurs, adressé une question à l’assemblée concernant les « loot box », les caisses à contenu aléatoire payant dans les jeux vidéo – question restée sans réponse.

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          Le STJV exhorte à « regarder les problèmes en face »



Le syndicat du jeu vidéo veut identifier « les bonnes pratiques »
Les problématiques sociales font l’actualité du secteur depuis janvier. Au début de février, le Syndicat national du jeu vidéo, principale entité de défense des entreprises françaises, s’est donné comme chantier pour 2018 d’identifier « les bonnes pratiques en matière de gestion managériale » et « les freins à l’épanouissement des collaborateurs ».
Après les révélations du Monde, de Mediapart et de Canard PC concernant la culture d’entreprise de la société Quantic Dream, la conseillère municipale de Paris Danielle Simonnet (La France insoumise), a de son côté émis le 6 février le souhait que la Ville « engage enfin une réflexion pour rendre contraignantes les aides accordées aux entreprises, avec clause de remboursement en cas de non-respect de ces clauses et de la loi ».
Quantic Dream a réagi sur son compte Twitter en dénonçant « une campagne de dénigrement de la part de quelques médias », et réfuté encore une fois « catégoriquement les allégations formulées contre le studio, ses salariés, ses dirigeants ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Les marques exercent un contrôle tatillon sur les contenus et les audiences. Internet comme les médias traditionnels « sont désormais sous surveillance », explique Philippe Escande, journaliste au « Monde ».
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Publicité : l’annonceur impose sa loi

Les marques exercent un contrôle tatillon sur les contenus et les audiences. Internet comme les médias traditionnels « sont désormais sous surveillance », explique Philippe Escande, journaliste au « Monde ».



Le Monde
 |    13.02.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 17h19
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. On ne badine pas avec l’histoire. Le présentateur de la chaîne américaine NBC, Joshua Cooper Ramo, pourtant censé être un expert des relations internationales, aurait dû réfléchir avant de commenter la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver à Pyeongchang, en Corée du Sud.
« Tous les Coréens vous diront que le Japon est un exemple pour eux en matière de culture, de technologie et d’économie », a-t-il benoîtement affirmé à propos de la venue aux Jeux du premier ministre nippon. Emotion, dans un pays où les plaies de la sanglante occupation japonaise, de 1910 à 1945, ne sont pas cicatrisées. Il ne fallut que quelques heures au média américain pour licencier l’imprudent et se confondre en excuses.
Stratégies plus ciblées et directes
Au-delà des considérations diplomatiques, l’enjeu est de taille pour NBC. Il ne faut pas mettre en danger une manne publicitaire de 900 millions de dollars sur toute la durée de la compétition.

La firme est d’autant plus aux petits soins avec ses annonceurs que ceux-ci se font davantage tirer l’oreille pour financer ce genre d’événement. Les plus importants d’entre eux, comme General Motors, Procter & Gamble ou AT&T, devraient dépenser en spots télévisés 10 % à 30 % de moins pour cette manifestation que lors de l’édition précédente, en 2014, à Sotchi, en Russie. Ils privilégient désormais des stratégies plus ciblées et directes, qui mêlent l’événementiel et le numérique.
NBC a riposté en garantissant pour la première fois une audience par individu, et non plus par foyer, et cela sur toutes les plates-formes : télévision classique, replay, streaming. Ce qui accroît encore la pression au résultat. Même pour un événement d’ampleur mondiale comme les JO, les annonceurs se montrent de plus en plus exigeants.
Exigence de résultats tangibles
Ils le sont désormais autant pour Internet que pour les médias traditionnels. Fini le temps où les sites pouvaient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Le distributeur de produits pour la maison est l’une des deux premières sociétés en France à inscrire dans ses statuts sa mission sociale, « au bénéfice de l’homme et de la planète ».
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La Camif joue les pionnières de l’entreprise à mission

Le distributeur de produits pour la maison est l’une des deux premières sociétés en France à inscrire dans ses statuts sa mission sociale, « au bénéfice de l’homme et de la planète ».



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h44
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

A quoi servent les entreprises ? Doivent-elles dégager le maximum de profits, ou peuvent-elles aussi œuvrer pour le bien commun, voire changer le monde ? Alors que le débat monte en France, une PME entend montrer l’exemple : la Camif.
Le distributeur de meubles et d’appareils électroménagers vient de modifier ses statuts, afin d’y inscrire noir sur blanc la mission d’ordre social dont ses dirigeants se sont investis. Après Nutriset, un fabricant de produits contre la malnutrition, la Camif est la deuxième société française à devenir officiellement une de ces « entreprises à mission » qui dessinent peut-être l’avenir du capitalisme.

A la mi-novembre, l’objet social défini par l’article 5 des statuts de la Camif a été revu. Il s’agit certes de « proposer des produits et services pour la maison », comme c’est le cas depuis 1947, mais pas n’importe comment. Cette activité doit être effectuée « au bénéfice de l’homme et de la planète », précise dorénavant le texte. En outre, la Camif entend « mobiliser consommateurs, collaborateurs, fournisseurs, actionnaires, acteurs du territoire », afin d’« inventer de nouveaux modèles de consommation, de production et d’organisation ».
Forte dose de marketing
Emery Jacquillat, le patron qui a repris la Camif en 2009, en est persuadé : « L’entreprise est un levier puissant pour transformer la société, surtout si elle se donne une mission sociale claire, que les actionnaires s’engagent à respecter. » C’est tout l’enjeu d’une telle modification des statuts.
L’opération comporte, bien sûr, une forte dose de marketing. Elle permet de mettre en avant les spécificités de la Camif, sa volonté de promouvoir une consommation durable, avec des produits de qualité fabriqués pour l’essentiel en France. Une façon de se démarquer, pour une PME dont l’objectif est de détrôner le suédois Ikea en vingt-cinq ans, mais qui reste pour l’heure 860 fois plus petite.
Cependant,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Et si la crise financière de 2008 n’était pas le résultat de la dérégulation, mais de l’informatisation ? Un livre passionnant propose une solution radicale : mettre fin aux banques, explique le correspondant du « Monde » à Londres, Eric Albert.
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« Il faut réinventer un système financier où les banques telles qu’elles existent aujourd’hui disparaîtraient »

Et si la crise financière de 2008 n’était pas le résultat de la dérégulation, mais de l’informatisation ? Un livre passionnant propose une solution radicale : mettre fin aux banques, explique le correspondant du « Monde » à Londres, Eric Albert.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 15h37
    |

            Eric Albert (@IciLondres)








                        



                                


                            
Lettre de la City. Il est des livres qui ouvrent soudain de nouvelles perspectives, remettant tout à plat. Le passionnant ouvrage de Jonathan McMillan, Pourquoi les banques vont disparaître, publié ce mercredi 14 février, est de ceux-là. La thèse de l’auteur : les banques, si utiles à l’ère industrielle, sont devenues impossibles à superviser à l’heure des technologies numériques et d’Internet ; les tentatives pour les contrôler, sans cesse plus lourdes et compliquées, sont vouées à l’échec ; il faut donc réinventer un système financier entièrement nouveau, décentralisé, où les banques telles qu’elles existent aujourd’hui disparaîtraient.
Derrière « Jonathan McMillan » se cachent de fait deux auteurs. Le premier est macro-économiste, Jürg Müller, désormais journaliste au quotidien suisse Neue Zürcher Zeitung. Le second est l’homme qui apporte vraiment sa crédibilité au livre : il travaille pour une grande banque européenne, et en a longtemps été un auditeur. En clair, non seulement il connaît la banque de l’intérieur, mais il est payé pour en superviser les mécanismes. Travaillant toujours pour cet établissement, son nom ne peut pas apparaître.
Les deux hommes, amis d’enfance qui s’étaient perdus de vue, se sont retrouvés un peu par hasard après la grande crise financière de 2008. « Nous étions tous les deux très déçus, témoigne Jürg Müller. En 2009, tout le monde disait qu’il fallait radicalement transformer le système financier, rapporte Jürg Müller. Mais finalement, rien n’a changé. »
La révolution numérique a tout chamboulé
De leur collaboration est sorti un livre, que les deux hommes ont initialement autopublié discrètement en anglais, en 2014. Petit à petit, l’ouvrage – ardu, mais jamais jargonneux – a fait son chemin, intriguant les économistes, les financiers, les banquiers centraux… Le voilà finalement traduit dans de nombreuses langues, dont le français.
Le postulat...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Depuis l’arrivée aux commandes d’Isabelle Kocher, le groupe a axé sa stratégie sur la transition énergétique et les services. Des changements parfois difficiles à accepter en interne.
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Engie, une transformation menée au pas de charge

Depuis l’arrivée aux commandes d’Isabelle Kocher, le groupe a axé sa stratégie sur la transition énergétique et les services. Des changements parfois difficiles à accepter en interne.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h40
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

C’est l’une des plus importantes transformations menée par un groupe français. Issu de la fusion entre Gaz de France et Suez en 2008 sous la surveillance de l’Etat français, Engie a multiplié en dix ans les virages stratégiques.
Alors que le paysage de l’énergie en Europe a été bouleversé par la baisse massive des prix de l’électricité et du gaz, Engie a progressivement décidé de se recentrer. Après plusieurs années d’atermoiements, Gérard Mestrallet et Isabelle Kocher, respectivement président du conseil d’administration et directrice générale, ont initié, modestement en 2013, puis de manière accélérée en 2015, une stratégie axée sur la transition énergétique. L’idée était de vendre les activités dites carbonées – notamment les centrales à charbon, très émettrices de CO2 – tout en se concentrant sur les activités à revenus réguliers, comme les renouvelables subventionnés, ou les réseaux de gaz.

Cette stratégie est passée par un programme de cessions d’actifs colossal, pour un montant de 15 milliards d’euros, qui, début 2018, ont quasiment été toutes réalisées. Citons notamment la vente des centrales à charbon d’International Power, pourtant achetées à prix d’or en 2010, celle des activités d’exploration et de production de gaz ou, plus récemment, la cession d’une partie de ses activités dans le gaz naturel liquéfié (GNL) à Total. Mme Kocher annonce aussi son intention de renoncer à investir dans le nucléaire, alors que le groupe exploite encore sept réacteurs en Belgique.

Stratégie de cessions
« Les actifs n’ont pas été bradés, estime Pierre-Antoine Chazal, analyste chez Bryan Garnier. C’est un tour de force pour un groupe comme Engie d’avoir réalisé toutes ces cessions en trois ans. » Parallèlement, le groupe se développe dans les services énergétiques, notamment en direction des collectivités locales, et dans les énergies renouvelables. « Engie a installé en 2017...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ En mai, Jean-Pierre Clamadieu remplacera Gérard Mestrallet à la tête de l’énergéticien français. Isabelle Kocher, qui visait le poste, officiera à ses côtés.
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Bataille pour la présidence d’Engie : coups bas, sexisme et boules puantes

En mai, Jean-Pierre Clamadieu remplacera Gérard Mestrallet à la tête de l’énergéticien français. Isabelle Kocher, qui visait le poste, officiera à ses côtés.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 15h51
    |

            Jean-Michel Bezat, 
Isabelle Chaperon et 
                                Nabil Wakim








                        



                                


                            

Le gouvernement a tranché : Jean-Pierre Clamadieu sera le prochain président non exécutif du conseil d’administration d’Engie. Le « board » du géant énergétique devait en effet proposer, mardi 13 février, la nomination du patron du groupe chimique belge Solvay comme administrateur, en vue de son intronisation à l’issue de l’assemblée générale du 18 mai 2018, date à laquelle s’achève le mandat de Gérard Mestrallet, 69 ans, l’actuel président. Cet industriel reconnu, âgé de 59 ans, formera un nouveau tandem avec Isabelle Kocher, 51 ans, la directrice générale du groupe depuis le 3 mai 2016.
Pour son entourage, il s’agit d’une bonne nouvelle. Les deux dirigeants se connaissent de longue date et s’apprécient. Pour autant, l’arrivée de M. Clamadieu, aux compétences très opérationnelles, pourrait constituer une menace pour Mme Kocher, dont le mandat s’achève dans deux ans. Le temps qu’il lui reste pour prouver qu’elle a réussi le virage stratégique engagé en 2015 : sortir en partie des énergies fossiles et de la production d’électricité soumise aux risques du marché pour développer les renouvelables, les réseaux intelligents et les services énergétiques. En cas d’échec de sa « stratégie de l’énergie trois D » (décarbonée, décentralisée et digitalisée), M. Clamadieu offrirait une alternative très crédible.

Un déchaînement de haine
Longtemps, Mme Kocher, qui avait été mise sur orbite dès novembre 2014 par Gérard Mestrallet pour prendre sa succession, a espéré réunir les fonctions de présidente et de directrice générale, pour devenir la première femme PDG du CAC 40. L’Etat, qui détient encore 24,1 % du capital d’Engie, en a décidé autrement. Parce que « Macron ne l’aime pas » comme le susurre depuis des mois le très courtisan microcosme parisien ? Parce qu’elle gère mal l’entreprise, comme ses détracteurs l’assurent ? Par sexisme ordinaire, alors qu’elle est la seule femme à diriger un groupe du CAC 40 ?
Une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ 57,5 % des entreprises du CAC 40 ont à leur tête des dirigeants qui cumulent les mandats de président et de directeur général contre seulement 10 % des firmes européennes.
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Le PDG, une exception française… au masculin

57,5 % des entreprises du CAC 40 ont à leur tête des dirigeants qui cumulent les mandats de président et de directeur général contre seulement 10 % des firmes européennes.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h21
    |

            Isabelle Chaperon








                        



   


Quatre ans après avoir été choisie par Gérard Mestrallet pour assurer sa succession à la tête d’Engie, deux ans après avoir pris la direction générale, Isabelle Kocher s’est vu refuser la présidence de l’énergéticien. Est-ce un désaveu ? Oui et non.
En France, en effet, le cumul du mandat de président et de directeur général reste le modèle dominant. Selon les calculs du cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest, 57,5 % des entreprises du CAC 40 ont à leur tête un PDG. Ce mode de gouvernance apparaît, toutefois, comme une exception en Europe : seulement 10 % des entreprises appartenant à l’indice Stoxx Europe 600, regroupant les grandes valeurs européennes, sont dirigées par un PDG.
Au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, le chairman et le chief executive officer se partagent le plus souvent les rôles, comme le président et l’administrateur délégué en Italie. « La dissociation est un principe de bonne gouvernance. Le président anime le conseil d’administration qui nomme les dirigeants et contrôle la bonne mise en œuvre de la stratégie. L’absence de dissociation revient à dire que le PDG doit se contrôler lui-même. On voit bien que cela pose un problème », souligne Charles Pinel, associé chez Proxinvest.
Cette analyse ne prospère guère en France, où le pouvoir ne se partage pas, sauf affaire de circonstance. Ainsi, à mesure que les parrains du CAC 40 ont été rattrapés par l’âge, beaucoup ont abandonné dans un premier temps les rênes opérationnelles, conservant la présidence le plus longtemps possible. La dissociation est alors vue comme une transition en attendant que le dauphin fasse ses preuves. A ce jeu, Patrick Pouyanné a été le plus rapide : nommé directeur général de Total en octobre 2014 après le décès de Christophe de Margerie, il a été intronisé PDG dès décembre 2015.

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                CAC 40 : du sang neuf dans les conseils d’administration



Aucune femme n’a été PDG du CAC 40
Chez Veolia, Antoine Frérot n’a eu à passer qu’un an entre deux eaux, le temps qu’Henri Proglio, resté président du spécialiste de l’environnement après sa nomination comme PDG d’EDF, démissionne, sous la pression du gouvernement.
L’attente avait été de trois ans pour Pierre-André de Chalendar (Saint-Gobain) et Emmanuel Faber (Danone), de cinq ans pour Jean-Paul Agon (L’Oréal). Le plus patient aura été Henri de Castries, nommé PDG de l’assureur AXA en 2010, après en avoir été pendant dix ans le président du directoire. Jacques Aschenbroich, lui, a été nommé PDG de l’équipementier automobile Valeo en 2016, au bout de sept ans à la direction générale.
L’Etat assure que désormais il veut voir deux têtes dépasser dans les entreprises dont il est actionnaire. C’est déjà le cas chez Safran, Airbus, CNP ou Orano (ex-Areva). Mais pas chez Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris), Air France KLM, Thales, Renault ou Orange. La formule n’a pas que des avantages, comme EDF l’a illustré, dans les années 1990.
Le groupe d’électricité, organisé en direction bicéphale depuis sa création en 1946, a été marqué entre 1996 et 1998 par une guerre – souvent larvée, parfois ouverte – entre le président, Edmond Alphandéry, qui voulait contrôler l’entreprise, et Pierre Daurès, le directeur général, un homme du sérail soutenu par les grands barons du groupe. Le premier ministre, Lionel Jospin, avait fini par pousser les deux hommes à la démission en juin 1998. Les quatre patrons suivants ont été investis des pleins pouvoirs…
Seule constante, jamais aucune femme n’a été PDG du CAC 40. Deux directrices générales ont émergé – l’Américaine Patricia Russo chez Alcatel-Lucent (2006-2008) et Isabelle Kocher chez Engie. Depuis janvier 2016, Sophie Bellon est présidente de Sodexo.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ En France, il est théoriquement impossible de déshériter ses enfants. Sauf qu’un nouveau règlement est applicable depuis le 17 août 2015…
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Johnny, encore plus Américain mort que vif

En France, il est théoriquement impossible de déshériter ses enfants. Sauf qu’un nouveau règlement est applicable depuis le 17 août 2015…



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 11h17
    |

                            Nathalie Cheysson-Kaplan








                        



                                


                            

Laura Smet et David Hallyday, les enfants de Johnny Hallyday, contestent le testament de leur père, qui a laissé « l’ensemble de son patrimoine et de ses droits d’artiste » à son épouse Laetitia, ont annoncé le 12 février leurs avocats. Cette contestation s’appuie sur les règles de succession en vigueur en France. Dans notre pays, lorsqu’une personne meurt, ses biens sont répartis entre son conjoint survivant et ses enfants, suivant le principe de la réserve héréditaire.
Lorsque des enfants sont nés d’une ou de plusieurs unions, le conjoint survivant reçoit le quart en pleine propriété. Les enfants se partagent le reste. Tous ont les mêmes droits, qu’ils soient nés de la dernière union de leur père ou mère décédé ou d’une union précédente, que ce soient des enfants biologiques ou adoptés.
Certes, il est possible de favoriser certains de ses enfants, le conjoint survivant ou même un tiers, mais une part de la succession doit obligatoirement leur revenir. A hauteur de cette part, il est impossible de les déshériter.
Est-il possible de s’affranchir de la réserve héréditaire ?
Pour laisser une part plus importante à son conjoint, il est possible d’empiéter sur la réserve héréditaire des enfants avec un testament ou une donation au dernier vivant. Appelée « quotité disponible spéciale entre époux », cette part supplémentaire peut porter sur la totalité de la succession en usufruit, le quart en pleine propriété (avec le reste en usufruit) ou correspondre à la quotité disponible ordinaire. Si le défunt a des enfants nés d’une autre union, comme dans le cas de Johnny Hallyday, la part de la succession qui revient en pleine propriété au conjoint survivant échappe définitivement à ces enfants.
Mais depuis le 17 août 2015, les successions internationales sont régies par un nouveau règlement. Il prévoit que c’est le lieu de la résidence habituelle du défunt au moment de son décès qui détermine la loi applicable. La question qui se...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Olivier de Guerre, spécialiste du financement de l’économie sociale et solidaire, rappelle dans une tribune au « Monde » que certaines coopératives ou mutuelles n’ont aucune mission sociale malgré leur statut, et que des entreprises privées en ont une, sans associer les parties prenantes.
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« Il ne faut pas lier la question de la gouvernance des entreprises à celle de l’intérêt général »

Olivier de Guerre, spécialiste du financement de l’économie sociale et solidaire, rappelle dans une tribune au « Monde » que certaines coopératives ou mutuelles n’ont aucune mission sociale malgré leur statut, et que des entreprises privées en ont une, sans associer les parties prenantes.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 17h21
    |

Olivier de Guerre (Fondateur de PhiTrust, société de capital risque, spécialiste de l’économie sociale et solidaire)







                        



                                


                            

Tribune. Les débats récents autour de la question de « l’entreprise à mission » créent des crispations entre des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS), pour qui la structure juridique induit par essence une mission sociale de par sa gouvernance élargie et partagée (un homme, une voix), et certains acteurs de l’économie privée (par exemple le Medef), qui craignent que l’introduction d’une « mission » dans les statuts de l’entreprise induise de fait la nécessité de partager le pouvoir avec toutes les parties prenantes.
Le gouvernement et de nombreux acteurs de l’ESS et de l’entreprise privée (et ce n’est là qu’une « dissociation » terminologique regrettable…) sont quant à eux persuadés que les contraintes sociales et environnementales actuelles nécessitent un engagement fort de toutes les forces vives de la société, et a fortiori des entreprises qui souhaitent intégrer dans leur stratégie la prise en compte de questions sociales et environnementales.

Depuis une dizaine d’années, les « barrières » entre les entreprises de l’ESS et les entreprises privées se sont pourtant bien estompées. De nombreux projets ayant un impact social et environnemental sont portés par des organisations venant de toute la société – associations, coopératives, entreprises… – et ce avec succès, montrant que chacune d’entre elles pouvait apporter une contribution positive pour permettre de répondre à un enjeu social et/ou environnemental.
Prises de position ambiguës
Paradoxalement, certaines coopératives ou mutuelles n’ont aujourd’hui aucune mission sociale si ce n’est leur gouvernance qui permet un engagement différent des parties prenantes associées aux décisions. De même, certaines entreprises privées ont réellement une mission sociale même si toutes les parties prenantes ne sont pas associées aux décisions.

Cela prouve bien qu’il ne faut pas lier la question de la gouvernance des entreprises à celle de l’intérêt...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ L’histoire naturelle est une science de la vie. Pour cette raison, il faut la remettre au cœur de la formation, au service de chacun, rappellent dans une tribune au « Monde » Bruno David, Marc-André Selosse, Guillaume Lecointre, du Musée national d’histoire naturelle, et Eric Westhof, de l’Académie des sciences.
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« Enseigner une nouvelle histoire naturelle pour penser aujourd’hui et construire demain »

L’histoire naturelle est une science de la vie. Pour cette raison, il faut la remettre au cœur de la formation, au service de chacun, rappellent dans une tribune au « Monde » Bruno David, Marc-André Selosse, Guillaume Lecointre, du Musée national d’histoire naturelle, et Eric Westhof, de l’Académie des sciences.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h08
    |

Bruno David (Musée national d'histoire naturelle (MNHN)), Marc-André Selosse (Musée national d'histoire naturelle (MNHN)), Guillaume Lecointre (Mus...







                        



                                


                            

Tribune. L’histoire naturelle étudie les composantes et les mécanismes du monde, qu’il soit minéral, végétal ou animal, ainsi que la diversité humaine dans ses dimensions biologiques et sociales.
Elle est présente dans les cursus scolaires et universitaires par les « sciences de la vie et de la Terre ». Elle ne se réduit pas à une histoire ancienne, elle est plus que jamais vivante et dynamique d’innombrables découvertes et par ses liens avec d’autres disciplines.
L’histoire naturelle a fait de formidables progrès qui influencent la vie de chaque citoyen au quotidien comme au long terme. Elle peut être un formidable levier pour contribuer à préparer une société responsable et des citoyens éclairés en ce début de siècle où la crise environnementale et la montée de certains obscurantismes conduisent à une perte de repères.
La réforme du lycée engagée par le gouvernement s’annonce comme une occasion unique de repenser la formation des futures générations. Or, les discussions actuelles sur la réforme du lycée envisagent que l’histoire naturelle puisse être optionnelle à partir de la classe de seconde. Les institutions signataires de cette tribune appellent, au contraire, à mettre l’histoire naturelle au cœur de la formation, au service de chacun et de l’avenir du pays, pour plusieurs raisons.
Etudier et respecter les faits
Nos choix d’avenir doivent être nourris des acquis de l’histoire naturelle : parmi les défis auxquels nos sociétés sont confrontées, les transitions écologiques et environnementales sont pressantes, et font l’objet d’un engagement gouvernemental actif. Chacun fait aussi ses propres choix de vie pour son alimentation, sa santé ou son environnement et ces engagements, individuels et collectifs, doivent pouvoir s’appuyer sur des connaissances avérées.
Parmi les perspectives d’actualité, la redéfinition espérée des relations entre hommes et femmes ou la compréhension du vieillissement et de ses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ L’Etat et les médias au chevet du secteur de la distribution de la presse.
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Presstalis au bord du gouffre

L’Etat et les médias au chevet du secteur de la distribution de la presse.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 12h50
    |

            Alexandre Piquard et 
François Bougon








                        



   


La presse écrite vit une situation paradoxale en ce début d’année. Des titres fleurissent, qui témoignent de la vitalité du secteur : après l’Ebdo et Vraiment, un nouvel hebdomadaire, est attendu dans les kiosques le 21 mars. Mais, dans le même temps, le secteur de la distribution souffre. Son principal pilier, Presstalis, qui diffuse 4 000 titres – dont la presse nationale et les trois quarts des magazines – dans 25 000 points de vente, est au bord du gouffre. Il risque la cessation de paiement.

        Lire aussi :
         

                Le distributeur de presse Presstalis dans une situation critique



C’est le moment qu’a choisi la ministre de la culture, Françoise Nyssen, pour inviter les éditeurs de presse mardi 13 février au ministère. Elle devait évoquer à cette occasion son intention de lancer dès cette semaine une réforme « très profonde » des règles du jeu de la distribution de la presse en France. Le sujet est sensible, car il s’agit de toucher à la loi Bichet, qui depuis la Libération garantit le pluralisme en permettant la diffusion, par les kiosques ou autres marchands de presse, de tous les journaux sur le territoire.
A court terme, il y a urgence : lundi, la nouvelle PDG de Presstalis, Michèle Benbunan, a présenté un « plan de sauvegarde de l’emploi » (PSE) aux syndicats, qui pourrait entraîner la suppression du quart de ses effectifs (entre 200 et 300 personnes sur 1 200). « Ces mesures sont nécessaires pour un retour à l’équilibre de Presstalis fin 2019 », a-t-elle expliqué aux Echos dans un entretien publié le 7 février.
Réforme structurelle du secteur
Début décembre 2017, pour faire face à un besoin de trésorerie de 37 millions d’euros, le distributeur, confronté à la fois à la baisse de la vente au numéro et victime de mauvais choix stratégiques passés, a annoncé à ses clients qu’il retenait un quart des règlements qu’il aurait dû leur verser jusqu’à fin janvier. Ce qui a provoqué un tollé parmi les petits éditeurs. Un mandataire ad hoc a même été nommé par le tribunal de commerce pour accompagner l’entreprise dans ce moment délicat. Plus récemment, il a été proposé aux éditeurs de reverser 2,25 % de leurs recettes jusqu’en juin 2022.
Mais, pour le ministère de la culture, un nouveau sauvetage doit s’accompagner d’une réforme structurelle du secteur. La loi Bichet a, selon le gouvernement, accouché d’un système extrêmement contraignant et totalement inadapté. « Elle n’est pas faite pour un marché comme celui d’aujourd’hui : le nombre d’exemplaires a baissé de moitié en dix ans », souligne-t-on au ministère, où l’on évoque l’archaïsme d’une « loi d’économie administrée ».
En 2012, Presstalis avait déjà échappé à la faillite grâce à l’engagement des éditeurs de presse, qui sont également ses actionnaires dans le cadre d’un système de coopératives, et de l’Etat. Le distributeur avait déjà réduit de moitié ses effectifs.
La mécanique est complexe : elle réunit trois niveaux, celui des messageries, chargées de diffuser les journaux – Presstalis et son concurrent, les Messageries lyonnaises de presse (MLP) –, celui des dépôts tissant le territoire – détenus à la fois par Presstalis et les MLP –, et celui des points de vente (kiosques et marchands de presse…). Agir seulement sur l’un d’entre eux ne permettra pas de réels changements, juge-t-on Rue de Valois. D’où l’idée de lancer une vaste négociation et de la confier à Marc Schwartz, ancien directeur de cabinet de Mme Nyssen. Tous les acteurs de la filière seront entendus avec l’objectif qu’une loi puisse être présentée avant l’été.
Une rupture avec le principe d’égalité
« Tout doit être ouvert », explique-t-on au ministère de la culture, tout en se gardant de rentrer dans les détails. Mme Benbunan a déjà avancé ses propositions, en souhaitant qu’il y ait davantage de points de vente et qu’ils aient « plus de liberté dans le choix des titres qu’ils souhaitent exposer sur leurs linéaires », bref qu’ils puissent « adapter leur offre presse à leur clientèle ». Donc de ne pas être obligé de proposer tous les titres… Une rupture avec le principe d’égalité imposé dans la foulée de la loi Bichet.
Un collectif d’éditeurs indépendants, qui publient des magazines comme So Foot, Le 1, Alternatives économiques, Philosophie magazine, Ebdo ou Politis, dénonce, lui, le manque de transparence, et propose, au niveau des messageries, une « concurrence plus ouverte » avec l’arrivée d’autres acteurs que MLP et Presstalis. « Le système bâti après la Libération pour diffuser la presse quotidienne n’est plus adapté, il faut en trouver un qui fonctionne », explique au Monde l’un des signataires, Franck Annese, fondateur de So Press (Society, So Film, So Foot…).
Rien n’est cependant acquis, car les négociations entre les éditeurs de presse et le gouvernement se déroulent dans un climat très tendu. D’ailleurs, les réformes envisagées dans le passé n’ont jamais abouti à de grands changements. Dans l’immédiat, Presstalis doit trouver 140 millions d’euros, dont 50 millions pour la restructuration. L’Etat est certes prêt à avancer une part de la somme mais uniquement sous la forme d’un prêt pour éviter les foudres de Bruxelles. Et il réclame des garanties aux éditeurs de presse. Ces derniers rechignent. Jusqu’où sont-ils prêts à s’engager ? C’est tout l’enjeu des discussions.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Gucci, propriété de Kering, profite de l’engouement pour le luxe des jeunes en Asie, explique le PDG du groupe, François-Henri Pinault. En 2017, Kering a enregistré une hausse de 56,3 % de son résultat opérationnel.
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François-Henri Pinault : « Chez Gucci, 50 % des clients sont des trentenaires »

Gucci, propriété de Kering, profite de l’engouement pour le luxe des jeunes en Asie, explique le PDG du groupe, François-Henri Pinault. En 2017, Kering a enregistré une hausse de 56,3 % de son résultat opérationnel.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 10h42
    |

            Dominique Gallois et 
                                Juliette Garnier








                        



                                


                            

Le groupe de luxe Kering que préside François-Henri Pinault a amélioré de 56,3 % son résultat opérationnel, grâce à l’envolée des ventes de sa marque Gucci. Il s’attelle à la scission de Puma, la marque allemande de sport acquise pour 5 milliards d’euros en 2007.

Comment analysez-vous les résultats de Kering ?
L’année 2017 aura été une année phénoménale. Les ventes du groupe ont progressé de 27 %, à 15,48 milliards d’euros. L’activité de nos marques de luxe est en progression de 30 % à périmètre constant. Le moteur essentiel est Gucci. La marque croît de 42 %, presque sans ouverture de nouvelles boutiques. Saint Laurent poursuit une histoire extraordinaire : pour le dix-septième trimestre consécutif, sa croissance est supérieure à 20 %. La marque atteint 1,5 milliard d’euros de ventes. Elle a encore beaucoup de potentiel, son réseau de magasins est encore modeste. L’autre très bonne nouvelle provient de Balenciaga, qui termine l’année sur une croissance de 40 %. A côté de cela, Puma fait aussi une très belle performance, à + 16 %. C’est assez rare d’avoir un tel alignement de planètes.
N’est-ce pas d’abord un effet de la conjoncture ?
Il y a une conjoncture favorable, c’est clair, pour nous, comme pour nos concurrents. Le marché du luxe a progressé de 5 % à 6 %, selon le cabinet Bain & Co. D’après moi, la progression est plus proche de 10 %. A + 30 % d’activité, Kering est largement au-dessus de ces tendances.
La démographie vous a aussi beaucoup aidé.
Sur les dix dernières années, le luxe a bénéficié de l’afflux de populations des nouveaux marchés. Pendant une bonne cinquantaine d’années, le marché du luxe était partagé entre les Etats-Unis, l’Europe de l’Ouest et le Japon. Ces trois régions faisaient la quasi-totalité du marché. Sur les quinze dernières années, il y a eu l’émergence de l’Asie et de la Chine en particulier. La base de clientèle théorique de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Les prêts bancaires dans l’ex-empire du Milieu ont atteint un niveau record en janvier. Pékin cherche à contenir la croissance de l’endettement, sans pénaliser l’activité.
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Dette : le délicat exercice d’équilibriste de la Chine

Les prêts bancaires dans l’ex-empire du Milieu ont atteint un niveau record en janvier. Pékin cherche à contenir la croissance de l’endettement, sans pénaliser l’activité.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 10h15
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

C’est un niveau jamais atteint : en janvier, les banques chinoises ont accordé 2 900 milliards de yuans (371 milliards d’euros) de prêts. Plus que le précédent record établi en janvier 2016, lorsque la faiblesse passagère de l’économie avait nécessité un coup de pouce du crédit, selon la recette chinoise éprouvée.
Pour un pays censé mettre sa dette sous contrôle, ce chiffre peut étonner. Alors, comment expliquer ces 2 900 milliards de yuans prêtés en un mois ? D’abord, en le replaçant dans le contexte d’une économie encore en partie planifiée. Ensuite, cette envolée du crédit est classique en janvier : les banques reçoivent leurs quotas de prêts en début d’année et prêtent massivement pour des projets à venir, tandis que les projets passés, pas encore remboursés, doivent être refinancés par de nouveaux emprunts. Enfin, ce record illustre paradoxalement les efforts de Pékin pour assainir les finances du pays : si davantage de dette apparaît sur les livres de comptes des banques, c’est parce que la transparence progresse un peu, au détriment de la finance de l’ombre.

Le shadow banking, ce secteur peu régulé, qui comprend à la fois des produits financiers de grandes banques et les activités d’établissements privés qui peuvent servir d’intermédiaires pour cacher l’endettement des banques, d’entreprises, ou de gouvernements locaux, est dans le viseur de Pékin.
Contenir la croissance de l’endettement

En 2017, la Chine a, par exemple, interdit aux assureurs de vendre des polices d’assurance plus proches d’investissements à court terme que de réelles assurances-vie. L’an dernier, le pays a renforcé la régulation et tenu plusieurs réunions importantes pour afficher la détermination de Pékin. Le président chinois, Xi Jinping, a affirmé viser « une croissance de haute qualité ». L’établissement d’un Comité pour le développement et la stabilité financière, dont le prochain président devrait être Liu He, un proche...




                        

                        

