<FILE-date="2018/02/13/19">

<article-nb="2018/02/13/19-1">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Guy Verhofstadt, ancien premier ministre belge, dénonce dans une tribune au « Monde » l’attitude des conservateurs européens qui viennent de refuser les listes transnationales aux élections européennes.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Parlement européen : « Le coup d’Etat permanent » des conservateurs

Guy Verhofstadt, ancien premier ministre belge, dénonce dans une tribune au « Monde » l’attitude des conservateurs européens qui viennent de refuser les listes transnationales aux élections européennes.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 16h28
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 16h52
    |

Guy Verhofstadt (Président de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe au Parlement européen)







                        



                                


                            

Tribune. Dans l’article 3 de ses statuts, le Parti populaire européen (PPE) qui regroupe les partis nationaux de la droite conservatrice au sein de l’Union européenne (UE), se targue de « promouvoir le processus d’unification et d’intégration fédérale en Europe en tant qu’élément constitutif de l’Union européenne ». Que n’ont-ils appliqué leur propre précepte lors de la dernière session du Parlement européen à Strasbourg pour voter en faveur des listes transnationales ? Quelqu’un pourrait-il nous expliquer ce qui pourrait contribuer davantage à un « processus d’unification et d’intégration » de l’Union européenne que la création d’une démocratie paneuropéenne ?
Tous les cinq ans, les élections européennes s’apparentent en effet à une addition d’élections nationales, où l’Europe est un sujet secondaire, et au terme desquelles des citoyens, au demeurant de moins en moins nombreux, expriment leur mauvaise humeur à l’encontre de leur gouvernement du moment.
Nous proposions de créer une circonscription unique européenne pour un nombre restreint mais symbolique de députés, vingt-sept, soit autant que d’Etat de l’UE à cette date
On se demande bien d’ailleurs pourquoi ils se déplaceraient en masse puisque dans la foulée du scrutin, et dans le huis clos du Conseil européen, les chefs d’Etat et de gouvernement font sortir de leur chapeau souverain le nom du président de la Commission européenne. Aucun électeur, ou presque, n’en aura jamais entendu parler auparavant. Et c’est donc à juste titre qu’il aura ensuite l’impression de subir sa politique, sans avoir eu son mot à dire.
L’opacité de ce système était devenue si lourde à assumer politiquement que le Parlement européen était parvenu à imposer une novation lors des élections européennes de mai 2014 : le « Spitzenkandidät » [chef de fil]. Il était convenu que les partis politiques européens désigneraient chacun un champion dont la vocation était...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-2">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Marie Béatrice Levaux, référente francophonie au Conseil économique, social et environnemental, estime dans une tribune au « Monde » que la francophonie, trait d’union entre les continents, formidable passerelle entre les peuples, permet le dialogue des civilisations.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« La francophonie n’est pas un colonialisme culturel »

Marie Béatrice Levaux, référente francophonie au Conseil économique, social et environnemental, estime dans une tribune au « Monde » que la francophonie, trait d’union entre les continents, formidable passerelle entre les peuples, permet le dialogue des civilisations.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 15h26
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 17h04
    |

Marie Béatrice Levaux (Référente francophonie au Conseil économique social et environnemental)







                        



                                


                            

Tribune. C’est un sujet sur lequel on ne l’attendait pas forcément. Pourtant, de manière assez inédite depuis François Mitterrand et l’organisation des premiers sommets de la francophonie, Emmanuel Macron s’est emparé de la problématique francophone pour en faire l’une de ses priorités.
A de multiples reprises – devant un parterre d’étudiants de l’université de Ouagadougou [Burkina Faso] en novembre 2017, à Francfort ou encore devant l’Assemblée des Français de l’étranger –, le chef de l’Etat s’est dernièrement posé en fervent défenseur de la langue française universelle en appelant à partager et à diffuser ce bien commun linguistique qui unit des hommes, au-delà des territoires.

Il s’est prononcé en faveur de la constitution d’un « dictionnaire de la francophonie », en lien avec l’Académie française, pour entretenir la vitalité de la cinquième langue la plus parlée au monde, et partagée par près de trois cents millions de francophones sur cinq continents. Il souhaite enfin initier « un nouveau projet pour la francophonie », pour en faire « un outil de rayonnement, au service de l’intégration économique ». Symbole de cet engagement, la récente nomination de Leila Slimani, écrivaine franco-marocaine comme « représentante personnelle » du président de la République au conseil permanent de la francophonie.
Histoire partagée
Longtemps ringardisée, la francophonie revient donc, si l’on peut dire, « à la mode ». Et il était plus que temps, au regard de l’expansion irrépressible de la culture anglo-saxonne. Car les Anglo-Saxons ont eux compris depuis bien longtemps la force que représente le langage.
Chez nous, l’existence de la francophonie a longtemps été tolérée mais volontairement négligée, assimilée à tort aux ambiguïtés de la politique post-colonialiste françaises. Mais non, la francophonie n’est pas un colonialisme culturel. Elle n’est pas domination, elle est partage. Trait d’union entre...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-3">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’agent littéraire Pierre Astier estime que l’édition française exerce une domination impérialiste sur la production de livres dans la francophonie somme toute dérisoire.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« La francophonie est un grand désert éditorial »

Dans une tribune au « Monde », l’agent littéraire Pierre Astier estime que l’édition française exerce une domination impérialiste sur la production de livres dans la francophonie somme toute dérisoire.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 14h41
    |

Pierre Astier (Agent littéraire)







                        



                                


                            

Tribune. L’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou vient de refuser l’offre de service du président de la République française, Emmanuel Macron, qui lui proposait de participer aux côtés de la romancière franco-marocaine Leila Slimani « aux travaux de réflexion autour de la langue française et de la francophonie ». Emmanuel Macron voit sans doute dans la langue française un atout (c’est une des cinq langues dominantes dans le monde) et un enjeu (700 millions de primo-locuteurs en langue française à l’horizon 2050).
De fait la langue française devrait être, plus qu’elle ne l’est actuellement, un vecteur de développement économique et de coopération dans ce vaste espace linguistique intercontinental, comme l’est l’anglais en Afrique ou en Asie.
Institutions gangrenées
L’argument que lui oppose Alain Mabanckou, pour justifier son refus, est que la francophonie politique, tant que n’ont pas été clarifiées les relations bilatérales entre la France et nombre de pays d’Afrique et de l’océan Indien à régimes autoritaires, peu démocratiques, ne peut avancer sereinement sur cette voie si la France (son administration, ses hommes d’affaires) ne sort pas de ce rôle trouble. Encore et toujours la « Françafrique »…
Sans doute faudra-t-il d’ailleurs quelques décennies avant que l’ancienne métropole française renonce à son statut impérial à l’égard de ses anciennes colonies tant ses institutions en sont encore imprégnées, pour ne pas dire gangrenées. Le débat est néanmoins ouvert et mérite que soient posées quelques questions.

Une langue vit pleinement quand elle est parlée et lue, et quand elle est enseignée. Mais aussi et surtout quand elle est publiée. On le sait, il n’y a pas d’éducation, de formation, de culture et de développement économique sans les livres. Autrement dit quand suffisamment de livres, dans tous les secteurs éditoriaux (de la littérature au management, du livre jeunesse...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-4">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ La création des SBBS, nouveaux titres souverains pouvant être titrisés sur les marchés, diffuserait le risque financier plutôt que de le limiter, explique dans une tribune au « Monde » Jean-Michel Naulot, ancien membre du collège de l’Autorité des marchés financiers.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Bientôt des « subprimes » dans la zone euro ?

La création des SBBS, nouveaux titres souverains pouvant être titrisés sur les marchés, diffuserait le risque financier plutôt que de le limiter, explique dans une tribune au « Monde » Jean-Michel Naulot, ancien membre du collège de l’Autorité des marchés financiers.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 13h48
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 13h52
    |

                            Jean-Michel Naulot (Ancien membre du collège de l’Autorité des marchés financiers)








                        



                                


                            

Tribune. Au début des années 2000, les investisseurs ont cru qu’avec la naissance de l’euro l’intégration financière allait progresser rapidement. Une obligation publique allemande serait désormais équivalente à une obligation française, italienne ou grecque. La Banque centrale européenne (BCE) elle-même se félicitait de cette évolution et plaidait avec vigueur en faveur de l’accélération d’un mouvement jugé inéluctable. Pendant de longues années, les taux allemands, français, espagnols ou grecs ont ainsi été proches les uns des autres.
Au cours de l’hiver 2010, le réveil a été difficile ! Les taux des obligations se sont écartés brutalement. Des bulles financières gigantesques ont éclaté, notamment en Espagne et en Grèce. Les investisseurs et les banques avaient eu le tort de croire les autorités monétaires. Ils ont découvert subitement que ces taux artificiellement bas avaient contribué au surendettement. Plus personne n’a voulu acheter d’obligations des pays périphériques.
Prêts à taux zéro aux banques
Face à la crise, la BCE a pris les choses en main. Sous la présidence de Jean-Claude Trichet, elle a acheté des obligations publiques pour calmer l’envol des taux. Sous la présidence de Mario Draghi, elle a prêté massivement à taux zéro aux banques, notamment espagnoles et italiennes, en théorie pour faciliter le crédit bancaire, en réalité pour leur permettre d’acheter de la dette et calmer les marchés. A partir de mars 2015, elle a déclenché une spectaculaire politique d’assouplissement quantitatif (« quantitative easing ») en achetant elle-même, et par le biais des banques centrales nationales, des dettes publiques.
A l’issue de toutes ces opérations, la BCE et les banques centrales nationales détiendront en septembre prochain, à l’issue du quantitative easing, 21 % des dettes publiques de la zone euro, un montant considérable si on compare ce chiffre aux 12 % que la Réserve fédérale américaine (FED)...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-5">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ L’Inde affiche une croissance moyenne annuelle de plus de 7 % depuis 2014, ce qui en fait le pays le plus dynamique du G20, constate l’économiste Jean-Pierre Petit dans sa chronique mensuelle.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’Inde, pays crucial pour l’avenir de l’économie mondiale »

L’Inde affiche une croissance moyenne annuelle de plus de 7 % depuis 2014, ce qui en fait le pays le plus dynamique du G20, constate l’économiste Jean-Pierre Petit dans sa chronique mensuelle.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 13h18
    |

                            Jean-Pierre Petit (Economiste et président de la société de conseil Les Cahiers verts de l'économie)








                        



                                


                            

L’éclairage. Quittons un moment les turbulences des marchés financiers pour nous intéresser à un pays qui ne fait pas beaucoup parler de lui et ne suscite, bizarrement, guère d’intérêt en Europe : l’Inde. Ce pays sera crucial pour l’avenir de l’économie mondiale au cours des décennies à venir.
L’Inde deviendra cette année la cinquième économie mondiale en dollars courants, devant la France et le Royaume-Uni. Elle affiche une croissance moyenne annuelle de plus de 7 % depuis 2014, ce qui en fait le pays le plus dynamique du G20. La croissance devrait s’établir à plus de 7,5 % en 2018 contre 6,7 % en 2017. Et la dynamique récente reste assez bonne : l’indice PMI manufacturier lissé sur trois mois continue de progresser depuis début 2015, même s’il faut surveiller l’impact de la hausse du prix du baril et des tensions récentes sur le marché obligataire local.
Surtout, alors que l’Inde apparaissait, en 2012-2014, comme l’un des grands pays émergents les plus fragiles sur le plan financier (avec le Brésil, l’Indonésie, la Turquie et l’Afrique du Sud), elle a nettement amélioré sa position depuis. L’inflation est passée de plus de 12 % fin 2013 à un peu plus de 5 % en décembre 2017, même si elle est remontée ces derniers mois. Le déficit de la balance courante se situe à un peu plus de 1 % du PIB contre 5 % en 2013. Le déficit public s’est réduit, de même que la dette privée externe en dollars. La notation souveraine de l’Inde a été rehaussée en novembre par Moody’s, pour la première fois en treize ans, passant de Baa3 à Baa2 avec des perspectives stables.
Plusieurs chocs brutaux
Il est clair que l’avenir de l’Inde dépendra en grande partie de la qualité de sa gouvernance. Le bilan de Narendra Modi depuis son élection en 2014 est indéniablement favorable en matière de réformes structurelles (réforme foncière, libéralisation de la finance et des médias, ouverture des infrastructures aux investissements étrangers…), en dépit de...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-6">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Les marques exercent un contrôle tatillon sur les contenus et les audiences. Internet comme les médias traditionnels « sont désormais sous surveillance », explique Philippe Escande, journaliste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Publicité : l’annonceur impose sa loi

Les marques exercent un contrôle tatillon sur les contenus et les audiences. Internet comme les médias traditionnels « sont désormais sous surveillance », explique Philippe Escande, journaliste au « Monde ».



Le Monde
 |    13.02.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 17h19
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. On ne badine pas avec l’histoire. Le présentateur de la chaîne américaine NBC, Joshua Cooper Ramo, pourtant censé être un expert des relations internationales, aurait dû réfléchir avant de commenter la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver à Pyeongchang, en Corée du Sud.
« Tous les Coréens vous diront que le Japon est un exemple pour eux en matière de culture, de technologie et d’économie », a-t-il benoîtement affirmé à propos de la venue aux Jeux du premier ministre nippon. Emotion, dans un pays où les plaies de la sanglante occupation japonaise, de 1910 à 1945, ne sont pas cicatrisées. Il ne fallut que quelques heures au média américain pour licencier l’imprudent et se confondre en excuses.
Stratégies plus ciblées et directes
Au-delà des considérations diplomatiques, l’enjeu est de taille pour NBC. Il ne faut pas mettre en danger une manne publicitaire de 900 millions de dollars sur toute la durée de la compétition.

La firme est d’autant plus aux petits soins avec ses annonceurs que ceux-ci se font davantage tirer l’oreille pour financer ce genre d’événement. Les plus importants d’entre eux, comme General Motors, Procter & Gamble ou AT&T, devraient dépenser en spots télévisés 10 % à 30 % de moins pour cette manifestation que lors de l’édition précédente, en 2014, à Sotchi, en Russie. Ils privilégient désormais des stratégies plus ciblées et directes, qui mêlent l’événementiel et le numérique.
NBC a riposté en garantissant pour la première fois une audience par individu, et non plus par foyer, et cela sur toutes les plates-formes : télévision classique, replay, streaming. Ce qui accroît encore la pression au résultat. Même pour un événement d’ampleur mondiale comme les JO, les annonceurs se montrent de plus en plus exigeants.
Exigence de résultats tangibles
Ils le sont désormais autant pour Internet que pour les médias traditionnels. Fini le temps où les sites pouvaient...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-7">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Et si la crise financière de 2008 n’était pas le résultat de la dérégulation, mais de l’informatisation ? Un livre passionnant propose une solution radicale : mettre fin aux banques, explique le correspondant du « Monde » à Londres, Eric Albert.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Il faut réinventer un système financier où les banques telles qu’elles existent aujourd’hui disparaîtraient »

Et si la crise financière de 2008 n’était pas le résultat de la dérégulation, mais de l’informatisation ? Un livre passionnant propose une solution radicale : mettre fin aux banques, explique le correspondant du « Monde » à Londres, Eric Albert.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 15h37
    |

            Eric Albert (@IciLondres)








                        



                                


                            
Lettre de la City. Il est des livres qui ouvrent soudain de nouvelles perspectives, remettant tout à plat. Le passionnant ouvrage de Jonathan McMillan, Pourquoi les banques vont disparaître, publié ce mercredi 14 février, est de ceux-là. La thèse de l’auteur : les banques, si utiles à l’ère industrielle, sont devenues impossibles à superviser à l’heure des technologies numériques et d’Internet ; les tentatives pour les contrôler, sans cesse plus lourdes et compliquées, sont vouées à l’échec ; il faut donc réinventer un système financier entièrement nouveau, décentralisé, où les banques telles qu’elles existent aujourd’hui disparaîtraient.
Derrière « Jonathan McMillan » se cachent de fait deux auteurs. Le premier est macro-économiste, Jürg Müller, désormais journaliste au quotidien suisse Neue Zürcher Zeitung. Le second est l’homme qui apporte vraiment sa crédibilité au livre : il travaille pour une grande banque européenne, et en a longtemps été un auditeur. En clair, non seulement il connaît la banque de l’intérieur, mais il est payé pour en superviser les mécanismes. Travaillant toujours pour cet établissement, son nom ne peut pas apparaître.
Les deux hommes, amis d’enfance qui s’étaient perdus de vue, se sont retrouvés un peu par hasard après la grande crise financière de 2008. « Nous étions tous les deux très déçus, témoigne Jürg Müller. En 2009, tout le monde disait qu’il fallait radicalement transformer le système financier, rapporte Jürg Müller. Mais finalement, rien n’a changé. »
La révolution numérique a tout chamboulé
De leur collaboration est sorti un livre, que les deux hommes ont initialement autopublié discrètement en anglais, en 2014. Petit à petit, l’ouvrage – ardu, mais jamais jargonneux – a fait son chemin, intriguant les économistes, les financiers, les banquiers centraux… Le voilà finalement traduit dans de nombreuses langues, dont le français.
Le postulat...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-8">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Olivier de Guerre, spécialiste du financement de l’économie sociale et solidaire, rappelle dans une tribune au « Monde » que certaines coopératives ou mutuelles n’ont aucune mission sociale malgré leur statut, et que des entreprises privées en ont une, sans associer les parties prenantes.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Il ne faut pas lier la question de la gouvernance des entreprises à celle de l’intérêt général »

Olivier de Guerre, spécialiste du financement de l’économie sociale et solidaire, rappelle dans une tribune au « Monde » que certaines coopératives ou mutuelles n’ont aucune mission sociale malgré leur statut, et que des entreprises privées en ont une, sans associer les parties prenantes.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 17h21
    |

Olivier de Guerre (Fondateur de PhiTrust, société de capital risque, spécialiste de l’économie sociale et solidaire)







                        



                                


                            

Tribune. Les débats récents autour de la question de « l’entreprise à mission » créent des crispations entre des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS), pour qui la structure juridique induit par essence une mission sociale de par sa gouvernance élargie et partagée (un homme, une voix), et certains acteurs de l’économie privée (par exemple le Medef), qui craignent que l’introduction d’une « mission » dans les statuts de l’entreprise induise de fait la nécessité de partager le pouvoir avec toutes les parties prenantes.
Le gouvernement et de nombreux acteurs de l’ESS et de l’entreprise privée (et ce n’est là qu’une « dissociation » terminologique regrettable…) sont quant à eux persuadés que les contraintes sociales et environnementales actuelles nécessitent un engagement fort de toutes les forces vives de la société, et a fortiori des entreprises qui souhaitent intégrer dans leur stratégie la prise en compte de questions sociales et environnementales.

Depuis une dizaine d’années, les « barrières » entre les entreprises de l’ESS et les entreprises privées se sont pourtant bien estompées. De nombreux projets ayant un impact social et environnemental sont portés par des organisations venant de toute la société – associations, coopératives, entreprises… – et ce avec succès, montrant que chacune d’entre elles pouvait apporter une contribution positive pour permettre de répondre à un enjeu social et/ou environnemental.
Prises de position ambiguës
Paradoxalement, certaines coopératives ou mutuelles n’ont aujourd’hui aucune mission sociale si ce n’est leur gouvernance qui permet un engagement différent des parties prenantes associées aux décisions. De même, certaines entreprises privées ont réellement une mission sociale même si toutes les parties prenantes ne sont pas associées aux décisions.

Cela prouve bien qu’il ne faut pas lier la question de la gouvernance des entreprises à celle de l’intérêt...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-9">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ L’histoire naturelle est une science de la vie. Pour cette raison, il faut la remettre au cœur de la formation, au service de chacun, rappellent dans une tribune au « Monde » Bruno David, Marc-André Selosse, Guillaume Lecointre, du Musée national d’histoire naturelle, et Eric Westhof, de l’Académie des sciences.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Enseigner une nouvelle histoire naturelle pour penser aujourd’hui et construire demain »

L’histoire naturelle est une science de la vie. Pour cette raison, il faut la remettre au cœur de la formation, au service de chacun, rappellent dans une tribune au « Monde » Bruno David, Marc-André Selosse, Guillaume Lecointre, du Musée national d’histoire naturelle, et Eric Westhof, de l’Académie des sciences.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h08
    |

Bruno David (Musée national d'histoire naturelle (MNHN)), Marc-André Selosse (Musée national d'histoire naturelle (MNHN)), Guillaume Lecointre (Mus...







                        



                                


                            

Tribune. L’histoire naturelle étudie les composantes et les mécanismes du monde, qu’il soit minéral, végétal ou animal, ainsi que la diversité humaine dans ses dimensions biologiques et sociales.
Elle est présente dans les cursus scolaires et universitaires par les « sciences de la vie et de la Terre ». Elle ne se réduit pas à une histoire ancienne, elle est plus que jamais vivante et dynamique d’innombrables découvertes et par ses liens avec d’autres disciplines.
L’histoire naturelle a fait de formidables progrès qui influencent la vie de chaque citoyen au quotidien comme au long terme. Elle peut être un formidable levier pour contribuer à préparer une société responsable et des citoyens éclairés en ce début de siècle où la crise environnementale et la montée de certains obscurantismes conduisent à une perte de repères.
La réforme du lycée engagée par le gouvernement s’annonce comme une occasion unique de repenser la formation des futures générations. Or, les discussions actuelles sur la réforme du lycée envisagent que l’histoire naturelle puisse être optionnelle à partir de la classe de seconde. Les institutions signataires de cette tribune appellent, au contraire, à mettre l’histoire naturelle au cœur de la formation, au service de chacun et de l’avenir du pays, pour plusieurs raisons.
Etudier et respecter les faits
Nos choix d’avenir doivent être nourris des acquis de l’histoire naturelle : parmi les défis auxquels nos sociétés sont confrontées, les transitions écologiques et environnementales sont pressantes, et font l’objet d’un engagement gouvernemental actif. Chacun fait aussi ses propres choix de vie pour son alimentation, sa santé ou son environnement et ces engagements, individuels et collectifs, doivent pouvoir s’appuyer sur des connaissances avérées.
Parmi les perspectives d’actualité, la redéfinition espérée des relations entre hommes et femmes ou la compréhension du vieillissement et de ses...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-10">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Editorial. Après la destruction de l’un de ses F16, Israël a effectué plusieurs raids en Syrie, notamment sur des sites attribués aux Iraniens.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Israël pris dans l’escalade des guerres syriennes

Editorial. Après la destruction de l’un de ses F16, Israël a effectué plusieurs raids en Syrie, notamment sur des sites attribués aux Iraniens.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 14h59
   





                        


Editorial du « Monde ». Les raids israéliens du 10 février en Syrie, après l’intrusion d’un drone iranien dans l’espace aérien de l’Etat hébreu, puis la destruction d’un de ses F16, rappellent une fois encore qu’il n’y a pas une mais des guerres syriennes. La lutte contre l’organisation Etat islamique avait fait passer au second plan les autres conflits, qui se révèlent désormais dans toute leur évidence.
En témoignent l’offensive turque lancée il y a un mois contre l’enclave kurde syrienne d’Afrin ou, le 8 février, les bombardements américains contre l’armée de Bachar Al-Assad qui attaquait dans l’est les Forces démocratiques syriennes, à dominante kurde, soutenues par les Occidentaux. La confrontation du 10 février, premier affrontement direct entre l’Iran et Israël, n’en reste pas moins potentiellement la plus dangereuse par ses implications.
La crainte d’un second front
Les mises en garde du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, doivent être prises d’autant plus au sérieux que, ébranlé par les affaires, il ne veut montrer aucun signe de faiblesse. Il s’agit aussi pour l’Etat hébreu de rétablir la crédibilité de sa dissuasion aérienne après la perte d’un avion pour la première fois depuis trente-cinq ans, saluée par le régime syrien comme la « fin du mythe de la supériorité aérienne israélienne ». Aux yeux des autorités israéliennes, « l’enracinement » de l’Iran en Syrie représente un défi sécuritaire majeur. Tel-Aviv craint notamment l’ouverture d’un second front au nord en cas de conflit avec le Hezbollah libanais, proche du régime de Téhéran. Israël a, sans surprise, reçu le soutien de la Maison Blanche, inquiète de la montée en puissance régionale de l’Iran.
Depuis le début de la guerre en Syrie, l’aviation israélienne avait mené en toute impunité des dizaines de raids sur le territoire syrien, afin d’empêcher toute implantation pérenne de Téhéran et de ses alliés et de couper l’approvisionnement, notamment en missiles, du Hezbollah. Ces interventions avaient continué même après 2015 et l’intervention de l’armée russe, qui était avertie à l’avance des incursions aériennes israéliennes afin d’éviter tout incident.
Le rôle central de Poutine
Le choc suscité en Israël par la destruction du F16, abattu, selon Tel-Aviv, dans l’espace aérien israélien par un missile sol-air tiré depuis la Syrie, n’en a été que plus fort. Etait-ce l’initiative de militaires syriens ou iraniens voulant défier ouvertement Israël et mettant les militaires russes devant le fait accompli ? Cela montrerait que Vladimir Poutine est de moins en moins maître du jeu.
Le président russe est aujourd’hui le seul à pouvoir parler avec tous, et son pays se trouve ainsi jouer un rôle central que même l’URSS n’avait pas. Une telle responsabilité oblige. Moscou peine à transformer son succès militaire en réussite diplomatique comme le montre le fiasco, fin janvier, de la conférence de Sotchi, boycottée aussi bien par l’opposition syrienne que par les Kurdes.
La Russie a certes peu de moyens de pression sur un régime syrien convaincu de pouvoir remporter la guerre. Mais surtout, elle ne veut pas en avoir, continuant ainsi de le couvrir pour ses pires exactions. Le Kremlin bloque systématiquement au Conseil de sécurité de l’ONU toutes les enquêtes montrant que le régime continue d’utiliser des armes chimiques. Pour le moment, toutes les parties semblent surtout vouloir tester l’adversaire. Le risque de dérapages n’en est pas moins réel. Il suffit d’imaginer ce qui se serait passé si l’avion israélien abattu était tombé en territoire syrien, et si les pilotes avaient été capturés.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-11">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ La réforme du baccalauréat, dont certains points méritent d’être salués, ne changera pas fondamentalement un enseignement qui se heurte à la culture de l’immédiateté des élèves, explique l’écrivain et professeur de philosophie dans un entretien au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Jérôme Ferrari : « Il faut enseigner la philosophie avant la terminale »

La réforme du baccalauréat, dont certains points méritent d’être salués, ne changera pas fondamentalement un enseignement qui se heurte à la culture de l’immédiateté des élèves, explique l’écrivain et professeur de philosophie dans un entretien au « Monde ».



Le Monde
 |    13.02.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 11h21
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            
Né en 1968 à Paris, Jérôme Ferrari est professeur de philosophie au lycée Fesch d’Ajaccio et en hypokhâgne au lycée Giocante de Casabianca de Bastia. Romancier et traducteur, il a notamment écrit Le Sermon sur la chute de Rome (Actes Sud, 2012), pour lequel il obtint le prix Goncourt, Le Principe (Actes Sud, 2015) et Il se passe quelque chose (Flammarion, 2017). Il analyse la réforme du baccalauréat proposée par le rapport Mathiot et les difficultés rencontrées par l’enseignement de la philosophie en France.
Dans le rapport Mathiot, la philosophie devient une « épreuve universelle », est-ce une bonne nouvelle ?
L’épreuve de philosophie est emblématique de cet examen symbolique qu’est le baccalauréat et il était difficile pour le gouvernement de la supprimer. Mais des questions demeurent : comment et à qui va-t-elle être enseignée ? Si l’on passe des horaires actuels à deux heures pour tout le monde, en dehors de toute considération corporatiste,la philosophie ne sera pas enseignée de façon satisfaisante, car il faut environ quatre heures par semaine pour se familiariser avec une discipline nouvelle qui introduit une façon de penser singulière.
A côté du tronc commun, les élèves pourront prendre la philosophie en majeure (ou en spécialisation). Mais comment choisiraient-ils la philosophie alors qu’ils ne l’ont jamais rencontrée en première ou en seconde ? Cette réforme devrait induire une refonte du lycée et introduire un enseignement de la philosophie avant la classe de terminale.
Quels sont les principaux problèmes rencontrés par les professeurs de philosophie ?
J’ai fait toute ma carrière en Corse ou dans les lycées français à l’étranger. J’ai conscience d’être excessivement privilégié et je ne peux parler pour l’ensemble de mes collègues. Cela dit, il me semble qu’il y a une inadéquation entre ce que l’on attend des élèves et ce que l’on peut réellement exiger d’eux....




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-12">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Pour faire passer son chantier, Emmanuel Macron doit obtenir l’assentiment des sénateurs. Mais ni le président du Sénat ni sa majorité de droite n’entendent lui faciliter la tâche, rappelle, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 12/02/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Réforme constitutionnelle : « Partie de poker entre le Sénat et l’Elysée »

Pour faire passer son chantier, Emmanuel Macron doit obtenir l’assentiment des sénateurs. Mais ni le président du Sénat ni sa majorité de droite n’entendent lui faciliter la tâche, rappelle, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    13.02.2018 à 06h29
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 09h25
    |

            Gérard Courtois (éditorialiste au Monde)








                        



                                


                            

Chronique. C’est une manie française : au motif de les moderniser, réformer sans cesse nos institutions. Tous les présidents de la Ve République en ont eu la tentation. Bon nombre de ces projets de révision ont échoué (de Gaulle en 1969) ou ont été enterrés. Mais plusieurs ont abouti à des changements déterminants, comme la saisine du Conseil constitutionnel par les parlementaires (1974), la session parlementaire unique (1995), le quinquennat présidentiel (2000) ou la question prioritaire de constitutionnalité (et bien d’autres dispositions) en 2008.
A son tour, Emmanuel Macron a décidé de remettre l’ouvrage sur le métier. Le 3 juillet 2017, devant le Congrès réuni à Versailles, il annonçait son intention de parachever, d’ici à l’été 2018, un important chantier constitutionnel. Trois des modifications envisagées font l’objet d’un large consensus : la suppression de la singulière Cour de justice de la République (chargée de juger les ministres pour des crimes ou délits commis dans l’exercice de leurs fonctions) ; la suppression du privilège accordé aux anciens présidents de la République de siéger, de droit, au Conseil constitutionnel ; la réforme du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), destinée à garantir l’indépendance des magistrats du parquet. A quoi l’on peut ajouter la modernisation du Conseil économique, social et environnemental (CESE).
En revanche, le chef de l’Etat entend mener à bien trois réformes beaucoup plus spectaculaires : la réduction « d’un tiers » du nombre de parlementaires, la limitation du cumul dans le temps des mandats de parlementaires et d’élus locaux (trois mandats successifs maximum) et l’introduction d’une « dose de proportionnelle » dans le scrutin législatif. S’y ajoutent diverses dispositions destinées à simplifier et accélérer la procédure parlementaire. En outre, au fil des dernières semaines, M. Macron a un peu plus chargé la barque en proposant de donner...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-13">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le président de l’Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques estime que si le rapport Mathiot va dans le bon sens, le regroupement des matières scientifiques ne doit pas conduire à une diminution du nombre d’heures qui leur sont consacrées.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Mickaël Prost : « Au lycée, il faut des parcours scientifiques assumés »

Dans une tribune au « Monde », le président de l’Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques estime que si le rapport Mathiot va dans le bon sens, le regroupement des matières scientifiques ne doit pas conduire à une diminution du nombre d’heures qui leur sont consacrées.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 09h33
    |

Mickaël Prost (Président de l’Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques)







                        



                                


                            
Tribune. A travers des propositions destinées à réformer un lycée dont les filières scientifiques et technologiques sont à bout de souffle, Pierre Mathiot, dans son rapport sur le baccalauréat remis fin janvier au ministre de l’éducation nationale – lequel devait présenter sa réforme mercredi 14 février en Conseil des ministres – propose de « relever un défi essentiel pour préparer la société de demain ». Chantier ambitieux s’il en est, et qui oblige. Alors que le poids des sciences et des technologies ne cesse de croître dans l’économie mondiale, la France a fait depuis une vingtaine d’années le choix tout paradoxal de se désengager progressivement, en matière d’enseignement, des sciences dans le secondaire.
Une telle dégradation de la formation scientifique des lycéens a accru fortement les difficultés méthodologiques et techniques dans l’enseignement supérieur
A différentes vagues de recul horaire des disciplines scientifiques dans l’indifférence générale ont répondu diverses refontes malheureuses des programmes. Très peu exigeants en termes de raisonnement et de calcul tout au long de la scolarité, les programmes auxquels ces réformes ont conduit privilégient une juxtaposition peu cohérente de contenus superficiels, et ont même fini par ériger un fossé entre des disciplines comme les mathématiques et la physique, dont les synergies naturelles sont pourtant si fructueuses. Ces évolutions ont été immédiatement sanctionnées par les résultats d’études internationales comme Timss ou PISA sur les acquis des élèves, qui s’abattent régulièrement sur la France.
Une telle dégradation de la formation scientifique des lycéens a accru fortement les difficultés méthodologiques et techniques des étudiants dans l’enseignement supérieur. Ce constat, partagé par l’ensemble des acteurs des premiers cycles de l’enseignement supérieur scientifique, est également attesté par les professeurs de lycée. A une époque de bouleversements technologiques...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-14">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Conserver le cérémonial et rapprocher le lycée de l’enseignement supérieur : le rapport Mathiot va dans le bon sens, juge l’enseignante et écrivaine dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Cécile Ladjali : « Le bac doit rester le diplôme de l’équité »

Conserver le cérémonial et rapprocher le lycée de l’enseignement supérieur : le rapport Mathiot va dans le bon sens, juge l’enseignante et écrivaine dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    13.02.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 09h19
    |

Cécile Ladjali (Professeur agrégée de lettres)







                        



                                


                            

Tribune. 5 h 20. Le soleil, à la mi-juin, se lève en même temps que les élèves et leurs professeurs convoqués dans les centres d’examen organisant les épreuves du baccalauréat. Chacun est tendu – adultes comme adolescents –, mais happé par ce moment vers lequel toutes les consciences convergent de façon presque magique. Le ciel est clair. L’air déjà tiède. Il s’agit d’un cérémonial, d’une épreuve du feu. Tous l’attendent.
Cette semaine singulière entérine un parcours, donne un sens aux années d’efforts et de doutes. L’anxiété de chacun est palpable, mais elle est à la mesure de l’importance de l’instant. Elle est aussi la condition d’une concentration nécessaire, et la traduction d’une appréhension : il s’agit de rencontrer l’autre, que l’on soit l’adulte qui interroge ou l’élève qui compose.
Ce matin, tout est autre. Tout est nouveau. Tout est possible. Or, il va falloir tenir son rôle. L’école est l’antichambre de la comédie sociale que ces jeunes gens vont devoir jouer durant leur vie. Aussi cette rencontre avec l’altérité leur permet-elle paradoxalement de prendre conscience de qui ils sont. Ce fut le cas, il y a des années, du lycéen interrogé à l’oral de français, abhorrant toute littérature, mais que j’avais obligé à aller à la rencontre du texte.
Au terme de l’épreuve, il m’avait avoué que c’était la première fois qu’il lisait vraiment un poème, que cela lui avait plu et qu’il s’en souviendrait. Si ces moments de grâce pure changent les élèves, ils bouleversent aussi les professeurs, à l’instar de ce jury ému aux larmes devant une de mes élèves malentendante et atteinte de cécité qui, étudiant un poème de Verlaine, ne parla que de musique et de peinture.

Avant les beaux matins de juin, il y aurait donc la classe de seconde, dont les fonctions seraient d’« accueillir » et de « stimuler », stimulation qui aurait son importance tant certains élèves se retrouvent dans telle ou telle section de première...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-15">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Le lycée à la carte que propose le rapport Mathiot correspond à un système libéral où l’élève devient entrepreneur de son propre parcours, dénonce, dans une tribune au « Monde », l’historien et écrivain Sylvain Pattieu.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Sylvain Pattieu : « Cette réforme du bac est une machine de guerre »

Le lycée à la carte que propose le rapport Mathiot correspond à un système libéral où l’élève devient entrepreneur de son propre parcours, dénonce, dans une tribune au « Monde », l’historien et écrivain Sylvain Pattieu.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 10h49
    |

Sylvain Pattieu (Maître de conférences en histoire, écrivain)







                        



                                


                            

Tribune. Il y a Bintou, bac pro « laboratoire contrôle qualité », qui vit à Compiègne, trois heures de trajet par jour, refusée en BTS pour travailler dans la police scientifique, elle se retrouve en histoire à Paris-VIII ; il y a Jérémie, bon niveau en histoire mais qui a de grosses difficultés en grammaire, ça pèse sur ses copies ; il y a Rayane, bac techno, qui adore l’histoire, aborde sa troisième année de licence sans anicroche ; il y a Laura, venue à Paris-VIII parce qu’on y travaille en petits effectifs, sans cours magistraux, après une année perdue dans l’anonymat des amphis d’une autre université.

Je lis le rapport Mathiot, qui a pour objectif de « permettre une réussite plus fréquente dans l’enseignement supérieur », et je me demande : « Ça va changer quoi pour mes étudiants ? »
Je suis maître de conférences en histoire et dans le master de création littéraire. Aucun de mes grands-parents n’a le bac. Mon père et ma mère ont été chacun les premiers de leur famille à l’avoir. Ma mère a repris ses études à 30 ans pour devenir avocate à 40 ans. Je suis le fruit de mon travail, de mes dispositions familiales, d’un immense effort collectif, national, engagé après 1945 pour augmenter le niveau culturel de toute la population. L’idée d’un système scolaire voué à l’étude commune du plus grand nombre le plus longtemps possible, pour réduire les inégalités. Le fruit d’un rapport de force, régulièrement contourné, menacé, contesté par une partie des élites de ce pays.

Je lis le rapport Mathiot et je me dis, elle est implacable, cette réforme, terriblement cohérente avec celle de l’université, de Parcoursup. C’est une machine de guerre. Le modèle est celui du lycée modulaire à l’anglaise et d’un enseignement supérieur très inégalitaire. Un lycée à la carte pour élève entrepreneur de son propre parcours. En vérité, les dés sont truqués, les choix limités : il y a les initiés et les autres,...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-16">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Pour Patrice Roussel, professeur de gestion, généraliser la participation sans en changer les règles et la mise en œuvre serait inefficace, explique-t-il dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Développer la participation dans les PME implique de mieux prendre en compte leurs conditions de fonctionnement »

Pour Patrice Roussel, professeur de gestion, généraliser la participation sans en changer les règles et la mise en œuvre serait inefficace, explique-t-il dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    12.02.2018 à 18h08
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 18h08
    |

Patrice Roussel (Professeur de gestion des ressources humaines et directeur de TSM Research, CNRS, université Toulouse Capitole)







                        



                                


                            

Tribune. Le développement de la participation financière est un des éléments majeurs du Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte). L’enjeu principal est d’y donner accès aux millions de salariés qui travaillent dans des PME de moins de cinquante salariés. Mais certaines pistes évoquées nous semblent inappropriées, faisant fi des véritables blocages.
Née d’une utopie portée par le général de Gaulle au lendemain de la Libération, la participation a été introduite par des textes de loi entre 1959 et 1967. L’objectif était de rapprocher les intérêts du patronat et du salariat en introduisant dans les rémunérations une part variable liée aux résultats de l’entreprise.
7 millions de bénéficiaires
A partir de cette idée, la France s’est dotée d’une palette d’outils supplémentaires, massivement utilisés dans les grandes entreprises, mais difficiles à appréhender pour les non-spécialistes : intéressement, plan d’épargne d’entreprise (PEE), plan d’épargne retraite collectif (Perco), fond commun de placement d’entreprise (FCPE)… Environ un tiers des salariés du privé, soit 7 millions de personnes sur un total de 19 millions, bénéficient aujourd’hui d’un ou plusieurs de ces dispositifs.

Le projet de loi Pacte se concentre sur la participation financière, premier élément du Meccano. Déjà obligatoire dans les entreprises de cinquante salariés et plus, la participation le deviendrait dès onze salariés, avec une fiscalité favorable afin de susciter l’adhésion. Les prélèvements sociaux sur les sommes distribuées seraient ainsi fixés à hauteur de seulement 8 % dans ces PME contre 20 % actuellement dans les entreprises de plus de cinquante salariés, à l’exception des coopératives ouvrières qui, étrangement, bénéficient en la matière d’un rabais fiscal.
Mais proposer ainsi un forfait social à 8 % incitera-t-il vraiment les petites entreprises à se lancer ? Il s’agit, selon nous, d’une fausse...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-17">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Analyse. Il y a fort à parier que les grands corps perpétueront l’entretien d’« une forme d’aristocratie de la fonction publique », selon l’expression du politologue Luc Rouban, explique la journaliste du « Monde », Soazig Le Nevé.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La fin des « castes administratives » n’est pas pour demain

Analyse. Il y a fort à parier que les grands corps perpétueront l’entretien d’« une forme d’aristocratie de la fonction publique », selon l’expression du politologue Luc Rouban, explique la journaliste du « Monde », Soazig Le Nevé.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 16h45
    |

                            Soazig Le Nevé (Service Campus)








                        



                                


                            

Analyse. C’était au temps de la campagne présidentielle, au printemps 2017. Emmanuel Macron promettait de « mettre fin au système des grands corps en les rapprochant de corps existants et exerçant des fonctions similaires ». Cette réforme allait sonner le glas du classement de sortie de l’ENA qui donne à quinze élèves un accès direct à l’Inspection générale des finances, au Conseil d’Etat et à la Cour des comptes, précisait-il en avril 2017 dans un entretien à Acteurs publics. Un classement qui, depuis 1945, détermine la carrière des meilleurs d’une promotion, ceux qui forment « la botte », avant même qu’ils aient fait leurs preuves sur le terrain. L’ordre du jour du candidat était alors au décloisonnement, à la mobilité et à l’adaptation de l’administration aux besoins des Français.
Moins d’un an plus tard, la montagne a accouché d’une souris. Il n’est plus question de supprimer les « grands corps », l’expression n’a même jamais plus été prononcée depuis l’accession d’Emmanuel Macron à l’Elysée. Le classement de sortie est lui aussi indemne. Il y a donc fort à parier que les grands corps perpétueront l’entretien d’« une forme d’aristocratie de la fonction publique », selon l’expression du politologue Luc Rouban, au sein de laquelle un administrateur civil en poste à l’éducation nationale a peu de chances de rejoindre la direction du Trésor.
La fin des « castes administratives », comme les nommait le candidat Macron, n’est donc plus à l’agenda. Est-ce vraiment surprenant ? Quand il était à la tête de l’Etat, Nicolas Sarkozy – qui n’est pas énarque – avait mis du cœur à l’ouvrage pour renverser la citadelle. Il souhaitait la création de listes d’aptitude afin de mieux concilier la demande des administrations et les attentes des fonctionnaires, et qu’une commission valide ou non les recrutements. Mais le texte de loi puis le décret envisagés n’avaient pas résisté aux filtres successifs de Matignon,...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-18">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ La brutale correction que viennent de subir les marchés depuis une semaine ne constitue qu’un retour à la rationalité, même s’il en coûte aux investisseurs, juge dans sa chronique pour « Le Monde » Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement de Carmignac.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Comprendre la correction des marchés

La brutale correction que viennent de subir les marchés depuis une semaine ne constitue qu’un retour à la rationalité, même s’il en coûte aux investisseurs, juge dans sa chronique pour « Le Monde » Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement de Carmignac.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 15h02
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 15h11
    |

Didier Saint-Georges (Membre du comité d’investissement de Carmignac)







                        



   


Chronique. Revenons quelques années en arrière. Après la grande crise financière de 2008, tous les gouvernements des pays développés se déclarèrent incapables de remettre leurs économies sur les rails, paralysés qu’ils étaient par leur niveau d’endettement excessif. Le destin des économies était donc remis dans les mains des banques centrales. Celles-ci utilisèrent toute leur puissance pour s’acquitter de leur tâche, en utilisant le seul ressort à la disposition d’une banque centrale pour soutenir l’activité économique : fournir des liquidités au système économique.

        Lire aussi :
         

                Bourse : que faire de son portefeuille dans des marchés chahutés



Après que les taux d’intérêt directeurs furent ramenés à zéro (et même en dessous de zéro !), les banques centrales s’engagèrent ensuite sur la voie audacieuse d’opérations non conventionnelles, dont des achats massifs d’actifs financiers auprès du marché. Ces opérations apportèrent bien des quantités de liquidités sans précédent au système économique, faisant fortement baisser les taux d’intérêt à coups d’achats d’obligations systématiques et massifs. Cette baisse des rendements poussa les investisseurs à rechercher des rémunérations plus attrayantes, en se portant à l’achat sur les marchés de crédit et d’actions.
Ce n’était pas la performance de l’économie réelle qui motivait les investisseurs en actions mais la promesse par les banques centrales que l’apport de liquidité constant continuerait de soutenir le prix de tous les actifs financiers
Cette dynamique d’ensemble emporta marchés obligataires et d’actions dans un même mouvement haussier d’ampleur historique, par lequel l’indice actions européen Eurostoxx 600, par exemple, s’apprécia de plus de 40 % de 2013 à 2017, tandis que le taux d’intérêt des emprunts d’Etat allemands était divisé par quatre, baissant de 2 % à 0,5 % sur la période. Peu importait pendant ce temps que la croissance économique réelle restât atone. Ce n’était pas la performance de l’économie réelle, bien médiocre, qui motivait les investisseurs en actions, mais la promesse par les banques centrales que l’apport de liquidité constant continuerait de soutenir le prix de tous les actifs financiers.
Paradoxalement, tant que l’impact de ces politiques monétaires sur l’économie réelle demeurait insuffisant, la continuité du soutien des banques centrales était assurée. Les marchés pouvaient donc continuer de monter.
Dès lors, la question qu’il était légitime de se poser était de savoir quelle forme prendrait l’issue de cette période exceptionnelle. En cas d’échec ultime de ces politiques monétaires, c’est-à-dire en cas de rechute de l’inflation et de la croissance, les marchés risquaient de connaître une crise de confiance considérable. Cet échec a été évité.

        Lire aussi :
         

                « Il serait rationnel que le dollar s’affaiblisse davantage »



L’autre issue envisageable était celle d’un succès. Mais dans ce cas, la reprise de la croissance et de l’inflation justifierait la fin des mesures exceptionnelles de soutien monétaire, et entraînerait une remontée des taux d’intérêt vers des niveaux « normaux », les valorisations des marchés d’actions en subissant les conséquences. C’est ce qui se passe aujourd’hui.
Il faut comprendre que la hausse des marchés ces dernières années s’est effectuée sur une ligne de crête entre ces deux écueils. Ainsi la Banque centrale américaine (Fed) a pu cesser ses achats d’obligations en octobre 2014 sans que les marchés ni obligataires ni d’actions ne s’en émeuvent durablement. Car pendant cette période, croissance et inflation n’étaient ni trop fortes ni trop faibles. De plus, la Banque centrale européenne commençait son propre programme d’achats d’actifs peu après (2015).
Croissance économique
Lors de la frayeur que le vote britannique en faveur du Brexit provoqua sur les marchés en juin 2016, les banques centrales purent immédiatement apaiser les investisseurs en les assurant de leur soutien si nécessaire. En 2017 culmina dans le meilleur des mondes car la croissance économique commença enfin de repartir (ce qui renforça les marchés d’actions), mais sans que l’inflation n’accélère (ce qui permit aux banques centrales de tempérer leur appétit de normalisation monétaire).
Les investisseurs doivent comprendre que les moteurs de performances auxquels ils s’étaient habitués s’inversent
Aujourd’hui, le scénario de sortie « par le haut » des longues années de soutien monétaire se précise. Et toutes les grandes banques centrales s’apprêtent donc à réduire voire à inverser leurs interventions. C’est une bonne nouvelle pour l’économie. Mais les investisseurs doivent comprendre que les moteurs de performances auxquels ils s’étaient habitués s’inversent. La baisse continue des taux d’intérêt n’a plus lieu d’être, et ces derniers doivent retrouver un niveau normal, que la distorsion opérée par l’intervention des banques centrales avait amenés à des extrêmes, déconnectés de la réalité économique.
Versant de l’huile sur le feu, la réforme fiscale de l’administration Trump creuse le déficit budgétaire américain, augmentant les besoins de financement du Trésor, au moment même où la Fed entreprend de se désengager. Les taux d’intérêts sont donc doublement sous tension. En Europe, il est patent que les rendements de la dette souveraine allemande, même après leur remontée à 0,75 % ces derniers jours, ne correspondent toujours pas à leur niveau « normal ».
Réalité des prix
Les marchés doivent désormais revenir à la réalité des prix, et il est compréhensible que le réveil d’un long rêve doré constitue un ajustement douloureux. Quand le prix des actions et des obligations, après une période d’instabilité, se sera ajusté à la nouvelle réalité, alors il conviendra de s’assurer que l’économie va toujours aussi bien, et peut devenir le nouveau moteur des marchés actions, à partir de valorisations assainies. Il y aurait dans ce cas des niveaux d’entrée sur les marchés d’actions à ne pas manquer.

        Lire aussi :
         

                Frais de courtage en Bourse : la guerre des tarifs est relancée



C’est ce qui s’était produit, par exemple, après la forte correction de marché d’octobre 1987. En cas de ralentissement économique en revanche, les banques centrales n’auraient d’autre choix que de se précipiter de nouveau au chevet des marchés. Cela rassurerait certainement dans un premier temps, mais constituerait un constat d’échec cuisant. C’est là que réside le véritable risque : que l’économie s’avère trop fragile encore pour encaisser ce regain de stress financier, et que les signaux de croissance et d’inflation s’inversent de nouveau. Réponse dans quelques mois.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-19">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Livres. Trois libéraux, Baverez, Minc et Cohen-Tanugi, s’inquiètent d’un horizon lourd de dangers pour la démocratie occidentale et signent une série d’essais à la tonalité pessimiste.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’avenir mal assuré de la démocratie libérale

Livres. Trois libéraux, Baverez, Minc et Cohen-Tanugi, s’inquiètent d’un horizon lourd de dangers pour la démocratie occidentale et signent une série d’essais à la tonalité pessimiste.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 13h54
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 16h43
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            
Livres. La famille libérale française n’a pas le moral. On prend cette tribu au sens large : du centre-droit au centre-gauche, du social-libéralisme à la social-démocratie. Les disciples de Mirabeau, Tocqueville, Aron, Furet et autres devraient savourer un moment assez rare dans l’histoire du pays : l’un des leurs, Emmanuel Macron, est à l’Elysée. Mais nos essayistes libéraux s’inquiètent.
Ils pointent un horizon lourd de dangers pour la démocratie occidentale. Ils signent une série de livres à la tonalité pessimiste. On ne s’en étonnera pas chez Nicolas Baverez, qui signe Violence et Passions, défendre la liberté à l’âge de l’histoire universelle (L’Observatoire, 128 p., 15 €). Le chroniqueur du Figaro et du Point vit son activité, non sans quelque raison, comme celle d’un météorologue chargé d’annoncer les tempêtes à venir, pas le beau temps. C’est plus rare chez Alain Minc (auquel on doit Une humble cavalcade dans le monde de demain, Grasset, 186 p., 17 €), qui – après avoir salué dans ses derniers livres l’exemplarité de la démocratie allemande, l’exceptionnalité, positive, de l’Union européenne et rendu un bel hommage à Mirabeau – est à son tour gagné par une perplexité inquiète devant ce que l’avenir nous réserve.
Enfin, face aux pathologies contemporaines, on a connu Laurent Cohen-Tanugi (Résistances, la démocratie à l’épreuve, L’Observatoire, 18 p., 15 €) habituellement plus confiant dans la capacité de l’Europe sinon à y trouver remède, du moins à en protéger ses ressortissants. On conclura ce tour de rayon en signalant encore, dans l’excellente revue Charles, le passionnant portrait de notre confrère François Lenglet, humaniste féru de macroéconomie, qui annonce : « C’est la fin du libéralisme » (économique, ce qui est déjà beaucoup !). 
Une scène internationale chaotique
Evidemment, les temps sont durs si on les confronte aux illusions de l’après-guerre...




                        

                        


<article-nb="2018/02/13/19-20">
<filnamedate="20180213"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180213"><AAMMJJHH="2018021319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Candidate de « The Voice », la chanteuse Mennel a quitté l’émission à la suite de l’exhumation de messages à connotation complotiste sur les attentats de juillet 2016. Un départ qu’Abdel Rahmène Azzouzi regrette dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 12/02/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


« Mennel est l’antithèse des bêtes de Daech et peut-être même leur antidote »

Candidate de « The Voice », la chanteuse Mennel a quitté l’émission à la suite de l’exhumation de messages à connotation complotiste sur les attentats de juillet 2016. Un départ qu’Abdel Rahmène Azzouzi regrette dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    12.02.2018 à 13h22
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 13h36
    |

                            Abdel Rahmène Azzouzi (professeur des universités)








                        



                                


                            

Tribune. La vidéo de son passage à « The Voice » était rapidement devenue virale. Comme le disait Zazie, les fées se sont penchées sur son berceau. Une vraie voix, une grande beauté, un talent incontestable et des cheveux discrètement couverts. Egalement des origines syriennes, une francité pleinement assumée, tout comme son islam. Elle semblait avoir conquis le jury du télé-crochet. Cette synthèse de nos valeurs françaises, et même plus largement occidentales, sans renier son âme orientale, aura suffi à provoquer l’ire de l’extrême droite qui, dans cette affaire, a servi d’aiguillon aux médias et peut-être à l’opinion française.
Des posts maladroits de la jeune Mennel, exhumés par le Bloc identitaire, ont ouvert la polémique et brisé le pont que tentait de construire la jeune femme. En janvier, déjà, le mannequin « voilé », Amena Khan, avait dû renoncer à une campagne de L’Oréal pour avoir critiqué la politique israélienne dans des tweets datant de 2014. La connotation complotiste des tweets de la jeune Mennel pose en effet problème et a semblé constituer un obstacle insurmontable à son évolution artistique au sein de l’émission.

Que devrions-nous alors penser des onze vidéos parfaitement assumées par Jean-Marie Bigard sur les attentats du 11-Septembre ? Nous pouvons facilement imaginer le travail et la réflexion élaborée qu’a nécessités la réalisation de ces vidéos. Il ne s’agissait pas d’un ou deux tweets d’une jeune femme de 20 ans dont le pays d’origine est ravagé, depuis de nombreuses années, par la guerre et le terrorisme le plus abject et dont probablement nombre de membres de sa propre famille ont été victimes. Et pourtant, nul n’a pensé à excommunier Jean-Marie Bigard et il appartient à chacun de faire la part des choses entre un des humoristes les plus talentueux de sa génération et son analyse complotiste des attentats du 11-Septembre.
Un message unissant l’Orient et l’Occident bienvenu
Dans le contexte...




                        

                        

