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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Les principales agences de renseignement américain avaient dénoncé les tentatives russes d’influencer le résultat de l’élection présidentielle américaine de 2016.
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Etats-Unis : le spectre de l’ingérence russe plane sur les élections de mi-mandat de novembre 2018

Les principales agences de renseignement américain avaient dénoncé les tentatives russes d’influencer le résultat de l’élection présidentielle américaine de 2016.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 18h31
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 18h39
   





                        



   


L’ingérence de la Russie dans la politique américaine se poursuit et menace les élections de mi-mandat prévues en novembre, ont affirmé les chefs des services de renseignement américain lors d’une audition au Sénat, mardi 13 février.
« Au sein de la communauté [du renseignement], nous n’avons pas vu de preuve de changement significatif », a affirmé Dan Coats, le directeur du renseignement national, devant la Commission sénatoriale sur le renseignement, à Washington, mardi 13 février. « Nous nous attendons à ce que la Russie continue à utiliser la propagande, les réseaux sociaux, les hommes de paille, les porte-parole favorables et d’autres moyens pour monter une grande variété d’opérations destinées à attiser les divisions sociales et politiques aux Etats-Unis », a poursuivi M. Coats.
Selon lui, « il ne devrait y avoir aucun doute sur le fait que la Russie estime que ses efforts ont porté leurs fruits et considère les élections de mi-mandat en 2018 comme une cible pour des opérations d’influence russe ». Ils ont promis de fournir des détails, lors d’auditions à huis clos. Les autorités locales en charge des élections devraient aussi être informées.
Consensus des agences de renseignement
Les principales agences avaient dénoncé les tentatives russes d’influencer le résultat de l’élection présidentielle américaine de 2016, via les réseaux sociaux, et la fuite d’informations piratées dans le camp démocrate afin de favoriser la candidature du républicain Donald Trump face à celle de la démocrate Hillary Clinton.
Plusieurs enquêtes parlementaires américaines tentent de faire la lumière sur ce sujet. Le procureur spécial Robert Mueller a été nommé par le ministère de la justice pour tenter de faire la lumière sur cette ingérence russe et sur des soupçons de collusion entre l’équipe de campagne du milliardaire et la Russie.
Le président Donald Trump a rejeté ces conclusions et Moscou dément catégoriquement et régulièrement les accusations américaines de son ingérence dans l’élection.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Lu Wei, ex-numéro un de l’administration du cyberespace jadis courtisé par les géants américains de l’Internet, a été exclu du Parti communiste chinois.
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L’ancien « tsar » du Net chinois accusé de corruption et de dépravation

Lu Wei, ex-numéro un de l’administration du cyberespace jadis courtisé par les géants américains de l’Internet, a été exclu du Parti communiste chinois.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 18h23
    |

            François Bougon








                        



   


Du temps de sa splendeur, Lu Wei, grand ordonnateur de l’Internet chinois, pouvait s’asseoir sans vergogne et tout sourire dans le siège de Mark Zuckerberg en personne. La photo avait été diffusée par les médias officiels de l’ex-Empire du milieu lors d’une visite du haut dirigeant à la Silicon Valley en 2014. Sur le bureau du fondateur de Facebook était même posé le livre de Xi Jinping, le numéro un chinois.
Les géants américains de l’Internet – avides d’avoir accès au marché chinois mais dont les sites sont bloqués – courtisaient l’homme qui dirigeait l’administration du cyberespace chinois et occupait également le poste de numéro deux du département de la propagande. Jovial mais ferme politiquement, il contrôlait l’accès aux 700 millions d’internautes du pays et défendait le concept de « souveraineté numérique » mis en avant par la puissance asiatique. C’était le temps de la splendeur pour cet ancien journaliste de l’agence officielle Chine Nouvelle devenu grand censeur et serviteur zélé de la mise au pas du Net.
« Un exemple typique de duplicité »
Mais à 68 ans la chute est spectaculaire : juste après le XIXe congrès du parti communiste chinois (PCC), qui a vu en octobre 2017 le mandat de M. Xi renouvelé pour cinq ans, les autorités ont annoncé que Lu Wei était l’objet d’une enquête diligentée par la commission centrale pour la discipline du PCC, l’agence anti-corruption tant redoutée depuis que Xi Jinping en a fait un outil politique de premier plan.

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                En Chine, la disgrâce du « petit timonier » du Web



Mardi 13 février, un communiqué officiel a sonné le glas : Lu Wei est exclu du PCC et de tout poste officiel. Le texte dresse de lui le portrait d’un cadre immoral, dépravé et véreux qui a trahi le Parti, « défié les règles, agi de façon arbitraire et émis des critiques sans fondement sur les décisions et les politiques du comité central ». Il est également accusé d’avoir usé de son pouvoir pour obtenir des gains personnels, « fréquenté des lieux luxueux » et enfreint le « code de frugalité » mis en place par M. Xi.
Comble de l’abomination, il est mis en cause pour avoir voulu « former des factions et des cliques ». « Lu est un exemple typique de duplicité », ont jugé les enquêteurs anti-corruption, précisant que ses « gains illégaux » seront confisqués et son dossier transféré à la justice. Au même moment, la chute d’un autre « tigre » était annoncée, également pour corruption : celle de Sun Zhengcai, un temps présenté comme le dauphin de Xi Jinping. Macbeth au royaume de Confucius.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ La classe africaine (24). Parents et enseignants se perdent dans la liste des manuels agréés, qui change à chaque rentrée. Un gâteau éditorial qui attise les appétits.
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Décryptage

Les livres scolaires en Côte d’Ivoire, un business qui vire au casse-tête

La classe africaine (24). Parents et enseignants se perdent dans la liste des manuels agréés, qui change à chaque rentrée. Un gâteau éditorial qui attise les appétits.

Par                                            Haby Niakaté (Abidjan, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-02-13T18:14:53+01:00"

        Le 13.02.2018 à 18h14

     •
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        Mis à jour le 13.02.2018 à 18h45






    
Au Salon international du livre d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, le 28 mai 2016.
Crédits : SIA KAMBOU / AFP


Comment équiper en manuels scolaires les près de 5,5 millions d’élèves que compte la Côte d’Ivoire ? C’est le casse-tête que tentent de résoudre chaque année l’Etat, les parents et les enseignants, mais aussi les éditeurs et les distributeurs.

        Découvrez notre série
         

          La classe africaine



Selon un rapport de la Banque mondiale publié en janvier 2017, les « enfants ivoiriens n’ont pas assez d’ouvrages pour perfectionner leur apprentissage scolaire ». Un constat conforté par les statistiques du ministère de l’éducation nationale. En primaire, par exemple, le manque de manuels scolaires est criant : si, en CP, 61 % des élèves ont un livre de calcul, le taux s’effondre à 33 % en CM2, 24 % en CE2 et 23 % en CE1. Même constat pour les livres de lecture.
Comment expliquer un tel sous-équipement dans un pays où la part du budget consacrée à l’éducation n’a cessé de croître ces dernières années (+ 7,5 % par an en moyenne depuis 2010) pour atteindre aujourd’hui 27 % et dont le secteur de l’édition est l’un des plus développés de la sous-région ?

    

Crédits : Infographie "Le Monde"


Une dépense non négligeable
En Côte d’Ivoire, l’obligation d’aller à l’école pour les enfants de 6 à 16 ans est inscrite depuis 2015 dans la loi, au même titre que la gratuité de l’enseignement, « à l’exception, notamment, des droits d’inscription, des prestations sociales et des charges relatives aux manuels et autres fournitures scolaires ». L’achat des ouvrages est donc à la charge des parents, dans le privé comme dans le public.
Néanmoins, ces dernières années, le ministère de l’éducation a opté pour la distribution gratuite de millions de kits scolaires, comprenant des fournitures et parfois des ouvrages, dans des écoles de quartiers défavorisés d’Abidjan ou de communes rurales, afin d’alléger le budget de rentrée des familles. Mais le chemin pour l’équipement de tous, notamment à l’intérieur du pays, est encore long.

        Episode 22
         

          Au Bénin, la scolarisation des filles reste un combat



Abdoulaye Koné, 44 ans, est maître d’hôtel à Abidjan. Pour ses trois filles âgées de 6 à 13 ans, toutes scolarisées dans des établissements publics, il a dépensé en septembre 2017 près de 40 000 francs CFA (61 euros) en manuels scolaires. Dans un pays où le salaire minimum interprofessionnel garanti est de 60 000 francs CFA, la dépense n’est pas négligeable.
Pourtant, « le problème n’est pas le prix des manuels, dit-il. C’est plutôt l’impossibilité de les réutiliser d’année en année, entre frères et sœurs, cousins ou amis ». Il ajoute : « Quand j’étais enfant, dans les années 1970 et 1980, le programme était stable et on pouvait se refiler les ouvrages. Aujourd’hui, à chaque rentrée, on se demande quelle nouvelle collection va encore sortir du chapeau ! »
Legs de l’époque coloniale
Avant chaque rentrée, le ministère de l’éducation publie en effet une liste des manuels agréés. A charge pour les enseignants de choisir ceux qu’ils utiliseront en classe.
Dans les années 1980 et 1990, cette liste était assez réduite et constante. L’ex président Félix Houphouët-Boigny avait confié l’édition des manuels scolaires au duopole franco-ivoirien NEI-CEDA, formé par les Nouvelles Editions ivoiriennes et le Centre d’édition et de diffusion africain. Les deux entités, qui ont entre-temps fusionné, sont aujourd’hui une filiale du géant français de l’édition Hachette.

        Episode 20
         

          Au Burkina, apprendre à lire sous une paillote, sans murs ni électricité



La libéralisation du secteur au début des années 2000, appuyée par la Banque mondiale, ainsi que la volonté des présidents successifs d’imprimer leur marque, modifieront et gonfleront au fur et à mesure cette liste. La collection la plus connue des années 1980, « Ecole et Développement », élaborée par des fonctionnaires ivoiriens, est ainsi devenue « Ecole et Nation » sous Laurent Gbagbo, puis « Ecole, Nation et Développement » sous Alassane Ouattara.



Pour l’année 2017-2018, la liste fait 30 pages, représentant une trentaine de maisons d’édition. Seule constante : la domination du marché par NEI-CEDA, dont le chiffre d’affaires a atteint 3,3 milliards de francs CFA en 2016 (5 millions d’euros), même si certains acteurs ivoiriens tels qu’Eburnie ou Frat Mat arrivent à tirer leur épingle du jeu.

        Episode 16
         

          Les filles, éternelles oubliées de l’éducation au Niger



Un leadership que dénoncent nombre de petits éditeurs ivoiriens, qui y voient un legs de l’époque coloniale et pointent la proximité entre le gouvernement et NEI-CEDA, dont la directrice éditoriale, Miriame Moro, est l’épouse d’Abdoulaye Kouyaté, le chef de cabinet de la ministre de l’éducation. Un argument qui fait pouffer Dominique Le Boulch, patron de NEI-CEDA, qui estime que l’argument n’est pas valable puisque son entreprise a perdu ces dernières années des appels d’offres au profit de plus petits éditeurs.
« Une affaire de gros sous »
« Le livre scolaire, c’est une affaire de gros sous, explique un éditeur de la place qui tient à rester anonyme. Etre sur cette liste, c’est le graal, et tous les coups sont permis. Imaginez un peu, c’est un marché énorme, plus de 5 millions d’élèves ! Chacun veut sa part du gâteau : auteurs, éditeurs, imprimeurs ou distributeurs, quitte à employer des méthodes parfois illégales. »

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                La littérature africaine s’édite (aussi) en Afrique



Ce marché « énorme » est « estimé à 20 milliards de francs CFA », selon Anges Félix N’Dakpri, président de l’Association des éditeurs de Côte d’Ivoire (Assedi). Selon lui, « il faudrait réguler pour éviter la cacophonie actuelle, avec des enseignants qui s’érigent en éditeurs, des imprimeurs en distributeurs, des livres piratés, des manuels distribués gratuitement par l’Etat qui se retrouvent vendus sur des marchés… Il faudrait remettre de l’ordre dans toute la chaîne, en professionnaliser tous les maillons pour que chacun y trouve son compte. » A commencer par les élèves.



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Sommaire de notre série La classe africaine

        Episode 23
         

          Au Bénin, la formation des professeurs a retrouvé son cours



        Episode 22
         

          Au Bénin, la scolarisation des filles reste un combat



        Episode 21
         

          Au Burkina, « l’école garde sa coloration néocoloniale, les savoirs locaux sont ignorés »



        Episode 20
         

          Au Burkina, apprendre à lire sous une paillote, sans murs ni électricité



        Episode 19
         

          Dans la classe de Maxime Sou, le super-prof du Burkina Faso



        Episode 18
         

          Lacina, 30 ans, sept ans à l’université de Ouagadougou et toujours aucun diplôme



        Episode 17
         

          Au Burkina, Maxime Sou, l’enseignant qui a 100 élèves par classe et 100 % de réussite aux examens



        Episode 16
         

          Les filles, éternelles oubliées de l’éducation au Niger



        Episode 15
         

          Au Niger, la formation agricole comme alternative à l’école



        Episode 14
         

          Face à la déscolarisation, le Niger mise sur l’enseignement en langues locales



        Episode 13
         

          Au Nigeria, les écoles coraniques se mettent aux maths et à l’anglais



        Episode 12
         

          A l’université panafricaine de Yaoundé, on rêve de changer le continent



        Episode 11
         

          Au Cameroun, « je mène une véritable bataille pour payer la scolarité de mes enfants »



        Episode 10
         

          L’Université de Juba, une école de la survie au Soudan du Sud



        Episode 9
         

          Au Soudan du Sud, « plutôt que de se battre, il faut tout faire pour continuer notre éducation »



        Episode 8
         

          En Ouganda, l’école secondaire universelle en examen



        Episode 7
         

          En Ouganda, « c’est un très gros atout de pouvoir s’exprimer en mandarin » pour travailler



        Episode 6
         

          A l’école des « codeurs » kényans



        Episode 5
         

          Des universités kényanes prestigieuses mais déconnectées du marché de l’emploi



        Episode 4
         

          Le pari financier raté des écoles Bridge en Afrique



        Episode 3
         

          Au Kenya et en Ouganda, les écoles bon marché Bridge dans la tourmente



        Episode 2
         

          L’Ethiopie mise sur la formation d’une main-d’œuvre qualifiée pour s’industrialiser



        Premier épisode
         

          Enseignement supérieur : en Ethiopie, la quantité prime sur la qualité



        Présentation de notre série
         

          La classe africaine


De l’Ethiopie au Sénégal, douze pays ont été parcourus pour raconter les progrès et les besoins de l’éducation sur le continent.




























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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le parti au pouvoir, qui a « rappelé » le président, demeure tétanisé à l’idée de devoir passer à une mesure contraignante : démission forcée ou motion de défiance.
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Décryptage

En Afrique du Sud, pourquoi l’ANC prend des gants avec Jacob Zuma

Le parti au pouvoir, qui a « rappelé » le président, demeure tétanisé à l’idée de devoir passer à une mesure contraignante : démission forcée ou motion de défiance.

Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant régional)
    



LE MONDE
              datetime="2018-02-13T18:05:03+01:00"

        Le 13.02.2018 à 18h05






    
Le secrétaire général de l’ANC, Ace Magashule (à droite), et la secrétaire générale adjointe, Jessie Duarte, lors d’une conférence de presse à Johannesburgn le 13 février 2018.
Crédits : GIANLUIGI GUERCIA/AFP


Quand ils sont entrés dans les salons de la présidence sud-africaine, à Pretoria, dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 février, le président de la République, Jacob Zuma, les attendait. Il n’a pas fait de remarque sur l’heure tardive, plus de minuit. Or, lors de la visite d’une délégation venue lui demander de démissionner en douceur le 4 février, il avait tancé les responsables de l’ANC en leur reprochant d’arriver à une heure indue.
Ace Magashule, secrétaire général du Congrès national africain (ANC), ex-plus proche allié de Zuma, accompagné de son ancien ennemi devenu président du parti, Cyril Ramaphosa, ont exposé « cordialement » au chef de l’Etat ce qu’on attendait de lui : qu’il consente à quitter ses fonctions. Toujours en souplesse, mais avec le poids des instances dirigeantes du parti derrière eux, cette fois, contrairement à la tentative précédente.

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                Le président sud-africain, Jacob Zuma, poussé vers la sortie



Alors, selon Ace Magashule, Jacob Zuma les a écoutés, a fait semblant de comprendre et d’approuver leur approche, puis a ajouté une exigence, celle de se voir donner « entre trois à six mois » pour se préparer à cette démission. C’était soit se moquer du monde, soit compter sur un coup de poker. Mais c’était un « non ».
Les deux responsables de l’ANC s’en sont donc retournés dans la nuit vers la réunion du Comité national exécutif (NEC) qui se poursuivait dans la banlieue de Pretoria, afin de porter la nouvelle. Les « 84, 85 délégués » – Ace Magashule n’est plus très sûr du nombre, il n’a pas dû dormir beaucoup – ont encore longuement débattu, avant de se séparer à 3 heures du matin, ayant laborieusement arrêté une solution au problème Zuma : le « rappel » du chef de l’Etat.
Pas de « deadline »
Le rappel, c’est la demande, polie mais pressante, du NEC faite à un cadre de cesser ses fonctions. Un mécanisme issu du centralisme démocratique de l’ANC. Jacob Zuma va-t-il s’y plier ? Il peut s’y refuser, la décision n’étant contraignante que vis-à-vis de la constitution de l’ANC. Quand est-il supposé apporter une réponse ? « Demain » (mercredi), a assuré Ace Magashule, qui s’exprimait dans le cadre d’une conférence de presse au siège de l’ANC, à Johannesburg, « mais ce n’est pas une deadline ».
Et d’insister sur la nécessité de maintenir « une interaction permanente avec le président ». Pour un peu, il lui jetterait des fleurs. Il assure d’ailleurs que « le président Zuma n’a rien fait de mal » et que ce rappel est seulement motivé par la nécessité de « ne pas avoir deux centres de pouvoir au sein de l’ANC ». Sachant que Cyril Ramaphosa est le président du parti, il doit, selon ce raisonnement inédit et dégageant une énorme fumée, être également celui du pays.

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                Jacob Zuma, dix années de pouvoir en dix dates-clés



La vérité est que l’ANC a fait du chemin en arrivant à ce rappel, mais demeure tétanisée à l’idée de devoir passer à une mesure contraignante, non par peur des punitions mais parce que cela exposerait crûment son échec de fond dans le choix de Jacob Zuma pour diriger le pays. Le chef de l’Etat est élu par les députés du parti qui obtient la majorité aux élections, au cours desquelles les électeurs votent pour des listes de partis, et pas des personnes. Le parti est donc engagé par le « choix » de son candidat, qui se trouve être immanquablement, jusqu’ici, le président de l’ANC, élu un an et demi plus tôt lors d’une conférence élective nationale.
Dans le cas où Jacob Zuma déciderait de refuser l’ordre donné par ce rappel et de faire de la résistance – il en a le droit, d’un point de vue légal –, l’ANC devra passer à la vitesse supérieure en mettant en place une procédure de démission forcée par le biais d’une motion de défiance au Parlement.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Lancé le 6 février sur Twitter, le hashtag recense des milliers de témoignages de femmes ayant subi harcèlement et agressions sexuelles dans la ville sainte.
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#MosqueMeToo : des musulmanes dénoncent des agressions sexuelles subies à La Mecque

Lancé le 6 février sur Twitter, le hashtag recense des milliers de témoignages de femmes ayant subi harcèlement et agressions sexuelles dans la ville sainte.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 17h54
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 18h21
   





                        



   


Après #BalanceTonPorc, le hashtag #MeToo, lancé sur Twitter dans la foulée de l’affaire Weinstein à l’automne 2017, fait de nouveau des émules. Sur #MosqueMeToo (MosquéeMoiAussi, en français), des femmes musulmanes relatent leurs expériences de harcèlement et d’agressions sexuelles lors du hadj, le pèlerinage rassemblant plus de deux millions de fidèles chaque année à La Mecque, en Arabie saoudite.
Depuis son lancement mardi 6 février, le hashtag a essaimé dans le monde entier : des milliers de tweets en anglais, en turc, en arabe dialectal et en farsi ont été publiés, à l’image de l’éventail, très varié, des croyants présents à La Mecque. En 2017, deux tiers des pèlerins étaient étrangers (soit 1,313 million de personnes) et la moitié étaient des femmes.
Plus de 2 000 tweets en vingt-quatre heures
C’est l’éditorialiste et autrice américano-égyptienne Mona Eltahawy qui est la première à avoir utilisé le hashtag #MosqueMeToo, en partageant un article passé jusqu’alors inaperçu sur le harcèlement sexuel subi par certaines femmes lors du pèlerinage.

A few years ago, I began sharing that I was sexually assaulted during Haj. I wrote about it in my book in 2015. It is hard to talk about assault in sacred spaces.I hope all of us who are speaking can be of help to those who for whatever reason can’t speak right now. #MosqueMeToo https://t.co/uDsZFDolgX— Mona Eltahawy (@monaeltahawy) 8 février 2018


« Il y a quelques années, j’ai commencé à raconter que j’avais été agressée sexuellement pendant le hadj. J’ai écrit dessus dans mon livre en 2015. C’est difficile de parler des agressions qui arrivent dans des lieux sacrés. J’espère que toutes celles qui prennent la parole aujourd’hui peuvent aider celles qui, pour quelque raison que ce soit, ne peuvent pas parler maintenant. »
L’article, publié le 5 février sur le média anglophone à destination des jeunes du monde arabe StepFeed, relaie notamment le témoignage de Sabica Khan, une Pakistanaise musulmane ayant raconté sur Facebook son expérience à La Mecque. Tandis qu’elle faisait le tawaf (rituel consistant à tourner sept fois autour de la Kaaba), des hommes ont touché avec insistance, puis pincé ses fesses. De nombreuses femmes avaient alors répondu à son statut Facebook, racontant qu’elles avaient vécu les mêmes agressions.
« Je n’ai jamais autant été harcelée que dans la ville sainte »
La création du hashtag #MosqueMeToo a permis de multiplier les témoignages et de les rendre plus visibles : en quelques heures, il est devenu l’un des dix les plus utilisés en Iran le 6 février.
« C’est l’une des raisons pour laquelle je ne dis jamais “oui”, lorsqu’on me demande si je veux retourner à La Mecque. Je n’ai jamais autant été harcelée que dans la ville sainte », explique une femme sur Twitter.
« Les gens pensent que La Mecque est le lieu le plus sacré pour les musulmans et donc que personne n’y ferait rien de mal. C’est totalement faux, explique une blogueuse indonésienne vivant en Italie. Une fois, quelqu’un a touché mes seins, puis les a pressés. J’étais choquée. Le mec derrière moi a fait semblant de ne rien avoir fait et a filé. J’étais tellement choquée que j’ai juste fondu en larmes en silence. »
Se taire au nom de l’islam, « c’est à la fois injuste et oppressant »
Mona Eltahawy, qui se définit comme « musulmane libérale », inscrit sa prise de parole dans une démarche féministe, qu’elle avait entamée en 2015 en publiant son ouvrage Voiles et Hymens : pourquoi le Moyen-Orient a besoin d’une révolution sexuelle :
« Cela m’a pris des années avant que je puisse parler des attouchements [subis] pendant le hadj. J’ai gardé le silence non seulement à cause de la honte mais aussi pour que les musulmans n’aient pas une mauvaise image. Même, aujourd’hui, quand je dis avoir [subi] des attouchements pendant le hadj, je suis accusée d’inventer ou j’entends dire que je calomnie l’islam. »
Face aux critiques venant d’internautes musulmans accusant le hashtag de « salir l’islam », l’éditorialiste du Guardian, Aisha Sarwari, rejoint la démarche de Mona Eltahawy, soulignant dans un tweet que « les femmes musulmanes comme les autres femmes souffrent de harcèlement, mais quand cela arrive dans un contexte religieux, on leur demande de se taire au nom d’une cause plus grande. C’est à la fois injuste et oppressant. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ A la suite du scandale qui touche Oxfam, une pétition portée par le quotidien europhobe « Daily Express » demande de « stopper la folie de l’aide à l’étranger ».
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Affaire Oxfam : en quoi consiste l’aide publique britannique au développement

A la suite du scandale qui touche Oxfam, une pétition portée par le quotidien europhobe « Daily Express » demande de « stopper la folie de l’aide à l’étranger ».



Le Monde
 |    13.02.2018 à 17h38
   





                        



   


En annonçant, lundi 12 février, que la part du revenu national britannique à l’aide internationale ne bougerait pas, la première ministre du Royaume-Uni, Theresa May, a dû rassurer une partie des organismes humanitaires de son pays. Depuis les révélations, vendredi 9 février, par le quotidien britannique The Times, d’un scandale sexuel impliquant des employés de l’ONG Oxfam à Haïti en 2011, sa directrice adjointe, Penny Lawrence, a démissionné, et le gouvernement britannique menace de lui supprimer ses financements.

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                Oxfam : portrait d’un géant de l’humanitaire



Au lendemain des révélations du Times, Jacob Remord, le député leader de l’aile droite du parti conservateur est venu porter au 10 Downing Street une pétition de 100 000 signatures rassemblées par le quotidien europhobe Daily Express demandant de « stopper la folie de l’aide à l’étranger ». Régulièrement pointée du doigt par une partie de la droite conservatrice, l’aide britannique au développement à l’étranger est l’une des plus importantes de l’Union européenne.
En quoi consiste cette aide au développement ?
Le département pour le développement international « coordonne le travail réalisé par le Royaume-Uni pour mettre fin à l’extrême pauvreté », peut-on lire sur le site du gouvernement britannique. Celui-ci, à travers son organisme UK Aid, contribue à aider au développement de certains pays. Une loi, votée en 2002, a instauré une ligne directrice au programme d’aide britannique : la réduction de la pauvreté.
Cette aide ne consiste pas seulement à verser de l’argent directement à certains pays, elle peut également prendre la forme de financement de projets concrets (conseils en matière agricole, mesures de purification de l’eau ou d’hygiène, ou encore aide à la construction d’écoles).
Quelle dépense cette aide représente-t-elle chaque année ?
Lundi, la première ministre britannique a fait savoir qu’elle ne remettrait pas en cause la promesse de consacrer 0,7 % du revenu national à l’aide internationale au développement. Ce pourcentage a été inscrit dans la loi par la majorité conservatrice. Cela a représenté en 2016 près de 13,5 milliards de livres (plus de 15 milliards d’euros).
L’objectif de consacrer 0,7 % du revenu national à l’aide au développement avait été inscrit dans une résolution de l’ONU en 1970. Selon les Nations unies, en 2015, seuls cinq pays (Pays-Bas, Danemark, Luxembourg, Norvège et Suède), en plus de la Grande-Bretagne, atteignaient ou dépassaient ce chiffre de 0,7 %. En 2016 ils n’étaient plus que deux : le Royaume-Uni et l’Allemagne.

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A quels organismes ou pays cette aide bénéficie-t-elle ?
La BBC rapporte qu’en 2015 37 % des aides britanniques au développement ont été à destination d’organisations internationales, dont les Nations unies, et 63 % sont allées directement aux pays concernés.
Cette aide est accordée à de nombreux pays dans le monde entier. Dont un certain nombre de pays du Commonwealth. Des pays africains, comme l’Ethiopie, le Nigeria, la Sierra Leone, ou le Soudan du Sud, mais aussi asiatiques avec l’Inde et le Bangladesh, enfin des pays du proche et moyen orient avec la Syrie, le Pakistan et l’Afghanistan.
Et en France ?
En France l’aide publique au développement est gérée financièrement par l’Agence française de développement (AFD). L’objectif fixé en début d’année 2018 est d’y consacrer 0,55 % du revenu national brut (RNB) en 2022. La France a décidé de recentrer ses priorités sur l’aide bilatérale, et les contributions aux ONG vont être doublées d’ici à 2022.

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D’après une enquête pilotée par la direction générale du Trésor, l’aide publique au développement française s’élevait en 2016 à 8,7 milliards d’euros. Cela représentait 0,38 % de la richesse nationale cette année-là. Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait inscrit dans son programme un financement pour le développement à 0,7 % en 2030.
Le budget de l’aide au développement avait baissé de 140 millions d’euros en 2017, et n’avait augmenté que de 100 millions en 2018. Le niveau de 0,55 % n’a plus été atteint depuis 1995.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ L’auteure s’était fait connaître en révélant la contamination au mercure de la mer de Shiranui, au Japon. Elle est décédée le 10 février, à l’âge de 90 ans.
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Michiko Ishimure, écrivaine japonaise, est morte

L’auteure s’était fait connaître en révélant la contamination au mercure de la mer de Shiranui, au Japon. Elle est décédée le 10 février, à l’âge de 90 ans.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 16h40
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 18h15
    |

            Philippe Pons (Tokyo, correspondant)








                        



                                


                            
Une grande dame s’est éteinte : Michiko Ishimure, écrivaine qui révéla aux Japonais les souffrances des victimes de la maladie de Minamata (intoxication par le mercure) est morte le 10 février à Kumamoto. Elle avait 90 ans. Mêlant romanesque, poésie, journal intime, témoignages et histoire, elle fut la voix des 10 000 personnes qui ont été officiellement atteintes de cette maladie affectant le système nerveux central.
Née le 11 mars 1927 dans le village de Kawaura sur l’île Amakusa, elle avait grandi à Minamata (département de Kumamoto, dans le Kyushu) sur la rive opposée de la mer de Shiranui. Institutrice, elle avait découvert en se rendant à l’hôpital, où avait été hospitalisé son fils, les premiers malades souffrant de cette maladie mystérieuse qui n’épargnait pas les enfants, dont beaucoup naissaient avec des infirmités motrices et cérébrales lourdes. Un faisceau de symptômes (poissons morts, chats pris de spasmes convulsifs…) allait permettre de conclure à un empoisonnement de la mer. La maladie fut reconnue en 1956 mais, jusqu’en 1968, l’usine chimique Chisso qui déversait du méthyle-mercure dans la mer et l’Etat nièrent toute responsabilité.
A l’écoute des victimes
Michiko Ishimure rompit cette conspiration du silence qui contribua à contaminer la mer pendant des décennies. Elle ne fut certes pas seule à militer pour que la lumière soit faite et que les victimes soient dédommagées mais, par son empathie pour celles-ci, la trilogie qu’elle publia en 1959, Mer de souffrance, terre de lumière (Paradise in the Sea of Sorrow : Our Minamata Disease, University of Michigan, 2003) eut un retentissement particulier, s’inscrivant dans ce que l’on appellerait aujourd’hui la « narration littéraire documentaire ».
Michiko Ishimure a écouté les victimes provenant pour la plupart de communautés de pêcheurs des petites îles de la mer de Shiranui. A partir du récit de ces drames individuels (découverte d’une maladie sournoise...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Guy Verhofstadt, ancien premier ministre belge, dénonce dans une tribune au « Monde » l’attitude des conservateurs européens qui viennent de refuser les listes transnationales aux élections européennes.
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Parlement européen : « Le coup d’Etat permanent » des conservateurs

Guy Verhofstadt, ancien premier ministre belge, dénonce dans une tribune au « Monde » l’attitude des conservateurs européens qui viennent de refuser les listes transnationales aux élections européennes.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 16h28
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 16h52
    |

Guy Verhofstadt (Président de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe au Parlement européen)







                        



                                


                            

Tribune. Dans l’article 3 de ses statuts, le Parti populaire européen (PPE) qui regroupe les partis nationaux de la droite conservatrice au sein de l’Union européenne (UE), se targue de « promouvoir le processus d’unification et d’intégration fédérale en Europe en tant qu’élément constitutif de l’Union européenne ». Que n’ont-ils appliqué leur propre précepte lors de la dernière session du Parlement européen à Strasbourg pour voter en faveur des listes transnationales ? Quelqu’un pourrait-il nous expliquer ce qui pourrait contribuer davantage à un « processus d’unification et d’intégration » de l’Union européenne que la création d’une démocratie paneuropéenne ?
Tous les cinq ans, les élections européennes s’apparentent en effet à une addition d’élections nationales, où l’Europe est un sujet secondaire, et au terme desquelles des citoyens, au demeurant de moins en moins nombreux, expriment leur mauvaise humeur à l’encontre de leur gouvernement du moment.
Nous proposions de créer une circonscription unique européenne pour un nombre restreint mais symbolique de députés, vingt-sept, soit autant que d’Etat de l’UE à cette date
On se demande bien d’ailleurs pourquoi ils se déplaceraient en masse puisque dans la foulée du scrutin, et dans le huis clos du Conseil européen, les chefs d’Etat et de gouvernement font sortir de leur chapeau souverain le nom du président de la Commission européenne. Aucun électeur, ou presque, n’en aura jamais entendu parler auparavant. Et c’est donc à juste titre qu’il aura ensuite l’impression de subir sa politique, sans avoir eu son mot à dire.
L’opacité de ce système était devenue si lourde à assumer politiquement que le Parlement européen était parvenu à imposer une novation lors des élections européennes de mai 2014 : le « Spitzenkandidät » [chef de fil]. Il était convenu que les partis politiques européens désigneraient chacun un champion dont la vocation était...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Le cofondateur de WikiLeaks vit reclus dans l’ambassade équatorienne de Londres depuis plus de cinq ans. En cas d’arrestation, il craint d’être extradé vers les Etats-Unis.
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La justice britannique maintient à nouveau son mandat d’arrêt contre Julian Assange

Le cofondateur de WikiLeaks vit reclus dans l’ambassade équatorienne de Londres depuis plus de cinq ans. En cas d’arrestation, il craint d’être extradé vers les Etats-Unis.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 16h20
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 16h43
   





                        



   


Julian Assange doit encore rester confiné dans l’ambassade équatorienne de Londres, dans laquelle il vit depuis plus de cinq ans. Mardi 13 février, la justice britannique a maintenu le mandat d’arrêt à son encontre : s’il met le pied dehors, le cofondateur de WikiLeaks risque l’arrestation immédiate.
L’Australien, âgé de 46 ans, a trouvé refuge dans cette ambassade en 2012, alors qu’il était recherché par la police suédoise pour des accusations de viol qu’il a toujours niées. L’an dernier, la justice suédoise a classé l’affaire, ce qui n’a pas pour autant suffi à débloquer sa situation. Julian Assange demeure, en effet, toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt britannique datant de 2012 : à cette époque, il n’avait pas respecté les conditions de sa liberté sous caution. Ses avocats estimaient que ce mandat n’a plus lieu d’être, puisqu’il est lié à la procédure suédoise. La juge, après avoir maintenu ce mandat en écartant le 6 février un premier argument purement juridique, n’a pas été sensible à la nouvelle démonstration des avocats de l’Australien. Ces derniers ont tenté de la convaincre que la santé fragile de l’Australien, une décision d’un organe de l’ONU contre sa détention ou encore ses offres de coopération avec les autorités suédoises justifiaient de lever le mandat. Sans succès.
La juge n’a pas non plus été sensible à des courriels internes au parquet britannique, obtenus par une journaliste d’investigation. Dans cette correspondance interne, on apprend que les autorités suédoises ont tenté en 2013 d’abandonner les poursuites contre Julian Assange. Une initiative qui n’a pas plu au parquet britannique qui a tout fait pour en décourager ses homologues suédois.
« [Julian Assange] est un homme qui veut imposer ses conditions à la justice, que ce soit dans cette juridiction ou en Suède. Il semble se considérer au-dessus des lois et ne réclame la justice que lorsqu’elle est en sa faveur », écrit la juge Emma Arbuthnot en conclusion de son jugement.
Si Julian Assange refuse depuis 2012 de sortir de l’ambassade, ce n’est pas parce qu’il craint de devoir rendre des comptes pour cette affaire de liberté sous caution, relativement mineure. Mais parce qu’il soupçonne les autorités britanniques de vouloir l’extrader vers les Etats-Unis. WikiLeaks avait publié en 2010 des milliers de documents secrets de l’armée américaine. En avril, le ministre de la justice américain, Jeff Sessions, avait assuré qu’arrêter Julian Assange était une « priorité » tandis que le directeur de la CIA avait qualifié WikiLeaks de « service de renseignement non étatique hostile, souvent soutenu par des acteurs étatiques comme la Russie ».

        Lire aussi :
         

                Le chef de la CIA s’en prend violemment à WikiLeaks



Contacté la semaine dernière par Le Monde, l’avocat belge de Julian Assange, Christophe Marchand, a souligné que la levée du mandat d’arrêt ne signifierait pas pour autant la fin des risques. Craignant un accord secret entre Washington et Londres, il affirme que Julian Assange ne sortira pas de l’ambassade sans avoir préalablement obtenu l’assurance des autorités britanniques qu’il ne sera pas arrêté en vue d’une extradition vers les Etats-Unis.
Nationalité équatorienne
En décembre, dans une énième tentative de débloquer la situation, Quito avait octroyé la nationalité équatorienne à Julian Assange, espérant que le Royaume-Uni accepterait de lui reconnaître un statut diplomatique – cela aurait pu lui permettre de quitter l’ambassade sans être arrêté. Ce qui lui a été refusé, et la police britannique en a même profité pour rappeler son intention d’arrêter Julian Assange s’il sortait de l’ambassade. En janvier, le président équatorien, Lenin Moreno, a déclaré que la présence de Julian Assange dans l’ambassade était un « problème hérité » de l’ancien président et représentait « plus qu’un tracas ».
Depuis, les avocats de Julian Assange soulignent ses problèmes de santé. Selon eux, le cofondateur de WikiLeaks n’a pas accès aux soins médicaux. Il souffrirait notamment de problèmes aux dents, à l’épaule, mais aussi de dépression.

        Lire nos explications :
         

          Comprendre la situation de Julian Assange en huit questions


Depuis la création de WikiLeaks et la divulgation des documents secrets de l’armée américaine, Julian Assange est devenu un personnage très controversé. La publication, pendant la campagne présidentielle américaine, de milliers d’e-mails dérobés au Parti démocrate avait déstabilisé une partie de ses soutiens. En diffusant ces documents, Julian Assange a, en effet, été accusé de faire le jeu de Donald Trump et de la Russie, dont les pirates sont soupçonnés d’être derrière le piratage de ces courriels. Julian Assange a toujours nié ces accusations et n’a jamais dévoilé l’origine de ces documents.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le départ du ministre, proche du premier ministre Mark Rutte, fragilise la coalition au pouvoir aux Pays-Bas.
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Le chef de la diplomatie néerlandaise démissionne après avoir menti sur une réunion avec Poutine

Le départ du ministre, proche du premier ministre Mark Rutte, fragilise la coalition au pouvoir aux Pays-Bas.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 15h41
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 18h22
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Quelques semaines seulement après son entrée en fonction, le ministre néerlandais des affaires étrangères quitte ses fonctions, après plusieurs jours de polémiques. Interrogé par le quotidien De Volkskrant, Halbe Zijlstra avait dû concéder qu’il avait menti : il n’a jamais assisté, ainsi qu’il le prétendait pourtant, à une réunion au cours de laquelle le président russe, Vladimir Poutine, aurait détaillé son projet de retour à une grande Russie qui inclurait les Etats baltes, l’Ukraine, le Kazakhstan et la Biélorussie.
La scène s’était, selon les propos tenus en 2016 par le ministre devant le congrès du parti au pouvoir, le Parti pour la liberté et la démocratie, déroulée dans une datcha de M. Poutine. C’était en 2006 et M. Zijlstra, alors collaborateur occasionnel de la société Shell pour les technologies de l’information et sans autre fonction politique que celle de conseiller municipal à Utrecht, avait, disait-il, pu suivre les conversations à l’arrière de la salle de réunion. Il s’en est tenu à cette version, notamment pour répondre aux critiques de la presse sur son manque d’expérience dans la diplomatie quand il a été nommé, en 2017, dans le troisième gouvernement de son collègue de parti, Mark Rutte.
Jeroen Van der Veer, qui dirigeait Shell en 2006, avait affirmé dès octobre que son ancien employé n’avait pas pu assister à la réunion avec M. Poutine. Il semblait peu vraisemblable, en effet, qu’un simple collaborateur ait été autorisé à prendre part, même passivement, à un débat à haute teneur politique, au cours duquel étaient aussi évoqués des contrats de plusieurs milliards d’euros.
Sous pression, les collaborateurs de M. Zijlstra ont d’abord tenté d’éluder les questions sur sa présence, puis ont suggéré que M. Van der Veer avait peut-être « oublié » certains détails. Une position devenue intenable quand d’autres cadres de Shell ont décrit comme « risible » l’éventuelle présence de leur collègue dans la datcha.
M. Zijlstra a finalement dû admettre qu’il avait menti. Il l’aurait fait, à l’en croire, pour protéger sa source, laquelle lui avait raconté en détail les échanges entre M. Poutine et ses interlocuteurs néerlandais. Il aurait ensuite jugé que, compte tenu de leur portée, les propos du président russe devaient être répercutés.
La Haye toujours en conflit avec Moscou sur le vol MH-17
Cette explication, aussi, est jugée douteuse. Car le PDG de Shell – qui était sans doute la « source » évoquée par le ministre – a indiqué au Volkskrant que les propos attribués à M. Poutine faisaient davantage référence à l’histoire qu’à l’avenir. Que le président évoquait en quelque sorte sa nostalgie de la grande Russie. Certes, poursuivait l’ancien patron de Shell, on pouvait en déduire que le président russe songeait à un regain d’influence pour son pays mais l’interprétation « dans un sens agressif » de M. Zijlstra dépassait largement le sens des propos tenus lors de la réunion.

        Lire notre analyse :
         

          La campagne permanente de Vladimir Poutine



Même s’il a tenté de se justifier en soulignant que la menace russe restait bien réelle, avec pour preuve l’annexion de la Crimée en 2014, la position de M. Zijlstra était devenue intenable. Trois formations d’opposition demandaient déjà sa démission.
Le gouvernement ne détient la majorité que d’une voix à la Chambre des députés. Le départ de M. Zijlstra, proche du premier ministre, complique la position de la coalition au pouvoir, qui dénonce régulièrement les tentatives de désinformation auxquelles se livre la Russie. La Haye est, par ailleurs, toujours en conflit avec Moscou au sujet du crash de l’avion MH-17 de la Malaysia Airlines. L’appareil qui reliait Amsterdam à Kuala Lumpur s’était écrasé en Ukraine en juillet 2014, frappé par un missile de fabrication russe tiré, selon des conclusions provisoires du parquet néerlandais, d’une portion de territoire occupée par des séparatistes ukrainiens, soutenus par Moscou. Le bilan fut de 298 tués, dont de nombreux ressortissants néerlandais.
Les Pays-Bas reprochent à la Russie ses propos « injustes et inacceptables » sur l’enquête. M. Zijlstra devait d’ailleurs réévoquer cette affaire avec son homologue russe Sergueï Lavrov, le 17 février. Mais la polémique l’a rattrapé




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ L’opposant d’origine géorgienne Mikheïl Saakachvili a été expulsé vers la Pologne, le 12 février. Il a dénoncé un « kidnapping » des autorités ukrainiennes.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Marie Béatrice Levaux, référente francophonie au Conseil économique, social et environnemental, estime dans une tribune au « Monde » que la francophonie, trait d’union entre les continents, formidable passerelle entre les peuples, permet le dialogue des civilisations.
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« La francophonie n’est pas un colonialisme culturel »

Marie Béatrice Levaux, référente francophonie au Conseil économique, social et environnemental, estime dans une tribune au « Monde » que la francophonie, trait d’union entre les continents, formidable passerelle entre les peuples, permet le dialogue des civilisations.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 15h26
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 17h04
    |

Marie Béatrice Levaux (Référente francophonie au Conseil économique social et environnemental)







                        



                                


                            

Tribune. C’est un sujet sur lequel on ne l’attendait pas forcément. Pourtant, de manière assez inédite depuis François Mitterrand et l’organisation des premiers sommets de la francophonie, Emmanuel Macron s’est emparé de la problématique francophone pour en faire l’une de ses priorités.
A de multiples reprises – devant un parterre d’étudiants de l’université de Ouagadougou [Burkina Faso] en novembre 2017, à Francfort ou encore devant l’Assemblée des Français de l’étranger –, le chef de l’Etat s’est dernièrement posé en fervent défenseur de la langue française universelle en appelant à partager et à diffuser ce bien commun linguistique qui unit des hommes, au-delà des territoires.

Il s’est prononcé en faveur de la constitution d’un « dictionnaire de la francophonie », en lien avec l’Académie française, pour entretenir la vitalité de la cinquième langue la plus parlée au monde, et partagée par près de trois cents millions de francophones sur cinq continents. Il souhaite enfin initier « un nouveau projet pour la francophonie », pour en faire « un outil de rayonnement, au service de l’intégration économique ». Symbole de cet engagement, la récente nomination de Leila Slimani, écrivaine franco-marocaine comme « représentante personnelle » du président de la République au conseil permanent de la francophonie.
Histoire partagée
Longtemps ringardisée, la francophonie revient donc, si l’on peut dire, « à la mode ». Et il était plus que temps, au regard de l’expansion irrépressible de la culture anglo-saxonne. Car les Anglo-Saxons ont eux compris depuis bien longtemps la force que représente le langage.
Chez nous, l’existence de la francophonie a longtemps été tolérée mais volontairement négligée, assimilée à tort aux ambiguïtés de la politique post-colonialiste françaises. Mais non, la francophonie n’est pas un colonialisme culturel. Elle n’est pas domination, elle est partage. Trait d’union entre...




                        

                        


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Décryptage

Des artistes maghrébins confrontés à « une forteresse Europe fermée à la circulation des idées »

Obtenir un visa Schengen pour des écrivains, acteurs, metteurs en scène, danseurs venus défendre une création est devenu « un parcours kafkaïen ».

Charlotte Bozonnet
    



LE MONDE
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        Le 13.02.2018 à 14h44

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        Mis à jour le 13.02.2018 à 17h59






    
Aéroport de Montpellier, dans le sud de la France, en novembre 2015.
Crédits : PASCAL GUYOT/AFP


Tout a commencé par un coup de gueule. Celui de Maria Daïf, directrice de L’Uzine, un important centre de création artistique à Casablanca, créé et financé par la Fondation Tazi en 2014 pour promouvoir la création pluridisciplinaire, la transmission et l’échange avec les publics. Dans une lettre ouverte publiée sur Facebook dimanche 4 février, la responsable marocaine annonçait avoir décidé de ne pas se rendre à Bruxelles où elle était invitée à participer à une conférence sur la danse contemporaine par le centre d’art belge Moussem. En cause : les difficultés croissantes d’obtention des visas pour les artistes marocains.

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« Toute la semaine, il a été question de visas refusés à des artistes ou à des journalistes, de séjours express accordés au compte-gouttes et d’interventions multiples (on en est là) pour que les artistes puissent traverser la frontière, travailler, partager », écrivait Maria Daïf, résumant sa propre expérience de demande de visa comme « un parcours totalement kafkaïen ». « Il fut un temps où l’espace Schengen était moins la forteresse qu’il est aujourd’hui. Cette forteresse, je ne m’y sens plus la bienvenue », lâchait-elle.
Coût prohibitif
Dans la foulée de ce courrier, des centaines de réactions furent postées sur les réseaux sociaux. « J’ai reçu des messages du Maroc, de Tunisie, d’Algérie, mais aussi du Sénégal, du Mali, du Liban, du Pakistan, de France, des Etats-Unis, explique Maria Daïf. Je ne m’attendais pas à un tel déferlement mais je crois que les artistes en ont assez de subir cette relation dominés/dominants. » 
De l’autre côté de la Méditerranée, en Belgique, Mohamed Ikoubaan, directeur du Moussem, a également pris la parole par la voie d’un communiqué intitulé « La forteresse Europe ferme ses portes à la circulation des idées ». « Le consulat belge a fait son possible pour faciliter l’organisation de cet événement sur Casablanca, reconnaît M. Ikoubaan, mais, à chaque fois, c’est la même chose : la problématique est générale et structurelle. » « Dernièrement, nous avons pu obtenir un visa pour quatre de nos danseurs invités à Cannes grâce à l’intervention du consul de France à Casablanca, mais ce n’est pas une solution sur le long terme », confirme Maria Daïf.
La mobilité n’a jamais été simple, y compris pour les artistes. De l’avis de tous, la situation s’est aggravée ces dernières années avec le durcissement des règles d’entrée au sein de la zone Schengen mais aussi le recours, par de nombreuses chancelleries européennes, à des sociétés privées auxquelles est sous-traitée la constitution des dossiers de demandes de visas.

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Le nombre de documents requis est impressionnant : attestation de travail et de scolarité, relevés bancaires, etc. « On me demande même tous mes relevés de la caisse nationale de Sécurité sociale, c’est-à-dire depuis vingt ans que je travaille », souligne Maria Daïf, qui rappelle également le coût prohibitif d’une demande de visa – environ 200 euros – sans assurance de l’obtenir. « Il faut compter 70 euros pour introduire la demande, puis 25 euros pour l’entreprise privée qui sous-traite. Un traitement VIP (donc plus rapide) coûte 25 euros supplémentaires. Auxquelles s’ajoutent d’innombrables photocopies », détaille-t-elle.
« Une humiliation »
En outre, dans nombre de pays, il est extrêmement difficile de faire reconnaître son statut d’artiste, notamment pour les jeunes. « En conséquence, nous ne devrions inviter que des artistes confirmés, poursuit Mohamed Ikoubaan. Or notre raison d’être est de soutenir la scène émergente. Donc ça limite notre liberté artistique. »
Marie Lenfant, qui dirige une compagnie de danse au Mans, travaille depuis plusieurs années avec un artiste marocain. Alors qu’une pièce doit être montée pour novembre, ce dernier a vu sa demande de visa une nouvelle fois refusée. « Toutes ces démarches pour tenter de débloquer la situation occupent beaucoup de temps. On essaie de comprendre ce qu’il y a dans les dossiers de ceux qui parviennent à circuler. Est-ce lié à leur personnalité ? Y a-t-il un quota ? On a d’autant plus de mal à comprendre qu’on entend régulièrement les autorités françaises et d’autres pays européens parler de leur volonté de développer les échanges culturels, universitaires, etc. », dit-elle.

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Pour la chorégraphe, la situation est d’autant plus choquante que la réciproque n’est pas vraie : « Prenez l’exemple du Maroc, nous pouvons y aller pour travailler ou se faire bronzer quand nous le souhaitons. Qu’est-ce que ça veut dire ? » « Cette politique de limitation d’accès à la zone Schengen fait de chaque demandeur de visa un immigré clandestin ou un terroriste potentiel. Certains intellectuels refusent maintenant de venir, car ils ne veulent plus subir cette humiliation », souligne Mohamed Ikoubaan.
« Un fossé »
Si les difficultés sont particulièrement aiguës pour les ressortissants des pays du Maghreb et du Moyen-Orient – en raison de la politique sécuritaire globale –, elles touchent tous les pays du Sud. Khadija Al-Bennaoui, qui dirige depuis dix ans un fonds de mobilité des artistes en Afrique, a réalisé un rapport sur le sujet pour l’Unesco, en application de la Convention pour la diversité culturelle adoptée en 2005. Un an de recherches (entre septembre 2016 et juillet 2017) lui a permis de mesurer le gouffre existant entre le texte et son application : la Convention stipule dans son article 16 que les pays du Nord doivent accorder un statut préférentiel aux artistes du Sud pour leur permettre de voyager. « La réalité, c’est qu’il existe un fossé de plus en plus important entre ces intentions, les institutions culturelles et les autorités qui traitent les visas », souligne Khadija Al-Bennaoui.

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Elle cite notamment la pièce Alors que j’attendais, écrite par le dramaturge syrien Mohammad Al-Attar, présentée en Avignon et au Festival d’automne en 2016, mais pour laquelle il a été extrêmement difficile de réunir les acteurs syriens. Ou encore le festival d’Edimbourg, en Ecosse, pénalisé à l’été 2017 par des refus de visas ou des délais d’obtention beaucoup trop longs. « Les artistes dans le monde arabe sont parmi les rares personnes qui puissent insuffler le changement que nous espérons tous. Les empêcher de venir, de voyager […] de montrer leur travail et de rencontrer leurs partenaires est juste totalement stupide », écrivait alors le metteur en scène écossais David Greig.
Si le problème des visas est le lot quotidien des artistes et des structures qui travaillent dans la sphère culturelle, il est finalement peu médiatisé. « Chaque structure a le nez dans le guidon et essaie de régler ses problèmes au cas par cas, reconnaît Marie Lenfant, ce qu’a fait Maria Daïf est courageux et nécessaire. » Cette dernière a annoncé que, dans le sillage des nombreuses marques de soutien reçues, elle lancerait avec d’autres une initiative : la création d’une plate-forme virtuelle, surnommée Artistic Mobility Watch, destinée à collecter des témoignages. « Il faut nous battre pour conserver les ponts qui existent entre les deux rives de la Méditerranée », souligne la directrice de L’Uzine.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ L’ONG britannique fait face aux révélations d’une ex-dirigeante, qui a dénoncé l’existence d’une « culture d’abus sexuels au sein de certains bureaux ».
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L’ONG Oxfam visée par de nouvelles accusations portant sur des viols au Soudan du Sud

L’ONG britannique fait face aux révélations d’une ex-dirigeante, qui a dénoncé l’existence d’une « culture d’abus sexuels au sein de certains bureaux ».



Le Monde
 |    13.02.2018 à 14h42
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 16h53
   





                        



   


Les révélations d’Helen Evans, directrice de la prévention interne à Oxfam entre 2012 et 2015, ont alimenté, mardi 13 février, le scandale touchant l’organisation non gouvernementale britannique, dans le viseur du régulateur des organisations humanitaires. Mme Evans a dénoncé l’existence d’une « culture d’abus sexuels au sein de certains bureaux », faisant état de viols ou tentatives de viols au Soudan du Sud ou d’agressions sur des mineurs bénévoles dans des magasins tenus par l’ONG au Royaume-Uni.
Selon une enquête interne menée auprès de 120 personnes dans trois pays différents entre 2013 et 2014, entre 11 % et 14 % des personnels déployés avaient été victimes ou témoins d’agressions sexuelles.
« Comportements inappropriés »
Au Soudan du Sud, quatre personnes avaient été victimes de viols ou de tentatives de viols. « Cela concerne des agissements de salariés sur d’autres salariés. Nous n’avons pas réalisé d’enquête sur les bénéficiaires de nos programmes d’aide. Mais j’étais extrêmement inquiète de ces résultats », a-t-elle révélé sur Channel 4.
Dans un autre cas, l’agression d’un mineur par un adulte commise dans un magasin a donné lieu à des poursuites, a-t-elle révélé. Selon Channel 4, cinq cas de « comportements inappropriés » par des adultes sur des mineurs ont été relevé par Oxfam en 2012-2013, et sept l’année suivante.
Une réunion prévue pour soulever ces sujets avait finalement été annulée, Mark Goldring, le directeur général de l’ONG, estimant qu’il n’y avait « rien à ajouter » au rapport établi par Helen Evans. Cette dernière a aussi fait part de ses difficultés à obtenir plus de ressources pour mener à bien ces enquêtes.

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Mark Goldring exclut de démissionner
Interrogé par la chaîne, Mark Goldring s’est excusé pour n’avoir « pas agi assez rapidement ». Mais il a assuré avoir pris la question « au sérieux ». « Nous avons répondu de différentes manières : par la vérification des faits, par la formation, par le développement d’une ligne d’assistance téléphonique », a-t-il affirmé. Il a exclu de quitter ses fonctions, sauf si le conseil d’administration lui en faisait la demande. Lundi, la directrice générale adjointe de l’ONG, Penny Lawrence, a démissionné, à la suite des révélations sur le recours à des prostituées et de potentiels abus sexuels par certains de ses agents en mission à Haïti et au Tchad.

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La Commission caritative, qui contrôle les organisations humanitaires au Royaume-Uni, a lancé lundi une enquête sur Oxfam, sur la réalité des agressions commises en Haïti et la réaction de la direction. La Commission suspecte Oxfam de n’avoir pas « divulgué complètement en 2011 des détails importants concernant ces allégations et sur sa gestion des incidents ».

Le président haïtien dénonce une « violation extrêmement grave »
Le président haïtien, Jovenel Moïse, a dénoncé le comportement de l’ONG britannique Oxfam à Haïti. « Ce qui s’est passé avec Oxfam en Haïti est une violation extrêmement grave de la dignité humaine », a tweeté M. Moïse tard lundi.
« Il n’y a rien de plus indigne et malhonnête qu’un prédateur sexuel qui utilise sa position dans le cadre de la réponse humanitaire à une catastrophe naturelle pour exploiter les personnes nécessiteuses dans leurs moments de grande vulnérabilité », a-t-il ajouté.
Les représentants de l’ONG à Haïti sont convoqués jeudi par le ministère de la planification et de la coopération externe afin de fournir des explications.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’agent littéraire Pierre Astier estime que l’édition française exerce une domination impérialiste sur la production de livres dans la francophonie somme toute dérisoire.
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« La francophonie est un grand désert éditorial »

Dans une tribune au « Monde », l’agent littéraire Pierre Astier estime que l’édition française exerce une domination impérialiste sur la production de livres dans la francophonie somme toute dérisoire.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 14h41
    |

Pierre Astier (Agent littéraire)







                        



                                


                            

Tribune. L’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou vient de refuser l’offre de service du président de la République française, Emmanuel Macron, qui lui proposait de participer aux côtés de la romancière franco-marocaine Leila Slimani « aux travaux de réflexion autour de la langue française et de la francophonie ». Emmanuel Macron voit sans doute dans la langue française un atout (c’est une des cinq langues dominantes dans le monde) et un enjeu (700 millions de primo-locuteurs en langue française à l’horizon 2050).
De fait la langue française devrait être, plus qu’elle ne l’est actuellement, un vecteur de développement économique et de coopération dans ce vaste espace linguistique intercontinental, comme l’est l’anglais en Afrique ou en Asie.
Institutions gangrenées
L’argument que lui oppose Alain Mabanckou, pour justifier son refus, est que la francophonie politique, tant que n’ont pas été clarifiées les relations bilatérales entre la France et nombre de pays d’Afrique et de l’océan Indien à régimes autoritaires, peu démocratiques, ne peut avancer sereinement sur cette voie si la France (son administration, ses hommes d’affaires) ne sort pas de ce rôle trouble. Encore et toujours la « Françafrique »…
Sans doute faudra-t-il d’ailleurs quelques décennies avant que l’ancienne métropole française renonce à son statut impérial à l’égard de ses anciennes colonies tant ses institutions en sont encore imprégnées, pour ne pas dire gangrenées. Le débat est néanmoins ouvert et mérite que soient posées quelques questions.

Une langue vit pleinement quand elle est parlée et lue, et quand elle est enseignée. Mais aussi et surtout quand elle est publiée. On le sait, il n’y a pas d’éducation, de formation, de culture et de développement économique sans les livres. Autrement dit quand suffisamment de livres, dans tous les secteurs éditoriaux (de la littérature au management, du livre jeunesse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ La jeune fille de 17 ans, devenue un symbole de courage pour les Palestiniens, est accusée d’avoir agressé des soldats israéliens en décembre.
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Le procès de l’adolescente palestinienne Ahed Tamimi s’ouvre à Jérusalem

La jeune fille de 17 ans, devenue un symbole de courage pour les Palestiniens, est accusée d’avoir agressé des soldats israéliens en décembre.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 14h37
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 14h51
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



   


Après cinquante-six jours de détention préventive, le procès d’Ahed Tamimi a débuté devant la justice militaire israélienne à Ofer, en Cisjordanie, mardi 13 février. La prochaine audience n’aura lieu que le 11 mars, la jeune femme demeurant en prison d’ici là. Les médias et les observateurs n’ont pas été autorisés à assister aux débats, le huis clos étant dans l’intérêt de l’accusée, a affirmé le juge.
Agée de 17 ans, Ahed Tamimi fait l’objet de douze chefs d’inculpation, dont celui de « violences aggravées ». Originaire du village de Nabi Salih, en Cisjordanie, elle était allée à la rencontre de deux soldats israéliens, qui se trouvaient dans la cour de la maison familiale, le 15 décembre. Elle les avait harangués, puis elle avait frappé et giflé l’un d’eux, resté impassible. Elle avait été arrêtée quatre jours plus tard, de nuit, peu avant sa cousine Nour Naji Tamimi, 21 ans.

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Les deux soldats, qui ont fait preuve d’une retenue peu classique en ce genre de circonstances, n’avaient même pas reporté l’incident. Mais la diffusion d’une vidéo montrant l’épisode lui a donné une dimension nationale obligeant chacun à se positionner. Icône pour les uns, provocatrice pour les autres, célébrité sur les réseaux sociaux, Ahed Tamimi ne s’appartient plus. Issue d’une famille très militante et engagée contre l’occupation, elle est devenue, pour les Palestiniens, un symbole de courage. Les Israéliens, eux, se sont interrogés sur la passivité des soldats, la droite n’hésitant pas à appeler à la plus grande sévérité contre toute atteinte physique à un Israélien, civil ou militaire.
313 mineurs palestiniens en détention
Le cas de l’adolescente, dont le traitement par les autorités militaires entre pourtant dans les normes quotidiennes de l’occupation, a entraîné une mobilisation internationale depuis décembre. Selon le service pénitentiaire israélien, 313 mineurs palestiniens (entre 12 et 17 ans) se trouvaient en détention, au 30 novembre, en attente de leur procès, sur 5 881 prisonniers de sécurité palestiniens. Les arrestations de nuit et les interpellations de mineurs sans la possibilité de prévenir la famille ou un avocat sont monnaie courante.
En janvier, le tribunal avait estimé qu’Ahed Tamimi devait rester en détention jusqu’à son procès en raison de ses antécédents contre l’armée israélienne. Une photo, d’ores et déjà célèbre, la montre, enfant, menaçant du poing un soldat. Le 12 février, Amnesty International a appelé à une remise en liberté immédiate de l’adolescente. « En vertu de la convention sur les droits de l’enfant, dont Israël est signataire, l’arrestation, la détention et l’emprisonnement d’un enfant doivent être une mesure de dernier recours et pour une période de temps la plus courte possible », a rappelé l’association de défense des droits humains.

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Dans une tribune publiée par le quotidien Haaretz, le 31 décembre, le père d’Ahed, Bassem Tamimi, expliquait que l’adolescente incarnait une nouvelle génération de « combattants de la liberté », qui ont deux tâches devant eux : « D’une part ils ont le devoir, bien sûr, de continuer à défier et combattre le colonialisme israélien dans lequel ils sont nés, jusqu’au jour de son effondrement. D’autre part, ils doivent affronter courageusement la stagnation politique et la dégénérescence qui s’est répandue parmi nous. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Choi Soon-sil a été condamnée mardi pour avoir profité de sa proximité avec la présidente sud-coréenne, elle-même au cœur du scandale de corruption, pour se mêler des affaires de l’Etat et en tirer profit personnellement.
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« Choigate » : la confidente de l’ex-présidente sud-coréenne condamnée à vingt ans de prison

Choi Soon-sil a été condamnée mardi pour avoir profité de sa proximité avec la présidente sud-coréenne, elle-même au cœur du scandale de corruption, pour se mêler des affaires de l’Etat et en tirer profit personnellement.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 14h24
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 15h48
   





                        



   


L’épopée judiciaire de Choi Soon-sil touche à sa fin. La confidente de l’ancienne présidente sud-coréenne a été reconnue, mardi 13 février, coupable d’abus de pouvoir, de corruption et d’ingérence dans les décisions gouvernementales par le tribunal du district central de Séoul. Son avocat a cependant annoncé son intention de faire appel de la peine de vingt ans de prison, dénonçant une « lourde condamnation à la limite de la cruauté ».
Affaires de famille
Fille d’un mystérieux chef religieux, Choi Soon-sil, 61 ans, a été pendant des décennies l’amie et la confidente de l’ancienne présidente Park Geun-hye, à tel point qu’elle avait été surnommée par les médias « Raspoutine ». Bien qu’elle n’eût ni titre ni habilitation de sécurité.
Selon un représentant du parquet, sa position privilégiée a fait d’elle « l’alpha et l’oméga du scandale [de corruption] » qui agite depuis 2016 la Corée du Sud. L’affaire avait entraîné de nombreuses manifestations, puis la destitution et l’inculpation de la présidente Park au début de 2017, notamment pour corruption.
La confidente a notamment tiré profit « de ses liens personnels » anciens avec l’ancienne cheffe de l’Etat pour contraindre de grands groupes à verser des fonds à des fondations sous son contrôle, a relevé le juge Kim Se-yoon. Elle a ainsi accepté 14 milliards de wons (10,5 millions d’euros) de la part de Samsung, le premier conglomérat sud-coréen, et de Lotte, grand groupe spécialisé dans la vente au détail. Coaccusé, le président de Lotte, Shin Dong-bin, a été condamné à deux ans et demi de prison.
La justice sud-coréenne a été plus clémente avec l’héritier de l’empire Samsung, Lee Jae-yong, jugé dans le même scandale. Samsung a déboursé 3,65 milliards de wons (2,8 millions d’euros) pour payer des chevaux et des équipements d’équitation à la fille de Mme Choi. Une somme équivalente a également été versée par Samsung à une société sous le contrôle de Mme Choi. Mais la justice sud-coréenne a estimé qu’il n’existait aucune preuve que Samsung ait demandé en retour des faveurs politiques. Lee Jae-yong a donc été condamné à cinq ans de prison avec sursis et est sorti libre de son procès. 
Liens entre élites politiques et économiques
Le scandale avait mis au jour les accointances malsaines entre les élites politiques et économiques. Les chaebols, empires familiaux tentaculaires, sont les moteurs d’une économie sud-coréenne florissante. Des groupes comme Samsung ou Hyundai ont joué un rôle crucial dans le « miracle » économique des années 1960 et 1970 qui a métamorphosé le pays ravagé par la guerre.
Au-delà de son enrichissement personnel, Mme Choi est également soupçonnée d’avoir utilisé ses liens avec l’ancienne présidente pour faire entrer sa fille à la prestigieuse université pour femmes Ewha en 2014, au détriment de candidates plus qualifiées. Vu la gravité des faits de corruption qui sont reprochés à Mme Choi, ce coup de piston pourrait paraître anodin. Mais pas dans une société aussi concurrentielle que la Corée du Sud, où la jeunesse joue sa vie sur un test d’entrée à l’université. Sa fille, qui risquait également des poursuites pour avoir profité de l’argent de Samsung, a été libérée en juin 2016.




                            


                        

                        


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Trump, le « meilleur » selon Uma Thurman ? Une intox qui a séduit au FN et chez LR

Plusieurs figures de droite et d’extrême droite, comme le député FN Louis Aliot, ont diffusé mardi une prétendue citation de l’actrice américaine qui n’a jamais existé.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 14h03
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 14h32
    |

            Adrien Sénécat








                        


« Ça va encore défriser les médias français (…) majoritairement anti-Trump. » Verlaine Djeni, membre de la commission des recours des Républicains, a partagé avec enthousiasme mardi 13 février un article du site usalibertypress.com annonçant le soutien appuyé de l’actrice Uma Thurman à Donald Trump. Plusieurs cadres du Front national, dont le député des Pyrénées-Orientales Louis Aliot et le vice-président du groupe FN au conseil régional d’Ile-de-France, Jean-Lin Lacapelle, lui ont emboîté le pas. Problème : l’actrice n’a jamais prononcé la phrase qui lui est attribuée.
CE QUE DIT LA RUMEUR
L’article relayé par différents responsables politiques de droite et d’extrême droite mardi 13 février a été publié le 30 janvier sur le site usalibertypress.com. Il est illustré par une photo d’Uma Thurman et son titre lui attribue la citation suivante :
« Donald Trump est le meilleur président de l’histoire des Etats-Unis et nous devons le respecter. »

   


Une déclaration choc qui a séduit chez les frontistes et républicains qui l’ont partagée, le cadre LR Verlaine Djeni en profitant même pour dénoncer le parti pris des médias français à l’encontre du président des Etats-Unis :

Uma Thurman dit : “Trump est le meilleur President de l'histoire U.S. et nous devons le respecter” 
— VerlaineDJENI (@Verlaine DJENI)


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« Very great ! » (« Très bien ! »), s’est quant à lui exclamé le conseiller régional FN Jean-Lin Lacapelle.
POURQUOI C’EST FAUX
Problème : l’article partagé par ces trois responsables politiques de droite et d’extrême droite a beau citer Uma Thurman dans son titre, on n’y trouve aucune mention de l’actrice américaine.
La prétendue citation de la comédienne apparaît dans des dizaines d’autres articles de sites douteux comme americantruepatriots.com ou tumpfast.info depuis mai 2017, mais aucun d’entre eux ne donne de précision sur l’origine de cette « information ».
L’actrice n’est en réalité pas un soutien de Donald Trump. Elle n’a jamais fait mystère de sa préférence pour le camp démocrate. Elle évoquait même « l’erreur Trump » dans un grand soupir lors de son passage au « Late Show » de Stephen Colbert le 3 février, où elle était interrogée sur son rôle dans la pièce de théâtre très politique The Parisian Woman.
Cette citation imaginaire s’inscrit dans la longue lignée des faux soutiens à Donald Trump diffusés par ses partisans sur les réseaux sociaux. La plus célèbre de ces « fake news » est celle qui affirmait que le pape François aurait soutenu le candidat Trump dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle américaine de 2016.

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« L’Inde, pays crucial pour l’avenir de l’économie mondiale »

L’Inde affiche une croissance moyenne annuelle de plus de 7 % depuis 2014, ce qui en fait le pays le plus dynamique du G20, constate l’économiste Jean-Pierre Petit dans sa chronique mensuelle.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 13h18
    |

                            Jean-Pierre Petit (Economiste et président de la société de conseil Les Cahiers verts de l'économie)








                        



                                


                            

L’éclairage. Quittons un moment les turbulences des marchés financiers pour nous intéresser à un pays qui ne fait pas beaucoup parler de lui et ne suscite, bizarrement, guère d’intérêt en Europe : l’Inde. Ce pays sera crucial pour l’avenir de l’économie mondiale au cours des décennies à venir.
L’Inde deviendra cette année la cinquième économie mondiale en dollars courants, devant la France et le Royaume-Uni. Elle affiche une croissance moyenne annuelle de plus de 7 % depuis 2014, ce qui en fait le pays le plus dynamique du G20. La croissance devrait s’établir à plus de 7,5 % en 2018 contre 6,7 % en 2017. Et la dynamique récente reste assez bonne : l’indice PMI manufacturier lissé sur trois mois continue de progresser depuis début 2015, même s’il faut surveiller l’impact de la hausse du prix du baril et des tensions récentes sur le marché obligataire local.
Surtout, alors que l’Inde apparaissait, en 2012-2014, comme l’un des grands pays émergents les plus fragiles sur le plan financier (avec le Brésil, l’Indonésie, la Turquie et l’Afrique du Sud), elle a nettement amélioré sa position depuis. L’inflation est passée de plus de 12 % fin 2013 à un peu plus de 5 % en décembre 2017, même si elle est remontée ces derniers mois. Le déficit de la balance courante se situe à un peu plus de 1 % du PIB contre 5 % en 2013. Le déficit public s’est réduit, de même que la dette privée externe en dollars. La notation souveraine de l’Inde a été rehaussée en novembre par Moody’s, pour la première fois en treize ans, passant de Baa3 à Baa2 avec des perspectives stables.
Plusieurs chocs brutaux
Il est clair que l’avenir de l’Inde dépendra en grande partie de la qualité de sa gouvernance. Le bilan de Narendra Modi depuis son élection en 2014 est indéniablement favorable en matière de réformes structurelles (réforme foncière, libéralisation de la finance et des médias, ouverture des infrastructures aux investissements étrangers…), en dépit de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Dans sa chronique, Philippe Mesmer, journaliste au « Monde » raconte comment Kim Yo-jong et les pom-pom girls nord coréennes ont attiré les regards et réveiller d’anciennes croyances dans la péninsule.
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JO 2018 : la femme nord-coréenne, objet de fantasme pour le Sud

Dans sa chronique, Philippe Mesmer, journaliste au « Monde » raconte comment Kim Yo-jong et les pom-pom girls nord coréennes ont attiré les regards et réveiller d’anciennes croyances dans la péninsule.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 12h15
    |

            Philippe Mesmer (Séoul, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Chronique. Kim Yo-jong est repartie. Dimanche 11 février, la petite sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a repris l’avion pour Pyongyang, après trois journées passées au Sud, une première pour un membre de la famille des dirigeants du Nord. Son séjour s’est terminé par un concert de l’orchestre essentiellement féminin Samjiyon, envoyé par son pays. Il restera marqué par sa présence à la cérémonie d’ouverture des Jeux de Pyeongchang, ses quatre rencontres avec le président sud-coréen Moon Jae-in, l’invitation transmise pour que celui-ci se rende en Corée du Nord, mais également par son exposition dans les médias locaux, littéralement aimantés par la jeune femme, comme ils le sont par l’ensemble des femmes envoyées par la République populaire et démocratique de Corée (RPDC) à l’occasion de ces Jeux.

Depuis son arrivée, le 9 février, les caméras n’ont jamais quitté Mme Kim. Curiosité ? Certainement. Attirance pour une jeune femme mal connue mais volontiers souriante ? Aussi. Mais il y a surtout là une tendance sexiste des médias sud-coréens, qui s’est déjà manifestée par leur intérêt pour les 230 pom-pom girls, envoyées par Pyongyang pour soutenir les athlètes de la RPDC, et pour les musiciennes du Samjiyon. Auparavant, ils s’étaient enthousiasmés pour la pop star Hyon Song-wol. Arrivée le 21 janvier à Séoul dans le cadre d’une visite préparatoire à la venue des athlètes nord-coréens, celle-ci avait suscité une véritable furia médiatique. Certains ont parlé d’un « syndrome Hyon Song-wol », tandis que d’autres s’extasiaient sur son « regard intense » et son « sourire majestueux ».
« Armée des beautés »
Le phénomène reflète aussi un intérêt des hommes sud-coréens pour les femmes venues du Nord. « Au Sud, la chirurgie esthétique est trop répandue. La beauté des Coréennes du Nord est plus naturelle et plus traditionnelle », explique un professionnel des médias. Selon une croyance...




                        

                        

