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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Le porte-parole du gouvernement maintient l’objectif de rétablir un service national obligatoire et universel, remis en cause par la ministre des armées.
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Tirage au sort, généralisation puis abandon de la conscription : les péripéties du service national

Le porte-parole du gouvernement maintient l’objectif de rétablir un service national obligatoire et universel, remis en cause par la ministre des armées.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 15h58
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 16h30
    |

            Anne-Aël Durand








                        


Le service national sera bien « obligatoire et universel » a affirmé, mardi 13 février, Benjamin Griveaux. Le porte-parole du gouvernement a corrigé les propos de la ministre des armées, Florence Parly, qui avait déclaré, vendredi, qu’il n’aura probablement pas un caractère obligatoire. Ce rétablissement d’un service imposé à tous les jeunes Français pourrait intervenir plus de vingt ans après la fin du service militaire.
Cet article reprend en partie une publication de 2016 sur les propositions des candidats à la présidentielle. 
1. Quelle est l’origine du service militaire en France ?
La conscription (recrutement de soldats selon leur année de naissance) est un héritage de la Révolution. Elle est instaurée en 1798, par la loi Jourdan-Delbrel. Les citoyens français doivent servir cinq ans sous les drapeaux s’ils sont tirés au sort. Les plus fortunés se font alors remplacer.
En 1905, le service militaire ne dure plus que deux ans. Le tirage au sort est supprimé et les seules exemptions sont médicales. Durant la guerre d’Algérie, entre 1954 et 1962, 1,5 million de jeunes appelés sont mobilisés.
En 1971, on parle de « service national », qui peut prendre la forme d’une coopération internationale ou d’un service civique pour les objecteurs de conscience. Les femmes sont admises sur la base du volontariat. Sa durée est réduite à un an, puis à dix mois (vingt mois pour les objecteurs).
2. Comment a-t-il été abandonné ?
Le 22 février 1996, dans un discours télévisé, le président Jacques Chirac annonce la « suspension » du service militaire, en expliquant que « la conscription ne répond plus aux exigences d’une armée moderne dans un grand pays moderne ».
« Aujourd’hui, le métier de militaire, qui est un superbe métier, s’arrange mal de l’improvisation et de la non-professionnalisation. (…) L’armée française, aujourd’hui, ne nous permet d’envoyer à l’extérieur que 10 000 à 12  000 hommes, et encore, généralement formés de bric et de broc, parce qu’on ne peut pas envoyer les appelés sur les théâtres d’opération extérieurs. Au terme de la réforme [réorganisant] l’armée, nous aurons la possibilité d’envoyer entre 50 000 et 60 000 hommes… »
La loi est votée le 28 octobre 1997. Les jeunes nés après 1979 ne sont plus appelés sous les drapeaux, mais les plus âgés doivent toutefois finir leur service. Les derniers sont libérés de leurs obligations militaires au 30 novembre 2001.
Désormais, 800 000 jeunes filles et garçons doivent participer une fois, entre 16 ans et 25 ans, à la journée défense et citoyenneté (anciennement « journée d’appel et de préparation à la défense »), qui présente le fonctionnement de l’armée, des bases de civisme et permet de réaliser des tests de lecture auprès de toute la population française.
3. Qu’est-ce qui remplace le service national ?
L’armée française est désormais essentiellement constituée de militaires professionnels, au nombre de 202 000 en 2015, auxquels s’ajoutent 100 000 gendarmes.
Mais les citoyens sont encore présents, par le biais de la réserve opérationnelle dans l’armée (28 000 volontaires) ou des gendarmes volontaires ou aspirants (12 000 personnes). Les réservistes, âgés d’au moins 17 ans, sont entraînés et s’engagent à se rendre disponibles au moins trente jours par an. Les volontaires de l’armée, la police et la gendarmerie sont regroupés depuis le 12 octobre 2016 au sein de la « garde nationale », avec l’objectif d’atteindre 72 000 réservistes en un an.

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Par ailleurs, l’engagement au service de la nation a été renforcé ces dernières années par différents dispositifs citoyens :
le service civique, créé en 2010. Facultatif, mais « universel », donc accessible à tous depuis 2015, il est rémunéré 573 euros par mois ;le service militaire volontaire, instauré en 2015, après les attentats de Paris, destiné à réinsérer les jeunes de 18 ans à 25 ans ;le service militaire adapté, un dispositif spécifique à l’outre-mer, maintenu depuis 1961 ;l’établissement public d’insertion de la défense (Epide), également destiné à réinsérer des jeunes éloignés de l’emploi.

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4. Qui souhaite rétablir un service national obligatoire ?
La montée en puissance du service civique et la création de la garde nationale répondent au besoin, exprimé après les vagues d’attentat en France, de recréer une unité nationale et un sens de l’intérêt général. Les nostalgiques présentent aussi le service militaire comme un outil égalitaire, un moment où l’ensemble de la jeunesse se retrouve brassé au sein d’une même institution.
En 2016, un sondage CSA-Direct Matin, montrait que 74 % des personnes interrogées souhaitaient rétablir le service militaire ou civique obligatoire. La question s’est invitée dans la campagne présidentielle 2017, défendue par des hommes politiques de gauche (Jean-Luc Mélenchon) comme de droite (Xavier Bertrand, Nicolas Dupont-Aignan…), alors que d’autres, comme François Fillon s’inquiétaient du coût et de la faisabilité de la mesure.

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Lorsqu’il était candidat à la présidence, Emmanuel Macron a proposé d’instaurer un « service national universel, encadré par les armées et la gendarmerie nationale, s’adressant aux jeunes femmes et hommes aptes de toute une classe d’âge », de courte durée, réalisé dans les trois ans suivant le 18e anniversaire. Mais la réalisation de cette promesse crée quelques difficultés.

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5. Quels sont les obstacles ?
Le premier problème est financier. Le candidat Macron avait estimé qu’un service universel pour l’ensemble d’une classe d’âge (entre 600 000 et 800 000 jeunes par an) coûterait entre deux et trois milliards d’euros par an. L’armée, dont les effectifs ont été fortement revus à la baisse depuis 1996, risque aussi de ne pas pouvoir accueillir et encadrer des centaines de milliers de jeunes sans formation. Concrètement, de nombreuses casernes ont été fermées en vingt ans.
Enfin, si le service civique est plutôt bien perçu par les principaux intéressés, les 18-25 ans, l’idée de le rendre obligatoire pourrait entrer en concurrence avec leurs autres projets d’insertion, emploi ou formation. En 2015, l’Union des étudiants de France (UNEF) appelait ainsi à ne pas inculquer aux jeunes « une vision punitive de la République » avec des amendes en cas de refus de la conscription.
Un rapport parlementaire, réalisé par les députées Marianne Dubois (Les Républicains) et Emilie Guerel (La République en marche), doit être publié le 21 février. Selon les premières informations obtenues par Le Monde, il conclut qu’il n’est pas possible ou souhaitable de rendre le service universel obligatoire. Mais lors de ses vœux aux forces armées le 30 janvier, le président Macron a annoncé la publication en avril d’un autre rapport sur la question. Qui est donc loin d’être tranchée.



                            


                        

                        


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Décryptage

En Afrique du Sud, pourquoi l’ANC prend des gants avec Jacob Zuma

Le parti au pouvoir, qui a « rappelé » le président, demeure tétanisé à l’idée de devoir passer à une mesure contraignante : démission forcée ou motion de défiance.

Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant régional)
    



LE MONDE
              datetime="2018-02-13T18:05:03+01:00"

        Le 13.02.2018 à 18h05






    
Le secrétaire général de l’ANC, Ace Magashule (à droite), et la secrétaire générale adjointe, Jessie Duarte, lors d’une conférence de presse à Johannesburgn le 13 février 2018.
Crédits : GIANLUIGI GUERCIA/AFP


Quand ils sont entrés dans les salons de la présidence sud-africaine, à Pretoria, dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 février, le président de la République, Jacob Zuma, les attendait. Il n’a pas fait de remarque sur l’heure tardive, plus de minuit. Or, lors de la visite d’une délégation venue lui demander de démissionner en douceur le 4 février, il avait tancé les responsables de l’ANC en leur reprochant d’arriver à une heure indue.
Ace Magashule, secrétaire général du Congrès national africain (ANC), ex-plus proche allié de Zuma, accompagné de son ancien ennemi devenu président du parti, Cyril Ramaphosa, ont exposé « cordialement » au chef de l’Etat ce qu’on attendait de lui : qu’il consente à quitter ses fonctions. Toujours en souplesse, mais avec le poids des instances dirigeantes du parti derrière eux, cette fois, contrairement à la tentative précédente.

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Alors, selon Ace Magashule, Jacob Zuma les a écoutés, a fait semblant de comprendre et d’approuver leur approche, puis a ajouté une exigence, celle de se voir donner « entre trois à six mois » pour se préparer à cette démission. C’était soit se moquer du monde, soit compter sur un coup de poker. Mais c’était un « non ».
Les deux responsables de l’ANC s’en sont donc retournés dans la nuit vers la réunion du Comité national exécutif (NEC) qui se poursuivait dans la banlieue de Pretoria, afin de porter la nouvelle. Les « 84, 85 délégués » – Ace Magashule n’est plus très sûr du nombre, il n’a pas dû dormir beaucoup – ont encore longuement débattu, avant de se séparer à 3 heures du matin, ayant laborieusement arrêté une solution au problème Zuma : le « rappel » du chef de l’Etat.
Pas de « deadline »
Le rappel, c’est la demande, polie mais pressante, du NEC faite à un cadre de cesser ses fonctions. Un mécanisme issu du centralisme démocratique de l’ANC. Jacob Zuma va-t-il s’y plier ? Il peut s’y refuser, la décision n’étant contraignante que vis-à-vis de la constitution de l’ANC. Quand est-il supposé apporter une réponse ? « Demain » (mercredi), a assuré Ace Magashule, qui s’exprimait dans le cadre d’une conférence de presse au siège de l’ANC, à Johannesburg, « mais ce n’est pas une deadline ».
Et d’insister sur la nécessité de maintenir « une interaction permanente avec le président ». Pour un peu, il lui jetterait des fleurs. Il assure d’ailleurs que « le président Zuma n’a rien fait de mal » et que ce rappel est seulement motivé par la nécessité de « ne pas avoir deux centres de pouvoir au sein de l’ANC ». Sachant que Cyril Ramaphosa est le président du parti, il doit, selon ce raisonnement inédit et dégageant une énorme fumée, être également celui du pays.

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La vérité est que l’ANC a fait du chemin en arrivant à ce rappel, mais demeure tétanisée à l’idée de devoir passer à une mesure contraignante, non par peur des punitions mais parce que cela exposerait crûment son échec de fond dans le choix de Jacob Zuma pour diriger le pays. Le chef de l’Etat est élu par les députés du parti qui obtient la majorité aux élections, au cours desquelles les électeurs votent pour des listes de partis, et pas des personnes. Le parti est donc engagé par le « choix » de son candidat, qui se trouve être immanquablement, jusqu’ici, le président de l’ANC, élu un an et demi plus tôt lors d’une conférence élective nationale.
Dans le cas où Jacob Zuma déciderait de refuser l’ordre donné par ce rappel et de faire de la résistance – il en a le droit, d’un point de vue légal –, l’ANC devra passer à la vitesse supérieure en mettant en place une procédure de démission forcée par le biais d’une motion de défiance au Parlement.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ A la veille des annonces prévues mercredi, des professeurs de lycée s’inquiètent de l’avenir de leurs disciplines.
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La réforme du bac soulève les inquiétudes des enseignants

A la veille des annonces prévues mercredi, des professeurs de lycée s’inquiètent de l’avenir de leurs disciplines.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 18h26
    |

            Violaine Morin








                        



                                


                            

Alors que le ministre de l’éducation doit rendre mercredi ses arbitrages sur la réforme du bac, les enseignants sont nombreux à s’inquiéter pour l’avenir de leurs disciplines. Des associations reçues par Pierre Mathiot lors des auditions destinées à nourrir l’écriture de son rapport l’ont fait savoir, et réclament des options alternatives. Même si la teneur de la réforme a déjà beaucoup changé depuis la publication du rapport, le 24 janvier.
Les premiers à monter au front furent sans doute les professeurs de sciences de la vie et de la terre (SVT) et de physique-chimie : Pierre Mathiot envisageait, en effet, de rendre optionnelle la physique et la SVT dès le deuxième semestre de 2de. Trois semaines après la remise du rapport Mathiot, l’horizon semble s’éclaircir. En 2de, le projet de matières optionnelles au deuxième semestre est abandonné.

Mais les professeurs de physique-chimie et de SVT restent inquiets. Qu’adviendra-t-il du bloc « sciences » indifférencié dont parle le rapport Mathiot, proposé en 2de ? « L’abandon de l’idée de rendre les SVT et la physique optionnelle au deuxième trimestre nous rassure, convient Serge Lacassie, le président de l’Association des professeurs de biologie et de géologie. Mais on ne sait toujours pas comment va être départagé ce bloc. » 
Ces « sciences » pourraient cacher une réduction des heures de SVT et de physique-chimie. « On voit venir gros comme une maison un bloc de trois heures que l’on devra répartir entre les deux disciplines », s’inquiète Vincent Parbelle, président de l’Union des professeurs de physique et de chimie (UdPPC). Aujourd’hui, les élèves de 2de ont trois heures de physique et une heure et demie de SVT.
Des craintes concernant les spécialistes
Les enseignants craignent pour la « culture scientifique commune » de tous les élèves, mais également pour les spécialistes. D’abord à cause...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Le gouvernement a promis, mardi, de réformer l’offre de santé et notamment de s’attaquer à la T2A, le mode de financement très critiqué au sein de l’hôpital public.
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Qu’est-ce que la T2A, qui cristallise les tensions à l’hôpital ?

Le gouvernement a promis, mardi, de réformer l’offre de santé et notamment de s’attaquer à la T2A, le mode de financement très critiqué au sein de l’hôpital public.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 17h09
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 17h59
    |

                            Eléa Pommiers








                        


Les craintes concernant le système de santé français ne manquent pas. Désertification médicale, fermeture d’hôpitaux, manque de praticiens hospitaliers… Mais, à l’hôpital public, la bête noire est un court acronyme : T2A, pour tarification à l’activité. Instaurée en 2004 pour corriger les effets jugés pervers d’un système de financement global, elle devrait, à son tour, être « corrigée » par le gouvernement.
Le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé, mardi 13 février, une « réforme globale » du système de santé et promis que de nouveaux modèles de financement seraient introduits « d’ici à la fin de l’année 2019 » pour remédier aux effets indésirables de la T2A.

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Qu’est-ce que la tarification à l’activité ?
La T2A représente aujourd’hui 70 % des ressources des hôpitaux publics, mais elle est aussi le mode de financement des établissements de santé privés. Comme son nom l’indique, elle rémunère les établissements en fonction de l’activité médicale qu’ils réalisent. Elle s’applique aux activités de médecine, de chirurgie, d’obstétrique et d’odontologie.
Sous une apparence technique, le principe en est relativement simple. Concrètement, grâce à un codage informatique, les patients sont regroupés en « groupes homogènes de malades », eux-mêmes regroupés en plusieurs « groupes homogènes d’hospitalisation » en fonction des diagnostics et des actes médicaux pratiqués. A chacun de ces groupes (près de 2 300), le ministère de la santé applique chaque année un tarif, sur la base duquel l’Assurance-maladie rembourse l’établissement.

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Pourquoi a-t-elle été mise en place ?
Depuis  1984 et jusqu’en 2004, les hôpitaux étaient financés par un budget global reconduit chaque année, qui ne s’adaptait que peu – voire pas – aux variations d’activité.
S’il permettait aux hôpitaux d’avoir de la lisibilité sur leur budget, il était critiqué sur tous les fronts pour son caractère inefficace. D’une part, la dotation globale pénalisait les établissements, dont l’activité augmentait, qui ne pouvaient se développer faute de ressources suffisantes. A l’inverse, elle était accusée de créer une situation de rente pour ceux dont l’activité baissait d’une année sur l’autre.
En 2004, la T2A est donc plébiscitée à droite comme à gauche comme un moyen d’optimiser les dépenses et le fonctionnement de l’hôpital. Le ministre UMP de la santé, Jean-François Mattei, expliquait alors qu’il n’y avait « pas d’alternative ». Comme Jean-Marie Le Guen, alors député socialiste, qui déclarait en 2003 que cette réforme était « indispensable (…) pour l’hôpital public ». 
Quelles sont les critiques qui lui sont faites ?
Elles sont légion dans les hôpitaux, qui subissent des difficultés budgétaires chroniques depuis sa mise en œuvre. En 2017, leur déficit était compris entre 1,2 et 1,5 milliard d’euros, soit deux fois plus qu’il y a dix ans.
La T2A est surtout critiquée pour la « course à la rentabilité » qu’elle entraîne insidieusement. Elle peut, en effet, inciter à réaliser le plus d’actes possibles pour ramener de l’argent à l’hôpital. Contrairement à sa vocation initiale, rationaliser les dépenses, la T2A se révèle donc inflationniste. Elle peut également encourager à mettre l’accent sur certains actes bien rémunérés. En 2014, le ministère de la santé notait ainsi une augmentation du nombre de séjours en chirurgie à l’hôpital public.

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En effet, tous les actes ne sont pas valorisés de la même manière : si l’acte technique (comme les interventions chirurgicales) est bien rémunéré, la prévention ou la longue prise en charge (psychiatrie, maladies chroniques, suivi des personnes âgées) le sont beaucoup moins, voire pas. Or, l’hôpital ne peut pas se spécialiser dans les activités rémunératrices et délaisser les autres, au risque de faillir à sa mission de service public. Pour ses détracteurs, la T2A place donc immanquablement l’hôpital en situation de difficulté financière.
C’est pourquoi l’Etat fournit toujours des financements forfaitaires ainsi qu’une dotation de financement pour les « missions d’intérêt général ». Mais la part de ces dotations dans le budget des hôpitaux tend à se réduire, et l’Etat en baisse continûment le montant depuis plusieurs années afin de limiter les dépenses.
Autre point de tension : l’évaluation des tarifs. L’activité des hôpitaux a globalement augmenté depuis quinze ans. Mais pour contenir l’évolution des dépenses de santé et le déficit de la Sécurité sociale, le ministère réduit les tarifs. Le cercle est vicieux : les médecins sont alors obligés d’en faire davantage pour que l’hôpital espère conserver les mêmes ressources.
Quelles sont les pistes de réforme envisagées ?
Pour les médecins les plus critiques du système de la T2A, comme le professeur André Grimaldi, il serait plus pertinent d’imaginer un mélange entre différents modes de financement. Si la tarification à l’activité fonctionne bien pour des activités techniques et standardisées, M. Grimaldi recommande, en revanche, un financement au prix de la journée pour les soins psychiatriques et une dotation globale pour les malades chroniques.
Durant sa campagne, Emmanuel Macron avait promis de plafonner à 50 % la part de la T2A dans le financement des hôpitaux. Pour y parvenir, le gouvernement s’est engagé à proposer de nouveaux modèles de financement qui devront « mieux refléter l’état de la population » et « mieux tenir compte de la prévention et de la qualité des soins ». Ils seront élaborés par une équipe d’experts et présentés d’ici à la fin de l’année 2019.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ En une course, avec Alexis Pinturault et Victor Muffat-Jeandet dans le combiné, le ski alpin français a déjà atteint son objectif de deux médailles. De quoi libérer leurs compatriotes ?
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JO 2018 : les skieurs français écartent le spectre du zéro pointé

En une course, avec Alexis Pinturault et Victor Muffat-Jeandet dans le combiné, le ski alpin français a déjà atteint son objectif de deux médailles. De quoi libérer leurs compatriotes ?



Le Monde
 |    13.02.2018 à 17h13
    |

            Clément Guillou (Envoyé spécial à Pyeongchang, Corée du Sud)








                        



   


« Le reste, c’est du bonus. » Le directeur technique national du ski français, Fabien Saguez, aurait été dans son bon droit d’utiliser ce cliché du monde sportif, mardi après-midi à Pyeongchang, après les deux médailles de ses « combinards » Alexis Pinturault et Victor Muffat-Jeandet. Le ski alpin français s’était fixé un objectif de deux médailles sur ces Jeux olympiques et le voilà atteint après la première des neuf courses.
« Il y avait deux médailles à faire, on les a faites : objectif tenu », se satisfaisait celui qui a assigné à ses équipes un but – jamais atteint – de 20 médailles, raison pour laquelle le biathlon et le ski acrobatique ont intérêt à poursuivre leur moisson.
Le ski alpin, lui, peut souffler. En tant que sport le plus exposé des Jeux olympiques et (très) ancienne place forte des sports d’hiver français, l’alpin a récemment connu plusieurs éditions difficiles. Les deux dernières notamment.
A Vancouver, le zéro pointé avait provoqué un certain remue-ménage au sein des équipes de France avec le départ de leur directeur technique, Yves Dimier. Quatre ans plus tard à Sotchi, après de premières épreuves ratées, le spectre d’une nouvelle quinzaine blanche avait hanté les esprits et alimenté les gazettes jusqu’à l’antépénultième épreuve : Steve Missilier et Alexis Pinturault, avec l’argent et le bronze, avaient sauvé la mise dans le géant.
On restait loin des deux médailles d’or et deux médailles d’argent de 2002, record de l’histoire récente, mais c’était déjà un net progrès.
« Ça pèse sur l’encadrement, sur les journalistes et sur nous »
Cette fois, à Pyeongchang, les skieurs français sont à peu près certains que la presse les laissera tranquilles. Ce qui leur fera du bien.
« Quand on était arrivés sur les semaines techniques [slalom et géant] par le passé, il n’y avait pas eu de médaille en vitesse auparavant, et je me souviens que ça pesait dans la balance, a souligné Alexis Pinturault, dont l’expérience se limite aux JO de Sotchi mais qui a déjà vécu la même chose aux championnats du monde. Ça pèse sur l’encadrement, ça pèse sur les journalistes et, du coup, sur nous, parce qu’on ressent toutes ces tensions. L’atmosphère sera, automatiquement, bien différente. »
Cette saison, le risque d’un nouveau zéro pointé était réel et le combiné masculin constituait leur meilleure chance de médaille. Les Français arrivaient en position de faiblesse, légitimement inquiets d’une saison de Coupe du monde décevante. Tessa Worley n’enregistrait sa première victoire en géant qu’en janvier, le leader masculin Alexis Pinturault cherchait son ski en géant, et Victor Muffat-Jeandet, avec sa victoire dans le combiné de Wengen, était le seul autre Français monté sur le podium.
D’où un objectif raisonnable de deux médailles et le soulagement visible des skieurs et entraîneurs français après la course.
« On est assez sereins. Il y a une grosse envie de faire de belles choses, promettait David Chastan, le patron du Team France chez les messieurs. Il va falloir se servir de cette journée pour positiver et enchaîner sur une belle dynamique avec la descente et le super-G. Mais ça ne va pas tomber du ciel, il va falloir y mettre du sien et y croire. »
« Ça crée des envies »
Il n’est pas malheureux pour l’équipe de France que la descente masculine et le super-G féminin aient été reportés pour cause de grand vent : ce ne sont pas les épreuves dans lesquelles les skieurs français excellent.
Et mieux vaut commencer par deux médailles que par une absence du top 10, même si les descendeurs, jeudi, sont tout à fait capables de monter sur le podium sur un parcours propice aux surprises. « C’est toujours une émulation de voir les autres qui montent sur les podiums, estime Xavier Fournier, entraîneur des hommes en vitesse. Ça crée des envies, on voit que c’est du concret pour d’autres, donc, c’est toujours plus motivant. »
Le succès du combiné a d’autres vertus : elle permet de récompenser à la fois les groupes de technique (géant et slalom) et de vitesse (descente et super-G) qui, toute la saison, vivent chacun de leur côté, sauf lorsqu’il faut travailler le combiné. « Ce combiné, c’est la réunion de toute l’équipe de France, tout le monde bosse pour la même chose », rappelait Victor Muffat-Jeandet après sa médaille.
Enfin, d’un point de vue plus personnel, Alexis Pinturault et Victor Muffat-Jeandet skieront maintenant plus détendus et rassurés sur leur forme du moment. Pinturault redevient après cette performance un prétendant au podium en géant, tandis que Muffat-Jeandet a excellé dans le slalom, qu’il termine sur les spatules de Marcel Hirscher (à un centième de seconde).
« Automatiquement, quand on a déjà une médaille sur la première épreuve, je pense que ça libère vraiment quelque chose », voulait croire Alexis Pinturault.
Ce n’est toutefois en rien une garantie. En 2006, le titre olympique d’Antoine Dénériaz en descente n’avait été suivi que d’une médaille d’argent de Joël Chenal dans le géant, en fin de deuxième semaine.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ A la suite du scandale qui touche Oxfam, une pétition portée par le quotidien europhobe « Daily Express » demande de « stopper la folie de l’aide à l’étranger ».
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Affaire Oxfam : en quoi consiste l’aide publique britannique au développement

A la suite du scandale qui touche Oxfam, une pétition portée par le quotidien europhobe « Daily Express » demande de « stopper la folie de l’aide à l’étranger ».



Le Monde
 |    13.02.2018 à 17h38
   





                        



   


En annonçant, lundi 12 février, que la part du revenu national britannique à l’aide internationale ne bougerait pas, la première ministre du Royaume-Uni, Theresa May, a dû rassurer une partie des organismes humanitaires de son pays. Depuis les révélations, vendredi 9 février, par le quotidien britannique The Times, d’un scandale sexuel impliquant des employés de l’ONG Oxfam à Haïti en 2011, sa directrice adjointe, Penny Lawrence, a démissionné, et le gouvernement britannique menace de lui supprimer ses financements.

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Au lendemain des révélations du Times, Jacob Remord, le député leader de l’aile droite du parti conservateur est venu porter au 10 Downing Street une pétition de 100 000 signatures rassemblées par le quotidien europhobe Daily Express demandant de « stopper la folie de l’aide à l’étranger ». Régulièrement pointée du doigt par une partie de la droite conservatrice, l’aide britannique au développement à l’étranger est l’une des plus importantes de l’Union européenne.
En quoi consiste cette aide au développement ?
Le département pour le développement international « coordonne le travail réalisé par le Royaume-Uni pour mettre fin à l’extrême pauvreté », peut-on lire sur le site du gouvernement britannique. Celui-ci, à travers son organisme UK Aid, contribue à aider au développement de certains pays. Une loi, votée en 2002, a instauré une ligne directrice au programme d’aide britannique : la réduction de la pauvreté.
Cette aide ne consiste pas seulement à verser de l’argent directement à certains pays, elle peut également prendre la forme de financement de projets concrets (conseils en matière agricole, mesures de purification de l’eau ou d’hygiène, ou encore aide à la construction d’écoles).
Quelle dépense cette aide représente-t-elle chaque année ?
Lundi, la première ministre britannique a fait savoir qu’elle ne remettrait pas en cause la promesse de consacrer 0,7 % du revenu national à l’aide internationale au développement. Ce pourcentage a été inscrit dans la loi par la majorité conservatrice. Cela a représenté en 2016 près de 13,5 milliards de livres (plus de 15 milliards d’euros).
L’objectif de consacrer 0,7 % du revenu national à l’aide au développement avait été inscrit dans une résolution de l’ONU en 1970. Selon les Nations unies, en 2015, seuls cinq pays (Pays-Bas, Danemark, Luxembourg, Norvège et Suède), en plus de la Grande-Bretagne, atteignaient ou dépassaient ce chiffre de 0,7 %. En 2016 ils n’étaient plus que deux : le Royaume-Uni et l’Allemagne.

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A quels organismes ou pays cette aide bénéficie-t-elle ?
La BBC rapporte qu’en 2015 37 % des aides britanniques au développement ont été à destination d’organisations internationales, dont les Nations unies, et 63 % sont allées directement aux pays concernés.
Cette aide est accordée à de nombreux pays dans le monde entier. Dont un certain nombre de pays du Commonwealth. Des pays africains, comme l’Ethiopie, le Nigeria, la Sierra Leone, ou le Soudan du Sud, mais aussi asiatiques avec l’Inde et le Bangladesh, enfin des pays du proche et moyen orient avec la Syrie, le Pakistan et l’Afghanistan.
Et en France ?
En France l’aide publique au développement est gérée financièrement par l’Agence française de développement (AFD). L’objectif fixé en début d’année 2018 est d’y consacrer 0,55 % du revenu national brut (RNB) en 2022. La France a décidé de recentrer ses priorités sur l’aide bilatérale, et les contributions aux ONG vont être doublées d’ici à 2022.

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D’après une enquête pilotée par la direction générale du Trésor, l’aide publique au développement française s’élevait en 2016 à 8,7 milliards d’euros. Cela représentait 0,38 % de la richesse nationale cette année-là. Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait inscrit dans son programme un financement pour le développement à 0,7 % en 2030.
Le budget de l’aide au développement avait baissé de 140 millions d’euros en 2017, et n’avait augmenté que de 100 millions en 2018. Le niveau de 0,55 % n’a plus été atteint depuis 1995.



                            


                        

                        


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édition abonné


Bataille pour la présidence d’Engie : coups bas, sexisme et boules puantes

En mai, Jean-Pierre Clamadieu remplacera Gérard Mestrallet à la tête de l’énergéticien français. Isabelle Kocher, qui visait le poste, officiera à ses côtés.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 15h51
    |

            Jean-Michel Bezat, 
Isabelle Chaperon et 
                                Nabil Wakim








                        



                                


                            

Le gouvernement a tranché : Jean-Pierre Clamadieu sera le prochain président non exécutif du conseil d’administration d’Engie. Le « board » du géant énergétique devait en effet proposer, mardi 13 février, la nomination du patron du groupe chimique belge Solvay comme administrateur, en vue de son intronisation à l’issue de l’assemblée générale du 18 mai 2018, date à laquelle s’achève le mandat de Gérard Mestrallet, 69 ans, l’actuel président. Cet industriel reconnu, âgé de 59 ans, formera un nouveau tandem avec Isabelle Kocher, 51 ans, la directrice générale du groupe depuis le 3 mai 2016.
Pour son entourage, il s’agit d’une bonne nouvelle. Les deux dirigeants se connaissent de longue date et s’apprécient. Pour autant, l’arrivée de M. Clamadieu, aux compétences très opérationnelles, pourrait constituer une menace pour Mme Kocher, dont le mandat s’achève dans deux ans. Le temps qu’il lui reste pour prouver qu’elle a réussi le virage stratégique engagé en 2015 : sortir en partie des énergies fossiles et de la production d’électricité soumise aux risques du marché pour développer les renouvelables, les réseaux intelligents et les services énergétiques. En cas d’échec de sa « stratégie de l’énergie trois D » (décarbonée, décentralisée et digitalisée), M. Clamadieu offrirait une alternative très crédible.

Un déchaînement de haine
Longtemps, Mme Kocher, qui avait été mise sur orbite dès novembre 2014 par Gérard Mestrallet pour prendre sa succession, a espéré réunir les fonctions de présidente et de directrice générale, pour devenir la première femme PDG du CAC 40. L’Etat, qui détient encore 24,1 % du capital d’Engie, en a décidé autrement. Parce que « Macron ne l’aime pas » comme le susurre depuis des mois le très courtisan microcosme parisien ? Parce qu’elle gère mal l’entreprise, comme ses détracteurs l’assurent ? Par sexisme ordinaire, alors qu’elle est la seule femme à diriger un groupe du CAC 40 ?
Une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Lancé le 6 février sur Twitter, le hashtag recense des milliers de témoignages de femmes ayant subi harcèlement et agressions sexuelles dans la ville sainte.
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#MosqueMeToo : des musulmanes dénoncent des agressions sexuelles subies à La Mecque

Lancé le 6 février sur Twitter, le hashtag recense des milliers de témoignages de femmes ayant subi harcèlement et agressions sexuelles dans la ville sainte.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 17h54
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 18h21
   





                        



   


Après #BalanceTonPorc, le hashtag #MeToo, lancé sur Twitter dans la foulée de l’affaire Weinstein à l’automne 2017, fait de nouveau des émules. Sur #MosqueMeToo (MosquéeMoiAussi, en français), des femmes musulmanes relatent leurs expériences de harcèlement et d’agressions sexuelles lors du hadj, le pèlerinage rassemblant plus de deux millions de fidèles chaque année à La Mecque, en Arabie saoudite.
Depuis son lancement mardi 6 février, le hashtag a essaimé dans le monde entier : des milliers de tweets en anglais, en turc, en arabe dialectal et en farsi ont été publiés, à l’image de l’éventail, très varié, des croyants présents à La Mecque. En 2017, deux tiers des pèlerins étaient étrangers (soit 1,313 million de personnes) et la moitié étaient des femmes.
Plus de 2 000 tweets en vingt-quatre heures
C’est l’éditorialiste et autrice américano-égyptienne Mona Eltahawy qui est la première à avoir utilisé le hashtag #MosqueMeToo, en partageant un article passé jusqu’alors inaperçu sur le harcèlement sexuel subi par certaines femmes lors du pèlerinage.

A few years ago, I began sharing that I was sexually assaulted during Haj. I wrote about it in my book in 2015. It is hard to talk about assault in sacred spaces.I hope all of us who are speaking can be of help to those who for whatever reason can’t speak right now. #MosqueMeToo https://t.co/uDsZFDolgX— Mona Eltahawy (@monaeltahawy) 8 février 2018


« Il y a quelques années, j’ai commencé à raconter que j’avais été agressée sexuellement pendant le hadj. J’ai écrit dessus dans mon livre en 2015. C’est difficile de parler des agressions qui arrivent dans des lieux sacrés. J’espère que toutes celles qui prennent la parole aujourd’hui peuvent aider celles qui, pour quelque raison que ce soit, ne peuvent pas parler maintenant. »
L’article, publié le 5 février sur le média anglophone à destination des jeunes du monde arabe StepFeed, relaie notamment le témoignage de Sabica Khan, une Pakistanaise musulmane ayant raconté sur Facebook son expérience à La Mecque. Tandis qu’elle faisait le tawaf (rituel consistant à tourner sept fois autour de la Kaaba), des hommes ont touché avec insistance, puis pincé ses fesses. De nombreuses femmes avaient alors répondu à son statut Facebook, racontant qu’elles avaient vécu les mêmes agressions.
« Je n’ai jamais autant été harcelée que dans la ville sainte »
La création du hashtag #MosqueMeToo a permis de multiplier les témoignages et de les rendre plus visibles : en quelques heures, il est devenu l’un des dix les plus utilisés en Iran le 6 février.
« C’est l’une des raisons pour laquelle je ne dis jamais “oui”, lorsqu’on me demande si je veux retourner à La Mecque. Je n’ai jamais autant été harcelée que dans la ville sainte », explique une femme sur Twitter.
« Les gens pensent que La Mecque est le lieu le plus sacré pour les musulmans et donc que personne n’y ferait rien de mal. C’est totalement faux, explique une blogueuse indonésienne vivant en Italie. Une fois, quelqu’un a touché mes seins, puis les a pressés. J’étais choquée. Le mec derrière moi a fait semblant de ne rien avoir fait et a filé. J’étais tellement choquée que j’ai juste fondu en larmes en silence. »
Se taire au nom de l’islam, « c’est à la fois injuste et oppressant »
Mona Eltahawy, qui se définit comme « musulmane libérale », inscrit sa prise de parole dans une démarche féministe, qu’elle avait entamée en 2015 en publiant son ouvrage Voiles et Hymens : pourquoi le Moyen-Orient a besoin d’une révolution sexuelle :
« Cela m’a pris des années avant que je puisse parler des attouchements [subis] pendant le hadj. J’ai gardé le silence non seulement à cause de la honte mais aussi pour que les musulmans n’aient pas une mauvaise image. Même, aujourd’hui, quand je dis avoir [subi] des attouchements pendant le hadj, je suis accusée d’inventer ou j’entends dire que je calomnie l’islam. »
Face aux critiques venant d’internautes musulmans accusant le hashtag de « salir l’islam », l’éditorialiste du Guardian, Aisha Sarwari, rejoint la démarche de Mona Eltahawy, soulignant dans un tweet que « les femmes musulmanes comme les autres femmes souffrent de harcèlement, mais quand cela arrive dans un contexte religieux, on leur demande de se taire au nom d’une cause plus grande. C’est à la fois injuste et oppressant. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Ces suppressions de postes se feraient dans un premier temps via des départs volontaires puis, si nécessaire, par des départs contraints.
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SoLocal (ex-PagesJaunes) va supprimer 1 000 postes sur 4 500 en deux ans

Ces suppressions de postes se feraient dans un premier temps via des départs volontaires puis, si nécessaire, par des départs contraints.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 15h22
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 15h49
   





                        


Le groupe SoLocal, héritier des annuaires téléphoniques PagesJaunes, va supprimer 1 000 postes, sur près de 4 500, sur la période 2018-2019, dont 800 dès cette année, a annoncé le groupe dans un communiqué, mardi 13 février.
Ces suppressions de postes se feraient dans un premier temps via des départs volontaires puis, si nécessaire, par des départs contraints, a déclaré Eric Boustouller, directeur général de SoLocal.
Dans la tourmente depuis plusieurs années, l’ex-PagesJaunes a dévoilé ce mardi en Comité d’entreprise un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) touchant principalement ses équipes commerciales. Il s’inscrit dans un plan conçu par la nouvelle direction du groupe visant à renouer avec la croissance du chiffre d’affaires en 2019 après une année 2018 de transition.
« La survie de l’entreprise en jeu »
« Si on ne fait pas cela dans l’urgence, c’est la survie de l’entreprise qui est en jeu », a expliqué à la presse le nouveau directeur général Eric Boustouller, un ancien haut-responsable européen de Microsoft. Il a insisté sur la capacité de l’entreprise à devenir un champion français du numérique au terme de son redressement.
Le groupe avait annoncé lundi soir avoir demandé la suspension de la cotation de son titre en Bourse jusqu’à jeudi dans l’attente de la publication d’un communiqué. Le groupe, qui doit présenter ses résultats mercredi avant une journée investisseurs jeudi, a revu une nouvelle fois à la baisse début novembre ses prévisions pour 2017.

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                Chez SoLocal, ex-PagesJaunes, le conflit se durcit



Concurrence de Google
La société a changé de direction en septembre 2017 pour tenter de se relancer au terme d’une restructuration financière et d’un long conflit avec une partie de ses actionnaires.
Dans un secteur des annuairistes mis à mal par l’émergence de nouveaux champions du numérique comme le moteur de recherche Google, SoLocal, qui possède les sites PagesJaunes et Mappy, tente de se distinguer en se spécialisant dans l’accompagnement des petites et moyennes entreprises dans leur communication numérique.

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Il peine toutefois à compenser le déclin structurel des revenus générés par ses imprimés avec ses nouvelles activités dans le numérique. L’action SoLocal avait clôturé lundi soir à 0,9975 euro. Il affiche une progression de 20 % depuis le début de l’année après avoir perdu près d’un tiers de sa valeur l’an dernier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Kingfisher a annoncé en septembre un recul de 8,1 % de son bénéfice net au premier semestre, à 295 millions de livres (332 millions d’euros).
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Plus de 400 suppressions de postes annoncées chez Castorama et Brico Dépôt

Kingfisher a annoncé en septembre un recul de 8,1 % de son bénéfice net au premier semestre, à 295 millions de livres (332 millions d’euros).



Le Monde
 |    13.02.2018 à 15h06
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 15h18
   





                        



   


Le groupe anglais Kingfisher, spécialisé dans les magasins de bricolage, qui compte 20 000 salariés en France, a annoncé la suppression de 409 postes en France (321 chez Castorama et 88 chez Brico Dépôt).
Le « plan de transformation », nommé « One Kingfisher », prévoit un programme d’« investissements informatiques, la mise en place d’une centrale d’achat unique, des évolutions des métiers du marketing et du commerce, ainsi que la création d’un centre de services partagés en Pologne, pour gérer ses activités de transactions financières et comptables », détaille Kingfisher dans un communiqué, mardi 13 février. « Ce projet entraînera en France la suppression de 409 postes, la création de 102 postes et le transfert de 164 postes – à conditions d’emplois équivalentes », ajoute la direction.
La direction critiquée pour son manque d’anticipation
Pour le délégué central CFE-CGC de Brico Dépôt, Philippe Banse, « l’activité commerciale du groupe, le chiffre d’affaires, régresse certes, mais les résultats opérationnels et les actions en Angleterre progressent tous les ans ». « Il y a eu de la part de la direction un manque d’anticipation du commerce sur Internet », a-t-il réagi. Kingfisher a annoncé en septembre un recul de 8,1 % de son bénéfice net au premier semestre, à 295 millions de livres (332 millions d’euros).
« C’est intolérable ! C’est toujours pour donner plus de dividendes aux actionnaires », a également dénoncé Nicolas Euzenot, délégué CGT de Castorama. « Ils déroulent le projet comme un rouleau compresseur, et les dommages collatéraux sont là. » Le syndicaliste dénonce dans les transferts « un plan social déguisé » : « La plupart des salariés concernés ne vont pas vouloir changer de métier, surtout ceux proches de la retraite », a-t-il dit.

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                En France, le mouvement de concentration se renforce dans le secteur du bricolage



La directrice générale du groupe Kingfisher, la Française Véronique Laury, avait annoncé le 8 novembre, dans une vidéo diffusée dans l’ensemble des sociétés, le regroupement des activités comptabilité et contrôle de gestion dans un centre de services à Cracovie, en Pologne. Le plan devrait être effectif à la fin de 2018.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Une quadragénaire, qui avait touché plusieurs milliers d’euros d’indemnisation après s’être fait passer pour une victime du 13-Novembre, sera jugée mercredi en comparution immédiate.
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Une fausse victime du Bataclan arrêtée dans le Val-de-Marne

Une quadragénaire, qui avait touché plusieurs milliers d’euros d’indemnisation après s’être fait passer pour une victime du 13-Novembre, sera jugée mercredi en comparution immédiate.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 17h50
   





                        



   


Une quadragénaire qui s’était fait passer pour une victime des attentats du 13-Novembre au Bataclan, et avait à ce titre touché plusieurs milliers d’euros d’indemnisation, a été arrêtée mardi 13 février, annonce le parquet de Créteil.
Agée de 48 ans, cette habitante du Val-de-Marne, travaillant d’abord en tant que bénévole, puis comme employée en CDD depuis mars 2017 pour l’association de victimes Life for Paris, avait déjà été condamnée à trois reprises pour des faits d’escroquerie. Elle a reconnu les faits en garde à vue et sera jugée mercredi en comparution immédiate, a indiqué le parquet de Créteil. L’association Life for Paris n’avait pas réagi mardi après-midi.
De faux documents
« Au total, elle a touché 25 000 euros » du Fonds de garantie des victimes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI), a précisé le parquet. L’information a été confirmée par le FGTI, qui a l’intention de se porter partie civile. Selon l’organisme, cette somme correspondait à « une provision sur l’indemnisation totale ».
« Elle a fabriqué de faux documents à partir de documents de l’association grâce auxquels elle a pu obtenir des avantages réservés aux victimes des attentats », a aussi expliqué le parquet.

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                « L’homme qui rêvait d’être une victime » du 13-Novembre condamné à deux ans de prison


Le 13 novembre 2015, 130 personnes sont mortes et plusieurs centaines ont été blessées dans une série d’attentats à Paris et Saint-Denis. Au total, onze personnes ont été condamnées pour tentative d’escroquerie et deux pour escroquerie entre le 21 novembre 2016 et le 1er décembre 2017, précise le FGTI.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Un convoyeur de fonds soumis au chantage après le kidnapping de sa fille en Suisse, jeudi soir, a été placé en garde à vue avec sa fille avant d’être remis en liberté, mardi.
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Un convoyeur de fonds et sa fille interrogés par la police après avoir été rançonnés

Un convoyeur de fonds soumis au chantage après le kidnapping de sa fille en Suisse, jeudi soir, a été placé en garde à vue avec sa fille avant d’être remis en liberté, mardi.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 17h01
   





                        



   


De faux plombiers qui font main basse sur des millions de francs suisses en kidnappant la fille d’un convoyeur de fonds, retrouvée saine et sauve après rançon : c’est le scénario d’une rocambolesque affaire survenue dans la soirée du 8 février entre Lyon et la Suisse, autour de laquelle de nombreuses questions restent à éclaircir.
Le 8 février, un convoyeur de fonds disait avoir été victime d’un chantage exigeant la livraison d’un fourgon plein d’argent, en échange de la libération de sa fille, laquelle affirmait avoir été kidnappée par deux faux plombiers.
Mardi 13 février, une source proche du dossier annonçait que la jeune fille et son père, ainsi qu’un collègue de travail de ce dernier, ont été convoqués samedi après-midi à l’hôtel de police de Lyon pour être entendus par les enquêteurs. Leur garde à vue a débuté lundi, a précisé une de ces sources à l’AFP, confirmant une information de la chaîne LCI.
Tous trois ont, finalement, été remis en liberté à l’issue de leur garde à vue, mardi à la mi-journée, a déclaré cette même source, en refusant de préciser si le trio était définitivement mis hors de cause dans cette affaire d’enlèvement contre rançon entre la France et la Suisse. Cette garde à vue pouvait se prolonger durant quatre-vingt-seize heures.
Selon les informations de France 2, les enquêteurs souhaitent vérifier la provenance d’une somme de plusieurs centaines de milliers de francs suisses retrouvés au domicile de l’un des deux convoyeurs, lesquels affirment qu’elle leur a été remise par les auteurs de l’enlèvement, en dédommagement.
Butin chiffré entre 20 et 30 millions de francs suisses
Selon les dires de la jeune femme de 22 ans, celle-ci avait été enlevée dans son appartement, jeudi à 18 h 30, par deux faux plombiers, qui, après l’avoir ligotée, l’aurait contrainte à appeler son père, employé en Suisse par une société de transport de fonds.
Domicilié à Annemasse (Haute-Savoie), ce dernier, qui était en train d’effectuer une tournée avec son collègue dans le canton de Vaud dans un fourgon blindé rempli d’argent, aurait alors été forcé d’en remettre le contenu à plusieurs hommes armés qui l’attendaient sur un parking près de Chavornay.
Le montant du butin avait été chiffré entre 20 et 30 millions de francs suisses (entre 17 et 26 millions d’euros). Jointe mardi par l’Agence France-Presse, la société SOS Surveillance, victime présumée du braquage, s’est refusée à tout commentaire.
Relâchée par ses « ravisseurs », la jeune femme, apparemment « très choquée », avait été découverte par un passant au bord d’une route sur la commune de Tramoyes, dans l’Ain, et conduite à la gendarmerie.
L’information de presse selon laquelle une « petite partie du butin » aurait été retrouvée « sur indication d’un convoyeur » n’a, par ailleurs, pas été confirmée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Une exposition parisienne met en lumière plus de 130 tirages du célèbre dadaïste, dont l’œuvre photographique est longtemps restée dans l’ombre.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Des chercheurs en sécurité ont identifié un programme informatique malveillant conçu pour « perturber les Jeux olympiques ».
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Les Jeux olympiques de Pyeongchang victimes d’une attaque informatique

Des chercheurs en sécurité ont identifié un programme informatique malveillant conçu pour « perturber les Jeux olympiques ».



Le Monde
 |    13.02.2018 à 13h56
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 15h56
    |

            Martin Untersinger








                        



   


Les organisateurs des Jeux olympiques d’hiver ont reconnu, dimanche 11 février, avoir été victimes, dans la nuit de vendredi 3 à samedi 4 février, d’une attaque informatique. « Il y a eu une cyberattaque, le serveur a été mis à jour hier pendant la journée et nous avons [identifié] la cause du problème » a déclaré un porte-parole des XXIIIes Jeux d’hiver, cité par le Guardian.
Les dégâts – réparés depuis – sont restés sans gravité : le site Internet des Jeux a été inopérant pendant douze heures, empêchant par exemple les visiteurs d’imprimer leurs tickets d’entrée. Dans la salle de presse, le réseau Internet et les télévisions ont cessé de fonctionner tandis que le réseau Wi-Fi du stade olympique a été interrompu.
Lundi, deux chercheurs en sécurité informatique de l’entreprise Talos ont annoncé avoir découvert un programme informatique malveillant, surnommé « Olympic destroyer », qu’ils soupçonnent fortement d’être à l’origine des perturbations. D’abord, l’activité du virus recoupe temporellement les ennuis informatiques des organisateurs des Jeux olympiques. Ensuite, et surtout, des identifiants et des mots de passe spécifiques aux systèmes informatiques de Pyeongchang 2018 ont été incorporés à ce programme malveillant.
« Perturber les Jeux olympiques »
Selon les chercheurs, ce dernier n’est pas destiné à l’espionnage. « Les échantillons que nous avons analysés ne comportent qu’une fonctionnalité de destruction. Il ne semble pas y avoir de fuite d’information », écrivent Warren Mercer et Paul Rascagnères. En clair, ce programme malveillant « a pour but de perturber les Jeux olympiques ».
Ce programme destructif – « wiper », dans le jargon – combine des fonctionnalités de propagation automatique – qui lui permettent de contaminer d’autres ordinateurs d’un même réseau une fois une machine infectée – avec des fonctionnalités de destruction. Olympic Destroyer supprime les fichiers accessibles sur le réseau depuis l’ordinateur infecté ainsi que d’autres données présentes sur l’ordinateur, perturbant gravement son fonctionnement.
Sur ce dernier point, les chercheurs ont cependant remarqué qu’il avait opté pour une méthode de destruction de fichiers moins radicale que d’autres wipers par le passé, qui peut expliquer pourquoi ses effets ont été relativement limités. « C’est très inhabituel », précise au Monde Craig Williams, chercheur chargé de la communication chez Talos, avant d’expliquer que les auteurs du virus auraient pu configurer ce dernier pour qu’il détruise pour de bon les données. Erreur de programmation ou avertissement ? A ce stade, impossible de le dire.
L’inévitable soupçon russe
Impossible aussi de dire qui se cache derrière ce logiciel. Il s’agit en tout cas de quelqu’un qui avait « pour objectif de mettre dans l’embarras le Comité olympique durant la cérémonie d’ouverture », écrivent les deux chercheurs. Dans le contexte politique actuel, alors que le CIO a pris des mesures de rétorsion contre Moscou à la suite d’affaires de dopage – les athlètes russes concourent cette année sous une bannière neutre –, les soupçons se sont immédiatement portés sur la Russie. D’autant que ce programme malveillant utilise des méthodes de propagation évoquant celles qui ont été utilisées ces derniers mois par BadRabbit et NotPetya, ce dernier étant soupçonné par les autorités américaines d’avoir des origines au sein du renseignement russe.
Les chercheurs de Talos n’ont à ce stade observé aucune similarité forte avec un programme malveillant déjà connu. « C’est la première fois que nous voyons ce programme destructif », affirme Craig Williams.
Les organisateurs se sont refusés à pointer un quelconque responsable. « Nous ne révélons aucun détail publiquement pour le moment. Nous sommes en train de nous assurer que nos systèmes sont sécurisés, et ils le sont, aussi discuter des détails ne nous est d’aucune aide », a expliqué Mark Adams, le responsable de la communication du Comité international olympique au Guardian, tout en évoquant la publication ultérieure d’un rapport sur l’événement.
Les soubresauts des conflits numériques
Comme tout grand événement, les Jeux olympiques sont touchés par les soubresauts des conflits numériques. Plusieurs semaines avant le coup d’envoi des Jeux de Pyeongchang, des experts ont repéré plusieurs vagues d’activité informatique suspectes.
L’entreprise spécialisée Trend Micro pointait à la mi-janvier l’existence d’une campagne d’hameçonnage, qui consiste à tromper sa cible pour l’inciter à fournir ses mots de passe, visant plusieurs fédérations de sports d’hiver, notamment la Fédération européenne de hockey sur glace, la Fédération internationale de ski ou l’Union internationale de biathlon. Cette opération a, selon Trend Micro, été menée par « Pawn storm », l’appellation retenue par l’entreprise pour désigner le principal groupe de pirates affiliés à la Russie.
Parallèlement, un groupe de pirate se faisant appeler « Fancy bear », soit l’appellation retenue par d’autres acteurs de l’industrie pour désigner « Pawn storm », a publié des correspondances internes au Comité international olympique censées décrédibiliser les investigations antidopage qui ont conduit aux sanctions contre la Russie.
Une autre entreprise, McAfee, a elle aussi détecté, peu avant le début des Jeux olympiques, une campagne d’hameçonnage visant l’organisation des JO. Quelques semaines plus tard, toujours selon McAfee, cette campagne s’est poursuivie avec le déploiement d’un programme malveillant destiné à extraire des données. Cette offensive semblait cependant pilotée par un « acteur étatique parlant coréen », selon l’entreprise citée par le Financial Times. Une manière diplomatique mais transparente de désigner le régime nord-coréen, dont les activités hostiles dans le cyberespace semblent s’être renforcées ces derniers mois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ L’épouse du ministre de l’intérieur devra, en revanche, faire preuve d’« un surcroît de vigilance et de discrétion » en raison de l’activité de son mari, selon un avis de la justice administrative.
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L’épouse de Gérard Collomb autorisée à cumuler les fonctions de juge administratif et de responsable de LRM

L’épouse du ministre de l’intérieur devra, en revanche, faire preuve d’« un surcroît de vigilance et de discrétion » en raison de l’activité de son mari, selon un avis de la justice administrative.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 17h25
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 18h13
   





                        


La justice administrative a tranché. Caroline Collomb peut cumuler les fonctions de juge administratif et de responsable de La République en marche (LRM) mais doit faire preuve d’« un surcroît de vigilance et de discrétion » en raison de l’activité de son mari, selon l’avis qu’elle a publié lundi 12 février.
En décembre, un ancien élu LR lyonnais, Eric Forquin, avait appelé le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative, à statuer sur la situation de Caroline Collomb, l’épouse du ministre de l’intérieur, évoquant un « risque de conflit d’intérêts » et de manquement à son « obligation de réserve ».
Le vice-président du Conseil d’Etat, Jean-Marc Sauvé, a demandé au début du mois de janvier l’avis du Collège de déontologie de la justice administrative sur la situation de Caroline Collomb, première conseillère au tribunal administratif (TA) de Paris et « référente » LRM pour le Rhône.
« Si un magistrat administratif peut assumer une fonction de responsabilité au sein d’un parti politique, c’est à la double condition que les obligations inhérentes à cette responsabilité n’affectent pas sa disponibilité pour l’exercice de ses fonctions juridictionnelles et qu’il ne soit pas, du fait de cette fonction, amené à s’exprimer d’une façon qui ne serait pas compatible avec son obligation de réserve », écrit le Collège dans son avis publié sur le site du Conseil d’Etat. « Pour autant, Mme Collomb doit demeurer particulièrement attentive au fait que sa situation d’épouse du ministre de l’intérieur l’expose à ce que ses faits et propos soient tout particulièrement observés », poursuit le Collège, qui appelle Caroline Collomb à « un surcroît de vigilance et de discrétion ».
« Propos lénifiants » du Conseil d’Etat
Caroline Collomb, qui travaillait depuis 2015 au TA de Toulon, a été mutée durant l’été à Paris puis désignée « référente » LRM pour le Rhône, le 6 octobre. Le 18 septembre, le Collège de déontologie avait déjà rendu un avis sur sa mutation, à l’origine d’une polémique. Il ne s’y était pas opposé, appelant toutefois Mme Collomb à être « tout particulièrement vigilante » quant à son « obligation de réserve » et sa « discrétion professionnelle ».
Il avait aussi enjoint le TA de Paris à l’écarter de tout dossier « relevant du ministère de l’intérieur, y compris naturellement au titre du contentieux des étrangers ». Le vice-président du Conseil d’Etat s’était alors fendu d’une « mise au point » en faveur de Mme Collomb. « Il ne saurait y avoir de stigmatisation ou d’interdiction professionnelle tenant aux liens familiaux des juges », affirmait alors Jean-Marc Sauvé.
Joint par l’AFP, Eric Forquin s’est dit « très déçu » par « les propos lénifiants » du Conseil d’Etat qui « prend des gants » avec l’épouse du ministre de l’intérieur. La « situation extrême » de Caroline Collomb est « emblématique » et « nécessitait un avis tranché », estime ce juriste d’entreprise pour qui « le Conseil d’Etat rappelle des règles déontologiques évidentes mais ne statue pas sur la véritable compatibilité » entre les multiples fonctions de Mme Collomb.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Expulsés des Etats-Unis ou du Mexique, ils débarquent dans leur pays d’origine sans la moindre aide.
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édition abonné


Au Guatemala, le désarroi des migrants « retournés »

Expulsés des Etats-Unis ou du Mexique, ils débarquent dans leur pays d’origine sans la moindre aide.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 16h44
    |

            Maryline Baumard (Guatemala, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

L’ouverture de la porte en fer referme la pa­renthèse du rêve nord-américain. Le 23 janvier, Enrique franchit, tête basse, ce seuil symbolique qui le ramène à sa vie d’avant. Derrière lui, ­l’aéroport militaire de Guatemala et l’avion des « retournés », d’où il vient de descendre. Devant, le brouhaha de la rue et son père, qui l’attend sur le trottoir avec à la taille sa machette à couper la canne à sucre. Entre eux, pas d’effusions. Enrique lui tend les piécettes mexicaines, ultime reste de sa saga vers les Etats-Unis.
Le 5 janvier, le garçon était parti de la ferme familiale, avait traversé le Mexique et même posé le pied en Arizona. Mais juste après la police des frontières l’a in­terpellé, brisant l’espoir de ses ­proches de toucher eux aussi quelques billets verts chaque mois – 10 % du PIB du Guatemala vient du 1,5 million d’émigrés aux Etats-Unis.
Postée à quelques mètres sur le trottoir, Ledya Epinal, 49 ans, lit l’abattement dans les yeux d’Enrique, sa honte d’avoir déçu la famille. Elle s’approche, pose une main sur l’épaule du jeune homme. Son gilet gris rappelle qu’elle est de l’Association des retournés guatémaltèques (ARG), dont la mission est d’assister ceux dont les Etats-Unis n’ont pas voulu ou ne veulent plus.

Ledya Epinal est elle aussi une ­retournée. Alors, en pansant les maux de ceux que le président américain, Donald Trump, renvoie, elle soigne un peu son mal de Miami. « Chaque atterrissage me ramène à ce jour de 2014, où c’est moi qui ai débarqué là », matricule du centre de rétention collé sur un petit sac transparent, comme les 120 revenants du jour.
« Service précieux »
Fondée en 2014, son association ne chôme pas. Son rôle est même « essentiel quand 95 000 Gua­témaltèques ont été renvoyés en 2016 et un peu plus de 60 000 en 2017, selon l’Organisation internationale pour les migrations », comme le rappelle Françoise ­Sivignon, la présidente de Médecins du monde...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ L’opposant d’origine géorgienne Mikheïl Saakachvili a été expulsé vers la Pologne, le 12 février. Il a dénoncé un « kidnapping » des autorités ukrainiennes.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Certains Français ont été entendus par la police écossaise, lundi, comme simples témoins potentiels à la suite d’informations sur une agression sexuelle dans le centre d’Edimbourg.
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XV de France : plusieurs Bleus sortis après la défaite en Ecosse seront privés du match contre l’Italie

Certains Français ont été entendus par la police écossaise, lundi, comme simples témoins potentiels à la suite d’informations sur une agression sexuelle dans le centre d’Edimbourg.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 14h49
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 16h02
   





                        



   


La sanction est tombée. Plusieurs joueurs du XV de France ayant passé la fin de soirée dans les rues du centre-ville d’Edimbourg dimanche après leur défaite en Ecosse (32-26) ont été exclus du groupe retenu pour affronter l’Italie le 23 février à Marseille, pour la troisième journée du Tournoi des six nations.
« Par ce comportement inapproprié, ils n’ont pas respecté leur statut de joueur international et les devoirs qui en découlent », a indiqué la Fédération française de rugby (FFR) dans un communiqué, mardi 13 février.
La FFR ne mentionne aucun nom. Si l’on se fie à la liste des joueurs présents en Ecosse et à celle composée pour affronter l’Italie, cette sanction concernera notamment l’ailier Teddy Thomas, déjà auteur de trois essais en deux matchs contre l’Irlande puis l’Ecosse, mais aussi les troisièmes-lignes Louis Picamoles et Sekou Macalou, les centres Rémi Lamerat et Jonathan Danty, les deuxièmes-lignes Félix Lambey et Arthur Iturria, ainsi que l’ouvreur Anthony Belleau.

        Lire aussi :
         

          Rugby : des joueurs du XV de France entendus par les autorités écossaises



Qu’est-il précisément reproché aux joueurs ? La FFR laisse planer le doute. Est-ce le fait d’avoir passé une soirée festive après la défaite, ou bien celui, plus précisément, d’avoir été entendus par la police écossaise ?
Dans un communiqué, la police d’Edimbourg, qui avait d’abord empêché l’avion du XV de France de décoller lundi matin pour pouvoir interroger plusieurs joueurs, a indiqué qu’elle les avait entendus comme simples témoins potentiels à la suite d’informations sur une agression sexuelle dans le centre d’Edimbourg.
Six internationaux manquaient à l’appel à l’arrivée du premier avion du XV de France, avec deux heures de retard, à l’aéroport d’Orly : Anthony Belleau, Jonathan Danty, Yacouba Camara, Félix Lambey, Picamoles et Rémi Lamerat. Seul Camara a été conservé dans le groupe en vue de l’Italie.
Les autorités écossaises ont conclu après investigation qu’« aucun crime » n’avait « été commis » et précisé qu’elles n’avaient eu vent d’aucune bagarre impliquant les joueurs, comme évoqué par plusieurs médias français.
Retour de Bastareaud
A la mi-journée, après la publication d’informations en ce sens, la Fédération française de rugby avait confirmé de son côté dans un tweet que « certains joueurs (étaient) entendus par les autorités écossaises », sans donner, là non plus, davantage de détails.
Par ailleurs, le prochain match contre l’Italie marque le retour dans le groupe du centre Mathieu Bastareaud, qui revient d’une suspension de trois semaines pour avoir insulté, mi-janvier en Coupe d’Europe, avec son club de Toulon, un joueur italien de Trévise.
Après deux défaites en autant de matchs, contre l’Irlande de justesse à domicile (13-15), puis en Ecosse après avoir longtemps mené au score, l’équipe de France avance sans filet face à une sélection italienne elle aussi lestée de deux défaites initiales.

Le XV de France contre l’Italie
Avants : Mathieu Babillot (Castres), Eddy Ben Arous (Racing 92), Cedate Gomes Sa (Racing 92), Jefferson Poirot (Bordeaux-Bègles), Dany Priso (La Rochelle), Rabah Slimani (Clermont), Camille Chat (Racing 92), Guilhem Guirado (Toulon/cap), Adrien Pélissié (Bordeaux-Bègles), Paul Gabrillagues (Stade Français), Sébastien Vahaamahina (Clermont), Yacouba Camara (Montpellier), Wenceslas Lauret (Racing 92), Marco Tauleigne (Bordeaux-Bègles), Kélian Galletier (Montpellier), Bernard Le Roux (Racing 92), Romain Taofifenua (Toulon)
Arrières : Baptiste Couilloud (Lyon), Maxime Machenaud (Racing 92), Baptiste Serin (Bordeaux-Bègles), Lionel Beauxis (Lyon), François Trinh-Duc (Toulon), Mathieu Bastareaud (Toulon), Henry Chavancy (Racing 92), Geoffrey Doumayrou (La Rochelle), Gaël Fickou (Toulouse), Rémy Grosso (Clermont), Benjamin Fall (Montpellier), Virimi Vakatawa (Racing 92), Hugo Bonneval (Toulon), Geoffrey Palis (Castres).





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ La classe africaine (24). Parents et enseignants se perdent dans la liste des manuels agréés, qui change à chaque rentrée. Un gâteau éditorial qui attise les appétits.
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Décryptage

Les livres scolaires en Côte d’Ivoire, un business qui vire au casse-tête

La classe africaine (24). Parents et enseignants se perdent dans la liste des manuels agréés, qui change à chaque rentrée. Un gâteau éditorial qui attise les appétits.

Par                                            Haby Niakaté (Abidjan, correspondance)




LE MONDE
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        Le 13.02.2018 à 18h14

     •
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        Mis à jour le 13.02.2018 à 18h45






    
Au Salon international du livre d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, le 28 mai 2016.
Crédits : SIA KAMBOU / AFP


Comment équiper en manuels scolaires les près de 5,5 millions d’élèves que compte la Côte d’Ivoire ? C’est le casse-tête que tentent de résoudre chaque année l’Etat, les parents et les enseignants, mais aussi les éditeurs et les distributeurs.

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          La classe africaine



Selon un rapport de la Banque mondiale publié en janvier 2017, les « enfants ivoiriens n’ont pas assez d’ouvrages pour perfectionner leur apprentissage scolaire ». Un constat conforté par les statistiques du ministère de l’éducation nationale. En primaire, par exemple, le manque de manuels scolaires est criant : si, en CP, 61 % des élèves ont un livre de calcul, le taux s’effondre à 33 % en CM2, 24 % en CE2 et 23 % en CE1. Même constat pour les livres de lecture.
Comment expliquer un tel sous-équipement dans un pays où la part du budget consacrée à l’éducation n’a cessé de croître ces dernières années (+ 7,5 % par an en moyenne depuis 2010) pour atteindre aujourd’hui 27 % et dont le secteur de l’édition est l’un des plus développés de la sous-région ?

    

Crédits : Infographie "Le Monde"


Une dépense non négligeable
En Côte d’Ivoire, l’obligation d’aller à l’école pour les enfants de 6 à 16 ans est inscrite depuis 2015 dans la loi, au même titre que la gratuité de l’enseignement, « à l’exception, notamment, des droits d’inscription, des prestations sociales et des charges relatives aux manuels et autres fournitures scolaires ». L’achat des ouvrages est donc à la charge des parents, dans le privé comme dans le public.
Néanmoins, ces dernières années, le ministère de l’éducation a opté pour la distribution gratuite de millions de kits scolaires, comprenant des fournitures et parfois des ouvrages, dans des écoles de quartiers défavorisés d’Abidjan ou de communes rurales, afin d’alléger le budget de rentrée des familles. Mais le chemin pour l’équipement de tous, notamment à l’intérieur du pays, est encore long.

        Episode 22
         

          Au Bénin, la scolarisation des filles reste un combat



Abdoulaye Koné, 44 ans, est maître d’hôtel à Abidjan. Pour ses trois filles âgées de 6 à 13 ans, toutes scolarisées dans des établissements publics, il a dépensé en septembre 2017 près de 40 000 francs CFA (61 euros) en manuels scolaires. Dans un pays où le salaire minimum interprofessionnel garanti est de 60 000 francs CFA, la dépense n’est pas négligeable.
Pourtant, « le problème n’est pas le prix des manuels, dit-il. C’est plutôt l’impossibilité de les réutiliser d’année en année, entre frères et sœurs, cousins ou amis ». Il ajoute : « Quand j’étais enfant, dans les années 1970 et 1980, le programme était stable et on pouvait se refiler les ouvrages. Aujourd’hui, à chaque rentrée, on se demande quelle nouvelle collection va encore sortir du chapeau ! »
Legs de l’époque coloniale
Avant chaque rentrée, le ministère de l’éducation publie en effet une liste des manuels agréés. A charge pour les enseignants de choisir ceux qu’ils utiliseront en classe.
Dans les années 1980 et 1990, cette liste était assez réduite et constante. L’ex président Félix Houphouët-Boigny avait confié l’édition des manuels scolaires au duopole franco-ivoirien NEI-CEDA, formé par les Nouvelles Editions ivoiriennes et le Centre d’édition et de diffusion africain. Les deux entités, qui ont entre-temps fusionné, sont aujourd’hui une filiale du géant français de l’édition Hachette.

        Episode 20
         

          Au Burkina, apprendre à lire sous une paillote, sans murs ni électricité



La libéralisation du secteur au début des années 2000, appuyée par la Banque mondiale, ainsi que la volonté des présidents successifs d’imprimer leur marque, modifieront et gonfleront au fur et à mesure cette liste. La collection la plus connue des années 1980, « Ecole et Développement », élaborée par des fonctionnaires ivoiriens, est ainsi devenue « Ecole et Nation » sous Laurent Gbagbo, puis « Ecole, Nation et Développement » sous Alassane Ouattara.



Pour l’année 2017-2018, la liste fait 30 pages, représentant une trentaine de maisons d’édition. Seule constante : la domination du marché par NEI-CEDA, dont le chiffre d’affaires a atteint 3,3 milliards de francs CFA en 2016 (5 millions d’euros), même si certains acteurs ivoiriens tels qu’Eburnie ou Frat Mat arrivent à tirer leur épingle du jeu.

        Episode 16
         

          Les filles, éternelles oubliées de l’éducation au Niger



Un leadership que dénoncent nombre de petits éditeurs ivoiriens, qui y voient un legs de l’époque coloniale et pointent la proximité entre le gouvernement et NEI-CEDA, dont la directrice éditoriale, Miriame Moro, est l’épouse d’Abdoulaye Kouyaté, le chef de cabinet de la ministre de l’éducation. Un argument qui fait pouffer Dominique Le Boulch, patron de NEI-CEDA, qui estime que l’argument n’est pas valable puisque son entreprise a perdu ces dernières années des appels d’offres au profit de plus petits éditeurs.
« Une affaire de gros sous »
« Le livre scolaire, c’est une affaire de gros sous, explique un éditeur de la place qui tient à rester anonyme. Etre sur cette liste, c’est le graal, et tous les coups sont permis. Imaginez un peu, c’est un marché énorme, plus de 5 millions d’élèves ! Chacun veut sa part du gâteau : auteurs, éditeurs, imprimeurs ou distributeurs, quitte à employer des méthodes parfois illégales. »

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                La littérature africaine s’édite (aussi) en Afrique



Ce marché « énorme » est « estimé à 20 milliards de francs CFA », selon Anges Félix N’Dakpri, président de l’Association des éditeurs de Côte d’Ivoire (Assedi). Selon lui, « il faudrait réguler pour éviter la cacophonie actuelle, avec des enseignants qui s’érigent en éditeurs, des imprimeurs en distributeurs, des livres piratés, des manuels distribués gratuitement par l’Etat qui se retrouvent vendus sur des marchés… Il faudrait remettre de l’ordre dans toute la chaîne, en professionnaliser tous les maillons pour que chacun y trouve son compte. » A commencer par les élèves.



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Sommaire de notre série La classe africaine

        Episode 23
         

          Au Bénin, la formation des professeurs a retrouvé son cours



        Episode 22
         

          Au Bénin, la scolarisation des filles reste un combat



        Episode 21
         

          Au Burkina, « l’école garde sa coloration néocoloniale, les savoirs locaux sont ignorés »



        Episode 20
         

          Au Burkina, apprendre à lire sous une paillote, sans murs ni électricité



        Episode 19
         

          Dans la classe de Maxime Sou, le super-prof du Burkina Faso



        Episode 18
         

          Lacina, 30 ans, sept ans à l’université de Ouagadougou et toujours aucun diplôme



        Episode 17
         

          Au Burkina, Maxime Sou, l’enseignant qui a 100 élèves par classe et 100 % de réussite aux examens



        Episode 16
         

          Les filles, éternelles oubliées de l’éducation au Niger



        Episode 15
         

          Au Niger, la formation agricole comme alternative à l’école



        Episode 14
         

          Face à la déscolarisation, le Niger mise sur l’enseignement en langues locales



        Episode 13
         

          Au Nigeria, les écoles coraniques se mettent aux maths et à l’anglais



        Episode 12
         

          A l’université panafricaine de Yaoundé, on rêve de changer le continent



        Episode 11
         

          Au Cameroun, « je mène une véritable bataille pour payer la scolarité de mes enfants »



        Episode 10
         

          L’Université de Juba, une école de la survie au Soudan du Sud



        Episode 9
         

          Au Soudan du Sud, « plutôt que de se battre, il faut tout faire pour continuer notre éducation »



        Episode 8
         

          En Ouganda, l’école secondaire universelle en examen



        Episode 7
         

          En Ouganda, « c’est un très gros atout de pouvoir s’exprimer en mandarin » pour travailler



        Episode 6
         

          A l’école des « codeurs » kényans



        Episode 5
         

          Des universités kényanes prestigieuses mais déconnectées du marché de l’emploi



        Episode 4
         

          Le pari financier raté des écoles Bridge en Afrique



        Episode 3
         

          Au Kenya et en Ouganda, les écoles bon marché Bridge dans la tourmente



        Episode 2
         

          L’Ethiopie mise sur la formation d’une main-d’œuvre qualifiée pour s’industrialiser



        Premier épisode
         

          Enseignement supérieur : en Ethiopie, la quantité prime sur la qualité



        Présentation de notre série
         

          La classe africaine


De l’Ethiopie au Sénégal, douze pays ont été parcourus pour raconter les progrès et les besoins de l’éducation sur le continent.




























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L’Inde veut alunir pour la première fois

L’Organisation de ­recherche spatiale indienne se prépare à faire ses premiers tours de roue sur la Lune avec sa mission baptisée « Chandrayaan-2 ».



Le Monde
 |    12.02.2018 à 17h41
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 17h44
    |

                            Guillaume Delacroix (Bombay, interim)








                        



                                


                            
Soucieuse de trouver une place digne de son poids démographique et de son potentiel de croissance dans le concert des ­nations, l’Inde, qui se démène sur la terre ferme pour obtenir un jour un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, s’apprête à vivre une ­expérience historique dans l’espace. Quatre ans et demi après avoir réussi la prouesse de placer un engin en orbite autour de Mars, l’Organisation de ­recherche spatiale indienne (Indian Space Research Organisation ; ISRO) se prépare à faire ses premiers tours de roue sur la Lune avec sa mission baptisée « Chandrayaan-2 », mot qui signifie « véhicule lunaire » en sanskrit.
Les préparatifs vont bon train au centre spatial Satish-Dhawan de l’île de Sriharikota, le pas de tir des rives du golfe du Bengale. Pour transporter le matériel « 100 % made in India » destiné à se poser sur la Lune, l’ISRO va utiliser la plus puissante de ses fusées, le GSLV Mk II qui, d’ordinaire, place des satellites en orbite géostationnaire.
« C’est une mission difficile car, pour la première fois, nous allons envoyer sur la Lune un orbiteur, un atterrisseur et un rover. La date du lancement est prévue courant avril et il faudra un à deux mois à la fusée pour se mettre en orbite autour de la Lune », a précisé, lundi 5 février, le nouveau président de l’agence spatiale indienne, Kailasavadivoo Sivan, dans le Times of India. Auparavant, l’atterrisseur avait été éprouvé sur une maquette reproduisant les cratères du sol lunaire.

A la différence de la mission Chandrayaan-1 qui avait consisté, en 2008, à tourner autour de la Lune, Chandrayaan-2 – imaginée à son commencement, en 2007, dans le cadre d’un partenariat avec l’agence spatiale russe, qui a fait long feu – vise cette fois à alunir. « Après avoir atteint l’orbite lunaire à une altitude de 100 kilomètres, le lanceur larguera l’atterrisseur qui entamera alors une descente contrôlée pour se poser en douceur près du pôle Sud de la...




                        

                        


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Surdouée, connectée et championne olympique à 17 ans : Chloe Kim, la sensation des JO d’hiver 2018

L’Américaine d’origine sud-coréenne a plané sur le snowboard half-pipe mardi, devenant à 17 ans la plus jeune championne olympique de la discipline.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 09h27
 • Mis à jour le
13.02.2018 à 12h19
    |

            Clément Martel (Pyeongchang, Corée du Sud, envoyé spécial)








                        



   


Chloe Kim avait faim. Une envie de crème glacée, que l’adolescente américaine a partagée avec son réseau, sur Twitter, avant d’entamer les qualifications de l’épreuve de half-pipe en snowboard. Guère rassasiée, la Californienne a survolé, mardi 13 février, la finale de la compétition, devenant à 17 ans la plus jeune championne olympique de snowboard.
Prodige du half-pipe depuis l’âge de 13 ans et favorite pour la médaille d’or, la jeune fille n’a jamais semblé prêter le flanc à un semblant de pression au moment d’aborder la demi-lune de ses premiers Jeux olympiques. Qualifiée pour ceux de Sotchi en 2014 après une médaille d’argent aux X-Games, elle avait été recalée par le règlement, interdisant aux moins de 15 ans l’accès aux compétitions. Devant un public acquis à la cause de l’enfant du pays ou presque – ses parents sont sud-coréens d’origine et sa grand-mère était venue de Séoul assister à la finale –, Chloe Kim a ôté tout espoir à ses adversaires dès son premier run, avec un score de 93,75 (sur 100) l’assurant quasiment du titre.
Plus aérienne, plus acrobatique, plus forte simplement que la concurrence, la Californienne s’est permis le luxe de se faire plaisir lors des deux derniers runs. Sous les olas de la foule – venue en nombre ce mardi –, la jeune femme a augmenté son avance, décrochant l’or olympique avec 98,25 points.

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Imperméable au stress
Posée sur une planche plus grande qu’elle à l’âge de 4 ans par son père qui espérait convaincre sa mère de venir skier avec lui, Chloe Kim n’a plus jamais quitté la neige. Et y a rapidement acquis un statut de sensation du half-pipe, accumulant titres et performances de haut vol. Détendue et souriante, profitant de l’instant quelques minutes après son sacre, la jeune fille n’a pas manqué de souligner le rôle primordial de son géniteur dans sa carrière.
« Il a sacrifié énormément pour moi. Je ne sais pas si je serais capable de faire pareil : quitter son travail, voyager avec son enfant à plein temps, laisser sa vie derrière soi et poursuivre le rêve de sa fille parce qu’elle est clairement passionnée par ça. »
Dans le fond de la salle, son père ne quittait pas des yeux sa fille ayant réalisé le rêve de sa (courte) vie. Et semblait se faire à l’idée de voir Chloe, déjà star avant l’ouverture des Jeux, augmenter encore sa popularité.

   


« Il y a eu beaucoup de hype [battage médiatique] autour de moi pendant ces deux jours, et c’est épuisant pour les nerfs, a souligné Kim après son titre. Tout, dans son comportement infirmait cette affirmation. Plaisantant avec sa compatriote Arielle Gold (presque aptonyme, puisque médaillée de bronze), la jeune femme n’a pas hésité à esquisser des moves de danse quand une petite musique a retenti dans la salle.
La jeune Américaine était aussi comme un poisson dans l’eau face aux journalistes du monde entier l’interrogeant sur son choix de musique lors de son premier run – « Paparazzi », de Lady Gaga. Entre 8 et 10 ans, Chloe Kim a vécu à Genève chez une tante. Elle en a tiré un français courant et « une belle expérience, permettant une meilleure compréhension des différentes cultures. » Un apprentissage utile au moment d’attaquer les Jeux olympiques dans le pays de ses parents. Car, depuis son arrivée en Corée du Sud, la jeune femme monopolise l’attention, rivalisant presque avec les cheerleaders nord-coréennes envoyés par Pyongyang en guise de bonne volonté.

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Les réseaux sociaux comme une seconde peau
« Sur les réseaux sociaux, ç’a été fou ces derniers jours, a reconnu Chloe Kim, qui fait partie de cette génération pour qui lesdits réseaux ont toujours existé et qui communique naturellement par leur entremise. En arrivant ici, sur Instagram, j’avais 160 000 followers. Et là je dois être à 300 000 et quelque [342 000], ce qui est dingue. Beaucoup de choses se passent en ce moment, et ça me dépasse un peu, mais c’est très excitant aussi, et j’essaie de profiter de la moindre miette. »
A l’instar d’une star d’Hollywood – après tout, elle est native de Los Angeles – la jeune femme a quitté le snowpark de Bokwang entourée de « toute une procession », selon le coach de l’équipe américaine de snowboard, Rick Bower. Agents de sécurité balisant son passage à travers la foule essayant d’atteindre le phénomène, communicants tourbillonnants autour d’elle, rien ne semblait pourtant l’atteindre.
Chloe Kim avait faim. Et un titre olympique n’aura pas suffi à la rassasier. Après plus d’une demi-heure de conférence de presse où le show de l’étoile du snowboard a éclipsé ses camarades du podium, elle confessait son envie « d’un burger avec des frites, ou d’une pizza hawaïenne ». « Je meurs de faim. » Non contente d’être d’ores et déjà le visage de ces JO d’hiver, Chloe Kim serait bien capable de redorer le blason de la pizza à l’ananas.

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