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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ A voir aussi ce soir. L’assassinat d’une vieille femme fait ressurgir le passé et les secrets de deux familles de l’île de Bressay (sur Polar+ à 21 heures).
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TV – « Shetland », meurtres à tous vents

A voir aussi ce soir. L’assassinat d’une vieille femme fait ressurgir le passé et les secrets de deux familles de l’île de Bressay (sur Polar+ à 21 heures).



Le Monde
 |    12.02.2018 à 17h30
    |

            Véronique Cauhapé








                        


Série sur Polar+ à 21 heures

En dehors de quelques notes d’humour glissées ici ou là dans les dialogues, Shetland n’est pas une série bien riante. Les paysages quasi désertiques de l’archipel britannique situé en Ecosse y sont pour beaucoup. Leur isolement géographique aussi, qui crée tout naturellement un climat sous tension et forge, dans le même temps, des caractères rudes et taiseux. Ceux-là mêmes auxquels va devoir se confronter le commissaire de police Jimmy Perez (Douglas Henshall) pour mener à bien ses enquêtes.
La première d’entre elles concerne Mima Wilson, une vieille femme retrouvée assassinée chez elle, à Bressay. Après une première ronde d’interrogatoires menée auprès des proches de l’octogénaire, le commissaire n’a guère d’indices susceptibles de pouvoir l’éclairer. Excepté peut-être la découverte, la veille du meurtre, d’un fragment d’os crânien par une équipe d’archéologues qui travaillait sur le chantier de fouilles installé près de la maison de la victime. Une découverte qui avait, dit-on, bouleversé Mima.
Décors sauvages
Cette première intrigue – qui court sur les deux épisodes de la saison 1 de Shetland – met en scène deux familles rivales, les Wilson et les Haldane, tous parents plus ou moins éloignés vivant sur la même île depuis des années. Les uns riches, les autres pas : de quoi créer rancœur, jalousie et autres délicieux sentiments capables de fournir à chacun un motif de meurtre. Et plus encore, quand se mettent à surgir des événements du passé qui « déterrent » de vieilles affaires tels les convois d’espions, de matériel et d’argent à destination de la Norvège auxquels aurait participé le mari de la victime, entre 1940 et 1945.

   


Produite par la BBC Scotland, cette série inspirée des romans de la Britannique Ann Cleeves – à l’origine aussi des Enquêtes de Véra, autre série diffusée depuis 2015 sur France 3 – n’a guère besoin d’user d’effets de style pour imposer sa tonalité. Puisque décors sauvages, profils (et gueules) de personnages énigmatiques, suspense bien tenu parviennent d’emblée à s’en acquitter. C’est donc une série de facture classique qui nous mène, contre vents et marées, au sein de cet archipel dont le climat n’est pas sans évoquer celui des polars nordiques.
Shetland, saison 1. Avec Douglas Henshall, Steven Robertson, Alison O’Donnell, Mark Bonnar (GB, 2013, 2×52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Le documentaire, qui relate la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, a été déprogrammé à Marseille.
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Sortie en salle sous haute tension pour « L’Insoumis », de Gilles Perret

Le documentaire, qui relate la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, a été déprogrammé à Marseille.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 16h37
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

L’Insoumis, le documentaire de Gilles Perret sur la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, sortira le 21 février. Mais dans combien de salles, et dans quel climat ? La distribution du film est en soi un feuilleton. Dernier épisode en date, le 8 février, le distributeur Etienne Ollagnier (Jour2Fête) apprenait que L’Insoumis était déprogrammé au cinéma Les Variétés, à Marseille. Un lieu symbolique, puisque la salle se situe dans la circonscription du député de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon (4e circonscription des Bouches-du-Rhône) : le documentaire devait être projeté « en exclusivité » aux Variétés, selon un accord signé avec les programmateurs le 24 octobre 2017. Et l’avant-première prévue vendredi 16 février était attendue.
Le directeur du cinéma, Jean Mizrahi, a décidé de retirer le documentaire après avoir visionné la bande-annonce, qualifiée de « propagande ». Il a signalé au distributeur que sa décision était « irrévocable ». Mais l’affaire a pris de l’ampleur, et au téléphone le patron des Variétés ne semble plus aussi catégorique. « J’attends de pouvoir visionner le film en entier avant de prendre une décision », a-t-il déclaré au Monde.
Gilles Perret, réalisateur : « Il y a une telle cristallisation contre Mélenchon que certains en viennent à se comporter comme des censeurs »
Pour le réalisateur, Gilles Perret, « il y a une telle cristallisation contre Mélenchon que certains en viennent à se comporter comme des censeurs ». Son film montre un Mélenchon plutôt calme et posé, loin de l’image colérique véhiculée dans les médias. On voit le candidat de La France insoumise défendre continuellement ses idées, même face caméra, avec le réalisateur. Ce dernier ne cache pas sa proximité avec l’homme politique, mais son film n’est pas un tract.
Gilles Perret, âgé de 49 ans, est très identifié dans le réseau « art et essai » pour avoir signé des documentaires...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Candidate de « The Voice », la chanteuse Mennel a quitté l’émission à la suite de l’exhumation de messages à connotations complotistes sur les attentats de juillet 2016. Un départ qu’Abdel Rahmène Azzouzi regrette dans une tribune au « Monde ».
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« Mennel est l’antithèse des bêtes de Daech et peut-être même leur antidote »

Candidate de « The Voice », la chanteuse Mennel a quitté l’émission à la suite de l’exhumation de messages à connotations complotistes sur les attentats de juillet 2016. Un départ qu’Abdel Rahmène Azzouzi regrette dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    12.02.2018 à 13h22
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 13h58
    |

                            Abdel Rahmène Azzouzi (professeur des universités)








                        



                                


                            

Tribune. La vidéo de son passage à « The Voice » était rapidement devenue virale. Comme le disait Zazie, les fées se sont penchées sur son berceau. Une vraie voix, une grande beauté, un talent incontestable et des cheveux discrètement couverts. Egalement des origines syriennes, une francité pleinement assumée tout comme son islam. Elle semblait avoir conquis le jury du télé-crochet. Cette synthèse de nos valeurs françaises et même plus largement occidentales sans renier son âme orientale aura suffi à provoquer l’ire de l’extrême droite qui dans cette affaire a servi d’aiguillon aux médias et peut-être à l’opinion française.
Des posts maladroits de la jeune Mennel, exhumés par le Bloc identitaire, ont ouvert la polémique et brisé le pont que tentait de construire la jeune femme. En janvier, déjà, le mannequin « voilé », Amena Khan, avait dû renoncer à une campagne de L’Oréal pour avoir critiqué la politique israélienne dans des tweets datant de 2014. La connotation complotiste des tweets de la jeune Mennel pose en effet problème et a semblé constituer un obstacle insurmontable à son évolution artistique au sein de l’émission.

Que devrions-nous alors penser des onze vidéos parfaitement assumées par Jean-Marie Bigard sur les attentats du 11-Septembre ? Nous pouvons facilement imaginer le travail et la réflexion élaborée qu’a nécessités la réalisation de ces vidéos. Il ne s’agissait pas d’un ou deux tweets d’une jeune femme de 20 ans dont le pays d’origine est ravagé, depuis de nombreuses années, par la guerre et le terrorisme le plus abject et dont probablement nombre de membres de sa propre famille ont été victimes. Et pourtant, nul n’a pensé à excommunier Jean-Marie Bigard et il appartient à chacun de faire la part des choses entre un des humoristes les plus talentueux de sa génération et son analyse complotiste des attentats du 11-Septembre.
Un message unissant l’Orient et l’Occident bienvenu
Dans le contexte actuel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Françoise Nyssen a annoncé la fermeture du monument parisien, entre décembre 2020 et le printemps 2023, afin de le restaurer et de réorganiser ses espaces ouverts au public.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Le Grand Palais fait sa mue

Françoise Nyssen a annoncé la fermeture du monument parisien, entre décembre 2020 et le printemps 2023, afin de le restaurer et de réorganiser ses espaces ouverts au public.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 12h23
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 17h56
    |

                            Philippe Dagen








                        



   


La ministre de la culture, Françoise Nyssen, l’a annoncé lundi 12 février : le Grand Palais sera fermé pour travaux, de décembre 2020 au printemps 2023 pour la nef et les galeries d’expositions, et jusqu’en juin 2024 pour le Palais de la découverte. Ce calendrier ne pourra pas supporter trop de retard car la nef doit accueillir les épreuves d’escrime des Jeux olympiques 2024. Le projet était à l’étude depuis plusieurs années, ayant été porté d’abord par Jean-Paul Cluzel, en sa qualité de président de la Réunion des musées nationaux-Grand Palais (RMNGP) de 2009 à 2016. Il revient à Sylvie Hubac, qui lui a succédé, de le réaliser.
En annonçant décision et calendrier, Françoise Nyssen met un terme à une longue suite de reports et de réestimations des coûts. En 2010, le nouveau Grand Palais était promis pour 2017, après une rénovation estimée à 236 millions d’euros, mais Nicolas Sarkozy ne s’intéressa pas au dossier. En 2015, sous François Hollande, le lancement de travaux fut annoncé pour le second semestre 2019 « au plus tôt », pour une durée prévue de deux ans et un coût de 390 millions d’euros, dont 150 millions financés par un emprunt de la RMNGP – une solution inventée par Jean-Paul Cluzel, qui a réussi à la faire admettre en dépit de sa nouveauté. Ce sera donc finalement à partir de fin 2020, pour plus de trois ans et un budget de 466 millions, les derniers obstacles budgétaires ayant été levés par l’Elysée.

        Lire l’éclairage :
         

          La FIAC se cherche un hébergement provisoire



Que le Grand Palais doive être restauré et réaménagé, on le sait depuis longtemps : au moins depuis juin 1993, quand la chute d’un rivet du haut de la charpente de la verrière avait contraint le ministre de la culture de l’époque, Jacques Toubon, à ordonner sa fermeture pour plusieurs mois. Il était apparu que la structure tout entière était en voie de dégradation. Les conditions et le lieu de sa construction l’expliquent. Le « Grand Palais des Beaux-Arts » a été construit, en trois ans, pour l’Exposition universelle de 1900. Il fallait faire grand, haut et vite. Ce qui fut réussi en tirant parti des technologies les plus modernes alors disponibles. La structure métallique, d’un poids total supérieur à 9 000 tonnes, fut non pas fondée sur un sol stable, mais posée sur une sorte de « radeau », soutenu par 3 400 pieux de chêne qui s’enfonçaient dans le sol rendu humide par la proximité de la Seine et de la nappe phréatique. L’eau conservait intacts les pieux qui y baignaient.

        Lire l’enquête dans « M » :
         

          Le Grand Palais, un colosse aux pieds d’argile



Métamorphose architecturale
Quand le niveau de la nappe phréatique a baissé – sécheresses, régulation du fleuve en amont –, les pieux ont commencé à pourrir à l’air libre. De petits affaissements déstabilisèrent peu à peu la structure métallique, jusqu’à ce qu’un point de jonction cède et qu’il faille consolider les fondations, ce qui fut fait en 1993. Il a fallu recommencer en 2005, côté verrière pour l’étanchéité, côté sous-sol pour renforcer à nouveau l’ancrage.
Depuis, le bâtiment était en sursis. « La ­rénovation d’ensemble a été périodiquement envisagée mais toujours reportée, affirme sans ambages le dossier de présentation des travaux. Pour ces raisons, le monument se trouve aujourd’hui affecté par de graves désordres sanitaires. De larges surfaces sont délaissées et inexploitées, de nombreux espaces sont fermés au public, faute de conformité aux normes de sécurité. »
Principale nouveauté : l’ouverture d’une « rue des Palais », du square Jean-Perrin, côté Champs-Elysées, au Jardin de la Reine, côté Seine
Au-delà des travaux nécessaires pour soigner un centenaire fragile, il s’agit aussi de faire du Grand Palais un ensemble qui fonctionne tout autrement qu’aujourd’hui. Métamorphose architecturale et redéfinition des missions vont de pair. La première de celles-ci, selon Sylvie Hubac : « L’ouvrir, y faire entrer des publics qui n’y viennent pas. A l’heure actuelle, pour y entrer, il faut acheter un billet pour une exposition dans les Galeries nationales ou une manifestation sous la nef. Rien n’est en accès libre, et les touristes qui souhaitent visiter le bâtiment pour lui-même ne le peuvent pas. »
De là, la principale nouveauté : l’ouverture d’une « rue des Palais ». Du square Jean-Perrin, côté Champs-Elysées, au Jardin de la Reine, côté Seine, elle sera traversante et ouverte au libre passage. Elle sera à deux niveaux : celui qui est aujourd’hui le rez-de-chaussée, si l’on peut dire, du bâtiment et, en dessous, celui de ce qui abritait, à l’origine, des rampes de circulation pour chevaux et véhicules. Elles ont été coupées et masquées par des aménagements ultérieurs, jusqu’à devenir invisibles. Il s’agit donc pour l’architecte chargé du chantier, François Chatillon, et l’agence LAN qui l’accompagne de retrouver les volumes initiaux et de créer un espace d’accès et de distribution des visiteurs. La rue des Palais elle-même ouvrira sur des salles gratuites : « Salle sur l’histoire du Grand Palais, librairie-boutique, salle d’immersion dans les collections, galerie des enfants, énumère Sylvie Hubac. Nous voulons en faire un lieu où il sera possible et gratuit de venir juste passer un moment et de profiter de ces ressources. »
« Un lieu de rencontres entre les savoirs »
Ce sera aussi le chemin pour accéder au Palais de la découverte et aux galeries d’exposition – ce qui devrait permettre d’en finir avec les files d’attente sous la pluie ou dans le froid les jours d’affluence. Enfin, le nouvel espace établira une connexion entre le Palais de la découverte, qui n’est accessible aujourd’hui que par son entrée avenue Franklin-Roosevelt, et les Galeries nationales et la nef, côté avenue Winston-Churchill. Plus besoin de faire le tour par l’extérieur pour qui voudrait profiter des différents lieux.
A cette continuité spatiale doit répondre une coordination entre les différents occupants, jamais réalisée depuis la création du Palais de la découverte, en 1937. Sylvie Hubac veut un « ensemble culturel, un lieu de rencontres entre les savoirs », y compris les savoirs scientifiques. C’est aussi le discours de Bruno Maquart, président d’Universcience, l’établissement public qui gère le Palais de la découverte et la Cité des sciences et de l’industrie. Ensemble, ils se disent partisans « de plus de dialogue entre les différents secteurs, de l’intégration des sciences dans des projets ­communs » et d’une meilleure réactivité à l’actualité. « Cette maison, affirme Bruno Maquart, n’a pas vocation à montrer seulement des objets, mais des hommes et leurs travaux. » L’accent devrait donc être mis sur « une actualisation beaucoup plus rapide et beaucoup plus flexible » des présentations, pour que les visiteurs soient informés des recherches en cours.
La nouvelle programmation se fonderait sur une collaboration plus étroite avec les grands musées parisiens
Les technologies du numérique seront plus largement employées. « Il doit devenir possible pour les visiteurs d’assister en direct à une opération chirurgicale de pointe qui aurait lieu au même moment à Toulouse ou à Brooklyn », dit-il. Même réflexion en cours côté RMNGP, où le succès de fréquentation de l’exposition « Sites éternels », en 2016, qui traitait des destructions du patrimoine par faits de guerre et de religion à notre époque, semble avoir convaincu l’institution qu’elle doit être mieux en phase avec le présent. Celle-ci doit se saisir, plaide Sylvie Hubac, de « thèmes de société à dimension philosophique, anthropologique, sociologique ou politique », tout en conservant sa part d’histoire de l’art, en s’adressant autant aux néophytes qu’aux connaisseurs à travers des « lectures panoramiques et des expositions thématiques ».
Plus généralement, ces travaux, suggère Sylvie Hubac, doivent être l’occasion de « faire une programmation mieux construite entre différents lieux parisiens. Il faut concevoir des saisons, afin que les actions du secteur public culturel soient plus concertées. Ainsi éviterait-on les doublons ». Cette programmation se fonderait sur une collaboration plus étroite avec les grands musées parisiens. Reste à savoir ce qu’accepteront certains d’entre eux, jaloux d’une autonomie qui n’a cessé de s’accroître, au Louvre comme à Orsay, dans les dernières décennies. Redéfinir les relations entre eux et le Grand Palais, qui serait un « monument-monde » – autant dire le vaisseau amiral –, et introduire de la cohérence dans la programmation des expositions : le projet est aussi logique que périlleux.
Sur le Web : www.grandpalais.fr

Le Grand Palais en quelques chiffres
ESPACES
Galeries nationales : aujourd’hui 3 092 m2 de ­surface d’exposition, après ­travaux 3 962 m2 en six ­galeries modulables (gain de 31 %).
Galeries événementielles (foires, manifestations sportives, etc.) : aujourd’hui 17 918 m2, dont 13 500 m2 pour la nef ; après travaux 22 254 m2, dont 17 255 m2 pour la nef et les balcons (gain de 24 %).
Concessions (restaurants, librairie-boutique, etc.) : aujourd’hui 550 m2, après travaux 1 057m2 ( gain de 92 %).
BUDGET
Budget total des travaux : 466 millions d’euros.
Subvention du ministère de la culture : 128 millions d’euros.
Subvention du grand plan d’investissement : 160 millions d’euros.
Emprunt RMNGP : 150 millions d’euros.
Mécénat Chanel : 25 millions d’euros.
Universcience : 3 millions d’euros.



Travaux du Grand Palais : Chanel investit 25 millions d’euros
Le groupe de luxe Chanel sera le mécène exclusif du projet de rénovation et d’aménagement du Grand Palais. « Nous allons consacrer 25 millions d’euros » à ce chantier de 466 millions, a indiqué au Monde Bruno Pavlovsky, président des activités mode de Chanel. Depuis 2005, les défilés du directeur artistique Karl Lagerfeld ont métamorphosé le Grand Palais en salle de théâtre dévastée, terminal d’aéroport, brasserie… « Les défilés auront lieu dans une structure temporaire le temps des travaux, avant de revenir au Grand Palais », a précisé M. Pavlovsky. Chanel finance aussi le Palais Galliera à (4,6 millions d’euros), et a lancé un ensemble immobilier porte d’Aubervilliers, pour abriter les équipes des métiers d’art.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ De 2021 à 2024, aucun événement ne se tiendra dans la nef de l’établissement parisien.
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Travaux du Grand Palais : la FIAC se cherche un hébergement provisoire

De 2021 à 2024, aucun événement ne se tiendra dans la nef de l’établissement parisien.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 12h23
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 12h24
    |

                            Philippe Dagen








                        



   


Conséquence des travaux du Grand Palais : de 2021 à 2024, aucun événement ne se tiendra dans la nef. Aucune compétition sportive telle que le Saut Hermès et, ce qui est plus grave, aucune foire : ni Paris Photo ni Foire internationale d’art contemporain (FIAC). D’une seule voix, Sylvie Hubac, présidente de la RMN-Grand Palais, et Jennifer Flay, directrice de la FIAC, assurent que, depuis dix-huit mois, elles cherchent des solutions. Ce qui signifie trouver ou inventer un volume vide et vaste à l’intérieur duquel installer les stands en leur assurant les conditions techniques nécessaires. Sa superficie devrait être de 10 000 m2 au moins : les dernières FIAC, recevant près de deux cents exposants, se sont étendues sur 18 000 m2 au Grand Palais.

        Lire le récit :
         

          Le Grand Palais fait sa mue



Ce lieu doit aussi être central. La galeriste Jennifer Flay exclut tout retour à la porte de Versailles et tout exil vers La Villette ou Villepinte. « La FIAC n’y survivrait pas, affirme-t-elle. Ce serait annuler tout le travail accompli depuis quinze ans. » Et de rappeler des arguments pratiques : les galeries étrangères, dont la présence est essentielle à l’image de la foire, aiment venir montrer leurs œuvres au centre de Paris, à proximité des grands musées et non loin des palaces et des restaurants étoilés. Autre exigence, en rapport avec les précédentes : ce lieu doit être une « belle chose », et non une structure mobile. « Ce ne serait pas rentable économiquement », fait observer Sylvie Hubac, et, probablement, peu satisfaisant du point de vue de l’architecture.
« C’est un dossier très complexe »
Soit. Mais quoi et où ? « A l’heure actuelle, il n’y a pas de solution finalisée », répond Sylvie Hubac, ce qui revient à ne pas répondre. Mais on finit par apprendre que plusieurs solutions ont été envisagées, puis abandonnées. La plus spectaculaire et imaginative était de construire un pont-esplanade provisoire sur la Seine, sur lequel aurait été érigée la structure nécessaire. Il a fallu y renoncer en raison du coût excessif, regrette Sylvie Hubac. Une autre hypothèse a été d’occuper, place de la Concorde, l’espace dévolu à la grande roue, avec possibilité d’une expansion dans le jardin des Tuileries. Mais des raisons de sécurité et de circulation s’y opposent. Il a encore été question de la gare des Invalides, sans suite non plus.
Et donc ? Seuls deux endroits satisfont aux exigences énoncées : les esplanades des Invalides et du Champ-de-Mars, où se sont tenues, aux XIXe et XXe siècles, les expositions universelles, avec leurs pavillons éphémères et la tour Eiffel, vestige de celle de 1889. Sylvie Hubac n’en dira pas plus : « C’est un dossier très complexe. Il implique la Ville de Paris, les Monuments historiques, la préfecture de police, les riverains des emplacements que nous explorons… » Jennifer Flay conclut sur une note optimiste. « Nous avons encore le temps, les FIAC 2018, 2019 et 2020 seront au Grand Palais, comme d’habitude. Et puis, il faut aussi penser que nous reviendrons dans des espaces modernisés et agrandis. Pour l’instant, nous ne pouvons pas proposer des stands d’une superficie supérieure à 80 m2. A la Foire de Bâle, à Frieze, à Londres, on peut aller jusqu’à 120 et même 150 m2. Dans le nouveau Grand Palais, nous pourrons être à ce niveau. C’est une perspective très excitante. »
Sur le Web : www.fiac.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ La « VR » a fait son entrée à la Grande Galerie de l’évolution et au Musée d’Orsay. Un pari souvent coûteux.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Les musées s’ouvrent à la réalité virtuelle

La « VR » a fait son entrée à la Grande Galerie de l’évolution et au Musée d’Orsay. Un pari souvent coûteux.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 11h57
    |

            Vincent Fagot








                        



                                


                            

Coincé derrière un stand de jeu de tir en réalité virtuelle, Cyril Roguet, directeur des galeries au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, est obligé de hausser la voix pour se faire entendre à côté de ses bruyants voisins. Mais pour défendre l’usage de la réalité virtuelle (VR en anglais) dans les musées, il est prêt à malmener ses cordes vocales. Exposant au salon Virtuality, qui s’est tenu à Paris du 8 au 10 février, où l’on découvre surtout des applications à destination des professionnels ou des amateurs de jeu vidéo –, il est venu présenter les dernières réalisations de son établissement en la matière.

Depuis le 23 décembre 2017, le musée du Jardin des plantes a installé au troisième étage de la Grande Galerie de l’Evolution un cabinet de réalité virtuelle. Cinq stations à disposition du public pour un « voyage au cœur de l’évolution ». Moyennant 5 euros et une réservation préalable, le visiteur équipé d’un casque HTC peut explorer la galaxie complexe de « l’arbre du vivant » et remonter la généalogie de plus de 450 espèces, 3,5 milliards d’années en arrière. Durant les quinze minutes que dure l’expérience, le spectateur croisera des animaux de toutes les époques, modélisés en 3D à la taille réelle. Depuis son ouverture, l’animation connaît un vif succès. Elle a affiché complet tout au long des vacances de fin d’année. « L’idée c’est d’émerveiller pour instruire », explique Cyril Roguet, qui ajoute que l’expérience ne se substitue pas à la visite du musée : « C’est conçu comme un complément au parcours muséographique, mais porteur du même message en faveur de la conservation de la biodiversité. »
Le Muséum n’est ni le premier ni le seul musée de France à faire usage de la réalité virtuelle dans ses murs mais, à mesure que la technique se démocratise, les projets se multiplient, de plus en plus ambitieux. « La réalité virtuelle peut apporter beaucoup de choses pour explorer les œuvres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Classée aux monuments historiques, cette embarcation restaurée par Le Corbusier en 1929 a été engloutie samedi par les eaux de la Seine.
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La péniche « Louise-Catherine », une vieille dame en apnée quai d’Austerlitz

Classée aux monuments historiques, cette embarcation restaurée par Le Corbusier en 1929 a été engloutie samedi par les eaux de la Seine.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 11h44
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 12h23
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



   


Quelque vingt minutes ont suffi pour que Louise-Catherine disparaisse. Samedi 10 février, aux alentours de 17 heures, la péniche en ciment armé restaurée par Le Corbusier en 1929 a été engloutie par les eaux de la Seine au pied du pont d’Austerlitz, dans le 13e arrondissement de Paris, où elle était amarrée. Soulevée par la montée des eaux qui a touché ces derniers jours la capitale, sa proue s’est retrouvée retenue par le rebord du quai lorsque a commencé à s’amorcer la décrue. Après un échec des pompiers, qui ne disposaient pas de la puissance requise pour tirer ce bâtiment de 800 tonnes, 70 mètres de long et 8 mètres de large, un pousseur a été appelé en renfort. Suite à la manœuvre, une vague a projeté l’arrière de la péniche contre le quai et provoqué une voie d’eau. Aucune victime ni aucune pollution ne sont à déplorer.
L’histoire de Louise-Catherine, utilisée par l’Armée du salut jusqu’en 1994, puis définitivement fermée en 2002 et classée aux monuments historiques en 2008, est singulière. Avant de devenir un « asile flottant » destiné aux « sans-adresse, sans-repos, sans-taudis », comme disaient alors les salutistes, le navire s’appelait Liège et était un chaland à fond plat destiné, depuis sa construction en 1919, au transport du charbon. En 1928, Madeleine Zillhardt (1863-1950), femme de lettres et peintre de faïences formée à l’Académie Julian à Paris, revend 1 500 francs un dessin acheté 100 sous. La décoratrice souhaite que la somme serve à transformer une péniche désaffectée en un refuge pour les « malheureux ». A une seule condition : que le prénom de sa compagne, la peintre Louise-Catherine Breslau (1856-1927), tout juste décédée, figure en poupe du bâtiment.
160 lits dans trois « nefs »
Le Liège végète alors dans le port de Rouen. C’est Winnaretta Singer (1865-1943), proche des deux femmes et mécène de l’Armée du salut, qui impose Le Corbusier pour ce travail de réhabilitation. L’architecte est déjà engagé pour l’Armée du Salut dans le projet de Cité de refuge, dans le 13e arrondissement voisin. Réalisées dans l’urgence, les améliorations qu’il apporte au navire sont cohérentes : 160 lits et autant de casiers répartis dans trois vastes dortoirs qu’il nommait « les nefs » et que soutiennent 36 pilotis, des soupentes, une salle à manger, des cuisines, deux appartements et « un jardin suspendu sur le dessus de la péniche », notait Le Corbusier. Issue du Liège, Louise-Catherine naît officiellement le 1er janvier 1930.
« Pour bien comprendre l’importance de la Louise-Catherine, il faut se pencher sur la villa Church [1927], où Le Corbusier dit “créer dans le créé” et opère une réhabilitation-agrandissement », explique l’architecte et urbaniste Michel Cantal-Dupart, ardent défenseur de la péniche et auteur du livre Avec Le Corbusier. L’aventure du “Louise-Catherine” (éd. CNRS, 2015). L’homme est par ailleurs président de l’association Louise-Catherine, créée en 2006 après le rachat de la péniche, alors dans un état déplorable, par Charles Firmin-Didot, Jean-Marc Domange et Francis Kertekian.
La fille de ce dernier, Alice Kertekian, dont la péniche jouxte Louise-Catherine, était aux avant-postes lorsque l’avarie s’est produite. Elle dit être résolue à poursuivre l’œuvre de restauration de la construction entreprise par son père et ses amis, qui avaient à l’époque estimé l’intégralité de la restauration à 1,2 million d’euros. « Le but est de la sauver ; il existe des techniques pour la sortir de l’eau. Mais tant qu’il y a la crue, les plongeurs ne peuvent aller explorer et voir l’ampleur exacte de l’avarie », a-t-elle indiqué à l’AFP. Une souscription sur KissKissBankBank est même évoquée, pour payer les frais de grutage nécessaire au renflouement. Compte tenu du poids de la Louise-Catherine, cette solution qui nécessiterait de considérables moyens ne semble toutefois guère adaptée.
« Une périssoire en apnée »
« On va la voir réapparaître dès que la Seine reprendra son étiage normal », veut croire Michel Cantal-Dupart, qui compare le bateau à « une périssoire en apnée » dans une allusion au canot submersible immortalisé par les impressionnistes. Le béton, rappelle-t-il, est une matière qui se solidifie dans l’eau. Ainsi, une fois que des scaphandriers auront colmaté la brèche, il ne devrait plus rester qu’à pomper l’eau contenue dans la péniche.
L’incident survenu quai d’Austerlitz a exacerbé l’important mouvement de solidarité dont bénéficie depuis longtemps Louise-Catherine, affirme M. Cantal-Dupart. Il y a peu, l’architecte japonais Shuhei Endo, qui, en 2009, avait été sollicité par le Festival d’automne pour transformer le bâtiment, avait mobilisé des compatriotes. Offertes par un constructeur japonais, deux passerelles conformes aux modèles originaux devaient être installées. Au mois de janvier, des industriels du béton sont venus ausculter la « vieille dame », se disant prêts à participer à sa restauration complète.
Si tout se passe bien, Louise-Catherine pourrait accueillir au mois d’octobre une exposition d’architectures dans le cadre du 160e anniversaire du traité d’amitié et de commerce franco-japonais. Quelques mois avant le centenaire du bateau.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ A l’occasion du centenaire, la cité des ducs de Bretagne rend hommage lundi à l’orchestre du 369e régiment d’infanterie américain, premier ensemble musical à avoir joué du jazz en Europe.
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Il y a cent ans, le premier concert de jazz d’Europe avait lieu à Nantes

A l’occasion du centenaire, la cité des ducs de Bretagne rend hommage lundi à l’orchestre du 369e régiment d’infanterie américain, premier ensemble musical à avoir joué du jazz en Europe.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 11h21
   





                        



   


Il y a un siècle jour pour jour, les Harlem Hellfighters, l’orchestre du 369e régiment d’infanterie américain, donnaient au Théâtre Graslin de Nantes ce qui est ajourd’hui considéré comme l’un des premiers concerts de jazz en Europe. Pour leur rendre hommage, un « concert du siècle » sera joué à Nantes, lundi 12 février, après une cérémonie et le dévoilement d’une plaque commémorative en présence de Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des armées, et de trois petites-filles du lieutenant et meneur du 369e régiment, James Reese Europe.
L’histoire du jazz est en effet intimement liée à celle de la première guerre mondiale : c’est en 1917 qu’il fait irruption en France, après l’entrée en guerre des Etats-Unis en avril 1917 et l’arrivée sur son sol du corps expéditionnaire américain, dès le 26 juin, dans le port de Saint-Nazaire.
James Reese Europe, le « Roi du jazz »
Lorsqu’il débarque à Brest le 1er janvier 1918, le lieutenant James Reese Europe, musicien de renom surnommé le « Roi du jazz », a déjà quatorze ans de carrière derrière lui avec l’orchestre qu’il a mis sur pied, composé de quarante musiciens « parmi les meilleurs de l’époque », explique Matthieu Jouan, commissaire général des commémorations « 100 Ans Jazz ».
Né en Alabama en 1880, star du fox-trot et du ragtime, James Reese Europe crée en 1910 le premier syndicat de musiciens afro-américains, le Clef Club, et son orchestre symphonique de 125 musiciens sera le premier orchestre noir américain à jouer, deux ans plus tard, sur la scène du Carnegie Hall, à New York.
Cet hommage officiel militaire est d’autant plus symbolique que ce régiment fut l’un des quatre seuls régiments de soldats noirs américains victimes de ségrégation ayant combattu sous commandement français et que le lieutenant Reese Europe fut « le premier officier afro-américain à commander des troupes dans un assaut de guerre » en France, souligne M. Jouan.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ La quatrième édition de la compétition lyrique a couronné les Françaises Hélène Carpentier et Angélique Boudeville.
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Beau doublé de sopranos au concours Voix nouvelles

La quatrième édition de la compétition lyrique a couronné les Françaises Hélène Carpentier et Angélique Boudeville.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 09h52
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 09h58
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

La soprano française Hélène Carpentier, 22 ans, était la favorite d’une partie du jury dès avant les demi-finales. Elle a remporté, ce 10 février, deux distinctions : celle du Meilleur Interprète du répertoire français (2 500 euros), et ­surtout le Premier Prix du ­concours Voix nouvelles (doté de 10 000 euros), compétition d’art lyrique ouverte aux jeunes chanteurs francophones âgés de moins de 32 ans, dont la finale publique se déroulait à l’Opéra-Comique. La jeune fille, native d’Amiens, n’est pas sans atouts et on ne peut que lui souhaiter une carrière à la ­Natalie Dessay, marraine de cette quatrième édition, elle-même ­lauréate, à 18 ans, du premier ­concours, en 1988.
Semelles compensées et élégant tailleur-pantalon, Natalie Dessay, qui se consacre aujourd’hui au théâtre et à d’autres formes musicales que l’opéra, s’est acquittée de son rôle de Madame Loyale avec cet abattage scénique qu’on lui connaît. Même la liste des mécènes – dont la Fondation Orange (partenaire historique) et la Caisse des dépôts – semble quasi ludique. Sans avoir la force de frappe de « The Voice » ou même de « Prodiges », le succès de Voix nouvelles sur les réseaux sociaux témoigne de l’intérêt du public pour l’art lyrique. Pas moins de 1,5 million de vues sur la page Facebook du concours depuis les dix-sept finales régionales (en France métro­politaine et dans les départements ultramarins, sans oublier la Suisse, la Belgique et le Canada), qui ont départagé, entre octobre et décembre 2017, la centaine de candidats rescapés parmi les six cent sept présents au départ, pour ne garder que douze finalistes.
Cinq garçons pour huit filles
Fors quelques personnalités du monde musical (dont Karine Deshayes, lauréate de la dernière édition, en 2002), la salle est pleine d’une assemblée bienveillante qui a pris très au sérieux son rôle : décerner le fameux Prix du public en votant par SMS, à la fin de l’épreuve. L’imposant jury, lui, s’est retranché au balcon – trente-six...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ A l’Athénée, à Paris, la compagnie Opéra Louise revisite une comédie musicale de Dimitri Chostakovitch.
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Spectacle : les années 1950 à Moscou, vues de Suisse

A l’Athénée, à Paris, la compagnie Opéra Louise revisite une comédie musicale de Dimitri Chostakovitch.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 09h38
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Plus encore que les symphonies, les ouvrages lyriques de Dimitri Chostakovitch (1906-1975) traduisent son écar­tèlement face au pouvoir sovié­tique. Vingt-cinq ans séparent la création de son opéra le plus connu, Lady Macbeth du district de Mtsensk (1934), et celle de son unique comédie musicale, Moscou, quartier des Cerises (1959). Les deux œuvres connaissent un succès populaire, mais la première est mal accueillie en haut lieu, et le compositeur échappe de peu à la déportation.
La seconde, pourtant plus parodique, ne lui vaut aucun problème. Khrouchtchev n’est pas Staline. Les temps ont changé, et cette satire d’apparence anodine en témoigne. Livret signé par des auteurs à la mode (Vladimir Mass, Mikhaïl Chervinsky), sujet d’actualité (la crise du logement) et musique on ne peut plus russe (emprunts au répertoire folklorique et aux hymnes du parti), tels sont les atouts réunis à l’époque.
Une production rose bonbon
Créée en France, en 2004 (à l’Opéra de Lyon, par Macha Makeïeff et Jérôme Deschamps), Moscou, quartier des Cerises est à l’affiche, jusqu’au 16 février, du Théâtre de l’Athénée, à Paris, dans une adaptation à la fois resserrée (trois actes réduits à une heure quarante-cinq, orchestre remplacé par deux pianistes et deux percussionnistes) et élargie (lecture de l’œuvre à plusieurs niveaux). Nouvelle approche, donc, proposée par Opéra Louise, compagnie lyrique de Fribourg (Suisse) et nouveau titre, Moscou Paradis, qui annonce la saveur concentrée d’une production rose bonbon (costumes pastel et musique acidulée).
Tout commence néanmoins dans la pénombre et dans le silence. Un homme âgé, vêtu d’un bonnet de laine et d’un bleu de travail, entre dans la salle, hébété, avant de la traverser à pas lents et difficiles. Un ouvrier fatigué par le système ? Réponse à la fin du spectacle. En attendant, le rideau métallique se lève bruyamment. Eclairage aveuglant, câbles qui pendouillent, le plateau ressemble...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ « Los Modernos », au Musée des beaux-arts de Lyon, retrace les rapports des artistes au XXe siècle.
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Exposition : entre le Mexique et l’Europe, des échanges vifs

« Los Modernos », au Musée des beaux-arts de Lyon, retrace les rapports des artistes au XXe siècle.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 08h10
    |

            Harry Bellet








                        



                                


                            

La cuisine lyonnaise ne connaissant pas de frontières, le Musée des beaux-arts de la ville donne son interprétation de la ­célèbre recette du pâté aux chevaux et aux alouettes – un cheval pour une alouette – avec son exposition « Los Modernos ». C’est ce que ressentiront en tout cas ceux qui la visiteront en pensant voir un panorama de l’art mexicain du XXe siècle. Certes, la proportion d’alouettes est un peu plus élevée : environ un tiers de l’exposition montre des artistes du Mexique, le reste étant consacré à nos vieux chevaux de retour, Matisse, Braque, Picasso et les suivants.
C’est que le propos voulu par Sylvie Ramond, la directrice des lieux, est plus complexe que cela : l’idée est, à partir des collections du musée, mais aussi de celles du Museo Nacional de Arte de Mexico, du Museo de las Artes de l’université de Guadalajara, complétées grâce aux prêts de nombreux collectionneurs privés – tel un merveilleux petit autoportrait de Frida Kahlo qui appartint jadis à André Breton –, d’étudier les rapports tantôt fascinés, tantôt conflictuels qu’entretinrent les artistes européens et leurs homologues mexicains.
e siècle découvraient, en débarquant à Paris, Cézanne, les fauves et les cubistes
Conflictuels ? Sans remonter jusqu’à l’exécution de l’empereur Maximilien (1867), ni rappeler que la Légion étrangère célèbre toujours le souvenir de la bataille de Camerone (1863) et que le Douanier Rousseau laissait croire que ses jungles, qu’Apollinaire qualifiait de « paysages aztèques », étaient inspirées par son passage – inventé – sous l’uniforme dans le corps expéditionnaire français, on ne peut résister au plaisir coupable de relever que Frida Kahlo, invitée par Breton à exposer à ­Paris, qualifiait aimablement les surréalistes de « tas de fils de putes lunatiques et tarés »… Quant aux critiques français, les premières expositions de Diego Rivera aux Salons d’automne de 1911 et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Dans l’ancienne prison centrale de la Stasi, une exposition captivante évoque les relations du successeur de Lénine avec les Allemands.
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Arts : Staline de retour à Berlin

Dans l’ancienne prison centrale de la Stasi, une exposition captivante évoque les relations du successeur de Lénine avec les Allemands.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 07h53
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Juillet 1951. Un avion en provenance d’URSS atterrit à Berlin-Est. A son bord, une statue en bronze de Staline, haute de près de 5 mètres. Quelques jours plus tard, les principaux dirigeants de la jeune République démocratique allemande (RDA) assistent à son installation sur l’avenue la plus monumentale de la ville, la bien nommée Stalinallee. Elle y trônera pendant dix ans, jusqu’à cette nuit de novembre 1961 où les autorités est-allemandes la feront retirer, afin de se conformer à la politique de « déstalinisation » désormais prônée par Moscou.
Cette statue est de retour à Berlin. Pas tout à fait elle, pour être exact, mais une copie, qui a été retrouvée dans une discothèque en Mongolie. Le 23 janvier, celle-ci a fait une courte halte à l’endroit où se trouvait l’original, sur l’ex-Stalinallee rebaptisée depuis Karl-Marx-Allee, avant d’être convoyée à quelques kilomètres de là, dans la cour de l’ancienne prison centrale de la Stasi, la police politique de RDA. Couchée, elle accueille le visiteur à l’entrée de l’exposition « Der Rote Gott, Stalin und die Deutschen » (« le dieu rouge, Staline et les Allemands ») que l’on peut y voir jusqu’au 30 juin.
Celle-ci est captivante, et ce pour trois raisons. La première est liée à la chronologie du parcours, qui commence dès les années 1920. En remontant à cette période, on comprend mieux comment le successeur de Lénine à la tête de l’URSS a pu s’imposer, après la seconde guerre mondiale, comme le père tutélaire de la nouvelle RDA.
D’un démon à un dieu
Après avoir fait l’objet d’un premier culte au sein du jeune Parti communiste allemand sous la République de Weimar, il fut certes littéralement diabolisé par les nazis. Mais, rétrospectivement, on ne peut s’empêcher de penser que cette diabolisation, une fois le IIIe Reich vaincu, a bénéficié à Staline : érigé en démon à l’époque où Hitler était désigné comme un dieu, il a logiquement pris sa place quand ce dernier a été détrôné.
Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals ou de clips.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 11/02/2018
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Gounod, The Soft Moon et Franz Ferdinand : notre sélection musicale

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals ou de clips.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 07h26
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Cette semaine, on redécouvre un rare opéra de Charles Gounod, on suit les Soft Moon en tournée, on goûte au jazz de Reggie Washington et on se laisse surprendre par les Ecossais de Franz Ferdinand. Sans oublier d’inscrire sur ses tablettes le festival Banlieues bleues qui démarre le 16 mars.
UN OPÉRA : « Philémon et Baucis », de Gounod, au Grand Théâtre de Tours 

   


En cette année qui marque les 150 ans de la naissance du compositeur Charles Gounod (1818-1893), point de Faust, de Roméo et Juliette ou de Mireille. C’est le rare Philémon et Baucis que présentera, du 16 au 20 février, l’Opéra de Tours.
C’est un opéra-comique de 1861 composé dans la veine satirique des ouvrages se référant à l’Antiquité, à l’instar de l’Orphée aux enfers d’Offenbach. Il aura fallu plus d’un demi-siècle pour que Jupiter descende à nouveau de l’Olympe s’inviter chez Philémon et Baucis, un vieux couple qui vit pauvre mais heureux. Pour prix de leur hospitalité, le dieu des dieux leur rend la jeunesse, provoquant son propre désir pour la belle Baucis, la colère de Philémon et la mésentente des amoureux. Il leur faudra aspirer à leur état antérieur pour retrouver la paix, ce que voyant, Jupiter acceptera de se retirer tout en leur laissant le double cadeau initial.
C’est en comptant avec la jeune et talentueuse école du chant français que s’est construite la production – Norma Nahoun pour Baucis, le Philémon de Sébastien Droy, et le tonnant Jupiter d’Alexandre Duhamel. Les forces musicales tourangelles seront sous la direction de Benjamin Pionnier. Marie-Aude Roux
« Philémon et Baucis », de Gounod. Avec Norma Nahoun, Sébastien Droy, Alexandre Duhamel, Eric Martin-Bonnet, Marion Grange, Julien Ostini (mise en scène), Chœur de l’Opéra de Tours, Orchestre symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours, Benjamin Pionnier (direction). Opéra de Tours, 34 rue de la Scellerie, Tours. Les 16 et 20 février, à 20 heures ; le 18 février, à 15 heures. Tél. : 02-47-60-20-20. De 16,50 € à 72 €.
UNE TOURNÉE : The Soft Moon, à Paris, le 14 février, puis à Lille, Nantes et Lyon

   


Dans la catégorie revival cold wave, The Soft Moon est certainement le prétendant le plus doué. Projet en vérité d’un seul homme, le multi-instrumentiste et chanteur américain Luis Vasquez, ce dernier se révèle très habile pour passer son esprit torturé dans le filtre d’un post-punk angulaire hérité de Joy Division et des nappes synthétiques claustrophobes de l’album Pornography (1982) de The Cure.
Avec Criminal (Sacred Bones Records/Differ-ant), son quatrième album qui vient de paraître, le Californien établi à Berlin a atteint un certain paroxysme sonique en termes de claviers stridents et de beats électroniques urbains, toujours au service de cette voix martiale impressionnante. Une expérience cathartique sur fond de nostalgie new wave qui ne perd rien de son intensité sur scène.
The Soft Moon se produira en concert mercredi 14 février à Paris, au Trabendo. Puis de retour dans l’Hexagone pour trois dates en mars, le 14 à Lille, à la Condition publique ; le 15 à Nantes, au Stéréolux ; le 16 à Lyon, à L’Epicerie moderne. Franck Colombani
The Soft Moon + SΛRIN. Le Trabendo, 211 avenue Jean-Jaurès, Paris 19e. Mo Porte-de-Pantin. Mercredi 14 février, à 19 heures. 25,30 €.
DEUX CONCERTS : Reggie Washington à Paris, le 13 février et à Luynes, le 14

   


Dans un article du numéro de février du mensuel Jazz magazine, interrogé par Frédéric Goaty, le bassiste américain Reggie Washington revient sur ses liens avec le guitariste Jef Lee Johnson (1958-2013), à qui il rend hommage notamment dans un récent disque Rainbow Shadow-Volume 2 et lors de ses concerts, dont ceux prévus au New Morning, à Paris, mardi 13 février et au Jazz Fola Live Club, à Luynes (Bouches-du-Rhône), au sud d’Aix-en-Provence, mercredi 14 février.
« Chaque note [de Jef Lee Johnson] m’inspirait totalement (…) Jef est, était et sera toujours un artiste unique (…) Jef apprenait constamment des autres, tout autant que nous avons appris de lui. » Reggie Washington, qui a fait partie des premières formations du saxophoniste Steve Coleman, sera accompagné du guitariste David Gilmore (autre ancien de chez Steve Coleman), du batteur Patrick Dorcean et du platiniste DJ Grazzhoppa. Sylvain Siclier
New Morning, 7-9 rue des Petites-Ecuries, Paris 10e. Mo Château-d’Eau. Mardi 13 février, à 20 heures. 25,90 €. Jazz Fola Live Club, 2422 Avenue Fortuné Ferrini, Luynes (Bouches-du-Rhône). Mercredi 14 février, à 20 h 30. De 15 € à 20 €.
REPRISE : Franz Ferdinand revisite « Shut Up Kiss Me », d’Angel Olsen

Toujours plus haut, tel est le credo du groupe post-punk emblématique de Glasgow, Franz Ferdinand, sur leur cinquième album, intitulé de circonstance Always ascending (Domino/Sony). La bande du leader Alex Kapranos regarde précisément en direction de la boule à facettes des dance-floors, épaulé cette fois par le Français Philippe Zdar moitié du duo electro Cassius, et producteur émérite de Phoenix, The Rapture…
Ce dernier n’a pas son pareil pour insuffler une touche electro dance à des groupes de rock sans les dénaturer. Il le prouve encore en poussant le désormais quintet (deux nouveaux membres, Julian Corrie et Dino Bardot, ont été recrutés pour pallier le départ du guitariste Nick McCarthy) vers des territoires inédits quelque part entre No Wave et disco, avec à la clé la promesse de quelques tubes imparables (Lazy Boy, Paper Cages, Glimpse of Love…).
Récemment invité à l’antenne de la radio américaine SiriusXM, les Ecossais ont montré une facette plus pop, en reprenant une composition de l’indie rockeuse américaine Angel Olsen, Shut Up Kiss Me (dont voici la version originale). Une chanson d’amour qui tombe à point nommé à quelques jours de la Saint-Valentin. F. C.
Le groupe sera en concert au Zénith de Paris, le 27 février, au Zénith de Toulouse, le 19 mars, au Zénith de Montpellier, le 20 mars, à l’Auditorium Lumière de Lyon, le 21 mars, au Liberté de Rennes, le 23 mars et au Zénith de Caen, le 24 mars.
À RÉSERVER : le festival Banlieues bleues, du 16 mars au 13 avril

   


Organisé dans les salles de douze villes de Seine-Saint-Denis, avec quelques concerts dans des communes du Val-d’Oise et des Hauts-de-Seine, le festival Banlieues bleues vient d’annoncer la programmation de sa 35e édition. Il débutera à l’Espace 1789 de Saint-Ouen, vendredi 16 mars, par une soirée consacrée à l’Afrique du Sud avec les formations du guitariste et chanteur Sibusile Xaba et du pianiste Abdullah Ibrahim et se terminera à la MC93 de Bobigny, vendredi 13 avril, avec une soirée consacrée à la musique éthiopienne.
De l’un à l’autre, le jazz, représenté par nombre de jeunes musiciennes et musiciens, et les musiques du monde sont les dominantes du programme. Avec notamment le saxophoniste Antonin-Tri Hoang, la clarinettiste Elodie Pasquier, les groupes Kobo Town, Altin Gün, The Ex, la pianiste Eve Rissler, le guitariste et chanteur Jacob Desvarieux, la contrebassiste Sarah Murcia, le chanteur et oudiste Dhafer Youssef, une grande formation menée par les clarinettistes Xavier Charles et Jacques Di Donato, le saxophoniste Shabaka Hutchings, l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp… S. Si.
Festival Banlieues bleues, du 16 mars au 13 avril, dates, lieux, tarifs (de 5 € à 20 € selon les concerts) et réservations sur le site Internet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Au terme de quatre mois d’enquête, le procureur de New York soupçonne l’entreprise de violations des droits de l’homme et du droit du travail.
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Agressions sexuelles : l’Etat de New York assigne le studio Weinstein en justice

Au terme de quatre mois d’enquête, le procureur de New York soupçonne l’entreprise de violations des droits de l’homme et du droit du travail.



Le Monde
 |    11.02.2018 à 22h58
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 02h06
   





                        


Après l’homme, c’est au tour de l’entreprise d’être visée par la justice. Le procureur de l’Etat de New York, Eric Schneiderman, a annoncé, dimanche 11 février, avoir assigné en justice le studio fondé par Harvey Weinstein et son frère Robert, pour ne pas avoir protégé ses employés face au harcèlement sexuel et aux intimidations du tout puissant producteur hollywoodien de cinéma.

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Cette assignation de l’Etat de New York intervient quatre mois après le début de l’affaire Weinstein, qui a vu le célèbre producteur accusé par une centaine de femmes de harcèlement, d’agressions et de viols. Plusieurs l’ont déjà attaqué au civil, mais il ne fait jusqu’à présent l’objet d’aucune inculpation.
Un projet de rachat « imminent »
L’assignation qui vise The Weinstein Company (TWC) ainsi que Harvey et Robert Weinstein, porte des accusations de violations des droits de l’homme, des droits individuels, et du droit du travail. « TWC a violé à plusieurs reprises le droit new-yorkais en ne protégeant pas ses employés d’un harcèlement sexuel invasif, des intimidations et de la discrimination », a notamment déclaré Eric Schneiderman, cité dans un communiqué.
Cette assignation pourrait avoir pour effet immédiat de bloquer un projet de reprise du studio, que le procureur décrit comme « imminent ».

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Eric Scheiderman a ainsi souligné avoir des « éléments substantiels » pour penser que le projet ne prévoyait pas une indemnisation « adéquate » des victimes et que certains responsables ayant « une responsabilité partagée » dans le comportement d’Harvey Weinstein pourraient à nouveau « avoir des postes de responsabilité dans la nouvelle entité ».
Le groupe d’investisseurs à l’origine du projet de rachat – d’un montant de 500 millions de dollars (408 millions d’euros) –, est emmené par une ancienne responsable de l’administration Obama, Maria Contreras-Sweet.
Quatre mois d’enquête
Cette action est le résultat de quatre mois d’enquête, au cours de laquelle des employés, des cadres et des victimes de Harvey Weinstein ont été interrogés, et les archives et les mails de la société ont été passés au peigne fin, a précisé le procureur.
Les investigations ont notamment montré qu’un groupe d’employées de TWC avait « pour tâche principale » d’accompagner Harvey Weinstein à des événements et de faciliter ses conquêtes. Une femme de l’entourage du magnat de Hollywood a aussi fait spécialement le déplacement de Londres à New York pour enseigner à ses assistantes « comment s’habiller et sentir bon » pour le producteur, selon le communiqué. Un autre groupe essentiellement féminin « était obligé de prendre diverses mesures pour aider à satisfaire son activité sexuelle », notamment en envoyant des textos et en gardant toujours libres quelques plages horaires dans son agenda.
Ses chauffeurs à New York et à Los Angeles devaient par ailleurs avoir toujours des préservatifs et des injections contre les problèmes d’érection à disposition dans leur véhicule, selon le bureau du procureur.
L’assignation cite plusieurs cas où des employées de TWC ont porté plainte, en vain, auprès du département des ressources humaines de la société, après qu’Harvey Weinstein les a obligées à subir des attouchements ou d’autres contacts sexuels.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Notre choix du soir. Steven Spielberg signe un grand film de science-fiction, adapté d’une nouvelle de Philip K. Dick (sur OCS Max à 20 h 40).
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TV – « Minority Report »

Notre choix du soir. Steven Spielberg signe un grand film de science-fiction, adapté d’une nouvelle de Philip K. Dick (sur OCS Max à 20 h 40).



Le Monde
 |    11.02.2018 à 18h00
    |

            Samuel Blumenfeld








                        


Film sur OCS Max à 20 h 40

Nous sommes en 2054. Dans le cadre d’un programme expérimental cantonné au seul district de Washington, le ministère de la justice peut arrêter les criminels avant leur passage à l’acte. Des jumeaux et une jeune fille, Agatha, baptisés « précogs » en raison de leurs pouvoirs médiumniques, sont gavés de drogues synthétiques et isolés dans une piscine sous le regard attentif de la brigade « précrime », qui guette leurs prédictions.
Au son de la Symphonie inachevée, de Schubert, le policier John Anderton (Tom Cruise) regarde et interprète sur un écran télépathique le film des crimes futurs, en serviteur zélé d’un pouvoir qui a réalisé l’impunité zéro. Sans se douter qu’il se découvrira plus tard sur ce même écran, en flagrant délit d’homicide.
A ce moment du film surgit une révélation qui n’a pas du tout la valeur explicative qu’on lui attache communément. On s’attend à ce qu’Agatha, la plus douée du trio de précogs, révèle à John Anderton les raisons pour lesquelles un complot a été tramé autour de lui. Or, pas du tout. De whodunit (de who [has] done it ?, « qui l’a fait ? ») – intrigue qui repose sur la recherche de l’identité du coupable – et de film noir en hommage au Grand Sommeil, de Howard Hawks, Minority Report devient un film de Spielberg. De film de genre réalisé à la perfection, il se transforme en grand film.
Un futur parallèle
Agatha se met subitement à avoir des ratés dans ses visions. Elle ne décrit plus un futur certain, mais un futur parallèle, et raconte à John Anderton le devenir possible de Sean, son jeune fils, s’il n’avait pas mystérieusement disparu six ans auparavant. Sean aurait fréquenté les bancs de l’université. Il serait devenu vétérinaire… On a alors le sentiment que le film recommence à l’identique. Revoilà John Anderton, père à la recherche de son fils perdu pour toujours ; revoici Agatha, jeune fille traumatisée par l’assassinat de sa mère. Tout recommence donc, à la différence près que le lien qui unit les deux personnages est maintenant devenu intime.
Cette manière de faire à nouveau connaissance entre une fille orpheline et ce père endeuillé provoque une ­inquiétude aussi vive. Le cinéaste s’adresse à son spectateur comme à un orphelin. On pourrait croire que son film est un ­secret de ­famille qu’il consent à dévoiler. C’est tout simplement l’histoire bouleversante de deux individus qui n’arrivent pas à ­enterrer leurs morts.

   


Comme tous les films de Spielberg, Minority Report parle de familles éclatées. Ici, ces familles ne seront jamais réunies. Le futur envisagé par Philip K. Dick – dans sa nouvelle Rapport minoritaire, publiée en 1956 et adaptée par Spielberg – a largement contaminé notre présent. Minority Report porte la trace visuelle de cette angoisse, par la grâce de la photographie blafarde du chef opérateur habituel du cinéaste, Janusz Kaminski, qui dépeint un univers terne, comme si la couleur semblait avoir été expulsée de cette Amérique futuriste en même temps que ses criminels.
« Les morts ne meurent pas », explique Agatha à John Anderton. Spielberg va plus loin encore : il vise à ancrer ses personnages dans la généalogie de leurs morts, comme si seule la mémoire offrait une alternative à un futur ­désincarné. La science s’est interrogée sur le point de savoir si l’eau avait une mémoire. Minority Report est une histoire d’eau : le lac près de la maison de John Anderton, le liquide amniotique dans lequel baignent les trois précogs, le point d’eau où est noyée la mère d’Agatha… Et cette eau finit par nous engloutir.
Minority Report, de Steven Spielberg. Avec Tom Cruise, Samantha Morton, Colin Farrell, Max Von Sydow (EU, 2002, 145 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Nos musiques préférées une fois adulte montrent qu’on garde toujours une petite partie de sa période collège en soi…
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On n’oublie jamais la musique de ses 14 ans

Nos musiques préférées une fois adulte montrent qu’on garde toujours une petite partie de sa période collège en soi…



Le Monde
 |    11.02.2018 à 17h14
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 17h23
    |

                            Marie Slavicek








                        



   


Les Beatles ou les Rolling Stones ? Oasis ou Blur ? Kendji Girac ou Louane ? Que serait la musique sans les sempiternelles disputes qui déchirent les mélomanes ? À la suite d’une énième prise de bec – pour ou contre Born to Run, de Bruce Springsteen ? – le journaliste du New York Times Seth Stephens-Davidowitz a cherché à savoir pourquoi son frère et lui n’étaient jamais d’accord dès qu’ils parlaient de musique.
En particulier, Stephens-Davidowitz s’est demandé dans quelle mesure notre année de naissance influait sur nos goûts musicaux. Pour connaître la popularité d’une chanson auprès d’une personne en fonction de son âge et de son sexe, il a utilisé les données fournies par la plateforme de streaming musical Spotify. Résultat : même s’il existe des classiques sur lesquels tout le monde s’accorde, notre année de naissance a bel et bien son importance.
Quatorze ans, l’âge-clé
Par exemple, Creep de Radiohead est la 164e chanson la plus populaire chez les hommes de 38 ans, alors qu’elle n’est même pas dans le top 300 de ceux nés dix ans plus tôt ou dix ans plus tard. À noter que ces fans de Creep avaient environ 14 ans au moment de sa sortie, en 1993. Et c’est justement là que se trouverait la clé de l’énigme…
Le journaliste s’est penché sur les titres qui ont eu le plus de succès entre 1960 et 2000. Il a ensuite relevé l’âge qu’avaient leurs plus grands fans aujourd’hui lorsque ces chansons sont sorties.
Résultat : le cas de Creep est loin d’être une exception. Chez les hommes, les tubes sortis quand ils avaient en moyenne 14 ans (entre 13 et 16 ans) sont intrinsèquement liés à leurs goûts musicaux une fois adultes. Et chez les femmes ? En moyenne, leurs chansons préférées une fois adultes sont sorties lorsqu’elles avaient 13 ans (entre 11 et 14 ans).

   


Or, ces tranches d’âge correspondent peu ou prou à la puberté, qui arrive en général plus tôt chez les filles. Une nouvelle preuve, quasi scientifique donc, de l’importance de cette période dans la vie d’un être humain. D’une certaine façon, nos musiques préférées une fois adulte montrent qu’on garde toujours une petite partie de sa période collège en soi…
Et, grâce aux recherches de Stephens-Davidowitz, on devine ce que vous écouterez pour la Saint-Valentin selon votre âge : si vous avez 30 ans, on parie sur Crazy in Love de Beyoncé ; les amoureux de 45 ans choisiront sans doute When It’s Love, de Van Halen ; et ceux de 60 ans Let’s Get It On, de Marvin Gaye. Correct ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le 5 février, rue Scribe, à Paris, avait lieu le déjeuner des auteurs les plus lus de l’année. Guillemette Faure, la chroniqueuse de « M », y était. Sylvain Tesson s’est excusé, parti « pour observer la panthère des neiges près des sources du Mékong ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                
                                    

Vous prendrez bien une part de millefeuille ?


                      Le 5 février, rue Scribe, à Paris, avait lieu le déjeuner des auteurs les plus lus de l’année. Guillemette Faure, la chroniqueuse de « M », y était. Sylvain Tesson s’est excusé, parti « pour observer la panthère des neiges près des sources du Mékong ».



Le Monde
 |    11.02.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 11h34
    |

                            Guillemette Faure








   


« Je ne pourrai pas être des vôtres car je pars, la veille, pour le Tibet. Je pars pour observer la panthère des neiges près des sources du Mékong. » En termes d’excuse, Sylvain Tesson se pose là quand il décline une invitation au déjeuner L’Express - RTL des auteurs des livres les plus lus de l’année. Même Leïla Slimani, en déplacement avec Emmanuel Macron, n’a pas de panthère des neiges pour justifier son absence sous la verrière du Grand Hôtel InterContinental.
Le journaliste Jérôme Dupuis porte dans sa poche arrière une enveloppe qu’il n’a pas ouverte. C’est Héloïse d’Ormesson qui la lui a remise. La lettre qu’elle contient est peut-être liée à la critique qu’il a publiée dans L’Express du dernier livre de son père, celle dans laquelle il se demandait si on devait « obligatoirement dire du bien de Et moi, je vis toujours ? ». C’est peu dire qu’il s’est affranchi de cette obligation.
« Il m’attendait depuis 1950, qui d’autre que moi pourrait porter ça ? » Amélie Nothomb
Cette année, donc, c’est un des premiers déjeuners des best-sellers sans Jean d’Ormesson, comme l’a regretté Guillaume Dubois, le patron de L’Express, en accueillant les auteurs et en annonçant, comme en 2017, une nouvelle formule de l’hebdomadaire.
A la place de Jean d’Ormesson, c’est donc Michel Serres qui prend le bras d’Amélie Nothomb. « Elle vend combien ? », demande un auteur de best-sellers médicaux. La légende dit qu’elle ne boit du champagne qu’un jour sur deux. C’est vrai, dit-elle, et ça tombe bien, c’est aujourd’hui. Elle porte un drôle de chapeau violet rebondi en deux parties, un peu comme un arrière-train. Elle trouve que c’est un mélange entre un Pierre Cardin et celui d’Alice au pays des merveilles. « Il m’attendait depuis 1950, qui d’autre que moi pourrait porter ça ? »

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Qui d’autre aussi que Fabrice Midal, l’éditeur de livres de méditation, auteur de Foutez-vous la paix !, pour venir à ce déjeuner tout de jaune vêtu, couleur de l’éveil chez les bouddhistes ? Pourtant, on le voit à peine sur la photo, caché comme les autres auteurs derrière le chapeau d’Amélie Nothomb.

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                Amélie Nothomb : « Je suis le fruit d’une enfance heureuse et d’une adolescence saccagée »



« Il paraît que tu es avec une violoniste ? », demande David Foenkinos à un journaliste. « Elle joue très bien ou elle est très jolie ? » Plusieurs personnes disent du bien du Traité de savoir-rire à l’usage des embryons, d’Anne Akrich, devant Olivier Nora, le patron de Grasset. Qu’il soit le père de l’enfant à venir auquel s’adresse le livre dans lequel il est présenté comme ayant « du pouvoir et de l’élégance » n’est peut-être qu’une coïncidence. « J’espère être plus drôle dans le livre qu’en vrai », dit-il.
« Faut être sorti de Polytechnique pour repasser le code, j’ai abandonné… » Mazarine Pingeot
Anna Gavalda doit partir parce qu’elle a un train. Philippe Besson doit partir parce qu’il a une excuse que son éditrice se débrouillera pour inventer. Et avec tout cela, Jérôme Dupuis a toujours dans sa poche arrière la lettre de la fille de Jean d’Ormesson qu’il faudra bien qu’il finisse par lire.
A défaut de pouvoir la lire à sa place, on parle des réactions aux critiques. Il paraît que Jean Teulé a jubilé en apprenant qu’un journal avait assassiné son propre livre. Les blessures des écrivains ne se produisent jamais où on les attend. Mazarine Pingeot se plaint du permis de conduire qu’elle doit repasser. « Faut être sorti de Polytechnique pour repasser le code, j’ai abandonné… », constate la normalienne.
Joyeux anniversaire
On débat aussi du Salon du livre de Paris. Les filiales d’Hachette Livre Grasset et Stock n’ont pas envie de s’y rendre cette année ; elles ne veulent plus déplacer leurs auteurs pour des lecteurs qui préfèrent faire des selfies qu’acheter des livres. A la table voisine, l’auteur de polar et spécialiste de la géographie électorale Michel Bussi loue a contrario les joies des rassemblements en province, Brive, Nancy ou Quais du Polar, à Lyon. Il vit à Rouen. Est-ce parce qu’il respire loin de Paris qu’il sourit tout le temps en parlant, et ne dit pas de mal de ses contemporains ?
A la poire, servie en dessert, débarque une jeune femme qui vient s’asseoir entre Jean-Christophe Rufin et Antoine Gallimard. C’est la fille du romancier diplomate. Elle fête ses 23 ans ; son père, sans doute culpabilisé, l’a attirée là pour lui glisser un morceau de gâteau pendant que les serveurs de l’InterContinental lui chantent « Joyeux anniversaire » sous les regards médusés des organisateurs du déjeuner.
Dans son courriel s’excusant de ne pas pouvoir être là, Sylvain Tesson prévenait son hôte. « Et comme je grelotterai à 5 000 mètres d’altitude dans une grotte d’affût, je penserai bien à vous en me disant : “J’aurais mieux fait d’aller rue Scribe.” »



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ L’écrivain, journaliste à « L’Obs » et au « Masque et la Plume », poursuit sa quête de soi et du temps effacé, commencée il y a vingt ans. Ses aïeux, dont deux médecins, sont au cœur du « Syndrome de Garcin ».
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édition abonné


Jérôme Garcin : « Faire revenir ceux qui ne sont plus »

L’écrivain, journaliste à « L’Obs » et au « Masque et la Plume », poursuit sa quête de soi et du temps effacé, commencée il y a vingt ans. Ses aïeux, dont deux médecins, sont au cœur du « Syndrome de Garcin ».



Le Monde
 |    11.02.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 09h18
    |

                            Xavier Houssin (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Le Syndrome de Garcin, de Jérôme Garcin, Gallimard, 160 p., 14,50 €.

La photographie est posée en évidence dans le salon. Le portrait, de tête, d’un cheval à la robe claire, balançant au vent, d’un mouvement d’encolure, un long toupet, une abondante crinière. Et on le reconnaît. N’est-ce pas Danseur, le lusitanien ­d’Anne-Marie, son épouse ? Jérôme Garcin sourit. Du coup, on cherche des yeux, près de clichés de famille, celle d’Eaubac, son trotteur français. Juste parce que revient en mémoire cette phrase de Théâtre intime (Gallimard, 2003) : « Désormais, dans nos vies, dans notre vie, il y aurait, pour donner de l’allégresse, de l’altitude et du défi, Danseur et Eaubac, le gris et le bai, (…) deux presque contemporains, deux voisins de box – huit jambes pour la grande aventure. Le prolongement d’un couple, une manière, peut-être, de consécration. »
Théâtre intime pourrait d’ailleurs être un titre générique à l’œuvre de Garcin, tant il y fait confidence de ses sentiments, de ses questionnements, de ses longs chagrins et de ses joies soudaines. Du passé difficile, de la fragilité du présent. Cela affleure dans tous ses livres (une trentaine), romans, essais, dialogues, correspondance. Cela s’énonce dans son journal (Cavalier seul, Gallimard, 2006), et fait la trame et le fil de ses récits. Il vient d’en publier un nouveau, Le Syndrome de Garcin, histoire de filiation et d’origines où, héritier de toute une dynastie de médecins qui l’ont précédé, à commencer par ses deux grands-pères, il s’interroge sur la transmission, les ruptures, la disparition. Et l’oubli. Là, davantage encore, le théâtre intime devient théâtre d’ombres. « L’important, dit-il, est de faire revenir, exister à nouveau, ceux qui ne sont plus. »
Pratique équestre
Depuis La Chute de cheval (Gallimard, 1998), Jérôme Garcin n’a cessé de poursuivre...




                        

                        


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Pierre Lemaitre : « Je suis né à 50 ans »

Pour « La Matinale du Monde », l’écrivain, Goncourt en 2013, explique qu’il n’a plus douté après la rencontre avec sa seconde femme, Pascaline.



Le Monde
 |    11.02.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 15h46
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

En 2013, Pierre Lemaitre recevait le prix Goncourt pour Au revoir là-haut (Albin Michel). Le premier volet d’une trilogie dont il vient de publier la suite. Avec Couleurs de l’incendie, l’écrivain poursuit son exploration de l’entre-deux-guerres.
Je ne serais pas arrivé là si…
Si je n’avais pas rencontré Pascaline, en 2000. Grâce à elle, je suis né à 50 ans. J’ai l’impression d’avoir pris un retard à la naissance et toute ma vie d’avoir couru après. Cette femme a changé ma vie. Tous mes romans lui sont dédiés.
Est-ce la première personne qui ait cru en vous en tant que romancier ?
Oui. Il y a une phrase de Barbey d’Aurevilly (1808-1889), qui dit citer Mahomet, que j’aime beaucoup : « J’ai aimé des femmes plus jeunes et plus belles mais personne comme elle car elle croyait en moi alors que personne n’y croyait. » Je ne pourrais pas le dire mieux.
Comment l’avez-vous rencontrée ?
J’enseignais la littérature à des bibliothécaires. Elle participait à l’un de mes séminaires. A cette époque, j’étais marié avec une femme que j’aimais. Mais Pascaline a créé un raz de marée dans ma vie. Deux ou trois ans plus tard, j’ai divorcé et nous nous sommes mariés.
Et elle a découvert un de vos manuscrits…
Non. Elle savait que j’écrivais, je lui en parlais, mais je refusais de lui donner à lire parce que j’étais un homme très facilement envahi par le doute. Grande lectrice et experte en tant que bibliothécaire, je craignais que son jugement soit sans appel. Et puis, in fine, en 2005, je lui donne un texte. Elle le lit et dit sans forfanterie : « Il faut le terminer parce que ce livre va être publié. » C’était mon polar intitulé Travail soigné. Je me croyais malchanceux, elle m’a dit que j’étais talentueux. Ça change tout !
Quelle a été votre réaction lorsque Pascaline vous a prédit que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ A travers leurs performances provocantes, Luis Manuel Otero Alcantara et Yanelys Nuñez Leyva militent pour la liberté et bousculent le régime, s’emparant notamment de la figure de Castro.
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Deux pirates de l’art à Cuba

A travers leurs performances provocantes, Luis Manuel Otero Alcantara et Yanelys Nuñez Leyva militent pour la liberté et bousculent le régime, s’emparant notamment de la figure de Castro.



Le Monde
 |    11.02.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 08h41
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                            Paulo A. Paranagua








                        



                                


                            

Deux jeunes artistes cubains avaient promis de dévoiler le testament de Fidel Castro lors du festival Hors Pistes 2018, qui s’est tenu jusqu’au 4 février au Centre Georges-Pompidou, à Paris, et dont la thématique cette année était « La nation et ses fictions ». Voilà le public prévenu : on est dans une représentation artistique sur l’imaginaire national.
Luis Manuel Otero Alcantara, l’un des deux artistes, annonce d’emblée : « Le chef de la révolution cubaine m’est apparu en rêve et m’a informé que, durant les derniers jours de sa vie, il avait secrètement écrit un testament. » Le rêveur s’est vu « confier la mission » de le rendre public, parce qu’il est un « Cubain ordinaire », « libre de toute haine extrémiste ».
« Une réflexion sur l’avenir »
Malgré ces précautions, la présentation a suscité une virulente réaction des sympathisants castristes venus en nombre au Centre Pompidou, comme s’ils étaient en service commandé. Si l’intention de l’artiste était de provoquer un débat, force est de constater qu’il a tourné au dialogue de sourds. « Avant mon départ pour Paris, la sécurité de l’Etat [la police politique] m’avait menacé : ne touche pas à ­Fidel ou tu vas le regretter, raconte Luis Manuel. Depuis sa mort en 2016, il fait l’objet d’un culte presque religieux. » C’est à la fois le totem et le tabou. « Fidel est une image forte, un personnage fondamental, je voulais donc m’en saisir pour amener une réflexion sur son héritage et surtout sur l’avenir de Cuba », justifie-t-il.
L’idée d’un testament apocryphe de Castro rejoint la légende des pages perdues du journal de José Marti, le héros de l’indépendance cubaine. Modernité oblige, à Beaubourg, ce 27 janvier, nous assistons à un enregistrement audiovisuel. L’imitation de l’intonation de ­Fidel par un acteur espagnol doué, Pedro Ruiz, et un phrasé qui reprend souvent ses tournures ou ses expressions, donnent vraisemblance...




                        

                        

