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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Pour Patrice Roussel, professeur de gestion, généraliser la participation sans en changer les règles et la mise en œuvre serait inefficace, explique-t-il dans une tribune au « Monde ».
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« Développer la participation dans les PME implique de mieux prendre en compte leurs conditions de fonctionnement »

Pour Patrice Roussel, professeur de gestion, généraliser la participation sans en changer les règles et la mise en œuvre serait inefficace, explique-t-il dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    12.02.2018 à 18h08
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 18h08
    |

Patrice Roussel (Professeur de gestion des ressources humaines et directeur de TSM Research, CNRS, université Toulouse Capitole)







                        



                                


                            

Tribune. Le développement de la participation financière est un des éléments majeurs du Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte). L’enjeu principal est d’y donner accès aux millions de salariés qui travaillent dans des PME de moins de cinquante salariés. Mais certaines pistes évoquées nous semblent inappropriées, faisant fi des véritables blocages.
Née d’une utopie portée par le général de Gaulle au lendemain de la Libération, la participation a été introduite par des textes de loi entre 1959 et 1967. L’objectif était de rapprocher les intérêts du patronat et du salariat en introduisant dans les rémunérations une part variable liée aux résultats de l’entreprise.
7 millions de bénéficiaires
A partir de cette idée, la France s’est dotée d’une palette d’outils supplémentaires, massivement utilisés dans les grandes entreprises, mais difficiles à appréhender pour les non-spécialistes : intéressement, plan d’épargne d’entreprise (PEE), plan d’épargne retraite collectif (Perco), fond commun de placement d’entreprise (FCPE)… Environ un tiers des salariés du privé, soit 7 millions de personnes sur un total de 19 millions, bénéficient aujourd’hui d’un ou plusieurs de ces dispositifs.

Le projet de loi Pacte se concentre sur la participation financière, premier élément du Meccano. Déjà obligatoire dans les entreprises de cinquante salariés et plus, la participation le deviendrait dès onze salariés, avec une fiscalité favorable afin de susciter l’adhésion. Les prélèvements sociaux sur les sommes distribuées seraient ainsi fixés à hauteur de seulement 8 % dans ces PME contre 20 % actuellement dans les entreprises de plus de cinquante salariés, à l’exception des coopératives ouvrières qui, étrangement, bénéficient en la matière d’un rabais fiscal.
Mais proposer ainsi un forfait social à 8 % incitera-t-il vraiment les petites entreprises à se lancer ? Il s’agit, selon nous, d’une fausse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Analyse. Il y a fort à parier que les grands corps perpétueront l’entretien d’« une forme d’aristocratie de la fonction publique », selon l’expression du politologue Luc Rouban, explique la journaliste du « Monde », Soazig Le Nevé.
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La fin des « castes administratives » n’est pas pour demain

Analyse. Il y a fort à parier que les grands corps perpétueront l’entretien d’« une forme d’aristocratie de la fonction publique », selon l’expression du politologue Luc Rouban, explique la journaliste du « Monde », Soazig Le Nevé.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 16h45
    |

                            Soazig Le Nevé (Service Campus)








                        



                                


                            

Analyse. C’était au temps de la campagne présidentielle, au printemps 2017. Emmanuel Macron promettait de « mettre fin au système des grands corps en les rapprochant de corps existants et exerçant des fonctions similaires ». Cette réforme allait sonner le glas du classement de sortie de l’ENA qui donne à quinze élèves un accès direct à l’Inspection générale des finances, au Conseil d’Etat et à la Cour des comptes, précisait-il en avril 2017 dans un entretien à Acteurs publics. Un classement qui, depuis 1945, détermine la carrière des meilleurs d’une promotion, ceux qui forment « la botte », avant même qu’ils aient fait leurs preuves sur le terrain. L’ordre du jour du candidat était alors au décloisonnement, à la mobilité et à l’adaptation de l’administration aux besoins des Français.
Moins d’un an plus tard, la montagne a accouché d’une souris. Il n’est plus question de supprimer les « grands corps », l’expression n’a même jamais plus été prononcée depuis l’accession d’Emmanuel Macron à l’Elysée. Le classement de sortie est lui aussi indemne. Il y a donc fort à parier que les grands corps perpétueront l’entretien d’« une forme d’aristocratie de la fonction publique », selon l’expression du politologue Luc Rouban, au sein de laquelle un administrateur civil en poste à l’éducation nationale a peu de chances de rejoindre la direction du Trésor.
La fin des « castes administratives », comme les nommait le candidat Macron, n’est donc plus à l’agenda. Est-ce vraiment surprenant ? Quand il était à la tête de l’Etat, Nicolas Sarkozy – qui n’est pas énarque – avait mis du cœur à l’ouvrage pour renverser la citadelle. Il souhaitait la création de listes d’aptitude afin de mieux concilier la demande des administrations et les attentes des fonctionnaires, et qu’une commission valide ou non les recrutements. Mais le texte de loi puis le décret envisagés n’avaient pas résisté aux filtres successifs de Matignon,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ La brutale correction que viennent de subir les marchés depuis une semaine ne constitue qu’un retour à la rationalité, même s’il en coûte aux investisseurs, juge dans sa chronique pour « Le Monde » Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement de Carmignac.
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Comprendre la correction des marchés

La brutale correction que viennent de subir les marchés depuis une semaine ne constitue qu’un retour à la rationalité, même s’il en coûte aux investisseurs, juge dans sa chronique pour « Le Monde » Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement de Carmignac.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 15h02
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 15h11
    |

Didier Saint-Georges (Membre du comité d’investissement de Carmignac)







                        



   


Chronique. Revenons quelques années en arrière. Après la grande crise financière de 2008, tous les gouvernements des pays développés se déclarèrent incapables de remettre leurs économies sur les rails, paralysés qu’ils étaient par leur niveau d’endettement excessif. Le destin des économies était donc remis dans les mains des banques centrales. Celles-ci utilisèrent toute leur puissance pour s’acquitter de leur tâche, en utilisant le seul ressort à la disposition d’une banque centrale pour soutenir l’activité économique : fournir des liquidités au système économique.

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Après que les taux d’intérêt directeurs furent ramenés à zéro (et même en dessous de zéro !), les banques centrales s’engagèrent ensuite sur la voie audacieuse d’opérations non conventionnelles, dont des achats massifs d’actifs financiers auprès du marché. Ces opérations apportèrent bien des quantités de liquidités sans précédent au système économique, faisant fortement baisser les taux d’intérêt à coups d’achats d’obligations systématiques et massifs. Cette baisse des rendements poussa les investisseurs à rechercher des rémunérations plus attrayantes, en se portant à l’achat sur les marchés de crédit et d’actions.
Ce n’était pas la performance de l’économie réelle qui motivait les investisseurs en actions mais la promesse par les banques centrales que l’apport de liquidité constant continuerait de soutenir le prix de tous les actifs financiers
Cette dynamique d’ensemble emporta marchés obligataires et d’actions dans un même mouvement haussier d’ampleur historique, par lequel l’indice actions européen Eurostoxx 600, par exemple, s’apprécia de plus de 40 % de 2013 à 2017, tandis que le taux d’intérêt des emprunts d’Etat allemands était divisé par quatre, baissant de 2 % à 0,5 % sur la période. Peu importait pendant ce temps que la croissance économique réelle restât atone. Ce n’était pas la performance de l’économie réelle, bien médiocre, qui motivait les investisseurs en actions, mais la promesse par les banques centrales que l’apport de liquidité constant continuerait de soutenir le prix de tous les actifs financiers.
Paradoxalement, tant que l’impact de ces politiques monétaires sur l’économie réelle demeurait insuffisant, la continuité du soutien des banques centrales était assurée. Les marchés pouvaient donc continuer de monter.
Dès lors, la question qu’il était légitime de se poser était de savoir quelle forme prendrait l’issue de cette période exceptionnelle. En cas d’échec ultime de ces politiques monétaires, c’est-à-dire en cas de rechute de l’inflation et de la croissance, les marchés risquaient de connaître une crise de confiance considérable. Cet échec a été évité.

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L’autre issue envisageable était celle d’un succès. Mais dans ce cas, la reprise de la croissance et de l’inflation justifierait la fin des mesures exceptionnelles de soutien monétaire, et entraînerait une remontée des taux d’intérêt vers des niveaux « normaux », les valorisations des marchés d’actions en subissant les conséquences. C’est ce qui se passe aujourd’hui.
Il faut comprendre que la hausse des marchés ces dernières années s’est effectuée sur une ligne de crête entre ces deux écueils. Ainsi la Banque centrale américaine (Fed) a pu cesser ses achats d’obligations en octobre 2014 sans que les marchés ni obligataires ni d’actions ne s’en émeuvent durablement. Car pendant cette période, croissance et inflation n’étaient ni trop fortes ni trop faibles. De plus, la Banque centrale européenne commençait son propre programme d’achats d’actifs peu après (2015).
Croissance économique
Lors de la frayeur que le vote britannique en faveur du Brexit provoqua sur les marchés en juin 2016, les banques centrales purent immédiatement apaiser les investisseurs en les assurant de leur soutien si nécessaire. En 2017 culmina dans le meilleur des mondes car la croissance économique commença enfin de repartir (ce qui renforça les marchés d’actions), mais sans que l’inflation n’accélère (ce qui permit aux banques centrales de tempérer leur appétit de normalisation monétaire).
Les investisseurs doivent comprendre que les moteurs de performances auxquels ils s’étaient habitués s’inversent
Aujourd’hui, le scénario de sortie « par le haut » des longues années de soutien monétaire se précise. Et toutes les grandes banques centrales s’apprêtent donc à réduire voire à inverser leurs interventions. C’est une bonne nouvelle pour l’économie. Mais les investisseurs doivent comprendre que les moteurs de performances auxquels ils s’étaient habitués s’inversent. La baisse continue des taux d’intérêt n’a plus lieu d’être, et ces derniers doivent retrouver un niveau normal, que la distorsion opérée par l’intervention des banques centrales avait amenés à des extrêmes, déconnectés de la réalité économique.
Versant de l’huile sur le feu, la réforme fiscale de l’administration Trump creuse le déficit budgétaire américain, augmentant les besoins de financement du Trésor, au moment même où la Fed entreprend de se désengager. Les taux d’intérêts sont donc doublement sous tension. En Europe, il est patent que les rendements de la dette souveraine allemande, même après leur remontée à 0,75 % ces derniers jours, ne correspondent toujours pas à leur niveau « normal ».
Réalité des prix
Les marchés doivent désormais revenir à la réalité des prix, et il est compréhensible que le réveil d’un long rêve doré constitue un ajustement douloureux. Quand le prix des actions et des obligations, après une période d’instabilité, se sera ajusté à la nouvelle réalité, alors il conviendra de s’assurer que l’économie va toujours aussi bien, et peut devenir le nouveau moteur des marchés actions, à partir de valorisations assainies. Il y aurait dans ce cas des niveaux d’entrée sur les marchés d’actions à ne pas manquer.

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C’est ce qui s’était produit, par exemple, après la forte correction de marché d’octobre 1987. En cas de ralentissement économique en revanche, les banques centrales n’auraient d’autre choix que de se précipiter de nouveau au chevet des marchés. Cela rassurerait certainement dans un premier temps, mais constituerait un constat d’échec cuisant. C’est là que réside le véritable risque : que l’économie s’avère trop fragile encore pour encaisser ce regain de stress financier, et que les signaux de croissance et d’inflation s’inversent de nouveau. Réponse dans quelques mois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Livres. Trois libéraux, Baverez, Minc et Cohen-Tanugi, s’inquiètent d’un horizon lourd de dangers pour la démocratie occidentale et signent une série d’essais à la tonalité pessimiste.
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L’avenir mal assuré de la démocratie libérale

Livres. Trois libéraux, Baverez, Minc et Cohen-Tanugi, s’inquiètent d’un horizon lourd de dangers pour la démocratie occidentale et signent une série d’essais à la tonalité pessimiste.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 13h54
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 16h43
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            
Livres. La famille libérale française n’a pas le moral. On prend cette tribu au sens large : du centre-droit au centre-gauche, du social-libéralisme à la social-démocratie. Les disciples de Mirabeau, Tocqueville, Aron, Furet et autres devraient savourer un moment assez rare dans l’histoire du pays : l’un des leurs, Emmanuel Macron, est à l’Elysée. Mais nos essayistes libéraux s’inquiètent.
Ils pointent un horizon lourd de dangers pour la démocratie occidentale. Ils signent une série de livres à la tonalité pessimiste. On ne s’en étonnera pas chez Nicolas Baverez, qui signe Violence et Passions, défendre la liberté à l’âge de l’histoire universelle (L’Observatoire, 128 p., 15 €). Le chroniqueur du Figaro et du Point vit son activité, non sans quelque raison, comme celle d’un météorologue chargé d’annoncer les tempêtes à venir, pas le beau temps. C’est plus rare chez Alain Minc (auquel on doit Une humble cavalcade dans le monde de demain, Grasset, 186 p., 17 €), qui – après avoir salué dans ses derniers livres l’exemplarité de la démocratie allemande, l’exceptionnalité, positive, de l’Union européenne et rendu un bel hommage à Mirabeau – est à son tour gagné par une perplexité inquiète devant ce que l’avenir nous réserve.
Enfin, face aux pathologies contemporaines, on a connu Laurent Cohen-Tanugi (Résistances, la démocratie à l’épreuve, L’Observatoire, 18 p., 15 €) habituellement plus confiant dans la capacité de l’Europe sinon à y trouver remède, du moins à en protéger ses ressortissants. On conclura ce tour de rayon en signalant encore, dans l’excellente revue Charles, le passionnant portrait de notre confrère François Lenglet, humaniste féru de macroéconomie, qui annonce : « C’est la fin du libéralisme » (économique, ce qui est déjà beaucoup !). 
Une scène internationale chaotique
Evidemment, les temps sont durs si on les confronte aux illusions de l’après-guerre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Candidate de « The Voice », la chanteuse Mennel a quitté l’émission à la suite de l’exhumation de messages à connotations complotistes sur les attentats de juillet 2016. Un départ qu’Abdel Rahmène Azzouzi regrette dans une tribune au « Monde ».
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« Mennel est l’antithèse des bêtes de Daech et peut-être même leur antidote »

Candidate de « The Voice », la chanteuse Mennel a quitté l’émission à la suite de l’exhumation de messages à connotations complotistes sur les attentats de juillet 2016. Un départ qu’Abdel Rahmène Azzouzi regrette dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    12.02.2018 à 13h22
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 13h58
    |

                            Abdel Rahmène Azzouzi (professeur des universités)








                        



                                


                            

Tribune. La vidéo de son passage à « The Voice » était rapidement devenue virale. Comme le disait Zazie, les fées se sont penchées sur son berceau. Une vraie voix, une grande beauté, un talent incontestable et des cheveux discrètement couverts. Egalement des origines syriennes, une francité pleinement assumée tout comme son islam. Elle semblait avoir conquis le jury du télé-crochet. Cette synthèse de nos valeurs françaises et même plus largement occidentales sans renier son âme orientale aura suffi à provoquer l’ire de l’extrême droite qui dans cette affaire a servi d’aiguillon aux médias et peut-être à l’opinion française.
Des posts maladroits de la jeune Mennel, exhumés par le Bloc identitaire, ont ouvert la polémique et brisé le pont que tentait de construire la jeune femme. En janvier, déjà, le mannequin « voilé », Amena Khan, avait dû renoncer à une campagne de L’Oréal pour avoir critiqué la politique israélienne dans des tweets datant de 2014. La connotation complotiste des tweets de la jeune Mennel pose en effet problème et a semblé constituer un obstacle insurmontable à son évolution artistique au sein de l’émission.

Que devrions-nous alors penser des onze vidéos parfaitement assumées par Jean-Marie Bigard sur les attentats du 11-Septembre ? Nous pouvons facilement imaginer le travail et la réflexion élaborée qu’a nécessités la réalisation de ces vidéos. Il ne s’agissait pas d’un ou deux tweets d’une jeune femme de 20 ans dont le pays d’origine est ravagé, depuis de nombreuses années, par la guerre et le terrorisme le plus abject et dont probablement nombre de membres de sa propre famille ont été victimes. Et pourtant, nul n’a pensé à excommunier Jean-Marie Bigard et il appartient à chacun de faire la part des choses entre un des humoristes les plus talentueux de sa génération et son analyse complotiste des attentats du 11-Septembre.
Un message unissant l’Orient et l’Occident bienvenu
Dans le contexte actuel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Editorial. Derrière l’opération anticorruption conduite par le jeune prince, se joue la réorganisation du pouvoir au sommet du royaume saoudien.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

A Riyad, la reprise en main très politique du prince héritier Salman

Editorial. Derrière l’opération anticorruption conduite par le jeune prince, se joue la réorganisation du pouvoir au sommet du royaume saoudien.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 11h42
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 15h17
   





                        


Editorial du « Monde » Le Ritz Carlton est rouvert. Ce qui pourrait passer, à Paris ou à Londres, pour une simple annonce de l’achèvement de travaux de rénovation signale, à Riyad, la fin d’une opération d’un tout autre genre. L’entreprise de rénovation dont le palace a été le théâtre ces dernières semaines dans la capitale saoudienne, jusqu’à sa réouverture au public dimanche 11 février, est celle du pouvoir politique dans le royaume, que le jeune prince héritier Mohammed Ben Salman, dit « MBS », a décidé de réorganiser de fond en comble.
Entre novembre et février, au moins 200 personnalités saoudiennes, en bonne partie des princes de la très nombreuse famille royale des Saoud, ont été détenues au Ritz Carlton, dans le cadre d’un coup de filet anticorruption sans précédent. Elles ont été relâchées soit après avoir plaidé coupable et accepté un accord à l’amiable impliquant la restitution de titres ou de biens mal acquis, soit après avoir été blanchies de toute malversation. Le plus célèbre des détenus du Ritz Carlton, le prince Walid Ben Talal, première fortune du monde arabe (18 milliards de dollars, soit plus de 14 milliards d’euros), a pu rentrer chez lui le 27 janvier. La veille, il avait reçu la BBC dans sa prison dorée, affirmant se sentir « comme chez lui », mais pâle et amaigri.

        Lire aussi :
         

                Arabie saoudite : les mystères de la purge du Ritz-Carlton



Selon le Financial Times, les autorités saoudiennes escomptent réinjecter dans les caisses de l’Etat 13,3 milliards de dollars (près de 11 milliards d’euros) d’ici à la fin de l’année grâce à cette opération. Elles considèrent que les sommes et biens frauduleusement acquis par les élites saoudiennes s’élèvent à quelque 100 milliards de dollars. Les sommes issues de la vente des biens recouvrés, mobiliers et immobiliers, en Arabie saoudite et à l’étranger, contribueront à combler une partie de l’important déficit budgétaire.
Briser le système de décision collégiale
Au-delà des considérations fiscales, cependant, et même au-delà du sujet non négligeable de la lutte anticorruption, le véritable objectif de cette opération « mains propres » version saoudienne était celui de la réorganisation du pouvoir au sommet du royaume. L’ambitieux prince héritier, qui n’est âgé que de 32 ans, entend mener une transformation radicale du pays. Pour lui, cette transformation ne peut se faire que par le haut. Il fallait donc commencer par briser le système de décision collégiale mis en place ces dernières décennies par les rois Fahd puis Abdullah, qui laissait une grande latitude aux différentes branches de la famille royale.
Cette fragmentation, et donc déperdition, de l’autorité ne convenait pas aux plans du roi Salman et du prince héritier. Le pouvoir royal est maintenant centralisé, l’opération du Ritz Carlton ayant démontré aux princes que leurs abus n’étaient pas sans limites. C’est la troisième étape de la reprise en main du pouvoir à Ryad. La première a eu lieu en janvier 2015 lorsque, à la mort du roi Abdallah, son successeur, le roi Salman, a nommé son propre fils, Mohammed Ben Salman, ministre de la défense. En juin 2017, le roi a déposé le prince héritier Mohammed Ben Nayef et l’a remplacé par MBS : c’était la deuxième étape.
La question est évidemment ce que le remuant et déjà controversé MBS va faire de ce pouvoir. Son vrai défi, il le sait, est économique. A Davos, son ministre des finances, soucieux de rassurer les investisseurs étrangers, a reconnu que le royaume avait « mal communiqué » sur l’affaire du Ritz Carlton. Il y a, en effet, fort à faire sur ce front-là.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien secrétaire d’Etat chargé du Grand Paris de 2008 à 2010 estime que le rôle du président est de préserver l’ampleur du projet et d’empêcher, avec les élus locaux, sa dérive technocratique.
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Christian Blanc : « Emmanuel Macron doit s’impliquer dans le Grand Paris »

Dans une tribune au « Monde », l’ancien secrétaire d’Etat chargé du Grand Paris de 2008 à 2010 estime que le rôle du président est de préserver l’ampleur du projet et d’empêcher, avec les élus locaux, sa dérive technocratique.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 09h01
    |

Christian Blanc (secrétaire d'Etat chargé du Grand Paris de 2008 à 2010)







                        



                                


                            
Tribune. Les enjeux du Grand Paris sont considérables. Ce n’est pas un projet parisien mais un projet pour l’ensemble des Français. Notre histoire nous a transmis la chance de pouvoir accéder dans ce petit groupe de villes-monde aux côtés de New York, Londres, Tokyo et Shanghai, lesquelles jouent un rôle de « hub » à l’intérieur de leur territoire national mais aussi à l’extérieur. Le Grand Paris du XXIe siècle est un instrument majeur, à rayonnement mondial, dans un contexte d’accélération permanente de nos échanges, qui permet aussi de pérenniser la présence de nos valeurs universelles.
Le Grand Paris a le privilège de concentrer une masse critique d’activités de création, d’innovation, de financement et de diffusion, soit 30 % de l’économie française
Je constate qu’en moins de dix ans, l’appellation Grand Paris est devenue d’usage quotidien, alors que le terme de « banlieue » disparaît du langage. Nous effaçons ce qui est « au ban », de l’autre côté du périphérique, et l’on doit s’en réjouir. Dans la vision fondatrice, le Grand Paris est un territoire, celui de l’agglomération urbaine parisienne, avec les portes que sont Roissy CDG et Orly, la vallée de la Seine et l’ensemble des gares internationales de TGV qui desservent la ville.
C’est une population supérieure à la somme des treize autres métropoles urbaines françaises créées en 2014. Elle constitue la première agglomération d’Europe avec  10,5 millions d’habitants, devant le Grand Londres. Mais c’est aussi une attractivité. Le Grand Paris a le privilège de concentrer une masse critique d’activités de création, d’innovation, de financement et de diffusion, soit 30 % de l’économie française, lui permettant d’être un hub mondial de l’économie et de la culture.
Transports banlieue-banlieue
Lors de la création du Grand Paris, on comptait 3,5 millions de trajets par jour dans Paris intramuros avec 60 % des capacités d’utilisation du métro, alors que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans « Des intrus  en politique », plus d’une trentaine de responsables témoignent du climat qui prévaut au sein d’un univers encore très masculin.
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Mathilde Larrère et Aude Lorriaux : « Notre livre raconte deux siècles de sexisme en politique »

Dans « Des intrus  en politique », plus d’une trentaine de responsables témoignent du climat qui prévaut au sein d’un univers encore très masculin.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 11h45
    |

            Jean-Baptiste de Montvalon








                        



                                


                            
Historienne spécialiste des mouvements révolutionnaires, Mathilde Larrère est maîtresse de conférences à l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée, chroniqueuse sur les sites Arrêt sur images et Mediapart. Journaliste, Aude Lorriaux est spécialiste de l’étude des discriminations et du féminisme. Toutes deux viennent de publier Des intrus en politique. Femmes et minorités : dominations et résistances (Editions du Détour, 224 pages, 19,50 euros).

Quand et comment avez-vous mené votre enquête ? Les femmes politiques que vous avez interrogées ont-elles facilement accepté de témoigner ?
Mathilde Larrère. Nous avons commencé en novembre 2016. La plupart des entretiens ont eu lieu entre janvier et juillet 2017, pendant les campagnes présidentielle et législatives. Les principales difficultés auxquelles nous avons été confrontées étaient, de ce fait, des contraintes d’agenda. Il est important de souligner que toutes ces paroles ont été recueillies avant la vague #metoo. On a perçu chez nos interlocutrices à la fois un désir de s’exprimer et une retenue.
Aude Lorriaux. Nos parcours respectifs nous ont aidées. Les personnes que nous avons rencontrées se sont senties en confiance. Certaines responsables politiques ont certes refusé de nous répondre. On peut supposer, notamment s’agissant de femmes non blanches ou « racialisées » (celles qui sont réduites à une « race » par le regard d’autrui), qu’elles ne voulaient pas être « enfermées » dans cette identité. D’autres ont évoqué spontanément devant nous des cas d’agressions sexuelles, dont elles avaient été elles-mêmes victimes ou dont elles avaient eu connaissance, mais sans vouloir que nous rapportions ces faits. Peut-être qu’aujourd’hui elles auraient accepté de témoigner publiquement.
Vous soulignez dans votre ouvrage que les comportements sexistes qui y sont décrits sont ancrés de longue date dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans sa chronique, Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde », souligne que le plan social annoncé par l’entreprise n’est que le dernier exemple des errements qui touche le groupe, pénalisé en particulier par les choix de ses actionnaires.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/02/2018
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« Stratégie erratique, décisions capitalistiques contestables : rien n’aura été épargné à Carrefour »

Dans sa chronique, Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde », souligne que le plan social annoncé par l’entreprise n’est que le dernier exemple des errements qui touche le groupe, pénalisé en particulier par les choix de ses actionnaires.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 08h07
    |

            Stéphane Lauer








                        



                                


                            
Chronique. Le Français est parfois schizophrène, capable d’adorer ce qu’il vient de conspuer dans la minute précédente. Ces derniers jours, la grande distribution a illustré ce penchant, sorte de « Je t’aime, moi non plus » version consumériste. Résumé des épisodes.
Le 23 janvier, Alexandre Bompard, nouveau PDG de Carrefour, annonce un « plan de transformation » de son entreprise, ce qui, dans le langage patronal, rime généralement avec réduction d’effectifs. La Bourse applaudit. Une grande partie de la presse s’enthousiasme de ce sursaut tardif face à Amazon. Les syndicats, eux, se crispent et l’opinion s’inquiète des dégâts sur l’emploi.

Deux jours plus tard, Intermarché lance son opération « Les quatre semaines les moins chères de France » avec un produit d’appel choc : le pot de pâte à tartiner à – 70 %. Les quasi-émeutes dans les magasins sont commentées jusqu’à plus soif, tantôt sur le mode condescendant, tantôt sur le mode empathique, faisant mine de découvrir l’un des principaux ressorts du commerce : les promotions font vendre et les clients ne sont pas très regardants sur les ficelles qui permettent d’afficher de tels prix.
A la clé, démotivation des salariés et affaiblissement coupable du premier employeur privé français, qui a fini par désapprendre son métier de distributeur
Enfin, le lendemain, le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, présente son projet de loi visant à équilibrer les relations commerciales entre les distributeurs et les producteurs. Soulagement dans les chaumières : ces grandes surfaces prédatrices, qui défigurent nos villes et nos campagnes, étranglent nos agriculteurs, éliminent un à un nos petits commerces, vont être enfin mises au pas.
On le voit, les Français ne sont pas à une contradiction près. D’un côté, ils sont sensibles au sort des caissières qui sont rattrapées par l’automatisation et dont les postes sont voués à disparaître. D’un autre côté, ils critiquent ces jobs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le sociologue rappelle qu’au fil des siècles, à travers la fête amoureuse de février, les hommes ont appris à respecter les femmes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/02/2018
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Jean-Claude Kaufmann : « Nous maintenons dans l’oubli l’histoire méconnue de la Saint-Valentin »

Dans une tribune au « Monde », le sociologue rappelle qu’au fil des siècles, à travers la fête amoureuse de février, les hommes ont appris à respecter les femmes.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 11h29
    |

Jean-Claude Kaufmann (sociologue)







                        



                                


                            

Tribune. Tout événement a désormais son image, parfois très éloignée des faits réels. Celle de la Saint-Valentin est devenue de plus en plus négative ces dernières années, construisant un mur d’indifférence voire de mépris dans les milieux que l’on dit porteurs de tendances. Elle serait devenue ringarde et conformiste, mièvre et sans saveur, sans intérêt. Trois critiques se font particulièrement incisives.
Elle serait normative, célébrant le couple comme modèle, donc stigmatisante pour les célibataires, rejetés des alignements de tables pour deux dans les restaurants, et contraints à raser les murs ce jour-là. C’est tout à fait vrai.
Mais l’histoire de la Saint-Valentin nous enseigne que pendant deux mille ans, elle fut au contraire une fête des célibataires et de la rencontre, que la célébration des couples mariés n’a commencé qu’à la fin des années 1950, et que cette forme particulière est une spécificité européenne. La fête n’est donc pas condamnée à cette normativité, rien n’interdirait qu’elle retrouve ce qui a fait son esprit à travers les siècles et aux quatre coins de la planète : fêter l’amour sous toutes ses formes.
Dans une trentaine de pays environ, la Saint-Valentin est désormais interdite, ou menacée par des groupes violents
Elle serait répétitive et conventionnelle, pour tout dire, ennuyeuse. Peut-être, mais seulement ici. Car dans tous les pays qui la fêtent depuis peu, en Afrique, en Asie, elle déborde au contraire d’inventivité joyeuse, au point que nombre d’autorités politiques, morales et religieuses s’en inquiètent.
Dans une trentaine de pays environ, la Saint-Valentin est désormais interdite, ou menacée par des groupes violents, le moindre petit cœur, la couleur rouge ou les couples se tenant par la main sont traqués le 14 février. Ou les ours en peluche au Moyen-Orient ; les nounours sont interdits en public ce jour-là. La jeunesse s’insurge bien sûr, au nom de l’amour. Au nom d’une sexualité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Livre. « La Catastrophe invisible » retrace l’histoire de cette drogue qui a fait quelque 40 000 morts en France entre 1970 et 2005 avant de disparaître des radars.
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L’héroïne, ce « monstre épidémique »

Livre. « La Catastrophe invisible » retrace l’histoire de cette drogue qui a fait quelque 40 000 morts en France entre 1970 et 2005 avant de disparaître des radars.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 16h33
    |

            François Béguin








                        



                                


                            

L’héroïne occupe une place particulière dans l’imaginaire collectif français. C’est la drogue dure par excellence, celle qui a longtemps suscité le plus de peurs et de fantasmes. Elle a, de multiples façons, durablement marqué la société française d’après-guerre.
Dans La Catastrophe invisible, plusieurs spécialistes de la question des drogues, dont les sociologues Anne Coppel, Michel Kokoreff et Michel Peraldi, analysent le « fait social majeur » qu’a constitué ce produit psychotrope entre son apparition dans les années 1950 et sa quasi-disparition dans les années 2000, après un « pic de diffusion » au milieu des années 1990. En toile de fond, une véritable « hécatombe » lors des « années sida » : selon les calculs des auteurs, environ 40 000 décès sont imputables à la consommation d’héroïne entre 1970 et 2005, pour environ 370 000 héroïnomanes.
Alors que cette drogue est aujourd’hui « tombée en désuétude », que sa consommation est devenue marginale, cet ouvrage se présente comme un document pour l’histoire, nourri de nombreux témoignages d’acteurs et de témoins de cette époque. Toutes ses dimensions y figurent : les filières d’acheminement, dont la mythique « French connection », les lieux de deal et de consommation (principalement à Paris, dans les banlieues et à Marseille), les profils des dealers et des consommateurs, les réponses sécuritaires et sanitaires apportées par l’Etat…

La première qualité du livre est de réussir à mettre clairement en lumière la « transformation totale » du statut social, politique, institutionnel et imaginaire de l’héroïne sur une période relativement courte. En quelques dizaines d’années, soulignent les auteurs, il y a eu un « glissement social d’un monde à l’autre », l’héroïne passant du statut de « produit “chic”, valorisé, voire médicalement approuvé », à celui de « monstre épidémique ». Un processus auquel l’Etat,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Le recours à l’imagerie cérébrale dans le domaine judiciaire est autorisé en France depuis 2011. Dans une tribune au « Monde », deux chercheurs en sociologie s’en inquiètent, alors que se tiennent les Etats généraux de la bioéthique.
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Le neurodroit, oublié du débat sur la bioéthique

Le recours à l’imagerie cérébrale dans le domaine judiciaire est autorisé en France depuis 2011. Dans une tribune au « Monde », deux chercheurs en sociologie s’en inquiètent, alors que se tiennent les Etats généraux de la bioéthique.



Le Monde
 |    11.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 18h24
   





                        



                                


                            
Par Julien Larregue et William Wannyn
Tribune. La loi bioéthique de 2011 a fait de la France le premier pays du monde à autoriser dans un texte législatif le recours à l’imagerie cérébrale dans le domaine judiciaire. Depuis cette date, l’article 16-14 du code civil autorise un magistrat à mandater un expert en neurosciences afin qu’il évalue les risques de récidive, la véracité d’un témoignage ou le degré de responsabilité pénale d’un prévenu. Cette expertise peut prendre la forme d’une analyse de l’activité électrique et/ou hémodynamique de certaines zones cérébrales pendant que l’individu répond, par exemple, à un interrogatoire de police.
« Alors que les Etats généraux de la loi bioéthique ont débuté le 18 janvier, il est primordial d’ouvrir le débat public sur l’utilisation des neurosciences dans le domaine judiciaire »
Malgré ses répercussions potentielles, l’adoption de cet amendement proposé et défendu par Jean Leonetti est passée relativement inaperçue. Plus grave encore, elle s’est faite contre l’avis des chercheurs présents lors des auditions préparatoires qui s’y étaient unanimement opposés, craignant que cette législation ouvre la porte à des dérives sécuritaires. Alors que les Etats généraux de la loi bioéthique ont débuté le 18 janvier, il est primordial d’ouvrir le débat public sur l’utilisation des neurosciences dans le domaine judiciaire si l’on ne veut pas reconduire le rendez-vous manqué de 2011.

Comme la nomination récente du neuroscientifique Stanislas Dehaene à la tête du Conseil scientifique de l’éducation nationale, l’autorisation de l’expertise neuroscientifique dans le cadre judiciaire illustre bien les attentes sociales et politiques croissantes qui sont placées dans la recherche sur le cerveau. L’utilisation des neurosciences pour orienter les politiques publiques en France remonte à 2009, lorsque le Centre d’analyse stratégique, organe qui assiste le premier ministre dans la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ La Russie est incapable de transformer en avancée politique ses indiscutables succès, à cause de l’intransigeance du dictateur syrien, analyse le spécialiste du Moyen-Orient.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ A travers leurs performances provocantes, Luis Manuel Otero Alcantara et Yanelys Nuñez Leyva militent pour la liberté et bousculent le régime, s’emparant notamment de la figure de Castro.
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Deux pirates de l’art à Cuba

A travers leurs performances provocantes, Luis Manuel Otero Alcantara et Yanelys Nuñez Leyva militent pour la liberté et bousculent le régime, s’emparant notamment de la figure de Castro.



Le Monde
 |    11.02.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 08h41
    |

                            Paulo A. Paranagua








                        



                                


                            

Deux jeunes artistes cubains avaient promis de dévoiler le testament de Fidel Castro lors du festival Hors Pistes 2018, qui s’est tenu jusqu’au 4 février au Centre Georges-Pompidou, à Paris, et dont la thématique cette année était « La nation et ses fictions ». Voilà le public prévenu : on est dans une représentation artistique sur l’imaginaire national.
Luis Manuel Otero Alcantara, l’un des deux artistes, annonce d’emblée : « Le chef de la révolution cubaine m’est apparu en rêve et m’a informé que, durant les derniers jours de sa vie, il avait secrètement écrit un testament. » Le rêveur s’est vu « confier la mission » de le rendre public, parce qu’il est un « Cubain ordinaire », « libre de toute haine extrémiste ».
« Une réflexion sur l’avenir »
Malgré ces précautions, la présentation a suscité une virulente réaction des sympathisants castristes venus en nombre au Centre Pompidou, comme s’ils étaient en service commandé. Si l’intention de l’artiste était de provoquer un débat, force est de constater qu’il a tourné au dialogue de sourds. « Avant mon départ pour Paris, la sécurité de l’Etat [la police politique] m’avait menacé : ne touche pas à ­Fidel ou tu vas le regretter, raconte Luis Manuel. Depuis sa mort en 2016, il fait l’objet d’un culte presque religieux. » C’est à la fois le totem et le tabou. « Fidel est une image forte, un personnage fondamental, je voulais donc m’en saisir pour amener une réflexion sur son héritage et surtout sur l’avenir de Cuba », justifie-t-il.
L’idée d’un testament apocryphe de Castro rejoint la légende des pages perdues du journal de José Marti, le héros de l’indépendance cubaine. Modernité oblige, à Beaubourg, ce 27 janvier, nous assistons à un enregistrement audiovisuel. L’imitation de l’intonation de ­Fidel par un acteur espagnol doué, Pedro Ruiz, et un phrasé qui reprend souvent ses tournures ou ses expressions, donnent vraisemblance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ La surpuissance des GAFA pose un problème croissant, mais les réguler, voire les démanteler, devient de plus en plus complexe.
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<article-nb="2018/02/12/19-16">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ La caméra se rapproche lentement d’un visage au regard figé : pourquoi  rencontre-t-on si fréquemment ce plan dans l’œuvre du réalisateur américain ?
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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La sidération selon Steven Spielberg

La caméra se rapproche lentement d’un visage au regard figé : pourquoi  rencontre-t-on si fréquemment ce plan dans l’œuvre du réalisateur américain ?



Le Monde
 |    10.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 17h04
    |

            Gabriel Coutagne








                        



                                


                            

Il fait un peu froid en cette nuit d’automne et Elliott, lampe de poche à la main, s’est endormi dans un rocking-chair. Un bruit le réveille, venu de l’abri de jardin. Une petite silhouette étrange en sort doucement. La caméra se rapproche lentement vers le regard figé du petit garçon qui découvre, pour la première fois, ET.
En quelques secondes, Steven Spielberg fixe une expression si récurrente dans ses films que les fans lui ont donné un nom : la « Spielberg face ». Meryl Streep emprunte le même air, entre méditation et stupéfaction, lorsque le personnage qu’elle incarne, Katharine Graham, décide de publier les Pentagon Papers dans le film du même nom, sorti le 24 janvier. Une différence cependant : ses yeux sont dans le vide.


« Les yeux grands ouverts, sans voix et fixant quelque chose de fascinant, alors que le temps semble s’arrêter », décrit ­Kevin B. Lee, critique, vidéaste et auteur d’un clip de neuf minutes consacré au procédé cinématographique du cinéaste américain. Lee considère d’ailleurs que Rencontres du troisième type (1977), point de bascule dans la filmographie de Spielberg, marque l’apparition de cette séquence expressive : le regard de François Truffaut, qui incarne le professeur Lacombe, bouche entrouverte, se fige, comme pour signifier que ce qu’il voit est si étonnant qu’on ne peut pas (encore) le montrer.
Ce procédé n’est pas une invention du réalisateur américain : bien avant lui, on pourrait citer, selon le critique américain, des plans de Michael Curtiz dans Casablanca (1943) ou de John Ford dans La Chevauchée fantastique (1939).
« Le point commun des héros de Spielberg dans cet état, c’est la sidération », analyse Pascal Couté, professeur d’esthétique et cinéma à l’université de Caen-Normandie. Ou plutôt, « un mélange de sidération et d’accueil » dans les premiers films, précise ce spécialiste du réalisateur américain. Puis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Analyse. Le royaume – qui ressent la pression des organisations humanitaires et de ses alliés occidentaux – se dit prêt à demeurer au Yémen aussi longtemps que nécessaire, convaincu que les houthistes ne cesseront jamais de lui mener la guerre avec l’aide de l’Iran, explique le journaliste du « Monde », Louis Imbert.
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Riyad désespère de mettre fin à sa guerre au Yémen

Analyse. Le royaume – qui ressent la pression des organisations humanitaires et de ses alliés occidentaux – se dit prêt à demeurer au Yémen aussi longtemps que nécessaire, convaincu que les houthistes ne cesseront jamais de lui mener la guerre avec l’aide de l’Iran, explique le journaliste du « Monde », Louis Imbert.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 11h12
    |

            Louis Imbert (Service International)








                        



                                


                            

Analyse. Une affaire intérieure yéménite. C’est ainsi que des officiels saoudiens qualifiaient, fin janvier à Riyad, les heurts qui approchaient à grand pas à Aden, la principale cité portuaire du sud du Yémen. Le royaume saoudien ne paraissait pas troublé par la contestation qui montait alors contre son allié, le gouvernement yéménite d’Abd Rabbo Mansour Hadi, et qui a dégénéré en combats ouverts dans la ville les 29 et 30 janvier, faisant au moins 38 morts.
Riyad a d’excellentes raisons de rechigner à mettre le doigt dans cette affaire. Elle oppose deux de ses alliés yéménites, qui l’assurent de leur attachement indéfectible tout en s’étranglant l’un l’autre.

D’un côté, les maigres forces du gouvernement yéménite, incapable d’assurer ses fonctions régaliennes et dont le président est en exil à Riyad ; de l’autre, un mouvement séparatiste du sud du Yémen divisé, contesté, confus, mais qui jouit d’un réel soutien populaire. Ce mouvement « sudiste » s’est imposé depuis trois ans comme le meilleur garant de la sécurité d’Aden. Il rêve à haute voix d’indépendance. Sans surprise, il a montré sa supériorité dans les rues de la ville.
Une coalition de pays arabes sunnites
L’Arabie saoudite s’est engagée militairement au Yémen en mars 2015. Elle lutte, à la tête d’une coalition de pays arabes sunnites, contre la rébellion chiite houthiste, issue du nord du pays, qui s’est emparée de la capitale, Sanaa, en septembre 2014, et qui contrôle aujourd’hui les zones les plus peuplées du pays, dans sa moitié nord. Les provinces de la bande côtière du sud sont « libérées », selon la terminologie saoudienne : les houthistes en ont été pour l’essentiel chassés. La « légitimité » du gouvernement yéménite y est préservée, et Aden en est la « capitale temporaire ». Que le Sud vive donc, qu’il règle en famille ses divisions internes et s’apaise : c’est ainsi que Riyad voit les choses.
Le président Hadi, haï par les séparatistes,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Il aura fallu près de quinze ans de déclin de l’apiculture pour que l’exécutif européen se penche sur les méthodes d’évaluation des risques, déplore dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ».
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« Toutes les procédures d’évaluation des risques des pesticides sur les abeilles sont, au minimum, très discutables »

Il aura fallu près de quinze ans de déclin de l’apiculture pour que l’exécutif européen se penche sur les méthodes d’évaluation des risques, déplore dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ».



Le Monde
 |    10.02.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 15h39
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Chronique. L’information qui va suivre est si invraisemblable que le lecteur voudra sans doute en contrôler la véracité. Qu’il se rassure : il pourra remonter à sa source pour en vérifier l’exactitude. De quoi s’agit-il ? D’abeilles, de pesticides et de la manière dont les risques de ceux-ci sont évalués. Pour comprendre, il faut savoir qu’avant d’être autorisé, un produit phytosanitaire doit passer un certain nombre de tests réglementaires attestant de sa sûreté, pour la santé et l’environnement. Parmi ces tests s’en trouve un très intéressant, qui a par exemple permis de « montrer » que les fameux néonicotinoïdes (mais aussi beaucoup d’autres « phytos ») ne présentent pas de risques importants pour les abeilles.
C’est un peu comme si on évaluait le risque tabagique en faisant fumer à des cobayes une cigarette par an
Le test impose de placer une colonie devant une parcelle d’au plus 1 hectare, traitée avec l’insecticide. A grands traits, si rien de particulier n’est constaté sur la colonie, cela plaide en faveur de l’octroi d’une autorisation de mise sur le marché.
Mais si vous avez la plus petite once de savoir apicole, vous savez que ces hyménoptères butinent jusqu’à 5 km, voire plus, autour de leur ruche, couvrant ainsi une surface de quelque 80 km2. En plaçant la colonie devant un champ de 1 hectare, le test réglementaire n’expose donc les insectes qu’à un dix-millième environ de leur exposition potentielle en situation réelle, dans un environnement de grandes cultures. Bref, c’est un peu comme si on évaluait le risque tabagique en faisant fumer à des cobayes une cigarette par an.

Tout cela est clairement détaillé, non par Greenpeace, ou quelque organisation malfaisante vouée à la destruction de l’agriculture moderne, mais par un groupe de scientifiques réunis par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), et qui a rendu son avis au printemps 2012 (le lecteur pourra consulter l’avis intitulé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Editorial. Eclipsant la compétition sportive, le dictateur nord-coréen, Kim Jong-un, a fait de l’affirmation de son pouvoir le véritable enjeu des Jeux olympiques, ouverts vendredi en Corée du Sud.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/02/2018
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Les JO de la Corée du Nord

Editorial. Eclipsant la compétition sportive, le dictateur nord-coréen, Kim Jong-un, a fait de l’affirmation de son pouvoir le véritable enjeu des Jeux olympiques, ouverts vendredi en Corée du Sud.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 06h39
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Ils se déroulent au sud du 38e parallèle, mais les Jeux olympiques (JO) d’hiver, qui se sont ouverts vendredi 9 février à Pyeongchang, s’annoncent comme les Jeux du Nord. Eclipsant la compétition sportive, le régime du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a réussi ces dernières semaines à dominer la scène médiatique et diplomatique autour des préparatifs.
Dans le mois qui a suivi l’annonce de la partici­pation de vingt-deux athlètes nord-coréens, le dictateur de Pyongyang a imposé son tempo aux discussions sur les équipes conjointes et le cérémonial ; il a fait de l’affirmation de son pouvoir, au-delà du sport, le véritable enjeu de ces JO.
Depuis son élection, en mai 2017, le président sud-coréen, Moon Jae-in, a tout fait pour que ces JO soient ceux de la paix et du rapprochement avec le frère ennemi du Nord, dans l’espoir de favoriser la dénucléarisation. De cette première journée, pourtant, ce n’est pas le visage de cet hôte accueillant que l’on retiendra, mais celui d’une jeune femme que le monde découvrait sans le filtre de l’imagerie officielle de Pyongyang : Kim Yo-jong, la sœur cadette de Kim Jong-un.
Une invitation
Première personnalité de la dynastie Kim à la tête du régime à se rendre dans la partie sud de la péninsule depuis la fin de la guerre de Corée, Kim ­Yo-jong a volé la vedette aux dirigeants de Séoul. C’est elle qui, samedi, a transmis au président Moon une invitation à se rendre en Corée du Nord « dès que possible ».

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                JO : Kim Yo-jong, sœur et émissaire de confiance de Kim Jong-un



Pyongyang a, certes, fait quelques pas en direction de Séoul, à commencer par le renoncement, depuis le 28 novembre 2017, à tout essai balistique. En retour, M. Moon a demandé aux Etats-Unis de repousser les manœuvres militaires que Washington devait organiser avec le Sud, ce qu’ils ont fini par accepter, malgré leurs réticences. Désireux de célébrer ces Jeux de la paix avec la Corée du Nord, M. Moon a également dû demander aux Nations unies (ONU) de faire une exception pour que des personnalités nord-coréennes sous le coup de sanctions puissent venir au Sud.

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                Jeux olympiques : Pour la Corée, « un nouveau pas a été franchi »



Le régime de Kim Jong-un ne s’est pourtant pas privé de placer la Corée du Sud en porte-à-faux avec son grand allié américain. A vrai dire, la rhétorique et les tweets provocateurs du président Donald Trump – il s’est vanté d’avoir « un plus gros bouton nucléaire » que Kim Jong-un –, lui ont facilité la tâche.
Le piège de l’offensive de charme de Pyongyang
Dans la même veine, le rejet par l’entourage de M. Trump de la nomination de Victor Cha comme ambassadeur américain à Séoul, poste vacant depuis un an, n’a pas contribué à mettre de l’huile dans les rouages. Ancien conseiller de George W. Bush, M. Cha ne passe pourtant pas pour une ­colombe, mais il a commis le sacrilège de critiquer l’idée de frappes préventives ­contre la Corée du Nord.
Le vice-président américain, Mike Pence, qui dirige la délégation des Etats-Unis aux JO, est visiblement déterminé à ne pas tomber dans le piège de l’offensive de charme de Pyongyang. Il a donc refusé de serrer la main du chef de l’Etat nord-coréen aux fonctions honorifiques, Kim Yong-nam, qui accompagnait la sœur du dictateur à l’ouverture des JO, et il s’est éclipsé au bout de quelques minutes de la réception organisée en marge de la cérémonie.
Vue de Washington, une telle intimité avec des hauts personnages du régime dictatorial nord-coréen reviendrait à cautionner la réalité de la puissance nucléaire fraîchement acquise par Pyongyang, en dépit de tous les avertissements de la communauté internationale. Une réalité qui reste inacceptable.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Le directeur de recherche Etienne Ghys regrette que les maths souffrent d’un « déficit d’image ».
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« L’enseignement des mathématiques ne doit pas avoir vocation à former une élite »

Le directeur de recherche Etienne Ghys regrette que les maths souffrent d’un « déficit d’image ».



Le Monde
 |    10.02.2018 à 09h45
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 10h32
    |

                            Mattea Battaglia








                        



                                


                            
Sans contester le manque d’appétence des élèves français pour les mathématiques, Etienne Ghys, directeur de recherche (CNRS) à l’Ecole normale supérieure de Lyon, plaide pour que l’on fasse confiance aux enseignants pour y remédier. Il partage certaines des pistes identifiées par la mission « Villani-Torossian » pour redonner de l’élan à l’enseignement de cette discipline perçue comme élitiste en France, ce qu’il explique regretter.
L’enseignement des mathématiques et, plus généralement, des sciences en France est pointé du doigt, enquête après enquête. Ce tableau vous semble-t-il fondé ?
Ce qui m’impressionne toujours dans ces enquêtes, qu’elles soient nationales ou internationales, c’est qu’elles essaient de nous convaincre qu’il existe une justesse universelle ; qu’on devrait enseigner les mathématiques de la même manière à New York, à Singapour ou à Paris. Or, s’il est vrai qu’on obtient bien, partout, le même résultat quand on multiplie « 3 × 12 », ou qu’un théorème se vérifie quel que soit le lieu, je ne vois pas de raisons objectives d’enseigner les mathématiques de la même manière partout.

La recherche en mathématiques se pratique différemment d’un lieu à un autre. Quand j’étais étudiant, durant la guerre froide, je peux vous assurer qu’on n’attaquait pas les mathématiques à l’Est comme on le faisait à l’Ouest. Les mathématiques soviétiques étaient imprégnées de physique, ce qui n’était pas du tout le cas des mathématiques françaises influencées, dans les années 1960-1970, par le groupe Bourbaki. Les mathématiques ont une histoire ; les choix que l’on fait, les styles d’approches sont marqués par une culture locale.
Le discours décliniste se diffuse pourtant dans la société. Comparativement aux autres pays, la France a-t-elle décroché ?
Je le répète : il est utile de prendre un peu de distance par rapport aux enquêtes internationales. Les comparaisons nous amènent parfois...




                        

                        

