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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Le député Richard Ramos a montré sur France 5, dimanche, une prétendue liste de produits « toxiques », qui est en réalité un faux document démenti de longue date. Explications.
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Un député MoDem relaie un document falsifié sur « des produits dangereux » dans l’alimentation

Le député Richard Ramos a montré sur France 5, dimanche, une prétendue liste de produits « toxiques », qui est en réalité un faux document démenti de longue date. Explications.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 17h59
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 18h11
    |

                            Les Décodeurs








                        


« On marche sur la tête. » Le député MoDem de la sixième circonscription du Loiret, Richard Ramos, a dénoncé sur France 5, dimanche 11 février, la présence d’additifs « toxiques » dans de nombreux produits de grande distribution. Problème : la liste brandie en direct par l’élu de la majorité était en réalité un document mensonger qui circule depuis des dizaines d’années et qui a été démenti de longue date. Explications.
CE QU’IL A DIT
Le site BuzzFeed France a publié une vidéo de l’intervention de M. Ramos :

« Je vous ai sorti une liste qui a été publiée par l’hôpital de Villejuif […] sur les produits cancérigènes et dangereux, a déclaré le député. Le pire de tous, c’est le E330. […] Il est en rouge partout. » Critique culinaire sur France 3 Centre-Val de Loire avant de siéger à l’Assemblée nationale, M. Ramos a ensuite montré une salade vendue dans un supermarché :
« On met un petit logo français pour rassurer […] et derrière je regarde, il y a du E330. C’est légal, hein. Mais je me dis [qu’on] marche sur la tête, on devient fou […]. C’est toxique. »
POURQUOI C’EST FAUX
Cette démonstration du député est en réalité complètement erronée. Tout d’abord, la prétendue liste de produits « dangereux » sur laquelle il s’est appuyé n’émane pas de l’hôpital de Villejuif (ce dernier l’a démenti de longue date). Ce document anonyme circule depuis les années 1970 et a connu plusieurs vies depuis, notamment sur les réseaux sociaux, comme le notait le magazine 60 Millions de consommateurs en 2011. Différentes versions circulent, comme celle-ci :

   


En plus d’être attribué à tort aux autorités sanitaires, ce tract est mensonger. Il prétend recenser 187 additifs alimentaires qui seraient, selon les cas, « inoffensifs », « suspects (en cours d’étude) » et « toxiques-cancérigènes », mais ne livre aucun élément pour étayer ces allégations.
L’exemple de l’E330, présenté par le document comme étant le plus dangereux et cité par le député Richard Ramos, est emblématique : il s’agit simplement d’acide citrique, qui est présent naturellement dans de nombreux fruits et légumes, notamment le citron. L’E330 est largement utilisé dans les produits alimentaires comme acidifiant ou pour son goût et n’a en lui-même rien de dangereux.
Cet épisode montre une nouvelle fois à quel point les fausses informations peuvent polluer le débat public en accréditant, sur la durée, des affirmations mensongères.
Contacté, Richard Ramos n’a pas donné suite à nos sollicitations.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Le portail qui a remplacé APB risque de transformer l’accès au supérieur en un parcours du combattant, pénalisant « les élèves aux ressources scolaires et familiales les plus faibles », redoute l’enseignant Claude Garcia sur son blog.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Analyse. Il y a fort à parier que les grands corps perpétueront l’entretien d’« une forme d’aristocratie de la fonction publique », selon l’expression du politologue Luc Rouban, explique la journaliste du « Monde », Soazig Le Nevé.
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La fin des « castes administratives » n’est pas pour demain

Analyse. Il y a fort à parier que les grands corps perpétueront l’entretien d’« une forme d’aristocratie de la fonction publique », selon l’expression du politologue Luc Rouban, explique la journaliste du « Monde », Soazig Le Nevé.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 16h45
    |

                            Soazig Le Nevé (Service Campus)








                        



                                


                            

Analyse. C’était au temps de la campagne présidentielle, au printemps 2017. Emmanuel Macron promettait de « mettre fin au système des grands corps en les rapprochant de corps existants et exerçant des fonctions similaires ». Cette réforme allait sonner le glas du classement de sortie de l’ENA qui donne à quinze élèves un accès direct à l’Inspection générale des finances, au Conseil d’Etat et à la Cour des comptes, précisait-il en avril 2017 dans un entretien à Acteurs publics. Un classement qui, depuis 1945, détermine la carrière des meilleurs d’une promotion, ceux qui forment « la botte », avant même qu’ils aient fait leurs preuves sur le terrain. L’ordre du jour du candidat était alors au décloisonnement, à la mobilité et à l’adaptation de l’administration aux besoins des Français.
Moins d’un an plus tard, la montagne a accouché d’une souris. Il n’est plus question de supprimer les « grands corps », l’expression n’a même jamais plus été prononcée depuis l’accession d’Emmanuel Macron à l’Elysée. Le classement de sortie est lui aussi indemne. Il y a donc fort à parier que les grands corps perpétueront l’entretien d’« une forme d’aristocratie de la fonction publique », selon l’expression du politologue Luc Rouban, au sein de laquelle un administrateur civil en poste à l’éducation nationale a peu de chances de rejoindre la direction du Trésor.
La fin des « castes administratives », comme les nommait le candidat Macron, n’est donc plus à l’agenda. Est-ce vraiment surprenant ? Quand il était à la tête de l’Etat, Nicolas Sarkozy – qui n’est pas énarque – avait mis du cœur à l’ouvrage pour renverser la citadelle. Il souhaitait la création de listes d’aptitude afin de mieux concilier la demande des administrations et les attentes des fonctionnaires, et qu’une commission valide ou non les recrutements. Mais le texte de loi puis le décret envisagés n’avaient pas résisté aux filtres successifs de Matignon,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Le tribunal de grande instance de Paris a rejeté la demande déposée par des avocats de toute la France de faire démonter ces « cages » au nom de la présomption d’innocence.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Box vitrés dans les tribunaux : la demande des avocats déclarée irrecevable

Le tribunal de grande instance de Paris a rejeté la demande déposée par des avocats de toute la France de faire démonter ces « cages » au nom de la présomption d’innocence.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 16h17
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 17h49
   





                        



Ils veulent faire démonter les box vitrés, de plus en plus nombreux dans les tribunaux, au nom de la présomption d’innocence : la demande déposée par des avocats de toute la France a été déclarée irrecevable, lundi 12 février, par le tribunal de grande instance de Paris.
Le Syndicat des avocats de France (SAF) avait assigné pour « faute lourde » la ministre de la justice et l’agent judiciaire de l’Etat, une demande à laquelle se sont joints les principales organisations et syndicats de la profession, ainsi qu’une vingtaine de barreaux à travers la France.
Venus de Toulouse, Strasbourg, Nanterre ou Paris, des avocats, dont le pénaliste Henri Leclerc, s’étaient relayés pendant quatre heures le 15 janvier devant la première chambre civile pour dénoncer une atteinte à la présomption d’innocence, aux droits de la défense et à la dignité humaine. En retour, l’avocat de la chancellerie avait avancé que le tribunal était incompétent, arguant que seule la justice administrative, et donc le tribunal administratif, pouvait trancher ce litige.

        Lire :
         

          Les box vitrés des tribunaux en procès à Paris



Dans sa décision lundi, le tribunal n’a pas suivi ces arguments et s’est déclaré compétent. En revanche, il a déclaré les demandes des avocats irrecevables, estimant que seuls les « usagers du service public de la justice » pouvaient le cas échéant faire condamner l’Etat pour « faute lourde ». Les avocats, en tant qu’« auxiliaires de justice », ne peuvent donc faire une telle demande, dit en substance le tribunal.
Les avocats contactés par l’Agence France-Presse se sont dits « surpris » par le jugement. « Le tribunal dit bien que ce qui est en toile de fond, c’est la dignité, la présomption d’innocence, mais surtout l’exercice des droits de la défense : s’il y a quelqu’un de recevable, c’est directement les avocats ! », a ainsi estimé le vice-bâtonnier de Paris, Basile Ader, qui a déclaré que le barreau avait décidé de faire appel.
Généralisation de ces dispositifs
Depuis plusieurs décennies, des box plus ou moins vitrés ont été installés dans des juridictions françaises. Mais un arrêté datant d’août 2016 a acté une généralisation de ces dispositifs, dans le but déclaré d’éviter évasions et violences lors des audiences. Selon les propres chiffres du ministère de la justice, il y n’a eu pourtant, en 2016, que 88 incidents d’audience pour 700 000 procès, chiffre qui inclue les incidents extérieurs à la salle d’audience.
Ainsi, une vingtaine de box ont notamment été construits depuis l’été 2017 en région parisienne : des cubes vitrés, au plafond grillagé, sans porte donnant sur la salle mais comportant des fentes et des micros pour permettre au justiciable d’être entendu.
Depuis l’automne, des avocats et magistrats ont exprimé leur opposition à ces constructions, poussant la garde des sceaux, le 22 décembre, à geler l’installation de nouveaux box et à demander un état des lieux des équipements déjà installés.
En dehors du TGI de Paris, d’autres procédures sont en cours à Versailles, Nanterre et auprès du Conseil d’État. Le défenseur des droits et la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté ont aussi été saisis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Le département avait acquis, depuis sa création en 1974, la « zone d’aménagement différé » destinée au projet, soit 895 hectares de terres.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

NDDL : la Loire-Atlantique réclame la rétrocession des parcelles cédées à l’Etat

Le département avait acquis, depuis sa création en 1974, la « zone d’aménagement différé » destinée au projet, soit 895 hectares de terres.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 14h45
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 15h36
   





                        



   


Le conseil départemental de Loire-Atlantique, ancien propriétaire de 895 ha de parcelles à Notre-Dame-des-Landes, sur le site prévu pour accueillir le projet d’aéroport nantais, a officiellement demandé à l’Etat, lundi 12 février, leur rétrocession.
« Je sollicite au nom du département de Loire-Atlantique la rétrocession de l’ensemble des parcelles cédées [à l’Etat et au concessionnaire] », qui étaient « situées dans le périmètre de la déclaration d’utilité publique », écrit le président (PS) du conseil départemental, Philippe Grosvalet, dans un courrier adressé à la directrice régionale des finances publiques, en tant que gestionnaire du patrimoine de l’Etat. Les parcelles n’ayant « pas reçu l’affectation prévue », le département en demande la rétrocession à l’Etat, « en application de l’article L. 421-1 du code de l’expropriation », ajoute M. Grosvalet dans son courrier.
Le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé, le 17 janvier, l’abandon de la réalisation d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, mais c’est l’expiration vendredi dernier du décret qui déclarait ces travaux d’utilité publique qui a marqué la fin officielle de ce projet né dans les années 1960.

        Lire aussi :
         

                Notre-Dame-des-Landes : le devenir des terres, autre source de conflits



Le périmètre de la déclaration d’utilité publique (DUP) du projet d’aéroport comprenait 1 650 ha – 1 250 ha de terres agricoles et 400 ha de bois, forêts et routes –, qui ont été acquis soit à l’amiable, soit après expropriation. La DUP étant devenue caduque, les anciens propriétaires peuvent demander de récupérer leurs terrains, maisons et bâtiments d’exploitation.

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                Notre-Dame-des-Landes : cinquante ans de batailles


Le département de Loire-Atlantique avait acquis depuis 1974 et la création de la ZAD, la « zone d’aménagement différé » destinée au projet, 895 hectares de terres. Près de 43 ha de parcelles situées dans le périmètre de la DUP avaient été cédées au printemps 2012 à l’Etat pour réaliser la desserte routière de l’aéroport, et 852 ha au concessionnaire de l’Etat pour réaliser la plate-forme aéroportuaire, détaille le courrier de M. Grosvalet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ La France compterait aujourd’hui une quarantaine de monnaies locales, destinées à encourager les circuits courts et à dynamiser les économies locales, mais pas seulement.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Les monnaies locales en cinq questions

La France compterait aujourd’hui une quarantaine de monnaies locales, destinées à encourager les circuits courts et à dynamiser les économies locales, mais pas seulement.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 14h42
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 16h19
    |

                            Eléa Pommiers








                        



   


L’abeille, la bou’sol, la soNantes, le sol violette, l’eusko… ce sont les noms de monnaies qui font partie du quotidien de milliers d’habitants dans plusieurs territoires français. Encore méconnues, les monnaies locales se sont développées en France à partir de 2010 et ont été encouragées par une loi de 2014 les reconnaissant comme moyen de paiement légal.
De la relance de l’économie locale à la critique du système capitaliste, le concept séduit de plus en plus : elles seraient aujourd’hui une quarantaine à circuler dans l’Hexagone, et autant seraient en projet.
Qu’est-ce qu’une monnaie locale ?
C’est une monnaie complémentaire à l’euro, ou à autre monnaie nationale. Moyen de paiement, elle ne peut être utilisée que sur un territoire géographique restreint (une commune ou une communauté de communes, voire une région), et seulement pour des activités précises (le bitcoin par exemple n’en est pas une). Contrairement à une monnaie nationale, elle n’est pas gérée par une banque centrale mais par une association.
La France est le premier pays à avoir reconnu ces monnaies légalement comme moyen de paiement par la loi du 31 juillet 2014 relative à l’économie sociale et solidaire (ESS). Ce texte reconnaît les monnaies locales complémentaires comme moyen de paiement, dès lors qu’elles sont à l’initiative de structures relevant de l’ESS. Ces monnaies locales servent ainsi des projets qui s’inscrivent dans le respect de l’environnement, l’équité, la lutte contre l’exclusion, ou encore le commerce équitable.
Qui peut utiliser une monnaie locale ?
Tout le monde, particuliers comme professionnels. La seule condition est d’adhérer à l’association gérant la monnaie locale moyennant une cotisation, en acceptant sa « charte éthique ».
Certaines collectivités locales souhaitent également pouvoir percevoir des recettes ou effectuer des dépenses en monnaies locales : c’est le projet de la région Normandie, et la volonté de la mairie de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). Mais cette étape est loin d’être évidente. A Bayonne, le préfet du département a attaqué la mairie en justice, arguant qu’une collectivité n’a pas le droit de payer des dépenses en monnaies locales. Le tribunal administratif n’a pas encore rendu de décision.
Mais d’autres pays connaissent déjà ce fonctionnement. C’est le cas à Bristol, au Royaume-Uni, où la Bristol pound (équivalent en circulation à 620 000 livres sterling) est accepté par la mairie pour le paiement des taxes locales.
Comment fonctionnent ces monnaies ?
Presque comme les monnaies classiques, si ce n’est que, contrairement à ces dernières, les monnaies locales ne conservent pas leur valeur. La plupart d’entre elles, conservées trop longtemps, perdent, par exemple, 2 % de leur valeur tous les trimestres, incitant les utilisateurs à dépenser rapidement leurs billets. On parle de « monnaies fondantes ».
Autre différence, elles n’existent souvent que sous forme de billets. Seules quelques expériences, comme au Pays basque, à Valence ou à Nantes, ont choisi la forme numérique.
Pour le taux de change, rien de compliqué : une unité de monnaie locale ne peut valoir qu’un euro. Pour s’en procurer, il suffit d’échanger, auprès de l’association ou d’un « bureau de change » (souvent des commerçants), un certain montant en euros contre le même montant en monnaie locale. La reconversion en euros est possible, parfois seulement pour les professionnels, mais toujours moyennant une commission allant jusqu’à 5 %.
Les euros récoltés par l’association alimentent un « fonds de réserve » qui doit permettre à chaque participant de récupérer ses euros si jamais l’expérience de la monnaie locale échouait. L’argent récolté peut aussi servir à financer des associations sur le territoire.

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                Les monnaies complémentaires, un rempart contre le capitalisme financier ?



A quoi servent les monnaies locales ?
Leur principale vocation est de favoriser le commerce et la production locale, et de relocaliser l’activité économique. Les monnaies locales perdant de leur valeur, les utilisateurs sont incités à les utiliser rapidement, et la rapidité des transactions dynamise théoriquement les territoires. Pour veiller à ce que l’argent encourage l’économie locale, les chaînes de magasins présentes partout en France sont exclues des dispositifs.
Les monnaies locales incarnent aussi un projet d’alternative au système du capitalisme financier, dans lequel la spéculation représenterait 95 % des flux financiers quotidiens dans le monde. L’idée d’une monnaie locale est d’ailleurs née dans les années 1930, après la crise de 1929. En France, elles se sont développées à partir de 2010, après la crise économique.
Elles sont explicitement conçues pour empêcher l’épargne et la spéculation, puisque leur cours ne varie pas, et qu’elles perdent de la valeur en les conservant.
Ont-elles un impact économique ?
Certaines monnaies connaissent de véritables succès. En Suisse, le WIR, monnaie pour les professionnels créée en 1934, est utilisé par plus de 60 000 entreprises. En Bavière (Allemagne), le chiemgauer est la première monnaie locale européenne et a permis plus de 7 millions d’euros de transactions en 2013, dix ans après sa création.
Selon le Conseil économique social et environnemental, si les monnaies favorisent les circuits courts, elles encouragent aussi l’activité économique et contribuent à la préservation de l’environnement. Au Brésil, où des centaines de monnaies locales ont été créées depuis 2002, l’activité économique locale a été relancée, ce qui a permis de redynamiser certains quartiers des favelas.

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                Les monnaies locales, leviers de la transition écologique



Mais, selon Jérôme Blanc, économiste spécialiste des monnaies locales, dans plusieurs des pays qui les ont expérimentées depuis plusieurs décennies, la plupart des monnaies locales ont disparu ou se sont essoufflées.
En France, leur développement est récent et aucune évaluation n’en a été réalisée. La plus grande réussite est l’eusko, au Pays basque, avec plus de 750 000 unités en circulation. Mais toutes les autres peinent à atteindre 100 000 unités.
Selon M. Blanc, « leur développement n’est pas quantitativement significatif ». En revanche, elles sont une « réussite indéniable » dans le sens où elles « permettent aux personnes de mettre en place une éducation citoyenne et de faire évoluer leur manière de concevoir la monnaie ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ La contestation par Laura Smet et son frère David Hallyday du testament de leur père, Johnny Hallyday, qui laisse la totalité de son patrimoine à sa dernière épouse, s’appuie sur des règles particulières, en France, en matière de succession.
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Quelles sont les règles de l’héritage en France ?

La contestation par Laura Smet et son frère David Hallyday du testament de leur père, Johnny Hallyday, qui laisse la totalité de son patrimoine à sa dernière épouse, s’appuie sur des règles particulières, en France, en matière de succession.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 14h26
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 15h29
    |

                            Nathalie Cheysson-Kaplan








                        


La fille de Johnny Hallyday, Laura Smet, ainsi que son frère David Hallyday, contestent le testament de leur père car il laisse la totalité de son patrimoine à sa dernière épouse. Une contestation qui s’appuie sur des règles particulières en matière de succession en France.
Lorsqu’une personne meurt, ses biens sont répartis entre son conjoint survivant et ses enfants :
Si tous les enfants sont communs au couple, le survivant a le droit au quart de la succession en pleine propriété ou à la totalité en usufruit ; les enfants recevant les trois quarts en pleine propriété ou la totalité en nue-propriété. Le partage est effectué entre eux à parts égales ;  Lorsque des enfants sont nés d’une ou de plusieurs unions précédentes, le conjoint survivant reçoit le quart en pleine propriété, sans possibilité d’option. Les enfants se partagent les trois quarts restant par parts égales. Tous les enfants ont les mêmes droits, qu’ils soient nés de la dernière union de leur père ou mère décédé ou d’une union précédente, que ce soient des enfants biologiques ou adoptés.
La réserve héréditaire
Mais il est possible d’aménager ces règles pour favoriser son conjoint survivant, ses enfants ou certains d’entre eux. Même si tout n’est pas permis pour autant, une part de la succession devant obligatoirement revenir aux enfants, c’est ce qu’on appelle la réserve héréditaire. A hauteur de cette part, il n’est pas possible de les déshériter.
La réserve dépend du nombre d’enfants : elle est égale à la moitié de votre succession, si vous avez un enfant. Aux deux tiers de votre succession – soit un tiers pour chacun de vos enfants – si vous en avez deux. Et aux trois quarts si vous avez trois enfants ou plus.
Cela signifie que vous pouvez léguer l’autre part appelée « quotité disponible » – la moitié, le tiers ou le quart restant selon votre situation – à qui vous le souhaitez : une personne extérieure à votre succession ou encore un enfant que vous souhaitez favoriser par rapport aux autres.
Par exemple, si vous avez deux enfants, il est parfaitement possible de prévoir que l’un héritera du tiers de votre succession tandis que l’autre recevra les deux tiers. Mais vous ne pouvez pas prévoir que la totalité de votre succession ira à un seul de vos enfants.
Protéger son conjoint
Lorsqu’il s’agit de protéger son conjoint au sens strict du terme – c’est-à-dire la personne avec laquelle on est marié – on peut empiéter sur la réserve des enfants pour lui laisser davantage par le biais d’un testament ou d’une donation au dernier vivant. Cette part appelée « quotité disponible spéciale entre époux » peut porter sur la totalité de la succession en usufruit, le quart en pleine propriété et les trois quarts en usufruit ou la quotité ordinaire en pleine propriété. Mais si le défunt a des enfants nés d’une autre union, la part de la succession qui reviendra en pleine propriété au survivant échappera définitivement à ces enfants.

        Lire aussi :
         

                Peut-on déshériter ses petits-enfants ?



La seule façon de contourner ces règles, si l’on veut avantager un enfant par rapport aux autres ou son conjoint survivant, est de le désigner bénéficiaire d’un contrat d’assurance-vie. En principe, on ne tiendra pas compte des capitaux qui lui seront versés par l’assureur pour évaluer l’étendue de la succession et déterminer la part devant revenir à chacun. Sauf dans un cas : si les enfants lésés parviennent à prouver que les sommes versées sur le contrat d’assurance-vie étaient manifestement disproportionnées par rapport à la fortune du défunt, ils pourront demander en justice à ce qu’elles soient réintégrées à sa succession.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Les fileyeurs connaissent depuis plusieurs années une baisse d’activité qui les met en péril.
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A Boulogne-sur-Mer, le désarroi des pêcheurs face aux chalutiers électriques néerlandais

Les fileyeurs connaissent depuis plusieurs années une baisse d’activité qui les met en péril.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 13h42
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 16h20
    |

                            Valentin Ehkirch








                        



                                


                            

Il n’est pas tout à fait 7 heures, le quai Gambetta est plongé dans l’obscurité et seule une poignée de fileyeurs, ces bateaux de pêche posant des filets, sont amarrés au ponton. A Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), le premier port de pêche français, un jour glacial se lève doucement en ce début de février. Les premiers pêcheurs rentrent au port.
Le Brise-Lame, un fileyeur d’une quinzaine de mètres, souffle une fumée de gazole blanche. Le moteur tourne encore, les caisses de poissons sont débarquées sur le quai. Le fruit de la pêche du jour est maigre : 60 kg de soles.

Mines fatiguées, une cigarette au bout des lèvres, deux matelots, Sébastien Feutry et Tony Magnier, finissent de nettoyer les dernières caisses qui s’entassent sur le pont du navire. « Ça fait trois ans que l’on voit une diminution », lâche, amer, Sébastien. Le matelot a le visage rond et les mains épaisses. Il a commencé à 14 ans. Aujourd’hui, il en a 41, dont cinq à bord du Brise-Lame.
Partir dans l’après-midi, poser et remonter les filets, revenir au petit matin, le quotidien d’un fileyeur. Mais depuis quelque temps, la routine s’est durcie. « Ces dernières années, le chiffre d’affaires de l’entreprise a été divisé par deux, assure de son côté Tony. Y a plus de soles, les morues ont disparu aussi. Apparemment, le poisson ne passe plus par chez nous. »

Les constatations sont tristement banales, et les fileyeurs de Boulogne ont un coupable tout trouvé : les chalutiers électriques néerlandais. Cette pêche consiste à laisser traîner sur le fond de la mer un chalut équipé de câbles électriques permettant de capturer plus facilement les poissons plats.
Cette pratique est autorisée depuis 2007 à titre expérimental en mer du Nord par l’Union européenne. Interdite en France, elle pourrait être bientôt totalement prohibée au sein de l’Union, le Parlement européen s’étant prononcé en majorité contre lors d’un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Plusieurs syndicats d’agents et d’avocats ont déposé un préavis de grève pour mardi afin de dénoncer le projet de loi sur l’asile et l’immigration qui sera présenté le 21 février en conseil des ministres.
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Préavis de grève à la Cour nationale du droit d’asile contre le projet de loi immigration

Plusieurs syndicats d’agents et d’avocats ont déposé un préavis de grève pour mardi afin de dénoncer le projet de loi sur l’asile et l’immigration qui sera présenté le 21 février en conseil des ministres.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 13h42
   





                        


Ils dénoncent un projet de loi « inique ». Plusieurs syndicats d’agents et d’avocats intervenant à la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) ont déposé un préavis de grève pour mardi 13 février afin de dénoncer le projet de loi sur l’asile et l’immigration qui sera présenté le 21 février en conseil des ministres.

        Lire aussi :
         

                Que contient le projet de loi asile-immigration ?



« Le projet de loi pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif poursuit et renforce une logique productiviste » et « porte durement atteinte tant aux droits des demandeurs d’asile qu’aux conditions de travail des 434 agents de la CNDA », affirment l’UNSA, FO et la CGT.
La CNDA est chargée de juger les recours formés par les demandeurs d’asile déboutés par l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides).

        Lire aussi :
         

                Au cœur de l’Ofpra, antichambre de la France pour les réfugiés



« Réduire les droits des réfugiés »
En parallèle, les avocats intervenant à la CNDA à travers l’association Elena, un réseau d’avocats pour le droit d’asile, ont lancé un mouvement de grève des audiences pour mardi aussi, afin de dénoncer un projet de loi « qui n’a pour objectif que de réduire les droits des réfugiés et, notamment, leurs droits à une défense digne ».
Les avocats estiment :
« Chacun sait que la diminution du délai pour déposer sa demande, la réduction du délai pour exercer son droit à recours, l’absence de caractère suspensif de la plupart des recours, la multiplication des décisions rendues par ordonnance et le recours à la visioconférence sont autant d’atteintes aux droits des justiciables les plus vulnérables et aux droits de la défense. »
« La grève devrait être suivie à 100 % », a affirmé Sylvain Saligari, avocat membre d’Elena. Les syndicats de la Cour nationale du droit d’asile appellent aussi à une « déprécarisation » des agents contractuels et « une diminution de la charge de travail ».

        Lire aussi :
         

                Tensions et « cas de conscience » chez les députés LRM concernant une proposition de loi sur l’asile



Le projet de loi, qui fait des vagues jusque dans la majorité, prévoit également un doublement augmentation de la durée maximale de la rétention administrative, de quarante-cinq à quatre-vingt-dix jours, avec prolongation à cent trente-cinq si la personne fait obstacle à son éloignement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Avant de prendre l’avion à l’aéroport de Beauvais (Oise), Robert X gare sa voiture dans une rue de la ville, où le stationnement n’est autorisé qu’aux riverains. Quand il revient, il trouve cinq procès-verbaux (PV) pour infraction à la réglementation sur le stationnement des véhicules.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Candidate de « The Voice », la chanteuse Mennel a quitté l’émission à la suite de l’exhumation de messages à connotations complotistes sur les attentats de juillet 2016. Un départ qu’Abdel Rahmène Azzouzi regrette dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
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« Mennel est l’antithèse des bêtes de Daech et peut-être même leur antidote »

Candidate de « The Voice », la chanteuse Mennel a quitté l’émission à la suite de l’exhumation de messages à connotations complotistes sur les attentats de juillet 2016. Un départ qu’Abdel Rahmène Azzouzi regrette dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    12.02.2018 à 13h22
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 13h58
    |

                            Abdel Rahmène Azzouzi (professeur des universités)








                        



                                


                            

Tribune. La vidéo de son passage à « The Voice » était rapidement devenue virale. Comme le disait Zazie, les fées se sont penchées sur son berceau. Une vraie voix, une grande beauté, un talent incontestable et des cheveux discrètement couverts. Egalement des origines syriennes, une francité pleinement assumée tout comme son islam. Elle semblait avoir conquis le jury du télé-crochet. Cette synthèse de nos valeurs françaises et même plus largement occidentales sans renier son âme orientale aura suffi à provoquer l’ire de l’extrême droite qui dans cette affaire a servi d’aiguillon aux médias et peut-être à l’opinion française.
Des posts maladroits de la jeune Mennel, exhumés par le Bloc identitaire, ont ouvert la polémique et brisé le pont que tentait de construire la jeune femme. En janvier, déjà, le mannequin « voilé », Amena Khan, avait dû renoncer à une campagne de L’Oréal pour avoir critiqué la politique israélienne dans des tweets datant de 2014. La connotation complotiste des tweets de la jeune Mennel pose en effet problème et a semblé constituer un obstacle insurmontable à son évolution artistique au sein de l’émission.

Que devrions-nous alors penser des onze vidéos parfaitement assumées par Jean-Marie Bigard sur les attentats du 11-Septembre ? Nous pouvons facilement imaginer le travail et la réflexion élaborée qu’a nécessités la réalisation de ces vidéos. Il ne s’agissait pas d’un ou deux tweets d’une jeune femme de 20 ans dont le pays d’origine est ravagé, depuis de nombreuses années, par la guerre et le terrorisme le plus abject et dont probablement nombre de membres de sa propre famille ont été victimes. Et pourtant, nul n’a pensé à excommunier Jean-Marie Bigard et il appartient à chacun de faire la part des choses entre un des humoristes les plus talentueux de sa génération et son analyse complotiste des attentats du 11-Septembre.
Un message unissant l’Orient et l’Occident bienvenu
Dans le contexte actuel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ L’actrice a découvert les dispositions testamentaires de son père, qui confieraient « l’ensemble de son patrimoine et de ses droits d’artiste » à sa seule épouse Laeticia.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Johnny Hallyday : Laura Smet et David Hallyday veulent contester son testament devant la justice

L’actrice a découvert les dispositions testamentaires de son père, qui confieraient « l’ensemble de son patrimoine et de ses droits d’artiste » à sa seule épouse Laeticia.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 15h30
   





                        



   


L’actrice Laura Smet et son demi-frère David Hallyday ont fait savoir, lundi 12 février, qu’ils contestaient le testament de leur père, Johnny Hallyday, qui laisse la totalité du patrimoine et des droits du rocker mort le 6 décembre 2017 à sa dernière épouse. Selon un communiqué des avocats de l’actrice, Emmanuel Ravanas, Pierre-Olivier Sur et Hervé Temime :
« Laura Smet a découvert avec stupéfaction et douleur le testament de son père Johnny Hallyday, aux termes duquel l’ensemble de son patrimoine et l’ensemble de ses droits d’artiste seraient exclusivement transmis à sa seule épouse Laeticia par l’effet de la loi californienne. »
« Ces dispositions contreviennent au droit français »
Selon les avocats, les dispositions testamentaires « contreviennent manifestement aux exigences du droit français ». Si le testament n’est pas contesté, Laura Smet n’aura rien, « ni bien matériel, ni prérogative sur son œuvre artistique, ni souvenir, pas une guitare, pas une moto et pas même la pochette signée de la chanson “Laura” qui lui est dédiée », précisent-ils.
Ce testament prévoit aussi qu’en cas de mort de Laeticia Hallyday, l’ensemble des biens et des droits du rocker, né Jean-Philippe Smet, seraient exclusivement transmis à ses deux filles Jade et Joy à parts égales. Pour les avocats, « ces dispositions extravagantes contreviennent manifestement aux exigences du droit français ».

        Lire nos explications :
         

          Quelles sont les règles de l’héritage en France ?



Laura Smet leur a demandé de défendre ses intérêts et de « mener toutes les actions de droit permettant la sauvegarde de l’œuvre de son père », conclut le communiqué. « Elle veut tout simplement que ses droits soient garantis. Ça s’appelle aussi des droits naturels », a dit Me Sur. « Le droit naturel est un droit au-dessus du droit. Quand on est un enfant, on a le droit de recevoir quelque chose de son père, et je ne parle pas que d’argent mais aussi de droits moraux. » Personne n’était dans l’immédiat joignable dans l’entourage de Laeticia Hallyday pour réagir à ces informations.
« Je t’entends, papa, et moi, j’ai choisi de me battre »
« J’ai appris, il y a quelques jours, que tu aurais rédigé un testament nous déshéritant totalement David et moi », écrit Laura Smet dans une lettre adressée post mortem à son père et que ses avocats ont transmis à l’Agence France-Presse. « Il y a encore quelques semaines, tu me disais à table : “Alors, quand est-ce que vous faites un enfant ?”. Mais que vais-je pouvoir lui transmettre de toi, toi que j’admire tant ? », poursuit-elle.
« Je t’entends, papa, et moi, j’ai choisi de me battre. J’aurais préféré que tout cela reste en famille, malheureusement, dans notre famille c’est comme ça... », ajoute Laura Smet, en concluant sa lettre sur ces mots : « Je suis si fière d’être ta fille. Je t’aime, papa. »
Johnny Hallyday est mort à 74 ans le 6 décembre 2017 des suites d’un cancer. Marié pendant vingt et un ans à Laeticia, il a eu quatre enfants : David, l’aîné qu’il a eu avec Sylvie Vartan, Laura Smet, née de son union avec Nathalie Baye, et Jade et Joy, adoptées pendant son dernier mariage.

La lettre de Laura #SMET adressée post mortem à son père Johnny #Hallyday (document #AFP) https://t.co/vgux0VUyLV— JFGuyot (@Jean-François Guyot)


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Le message a été posté sur un compte Facebook habituellement utilisé par Charles Pieri, ancien responsable du FLNC.
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Enquête ouverte sur des injures visant Mme Erignac

Le message a été posté sur un compte Facebook habituellement utilisé par Charles Pieri, ancien responsable du FLNC.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 11h23
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            

Le procureur de la République d’Ajaccio, Eric Bouillard, a ouvert jeudi 8 février une enquête contre X pour « injures publiques par voie de communication en raison du sexe et de l’origine nationale » confiée à la section de recherche de la gendarmerie, à la suite d’un message injurieux posté dans la nuit de mardi 6 à mercredi 7 février sur Facebook. Celui-ci visait Dominique Erignac, la veuve du préfet Claude Erignac, assassiné par un commando indépendantiste le 6 février 1998, présente mardi au côté d’Emmanuel Macron lors de l’hommage au préfet.

Le texte publié sur le compte Di L’Altu Pianu puis retiré depuis par le réseau social à la suite du signalement effectué par le procureur dit : « Il faut respecter la douleur et, en ce jour, celle de Mme Erignac. Elle est le symbole de la femme française. Ces courageuses femmes françaises qui, de 1940 à 1944, réussirent à faire 400 000 petits bâtards aux valeureux soldats du 3ème reich. 400 000 bâtards, cela peut vous sembler léger, sur 10 000 000 de femmes fécondables mais songez à toutes celles qui n’eurent pas la chance de tomber enceinte. Ou alors à toutes celles qui ont joué de l’aiguille à tricoter. En un mot comme en dix, il y eut en ces temps-là pas moins de 4 000 000 de bonnes petites salope françaises. Ach so… »
Retour remarqué
Or, ce compte Facebook n’est autre que celui sur lequel a l’habitude de communiquer Charles Pieri, dont le visage apparaît dans l’avatar. « Plusieurs sources nous indiquent que Charles Pieri pourrait être le titulaire du compte, indique le procureur. Néanmoins, nous attendons une confirmation de la part de la direction de Facebook. »
Charles Pieri, ancien responsable du FLNC, condamné en 2006 pour extorsion de fonds puis, de nouveau, en 2013 pour détention d’armes illégale, membre depuis sa création de Corsica Libera, la formation dirigée par Jean-Guy Talamoni, a effectué depuis plusieurs mois un retour remarqué sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Plusieurs fronts sont ouverts pour voir assouplie la règle de 25 % de HLM dans les communes urbaines d’ici à 2025.
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Logements sociaux : le gouvernement relâche la pression sur les communes

Plusieurs fronts sont ouverts pour voir assouplie la règle de 25 % de HLM dans les communes urbaines d’ici à 2025.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 11h22
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            
Voilà rouvert le débat sur la sensible question des quotas de logements sociaux dont les communes urbaines doivent se doter d’ici à 2025, soit 25 % de leur parc de résidences principales. La loi de solidarité et de renouvellement urbains (SRU) a beau avoir 17 ans, son article 55 qui instaure ces quotas fait toujours polémique pour certains maires qui refusent de s’y plier. La conférence de consensus, exercice de concertation sur la future loi logement qui s’est achevé jeudi 8 février, a ravivé les contestations de la part des opposants de toujours, pour la plupart des élus de communes aisées, souvent de droite, qu’Emmanuel Macron semble avoir entendus.
« Le gouvernement reste attaché au maintien d’objectifs très ambitieux de logements sociaux et de rééquilibrage géographique dans les territoires en tension, a déclaré Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires, à l’issue de cette conférence menée à la demande du Sénat. Mais un besoin d’adaptation aux contraintes des territoires a été à juste titre souligné par plusieurs intervenants. »

Si le principe d’airain d’une participation de toutes les communes à l’effort de mixité sociale ne semble pas remis en cause, ses modalités d’application pourraient s’adoucir, engageant un détricotage en bonne et due forme.
Repousser l’échéance
Un premier accroc est apparu au détour d’un décret, daté du 28 décembre 2017, qui exemptait discrètement 274 communes en les sortant des périmètres urbains concernés par la loi. Pour 53 d’entre elles, totalisant 200 000 habitants, la commission nationale de l’application de l’article 55 avait, quelques semaines plus tôt et au vu de la forte demande de logements sociaux dans les agglomérations auxquelles elles sont rattachées, émis un avis défavorable à cette exemption.
Les communes de Cambo-les-Bains (6 700 habitants, Pyrénées-Atlantiques), Brignoles (17 000 habitants, Var), Pézenas (8 500 habitants, Hérault), Carnoux-en-Provence (6 700 habitants,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Jacques Cassandri est jugé à partir de lundi pour blanchiment du butin du vol commis dans les coffres de la Société générale, en 1976, à Nice.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Quarante ans après, le « casse du siècle » de retour au tribunal

Jacques Cassandri est jugé à partir de lundi pour blanchiment du butin du vol commis dans les coffres de la Société générale, en 1976, à Nice.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 12h18
    |

                            Luc Leroux (Marseille, correspondant)








                        



   


Toujours fiché au grand banditisme malgré ses 74 ans, à la tête d’un petit empire de restaurants et de discothèques ayant pignon sur rue, ami des voyous et des notables, Jacques Cassandri, survivant du vieux milieu marseillais, a retrouvé, lundi 12 février, les bancs de la correctionnelle.
Loin des affaires de proxénétisme, de drogue et d’armes qui lui ont valu plusieurs années de prison, le patron de l’institution marseillaise Au son des Guitares, le club privé qui a fait sa notoriété, est jugé pour le blanchiment du butin du « casse du siècle », ce fric-frac dans plus de 300 coffres de la Société générale, en juillet 1976, à Nice, qui avait hissé Albert Spaggiari au panthéon des braqueurs. Jacques Cassandri est rattrapé, plus de quarante ans plus tard, pour ce que son avocat Me Frédéric Monneret nomme « un petit péché d’orgueil ».
En 2010, sous le pseudonyme vite éventé d’Amigo, Jacques Cassandri publie La Vérité sur le casse de Nice (Les Petits matins). Dans ce livre, il raconte comment après avoir percé un tunnel long de huit mètres, il avait, avec ses complices, dérobé 46 millions de francs, équivalant à 29 millions d’euros aujourd’hui.
En prenant la plume, il veut rétablir la vérité : les cerveaux, ce sont son ami « Le Gros » et lui-même, Spaggiari se voyant relégué au rang d’apporteur d’affaires auquel l’équipe des Marseillais avait volontiers abandonné la notoriété et la lumière. Jacques Cassandri s’attribue aussi la paternité du fameux « Ni armes ni violence et sans haine », tracé à la craie dans la salle des coffres.
Des détails jusqu’alors inconnus du grand public
En 2011, en garde à vue, face à un enquêteur qui le « rassure » sur la prescription de ce vol entré dans l’histoire, il avoue être un des « égoutiers » de Nice.
« Je suis un des auteurs principaux de cette affaire mais je suis hélas tenu de garder le silence en ce qui concerne les autres. Ma part a été à peu près, je dirais, 2 millions de francs. Je l’ai bouffée à une allure vertigineuse. »
Las ! Le vol est prescrit mais le blanchiment est une infraction continue que la justice peut poursuivre lorsqu’elle en a connaissance, même plusieurs décennies après. Lors de son procès, Jacques Cassandri devrait donc revenir sur cet aveu. « Son livre est un roman, indique Me Monneret. Il l’a écrit pour que les droits d’auteur soient versés à la veuve d’un ami », abattu en 1987. Et s’il évoque des détails jusqu’alors inconnus du grand public, c’est, dira-t-il, car il a eu copie du dossier judiciaire.
Une enquête patrimoniale a « révélé l’acquisition massive de biens immobiliers, outre les investissements dans des fonds de commerce totalement incompatibles avec les ressources déclarées ». Terrain et maison en Corse, une autre en Savoie, visons et bijoux, lingots d’or : « La fortune de Jacques Cassandri et de sa famille apparaît puiser son origine occulte dans le butin du casse de Nice », a conclu le juge d’instruction. Les biens immobiliers des membres de sa famille ont été saisis.
« C’est l’Abbé Pierre du milieu »
Les méthodes à l’ancienne de Jacques Cassandri dans la gestion des sociétés portées par ses proches leur valent d’être jugés pour des abus de biens sociaux et du travail dissimulé. Jacques Cassandri profitait d’une constellation d’entreprises pour fournir des promesses d’embauche à ses amis détenus en vue d’une libération conditionnelle. « Qu’est-ce que vous voulez, c’est l’Abbé Pierre du milieu », commente Me Monneret.
Un autre volet du dossier concerne une escroquerie présumée au préjudice d’un promoteur immobilier irlandais, lors du projet de construction à Conca (Corse-du-Sud) d’une résidence de tourisme. Par l’intermédiaire de la société Campemu a l’usu corsu (« on vit à la manière corse »), Jacques Cassandri avait, selon l’accusation, monnayé 1 million d’euros une mission d’assistance, garantissant « la protection du projet des éléments incontrôlables dans les milieux nationalistes et terroristes ». Les enquêteurs avaient envisagé une extorsion, démentie par le promoteur selon lequel il n’y a eu ni violence ni menace.
Parmi les treize prévenus, le maire de Conca, François-Antoine Mosconi, comparait pour trafic d’influence, mais il conteste avoir outrepassé ses fonctions pour favoriser ce projet. Cette opération a conduit à l’audition par les enquêteurs d’un conseiller de Nicolas Sarkozy et de Claude Guéant, secrétaire général de la présidence. Les enquêteurs avaient mis la main sur une lettre de M. Mosconi remerciant ce dernier de « l’étude des dossiers et de l’aide » apportée. Selon M. Guéant, « il n’y a eu évidemment aucune intervention de l’Elysée ». Le procès s’achèvera vendredi 16 février.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ L’assemblée générale des copropriétaires décide de remplacer les moquettes, qui se salissent facilement, par du carrelage, plus facile à nettoyer, dans les coursives de leur résidence. Or la moquette donnait aux appartements une meilleure isolation phonique.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Masturbation compulsive, recours frénétique à des prostituées... Ils racontent comment ils ont développé cette addiction et comment ils sont parvenus à se libérer de son emprise.
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Dépendance au sexe : quatre hommes témoignent

Masturbation compulsive, recours frénétique à des prostituées... Ils racontent comment ils ont développé cette addiction et comment ils sont parvenus à se libérer de son emprise.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 10h43
    |

            Marie-Béatrice Baudet (Nantes, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

D’emblée, une question vient à l’esprit : pourquoi ? Oui, pourquoi quatre hommes de l’ouest de la France ont-ils accepté de nous raconter leur addiction au sexe, alors que la tempête #balancetonporc n’en finit pas de souffler ? Leur plus grande crainte n’est-elle pas d’être assimilés à des prédateurs, des sortes d’Harvey Weinstein de seconde zone ? Mais peut-être faut-il plutôt se demander pour qui, et non pourquoi, ils ont franchi le pas ? Est-ce pour leurs thérapeutes, qui ne les ont jamais jugés ? Pour leurs semblables, qui n’ont pas encore osé frapper, comme eux, à la porte d’un psychiatre ? Ou bien parlent-ils pour se convaincre que leurs démons intérieurs sont enfin maîtrisés ? Aucun n’est riche ni célèbre. Aucun n’a harcelé ou agressé. Ils ressemblent à ces inconnus de 25 à 55 ans que l’on peut croiser dans la rue. Une précision, tout de même : l’addiction sexuelle étant à près de 90 % une affaire masculine, il nous fut impossible de recueillir la parole d’une femme.
Laurent [tous les prénoms ont été changés] était un masturbateur compulsif auquel il arrivait de passer à l’acte jusqu’à six fois par jour. Ce quadragénaire qui travaille dans le secteur médical surprend par sa bonhomie et sa sincérité. Il incarne la figure du bon copain. « Me masturber était la seule manière de calmer mes crises d’angoisse liées aux problèmes du quotidien, les questions d’argent surtout. Une pulsion irrépressible m’envahissait, je devais le faire. Après, j’étais rassuré, ça allait mieux, mais je me sentais sale. » Alain, lui, a les traits creusés par les insomnies. Ce scientifique est un taciturne, qui avoue avoir pensé plusieurs fois au suicide. « J’étais invivable, j’étais trop tout, confie-t-il. Ma femme et mes enfants le sentaient. » Son addiction – dont il ne révélera pas la nature précise – lui permettait d’être dans une « bulle » : « J’imaginais combler le vide qui était en moi. Je ne ressentais même pas du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Ils s’opposent au projet de loi migration qui veut pénaliser le travail sous une autre identité, et réclament d’être régularisés.
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Une centaine de travailleurs sans papiers en grève en Ile-de-France

Ils s’opposent au projet de loi migration qui veut pénaliser le travail sous une autre identité, et réclament d’être régularisés.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
12.02.2018 à 10h40
    |

            Maryline Baumard








                        



   


Abdoulaye sort le reçu des 624 euros qu’il vient d’envoyer à sa famille au Sénégal. « Je ne sais pas du tout quand je pourrai faire le prochain envoi », commente-t-il, après avoir précisé qu’« au pays la famille est d’accord pour la grève ». La décision n’a pas été facile à prendre pour ce travailleur immigré de 31 ans qui fait vivre épouse, enfants et parents en Afrique. Mais, après cinq ans de vie sans papiers en France, il refuse d’être davantage exploité, évoquant « les mois à 700 ou 800 euros alors que je travaille tous les jours, qu’on ne me paie qu’une partie des heures et que je dois me taire, parce que le patron sait que je travaille sous une autre identité ».
L’histoire d’Abdoulaye ressemble à celle de la centaine de Subsahariens présents dimanche 11 février au soir au siège de la CGT. Là, les grévistes de six entreprises d’Ile-de-France préparaient les piquets de grève qui se sont mis en place lundi au matin, remplissaient les caisses de solidarité avec l’argent collecté, euro après euro. « On part en grève pour être régularisés, puisqu’on travaille depuis des années ici, et qu’on gagne moins que ceux qui ont des papiers, en faisant des travaux plus durs. Mais on arrête aussi le travail à cause du projet de loi qui va rendre encore plus difficile de signer un contrat sous une autre identité, ce qu’on fait tous ici », explique ­Robert,salarié de GLS à Roissy.

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« On est cassé au bout de quelques mois »
Les sans-papiers se font souvent prêter un passeport et un numéro de Sécurité sociale pour signer un contrat. Pour éviter les ennuis, les entreprises les font en général embaucher par des sociétés d’intérim, qui servent d’écran. Mais le projet de loi asile et immigration, qui sera présenté en conseil des ministres le 21 février, annonce dans son article 16-II que le salarié risquera cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, puisqu’il tombera sous le coup de l’article 441-8 du code pénal.
Le texte qui est à l’étude au ­Conseil d’Etat espère ainsi « renforcer l’effectivité et la crédibilité de la lutte contre l’immigration irrégulière ». « En fait, on veut se débarrasser de nous, commente Abdoulaye, mais c’est illusoire et aucune personne qui a des papiers ne tiendrait deux mois à porter des frigos, des roues de tracteurs… On est cassé au bout de quelques mois de manutention, mais on reste », insiste-t-il à l’unisson avec Lossemy, un camarade de travail ivoirien.
Alors qu’Abdoulaye et Lossemy devaient rejoindre le piquet de grève à 5 heures à Roissy, cinq autres entreprises devaient elles aussi être concernées, à Paris, dans le Val-de-Marne et dans l’Essonne. « Ce mouvement concerne pour l’heure une centaine de salariés de six entreprises très représentatives des secteurs dans lesquels travaillent les plus précaires : le bâtiment, avec Défi Technology ; la cuisine avec Event Thaï ; les déchets avec STLG et Sepur, la logistique et le transport avec Chronopost et GLS », observe Marilyne Poulain, du collectif migrants de la CGT.
Ce système de régularisation (par le travail) qui ne dit pas son nom permet de donner des titres de séjour à quelque 6 000 personnes tous les ans. Il fonctionne plus ou moins selon les départements et les entreprises. « Les patrons peuvent signer une demande d’admission exceptionnelle au séjour. Et même un certificat de concordance qui reconnaît la véritable identité de la personne travaillant sous un nom d’emprunt », rappelleRaymond Chauveau, qui a mené la grève des sans-papiers de 2008.
Situation disparate
Reste que les salariés en grève travaillent dans des entreprises qui acceptent peu ou pas du tout de régularisation. De plus, le système s’est enrayé dans certains départements depuis l’élection d’Emmanuel Macron, les préfets étant davantage incités à renvoyer qu’à régulariser. « En Seine-Saint-Denis, par exemple, la préfecture a mis en place un système de prise de rendez-vous qui dissuade de déposer des demandes de régularisation », regrette Jean-Albert Guidou, du collectif migrants de la CGT. Face à cette situation disparate, le syndicat demande l’ouverture de négociations avec le ministère de l’intérieur, pour la centaine de grévistes, et non avec les préfectures, et demande la suppression de l’article 16 de la loi migration.

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Dans la salle dimanche soir, la centaine de visages jeunes, à la peau foncée, restaient graves face aux explications des syndicalistes. Bonnets, vêtements sombres, tous écoutaient les explications, applaudissant à l’idée de faire partie d’un collectif pour ne plus galérer seul. Le plus applaudi aura été l’Adama de la grève de 2008 qui milite à la CGT et était venu raconter que « la lutte paye si on la mène à terme ». Mardi 13 février, le secrétaire général, Philippe Martinez, tiendra une conférence de presse afin de montrer que la Confédération porte haut ce sujet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Intégrer une école prestigieuse est encore le moyen le plus sûr, en France, de s’assurer une belle carrière. Même si la concurrence entre diplômés est devenue plus rude, et le management plus complexe.
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Les grandes écoles mènent-elles encore aux plus hautes fonctions ?

Intégrer une école prestigieuse est encore le moyen le plus sûr, en France, de s’assurer une belle carrière. Même si la concurrence entre diplômés est devenue plus rude, et le management plus complexe.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 10h27
    |

                            Valérie Segond








                        



   


Il y a trente ans, intégrer par concours l’une des trois plus grandes écoles de la République, Polytechnique, l’ENA ou HEC, permettait raisonnablement d’espérer devenir un jour PDG ou directeur général. Une simple grande école était même le sésame des cadres dirigeants. Le concours était cette épopée darwinienne dont seuls les plus forts sortaient vivants. Et qui, résume la psychologue du travail Marie Pezé, « génère encore chez ceux qui l’ont réussi trente ans plus tôt un sentiment d’appartenir à un corps d’élite ». Est-ce toujours vrai ?
Certes, avoir réussi un concours sélectif facilite toujours l’entrée dans la vie active. « C’est d’abord le signe que l’on a su se dépasser soi-même, plus que les autres », souligne Alexandre Lubot, patron régional Europe, Moyen-Orient et Asie pacifique du groupe américain Match (Meetic, Tinder…). Même si ces écoles sont de plus en plus accessibles sans passer par un concours, la DRH du groupe Axa, Karima ­Silvent, résume ainsi ses atouts : « Le diplôme de ces grandes écoles auxquelles on a accédé par concours demeure une garantie de capacité de travail et d’organisation, de focalisation et de rigueur intellectuelle, d’endurance face à l’effort. » Un vrai passeport, donc. Mais après ?
La légitimité présumée, acquise une fois pour toutes grâce à un diplôme obtenu trente ans plus tôt, est une vieillerie du XXe siècle.
« Après quelques années de carrière, je vois beaucoup de diplômés déçus de se voir réduits à des tâches d’exécution, là où on leur avait fait miroiter une véritable autonomie dans leur travail », témoigne Marie Pezé. Avoir un diplôme ne garantit plus l’accès rapide à un poste où l’on peut prendre des initiatives ni à un poste de responsabilité et d’encadrement.
Et plus les années passent, plus c’est vrai, car moins le diplôme compte dans la carrière, comme l’atteste Karima Silvent : « Pour proposer des candidats aux postes de direction, je ne regarde jamais leurs diplômes. Mais plutôt ce qu’ils ont réalisé. Quelle est leur curiosité, leur volonté d’apprendre ? Quelle est leur énergie, leur capacité à travailler avec les autres et à les tirer vers le haut ? Au fond, plus on avance dans sa carrière, plus c’est la personnalité davantage que l’expertise qui devient décisive. »
Savoir susciter l’adhésion
Avec la propagation du travail en mode projet et l’aplatissement des hiérarchies, la mobilisation des équipes par acte d’autorité verticale passe de moins en moins. La légitimité présumée, acquise une fois pour toutes grâce à un diplôme obtenu trente ans plus tôt, est une vieillerie du XXe siècle. Aujourd’hui, à tous les niveaux, l’enjeu d’un chef est d’obtenir l’engagement de ses troupes par adhésion à son projet. La légitimité doit sans cesse se regagner.
Les générations qui arrivent aujourd’hui sur le marché du travail sont à cet égard autrement plus exigeantes que les précédentes. « Il y a trente ans, un manageur prenait une décision et s’attendait à ce qu’elle soit exécutée, rappelle Alice Guilhon, de la Conférence des grandes écoles (CGE). Aujourd’hui, la décision n’est jugée légitime par les équipes que si elles l’estiment cohérente avec la stratégie de l’entreprise et avec ce qu’elles considèrent être leur mission. »
« C’est la capacité d’un manageur à faire face à l’incertitude qui sera la clé de sa carrière. Et ça, ça ne s’apprend pas dans les écoles, mais avec l’expérience », souligne Nicolas Riedler, coach de dirigeants chez Nexmove
L’exigence de sens et de respect domine tout, comme l’atteste le baromètre « Talents, ce qu’ils attendent de leur emploi » du 23 janvier, réalisé par la CGE auprès de plus de 3 000 élèves de grandes écoles. C’est si vrai qu’il y a au sein de nombreuses directions des ressources humaines au mieux un questionnement, au pire une crise de doute sur le management, comme le montre l’intérêt pour une opération visant à inventer de nouvelles pratiques managériales, le « Hackathon du management », lancé en septembre 2017 par Ethikonsulting.
Une opération qui pourrait sembler anecdotique s’il n’y avait eu autant de très grandes entreprises à s’y être intéressées, comme Air France, la Caisse des dépôts, CGG, Engie, Legrand, Orange, Adidas, SNCF, Sopra Steria, etc. Bref, les vieilles théories du management, dont beaucoup sont encore enseignées dans les grandes business schools, ont du plomb dans l’aile.
Il est ainsi bien plus compliqué aujourd’hui qu’hier d’être un bon dirigeant. « Actuellement, les enjeux sont multiples, explique Nicolas ­Riedler, coach de dirigeants chez Nexmove. Un dirigeant doit savoir manager des personnes, avoir leur confiance et les faire grandir, ce qui exige qu’il ait travaillé sur sa relation avec les autres. Et il doit être capable de comprendre et conceptualiser rapidement les changements qui affectent son secteur, et ce dans le monde entier, ce qui exige de la curiosité et une grande agilité intellectuelle. In fine, c’est sa capacité à faire face à l’incertitude qui sera la clé de sa carrière. Et ça, ça ne s’apprend pas dans les écoles, mais avec l’expérience et le travail sur soi. »
Une compétition devenue mondiale
Du coup, Alice Guilhon l’affirme, « les grandes écoles bougent, elles ont intégré ces nouvelles exigences et multiplient les programmes pour développer les “soft skills” chez leurs étudiants ». Travail d’équipe, jeux de rôles, entrepreneuriat, années passées à l’étranger, multiplication des stages, etc. Tout est fait pour accroître la capacité des étudiants à s’adapter à un monde qui bouge, avec les autres. Pour enrichir leur personnalité.
Il n’empêche que le sommet est devenu plus difficile à atteindre. Parce que la compétition est féroce : il y a beaucoup plus de diplômés de grandes écoles qu’il y a trente ans, pour un nombre de postes au sommet qui n’a pas augmenté dans les mêmes proportions, en raison de la concentration qui a réduit le nombre d’acteurs dans tous les « vieux » secteurs.
Et, surtout, les grandes entreprises qui recherchent les plus hauts potentiels sont mondiales et recrutent des talents venus du monde entier. « On est très vite en compétition avec des personnes de l’étranger issues d’autres systèmes de formation, confirme Alexandre ­Lubot. Et là, ce qui compte, ce sont les réalisations. » Ce que les Anglo-Saxons appellent le « track record », version moins formelle que le CV.
Des profils plus variés et moins franco-­français
En clair, nos X se heurtent aujourd’hui à la concurrence des caciques des grandes universités mondiales. Rien que les patrons du CAC 40 ont des profils plus variés et moins franco-­français qu’autrefois. Chez Axa, on ne trouve que quatre Français sur les dix membres du comité de direction, qui compte cinq nationalités. Et parmi les quarante premiers dirigeants du groupe d’assurance, plus de la moitié sont étrangers, avec des formations diverses.
Ce qui fait dire à Nicolas Riedler que « le système de sélection des dirigeants sur les grands concours marchait dans une économie fermée, mais avec l’internationalisation de l’économie, il ne peut que perdre du terrain ». Manière de dire que la cooptation entre copains de promo qui noyautaient les conseils d’administration sera de plus en plus difficile.
D’ailleurs, la course est devenue si dure qu’elle ne fait plus rêver les jeunes diplômés, qui semblent ne plus partager les rêves d’ascension de leur père, comme le montre le baromètre 2018 de la CGE. Les responsabilités ? Elles n’arrivent qu’en sixième position de leurs aspirations. Les grands concours n’assurent plus de parvenir à des postes de direction, peut-être. Mais ils offrent toujours la perspective de belles carrières.

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Le Monde publie, dans son édition datée du jeudi 8 février, un supplément dédié aux nombreux concours de l’enseignement supérieur, qu’il s’agisse de l’accès aux études de médecine, aux grandes écoles, et des « prépas » qui permettent de les réviser. Ses différents articles sont progressivement mis en ligne sur Le Monde.fr Campus, rubrique Concours.










                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Il est possible de préserver les intérêts de tous en optant pour une stratégie adaptée à chaque cas et en favorisant la discussion.
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Famille : comment protéger son nouveau conjoint sans léser ses enfants

Il est possible de préserver les intérêts de tous en optant pour une stratégie adaptée à chaque cas et en favorisant la discussion.



Le Monde
 |    12.02.2018 à 07h30
    |

                            Pauline Janicot








                        



   


L’Insee recense aujourd’hui en France 1,5 million d’enfants de moins de 18 ans vivant dans 720 000 familles recomposées. Ça représente un peu plus d’un enfant sur dix. « Au quotidien, cela ­nécessite souvent de faire des compromis. Mais c’est surtout lors des successions que la situation peut se révéler très conflictuelle », constate Nathalie Couzigou-Suhas, notaire à Paris.
D’un côté, il faut protéger le nouveau conjoint pour lui permettre de conserver son cadre de vie.
De l’autre, les droits des enfants nés d’une précédente union doivent être respectés. « Préserver les intérêts patrimoniaux de chacun reste possible à condition de l’anticiper et d’en discuter avec tous les membres de la famille », ajoute Nathalie Couzigou-Suhas.
Chaque famille recomposée a son ­histoire et doit bénéficier de conseils sur mesure. « Il faut tenir compte du patrimoine du couple et de la présence ou non d’enfant d’une précédente union », remarque Catherine Costa, directrice du pôle solutions patrimoniales chez ­Natixis Wealth Management.

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Pour protéger le nouveau conjoint, le choix du statut est primordial. Après un divorce compliqué, certains ­couples préfèrent opter pour un pacte civil de solidarité (PACS). Accompagné d’un testament, il permet de transmettre au partenaire des biens sans payer de droits. Mais il reste moins protecteur que le mariage puisque le pacsé ne peut recevoir qu’une part limitée des biens et n’a pas le droit de toucher la pension de réversion, qui est réservée aux conjoints.
Donation entre époux
Pour ceux qui souhaitent se remarier, le régime de la communauté de biens réduite aux acquêts (sans contrat) peut être judicieux si les ressources des époux sont déséquilibrées, puisque les revenus et les biens acquis après le ­mariage sont communs. Mais, quand cela est possible, la séparation de biens doit être privilégiée. « Elle permet de ­cloisonner le patrimoine de chaque époux, ce qui réduit les risques de ­litige », estime Catherine Costa. Dans ce régime, chaque époux est propriétaire des biens qu’il acquiert avant et pendant le mariage.
Une alternative consiste à désigner le conjoint survivant comme bénéficiaire d’un contrat ­d’assurance-vie
En présence d’enfant d’une précédente union, le conjoint survivant ne peut recevoir qu’un quart du patrimoine. Mais il peut rester toute sa vie dans le logement familial et bénéficier de la pension de réversion, au prorata de la durée du mariage. Sa protection peut encore être améliorée grâce à un testament ou une donation entre époux. « Cela permet de lui transmettre, par exemple, l’usufruit de certains biens qu’il pourra conserver jusqu’à son décès, qui reviendra ensuite aux ­enfants », ­précise Catherine Costa. Cette solution est néanmoins à proscrire si l’écart d’âge entre le conjoint et les enfants est réduit. « Elle peut ­générer des tensions puisque ces ­derniers n’en hériteront que tardivement », rappelle Nathalie Couzigou-Suhas.
Dans ce cas, une alternative consiste à désigner le conjoint survivant comme bénéficiaire d’un contrat ­d’assurance-vie, en prenant soin de ne pas lui transmettre des sommes trop importantes. En effet, le bénéficiaire échappe aux règles de la succession et aux contraintes de la réserve héréditaire qui attribuent obligatoirement une part du patrimoine à chaque ­enfant. Cependant, si les primes ­versées au conjoint survivant sont trop élevées, les enfants peuvent ­toujours les contester devant un tribunal en estimant que cela réduit leur part… ­Elles doivent donc rester raisonnables par rapport au patrimoine du couple.

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Un époux peut aussi procéder à un legs « graduel » qui lui permet de ­transmettre un bien en deux temps, d’abord au conjoint survivant, puis à ses enfants. Pour assurer l’égalité entre les enfants issus d’une précédente union et du mariage actuel, les parents doivent privilégier la donation-partage qui permet de figer la valeur des biens transmis au jour de la donation. Elle peut être consentie à tous les enfants, même non communs.
Créer un lien de filiation
Il est possible d’aller plus loin encore en envisageant l’adoption « simple » de l’enfant de son conjoint. Cette procédure permet de créer un lien de filiation et engendre des effets en ­matière d’autorité parentale, d’obligation alimentaire et de succession. L’adopté ­devient héritier de l’adoptant. Les donations qu’il reçoit sont donc taxées au ­barème avantageux entre ­parent et ­enfant. Pour y ­parvenir, des conditions strictes (âge, ­accord des ­parents biologiques s’il est mineur…) sont imposées. « L’adoption doit être maniée avec ­précaution, met en garde Nathalie Couzigou-Suhas. Cette décision doit recueillir l’adhésion de toute la famille. »



                            


                        

                        

