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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Steven Spielberg signe un grand film de science-fiction, adapté d’une nouvelle de Philip K. Dick (sur OCS Max à 20 h 40).
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TV – « Minority Report »

Notre choix du soir. Steven Spielberg signe un grand film de science-fiction, adapté d’une nouvelle de Philip K. Dick (sur OCS Max à 20 h 40).



Le Monde
 |    11.02.2018 à 18h00
    |

            Samuel Blumenfeld








                        


Film sur OCS Max à 20 h 40

Nous sommes en 2054. Dans le cadre d’un programme expérimental cantonné au seul district de Washington, le ministère de la justice peut arrêter les criminels avant leur passage à l’acte. Des jumeaux et une jeune fille, Agatha, baptisés « précogs » en raison de leurs pouvoirs médiumniques, sont gavés de drogues synthétiques et isolés dans une piscine sous le regard attentif de la brigade « précrime », qui guette leurs prédictions.
Au son de la Symphonie inachevée, de Schubert, le policier John Anderton (Tom Cruise) regarde et interprète sur un écran télépathique le film des crimes futurs, en serviteur zélé d’un pouvoir qui a réalisé l’impunité zéro. Sans se douter qu’il se découvrira plus tard sur ce même écran, en flagrant délit d’homicide.
A ce moment du film surgit une révélation qui n’a pas du tout la valeur explicative qu’on lui attache communément. On s’attend à ce qu’Agatha, la plus douée du trio de précogs, révèle à John Anderton les raisons pour lesquelles un complot a été tramé autour de lui. Or, pas du tout. De whodunit (de who [has] done it ?, « qui l’a fait ? ») – intrigue qui repose sur la recherche de l’identité du coupable – et de film noir en hommage au Grand Sommeil, de Howard Hawks, Minority Report devient un film de Spielberg. De film de genre réalisé à la perfection, il se transforme en grand film.
Un futur parallèle
Agatha se met subitement à avoir des ratés dans ses visions. Elle ne décrit plus un futur certain, mais un futur parallèle, et raconte à John Anderton le devenir possible de Sean, son jeune fils, s’il n’avait pas mystérieusement disparu six ans auparavant. Sean aurait fréquenté les bancs de l’université. Il serait devenu vétérinaire… On a alors le sentiment que le film recommence à l’identique. Revoilà John Anderton, père à la recherche de son fils perdu pour toujours ; revoici Agatha, jeune fille traumatisée par l’assassinat de sa mère. Tout recommence donc, à la différence près que le lien qui unit les deux personnages est maintenant devenu intime.
Cette manière de faire à nouveau connaissance entre une fille orpheline et ce père endeuillé provoque une ­inquiétude aussi vive. Le cinéaste s’adresse à son spectateur comme à un orphelin. On pourrait croire que son film est un ­secret de ­famille qu’il consent à dévoiler. C’est tout simplement l’histoire bouleversante de deux individus qui n’arrivent pas à ­enterrer leurs morts.

   


Comme tous les films de Spielberg, Minority Report parle de familles éclatées. Ici, ces familles ne seront jamais réunies. Le futur envisagé par Philip K. Dick – dans sa nouvelle Rapport minoritaire, publiée en 1956 et adaptée par Spielberg – a largement contaminé notre présent. Minority Report porte la trace visuelle de cette angoisse, par la grâce de la photographie blafarde du chef opérateur habituel du cinéaste, Janusz Kaminski, qui dépeint un univers terne, comme si la couleur semblait avoir été expulsée de cette Amérique futuriste en même temps que ses criminels.
« Les morts ne meurent pas », explique Agatha à John Anderton. Spielberg va plus loin encore : il vise à ancrer ses personnages dans la généalogie de leurs morts, comme si seule la mémoire offrait une alternative à un futur ­désincarné. La science s’est interrogée sur le point de savoir si l’eau avait une mémoire. Minority Report est une histoire d’eau : le lac près de la maison de John Anderton, le liquide amniotique dans lequel baignent les trois précogs, le point d’eau où est noyée la mère d’Agatha… Et cette eau finit par nous engloutir.
Minority Report, de Steven Spielberg. Avec Tom Cruise, Samantha Morton, Colin Farrell, Max Von Sydow (EU, 2002, 145 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Nos musiques préférées une fois adulte montrent qu’on garde toujours une petite partie de sa période collège en soi…
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On n’oublie jamais la musique de ses 14 ans

Nos musiques préférées une fois adulte montrent qu’on garde toujours une petite partie de sa période collège en soi…



Le Monde
 |    11.02.2018 à 17h14
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 17h23
    |

                            Marie Slavicek








                        



   


Les Beatles ou les Rolling Stones ? Oasis ou Blur ? Kendji Girac ou Louane ? Que serait la musique sans les sempiternelles disputes qui déchirent les mélomanes ? À la suite d’une énième prise de bec – pour ou contre Born to Run, de Bruce Springsteen ? – le journaliste du New York Times Seth Stephens-Davidowitz a cherché à savoir pourquoi son frère et lui n’étaient jamais d’accord dès qu’ils parlaient de musique.
En particulier, Stephens-Davidowitz s’est demandé dans quelle mesure notre année de naissance influait sur nos goûts musicaux. Pour connaître la popularité d’une chanson auprès d’une personne en fonction de son âge et de son sexe, il a utilisé les données fournies par la plateforme de streaming musical Spotify. Résultat : même s’il existe des classiques sur lesquels tout le monde s’accorde, notre année de naissance a bel et bien son importance.
Quatorze ans, l’âge-clé
Par exemple, Creep de Radiohead est la 164e chanson la plus populaire chez les hommes de 38 ans, alors qu’elle n’est même pas dans le top 300 de ceux nés dix ans plus tôt ou dix ans plus tard. À noter que ces fans de Creep avaient environ 14 ans au moment de sa sortie, en 1993. Et c’est justement là que se trouverait la clé de l’énigme…
Le journaliste s’est penché sur les titres qui ont eu le plus de succès entre 1960 et 2000. Il a ensuite relevé l’âge qu’avaient leurs plus grands fans aujourd’hui lorsque ces chansons sont sorties.
Résultat : le cas de Creep est loin d’être une exception. Chez les hommes, les tubes sortis quand ils avaient en moyenne 14 ans (entre 13 et 16 ans) sont intrinsèquement liés à leurs goûts musicaux une fois adultes. Et chez les femmes ? En moyenne, leurs chansons préférées une fois adultes sont sorties lorsqu’elles avaient 13 ans (entre 11 et 14 ans).

   


Or, ces tranches d’âge correspondent peu ou prou à la puberté, qui arrive en général plus tôt chez les filles. Une nouvelle preuve, quasi scientifique donc, de l’importance de cette période dans la vie d’un être humain. D’une certaine façon, nos musiques préférées une fois adulte montrent qu’on garde toujours une petite partie de sa période collège en soi…
Et, grâce aux recherches de Stephens-Davidowitz, on devine ce que vous écouterez pour la Saint-Valentin selon votre âge : si vous avez 30 ans, on parie sur Crazy in Love de Beyoncé ; les amoureux de 45 ans choisiront sans doute When It’s Love, de Van Halen ; et ceux de 60 ans Let’s Get It On, de Marvin Gaye. Correct ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Le 5 février, rue Scribe, à Paris, avait lieu le déjeuner des auteurs les plus lus de l’année. Guillemette Faure, la chroniqueuse de « M », y était. Sylvain Tesson s’est excusé, parti « pour observer la panthère des neiges près des sources du Mékong ».
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Vous prendrez bien une part de millefeuille ?


                      Le 5 février, rue Scribe, à Paris, avait lieu le déjeuner des auteurs les plus lus de l’année. Guillemette Faure, la chroniqueuse de « M », y était. Sylvain Tesson s’est excusé, parti « pour observer la panthère des neiges près des sources du Mékong ».



Le Monde
 |    11.02.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 13h01
    |

                            Guillemette Faure








   


« Je ne pourrai pas être des vôtres car je pars, la veille, pour le Tibet. Je pars pour observer la panthère des neiges près des sources du Mékong. » En termes d’excuse, Sylvain Tesson se pose là quand il décline une invitation au déjeuner L’Express - RTL des auteurs des livres les plus lus de l’année. Même Leïla Slimani, en déplacement avec Emmanuel Macron, n’a pas de panthère des neiges pour justifier son absence sous la verrière du Grand Hôtel InterContinental.
« Il m’attendait depuis 1950, qui d’autre que moi pourrait porter ça ? » Amélie Nothomb
Le journaliste Jérôme Dupuis porte dans sa poche arrière une enveloppe qu’il n’a pas ouverte. C’est Héloïse d’Ormesson qui la lui a remise. La lettre qu’elle contient est peut-être liée à la critique qu’il a publiée dans L’Express du dernier livre de son père, celle dans laquelle il se demandait si on devait « obligatoirement dire du bien de Et moi, je vis toujours ? ». C’est peu dire qu’il s’est affranchi de cette obligation.
Cette année, donc, c’est un des premiers déjeuners des best-sellers sans Jean d’Ormesson, comme l’a regretté Guillaume Dubois, le patron de L’Express, en accueillant les auteurs et en annonçant, comme en 2017, une nouvelle formule de l’hebdomadaire.

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                S’il fallait n’avoir lu que cinq livres de Jean d’Ormesson



A la place de Jean d’Ormesson, c’est donc Michel Serres qui prend le bras d’Amélie Nothomb. « Elle vend combien ? », demande un auteur de best-sellers médicaux. La légende dit qu’elle ne boit du champagne qu’un jour sur deux. C’est vrai, dit-elle, et ça tombe bien, c’est aujourd’hui. Elle porte un drôle de chapeau violet rebondi en deux parties, un peu comme un arrière-train. Elle trouve que c’est un mélange entre un Pierre Cardin et celui d’Alice au pays des merveilles. « Il m’attendait depuis 1950, qui d’autre que moi pourrait porter ça ? »
Qui d’autre aussi que Fabrice Midal, l’éditeur de livres de méditation, auteur de Foutez-vous la paix !, pour venir à ce déjeuner tout de jaune vêtu, couleur de l’éveil chez les bouddhistes ? Pourtant, on le voit à peine sur la photo, caché comme les autres auteurs derrière le chapeau d’Amélie Nothomb.

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                Amélie Nothomb : « Je suis le fruit d’une enfance heureuse et d’une adolescence saccagée »



« Il paraît que tu es avec une violoniste ? », demande David Foenkinos à un journaliste. « Elle joue très bien ou elle est très jolie ? » Plusieurs personnes disent du bien du Traité de savoir-rire à l’usage des embryons, d’Anne Akrich, devant Olivier Nora, le patron de Grasset. Qu’il soit le père de l’enfant à venir auquel s’adresse le livre dans lequel il est présenté comme ayant « du pouvoir et de l’élégance » n’est peut-être qu’une coïncidence. « J’espère être plus drôle dans le livre qu’en vrai », dit-il.
« Faut être sorti de Polytechnique pour repasser le code, j’ai abandonné… » Mazarine Pingeot
Anna Gavalda doit partir parce qu’elle a un train. Philippe Besson doit partir parce qu’il a une excuse que son éditrice se débrouillera pour inventer. Et avec tout cela, Jérôme Dupuis a toujours dans sa poche arrière la lettre de la fille de Jean d’Ormesson qu’il faudra bien qu’il finisse par lire.
A défaut de pouvoir la lire à sa place, on parle des réactions aux critiques. Il paraît que Jean Teulé a jubilé en apprenant qu’un journal avait assassiné son propre livre. Les blessures des écrivains ne se produisent jamais où on les attend. Mazarine Pingeot se plaint du permis de conduire qu’elle doit repasser. « Faut être sorti de Polytechnique pour repasser le code, j’ai abandonné… », constate la normalienne.
Joyeux anniversaire
On débat aussi du Salon du livre de Paris. Les filiales d’Hachette Livre Grasset et Stock n’ont pas envie de s’y rendre cette année ; elles ne veulent plus déplacer leurs auteurs pour des lecteurs qui préfèrent faire des selfies qu’acheter des livres. A la table voisine, l’auteur de polar et spécialiste de la géographie électorale Michel Bussi loue a contrario les joies des rassemblements en province, Brive, Nancy ou Quais du Polar, à Lyon. Il vit à Rouen. Est-ce parce qu’il respire loin de Paris qu’il sourit tout le temps en parlant, et ne dit pas de mal de ses contemporains ?
A la poire, servie en dessert, débarque une jeune femme qui vient s’asseoir entre Jean-Christophe Rufin et Antoine Gallimard. C’est la fille du romancier diplomate. Elle fête ses 23 ans ; son père, sans doute culpabilisé, l’a attirée là pour lui glisser un morceau de gâteau pendant que les serveurs de l’InterContinental lui chantent « Joyeux anniversaire » sous les regards médusés des organisateurs du déjeuner.
Dans son courriel s’excusant de ne pas pouvoir être là, Sylvain Tesson prévenait son hôte. « Et comme je grelotterai à 5 000 mètres d’altitude dans une grotte d’affût, je penserai bien à vous en me disant : “J’aurais mieux fait d’aller rue Scribe.” »



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ L’écrivain, journaliste à « L’Obs » et animateur du « Masque et la Plume », poursuit sa quête de soi et du temps effacé, commencée il y a vingt ans. Ses aïeux, dont deux grands-pères médecins, sont au cœur du « Syndrome de Garcin ».
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édition abonné


Jérôme Garcin : « Faire revenir ceux qui ne sont plus »

L’écrivain, journaliste à « L’Obs » et animateur du « Masque et la Plume », poursuit sa quête de soi et du temps effacé, commencée il y a vingt ans. Ses aïeux, dont deux grands-pères médecins, sont au cœur du « Syndrome de Garcin ».



Le Monde
 |    11.02.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 09h16
    |

                            Xavier Houssin (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Le Syndrome de Garcin, de Jérôme Garcin, Gallimard, 160 p., 14,50 €.

La photographie est posée en évidence dans le salon. Le portrait, de tête, d’un cheval à la robe claire, balançant au vent, d’un mouvement d’encolure, un long toupet, une abondante crinière. Et on le reconnaît. N’est-ce pas Danseur, le lusitanien ­d’Anne-Marie, son épouse ? Jérôme Garcin sourit. Du coup, on cherche des yeux, près de clichés de famille, celle d’Eaubac, son trotteur français. Juste parce que revient en mémoire cette phrase de Théâtre intime (Gallimard, 2003) : « Désormais, dans nos vies, dans notre vie, il y aurait, pour donner de l’allégresse, de l’altitude et du défi, Danseur et Eaubac, le gris et le bai, (…) deux presque contemporains, deux voisins de box – huit jambes pour la grande aventure. Le prolongement d’un couple, une manière, peut-être, de consécration. »
Théâtre intime pourrait d’ailleurs être un titre générique à l’œuvre de Garcin, tant il y fait confidence de ses sentiments, de ses questionnements, de ses longs chagrins et de ses joies soudaines. Du passé difficile, de la fragilité du présent. Cela affleure dans tous ses livres (une trentaine), romans, essais, dialogues, correspondance. Cela s’énonce dans son journal (Cavalier seul, Gallimard, 2006), et fait la trame et le fil de ses récits. Il vient d’en publier un nouveau, Le Syndrome de Garcin, histoire de filiation et d’origines où, héritier de toute une dynastie de médecins qui l’ont précédé, à commencer par ses deux grands-pères, il s’interroge sur la transmission, les ruptures, la disparition. Et l’oubli. Là, davantage encore, le théâtre intime devient théâtre d’ombres. « L’important, dit-il, est de faire revenir, exister à nouveau, ceux qui ne sont plus. »
Pratique équestre
Depuis La Chute de cheval (Gallimard, 1998), Jérôme Garcin n’a cessé de poursuivre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Pour « La Matinale du Monde », l’écrivain, Goncourt en 2013, explique qu’il n’a plus douté après la rencontre avec sa seconde femme, Pascaline.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/02/2018
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Pierre Lemaitre : « Je suis né à 50 ans »

Pour « La Matinale du Monde », l’écrivain, Goncourt en 2013, explique qu’il n’a plus douté après la rencontre avec sa seconde femme, Pascaline.



Le Monde
 |    11.02.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 15h46
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

En 2013, Pierre Lemaitre recevait le prix Goncourt pour Au revoir là-haut (Albin Michel). Le premier volet d’une trilogie dont il vient de publier la suite. Avec Couleurs de l’incendie, l’écrivain poursuit son exploration de l’entre-deux-guerres.
Je ne serais pas arrivé là si…
Si je n’avais pas rencontré Pascaline, en 2000. Grâce à elle, je suis né à 50 ans. J’ai l’impression d’avoir pris un retard à la naissance et toute ma vie d’avoir couru après. Cette femme a changé ma vie. Tous mes romans lui sont dédiés.
Est-ce la première personne qui ait cru en vous en tant que romancier ?
Oui. Il y a une phrase de Barbey d’Aurevilly (1808-1889), qui dit citer Mahomet, que j’aime beaucoup : « J’ai aimé des femmes plus jeunes et plus belles mais personne comme elle car elle croyait en moi alors que personne n’y croyait. » Je ne pourrais pas le dire mieux.
Comment l’avez-vous rencontrée ?
J’enseignais la littérature à des bibliothécaires. Elle participait à l’un de mes séminaires. A cette époque, j’étais marié avec une femme que j’aimais. Mais Pascaline a créé un raz de marée dans ma vie. Deux ou trois ans plus tard, j’ai divorcé et nous nous sommes mariés.
Et elle a découvert un de vos manuscrits…
Non. Elle savait que j’écrivais, je lui en parlais, mais je refusais de lui donner à lire parce que j’étais un homme très facilement envahi par le doute. Grande lectrice et experte en tant que bibliothécaire, je craignais que son jugement soit sans appel. Et puis, in fine, en 2005, je lui donne un texte. Elle le lit et dit sans forfanterie : « Il faut le terminer parce que ce livre va être publié. » C’était mon polar intitulé Travail soigné. Je me croyais malchanceux, elle m’a dit que j’étais talentueux. Ça change tout !
Quelle a été votre réaction lorsque Pascaline vous a prédit que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ A travers leurs performances provocantes, Luis Manuel Otero Alcantara et Yanelys Nuñez Leyva militent pour la liberté et bousculent le régime, s’emparant notamment de la figure de Castro.
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édition abonné


Deux pirates de l’art à Cuba

A travers leurs performances provocantes, Luis Manuel Otero Alcantara et Yanelys Nuñez Leyva militent pour la liberté et bousculent le régime, s’emparant notamment de la figure de Castro.



Le Monde
 |    11.02.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 07h53
    |

                            Paulo A. Paranagua








                        



                                


                            
Deux jeunes artistes cubains avaient promis de dévoiler le testament de Fidel Castro lors du festival Hors Pistes 2018, qui s’est tenu jusqu’au 4 février au Centre Georges-Pompidou, à Paris, et dont la thématique cette année était « La nation et ses fictions ». Voilà le public prévenu : on est dans une représentation artistique sur l’imaginaire national.
Luis Manuel Otero Alcantara, l’un des deux artistes, annonce d’emblée : « Le chef de la révolution cubaine m’est apparu en rêve et m’a informé que, durant les derniers jours de sa vie, il avait secrètement écrit un testament. » Le rêveur s’est vu « confier la mission » de le rendre public, parce qu’il est un « Cubain ordinaire », « libre de toute haine extrémiste ».
« Une réflexion sur l’avenir »
Malgré ces précautions, la présentation a suscité une virulente réaction des sympathisants castristes venus en nombre au Centre Pompidou, comme s’ils étaient en service commandé. Si l’intention de l’artiste était de provoquer un débat, force est de constater qu’il a tourné au dialogue de sourds. « Avant mon départ pour Paris, la sécurité de l’Etat [la police politique] m’avait menacé : ne touche pas à ­Fidel ou tu vas le regretter, raconte Luis Manuel. Depuis sa mort en 2016, il fait l’objet d’un culte presque religieux. » C’est à la fois le totem et le tabou. « Fidel est une image forte, un personnage fondamental, je voulais donc m’en saisir pour amener une réflexion sur son héritage et surtout sur l’avenir de Cuba », justifie-t-il.
L’idée d’un testament apocryphe de Castro rejoint la légende des pages perdues du journal de José Marti, le héros de l’indépendance cubaine. Modernité oblige, à Beaubourg, ce 27 janvier, nous assistons à un enregistrement audiovisuel. L’imitation de l’intonation de ­Fidel par un acteur espagnol doué, Pedro Ruiz, et un phrasé qui reprend souvent ses tournures ou ses expressions, donnent vraisemblance à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Agé de 48 ans, le compositeur a été nommé deux fois aux Oscars, et notamment pour la bande originale de « Sicario », de Denis Villeneuve. Les causes de sa mort sont inconnues.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Le compositeur islandais Johann Johannsson est mort

Agé de 48 ans, le compositeur a été nommé deux fois aux Oscars, et notamment pour la bande originale de « Sicario », de Denis Villeneuve. Les causes de sa mort sont inconnues.



Le Monde
 |    11.02.2018 à 05h57
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 12h11
   





                        



   


Auteur de nombreuses musiques de film, le compositeur islandais Johann Johannsson est mort à l’âge de 48 ans, a annoncé samedi 10 février son manager. Il a été trouvé sans vie, vendredi, dans son appartement de Berlin. Une enquête est en cours afin de déterminer les causes de son décès, a déclaré son manager installé à Los Angeles, Tim Husom.
« Je suis profondément triste. Aujourd’hui, j’ai perdu mon ami. C’était un des plus talentueux musiciens et un des hommes les plus intelligents que je connaisse », a dit M. Husom dans un communiqué.

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Johann Johannsson, connu pour ses musiques électroniques dépouillées, était très apprécié des réalisateurs. Il a été nommé deux fois aux Oscars, en 2016 pour la bande originale du thriller Sicario, de Denis Villeneuve, et en 2015 pour Une merveilleuse histoire du temps, de James Marsh, pour lequel il a reçu un Golden Globe.
Sa collaboration pour Premier Contact de Denis Villeneuve, sorti en 2016, lui avait valu des nominations aux Grammy, aux BAFTA et aux Golden Globes. Pour les besoins de ce film de science-fiction, qui raconte comment une linguiste tente de communiquer avec des extraterrestres, il a modifié les voix humaines pour créer des sons de l’au-delà afin de dramatiser l’histoire. Un des derniers films auxquels il a participé est Marie Madeleine, de Garth Davis, qui doit sortir dans les salles en mars.
A la recherche d’un équilibre entre musique et silence
Il considérait que beaucoup de films comportaient trop de musique, ne laissant pas suffisamment de place aux silences, qui étaient tout autant indispensables. « Je pense que ma musique est une façon de communiquer directement avec les gens et leurs émotions », avait-il expliqué au magazine The Talks en 2015.
Daniel Pemberton, qui a composé la musique du biopic Steve Jobs de Danny Boyle, a dit avoir été sidéré en entendant la musique de Johannsson pour Sicario. « Il a toujours repoussé les limites, créant des œuvres d’art si uniques et passionnantes qu’il devient difficile d’imaginer qu’elles n’existaient pas auparavant », a écrit Daniel Pemberton sur Twitter.

Johann Johannsson... https://t.co/AIckkeAfd7— DANIELPEMBERTON (@Daniel Pemberton)


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ L’acteur avait notamment été à l’affiche de « Psychose » d’Alfred Hitchcock avant de devenir ambassadeur des Etats-Unis au Mexique.
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Mort de John Gavin, ancien acteur et diplomate américain

L’acteur avait notamment été à l’affiche de « Psychose » d’Alfred Hitchcock avant de devenir ambassadeur des Etats-Unis au Mexique.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 20h41
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 13h12
   





                        



   


L’ancien acteur américain John Gavin, qui joua notamment dans « Psychose » d’Alfred Hitchcock avant de devenir ambassadeur des Etats-Unis au Mexique, est mort vendredi 9 février en Californie à l’âge de 86 ans. L’annonce de son décès a été faite par Brad Burton Moss, l’agent de sa femme, l’actrice Constance Towers, cité par le Los Angeles Time.
Doté d’un physique impressionnant (il mesurait 1 m 93), John Gavin s’était fait connaître avec le rôle principal dans le film sur la seconde guerre mondiale « Le temps d’aimer et le temps de mourir » (1958), dirigé par Douglas Sirk.
L’année suivante, il avait donné la réplique à Lana Turner dans « Mirage de la vie », du même réalisateur, avant de jouer aux côtés d’Anthony Perkins dans « Psychose » (1960) et de Kirk Douglas dans « Spartacus » (1961), de Stanley Kubrick.
Bien qu’il eût figuré à l’affiche de plusieurs chefs-d’œuvre, la carrière de celui qui fut pressenti à deux reprises pour incarner James Bond n’a jamais vraiment décollé. Mais John Gavin, apprécié dans le petit monde d’Hollywood, fut néanmoins élu président du syndicat des acteurs américains en 1971.
Diplomate critiqué
Lorsque son ami et ancien acteur Ronald Reagan accéda à la Maison Blanche en 1981, il choisit M. Gavin, parfait hispanophone, pour devenir ambassadeur au Mexique.
Un choix qui ne manqua pas de déplaire à Mexico, qui avait déploré de voir un ancien acteur endosser ce costume diplomatique et hautement stratégique. Les critiques de l’ambassadeur Gavin concernant la corruption du gouvernement mexicain et ses plaintes quant au trafic de drogue venant du Mexique n’aidèrent guère à adoucir les relations.
L’ancien acteur finit par démissionner en 1986, après un énième couac diplomatique provoqué par ses commentaires suivant le terrible de tremblement de terre à Mexico, l’année précédente.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Notre choix du soir. La série de Chuck Lorre et Bill Prady présente l’enfance de surdoué du personnage principal de « The Big Bang Theory » (sur Canal+ Séries à la demande).
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TV – Les fulgurances de « Young Sheldon »

Notre choix du soir. La série de Chuck Lorre et Bill Prady présente l’enfance de surdoué du personnage principal de « The Big Bang Theory » (sur Canal+ Séries à la demande).



Le Monde
 |    10.02.2018 à 18h00
    |

            Renaud Machart








                        


Série sur Canal+ Séries à la demande

Comme elle vient de le faire, en guise de « teaser », avec The Assassination of Gianni Versace, de Ryan Murphy, Canal+ Séries avait rendu disponible le « pilote » de Young Sheldon, le 2 octobre, avant d’en reprendre la diffusion hebdomadaire un bon mois plus tard. Alors que le treizième et dernier épisode de cette série créée par Chuck Lorre et Bill Prady a été rendu public, et qu’elle est disponible en intégralité sur le site Canal+ Replay, il est désormais possible de considérer Young Sheldon avec davantage de recul.
Ce « jeune Sheldon » est un personnage que les amateurs de The Big Bang Theory, également créée par Lorre et Prady, connaissent bien : Sheldon Cooper, chercheur en physique, dont les aventures bon enfant passionnent ses aficionados (dont nous ne sommes pas) depuis onze saisons. Voici Sheldon présenté, sous le mode d’une préquelle, en sa jeunesse de surdoué capable d’entendre en quelle tonalité joue une pianiste et de démontrer au pasteur de la paroisse familiale que ses affirmations bibliques ne reposent sur aucune réalité scientifique.
Galerie familiale attachante
Son QI exceptionnel le propulse dans une classe fréquentée par des élèves bien plus âgés que lui – dont son frère, beaucoup moins futé que Sheldon, et même que leur fine mouche de petite sœur. Ses camarades le dépassent de plusieurs têtes, mais Sheldon n’a aucun mal à les coiffer au poteau. Avec les parents, bonnes pâtes et un peu dépassés par leur jeune surdoué, les auteurs ont constitué une galerie familiale attachante, comme on en trouve dans des dizaines de sitcoms nord-américaines, avec des répliques amusantes – mais, heureusement, sans les rires enregistrés de rigueur.

   


A ces cinq personnages s’ajoute celui de « Meemaw », la grand-mère un peu fofolle qui, par sa fantaisie libertaire, contrebalance le caractère généreux mais beaucoup plus timoré de sa fille, la mère de Sheldon. Laquelle accueille avec une mansuétude résignée les mercuriales incessantes de son fils sur à peu près tous les sujets. On ne dira pas que Sheldon est un Antoine Doinel en puissance. Mais Iain Armitage, le jeune acteur qui l’incarne, est une irrésistible tête à claques.
Young Sheldon, créée par Chuck Lorre et Bill Prady. Avec Iain Armitage, Zoe Perry, Lance Barber, Montana Jordan, Raegan Revord, Annie Potts (Etats-Unis, 2017, 13 x 30 min.)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Cette exposition parisienne célèbre la part la plus intime de l’œuvre du peintre : la peinture de figures.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Cette série pour adolescents, repensée pour coller aux usages français, déploie un dispositif ambitieux sur les réseaux sociaux.
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Véritable série culte en Norvège, « Skam » a désormais sa version française

Cette série pour adolescents, repensée pour coller aux usages français, déploie un dispositif ambitieux sur les réseaux sociaux.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 14h23
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 07h49
    |

            Pauline Croquet








                        



   


Il est trop tôt pour dire si la version française de la série Skam deviendra un phénomène national comme en Norvège, son pays de création. Le premier épisode a été diffusé, vendredi 9 février, sur France tv slash, un nouvel espace en ligne de France Télévisions qui est dévolu aux 18-30 ans.
Skam, qui signifie « honte », se centre sur la vie quotidienne et presque sans adultes d’une bande de lycéens : leurs cours, leurs soirées très alcoolisées, leurs amis et leur sexualité à explorer. Une authenticité qui a souvent valu au programme norvégien hyperréaliste d’être comparé à la série anglaise Skins.
« Ce qui est plaisant dans cette série, c’est la diversité. Elle est multiculturelle ! Il est facile de s’identifier aux personnages, explique Keysha, l’une des administratrices d’une fanpage Facebook de la série. C’est intéressant de voir à l’écran des personnes qui reflètent la réalité, qui nous sommes et ce que nous vivons. C’est une série authentique, sans filtre. Il y une spontanéité dans les scènes qu’on ne retrouve pas toujours ailleurs. » La présence d’une héroïne musulmane racontée sans caricature, Sana Bakkoush, avait notamment suscité de nombreux éloges.

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Une vie à part entière sur les réseaux sociaux
La particularité de Skam repose également sur le dispositif qu’elle a mis en place pour exister sur les réseaux sociaux. Car la série est conçue avant tout comme un programme à consommer en ligne plutôt que devant un écran de la télévision.
Chaque épisode est une compilation de séquences de quelques minutes qui s’étalent sur une semaine. Chacun de ces chapitres est au préalable publié par France Télévisions en temps réel, sur une page Facebook notamment.
Les séquences ont donc été partagées dès lundi 5 février. Lorsque Emma, l’héroïne de la première saison, étudie mardi à 14 h 4, l’extrait est publié au même moment. Jeudi, vers 11 heures, les internautes ont pu surprendre une conversation entre Emma et son petit ami, Yann. De même, onze des personnages ont un compte Instagram alimenté quotidiennement au cours des vingt-deux semaines que compte la diffusion des deux premières saisons françaises. Si dans l’intrigue l’un d’entre eux partage une vidéo, cette même « story » est publiée sur son compte.



Microvidéos éphémères inspirées de Snapchat
Les personnages interagissent entre eux et avec les internautes, hors de l’épisode, brouillant d’autant plus la frontière entre réalité et fiction. Les fans n’ont donc pas à attendre une diffusion hebdomadaire : ils suivent, comme en Norvège, les clips au quotidien. Les contenus des héros de Skam apparaissent sur leurs fils comme ceux de n’importe quel ami. Et ils découvrent avec plus d’acuité la psychologie de chacun des personnages, qui partageront au moins cinquante contenus chacun.
Pour coller de façon crédible aux usages d’adolescents français, la production de Skam France a fait évoluer le dispositif prévu par la chaîne NRK en Norvège sur les réseaux sociaux. Ainsi, il a été décidé de faire des stories, des microvidéos éphémères inspirées du réseau social Snapchat, que les utilisateurs d’Instagram partagent en plus des photos. La série originale n’avait pas prévu de stories tout simplement parce qu’elles n’existaient pas encore au moment de son lancement, en 2015.
Le récit annexe et complémentaire sur les réseaux sociaux de Skam France a été conçu en même temps que la réalisation et la production des épisodes. Sur le tournage, huit jours ont été consacrés à l’enregistrement des contenus numériques. C’est une agence spécialisée dans l’existence en ligne de fictions audiovisuelles françaises, Bigger Than Fiction, qui est chargée de faire vivre pendant les vingt-deux semaines les personnages sur les réseaux sociaux. « Les posts seront modérés et les commentaires pris en considération. On gardera la liberté de publier des contenus qui pourraient être plus en lien avec ce qu’il se passe dans la réalité », explique-t-on au sein des équipes de France Télévisions.
Une base de fans en France
Depuis qu’elle est diffusée, la série norvégienne a eu le temps de faire des émules, notamment en France. C’est donc à la fois avec méfiance et excitation que le noyau de plusieurs milliers de fans francophones attendait cette adaptation au pays de Molière. Ses héroïnes au caractère bien trempé sont devenues iconiques, les couples emblématiques.
« Skam a réellement charmé les Français. C’est encore plus intéressant de voir la diversité qu’on retrouve au sein de notre communauté, il y a des jeunes et des moins jeunes, des personnes de tous les milieux. Skam est une série qui rassemble », assure Keysha, qui partage désormais sur sa page Facebook les clips français, en plus des contenus norvégiens.

« Tout ce que j’espère, c’est que ça ne devienne pas une caricature de la série norvégienne, que cela ne soit pas un copier-coller parfait », espère Amélie, elle aussi administratrice de la fanpage française de Skam sur Facebook, et qui pour l’instant « aime beaucoup la version française ».
Les premiers épisodes de Skam France collent quasi plan par plan à la version originale, avant de s’affranchir petit à petit. Le plaisir des fans de la première heure a donc résidé cette semaine à découvrir qui incarnait les Eva, Jonas, Noora ou Sana français. « Notre volonté a été de respecter les épisodes et la trame norvégienne mais d’y infuser un maximum d’esprit, d’humour et de références françaises et de remanier à notre propre rythme la vie de nos héroïnes », explique la production.
Pour l’instant, Skam France compte deux saisons, qui seront diffusées d’affilée jusqu’à cet été. Sa grande sœur norvégienne, elle, en a quatre. Cinq autres pays en plus des Etats-Unis (Espagne, Allemagne, Pays-Bas, Grande-Bretagne, Italie) ont prévu leur remake de Skam.
Où regarder « Skam France »
Tous les jours, depuis le 5 février, des séquences sont divulguées sur la page Facebook de la série ou sur France tv slash.
Les internautes peuvent aussi suivre les personnages sur leur compte Instagram en cliquant sur cette liste. Certaines fanpages relaient également les contenus. C’est le cas de la page Facebook Skam France, qui est indépendante de la production.
Les épisodes en version vingt-six minutes sont diffusés tous les vendredis soir sur France tv slash, puis diffusés sur France 4 chaque week-end à compter du 25 février.






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ La productrice Jill Messick, bipolaire et dépressive, a mis fin à ses jours jeudi à Los Angeles.
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Suicide de l’ex-manager de Rose McGowan, « victime collatérale » de l’affaire Weinstein selon sa famille

La productrice Jill Messick, bipolaire et dépressive, a mis fin à ses jours jeudi à Los Angeles.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 13h13
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 07h47
   





                        



   


Jill Messick, productrice des films Frida et Baby Mama, et ancienne manager de l’actrice Rose McGowan, s’est suicidée, mercredi 7 février à Los Angeles (Etats-Unis), selon sa famille. Dans un communiqué, ses proches ont expliqué que cette femme de 50 ans, mère de deux enfants, qui souffrait depuis des années de troubles bipolaires et de dépression, avait été très affectée de voir son nom apparaître dans la presse à l’occasion de l’affaire Weistein. « Elle est devenue la victime collatérale d’une histoire déjà horrible », a estimé sa famille dans une déclaration rendue publique jeudi.
En octobre 2017, l’actrice Rose McGowan a accusé le producteur Harvey Weinstein de l’avoir violée lors du festival Sundance en 1997 et a regretté le manque de soutien de sa manager de l’époque, Jill Messick. Le 30 janvier dernier, l’avocat de M. Weinstein a utilisé un e-mail de Mme Messick, dans lequel la productrice semblait dire que Rose McGowan était consentante lorsqu’elle avait été agressée sexuellement par son client. La famille met en cause ce message et son exploitation médiatique :
« Jill a été la victime de cette nouvelle culture du partage illimité de l’information et de la volonté d’accepter toute déclaration comme des faits. La vitesse à laquelle l’information se répand a permis de véhiculer des contrevérités (...) qu’elle n’a pas eu la volonté de combattre. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ La caméra se rapproche lentement d’un visage au regard figé : pourquoi  rencontre-t-on si fréquemment ce plan dans l’œuvre du réalisateur américain ?
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édition abonné


La sidération selon Steven Spielberg

La caméra se rapproche lentement d’un visage au regard figé : pourquoi  rencontre-t-on si fréquemment ce plan dans l’œuvre du réalisateur américain ?



Le Monde
 |    10.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 17h04
    |

            Gabriel Coutagne








                        



                                


                            

Il fait un peu froid en cette nuit d’automne et Elliott, lampe de poche à la main, s’est endormi dans un rocking-chair. Un bruit le réveille, venu de l’abri de jardin. Une petite silhouette étrange en sort doucement. La caméra se rapproche lentement vers le regard figé du petit garçon qui découvre, pour la première fois, ET.
En quelques secondes, Steven Spielberg fixe une expression si récurrente dans ses films que les fans lui ont donné un nom : la « Spielberg face ». Meryl Streep emprunte le même air, entre méditation et stupéfaction, lorsque le personnage qu’elle incarne, Katharine Graham, décide de publier les Pentagon Papers dans le film du même nom, sorti le 24 janvier. Une différence cependant : ses yeux sont dans le vide.


« Les yeux grands ouverts, sans voix et fixant quelque chose de fascinant, alors que le temps semble s’arrêter », décrit ­Kevin B. Lee, critique, vidéaste et auteur d’un clip de neuf minutes consacré au procédé cinématographique du cinéaste américain. Lee considère d’ailleurs que Rencontres du troisième type (1977), point de bascule dans la filmographie de Spielberg, marque l’apparition de cette séquence expressive : le regard de François Truffaut, qui incarne le professeur Lacombe, bouche entrouverte, se fige, comme pour signifier que ce qu’il voit est si étonnant qu’on ne peut pas (encore) le montrer.
Ce procédé n’est pas une invention du réalisateur américain : bien avant lui, on pourrait citer, selon le critique américain, des plans de Michael Curtiz dans Casablanca (1943) ou de John Ford dans La Chevauchée fantastique (1939).
« Le point commun des héros de Spielberg dans cet état, c’est la sidération », analyse Pascal Couté, professeur d’esthétique et cinéma à l’université de Caen-Normandie. Ou plutôt, « un mélange de sidération et d’accueil » dans les premiers films, précise ce spécialiste du réalisateur américain. Puis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le comédien américain, qui remporta un Emmy Award en 2015, est mort à l’âge de 59 ans.
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Mort de l’acteur Reg E. Cathey, qui interprétait Freddy dans « House of Cards »

Le comédien américain, qui remporta un Emmy Award en 2015, est mort à l’âge de 59 ans.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 07h43
   





                        



   


L’acteur américain Reg E. Cathey est mort vendredi 9 février à l’âge de 59 ans. Il avait remporté un Emmy Award en 2015 pour le personnage de Freddy Hayes, gérant d’un restaurant de barbecue et confident de Francis Underwood dans la série House of Cards.
Le comédien à la voix de baryton avait aussi incarné un homme politique de Baltimore dans The Wire. Sa mort a été annoncée sur Twitter par David Simon, le scénariste de la série, qui a salué un « grand acteur » mais aussi un « être humain délicieux ». Dans un communiqué, Netflix a également salué sa « gentillesse » et sa « générosité ».

Reg Cathey, 1958-2018.  Not only a fine, masterful actor -- but simply one of the most delightful human beings with… https://t.co/mC2HiSEIqV— AoDespair (@David Simon)


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Reg E. Cathey fit ses premières apparitions dans un téléfilm en 1984. Il a ensuite joué dans de nombreuses séries, comme Star Trek, New York, unité spéciale ou Oz et plusieurs films, notamment S.W.A.T. ou Les Quatre Fantastiques.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le groupe de cinq musiciens aux pseudos de manga enrichit ses chansons urbaines de grooves latino, caribéens, voire de circonvolutions orientales.
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édition abonné


Bagarre, l’affrontement des styles

Le groupe de cinq musiciens aux pseudos de manga enrichit ses chansons urbaines de grooves latino, caribéens, voire de circonvolutions orientales.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 09h16
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 07h41
    |

                            Stéphane Davet








                        



                                


                            

Enterré au troisième sous-sol du parking d’un grand ensemble du XIIe arrondissement de Paris, le local de répétition et d’enregistrement de Bagarre a des allures de QG pour société secrète. Une impression renforcée par l’alignement, face à nous, de cinq musiciens aux pseudos de manga – Emma, dite Emmaï Dee, Arthur, dit La Bête, Thomas, dit Majnoun, Cyril, dit Maître Clap, et Mus, dit… Mus –, affirmant en guise de « un pour tous, tous pour un », la conviction que chacun d’entre eux doit chanter, écrire, composer, danser pour que le groupe existe.
Une unité dans l’intensité collective et la diversité individuelle qui résonne dans un premier album, Club 12345 (à paraître, le 23 février), où s’agglomère une mosaïque de styles – rock, electro, dub, hip-hop, chanson, reggaeton, baile funk… – fédérés par l’urgence et la sensualité. Un fonctionnement qui trouve ses origines dans la rencontre de ce club des cinq, réuni au fil de « teufs post-Bac », dans les appartements des parents puis dans des bars, en se défiant sur le dancefloor et surtout devant les playlists des ordinateurs, faisant désormais office de platines de DJ.

« C’est là, en préparant nos onglets sur YouTube ou iTunes pour savoir qui allait passer le prochain morceau, qu’avaient lieu des débats enflammés sur la musique », se souvient Athur. Déterminées devant les écrans et l’infinie profusion d’Internet, les affinités se lient moins en fonction d’un genre musical, que par rapport au caractère viscéral d’un morceau. « C’est la même chose qui nous nourrit dans le hip-hop, le punk, le hardcore ou la techno, confirme aujourd’hui Thomas. Une nécessité, une énergie vitale qui doivent porter la musique. »
Légèreté du mode de production
Agés de 25 à 33 ans, la plupart de ces « bagarreurs » se sont d’abord frotté à la flamme du rock extrême, avant de partager le même constat : « Le hip-hop et l’électro sont les deux mouvements...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Dans le sillage de Stromae ou de Fauve, des artistes comme Therapie Taxi, Bagarre, Angèle ou Eddy de Pretto tracent leur route sans se soucier des frontières musicales.
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La pop se pique de hip-hop

Dans le sillage de Stromae ou de Fauve, des artistes comme Therapie Taxi, Bagarre, Angèle ou Eddy de Pretto tracent leur route sans se soucier des frontières musicales.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 09h07
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 08h05
    |

                            Stéphane Davet








                        



                                


                            

Les nominations aux Victoires de la musique 2018 et plus encore les classements des ventes de disques et de streaming démontrent à quel point les musiques urbaines sont devenues la variété d’aujourd’hui. En particulier depuis que les rappeurs français – Maître Gims, Black M, Booba, PNL, Bigflo et Oli, Soprano, Lomepal… – se sont mis à chanter refrains et mélodies, avec ou sans Auto-Tune (ce logiciel correcteur de tonalité).
Si, de leur côté, chanteurs et rockeurs n’ont pas attendu le XXIe siècle pour flirter avec le hip-hop – Chacun fait (c’ qui lui plaît), de Chagrin d’amour, dès 1982, ou No One Is Innocent, pionnier des fusions rock-rap, actif depuis 1993 –, jamais on n’avait entendu autant de musiciens et vocalistes de la chanson et de la pop francophones inspirés par les mots et les sons des musiques urbaines.
Entraînés par les succès du dandy rwando-belge Stromae, de la Nantaise bilingue Christine and The Queens ou du collectif parisien Fauve, ils sont désormais pléthore à faire muter des genres revitalisés par l’urgence, l’irrévérence, les joutes violentes ou poétiques du hip-hop. Que ces artistes créent en groupe (Therapie Taxi, Bagarre, Shelmy, Feu! Chatterton), en solo (Eddy de Pretto, Angèle, Chaton, Aloïse Sauvage), voire en duo comme Madame Monsieur, qui représentera la France au concours de l’Eurovision, après avoir harmonisé au côté de rappeurs comme La Fouine ou Youssoupha.
Duos critiqués
Et pourtant, il y a encore deux ans, Héloïse Letissier, alias Christine and The Queens, devait publier un post sur Facebook pour régler leur compte aux esprits chagrins qui s’étaient révoltés que la fan queer de Christophe et de Beyoncé propose une version et une vidéo de Here en duo avec Booba, mâle dominant du rap français.
« Je suis venue vers Booba avec cette chanson, qui est (…) une chanson de survivant. Nos trajectoires se croisent, car il y a effectivement un recoupement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Sur le marché des autographes, les prix des correspondances varient selon le prestige de l’auteur et l’intensité amoureuse.
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Les lettres d’amour ont plus qu’une valeur sentimentale

Sur le marché des autographes, les prix des correspondances varient selon le prestige de l’auteur et l’intensité amoureuse.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 11h24
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Il n’y a pas que dans les librairies que la correspondance amoureuse – comme en ­témoigne le récent succès d’édition de Gallimard avec les échanges entre Albert Camus et Maria Casarès publiée, rencontre du succès. La lettre d’amour est aussi plébiscitée sur le marché des autographes. Ainsi, en décembre 2017, l’enchère a atteint la somme de 280 000 euros pour une lettre enflammée de Napoléon à Joséphine, lors de la première vente du fonds de manuscrits et autographes d’Aristophil à Drouot et qui a pourtant démarré très timidement.

On revient de loin. Voilà vingt-trois ans, la collectionneuse suisse Anne-Marie Springer peinait à convaincre de l’importance de ces correspondances privées. « Ce n’était pas un sujet recherché, raconte-t-elle. On trouvait ça banal, peu intéressant par rapport à un document officiel. Mais pour moi, c’était un joli moyen de transmettre l’idée d’une certaine époque à ma fille. Aujourd’hui, on n’écrit plus ce genre de textes, on fonctionne par SMS ou mail. »
Aujourd’hui, elle a collecté quelque 2 000 lettres permettant de toucher de près à l’intimité des grands noms de l’Histoire et des lettres. « C’est très intéressant sur le plan sociologique et psychologique, poursuit-elle. Par exemple, en lisant les lettres d’Edith Piaf à ses différents amants, on découvre qu’elle était amoureuse de l’amour plus que d’un homme en particulier, qu’elle avait foi en Dieu et en l’humanité. »
Des héritiers réticents à dévoiler des secrets
Aujourd’hui encore, il n’est pas facile de trouver des lettres d’amour. « Parfois elles ont été brûlées, ou les héritiers ne veulent pas dévoiler les secrets autour de l’amour », remarque Anne Heilbronn, spécialiste chez Sotheby’s. En conflit avec la fille de Simone de Beauvoir, le cinéaste Claude Lanzmann a vendu les lettres de son amante à l’université Yale, aux Etats-Unis, par l’intermédiaire de Christie’s.
« Une belle lettre d’un personnage...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ L’écrivain racontait, dans « Le Dossier M, livre 1 » (prix Décembre 2017), une histoire d’amour qui tournait court. Le « Livre 2 » évoque la difficile décennie qui s’en est suivie. Retour sur une aventure littéraire hors du commun.
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Grégoire Bouillier  : « “Le Dossier M” est animé par un sentiment de liberté »

L’écrivain racontait, dans « Le Dossier M, livre 1 » (prix Décembre 2017), une histoire d’amour qui tournait court. Le « Livre 2 » évoque la difficile décennie qui s’en est suivie. Retour sur une aventure littéraire hors du commun.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 07h42
    |

                            Florence Bouchy (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Le Dossier M, livre 2, de Grégoire Bouillier, Flammarion, 870 p., 24,50 €.

Publié en août 2017 (et récompensé par le prix Décembre), Le Dossier M, livre 1 pouvait laisser au lecteur un sentiment d’achèvement : de la rencontre à la séparation, l’histoire de son amour (impossible) pour M, analysée durant près de 900 pages par Grégoire Bouillier (né en 1960), semblait avoir été menée jusqu’à son terme. Le livre ouvrait néanmoins une perspective peu réjouissante : Grégoire Bouillier entendait une voix le condamner à « dix ans de malheur. Une peine de dix ans. Un chagrin décennal ». Le Livre 2, qui vient de paraître, fait de ce long tunnel expiatoire la matière de son écriture. Lorsqu’on retrouve l’écrivain dans un café de Montparnasse, il lit Le Monde du 31 janvier 2018 et s’enthousiasme pour l’article consacré au livre du médecin américain Robert Lustig : The Hacking of The American Mind (Penguin, 2017, non traduit).
Vous avez l’impression que cet article scientifique entre en écho avec « Le Dossier M » ?
Oui, c’est vraiment génial ! On savait depuis longtemps que, dans le circuit neuronal de la récompense, il y a celui lié à la sérotonine, qui correspond à un état de bien-être et de bonheur, continu, et celui lié à la dopamine, lié au plaisir plus immédiat, discontinu. Mais ce que je découvre dans cet article, c’est qu’en fait il y a antagonisme. L’activation d’un circuit empêche celle de l’autre. Je réalise que le Livre 1 du Dossier M est sous sérotonine, et le Livre 2 sous dopamine. Dans le Livre 1, le narrateur est amoureux, il nage dans un état de bonheur, même si l’issue déçoit ses attentes. Dans le Livre 2, le bonheur lui a été retiré, et il cherche l’intensité dans les conduites addictives, le sexe aussi bien que le poker, l’alcool aussi bien que le visionnage intensif de séries....




                        

                        


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Une série d’animation et deux documentaires : nos idées de replays

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose des programmes à voir ou à écouter en différé.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 07h14
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Une série d’animation pour donner envie aux enfants de manger des fruits et des légumes, un documentaire qui décrypte l’influence de la publicité sur la société américaine des années 1950 et le récit de l’épopée des cadets de Saumur pendant la seconde guerre mondiale sont au menu de notre sélection hebdomadaire de replays.
« A table, les enfants ! » : fruits et légumes prennent la parole

Les recettes les plus simples sont parfois les meilleures. Animer et donner la parole à des fruits et légumes pour sensibiliser les enfants aux bienfaits qu’ils peuvent apporter sur la santé, est de celles-là. Dans « A table, les enfants ! », donc, chacun raconte sa vie, ses origines, ses qualités, les légendes qui lui collent à la peau, et la façon dont il peut être consommé, cuisiné, chaud ou froid.
L’artichaut qui cache sous ses feuilles un cœur et des poils a la réputation de faire tomber amoureux. Le bougre aime s’en vanter, de la même manière qu’il n’est pas peu fier de sa capacité à se transformer en fleur, si tant est qu’on veuille bien le laisser pousser. La pomme, de son côté, n’a pas à rougir, puisque riche en vitamines A, B, C, elle est fort appréciée des sportifs, tout comme l’abricot, au caractère bien trempé, que l’on aime consommer pour récupérer dans l’effort. Quant au concombre, s’il enrage de faire partie de la même famille que la citrouille, il a tout de même la vertu de donner bonne mine à ceux qui l’appliquent en rondelle sur le visage. Brocolis, ail, navet, poireau, épinard, banane, figue, poire… ont tous quelque chose à nous dire.
Chaque fruit et légume apparaît auprès de ses congénères sous sa forme animée, colorée et joyeuse pour se raconter, en usant de délicieux jeux de mots. Rien de mieux que cette série pour rendre sympathiques – et intéressants – ces mal-aimés des enfants. Véronique Cauhapé
A table, les enfants !, saison 2, série d’animation créée par Arnold Boiseau (Fr., 2017, 30 × 4 min). Sur Pluzz et sur YouTube.
« Mad Men : les hommes de la pub »



Entrer dans l’univers enfumé de la publicité par le biais des « vrais » Mad Men de Madison Avenue et des créateurs de la série semble relever d’une astuce… de publicitaire. Une astuce maligne et efficace qu’a choisie la réalisatrice Molly Hermann pour nous éclairer, avec érudition et sans ennui, sur l’influence exercée par la pub sur la société américaine des années 1950.
Dans l’euphorie de l’après-guerre, l’époque est propice. La crainte d’une dépression et trois décennies de privations jouent en la faveur des publicitaires, qui vont hisser l’acte d’achat au rang de geste patriotique. Afin de relancer le pays, rien de tel que de consommer beaucoup. Progressivement, la publicité impose des modes de vie aux citoyens, dont elle se charge aussi de façonner l’apparence. Pour une femme, il est ainsi de bon ton d’être bien coiffée, légèrement maquillée et de ne pas teindre ses cheveux (ça fait trop « gourgandine »). En pleine guerre froide, les réclames vont également présenter la maison comme une valeur refuge qui mérite toutes les attentions, et surtout tous les équipements dernier cri.
Les Américains entendent le message. En une décennie, ils seront vingt millions à quitter les villes pour les banlieues résidentielles, plus sûres. Seul hic, les Noirs, absents des publicités, le sont aussi de ces nouveaux lieux d’habitation. Comment faire, dès lors, pour les intégrer aux campagnes sans choquer les Blancs ? A découvrir dans ce documentaire passionnant. V. Ca.
Mad Men : les hommes de la pub, de Molly Hermann (EU, 2016, 55 min). Sur Histoire.fr
« Ces gamins-là, la bataille des cadets de Saumur »

Le 17 juin 1940, le maréchal Pétain appelle à l’arrêt des combats. A Saumur, le colonel Michon, qui dirige l’école des officiers de cavalerie, ne l’entend pas de cette oreille, lui qui a reçu l’ordre d’empêcher les Allemands de franchir la Loire. Le héros de la Grande Guerre convoque alors les cadets prêts à en découdre pour « sauver l’honneur de l’armée française » défaite, entre autres, à Dunkerque.
Placés sur quarante kilomètres le long du fleuve, entre Gennes et Montsoreau, quelque 550 jeunes élèves aspirants de réserve, équipés d’un armement inadapté et de peu de munitions, vont pendant trois jours (du 19 au 21 juin) tenter de contenir les Allemands, autrement plus nombreux (le rapport sur le terrain est évalué à 1 contre 10), mieux équipés et soutenus par leur aviation. Malgré leur défaite, dès l’issue des combats, le courage et la bravoure des cadets seront salués par le général allemand Kurt Feldt. Après leur avoir rendu les honneurs, celui-ci leur accordera quarante-huit heures pour rejoindre la ligne de démarcation à Loches. La plupart d’entre eux rejoindront le maquis ou l’armée de libération.
Pleine de panache et d’héroïsme, cette épopée des cadets de Saumur, de surcroît, ne fut pas vaine puisqu’elle permit à l’armée de Paris de ne pas être faite prisonnière. Ainsi que le relate un des anciens cadets qui témoignent dans ce film au tracé minutieux et fouillé, dont un des mérites est de nous faire (re)découvrir les visages de ces résistants de la première heure. Christine Rousseau
Ces gamins-là, la bataille des cadets de Saumur, de Jean-Paul Fargier (Fr., 2017, 50 min). Sur Lcp.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ A la scène, Vickie et Léo roucoulent leur vie de tourtereaux ; à la ville, c’est dans le même verre qu’ils sirotent leur piña colada.
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Un apéro avec The Pirouettes : carrément aimants


                      A la scène, Vickie et Léo roucoulent leur vie de tourtereaux ; à la ville, c’est dans le même verre qu’ils sirotent leur piña colada.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
11.02.2018 à 07h34
    |

            Aureliano Tonet








                              

                        

La Saint-Valentin approche. « Quoi de plus à propos qu’un apéro avec The Pirouettes ? », propose-t-on à la rédactrice en chef. « Bingo ! », accepte-t-elle tout de go. Par la grâce d’un album et d’une flopée de EP, ce couple de chanteurs s’est niché dans bien des cœurs depuis ses premières roucoulades, en 2011. D’aucuns font même de nos tourtereaux les héros d’un romantisme 2.0, joliment géolocalisé : sur la drôle de map que dessinent leurs chansons, les amants se paument et se pâment en usant d’applis dernier cri, comme s’ils jouaient à mettre à jour la carte de Tendre jadis inventée par Madame de Scudéry.
Un verre, deux pailles
A la ville comme à la scène, les Pirouettes partagent tout, adresse mail comprise : « Rendez-vous mardi, à 17 heures, au Cannibale Café ! », arobasent-ils à l’unisson. Le date a lieu à deux pas de leurs pénates, dans un estaminet mignonnet du quartier de Belleville, à Paris. Banquettes moelleuses, moulures discrètes, plantes tropicales : idéal pour les cœurs voraces, le Cannibale.
Les deux lovers arrivent à l’heure au rancard, le happy hour bat son plein ; va pour une piña colada, qu’ils partagent en usant de la technique dite de la double paille, propice à tous les rapprochements. « Ici, ils ne servent que des olives avec les boissons… Désolés, tu ne pourras faire la blague “Pirouettes, cacahuètes” dans ton article ! », sourit le couple en sirotant, synchrone, son cocktail fruité.

Natacha, la serveuse du Cannibale, les dévore du regard : « C’est vous, les Pirouettes ? ! Votre morceau Dernier Métro, c’est un hymne ! Je l’écoute tôt le matin, après chaque gueule de bois… » Lui, c’est Léo, grand brun à la voix grave, tout en traits anguleux. Galant homme, il laisse les courbes à sa compagne, yeux en billes et boucles d’oreille qui brillent : elle s’appelle Victoria – qu’elle raccourcit en « Vickie » quand ça lui chante....



