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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. La série de Chuck Lorre et Bill Prady présente l’enfance de surdoué du personnage principal de « The Big Bang Theory » (sur Canal+ Séries à la demande).
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TV – Les fulgurances de « Young Sheldon »

Notre choix du soir. La série de Chuck Lorre et Bill Prady présente l’enfance de surdoué du personnage principal de « The Big Bang Theory » (sur Canal+ Séries à la demande).



Le Monde
 |    10.02.2018 à 18h00
    |

            Renaud Machart








                        


Série sur Canal+ Séries à la demande

Comme elle vient de le faire, en guise de « teaser », avec The Assassination of Gianni Versace, de Ryan Murphy, Canal+ Séries avait rendu disponible le « pilote » de Young Sheldon, le 2 octobre, avant d’en reprendre la diffusion hebdomadaire un bon mois plus tard. Alors que le treizième et dernier épisode de cette série créée par Chuck Lorre et Bill Prady a été rendu public, et qu’elle est disponible en intégralité sur le site Canal+ Replay, il est désormais possible de considérer Young Sheldon avec davantage de recul.
Ce « jeune Sheldon » est un personnage que les amateurs de The Big Bang Theory, également créée par Lorre et Prady, connaissent bien : Sheldon Cooper, chercheur en physique, dont les aventures bon enfant passionnent ses aficionados (dont nous ne sommes pas) depuis onze saisons. Voici Sheldon présenté, sous le mode d’une préquelle, en sa jeunesse de surdoué capable d’entendre en quelle tonalité joue une pianiste et de démontrer au pasteur de la paroisse familiale que ses affirmations bibliques ne reposent sur aucune réalité scientifique.
Galerie familiale attachante
Son QI exceptionnel le propulse dans une classe fréquentée par des élèves bien plus âgés que lui – dont son frère, beaucoup moins futé que Sheldon, et même que leur fine mouche de petite sœur. Ses camarades le dépassent de plusieurs têtes, mais Sheldon n’a aucun mal à les coiffer au poteau. Avec les parents, bonnes pâtes et un peu dépassés par leur jeune surdoué, les auteurs ont constitué une galerie familiale attachante, comme on en trouve dans des dizaines de sitcoms nord-américaines, avec des répliques amusantes – mais, heureusement, sans les rires enregistrés de rigueur.

   


A ces cinq personnages s’ajoute celui de « Meemaw », la grand-mère un peu fofolle qui, par sa fantaisie libertaire, contrebalance le caractère généreux mais beaucoup plus timoré de sa fille, la mère de Sheldon. Laquelle accueille avec une mansuétude résignée les mercuriales incessantes de son fils sur à peu près tous les sujets. On ne dira pas que Sheldon est un Antoine Doinel en puissance. Mais Iain Armitage, le jeune acteur qui l’incarne, est une irrésistible tête à claques.
Young Sheldon, créée par Chuck Lorre et Bill Prady. Avec Iain Armitage, Zoe Perry, Lance Barber, Montana Jordan, Raegan Revord, Annie Potts (Etats-Unis, 2017, 13 x 30 min.)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Cette exposition parisienne célèbre la part la plus intime de l’œuvre du peintre : la peinture de figures.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Cette série pour adolescents, repensée pour coller aux usages français, déploie un dispositif ambitieux sur les réseaux sociaux.
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Véritable série culte en Norvège, « Skam » a désormais sa version française

Cette série pour adolescents, repensée pour coller aux usages français, déploie un dispositif ambitieux sur les réseaux sociaux.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 14h23
    |

            Pauline Croquet








                        



   


Il est trop tôt pour dire si la version française de la série Skam deviendra un phénomène national comme en Norvège, son pays de création. Le premier épisode a été diffusé, vendredi 9 février, sur France tv slash, un nouvel espace en ligne de France Télévisions dévolu aux 18-30 ans.
Skam, qui signifie « honte », se centre sur la vie quotidienne et presque sans adultes d’une bande de lycéens : cours, soirées très alcoolisées, amis et la sexualité à explorer. Une authenticité qui a souvent valu au programme norvégien hyperréaliste d’être comparé à la série anglaise Skins.
« Ce qui est plaisant dans cette série, c’est la diversité. Elle est multiculturelle ! Il est facile de s’identifier aux personnages, explique Keysha, l’une des administratrices d’une fanpage Facebook de la série. C’est intéressant de voir à l’écran des personnes qui reflètent la réalité, qui nous sommes et ce que nous vivons. C’est une série authentique, sans filtre. Il y une spontanéité dans les scènes qu’on ne retrouve pas toujours ailleurs. » La présence d’une héroïne musulmane racontée sans caricature, Sana Bakkoush, avait suscité de nombreux éloges.

        Lire aussi :
         

                « Skam », la série norvégienne qui met les ados à nu



Une vie à part entière sur les réseaux sociaux
La particularité de Skam repose également sur le dispositif qu’elle a mis en place pour exister sur les réseaux sociaux. Car la série est conçue avant tout comme un programme à consommer en ligne plutôt que devant un écran de la télévision. Chaque épisode est une compilation de séquences de quelques minutes qui s’étalent sur une semaine. Chacun de ces chapitres est au préalable publié par France Télévisions en temps réel, sur une page Facebook notamment.
Les séquences ont donc été partagées dès lundi 5 février. Lorsque Emma, l’héroïne de la première saison, étudie au CDI mardi à 14 h 4, l’extrait est publié au même moment. Jeudi, vers 11 heures, les internautes ont pu surprendre une conversation entre Emma et son petit ami, Yann. De même, onze des personnages ont un compte Instagram alimenté quotidiennement au cours des vingt-deux semaines que compte la diffusion des deux premières saisons françaises. Si dans l’intrigue l’un d’entre eux partage une vidéo, cette même « story » est publiée sur son compte.



Les personnages interagissent entre eux et avec les internautes, hors de l’épisode, brouillant d’autant plus la frontière entre réalité et fiction. Les fans n’ont donc pas à attendre une diffusion hebdomadaire : ils suivent, comme en Norvège, les clips au quotidien. Les contenus des héros de Skam apparaissent sur leurs fils comme ceux de n’importe quel ami. Et découvrent avec plus d’acuité la psychologie de chacun des personnages, qui partageront au moins cinquante contenus chacun.
Pour coller de façon crédible aux usages d’adolescents français, la production de Skam France a fait évoluer le dispositif prévu par la chaîne NRK en Norvège sur les réseaux sociaux. Ainsi, il a été décidé de faire des stories, des microvidéos éphémères inspirées du réseau social Snapchat, que les utilisateurs d’Instagram partagent en plus des photos. La série originale n’avait pas prévu de stories tout simplement parce qu’elles n’existaient pas encore au moment de son lancement, en 2015.
Le récit annexe et complémentaire sur les réseaux sociaux de Skam France a été conçu en même temps que la réalisation et la production des épisodes. Sur le tournage, huit jours ont été consacrés à l’enregistrement des contenus numériques. C’est une agence spécialisée dans l’existence en ligne de fictions audiovisuelles françaises, Bigger Than Fiction, qui est chargée de faire vivre pendant les vingt-deux semaines les personnages sur les réseaux sociaux. « Les posts seront modérés et les commentaires pris en considération. On gardera la liberté de poster des contenus qui pourraient être plus en lien avec ce qu’il se passe dans la réalité », explique-t-on au sein des équipes de France Télévisions.
Une base de fans en France
Depuis qu’elle est diffusée, la série norvégienne a eu le temps de faire des émules, notamment en France. C’est donc à la fois avec méfiance et excitation que le noyau de plusieurs milliers de fans francophones attendait cette adaptation au pays de Molière. Ses héroïnes au caractère bien trempé sont devenues iconiques, les couples emblématiques.
« Skam a réellement charmé les Français. C’est encore plus intéressant de voir la diversité qu’on retrouve au sein de notre communauté, il y a des jeunes et des moins jeunes, des personnes de tous les milieux. Skam est une série qui rassemble », assure Keysha, qui partage désormais sur sa page Facebook les clips français, en plus des contenus norvégiens.

« Tout ce que j’espère, c’est que ça ne devienne pas une caricature de la série norvégienne, que cela ne soit pas un copier-coller parfait », espère Amélie, elle aussi administratrice de la fanpage française de Skam sur Facebook, et qui pour l’instant « aime beaucoup la version française ».
Les premiers épisodes de Skam France collent quasi plan par plan à la version originale, avant de s’affranchir petit à petit. Le plaisir des fans de la première heure a donc résidé cette semaine à découvrir qui incarnait les Eva, Jonas, Noora ou Sana français. « Notre volonté a été de respecter les épisodes et la trame norvégienne mais d’y infuser un maximum d’esprit, d’humour et de références françaises et de remanier à notre propre rythme la vie de nos héroïnes », explique la production.
Pour l’instant, Skam France compte deux saisons, qui seront diffusées d’affilée jusqu’à cet été. Sa grande sœur norvégienne, elle, en a quatre. Cinq autres pays en plus des Etats-Unis (Espagne, Allemagne, Pays-Bas, Grande-Bretagne, Italie) ont prévu leur remake de Skam.
Où regarder « Skam France »
Tous les jours, depuis le 5 février, des séquences sont divulguées sur la page Facebook de la série ou sur France tv slash.
Les internautes peuvent aussi suivre les personnages sur leur compte Instagram en cliquant sur cette liste. Certaines fanpages relaient également les contenus. C’est le cas de la page Facebook Skam France, qui est indépendante de la production.
Les épisodes en version vingt-six minutes sont diffusés tous les vendredis soir sur France tv slash, puis diffusés sur France 4 chaque week-end à compter du 25 février.






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ La productrice Jill Messick, bipolaire et dépressive, a mis fin à ses jours jeudi à Los Angeles.
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Suicide de l’ex-manager de Rose McGowan, « victime collatérale » de l’affaire Weinstein selon sa famille

La productrice Jill Messick, bipolaire et dépressive, a mis fin à ses jours jeudi à Los Angeles.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 13h13
   





                        



   


Jill Messick, productrice des films Frida et Baby Mama, et ancienne manager de l’actrice Rose McGowan, s’est suicidée, mercredi 7 février à Los Angeles (Etats-Unis), selon sa famille. Dans un communiqué, ses proches ont expliqué que cette femme de 50 ans, mère de deux enfants, qui souffrait depuis des années de troubles bipolaires et de dépression, avait été très affectée de voir son nom apparaître dans la presse à l’occasion de l’affaire Weistein. « Elle est devenue la victime collatérale d’une histoire déjà horrible », a estimé sa famille dans une déclaration rendue publique jeudi.
En octobre 2017, l’actrice Rose McGowan a accusé le producteur Harvey Weinstein de l’avoir violée lors du festival Sundance en 1997 et a regretté le manque de soutien de sa manager de l’époque, Jill Messick. Le 30 janvier dernier, l’avocat de M. Weinstein a utilisé un e-mail de Mme Messick, dans lequel la productrice semblait dire que Rose McGowan était consentante lorsqu’elle avait été agressée sexuellement par son client. La famille met en cause ce message et son exploitation médiatique :
« Jill a été la victime de cette nouvelle culture du partage illimité de l’information et de la volonté d’accepter toute déclaration comme des faits. La vitesse à laquelle l’information se répand a permis de véhiculer des contrevérités (...) qu’elle n’a pas eu la volonté de combattre. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ La caméra se rapproche lentement d’un visage au regard figé : pourquoi  rencontre-t-on si fréquemment ce plan  dans l’œuvre du réalisateur américain ?
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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La sidération selon Steven Spielberg

La caméra se rapproche lentement d’un visage au regard figé : pourquoi  rencontre-t-on si fréquemment ce plan  dans l’œuvre du réalisateur américain ?



Le Monde
 |    10.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 16h53
    |

            Gabriel Coutagne








                        



                                


                            

Il fait un peu froid en cette nuit d’automne et Elliott, lampe de poche à la main, s’est endormi dans un rocking-chair. Un bruit le réveille, venu de l’abri de jardin. Une petite silhouette étrange en sort doucement. La caméra se rapproche lentement vers le regard figé du petit garçon qui découvre, pour la première fois, ET.
En quelques secondes, Steven Spielberg fixe une expression si récurrente dans ses films que les fans lui ont donné un nom : la « Spielberg face ». Meryl Streep emprunte le même air, entre méditation et stupéfaction, lorsque le personnage qu’elle incarne, Katharine Graham, décide de publier les Pentagon Papers dans le film du même nom, sorti le 24 janvier. Une différence cependant : ses yeux sont dans le vide.


« Les yeux grands ouverts, sans voix et fixant quelque chose de fascinant, alors que le temps semble s’arrêter », décrit ­Kevin B. Lee, critique, vidéaste et auteur d’un clip de neuf minutes consacré au procédé cinématographique du cinéaste américain. Lee considère d’ailleurs que Rencontres du troisième type (1977), point de bascule dans la filmographie de Spielberg, marque l’apparition de cette séquence expressive : le regard de François Truffaut, qui incarne le professeur Lacombe, bouche entrouverte, se fige, comme pour signifier que ce qu’il voit est si étonnant qu’on ne peut pas (encore) le montrer.
Ce procédé n’est pas une invention du réalisateur américain : bien avant lui, on pourrait citer, selon le critique américain, des plans de Michael Curtiz dans Casablanca (1943) ou de John Ford dans La Chevauchée fantastique (1939).
« Le point commun des héros de Spielberg dans cet état, c’est la sidération », analyse Pascal Couté, professeur d’esthétique et cinéma à l’université de Caen-Normandie. Ou plutôt, « un mélange de sidération et d’accueil » dans les premiers films, précise ce spécialiste du réalisateur américain. Puis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le comédien américain, qui remporta un Emmy Award en 2015, est mort à l’âge de 59 ans.
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Mort de l’acteur Reg E. Cathey, qui interprétait Freddy dans « House of Cards »

Le comédien américain, qui remporta un Emmy Award en 2015, est mort à l’âge de 59 ans.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 12h16
   





                        



   


L’acteur américain Reg E. Cathey est mort vendredi 9 février à l’âge de 59 ans. Il avait remporté un Emmy Award en 2015 pour le personnage de Freddy Hayes, gérant d’un restaurant de barbecue et confident de Francis Underwood dans la série House of Cards.
Le comédien à la voix de baryton avait aussi incarné un homme politique de Baltimore dans The Wire. Sa mort a été annoncée sur Twitter par David Simon, le scénariste de la série, qui a salué un « grand acteur » mais aussi un « être humain délicieux ». Dans un communiqué, Netflix a également salué sa « gentillesse » et sa « générosité ».

Reg Cathey, 1958-2018.  Not only a fine, masterful actor -- but simply one of the most delightful human beings with… https://t.co/mC2HiSEIqV— AoDespair (@David Simon)


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Reg E. Cathey fit ses premières apparitions dans un téléfilm en 1984. Il a ensuite joué dans de nombreuses séries, comme Star Trek, New York, unité spéciale ou Oz et plusieurs films, notamment S.W.A.T. ou Les Quatre Fantastiques.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le groupe de cinq musiciens aux pseudos de manga enrichit ses chansons urbaines de grooves latino, caribéens, voire de circonvolutions orientales.
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Bagarre, l’affrontement des styles

Le groupe de cinq musiciens aux pseudos de manga enrichit ses chansons urbaines de grooves latino, caribéens, voire de circonvolutions orientales.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 09h16
    |

                            Stéphane Davet








                        



                                


                            

Enterré au troisième sous-sol du parking d’un grand ensemble du XIIe arrondissement de Paris, le local de répétition et d’enregistrement de Bagarre a des allures de QG pour société secrète. Une impression renforcée par l’alignement, face à nous, de cinq musiciens aux pseudos de manga – Emma, dite Emmaï Dee, Arthur, dit La Bête, Thomas, dit Majnoun, Cyril, dit Maître Clap, et Mus, dit… Mus –, affirmant en guise de « un pour tous, tous pour un », la conviction que chacun d’entre eux doit chanter, écrire, composer, danser pour que le groupe existe.
Une unité dans l’intensité collective et la diversité individuelle qui résonne dans un premier album, Club 12345 (à paraître, le 23 février), où s’agglomère une mosaïque de styles – rock, electro, dub, hip-hop, chanson, reggaeton, baile funk… – fédérés par l’urgence et la sensualité. Un fonctionnement qui trouve ses origines dans la rencontre de ce club des cinq, réuni au fil de « teufs post-Bac », dans les appartements des parents puis dans des bars, en se défiant sur le dancefloor et surtout devant les playlists des ordinateurs, faisant désormais office de platines de DJ.

« C’est là, en préparant nos onglets sur YouTube ou iTunes pour savoir qui allait passer le prochain morceau, qu’avaient lieu des débats enflammés sur la musique », se souvient Athur. Déterminées devant les écrans et l’infinie profusion d’Internet, les affinités se lient moins en fonction d’un genre musical, que par rapport au caractère viscéral d’un morceau. « C’est la même chose qui nous nourrit dans le hip-hop, le punk, le hardcore ou la techno, confirme aujourd’hui Thomas. Une nécessité, une énergie vitale qui doivent porter la musique. »
Légèreté du mode de production
Agés de 25 à 33 ans, la plupart de ces « bagarreurs » se sont d’abord frotté à la flamme du rock extrême, avant de partager le même constat : « Le hip-hop et l’électro sont les deux mouvements...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Dans le sillage de Stromae ou de Fauve, de nombreux artistes comme Therapie Taxi, Bagarre, Angèle ou Eddy de Pretto tracent leur route sans se soucier des frontières musicales
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La pop se pique de hip-hop

Dans le sillage de Stromae ou de Fauve, de nombreux artistes comme Therapie Taxi, Bagarre, Angèle ou Eddy de Pretto tracent leur route sans se soucier des frontières musicales



Le Monde
 |    10.02.2018 à 09h07
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 09h11
    |

                            Stéphane Davet








                        



                                


                            

Les nominations aux Victoires de la musique 2018 et plus encore les classements des ventes de disques et de streaming démontrent à quel point les musiques urbaines sont devenues la variété d’aujourd’hui. En particulier depuis que les rappeurs français – Maître Gims, Black M, Booba, PNL, Bigflo et Oli, Soprano, Lomepal… – se sont mis à chanter refrains et mélodies, avec ou sans Auto-Tune (ce logiciel correcteur de tonalité).
Si, de leur côté, chanteurs et rockeurs n’ont pas attendu le XXIe siècle pour flirter avec le hip-hop – Chacun fait (c’ qui lui plaît), de Chagrin d’amour, dès 1982, ou No One Is Innocent, pionnier des fusions rock-rap, actif depuis 1993 –, jamais on n’avait entendu autant de musiciens et vocalistes de la chanson et de la pop francophones inspirés par les mots et les sons des musiques urbaines. Entraînés par les succès du dandy rwando-belge Stromae, de la Nantaise bilingue Christine and The Queens ou du collectif parisien Fauve, ils sont désormais pléthore à faire muter des genres revitalisés par l’urgence, l’irrévérence, les joutes violentes ou poétiques du hip-hop. Que ces artistes créent en groupe (Therapie Taxi, Bagarre, Shelmy, Feu! Chatterton), en solo (Eddy de Pretto, Angèle, Chaton, Aloïse Sauvage), voire en duo comme Madame Monsieur, qui représentera la France au concours de l’Eurovision, après avoir harmonisé au côté de rappeurs comme La Fouine ou Youssoupha.
Duos critiqués
Et pourtant, il y a encore deux ans, Héloïse Letissier, alias Christine and The Queens, devait publier un post sur Facebook pour régler leur compte aux esprits chagrins qui s’étaient révoltés que la fan queer de Christophe et de Beyoncé propose une version et une vidéo de Here en duo avec Booba, mâle dominant du rap français. « Je suis venue vers Booba avec cette chanson, qui est (…) une chanson de survivant. Nos trajectoires se croisent, car il y a effectivement un recoupement très important :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Sur le marché des autographes, les prix des correspondances varient selon le prestige de l’auteur et l’intensité amoureuse.
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Les lettres d’amour ont plus qu’une valeur sentimentale

Sur le marché des autographes, les prix des correspondances varient selon le prestige de l’auteur et l’intensité amoureuse.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 11h24
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Il n’y a pas que dans les librairies que la correspondance amoureuse – comme en ­témoigne le récent succès d’édition de Gallimard avec les échanges entre Albert Camus et Maria Casarès publiée, rencontre du succès. La lettre d’amour est aussi plébiscitée sur le marché des autographes. Ainsi, en décembre 2017, l’enchère a atteint la somme de 280 000 euros pour une lettre enflammée de Napoléon à Joséphine, lors de la première vente du fonds de manuscrits et autographes d’Aristophil à Drouot et qui a pourtant démarré très timidement.

On revient de loin. Voilà vingt-trois ans, la collectionneuse suisse Anne-Marie Springer peinait à convaincre de l’importance de ces correspondances privées. « Ce n’était pas un sujet recherché, raconte-t-elle. On trouvait ça banal, peu intéressant par rapport à un document officiel. Mais pour moi, c’était un joli moyen de transmettre l’idée d’une certaine époque à ma fille. Aujourd’hui, on n’écrit plus ce genre de textes, on fonctionne par SMS ou mail. »
Aujourd’hui, elle a collecté quelque 2 000 lettres permettant de toucher de près à l’intimité des grands noms de l’Histoire et des lettres. « C’est très intéressant sur le plan sociologique et psychologique, poursuit-elle. Par exemple, en lisant les lettres d’Edith Piaf à ses différents amants, on découvre qu’elle était amoureuse de l’amour plus que d’un homme en particulier, qu’elle avait foi en Dieu et en l’humanité. »
Des héritiers réticents à dévoiler des secrets
Aujourd’hui encore, il n’est pas facile de trouver des lettres d’amour. « Parfois elles ont été brûlées, ou les héritiers ne veulent pas dévoiler les secrets autour de l’amour », remarque Anne Heilbronn, spécialiste chez Sotheby’s. En conflit avec la fille de Simone de Beauvoir, le cinéaste Claude Lanzmann a vendu les lettres de son amante à l’université Yale, aux Etats-Unis, par l’intermédiaire de Christie’s.
« Une belle lettre d’un personnage...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ L’écrivain racontait, dans « Le Dossier M, livre 1 » (prix Décembre 2017), une histoire d’amour qui tournait court. Le « Livre 2 » évoque la difficile décennie qui s’en est suivie. Retour sur une aventure littéraire hors du commun.
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Grégoire Bouillier  : « “Le Dossier M” est animé par un sentiment de liberté »

L’écrivain racontait, dans « Le Dossier M, livre 1 » (prix Décembre 2017), une histoire d’amour qui tournait court. Le « Livre 2 » évoque la difficile décennie qui s’en est suivie. Retour sur une aventure littéraire hors du commun.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 09h00
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                            Florence Bouchy (Collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            
Le Dossier M, livre 2, de Grégoire Bouillier, Flammarion, 870 p., 24,50 €.

Publié en août 2017 (et récompensé par le prix Décembre), Le Dossier M, livre 1 pouvait laisser au lecteur un sentiment d’achèvement : de la rencontre à la séparation, l’histoire de son amour (impossible) pour M, analysée durant près de 900 pages par Grégoire Bouillier (né en 1960), semblait avoir été menée jusqu’à son terme. Le livre ouvrait néanmoins une perspective peu réjouissante : Grégoire Bouillier entendait une voix le condamner à « dix ans de malheur. Une peine de dix ans. Un chagrin décennal ». Le Livre 2, qui vient de paraître, fait de ce long tunnel expiatoire la matière de son écriture. Lorsqu’on retrouve l’écrivain dans un café de Montparnasse, il lit Le Monde du 31 janvier 2018 et s’enthousiasme pour l’article consacré au livre du médecin américain Robert Lustig : The Hacking of The American Mind (Penguin, 2017, non traduit).
Vous avez l’impression que cet article scientifique entre en écho avec « Le Dossier M » ?
Oui, c’est vraiment génial ! On savait depuis longtemps que, dans le circuit neuronal de la récompense, il y a celui lié à la sérotonine, qui correspond à un état de bien-être et de bonheur, continu, et celui lié à la dopamine, lié au plaisir plus immédiat, discontinu. Mais ce que je découvre dans cet article, c’est qu’en fait il y a antagonisme. L’activation d’un circuit empêche celle de l’autre. Je réalise que le Livre 1 du Dossier M est sous sérotonine, et le Livre 2 sous dopamine. Dans le Livre 1, le narrateur est amoureux, il nage dans un état de bonheur, même si l’issue déçoit ses attentes. Dans le Livre 2, le bonheur lui a été retiré, et il cherche l’intensité dans les conduites addictives, le sexe aussi bien que le poker, l’alcool aussi bien que le visionnage intensif de séries. Là,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose des programmes à voir ou à écouter en différé.
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Une série d’animation et deux documentaires : nos idées de replays

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose des programmes à voir ou à écouter en différé.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 06h39
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Une série d’animation pour donner envie aux enfants de manger des fruits et des légumes, un documentaire qui décrypte l’influence de la publicité sur la société américaine des années 1950 et le récit de l’épopée des cadets de Saumur pendant la seconde guerre mondiale sont au menu de notre sélection hebdomadaire de replays.
« A table, les enfants ! » : fruits et légumes prennent la parole

Les recettes les plus simples sont parfois les meilleures. Animer et donner la parole à des fruits et légumes pour sensibiliser les enfants aux bienfaits qu’ils peuvent apporter sur la santé, est de celles-là. Dans « A table, les enfants ! », donc, chacun raconte sa vie, ses origines, ses qualités, les légendes qui lui collent à la peau, et la façon dont il peut être consommé, cuisiné, chaud ou froid.
L’artichaut qui cache sous ses feuilles un cœur et des poils a la réputation de faire tomber amoureux. Le bougre aime s’en vanter, de la même manière qu’il n’est pas peu fier de sa capacité à se transformer en fleur, si tant est qu’on veuille bien le laisser pousser. La pomme, de son côté, n’a pas à rougir, puisque riche en vitamines A, B, C, elle est fort appréciée des sportifs, tout comme l’abricot, au caractère bien trempé, que l’on aime consommer pour récupérer dans l’effort. Quant au concombre, s’il enrage de faire partie de la même famille que la citrouille, il a tout de même la vertu de donner bonne mine à ceux qui l’appliquent en rondelle sur le visage. Brocolis, ail, navet, poireau, épinard, banane, figue, poire… ont tous quelque chose à nous dire.
Chaque fruit et légume apparaît auprès de ses congénères sous sa forme animée, colorée et joyeuse pour se raconter, en usant de délicieux jeux de mots. Rien de mieux que cette série pour rendre sympathiques – et intéressants – ces mal-aimés des enfants. Véronique Cauhapé
A table, les enfants !, saison 2, série d’animation créée par Arnold Boiseau (Fr., 2017, 30 × 4 min). Sur Pluzz et sur YouTube.
« Mad Men : les hommes de la pub »



Entrer dans l’univers enfumé de la publicité par le biais des « vrais » Mad Men de Madison Avenue et des créateurs de la série semble relever d’une astuce… de publicitaire. Une astuce maligne et efficace qu’a choisie la réalisatrice Molly Hermann pour nous éclairer, avec érudition et sans ennui, sur l’influence exercée par la pub sur la société américaine des années 1950.
Dans l’euphorie de l’après-guerre, l’époque est propice. La crainte d’une dépression et trois décennies de privations jouent en la faveur des publicitaires, qui vont hisser l’acte d’achat au rang de geste patriotique. Afin de relancer le pays, rien de tel que de consommer beaucoup. Progressivement, la publicité impose des modes de vie aux citoyens, dont elle se charge aussi de façonner l’apparence. Pour une femme, il est ainsi de bon ton d’être bien coiffée, légèrement maquillée et de ne pas teindre ses cheveux (ça fait trop « gourgandine »). En pleine guerre froide, les réclames vont également présenter la maison comme une valeur refuge qui mérite toutes les attentions, et surtout tous les équipements dernier cri.
Les Américains entendent le message. En une décennie, ils seront vingt millions à quitter les villes pour les banlieues résidentielles, plus sûres. Seul hic, les Noirs, absents des publicités, le sont aussi de ces nouveaux lieux d’habitation. Comment faire, dès lors, pour les intégrer aux campagnes sans choquer les Blancs ? A découvrir dans ce documentaire passionnant. V. Ca.
Mad Men : les hommes de la pub, de Molly Hermann (EU, 2016, 55 min). Sur Histoire.fr
« Ces gamins-là, la bataille des cadets de Saumur »

Le 17 juin 1940, le maréchal Pétain appelle à l’arrêt des combats. A Saumur, le colonel Michon, qui dirige l’école des officiers de cavalerie, ne l’entend pas de cette oreille, lui qui a reçu l’ordre d’empêcher les Allemands de franchir la Loire. Le héros de la Grande Guerre convoque alors les cadets prêts à en découdre pour « sauver l’honneur de l’armée française » défaite, entre autres, à Dunkerque.
Placés sur quarante kilomètres le long du fleuve, entre Gennes et Montsoreau, quelque 550 jeunes élèves aspirants de réserve, équipés d’un armement inadapté et de peu de munitions, vont pendant trois jours (du 19 au 21 juin) tenter de contenir les Allemands, autrement plus nombreux (le rapport sur le terrain est évalué à 1 contre 10), mieux équipés et soutenus par leur aviation. Malgré leur défaite, dès l’issue des combats, le courage et la bravoure des cadets seront salués par le général allemand Kurt Feldt. Après leur avoir rendu les honneurs, celui-ci leur accordera quarante-huit heures pour rejoindre la ligne de démarcation à Loches. La plupart d’entre eux rejoindront le maquis ou l’armée de libération.
Pleine de panache et d’héroïsme, cette épopée des cadets de Saumur, de surcroît, ne fut pas vaine puisqu’elle permit à l’armée de Paris de ne pas être faite prisonnière. Ainsi que le relate un des anciens cadets qui témoignent dans ce film au tracé minutieux et fouillé, dont un des mérites est de nous faire (re)découvrir les visages de ces résistants de la première heure. Christine Rousseau
Ces gamins-là, la bataille des cadets de Saumur, de Jean-Paul Fargier (Fr., 2017, 50 min). Sur Lcp.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ A la scène, Vickie et Léo roucoulent leur vie de tourtereaux ; à la ville, c’est dans le même verre qu’ils sirotent leur piña colada.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/02/2018
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Un apéro avec The Pirouettes : carrément aimants


                      A la scène, Vickie et Léo roucoulent leur vie de tourtereaux ; à la ville, c’est dans le même verre qu’ils sirotent leur piña colada.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 10h03
    |

            Aureliano Tonet








                              

                        

La Saint-Valentin approche. « Quoi de plus à propos qu’un apéro avec The Pirouettes ? », propose-t-on à la rédactrice en chef. « Bingo ! », accepte-t-elle tout de go. Par la grâce d’un album et d’une flopée de EP, ce couple de chanteurs s’est niché dans bien des cœurs depuis ses premières roucoulades, en 2011. D’aucuns font même de nos tourtereaux les héros d’un romantisme 2.0, joliment géolocalisé : sur la drôle de map que dessinent leurs chansons, les amants se paument et se pâment en usant d’applis dernier cri, comme s’ils jouaient à mettre à jour la carte de Tendre jadis inventée par Madame de Scudéry.
Un verre, deux pailles
A la ville comme à la scène, les Pirouettes partagent tout, adresse mail comprise : « Rendez-vous mardi, à 17 heures, au Cannibale Café ! », arobasent-ils à l’unisson. Le date a lieu à deux pas de leurs pénates, dans un estaminet mignonnet du quartier de Belleville, à Paris. Banquettes moelleuses, moulures discrètes, plantes tropicales : idéal pour les cœurs voraces, le Cannibale.
Les deux lovers arrivent à l’heure au rancard, le happy hour bat son plein ; va pour une piña colada, qu’ils partagent en usant de la technique dite de la double paille, propice à tous les rapprochements. « Ici, ils ne servent que des olives avec les boissons… Désolés, tu ne pourras faire la blague “Pirouettes, cacahuètes” dans ton article ! », sourit le couple en sirotant, synchrone, son cocktail fruité.

Natacha, la serveuse du Cannibale, les dévore du regard : « C’est vous, les Pirouettes ? ! Votre morceau Dernier Métro, c’est un hymne ! Je l’écoute tôt le matin, après chaque gueule de bois… » Lui, c’est Léo, grand brun à la voix grave, tout en traits anguleux. Galant homme, il laisse les courbes à sa compagne, yeux en billes et boucles d’oreille qui brillent : elle s’appelle Victoria – qu’elle raccourcit en « Vickie » quand ça lui chante....




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nancy Pena.
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« Le chat Madame, grand reporter », par Nancy Pena (épisode 33)

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nancy Pena.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 07h11
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le président du  Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) explique qu’il ne s’agit pas d’annuler le bal de la « Nuit des Noirs », mais juste d’en changer la thématique pour rompre avec le passé colonial et le racisme.
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Louis-Georges Tin : « Le blackface est l’envers grimaçant de l’esclavage »

Dans une tribune au « Monde », le président du  Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) explique qu’il ne s’agit pas d’annuler le bal de la « Nuit des Noirs », mais juste d’en changer la thématique pour rompre avec le passé colonial et le racisme.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 10h43
    |

                            Louis-Georges Tin (Président du Conseil représentatif des associations noires de France)








                        



                                


                            
[Le carnaval de Dunkerque (du 6 janvier au 8 avril) est accusé par des associations antiracistes de promouvoir le blackface – pratique originaire d’Europe puis ­amplifiée aux Etats-Unis, qui consiste à se maquiller et incarner des caricatures stéréotypées de personnes noires –, à l’occasion du 50e anniversaire de la « Nuit des Noirs ». Ce bal, prévu le 10 mars, attire, depuis cinquante ans, des milliers de personnes. En décembre 2017, le footballeur français Antoine Griezmann avait déjà provoqué une vive indignation sur les réseaux sociaux et dans les opinions en publiant une photo où il apparaissait grimé en noir, hommage, selon lui, aux basketteurs des Harlem Globetrotters, dont il est fan. Il avait aussitôt présenté ses excuses pour ce geste « maladroit » et « blessant ».]

Tribune. Le 10 mars, au cours du carnaval de Dunkerque (Nord), les festivaliers entendent organiser une « Nuit des Noirs ». L’affiche est partout dans la ville : les fameux « Noirs » sont en fait des Blancs totalement grimés, bouche écarlate, os dans le nez ou dans les cheveux, pagnes de paille. Cette soirée est censée se tenir dans une salle cogérée par la ville, et aimablement prêtée par le maire, Patrice Vergriete, qui soutient sans complexe cet événement douteux.
Cette soirée s’inscrit dans la tradition ancienne du blackface, c’est-à-dire des déguisements raciaux. On se souvient bien sûr de la photo publiée le 17 décembre sur Twitter par le footballeur Antoine Griezmann, et ensuite retirée. Mais depuis quelques mois, plus de quinze affaires de ce genre ont défrayé la chronique. On se souvient, par exemple, de l’opéra de Lyon qui avait programmé un spectacle de Ravel, tout à fait vulgaire, avec du blackface.

Evoquons aussi le photographe Philippe Savoir, qui affirmait sans vergogne, en janvier dans Stupéfiant, sur France 2, qu’il ne fait pas de blackface, alors que son portfolio en ligne s’intitule...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Pour Patrice Vergriete, le carnaval de sa ville, porteur d’une tradition séculaire, n’est qu’une « transgression heureuse qui porte en elle de l’esprit de dérision et d’autodérision ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                     


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« Nuit des Noirs » au Carnaval de Dunkerque : le maire « défend un droit à la caricature »

Pour Patrice Vergriete, le carnaval de sa ville, porteur d’une tradition séculaire, n’est qu’une « transgression heureuse qui porte en elle de l’esprit de dérision et d’autodérision ».



Le Monde
 |    10.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 12h23
    |

Patrice Vergriete (Maire (divers gauche) de Dunkerque)







                        



                                


                            
[Le carnaval de Dunkerque (du 6 janvier au 8 avril) est accusé par des associations antiracistes de promouvoir le blackface – pratique originaire d’Europe puis ­amplifiée aux Etats-Unis qui consiste à se maquiller et incarner des caricatures stéréotypées de personnes noires –, à l’occasion du 50e anniversaire de la « Nuit des Noirs ». Ce bal, prévu le 10 mars, attire, depuis cinquante ans, des milliers de personnes. En décembre 2017, le footballeur français Antoine Griezmann avait déjà provoqué une vive indignation sur les réseaux sociaux et dans les opinions en publiant une photo où il apparaissait grimé en noir, hommage, selon lui, aux basketteurs des Harlem Globetrotters dont il est fan. Il avait aussitôt présenté ses excuses pour ce geste « maladroit » et « blessant ».]
Tribune. Depuis quelques jours et pour quelques semaines encore, les Dunkerquois « font carnaval ». L’expression « faire carnaval » dit la singularité de l’événement. En effet, à Dunkerque, le carnaval n’est pas un simple show destiné à éblouir des spectateurs passifs. Le carnaval, c’est l’œuvre des citoyens, c’est une ville qui se met en mouvement et rend hommage à son passé, tout en proclamant son désir d’avenir.
Il s’agit d’une tradition séculaire d’abord liée à la vocation maritime de la ville. Avant que les marins ne partent pour de longs mois pêcher au large de l’Islande, les armateurs offraient à ces derniers, jamais certains de revenir, un banquet, la foye, et la moitié de leur solde. Au fil des temps, c’est l’arrivée des « jours gras » d’avant-carême qui fut célébrée. La « pêche à l’Islande » n’est plus qu’un lointain souvenir, mais cette affirmation identitaire d’une cité que l’histoire n’a pas épargnée demeure au cœur du carnaval.
Certains s’étonnent de la longévité et de la vigueur de cette tradition. L’explication en est simple : les Dunkerquois expriment aujourd’hui par cette manifestation singulière leur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Sacré artiste masculin de l’année, le rappeur remporte aussi les trophées de la meilleure création audiovisuelle et de l’album de musiques urbaines
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Victoires de la musique : Orelsan, grand vainqueur de l’édition 2018

Sacré artiste masculin de l’année, le rappeur remporte aussi les trophées de la meilleure création audiovisuelle et de l’album de musiques urbaines



Le Monde
 |    10.02.2018 à 01h16
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 12h29
    |

            Sylvain Siclier








                        



   


Nommé dans trois catégories, sur les douze que comptait la 33e édition des Victoires de la musique, le rappeur Orelsan a donc fait un triplé, vendredi 9 février, lors de la cérémonie de remise des récompenses, diffusée en direct de la grande salle de La Seine musicale, sur l’île Seguin, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), par la chaîne de télévision France 2 et par la station de radio France Inter.
A la fin du programme de trois heures et demie, Orelsan a ainsi été proclamé artiste masculin de l’année, devant Bernard Lavilliers et Soprano, après avoir reçu la Victoire de l’album de musiques urbaines, autre façon de dire rap, pour La fête est finie, sorti le 20 octobre 2017. Sa troisième Victoire, celle de la création audiovisuelle, autre façon de dire vidéoclip, avait été remise plus tôt au duo Greg & Lio pour leur réalisation sur la chanson Basique.

        Lire aussi :
         

                Orelsan, amoureux au ban public



« Je voudrais remercier le public, sans qui je serais juste un type qui fait de la musique dans sa chambre », a commenté le rappeur de 35 ans, Aurélien Cotentin de son vrai nom. En 2012, il avait déjà glané deux Victoires (artiste révélation et album rap pour Le Chant des sirènes).
Hommage à Johnny

La soirée commence avec un hommage à Johnny Hallyday, avec @florentpagny et @slimaneoff sur "Requiem pour un fou"… https://t.co/iqV3Tc9LYm— France2tv (@France 2)


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La soirée, présidée par le chanteur et bassiste anglais Sting et présentée par l’animatrice Daphné Bürki, avait débuté par un hommage à Johnny Hallyday, mort le 6 décembre 2017 : la chanson Requiem pour un fou, interprétée par Slimane et Florent Pagny. D’autres hommages ont été rendus durant ce long programme, qui aurait gagné à alléger les intermèdes humoristiques qui, mis bout à bout, totalisent une bonne heure. La chanteuse Louane a interprété avec le pianiste Alain Lanty Evidemment, chanson de Michel Berger, pour évoquer France Gall, morte le 7 janvier. Et Etienne Daho a reçu une Victoire d’honneur.

   


Parmi les prix, trois sont allés aux chanteuses Charlotte Gainsbourg, artiste féminine de l’année, devant Catherine Ringer et Louane ; Camille, qui a reçu la Victoire du concert pour les spectacles de sa tournée produite par Uni-T ; l’album révélation a été attribué à Petite Amie, sorti en avril 2017, de la chanteuse et pianiste Juliette Armanet. La Victoire de l’album de chansons est allée à Géopoétique, de MC Solaar, sorti le 3 novembre 2017, dix ans après Chapitre 7, qui lui avait valu une Victoire dans la catégorie album de musiques urbaines. Enfin la chanson originale, seule récompense qui résulte du vote du public, est Dommage, écrite par Florian et Olivio Ordonez, dits Bigflo & Oli, composée avec Stromae.

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Alors que les Victoires de la musique génèrent parfois des prises de parole en lien avec l’actualité non musicale, la 33e édition s’est contentée des remerciements d’usage de la part des artistes.

Le palmarès complet des 33es Victoires de la musique
Artiste masculin de l’année : Orelsan
Artiste féminine de l’année : Charlotte Gainsbourg
Album révélation : Petite amie de Juliette Armanet
Révélation scène : Gaël Faye
Album de chansons : Géopoétique de MC Solaar
Album des musiques du monde : Lamomali de Matthieu Chedid, Toumani & Sidiki Diabate, Fatoumata Diawara
Album rock : The Evol’ de Shaka Ponk
Album de musiques urbaines : La fête est finie d’Orelsan
Album musiques électroniques : Temperance de Dominique Dalcan
Création audiovisuelle : le clip de Basique d’Orelsan
Chanson originale : Dommage de Bigflo & Oli
Spectacle musical/Tournée/Concert : Camille
Victoire d’honneur : Etienne Daho





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Notre choix du soir. Ce documentaire retrace l’histoire du seul Lebensborn français, installé par les nazis dans le but de créer une race aryenne (sur RMC Découverte à 20 h 50).
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TV – « France, la nurserie oubliée du IIIe Reich »

Notre choix du soir. Ce documentaire retrace l’histoire du seul Lebensborn français, installé par les nazis dans le but de créer une race aryenne (sur RMC Découverte à 20 h 50).



Le Monde
 |    09.02.2018 à 17h45
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur RMC Découverte à 20 h 50

Un grand manoir cos­su de style néonormand, niché au cœur de la forêt de Chantilly, près du village de Lamorlaye (Oise). Ce lieu bucolique et apaisant qui appartenait à la famille Meunier (celle des chocolats) a abrité, pendant quelques mois de l’année 1944, une maternité d’un genre spécial, dotée d’un matériel médical de pointe et de tout le confort possible.
Il a fallu attendre longtemps après la guerre pour que soit révélée au public que, entre février et août 1944, ce manoir abritait une pouponnière faisant partie du Lebensborn (« fontaines de vie »), gigantesque système de nurseries placées sous l’autorité de la SS et destinées à peupler les immenses territoires du Reich d’une population de race pure et germanique. Un très officiel ordre de procréation, mis au point par Himmler, avait été lancé quelques années auparavant. Et, outre une dizaine de centres du Lebensborn sur le territoire allemand, des pouponnières avaient été installées par les SS en Belgique, aux Pays-Bas, au Danemark et en Norvège, pays considérés comme aptes à donner au Reich des enfants aryens.
La France, pays plus compliqué aux yeux des dirigeants nazis, aura eu droit à une seule nurserie de ce type, choix décidé en 1943. Une vingtaine de femmes y accoucheront, un peu moins d’une trentaine d’enfants y naîtront. Leurs pères, allemands, sont majoritairement membres de la SS. En moins de dix ans d’existence, des milliers de nourrissons ont vu le jour dans ces centres disséminés en Europe.

   


Fondé sur les travaux du journaliste Boris Thiolay, auteur d’un ouvrage remarqué (Lebensborn, la fabrique des enfants parfaits), paru chez Flammarion en 2012, ce documentaire inédit retrace l’histoire du seul établissement français du Lebensborn, personnifiée face caméra par Erwin Grinski, né dans ce manoir, en mai 1944, et que Thiolay, après de longues recherches, a retrouvé du côté d’Avignon.
Jusqu’à une date récente, cet homme ignorait tout de ses origines et semble visiblement bouleversé par ce qu’il découvre. « Je n’ai repris mon prénom d’Erwin qu’après la mort de ma mère. Avant, pour l’état civil, je m’appelais Hervé. Ma mère me disait de ne jamais parler de l’Allemagne ou de la guerre. » Les recherches permettront de prouver que la mère d’Erwin était une Polonaise de Poméranie, arrivée en France à l’âge de 10 ans. Son père, qu’Erwin pensait infirmier et antinazi, était membre de la garde personnelle d’Hitler, avec le matricule SS 35133.
Bébés abandonnés
Juste après ce documentaire étonnant, mais parfois un peu décousu, les programmateurs ont eu la bonne idée de diffuser Lebensborn : les pouponnières du IIIe Reich, remarquable travail signé Romain Icard que les téléspectateurs de France 3 avaient pu apprécier en mars 2014. Retraçant l’histoire de ces maternités pas comme les autres, regorgeant d’images d’archives rares, ce documentaire de 52 minutes débute par la découverte, le 3 mai 1945, par les soldats américains, d’une grande maison à Steinhöring ­ (Bavière) où sont entassés des centaines de bébés abandonnés. C’est là que toute l’histoire du Lebensborn a débuté, c’est là qu’elle s’est terminée. Autre point fort du documentaire : les témoignages de citoyens norvégiens, nés de pères allemands dans les centres du Lebensborn installés en Norvège, qui racontent les sévices subis après la guerre dans leur pays.
France, la nurserie oubliée du IIIe Reich, de Laurent Marocco et Françoise-Renée Jamet (France, 2017, 70 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ A Chaillot, le chorégraphe dessine une fresque de femmes libres, s’éloignant de l’histoire originelle.
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Danse : les Carmen(s) de José Montalvo voient rouge

A Chaillot, le chorégraphe dessine une fresque de femmes libres, s’éloignant de l’histoire originelle.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 17h36
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

José Montalvo court après Carmen, qui cavale à toute vitesse. Il lui parle en français, elle lui répond en espagnol, puis en coréen, et le concert de langues finit dans un éclat tonitruant de Georges Bizet lancé à fond la caisse. Carmen(s), comme l’indique son titre, est multiple et universelle. Elle exhibe ses visages multicolores en clamant haut son appétit de vivre. Sur le plateau, neuf femmes et sept hommes se poursuivent en dansant flamenco, classique, hip-hop et même tradi coréen, comme le veut le style métis de Montalvo. Son écriture montée sur ressorts décale le scénario tragique et mortel de la Carmen de Mérimée en une fresque bondissante de femmes libres qui voient rouge en dansant fort pendant que les hommes rampent derrière elles.
La démultiplication de Carmen désirée par José Montalvo entraîne un traitement dramaturgique en pointillé. Au risque même que l’histoire originelle se laisse parfois oublier. Pourquoi pas ! C’est l’une des interprètes (Rosa Herrador) qui raconte l’affaire en espagnol, immédiatement traduite en français par un hip-hopeur (Karim Ahansal). Ce parti pris fait du scénario une sorte de récitation, dédramatisée et peu incarnée sur scène. C’est l’optimisme qui gagne avec la victoire des filles qui revendiquent leur choix amoureux et leur plaisir. S’il faut mettre un bémol à cette version féministe qui fait un pas de côté : on a la sensation d’arriver après la bataille de Carmen, et de ne pas avoir vraiment traité le sujet attendu dans le titre.

Plus que mettre en scène Carmen et se plier à sa loi, Montalvo l’entraîne dans son esthétique. Il ouvre des portes à l’imagination en décollant de la narration stricte. Jusqu’à inclure sous l’aile de la bohémienne le thème des migrants ! La variété des danses illustre bien le point de vue de Montalvo. Le flamenco, mouvement ascensionnel, colle impec à Carmen. Il en exacerbe l’excitation, la rage, la fougue, mais aussi l’envie de piétiner, d’écraser...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ A voir aussi ce soir. Jean-Paul Fargier retrace le combat héroïque de ces élèves officiers contre les troupes allemandes en juin 1940 (sur LCP à 20 h 30).
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TV – « Ces gamins-là, la bataille des cadets de Saumur »

A voir aussi ce soir. Jean-Paul Fargier retrace le combat héroïque de ces élèves officiers contre les troupes allemandes en juin 1940 (sur LCP à 20 h 30).



Le Monde
 |    09.02.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 17h46
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur LCP à 20 h 30

Sur la Seine, à Paris, entre deux victoires de la seconde guerre mondiale, célébrées par les ponts de Bir Hakeim et du Garigliano, s’est glissée il y a peu, une autre victoire, morale celle-ci, sur le pont de Grenelle, rebaptisé en juin 2016 « pont de Grenelle-Cadets-de-Saumur ». Ceux à qui aurait échappé cette nouvelle appellation et qui aimeraient savoir ce qu’elle recouvre, on conseillera vivement le documentaire que Jean-Paul Fargier consacre à ces héros méconnus.
Le 17 juin 1940, alors que Pétain appelle à l’arrêt des combats, à Saumur, le colonel ­Michon, qui dirige l’école des officiers de cavalerie, ne l’entend pas de cette oreille, lui qui a reçu l’ordre d’empêcher les Allemands de franchir la Loire. Ordre contredit par Paris qui l’invite, lui et ses élèves, à se replier sur Montauban. Après y avoir envoyé les forces non combattantes, ainsi que les pur-sang du Cadre noir convoités par les Allemands, le héros de la Grande Guerre convoque les cadets prêts à en découdre pour « sauver l’honneur de l’armée française » défaite, entre autres, à Dunkerque.
A un contre dix
Placés sur 40 kilomètres le long du fleuve, entre Gennes et Montsoreau, quelque 550 jeunes élèves aspirants, équipés d’un armement inadapté et de peu de munitions, vont, du 19 au 21 juin, tenter de ­contenir les Allemands, autrement plus nombreux (le rapport sur le terrain est évalué à 1 contre 10), mieux équipés et soutenus par leur aviation. Malgré leur défaite, dès l’issue des combats, le courage et la bravoure des cadets seront ­salués par le général allemand Kurt Feldt. Après leur avoir rendu les honneurs, celui-ci leur accordera quarante-huit heures pour rejoindre la ligne de démarcation, à Loches. La plupart rejoindront le maquis ou l’armée de libération.

   


Pleine de panache et d’héroïsme, cette épopée des cadets de Saumur, de surcroît, ne fut pas vaine puisqu’elle permit à l’armée de Paris de ne pas être faite prisonnière. Ainsi que le relate un des anciens cadets qui témoignent dans ce film au tracé minutieux et fouillé, dont les reconstitutions, cependant, se révèlent quelque peu superflues. Un grief qui n’obère pas les qualités de ce ­documentaire, dont celle, en premier lieu, de nous faire (re)découvrir les visages de ces ­résistants de la première heure.
Ces gamins-là, la bataille des cadets de Saumur, de Jean-Paul Fargier (Fr., 2017, 50 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Ce jeune trio à l’electro pop dévergondée revendique son appartenance au quartier de la nuit parisienne.
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Therapie Taxi s’épanouit à Pigalle

Ce jeune trio à l’electro pop dévergondée revendique son appartenance au quartier de la nuit parisienne.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 16h51
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 17h48
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

Dans leur curieux patronyme – Therapie Taxi –, retenez la thérapie. Le chanteur à la moustache de gondolier qui fait chalouper la salle est un fan absolu d’Irvin Yalom, le psychanalyste et romancier américain. « Le thérapeute doit prendre en compte tout que ce qu’il met dans l’échange. L’ici et maintenant… », dit notre homme. Et c’est exactement ce qu’il fait en concert : l’ici et maintenant. Une générosité de soi qui pousse Raphaël Zaoui, alias « Raph », à inviter la moitié de la salle à le rejoindre sur scène au milieu des volutes de chaleur et d’électricité. Le sacre de l’autre comme un antidote à la solitude : la salle de La Maroquinerie, à Paris, transformée en un de ces tableaux de Delacroix qu’« Adé » trouve sublimes.

Adé, c’est la fille. Licence d’histoire de l’art à la Sorbonne. Déhanchée. Cheveux châtains. Yeux clairs. Frêle soprano qui vous chante Va te faire enc., salope avec un air de biche ennuyée. Adélaïde Chabannes de Balsac. Le père, architecte, peintre, ex-punko-arty, a biberonné ses filles à l’art pendant que la mère, décoratrice, bossait chez Ralph Lauren. A 22 ans, elle habite toujours chez ses parents, bonne élève le jour, fêtarde la nuit. « Moi, je vomis les mots, s’amuse Raph. Adé, elle a des colères froides. Si tu lui demandes de faire la gueule sur scène, elle est parfaite. On l’a surnommée “Gradur”. »
Renaud, le troisième du groupe, acquiesce en ­rigolant à l’évocation du rappeur de Roubaix. Il est l’homme-orchestre, basse, console de l’ordi, synthés… Ça ne le gêne pas, Renaud Bizart, le gamin de Villepinte, de rester à l’arrière du trio. Avec sa coupe peroxydée, il a longtemps fait les poubelles pour se nourrir. On appelle cela le freeganisme. Manger ­végétarien en récupérant la nourriture là où elle est gâchée. « Une sorte de hacking de la vraie vie », dit-il de sa voix calme alors qu’on les retrouve dans un rade accroché à Montmartre.
Un quartier,...



                        

                        

