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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ La caméra se rapproche lentement d’un visage au regard figé : pourquoi  rencontre-t-on si fréquemment ce plan  dans l’œuvre du réalisateur américain ?
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La sidération selon Steven Spielberg

La caméra se rapproche lentement d’un visage au regard figé : pourquoi  rencontre-t-on si fréquemment ce plan  dans l’œuvre du réalisateur américain ?



Le Monde
 |    10.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 16h53
    |

            Gabriel Coutagne








                        



                                


                            

Il fait un peu froid en cette nuit d’automne et Elliott, lampe de poche à la main, s’est endormi dans un rocking-chair. Un bruit le réveille, venu de l’abri de jardin. Une petite silhouette étrange en sort doucement. La caméra se rapproche lentement vers le regard figé du petit garçon qui découvre, pour la première fois, ET.
En quelques secondes, Steven Spielberg fixe une expression si récurrente dans ses films que les fans lui ont donné un nom : la « Spielberg face ». Meryl Streep emprunte le même air, entre méditation et stupéfaction, lorsque le personnage qu’elle incarne, Katharine Graham, décide de publier les Pentagon Papers dans le film du même nom, sorti le 24 janvier. Une différence cependant : ses yeux sont dans le vide.


« Les yeux grands ouverts, sans voix et fixant quelque chose de fascinant, alors que le temps semble s’arrêter », décrit ­Kevin B. Lee, critique, vidéaste et auteur d’un clip de neuf minutes consacré au procédé cinématographique du cinéaste américain. Lee considère d’ailleurs que Rencontres du troisième type (1977), point de bascule dans la filmographie de Spielberg, marque l’apparition de cette séquence expressive : le regard de François Truffaut, qui incarne le professeur Lacombe, bouche entrouverte, se fige, comme pour signifier que ce qu’il voit est si étonnant qu’on ne peut pas (encore) le montrer.
Ce procédé n’est pas une invention du réalisateur américain : bien avant lui, on pourrait citer, selon le critique américain, des plans de Michael Curtiz dans Casablanca (1943) ou de John Ford dans La Chevauchée fantastique (1939).
« Le point commun des héros de Spielberg dans cet état, c’est la sidération », analyse Pascal Couté, professeur d’esthétique et cinéma à l’université de Caen-Normandie. Ou plutôt, « un mélange de sidération et d’accueil » dans les premiers films, précise ce spécialiste du réalisateur américain. Puis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Analyse. Le royaume – qui ressent la pression des organisations humanitaires et de ses alliés occidentaux – se dit prêt à demeurer au Yémen aussi longtemps que nécessaire, convaincu que les houthistes ne cesseront jamais de lui mener la guerre avec l’aide de l’Iran, explique le journaliste du « Monde », Louis Imbert.
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Riyad désespère de mettre fin à sa guerre au Yémen

Analyse. Le royaume – qui ressent la pression des organisations humanitaires et de ses alliés occidentaux – se dit prêt à demeurer au Yémen aussi longtemps que nécessaire, convaincu que les houthistes ne cesseront jamais de lui mener la guerre avec l’aide de l’Iran, explique le journaliste du « Monde », Louis Imbert.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 11h12
    |

            Louis Imbert (Service International)








                        



                                


                            

Analyse. Une affaire intérieure yéménite. C’est ainsi que des officiels saoudiens qualifiaient, fin janvier à Riyad, les heurts qui approchaient à grand pas à Aden, la principale cité portuaire du sud du Yémen. Le royaume saoudien ne paraissait pas troublé par la contestation qui montait alors contre son allié, le gouvernement yéménite d’Abd Rabbo Mansour Hadi, et qui a dégénéré en combats ouverts dans la ville les 29 et 30 janvier, faisant au moins 38 morts.
Riyad a d’excellentes raisons de rechigner à mettre le doigt dans cette affaire. Elle oppose deux de ses alliés yéménites, qui l’assurent de leur attachement indéfectible tout en s’étranglant l’un l’autre.

D’un côté, les maigres forces du gouvernement yéménite, incapable d’assurer ses fonctions régaliennes et dont le président est en exil à Riyad ; de l’autre, un mouvement séparatiste du sud du Yémen divisé, contesté, confus, mais qui jouit d’un réel soutien populaire. Ce mouvement « sudiste » s’est imposé depuis trois ans comme le meilleur garant de la sécurité d’Aden. Il rêve à haute voix d’indépendance. Sans surprise, il a montré sa supériorité dans les rues de la ville.
Une coalition de pays arabes sunnites
L’Arabie saoudite s’est engagée militairement au Yémen en mars 2015. Elle lutte, à la tête d’une coalition de pays arabes sunnites, contre la rébellion chiite houthiste, issue du nord du pays, qui s’est emparée de la capitale, Sanaa, en septembre 2014, et qui contrôle aujourd’hui les zones les plus peuplées du pays, dans sa moitié nord. Les provinces de la bande côtière du sud sont « libérées », selon la terminologie saoudienne : les houthistes en ont été pour l’essentiel chassés. La « légitimité » du gouvernement yéménite y est préservée, et Aden en est la « capitale temporaire ». Que le Sud vive donc, qu’il règle en famille ses divisions internes et s’apaise : c’est ainsi que Riyad voit les choses.
Le président Hadi, haï par les séparatistes,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Il aura fallu près de quinze ans de déclin de l’apiculture pour que l’exécutif européen se penche sur les méthodes d’évaluation des risques, déplore dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ».
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« Toutes les procédures d’évaluation des risques des pesticides sur les abeilles sont, au minimum, très discutables »

Il aura fallu près de quinze ans de déclin de l’apiculture pour que l’exécutif européen se penche sur les méthodes d’évaluation des risques, déplore dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ».



Le Monde
 |    10.02.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 15h39
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Chronique. L’information qui va suivre est si invraisemblable que le lecteur voudra sans doute en contrôler la véracité. Qu’il se rassure : il pourra remonter à sa source pour en vérifier l’exactitude. De quoi s’agit-il ? D’abeilles, de pesticides et de la manière dont les risques de ceux-ci sont évalués. Pour comprendre, il faut savoir qu’avant d’être autorisé, un produit phytosanitaire doit passer un certain nombre de tests réglementaires attestant de sa sûreté, pour la santé et l’environnement. Parmi ces tests s’en trouve un très intéressant, qui a par exemple permis de « montrer » que les fameux néonicotinoïdes (mais aussi beaucoup d’autres « phytos ») ne présentent pas de risques importants pour les abeilles.
C’est un peu comme si on évaluait le risque tabagique en faisant fumer à des cobayes une cigarette par an
Le test impose de placer une colonie devant une parcelle d’au plus 1 hectare, traitée avec l’insecticide. A grands traits, si rien de particulier n’est constaté sur la colonie, cela plaide en faveur de l’octroi d’une autorisation de mise sur le marché.
Mais si vous avez la plus petite once de savoir apicole, vous savez que ces hyménoptères butinent jusqu’à 5 km, voire plus, autour de leur ruche, couvrant ainsi une surface de quelque 80 km2. En plaçant la colonie devant un champ de 1 hectare, le test réglementaire n’expose donc les insectes qu’à un dix-millième environ de leur exposition potentielle en situation réelle, dans un environnement de grandes cultures. Bref, c’est un peu comme si on évaluait le risque tabagique en faisant fumer à des cobayes une cigarette par an.

Tout cela est clairement détaillé, non par Greenpeace, ou quelque organisation malfaisante vouée à la destruction de l’agriculture moderne, mais par un groupe de scientifiques réunis par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), et qui a rendu son avis au printemps 2012 (le lecteur pourra consulter l’avis intitulé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Editorial. Eclipsant la compétition sportive, le dictateur nord-coréen, Kim Jong-un, a fait de l’affirmation de son pouvoir le véritable enjeu des Jeux olympiques, ouverts vendredi en Corée du Sud.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Les JO de la Corée du Nord

Editorial. Eclipsant la compétition sportive, le dictateur nord-coréen, Kim Jong-un, a fait de l’affirmation de son pouvoir le véritable enjeu des Jeux olympiques, ouverts vendredi en Corée du Sud.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 14h28
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Ils se déroulent au sud du 38e parallèle, mais les Jeux olympiques d’hiver, qui se sont ouverts vendredi 9 février à Pyeongchang, s’annoncent comme les Jeux du Nord. Eclipsant la compétition sportive, le régime du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a réussi ces dernières semaines à dominer la scène médiatique et diplomatique autour des préparatifs.
Dans le mois qui a suivi l’annonce de la partici­pation de 22 athlètes nord-coréens, le dictateur de Pyongyang a imposé son tempo aux discussions sur les équipes conjointes et le cérémonial ; il a fait de l’affirmation de son pouvoir, au-delà du sport, le véritable enjeu de ces JO.
Depuis son élection, en mai 2017, le président sud-coréen, Moon Jae-in, a tout fait pour que ces Jeux soient ceux de la paix et du rapprochement avec le frère ennemi du Nord, dans l’espoir de favoriser la dénucléarisation. De cette première journée, pourtant, ce n’est pas le visage de cet hôte accueillant que l’on retiendra, mais celui d’une jeune femme que le monde découvrait sans le filtre de l’imagerie officielle de Pyongyang : Kim Yo-jong, la sœur cadette de Kim Jong-un.
Une invitation
Première personnalité de la dynastie Kim à la tête du régime à se rendre dans la partie sud de la péninsule depuis la fin de la guerre de Corée, Kim ­Yo-jong a volé la vedette aux dirigeants de Séoul. C’est elle qui, samedi, a transmis au président Moon une invitation à se rendre en Corée du Nord « dès que possible ».

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                JO : Kim Yo-jong, sœur et émissaire de confiance de Kim Jong-un



Pyongyang a, certes, fait quelques pas en direction de Séoul, à commencer par le renoncement, depuis le 28 novembre 2017, à tout essai balistique. En retour, M. Moon a demandé aux Etats-Unis de repousser les manœuvres militaires qu’ils devaient organiser avec le Sud, ce qu’ils ont fini par accepter, malgré leurs réticences. Désireux de célébrer ces Jeux de la paix avec la Corée du Nord, M. Moon a également dû demander aux Nations unies de faire une exception pour que des personnalités nord-coréennes sous le coup de sanctions puissent venir au Sud.

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                Jeux olympiques : Pour la Corée, « un nouveau pas a été franchi »



Le régime de Kim Jong-un ne s’est pas privé de placer la Corée du Sud en porte- à-faux avec son grand allié américain. A vrai dire, la rhétorique et les Tweet provocateurs du président Donald Trump, qui s’est vanté d’avoir « un plus gros bouton nucléaire » que Kim Jong-un, lui ont facilité la tâche.
Le piège de l’offensive de charme de Pyongyang
Dans la même veine, le rejet par l’entourage de M. Trump de la nomination de Victor Cha comme ambassadeur américain à Séoul, poste vacant depuis un an, n’a pas contribué à mettre de l’huile dans les rouages. Ancien conseiller de George W. Bush, M. Cha ne passe pas pour une ­colombe, mais il a commis le sacrilège de critiquer l’idée de frappes préventives ­contre la Corée du Nord.
Le vice-président américain, Mike Pence, qui dirige la délégation des Etats-Unis aux Jeux, est visiblement déterminé à ne pas tomber dans le piège de l’offensive de charme de Pyongyang. Il a donc refusé de serrer la main du chef de l’Etat nord-coréen, aux fonctions honorifiques, Kim Yong-nam, qui accompagnait la sœur du dictateur à l’ouverture des JO, et s’est éclipsé au bout de quelques minutes de la réception organisée en marge de la cérémonie.
Vue de Washington, une telle intimité avec des hauts personnages du régime dictatorial nord-coréen reviendrait à cautionner la réalité de la puissance nucléaire fraîchement acquise par Pyongyang, en dépit de tous les avertissements de la communauté internationale. Une réalité qui reste inacceptable.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Le directeur de recherche Etienne Ghys regrette que les maths souffrent d’un « déficit d’image ».
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« L’enseignement des mathématiques ne doit pas avoir vocation à former une élite »

Le directeur de recherche Etienne Ghys regrette que les maths souffrent d’un « déficit d’image ».



Le Monde
 |    10.02.2018 à 09h45
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 10h32
    |

                            Mattea Battaglia








                        



                                


                            
Sans contester le manque d’appétence des élèves français pour les mathématiques, Etienne Ghys, directeur de recherche (CNRS) à l’Ecole normale supérieure de Lyon, plaide pour que l’on fasse confiance aux enseignants pour y remédier. Il partage certaines des pistes identifiées par la mission « Villani-Torossian » pour redonner de l’élan à l’enseignement de cette discipline perçue comme élitiste en France, ce qu’il explique regretter.
L’enseignement des mathématiques et, plus généralement, des sciences en France est pointé du doigt, enquête après enquête. Ce tableau vous semble-t-il fondé ?
Ce qui m’impressionne toujours dans ces enquêtes, qu’elles soient nationales ou internationales, c’est qu’elles essaient de nous convaincre qu’il existe une justesse universelle ; qu’on devrait enseigner les mathématiques de la même manière à New York, à Singapour ou à Paris. Or, s’il est vrai qu’on obtient bien, partout, le même résultat quand on multiplie « 3 × 12 », ou qu’un théorème se vérifie quel que soit le lieu, je ne vois pas de raisons objectives d’enseigner les mathématiques de la même manière partout.

La recherche en mathématiques se pratique différemment d’un lieu à un autre. Quand j’étais étudiant, durant la guerre froide, je peux vous assurer qu’on n’attaquait pas les mathématiques à l’Est comme on le faisait à l’Ouest. Les mathématiques soviétiques étaient imprégnées de physique, ce qui n’était pas du tout le cas des mathématiques françaises influencées, dans les années 1960-1970, par le groupe Bourbaki. Les mathématiques ont une histoire ; les choix que l’on fait, les styles d’approches sont marqués par une culture locale.
Le discours décliniste se diffuse pourtant dans la société. Comparativement aux autres pays, la France a-t-elle décroché ?
Je le répète : il est utile de prendre un peu de distance par rapport aux enquêtes internationales. Les comparaisons nous amènent parfois...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans sa chronique au « Monde », l’économiste exprime certaines réserves sur la mise en œuvre de la nouvelle plate-forme d’inscription post-bac.
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Thomas Piketty : « Parcoursup : peut mieux faire »

Dans sa chronique au « Monde », l’économiste exprime certaines réserves sur la mise en œuvre de la nouvelle plate-forme d’inscription post-bac.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 10h29
    |

                            Thomas Piketty (Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris)








                        



                                


                            

Chronique. Chaque société a besoin d’un grand récit pour justifier ses inégalités. Dans les sociétés contemporaines, il s’agit du récit méritocratique : l’inégalité moderne est juste, car elle découle d’un processus librement choisi où chacun a les mêmes chances. Le problème est qu’il existe un gouffre béant entre les proclamations méritocratiques officielles et la réalité.
Aux Etats-Unis, les chances d’accès à l’enseignement supérieur sont presque entièrement déterminées par le revenu des parents : elles sont d’à peine 20 % pour les 10 % les plus pauvres, et dépassent 90 % pour les 10 % les plus riches. Encore faut-il préciser qu’il ne s’agit pas du tout du même enseignement supérieur dans les deux cas. Il est possible que les choses soient un peu moins extrêmes en France. Mais en vérité on ne sait pas très bien, car il est impossible d’accéder aux mêmes données.
« Malheureusement, il est à craindre que tout cela ne fasse que renforcer l’inégalité et l’opacité du système »
Dans un tel contexte, la réforme du système d’affectation des étudiants, avec le passage de la plateforme APB à Parcoursup, est potentiellement pleine de promesses. Malheureusement, il est à craindre que tout cela ne fasse que renforcer l’inégalité et l’opacité du système. Précisons d’emblée que la prise en compte des notes, des séries et du dossier scolaire dans les admissions universitaires (principale nouveauté de Parcoursup) n’est pas forcément une mauvaise chose en soi.
A partir du moment où les notes sont prises en compte depuis toujours pour les admissions en classes préparatoires (dans le cadre d’APB comme de Parcoursup), ce que personne ne semble remettre en cause, on voit mal pourquoi elles ne joueraient aucun rôle pour les universités. Certes, les notes ne sont pas toujours justes, et le système de notation lui-même doit être repensé. Mais elles contiennent tout de même un peu d’information utile, a priori davantage que le tirage au sort...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ RAPPORT D’ÉTONNEMENT. Parce que c’est aujourd’hui que l’avenir se prépare, une fondation américaine cherche à nous inciter à penser à très, très long terme. Avec notamment une horloge qui sonnerait à chaque millénaire.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Cap sur le long maintenant

RAPPORT D’ÉTONNEMENT. Parce que c’est aujourd’hui que l’avenir se prépare, une fondation américaine cherche à nous inciter à penser à très, très long terme. Avec notamment une horloge qui sonnerait à chaque millénaire.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 07h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Le 13 mars, Steven Pinker, professeur de psychologie à Harvard (Massachusetts), sera invité à s’exprimer sur sa conception du « très long terme » par la Long Now Foundation (Fondation du long maintenant). Ce sera à la salle SF Jazz Center de San Francisco (Californie), où la fondation organise régulièrement des conférences.
C’est aussi dans cette ville qu’est exposé un des prototypes de « l’Horloge du long maintenant », conçue pour durer 10 000 ans. Fabriquée en matériaux indestructibles, la véritable horloge, en cours de construction au sommet d’une montagne, au Texas, sur la propriété du patron d’Amazon, Jeff Bezos – un des financiers de ce projet fou –, sera suspendue à 90 mètres de hauteur. Actionnée par des procédés mécaniques, se réglant sur la lumière solaire, sa petite aiguille avancera d’un cran une fois par an, la grande, tous les cent ans, et elle carillonnera à chaque millénaire.
Les promoteurs de la Fondation du long maintenant, créée en 1996, sont des personnalités connues de la contre-culture expérimentale et high-tech. Le nom de l’institution a été trouvé par le musicien britannique Brian Eno, un des pionniers de l’ambient music et du ­sampling. Il en explique le concept de base sur le site ­Longnow.org : « Nous devons agir de telle manière que nos actes présents s’inscrivent dans la perspective d’un temps très long. » Car, rappelle Eno, « il n’y a pas si longtemps nous avons accepté l’esclavage (…), employé les enfants dans les mines (…), [rejeté] les voix des femmes (…), considéré des humains comme des sauvages », autant de certitudes qui nous semblent aujourd’hui inacceptables. Or, à ces époques, quelques personnes déjà refusaient ces comportements, et étaient capables de concevoir, « avec une foi totale », un monde dépourvu de ces réalités. Et pourquoi ? Parce qu’ils pensaient à l’avenir de l’humanité « sur le long terme », refusant les avantages du court terme :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le président du  Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) explique qu’il ne s’agit pas d’annuler le bal de la « Nuit des Noirs », mais juste d’en changer la thématique pour rompre avec le passé colonial et le racisme.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/02/2018
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Louis-Georges Tin : « Le blackface est l’envers grimaçant de l’esclavage »

Dans une tribune au « Monde », le président du  Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) explique qu’il ne s’agit pas d’annuler le bal de la « Nuit des Noirs », mais juste d’en changer la thématique pour rompre avec le passé colonial et le racisme.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 10h43
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                            Louis-Georges Tin (Président du Conseil représentatif des associations noires de France)








                        



                                


                            
[Le carnaval de Dunkerque (du 6 janvier au 8 avril) est accusé par des associations antiracistes de promouvoir le blackface – pratique originaire d’Europe puis ­amplifiée aux Etats-Unis, qui consiste à se maquiller et incarner des caricatures stéréotypées de personnes noires –, à l’occasion du 50e anniversaire de la « Nuit des Noirs ». Ce bal, prévu le 10 mars, attire, depuis cinquante ans, des milliers de personnes. En décembre 2017, le footballeur français Antoine Griezmann avait déjà provoqué une vive indignation sur les réseaux sociaux et dans les opinions en publiant une photo où il apparaissait grimé en noir, hommage, selon lui, aux basketteurs des Harlem Globetrotters, dont il est fan. Il avait aussitôt présenté ses excuses pour ce geste « maladroit » et « blessant ».]

Tribune. Le 10 mars, au cours du carnaval de Dunkerque (Nord), les festivaliers entendent organiser une « Nuit des Noirs ». L’affiche est partout dans la ville : les fameux « Noirs » sont en fait des Blancs totalement grimés, bouche écarlate, os dans le nez ou dans les cheveux, pagnes de paille. Cette soirée est censée se tenir dans une salle cogérée par la ville, et aimablement prêtée par le maire, Patrice Vergriete, qui soutient sans complexe cet événement douteux.
Cette soirée s’inscrit dans la tradition ancienne du blackface, c’est-à-dire des déguisements raciaux. On se souvient bien sûr de la photo publiée le 17 décembre sur Twitter par le footballeur Antoine Griezmann, et ensuite retirée. Mais depuis quelques mois, plus de quinze affaires de ce genre ont défrayé la chronique. On se souvient, par exemple, de l’opéra de Lyon qui avait programmé un spectacle de Ravel, tout à fait vulgaire, avec du blackface.

Evoquons aussi le photographe Philippe Savoir, qui affirmait sans vergogne, en janvier dans Stupéfiant, sur France 2, qu’il ne fait pas de blackface, alors que son portfolio en ligne s’intitule...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au «Monde », l’écrivaine Tristane Banon - reconnue en 2011 victime d’agression sexuelle par le parquet de Paris, ne veut pas d’une « guerre des sexes, mais d’une paix des corps ».
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Tristane Banon : « Les femmes ne sont pas des victimes, mais elles sont lassées »

Dans une tribune au «Monde », l’écrivaine Tristane Banon - reconnue en 2011 victime d’agression sexuelle par le parquet de Paris, ne veut pas d’une « guerre des sexes, mais d’une paix des corps ».



Le Monde
 |    10.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 09h46
    |

Tristane Banon (écrivaine)







                        



                                


                            

Tribune. Pendant des jours, des semaines, on m’a demandé de parler de la révolution féministe que nous vivons. Pendant des jours, des semaines, je ne l’ai pas fait. Silencieuse, encore, sale arrière-goût du passé. J’avais une vie à vivre, j’avais payé ma part de ce combat-là. Pendant des jours, des semaines, j’ai pensé ça. J’avais une fille à élever, des défis à relever, des combats du quotidien à mener, comme chacun d’entre nous.
Une fille à élever… voilà la seule raison pour finalement parler complètement aujourd’hui. Parce que les enjeux de la période actuelle ne peuvent faire l’objet d’une question posée rapidement par un journaliste soucieux d’avoir une opinion de plus sur tout ça en une minute et quarante-deux secondes, en bout de course d’une interview littéraire.
Faire ensemble le monde de demain
Je lis la presse et je ne m’y reconnais pas, ou si rarement. Je lis la presse et je comprends que l’on veut me faire choisir entre des féministes prétendument de mon temps, pour lesquelles l’homme est un prédateur en puissance et l’écriture inclusive un moyen de lutter contre ça ; et d’anciennes féministes, à qui je rends hommage pour leurs combats si importants, pour cette pilule et pour ce droit de vote, pour cette autonomie de la femme qu’elles confondent parfois avec le devoir qu’elle a à gérer seule le désir de l’homme et ses déviances.

Les 343 ont fait le monde d’aujourd’hui, qu’elles nous laissent désormais, femmes et hommes d’aujourd’hui, faire, ensemble, le monde de demain, celui de nos enfants à tous, celui de ma fille. Parce que ce nouveau combat nous concerne tous, femmes et hommes, que le monde change et que l’on n’a jamais vu un monde faire sa révolution à la force d’un seul sexe. Les femmes sont aujourd’hui 52 % sur Terre, un peu plus que les hommes, il va falloir faire avec, ou plutôt ne plus faire sans.
Des centaines d’années que la femme la perd
Comme souvent lors des révolutions, des gens...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Pour Patrice Vergriete, le carnaval de sa ville, porteur d’une tradition séculaire, n’est qu’une « transgression heureuse qui porte en elle de l’esprit de dérision et d’autodérision ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/02/2018
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« Nuit des Noirs » au Carnaval de Dunkerque : le maire « défend un droit à la caricature »

Pour Patrice Vergriete, le carnaval de sa ville, porteur d’une tradition séculaire, n’est qu’une « transgression heureuse qui porte en elle de l’esprit de dérision et d’autodérision ».



Le Monde
 |    10.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 12h23
    |

Patrice Vergriete (Maire (divers gauche) de Dunkerque)







                        



                                


                            
[Le carnaval de Dunkerque (du 6 janvier au 8 avril) est accusé par des associations antiracistes de promouvoir le blackface – pratique originaire d’Europe puis ­amplifiée aux Etats-Unis qui consiste à se maquiller et incarner des caricatures stéréotypées de personnes noires –, à l’occasion du 50e anniversaire de la « Nuit des Noirs ». Ce bal, prévu le 10 mars, attire, depuis cinquante ans, des milliers de personnes. En décembre 2017, le footballeur français Antoine Griezmann avait déjà provoqué une vive indignation sur les réseaux sociaux et dans les opinions en publiant une photo où il apparaissait grimé en noir, hommage, selon lui, aux basketteurs des Harlem Globetrotters dont il est fan. Il avait aussitôt présenté ses excuses pour ce geste « maladroit » et « blessant ».]
Tribune. Depuis quelques jours et pour quelques semaines encore, les Dunkerquois « font carnaval ». L’expression « faire carnaval » dit la singularité de l’événement. En effet, à Dunkerque, le carnaval n’est pas un simple show destiné à éblouir des spectateurs passifs. Le carnaval, c’est l’œuvre des citoyens, c’est une ville qui se met en mouvement et rend hommage à son passé, tout en proclamant son désir d’avenir.
Il s’agit d’une tradition séculaire d’abord liée à la vocation maritime de la ville. Avant que les marins ne partent pour de longs mois pêcher au large de l’Islande, les armateurs offraient à ces derniers, jamais certains de revenir, un banquet, la foye, et la moitié de leur solde. Au fil des temps, c’est l’arrivée des « jours gras » d’avant-carême qui fut célébrée. La « pêche à l’Islande » n’est plus qu’un lointain souvenir, mais cette affirmation identitaire d’une cité que l’histoire n’a pas épargnée demeure au cœur du carnaval.
Certains s’étonnent de la longévité et de la vigueur de cette tradition. L’explication en est simple : les Dunkerquois expriment aujourd’hui par cette manifestation singulière leur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de médecins, d’élus et de représentants d’associations estime que le récent plan en faveur de la psychiatrie annoncé par la ministre de la santé ne prend pas suffisamment en compte l’ensemble des intervenants en santé mentale.
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« Troubles psychiques et problèmes de santé mentale ne sont plus seulement des questions de santé »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de médecins, d’élus et de représentants d’associations estime que le récent plan en faveur de la psychiatrie annoncé par la ministre de la santé ne prend pas suffisamment en compte l’ensemble des intervenants en santé mentale.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 16h11
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 17h13
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                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. La ministre des solidarités et de la santé a annoncé, vendredi 26 janvier, au congrès de l’Encéphale un grand plan de soutien à la psychiatrie. Enfin, est-on tenté de dire ! Enfin : depuis plusieurs années les signaux d’alarme se multipliaient. Epuisement des équipes, difficultés à répondre aux besoins des personnes malades, explosion de la contrainte, formation de déserts psychiatriques.
Au côté d’autres institutions, de la prison à l’école en passant par la police ou l’accueil des personnes âgées, la psychiatrie souffre de ne plus savoir comment accomplir sa mission au profit de populations dont les problèmes semblent chaque jour un peu plus déborder ses cadres. Il était temps d’agir.
Perplexité et inquiétude
Enfin ? Passé le soupir de soulagement, la lecture du plan en douze points et de l’interview donnée par la ministre au Monde nous a cependant plongés dans la perplexité d’abord, dans l’inquiétude ensuite.
La perplexité, en premier lieu, concerne le fond : nous ne voyons pas dans les propositions de la ministre la réponse aux difficultés que nous diagnostiquons nous-mêmes, en tant qu’acteurs de la santé mentale, usagers, professionnels, chercheurs, responsables de service, à travers nos expériences de vie et nos travaux, dans nos services et nos territoires.

Quelles solutions ce plan apportera-t-il aux difficultés d’accès aux soins et aux droits ? Comment permettra-t-il d’améliorer la coordination des acteurs, professionnels ou non, au service des parcours de soin et de vie des personnes concernées ? Quels accompagnements proposera-t-il aux handicaps encore nombreux et trop mal pris en compte qui affectent ces personnes face au logement, à l’insertion sociale et professionnelle, ou à la citoyenneté ? Et quelle stratégie met-il en place pour favoriser l’exercice par celles-ci de leur autonomie, dans la ligne des approches, largement documentées et acceptées aujourd’hui, en termes de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Si le portable a enterré la lettre d’amour, il a réinventé la correspondance amoureuse. Et entraîne les amants dans une multitude de problèmes nouveaux, de la sauvegarde des textos à l’interprétation de leur ponctuation.
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Les messages d’amour à l’heure du smartphone


                      Si le portable a enterré la lettre d’amour, il a réinventé la correspondance amoureuse. Et entraîne les amants dans une multitude de problèmes nouveaux, de la sauvegarde des textos à l’interprétation de leur ponctuation.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 11h48
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                            Guillemette Faure








                              

                        

J’ai longtemps pensé financer mes vieux jours en publiant ma correspondance amoureuse. Deux obstacles jouent pour le moment en ma défaveur : l’absence de prix Nobel de littérature ou d’ancien président de la République parmi mes correspondants, et la médiocre qualité technique de mes supports. J’ai ainsi, à la cave, un vieux fax à papier thermique sur lequel il est tracé au marqueur : « Il faudrait que tu reviennes car il n’y a plus de bière dans le frigo et cette maison n’a plus de tenue. » J’ai, dans un carton, une carte postale sur laquelle il est écrit « tu me m », le reste est déchiré. Elle est accompagnée d’un mot de La Poste qui s’excuse que mon courrier ait été déchiqueté dans la machine. J’ai aussi un ordinateur dans lequel j’ai sauvegardé quelques extraits de ma messagerie électronique de la fin des années 1990, mais il ne s’allume plus.
« Je garde des vieux portables juste pour des textos à l’intérieur » Judith
Pour les amateurs de correspondance amoureuse, ma génération ne va pas être un cadeau. Elle n’a ni manié la plume comme la précédente ni été suffisamment technophile pour avoir maîtrisé les applis permettant d’exporter ses échanges depuis des outils supposés provisoires. Lorsque l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), aidée d’anthropologues, a exploré les raisons qui poussent les Français à conserver leurs téléphones ou leurs ordinateurs, elle a découvert que beaucoup d’entre eux craignaient de jeter les messages qui y figuraient, et leur vie avec. Mon amie Judith me l’a confirmé : « Je garde des vieux portables juste pour des textos à l’intérieur. Ceux que tu as guettés, attendus et qui ont perdu leur importance quelques années, voire quelques mois après… » ­

Claire-Marie a archivé des courriels dans un disque dur mais se demande où stocker les vieux disques durs. Danielle explique que c’est à cela qu’elle estime le sérieux de ses relations. Les petites histoires...




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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Si les tarifs bancaires semblent marquer une pause, tous les clients ne profitent pas de l’émulation entre les établissements. Les plus fragiles n’en bénéficient pas vraiment.
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Tarifs bancaires : le temps de la concurrence

Si les tarifs bancaires semblent marquer une pause, tous les clients ne profitent pas de l’émulation entre les établissements. Les plus fragiles n’en bénéficient pas vraiment.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 14h51
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 14h52
    |

            Joël Morio








                        



   


Editorial. Après des années d’inflation, les tarifs bancaires marquent enfin une pause. Ils n’ont augmenté que de 0,34 % sur un an pour les six profils du baromètre que nous publions en exclusivité. Et l’année 2018 s’annonce clémente dans ce domaine. Cette sagesse tarifaire s’explique par la nouvelle concurrence qui anime le secteur.

        Lire aussi :
         

                Quand la concurrence freine la hausse des frais bancaires



Les établissements traditionnels subissent l’assaut des banques en ligne avec leurs prix agressifs, et particulièrement celui des « néobanques », dont les services se déploient sur smartphone. La mise en place de la loi sur la mobilité bancaire favorise le mouvement. Les établissements traditionnels doivent faire preuve de retenue au niveau des prix s’ils veulent conserver leurs clients.
Transparence
Aujourd’hui, c’est sur un autre terrain que les banques vont devoir compter avec la nouvelle concurrence. Cela fait plusieurs années que l’on peut choisir une assurance pour son crédit immobilier autre que celle qui propose l’organisme qui vous a accordé le prêt. Désormais, il est possible de le faire pendant toute la durée de vie de son emprunt. En faisant baisser la prime de son assurance, on peut réaliser de substantielles économies.

        Lire aussi :
         

                Les néobanques poussent les établissements traditionnels à innover



Même dans le monde parfois opaque de la gestion collective, le vent de la concurrence se lève. Les gestionnaires sont obligés à plus de transparence dans la fixation de leurs commissions. Malheureusement, cette compétition ne profite pas à tout le monde. Elle pourrait être fatale pour les plus petits acteurs de la gestion collective.

        Lire aussi :
         

                Le grand écart des réseaux mutualistes



Cependant, tous les clients ne profitent pas de l’émulation entre les établissements. Les plus fragiles n’en bénéficient pas vraiment. Et en matière d’assurance crédit emprunteur, on sera attentif à ce que le nouvel environnement n’entraîne pas aussi une hausse des primes pour les plus âgés, comme certains le redoutent.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Etienne Vauchez, président de l’OSCI, estime que les mauvais chiffres du commerce extérieur français ne seront corrigés que si les PME françaises montent en compétences en utilisant les réseaux professionnels.
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« Pour redresser les exportations françaises, articulons ressources publiques et solutions privées »

Dans une tribune au « Monde », Etienne Vauchez, président de l’OSCI, estime que les mauvais chiffres du commerce extérieur français ne seront corrigés que si les PME françaises montent en compétences en utilisant les réseaux professionnels.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 14h00
    |

Etienne Vauchez (Président du think tank La Fabrique de l’Exportation et président des Opérateurs spécialisés du commerce international (OSCI))







                        



                                


                            
Tribune. Ce que sait toute personne qui a déjà travaillé dans une ­entreprise exportatrice – et que corroborent les études académiques menées à ce sujet –, c’est que le premier facteur de succès ou d’échec d’une entreprise à l’export est la plus ou moins grande compétence qu’elle déploie dans son développement international : la qualité des équipes qu’elle y affecte, de sa stratégie internationale, de son marketing, de son service après-vente, etc. ; et ce, avant même la qualité ou le prix de son produit.
Les PME doivent s’appuyer sur les compétences d’autres entreprises qui savent déjà vendre dans le pays visé
Or, en France, on pense souvent que pour exporter davantage il suffit de projeter massivement les PME sur des salons internationaux ou dans des missions de prospection pour qu’elles réussissent à vendre toutes seules. Mais combien de PME françaises ont réellement en leur sein les compétences capables de créer la ­confiance requise pour vendre à des acheteurs coréens, indonésiens ou brésiliens ?
Comment les PME peuvent-elles ­déployer davantage de compétences dans leur prospection export alors qu’elles n’ont souvent pas les moyens d’investir dans une véritable équipe export ? Tout simplement en s’appuyant sur les compétences d’autres entreprises qui savent déjà vendre dans le pays visé : une PME allemande qui veut se développer dans un pays utilisera en priorité les services d’agents export allemands ou de ­sociétés de commerce allemandes qui y vendent déjà ; les Italiens collaborent entre exportateurs, c’est-à-dire qu’ils chercheront à trouver une autre entreprise italienne qui vend déjà sur le marché visé et pourrait les aider à y placer leurs produits. Les PME de ces pays réduisent ainsi leur temps d’apprentissage des nouveaux marchés et ont un taux de réussite plus élevé.
Etablir des règles
Jusqu’à présent, l’Etat français a misé sur des actions de projection des PME sur les marchés export ; pour cela, il a...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Une enquête menée par l’ANDRH tente de refléter les préoccupations de terrain des responsables des ressources humaines.
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Les attentes des DRH sur la réforme de la formation professionnelle et sur l’apprentissage

Une enquête menée par l’ANDRH tente de refléter les préoccupations de terrain des responsables des ressources humaines.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 12h30
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            

Ce vendredi 9 février se tient la dixième séance de la négociation interprofessionnelle sur la formation qui devrait s’achever le 16 février. La CGT a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne participerait pas à la réunion conclusive sur le volet apprentissage. En parallèle des négociations avec les partenaires sociaux, les directeurs des ressources humaines (DRH) ont tenu à exprimer leurs préoccupations de terrain.
Sur la base d’une enquête flash menée du 29 novembre au 22 décembre 2017 auprès de leurs 5 000 entreprises adhérentes, l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH) a publié fin janvier les attentes des DRH, dont ressortent deux positions fortes : une simplification du système de formation professionnelle qui passe par l’identification d’un public prioritaire et des objectifs clairs, et la désignation de la branche comme principal pilote pour porter la formation professionnelle et l’alternance.

Pour la politique alternance des entreprises, 91 % des DRH estiment que les interlocuteurs les plus efficaces sont les branches et les OPCA [organismes paritaires collecteurs agréés, chargés de collecter les fonds de la formation professionnelle]. Seuls 16 % des répondants considèrent que la région devrait être le principal pilote en la matière, alors même que 91 % des répondants appartiennent à des organisations accueillant des alternants. La loi impose aux entreprises de plus de 250 salariés d’employer 4 % de salariés en alternance. L’argument avancé par les DRH étant que « ce sont les branches et les OPCA qui ont la meilleure visibilité sur les débouchés des formations », précise l’ANDRH.
La Fédération de la formation professionnelle (FFP) n’est pas de cet avis pour d’autres raisons. « Le changement de pilote des régions aux branches professionnelles n’est pas la panacée, prévient le président de la FFP Jean Wemaëre, la gestion des fonds de l’alternance,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Outre Edward Snowden, intervenu par liaison vidéo, trente-six personnes traquées pour avoir alerté étaient présentes au forum qui s’est tenu jeudi 25 janvier au MuCEM, à Marseille. Tous ont souligné l’importance d’une mobilisation citoyenne en soutien de leur action.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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La solitude du lanceur d’alerte

Outre Edward Snowden, intervenu par liaison vidéo, trente-six personnes traquées pour avoir alerté étaient présentes au forum qui s’est tenu jeudi 25 janvier au MuCEM, à Marseille. Tous ont souligné l’importance d’une mobilisation citoyenne en soutien de leur action.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 12h00
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                            Gilles Rof








                        



                                


                            
Un frisson parcourt l’auditorium du ­Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM), à Marseille, bondé depuis plus d’une heure. Plein écran, le visage d’Edward Snowden apparaît, toujours juvénile derrière ses fines lunettes. Souriant et grave à la fois. Comme promis, l’ancien informaticien de l’Agence nationale de sécurité (NSA) américaine honore le rendez-vous du premier Forum des lanceurs d’alerte qu’accueille, ce jeudi 25 janvier, le musée national.
Depuis son exil russe, l’Américain qui a révélé la surveillance généralisée de nos données privées par son pays ouvre une des trois tables rondes de la soirée. La connexion Internet vacille, la traduction aussi, mais Edward Snowden réussit à faire passer un message simple : « Faites pression sur vos gouvernements. Voulez-vous une Europe qui soutient la politique de Donald Trump après celle de Barack Obama dans sa guerre aux lanceurs d’alerte ? Une Europe pour qui les droits de l’homme ne sont plus qu’un patrimoine historique ? Ou une Europe qui protège ceux qui sont vulnérables aujourd’hui ? »
Nécessaire protection
L’intervention de celui qui incarne, avec le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, l’homme traqué pour avoir alerté est un joli coup médiatique pour le collectif citoyen Marseille en commun et le MuCEM, coorganisateurs de la soirée. Elle a également le mérite de réunir, autour d’un même symbole, deux thèmes nourrissant le débat actuel : la solitude des lanceurs d’alerte et l’organisation de leur nécessaire protection, tant au niveau français, où la loi Sapin 2 leur donne un statut depuis décembre 2016, qu’européen.
L’engouement autour du forum marseillais marque-t-il l’amorce d’une prise de conscience générale ? « Quelque chose se passe sur l’éveil de la citoyenneté, une vraie évolution de nos sociétés », convient Nicole Marie Meyer, ex-fonctionnaire désormais chargée de l’« alerte éthique » au sein de l’association Transparency International. L’agora...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Editorial. L’alliance gouvernementale entre les chrétiens-démocrates (CDU-CSU) et le Parti social-démocrate (SPD) est de nature à rassurer Paris qui retrouve son coéquipier du tandem franco-allemand.
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Allemagne : une coalition pour l’Europe

Editorial. L’alliance gouvernementale entre les chrétiens-démocrates (CDU-CSU) et le Parti social-démocrate (SPD) est de nature à rassurer Paris qui retrouve son coéquipier du tandem franco-allemand.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 16h19
   





                        


Editorial du « Monde ». On l’avait tellement appelé de nos vœux qu’il est difficile de ne pas se réjouir de l’accord de coalition gouvernementale enfin conclu à Berlin, mercredi 7 février, par l’alliance des chrétiens-démocrates (CDU-CSU) de la chancelière Angela Merkel et le Parti social-démocrate (SPD) de Martin Schulz. Après des mois de pourparlers, consécutifs aux élections du 24 septembre, cet accord a, d’abord, le mérite d’exister. S’il est approuvé par la base du SPD en mars, l’Allemagne aura enfin un gouvernement et ses partenaires européens un interlocuteur actif à Berlin.
L’autre bonne nouvelle de cet accord est son orientation pro-européenne. Paris va pouvoir retrouver son coéquipier du tandem franco-allemand. Après un départ en fanfare, pendant les trois mois qui ont séparé les élections françaises de 2017 et le scrutin allemand, ce tandem était de nouveau en panne. L’élan européen donné par la victoire du président Emmanuel Macron et son discours de la Sorbonne, le 26 septembre, a été considérablement freiné, pour ne pas dire coupé net, par la paralysie allemande.

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M. Macron aura en effet en Martin Schulz, ancien président du Parlement européen, un renfort enthousiaste sur l’intégration européenne, s’il est confirmé comme ministre des affaires étrangères. Le contrat de gouvernement commence par un chapitre intitulé « Un sursaut pour l’Europe » : c’est la première fois que l’Europe figure de manière aussi prééminente dans un accord de coalition allemande. Son contenu va dans le sens souhaité par Paris ; le compromis trouvé sur l’Europe signe la « fin du diktat de l’austérité », a souligné M. Schulz. Adieu, Wolfgang Schäuble ! Le ministre des finances conservateur, qui aura incarné cette politique pendant toute la crise de la dette, préside aujourd’hui le Bundestag.
Méfiance des électeurs
Voilà pour les bonnes nouvelles, que le réalisme impose cependant de tempérer. Ce chapitre prometteur sur l’Europe est formulé de manière si vague qu’il laisse une large marge de manœuvre à celui qui est appelé à succéder à M. Schäuble, Olaf Scholz. Bien qu’issu du SPD, M. Scholz n’a pas la réputation d’être un partisan débridé de la dépense publique. Le « budget d’investissement pour la zone euro » envisagé dans l’accord ne marque pas une réelle rupture avec la politique du gouvernement sortant. Concrètement, il n’y a pas dans ce texte d’adhésion formelle aux propositions de M. Macron. Le sujet de l’approfondissement de la zone euro reste donc très ouvert.

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Il est d’autant plus ouvert que cette « GroKo » issue des négociations, comme disent les Allemands pour désigner la grande coalition, correspond exactement à ce que les électeurs avaient rejeté par leur vote du 24 septembre. Autant la CDU que le SPD étaient sortis affaiblis de ce scrutin, qui avait vu les extrémistes de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne) gagner 94 sièges au Bundestag. Cette GroKo reste une coalition par défaut, les libéraux du FDP ayant refusé l’offre de Mme Merkel. Un sondage publié par Der Spiegel jeudi confirme la méfiance des électeurs : 57 % des Allemands y ont déclaré avoir une opinion négative de la nouvelle grande coalition.
Il reste à espérer trois choses : que le SPD donne son feu vert à cette coalition ; que les Allemands digèrent et tirent parti du tremblement de terre politique qu’ils ont subi ; et, enfin, que Mme Merkel retrouve le goût et le talent de gouverner. Alors, ce quatrième et, sans doute, dernier mandat pourra être celui de la relance de l’Europe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ L’écrivain, qui  a combattu la dictature sud-coréenne, entrelace dans son œuvre petite et grande histoire. Partisan d’un rapprochement avec Pyongyang, le septuagénaire évoque son engagement dans la gauche pacifiste
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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Hwang Sok-yong : « Mon pays, la Corée, a été divisé d’un trait sur une carte »

L’écrivain, qui  a combattu la dictature sud-coréenne, entrelace dans son œuvre petite et grande histoire. Partisan d’un rapprochement avec Pyongyang, le septuagénaire évoque son engagement dans la gauche pacifiste



Le Monde
 |    09.02.2018 à 11h50
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 14h36
    |

                            Philippe  Pons (Séoul, envoyé spécial)








                        



                                


                            
Le romancier Hwang Sok-yong, l’un des écrivains sud-coréens les plus lus et traduits, vient de publier son autobiographie sous le titre Le Prisonnier (non disponible en français, mais des extraits ont été publiés dans le numéro de janvier-février 2018 de Critique). Agé de 74 ans, il a traversé le demi-siècle le plus tourmenté de l’histoire de la Corée.
Engagé dans la lutte contre la dictature, sous surveillance constante des services de sécurité, exilé cinq ans puis emprisonné cinq autres années pour avoir participé à un congrès d’artistes en Corée du Nord, il a été de tous les combats pour la démocratie qui débuta finalement en 1987, une année avant les Jeux Olympiques de Séoul. Il revient sur les cinquante années écoulées dont les drames nourrissent son œuvre romanesque.

Pourquoi ce titre « Le Prisonnier » ?
Prisonnier derrière des barreaux, je l’ai été. Je le suis toujours : du temps, de mon passé, de la division du pays…
Vous avez dit un jour : « Comment aurais-je pu ne pas être engagé : moins qu’un choix, ce fut mon destin ». Quand a commencé votre engagement ?
C’était en avril 1960. J’étais étudiant en philosophie. J’avais 17 ans. Il y avait des manifestations d’étudiants et d’ouvriers contre la dictature de Syngman Rhee instaurée par les Américains au lendemain de la création de la République de Corée, en 1948. Le 19 avril eut lieu un soulèvement populaire déclenché par la découverte du cadavre d’un étudiant tué par des gaz lacrymogènes et jeté dans le port de Masan (sud-est). Un de mes amis a été grièvement blessé. Je me souviens qu’il saignait abondamment et que je ne pouvais pas arrêter l’hémorragie.
A partir de ce que l’on appela par la suite « la révolution du 19 avril », l’engagement devint pour moi une sorte de destinée. Au cours de ce soulèvement, 186 personnes ont été tuées dans les affrontements avec la police. Un mois plus tard, Syngman Rhee fut renversé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ « Lean management », « design thinking », « coaching »… Les organisations oscillent entre la tentation d’un contrôle accru de l’efficience, générateur de conflits, et la libération de la créativité, porteuse de valeurs nouvelles, explique le chercheur Thierry Nadisic dans une tribune au « Monde ».
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« Les innovations managériales n’apportent pas de transformations majeures en matière d’organisation de l’entreprise »

« Lean management », « design thinking », « coaching »… Les organisations oscillent entre la tentation d’un contrôle accru de l’efficience, générateur de conflits, et la libération de la créativité, porteuse de valeurs nouvelles, explique le chercheur Thierry Nadisic dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    09.02.2018 à 11h43
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Thierry Nadisic (Professeur et chercheur à l’EM Lyon)







                        



                                


                            

Qu’est-ce que les « business models », le « design thinking » et le « coaching » ont en commun (à part d’être des termes de franglais) ? Ce sont des innovations managériales, c’est-à-dire des manières nouvelles d’organiser les activités de l’entreprise. Selon des critiques récurrentes, ces changements, qui font souvent progresser l’innovation et l’efficacité de l’organisation, n’ont pas encore été sources de transformations majeures, et n’ont pas plus renouvelé les rapports humains. Ont-ils vocation à permettre une meilleure coopération, des relations plus respectueuses, une vie au travail plus épanouie ?
Il y a trois types d’innovations managériales : celles qui concernent les outils de management, par exemple le « brainstorming », qui visait, après la seconde guerre mondiale, à favoriser la créativité de groupe ; celles qui touchent à l’organisation des processus du travail, comme le « reingineering » dans les années 1980, qui visait à optimiser un processus de production en diminuant les coûts aux interfaces entre activités, ou le « design thinking » qui, depuis quelques années, favorise l’innovation technique ou de produit ; enfin les innovations d’organisation globale de l’entreprise, par exemple l’apparition du tayloro-fordisme au début du XXe siècle.

Les innovations en matière d’outils ou de processus se situent dans le cadre plus large des modèles d’organisation. Ce sont eux qui traditionnellement transforment les rapports sociaux. Frederick Taylor (1856-1915) a en effet mis au point un modèle d’organisation qui a dépossédé les ouvriers de leur autonomie dans leur métier pour les mettre au service d’une organisation contrôlée par un groupe d’experts des méthodes de travail.
Ce modèle a constitué une véritable innovation sociale, fondant un partage des gains de productivité entre salariés, actionnaires, Etat et clients, qui a rendu possibles la production et la consommation de masse.
Un modèle...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans sa chronique hebdomadaire, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », explique les raisons pour lesquelles la ministre de la culture semble faire du surplace depuis sa nomination.
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« Françoise Nyssen ouvre tant de pistes qu’on peine à voir le chemin »

Dans sa chronique hebdomadaire, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », explique les raisons pour lesquelles la ministre de la culture semble faire du surplace depuis sa nomination.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 11h33
    |

            Michel Guerrin








                        



                                


                            
Chronique. Elle était intouchable, elle ne l’est plus. Françoise Nyssen a été nommée au ministère de la culture il y a un peu moins d’un an, et son arrivée fut partout saluée. Comme Jean-Michel Blanquer (éducation) ou Muriel Pénicaud (travail), elle est de ces figures qui ont fait leurs preuves dans leur vie d’avant pour ensuite incarner La République en marche. Mais alors que ses collègues tracent leur sillon, Françoise Nyssen donne l’impression de faire du surplace. La ministre agace le monde de la création – ce qui est arrivé à d’autres –, mais aussi l’Elysée – ce qui est plus embêtant, quand on sait que le succès d’une politique culturelle est lié au tango que doivent danser le président et son ministre.
Déjà, la personnalité de Françoise Nyssen interroge. Elle est sympathique, généreuse mais manque de charisme, ses discours sont hésitants et elle ne semble pas maîtriser ses dossiers. Ces critiques seraient-elles évoquées si elle était un homme ? Pas sûr. Elle répond : « Je ne me conforme pas aux codes. » Et pourtant, neuf mois après, elle donne encore l’impression de se justifier d’avoir été nommée. Sa légitimité est du reste fragile, tant la ministre est limitée, en bas par une administration qu’elle connaît mal, et en haut par des personnalités censées jouer les sauveurs – Stéphane Bern au patrimoine, Benjamin Stora pour la culture des migrants, Leïla Slimani à la francophonie ou Erik Orsenna aux bibliothèques.

Surtout, Françoise Nyssen ouvre tant de pistes qu’on peine à voir le chemin. Elle dit souvent ce qu’il faut faire, moins comment le faire – équipe, calendrier, coût, financement. Des ministres ont fait de même avant elle, ce qui n’a pas empêché la planète culturelle de tourner. Sauf qu’Emmanuel Macron, lui, sait ce qu’il veut : élargir les publics de la culture. Alors il s’impatiente.
L’Elysée a choisi pour elle
Il s’impatiente, car Mme Nyssen semble tétanisée par une équation. Comment...




                        

                        

