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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le 3 février, Luca Traini, un jeune homme aux tatouages d’inspiration fasciste, avait tiré sur une dizaine d’Africains à travers la ville, en blessant six.
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Italie : des milliers de manifestants antifascistes à Macerata

Le 3 février, Luca Traini, un jeune homme aux tatouages d’inspiration fasciste, avait tiré sur une dizaine d’Africains à travers la ville, en blessant six.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 17h50
   





                        



   


Des milliers de personnes ont défilé contre le fascisme, samedi 10 février, à Macerata, une semaine après la fusillade raciste qui a fait six blessés dans cette petite ville du centre de l’Italie.

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Les manifestants, venus parfois de loin, ont commencé à défiler dans le calme à l’appel d’associations antifascistes, d’ONG, de syndicats mais aussi de quelques formations politiques de gauche. Beaucoup agitaient des drapeaux de leur mouvement, en chantant Bella ciao et d’autres classiques de l’antifascisme, mais certains avaient aussi apporté des drapeaux italiens. « S’il y a des chômeurs, c’est la faute du gouvernement, pas des migrants », ont scandé les manifestants.
Crainte de débordements
Le maire de Macerata, Romano Carancini (centre-gauche), avait demandé l’annulation de tous les rassemblements pour laisser la ville souffler. Mais la préfecture a donné son autorisation vendredi soir pour celui de samedi, à condition que le cortège longe les murs de la ville, sans pénétrer dans le centre historique.
Par crainte de débordements, les écoles sont restées fermées, la messe du samedi soir a été annulée et la plupart des commerces ont fermé à la mi-journée. Le dispositif policier était discret, même si un hélicoptère survolait la ville.
Jeudi soir, des heurts ont éclaté quand plusieurs dizaines de militants du groupuscule d’extrême droite Forza Nuova ont manifesté contre l’immigration et adressé le salut fasciste à la police.

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Affaire « close »
Il y a une semaine, Luca Traini, un jeune homme au crâne rasé et aux tatouages d’inspiration fasciste, avait tiré sur une dizaine d’Africains à travers la ville, faisant six blessés.
Il a déclaré avoir agi pour venger la mort de Pamela Matropietro, une jeune fille de 18 ans dont le corps a été retrouvé découpé en morceaux, après l’annonce de l’arrestation d’un dealer nigérian soupçonné d’être impliqué dans ce crime.
Deux autres Nigérians ont été arrêtés depuis, et le procureur a annoncé samedi devant des médias que l’enquête était « close » et qu’il s’agissait probablement d’un homicide volontaire, alors que la thèse d’une overdose avait été évoquée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ La hausse de salaire de 4,3 % obtenue par le syndicat de la métallurgie allemande pour les salariés du secteur pourrait se propager. Une bonne nouvelle pour l’institution monétaire qui craint désormais la disparition de l’inflation.
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IG Metall, allié improbable de la BCE

La hausse de salaire de 4,3 % obtenue par le syndicat de la métallurgie allemande pour les salariés du secteur pourrait se propager. Une bonne nouvelle pour l’institution monétaire qui craint désormais la disparition de l’inflation.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 16h00
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Chronique. C’est un drôle d’attelage mais qu’importe : la Banque centrale européenne (BCE) peut dire merci à IG Metall, le puissant syndicat de la métallurgie allemande. Après des mois de négociations tendues, le mastodonte vient d’obtenir une hausse de salaire de 4,3 % pour les employés du secteur. Une augmentation ayant valeur de « benchmark » pour des millions de salariés au sein de la première puissance économique européenne. A leur tour, les syndicats des services et des fonctionnaires se mettent en ordre de bataille, réclamant entre 6 % et 11 % d’augmentation…
Il fut un temps où la BCE suivait d’un œil suspicieux les revendications syndicales en matière de rémunérations. Trop nombreuses, trop élevées, celles-ci risquaient de déclencher une spirale inflationniste, en poussant les entreprises à augmenter leurs prix pour compenser la hausse des coûts salariaux. Une ligne rouge pour l’institution de Francfort, gardienne intransigeante de la stabilité des prix, avec un objectif d’inflation fixé juste en dessous de 2 %.

A cette aune, le résultat obtenu par IG Metall pourrait sembler bien excessif. Etalée sur vingt-sept mois, la hausse devrait atteindre 3,7 % en 2018 et 4 % en 2019, selon les calculs du cabinet d’analyses Oxford Economics. Mais l’époque n’est plus la même : ce qui tracasse désormais la BCE n’est plus un trop-plein d’inflation… mais sa disparition.
Résumons. La croissance de la zone euro est robuste. Elle est même au plus haut depuis une décennie. Les usines tournent à plein régime. Le taux de chômage, lui, ne cesse de refluer. Sept millions de nouveaux « jobs » ont été créés depuis 2013. Certains pays, comme l’Allemagne et les Pays-Bas, frôlent le plein-emploi.
Ici et là, en Europe, se profile une pénurie de main-d’œuvre. Pourtant, et c’est le grand mystère de la reprise, les salaires frémissent à peine. Outre-Rhin, en 2017, ils n’ont augmenté que de 0,8 % en termes réels. Dans la zone euro,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Pour la nouvelle génération sociale-démocrate, gouverner avec Angela Merkel sera contre-productif.
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En Allemagne, les jeunes du SPD ne croient pas à la coalition

Pour la nouvelle génération sociale-démocrate, gouverner avec Angela Merkel sera contre-productif.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 10h58
    |

            Thomas Wieder (Leipzig (Saxe), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Au dernier moment, elle a hésité à venir, « exaspérée par ce qui se passe en ce moment ». A 35 ans, dont « une dizaine » au Parti social-démocrate (SPD) allemand, Eva a bien sûr suivi de près l’actualité politique des deux derniers jours. Au début, tout se déroulait plutôt bien. En prenant connaissance, mercredi 7 février, du contenu du « contrat de coalition » négocié entre le SPD et les conservateurs de la CDU-CSU, elle s’est dit que « ça allait », qu’il y avait même « plutôt des bonnes choses dedans », notamment sur l’Europe, tout en regrettant « le vide total sur les sujets liés à l’environnement ».
Mais la situation s’est vite gâtée. Rapidement, elle a constaté qu’« il n’était plus question que de petites histoires de personnes ». Alors, vendredi 9 février, quand elle a appris que Martin Schulz, deux jours après avoir annoncé sa nomination aux affaires étrangères, renonçait finalement à entrer au gouvernement, elle a d’abord songé à rester chez elle. « Aucune envie d’entendre parler de ça », dit-elle.
Pourquoi est-elle venue, alors ? Pourquoi a-t-elle traversé Leipzig (Saxe), par un froid glacial, pour assister à un débat sur la « grande coalition », sur laquelle les 463 723 adhérents du SPD seront invités à voter pour ou contre, entre le 20 février et le 2 mars ? D’abord et surtout « pour se faire un avis », car même si elle « penche plutôt pour le oui », elle n’en est pas non plus « sûre à cent pour cent ».
« Se refaire une santé »
Et puis il y a l’affiche, reconnaît-elle aussi. Comprenez la présence de Kevin Kühnert, le chef de file des « Jusos », les jeunes socialistes, 28 ans, qui a acquis une notoriété nationale depuis quelques semaines en s’installant dans le rôle d’opposant principal à l’entrée du SPD au gouvernement. Alors, quand elle a su que c’était à Leipzig que le jeune homme entamait son « NoGroKo tour », sa tournée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Les ex-otages de deux Britanniques capturés en Syrie espèrent assister à leur procès.
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Les victimes des « Beatles » djihadistes demandent leur transfert

Les ex-otages de deux Britanniques capturés en Syrie espèrent assister à leur procès.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 15h09
    |

            Madjid Zerrouky et 
Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Jusqu’à présent, l’affaire était presque entendue : aucun des principaux pays européens ne souhaite faire juger ses djihadistes partis en Syrie ou en Irak par sa propre justice. Ils n’en veulent pas et préfèrent s’en remettre aux « autorités locales » : l’Etat irakien ou les Kurdes syriens. La donne pourrait-elle changer avec l’annonce de la capture en Syrie d’Alexanda Amon Kotey et El Chafee El-Cheikh, deux djihadistes britanniques membres d’une « cellule d’exécution » d’otages de l’organisation Etat islamique (EI) ? Leur arrestation suscite l’espoir de victimes et de leurs proches qui souhaitent assister à un procès en bonne et due forme.
Alexanda Amon Kotey et El Chafee El-Cheikh faisaient partie d’un quatuor surnommé par leurs otages « les Beatles » en raison de leur accent britannique prononcé. Les Etats-Unis estiment que cette cellule a assassiné 27 personnes, dont les Britanniques David Haines et Alan Henning, les journalistes américains James Foley et Steven Sotloff, le travailleur humanitaire américain Peter Kassig et le journaliste japonais Kenji Goto.
Les deux djihadistes arrêtés étaient les derniers membres supposés en vie et en fuite du quatuor. Surnommé « Jihadi John », Mohammed Emwazi, le bourreau anglophone qui apparaissait dans des vidéos de l’EI en 2014 et 2015, a été tué en novembre 2015 lors d’un bombardement à Rakka. Le dernier membre du groupe, Aine Davis, est détenu en Turquie.

« Je veux qu’ils aient un procès propre, incontestable (...), qui rende justice à leurs victimes. Dans le cas contraire, ce serait une faute morale, juridique et de sécurité », insiste une de leurs victimes, l’ancien otage français Nicolas Hénin. Aujourd’hui président d’Action résilience, un institut de recherche et de conseil sur la lutte contre la radicalisation et le terrorisme, M. Hénin s’inquiète de la possibilité qu’ils soient jugés sur place : « Il y a dans cette région un historique d’évasions,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Anh Nhu Nguyen, 53 ans, avait prétendu avoir perdu sa femme et son fils dans ce drame qui a fait 71 morts le 14 juin 2017 à Londres.
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Au Royaume-Uni, une fausse victime de l’incendie de la tour Grenfell condamnée à de la prison ferme

Anh Nhu Nguyen, 53 ans, avait prétendu avoir perdu sa femme et son fils dans ce drame qui a fait 71 morts le 14 juin 2017 à Londres.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 21h38
   





                        



   


Il avait prétendu avoir perdu sa femme et son fils dans l’incendie de la tour Grenfell, qui a fait 71 morts le 14 juin 2017 à Londres. Il n’en était rien. Anh Nhu Nguyen, 53 ans, a été condamné vendredi 9 février à une peine de vingt-et-un mois de prison.
Aux enquêteurs, l’homme avait raconté en détail comment il avait perdu de vue sa famille dans une cage d’escalier enfumée alors qu’ils s’enfuyaient. Il avait aussi prétendu avoir perdu tout ce qu’il possédait dans l’incendie et avait bénéficié d’un hébergement d’urgence. Il avait également touché plus de 10 000 livres d’indemnisation.
Dix-sept alias
Mais les enquêteurs, qui avaient remarqué des incohérences dans son récit, ont établi qu’il n’habitait pas dans la tour, n’avait jamais été hospitalisé après l’incendie et n’avait ni femme ni enfant.
Anh Nhu Nguyen avait plaidé coupable de fraude et de fausse déclaration en vue d’obtenir un passeport. Né au Vietnam, il utilisait jusqu’à dix-sept alias et avait déjà été condamné pour 56 infractions, dont des vols.
« Vous saviez très bien ce que vous faisiez »
Son avocate, Keima Payton, a souligné le quotient intellectuel (QI) « étonnamment bas » de son client, selon un rapport établi par un psychologue. Selon ce rapport, l’homme souffre aussi d’un « syndrome de stress post-traumatique à long terme non traité », de dépression et d’une faible empathie. 
« Malgré votre faible QI, vous saviez très bien ce que vous faisiez », lui a lancé la juge lors du procès. « Non seulement Nguyen a pris de l’argent, un hébergement et des vêtements destinés à de véritables victimes mais il a pris le temps et les ressources de la police au détriment de ceux qui en avaient le plus besoin », a commenté le surintendant Matt Bonner, de Scotland Yard, dans un communiqué diffusé après la décision de justice. Il a prévenu que la police « enquêtera sur toute personne suspectée de profiter frauduleusement de l’incendie tragique de la tour Grenfell ».
Une représentante du conseil de Kensington et Chelsea, où se trouve la tour, a indiqué avoir rapporté « plusieurs cas de fraude » à la police et attendre « le résultat d’un certain nombre d’enquêtes ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ L’avionneur européen reste dans le collimateur de la justice autrichienne, dans cette enquête pour corruption présumée autour de cette vente de 18 avions de combat à l’Autriche en 2003.
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Une amende de 81,25 millions d’euros pour Airbus dans le dossier Eurofighter en Allemagne

L’avionneur européen reste dans le collimateur de la justice autrichienne, dans cette enquête pour corruption présumée autour de cette vente de 18 avions de combat à l’Autriche en 2003.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 20h54
   





                        



   


L’avionneur européen Airbus s’est vu infliger, vendredi 9 février, une amende de 81,25 millions d’euros en Allemagne dans le dossier Eurofighter en Allemagne. Une somme qui permet toutefois au groupe européen de clore le volet allemand de cette enquête pour corruption présumée autour de cette vente de 18 avions de combat à l’Autriche en 2003.
« Les enquêtes à grande échelle, en étroite collaboration avec les autorités autrichiennes (...) n’ont apporté aucune preuve de paiement de pots de vin », a indiqué le parquet allemand dans un communiqué. Le ministère public estime toutefois qu’Airbus a failli à son devoir de surveillance en autorisant l’ancienne direction à procéder à des paiements de plusieurs millions d’euros liés au contrat et ce « à des fins non clarifiées ».
Poursuites en Autriche
Si la partie allemande de cette affaire est désormais close, l’avionneur reste cependant dans le collimateur de la justice autrichienne. Les investigations « continuent indépendamment » de la décision en Allemagne, a d’ailleurs indiqué vendredi un porte-parole du parquet de Vienne.
Le gouvernement autrichien a porté plainte contre Airbus l’an passé, réclamant 1,1 milliard d’euros de dommages et intérêts pour fraude délibérée autour de ce contrat. Le PDG de l’avionneur, Tom Enders, qui ne sollicitera pas un renouvellement de son mandat en 2019, est visé dans cette affaire. A l’époque des faits, il dirigeait la branche défense du groupe Airbus.

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Le groupe européen est également sous le coup de plusieurs enquêtes, notamment du Parquet national financier (PNF) en France et du Serious fraud office (SFO) en Grande-Bretagne pour des soupçons de corruption lors de transactions, pour des faits qu’Airbus avait lui-même dénoncés en 2016. En janvier, il s’était vu infliger une amende de 104 millions d’euros dans le cadre d’une procédure arbitrale pour un litige remontant à 1992 et concernant la vente de missiles à Taïwan par le groupe Matra, acquis par la suite par l’avionneur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le négociateur en chef des Vingt-Sept, Michel Barnier, a averti vendredi que la période de transition voulue par le Royaume-Uni n’était « pas acquise ».
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Brexit : le ton monte entre Bruxelles et Londres

Le négociateur en chef des Vingt-Sept, Michel Barnier, a averti vendredi que la période de transition voulue par le Royaume-Uni n’était « pas acquise ».



Le Monde
 |    09.02.2018 à 20h52
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 06h34
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


A moins de quatorze mois du Brexit, programmé pour le 29 mars 2019, l’incapacité de la première ministre britannique, Theresa May, à définir la nature des futures relations qu’elle souhaite entre Londres et l’Union européenne (UE) exaspère Bruxelles et ravive les tensions.
Le Royaume-Uni doit accepter « les conséquences inéluctables » de son départ, a déclaré le Français Michel Barnier, négociateur en chef des Vingt-Sept, lors d’une conférence de presse, vendredi 9 février, à Bruxelles.
Après deux journées de discussions internes, le gouvernement britannique devait faire connaître ses choix sur le dossier censé être le plus simple : la période de transition qui, à la demande de Londres doit, pendant vingt-et-un mois, maintenir un statu quo afin d’éviter un choc brutal et permettant de négocier un futur accord commercial. Outre-Manche, les milieux patronaux manifestent une impatience croissante devant l’incertitude.

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Mais Downing Street, paralysé par les positions irréconciliables des différents ministres conservateurs, n’a fait aucune déclaration formelle. Cette période de transition « n’est pas acquise », a alors averti Michel Barnier, jetant un froid qui a fait plonger la livre sterling.
Le représentant des Vingt-Sept a dit éprouver « des difficultés à comprendre » les réticences de Londres, « puisque c’est le Royaume-Uni lui-même qui a demandé une période de transition ». Entre mars 2019 et la fin 2020, le pays, formellement sorti de l’UE, sera exclu des décisions, mais il devra continuer à respecter les règles européennes, contrepartie de son souhait de continuer à accéder au marché unique.
Priver de certains droits sociaux les Européens
Pour apaiser ses ministres europhobes, qui assimilent cette situation à une « vassalisation » du pays, Mme May demande des aménagements. Elle souhaite priver de certains droits sociaux les Européens qui entreront au Royaume-Uni après le 29 mars 2019.
Londres souhaite, en outre, pouvoir s’opposer à de nouvelles règles européennes qu’elle estimerait contraire à ses intérêts. Enfin, à l’inverse, le Royaume-Uni veut pouvoir bénéficier des nouvelles initiatives de l’UE en matières de justice et de police, comme la coopération transfrontalière pour traquer les criminels. « J’ai quelques difficultés à comprendre, pour être parfaitement honnête », a indiqué M. Barnier, rappelant que Londres veut rompre complètement à partir de 2021.

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Jeudi, le ton était monté entre Londres et Bruxelles lorsque David Davis, ministre du Brexit, avait mis en cause la « bonne foi » des négociateurs européens et leur tactique « discourtoise », à la suite de la publication dans la presse d’un document de l’UE prévoyant la possibilité de sanctions contre Londres en cas de non-respect des règles européennes pendant la transition.
Pour M. Barnier, cette précaution ne fait que suivre la « logique » qui veut que l’accès au marché unique ne soit autorisé pendant vingt-et-un mois supplémentaires que sous conditions. « Honnêtement, il n’y a pas de volonté de punir », a-t-il ajouté en réponse aux accusations selon lesquelles il chercherait à ralentir les négociations pour accentuer la pression sur Londres.
Schizophrénie montante
L’impasse sur la question de la frontière irlandaise alimente aussi la tension. L’UE a fait savoir aux Britanniques que le projet d’accord sur le Brexit prévoirait le maintien de l’Irlande du Nord (rattachée au Royaume-Uni) dans le marché unique européen et l’union douanière. Précisément ce que Mme May exclut pour le Royaume-Uni. La décision de Londres de quitter le marché unique « rendrait les contrôles à la frontière inévitables », a indiqué M. Barnier, rappelant que l’UE est garante des accords de paix en Irlande, qui seraient remis en cause par le rétablissement d’une frontière.

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La question irlandaise illustre le plus crûment la contradiction de la position britannique : quitter le marché unique (pour satisfaire les europhobes) sans rétablir de frontière (pour préserver l’économie). Mais cette quadrature du cercle concerne en réalité tout le pays. Incapable, et pour cause, de résoudre l’équation, Mme May est réduite à répéter des formules creuses comme son souhait d’établir « un partenariat approfondi et privilégié » avec l’UE.
Illustration de cette schizophrénie montante, une « note technique » rendue publique vendredi par le Financial Times demande aux pays partenaires des quelque 700 accords de coopération signés par l’UE de considérer le Royaume-Uni comme restant membre de l’UE pendant la période de transition, c’est-à-dire après le Brexit. Alors que Londres souhaite pouvoir continuer de bénéficier de ces textes, qui couvrent des domaines aussi variés que le transport aérien, l’échange de données ou les droits de pêche, les pays tiers, eux, ne seront plus liés à un Etat qui aura quitté l’UE. Confronté au cauchemar qui consisterait à négocier individuellement ces traités, Londres souhaite que les pays tiers acceptent d’inclure le Royaume-Uni à chaque mention de l’expression « Etat membre de l’UE » dans ces textes. Une contorsion qui contredit une autre antienne de Mme May : « Brexit veut dire Brexit. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Cécile Boutelet, correspondante du « Monde » à Berlin, a répondu à vos questions sur les récentes revendications salariales des syndicats allemands.
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En Allemagne, « les syndicats sont en position de force pour négocier des hausses de salaires »

Cécile Boutelet, correspondante du « Monde » à Berlin, a répondu à vos questions sur les récentes revendications salariales des syndicats allemands.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 17h06
   





                        


Après une épreuve de force qui aura duré plusieurs jours, le puissant syndicat de la métallurgie, IG Metall, a obtenu mercredi 7 février une hausse des salaires de 4,3 % ainsi que le droit pour les salariés qui le souhaitent de réduire leur semaine de travail à 28 heures. Encouragés par la victoire d’IG Metall, les syndicats des services et du public réclament à leur tour de 6 % à 11 % d’augmentation. Dans un tchat avec les internautes du Monde.fr, notre correspondante à Berlin, Cécile Boutelet, a répondu à vos questions sur ces revendications salariales.

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John : Quel événement est à l’origine des tensions salariales en Allemagne ? Y a-t-il eu un élément déclencheur particulier ?
Non, il s’agit simplement de la fin de la période de validité des conventions collectives. En Allemagne, dans les secteurs organisés, patronat et syndicat négocient des hausses de salaire et des améliorations des conditions de travail sur une période donnée. Pendant cette période, c’est la paix sociale qui prévaut, il n’y a pas de grève. A la fin de la période, on négocie une nouvelle convention collective.
En cas de difficulté à se faire entendre, les syndicats peuvent recourir à la grève. Cela a été le cas dans l’industrie cette fois-ci. Mais les grèves n’ont duré en fait que trois jours. Il y a eu auparavant quelques cessations de travail, de quelques heures. Le modèle allemand, c’est une convention qui vaut pour toute une branche, négociée par un seul syndicat. Dans le cas de l’industrie, IG Metall négocie pour 3,9 millions de salariés de la branche métal et électronique (Daimler, Siemens, Bosch, etc.)
Pierre : Dans quelle mesure les difficultés politiques d’Angela Merkel à former une coalition pèsent-elles sur les négociations, notamment sur la fonction publique ?
Dans le privé, les déboires de la coalition ne jouent aucun rôle. Le dialogue social en Allemagne est fortement organisé et les partenaires sociaux tiennent beaucoup à leur indépendance. C’est ce qui explique pourquoi l’Allemagne a mis tant de temps à se doter du salaire minimal inscrit dans la loi depuis 2015 (il est actuellement de 8,84 euros de l’heure).
Dans la fonction publique, les problèmes viendront plutôt des collectivités territoriales (Länder, communes), sur lesquelles le gouvernement n’a pas d’influence. Dans nombre de ces collectivités, les caisses sont pleines, car les rentrées fiscales abondent et elles ont beaucoup réduit leurs coûts ces dernières années. L’excédent budgétaire des communes était d’environ 10 milliards l’an dernier. Mais il y a de grosses différences entre les régions.
Mona : Pouvez-vous nous détailler comment fonctionnera l’accord sur les 28 heures voté chez IG Metall ?
Si vous êtes salarié d’une entreprise du secteur métal ou électronique, vous pouvez demander une réduction de votre semaine de travail jusqu’à 28 heures, sur une durée de deux ans. A l’issue de cette période, vous avez le droit de revenir à temps plein. Si vous êtes parent d’un enfant de moins de 14 ans ou que vous vous occupez d’un parent dépendant, vous bénéficiez d’une compensation, sous forme d’une augmentation du temps libre. Attention : il s’agit d’un droit et non d’une réduction générale et obligatoire de la semaine de travail. Celle-ci reste à 40 heures en général et à 35 heures dans l’industrie (38 heures dans l’industrie à l’Est).
Bruno : Existe-t-il un seul syndicat dans l’industrie allemande, IG Metall, ou y a-t-il aussi des « petits syndicats » qui ne sont jamais mentionnés ?
En Allemagne, la tradition de la codécision veut que le syndicat majoritaire négocie une seule convention collective pour une seule branche. Dans l’industrie, IG Metall est ultra-dominant, avec 2,2 millions de membres. Chez Volkswagen, plus de 90 % des salariés sont membres d’IG Metall. Dans d’autres secteurs, il peut y avoir deux syndicats qui se font concurrence, comme à la Deutsche Bahn, par exemple. Un petit syndicat joue la surenchère pour obtenir davantage, ce qui, par le passé, a entrainé des grèves longues. C’est légal, même si cela tend à être combattu par les responsables politiques, les grands syndicats et les entreprises elles-mêmes, qui n’ont pas intérêt à ces conflits sociaux.
Hans : Les salariés sont-ils les vrais gagnants de l’accord décroché par IG Metall ?
Non, l’accord est équilibré. Les entreprises ont accordé une hausse de salaire importante, mais la plupart d’entre elles vont pouvoir l’encaisser sans problème au vu de la bonne conjoncture dans l’industrie. Les carnets de commandes sont pleins. Et surtout, le chômage est faible. Dans certaines régions, il est à 3 % ou 4 %. Les entreprises peinent à trouver du personnel qualifié. Les syndicats sont donc en position de force pour négocier des hausses de salaires. Malgré tout, la hausse des salaires réels est restée limitée ces dernières années : + 0,8 % l’an dernier (hausse de 2,5 % sur la fiche de paye, mais hausse des prix de 1,7 %). Donc, la hausse du pouvoir d’achat est encore timide.
Les entreprises ont aussi obtenu du syndicat une augmentation de la flexibilité du temps de travail. Elles ne pouvaient jusqu’ici déroger à la durée légale que dans certaines circonstances, et dans une limite claire : seuls 18 % des salariés d’une même entreprise étaient autorisés à travailler plus de 35 heures. Aujourd’hui, le système est plus souple. Les salariés peuvent demander à baisser leur temps de travail jusqu’à 28 heures. En contrepartie, les employeurs peuvent proposer à certains employés de travailler davantage, jusqu’à 40 heures. La négociation se fait au sein de l’entreprise, sans que le syndicat soit nécessairement impliqué.
Virginie : Y a-t-il vraiment plus de petits boulots mal payés (les fameux « jobs à 1 euro ») en Allemagne qu’en France ? Si oui, pour quelle raison ?
Il faut faire la différence entre les petits boulots mal payés et les « jobs à 1 euro ». On ne parle pas forcément de la même réalité. Le secteur des bas salaires reste important en Allemagne : il correspond à environ 20 % du total des emplois. Ils se retrouvent surtout dans les services, où les entreprises sont petites et où les salariés ne sont pas organisés. Dans ces secteurs, le modèle du dialogue social traditionnel ne fonctionne plus, c’est la raison pour laquelle le pays s’est doté du salaire minimal. Les « jobs à 1 euro » sont une mesure destinée à remettre les chômeurs de longue durée au travail. Ces derniers bénéficient des allocations-chômage et ils peuvent se voir proposer ce genre de contrat, limités dans le temps et en nombre d’heures de travail par semaine.
Rebset : Ces revendications salariales peuvent-elles avoir un impact positif sur la compétitivité française en Europe ?
Oui, dans une certaine mesure. Les salaires devraient augmenter nettement en Allemagne dans les prochains mois, ce qui va forcément avoir un impact sur les coûts des produits « made in Germany ». Mais il faut bien garder en tête que la compétitivité allemande n’est que partiellement une compétitivité liée aux prix. Elle se caractérise surtout par des produits d’équipement, de niche, où la qualité compte plus que le prix. Si vous êtes une industrie agroalimentaire, par exemple, vous avez besoin d’une machine pour emballer vos produits. Vous êtes prêt à la payer très cher, car tout défaut ou panne peut paralyser votre production. C’est sur ce genre de produit – les machines situées en amont de la production – que les Allemands sont les plus compétitifs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Alors que les revendications salariales se multiplient outre-Rhin, créant des tensions dans divers secteurs, Cécile Boutelet, correspondante du « Monde » à Berlin, vous répond.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Le social-démocrate était très critiqué par la base de son parti. Il avait en effet juré qu’il ne serait jamais ministre dans un gouvernement d’Angela Merkel.
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Allemagne : Martin Schulz renonce au ministère des affaires étrangères

Le social-démocrate était très critiqué par la base de son parti. Il avait en effet juré qu’il ne serait jamais ministre dans un gouvernement d’Angela Merkel.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 14h38
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 11h05
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


L’information est tombée à 14 h 21, vendredi 9 février. Un bref communiqué de presse, écrit à la première personne et signé Martin Schulz. « Le contrat de coalition que nous avons négocié est de nature à améliorer la vie des gens (…). Il est donc essentiel, à mes yeux, que les adhérents du Parti social-démocrate (SPD) votent pour son approbation. (…) A cause des débats que suscite ma personne, je considère cependant que l’issue positive de ce vote est compromise. C’est pourquoi j’ai décidé de renoncer à entrer au gouvernement. »
Mercredi soir, Martin Schulz avait déjà déclaré qu’il était prêt à quitter la présidence du SPD. Ce faisant, il avait espéré éteindre l’incendie qu’il avait provoqué, quelques heures plus tôt, en annonçant sa nomination au ministère des affaires étrangères. Dans le parti, la nouvelle avait été accueillie avec stupéfaction. 

Ich verzichte auf den Eintritt in die Bundesregierung und hoffe, dass damit die Personaldebatten innerhalb der SPD… https://t.co/WsxnxZKNUv— MartinSchulz (@Martin Schulz)


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« Jamais je n’entrerai dans un gouvernement avec Mme Merkel », avait en effet assuré M. Schulz, le 25 septembre 2017, au lendemain des élections législatives. Quatre mois plus tard, comment justifier cette volte-face ? Comment empêcher, surtout, qu’elle ne serve d’argument supplémentaire à ceux qui ont déjà commencé à faire campagne contre l’entrée du SPD dans une « grande coalition » dirigée par les conservateurs de la CDU-CSU ?
Le coup de grâce est venu de Sigmar Gabriel
Quitter la présidence du parti n’aura toutefois pas été suffisant. Jeudi, les dirigeants de la puissante fédération de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, qui compte à elle seule un quart des 463 723 adhérents du parti, et où M. Schulz a sa circonscription, ont fait savoir à celui-ci que l’humeur de la base était épouvantable.
Mais le coup de grâce est venu dans la soirée, avec la publication d’un entretien de Sigmar Gabriel au groupe de journaux régionaux Funke. Une interview dans laquelle celui dont on avait appris la veille qu’il allait être remplacé par M. Schulz aux affaires étrangères déclarait notamment : « Ce qui reste, c’est seulement le regret [de voir] à quel point chez nous, au SPD, on agit avec peu de respect les uns envers les autres et de voir que la parole donnée compte si peu. »

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A quelle « parole » faisait-il ici référence ? M. Gabriel ne le précisait pas, et c’est justement ce flou qui était assassin car tout le monde repensa immédiatement à ce qui s’était passé entre les deux hommes un an plus tôt. M. Gabriel était alors ministre de l’économie et président du SPD. La campagne des législatives approchait.
La logique aurait voulu qu’il la conduisît. Mais les sondages étaient catastrophiques, et il choisit finalement de s’effacer au profit de M. Schulz, laissant à l’ex-président du Parlement européen à la fois le parti et la candidature à la chancellerie, lui-même profitant au même moment de l’élection de Frank-Walter Steinmeier à la présidence de la République pour récupérer le ministère des affaires étrangères.
Un pacte secret ?
Cette décision s’est-elle accompagnée d’un pacte secret ? L’hypothèse a été avancée. Quoi qu’il en soit, cela a fini d’accabler M. Schulz. Ceux qui n’ont jamais accepté son « parachutage » de Bruxelles peuvent ainsi régler leurs comptes avec celui qu’ils accusent désormais d’ingratitude et de trahison. Reste maintenant une question : qui occupera la place de M. Schulz ? Vendredi, plusieurs fidèles de M. Gabriel ont fait savoir que leur champion avait toute légitimité à conserver les affaires étrangères. Mais le veut-il ? Et, surtout, le peut-il ?

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A vrai dire, nul ne le sait dans un parti où règne aujourd’hui la plus grande confusion et où personne ne sait plus qui détient vraiment le pouvoir entre Martin Schulz, sur le départ mais encore formellement président, Sigmar Gabriel, qui se tient en embuscade, et enfin deux figures montantes : Andrea Nahles, la présidente du groupe SPD au Bundestag, dont M. Schulz souhaite faire sa successeure, et Olaf Scholz, le maire de Hambourg, dont la nomination annoncée au ministère des finances est subordonnée au vote des adhérents. Le résultat paraît plus incertain que jamais.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Le premier jour du carnaval, le 4 février, les organisateurs ont instauré un « numerus clausus » de 20 000 personnes sur la place Saint-Marc.
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Venise canalise la foule


                      Le premier jour du carnaval, le 4 février, les organisateurs ont instauré un « numerus clausus » de 20 000 personnes sur la place Saint-Marc.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 14h37
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








   


Sept cents personnes supplémentaires pour assurer le maintien de l’ordre aux abords de la place Saint-Marc, des militaires sur les toits, des communiqués martiaux dans les jours précédant l’événement… L’affaire avait été préparée comme une opération militaire. Et finalement, à la surprise générale, les choses se sont passées comme à la parade.
Dimanche 4 février, à 11 heures du matin, Elisa Constantini, 19 ans, désignée en 2017 parmi douze jeunes Vénitiennes comme la « Marie » du carnaval 2017, s’est élancée dans le vide depuis le campanile de la basilique, attachée à un filin. La lumière étant plutôt claire, la jeune femme a pu discerner au loin, vers le nord, les maisons colorées de l’île de Burano, où elle a grandi. Puis, sous un tonnerre d’acclamations, elle s’est posée doucement sur la scène installée au beau milieu de la place Saint-Marc. Les dix jours de festivités pouvaient commencer. Le « vol de l’Ange », premier temps fort du carnaval de Venise, s’est déroulé sans accroc. Mais si les organisateurs ont poussé un soupir de soulagement, à la mi-journée, c’est pour une tout autre raison.

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En effet, comme chaque année, l’ouverture du carnaval a été l’occasion d’un déferlement de touristes venus du monde entier. Mais cette fois, pour contenir la foule, les organisateurs ont tenté une expérience inédite : l’instauration d’un « numerus clausus » de 20 000 personnes sur la place. Et si la démonstration des forces de l’ordre, d’une ampleur inédite, était avant tout destinée à prévenir le risque d’attentats, elle visait aussi à faire respecter cette mesure. Pour rendre plus difficile l’arrivée à temps des touristes n’ayant pas dormi sur place, le « vol de l’Ange » a été avancé de quelques heures, tandis qu’à tous les points d’entrée de la place, dès le petit matin, des stewards munis de tablettes ont été postés pour calculer en temps réel l’affluence, et stopper les entrées une fois atteint le chiffre fatidique.
30 millions de visiteurs en 2017
Une expérience similaire avait été tentée une semaine plus tôt le long du canal de Canareggio, théâtre d’un défilé qui marque traditionnellement l’ouverture du « vrai » carnaval, celui des Vénitiens. Elle avait fait craindre le pire, tournant très vite au fiasco. Mais il est bien plus facile de contrôler le trafic sur une place close que le long d’un canal, de même qu’on canalise plus aisément le trafic d’une foule perdue dans la ville que celui d’habitants qui en connaissent tous les secrets…

   


Avec près de 30 millions de visiteurs en 2017, Venise est soumise à une pression grandissante. La circulation embouteille complètement les rues et nourrit la colère des résidents. La situation va s’empirant, au point de pousser nombre d’habitants à quitter un centre historique congestionné et hors de prix pour rejoindre les quartiers situés sur la terre ferme. Mais comment réguler le tourisme de masse alors qu’il est devenu la principale ressource de la ville ? L’équation est presque insoluble. Ces derniers mois, plusieurs pistes ont été ébauchées par la mairie : instaurer un système de réservation pour accéder aux lieux les plus courus du centre-ville, limiter les accès aux gares terrestres et maritimes, créer un nouveau parcours pour les navires de croisière… Le « numerus clausus » instauré dimanche en est la première expérimentation concrète.

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Cela n’a pas, du reste, empêché l’afflux de visiteurs. Selon les estimations de la Commune de Venise, plus de 120 000 personnes sont arrivées en ville pour la seule journée du 4 février. Un chiffre à ajouter aux dizaines de milliers de touristes déjà sur place, et à mettre en rapport avec la population de la ville : en 2017, le nombre de résidents est passé sous la barre des 54 000.



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ L’opposition dénonce un complot pour détourner l’attention des difficultés d’Alexis Tsipras.
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édition abonné


En Grèce, plusieurs anciens ministres cités dans une affaire de corruption

L’opposition dénonce un complot pour détourner l’attention des difficultés d’Alexis Tsipras.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 13h53
    |

                            Intérim (Athènes, correspondance)








                        



                                


                            

C’est un grand déballage politique qui commence en Grèce. « Une affaire d’une telle ampleur induit forcément des responsabilités politiques », a lancé, mercredi 7 février, Andréas Xanthos, le ministre grec de la santé. Le scandale de corruption présumée du laboratoire pharmaceutique suisse Novartis en Grèce concernerait dix hommes politiques de premier plan, parmi lesquels deux ex-premiers ministres, dont Antonis Samaras, et le commissaire européen Dimitris Avramopoulos, soupçonnés d’avoir reçu des pots-de-vin afin que l’entreprise écoule ses produits à des prix gonflés. Une commission parlementaire doit se réunir mardi pour examiner le rôle qu’auraient joué ces responsables politiques dans ce système de corruption.
L’enquête Novartis s’est ouverte en décembre 2016 sur les activités d’une société pharmaceutique entre 2006 et 2015, dans un pays tristement célèbre pour ses affaires de corruption, notamment dans le secteur médical. Mais la justice américaine et le FBI, qui enquêtent déjà sur l’entreprise Novartis, sur la sellette aux Etats-Unis et en Chine pour ses pratiques douteuses, recueillent des témoignages sur la filière grecque de Novartis. Les procureurs grecs font alors un voyage aux Etats-Unis et récupèrent des documents précieux. De très nombreux fonctionnaires et médecins grecs sont concernés par l’enquête.
Mais les témoignages de trois ex-cadres de Novartis en Grèce, recueillis anonymement par les juges anticorruption, ont donné à l’enquête une tournure de scandale politico-financier inédit. « Tout le monde savait qu’il existait beaucoup de corruption dans le domaine de la santé en Grèce, que les prix des médicaments étaient surévalués, que les médecins prenaient des dessous-de-table, mais c’est la première fois qu’une enquête de cette ampleur, impliquant des hommes politiques, est ouverte. C’est le signe que la justice ne ferme plus les yeux », a affirmé Andréas Xanthos.
Valise pleine de billets
L’opposition...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ La liste définitive des huit candidats pour le scrutin du 18 mars a été arrêtée. Le principal opposant, Alexeï Navalny, est le grand absent de cette compétition taillée sur mesure pour Vladimir Poutine.
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Election présidentielle russe, mode d’emploi

La liste définitive des huit candidats pour le scrutin du 18 mars a été arrêtée. Le principal opposant, Alexeï Navalny, est le grand absent de cette compétition taillée sur mesure pour Vladimir Poutine.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 13h37
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Dimanche 18 mars, 108 968 869 Russes inscrits sur les listes électorales au 1er janvier sont appelés à élire leur président, ainsi que 1 875 408 ressortissants résidant à l’étranger. La date choisie pour cette 7e élection présidentielle en Russie depuis la fin de l’ère soviétique ne doit rien au hasard : modifiée par le Parlement pour des raisons de calendrier, elle correspond à « l’anniversaire » de l’annexion de la Crimée, officiellement proclamée au Kremlin par Vladimir Poutine le 18 mars 2014.
LES ENJEUX DU SCRUTIN
La campagne officielle débutera à la télévision le 19 février pour s’achever deux jours avant le vote, le 16 mars. Sur le terrain, la plupart des candidats sillonnent déjà les régions, mais les enjeux sont faibles. Le second tour, prévu au plus tard trois semaines après le premier, reste théorique : depuis l’accession au pouvoir de Vladimir Poutine il y a dix-huit ans, il n’a jamais été nécessaire. Le seul enjeu, pour l’actuel chef du Kremlin, réside dans le taux de participation, remarquablement stable depuis 2000 avec un peu plus de 64 %. En 2006, cependant, le taux minimal de 50 % de votants, nécessaire pour valider l’élection, a été supprimé.
LES CANDIDATS
Sept hommes et une femme se présentent, selon la liste définitive des candidats arrêtée jeudi 8 février par la Commission nationale électorale. Seuls deux d’entre eux, l’ultranationaliste Vladimir Jirinovski, et Pavel Groudinine pour le Parti communiste, représentés au Parlement, étaient exemptés de la collecte de signatures. Pour les autres candidats, issus d’une formation politique sans élus, 100 000 signatures de concitoyens étaient nécessaires – un seuil abaissé après les grandes manifestations de protestation de l’hiver 2011-2012. Pour les « indépendants », il en faut 300 000. Un seul candidat s’est présenté dans cette catégorie : Vladimir Poutine.
Le président russe est également le seul, à ce jour, à avoir atteint la somme de 400 millions de roubles (55 millions d’euros) de dons, le montant maximum fixé par la loi pour les budgets de campagne.
Grand absent de cette compétition, Alexeï Navalny, 41 ans, pourfendeur de la corruption des élites, a été écarté du scrutin en raison de condamnations pénales qu’il réfute. Le principal opposant du Kremlin, qui a mené pendant des mois campagne sur le terrain, appelle désormais au boycottage de l’élection et à la « grève des électeurs ». Son absence enlève au scrutin le peu de suspens qui restait.
LES PROFILS
Le favori : Vladimir Poutine, 65 ans

   


Désigné comme le successeur de Boris Eltsine en 1999, il a été élu pour la première fois président de la Fédération de Russie le 23 mars 2000, avec 52,9 % des voix, puis en 2004 avec 71,3 % des voix. La Constitution russe limitant le nombre de mandats présidentiels consécutifs à deux, Vladimir Poutine a pris la place de son premier ministre Dmitri Medvedev en 2008 tandis que celui-ci prenait la sienne au Kremlin après avoir été élu avec 70,2 % des voix. Sous sa présidence, la Constitution a été modifiée afin de repousser la durée du mandat de quatre à six ans. En 2012, malgré des manifestations importantes dénonçant des fraudes, Vladimir Poutine a été réélu avec 63,6 % des voix. Il brigue aujourd’hui un 4e mandat.
L’outsider : Pavel Groudinine, 58 ans

   


Pour la première fois, le candidat qui porte les couleurs du Parti communiste n’est… pas encarté. Directeur du sovkhoze Lénine, une exploitation agricole dans la région de Moscou fondée en 1917 et privatisée en 1995, il a créé la surprise en remportant une mini-primaire organisée au sein du PC russe et de quelques formations nationalistes de gauche. Auparavant, ce chef d’entreprise atypique, numéro un de la fraise en Russie, avait participé à la première campagne électorale de Vladimir Poutine en 2000, avant de se retirer totalement du parti au pouvoir, Russie Unie, en 2010. Les experts lui prédisent la deuxième place à l’issue du scrutin.
Le senior : Vladimir Jirinovski, 71 ans

   


Président fondateur depuis 1990 du Parti libéral-démocrate de Russie (LDPR), il défend des idées ultranationalistes, xénophobes et antisémites, à l’opposé du libellé de sa formation. Candidat lors de la première élection présidentielle russe de 1991, où il avait obtenu 8 % des voix, il s’est présenté toutes les fois suivantes, à l’exception de 2004, en obtenant invariablement la cinquième, la troisième ou la quatrième place, sans jamais renoncer. Connu pour ses outrances verbales, Vladimir Jirinovski avait ouvertement sablé le champagne au lendemain de la victoire de Donald Trump à la Maison Blanche.
La benjamine : Ksenia Sobtchak, 36 ans 

   


Fille de l’ancien maire de Saint-Pétersbourg, Anatoli Sobtchak, mentor en politique de Vladimir Poutine, la journaliste se présente comme une opposante résolue à Vladimir Poutine sous l’étiquette « contre tous » – une ligne qui figurait autrefois sur les bulletins de vote pour les électeurs mécontents. Accusée d’être une « marionnette du Kremlin » par ses détracteurs, elle est néanmoins l’une des rares voix, en Russie, à oser évoquer l’annexion de la Crimée comme une « violation du droit international ». Soutenue par de riches donateurs, Ksenia Sobtchak veut incarner un courant libéral « qui n’existe plus en Russie » depuis les années 1990.
L’entêté : Gregori Iavlinski, 65 ans

   


Cet économiste a travaillé avec les réformateurs de la perestroïka. En 1993, il a cofondé le parti démocrate libéral Iabloko, qui attira une partie de l’intelligentsia russe et compta dans ses rangs jusqu’à 16 parlementaires en 2003. Candidat à deux reprises à l’élection présidentielle, en 1996 et en 2000, opposé au retour de Vladimir Poutine en 2012, il avait été écarté de la compétition cette année-là au motif qu’il n’avait pas les deux millions de signatures alors nécessaires. Sous la pression d’une partie de ses adhérents lassés, Gregori Iavlinski a démissionné de la présidence de Iabloko en 2008, sans quitter le parti.
L’entrepreneur : Boris Titov, 57 ans

   


Fondateur du Parti de la croissance (libéral et conservateur), il est aussi délégué aux droits des entrepreneurs auprès du président russe. Sa candidature, il ne s’en cache pas, n’est pas là pour gêner le favori mais pour faire entendre la voix des PME, et promouvoir « l’esprit d’initiative ».
Le rouge-brun : Sergueï Babourine, 59 ans

   


Elu député du peuple au dernier Soviet suprême de Russie, en 1990, il est l’un des sept élus à avoir voté contre la dissolution de l’URSS. Réélu par la suite, vice-président de la Douma en 2004, il préside le parti La Volonté du peuple, aujourd’hui renommé « Union des peuples russes «. En 2003, le chef de file français de l’extrême droite, Jean-Marie Le Pen, s’était rendu à Moscou à son invitation. Sergueï Babourine a soutenu publiquement le Serbe Radovan Karadzic, surnommé le « boucher des Balkans », lors de son procès pour « génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre » dans l’ex-Yougoslavie qui a abouti, en 2016, à sa condamnation à quarante ans d’emprisonnement.
Le cadet : Maxime Souraïkine, 40 ans

   


Président du parti Communistes de Russie, d’obédience marxiste-léniniste, enregistré en 2012, il est le fondateur d’un mouvement de jeunes apparu quelques années plus tôt et présenté comme l’héritier des Komsomols, les jeunesses du Parti communiste en URSS. Il revendique aujourd’hui 50 000 membres pour son parti qui a obtenu 2,3 % des voix lors des élections législatives de 2016. Le portrait de Staline s’affiche sur son site de campagne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Dans la foulée des hausses de salaires obtenues dans l’industrie, les syndicats des services et du secteur public réclament 6 % à 11 % d’augmentation.
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En Allemagne, les fonctionnaires aussi veulent « prendre part à la fête »

Dans la foulée des hausses de salaires obtenues dans l’industrie, les syndicats des services et du secteur public réclament 6 % à 11 % d’augmentation.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 15h16
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Serait-ce le début d’une vague d’augmentation des salaires en Allemagne ? Encouragés par le succès d’IG Metall, qui a obtenu, mercredi, 4,3 % d’augmentation pour 3,9 millions de salariés de l’industrie, les autres syndicats allemands sont sur le pied de guerre.

Jeudi 8 février, le syndicat des services (Verdi) et ceux des fonctionnaires (DBB), de la police (GdP) et des personnels d’éducation (GEW) ont demandé entre 6 % et 11 % d’augmentation pour les 2,5 millions de salariés de l’administration fédérale et territoriale. Les négociations doivent débuter le 26 février.
« Les économistes commencent à être à court de superlatifs pour décrire l’état de notre économie. Les salariés des services publics voudraient bien aussi prendre part à la fête », a lancé Frank Bsirske, président du syndicat Verdi, en référence à la bonne santé de l’industrie et à la faiblesse du chômage (5,7 %), au plus bas depuis la réunification. Verdi, qui représente les salariés des services, compte sur le succès de cette négociation pour imposer des augmentations de salaires dans d’autres secteurs comme la poste ou les télécommunications, qui doivent également négocier en 2018 le renouvellement des conventions collectives. Tous demandent 6 % d’augmentation.
Excédent budgétaire record
De combien sera la hausse globale ? Difficile de l’anticiper tant les négociations au sein de l’opulente industrie se sont révélées délicates. Le président du syndicat des fonctionnaires, Ulrich Silberbach, a beaucoup insisté sur la retenue des serviteurs de l’Etat ces dernières années.
En raison du « frein à la dette », inscrit depuis 2009 dans la ­Constitution allemande, l’Etat et les collectivités territoriales ont dû réduire leurs coûts, et parfois augmenter le volume de travail du personnel en place. Le syndicat chiffre à 200 000 le nombre de travailleurs manquants actuellement dans le secteur public, en particulier dans l’éducation et la police.
« Après...




                        

                        


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Le Sinn Fein change de tête pour réunifier l’Irlande

Mary Lou McDonald remplace Gerry Adams, à l’heure où le Brexit rebat les cartes de la question irlandaise.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 10h47
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Quand Mary Lou McDonald, 48 ans, sera officiellement intronisée présidente du Sinn Fein en remplacement de Gerry Adams, 69 ans, samedi 10 février à Dublin, le vieux parti républicain irlandais connaîtra une relève de génération et une révolution culturelle. Une femme, trop jeune pour avoir participé aux combats sanglants des années 1969-1998 contre les Britanniques, succédera, dans un parti réputé pour son machisme, au leader charismatique qui personnifie ces trois décennies de violence.
Spectaculaire en soi, le passage de relais ne constitue pourtant qu’une facette de l’événement. Considéré comme la branche politique de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) clandestine jusqu’à l’accord de paix de 1998, le Sinn Fein cherche à devenir un parti respectable au moment où le Brexit, contre toute attente, transforme en perspective réaliste sa revendication centrale, longtemps de l’ordre du vœu pieux : la réunification de l’Irlande.
Reste à donner au parti une allure plus respectable, apte à attirer plus largement les électeurs
La désignation de Mme McDonald, députée pugnace, figure du renouvellement mais aussi de la fidélité au passé trouble de l’organisation, vise avant tout à accélérer son avènement.« Unifier cette île, c’est le meilleur objectif pour tous nos citoyens, a-t-elle déclaré lors de son élection, samedi 20 janvier. Nous devons maintenant convaincre de cela nos amis et voisins unionistes [partisans du rattachement de l’Irlande du Nord au Royaume-Uni] et les encourager à nous aider à bâtir une Irlande nouvelle. »
La décision britannique de sortir de l’Union européenne recrée de fait la frontière physique entre les deux Irlandes qui a disparu depuis l’accord de paix, en la transformant en frontière extérieure de l’UE. Avant le référendum sur le Brexit, le Sinn Fein avait prévenu qu’il relancerait sa campagne pour l’unification si le « oui » l’emportait. Le fait que 55,8 % des Irlandais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Une vingtaine de manifestants ont été interpellés et accompagnés à la préfecture de police.
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En Italie, des heurts à Macerata entre extrême droite et forces de l’ordre

Une vingtaine de manifestants ont été interpellés et accompagnés à la préfecture de police.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 23h00
   





                        


A la nuit tombée, des heurts ont opposé, jeudi 8 février, des manifestants du groupuscule d’extrême droite Forza Nuova aux forces de l’ordre à Macerata. La ville du centre de l’Italie avait été le théâtre samedi d’une fusillade à caractère raciste.
En dépit de l’interdiction de manifester, quelques dizaines de membres de Forza Nuova se sont rassemblés et ont tenté de forcer le cordon de policiers en tenue anti-émeutes qui les ont repoussés, matraques et boucliers aux poings. Une vingtaine de manifestants ont été interpellés et accompagnés à la préfecture de police, tandis que l’un, saignant du visage à la suite d’un coup de matraque, a dû être soigné, a constaté l’Agence France-Presse.

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« On meurt d’immigration »
Les forces de l’ordre tenaient à ne pas permettre la rencontre entre ces militants d’extrême droite et des manifestants de groupuscules d’extrême gauche présents sur une autre place de la ville. Le mot d’ordre de cette manifestation était « On meurt d’immigration », en référence au meurtre dans cette ville d’une jeune Italienne de 18 ans pour lequel un Nigérian a été arrêté.

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Samedi, Luca Traini, un sympathisant d’extrême droite de 28 ans, avait tiré sur une dizaine d’Africains à Macerata dans une tentative de venger la mort de la jeune fille. « Nous condamnons ce qu’il a fait mais nous ne voulons pas qu’il soit transformé en monstre », a déclaré jeudi soir à Macerata Roberto Fiore, chef de Forza Nuova, estimant que Luca Traini « est lui aussi une victime de cette situation d’immigration incontrôlée, avec la mafia nigériane qui gère le trafic de drogue ».
Le préfet de Macerata avait décidé d’interdire toutes les manifestations dans la ville dans une tentative d’abaisser la tension, mais Forza Nuova a ignoré cette interdiction. De même, plusieurs associations et groupes de gauche ont décidé d’organiser samedi une manifestation « contre le fascisme », eux aussi ayant l’intention de braver l’interdiction préfectorale.

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        Macerata, Italie, le 6 février"
            data-slide-description="Paolo Diop, représentant du Movimento Nazionale (droite), pendant la marche pour Pamela, morte et mutilée quelques jours auparavant, le 6 février à Macerata."
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            data-slide-description="Pendant la marche « Una luce per Pamela » (« une lumière pour Pamela »), le 6 février."
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            data-slide-description="Pendant la marche « Una luce per Pamela » (« une lumière pour Pamela »), le 6 février."
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            data-slide-description="Dans un café du centre historique de Macerata."
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            data-slide-description="Paolo Bernabucci, président de l’assocation GUS (Gruppo Umana Solidarieta) , principale structure d’aide aux migrants de la ville : « Depuis quelques années s’est installée l’idée que l’accueil était un business, que nous faisions de l’argent sur le dos des migrants. Les statistiques montrent que la délinquance n’a pas augmenté, mais les gens ont de plus en plus peur. Je ne sais pas comment on peut lutter contre ça. »"
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            data-slide-description="Vanessa Leton, 29 ans, travailleuse sociale pour l’assocation GUS, constate, comme son président, que la situation sociale de la ville et du pays se dégrade depuis longtemps."
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            data-slide-description="Le monument aux morts de Macerata, un mastodonte de pierre typique de l’époque mussolinienne, où Luca Traini a été arrété."
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            data-slide-description="Wilson Kofi, 20 ans, d’origine ghanéenne, a été touché à l’épaule par Luca Traini."
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            data-slide-description="Au siège local du Parti démocrate (centre gauche), ciblé par Luca Traini."
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Macerata, Italie, le 6 février            
Paolo Diop, représentant du Movimento Nazionale (droite), pendant la marche pour Pamela, morte et mutilée quelques jours auparavant, le 6 février à Macerata.

ALESSANDRO PENSO / MAPS POUR LE MONDE
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ L’avocat vedette du barreau de Bruxelles a joué de tous les arguments, traqué toutes les failles de l’instruction, usé du moindre détail à son profit.
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A Bruxelles, l’avocat de Salah Abdeslam minimise le rôle de son client

L’avocat vedette du barreau de Bruxelles a joué de tous les arguments, traqué toutes les failles de l’instruction, usé du moindre détail à son profit.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 20h56
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 21h14
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Fidèle à la stratégie des grands pénalistes, Sven Mary a transformé, jeudi 8 février, une question que tous se posaient en un argument. Allait-il plaider pour Salah Abdeslam au dernier jour du procès qui lui était intenté pour la fusillade de la rue du Dries, en mars 2016, à Forest, alors que son client contestait la légitimité même de tribunal correctionnel de Bruxelles ? Le survivant du commando de Paris, le fuyard de la planque de Forest disait, lundi, ne reconnaître qu’Allah comme seul juge.

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                Salah Abdeslam refuse de comparaître à son procès à Bruxelles jeudi



Alors, plaider ? Oui, bien sûr. Même pour ce terroriste qui serait, dit l’avocat, une sorte de « stoïcien, acceptant de l’au-delà ce qu’on ne lui a pas encore infligé ». Plaider, parce que « le plus beau pied de nez, le doigt d’honneur » à adresser aux adversaires de l’Etat de droit, c’est de respecter la procédure juridique. Et, sur ce terrain, l’avocat vedette du barreau de Bruxelles a joué de tous les arguments, traqué toutes les failles de l’instruction, usé du moindre détail à son profit. Jusqu’à presque effacer du procès la pâle figure du Molenbeekois radicalisé.
Abdeslam absent
Pour cette dernière journée d’audience, Salah Abdeslam était absent. Au sens littéral, il avait refusé d’être présent, comme figuré, son avocat a finalement très peu parlé de lui, se disant même satisfait qu’il ne puisse, cette fois, « s’accaparer le prétoire ». Me Mary a aussi nié avoir préparé l’intervention d’Abdeslam, lundi, et s’est dit « gêné » par le fait « grave » que son client ait refusé de se lever devant la présidente du tribunal.

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Me Mary a donc, pendant près de trois heures, focalisé l’attention sur une fusillade qu’il a habilement découplée de la chaîne des événements dans laquelle elle se place à l’évidence : les attentats de Paris en novembre 2015, ceux de Bruxelles le 22 mars 2016, quatre jours après l’arrestation d’Abdeslam à Molenbeek. « Vous n’êtes pas là pour juger de ces attentats. Le seul a priori que doit avoir le tribunal, c’est celui de l’innocence de Salah Abdeslam », assénait Me Mary, invitant les magistrats à ne pas « se laisser polluer » par tout ce qu’ils avaient vu, lu, entendu sur les événements dont son client fut un acteur clé.
D’autant, argumentait-il au début de sa plaidoirie, qu’il convient peut-être d’écarter des débats tous les actes de procédure à cause d’une raison bien belge : celle de l’emploi des langues. A grand renfort de textes, le pénaliste a fait valoir que la désignation, comme premier responsable de l’instruction, d’un juge du tribunal néerlandophone de Bruxelles, lequel a ensuite délégué l’enquête à des juges francophones, est un vice de procédure. Le tribunal devra vraisemblablement répondre à cet argument.
« Lacunes d’une instruction »
Il convenait ensuite, pour Me Mary, de mettre le doigt sur ce qu’il estime être les lacunes d’une instruction orientée et sur la finalité même de ce procès. « Il aurait dû avoir lieu après le procès d’assises qui aura lieu à Paris, et pas avant », affirme-t-il. Ensuite, point par point, il s’est évertué à démontrer que son client n’avait pas tiré sur les policiers arrivant rue du Dries – le procureur fédéral ne le dément pas sur ce point – ou que le contexte de cette fusillade n’était pas terroriste, histoire d’espérer limiter la peine de vingt ans à laquelle pourrait être condamné Salah Abdeslam.
La défense de Sofiane Ayari, le Tunisien qui a fui la rue du Dries avec son complice, devait, elle aussi, tenter d’atténuer le rôle probable de celui que le ministère public décrit comme un combattant de l’Etat islamique, arrivé de Syrie à Bruxelles via la Grèce et l’Allemagne pour renforcer la cellule belge. Sa trace a été retrouvée dans diverses planques, on l’a aussi repéré à Amsterdam le 13 novembre 2015, préparant peut-être un attentat, finalement annulé, à l’aéroport de Schiphol.
Pour les avocats, il convenait de donner une autre image de cet ancien étudiant, marqué par le printemps arabe. Il est défendu par sa famille, qui a envoyé une lettre à la présidente du tribunal belge. Elle y implore la compassion pour ce fils qui n’aurait pas pu puiser ses convictions radicales dans ce milieu qui se dit populaire et tolérant, « ami des juifs et des chrétiens ». 
« Pornographie médiatique »
Isa Gultaslar s’est longuement employé à démontrer que son client ne voulait rien d’autre que fuir quand la police est arrivée rue du Dries. Ni lui ni Abdeslam ne voulaient « faire un grand carnage ». Ayari ne voulait pas non plus mourir ou se placer dans la lignée des djihadistes désireux de mourir les armes à la main pour gagner le paradis.
Dénonçant à la fois le procès « en sorcellerie » dressé par le procureur fédéral, la « pornographie médiatique » marquant ces journées et « le mantra de l’état de guerre » visant à déroger aux principes habituels du droit, l’avocat ambitionnait, lui aussi, de gommer l’infraction terroriste. Et donc les raisons de sa présence avec les membres d’un groupe qui, comme l’écrivait Salah Abdeslam à sa sœur, visait prioritairement à « terroriser le peuple mécréant », à savoir « les Français qui combattent l’islam depuis longtemps ». Le prévenu tunisien affirme qu’il comptait seulement sur son groupe d’amis pour regagner non pas son pays, mais… la Syrie.
Son jugement et celui de son complice interviendront à une date qui n’est encore pas déterminée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ En prélevant de l’ADN sur un squelette d’un homme vieux de dix millénaires, des chercheurs ont pu reconstituer son visage.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Le Parlement européen a rejeté mercredi une motion demandant le retrait de cette liste de la Tunisie. Le directeur de la banque centrale va être démis pour sanctionner ce raté.
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Compte rendu

L’UE inscrit la Tunisie sur sa « liste noire » des pays exposés au financement du terrorisme

Le Parlement européen a rejeté mercredi une motion demandant le retrait de cette liste de la Tunisie. Le directeur de la banque centrale va être démis pour sanctionner ce raté.

Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
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        Le 08.02.2018 à 18h36

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        Mis à jour le 10.02.2018 à 06h56






    
Le premier ministre tunisien, Youssef Chahed, à Tunis, en septembre 2017.
Crédits : ZOUBEIR SOUISSI/REUTERS


C’est un camouflet diplomatique pour la Tunisie. Le Parlement européen a validé, mercredi 7 février, la présence de la Tunisie sur la « liste noire » des pays « susceptibles d’être fortement exposés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme ». Le ministère tunisien des affaires étrangères a aussitôt déploré une « décision injuste, hâtive et unilatérale ».
Cette mise à l’index survient deux mois après l’inclusion de la Tunisie dans une autre liste noire, celle des paradis fiscaux, établie par les ministres européens des finances. Le dommage infligé à l’image de la Tunisie avait toutefois été ensuite réparé. Le 23 janvier, l’UE retirait le petit pays d’Afrique du Nord de cette liste de mauvais élèves en matière de lutte contre l’évasion fiscale. Entre-temps, la machine diplomatique tunisienne, initialement peu réactive, s’était remobilisée en s’engageant à entreprendre les réformes fiscales requises, notamment dans le secteur des entreprises exportatrices offshore.
Le coup à peine encaissé, le vote du Parlement de Strasbourg adresse une nouvelle semonce à la Tunisie, cette fois sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Une motion déposée par des députés visant à retirer la Tunisie, le Sri Lanka et Trinité-et-Tobago de la liste noire établie par la Commission n’a pas recueilli la majorité requise des 376 voix. Les débats, très intenses, se sont surtout focalisés sur la Tunisie, unique rescapée de la vague des révolutions arabes de 2011. Les défenseurs de la motion n’auront manqué que de 19 voix pour la faire adopter.
« Beaucoup d’élus ont été sensibles, y compris chez les conservateurs et les sociaux-démocrates, à l’argument selon lequel il ne faut pas enfoncer une démocratie fragile, rapporte une source interne au Parlement. Mais il s’agit quand même des risques de financement du terrorisme. Seuls les arguments techniques devraient prévaloir. » De fait, c’est l’approche experte et non politique qui s’est imposée au Parlement européen à travers le rejet de cette motion « pro-Tunisie ».
A Tunis, la conséquence a été immédiate. Le premier ministre, Youssef Chahed, a fait savoir, mercredi, qu’il entendait limoger le directeur de la banque centrale de Tunisie, Chedly Ayari, jugé responsable de l’impréparation de son pays sur ce dossier. L’inquiétude avait commencé à monter en novembre 2017, quand le Groupe d’action financière (GAFI) a inclus la Tunisie sur sa liste des pays à « hauts risques » en raison des déficiences de son système bancaire à tracer l’origine de fonds, ainsi que de leurs bénéficiaires effectifs. Le GAFI est un organisme intergouvernemental spécialisé dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Vive amertume
Or la Commission européenne s’inspire des travaux du GAFI pour établir sa propre liste. Dans le cadre de la quatrième directive européenne antiblanchiment, adoptée en 2015, la Commission s’est engagée à évaluer les efforts entrepris par les pays tiers (non membres de l’UE) pour lutter contre ce phénomène. Le Parlement et le Conseil européens doivent donner leur feu vert dans la foulée. Par deux fois, courant 2017, la commission a proposé ce travail d’évaluation aux eurodéputés qui l’ont rejeté, estimant que l’institution communautaire se contentait de « copier-coller » la liste du GAFI sans mener sa propre expertise.

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Aussi la Commission s’était engagée à mener ses recherches à partir de 2018. En échange, une partie du Parlement avait convenu de valider mercredi son « copier-coller » de la dernière liste du GAFI 2017. Mais la Tunisie se trouvant incluse dans cette liste depuis novembre 2017, l’affaire a pris une autre tournure. D’autant que la controverse autour de son inclusion sur la liste des paradis fiscaux avait réveillé le camp pro-tunisien, résolu à éviter un deuxième revers diplomatique. Les arguments déployés – nécessité d’épargner une « démocratie naissante », petits cadeaux (dattes et huile d’olive) envoyés à des élus – n’ont pas suffi à renverser la vapeur.
A Tunis, l’amertume est vive devant ce nouvel échec. « La diplomatie tunisienne n’a pas fait son travail, elle n’a pas été assez réactive », regrette un analyste. Les conséquences en termes d’accès aux marchés financiers internationaux ne sont toutefois pas jugées évidentes par les professionnels. « Les marchés et les bailleurs ont déjà intégré l’information depuis l’inclusion de la Tunisie sur la liste du GAFI, relativise un dirigeant d’une banque tunisienne. Le vote du Parlement européen n’y change pas grand-chose. » A la suite de ces atteintes répétées à l’image du pays, d’autres têtes vont rouler.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Les parlementaires ont demandé, jeudi, à la Commission européenne de « lancer une évaluation complète » du système actuel.
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Le Parlement européen s’interroge sur l’utilité du changement d’heure

Les parlementaires ont demandé, jeudi, à la Commission européenne de « lancer une évaluation complète » du système actuel.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 17h16
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 06h34
   





                        


Le changement d’heure vivrait-il ses dernières heures ? Les députés européens ont réclamé, jeudi 8 février, une « évaluation » détaillée du système de changement d’heure, qui pourrait aboutir à sa révision, après avoir longuement débattu de l’intérêt ou non de maintenir ces modifications horaires semestrielles.
Par 384 voix pour (153 voix contre), les parlementaires, réunis en session plénière à Strasbourg, ont demandé à la Commission européenne de « lancer une évaluation complète » du système actuel et, si nécessaire, de « présenter une proposition pour la réviser ».
Plus d’accidents, moins de sommeil
« De nombreuses études, si elles n’aboutissent pas à des conclusions définitives, ont indiqué l’existence d’effets négatifs sur la santé des êtres humains » de ces décalages d’une heure qui ont lieu les derniers week-ends de mars et d’octobre depuis 2001, soulignent les eurodéputés.
« Les études démontrant un accroissement des accidents de la route ou des troubles du sommeil lors du changement d’heure, doivent être prises au sérieux », a également plaidé la députée européenne écologiste Karima Delli, à l’origine de la résolution. Elle estime, par ailleurs, que les économies d’énergie, but initial des changements d’heure saisonniers, « ne sont pas probantes ».

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                Changement d'heure : ce qu'il faut savoir 



La Commission européenne ne s’est pas montrée enthousiaste à l’idée de se lancer dans une révision du système. « Mais il est évident que si on laisse les Etats membres libres de décider d’appliquer ou non des changements d’heure, cela sera problématique pour le marché intérieur », a reconnu la commissaire européenne slovène Violeta Bulc devant les députés.




                            


                        

                        

