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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Le 3 février, Luca Traini, un jeune homme aux tatouages d’inspiration fasciste, avait tiré sur une dizaine d’Africains à travers la ville, en blessant six.
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Italie : des milliers de manifestants antifascistes à Macerata

Le 3 février, Luca Traini, un jeune homme aux tatouages d’inspiration fasciste, avait tiré sur une dizaine d’Africains à travers la ville, en blessant six.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 17h50
   





                        



   


Des milliers de personnes ont défilé contre le fascisme, samedi 10 février, à Macerata, une semaine après la fusillade raciste qui a fait six blessés dans cette petite ville du centre de l’Italie.

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Les manifestants, venus parfois de loin, ont commencé à défiler dans le calme à l’appel d’associations antifascistes, d’ONG, de syndicats mais aussi de quelques formations politiques de gauche. Beaucoup agitaient des drapeaux de leur mouvement, en chantant Bella ciao et d’autres classiques de l’antifascisme, mais certains avaient aussi apporté des drapeaux italiens. « S’il y a des chômeurs, c’est la faute du gouvernement, pas des migrants », ont scandé les manifestants.
Crainte de débordements
Le maire de Macerata, Romano Carancini (centre-gauche), avait demandé l’annulation de tous les rassemblements pour laisser la ville souffler. Mais la préfecture a donné son autorisation vendredi soir pour celui de samedi, à condition que le cortège longe les murs de la ville, sans pénétrer dans le centre historique.
Par crainte de débordements, les écoles sont restées fermées, la messe du samedi soir a été annulée et la plupart des commerces ont fermé à la mi-journée. Le dispositif policier était discret, même si un hélicoptère survolait la ville.
Jeudi soir, des heurts ont éclaté quand plusieurs dizaines de militants du groupuscule d’extrême droite Forza Nuova ont manifesté contre l’immigration et adressé le salut fasciste à la police.

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Affaire « close »
Il y a une semaine, Luca Traini, un jeune homme au crâne rasé et aux tatouages d’inspiration fasciste, avait tiré sur une dizaine d’Africains à travers la ville, faisant six blessés.
Il a déclaré avoir agi pour venger la mort de Pamela Matropietro, une jeune fille de 18 ans dont le corps a été retrouvé découpé en morceaux, après l’annonce de l’arrestation d’un dealer nigérian soupçonné d’être impliqué dans ce crime.
Deux autres Nigérians ont été arrêtés depuis, et le procureur a annoncé samedi devant des médias que l’enquête était « close » et qu’il s’agissait probablement d’un homicide volontaire, alors que la thèse d’une overdose avait été évoquée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le président Erdogan a évoqué une attaque, alors le premier ministre turc a assuré qu’une « intervention extérieure » n’était pas démontrée.
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Un hélicoptère militaire turc « abattu » lors d’une opération contre les Kurdes en Syrie

Le président Erdogan a évoqué une attaque, alors le premier ministre turc a assuré qu’une « intervention extérieure » n’était pas démontrée.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 17h21
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 18h21
   





                        


Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré, samedi 10 février, qu’un hélicoptère militaire turc avait été abattu lors d’une offensive contre une milice kurde dans le nord-est de la Syrie.
« Un de nos hélicoptères a été abattu il y a peu », a déclaré M. Erdogan lors d’un discours télévisé à Istanbul. Il n’a pas précisé qui avait abattu l’appareil, mais il a insisté sur le fait que les auteurs des tirs allaient en « payer le prix ». Selon le premier ministre turc, Binali Yildirim, deux militaires sont morts dans la chute de l’hélicopère, tandis que l’armée a annoncé que trois autres militaires avaient perdu la vie dans l’opération contre la milice kurde, lors d’un incident séparé. Cinq autres ont été blessés.

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Versions divergentes
Les versions divergent toutefois au sommet de l’Etat turc. Le premier ministre, qui a pris la parole peu après l’intervention de M. Erdogan, n’a pas été aussi catégorique que le président quant aux circonstances. M. Yildrim s’est contenté de dire que l’appareil s’était écrasé. « Nous ne disposons pas d’éléments démontrant que cela résulte d’une intervention extérieure », a-t-il dit à la télévision.
De même, les militaires turcs ont annoncé dans un communiqué qu’un hélicoptère s’était écrasé à 13 heures (11 heures, heure de Paris), tuant deux des leurs, mais n’ont pas fourni d’explications, indiquant seulement qu’une enquête technique avait débuté.
Le lieu où l’appareil est tombé n’est pas non plus clairement établi. L’agence de presse Anatolie a dit que l’hélicoptère avait été abattu dans la région frontalière de Hatay, dans le sud de la Turquie. Un porte-parole des Forces démocratiques syriennes, soutenues par les Etats-Unis, Mustefa Bali, a écrit sur Twitter que l’appareil aurait été abattu dans le secteur de Rajo, dans la région d’Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, proche de la frontière avec la Turquie.
Lutte contre les forces kurdes
Le 20 janvier, la Turquie et ses alliés au sein des rebelles syriens ont lancé l’opération « Rameau d’olivier » contre les Unités de protection du peuple (YPG), une force paramilitaire kurde, alliée des Etats-Unis dans la lutte contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI).
Ankara considère les YPG comme une émanation « terroriste » du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une insurrection armée depuis trois décennies contre le pouvoir central turc.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ La hausse de salaire de 4,3 % obtenue par le syndicat de la métallurgie allemande pour les salariés du secteur pourrait se propager. Une bonne nouvelle pour l’institution monétaire qui craint désormais la disparition de l’inflation.
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IG Metall, allié improbable de la BCE

La hausse de salaire de 4,3 % obtenue par le syndicat de la métallurgie allemande pour les salariés du secteur pourrait se propager. Une bonne nouvelle pour l’institution monétaire qui craint désormais la disparition de l’inflation.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 16h00
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Chronique. C’est un drôle d’attelage mais qu’importe : la Banque centrale européenne (BCE) peut dire merci à IG Metall, le puissant syndicat de la métallurgie allemande. Après des mois de négociations tendues, le mastodonte vient d’obtenir une hausse de salaire de 4,3 % pour les employés du secteur. Une augmentation ayant valeur de « benchmark » pour des millions de salariés au sein de la première puissance économique européenne. A leur tour, les syndicats des services et des fonctionnaires se mettent en ordre de bataille, réclamant entre 6 % et 11 % d’augmentation…
Il fut un temps où la BCE suivait d’un œil suspicieux les revendications syndicales en matière de rémunérations. Trop nombreuses, trop élevées, celles-ci risquaient de déclencher une spirale inflationniste, en poussant les entreprises à augmenter leurs prix pour compenser la hausse des coûts salariaux. Une ligne rouge pour l’institution de Francfort, gardienne intransigeante de la stabilité des prix, avec un objectif d’inflation fixé juste en dessous de 2 %.

A cette aune, le résultat obtenu par IG Metall pourrait sembler bien excessif. Etalée sur vingt-sept mois, la hausse devrait atteindre 3,7 % en 2018 et 4 % en 2019, selon les calculs du cabinet d’analyses Oxford Economics. Mais l’époque n’est plus la même : ce qui tracasse désormais la BCE n’est plus un trop-plein d’inflation… mais sa disparition.
Résumons. La croissance de la zone euro est robuste. Elle est même au plus haut depuis une décennie. Les usines tournent à plein régime. Le taux de chômage, lui, ne cesse de refluer. Sept millions de nouveaux « jobs » ont été créés depuis 2013. Certains pays, comme l’Allemagne et les Pays-Bas, frôlent le plein-emploi.
Ici et là, en Europe, se profile une pénurie de main-d’œuvre. Pourtant, et c’est le grand mystère de la reprise, les salaires frémissent à peine. Outre-Rhin, en 2017, ils n’ont augmenté que de 0,8 % en termes réels. Dans la zone euro,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Ofer Zalzberg, analyste principal à l’International Crisis Group, examine l’escalade militaire dans le sud-ouest de la Syrie, qui s’est traduite, samedi, par des frappes israéliennes autour de Damas.
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« Nous assistons à un cycle d’action-réaction » entre l’Iran, Israël et la Syrie

Ofer Zalzberg, analyste principal à l’International Crisis Group, examine l’escalade militaire dans le sud-ouest de la Syrie, qui s’est traduite, samedi, par des frappes israéliennes autour de Damas.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 14h59
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



   


La matinée de samedi 10 février a été marquée par la plus sérieuse escalade militaire entre Israël et la Syrie depuis des années. A l’origine : un drone attribué par l’armée israélienne à l’Iran, qui avait pénétré dans l’espace aérien israélien. Tsahal a aussitôt lancé un raid pour détruire son site de lancement, au cours duquel un avion F16 a été touché et s’est écrasé en Israël. Le pilote est grièvement blessé.
Cet incident a entraîné une réplique massive des forces israéliennes, qui ont visé douze sites, syriens et iraniens autour de Damas (Syrie). Deux jours avant cette escalade, l’organisation International Crisis Group avait publié un rapport très documenté sur le risque d’un nouveau front en Syrie, impliquant Israël. L’un de ses auteurs, Ofer Zalzberg, analyse les ressorts de la détérioration sur le terrain.
Ce n’est pas la première fois qu’Israël répond militairement après qu’un drone a pénétré dans son espace aérien. Mais, ce matin, l’armée israélienne a agi avec une rapidité et une ampleur sans précédent. Cela signifie-t-il que les acteurs testent leurs lignes rouges respectives ?
Ofer Zalzberg : Effectivement, un incident impliquant un drone syrien n’est pas une chose nouvelle. Ce qui est nouveau, c’est un drone iranien pénétrant dans l’espace aérien israélien. Pour les officiels israéliens, il s’agit d’une violation par l’Iran de l’espace israélien — l’appareil a été détruit 30 km au sud de la clôture entre Israël et la Syrie — et d’une indication claire de la collecte de renseignements par l’Iran sur Israël afin de se préparer à un conflit armé.
Nous assistons à un cycle d’action-réaction, dans lequel les parties font preuve d’une prise de risque supérieure à celles dans le passé récent : l’Iran, afin d’accroître ses capacités de renseignement sur Israël ; Israël, afin de tracer les lignes rouges qui protègent son espace aérien ; et enfin la Syrie, afin de protéger son espace aérien de frappes israéliennes.
Même si personne ne semble désireux, dans l’immédiat, de déclencher une nouvelle guerre, qui pourrait se transformer en conflit régional, pourquoi la tension monte-t-elle depuis le début de l’année ?
Tandis que les combats progressent, [le chef de l’Etat syrien, Bachar Al-] Assad et ses alliés ont repris de plus en plus de territoires et se sentent maintenant confortés. Dès lors, ils peuvent enfin réorienter des ressources et prendre des risques pour compromettre les opérations aériennes israéliennes en Syrie. Cette attitude nouvelle peut avoir un impact sur la capacité d’Israël à frapper les convois d’armement du Hezbollah allant de Syrie vers le Liban, transportant notamment des missiles de haute précision qui peuvent causer des dégâts majeurs à Israël dans une guerre future avec le Hezbollah.
A quelle conclusion avez-vous abouti dans votre rapport, publié le 8 février, dans lequel vous mettiez en garde contre une escalade possible en Syrie ?
La Russie, qui est un soutien important du régime d’Assad, est la seule puissance en Syrie en mesure de faciliter la conclusion de deux nouvelles séries d’arrangements, destinées à réduire le risque d’une confrontation plus large. Cela doit être fait dans deux domaines. Dans le sud-ouest de la Syrie, la Russie doit négocier des arrangements pour conforter l’accord de désescalade, éloignant les forces soutenues par l’Iran de la ligne de cessez-le-feu entre la Syrie et Israël. Et elle doit chercher à négocier un modus vivendi entre Israël et l’Iran en Syrie, dans lequel l’Iran renoncerait à construire des ateliers de fabrication de missiles à haute précision et des infrastructures militaires, tandis qu’Israël accepterait la présence de forces étrangères dans le reste de la Syrie, en attendant la conclusion d’un accord sur l’avenir du pays. En l’absence de tels arrangements, les risques d’une escalade entre Israël, l’Iran et le Hezbollah seront bien plus élevés. Les événements de la nuit dernière en sont l’illustration.
Comme vous le notez dans votre rapport, ces derniers mois ont été marqués par des contacts intensifiés entre Israël et la Russie. Sont-ils productifs ? Israël peut-il vraiment compter sur Moscou pour juguler les plans iraniens ?
La coordination entre Israël et la Russie existe dans la mesure où Israël est, dans les faits, autorisé à frapper des cibles du Hezbollah et de l’Iran en Syrie. Les Syriens sont parfaitement au courant du fait que la Russie aurait pu utiliser ses technologies antimissiles avancées pour empêcher les frappes israéliennes, mais elle ne l’a pas fait. Mais en même temps, les Israéliens savent bien, à la lumière des incidents de la nuit dernière, que la Russie a permis au drone de traverser la Syrie et d’entrer dans l’espace aérien israélien.
Dès lors, nous voyons que la Russie fait de son mieux pour ne pas se retrouver prise au milieu du conflit entre l’Iran et Israël et pour maintenir des relations correctes avec les deux parties. On comprend bien que cela va être de plus en plus difficile. Si Moscou veut préserver des relations de coopération avec les deux parties, il est de son intérêt de parvenir à de tels arrangements. Dans leur cadre, il lui sera plus facile de protéger ses alliés à Damas. Dans le contexte d’un large conflit avec l’Iran et le Hezbollah en Syrie, Israël pourrait procéder à des frappes incapacitantes contre l’armée syrienne.
Quelles seraient les conséquences si les milices chiites soutenues par l’Iran intégraient l’armée syrienne ?
La première conséquence serait qu’il y aurait des forces armées fidèles à Téhéran au sein de l’armée syrienne. Cela rendrait bien plus improbable la possibilité pour Israël et la Syrie de revenir à la situation antérieure à 2011, quand leurs frontières étaient, de facto, les plus calmes de toutes celles qu’a Israël. Pour dire les choses simplement, il sera plus difficile de stabiliser la dynamique entre Israël et la Syrie, même si toutes les forces iraniennes et celles du Hezbollah quittent le pays.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Analyse. Le royaume – qui ressent la pression des organisations humanitaires et de ses alliés occidentaux – se dit prêt à demeurer au Yémen aussi longtemps que nécessaire, convaincu que les houthistes ne cesseront jamais de lui mener la guerre avec l’aide de l’Iran, explique le journaliste du « Monde », Louis Imbert.
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Riyad désespère de mettre fin à sa guerre au Yémen

Analyse. Le royaume – qui ressent la pression des organisations humanitaires et de ses alliés occidentaux – se dit prêt à demeurer au Yémen aussi longtemps que nécessaire, convaincu que les houthistes ne cesseront jamais de lui mener la guerre avec l’aide de l’Iran, explique le journaliste du « Monde », Louis Imbert.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 11h12
    |

            Louis Imbert (Service International)








                        



                                


                            

Analyse. Une affaire intérieure yéménite. C’est ainsi que des officiels saoudiens qualifiaient, fin janvier à Riyad, les heurts qui approchaient à grand pas à Aden, la principale cité portuaire du sud du Yémen. Le royaume saoudien ne paraissait pas troublé par la contestation qui montait alors contre son allié, le gouvernement yéménite d’Abd Rabbo Mansour Hadi, et qui a dégénéré en combats ouverts dans la ville les 29 et 30 janvier, faisant au moins 38 morts.
Riyad a d’excellentes raisons de rechigner à mettre le doigt dans cette affaire. Elle oppose deux de ses alliés yéménites, qui l’assurent de leur attachement indéfectible tout en s’étranglant l’un l’autre.

D’un côté, les maigres forces du gouvernement yéménite, incapable d’assurer ses fonctions régaliennes et dont le président est en exil à Riyad ; de l’autre, un mouvement séparatiste du sud du Yémen divisé, contesté, confus, mais qui jouit d’un réel soutien populaire. Ce mouvement « sudiste » s’est imposé depuis trois ans comme le meilleur garant de la sécurité d’Aden. Il rêve à haute voix d’indépendance. Sans surprise, il a montré sa supériorité dans les rues de la ville.
Une coalition de pays arabes sunnites
L’Arabie saoudite s’est engagée militairement au Yémen en mars 2015. Elle lutte, à la tête d’une coalition de pays arabes sunnites, contre la rébellion chiite houthiste, issue du nord du pays, qui s’est emparée de la capitale, Sanaa, en septembre 2014, et qui contrôle aujourd’hui les zones les plus peuplées du pays, dans sa moitié nord. Les provinces de la bande côtière du sud sont « libérées », selon la terminologie saoudienne : les houthistes en ont été pour l’essentiel chassés. La « légitimité » du gouvernement yéménite y est préservée, et Aden en est la « capitale temporaire ». Que le Sud vive donc, qu’il règle en famille ses divisions internes et s’apaise : c’est ainsi que Riyad voit les choses.
Le président Hadi, haï par les séparatistes,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Editorial. Eclipsant la compétition sportive, le dictateur nord-coréen, Kim Jong-un, a fait de l’affirmation de son pouvoir le véritable enjeu des Jeux olympiques, ouverts vendredi en Corée du Sud.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Les JO de la Corée du Nord

Editorial. Eclipsant la compétition sportive, le dictateur nord-coréen, Kim Jong-un, a fait de l’affirmation de son pouvoir le véritable enjeu des Jeux olympiques, ouverts vendredi en Corée du Sud.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 14h28
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Ils se déroulent au sud du 38e parallèle, mais les Jeux olympiques d’hiver, qui se sont ouverts vendredi 9 février à Pyeongchang, s’annoncent comme les Jeux du Nord. Eclipsant la compétition sportive, le régime du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a réussi ces dernières semaines à dominer la scène médiatique et diplomatique autour des préparatifs.
Dans le mois qui a suivi l’annonce de la partici­pation de 22 athlètes nord-coréens, le dictateur de Pyongyang a imposé son tempo aux discussions sur les équipes conjointes et le cérémonial ; il a fait de l’affirmation de son pouvoir, au-delà du sport, le véritable enjeu de ces JO.
Depuis son élection, en mai 2017, le président sud-coréen, Moon Jae-in, a tout fait pour que ces Jeux soient ceux de la paix et du rapprochement avec le frère ennemi du Nord, dans l’espoir de favoriser la dénucléarisation. De cette première journée, pourtant, ce n’est pas le visage de cet hôte accueillant que l’on retiendra, mais celui d’une jeune femme que le monde découvrait sans le filtre de l’imagerie officielle de Pyongyang : Kim Yo-jong, la sœur cadette de Kim Jong-un.
Une invitation
Première personnalité de la dynastie Kim à la tête du régime à se rendre dans la partie sud de la péninsule depuis la fin de la guerre de Corée, Kim ­Yo-jong a volé la vedette aux dirigeants de Séoul. C’est elle qui, samedi, a transmis au président Moon une invitation à se rendre en Corée du Nord « dès que possible ».

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                JO : Kim Yo-jong, sœur et émissaire de confiance de Kim Jong-un



Pyongyang a, certes, fait quelques pas en direction de Séoul, à commencer par le renoncement, depuis le 28 novembre 2017, à tout essai balistique. En retour, M. Moon a demandé aux Etats-Unis de repousser les manœuvres militaires qu’ils devaient organiser avec le Sud, ce qu’ils ont fini par accepter, malgré leurs réticences. Désireux de célébrer ces Jeux de la paix avec la Corée du Nord, M. Moon a également dû demander aux Nations unies de faire une exception pour que des personnalités nord-coréennes sous le coup de sanctions puissent venir au Sud.

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                Jeux olympiques : Pour la Corée, « un nouveau pas a été franchi »



Le régime de Kim Jong-un ne s’est pas privé de placer la Corée du Sud en porte- à-faux avec son grand allié américain. A vrai dire, la rhétorique et les Tweet provocateurs du président Donald Trump, qui s’est vanté d’avoir « un plus gros bouton nucléaire » que Kim Jong-un, lui ont facilité la tâche.
Le piège de l’offensive de charme de Pyongyang
Dans la même veine, le rejet par l’entourage de M. Trump de la nomination de Victor Cha comme ambassadeur américain à Séoul, poste vacant depuis un an, n’a pas contribué à mettre de l’huile dans les rouages. Ancien conseiller de George W. Bush, M. Cha ne passe pas pour une ­colombe, mais il a commis le sacrilège de critiquer l’idée de frappes préventives ­contre la Corée du Nord.
Le vice-président américain, Mike Pence, qui dirige la délégation des Etats-Unis aux Jeux, est visiblement déterminé à ne pas tomber dans le piège de l’offensive de charme de Pyongyang. Il a donc refusé de serrer la main du chef de l’Etat nord-coréen, aux fonctions honorifiques, Kim Yong-nam, qui accompagnait la sœur du dictateur à l’ouverture des JO, et s’est éclipsé au bout de quelques minutes de la réception organisée en marge de la cérémonie.
Vue de Washington, une telle intimité avec des hauts personnages du régime dictatorial nord-coréen reviendrait à cautionner la réalité de la puissance nucléaire fraîchement acquise par Pyongyang, en dépit de tous les avertissements de la communauté internationale. Une réalité qui reste inacceptable.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le projet de faire défiler la troupe rencontre une forte opposition et provoque des railleries jusque dans le camp du président américain.
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La parade militaire de Donald Trump piétine

Le projet de faire défiler la troupe rencontre une forte opposition et provoque des railleries jusque dans le camp du président américain.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 14h33
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


On a connu des accueils plus enthousiastes. Le 6 février, un article du Washington Post avait contraint la Maison Blanche à reconnaître que l’administration planchait sur un projet de défilé martial. Depuis, les critiques se sont abattues comme de la mitraille sur ce dessein présidentiel, les contempteurs de Donald Trump dénonçant sa fascination pour les régimes autoritaires.
C’est pourtant une célébration républicaine, le 14-Juillet français, qui est à l’origine de ce projet. Invité par son homologue Emmanuel Macron en souvenir de l’entrée en guerre des Etats-Unis aux côtés de la France et du Royaume-Uni en 1917, le président américain avait été notoirement séduit par la prestation des troupes françaises – Donald Trump, il est vrai, n’avait eu droit qu’à une bien modeste parade le jour de sa prestation de serment, il y a un an.

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« Tanks, but no tanks »
Le président américain n’a pas renoncé. Le secrétaire à la défense James Mattis, qui défendait cette semaine son budget au Congrès, a été contraint de s’exprimer sur le sujet mercredi. « Nous sommes tous conscients dans ce pays de l’affection et du respect du président à l’égard de l’armée. Nous avons élaboré plusieurs options. Nous les enverrons à la Maison Blanche pour décision », a-t-il réagi dans une déclaration dans laquelle le sens de la discipline affleurait plus que la franche allégresse.
Muriel Bowser, la maire de Washington, a répondu en énumérant les études d’impact qui devraient être envisagées au préalable. « Habituellement, quand vous voyez de grands défilés militaires, c’est à la fin d’une guerre, et je pense que rien n’a été annoncé en la matière », a-t-elle ajouté dans une allusion à la dernière parade en date qui avait marqué la fin de la première guerre du Golfe, en 1991. Le conseil municipal de la capitale fédérale, également démocrate, a repoussé l’idée d’un cortège de blindés et de fantassins par un clin d’œil à une formule de refus poli : « Tanks, but no tanks. »
Plus embarrassantes ont été les railleries venues du camp du président. Le sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsey Graham, grand avocat des forces armées, a moqué « un truc ringard » et « un signe de faiblesse ». John N. Kennedy, son collègue conservateur de Louisiane, a renchéri : « L’Amérique est le pays le plus puissant de toute l’histoire de l’humanité, tout le monde le sait, et nous n’avons pas besoin de le montrer. »
Invité personnellement à dîner en octobre à la Maison Blanche, Robert O’Neill, membre du commando des SEAL (forces spéciales) responsable en 2011 de la mort d’Oussama Ben Laden, a moqué sur Twitter « une connerie de pays du tiers-monde ». Affront suprême, Brian Kilmeade, l’un des animateurs du programme télévisé préféré du président, « Fox and Friends », diffusé sur la chaîne conservatrice, s’est inquiété à l’avance d’un « gaspillage d’argent ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ L’assassinat de candidats locaux intensifie le débat sur le bilan sécuritaire du gouvernement.
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Au Mexique, les balles et l’argent des « narcos » hantent la campagne électorale

L’assassinat de candidats locaux intensifie le débat sur le bilan sécuritaire du gouvernement.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 10h58
    |

            Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








                        



                                


                            

La classe politique mexicaine est en émoi face à l’ingérence électorale des cartels de la drogue, à cinq mois de l’élection présidentielle mais aussi des municipales et des législatives. Les candidats déclarés à la présidence ont tous mis en cause la stratégie sécuritaire du gouvernement, à la suite de la mort violente d’un prétendant à une mairie de la banlieue de Mexico. Comme lui, une quinzaine de dirigeants politiques locaux de tous bords ont été pris pour cible par le crime organisé depuis décembre 2017.
Francisco Rojas, 59 ans, était le champion du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, centre, au pouvoir) dans la ville de Cuautitlan Izcalli (Etat de Mexico). Le candidat a succombé à ses blessures mardi 6 février, trois jours après que deux motards non identifiés ont ouvert le feu sur sa voiture, tuant aussi sa belle-sœur à ses côtés. Le lendemain, dans l’Etat de Puebla (centre), le corps démembré d’un candidat du Parti d’action nationale (PAN, droite) aux législatives était découvert dans un ravin.
« Echec du gouvernement »
Plus de cent élus locaux ont été assassinés depuis onze ans, selon l’Association mexicaine des maires (ANAC), dont neuf en 2017. « Les bandes criminelles ne reculent devant rien pour protéger leurs trafics vers les Etats-Unis, explique le politologue Virgilio Bravo. Leur intérêt se porte davantage sur les élections locales que nationales pour s’assurer du contrôle des zones stratégiques de production et de transport des drogues ».
Plus de 2 700 mandats locaux sont en jeu le 1er juillet, en plus de ceux du président de la République, de huit gouverneurs, de 500 députés et de 128 sénateurs. « C’est l’argent ou les balles », déplore M. Bravo, qui souligne que les narcotrafiquants financent aussi les campagnes des candidats de leur choix. « Parfois, ils placent même leurs hommes aux postes électifs », précise-t-il, avant de rappeler que 2017 a été l’année la plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Pour la nouvelle génération sociale-démocrate, gouverner avec Angela Merkel sera contre-productif.
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En Allemagne, les jeunes du SPD ne croient pas à la coalition

Pour la nouvelle génération sociale-démocrate, gouverner avec Angela Merkel sera contre-productif.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 10h58
    |

            Thomas Wieder (Leipzig (Saxe), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Au dernier moment, elle a hésité à venir, « exaspérée par ce qui se passe en ce moment ». A 35 ans, dont « une dizaine » au Parti social-démocrate (SPD) allemand, Eva a bien sûr suivi de près l’actualité politique des deux derniers jours. Au début, tout se déroulait plutôt bien. En prenant connaissance, mercredi 7 février, du contenu du « contrat de coalition » négocié entre le SPD et les conservateurs de la CDU-CSU, elle s’est dit que « ça allait », qu’il y avait même « plutôt des bonnes choses dedans », notamment sur l’Europe, tout en regrettant « le vide total sur les sujets liés à l’environnement ».
Mais la situation s’est vite gâtée. Rapidement, elle a constaté qu’« il n’était plus question que de petites histoires de personnes ». Alors, vendredi 9 février, quand elle a appris que Martin Schulz, deux jours après avoir annoncé sa nomination aux affaires étrangères, renonçait finalement à entrer au gouvernement, elle a d’abord songé à rester chez elle. « Aucune envie d’entendre parler de ça », dit-elle.
Pourquoi est-elle venue, alors ? Pourquoi a-t-elle traversé Leipzig (Saxe), par un froid glacial, pour assister à un débat sur la « grande coalition », sur laquelle les 463 723 adhérents du SPD seront invités à voter pour ou contre, entre le 20 février et le 2 mars ? D’abord et surtout « pour se faire un avis », car même si elle « penche plutôt pour le oui », elle n’en est pas non plus « sûre à cent pour cent ».
« Se refaire une santé »
Et puis il y a l’affiche, reconnaît-elle aussi. Comprenez la présence de Kevin Kühnert, le chef de file des « Jusos », les jeunes socialistes, 28 ans, qui a acquis une notoriété nationale depuis quelques semaines en s’installant dans le rôle d’opposant principal à l’entrée du SPD au gouvernement. Alors, quand elle a su que c’était à Leipzig que le jeune homme entamait son « NoGroKo tour », sa tournée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Les ex-otages de deux Britanniques capturés en Syrie espèrent assister à leur procès.
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Les victimes des « Beatles » djihadistes demandent leur transfert

Les ex-otages de deux Britanniques capturés en Syrie espèrent assister à leur procès.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 15h09
    |

            Madjid Zerrouky et 
Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Jusqu’à présent, l’affaire était presque entendue : aucun des principaux pays européens ne souhaite faire juger ses djihadistes partis en Syrie ou en Irak par sa propre justice. Ils n’en veulent pas et préfèrent s’en remettre aux « autorités locales » : l’Etat irakien ou les Kurdes syriens. La donne pourrait-elle changer avec l’annonce de la capture en Syrie d’Alexanda Amon Kotey et El Chafee El-Cheikh, deux djihadistes britanniques membres d’une « cellule d’exécution » d’otages de l’organisation Etat islamique (EI) ? Leur arrestation suscite l’espoir de victimes et de leurs proches qui souhaitent assister à un procès en bonne et due forme.
Alexanda Amon Kotey et El Chafee El-Cheikh faisaient partie d’un quatuor surnommé par leurs otages « les Beatles » en raison de leur accent britannique prononcé. Les Etats-Unis estiment que cette cellule a assassiné 27 personnes, dont les Britanniques David Haines et Alan Henning, les journalistes américains James Foley et Steven Sotloff, le travailleur humanitaire américain Peter Kassig et le journaliste japonais Kenji Goto.
Les deux djihadistes arrêtés étaient les derniers membres supposés en vie et en fuite du quatuor. Surnommé « Jihadi John », Mohammed Emwazi, le bourreau anglophone qui apparaissait dans des vidéos de l’EI en 2014 et 2015, a été tué en novembre 2015 lors d’un bombardement à Rakka. Le dernier membre du groupe, Aine Davis, est détenu en Turquie.

« Je veux qu’ils aient un procès propre, incontestable (...), qui rende justice à leurs victimes. Dans le cas contraire, ce serait une faute morale, juridique et de sécurité », insiste une de leurs victimes, l’ancien otage français Nicolas Hénin. Aujourd’hui président d’Action résilience, un institut de recherche et de conseil sur la lutte contre la radicalisation et le terrorisme, M. Hénin s’inquiète de la possibilité qu’ils soient jugés sur place : « Il y a dans cette région un historique d’évasions,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ A Cucuta, la ville colombienne à la frontière du Venezuela, des milliers de personnes fuient le régime de Nicolas Maduro.
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La Colombie débordée par l’afflux de migrants vénézuéliens

A Cucuta, la ville colombienne à la frontière du Venezuela, des milliers de personnes fuient le régime de Nicolas Maduro.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 17h20
    |

            Marie Delcas (Cucuta (Colombie), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Les roues des vieilles valises et des poussettes rouillées crissent sur l’asphalte du pont Simon-Bolivar, qui sépare la ville colombienne de Cucuta du Venezuela. « Je quitte mon pays parce que j’ai deux enfants à nourrir et parce que je n’ai plus d’espoir », dit Juan Carlos Rodriguez, 37 ans, en tirant un énorme bagage. Il explique : « J’ai pris ma décision le 15 janvier en recevant mon salaire de la quinzaine : je n’avais pas de quoi acheter un kilo de farine de maïs. » Technicien radio, Juan Carlos est convaincu que le président vénézuélien Nicolas Maduro va remporter l’élection du 22 avril. « Mes enfants méritent un meilleur avenir », soupire-t-il.
Sous une bâche de plastique au milieu du pont, un fonctionnaire colombien examine, vendredi 9 février, les documents que présentent les candidats au passage. Ils sont plusieurs milliers. Une femme avec un bébé dans les bras est refoulée, faute de pouvoir présenter son acte de naissance. « Qu’est-ce qui leur prend, s’étonne une vieille femme. Avant, on pouvait passer tranquillement. » En aparté, un policier justifie : « Les consignes ont changé. »

La veille, le président colombien, Juan Manuel Santos, a fait le voyage à Cucuta, entouré de neuf ministres. L’afflux de migrants inquiète Bogota. Le chef de l’Etat a annoncé un durcissement des contrôles migratoires et l’envoi de renforts militaires à la frontière : 2 100 soldats supplémentaires devraient y être déployés dans les prochaines semaines. « Notre objectif est de permettre une migration contrôlée et légale », a assuré M. Santos, en appelant ses compatriotes à faire preuve de solidarité envers les Vénézuéliens qui fuient un pays ravagé par la crise.
« Les Colombiens ne nous aiment pas, ils disent qu’on leur pique leur travail. C’est vrai. Mais on n’a pas le choix », explique John, 26 ans, plongeur au noir dans une pizzeria de Cucuta
Un agent des douanes colombiennes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Tsahal a dit répliquer à une « violation très sévère de la souveraineté israélienne ».
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Israël frappe en Syrie après le survol d’un drone attribué à l’Iran

Tsahal a dit répliquer à une « violation très sévère de la souveraineté israélienne ».



Le Monde
 |    10.02.2018 à 09h43
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 17h46
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



   


La montée de tension dans la zone frontalière entre Israël et la Syrie se confirme. Samedi 10 février au matin, un avion F16 de l’armée de l’air israélienne s’est écrasé dans le nord de l’Etat hébreu, dans la région de Haïfa, après une opération en territoire syrien qui a provoqué une réplique du régime de Damas. Des missiles antiaériens ont été tirés. L’appareil a pu retourner de l’autre côté de la frontière. Les deux pilotes, qui se sont éjectés, ont été hospitalisés. L’un se trouve dans un état grave.
Cette opération en territoire syrien avait été déclenchée en réponse à la détection d’un drone, attribué à l’Iran par l’armée, qui avait pénétré dans l’espace israélien. « L’Iran est responsable de cette violation très sévère de la souveraineté israélienne », a confirmé le porte-parole des forces armées, Jonathan Conricus. Le site de lancement du drone a été détruit après son interception par un hélicoptère Apache. Les sirènes d’alerte ont retenti sur le plateau du Golan.
Il ne s’agit pas du premier incident impliquant un drone. Les opérations israéliennes sont régulières en Syrie. La nouveauté est l’ampleur de la réaction israélienne, la mise en cause de l’Iran, le ciblage du site de lancement et le déclenchement, dans la foulée, d’une série de frappes supplémentaires près de Damas après le crash du F16, un incident gravissime pour l’armée. Celle-ci a déclenché « une attaque de grande ampleur » contre « douze cibles », visant le système de défense antiaérien syrien et quatre sites iraniens.
« Développements très sérieux »
« Nous sommes préparés à tous les scénarios et je ne conseillerais à personne de nous tester », avait déclaré le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, le 6 février. Fin janvier, il se trouvait en Russie pour s’entretenir avec Vladimir Poutine. Les contacts entre les deux pays ont été intenses depuis novembre 2017, l’Etat hébreu voulant alerter Moscou sur sa détermination à ne pas tolérer une présence militaire iranienne à sa frontière nord.
« Nous observons deux développements très sérieux, a expliqué M. Nétanyahou. D’abord, les tentatives de l’Iran de s’installer militairement en Syrie, et ensuite ses tentatives pour produire au Liban des missiles de haute précision contre Israël. » Le 7 février, l’aviation israélienne a conduit un nouveau raid près de Damas. La cible était un dépôt d’armes près de Jamraya, à dix kilomètres au nord-ouest de la capitale. Ce site, déjà visé par le passé, abrite des infrastructures militaires et une branche d’un centre de recherches scientifiques du régime (SSRC).
Dans un rapport publié le 8 février, l’organisation International Crisis Group a alerté contre le risque d’un nouveau conflit en Syrie, impliquant Israël. « Dans le sud-ouest de la Syrie, explique le document, la Russie paraît être le seul acteur capable d’obtenir par la médiation des arrangements pour empêcher une escalade entre l’Iran et Israël à travers le pays. » Mais les lignes rouges fixées par l’Etat hébreu semblent excessives à Moscou, souligne le rapport : pas de base militaire, de port, ni d’aéroport iranien en Syrie, pas de présence de milices chiites armées formées par les Iraniens, ni d’usine de fabrication de missiles de haute précision.

Réactions diplomatiques
Les tirs de missile syrien contre un avion militaire israélien ont fait réagir les représentants des différents pays concernés.
Israël justifie l’incursion de ses avions en Syrie, après la détection d’un drone iranien sur son territoire : « Il s’agit de la violation la plus flagrante et la plus grave de la souveraineté israélienne de la part de l’Iran ces dernières années, c’est pourquoi la riposte israélienne est aussi forte, a dit le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, porte-parole de l’armée israélienne. Nous ne cherchons pas l’escalade, mais nous sommes prêts pour différents scénarios »
L’Iran balaie ces accusations : « Les allégations à propos du survol d’un drone iranien sont trop ridicules », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères, Bahram Ghassemi. « Pour couvrir ses crimes dans la région, les dirigeants israéliens recourent à des mensonges contre les autres pays » a expliqué le ministre, en assurant que « l’Iran n’a pas de présence militaire en Syrie et a envoyé uniquement des conseillers militaires en Syrie à la demande du gouvernement syrien »,
Le Liban a dénoncé samedi les frappes israéliennes en Syrie. Le ministère libanais des affaires étrangères, a indiqué qu’il allait adresser une lettre au Conseil de sécurité de l’ONU pour protester contre « l’utilisation par Israël de l’espace aérien libanais pour mener ses attaques contre la Syrie ». De son côté, le Hezbollah, mouvement chiite militairement engagé aux côtés des forces du régime syrien, a dénoncé des « attaques répétées [d’Israël] contre les installations militaires et civiles » en Syrie, et salué la « vigilance de l’armée syrienne » qui a « vaillamment bloqué les avions israéliens et réussi à abattre un F-16 ». 





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Au lendemain de l’ouverture des Jeux olympiques de Pyeongchang, la proposition confirme le rapprochement spectaculaire entre les deux Corées de ces dernières semaines.
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La sœur de Kim Jong-un invite le président sud-coréen

Au lendemain de l’ouverture des Jeux olympiques de Pyeongchang, la proposition confirme le rapprochement spectaculaire entre les deux Corées de ces dernières semaines.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 09h22
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 16h05
    |

            Philippe Pons (Tokyo, correspondant (avec AFP)








                        



   


Reçus samedi 10 février à la Maison Bleue, la résidence présidentielle sud-coréenne, les membres de la délégation nord-coréenne aux Jeux olympiques de Pyeongchang – dont Kim Yo-jong, sœur cadette du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un – ont eu un entretien de près de trois heures avec le président Moon Jae-in. « L’envoyée spéciale Kim Yo-jong a remis une lettre personnelle » de son frère faisant part de son « souhait d’améliorer les relations intercoréennes », a déclaré à l’issue de cette rencontre le porte-parole de la présidence sud-coréenne, Kim Eui-kyeom.
Elle portait également un message oral : l’invitation de son frère au président Moon « à visiter le Nord au moment qui lui conviendra le mieux ». M. Kim serait prêt à accueillir M. Moon « aussi tôt que possible », a-t-il ajouté. Un tel sommet serait le troisième du genre, après les rencontres entre le père de M. Kim, Kim Jong-il, et les Sud-Coréens Kim Dae-jung et Roh Moo-Hyun en 2000 et 2007, à chaque fois à Pyongyang.
La proposition confirme le rapprochement spectaculaire entre les deux Corées de ces dernières semaines. Le président sud-coréen milite depuis longtemps pour le dialogue avec le Nord mais n’a pas immédiatement accepté cette proposition. Il se trouve dans une position difficile, ayant soutenu, comme le veut son allié américain, que des progrès sur le dossier de la dénucléarisation doivent être constatés en parallèle aux avancées sur le dialogue intercoréen.
Hostilité des Etats-Unis
Or Pyongyang ne montre aucune volonté de reculer sur ses programmes balistique et nucléaire. M. Moon a demandé samedi que soient créées « les bonnes conditions » à une telle visite, appelant le Nord à rechercher plus activement le dialogue avec Washington. « Il est absolument nécessaire que le Nord et les Etats-Unis entament des pourparlers rapidement », a dit le président sud-coréen, cité par son porte-parole.
Le vice-président américain, Mike Pence, également présent lors de la cérémonie d’ouverture des JO la veille, a à peine caché l’hostilité des Etats-Unis face au processus de détente. Autant que le défilé des athlètes du Nord et du Sud sous le même drapeau d’une Corée unie, et portant dans le dos de leurs tenues blanches le simple mot « Korea », la poignée de main du président Moon et de Kim Yo-jong et leur échange bref, mais apparemment chaleureux à la tribune officielle, ont été les images les plus fortes de la soirée. Assis à côté de l’épouse de M. Moon, M. Pence et le premier ministre japonais Shinzo Abe, visages fermés, regardaient délibérément ailleurs, cachant à peine leur désapprobation.
Au cours d’une réception qui a suivi la cérémonie, M. Abe, aligné pourtant sur la position américaine vis-à-vis de Pyongyang, a néanmoins échangé quelques mots avec le chef de la délégation nord-coréenne, Kim Yong-nam, président du présidium de l’Assemblée suprême du peuple. Mike Pence, en revanche, n’est resté que six minutes à cette réception et n’a pas participé au dîner des hôtes officiels où, selon le protocole, il aurait été assis à la même table que les chefs d’Etat du Nord et du Sud et en face de Mme Kim. Evitant toute critique directe du président Moon, le vice-président américain a mis en garde contre un rapprochement trop précipité avec le Nord.
Alors que la semaine dernière à Séoul, on « croisait les doigts » dans l’entourage du président Moon tant les jours à venir semblaient incertains, le pari de faire des JO de Pyeongchang les « Jeux de la paix » semble gagné. La présence de Kim Yo-jong à Séoul est symbolique : elle est la première représentante de la lignée des Kim, qui règne sur la Corée du Nord, à s’y être rendue depuis la fin de la guerre de Corée : seul son grand-père, Kim Il-sung, y séjourna en 1950 lors de l’offensive au Sud.
Confronté à cette accélération inattendue du processus de rapprochement intercoréen, Washington a ouvert un nouveau front : la violation des droits humains en République populaire démocratique de Corée (RPDC). Une dénonciation comme instrument politique mise en veilleuse depuis la présidence de George W. Bush. Mike Pence était accompagné à Séoul du père d’Otto Warmbier, l’étudiant américain mort en 2017 à la suite de son emprisonnement en Corée du Nord pour le vol d’une banderole de propagande. Washington doit prendre dans les jours qui viennent des sanctions économiques encore plus dures contre la Corée du Nord, a aussi annoncé M. Pence.
L’assouplissement de la position nord-coréenne est perçu par Washington comme une « offensive de charme » destinée à faire oublier que le régime de Pyongyang est le « plus tyrannique de la planète ». Selon le ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, présent à la cérémonie d’ouverture des Jeux, l’accalmie actuelle n’est qu’« une trêve » qui, comme telle, n’est pas appelée à durer.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le conseil de sécurité de l’ONU devrait examiner lundi une résolution déposée par la Suède et le Koweït. Plus de 240 civils sont morts en cinq jours dans la Ghouta orientale.
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Nouveau projet de trêve de trente jours en Syrie, après les intenses bombardements

Le conseil de sécurité de l’ONU devrait examiner lundi une résolution déposée par la Suède et le Koweït. Plus de 240 civils sont morts en cinq jours dans la Ghouta orientale.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 08h06
   





                        


                                                                                                                         data-ui="carousel"
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            data-slide-description="Un immeuble en feu à la suite d’une attaque aérienne dans la Ghouta, en périphérie de la capitale syrienne, Damas."
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            data-slide-description="Peu après un bombardement, dans la ville de Douma, encerclée par l’armée syrienne, le 7 février."
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            data-slide-description="Un homme cherche des survivants après le bombardement d’un immeuble."
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            data-slide-description="Un homme et un enfant blessé dans les rues d’Arbin, dans la partie est de la Ghouta, le 8 février."
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            data-slide-description="Les casques blancs, organisation de civils, évacuent les victimes des bombardements."
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            data-slide-description="Un enfant enfoui dans les débris d’un imeuble touché par les bombardements. La photo a été fournie par les casques blancs."
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            data-slide-description="Un avion de type un SU-24 largue des bombes sur Arbin, dans la Ghouta orientale, le 7 février."
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            data-slide-description="Des civils fuient les bombardements à Jisreen, dans la Ghouta orientale, le 8 février."
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            data-slide-description="Une vue d’Arbin après une série d’explosions, le 7 février."
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Un immeuble en feu à la suite d’une attaque aérienne dans la Ghouta, en périphérie de la capitale syrienne, Damas.

HAMZA AL-AJWEH / AFP
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Les membres du Conseil de sécurité des Nations unies examinent un projet de résolution réclamant la mise en place d’un cessez-le-feu de trente jours en Syrie pour permettre la livraison urgente d’aide humanitaire. Ce texte, présenté par la Suède et le Koweït, réclame également la fin immédiate de tous les sièges, y compris dans la Ghouta orientale où une campagne de bombardements menée par les forces gouvernementales a tué plus de 240 civils, dont une soixantaine d’enfants, en cinq jours.
Les tractations sur le texte devraient débuter lundi et, selon des diplomates, il pourrait être rapidement soumis au vote des quinze membres du Conseil. Mais la Russie, alliée du régime du président Bachar Al-Assad, a déjà bloqué jeudi une résolution de l’ONU pour une trêve en Syrie. Selon des diplomates, la position de Moscou sur le nouveau projet n’était pas claire à ce stade.
Après un bref répit, les bombardements ont visé vendredi plusieurs localités de la vaste région de la Ghouta orientale, proche de Damas et dans laquelle sont assiégés depuis 2013 environ 400 000 habitants dans des conditions humanitaires dramatiques. Médecins et secouristes sont débordés par l’afflux de victimes avec, chaque jour, des dizaines de morts et de blessés, dont des femmes et des enfants. Selon l’ONG Save the Children, plus de 4.000 familles vivent désormais dans des caves et des bunkers.
La tension est vive aussi entre la Syrie et Israël. La défense antiaérienne syrienne a tiré contre des avions militaires israéliens qui visaient des « cibles iraniennes » en survolant la Syrie. Un avion militaire F16 a été touché et s’est écrasé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Des avocats américains réalisent des mini-films sur leurs clients pour obtenir la clémence des juges. Sanglots, regrets… ces vidéos jouent à fond sur l’émotion. Avec un certain succès : les peines sont souvent moins lourdes que prévu.
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Aux Etats-Unis, des avocats tentent d’amadouer les juges avec des mini-docus sur leurs clients


                      Des avocats américains réalisent des mini-films sur leurs clients pour obtenir la clémence des juges. Sanglots, regrets… ces vidéos jouent à fond sur l’émotion. Avec un certain succès : les peines sont souvent moins lourdes que prévu.



Le Monde
 |    10.02.2018 à 06h37
    |

            Stéphanie Le Bars








                              

                        
Pour certains avocats américains, visiblement, le poids des mots ne suffit plus. Il leur faut aussi la force des images pour convaincre un juge que leur client n’est pas seulement l’odieux personnage, voire le monstre, que suggère l’acte d’accusation. Quoi de mieux qu’un défilé de témoins, plus bienveillants les uns que les autres, pour les y aider ? Sur un marché encore confidentiel arrivent désormais devant les juges américains de minidocumentaires consacrés à la vie des accusés.

Dans ces films de qualité variable, les sanglots et les regrets tiennent généralement le rôle principal. Le scénario, invariablement, explore les thèmes de la culpabilité et de la rédemption. Y apparaissent le client lui-même, ses proches, ses amis, parfois un psychologue assurant que le mis en examen ne présente aucun danger pour la société ou un médecin certifiant que le traitement désormais prescrit a réglé ses troubles de comportement.
Eveiller l’empathie du juge et l’inciter à l’indulgence
Des photos de famille témoignent des jours heureux et complètent le portrait d’un individu ordinaire, tombé dans le crime pour de multiples raisons. L’objectif de ces films destinés à un seul spectateur est limpide et assumé : éveiller l’empathie du juge. Le but : l’inciter à l’indulgence. Une étape d’autant plus cruciale que, dans les cas où les accusés ont plaidé coupable, ils ne passent pas en procès.
Du fond de son Arizona natal, Doug Passon, voix grave et bagout de professionnel passé par les prétoires, est le spécialiste de ces films hagiographiques censés réduire les peines de ses clients. Il les voit comme un complément aux méthodes traditionnelles de défense, centrées sur le verbe de l’avocat.
Convaincu qu’une bonne histoire « peut changer le monde » et, accessoirement, la vie de son client, cet avocat, désormais également documentariste, a un seul credo : « Il faut humaniser le client au maximum. Souvent, le juge ne l’a même jamais vu. En...




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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Pour justifier ce refus, la Maison Blanche a invoqué des « inquiétudes pour la sécurité nationale ».
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Affaire russe : Donald Trump refuse de rendre publique la note démocrate

Pour justifier ce refus, la Maison Blanche a invoqué des « inquiétudes pour la sécurité nationale ».



Le Monde
 |    10.02.2018 à 03h52
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 11h58
   





                        



   


La note démocrate confidentielle qui rejette les accusations d’abus de pouvoir de la police fédérale et du ministère de la justice dans l’enquête sur l’affaire russe ne connaîtra pas le même sort que le mémorandum des républicains. Le président américain Donald Trump a refusé vendredi 9 février de la publier.
Ce document « contient de nombreux passages classifiés et particulièrement sensibles », a fait valoir Don McGahn, conseiller juridique de la Maison Blanche, pour expliquer la décision du président dans un courrier adressé au président de la commission du renseignement de la Chambre des représentants. La perspective de sa divulgation suscite de « très sérieuses inquiétudes pour la sécurité nationale et les intérêts des forces de l’ordre ».

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                La Maison Blanche tente de lutter contre le poison du soupçon



Pour Nancy Pelosi, cheffe de la minorité démocrate de la Chambre des représentants, ce refus constitue « une tentative particulièrement éhontée de dissimuler la vérité sur le scandale Trump-Russie au peuple américain » et « fait partie d’un scénario dangereux et désespéré de camouflage de la part du président ». « Le président a à l’évidence quelque chose à cacher », assure-t-elle, questionnant : « Pourquoi le président ne place-t-il pas notre pays avant ses intérêts personnels et politiques ? »
Le « mémo Nunes » diffusé
Les démocrates ont demandé que ce document soit rendu public dans la foulée d’une démarche similaire des républicains, qui ont obtenu gain de cause la semaine dernière avec la déclassification du « mémo Nunes ». Ce document, rédigé par des républicains du Congrès, décrit ce qu’ils considèrent comme un abus de pouvoir de la police fédérale (FBI) lors de la mise sur écoute, à partir d’octobre 2016, de Carter Page, conseiller de Donald Trump durant la campagne présidentielle.
Depuis, les démocrates craignent que le « mémo Nunes » ne serve de prétexte pour renvoyer des responsables du FBI et du ministère de la justice, et ainsi entraver le procureur spécial Robert Mueller. Ce dernier enquête sur l’ingérence de la Russie dans l’élection présidentielle de 2016 et sur une éventuelle collusion entre Moscou et l’équipe Trump pour le faire gagner.

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                Si vous n’avez pas suivi l’affaire du « mémo » déclassifié par Donald Trump



Le chef du FBI, Christopher Wray, et le numéro deux du ministère de la justice, Rod Rosenstein, ont avancé le même type d’arguments dans une lettre distincte, se disant inquiets pour « la protection des sources et des méthodes du renseignement, les enquêtes en cours et d’autres informations sensibles similaires » si le document devenait public.
Le ministère et le FBI s’étaient déjà inquiétés de la publication du « mémo Nunes », mais le président Trump en avait malgré tout autorisé la diffusion. Dans son courrier, Don McGahn dit que le chef de l’Etat a demandé au ministère de la justice de se tenir à la disposition de la commission du renseignement de la Chambre pour examiner la note démocrate et tenter, s’il le souhaite, d’« atténuer les risques » liés à son éventuelle publication.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le secrétaire du personnel, Rob Porter, a été poussé à la démission, accusé par deux ex-épouses d’agressions physiques et d’abus psychologiques.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/02/2018
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La Maison Blanche secouée par une affaire de violences conjugales

Le secrétaire du personnel, Rob Porter, a été poussé à la démission, accusé par deux ex-épouses d’agressions physiques et d’abus psychologiques.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 22h17
 • Mis à jour le
10.02.2018 à 07h11
   





                        



   


Que savait l’équipe de la Maison Blanche du comportement de son secrétaire du personnel, Rob Porter ? Ce dernier, accusé par deux ex-épouses d’agressions physiques et d’abus psychologiques, a été poussé à la démission, mercredi 7 février. Mais son départ n’a pas mis fin à la polémique, qui vient désormais éclabousser l’entourage immédiat du président américain.
Le secrétaire général de la Maison Blanche, John Kelly, est aujourd’hui soupçonné d’avoir été au courant du passé sulfureux de M. Porter, mais de l’avoir laissé naviguer au plus proche de Donald Trump. Son passé ne lui aurait pourtant pas permis d’obtenir un feu vert complet à l’issue de la vérification de sécurité à laquelle se soumettent les employés du 1600 Pennsylvania Avenue.
« Nous lui souhaitons le meilleur »
La directrice de la communication de l’exécutif, Hope Hicks, se voit quant à elle critiquée pour la gestion de sa communication autour de cette affaire, à savoir un long silence jusqu’à ce que les accusations – que l’intéressé nie toujours – soient rendues publiques. Un silence d’autant plus problématique que Hope Hicks entretenait une relation avec Rob Porter, laissant penser à un conflit d’intérêts.
Autant de zones grises qui soulèvent depuis quelques jours les interrogations sur le climat éthique et le recrutement au sein de la Maison Blanche. Interrogé vendredi sur le départ de Rob Porter, Donald Trump a affirmé avoir été « surpris » lorsqu’il a appris la situation « récemment ».
« Mais nous lui souhaitons le meilleur. (…) C’est évidemment un moment difficile pour lui. Il a fait du très bon travail pendant qu’il était à la Maison Blanche. » 
Le milliardaire républicain a également rappelé que son ancien conseiller « dit qu’il est innocent, et je pense qu’il faut s’en souvenir ».
« Terreur permanente »
Pour son ex-femme, Jennifer Willoughby, qui se confiait à la chaîne CNN, l’accent mis sur les qualités professionnelles de M. Porter fait justement partie de la problématique. « Peut-on séparer le travail d’un homme de sa vie privée ? », a demandé Mme Willoughby, qui raconte avoir vécu dans un état de « terreur permanente » pendant sa vie commune avec Rob Porter. Deux clichés ont été rendus publics de l’une de ses anciennes épouses, la montrant avec un œil au beurre noir.
L’opposition démocrate n’a pas manqué de souligner une situation « troublante ». « C’est alarmant que Rob Porter soit resté à un poste d’influence alors même que les révélations sur ses abus conjugaux étaient apparemment connues des proches collaborateurs de Donald Trump », a ainsi dénoncé la parlementaire démocrate du New Hampshire Ann McLane Kuster.
« Beaucoup d’entre nous auraient pu faire mieux », a reconnu le porte-parole adjoint de l’exécutif, Raj Shah. Une rare remise en question dans la Maison Blanche de M. Trump.
Démission d’un second employé
Le scandale s’est poursuivi, vendredi après-midi. David Sorensen, un employé de la Maison Blanche accusé de violences conjugales par son ex-femme, a démissionné dans la foulée du départ de Rob Porter.
M. Sorensen, qui était chargé de rédiger des discours, a « nié les accusations et a démissionné », a expliqué à l’Agence France-Presse Raj Shah. Selon une source proche, son poste ne nécessitait pas de vérification approfondie en matière de sécurité.



                            


                        

                        


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Compte rendu

Le Sénégal et la Mauritanie signent un accord d’exploitation de l’un des plus vastes gisements de gaz d’Afrique de l’Ouest

Situé à 5 200 mètres de profondeur, ce champ gazier représente une manne économique importante pour les deux pays.

Par                                            Matteo Maillard (Dakar, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-02-09T21:54:44+01:00"

        Le 09.02.2018 à 21h54





C’est un pas décisif vers l’exploitation de l’un des plus vastes champs gaziers d’Afrique de l’Ouest. Vendredi 9 février, au second jour d’une visite officielle du président sénégalais et de quatre de ses ministres en Mauritanie, un accord de coopération intergouvernemental (ACI) a été signé entre les deux Etats. Portant sur l’exploitation du gisement de Grand Tortue Ahmeyin (GTA), cet accord est le fruit d’une « volonté commune d’intensifier la coopération dans le secteur de l’énergie », indique un communiqué conjoint des deux gouvernements.
Situé à environ 125 kilomètres au large de la ville de Saint-Louis (Sénégal), à cheval sur la frontière maritime sénégalo-mauritanienne, ce gisement contiendrait des réserves de gaz estimées à 450 milliards de mètres cubes, ce qui en ferait le plus important d’Afrique de l’Ouest.
Réchauffement des relations entre les deux pays
La découverte de ce gisement situé à 5 200 mètres de profondeur avait été annoncée en janvier 2016 par le président Macky Sall à la suite des prospections de la société américaine Kosmos. Cette dernière a ensuite signé un mémorandum avec la Société des pétroles du Sénégal (Petrosen) et la Société mauritanienne des hydrocarbures et du patrimoine minier, entérinant les principes d’une coopération intergouvernementale pour le développement du complexe Grande Tortue d’une surface de 1 200 kilomètres carrés. Coopération qui trouve ici son premier succès.
Si le contenu de l’accord paraphé par le ministre sénégalais du pétrole et des énergies, Mansour Elimane Kane, et son homologue mauritanien, Mohamed Ould Abdelvetah, n’a pas encore été révélé, il augure d’un réchauffement des relations entre les deux pays. Pourtant, cette visite officielle ne se présentait pas sous les meilleurs auspices. La mort d’un pêcheur sénégalais fin janvier, tué par les garde-côtes mauritaniens alors qu’il pêchait près de la même frontière qui abrite le gisement, avait poussé le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, à présenter ses excuses à Macky Sall. Ce dernier avait dépêché un patrouilleur de la marine dans la zone afin de garantir la sécurité des pêcheurs sénégalais.

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                Les tensions entre le Sénégal et la Mauritanie ravivées par la mort d’un pêcheur



Malgré les tensions, les intérêts économiques semblent avoir été les plus forts. La rencontre a permis le « renforcement des relations bilatérales ainsi que sur les questions sous-régionales, continentales et internationales d’intérêt commun », avance le communiqué conjoint. Outre l’accord d’exploitation gazier, un protocole d’accord concernant l’exploitation des ressources halieutiques entre les deux pays devra être signé d’ici à fin mars, ainsi qu’un accord sur les conditions d’entrée et de séjour de leurs ressortissants.

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                De la naissance d’un nouveau « djihadistan » au Sahel



Le volet sécuritaire a aussi été abordé. Si une éventuelle participation du Sénégal à la force du G5 Sahel n’a pas été discutée publiquement, les deux Etats ont réaffirmé les partenariats sécuritaires qui lient leurs deux armées, notamment « la tenue régulière des rencontres entre les structures concernées et l’organisation de patrouilles mixtes à terre comme en mer. »





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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Anh Nhu Nguyen, 53 ans, avait prétendu avoir perdu sa femme et son fils dans ce drame qui a fait 71 morts le 14 juin 2017 à Londres.
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Au Royaume-Uni, une fausse victime de l’incendie de la tour Grenfell condamnée à de la prison ferme

Anh Nhu Nguyen, 53 ans, avait prétendu avoir perdu sa femme et son fils dans ce drame qui a fait 71 morts le 14 juin 2017 à Londres.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 21h38
   





                        



   


Il avait prétendu avoir perdu sa femme et son fils dans l’incendie de la tour Grenfell, qui a fait 71 morts le 14 juin 2017 à Londres. Il n’en était rien. Anh Nhu Nguyen, 53 ans, a été condamné vendredi 9 février à une peine de vingt-et-un mois de prison.
Aux enquêteurs, l’homme avait raconté en détail comment il avait perdu de vue sa famille dans une cage d’escalier enfumée alors qu’ils s’enfuyaient. Il avait aussi prétendu avoir perdu tout ce qu’il possédait dans l’incendie et avait bénéficié d’un hébergement d’urgence. Il avait également touché plus de 10 000 livres d’indemnisation.
Dix-sept alias
Mais les enquêteurs, qui avaient remarqué des incohérences dans son récit, ont établi qu’il n’habitait pas dans la tour, n’avait jamais été hospitalisé après l’incendie et n’avait ni femme ni enfant.
Anh Nhu Nguyen avait plaidé coupable de fraude et de fausse déclaration en vue d’obtenir un passeport. Né au Vietnam, il utilisait jusqu’à dix-sept alias et avait déjà été condamné pour 56 infractions, dont des vols.
« Vous saviez très bien ce que vous faisiez »
Son avocate, Keima Payton, a souligné le quotient intellectuel (QI) « étonnamment bas » de son client, selon un rapport établi par un psychologue. Selon ce rapport, l’homme souffre aussi d’un « syndrome de stress post-traumatique à long terme non traité », de dépression et d’une faible empathie. 
« Malgré votre faible QI, vous saviez très bien ce que vous faisiez », lui a lancé la juge lors du procès. « Non seulement Nguyen a pris de l’argent, un hébergement et des vêtements destinés à de véritables victimes mais il a pris le temps et les ressources de la police au détriment de ceux qui en avaient le plus besoin », a commenté le surintendant Matt Bonner, de Scotland Yard, dans un communiqué diffusé après la décision de justice. Il a prévenu que la police « enquêtera sur toute personne suspectée de profiter frauduleusement de l’incendie tragique de la tour Grenfell ».
Une représentante du conseil de Kensington et Chelsea, où se trouve la tour, a indiqué avoir rapporté « plusieurs cas de fraude » à la police et attendre « le résultat d’un certain nombre d’enquêtes ».



                            


                        

                        


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Au Mexique, arrestation de « Z43 », le chef du cartel sanguinaire des Zetas

La tête de José Maria Guizar Valencia était mise à prix 5 millions de dollars par les Etats-Unis.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 21h12
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 21h29
   





                        



   


Sa tête était mise à prix 5 millions de dollars par les Etats-Unis. Le chef du cartel de Los Zetas, José Maria Guizar Valencia, alias « Z43 », a été arrêté à Mexico, ont annoncé vendredi 9 février les autorités mexicaines.
Le narcotrafiquant a été capturé « sans faire usage de la force », lors d’une opération menée par la marine mexicaine dans le quartier branché de Roma, au cœur de la capitale, a indiqué Renato Sales, le commissaire national chargé de la sécurité.

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Double nationalité
« Z43 », qui possède la double nationalité américano-mexicaine, serait né en 1969 selon plusieurs médias mexicains. Il est suspecté d’être responsable de l’acheminement pour son cartel de « la drogue d’Amérique du Sud vers les Etats-Unis et d’être l’un des principaux responsables de la violence dans les Etats du sud-est du pays », a indiqué M. Sales.
José Maria Guizar Valencia a opéré dans l’Etat de Michoacan puis en 2001 dans l’Etat de Tamaulipas, avant d’établir en 2003 sa base à Palenque au Chiapas, « où il a recruté des cellules criminelles locales », a précisé M. Sales. Il a depuis étendu ses trafics dans le Veracruz, le long du Golfe du Mexique et l’Etat de Puebla.
Le gang des Zetas a été créé en 1997 par une trentaine de déserteurs du groupe des forces spéciales de l’armée mexicaine (GAFE). Ces anciens militaires ont d’abord rejoint les rangs du cartel du Golfe pour devenir des tueurs féroces au service de son chef, Osiel Cardenas, arrêté en 2003 et extradé aux Etats-Unis quatre ans plus tard. Depuis, les Zetas ont déclaré la guerre à ses successeurs pour l’acheminement de la drogue via le littoral atlantique. Leur cartel se caractérise par des franchises criminelles régionales qui signent leurs crimes d’un large « Z » griffé sur le cadavre de leurs victimes, souvent décapitées, amputées ou coupées en morceaux pour effrayer leurs adversaires.

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Le précédent chef du cartel, Omar Treviño, alias « Z42 », avait été arrêté en 2015 également à Mexico.



                            


                        

                        

