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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Ce documentaire retrace l’histoire du seul Lebensborn français, installé par les nazis dans le but de créer une race aryenne (sur RMC Découverte à 20 h 50).
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TV – « France, la nurserie oubliée du IIIe Reich »

Notre choix du soir. Ce documentaire retrace l’histoire du seul Lebensborn français, installé par les nazis dans le but de créer une race aryenne (sur RMC Découverte à 20 h 50).



Le Monde
 |    09.02.2018 à 17h45
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur RMC Découverte à 20 h 50

Un grand manoir cos­su de style néonormand, niché au cœur de la forêt de Chantilly, près du village de Lamorlaye (Oise). Ce lieu bucolique et apaisant qui appartenait à la famille Meunier (celle des chocolats) a abrité, pendant quelques mois de l’année 1944, une maternité d’un genre spécial, dotée d’un matériel médical de pointe et de tout le confort possible.
Il a fallu attendre longtemps après la guerre pour que soit révélée au public que, entre février et août 1944, ce manoir abritait une pouponnière faisant partie du Lebensborn (« fontaines de vie »), gigantesque système de nurseries placées sous l’autorité de la SS et destinées à peupler les immenses territoires du Reich d’une population de race pure et germanique. Un très officiel ordre de procréation, mis au point par Himmler, avait été lancé quelques années auparavant. Et, outre une dizaine de centres du Lebensborn sur le territoire allemand, des pouponnières avaient été installées par les SS en Belgique, aux Pays-Bas, au Danemark et en Norvège, pays considérés comme aptes à donner au Reich des enfants aryens.
La France, pays plus compliqué aux yeux des dirigeants nazis, aura eu droit à une seule nurserie de ce type, choix décidé en 1943. Une vingtaine de femmes y accoucheront, un peu moins d’une trentaine d’enfants y naîtront. Leurs pères, allemands, sont majoritairement membres de la SS. En moins de dix ans d’existence, des milliers de nourrissons ont vu le jour dans ces centres disséminés en Europe.

   


Fondé sur les travaux du journaliste Boris Thiolay, auteur d’un ouvrage remarqué (Lebensborn, la fabrique des enfants parfaits), paru chez Flammarion en 2012, ce documentaire inédit retrace l’histoire du seul établissement français du Lebensborn, personnifiée face caméra par Erwin Grinski, né dans ce manoir, en mai 1944, et que Thiolay, après de longues recherches, a retrouvé du côté d’Avignon.
Jusqu’à une date récente, cet homme ignorait tout de ses origines et semble visiblement bouleversé par ce qu’il découvre. « Je n’ai repris mon prénom d’Erwin qu’après la mort de ma mère. Avant, pour l’état civil, je m’appelais Hervé. Ma mère me disait de ne jamais parler de l’Allemagne ou de la guerre. » Les recherches permettront de prouver que la mère d’Erwin était une Polonaise de Poméranie, arrivée en France à l’âge de 10 ans. Son père, qu’Erwin pensait infirmier et antinazi, était membre de la garde personnelle d’Hitler, avec le matricule SS 35133.
Bébés abandonnés
Juste après ce documentaire étonnant, mais parfois un peu décousu, les programmateurs ont eu la bonne idée de diffuser Lebensborn : les pouponnières du IIIe Reich, remarquable travail signé Romain Icard que les téléspectateurs de France 3 avaient pu apprécier en mars 2014. Retraçant l’histoire de ces maternités pas comme les autres, regorgeant d’images d’archives rares, ce documentaire de 52 minutes débute par la découverte, le 3 mai 1945, par les soldats américains, d’une grande maison à Steinhöring ­ (Bavière) où sont entassés des centaines de bébés abandonnés. C’est là que toute l’histoire du Lebensborn a débuté, c’est là qu’elle s’est terminée. Autre point fort du documentaire : les témoignages de citoyens norvégiens, nés de pères allemands dans les centres du Lebensborn installés en Norvège, qui racontent les sévices subis après la guerre dans leur pays.
France, la nurserie oubliée du IIIe Reich, de Laurent Marocco et Françoise-Renée Jamet (France, 2017, 70 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A Chaillot, le chorégraphe dessine une fresque de femmes libres, s’éloignant de l’histoire originelle.
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Danse : les Carmen(s) de José Montalvo voient rouge

A Chaillot, le chorégraphe dessine une fresque de femmes libres, s’éloignant de l’histoire originelle.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 17h36
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

José Montalvo court après Carmen, qui cavale à toute vitesse. Il lui parle en français, elle lui répond en espagnol, puis en coréen, et le concert de langues finit dans un éclat tonitruant de Georges Bizet lancé à fond la caisse. Carmen(s), comme l’indique son titre, est multiple et universelle. Elle exhibe ses visages multicolores en clamant haut son appétit de vivre. Sur le plateau, neuf femmes et sept hommes se poursuivent en dansant flamenco, classique, hip-hop et même tradi coréen, comme le veut le style métis de Montalvo. Son écriture montée sur ressorts décale le scénario tragique et mortel de la Carmen de Mérimée en une fresque bondissante de femmes libres qui voient rouge en dansant fort pendant que les hommes rampent derrière elles.
La démultiplication de Carmen désirée par José Montalvo entraîne un traitement dramaturgique en pointillé. Au risque même que l’histoire originelle se laisse parfois oublier. Pourquoi pas ! C’est l’une des interprètes (Rosa Herrador) qui raconte l’affaire en espagnol, immédiatement traduite en français par un hip-hopeur (Karim Ahansal). Ce parti pris fait du scénario une sorte de récitation, dédramatisée et peu incarnée sur scène. C’est l’optimisme qui gagne avec la victoire des filles qui revendiquent leur choix amoureux et leur plaisir. S’il faut mettre un bémol à cette version féministe qui fait un pas de côté : on a la sensation d’arriver après la bataille de Carmen, et de ne pas avoir vraiment traité le sujet attendu dans le titre.

Plus que mettre en scène Carmen et se plier à sa loi, Montalvo l’entraîne dans son esthétique. Il ouvre des portes à l’imagination en décollant de la narration stricte. Jusqu’à inclure sous l’aile de la bohémienne le thème des migrants ! La variété des danses illustre bien le point de vue de Montalvo. Le flamenco, mouvement ascensionnel, colle impec à Carmen. Il en exacerbe l’excitation, la rage, la fougue, mais aussi l’envie de piétiner, d’écraser...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ A voir aussi ce soir. Jean-Paul Fargier retrace le combat héroïque de ces élèves officiers contre les troupes allemandes en juin 1940 (sur LCP à 20 h 30).
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TV – « Ces gamins-là, la bataille des cadets de Saumur »

A voir aussi ce soir. Jean-Paul Fargier retrace le combat héroïque de ces élèves officiers contre les troupes allemandes en juin 1940 (sur LCP à 20 h 30).



Le Monde
 |    09.02.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 17h46
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur LCP à 20 h 30

Sur la Seine, à Paris, entre deux victoires de la seconde guerre mondiale, célébrées par les ponts de Bir Hakeim et du Garigliano, s’est glissée il y a peu, une autre victoire, morale celle-ci, sur le pont de Grenelle, rebaptisé en juin 2016 « pont de Grenelle-Cadets-de-Saumur ». Ceux à qui aurait échappé cette nouvelle appellation et qui aimeraient savoir ce qu’elle recouvre, on conseillera vivement le documentaire que Jean-Paul Fargier consacre à ces héros méconnus.
Le 17 juin 1940, alors que Pétain appelle à l’arrêt des combats, à Saumur, le colonel ­Michon, qui dirige l’école des officiers de cavalerie, ne l’entend pas de cette oreille, lui qui a reçu l’ordre d’empêcher les Allemands de franchir la Loire. Ordre contredit par Paris qui l’invite, lui et ses élèves, à se replier sur Montauban. Après y avoir envoyé les forces non combattantes, ainsi que les pur-sang du Cadre noir convoités par les Allemands, le héros de la Grande Guerre convoque les cadets prêts à en découdre pour « sauver l’honneur de l’armée française » défaite, entre autres, à Dunkerque.
A un contre dix
Placés sur 40 kilomètres le long du fleuve, entre Gennes et Montsoreau, quelque 550 jeunes élèves aspirants, équipés d’un armement inadapté et de peu de munitions, vont, du 19 au 21 juin, tenter de ­contenir les Allemands, autrement plus nombreux (le rapport sur le terrain est évalué à 1 contre 10), mieux équipés et soutenus par leur aviation. Malgré leur défaite, dès l’issue des combats, le courage et la bravoure des cadets seront ­salués par le général allemand Kurt Feldt. Après leur avoir rendu les honneurs, celui-ci leur accordera quarante-huit heures pour rejoindre la ligne de démarcation, à Loches. La plupart rejoindront le maquis ou l’armée de libération.

   


Pleine de panache et d’héroïsme, cette épopée des cadets de Saumur, de surcroît, ne fut pas vaine puisqu’elle permit à l’armée de Paris de ne pas être faite prisonnière. Ainsi que le relate un des anciens cadets qui témoignent dans ce film au tracé minutieux et fouillé, dont les reconstitutions, cependant, se révèlent quelque peu superflues. Un grief qui n’obère pas les qualités de ce ­documentaire, dont celle, en premier lieu, de nous faire (re)découvrir les visages de ces ­résistants de la première heure.
Ces gamins-là, la bataille des cadets de Saumur, de Jean-Paul Fargier (Fr., 2017, 50 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Ce jeune trio à l’electro pop dévergondée revendique son appartenance au quartier de la nuit parisienne.
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Therapie Taxi s’épanouit à Pigalle

Ce jeune trio à l’electro pop dévergondée revendique son appartenance au quartier de la nuit parisienne.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 16h51
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 17h48
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

Dans leur curieux patronyme – Therapie Taxi –, retenez la thérapie. Le chanteur à la moustache de gondolier qui fait chalouper la salle est un fan absolu d’Irvin Yalom, le psychanalyste et romancier américain. « Le thérapeute doit prendre en compte tout que ce qu’il met dans l’échange. L’ici et maintenant… », dit notre homme. Et c’est exactement ce qu’il fait en concert : l’ici et maintenant. Une générosité de soi qui pousse Raphaël Zaoui, alias « Raph », à inviter la moitié de la salle à le rejoindre sur scène au milieu des volutes de chaleur et d’électricité. Le sacre de l’autre comme un antidote à la solitude : la salle de La Maroquinerie, à Paris, transformée en un de ces tableaux de Delacroix qu’« Adé » trouve sublimes.

Adé, c’est la fille. Licence d’histoire de l’art à la Sorbonne. Déhanchée. Cheveux châtains. Yeux clairs. Frêle soprano qui vous chante Va te faire enc., salope avec un air de biche ennuyée. Adélaïde Chabannes de Balsac. Le père, architecte, peintre, ex-punko-arty, a biberonné ses filles à l’art pendant que la mère, décoratrice, bossait chez Ralph Lauren. A 22 ans, elle habite toujours chez ses parents, bonne élève le jour, fêtarde la nuit. « Moi, je vomis les mots, s’amuse Raph. Adé, elle a des colères froides. Si tu lui demandes de faire la gueule sur scène, elle est parfaite. On l’a surnommée “Gradur”. »
Renaud, le troisième du groupe, acquiesce en ­rigolant à l’évocation du rappeur de Roubaix. Il est l’homme-orchestre, basse, console de l’ordi, synthés… Ça ne le gêne pas, Renaud Bizart, le gamin de Villepinte, de rester à l’arrière du trio. Avec sa coupe peroxydée, il a longtemps fait les poubelles pour se nourrir. On appelle cela le freeganisme. Manger ­végétarien en récupérant la nourriture là où elle est gâchée. « Une sorte de hacking de la vraie vie », dit-il de sa voix calme alors qu’on les retrouve dans un rade accroché à Montmartre.
Un quartier,...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Les rapports sadomasochistes du couple sur lequel est bâtie la saga s’achèvent dans une conjugalité conventionnelle sponsorisée.
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« Cinquante nuances plus claires » : un soap opera sous perfusion

Les rapports sadomasochistes du couple sur lequel est bâtie la saga s’achèvent dans une conjugalité conventionnelle sponsorisée.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 16h26
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – on peut éviter
D’abord fanfiction (suite littéraire écrite par un fan) autopubliée de la série Twilight, Cinquante nuances de Grey trouvera un éditeur et se vendra à des centaines de millions d’exemplaires à travers le monde avant de connaître une deuxième vie sur grand écran. Cinquante nuances plus claires marque la fin d’une trilogie cinématographique entamée il y a trois ans et suivie de près par les fans du phénomène littéraire écrit par E. L. James qui connut un destin à la J. K. Rowling. Si le public français a toujours été fidèle au rendez-vous cinématographique (autour de 300 000 spectateurs rien que pour le premier jour), ce succès dépend moins de la qualité des films que de la fidélité à toute épreuve de ses fans et de leur désir de voir, portées à l’écran, les scènes affriolantes et faussement sulfureuses qui ponctuaient le feuilleton littéraire.
Erotisme soft
La recette de cette réussite s’explique simplement par la remise au goût du jour d’un genre perdu que E. L. James a contribué à relancer en littérature, puis au cinéma. Il s’agit de l’érotisme soft, qui connut ses heures de gloire pendant les années 1980 notamment avec 9 semaines 1/2, d’Adrian Lyne (1986). Les rêves de prince charmant d’un lectorat majoritairement féminin et les fantasmes d’une sexualité pimentée se trouvant soudain réconciliés dans la figure de Christian Grey, homme d’affaires très beau, très riche, très mystérieux ; mâle alpha absolu et sorte de Heathcliff à l’ère capitaliste.
Si le premier film avait le charme d’une première fois, le deuxième volet, Cinquante nuances plus sombres (2017), explicita la nature du contrat sadomasochiste qui lie Christian Grey à sa proie, Anastasia Steele, jeune vierge effarouchée qui tombe sous le charme du milliardaire et s’initie à ses pratiques. Car cette domination sexuelle recouvrait une fascination pour le pouvoir économique de ce prince charmant qui lui en mettait plein la vue avec son train de vie dispendieux.

        Lire la critique de « Cinquante nuances plus sombres » :
         

          On y voit plus clair dans les jeux de Grey



Placement de produits
Après avoir vaguement résisté aux avances de Christian Grey désireux de la voir arrêter de travailler pour lui assurer son avenir, l’héroïne y succombe, autant qu’à son portefeuille. Cinquante nuances plus claires s’ouvre donc sur le mariage des deux tourtereaux toujours très amoureux. Car le coup de foudre tient autant aux petites sessions sadomasochistes dans la Chambre rouge où Christian Grey entasse sa collection de menottes, fouets et autres instruments de torture improbables, qu’aux nombreux cadeaux que le milliardaire offre à sa dulcinée. Voiture de luxe, bien immobilier, voyages sont autant d’occasions pour le film d’assurer sa mission première de placement de produits. Et si l’ennui conjugal, et avec lui celui du spectateur, menace de poindre, il sera perturbé par une histoire de kidnapping sans intérêt, rebondissement qui se greffe arbitrairement sur ce qui s’apparente depuis le début à un soap opera sous perfusion.
A cela s’ajoute l’inévitable grossesse d’Anastasia qui remet encore un peu d’ordre à la saga avant qu’elle ne tire sa révérence. C’est évidemment la jeune femme qui veut garder l’enfant, tandis que l’homme y voit une menace pour sa liberté et la frénésie sexuelle du couple. Il sera finalement rassuré, et avec lui le public, qui voit ce vent de subversion s’achever dans les clous d’une conjugalité conventionnelle. Mariée, enceinte et couverte de cadeaux, Anastasia Steele est désormais une femme comblée qui a aussi droit à sa dose de perversion lors de ses quelques haltes dans la Chambre rouge. Tout est bien qui finit bien, et tout est en effet plus clair.

Film américain de James Foley. Avec Dakota Johnson, Jamie Dornan, Eric Johnson (1 h 46). Sur le Web : fr-fr.facebook.com/CinquanteNuances.lefilm et www.fiftyshadesmovie.com



                            


                        

                        


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Enquête

La littérature africaine s’édite (aussi) en Afrique

Au sud du Sahara, des éditeurs du continent se démènent pour toucher le lectorat local et faire contrepoids à l’offre de livres en provenance d’Europe.

Par                Kidi Bebey (contributrice Le Monde Afrique)



LE MONDE
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        Le 09.02.2018 à 15h51

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        Mis à jour le 09.02.2018 à 18h28






    
A Conakry, en Guinée, le 23 avril 2017. Cette année-là, la ville a été désignée capitale mondiale du livre par l’Unesco.
Crédits : CELLOU BINANI/AFP


L’Afrique, terre d’oralité ? Pas seulement ! Si l’on prend l’exemple du Mali, la littérature y remonte au Moyen-Age. Les manuscrits anciens, préservés des guerres et des invasions, sauvés des velléités djihadistes, sont là pour en attester. « Nous sommes aussi un pays d’écriture, rappelle Ibrahima Aya, le dynamique directeur des éditions Tombouctou. Tout commence par le texte, oralisé certes mais aussi écrit. » C’est pour prolonger ce témoignage historique qu’il a fondé La Rentrée littéraire du Mali, un festival réunissant du 17 au 24 février, à Bamako, auteurs, éditeurs et amoureux du livre à l’occasion de sa dixième édition.
Vu d’Europe, ce qu’on appelle aujourd’hui « littérature africaine » est généralement constitué de textes d’auteurs originaires d’Afrique subsaharienne et publiés chez des éditeurs européens. Une diffraction qui, à force, peut donner le sentiment que là où l’on ne regarde pas, il ne se passe pas grand-chose, ou alors rien de bien intéressant. La Rentrée littéraire du Mali, dont les acteurs sont pour la plupart inconnus de la sphère parisienne, permet de modifier cette vision. Car les littératures produites sur le continent africain existent bel et bien, ainsi que des acteurs du livre allant des auteurs aux libraires, en passant par les éditeurs, qui, pour certains, affichent des ambitions très fortes malgré d’importantes difficultés.

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                Véronique Tadjo : « Il est grand temps d’inscrire la littérature du Sud dans l’imaginaire francophone occidental »



Pour eux, en réalité, « se faire reconnaître par le Nord n’est pas du tout le premier enjeu ». C’est ce que souligne Sulaiman Adebowale, fondateur en 2008 des éditions Amalion au Sénégal :
« Si on réfléchit en ces termes, même l’édition française, malgré son importance, demeure à l’ombre d’une édition anglophone bien plus importante encore dans le monde. Certes, New York, Londres ou Paris sont devenus des pôles tels que toute l’industrie du livre a les yeux rivés sur eux, mais cela ne signifie pas que les autres n’existent pas. Il y a pléthore de maisons qui ne se focalisent pas sur leur visibilité à Paris et que cela n’intéresse même pas ! Pour nous, éditeurs africains, l’enjeu est avant tout de produire des livres de qualité émanant d’une chaîne du livre professionnelle et de faire en sorte que nos livres atteignent nos marchés afin que nous en tirions des bénéfices. »
Piraterie éditoriale
Produire, toucher son public et faire vivre sa maison d’édition. Trois points clés que précède, pour tous, une autre problématique d’importance : celle des moyens. Une grande disparité marque à ce titre la mosaïque éditoriale d’Afrique francophone, entre des maisons reconnues, installées dans la durée, et des structures beaucoup plus fragiles se risquant à des parutions épisodiques. « Nous avons besoin de faire front, c’est pourquoi nous nous sommes regroupés, avec une quarantaine d’éditeurs, au sein de l’OMEL, l’Organisation malienne des éditeurs du livre », explique Hamidou Konaté, son président :
« C’est à la fois un lieu d’échange professionnel et un levier d’action. Grâce à cela, nous avons pu dialoguer avec le gouvernement et obtenir de produire nous-mêmes, depuis le milieu des années 1990, les manuels scolaires qui étaient jusqu’alors historiquement réalisés par des éditeurs européens. »
En Côte d’Ivoire, la manne du livre scolaire contribue également à l’assise financière de quelques éditeurs (Les Classiques ivoiriens, Eburnie…) et leur permet d’ouvrir d’autres pistes de production. Mais ce n’est pas le cas partout.

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                En Algérie, Barzakh est une bulle d’air littéraire



Au Cameroun, au contraire, les éditeurs locaux sont confrontés à la fois à la concurrence du livre européen – dans les manuels, littérature générale, jeunesse – et à la piraterie éditoriale, qui propose des contrefaçons de livres à moindre coût. Ils doivent aussi trouver des alternatives à la diffusion en librairies, dont le nombre est restreint. Et tout cela sans soutien réel de l’Etat. François Nkémé, patron des éditions Proximité, constate amèrement :
« Comme d’autres pays, le Cameroun n’a pas encore de politique du livre claire et efficace. On sait pourtant que le développement de nos pays passe aussi par le livre… Mais on a l’impression que les choses ne bougent pas. »
Ouvrir de nouveaux marchés est donc vital pour François Nkémé :
« Tous les acheteurs m’intéressent, qu’ils soient au Cameroun, en Inde ou en Chine ! Mais la plupart du temps, les livres du Nord arrivent très facilement ici, alors que notre production a toutes les difficultés du monde à remonter du Sud. »
De son côté, Dramane Boaré, le directeur général des Classiques ivoiriens, travaille activement à opposer des contrepoids à cette offre éditoriale européenne si envahissante. Il s’est organisé pour exporter ses livres dans l’ensemble de l’espace francophone, France y compris, en s’associant avec L’Oiseau indigo et Bookwitty. Le partenariat avec cette double structure de diffusion a déjà permis « un premier accroissement de nos ventes dans les pays du Nord », se réjouit-il : 
« Et l’objectif, dans les mois et années qui viennent, est de diffuser nos livres vers les publics des pays africains, dans un sens Sud-Sud. »
Il est en effet difficile de trouver un livre camerounais à Dakar ou un livre malien à Lomé. Un éditeur comme Amalion mise pour cette raison sur la publication en français ou en anglais, selon le potentiel de diffusion de chaque ouvrage.
Un dynamisme flagrant
A ces questions techniques s’ajoutent, ces dernières années, les caisses de résonance du livre que sont les festivals, foires mais aussi distinctions attribuées à travers le continent. Les prix littéraires africains fleurissent et gagnent en visibilité. Ainsi le prix Ivoire, décerné en 2017 à l’écrivain malgache Johary Ravaloson, le prix Ahmed-Baba, créé au Mali pour consacrer une œuvre de fiction éditée en Afrique, ou encore le tout récent prix Williams-Sassine en Guinée, parmi bien d’autres, s’efforcent d’encourager l’écriture, la littérature et l’édition africaine et, autant que possible, d’en doper les ventes.
L’édition africaine réussira-t-elle ainsi à se développer et à se faire valoir ? Du moins ses difficultés chroniques ne sont-elles pas parvenues, jusqu’à présent, à anéantir la volonté des auteurs d’écrire et de raconter l’Afrique aussi bien que le monde. Le dynamisme est flagrant dans un pays comme la Côte d’Ivoire, où, sur 45 maisons d’édition officielles, une bonne douzaine ont le vent en poupe, portées notamment par la demande du public pour des livres adaptés à l’environnement et aux réalités locales.

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                « La littérature africaine s’ouvre au monde, parle au monde, tout en étant ancrée dans le continent »



Dramane Boaré, des Classiques ivoiriens :
« En jeunesse, on arrive à produire des ouvrages de bien meilleure qualité que par le passé, avec des prix ajustés et accessibles. Et surtout des produits attendus par le marché. Les parents sont prêts aujourd’hui à mettre les moyens nécessaires pour que leurs enfants aient des livres qui leur correspondent et les aident réellement à grandir. Nous avons remplacé Blanche-Neige par des contes africains, les albums et romans français par des histoires du quotidien qui se passent en Côte d’Ivoire et qui ressemblent à ce qu’un enfant malien ou sénégalais peut vivre… »
L’imagination des éditeurs africains est leur atout majeur. Ainsi Koffivi Assem, au Togo, adosse-t-il Ago, sa maison d’édition, sur les revenus de son agence Ago Média. « A nous de trouver la forme d’édition qui correspondra à notre public », dit l’éditeur, qui s’apprête à lancer une série de superhéros africains en bandes dessinées.
En créant sa maison en 2005 à Yaoundé, François Nkémé avait quant à lui l’intention de faire émerger de nouveaux talents, tout en éditant lui aussi des livres de jeunesse car, dit-il, « je crois tout simplement que c’est l’avenir : si on ne forme pas des lecteurs dès le plus jeune âge, on ne les retrouvera pas ensuite à l’âge adulte ».
« Complaisance et médiocrité »
Miser sur la jeunesse ? Sur le livre numérique ? Sur la BD ? Sur la diversité des langues ? Pour l’auteur togolais Sami Tchak, l’urgence ne se situe pas dans ces perspectives de développement, mais bien dans la qualité à accorder aux productions. A ses yeux, se satisfaire de l’augmentation du nombre d’éditeurs et de publications « revient à omettre la réalité des contenus, qui est alarmante » : 
« Que l’on soit un écrivain ou simplement un lecteur exigeant, on sait que certaines structures ne sont pas des maisons dignes de ce nom mais fonctionnent à partir de subventions et/ou de participations financières des auteurs. Le fait qu’il n’y ait pas de véritable critique littéraire ni de sanction du public conduit à la complaisance et à la médiocrité. Or un contexte d’émulation à tous les niveaux de la chaîne du livre serait important. Les éditeurs d’Afrique du Nord le prouvent bien, qui nous fournissent des auteurs et des productions de qualité, comme celles de la maison Elyzad à Tunis. Débarrassées de la pollution éditoriale qui les discrédite, les maisons africaines pourraient arriver aux mêmes résultats ! »

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Attaché à une vision transversale de la situation, Sulaiman Adebowale demeure optimiste : 
« Depuis 2008, je publie chez Amalion de la littérature et des essais scientifiques. Je peux vous dire que les Africains ont encore des milliers de pages à écrire et bien qu’il se crée fréquemment de nouvelles maisons d’édition, elles ne suffisent même pas à absorber ce potentiel. »
Gageons que parmi ces pages se glisseront bientôt les écrits d’auteurs à succès de la diaspora, désireux de contribuer à cette édition africaine continentale.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ « Quills », de Doug Wright, mise en scène par Robert Lepage et Jean-Pierre Cloutier, est bavarde et lourdement interprétée.
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Le marquis de Sade, version « Au théâtre ce soir », à La Colline

« Quills », de Doug Wright, mise en scène par Robert Lepage et Jean-Pierre Cloutier, est bavarde et lourdement interprétée.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 15h49
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 17h53
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

La proposition était alléchante : le Québécois Robert Lepage, un des grands magiciens de la scène d’aujourd’hui, est de retour à Paris. Avec une pièce sur le marquis de Sade, qui plus est : Quills, de l’auteur américain Doug Wright, qui a inspiré, en 2000, le film de Philip Kaufman, La Plume et le Sang.
Las ! Il faut bien vite déchanter, et l’on sort accablé(e) de ces quelque deux heures trente de spectacle, qui semblent interminables. Quills, tel que le met en scène Robert Lepage en compagnie du circassien Jean-Pierre Cloutier, qui a également traduit la pièce, c’est le marquis de Sade version « Au théâtre ce soir ».
L’histoire que met en jeu la pièce, avec beaucoup de libertés prises avec l’histoire avec un grand « H », est pourtant passionnante, notamment dans un contexte où la liberté d’expression fait à nouveau l’objet d’attaques multiples. Elle prend place à l’asile psychiatrique de Charenton, où le divin marquis a été enfermé de 1803 jusqu’à sa mort, en 1814.
Doug Wright imagine un Sade qui ne cesse d’écrire, encore et encore, des récits sulfureux, malgré l’interdiction qui lui en est faite. Ecrire coûte que coûte, par tous les moyens possibles, avec son sang, avec ses excréments, alors que tout le monde veut l’en empêcher : Napoléon, le directeur de l’asile, le docteur Royer-Collard, et sa propre femme, Renée Pélagie Cordier de Montreuil, laquelle voudrait pouvoir mener en paix sa vie de femme du monde.
Les comédiens en font des tonnes
On l’aura compris, il s’agit ici d’aborder les questions de la censure et de la liberté d’expression, de la licence artistique, de la morale, de la religion, du distinguo entre l’expression des pulsions les plus folles et les actes. Mais il s’agit aussi de théâtre, et c’est là que le bât blesse, avec cette pièce affreusement bavarde, écrite sur le mode du théâtre de boulevard, et qui surligne son propos de manière appuyée.
Cette impression est encore renforcée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ A écouter cette semaine : un évangile imprégné de couleurs d’Orient, du jazz avec une pincée de Frank Zappa et King Crimson, une superstar perdue dans les bois…
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Sélection albums : Simon-Pierre Bestion, Théo Ceccaldi Freaks, Justin Timberlake…

A écouter cette semaine : un évangile imprégné de couleurs d’Orient, du jazz avec une pincée de Frank Zappa et King Crimson, une superstar perdue dans les bois…



Le Monde
 |    09.02.2018 à 15h34
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 15h54
   





                        


Simon-Pierre Bestion Larmes de résurrection Historia der Auferstehung Jesu Christi, SWV 50, de Heinrich Schütz. Israelis Brünnlein, de Johann Hermann Schein. Georges Abdallah, Claire Lefilliâtre, Fiona McGown, Vincent Lièvre-Picard, Sébastien Obrecht, Lisandro Nesis, Victor Sicard, La Tempête, Simon-Pierre Bestion (direction)

   


Simon-Pierre Bestion croit aux signes fraternels. S’il a intégré à la trame de L’Histoire de la résurrection du Christ de Heinrich Schütz neuf des madrigaux qui peuplent les Fontaines d’Israël de Johann Hermann Schein, toutes deux composées en 1623, c’est aussi parce que les compositeurs sont amis. S’il a demandé au Libanais Georges Abdallah, chanteur de tradition byzantine, d’être son évangéliste, c’est pour que la narration de Schütz se colore de cet Orient qui vit la naissance d’un rite chrétien ancestral. Lui-même s’est ému de théâtre : chaque intervention de Schein porte l’attention sur un tableau expressionniste (les larmes chromatiques et oscillatoires de Joseph pleurant la mort de son père Jacob dans « Da Jakob vollendet hatte »). Bestion lui-même développe une instrumentation mimétique des mots, comme dans le « O Herr, ich bin dein Knecht », qui stigmatise le déchirement par des trémolos de violes. Passionnée, passionnelle, telle est la relation mystérieuse qu’il entretient avec une musique dont il semble dénouer et renouer chaque fil secret. Chanteurs et musiciens de l’ensemble La Tempête s’accordent à cette voix singulière : l’évangile selon Simon-Pierre Bestion est puissant, fascinant, parfois surprenant. Marie-Aude Roux
1 CD Alpha Classics-Collection Château de Versailles/Outhere Music.
Trio Polycordes Volume 3 Sandrine Chatron (harpe), Florentino Calvo (mandoline), Jean-Marc Zvellenreuther (guitare), Mareike Schellenberger (mezzo-soprano).

   


En dépit d’un nom très évasif, Polycordes, et d’instruments dont on n’use plus dans les ensembles de musique contemporaine que par pincées (harpe, mandoline et guitare), cet insolite trio a dépassé vingt ans d’existence et a suscité plus d’une soixantaine d’œuvres. Ecrire pour une telle formation ne va pas de soi comme en atteste Sylvain Kassap, à la recherche du mode d’emploi jusqu’au bout de sa pièce (Sixty-one Ropes Shibari). Plus habile, Alexandros Markeas obtient une séduction immédiate avec Une pincée de ciel mais elle est limitée dans le temps. Le contraire se produit avec Tres Cantos a Pandora, de Luis Naon, qui tarde à mettre la musique au niveau de l’intensité poétique. Inspirée par le même auteur (José Tono Martinez), Michèle Reverdy affiche, en revanche, de bout en bout de La Caja de Pandora, une expression délicate et prenante. La palme du programme revient toutefois à TCP 17, de Bruno Giner, qui, entre suite d’études et rhapsodie fantasque, joue autant avec l’oreille de l’auditeur qu’avec les cordes d’un trio transcendé. Pierre Gervasoni
1 CD La Follia Madrigal.
Théo Ceccaldi Freaks Amanda Dakota

   


Membre de l’actuel Orchestre national de jazz, dirigé par Olivier Benoît, de Tricollectif, structure qui réunit de nombreux musiciens et au sein duquel il participe à plusieurs groupes (Toons, La Scala…), le violoniste et claviériste Théo Ceccaldi est aussi à la tête du groupe Freaks, récemment formé, dont vient de paraître l’épatant album Amanda Dakota. Cela débute très fort, avec Tchou Tchou, qui fait entendre une possible influence de Frank Zappa et du King Crimson de Robert Fripp. Le reste est globalement à l’avenant (Amanda Dakota, Coquette Rocket, Escalator Over the Bill…). Virevoltes et croisements rythmiques, parties solistes de plein envol. Le tout joué avec une grande rigueur, qui n’interdit pas la fantaisie, le lyrisme mélodique. Avec Théo Ceccaldi, son frère Valentin au violoncelle, les saxophonistes Quentin Biardeau et Benjamin Dousteyssier, le guitariste Giani Caserotto et le batteur Etienne Ziemniak. Tous menant l’auditeur, d’écoute en écoute, vers de savoureuses surprises musicales. Sylvain Siclier
1 CD Tricollectif/L’Autre Distribution.
Lucibela Laço umbilical

   


En 2017, elle avait chanté à la Philharmonie de Paris, lors de l’hommage rendu à Cesaria Evora (morte le 11 décembre 2011). On découvrait alors une inconnue, une jeune Capverdienne de 31 ans, née à São Nicolau, l’une des îles situées au nord de l’archipel, une voix parfaite, nuancée, en particulier dans les graves. Voici aujourd’hui son premier album. Une superbe carte de visite. Lucibela a trouvé les partenaires idoines pour son lancement de carrière discographique. Toy Vieira, un de ceux qui ont su habiller avec classe Cesaria Evora et Lura, signe les arrangements ; les musiciens (dont Totinho au saxophone soprano, Sterphan Almeida au cavaquinho, Hernani Almeida à la guitare, Thierry Fanfant à la basse) brillent par leur pertinence. Les compositions sont signées, entre autres, par Mario Lucio (ancien ministre de la culture du Cap-Vert), Jorge Humberto, Betu et Elida Almeida, une autre jeune chanteuse, révélée, elle, en 2015 (à 24 ans) et qui sortait en 2017 son nouvel album Kebrada (Lusafrica). A l’instar d’Elida Almeida, Lucibela incarne avec brio la relève de la scène capverdienne. Patrick Labesse
1 CD Lusafrica/Sony Music.
Justin Timberlake Man of the Woods

   


Le chanteur et acteur a tellement tout réussi précédemment, sa carrière cinématographique comme musicale que forcément, lorsqu’il publie un album moyen, la déception est grande. Après les remarquables FutureSex/LoveSounds et The 20/20 experience, Justin Timberlake a placé la barre très haut. Sur ce nouveau disque, Justin Timberlake prétend retourner à ses racines, celles de son sud, Memphis et le Tennessee. Il y a bien un joli duo Say Something avec le chanteur de country, Chris Stapleton. On peut s’entêter à trouver un charme disco au titre Montana, constater l’efficacité de sa ballade avec sa collègue Alicia Keys pour Morning Light mais, pour le reste, Justin Timberlake s’embourbe dans des déclarations pénibles comme sur Flannel. Le titre est d’ailleurs introduit par un monologue risible de sa femme, l’actrice Jessica Biel. Sur ce disque, le chanteur n’est pas le seul à manquer d’inspiration. Pour son retour aux manettes sur l’album de Timberlake, Pharrell Williams ne fait pas non plus des étincelles. Tout simplement décevant. Stéphanie Binet
1 CD Sony.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ La galerie Thaddaeus Ropac à Paris expose l’artiste autrichienne VALIE EXPORT, figure de la scène féministe internationale.
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Arts : VALIE, un corps à corps avec Vienne

La galerie Thaddaeus Ropac à Paris expose l’artiste autrichienne VALIE EXPORT, figure de la scène féministe internationale.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 17h17
    |

                            Emmanuelle Lequeux








                        



                                


                            

Son nom s’écrit en majuscules, et pas seulement parce qu’elle en a décidé ainsi : VALIE EXPORT est l’une des figures majeures de la scène féministe internationale, et de la scène internationale tout court. A 77 ans, elle apparaît flamboyante, vêtue de rouge, dans les espaces de la galerie Thaddaeus Ropac dans le Marais à Paris, qui l’expose pour la première fois. Porté par la langue (allemande) ultra-précise qu’elle doit à son parcours de théoricienne de l’art, son désir de se battre semble inépuisable : se battre contre la domination masculine, contre les facilités de pensée, pour la reconnaissance de ses sœurs.

Waltraud Hollinger a abandonné son patronyme dès 1967 pour devenir VALIE EXPORT. Nom inspiré par une marque de cigarettes qui dit bien son ambition de parler au monde entier. Puis elle est entrée en scène avec un sacré coup d’éclat. En 1969, elle arpente le cinéma d’art et essai en portant un pantalon tailladé qui laisse voir sa toison pubienne. « On a souvent raconté que j’avais fait ça dans un cinéma porno, mais c’est la légende », s’amuse-t-elle.
VALIE EXPORT le sait mieux que quiconque : dans le domaine de la performance, tout est question de contexte
Prise à la fin de cette performance intitulée Genital Panic, la photographie qui la montre, jambes écartées, kalachnikov au poing, cheveux en furie, continue de faire le tour de la planète. Une autre célèbre pionnière du happening, Marina Abramovic, s’est bien essayée à lui rendre hommage en réitérant son geste, en 2005. Mais c’était sous la spirale du Musée Guggenheim de New York, devant un public averti, convoqué à grand renfort de publicité. Autant dire que cela a fait flop plutôt que scandale. VALIE EXPORT le sait mieux que quiconque : dans le domaine de la performance, tout est question de contexte.

C’est justement ce contexte qu’elle s’est acharnée à interroger tout au long de son parcours. Dans la série « Body Configurations », réalisée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Albert Camus et Maria Casarès, Simone de Beauvoir et Nelson ­Algren, Paul Valéry et Jeanne Loviton ont tous vu leurs échanges amoureux édités. Comment expliquer l’emballement des ventes de ces livres ?
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Lettres à l’aimé(e), succès d’édition


                      Albert Camus et Maria Casarès, Simone de Beauvoir et Nelson ­Algren, Paul Valéry et Jeanne Loviton ont tous vu leurs échanges amoureux édités. Comment expliquer l’emballement des ventes de ces livres ?



Le Monde
 |    09.02.2018 à 15h21
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 16h33
    |

                            Florence Bouchy (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                              

                        

Croisée au Festival de la biographie de Nîmes, où elle dédicaçait fin janvier Barbara, notre plus belle histoire d’amour (Tallandier, 2017), la romancière Kéthévane Davrichewy partageait spontanément son dernier enthousiasme littéraire. Ainsi que plus de 43 000 lecteurs, elle se délectait de la volumineuse correspondance amoureuse qu’ont entretenue Albert Camus et la comédienne Maria Casarès, publiée en octobre 2017 par les éditions Gallimard. Comme pour les Lettres à Anne (1962-1995) (Gallimard, 2016), rassemblant en un épais volume les missives de François Mitterrand à Anne Pingeot, et vendu à 80 000 exemplaires, un record au regard des chiffres de vente habituels des correspondances littéraires, dont les éditeurs se disent généralement satisfaits s’ils atteignent les 3 000 exemplaires.
Il faut remonter à la publication des lettres de Simone de Beauvoir à Nelson Algren (Lettres à Nelson Algren, Un amour transatlantique (1947-1964), Gallimard, 1997) pour observer un phénomène du même ordre : les lettres de la compagne de Sartre à son amant américain s’étaient écoulées à 25 000 exemplaires en grand format, avant de connaître un nouveau succès en édition de poche.
« Du romanesque très haut de gamme »
La qualité littéraire de ces correspondances justifie pleinement l’emballement autour de ces recueils. Pour Kéthévane Davrichewy, « c’est du romanesque très haut de gamme ». La fascination qu’exercent ces longs et volumineux échanges tient aussi, sans doute, au fait qu’ils donnent « accès à des paroles amoureuses qu’on n’a plus l’habitude d’entendre et encore moins de formuler aujourd’hui, quand on ne communique plus avec son conjoint ou son amant que par SMS. Il y a des choses qu’on ne dit plus sur le sentiment amoureux, qu’on ne peut plus, de fait, se dire ». Mais la beauté de la plume des amants n’explique pas tout. Les lettres de Nabokov à sa femme (Lettres à Véra, Fayard, 2017), publiées en...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ L’artiste américain expose ses œuvres inspirées du Grand Ouest à la galerie Vallois, et le Français d’origine philippine à la galerie Maïa Muller.
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Sélection galeries : Paul Kos et Gaston Damag à Paris

L’artiste américain expose ses œuvres inspirées du Grand Ouest à la galerie Vallois, et le Français d’origine philippine à la galerie Maïa Muller.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 14h44
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 16h40
   





                        



   


Galerie Vallois Paul Kos
Le Yellowstone débarque à Paris ! Du moins un fragment. ­Au centre de la galerie Vallois bouillonne en effet un bain de boue semblable à ceux qui jaillissent dans le célèbre parc national du Grand Ouest américain. Des bulles à s’y tromper, qui ­évoquent comme par magie les terres instables du ­super-volcan. Paul Kos est l’auteur de ce petit miracle. Figure de la scène de San Francisco depuis les années 1960, ce poète voyageur est adoré des artistes, mais reste méconnu en France. Le superbe accrochage que lui consacre la galerie ­Vallois propulse vers tous ces ailleurs qu’il aime à téléporter. Pièce maîtresse, son installation de micros absurdement ­concentrés pour recueillir le son infime de deux blocs de glace qui fondent tout doucement. Elle dialogue avec une vidéo où l’artiste rejoue un geste archaïque : faire naître le feu, en ­concentrant les rayons du soleil sur quelques brindilles, ­grâce à une loupe taillée dans la glace, elle aussi. Autant d’œuvres ­qui fêtent leur demi-siècle, sans avoir pris une ride. Emmanuelle Lequeux
« Kinetic Landscape(s) ». Galerie Vallois, 36, rue de Seine, Paris 6e. Du mardi au samedi de 10 h 30 à 13 heures et de 14 heures à 19 h 30. Jusqu’au 3 mars. galerie-vallois. com
Galerie Maïa Muller Gaston Damag
Gaston Damag est né dans la région d’Ifuago, aux Philippines, où l’économie, la société et la religion ont été et demeurent placées sous le signe du riz, cultivé en terrasses. Les divinités qui y veillent sont les bululs, figures féminines ou masculines, assises et géométriques le plus souvent. Sculptures primitives, aurait-on dit jadis. Quand il sculpte leurs têtes symétriques, Damag les associe à des baffles admirablement profilés pour diffuser le meilleur son, mais c’est celui de variétés d’aujourd’hui. Quand il les peint, elles deviennent tantôt des êtres vivants qui, littéralement, changent de tête pour ressembler à des Occidentaux ou semblent se dévisager, ­stupéfaits de ce qu’ils sont ; tantôt des fantômes ou des ombres, ceux d’une culture dont Damag sait d’autant mieux qu’elle est en train de s’effacer qu’il en est issu. Rien de sombre pourtant dans ces toiles, mais des couleurs intenses et solaires, jaunes et roses, dont la clarté contraste étrangement avec ce qui est suggéré ici de l’état du monde actuel, où globalisation, hybridation, acculturation et oubli vont de pair. Philippe Dagen
« Phantoms of Inspiration ». Galerie Maïa Muller, 19, rue Chapon, Paris 3e. Tél. : 09-83-56-66-60. Du mardi au samedi de 11 heures à 19 heures. Jusqu’au 29 mars. www.maiamuller.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Régulièrement, des acteurs ont la désagréable surprise de se retrouver relégués au second plan ou coupés au montage. Une mésaventure qui frappe aussi des stars telles que Jessica Chastain dans le nouveau film de Xavier Dolan.
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Ces acteurs coupés au montage


                      Régulièrement, des acteurs ont la désagréable surprise de se retrouver relégués au second plan ou coupés au montage. Une mésaventure qui frappe aussi des stars telles que Jessica Chastain dans le nouveau film de Xavier Dolan.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 14h39
    |

                            Clément Ghys







Jessica Chastain, Franck de Lapersonne, Tobey Maguire et Adrien Brody ont été coupés au montage pour différentes raisons.
2018 : décision « éditoriale »

   


Dans Ma vie avec John F. Donovan, prochain film de Xavier Dolan, Jessica Chastain devait jouer le rôle d’une rédactrice en chef de tabloïd. Lundi 5 février, le cinéaste québécois a annoncé que son personnage avait été coupé du film. La décision serait « éditoriale » et n’aurait rien à voir avec le jeu de l’actrice qui, de son côté, a affirmé que cela s’était « fait dans le plus grand respect et avec amour ».
2017 : boycott politique

   


En février 2017, l’acteur français Franck de Lapersonne montait sur la scène d’un meeting du Front national à Lyon pour chauffer le public. Quelques mois plus tard sortait en salle Coexister, comédie de Fabrice Éboué, dans laquelle il devait faire une apparition. Mais, à la suite de ses engagements auprès de Marine Le Pen, le réalisateur l’a coupé au montage et a retourné la scène avec un autre acteur.
2012 : excès de notoriété

   


Dans L’Odyssée de Pi, qui met en scène un jeune garçon se retrouvant sur une barque avec un tigre, Tobey Maguire devait jouer le rôle d’un écrivain qui interviewe le héros à l’âge adulte. L’acteur a été coupé au montage par le réalisateur Ang Lee et remplacé par Rafe Spall. L’argument a été que sa célébrité, acquise grâce à son rôle de Spider-Man, aurait fait tache au milieu d’un casting d’inconnus.
2009 : disparition prématurée

   


Dans Brüno, Sacha Baron Cohen se fait passer pour un journaliste de mode autrichien qui rencontre des célébrités pour des interviews décalées. Il avait invité La Toya Jackson à manger des sushis sur le corps allongé et nu d’un homme obèse, et l’avait fait parler de son frère Michael. Ce dernier est mort pendant le montage. Eu égard au deuil de la famille, la scène a été retirée du film in extremis.
1998 : liberté artistique

   


Terrence Malick a l’habitude d’improviser ses films en cours de tournage et de supprimer des personnages. En 1998, il tourne un film de guerre, La Ligne rouge, avec Adrien Brody en premier rôle. C’est du moins ce que pense l’acteur, qui passe six mois sur le tournage, un uniforme sale sur le dos. Le soir de la première, en compagnie de ses parents, il découvre à l’écran que, au final, son rôle est très secondaire.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Ils accumulent des objets de toutes sortes et font du troc avec leurs confrères pour acquérir des œuvres qui nourriront leur imaginaire. Le Palais de Tokyo dévoile les trésors ainsi réunis par Kader Attia et Jean-Jacques Lebel.
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Les artistes, des collectionneurs qui s’exposent


                      Ils accumulent des objets de toutes sortes et font du troc avec leurs confrères pour acquérir des œuvres qui nourriront leur imaginaire. Le Palais de Tokyo dévoile les trésors ainsi réunis par Kader Attia et Jean-Jacques Lebel.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 14h36
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 14h41
    |

                            Roxana Azimi








                              

                        

Regardez cet objet. D’après vous, c’est quoi ? » Jean-Jacques Lebel jubile devant notre perplexité. La chose que nous présente l’artiste de 81 ans est de forme phallique, d’usage indéfini ou… trop défini. « C’est un instrument pour ensemencer la terre », répond-il, espiègle. On trouve de tout, vraiment de tout, dans sa maison du neuvième arrondissement parisien. Des sculptures d’art africain, un saint Sébastien chiné aux puces, une œuvre de Konrad Klapheck ou encore une toile d’Augustin Lesage. Collectionneur, le pionnier du happening et de la performance, celui qui a introduit la Beat Generation en France, l’a toujours été.
Cet ensemble sera partiellement montré à partir du 16 février au Palais de Tokyo, à Paris, en dialogue avec celui d’un autre artiste collectionneur, Kader Attia, 47 ans. Les deux hommes sont amis. Et le musée parisien a décidé de montrer la proximité entre les deux plasticiens collectionneurs à travers les nombreux échanges auxquels ils se sont livrés. Comme cette tête en bois cassée et réparée, offerte par Kader Attia à Jean-Jacques Lebel, exposée au Palais de Tokyo. Ou ce collage représentant Lénine entouré de cochons que Lebel a donné à celui qui reçut le prix Marcel Duchamp en 2016. Au menu, apparaissent des œuvres d’artistes qu’ils collectionnent, des objets de guerre transformés en œuvres d’art par des mains anonymes, des masques de maladie du Congo et du Nigeria, des fétiches de l’artiste martiniquais Alex Burke…
« La collection, c’est l’ébauche de ma démarche d’artiste, c’est mon univers, ma pensée. » Jean-Jacques Lebel
Qu’est-ce au juste qu’une collection d’artiste ? Un bric-à-brac d’objets éclectiques qui sortent des sentiers rebattus de la grande histoire. A la différence de beaucoup de collectionneurs, qui suivent les modes et les cours spéculatifs, les artistes braconnent en terre inconnue, refusent les hiérarchies, mettent en valeur des confrères méconnus. Précipités de souvenirs...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ « Il faut arrêter de se dire que le théâtre est trop sérieux pour être léger », explique ce diplômé d’un master d’études théâtrales, heureux que ses critiques de spectacle en vidéo soient très suivies par des jeunes.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le gouvernement envisage de confier ce choix aux conseils d’administration des entreprises concernées.
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Qui nommera les patrons de l’audiovisuel public ?

Le gouvernement envisage de confier ce choix aux conseils d’administration des entreprises concernées.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 11h33
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 15h17
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

L’audiovisuel public vit une situation inédite et paradoxale : mercredi 14 février, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) se penchera sur la procédure qu’il va mettre en œuvre pour désigner le successeur de Mathieu Gallet à Radio France, premier PDG révoqué pendant son mandat. Mais, ironie de la situation, on sait depuis la campagne présidentielle qu’Emmanuel Macron souhaite en finir avec la nomination par le CSA des dirigeants d’audiovisuel public…
Un temps envisagée, la solution de changer rapidement la règle par le vote d’une « petite loi » a été abandonnée : c’est donc le CSA qui devrait nommer un successeur à M. Gallet, au terme d’un processus de candidatures, d’auditions et de vote s’étalant sur deux mois et demi environ. Il faudra, éventuellement, ajouter jusqu’à trois mois de « tuilage » avec le président intérimaire, le doyen du conseil d’administration Jean-Luc Vergne. Le mode de nomination devrait, lui, être modifié plus tard, lors d’une loi sur l’audiovisuel public prévu par l’exécutif fin 2018.

Si la réforme est repoussée, le débat n’en est pas moins présent : comment faut-il nommer les dirigeants ? Le sujet, d’apparence technique, est sensible. Et symbolique : Nicolas Sarkozy, au moment de sa présidence, avait fait scandale en revendiquant de choisir les patrons, en tant que président de la République. Revenant sur cette décision, François Hollande avait confié ce pouvoir au CSA, une « autorité administrative indépendante ».
L’argument souvent avancé est que le CSA ne peut à la fois nommer et contrôler les dirigeants
Aujourd’hui, le gouvernement cherche une troisième voie : « Nous voulons à la fois éviter l’écueil de la nomination directe par le président de la République et celui de la nomination par le régulateur », explique-t-on au ministère de la culture. L’argument souvent avancé est que le CSA ne peut à la fois nommer et contrôler les dirigeants. Partagée dans la majorité et à droite,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Dans sa chronique hebdomadaire, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », explique les raisons pour lesquelles la ministre de la culture semble faire du surplace depuis sa nomination.
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« Françoise Nyssen ouvre tant de pistes qu’on peine à voir le chemin »

Dans sa chronique hebdomadaire, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », explique les raisons pour lesquelles la ministre de la culture semble faire du surplace depuis sa nomination.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 11h33
    |

            Michel Guerrin








                        



                                


                            
Chronique. Elle était intouchable, elle ne l’est plus. Françoise Nyssen a été nommée au ministère de la culture il y a un peu moins d’un an, et son arrivée fut partout saluée. Comme Jean-Michel Blanquer (éducation) ou Muriel Pénicaud (travail), elle est de ces figures qui ont fait leurs preuves dans leur vie d’avant pour ensuite incarner La République en marche. Mais alors que ses collègues tracent leur sillon, Françoise Nyssen donne l’impression de faire du surplace. La ministre agace le monde de la création – ce qui est arrivé à d’autres –, mais aussi l’Elysée – ce qui est plus embêtant, quand on sait que le succès d’une politique culturelle est lié au tango que doivent danser le président et son ministre.
Déjà, la personnalité de Françoise Nyssen interroge. Elle est sympathique, généreuse mais manque de charisme, ses discours sont hésitants et elle ne semble pas maîtriser ses dossiers. Ces critiques seraient-elles évoquées si elle était un homme ? Pas sûr. Elle répond : « Je ne me conforme pas aux codes. » Et pourtant, neuf mois après, elle donne encore l’impression de se justifier d’avoir été nommée. Sa légitimité est du reste fragile, tant la ministre est limitée, en bas par une administration qu’elle connaît mal, et en haut par des personnalités censées jouer les sauveurs – Stéphane Bern au patrimoine, Benjamin Stora pour la culture des migrants, Leïla Slimani à la francophonie ou Erik Orsenna aux bibliothèques.

Surtout, Françoise Nyssen ouvre tant de pistes qu’on peine à voir le chemin. Elle dit souvent ce qu’il faut faire, moins comment le faire – équipe, calendrier, coût, financement. Des ministres ont fait de même avant elle, ce qui n’a pas empêché la planète culturelle de tourner. Sauf qu’Emmanuel Macron, lui, sait ce qu’il veut : élargir les publics de la culture. Alors il s’impatiente.
L’Elysée a choisi pour elle
Il s’impatiente, car Mme Nyssen semble tétanisée par une équation. Comment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Après des débuts hésitants, la ministre de la culture tente d’imprimer sa marque rue de Valois.
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Françoise Nyssen, une novice à l’épreuve du pouvoir

Après des débuts hésitants, la ministre de la culture tente d’imprimer sa marque rue de Valois.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 10h34
    |

            Alexandre Piquard, 
Cédric Pietralunga et 
Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Le secret avait été bien gardé. Ce 3 janvier, Emmanuel Macron reçoit sous les ors de la salle des fêtes de l’Elysée, pour les traditionnels vœux à la presse du président de la République. Une cérémonie d’habitude convenue, où le Tout-Paris des médias se bouscule autant pour les petits-fours que pour le discours du chef de l’Etat.
Mais pas question pour le maître des lieux de faire comme les autres. Emmanuel Macron veut « impacter », comme à chacune de ses prises de parole. « J’ai décidé que nous allions faire évoluer le dispositif juridique pour protéger la vie démocratique des fausses nouvelles », annonce le président, avant de détailler sa loi contre les fake news, dont il n’avait jamais parlé jusque-là.
Dans la salle, Françoise Nyssen ne bronche pas. La ministre de la culture a beau avoir la communication dans son portefeuille, elle n’a été prévenue de cette annonce que quelques heures plus tôt. Piloté par Ismaël Emelien, le conseiller spécial du chef de l’Etat, le projet ne devait pas être dévoilé si tôt. Mais le président en a décidé autrement.
Arrivée auréolée du succès d’Actes Sud, petit empire de l’édition qu’elle a développé à Arles (Bouches-du-Rhône) avec son mari Jean-Paul Capitani (lui aux affaires, elle dénicheuse d’auteurs), Françoise Nyssen, incarnation de la promesse macronienne du « renouvellement », peine, neuf mois après son entrée au gouvernement, à imprimer sa marque et ses ambitions, donnant parfois l’impression de travailler sous tutelle. Jusqu’ici bienveillant, curieux de ce nouveau visage de la société civile qui n’a jamais caché ses convictions de gauche, le milieu de la culture s’est laissé gagner par un certain scepticisme.
« Il ne se passe pas grand-chose »
« Elle a bénéficié d’un état de grâce mais elle est en train de rater son entrée », estime Marie-José Malis, directrice du théâtre de la Commune à Aubervilliers et présidente du Syndicat national des entreprises...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le salon Virtuality, à Paris, offre l’occasion de vivre l’expérience de la VR, jusqu’au 10 février.
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Au Centquatre, la réalité virtuelle étale ses sciences

Le salon Virtuality, à Paris, offre l’occasion de vivre l’expérience de la VR, jusqu’au 10 février.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 09h32
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            
« C’est effrayant votre truc » : le député (LRM) et mathématicien Cédric Villani se relève du lit d’hôpital sur lequel il s’était allongé, un casque de réalité virtuelle (VR) sur la tête. Nous sommes au Centquatre, à Paris, où se tient jusqu’au 10 février Virtuality, le salon consacré à la VR. Mais Cédric Villani – comme une bonne partie des visiteurs – est ailleurs : sous son casque. Sur son lit, le mathématicien est plongé dans un monde où il y a pénurie d’organes. Vous donnez un morceau de vous et gagnez des années de liberté. Cela s’appelle Les Falaises de V., « une performance aux frontières du théâtre et de la VR » créée par Laurent Bazin. Elle sera ce week-end à la Gaîté-Lyrique, en mars au théâtre de Châtillon, etc. Avant d’enfiler votre casque, une infirmière est sur le plateau en chair et en os, et vous conduit dans une salle d’attente, puis…

C’est la grande envie (et la grande difficulté) de la réalité virtuelle aujourd’hui : échapper au carcan du sensationnel pour envahir le champ de la création. Le jongleur Yoann Bourgeois, le comédien Vincent Macaigne, Dominique Hervieu, la directrice artistique de la Biennale de la danse de Lyon… tout le monde lorgne la VR, témoigne José-Manuel Gonçalvès, le patron du Centquatre. Le hiatus, c’est le modèle économique : technologies coûteuses, exploitation où le public ne peut profiter qu’au compte-gouttes de l’expérience et non par salles entières…
Faux problème
Pour Elisha Karmitz, qui a ouvert il y a un an, au MK2 Bibliothèque, une salle consacrée à la VR, c’est un faux problème : « Un modèle économique, c’est essentiellement la capacité des producteurs à gagner de l’argent. Or, nous sommes dans un monde où ces modèles sont bouleversés. Il faut trouver d’autres chemins. Pour moi, cette année a été marquée par la présentation à Cannes de Carne y Arena, d’Iñarritu, qui vous fait partager en réalité virtuelle le sort de clandestins entre le Mexique et les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le trio interprète à sa façon, un rien blues, le répertoire de la chanteuse disparue en novembre 1997.
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Chanson : Lou Casa en l’honneur de Barbara

Le trio interprète à sa façon, un rien blues, le répertoire de la chanteuse disparue en novembre 1997.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 08h22
    |

            Sylvain Siclier








                        



                                


                            

Presque à la fin du film Barbara de Mathieu Amalric, avec Jeanne Balibar, on voit le groupe Lou Casa (Marc Casa au chant, Fred Casa, son frère, aux claviers et Julien Aellion à la basse) interpréter Perlimpinpin. Ambiance un rien blues, qui évolue vers une sorte de tango. C’est l’une des compositions qui figurent au répertoire du trio dans le spectacle Chansons de Barbara. L’une des rares bien repérées, avec Göttingen ou Nantes. Elle date de 1972, quand la majorité des chansons choisies par Lou Casa sont celles du début des années 1960 et pas parmi les plus connues. Le Bel Age, Les Voyages, La Belle Amour (1959)…

C’est d’abord en novembre 2012 que Lou Casa, actif depuis le début des années 2000, a abordé le répertoire de Barbara. A l’occasion d’un hommage organisé par l’association Barbara Perlimpinpin, quinze ans après la mort de la chanteuse. Le ponctuel est devenu plus fréquent à partir du printemps 2014 parmi d’autres projets. « Certes, c’est un hommage à Barbara, mais surtout il faut lui rendre honneur », explique Marc Casa quelques jours avant deux concerts parisiens au Café de la danse, les samedi 10 et mardi 13 février, qui seront suivis par une tournée en mars après une résidence de création à Pau.

Un spectacle qui a pris le temps de se construire, qui continue d’évoluer – la chanson Sables mouvants a été récemment ajoutée. Avec la volonté artistique de rendre autant l’univers de Barbara que d’affirmer le son, l’histoire du groupe. Ainsi des arrangements qui vont chercher dans les différentes explorations de la formation au cours des ans, l’improvisation, du reggae, du rock. Dans la suggestion, sans appuyer. La basse donne une couleur reggae lointaine à Tous les passants, le climat étrange d’un orgue un rien pop habille Sur la place, l’une des compositions de Jacques Brel que reprenait Barbara.

Des javas...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Le chorégraphe américain présente « Finding Now », spectacle pour cinq artistes au festival Suresnes Cités Danse.
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Retour aux sources hip-hop pour le virtuose Andrew Skeels


                      Le chorégraphe américain présente « Finding Now », spectacle pour cinq artistes au festival Suresnes Cités Danse.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 07h07
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 11h15
    |

                            Rosita Boisseau








   


Il a un rire tonitruant. Une bonne humeur contagieuse et aussi rare qu’est unique son parcours. Andrew Skeels, chorégraphe américain basé au Canada, vient présenter sa nouvelle pièce, Finding Now, au festival Suresnes Cités Danse. Là même où, il y a trois ans, le public français l’avait découvert, grâce à Olivier Meyer, directeur du Théâtre Jean-Vilar de la ville des Hauts-de-Seine, qui l’y avait invité.
« Le hip-hop a eu une énorme influence sur mon travail. C’est un challenge permanent et une vraie passion. » Andrew Skeels
Si le trentenaire Skeels fait aujourd’hui sensation, c’est autant grâce à sa virtuosité qu’à son parcours de touche-à-tout. Né à Boston, cet autodidacte plonge dans le hip-hop à l’âge de 10 ans, essaie le jazz et les claquettes, devient performeur en boîte de nuit et a la révélation de la danse classique à 17 ans. Un âge trop tardif pour se plier aux arabesques ? Pas du tout, du moins pour le jeune téméraire. Le voilà accroché à la barre et il décroche un contrat aux Grands Ballets canadiens. Il a 23 ans et endosse les solos.
« Ça n’a pas été facile de démarrer si tard, mais j’ai toujours été fasciné par la précision de la technique classique », explique-t-il. En quinze ans de carrière, Andrew Skeels a finalement tourné avec les meilleures troupes d’Amérique du Nord. Il arrête le classique en 2015 et revient au hip-hop, sa « première source d’inspiration » : « Cette danse a eu une énorme influence sur mon travail. C’est un challenge permanent et une vraie passion, car j’aime travailler en communauté. »

   


De ce multi-outillage – il a aussi interprété les grandes pièces des néoclassiques Mats Ek et Jiři Kylián ainsi que celles du contemporain survolté d’Ohad Naharin –, Andrew Skeels a su innerver ses créations. Dès 2005, parallèlement à sa carrière d’interprète, il chorégraphie de courtes pièces musclées dans lesquelles il rebat tous les styles traversés. En 2014, son spectacle Mosaic est applaudi.
Beauté du fugace
Deux ans plus tard, son Street Dance Club devient le succès de Suresnes Cités Danse. Inspirée directement des danses urbaines, la pièce insolite propulse sept danseurs sur les traces du mythique Cotton Club de Harlem, à New York.

        Lire aussi :
         

                Andrew Skeels, le « beat » de Suresnes Cités Danse



Nouveauté 2017, Finding Now revendique la saveur du présent, la beauté du fugace. « Le Théâtre Jean-Vilar de Suresnes est devenu ma maison, confie Skeels. Travailler avec les danseurs est un moment de plénitude. Ils apportent chaque jour un enthousiasme qui permet à mon travail de se développer. » Et l’année 2018 s’annonce plus que bien : l’artiste va créer une pièce pour le ballet du Grand Théâtre de Genève et une autre pour les Grands Ballets canadiens. Une reconnaissance heureuse. A son image.
Finding Now, d’Andrew Skeels. Théâtre Jean-Vilar, Festival Suresnes Cités Danse, 16, place Stalingrad, Suresnes. Les 9, 10 et 11 février. www.suresnes-cites-danse.com


