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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de médecins, d’élus et de représentants d’associations estime que le récent plan en faveur de la psychiatrie annoncé par la ministre de la santé ne prend pas suffisamment en compte l’ensemble des intervenants en santé mentale.
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« Troubles psychiques et problèmes de santé mentale ne sont plus seulement des questions de santé »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de médecins, d’élus et de représentants d’associations estime que le récent plan en faveur de la psychiatrie annoncé par la ministre de la santé ne prend pas suffisamment en compte l’ensemble des intervenants en santé mentale.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 16h11
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 17h13
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. La ministre des solidarités et de la santé a annoncé, vendredi 26 janvier, au congrès de l’Encéphale un grand plan de soutien à la psychiatrie. Enfin, est-on tenté de dire ! Enfin : depuis plusieurs années les signaux d’alarme se multipliaient. Epuisement des équipes, difficultés à répondre aux besoins des personnes malades, explosion de la contrainte, formation de déserts psychiatriques.
Au côté d’autres institutions, de la prison à l’école en passant par la police ou l’accueil des personnes âgées, la psychiatrie souffre de ne plus savoir comment accomplir sa mission au profit de populations dont les problèmes semblent chaque jour un peu plus déborder ses cadres. Il était temps d’agir.
Perplexité et inquiétude
Enfin ? Passé le soupir de soulagement, la lecture du plan en douze points et de l’interview donnée par la ministre au Monde nous a cependant plongés dans la perplexité d’abord, dans l’inquiétude ensuite.
La perplexité, en premier lieu, concerne le fond : nous ne voyons pas dans les propositions de la ministre la réponse aux difficultés que nous diagnostiquons nous-mêmes, en tant qu’acteurs de la santé mentale, usagers, professionnels, chercheurs, responsables de service, à travers nos expériences de vie et nos travaux, dans nos services et nos territoires.

Quelles solutions ce plan apportera-t-il aux difficultés d’accès aux soins et aux droits ? Comment permettra-t-il d’améliorer la coordination des acteurs, professionnels ou non, au service des parcours de soin et de vie des personnes concernées ? Quels accompagnements proposera-t-il aux handicaps encore nombreux et trop mal pris en compte qui affectent ces personnes face au logement, à l’insertion sociale et professionnelle, ou à la citoyenneté ? Et quelle stratégie met-il en place pour favoriser l’exercice par celles-ci de leur autonomie, dans la ligne des approches, largement documentées et acceptées aujourd’hui, en termes de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Si les tarifs bancaires semblent marquer une pause, tous les clients ne profitent pas de l’émulation entre les établissements. Les plus fragiles n’en bénéficient pas vraiment.
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Tarifs bancaires : le temps de la concurrence

Si les tarifs bancaires semblent marquer une pause, tous les clients ne profitent pas de l’émulation entre les établissements. Les plus fragiles n’en bénéficient pas vraiment.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 14h51
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 14h52
    |

            Joël Morio








                        



   


Editorial. Après des années d’inflation, les tarifs bancaires marquent enfin une pause. Ils n’ont augmenté que de 0,34 % sur un an pour les six profils du baromètre que nous publions en exclusivité. Et l’année 2018 s’annonce clémente dans ce domaine. Cette sagesse tarifaire s’explique par la nouvelle concurrence qui anime le secteur.

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                Quand la concurrence freine la hausse des frais bancaires



Les établissements traditionnels subissent l’assaut des banques en ligne avec leurs prix agressifs, et particulièrement celui des « néobanques », dont les services se déploient sur smartphone. La mise en place de la loi sur la mobilité bancaire favorise le mouvement. Les établissements traditionnels doivent faire preuve de retenue au niveau des prix s’ils veulent conserver leurs clients.
Transparence
Aujourd’hui, c’est sur un autre terrain que les banques vont devoir compter avec la nouvelle concurrence. Cela fait plusieurs années que l’on peut choisir une assurance pour son crédit immobilier autre que celle qui propose l’organisme qui vous a accordé le prêt. Désormais, il est possible de le faire pendant toute la durée de vie de son emprunt. En faisant baisser la prime de son assurance, on peut réaliser de substantielles économies.

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                Les néobanques poussent les établissements traditionnels à innover



Même dans le monde parfois opaque de la gestion collective, le vent de la concurrence se lève. Les gestionnaires sont obligés à plus de transparence dans la fixation de leurs commissions. Malheureusement, cette compétition ne profite pas à tout le monde. Elle pourrait être fatale pour les plus petits acteurs de la gestion collective.

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                Le grand écart des réseaux mutualistes



Cependant, tous les clients ne profitent pas de l’émulation entre les établissements. Les plus fragiles n’en bénéficient pas vraiment. Et en matière d’assurance crédit emprunteur, on sera attentif à ce que le nouvel environnement n’entraîne pas aussi une hausse des primes pour les plus âgés, comme certains le redoutent.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Etienne Vauchez, président de l’OSCI, estime que les mauvais chiffres du commerce extérieur français ne seront corrigés que si les PME françaises montent en compétences en utilisant les réseaux professionnels.
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« Pour redresser les exportations françaises, articulons ressources publiques et solutions privées »

Dans une tribune au « Monde », Etienne Vauchez, président de l’OSCI, estime que les mauvais chiffres du commerce extérieur français ne seront corrigés que si les PME françaises montent en compétences en utilisant les réseaux professionnels.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 14h00
    |

Etienne Vauchez (Président du think tank La Fabrique de l’Exportation et président des Opérateurs spécialisés du commerce international (OSCI))







                        



                                


                            
Tribune. Ce que sait toute personne qui a déjà travaillé dans une ­entreprise exportatrice – et que corroborent les études académiques menées à ce sujet –, c’est que le premier facteur de succès ou d’échec d’une entreprise à l’export est la plus ou moins grande compétence qu’elle déploie dans son développement international : la qualité des équipes qu’elle y affecte, de sa stratégie internationale, de son marketing, de son service après-vente, etc. ; et ce, avant même la qualité ou le prix de son produit.
Les PME doivent s’appuyer sur les compétences d’autres entreprises qui savent déjà vendre dans le pays visé
Or, en France, on pense souvent que pour exporter davantage il suffit de projeter massivement les PME sur des salons internationaux ou dans des missions de prospection pour qu’elles réussissent à vendre toutes seules. Mais combien de PME françaises ont réellement en leur sein les compétences capables de créer la ­confiance requise pour vendre à des acheteurs coréens, indonésiens ou brésiliens ?
Comment les PME peuvent-elles ­déployer davantage de compétences dans leur prospection export alors qu’elles n’ont souvent pas les moyens d’investir dans une véritable équipe export ? Tout simplement en s’appuyant sur les compétences d’autres entreprises qui savent déjà vendre dans le pays visé : une PME allemande qui veut se développer dans un pays utilisera en priorité les services d’agents export allemands ou de ­sociétés de commerce allemandes qui y vendent déjà ; les Italiens collaborent entre exportateurs, c’est-à-dire qu’ils chercheront à trouver une autre entreprise italienne qui vend déjà sur le marché visé et pourrait les aider à y placer leurs produits. Les PME de ces pays réduisent ainsi leur temps d’apprentissage des nouveaux marchés et ont un taux de réussite plus élevé.
Etablir des règles
Jusqu’à présent, l’Etat français a misé sur des actions de projection des PME sur les marchés export ; pour cela, il a...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Une enquête menée par l’ANDRH tente de refléter les préoccupations de terrain des responsables des ressources humaines.
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Les attentes des DRH sur la réforme de la formation professionnelle et sur l’apprentissage

Une enquête menée par l’ANDRH tente de refléter les préoccupations de terrain des responsables des ressources humaines.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 12h30
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            

Ce vendredi 9 février se tient la dixième séance de la négociation interprofessionnelle sur la formation qui devrait s’achever le 16 février. La CGT a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne participerait pas à la réunion conclusive sur le volet apprentissage. En parallèle des négociations avec les partenaires sociaux, les directeurs des ressources humaines (DRH) ont tenu à exprimer leurs préoccupations de terrain.
Sur la base d’une enquête flash menée du 29 novembre au 22 décembre 2017 auprès de leurs 5 000 entreprises adhérentes, l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH) a publié fin janvier les attentes des DRH, dont ressortent deux positions fortes : une simplification du système de formation professionnelle qui passe par l’identification d’un public prioritaire et des objectifs clairs, et la désignation de la branche comme principal pilote pour porter la formation professionnelle et l’alternance.

Pour la politique alternance des entreprises, 91 % des DRH estiment que les interlocuteurs les plus efficaces sont les branches et les OPCA [organismes paritaires collecteurs agréés, chargés de collecter les fonds de la formation professionnelle]. Seuls 16 % des répondants considèrent que la région devrait être le principal pilote en la matière, alors même que 91 % des répondants appartiennent à des organisations accueillant des alternants. La loi impose aux entreprises de plus de 250 salariés d’employer 4 % de salariés en alternance. L’argument avancé par les DRH étant que « ce sont les branches et les OPCA qui ont la meilleure visibilité sur les débouchés des formations », précise l’ANDRH.
La Fédération de la formation professionnelle (FFP) n’est pas de cet avis pour d’autres raisons. « Le changement de pilote des régions aux branches professionnelles n’est pas la panacée, prévient le président de la FFP Jean Wemaëre, la gestion des fonds de l’alternance,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Outre Edward Snowden, intervenu par liaison vidéo, trente-six personnes traquées pour avoir alerté étaient présentes au forum qui s’est tenu jeudi 25 janvier au MuCEM, à Marseille. Tous ont souligné l’importance d’une mobilisation citoyenne en soutien de leur action.
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La solitude du lanceur d’alerte

Outre Edward Snowden, intervenu par liaison vidéo, trente-six personnes traquées pour avoir alerté étaient présentes au forum qui s’est tenu jeudi 25 janvier au MuCEM, à Marseille. Tous ont souligné l’importance d’une mobilisation citoyenne en soutien de leur action.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 12h00
    |

                            Gilles Rof








                        



                                


                            
Un frisson parcourt l’auditorium du ­Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM), à Marseille, bondé depuis plus d’une heure. Plein écran, le visage d’Edward Snowden apparaît, toujours juvénile derrière ses fines lunettes. Souriant et grave à la fois. Comme promis, l’ancien informaticien de l’Agence nationale de sécurité (NSA) américaine honore le rendez-vous du premier Forum des lanceurs d’alerte qu’accueille, ce jeudi 25 janvier, le musée national.
Depuis son exil russe, l’Américain qui a révélé la surveillance généralisée de nos données privées par son pays ouvre une des trois tables rondes de la soirée. La connexion Internet vacille, la traduction aussi, mais Edward Snowden réussit à faire passer un message simple : « Faites pression sur vos gouvernements. Voulez-vous une Europe qui soutient la politique de Donald Trump après celle de Barack Obama dans sa guerre aux lanceurs d’alerte ? Une Europe pour qui les droits de l’homme ne sont plus qu’un patrimoine historique ? Ou une Europe qui protège ceux qui sont vulnérables aujourd’hui ? »
Nécessaire protection
L’intervention de celui qui incarne, avec le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, l’homme traqué pour avoir alerté est un joli coup médiatique pour le collectif citoyen Marseille en commun et le MuCEM, coorganisateurs de la soirée. Elle a également le mérite de réunir, autour d’un même symbole, deux thèmes nourrissant le débat actuel : la solitude des lanceurs d’alerte et l’organisation de leur nécessaire protection, tant au niveau français, où la loi Sapin 2 leur donne un statut depuis décembre 2016, qu’européen.
L’engouement autour du forum marseillais marque-t-il l’amorce d’une prise de conscience générale ? « Quelque chose se passe sur l’éveil de la citoyenneté, une vraie évolution de nos sociétés », convient Nicole Marie Meyer, ex-fonctionnaire désormais chargée de l’« alerte éthique » au sein de l’association Transparency International. L’agora...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Editorial. L’alliance gouvernementale entre les chrétiens-démocrates (CDU-CSU) et le Parti social-démocrate (SPD) est de nature à rassurer Paris qui retrouve son coéquipier du tandem franco-allemand.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Allemagne : une coalition pour l’Europe

Editorial. L’alliance gouvernementale entre les chrétiens-démocrates (CDU-CSU) et le Parti social-démocrate (SPD) est de nature à rassurer Paris qui retrouve son coéquipier du tandem franco-allemand.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 16h19
   





                        


Editorial du « Monde ». On l’avait tellement appelé de nos vœux qu’il est difficile de ne pas se réjouir de l’accord de coalition gouvernementale enfin conclu à Berlin, mercredi 7 février, par l’alliance des chrétiens-démocrates (CDU-CSU) de la chancelière Angela Merkel et le Parti social-démocrate (SPD) de Martin Schulz. Après des mois de pourparlers, consécutifs aux élections du 24 septembre, cet accord a, d’abord, le mérite d’exister. S’il est approuvé par la base du SPD en mars, l’Allemagne aura enfin un gouvernement et ses partenaires européens un interlocuteur actif à Berlin.
L’autre bonne nouvelle de cet accord est son orientation pro-européenne. Paris va pouvoir retrouver son coéquipier du tandem franco-allemand. Après un départ en fanfare, pendant les trois mois qui ont séparé les élections françaises de 2017 et le scrutin allemand, ce tandem était de nouveau en panne. L’élan européen donné par la victoire du président Emmanuel Macron et son discours de la Sorbonne, le 26 septembre, a été considérablement freiné, pour ne pas dire coupé net, par la paralysie allemande.

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M. Macron aura en effet en Martin Schulz, ancien président du Parlement européen, un renfort enthousiaste sur l’intégration européenne, s’il est confirmé comme ministre des affaires étrangères. Le contrat de gouvernement commence par un chapitre intitulé « Un sursaut pour l’Europe » : c’est la première fois que l’Europe figure de manière aussi prééminente dans un accord de coalition allemande. Son contenu va dans le sens souhaité par Paris ; le compromis trouvé sur l’Europe signe la « fin du diktat de l’austérité », a souligné M. Schulz. Adieu, Wolfgang Schäuble ! Le ministre des finances conservateur, qui aura incarné cette politique pendant toute la crise de la dette, préside aujourd’hui le Bundestag.
Méfiance des électeurs
Voilà pour les bonnes nouvelles, que le réalisme impose cependant de tempérer. Ce chapitre prometteur sur l’Europe est formulé de manière si vague qu’il laisse une large marge de manœuvre à celui qui est appelé à succéder à M. Schäuble, Olaf Scholz. Bien qu’issu du SPD, M. Scholz n’a pas la réputation d’être un partisan débridé de la dépense publique. Le « budget d’investissement pour la zone euro » envisagé dans l’accord ne marque pas une réelle rupture avec la politique du gouvernement sortant. Concrètement, il n’y a pas dans ce texte d’adhésion formelle aux propositions de M. Macron. Le sujet de l’approfondissement de la zone euro reste donc très ouvert.

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Il est d’autant plus ouvert que cette « GroKo » issue des négociations, comme disent les Allemands pour désigner la grande coalition, correspond exactement à ce que les électeurs avaient rejeté par leur vote du 24 septembre. Autant la CDU que le SPD étaient sortis affaiblis de ce scrutin, qui avait vu les extrémistes de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne) gagner 94 sièges au Bundestag. Cette GroKo reste une coalition par défaut, les libéraux du FDP ayant refusé l’offre de Mme Merkel. Un sondage publié par Der Spiegel jeudi confirme la méfiance des électeurs : 57 % des Allemands y ont déclaré avoir une opinion négative de la nouvelle grande coalition.
Il reste à espérer trois choses : que le SPD donne son feu vert à cette coalition ; que les Allemands digèrent et tirent parti du tremblement de terre politique qu’ils ont subi ; et, enfin, que Mme Merkel retrouve le goût et le talent de gouverner. Alors, ce quatrième et, sans doute, dernier mandat pourra être celui de la relance de l’Europe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ L’écrivain, qui  a combattu la dictature sud-coréenne, entrelace dans son œuvre petite et grande histoire. Partisan d’un rapprochement avec Pyongyang, le septuagénaire évoque son engagement dans la gauche pacifiste
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Hwang Sok-yong : « Mon pays, la Corée, a été divisé d’un trait sur une carte »

L’écrivain, qui  a combattu la dictature sud-coréenne, entrelace dans son œuvre petite et grande histoire. Partisan d’un rapprochement avec Pyongyang, le septuagénaire évoque son engagement dans la gauche pacifiste



Le Monde
 |    09.02.2018 à 11h50
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 14h36
    |

                            Philippe  Pons (Séoul, envoyé spécial)








                        



                                


                            
Le romancier Hwang Sok-yong, l’un des écrivains sud-coréens les plus lus et traduits, vient de publier son autobiographie sous le titre Le Prisonnier (non disponible en français, mais des extraits ont été publiés dans le numéro de janvier-février 2018 de Critique). Agé de 74 ans, il a traversé le demi-siècle le plus tourmenté de l’histoire de la Corée.
Engagé dans la lutte contre la dictature, sous surveillance constante des services de sécurité, exilé cinq ans puis emprisonné cinq autres années pour avoir participé à un congrès d’artistes en Corée du Nord, il a été de tous les combats pour la démocratie qui débuta finalement en 1987, une année avant les Jeux Olympiques de Séoul. Il revient sur les cinquante années écoulées dont les drames nourrissent son œuvre romanesque.

Pourquoi ce titre « Le Prisonnier » ?
Prisonnier derrière des barreaux, je l’ai été. Je le suis toujours : du temps, de mon passé, de la division du pays…
Vous avez dit un jour : « Comment aurais-je pu ne pas être engagé : moins qu’un choix, ce fut mon destin ». Quand a commencé votre engagement ?
C’était en avril 1960. J’étais étudiant en philosophie. J’avais 17 ans. Il y avait des manifestations d’étudiants et d’ouvriers contre la dictature de Syngman Rhee instaurée par les Américains au lendemain de la création de la République de Corée, en 1948. Le 19 avril eut lieu un soulèvement populaire déclenché par la découverte du cadavre d’un étudiant tué par des gaz lacrymogènes et jeté dans le port de Masan (sud-est). Un de mes amis a été grièvement blessé. Je me souviens qu’il saignait abondamment et que je ne pouvais pas arrêter l’hémorragie.
A partir de ce que l’on appela par la suite « la révolution du 19 avril », l’engagement devint pour moi une sorte de destinée. Au cours de ce soulèvement, 186 personnes ont été tuées dans les affrontements avec la police. Un mois plus tard, Syngman Rhee fut renversé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ « Lean management », « design thinking », « coaching »… Les organisations oscillent entre la tentation d’un contrôle accru de l’efficience, générateur de conflits, et la libération de la créativité, porteuse de valeurs nouvelles, explique le chercheur Thierry Nadisic dans une tribune au « Monde ».
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« Les innovations managériales n’apportent pas de transformations majeures en matière d’organisation de l’entreprise »

« Lean management », « design thinking », « coaching »… Les organisations oscillent entre la tentation d’un contrôle accru de l’efficience, générateur de conflits, et la libération de la créativité, porteuse de valeurs nouvelles, explique le chercheur Thierry Nadisic dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    09.02.2018 à 11h43
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Thierry Nadisic (Professeur et chercheur à l’EM Lyon)







                        



                                


                            

Qu’est-ce que les « business models », le « design thinking » et le « coaching » ont en commun (à part d’être des termes de franglais) ? Ce sont des innovations managériales, c’est-à-dire des manières nouvelles d’organiser les activités de l’entreprise. Selon des critiques récurrentes, ces changements, qui font souvent progresser l’innovation et l’efficacité de l’organisation, n’ont pas encore été sources de transformations majeures, et n’ont pas plus renouvelé les rapports humains. Ont-ils vocation à permettre une meilleure coopération, des relations plus respectueuses, une vie au travail plus épanouie ?
Il y a trois types d’innovations managériales : celles qui concernent les outils de management, par exemple le « brainstorming », qui visait, après la seconde guerre mondiale, à favoriser la créativité de groupe ; celles qui touchent à l’organisation des processus du travail, comme le « reingineering » dans les années 1980, qui visait à optimiser un processus de production en diminuant les coûts aux interfaces entre activités, ou le « design thinking » qui, depuis quelques années, favorise l’innovation technique ou de produit ; enfin les innovations d’organisation globale de l’entreprise, par exemple l’apparition du tayloro-fordisme au début du XXe siècle.

Les innovations en matière d’outils ou de processus se situent dans le cadre plus large des modèles d’organisation. Ce sont eux qui traditionnellement transforment les rapports sociaux. Frederick Taylor (1856-1915) a en effet mis au point un modèle d’organisation qui a dépossédé les ouvriers de leur autonomie dans leur métier pour les mettre au service d’une organisation contrôlée par un groupe d’experts des méthodes de travail.
Ce modèle a constitué une véritable innovation sociale, fondant un partage des gains de productivité entre salariés, actionnaires, Etat et clients, qui a rendu possibles la production et la consommation de masse.
Un modèle...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans sa chronique hebdomadaire, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », explique les raisons pour lesquelles la ministre de la culture semble faire du surplace depuis sa nomination.
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« Françoise Nyssen ouvre tant de pistes qu’on peine à voir le chemin »

Dans sa chronique hebdomadaire, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », explique les raisons pour lesquelles la ministre de la culture semble faire du surplace depuis sa nomination.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 11h33
    |

            Michel Guerrin








                        



                                


                            
Chronique. Elle était intouchable, elle ne l’est plus. Françoise Nyssen a été nommée au ministère de la culture il y a un peu moins d’un an, et son arrivée fut partout saluée. Comme Jean-Michel Blanquer (éducation) ou Muriel Pénicaud (travail), elle est de ces figures qui ont fait leurs preuves dans leur vie d’avant pour ensuite incarner La République en marche. Mais alors que ses collègues tracent leur sillon, Françoise Nyssen donne l’impression de faire du surplace. La ministre agace le monde de la création – ce qui est arrivé à d’autres –, mais aussi l’Elysée – ce qui est plus embêtant, quand on sait que le succès d’une politique culturelle est lié au tango que doivent danser le président et son ministre.
Déjà, la personnalité de Françoise Nyssen interroge. Elle est sympathique, généreuse mais manque de charisme, ses discours sont hésitants et elle ne semble pas maîtriser ses dossiers. Ces critiques seraient-elles évoquées si elle était un homme ? Pas sûr. Elle répond : « Je ne me conforme pas aux codes. » Et pourtant, neuf mois après, elle donne encore l’impression de se justifier d’avoir été nommée. Sa légitimité est du reste fragile, tant la ministre est limitée, en bas par une administration qu’elle connaît mal, et en haut par des personnalités censées jouer les sauveurs – Stéphane Bern au patrimoine, Benjamin Stora pour la culture des migrants, Leïla Slimani à la francophonie ou Erik Orsenna aux bibliothèques.

Surtout, Françoise Nyssen ouvre tant de pistes qu’on peine à voir le chemin. Elle dit souvent ce qu’il faut faire, moins comment le faire – équipe, calendrier, coût, financement. Des ministres ont fait de même avant elle, ce qui n’a pas empêché la planète culturelle de tourner. Sauf qu’Emmanuel Macron, lui, sait ce qu’il veut : élargir les publics de la culture. Alors il s’impatiente.
L’Elysée a choisi pour elle
Il s’impatiente, car Mme Nyssen semble tétanisée par une équation. Comment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans sa chronique bimensuelle, la journaliste Rafaële Rivais rappelle tout l’importance que revêtent, lors d’un achat immobilier, les documents que le vendeur a l’obligation de fournir à l’acheteur, et que ce dernier a tout intérêt à lire.
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Immobilier : silence, on vend !

Dans sa chronique bimensuelle, la journaliste Rafaële Rivais rappelle tout l’importance que revêtent, lors d’un achat immobilier, les documents que le vendeur a l’obligation de fournir à l’acheteur, et que ce dernier a tout intérêt à lire.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 10h26
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            
SOS CONSO. En 2011, Sylvain X., 39 ans, décide d’acheter un deux-pièces dans le quartier historique du Marais, à Paris. Un appartement est justement à vendre, au prix de 520 000 euros, mais il est situé au-dessus d’un pub, le Klein Holland. Sylvain craint d’entendre la musique de ce débit de boissons à l’intérieur du logement. Pour savoir à quoi s’en tenir, il demande à le visiter trois fois. Deux étudiantes, Aurore et Annabelle, filles des propriétaires, l’occupent alors.
A chaque visite, Sylvain tend l’oreille, mais ne discerne aucun bruit en provenance du pub. Lors du second rendez-vous, organisé un vendredi soir, de 19 h 30 à 20 h 30, l’amie qui l’accompagne demande à Aurore s’il arrive que la musique du café s’entende dans l’appartement. La jeune fille répond par la négative. Lors de la troisième visite, programmée le vendredi suivant aux mêmes horaires, le père de Sylvain lui repose la question, et reçoit la même réponse. Sylvain achète donc l’appartement, le 20 mai 2011. Le soir même, il y entend les chansons du pub.
Il va voir le gérant, et lui demande comment il se fait que, pendant ses visites, il n’ait rien perçu. Celui-ci lui confie, ingénument, que les étudiantes lui demandaient, par SMS, de baisser le volume. Sylvain, estimant avoir été trompé, fait appel à un huissier, qui constate, sur le téléphone du gérant, la présence de six textos accablants pour les vendeurs.
Tromperie
Le vendredi 18 février, à 18 h 07, Aurore écrit : « Bonsoir John ! Pourrais-tu mettre la musique au strict minimum ce soir de 19 h 50 à 20 h 30 ? Plus bas qu’hier car on entendait… merci beaucoup ! ». A 19 h 51, elle écrit encore : « Juste en rappel au cas où, merci de bien mettre plus bas jusqu’à 20 h 30. La on entend encor pa mal..; merci c’est vraiment important. » Et à 20 h 28, lorsque Sylvain est reparti : « Merci bcp c t parfait. Tu peux remettre légèrement plus fort… mais pas trop ! Bonne soirée. »
L’huissier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Les JO d’hiver de Pyeongchang, marqués par un léger rapprochement entre les deux Corées, confirment une fois de plus la place prédominante de ces grandes compétitions sportives dans les relations internationales.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/02/2018
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Jeux olympiques : la politique entre en piste

Les JO d’hiver de Pyeongchang, marqués par un léger rapprochement entre les deux Corées, confirment une fois de plus la place prédominante de ces grandes compétitions sportives dans les relations internationales.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 11h23
   





                        



                                


                            

La participation d’une équipe nord-coréenne aux Jeux olympiques (JO) d’hiver de Pyeongchang est, selon le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, « un grand pas en avant pour l’esprit olympique ».
Mais cet esprit olympique, quel est-il ? Apolitique, comme l’aurait souhaité son initiateur, Pierre de Coubertin ? Ou tout le contraire, comme ce geste de réconciliation entre les deux Corées ? En réalité, l’apolitisme du mouvement olympique n’a existé que dans l’esprit de ses fondateurs – et encore – et dans celui de gardiens du temple plus enclins à défendre l’ordre établi qu’une pureté du sport irréaliste.

La participation de la Corée du Nord aux épreuves organisées au Sud n’est d’ailleurs pas une première : les deux équipes ont déjà défilé ensemble aux JO d’été de 2000 à Sydney et à ceux de 2004 à Athènes, lors de la période connue sous le nom de « politique du rayon de soleil ».
Dès le lancement des JO modernes, à la fin du XIXe siècle, le baron Pierre de Coubertin leur assigne un rôle politique, puisqu’il voit le sport comme un chemin supérieur vers la paix mondiale : « Exportons des rameurs, des coureurs, des escrimeurs : voilà le libre-échange de l’avenir, et le jour où il sera introduit dans les mœurs de la vieille Europe, la cause de la paix aura reçu un nouvel et puissant appui », lance-t-il, en 1894, à une poignée d’aristocrates réunis à Paris pour relancer l’idéal olympique antique.
Représailles diplomatiques
Le message n’est pas forcément reçu de la même manière par tout le monde. Envoyé spécial de La Gazette de France aux Jeux d’Athènes en 1896, l’essayiste d’extrême droite Charles Maurras, qui avait d’abord rejeté le « cosmopolitisme » du projet, finit par y trouver son compte : « Les modernes olympiades auront l’avantage de montrer aux peuples latins le nombre, la puissance, l’influence, les prétentions insolentes, les ridicules de ces hardis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Au XVIIe siècle, la résistance farouche des insulaires pour la défense de leur république autonome suscitait l’admiration des élites éclairées. Cette période, méconnue sur le continent, fait vibrer dans l’île la fibre patriotique, explique l’historien Antoine Lilti.
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Quand la Corse étonnait l’Europe

Au XVIIe siècle, la résistance farouche des insulaires pour la défense de leur république autonome suscitait l’admiration des élites éclairées. Cette période, méconnue sur le continent, fait vibrer dans l’île la fibre patriotique, explique l’historien Antoine Lilti.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 12h14
    |

Antoine Lilti (Historien)







                        



                                


                            

Résonance. Les nationalistes corses ont remporté une large victoire aux élections territoriales de décembre 2017, suscitant l’enthousiasme des uns, l’inquiétude des autres. Doit-on craindre de nouveaux débats sans fin sur l’existence d’un « peuple corse » ou redouter le spectre des années de violence, symbolisées par l’assassinat du préfet Erignac, dont on a célébré cette semaine le vingtième anniversaire ?
Pourtant, c’est un passé plus ancien qu’invoque continûment Jean-Guy Talamoni, le président de l’Assemblée. Il y a deux ans, il inaugurait son premier mandat en prêtant serment sur un livre publié en 1758, Justification de la révolution de Corse, de Don Gregorio Salvini. Cette année, il a choisi la Constitution de 1755.
Ces hommages aux révolutions corses du XVIIIe siècle sont, sur l’île, des références obligées qui font immanquablement vibrer la fibre patriotique. A l’inverse, ils ne suscitent sur le continent qu’une indifférence polie et vaguement étonnée, proportionnelle à notre ignorance. Que savons-nous de la Constitution corse de 1755 ?
On se souvient en général que la Corse fut cédée par ­Gênes à la France lors du traité de Versailles de 1768, un an avant la naissance d’un certain Napoléon Bonaparte. Mais on oublie que le rattachement au royaume passe par une campagne militaire difficile et que la résistance farouche des Corses suscita l’admiration étonnée de l’Europe éclairée.
Les insulaires n’en étaient pas à leur coup d’essai. Depuis 1729, ils avaient lutté avec succès contre les Génois et leurs alliés français. En 1755, ils avaient acquis un véritable contrôle de l’île, à l’exception des villes littorales, élu Pascal Paoli comme général de la nation et adopté cette fameuse Constitution. Pendant presque quinze ans, une république autonome s’organisa, se dotant de nombreux éléments de souveraineté et même d’une université.
La nation comme projet
Cette république corse tenant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Xavier Hollandts, Thomas Lagoarde-Segot, Bernard Paranque et Christophe Revelli, professeurs en école de gestion, proposent dans une tribune au « Monde » que le « Pacte » proposé par le gouvernement soit l’occasion de mettre l’entreprise au service de la société.
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« Il faut ôter aux actionnaires la responsabilité de la conduite du pacte social »

Xavier Hollandts, Thomas Lagoarde-Segot, Bernard Paranque et Christophe Revelli, professeurs en école de gestion, proposent dans une tribune au « Monde » que le « Pacte » proposé par le gouvernement soit l’occasion de mettre l’entreprise au service de la société.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 20h00
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                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. A travers son Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte), le gouvernement affiche sa volonté de favoriser la croissance des entreprises tout en repensant leur place dans la société. Mais dans le même temps, les gestes en faveur du monde de la finance conventionnelle se sont multipliés depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République : exonération des actifs financiers de l’impôt sur la fortune, introduction d’une « flat tax » des revenus des placements financiers, suppression de la taxe sur les salaires dans la finance, flexibilisation accrue du travail…

Deux croyances semblent donc toujours guider l’action publique : premièrement, le développement du secteur financier serait toujours bénéfique. Deuxièmement, les marchés financiers seraient naturellement en mesure d’allouer l’épargne vers les projets les plus utiles socialement.
Les écarts de rémunération s’envolent
Ces deux croyances sont erronées. Plus encore, elles sont incompatibles avec l’évolution de la gouvernance d’entreprise prônée par le gouvernement.
Depuis trente ans, l’hypertrophie du secteur financier génère partout dans le monde des crises économiques et sociales de plus en plus fréquentes et sévères. Le surinvestissement dans le secteur financier est une cause reconnue du ralentissement des gains de productivité dans les pays développés.
Les grandes entreprises utilisent toujours plus leur capacité d’autofinancement non pas pour investir, mais pour rémunérer leurs actionnaires (les distributions de dividendes atteignent chaque année de nouveaux records), racheter leurs propres actions sur les marchés afin d’en soutenir le cours, ou monter des opérations de fusions et acquisitions.
Les dirigeants profitent largement de cette financiarisation croissante puisque les écarts de rémunération s’envolent alors que la propriété internationale du capital n’a jamais été...




                        

                        


<article-nb="2018/02/09/19-14">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Le projet de loi interdisant d’attribuer « à l’Etat ou à la nation polonaise » des crimes nazis est, pour le chercheur Jan Tomasz Gross, une étape supplémentaire dans un combat pour museler les historiens.
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La Pologne est-elle malade de son histoire ?

Le projet de loi interdisant d’attribuer « à l’Etat ou à la nation polonaise » des crimes nazis est, pour le chercheur Jan Tomasz Gross, une étape supplémentaire dans un combat pour museler les historiens.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 18h25
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                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            
Sociologue et historien polonais et américain, Jan Tomasz Gross est spécialiste de la seconde guerre mondiale et de la Shoah. Il est notamment l’auteur de Moisson d’or. Le pillage des biens juifs (coédition Mémorial de la Shoah/Calmann-Lévy, 2014).
Pourquoi le Sénat polonais a-t-il voté une loi punissant par des amendes ou des peines de prison ceux qui attribuent « à la nation ou à l’Etat » des crimes commis par les nazis en Pologne occupée ?
Cette loi, portée par le parti nationaliste Droit et justice, majoritaire à la Diète et au Sénat, part, selon moi, d’une pulsion antisémite. Le fait que des dirigeants politiques israéliens aient formulé des protestations, lorsque la Diète a voté dans un premier temps la loi, a encouragé la majorité des sénateurs polonais à approuver ce texte pour montrer à l’opinion polonaise qu’ils ne céderaient pas devant la demande des juifs.
Pour Droit et justice, il est impératif que la Pologne, trop longtemps à genoux, se lève et se tienne debout face aux puissances étrangères, à l’Allemagne, à l’Union européenne et « aux juifs ». Ce discours nationaliste radical est exclusif. Il s’agit de clamer haut et fort : « La Pologne d’abord. » Naturellement, le fait que beaucoup de chercheurs polonais aient fait des découvertes majeures, au cours des vingt dernières années, sur la complicité de nombreux Polonais dans la persécution des juifs durant la seconde guerre mondiale est tout à fait insupportable pour ce parti.

Celui-ci ne veut pas entendre parler de ces travaux qui s’attaquent au mythe d’une Pologne éternelle victime, meurtrie par les conflits depuis le XIXe siècle et trahie par les Alliés pendant la seconde guerre mondiale. Les fondateurs de Droit et justice, les frères Jaroslaw Kaczynski et Lech Kaczynski, militants anticommunistes engagés aux côtés de Solidarnosc, veulent se présenter comme les seuls héros de l’histoire polonaise.
Depuis sa création...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ L’ambition de ce recueil n’est pas de commenter les nouvelles règles du jeu introduites par la loi El Khomri puis par les ordonnances Macron, mais de reprendre les débats qui accompagnent les transformations du marché du travail en cours.
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« Trois heures de travail par jour suffiront », disait-il

L’ambition de ce recueil n’est pas de commenter les nouvelles règles du jeu introduites par la loi El Khomri puis par les ordonnances Macron, mais de reprendre les débats qui accompagnent les transformations du marché du travail en cours.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 15h44
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            

Le livre. « Trois heures de travail par jour suffiront encore amplement à satisfaire en nous le vieil Adam », écrivait John Maynard Keynes en 1931. En 2014, l’économiste Jeremy Rifkin estimait quant à lui que « l’idéal serait de travailler cinq à six heures par jours ». Pourquoi travaillons-nous ? A quoi ressemblera le travail de demain ? En quoi le chômage est-il un problème ? Vastes questions abordées par le dernier volume des 1ndispensables publié le 11 janvier.
Depuis deux ans la collection « les 1ndispensables » de l’éditeur Philippe Rey se penche sur les thèmes qui font l’actualité, de Daech au rôle du président de la République en passant par l’éducation nationale. En écho à la réforme du code du travail, c’est le sujet « travail » qui s’est imposé en ce début d’année 2018, sous un titre emprunté aux sociologues Dominique Méda et Patricia Vendramin : « Réinventer le travail ».
L’ambition de ce recueil, réalisé sous la direction d’Eric Fottorino, « n’est pas de commenter les nouvelles règles du jeu » introduites par la loi El Khomri puis par les ordonnances Macron, précise dans son introduction l’ancien directeur du Monde et fondateur de l’hebdomadaire Le 1. Les changements finalement adoptés le 22 septembre 2017 par les ordonnances Macron relatives à la réforme du code du travail sont d’ailleurs absents de l’ouvrage.
Se méfier des idées reçues
Mais en une vingtaine de textes, « les 1ndispensables » reprennent les débats qui accompagnent les transformations du marché du travail en cours : la fragmentation du travail, l’avenir du salariat, la fin du CDI, l’envolée des recrutements en contrats courts, l’essor du coworking, la simplification du code du travail, le temps de travail.

Se replonger dans les propos tenus en 2016 par les économistes Eloi Laurent et Daniel Cohen rappelle ainsi quelques fondamentaux sur le chômage : « Comprendre...




                        

                        


<article-nb="2018/02/09/19-16">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Question de droit social. La Cour de cassation exige une durée et un périmètre raisonnables aux clauses de cet « après-contrat » qui pouvaient provoquer pour l’ancien salarié une longue période de chômage.
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Les aléas de la clause de non-concurrence

Question de droit social. La Cour de cassation exige une durée et un périmètre raisonnables aux clauses de cet « après-contrat » qui pouvaient provoquer pour l’ancien salarié une longue période de chômage.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 15h00
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                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            
Pour fidéliser les meilleurs collaborateurs en leur fermant le marché sur lequel ils ont le plus de chances de se reclasser à un meilleur prix, certains contrats de travail contiennent une clause de non-concurrence à l’exceptionnelle particularité : elle n’est pratiquement effective qu’à la mort du contrat qui l’a fait naître. Elle ne vise donc que l’après-contrat, alors qu’au nom de la loyauté contractuelle, une obligation de non-concurrence s’impose naturellement au salarié pendant toute l’exécution de celui-ci : sous peine de licenciement pour faute, on ne peut être à la fois collaborateur et concurrent. La simple création à l’insu de son employeur d’une entreprise directement concurrente, même en l’absence d’actes de concurrence déloyale ou de détournement de clientèle, constitue même une faute grave (Cass. Soc. 30 novembre 2017).
Choquée par certaines de ces clauses de non-concurrence (par exemple, quatre ans pour un laveur de vitres) qui provoquent parfois une longue période de chômage, la Cour de cassation a reviré le 10 juillet 2002. Au visa du « principe fondamental de libre exercice d’une activité professionnelle » (pas seulement salariale), elle exige une durée et un périmètre raisonnables, et, sous peine de nullité, l’obligation pour l’employeur de verser au salarié une contrepartie financière pendant toute la durée de l’interdiction, ce qui a réduit de façon drastique le nombre de ces clauses.
« Clause de respect de la clientèle »
Des entreprises ont alors cherché à contourner l’obstacle en leur donnant une autre dénomination : « clause de respect de la clientèle », interdisant à une assistante juridique, par exemple, d’« exercer directement ou indirectement une activité d’assistance juridique pendant trente-six mois suivant la cessation de ses fonctions » dans l’arrêt du 18 janvier 2018. La dénomination a été requalifiée en clause de non-concurrence, avec versement de la contrepartie financière prévue par la convention...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Un collectif de femmes dénonce, dans une tribune au « Monde », le manque de moyens concrets prévus par le gouvernement pour répondre aux attentes et besoins révélés par le mouvement #Metoo.
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« Montrer une véritable détermination politique à éradiquer les violences faites aux femmes »

Un collectif de femmes dénonce, dans une tribune au « Monde », le manque de moyens concrets prévus par le gouvernement pour répondre aux attentes et besoins révélés par le mouvement #Metoo.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 15h00
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Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Le travail des associations féministes qui reçoivent les femmes victimes de violence, les écoutent, les hébergent, les accompagnent, expriment des revendications, participent à l’élaboration de propositions de loi et en rédigent même, luttent et manifestent, rejointes par des élus, trouve enfin un large écho.
Ces missions de service public, faute d’être prises en charge par l’Etat, sont ainsi assumées par des associations, sans moyens suffisants, sans réelle reconnaissance, et dont l’existence est parfois menacée.
La révolte #MeToo révèle l’ampleur du phénomène. La parole des victimes parvient enfin à être entendue. Nous ne voulons plus que les femmes victimes vivent bâillonnées avec la maladie et la mort au bout du silence. Une vague de fond déferle malgré les tentatives des thuriféraires de l’ordre ancien. Les historiens nous disent que l’accusation de puritanisme, d’entrave à la libre sexualité, de victimisation des femmes est un classique de l’antiféminisme depuis le XIXe siècle !

Le potentiel émancipateur est là, cinquante ans après mai-68. Une grande révolte politique, au sens noble du terme, peut permettre une accélération considérable dans la conquête des droits des femmes.
Instaurer une norme symbolique référentielle
Il est urgent d’apporter une réponse adaptée en matière de politiques publiques, au niveau national comme dans les collectivités, par l’application des lois existantes et par la rédaction de nouvelles lois, en y mettant les moyens nécessaires.
Comme dans bien d’autres domaines légiférer permet d’instaurer une norme symbolique référentielle qui contribuera à faire changer les mentalités.
Quel bilan tirons-nous aujourd’hui ?
L’application des lois est-elle défaillante ? Oui, puisque nombre de plaintes pour violences conjugales sont encore transformées en main courante. Oui, puisque le crime de viol est encore très souvent jugé comme un délit en correctionnelle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans sa chronique, l’économiste Pierre-Yves Gomez revient sur l’étape versaillaise proposée, sur le chemin de Davos, par Emmanuel Macron à ces cent quarante patrons du monde entier, décideurs qui comptent vraiment.
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A Versailles, l’hommage aux « décideurs qui comptent vraiment » de l’économie mondiale

Dans sa chronique, l’économiste Pierre-Yves Gomez revient sur l’étape versaillaise proposée, sur le chemin de Davos, par Emmanuel Macron à ces cent quarante patrons du monde entier, décideurs qui comptent vraiment.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 15h26
    |

                            Pierre-Yves Gomez (Professeur à l'EM Lyon)








                        



                                


                            
Entreprises. Dans son grand essai sur le processus de civilisation, L’Essor de l’Occident (1969), le sociologue allemand Norbert Elias (1897-1990) a montré que l’accumulation et la concentration monopolistique des ressources sont une loi constante des sociétés. Elle élimine la concurrence entre détenteurs de pouvoir locaux jusqu’à l’apparition de grands féodaux, eux-mêmes dépassés finalement par un des leurs qui établit un pouvoir dominant et bureaucratique en centralisant les ressources et les budgets.
A cette loi de concentration fait pendant une loi de désagrégation sociale, au terme de laquelle le pouvoir central décline et se dissout en d’innombrables pouvoirs locaux en concurrence les uns avec les autres, jusqu’à ce qu’émergent de nouvelles concentrations, des féodalités et finalement un nouveau cycle de concentration.
Norbert Elias examine en particulier la dynamique historique qui a fait naître la féodalité française à partir du XIe siècle et la compétition guerrière entre nobles instaurant le pouvoir des grands féodaux qui se partageaient la puissance et les ressources jusqu’à ce que l’un d’eux, le roi de France, par la force et par l’habileté, prenne l’ascendant et fonde l’Etat national.
« La société de cour »
C’est Louis XIV qui acheva cette concentration, Roi-Soleil autour duquel tous les « grands » devaient désormais graviter dans ce qu’Elias appelle « la société de cour ». En 1682, son centre physique fut établi au château de Versailles, ­destiné à mettre en scène la puissance organisée autour d’un roi qui pouvait dire : « L’Etat, c’est moi », et aux grands seigneurs : « Vos sujets sont mes sujets. »

Lorsque, trois siècles plus tard, le 22 janvier 2018, Emmanuel Macron ­invite à Versailles cent quarante patrons du monde entier pour un déjeuner avec son gouvernement, le rapport de force s’est inversé. Ces nouveaux « grands » dirigent les entreprises les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans sa chronique mensuelle, Corine Lesnes, correspondante du « Monde » à San Francisco, explique qu’un vent nouveau souffle sur ce haut lieu de la technologie californienne où l’époque est à l’autocritique.
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« Le temps presque “retrouvé” de la Silicon Valley »

Dans sa chronique mensuelle, Corine Lesnes, correspondante du « Monde » à San Francisco, explique qu’un vent nouveau souffle sur ce haut lieu de la technologie californienne où l’époque est à l’autocritique.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 14h00
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            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        



                                


                            
Transformations. Même les experts de Silicon Valley Speak qui analysent le jargon des « techies » ne l’ont pas vu venir. Tout va tellement vite dans l’univers des technologies… Le langage lui-même est bousculé. Il n’est qu’à écouter certains des magiciens du logiciel. Ils parlent si vite que leurs (bons) mots entrent dans le ­dictionnaire à vitesse accélérée. Selon Merriam-Webster, la bible de l’anglais américain, il a fallu trente ans pour ­intégrer le mot « télévision ». Pour « blog », apparu en 1999, cinq ont suffi.
Silicon Valley Speak est le nom d’un site créé par Rochelle Kopp, spécialiste du Japon, et son mari, Steven Ganz, ­informaticien. En 2016, le couple a ­publié un livre (Valley Speak, Genetius Publishing) à l’attention des nouveaux venus dans la baie de San Francisco. Il y décrypte les néologismes qui vont de pair avec la philosophie locale de destruction créative, la « disruption », mot qui a fait le tour du monde depuis son apparition dans un article en 1995.
Pour propager la bonne parole, certaines start-up ont même un « évangéliste en chef »
La Silicon Valley aime tout ce qui est nouveau, expliquent les auteurs. Elle aime aussi à inventer de nouveaux termes. Pour les nouvelles idées, bien sûr, mais aussi pour les anciennes, qu’elle reconditionne dans « un nouvel emballage ». Le jargon est un mélange d’agrégations : « Ten-eks », par exemple, ou « 10 X », pour décrire un ­employé qui fait le travail de dix programmeurs. Et d’habillage marketing. L’échec (failure) est une bénédiction (fail fast, « échouer rapidement », ­encore mieux). L’entreprise est un univers harmonieux où le directeur ou la directrice des ressources humaines (l’ex-chef du personnel) est rebaptisé chief happiness officer, « cadre chargé du bonheur ». Pour propager la bonne parole, certaines start-up ont même un « évangéliste en chef ».
Evolution des mentalités
Le jargon est parfois irritant....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », trois chercheurs estiment que faute de corriger le rapport de force au sein de la chaîne de distribution, la réforme du SRP profitera principalement aux industriels et aux distributeurs.
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« Relever le seuil de revente à perte est une fausse bonne idée »

Dans une tribune au « Monde », trois chercheurs estiment que faute de corriger le rapport de force au sein de la chaîne de distribution, la réforme du SRP profitera principalement aux industriels et aux distributeurs.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 15h19
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                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Relever le seuil de revente à perte (SRP) des distributeurs de 10 %, comme le propose le nouveau projet de loi à la suite des Etats généraux de l’alimentation, ne permettra pas d’atteindre l’objectif affiché d’améliorer le revenu des agriculteurs. En revanche, on peut en attendre une hausse des prix de détail qui nuira aux consommateurs et profitera aux distributeurs et industriels les plus puissants. Cette réforme est une fausse bonne idée dont on comprend d’autant mieux l’attrait politique qu’elle a le don d’accorder industriels et distributeurs sur le dos des consommateurs.
Les torts causés par les mauvaises définitions du SRP adoptées par le passé ont été largement analysés et évalués
Concrètement, relever le SRP de 10 %, c’est imposer aux distributeurs de fixer le prix de détail de chaque produit au moins 10 % au-dessus de son prix d’achat effectif au fournisseur. Cette mesure les place face au choix suivant : soit, ils augmentent le prix de détail, quitte à mécontenter les consommateurs et à voir la demande pour le produit concerné diminuer, soit ils cherchent à faire baisser leur prix d’achat pour limiter l’augmentation des prix de détail. La seconde option renforce la pression exercée sur les fournisseurs les moins puissants de la filière, c’est-à-dire les agriculteurs, que cette mesure n’empêchera en rien de vendre leur production à perte.
Les torts causés par les mauvaises définitions du SRP adoptées par le passé ont été largement analysés et évalués. En 1996, la loi Galland a fixé le SRP d’un produit au prix unitaire d’achat sur facture, à l’exclusion des rabais fixes accordés par les producteurs aux distributeurs (les « marges arrière »). Pendant une dizaine d’années, cette définition a engendré une mécanique de prix très inflationniste. Ce seuil artificiellement élevé était d’autant plus dangereux qu’il devait être non différencié : chaque distributeur était alors assuré que ses rivaux auraient le même...




                        

                        

