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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Cécile Boutelet, correspondante du « Monde » à Berlin, a répondu à vos questions sur les récentes revendications salariales des syndicats allemands.
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En Allemagne, « les syndicats sont en position de force pour négocier des hausses de salaires »

Cécile Boutelet, correspondante du « Monde » à Berlin, a répondu à vos questions sur les récentes revendications salariales des syndicats allemands.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 17h06
   





                        


Après une épreuve de force qui aura duré plusieurs jours, le puissant syndicat de la métallurgie, IG Metall, a obtenu mercredi 7 février une hausse des salaires de 4,3 % ainsi que le droit pour les salariés qui le souhaitent de réduire leur semaine de travail à 28 heures. Encouragés par la victoire d’IG Metall, les syndicats des services et du public réclament à leur tour de 6 % à 11 % d’augmentation. Dans un tchat avec les internautes du Monde.fr, notre correspondante à Berlin, Cécile Boutelet, a répondu à vos questions sur ces revendications salariales.

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John : Quel événement est à l’origine des tensions salariales en Allemagne ? Y a-t-il eu un élément déclencheur particulier ?
Non, il s’agit simplement de la fin de la période de validité des conventions collectives. En Allemagne, dans les secteurs organisés, patronat et syndicat négocient des hausses de salaire et des améliorations des conditions de travail sur une période donnée. Pendant cette période, c’est la paix sociale qui prévaut, il n’y a pas de grève. A la fin de la période, on négocie une nouvelle convention collective.
En cas de difficulté à se faire entendre, les syndicats peuvent recourir à la grève. Cela a été le cas dans l’industrie cette fois-ci. Mais les grèves n’ont duré en fait que trois jours. Il y a eu auparavant quelques cessations de travail, de quelques heures. Le modèle allemand, c’est une convention qui vaut pour toute une branche, négociée par un seul syndicat. Dans le cas de l’industrie, IG Metall négocie pour 3,9 millions de salariés de la branche métal et électronique (Daimler, Siemens, Bosch, etc.)
Pierre : Dans quelle mesure les difficultés politiques d’Angela Merkel à former une coalition pèsent-elles sur les négociations, notamment sur la fonction publique ?
Dans le privé, les déboires de la coalition ne jouent aucun rôle. Le dialogue social en Allemagne est fortement organisé et les partenaires sociaux tiennent beaucoup à leur indépendance. C’est ce qui explique pourquoi l’Allemagne a mis tant de temps à se doter du salaire minimal inscrit dans la loi depuis 2015 (il est actuellement de 8,84 euros de l’heure).
Dans la fonction publique, les problèmes viendront plutôt des collectivités territoriales (Länder, communes), sur lesquelles le gouvernement n’a pas d’influence. Dans nombre de ces collectivités, les caisses sont pleines, car les rentrées fiscales abondent et elles ont beaucoup réduit leurs coûts ces dernières années. L’excédent budgétaire des communes était d’environ 10 milliards l’an dernier. Mais il y a de grosses différences entre les régions.
Mona : Pouvez-vous nous détailler comment fonctionnera l’accord sur les 28 heures voté chez IG Metall ?
Si vous êtes salarié d’une entreprise du secteur métal ou électronique, vous pouvez demander une réduction de votre semaine de travail jusqu’à 28 heures, sur une durée de deux ans. A l’issue de cette période, vous avez le droit de revenir à temps plein. Si vous êtes parent d’un enfant de moins de 14 ans ou que vous vous occupez d’un parent dépendant, vous bénéficiez d’une compensation, sous forme d’une augmentation du temps libre. Attention : il s’agit d’un droit et non d’une réduction générale et obligatoire de la semaine de travail. Celle-ci reste à 40 heures en général et à 35 heures dans l’industrie (38 heures dans l’industrie à l’Est).
Bruno : Existe-t-il un seul syndicat dans l’industrie allemande, IG Metall, ou y a-t-il aussi des « petits syndicats » qui ne sont jamais mentionnés ?
En Allemagne, la tradition de la codécision veut que le syndicat majoritaire négocie une seule convention collective pour une seule branche. Dans l’industrie, IG Metall est ultra-dominant, avec 2,2 millions de membres. Chez Volkswagen, plus de 90 % des salariés sont membres d’IG Metall. Dans d’autres secteurs, il peut y avoir deux syndicats qui se font concurrence, comme à la Deutsche Bahn, par exemple. Un petit syndicat joue la surenchère pour obtenir davantage, ce qui, par le passé, a entrainé des grèves longues. C’est légal, même si cela tend à être combattu par les responsables politiques, les grands syndicats et les entreprises elles-mêmes, qui n’ont pas intérêt à ces conflits sociaux.
Hans : Les salariés sont-ils les vrais gagnants de l’accord décroché par IG Metall ?
Non, l’accord est équilibré. Les entreprises ont accordé une hausse de salaire importante, mais la plupart d’entre elles vont pouvoir l’encaisser sans problème au vu de la bonne conjoncture dans l’industrie. Les carnets de commandes sont pleins. Et surtout, le chômage est faible. Dans certaines régions, il est à 3 % ou 4 %. Les entreprises peinent à trouver du personnel qualifié. Les syndicats sont donc en position de force pour négocier des hausses de salaires. Malgré tout, la hausse des salaires réels est restée limitée ces dernières années : + 0,8 % l’an dernier (hausse de 2,5 % sur la fiche de paye, mais hausse des prix de 1,7 %). Donc, la hausse du pouvoir d’achat est encore timide.
Les entreprises ont aussi obtenu du syndicat une augmentation de la flexibilité du temps de travail. Elles ne pouvaient jusqu’ici déroger à la durée légale que dans certaines circonstances, et dans une limite claire : seuls 18 % des salariés d’une même entreprise étaient autorisés à travailler plus de 35 heures. Aujourd’hui, le système est plus souple. Les salariés peuvent demander à baisser leur temps de travail jusqu’à 28 heures. En contrepartie, les employeurs peuvent proposer à certains employés de travailler davantage, jusqu’à 40 heures. La négociation se fait au sein de l’entreprise, sans que le syndicat soit nécessairement impliqué.
Virginie : Y a-t-il vraiment plus de petits boulots mal payés (les fameux « jobs à 1 euro ») en Allemagne qu’en France ? Si oui, pour quelle raison ?
Il faut faire la différence entre les petits boulots mal payés et les « jobs à 1 euro ». On ne parle pas forcément de la même réalité. Le secteur des bas salaires reste important en Allemagne : il correspond à environ 20 % du total des emplois. Ils se retrouvent surtout dans les services, où les entreprises sont petites et où les salariés ne sont pas organisés. Dans ces secteurs, le modèle du dialogue social traditionnel ne fonctionne plus, c’est la raison pour laquelle le pays s’est doté du salaire minimal. Les « jobs à 1 euro » sont une mesure destinée à remettre les chômeurs de longue durée au travail. Ces derniers bénéficient des allocations-chômage et ils peuvent se voir proposer ce genre de contrat, limités dans le temps et en nombre d’heures de travail par semaine.
Rebset : Ces revendications salariales peuvent-elles avoir un impact positif sur la compétitivité française en Europe ?
Oui, dans une certaine mesure. Les salaires devraient augmenter nettement en Allemagne dans les prochains mois, ce qui va forcément avoir un impact sur les coûts des produits « made in Germany ». Mais il faut bien garder en tête que la compétitivité allemande n’est que partiellement une compétitivité liée aux prix. Elle se caractérise surtout par des produits d’équipement, de niche, où la qualité compte plus que le prix. Si vous êtes une industrie agroalimentaire, par exemple, vous avez besoin d’une machine pour emballer vos produits. Vous êtes prêt à la payer très cher, car tout défaut ou panne peut paralyser votre production. C’est sur ce genre de produit – les machines situées en amont de la production – que les Allemands sont les plus compétitifs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Alors que les revendications salariales se multiplient outre-Rhin, créant des tensions dans divers secteurs, Cécile Boutelet, correspondante du « Monde » à Berlin, vous répond.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le chef du Parti social-démocrate allemand était très critiqué par la base de son parti. Il avait en effet juré qu’il ne serait jamais ministre sous un gouvernement d’Angela Merkel.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Allemagne : Martin Schulz renonce au ministère des affaires étrangères

Le chef du Parti social-démocrate allemand était très critiqué par la base de son parti. Il avait en effet juré qu’il ne serait jamais ministre sous un gouvernement d’Angela Merkel.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 14h38
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 15h43
   





                        



   


Le chef du Parti social-démocrate allemand (SPD), Martin Schulz, a annoncé, vendredi 9 février, renoncer à devenir ministre des affaires étrangères dans le prochain gouvernement d’Angela Merkel.
Dans un communiqué, il a expliqué les raisons de son renoncement :
« Je déclare par la présente renoncer à mon entrée au gouvernement. Les débats autour de ma personne menacent le succès du vote. Je déclare donc par la présente renoncer à mon entrée au gouvernement. »

Ich verzichte auf den Eintritt in die Bundesregierung und hoffe, dass damit die Personaldebatten innerhalb der SPD… https://t.co/WsxnxZKNUv— MartinSchulz (@Martin Schulz)


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M. Schulz était très critiqué au sein du SPD pour avoir revendiqué ce poste dans le cadre de l’accord de coalition annoncé mercredi avec les chrétiens-démocrates (CDU) de la chancelière, car il avait juré ne jamais être ministre de Mme Merkel.
Or cette coalition doit encore obtenir le blanc-seing des militants sociaux-démocrates au cours d’un référendum interne dont le résultat est attendu le 4 mars. Un résultat positif étant loin d’être acquis, M. Schulz a expliqué qu’il se retirait pour éviter de galvaniser les opposants.
Critiques de son prédécesseur
Le chef du SPD, qui avait déjà conduit son parti à son plus-bas historique aux élections de septembre, a été vertement attaqué jeudi soir par son prédécesseur à la tête du parti et actuel ministre des affaires étrangères, Sigmar Gabriel.
« Ce qui reste, c’est seulement le regret [de voir] à quel point chez nous au SPD on agit avec peu de respect les uns envers les autres et de voir que la parole donnée compte si peu », a jugé Sigmar Gabriel dans les colonnes du groupe de journaux régionaux Funke.
Le quatrième gouvernement d’Angela Merkel est critiqué de toute part, alors qu’il n’a même pas pris ses fonctions. Nombre de conservateurs reprochent à la chancelière d’avoir fait trop de concessions au SPD pour conserver son poste.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le premier jour du carnaval, le 4 février, les organisateurs ont instauré un « numerus clausus » de 20 000 personnes sur la place Saint-Marc.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                
                                    

Venise canalise la foule


                      Le premier jour du carnaval, le 4 février, les organisateurs ont instauré un « numerus clausus » de 20 000 personnes sur la place Saint-Marc.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 14h37
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








   


Sept cents personnes supplémentaires pour assurer le maintien de l’ordre aux abords de la place Saint-Marc, des militaires sur les toits, des communiqués martiaux dans les jours précédant l’événement… L’affaire avait été préparée comme une opération militaire. Et finalement, à la surprise générale, les choses se sont passées comme à la parade.
Dimanche 4 février, à 11 heures du matin, Elisa Constantini, 19 ans, désignée en 2017 parmi douze jeunes Vénitiennes comme la « Marie » du carnaval 2017, s’est élancée dans le vide depuis le campanile de la basilique, attachée à un filin. La lumière étant plutôt claire, la jeune femme a pu discerner au loin, vers le nord, les maisons colorées de l’île de Burano, où elle a grandi. Puis, sous un tonnerre d’acclamations, elle s’est posée doucement sur la scène installée au beau milieu de la place Saint-Marc. Les dix jours de festivités pouvaient commencer. Le « vol de l’Ange », premier temps fort du carnaval de Venise, s’est déroulé sans accroc. Mais si les organisateurs ont poussé un soupir de soulagement, à la mi-journée, c’est pour une tout autre raison.

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En effet, comme chaque année, l’ouverture du carnaval a été l’occasion d’un déferlement de touristes venus du monde entier. Mais cette fois, pour contenir la foule, les organisateurs ont tenté une expérience inédite : l’instauration d’un « numerus clausus » de 20 000 personnes sur la place. Et si la démonstration des forces de l’ordre, d’une ampleur inédite, était avant tout destinée à prévenir le risque d’attentats, elle visait aussi à faire respecter cette mesure. Pour rendre plus difficile l’arrivée à temps des touristes n’ayant pas dormi sur place, le « vol de l’Ange » a été avancé de quelques heures, tandis qu’à tous les points d’entrée de la place, dès le petit matin, des stewards munis de tablettes ont été postés pour calculer en temps réel l’affluence, et stopper les entrées une fois atteint le chiffre fatidique.
30 millions de visiteurs en 2017
Une expérience similaire avait été tentée une semaine plus tôt le long du canal de Canareggio, théâtre d’un défilé qui marque traditionnellement l’ouverture du « vrai » carnaval, celui des Vénitiens. Elle avait fait craindre le pire, tournant très vite au fiasco. Mais il est bien plus facile de contrôler le trafic sur une place close que le long d’un canal, de même qu’on canalise plus aisément le trafic d’une foule perdue dans la ville que celui d’habitants qui en connaissent tous les secrets…

   


Avec près de 30 millions de visiteurs en 2017, Venise est soumise à une pression grandissante. La circulation embouteille complètement les rues et nourrit la colère des résidents. La situation va s’empirant, au point de pousser nombre d’habitants à quitter un centre historique congestionné et hors de prix pour rejoindre les quartiers situés sur la terre ferme. Mais comment réguler le tourisme de masse alors qu’il est devenu la principale ressource de la ville ? L’équation est presque insoluble. Ces derniers mois, plusieurs pistes ont été ébauchées par la mairie : instaurer un système de réservation pour accéder aux lieux les plus courus du centre-ville, limiter les accès aux gares terrestres et maritimes, créer un nouveau parcours pour les navires de croisière… Le « numerus clausus » instauré dimanche en est la première expérimentation concrète.

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Cela n’a pas, du reste, empêché l’afflux de visiteurs. Selon les estimations de la Commune de Venise, plus de 120 000 personnes sont arrivées en ville pour la seule journée du 4 février. Un chiffre à ajouter aux dizaines de milliers de touristes déjà sur place, et à mettre en rapport avec la population de la ville : en 2017, le nombre de résidents est passé sous la barre des 54 000.



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ L’opposition dénonce un complot pour détourner l’attention des difficultés d’Alexis Tsipras.
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édition abonné


En Grèce, plusieurs anciens ministres cités dans une affaire de corruption

L’opposition dénonce un complot pour détourner l’attention des difficultés d’Alexis Tsipras.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 13h53
    |

                            Intérim (Athènes, correspondance)








                        



                                


                            

C’est un grand déballage politique qui commence en Grèce. « Une affaire d’une telle ampleur induit forcément des responsabilités politiques », a lancé, mercredi 7 février, Andréas Xanthos, le ministre grec de la santé. Le scandale de corruption présumée du laboratoire pharmaceutique suisse Novartis en Grèce concernerait dix hommes politiques de premier plan, parmi lesquels deux ex-premiers ministres, dont Antonis Samaras, et le commissaire européen Dimitris Avramopoulos, soupçonnés d’avoir reçu des pots-de-vin afin que l’entreprise écoule ses produits à des prix gonflés. Une commission parlementaire doit se réunir mardi pour examiner le rôle qu’auraient joué ces responsables politiques dans ce système de corruption.
L’enquête Novartis s’est ouverte en décembre 2016 sur les activités d’une société pharmaceutique entre 2006 et 2015, dans un pays tristement célèbre pour ses affaires de corruption, notamment dans le secteur médical. Mais la justice américaine et le FBI, qui enquêtent déjà sur l’entreprise Novartis, sur la sellette aux Etats-Unis et en Chine pour ses pratiques douteuses, recueillent des témoignages sur la filière grecque de Novartis. Les procureurs grecs font alors un voyage aux Etats-Unis et récupèrent des documents précieux. De très nombreux fonctionnaires et médecins grecs sont concernés par l’enquête.
Mais les témoignages de trois ex-cadres de Novartis en Grèce, recueillis anonymement par les juges anticorruption, ont donné à l’enquête une tournure de scandale politico-financier inédit. « Tout le monde savait qu’il existait beaucoup de corruption dans le domaine de la santé en Grèce, que les prix des médicaments étaient surévalués, que les médecins prenaient des dessous-de-table, mais c’est la première fois qu’une enquête de cette ampleur, impliquant des hommes politiques, est ouverte. C’est le signe que la justice ne ferme plus les yeux », a affirmé Andréas Xanthos.
Valise pleine de billets
L’opposition...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ La liste définitive des huit candidats pour le scrutin du 18 mars a été arrêtée. Le principal opposant, Alexeï Navalny, est le grand absent de cette compétition taillée sur mesure pour Vladimir Poutine.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Election présidentielle russe, mode d’emploi

La liste définitive des huit candidats pour le scrutin du 18 mars a été arrêtée. Le principal opposant, Alexeï Navalny, est le grand absent de cette compétition taillée sur mesure pour Vladimir Poutine.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 13h37
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Dimanche 18 mars, 108 968 869 Russes inscrits sur les listes électorales au 1er janvier sont appelés à élire leur président, ainsi que 1 875 408 ressortissants résidant à l’étranger. La date choisie pour cette 7e élection présidentielle en Russie depuis la fin de l’ère soviétique ne doit rien au hasard : modifiée par le Parlement pour des raisons de calendrier, elle correspond à « l’anniversaire » de l’annexion de la Crimée, officiellement proclamée au Kremlin par Vladimir Poutine le 18 mars 2014.
LES ENJEUX DU SCRUTIN
La campagne officielle débutera à la télévision le 19 février pour s’achever deux jours avant le vote, le 16 mars. Sur le terrain, la plupart des candidats sillonnent déjà les régions, mais les enjeux sont faibles. Le second tour, prévu au plus tard trois semaines après le premier, reste théorique : depuis l’accession au pouvoir de Vladimir Poutine il y a dix-huit ans, il n’a jamais été nécessaire. Le seul enjeu, pour l’actuel chef du Kremlin, réside dans le taux de participation, remarquablement stable depuis 2000 avec un peu plus de 64 %. En 2006, cependant, le taux minimal de 50 % de votants, nécessaire pour valider l’élection, a été supprimé.
LES CANDIDATS
Sept hommes et une femme se présentent, selon la liste définitive des candidats arrêtée jeudi 8 février par la Commission nationale électorale. Seuls deux d’entre eux, l’ultranationaliste Vladimir Jirinovski, et Pavel Groudinine pour le Parti communiste, représentés au Parlement, étaient exemptés de la collecte de signatures. Pour les autres candidats, issus d’une formation politique sans élus, 100 000 signatures de concitoyens étaient nécessaires – un seuil abaissé après les grandes manifestations de protestation de l’hiver 2011-2012. Pour les « indépendants », il en faut 300 000. Un seul candidat s’est présenté dans cette catégorie : Vladimir Poutine.
Le président russe est également le seul, à ce jour, à avoir atteint la somme de 400 millions de roubles (55 millions d’euros) de dons, le montant maximum fixé par la loi pour les budgets de campagne.
Grand absent de cette compétition, Alexeï Navalny, 41 ans, pourfendeur de la corruption des élites, a été écarté du scrutin en raison de condamnations pénales qu’il réfute. Le principal opposant du Kremlin, qui a mené pendant des mois campagne sur le terrain, appelle désormais au boycottage de l’élection et à la « grève des électeurs ». Son absence enlève au scrutin le peu de suspens qui restait.
LES PROFILS
Le favori : Vladimir Poutine, 65 ans

   


Désigné comme le successeur de Boris Eltsine en 1999, il a été élu pour la première fois président de la Fédération de Russie le 23 mars 2000, avec 52,9 % des voix, puis en 2004 avec 71,3 % des voix. La Constitution russe limitant le nombre de mandats présidentiels consécutifs à deux, Vladimir Poutine a pris la place de son premier ministre Dmitri Medvedev en 2008 tandis que celui-ci prenait la sienne au Kremlin après avoir été élu avec 70,2 % des voix. Sous sa présidence, la Constitution a été modifiée afin de repousser la durée du mandat de quatre à six ans. En 2012, malgré des manifestations importantes dénonçant des fraudes, Vladimir Poutine a été réélu avec 63,6 % des voix. Il brigue aujourd’hui un 4e mandat.
L’outsider : Pavel Groudinine, 58 ans

   


Pour la première fois, le candidat qui porte les couleurs du Parti communiste n’est… pas encarté. Directeur du sovkhoze Lénine, une exploitation agricole dans la région de Moscou fondée en 1917 et privatisée en 1995, il a créé la surprise en remportant une mini-primaire organisée au sein du PC russe et de quelques formations nationalistes de gauche. Auparavant, ce chef d’entreprise atypique, numéro un de la fraise en Russie, avait participé à la première campagne électorale de Vladimir Poutine en 2000, avant de se retirer totalement du parti au pouvoir, Russie Unie, en 2010. Les experts lui prédisent la deuxième place à l’issue du scrutin.
Le senior : Vladimir Jirinovski, 71 ans

   


Président fondateur depuis 1990 du Parti libéral-démocrate de Russie (LDPR), il défend des idées ultranationalistes, xénophobes et antisémites, à l’opposé du libellé de sa formation. Candidat lors de la première élection présidentielle russe de 1991, où il avait obtenu 8 % des voix, il s’est présenté toutes les fois suivantes, à l’exception de 2004, en obtenant invariablement la cinquième, la troisième ou la quatrième place, sans jamais renoncer. Connu pour ses outrances verbales, Vladimir Jirinovski avait ouvertement sablé le champagne au lendemain de la victoire de Donald Trump à la Maison Blanche.
La benjamine : Ksenia Sobtchak, 36 ans 

   


Fille de l’ancien maire de Saint-Pétersbourg, Anatoli Sobtchak, mentor en politique de Vladimir Poutine, la journaliste se présente comme une opposante résolue à Vladimir Poutine sous l’étiquette « contre tous » – une ligne qui figurait autrefois sur les bulletins de vote pour les électeurs mécontents. Accusée d’être une « marionnette du Kremlin » par ses détracteurs, elle est néanmoins l’une des rares voix, en Russie, à oser évoquer l’annexion de la Crimée comme une « violation du droit international ». Soutenue par de riches donateurs, Ksenia Sobtchak veut incarner un courant libéral « qui n’existe plus en Russie » depuis les années 1990.
L’entêté : Gregori Iavlinski, 65 ans

   


Cet économiste a travaillé avec les réformateurs de la perestroïka. En 1993, il a cofondé le parti démocrate libéral Iabloko, qui attira une partie de l’intelligentsia russe et compta dans ses rangs jusqu’à 16 parlementaires en 2003. Candidat à deux reprises à l’élection présidentielle, en 1996 et en 2000, opposé au retour de Vladimir Poutine en 2012, il avait été écarté de la compétition cette année-là au motif qu’il n’avait pas les deux millions de signatures alors nécessaires. Sous la pression d’une partie de ses adhérents lassés, Gregori Iavlinski a démissionné de la présidence de Iabloko en 2008, sans quitter le parti.
L’entrepreneur : Boris Titov, 57 ans

   


Fondateur du Parti de la croissance (libéral et conservateur), il est aussi délégué aux droits des entrepreneurs auprès du président russe. Sa candidature, il ne s’en cache pas, n’est pas là pour gêner le favori mais pour faire entendre la voix des PME, et promouvoir « l’esprit d’initiative ».
Le rouge-brun : Sergueï Babourine, 59 ans

   


Elu député du peuple au dernier Soviet suprême de Russie, en 1990, il est l’un des sept élus à avoir voté contre la dissolution de l’URSS. Réélu par la suite, vice-président de la Douma en 2004, il préside le parti La Volonté du peuple, aujourd’hui renommé « Union des peuples russes «. En 2003, le chef de file français de l’extrême droite, Jean-Marie Le Pen, s’était rendu à Moscou à son invitation. Sergueï Babourine a soutenu publiquement le Serbe Radovan Karadzic, surnommé le « boucher des Balkans », lors de son procès pour « génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre » dans l’ex-Yougoslavie qui a abouti, en 2016, à sa condamnation à quarante ans d’emprisonnement.
Le cadet : Maxime Souraïkine, 40 ans

   


Président du parti Communistes de Russie, d’obédience marxiste-léniniste, enregistré en 2012, il est le fondateur d’un mouvement de jeunes apparu quelques années plus tôt et présenté comme l’héritier des Komsomols, les jeunesses du Parti communiste en URSS. Il revendique aujourd’hui 50 000 membres pour son parti qui a obtenu 2,3 % des voix lors des élections législatives de 2016. Le portrait de Staline s’affiche sur son site de campagne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Dans la foulée des hausses de salaires obtenues dans l’industrie, les syndicats des services et du secteur public réclament 6 % à 11 % d’augmentation.
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En Allemagne, les fonctionnaires aussi veulent « prendre part à la fête »

Dans la foulée des hausses de salaires obtenues dans l’industrie, les syndicats des services et du secteur public réclament 6 % à 11 % d’augmentation.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 15h16
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Serait-ce le début d’une vague d’augmentation des salaires en Allemagne ? Encouragés par le succès d’IG Metall, qui a obtenu, mercredi, 4,3 % d’augmentation pour 3,9 millions de salariés de l’industrie, les autres syndicats allemands sont sur le pied de guerre.

Jeudi 8 février, le syndicat des services (Verdi) et ceux des fonctionnaires (DBB), de la police (GdP) et des personnels d’éducation (GEW) ont demandé entre 6 % et 11 % d’augmentation pour les 2,5 millions de salariés de l’administration fédérale et territoriale. Les négociations doivent débuter le 26 février.
« Les économistes commencent à être à court de superlatifs pour décrire l’état de notre économie. Les salariés des services publics voudraient bien aussi prendre part à la fête », a lancé Frank Bsirske, président du syndicat Verdi, en référence à la bonne santé de l’industrie et à la faiblesse du chômage (5,7 %), au plus bas depuis la réunification. Verdi, qui représente les salariés des services, compte sur le succès de cette négociation pour imposer des augmentations de salaires dans d’autres secteurs comme la poste ou les télécommunications, qui doivent également négocier en 2018 le renouvellement des conventions collectives. Tous demandent 6 % d’augmentation.
Excédent budgétaire record
De combien sera la hausse globale ? Difficile de l’anticiper tant les négociations au sein de l’opulente industrie se sont révélées délicates. Le président du syndicat des fonctionnaires, Ulrich Silberbach, a beaucoup insisté sur la retenue des serviteurs de l’Etat ces dernières années.
En raison du « frein à la dette », inscrit depuis 2009 dans la ­Constitution allemande, l’Etat et les collectivités territoriales ont dû réduire leurs coûts, et parfois augmenter le volume de travail du personnel en place. Le syndicat chiffre à 200 000 le nombre de travailleurs manquants actuellement dans le secteur public, en particulier dans l’éducation et la police.
« Après...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Mary Lou McDonald remplace Gerry Adams, à l’heure où le Brexit rebat les cartes de la question irlandaise.
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Le Sinn Fein change de tête pour réunifier l’Irlande

Mary Lou McDonald remplace Gerry Adams, à l’heure où le Brexit rebat les cartes de la question irlandaise.



Le Monde
 |    09.02.2018 à 10h47
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Quand Mary Lou McDonald, 48 ans, sera officiellement intronisée présidente du Sinn Fein en remplacement de Gerry Adams, 69 ans, samedi 10 février à Dublin, le vieux parti républicain irlandais connaîtra une relève de génération et une révolution culturelle. Une femme, trop jeune pour avoir participé aux combats sanglants des années 1969-1998 contre les Britanniques, succédera, dans un parti réputé pour son machisme, au leader charismatique qui personnifie ces trois décennies de violence.
Spectaculaire en soi, le passage de relais ne constitue pourtant qu’une facette de l’événement. Considéré comme la branche politique de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) clandestine jusqu’à l’accord de paix de 1998, le Sinn Fein cherche à devenir un parti respectable au moment où le Brexit, contre toute attente, transforme en perspective réaliste sa revendication centrale, longtemps de l’ordre du vœu pieux : la réunification de l’Irlande.
Reste à donner au parti une allure plus respectable, apte à attirer plus largement les électeurs
La désignation de Mme McDonald, députée pugnace, figure du renouvellement mais aussi de la fidélité au passé trouble de l’organisation, vise avant tout à accélérer son avènement.« Unifier cette île, c’est le meilleur objectif pour tous nos citoyens, a-t-elle déclaré lors de son élection, samedi 20 janvier. Nous devons maintenant convaincre de cela nos amis et voisins unionistes [partisans du rattachement de l’Irlande du Nord au Royaume-Uni] et les encourager à nous aider à bâtir une Irlande nouvelle. »
La décision britannique de sortir de l’Union européenne recrée de fait la frontière physique entre les deux Irlandes qui a disparu depuis l’accord de paix, en la transformant en frontière extérieure de l’UE. Avant le référendum sur le Brexit, le Sinn Fein avait prévenu qu’il relancerait sa campagne pour l’unification si le « oui » l’emportait. Le fait que 55,8 % des Irlandais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Une vingtaine de manifestants ont été interpellés et accompagnés à la préfecture de police.
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En Italie, des heurts à Macerata entre extrême droite et forces de l’ordre

Une vingtaine de manifestants ont été interpellés et accompagnés à la préfecture de police.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 23h00
   





                        


A la nuit tombée, des heurts ont opposé, jeudi 8 février, des manifestants du groupuscule d’extrême droite Forza Nuova aux forces de l’ordre à Macerata. La ville du centre de l’Italie avait été le théâtre samedi d’une fusillade à caractère raciste.
En dépit de l’interdiction de manifester, quelques dizaines de membres de Forza Nuova se sont rassemblés et ont tenté de forcer le cordon de policiers en tenue anti-émeutes qui les ont repoussés, matraques et boucliers aux poings. Une vingtaine de manifestants ont été interpellés et accompagnés à la préfecture de police, tandis que l’un, saignant du visage à la suite d’un coup de matraque, a dû être soigné, a constaté l’Agence France-Presse.

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« On meurt d’immigration »
Les forces de l’ordre tenaient à ne pas permettre la rencontre entre ces militants d’extrême droite et des manifestants de groupuscules d’extrême gauche présents sur une autre place de la ville. Le mot d’ordre de cette manifestation était « On meurt d’immigration », en référence au meurtre dans cette ville d’une jeune Italienne de 18 ans pour lequel un Nigérian a été arrêté.

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Samedi, Luca Traini, un sympathisant d’extrême droite de 28 ans, avait tiré sur une dizaine d’Africains à Macerata dans une tentative de venger la mort de la jeune fille. « Nous condamnons ce qu’il a fait mais nous ne voulons pas qu’il soit transformé en monstre », a déclaré jeudi soir à Macerata Roberto Fiore, chef de Forza Nuova, estimant que Luca Traini « est lui aussi une victime de cette situation d’immigration incontrôlée, avec la mafia nigériane qui gère le trafic de drogue ».
Le préfet de Macerata avait décidé d’interdire toutes les manifestations dans la ville dans une tentative d’abaisser la tension, mais Forza Nuova a ignoré cette interdiction. De même, plusieurs associations et groupes de gauche ont décidé d’organiser samedi une manifestation « contre le fascisme », eux aussi ayant l’intention de braver l’interdiction préfectorale.

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        Macerata, Italie, le 6 février"
            data-slide-description="Paolo Diop, représentant du Movimento Nazionale (droite), pendant la marche pour Pamela, morte et mutilée quelques jours auparavant, le 6 février à Macerata."
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            data-slide-description="Pendant la marche « Una luce per Pamela » (« une lumière pour Pamela »), le 6 février."
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            data-slide-description="Pendant la marche « Una luce per Pamela » (« une lumière pour Pamela »), le 6 février."
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            data-slide-description="Dans un café du centre historique de Macerata."
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            data-slide-description="Paolo Bernabucci, président de l’assocation GUS (Gruppo Umana Solidarieta) , principale structure d’aide aux migrants de la ville : « Depuis quelques années s’est installée l’idée que l’accueil était un business, que nous faisions de l’argent sur le dos des migrants. Les statistiques montrent que la délinquance n’a pas augmenté, mais les gens ont de plus en plus peur. Je ne sais pas comment on peut lutter contre ça. »"
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            data-slide-description="Vanessa Leton, 29 ans, travailleuse sociale pour l’assocation GUS, constate, comme son président, que la situation sociale de la ville et du pays se dégrade depuis longtemps."
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            data-slide-description="Le monument aux morts de Macerata, un mastodonte de pierre typique de l’époque mussolinienne, où Luca Traini a été arrété."
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            data-slide-description="Wilson Kofi, 20 ans, d’origine ghanéenne, a été touché à l’épaule par Luca Traini."
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            data-slide-description="Au siège local du Parti démocrate (centre gauche), ciblé par Luca Traini."
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Macerata, Italie, le 6 février            
Paolo Diop, représentant du Movimento Nazionale (droite), pendant la marche pour Pamela, morte et mutilée quelques jours auparavant, le 6 février à Macerata.

ALESSANDRO PENSO / MAPS POUR LE MONDE
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ L’avocat vedette du barreau de Bruxelles a joué de tous les arguments, traqué toutes les failles de l’instruction, usé du moindre détail à son profit.
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A Bruxelles, l’avocat de Salah Abdeslam minimise le rôle de son client

L’avocat vedette du barreau de Bruxelles a joué de tous les arguments, traqué toutes les failles de l’instruction, usé du moindre détail à son profit.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 20h56
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 21h14
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Fidèle à la stratégie des grands pénalistes, Sven Mary a transformé, jeudi 8 février, une question que tous se posaient en un argument. Allait-il plaider pour Salah Abdeslam au dernier jour du procès qui lui était intenté pour la fusillade de la rue du Dries, en mars 2016, à Forest, alors que son client contestait la légitimité même de tribunal correctionnel de Bruxelles ? Le survivant du commando de Paris, le fuyard de la planque de Forest disait, lundi, ne reconnaître qu’Allah comme seul juge.

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                Salah Abdeslam refuse de comparaître à son procès à Bruxelles jeudi



Alors, plaider ? Oui, bien sûr. Même pour ce terroriste qui serait, dit l’avocat, une sorte de « stoïcien, acceptant de l’au-delà ce qu’on ne lui a pas encore infligé ». Plaider, parce que « le plus beau pied de nez, le doigt d’honneur » à adresser aux adversaires de l’Etat de droit, c’est de respecter la procédure juridique. Et, sur ce terrain, l’avocat vedette du barreau de Bruxelles a joué de tous les arguments, traqué toutes les failles de l’instruction, usé du moindre détail à son profit. Jusqu’à presque effacer du procès la pâle figure du Molenbeekois radicalisé.
Abdeslam absent
Pour cette dernière journée d’audience, Salah Abdeslam était absent. Au sens littéral, il avait refusé d’être présent, comme figuré, son avocat a finalement très peu parlé de lui, se disant même satisfait qu’il ne puisse, cette fois, « s’accaparer le prétoire ». Me Mary a aussi nié avoir préparé l’intervention d’Abdeslam, lundi, et s’est dit « gêné » par le fait « grave » que son client ait refusé de se lever devant la présidente du tribunal.

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                A Bruxelles, Salah Abdeslam refuse les questions mais se livre à un réquisitoire contre la justice



Me Mary a donc, pendant près de trois heures, focalisé l’attention sur une fusillade qu’il a habilement découplée de la chaîne des événements dans laquelle elle se place à l’évidence : les attentats de Paris en novembre 2015, ceux de Bruxelles le 22 mars 2016, quatre jours après l’arrestation d’Abdeslam à Molenbeek. « Vous n’êtes pas là pour juger de ces attentats. Le seul a priori que doit avoir le tribunal, c’est celui de l’innocence de Salah Abdeslam », assénait Me Mary, invitant les magistrats à ne pas « se laisser polluer » par tout ce qu’ils avaient vu, lu, entendu sur les événements dont son client fut un acteur clé.
D’autant, argumentait-il au début de sa plaidoirie, qu’il convient peut-être d’écarter des débats tous les actes de procédure à cause d’une raison bien belge : celle de l’emploi des langues. A grand renfort de textes, le pénaliste a fait valoir que la désignation, comme premier responsable de l’instruction, d’un juge du tribunal néerlandophone de Bruxelles, lequel a ensuite délégué l’enquête à des juges francophones, est un vice de procédure. Le tribunal devra vraisemblablement répondre à cet argument.
« Lacunes d’une instruction »
Il convenait ensuite, pour Me Mary, de mettre le doigt sur ce qu’il estime être les lacunes d’une instruction orientée et sur la finalité même de ce procès. « Il aurait dû avoir lieu après le procès d’assises qui aura lieu à Paris, et pas avant », affirme-t-il. Ensuite, point par point, il s’est évertué à démontrer que son client n’avait pas tiré sur les policiers arrivant rue du Dries – le procureur fédéral ne le dément pas sur ce point – ou que le contexte de cette fusillade n’était pas terroriste, histoire d’espérer limiter la peine de vingt ans à laquelle pourrait être condamné Salah Abdeslam.
La défense de Sofiane Ayari, le Tunisien qui a fui la rue du Dries avec son complice, devait, elle aussi, tenter d’atténuer le rôle probable de celui que le ministère public décrit comme un combattant de l’Etat islamique, arrivé de Syrie à Bruxelles via la Grèce et l’Allemagne pour renforcer la cellule belge. Sa trace a été retrouvée dans diverses planques, on l’a aussi repéré à Amsterdam le 13 novembre 2015, préparant peut-être un attentat, finalement annulé, à l’aéroport de Schiphol.
Pour les avocats, il convenait de donner une autre image de cet ancien étudiant, marqué par le printemps arabe. Il est défendu par sa famille, qui a envoyé une lettre à la présidente du tribunal belge. Elle y implore la compassion pour ce fils qui n’aurait pas pu puiser ses convictions radicales dans ce milieu qui se dit populaire et tolérant, « ami des juifs et des chrétiens ». 
« Pornographie médiatique »
Isa Gultaslar s’est longuement employé à démontrer que son client ne voulait rien d’autre que fuir quand la police est arrivée rue du Dries. Ni lui ni Abdeslam ne voulaient « faire un grand carnage ». Ayari ne voulait pas non plus mourir ou se placer dans la lignée des djihadistes désireux de mourir les armes à la main pour gagner le paradis.
Dénonçant à la fois le procès « en sorcellerie » dressé par le procureur fédéral, la « pornographie médiatique » marquant ces journées et « le mantra de l’état de guerre » visant à déroger aux principes habituels du droit, l’avocat ambitionnait, lui aussi, de gommer l’infraction terroriste. Et donc les raisons de sa présence avec les membres d’un groupe qui, comme l’écrivait Salah Abdeslam à sa sœur, visait prioritairement à « terroriser le peuple mécréant », à savoir « les Français qui combattent l’islam depuis longtemps ». Le prévenu tunisien affirme qu’il comptait seulement sur son groupe d’amis pour regagner non pas son pays, mais… la Syrie.
Son jugement et celui de son complice interviendront à une date qui n’est encore pas déterminée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ En prélevant de l’ADN sur un squelette d’un homme vieux de dix millénaires, des chercheurs ont pu reconstituer son visage.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Le Parlement européen a rejeté mercredi une motion demandant le retrait de cette liste de la Tunisie. Le directeur de la banque centrale va être démis pour sanctionner ce raté.
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Compte rendu

L’UE inscrit la Tunisie sur sa « liste noire » des pays exposés au financement du terrorisme

Le Parlement européen a rejeté mercredi une motion demandant le retrait de cette liste de la Tunisie. Le directeur de la banque centrale va être démis pour sanctionner ce raté.

Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
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        Le 08.02.2018 à 18h36

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        Mis à jour le 09.02.2018 à 07h16






    
Le premier ministre tunisien, Youssef Chahed, à Tunis, en septembre 2017.
Crédits : ZOUBEIR SOUISSI/REUTERS


C’est un camouflet diplomatique pour la Tunisie. Le Parlement européen a validé, mercredi 7 février, la présence de la Tunisie sur la « liste noire » des pays « susceptibles d’être fortement exposés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme ». Le ministère tunisien des affaires étrangères a aussitôt déploré une « décision injuste, hâtive et unilatérale ».
Cette mise à l’index survient deux mois après l’inclusion de la Tunisie dans une autre liste noire, celle des paradis fiscaux, établie par les ministres européens des finances. Le dommage infligé à l’image de la Tunisie avait toutefois été ensuite réparé. Le 23 janvier, l’UE retirait le petit pays d’Afrique du Nord de cette liste de mauvais élèves en matière de lutte contre l’évasion fiscale. Entre-temps, la machine diplomatique tunisienne, initialement peu réactive, s’était remobilisée en s’engageant à entreprendre les réformes fiscales requises, notamment dans le secteur des entreprises exportatrices offshore.
Le coup à peine encaissé, le vote du Parlement de Strasbourg adresse une nouvelle semonce à la Tunisie, cette fois sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Une motion déposée par des députés visant à retirer la Tunisie, le Sri Lanka et Trinité-et-Tobago de la liste noire établie par la Commission n’a pas recueilli la majorité requise des 376 voix. Les débats, très intenses, se sont surtout focalisés sur la Tunisie, unique rescapée de la vague des révolutions arabes de 2011. Les défenseurs de la motion n’auront manqué que de 19 voix pour la faire adopter.
« Beaucoup d’élus ont été sensibles, y compris chez les conservateurs et les sociaux-démocrates, à l’argument selon lequel il ne faut pas enfoncer une démocratie fragile, rapporte une source interne au Parlement. Mais il s’agit quand même des risques de financement du terrorisme. Seuls les arguments techniques devraient prévaloir. » De fait, c’est l’approche experte et non politique qui s’est imposée au Parlement européen à travers le rejet de cette motion « pro-Tunisie ».
A Tunis, la conséquence a été immédiate. Le premier ministre, Youssef Chahed, a fait savoir, mercredi, qu’il entendait limoger le directeur de la banque centrale de Tunisie, Chedly Ayari, jugé responsable de l’impréparation de son pays sur ce dossier. L’inquiétude avait commencé à monter en novembre 2017, quand le Groupe d’action financière (GAFI) a inclus la Tunisie sur sa liste des pays à « hauts risques » en raison des déficiences de son système bancaire à tracer l’origine de fonds, ainsi que de leurs bénéficiaires effectifs. Le GAFI est un organisme intergouvernemental spécialisé dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Vive amertume
Or la Commission européenne s’inspire des travaux du GAFI pour établir sa propre liste. Dans le cadre de la quatrième directive européenne antiblanchiment, adoptée en 2015, la Commission s’est engagée à évaluer les efforts entrepris par les pays tiers (non membres de l’UE) pour lutter contre ce phénomène. Le Parlement et le Conseil européens doivent donner leur feu vert dans la foulée. Par deux fois, courant 2017, la commission a proposé ce travail d’évaluation aux eurodéputés qui l’ont rejeté, estimant que l’institution communautaire se contentait de « copier-coller » la liste du GAFI sans mener sa propre expertise.

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Aussi la Commission s’était engagée à mener ses recherches à partir de 2018. En échange, une partie du Parlement avait convenu de valider mercredi son « copier-coller » de la dernière liste du GAFI 2017. Mais la Tunisie se trouvant incluse dans cette liste depuis novembre 2017, l’affaire a pris une autre tournure. D’autant que la controverse autour de son inclusion sur la liste des paradis fiscaux avait réveillé le camp pro-tunisien, résolu à éviter un deuxième revers diplomatique. Les arguments déployés – nécessité d’épargner une « démocratie naissante », petits cadeaux (dattes et huile d’olive) envoyés à des élus – n’ont pas suffi à renverser la vapeur.
A Tunis, l’amertume est vive devant ce nouvel échec. « La diplomatie tunisienne n’a pas fait son travail, elle n’a pas été assez réactive », regrette un analyste. Les conséquences en termes d’accès aux marchés financiers internationaux ne sont toutefois pas jugées évidentes par les professionnels. « Les marchés et les bailleurs ont déjà intégré l’information depuis l’inclusion de la Tunisie sur la liste du GAFI, relativise un dirigeant d’une banque tunisienne. Le vote du Parlement européen n’y change pas grand-chose. » A la suite de ces atteintes répétées à l’image du pays, d’autres têtes vont rouler.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Les parlementaires ont demandé, jeudi, à la Commission européenne de « lancer une évaluation complète » du système actuel.
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Le Parlement européen s’interroge sur l’utilité du changement d’heure

Les parlementaires ont demandé, jeudi, à la Commission européenne de « lancer une évaluation complète » du système actuel.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 17h16
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 06h34
   





                        


Le changement d’heure vivrait-il ses dernières heures ? Les députés européens ont réclamé, jeudi 8 février, une « évaluation » détaillée du système de changement d’heure, qui pourrait aboutir à sa révision, après avoir longuement débattu de l’intérêt ou non de maintenir ces modifications horaires semestrielles.
Par 384 voix pour (153 voix contre), les parlementaires, réunis en session plénière à Strasbourg, ont demandé à la Commission européenne de « lancer une évaluation complète » du système actuel et, si nécessaire, de « présenter une proposition pour la réviser ».
Plus d’accidents, moins de sommeil
« De nombreuses études, si elles n’aboutissent pas à des conclusions définitives, ont indiqué l’existence d’effets négatifs sur la santé des êtres humains » de ces décalages d’une heure qui ont lieu les derniers week-ends de mars et d’octobre depuis 2001, soulignent les eurodéputés.
« Les études démontrant un accroissement des accidents de la route ou des troubles du sommeil lors du changement d’heure, doivent être prises au sérieux », a également plaidé la députée européenne écologiste Karima Delli, à l’origine de la résolution. Elle estime, par ailleurs, que les économies d’énergie, but initial des changements d’heure saisonniers, « ne sont pas probantes ».

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La Commission européenne ne s’est pas montrée enthousiaste à l’idée de se lancer dans une révision du système. « Mais il est évident que si on laisse les Etats membres libres de décider d’appliquer ou non des changements d’heure, cela sera problématique pour le marché intérieur », a reconnu la commissaire européenne slovène Violeta Bulc devant les députés.




                            


                        

                        


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Grande-Synthe : un pas vers un nouveau camp

Le maire de la ville, Damien Carême, réclame davantage de moyens de l’Etat pour nourrir les migrants.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 11h24
    |

            Maryline Baumard et 
                                Laurie Moniez (Lille, correspondance)








                        



                                


                            

Une signature au bas d’un bail… Le coup de crayon serait anodin si ce contrat ne concernait pas une partie de l’ex-camp de migrants de Grande-Synthe (Nord). Le maire (EELV) Damien Carême, qui avait ouvert le premier espace humanitaire pour réfugiés de France, en mars 2016, vient de décider de garder jusqu’à l’été la ferme qu’il devait rendre à son propriétaire en ce début d’année. La prolongation de ce bail lui permet de maintenir au chaud la cinquantaine de Kurdes irakiens qui s’y sont installés, et lui laisse la possibilité de rouvrir un accueil pour les migrants sur sa commune, si le besoin s’en fait sentir.
« Après tout, estime l’élu, les sanitaires de l’ancien camp n’ont pas été incendiés, et cela permettrait aux réfugiés de se poser dans un endroit où ils pourraient planter des tentes, à défaut de reconstruire des cabanons en bois. » De l’ancien camp, dont les abris étaient partis en fumée en avril 2017, il reste en effet les cabanons communs et le corps de ferme.
Le maire de cette ville ouvrière de la banlieue de Dunkerque, très touchée par le chômage et la désindustrialisation, aimerait continuer à prouver qu’on peut accueillir dignement, et rappeler du même coup que l’accueil des réfugiés est possible s’il est organisé. « Quand il y a une connexion entre la population et les exilés, tout se passe bien », répète volontiers celui qui enchaîne les mandats municipaux depuis 2001.

« Pas d’autre solution »
Bien avant la vague de froid, mi-décembre 2017, l’élu avait déjà ouvert une salle de sport pour mettre à l’abri « tous ceux qui étaient encore dehors ». « Ces exilés sont dans la ville, alors je ne vois pas [d’]autre solution que [celle] d’organiser leur accueil », explique le maire à ceux qui seraient tentés de lui opposer l’argument d’un potentiel appel d’air.
En décembre, la mairie et les associations se sont donc réunies pour faire le point sur les besoins,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Les capitales du continent rappellent leur refus de la peine de mort à l’encontre des terroristes présumés arrêtés dans les régions reprises à l’EI.
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Les pays européens ne tiennent pas au retour de leurs ressortissants djihadistes capturés

Les capitales du continent rappellent leur refus de la peine de mort à l’encontre des terroristes présumés arrêtés dans les régions reprises à l’EI.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 14h16
    |

                            service international








                        



   


Aucun des principaux Européens concernés par les départs de djihadistes en Syrie et en Irak n’a insisté pour les faire juger par sa justice. Seuls la peine de mort et le sort des mineurs posent véritablement problème.
Belgique. Selon des sources officieuses, une trentaine de Belges auraient été capturés lors de la chute de l’organisation Etat islamique (EI) à Mossoul, et quelques autres à Rakka, sur les 498 partis rejoindre l’EI en Syrie et en Irak. Le seul combattant clairement identifié, Tarik Jadaoun, pourrait faire prochainement l’objet d’un procès en Irak. Il risque une lourde condamnation, peut-être la peine de mort.
Originaire de Verviers, un foyer du djihadisme en Belgique, ce jeune de 28 ans avait menacé la Belgique et la France en 2014 et entraîné des enfants de 8 à 13 ans au combat. Il s’est présenté comme le successeur d’Abdelhamid Abaaoud, l’un des coordinateurs présumés des attentats du 13 novembre 2015. Jadaoun affirme aujourd’hui avoir surtout assumé un rôle d’infirmier et a indiqué aux services belges de renseignement qu’il pourrait, en échange de son retour, fournir des informations importantes. Sans convaincre les autorités de son pays, qui n’entendent pas répondre à ses offres de service.
Que faire si d’autres Belges sont jugés en Syrie ou en Irak et y sont condamnés à la peine capitale ? Il n’existe pas de traité d’extradition avec Bagdad et il n’y a plus de relations diplomatiques avec Damas. Donc, « autant laisser faire les autorités de ces pays », indique un magistrat. Contrairement au premier ministre néerlandais, Mark Rutte, qui a estimé qu’il valait mieux que ceux qui étaient partis meurent sur place, Bruxelles n’a pas fait de déclaration, mais devrait calquer son attitude sur ses voisins.
Bruxelles a recensé, par ailleurs, 45 enfants partis vers la Syrie et l’Irak, et 105 autres nés sur place. Le gouvernement de Charles Michel a indiqué que ceux qui ont moins de 10 ans pourraient revenir au pays. Des tests ADN pourraient être pratiqués pour déterminer leur origine exacte.

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Allemagne. Sur les 960 personnes ayant quitté le pays pour rejoindre l’EI, au moins 145 seraient mortes et un peu plus de 200 seraient rentrées outre-Rhin. Parmi les 600 autres, le nombre précis de ceux qui sont actuellement prisonniers en Syrie ou en Irak n’est pas connu.
Berlin a rappelé, le 15 octobre 2017, aux autorités irakiennes, qu’il était attaché au respect des règles de l’Etat de droit et opposé à la peine capitale. Cela n’a pas empêché la cour pénale de Bagdad de condamner à mort, le 21 janvier, une ressortissante allemande de 50 ans d’origine marocaine qui avait rallié l’EI en Syrie puis en Irak avec ses deux filles, dont l’une, âgée de 21 ans, vient d’être condamnée à un an de prison. Berlin n’a pas réagi officiellement à cette condamnation à mort, la première dans le cas d’une Européenne jugée en Irak. Mais, selon l’hebdomadaire Der Spiegel, le gouvernement aurait entrepris des démarches pour que la peine soit commuée en peine de prison. Si l’Allemagne reconnaît travailler avec la justice irakienne pour échanger des informations à propos de ses ressortissants ayant rejoint l’EI, il n’en va pas de même avec la Syrie, où son ambassade à Damas est fermée depuis 2012.
Concernant ceux qui sont revenus, le débat s’est concentré, ces dernières semaines, sur le sort des mineurs, dont le nombre est estimé à une centaine. « Nous sommes conscients du danger que représente le retour en Allemagne d’enfants de djihadistes qui ont été socialisés et endoctrinés dans les zones de combat », a affirmé Hans-Georg Maassen, le président de l’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV), chargé du renseignement intérieur, mi-décembre.
Royaume-Uni. Selon le MI5, le service de renseignement extérieur britannique, quelque 850 ressortissants britanniques sont partis combattre avec l’EI : 150 auraient été tués et 400 seraient rentrés. Le seul cas rendu public de Britannique détenu en Syrie concerne Jack Letts, 21 ans, un ancien étudiant d’Oxford converti, surnommé par la presse « Jihadi Jack ». Capturé en mai 2017 par les forces kurdes, il serait détenu à Kamechliyé. Les Kurdes se disent prêts à le transférer au Canada – dont il a aussi la nationalité – ou au Royaume-Uni, mais le Foreign Office reste silencieux.
En décembre 2017, Gavin Williamson, le ministre de la défense, a déclaré qu’« aucun terroriste [y compris britannique] ne devrait être autorisé à rentrer dans ce pays » et qu’« un terroriste mort ne peut plus nuire à la Grande-Bretagne ». Ces déclarations contredisent radicalement celle du contrôleur indépendant de la législation antiterroriste, l’avocat Max Hill, qui met en garde contre le danger de « perdre une génération ». Au Royaume-Uni, qui a connu en 2017 une vague d’attentats islamistes sans précédent depuis 2005, le débat public se concentre sur les risques liés au retour des djihadistes.

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Scandinavie. La Suède a enregistré 300 départs, et la moitié de retours, selon les services de renseignement, qui ne communiquent pas sur le nombre de Suédois détenus en Syrie ou en Irak. Mi-décembre 2017, la ministre des affaires étrangères, Margot Wallström, a convoqué l’ambassadeur d’Irak pour avoir des explications sur l’exécution d’un homme d’une soixantaine d’années, portant la double nationalité irako-suédoise et capturé alors qu’il combattait aux côtés de l’EI. Pendant plus d’un an, la Suède avait fait pression sur le gouvernement irakien pour que la condamnation à mort soit commuée en une longue peine de prison.
A cette occasion, le premier ministre Stefan Löfven a précisé la position du gouvernement : « Si on se rend dans un pays, et on y commet un crime, il faut compter être puni dans ce pays. Cependant, nous rappelons aussi notre opposition de principe à la peine de mort. » Plus tôt, le ministère des affaires étrangères avait d’ailleurs fait savoir qu’il ne viendrait pas en aide aux djihadistes suédois capturés à l’étranger. Même son de cloche au Danemark, où le sujet ne fait pas plus débat qu’en Suède. Un silence qui, selon Magnus Ranstorp, expert suédois du terrorisme, « montre que les gouvernements préféreraient que les djihadistes ne reviennent pas du tout ». 



                            


                        

                        


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Après l’accord de coalition en Allemagne, les Européens impatients de négocier

Le choix d’un social-démocrate modéré comme ministre des finances est vu à Bruxelles comme le signe d’un nouvel élan pour l’Eurogroupe.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 10h39
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


L’annonce de l’accord de coalition entre la CDU et le SPD allemands a été chaudement saluée à Bruxelles, même si les dirigeants de l’Union restent prudents : ils ne féliciteront la chancelière Merkel que quand la « GroKo » sera approuvée par le vote des adhérents du SPD.
Les Européens s’inquiétaient de la paralysie politique allemande, qui bloquait des dossiers cruciaux à Bruxelles (une réforme de l’asile, une clarification des relations avec la Turquie, etc.). Ils déploraient surtout l’effacement de l’Allemagne, au moment même où Emmanuel Macron proposait de substantielles réformes pour l’Union, en premier lieu pour l’Eurozone.
Le choix d’un social-démocrate modéré – Olaf Scholz, le maire de Hambourg – au ministère des finances est perçu à Bruxelles comme le signe d’un nouvel élan pour l’Eurogroupe, le club des ministres des finances de l’Eurozone. Le « règne » de Wolfgang Schaüble, chantre de l’austérité, s’est achevé en octobre dernier. L’arrivée, mi-janvier, comme président de l’Eurogroupe, du Portugais Mario Centeno, issu d’un gouvernement de gauche, le prouve encore : l’Union monétaire veut tourner la page de la crise des dettes souveraines.
Réticences
Pour autant, si l’accord de grande coalition s’engage à « réformer la zone euro », les formules restent vagues et en deçà des ambitions initiales du président français, qui plaide pour la création d’un budget substantiel, d’un ministre des finances et d’un Parlement propres à l’Eurozone. Mais ses deux dernières propositions sont peu soutenues à Bruxelles.
Et si la Commission planche bien sur un mini-budget pour l’Eurozone, les Allemands ont toujours plaidé pour que ces moyens soient destinés à l’investissement et leur accès, fortement conditionné. Pas question pour eux de parler de mutualisation des dettes. « L’accord laisse des portes ouvertes », veut croire un haut diplomate français, qui indique que Mme Merkel et M. Macron espèrent négocier une « feuille de route » d’ici à juin.

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Pour l’instant, Donald Tusk, le président du Conseil (les Etats membres) ne table, en juin, que sur un accord politique, afin de créer un Fonds monétaire européen et de parachever l’union bancaire. Même sur ce dernier point, les diplomates ont des doutes, tant les réticences allemandes demeurent fortes à l’encontre d’une garantie commune des dépôts bancaires. « Au Bundestag, l’arrivée de l’AfD [extrême droite] va limiter la marge de manœuvre du SPD et de la CDU, qui ne voudront pas donner l’impression de valider des transferts financiers entre Etats », alerte un diplomate bruxellois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ L’évolution démographique du continent devrait avoir pour corollaire une forte poussée migratoire en direction du Vieux Continent, explique, dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».
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« Une partie essentielle du destin de l’Europe se joue avec l’Afrique, que nous le voulions ou non »

L’évolution démographique du continent devrait avoir pour corollaire une forte poussée migratoire en direction du Vieux Continent, explique, dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    08.02.2018 à 09h33
 • Mis à jour le
09.02.2018 à 11h41
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            
Chronique. Paris, 1966. Jacques Dutronc chante « et moi, et moi, et moi ». Il est dans sa baignoire, dit la chanson. Il a une pensée émue pour les « 700 millions de Chinois » de l’époque. Ces hordes misérables, on les appelle alors « le péril jaune ». Aujourd’hui, elles fondent sur Paris sacs Vuitton lourdement chargés, cependant que les investisseurs de Shanghaï sillonnent l’Hexagone en quête d’investissements. Depuis la chanson du talentueux Dutronc, la Chine a doublé sa population. Elle est devenue la première ou la deuxième économie du monde.
Les Européens, qui sont souvent des inquiets, gambergent sur un autre « péril » : l’Afrique. Elle n’est pas lointaine comme la Chine. Elle est notre voisine. Elle va devenir un géant démographique. Plus d’un milliard d’habitants en 2017, plus de deux milliards d’ici à 2050. Le continent pourrait approcher les quatre milliards à la fin du siècle. Pour finir d’accabler l’Europe, on ajoutera que cette Afrique sera jeune, que la moitié de ses habitants en 2050 auront moins de 25 ans et que, dans le même temps, le Vieux Continent justifiera son nom comme jamais.
« En 1900, un quart de la population mondiale était européenne » ; en 2050, cette part sera ramenée à 7 % « dont près d’un tiers auront plus de 65 ans », écrit Stephen Smith, dans son dernier et stimulant essai : La Ruée vers l’Europe. La jeune Afrique en route pour le Vieux Continent (Grasset, 272 p., 19,50 €).
Poussée migratoire
Le « choc migratoire » est inévitable. La démographie n’est pas une science exacte, mais la plupart des experts, à l’ONU comme ailleurs, s’entendent grosso modo sur ces chiffres. « Que nous le voulions ou non, cette Afrique de 2 milliards d’habitants va être notre voisin, et nous sommes le sien », observe Jean-Michel Sévérino. L’ancien patron de l’Agence française de développement (AFD) a l’Afrique aux tripes et, comme Smith ou comme l’écrivain...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Analyse. Pour le correspondant du « Monde » à Berlin, la bataille sémantique qui oppose droite et gauche autour d’un mot devenu tabou après 1945 et récemment réapparu dans la sphère politique est révélatrice des obsessions qui hantent la société.
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En Allemagne, le retour de la « Heimat » fait polémique

Analyse. Pour le correspondant du « Monde » à Berlin, la bataille sémantique qui oppose droite et gauche autour d’un mot devenu tabou après 1945 et récemment réapparu dans la sphère politique est révélatrice des obsessions qui hantent la société.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 11h50
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            
Analyse. La place qu’occupent certains mots dans le débat public en dit parfois long sur les obsessions qui hantent une société. C’est le cas, en Allemagne, de Heimat. Difficile à traduire en français, ce terme utilisé pour désigner son pays natal, la terre de ses ancêtres ou la région où l’on a grandi, mais qui est également employé pour évoquer tout endroit où l’on se sent chez soi, fait une spectaculaire réapparition dans le ­vocabulaire politique outre-Rhin : dans le « contrat de coalition » présenté mercredi 7 février, il est ainsi prévu que le terme figure dans l’intitulé du ministère fédéral de l’intérieur dont doit hériter Horst Seehofer, le chef de file des conservateurs bavarois de la CSU.
Sur les réseaux sociaux, les réactions n’ont pas tardé. Cela n’est pas surprenant. Comme l’écrit Sigrid Schmid-Bortenschlager dans le Dictionnaire du monde germanique (Bayard, 2007),« l’usage de cette notion dans l’idéologie du Blut und Boden[“sang et sol”] des ­nazis a fait de “Heimat” un mot tabou après 1945 [date après laquelle] on le trouve seulement dans les discours de l’extrême droite des associations de Heimatvertriebene [réfugiés germanophones des pays de l’Est] ».

Si le mot a continué à être employé dans le champ culturel après la guerre, en particulier pour désigner des œuvres d’inspiration régionaliste (Heimatfilme, Heimatliteratur…), sa réapparition dans la sphère politique n’est qu’assez récente. Avec son slogan « Unser Land, unsere Heimat », le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), créé en 2013, a contribué à réactiver l’imaginaire réactionnaire de la Heimat, en jouant sur la nostalgie de l’enracinement face au danger que représenterait l’immigration musulmane pour l’identité allemande.
Parallèlement, une partie des conservateurs a commencé à revendiquer le terme : en 2014, le ­ministère des finances de Bavière...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ La nomination d’un social-démocrate au ministère des finances passe mal dans la CDU de la chancelière et pourrait ne pas suffire à convaincre le SPD de valider le « contrat » de gouvernement.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/02/2018
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En Allemagne, Merkel et Schulz trouvent un accord de coalition mais sont contestés par leurs troupes

La nomination d’un social-démocrate au ministère des finances passe mal dans la CDU de la chancelière et pourrait ne pas suffire à convaincre le SPD de valider le « contrat » de gouvernement.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 07h47
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Des trois, c’est celui qui a le plus souri et le moins parlé. Mercredi 7 février, face à la presse qui assistait à la présentation du « contrat de coalition » scellé un peu plus tôt, à Berlin, entre les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates (SPD), Horst Seehofer semblait surtout désireux de savourer le moment. A vrai dire, il n’avait pas besoin d’en faire davantage. A 68 ans, le président de la CSU bavaroise a de quoi être satisfait de l’issue des négociations.
Sur le fond, la politique très restrictive que prévoit le « contrat de coalition » à propos de l’accueil des demandeurs d’asile et de leurs familles correspond largement à ce que la CSU réclamait. En outre, celle-ci va peser davantage dans le gouvernement fédéral, en récupérant le portefeuille clé de l’intérieur, qui était jusque-là aux mains de la CDU. Un ministère dont M. Seehofer va lui-même hériter.
A ses côtés, la chancelière Angela Merkel et le patron du SPD, Martin Schulz, semblaient plus préoccupés. Certes, l’un et l’autre se sont félicités du résultat de leurs tractations. « Cela valait la peine », a commenté la présidente de la CDU, convaincue que ce « contrat de coalition » sera « le fondement du gouvernement stable dont notre pays a besoin et que beaucoup dans le monde attendent de nous ». 
Coup de poker politique
Un « très bon accord », a, quant à lui, salué le président du SPD, assurant que le document de 177 pages publié mercredi porte bien « la marque de la social-démocratie ». Reste que ces satisfecit n’ont pas réussi à faire oublier l’essentiel : le coup de poker politique que représente ce compromis pour deux dirigeants qui se trouvent aujourd’hui en délicatesse avec chacune de leur famille politique.
C’est le cas de Mme Merkel. Au sein de la CDU, la répartition des ministères qui a été actée a suscité une avalanche de réactions. Plus encore que la cession de l’intérieur à la CSU, c’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Ian Bone, 70 ans, menace de pénétrer dans les gratte-ciel de luxe inoccupés alors que se loger est devenu quasi impossible dans la capitale, même pour les classes moyennes.
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Un « très vieil anar » britannique à l’assaut des appartements de luxe vides de Londres

Ian Bone, 70 ans, menace de pénétrer dans les gratte-ciel de luxe inoccupés alors que se loger est devenu quasi impossible dans la capitale, même pour les classes moyennes.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 15h20
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

LETTRE DE LONDRES
En 1997, après la mort de la princesse Diana, il a organisé la plus grosse manifestation antimonarchiste que le Royaume-Uni ait connue : 1 500 personnes. En 2006, il appelait à la désertion les soldats envoyés en Irak et préconisait de poursuivre pour « crimes de guerre » les députés qui avaient voté pour l’intervention britannique. Plus récemment, il a organisé des descentes musclées dans des cafés branchés pour dénoncer la boboïsation des quartiers populaires. Aujourd’hui, c’est contre les « tours fantôme chics » qu’il veut mobiliser.« Very old anarchist ». Sur son compte Twitter, Ian Bone, 70 ans, ne cache pas son jeu. Depuis des décennies, il tente de secouer la société britannique en attisant la « guerre de classe » (« Class war »), nom du journal et du groupuscule qu’il a fondés dans les années 1980.
Plusieurs quartiers de la capitale britannique sont hérissés de gratte-ciel empilant des appartements de grand luxe prisés notamment par les magnats chinois, les princes arabes et les oligarques russes. Point commun aisément détectable à la nuit tombée : ils sont vides, alors que se loger à Londres est devenu quasi impossible, même pour les classes moyennes.
Pour dénoncer « cette inquiétante inégalité, avec toutes ces tours pour riches vides et pas de logement pour des milliers d’entre nous », Ian Bone a prévu de passer à l’action jeudi 8 février. « Quelqu’un sait-il où est l’entrée des appartements de luxe du Shard [la tour de 310 mètres construite par Renzo Piano et inaugurée en 2012 près de London Bridge] ? Nous commençons des manifestations hebdomadaires jeudi de 18 heures à 20 heures. Le but est d’occuper les appartements vides. » Outre des bureaux et un hôtel de luxe, le « Shard » (« éclat de verre ») comprend des appartements de plusieurs millions de livres dont dix restent inoccupés.
Mettre en lumière une « obscénité »
Posté sur Facebook, l’appel...




                        

                        

