<FILE-date="2018/02/08/19">

<article-nb="2018/02/08/19-1">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ A 44 ans, l’ancienne ministre de l’écologie du gouvernement Ayrault n’a pas réussi à se présenter pour le poste de première secrétaire du Parti socialiste.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤                
                                    

Elle est comme ça… Delphine Batho


                      A 44 ans, l’ancienne ministre de l’écologie du gouvernement Ayrault n’a pas réussi à se présenter pour le poste de première secrétaire du Parti socialiste.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 18h15
    |

            Philippe Ridet








   


Il y a longtemps, en 2014, Delphine Batho a écrit : « Je suis une “méga-enquiquineuse”. » On suppose que la députée socialiste a voulu rester polie. Dans un livre intitulé Insoumise (Grasset, 2014), publié après son limogeage du gouvernement Ayrault – elle avait critiqué la modestie du budget de son ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie –, elle se décrivait comme un roc de lin blanc et de probité candide face aux lobbys qui l’assaillaient de toutes parts. Solitaire, forcément ; héroïque, ça va de soi.
De ce parcours qui la conduira sans à-coups à devenir ministre, il ne reste que des amitiés mortes, des pactes rompus, des portes claquées.
Le 15 janvier, dans Le Parisien, elle repartait en guerre en « candidate libre contre les verrouilleurs d’espérance » à l’assaut du Parti socialiste, dont elle découvre qu’il est dominé par des « petites mafias ».
Persuadée, comme Jeanne d’Arc, qu’elle seule peut le sauver, elle rabaissait ses concurrents, tous des hommes, au rang de « parrains », de « barons », et contestait les règles qui voudraient qu’elle recueille le soutien de 5 % des membres du conseil national pour pouvoir se présenter au poste de premier secrétaire. Sans appui, elle a quand même présenté sa motion, intitulée « Mitterrand, réveille-toi, ils sont devenus fous. » Sans surprise, elle a été rejetée. Solitaire et héroïque, vous disait-on.
A 44 ans, Delphine Batho a un petit problème. Après plus de deux décennies passées au PS, elle ne peut compter que sur elle-même. Repérée par Julien Dray quand elle était lycéenne à Henri-IV, chaperonnée par Jean-Luc Mélenchon, formée au sein de SOS Racisme, elle incarne un temps la génération montante de la gauche et se forge une réputation de bûcheuse. « Pour masquer ses fragilités, elle a durci son caractère », note un de ses mentors. « Mais jamais elle ne cède ? », s’étonnait François Hollande face à sa pugnacité.

        Lire aussi :
         

                Congrès du PS : quatre hommes en lice, le texte de Delphine Batho recalé



A son tour, Ségolène Royal l’embarque dans sa campagne de 2007 pendant laquelle Delphine Batho théorise « l’ordre juste ». En récompense, la candidate lui lègue sa circonscription de Melle, dans les Deux-Sèvres, où elle est élue en 2012 et en 2017. Son intransigeance et son refus des combines d’appareil s’accommodent apparemment de ce parachutage. Mais de ce parcours qui la conduira sans à-coups à devenir ministre, il ne reste que des amitiés mortes, des pactes rompus, des portes claquées. Il fallait le soutien de seize membres du conseil national pour que sa candidature soit retenue. Elle ne les a pas trouvés, ni cherchés.

Adolescente, Delphine Batho, brillante élève en physique-chimie, rêvait d’étudier les volcans. Elle a choisi le Parti socialiste. Ça revient un peu au même, non ? Sur les pentes du Vésuve comme dans les parages de Solférino, il faut gravir des chemins caillouteux, choisir les bonnes trajectoires, les bons compagnons de randonnée. L’espoir est identique : et si le volcan qu’on croyait éteint se réveillait ? C’est sa conviction – et l’unique créneau qui lui reste : moitié Haroun Tazieff, moitié Mitterrand au congrès d’Épinay, elle jure vouloir « poursuivre sa campagne » et promet « d’aller échanger et débattre dans tous les coins de France avec tous les militants qui le proposent. Il y aura donc le théâtre d’ombres du congrès officiel et, un peu comme à Avignon, le festival off ». Un one-woman-show, alors ?



<article-nb="2018/02/08/19-2">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Cette nouvelle structure doit servir de « cadre de travail commun » et favoriser un échange régulier entre les deux centrales patronales.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤         

Compte rendu

Création d’un Conseil d’affaires par les patrons français et algériens

Cette nouvelle structure doit servir de « cadre de travail commun » et favoriser un échange régulier entre les deux centrales patronales.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-02-08T15:57:30+01:00"

        Le 08.02.2018 à 15h57






    
Pierre Gattaz (à gauche), président du Mouvement des entreprises de France (Medef),  et Ali Haddad, président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), à Alger, le 7 février 2018.
Crédits : RYAD KRAMDI / AFP


Un « Conseil d’affaires algéro-français » a été créé, mercredi 7 février, par les deux principales organisations patronales d’Algérie et de France, au premier jour d’une visite d’une soixantaine de chefs d’entreprises français à Alger. Emmenée par le président du Medef (patronat) Pierre Gattaz, cette délégation, la plus imposante du genre depuis 2011, entend œuvrer durant cette visite de deux jours au renforcement des liens entre les entreprises des deux pays.
A ce titre, la création d’un Conseil d’affaires par le Medef et son homologue algérien – le Forum des chefs d’entreprises (FCE) – doit servir de « cadre de travail commun » et favoriser un échange régulier entre les deux centrales patronales, a déclaré à l’AFP un membre du Medef.
« Création de filières technologiques et industrielles »
Cette structure « impulsera des partenariats sectoriels ciblés entre entreprises algériennes et françaises (…) pour la création de filières technologiques et industrielles », a ajouté Ali Haddad, le président du FCE. « L’entreprise et l’entrepreneuriat doivent être au centre du renforcement des relations entre la France et l’Algérie », a pour sa part jugé Pierre Gattaz devant des patrons des deux pays. Mais « pour agir, il nous faut des signaux », et « l’économie algérienne devrait s’ouvrir davantage », a-t-il prévenu.
Dans un entretien au quotidien algérien Liberté, M. Gattaz a estimé que les entreprises françaises avaient notamment besoin « d’une plus grande clarté dans le dialogue avec l’administration, de simplification des procédures douanières et de clarification sur les exigences à l’importation ».

        Lire aussi :
         

                Au Medef, « l’Afrique sans risque » des start-up françaises



Devant ces mêmes patrons, le ministre algérien de l’industrie et des mines, Youcef Yousfi, s’est lui dit conscient « des difficultés ». « Il faut être patient et voir le long terme », a-t-il plaidé, réitérant son « invitation » aux entreprises françaises à investir en Algérie. « L’Algérie accélère la diversification de son économie », et « beaucoup d’entreprises à travers le monde sont conscientes du nouvel élan », a-t-il argué. Quant aux « lourdeurs administratives, nous les réglerons au fur et à mesure », a assuré M. Yousfi.
Attentes différentes
M. Haddad a, de son côté, déploré des attentes différentes dans la coopération économique entre la France et son ancienne colonie. « Nos modèles économiques en sont à des stades différents. La France souhaite renouer avec la performance, la croissance, innover pour promouvoir ses exportations. L’Algérie aspire, quant à elle, à diversifier son économie et à construire un appareil productif compétitif », a-t-il commenté.
MM. Haddad et Gattaz ont tous deux mis en avant la diaspora algérienne en France comme un atout dans le développement des partenariats entre entreprises algériennes et françaises. A l’occasion de cette visite, le géant français de l’énergie Engie, acteur économique majeur dans le secteur du gaz en Algérie, et le groupe public pétrolier algérien Sonatrach ont signé un « protocole d’accord de coopération et de partage des compétences » dans le secteur des énergies renouvelables.
L’accord porte sur le passage à l’énergie solaire des stations de compression des gazoducs, la valorisation des « gaz torchés » (brûlés lors de l’extraction du pétrole et du gaz) et « l’efficacité énergétique » des processus industriels (tels que production ou liquéfaction de gaz par exemple), selon le directeur Afrique d’Engie Bruno Bensasson.


<article-nb="2018/02/08/19-3">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ L’ambition de ce recueil n’est pas de commenter les nouvelles règles du jeu introduites par la loi El Khomri puis par les ordonnances Macron, mais de reprendre les débats qui accompagnent les transformations du marché du travail en cours.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Trois heures de travail par jour suffiront », disait-il

L’ambition de ce recueil n’est pas de commenter les nouvelles règles du jeu introduites par la loi El Khomri puis par les ordonnances Macron, mais de reprendre les débats qui accompagnent les transformations du marché du travail en cours.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 15h44
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            

Le livre. « Trois heures de travail par jour suffiront encore amplement à satisfaire en nous le vieil Adam », écrivait John Maynard Keynes en 1931. En 2014, l’économiste Jeremy Rifkin estimait quant à lui que « l’idéal serait de travailler cinq à six heures par jours ». Pourquoi travaillons-nous ? A quoi ressemblera le travail de demain ? En quoi le chômage est-il un problème ? Vastes questions abordées par le dernier volume des 1ndispensables publié le 11 janvier.
Depuis deux ans la collection « les 1ndispensables » de l’éditeur Philippe Rey se penche sur les thèmes qui font l’actualité, de Daech au rôle du président de la République en passant par l’éducation nationale. En écho à la réforme du code du travail, c’est le sujet « travail » qui s’est imposé en ce début d’année 2018, sous un titre emprunté aux sociologues Dominique Méda et Patricia Vendramin : « Réinventer le travail ».
L’ambition de ce recueil, réalisé sous la direction d’Eric Fottorino, « n’est pas de commenter les nouvelles règles du jeu » introduites par la loi El Khomri puis par les ordonnances Macron, précise dans son introduction l’ancien directeur du Monde et fondateur de l’hebdomadaire Le 1. Les changements finalement adoptés le 22 septembre 2017 par les ordonnances Macron relatives à la réforme du code du travail sont d’ailleurs absents de l’ouvrage.
Se méfier des idées reçues
Mais en une vingtaine de textes, « les 1ndispensables » reprennent les débats qui accompagnent les transformations du marché du travail en cours : la fragmentation du travail, l’avenir du salariat, la fin du CDI, l’envolée des recrutements en contrats courts, l’essor du coworking, la simplification du code du travail, le temps de travail.

Se replonger dans les propos tenus en 2016 par les économistes Eloi Laurent et Daniel Cohen rappelle ainsi quelques fondamentaux sur le chômage : « Comprendre...




                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-4">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Un collectif de femmes dénonce, dans une tribune au « Monde », le manque de moyens concrets prévus par le gouvernement pour répondre aux attentes et besoins révélés par le mouvement #Metoo.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Montrer une véritable détermination politique à éradiquer les violences faites aux femmes »

Un collectif de femmes dénonce, dans une tribune au « Monde », le manque de moyens concrets prévus par le gouvernement pour répondre aux attentes et besoins révélés par le mouvement #Metoo.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 15h00
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Le travail des associations féministes qui reçoivent les femmes victimes de violence, les écoutent, les hébergent, les accompagnent, expriment des revendications, participent à l’élaboration de propositions de loi et en rédigent même, luttent et manifestent, rejointes par des élus, trouve enfin un large écho.
Ces missions de service public, faute d’être prises en charge par l’Etat, sont ainsi assumées par des associations, sans moyens suffisants, sans réelle reconnaissance, et dont l’existence est parfois menacée.
La révolte #MeToo révèle l’ampleur du phénomène. La parole des victimes parvient enfin à être entendue. Nous ne voulons plus que les femmes victimes vivent bâillonnées avec la maladie et la mort au bout du silence. Une vague de fond déferle malgré les tentatives des thuriféraires de l’ordre ancien. Les historiens nous disent que l’accusation de puritanisme, d’entrave à la libre sexualité, de victimisation des femmes est un classique de l’antiféminisme depuis le XIXe siècle !

Le potentiel émancipateur est là, cinquante ans après mai-68. Une grande révolte politique, au sens noble du terme, peut permettre une accélération considérable dans la conquête des droits des femmes.
Instaurer une norme symbolique référentielle
Il est urgent d’apporter une réponse adaptée en matière de politiques publiques, au niveau national comme dans les collectivités, par l’application des lois existantes et par la rédaction de nouvelles lois, en y mettant les moyens nécessaires.
Comme dans bien d’autres domaines légiférer permet d’instaurer une norme symbolique référentielle qui contribuera à faire changer les mentalités.
Quel bilan tirons-nous aujourd’hui ?
L’application des lois est-elle défaillante ? Oui, puisque nombre de plaintes pour violences conjugales sont encore transformées en main courante. Oui, puisque le crime de viol est encore très souvent jugé comme un délit en correctionnelle...




                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-5">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Dans sa chronique, l’économiste Pierre-Yves Gomez revient sur l’étape versaillaise proposée, sur le chemin de Davos, par Emmanuel Macron à ces cent quarante patrons du monde entier, décideurs qui comptent vraiment.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Versailles, l’hommage aux « décideurs qui comptent vraiment » de l’économie mondiale

Dans sa chronique, l’économiste Pierre-Yves Gomez revient sur l’étape versaillaise proposée, sur le chemin de Davos, par Emmanuel Macron à ces cent quarante patrons du monde entier, décideurs qui comptent vraiment.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 15h26
    |

                            Pierre-Yves Gomez (Professeur à l'EM Lyon)








                        



                                


                            
Entreprises. Dans son grand essai sur le processus de civilisation, L’Essor de l’Occident (1969), le sociologue allemand Norbert Elias (1897-1990) a montré que l’accumulation et la concentration monopolistique des ressources sont une loi constante des sociétés. Elle élimine la concurrence entre détenteurs de pouvoir locaux jusqu’à l’apparition de grands féodaux, eux-mêmes dépassés finalement par un des leurs qui établit un pouvoir dominant et bureaucratique en centralisant les ressources et les budgets.
A cette loi de concentration fait pendant une loi de désagrégation sociale, au terme de laquelle le pouvoir central décline et se dissout en d’innombrables pouvoirs locaux en concurrence les uns avec les autres, jusqu’à ce qu’émergent de nouvelles concentrations, des féodalités et finalement un nouveau cycle de concentration.
Norbert Elias examine en particulier la dynamique historique qui a fait naître la féodalité française à partir du XIe siècle et la compétition guerrière entre nobles instaurant le pouvoir des grands féodaux qui se partageaient la puissance et les ressources jusqu’à ce que l’un d’eux, le roi de France, par la force et par l’habileté, prenne l’ascendant et fonde l’Etat national.
« La société de cour »
C’est Louis XIV qui acheva cette concentration, Roi-Soleil autour duquel tous les « grands » devaient désormais graviter dans ce qu’Elias appelle « la société de cour ». En 1682, son centre physique fut établi au château de Versailles, ­destiné à mettre en scène la puissance organisée autour d’un roi qui pouvait dire : « L’Etat, c’est moi », et aux grands seigneurs : « Vos sujets sont mes sujets. »

Lorsque, trois siècles plus tard, le 22 janvier 2018, Emmanuel Macron ­invite à Versailles cent quarante patrons du monde entier pour un déjeuner avec son gouvernement, le rapport de force s’est inversé. Ces nouveaux « grands » dirigent les entreprises les...




                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-6">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Dans une tribune au « Monde », trois chercheurs estiment que faute de corriger le rapport de force au sein de la chaîne de distribution, la réforme du SRP profitera principalement aux industriels et aux distributeurs.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Relever le seuil de revente à perte est une fausse bonne idée »

Dans une tribune au « Monde », trois chercheurs estiment que faute de corriger le rapport de force au sein de la chaîne de distribution, la réforme du SRP profitera principalement aux industriels et aux distributeurs.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 15h19
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Relever le seuil de revente à perte (SRP) des distributeurs de 10 %, comme le propose le nouveau projet de loi à la suite des Etats généraux de l’alimentation, ne permettra pas d’atteindre l’objectif affiché d’améliorer le revenu des agriculteurs. En revanche, on peut en attendre une hausse des prix de détail qui nuira aux consommateurs et profitera aux distributeurs et industriels les plus puissants. Cette réforme est une fausse bonne idée dont on comprend d’autant mieux l’attrait politique qu’elle a le don d’accorder industriels et distributeurs sur le dos des consommateurs.
Les torts causés par les mauvaises définitions du SRP adoptées par le passé ont été largement analysés et évalués
Concrètement, relever le SRP de 10 %, c’est imposer aux distributeurs de fixer le prix de détail de chaque produit au moins 10 % au-dessus de son prix d’achat effectif au fournisseur. Cette mesure les place face au choix suivant : soit, ils augmentent le prix de détail, quitte à mécontenter les consommateurs et à voir la demande pour le produit concerné diminuer, soit ils cherchent à faire baisser leur prix d’achat pour limiter l’augmentation des prix de détail. La seconde option renforce la pression exercée sur les fournisseurs les moins puissants de la filière, c’est-à-dire les agriculteurs, que cette mesure n’empêchera en rien de vendre leur production à perte.
Les torts causés par les mauvaises définitions du SRP adoptées par le passé ont été largement analysés et évalués. En 1996, la loi Galland a fixé le SRP d’un produit au prix unitaire d’achat sur facture, à l’exclusion des rabais fixes accordés par les producteurs aux distributeurs (les « marges arrière »). Pendant une dizaine d’années, cette définition a engendré une mécanique de prix très inflationniste. Ce seuil artificiellement élevé était d’autant plus dangereux qu’il devait être non différencié : chaque distributeur était alors assuré que ses rivaux auraient le même...




                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-7">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Présidée par Noëlle Lenoir, cette instance a pour mission de « questionner régulièrement l’ensemble des éléments de la procédure » d’accès à l’enseignement supérieur et remettra un rapport annuel public.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤                     
                                                

Parcoursup : un comité scientifique et éthique va veiller à son bon fonctionnement

Présidée par Noëlle Lenoir, cette instance a pour mission de « questionner régulièrement l’ensemble des éléments de la procédure » d’accès à l’enseignement supérieur et remettra un rapport annuel public.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 13h56
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 15h47
   





                        



   


Le comité scientifique et éthique de Parcoursup, présenté mercredi 7 février, aura « un rôle de conseil et d’alerte » pour garantir que cette plate-forme qui remplace Admission post-bac (APB) soit « au service » des 800 000 candidats attendus. Il s’agit d’« une des réponses à la critique faite à APB d’avoir été un système sans aucune intervention humaine, opaque et dans lesquelles les réponses étaient dictées par des règles non transparentes, gouvernant l’algorithme », a déclaré la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, qui avait annoncé la création d’une telle instance à la suite d’un avis critique de la Commission informatique et libertés (CNIL) sur APB.

        Lire aussi :
         

                APB : le gouvernement promet de se conformer aux demandes de la CNIL



Groupe indépendant placé auprès de la ministre, ce comité aura pour mission de « questionner régulièrement l’ensemble des éléments de la procédure Parcoursup », qui fait partie du projet de loi Orientation et réussite des étudiants qui définit de nouvelles règles d’accès à l’université, en discussion actuellement au Sénat. Ainsi, il devra « Garantir que les règles légales et réglementaires pour l’admission des futurs étudiants sont appliquées par la plate-forme » ; « Emettre un avis sur les évolutions des règles de fonctionnement de Parcoursup » ; « Evaluer les choix techniques et l’efficacité de la plate-forme pour l’admission des futurs étudiants » ; « Se prononcer sur les conditions d’ouverture du code informatique de la plate-forme » et « Proposer des pistes d’amélioration répondant en particulier aux attentes des usagers ». Il remettra chaque année un rapport public à la ministre.
Des spécialistes des algorithmes parmi les membres
La présidence a été confiée à l’ancienne ministre et ancienne membre du Conseil constitutionnel Noëlle Lenoir, aujourd’hui avocate spécialisée en droit public, droit de la concurrence et protection des données. Elle aura pour vice-président Gérard Berry, membre du Collège de France, où il est titulaire de la chaire « Algorithmes, machines et langages ». Parmi les quatre autres membres figure Julien Grenet, chargé de recherche au CNRS et professeur associé à l’Ecole d’économie de Paris, qui avait regretté auprès des parlementaires, en novembre, que les chercheurs en économie qui travaillent comme lui sur les algorithmes d’affectation scolaire et qui ont développé une expertise sur le sujet n’aient « pas été consultés par le gouvernement » sur le fonctionnement de la plate-forme avant son lancement…

        Lire aussi :
         

                APB : des chercheurs s’inquiètent du fonctionnement de la future plate-forme




        Lire aussi notre entretien avec Julien Grenet :
         

          Pourquoi l’algorithme APB mérite d’être sauvé



Le comité est en outre composé de Max Dauchet, professeur émérite de l’université de Lille, de Laure Lucchesi, directrice d’Etalab, la mission gouvernementale qui coordonne la politique d’ouverture et de partage des données publiques, et de Catherine Moisan, présidente du conseil de l’ESPE (Ecole supérieure du professorat et de l’éducation) de Créteil et de l’AFAE (Association française des acteurs de l’éducation).
Le comité d’éthique et scientifique ne sera « ni une juridiction ni une autorité administrative indépendante ». Ainsi, il n’exercera pas le rôle d’instruction des réclamations individuelles formulées auprès de la médiatrice de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, Catherine Becchetti-Bizot, « mais en sera informé ». Enfin, « La médiatrice aura un rôle consultatif au sein du comité. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-8">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Plutôt que de créer une nouvelle brigade spécialisée, le gouvernement ouvre des chantiers ambitieux dont les effets se feront attendre.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤                     
                                                

La police de sécurité du quotidien : tournant ou rendez-vous manqué ?

Plutôt que de créer une nouvelle brigade spécialisée, le gouvernement ouvre des chantiers ambitieux dont les effets se feront attendre.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 12h45
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 17h10
    |

            Julia Pascual








                        



   


La police de sécurité du quotidien (PSQ) qu’a lancée le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, jeudi 8 février, sera-t-elle regardée dans dix ans comme un tournant dans l’histoire de la police française ? Ou comme un rendez-vous manqué ? Le contexte politique et social actuel est, à plusieurs égards, propice à une refonte ambitieuse de la sécurité publique. Parce que le malaise est profond au sein des forces de l’ordre qui, dans les commissariats, les brigades ou sur la voie publique, traitent de la délinquance ordinaire. Parce que les attentes sont nombreuses parmi la population. Parce que c’est un engagement de campagne du chef de l’Etat.

        Lire aussi :
         

                Police de sécurité du quotidien : « 30 quartiers bénéficieront de moyens supplémentaires », déclare Gérard Collomb au « Monde »



Alors que le précédent quinquennat a été accaparé par la lutte antiterroriste, Emmanuel Macron a promis une police « plus proche du terrain, mieux intégrée dans le tissu social des quartiers, mieux à même d’intervenir avec discernement et de traiter les problèmes de proximité ». Ce chantier s’ouvre quinze ans après l’enterrement de la police de proximité par Nicolas Sarkozy qui, ministre de l’intérieur, avait déclaré : « La police de proximité est là pour prévenir mais, si elle est faite au détriment du travail d’investigation et d’interpellation, elle ne sert à rien… »
Le basculement vers une police de l’intervention et de la répression a depuis montré ses limites. Les policiers et les gendarmes le disent, lorsqu’ils dénoncent les effets pervers d’une politique du résultat qui les pousse à faire du chiffre sans considérer la finalité de leur action. C’est multiplier les interpellations de « shiteux » ou de sans-papiers, accumuler les verbalisations d’automobilistes, en négligeant les trafics, en se détournant du travail de renseignement et des modes de régulation « douce ».
C’est aussi faire le constat d’un fossé qui se creuse entre la police et la population dans les quartiers pauvres. Régulièrement, l’actualité rappelle cette hostilité, à l’instar de la violente agression de quatre policiers au moyen de cocktails Molotov à Viry-Châtillon (Essonne) en octobre 2016, ou de l’interpellation du jeune Théo à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) en février 2017, victime d’un viol présumé au moyen d’une matraque télescopique.

        Lire aussi :
         

                Les délégués à la cohésion police-population, d’anciens « schmitts » qui tentent de « faire le lien »



Nombreux griefs
En ce sens, l’absence dans les mesures annoncées jeudi de toute réflexion sur les contrôles d’identité – dont la forme routinisée et discriminatoire est documentée – fera des déçus. Quant aux nombreux griefs sur lesquels achoppe le « malaise policier », qui vont du sentiment d’une réponse judiciaire inadaptée au manque de moyens, en passant par la lourdeur de la procédure pénale, ils ne devraient pas trouver d’issue à court terme.
Le choix de Gérard Collomb est que sa réforme « infuse » tout au long du quinquennat. S’il n’a pas cédé à la création d’une énième brigade spécialisée qui aurait prêché seule une façon de faire de la police différemment, ceux qui critiquaient le flou de la PSQ risquent d’être confortés dans leur scepticisme.

        Lire aussi :
         

                Les policiers résignés face à la réforme Collomb : « A chaque gouvernement, sa nouvelle appellation »



Des chantiers sont ouverts, et le gouvernement sera jugé sur ce qu’ils produiront à terme. Le recentrage des policiers sur leur cœur de métier, avec la suppression de certaines tâches, s’étalera sur plusieurs années ; la simplification de la procédure pénale sera négociée dans les prochains mois avec le ministère de la justice ; la réforme de la formation des policiers est encore incertaine et devra, pour réussir, s’affranchir des corporatismes de l’institution.
Ainsi en est-il aussi de la fin de la politique du chiffre, que promet le ministre de l’intérieur. Si l’évaluation de l’action de la police par la population, et l’association des maires à la définition de stratégies locales de lutte contre la délinquance ne restent pas des vœux pieux, elles feront date.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-9">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Après l’annonce, jeudi, de 300 milliards d’euros consacrés à la défense nationale d’ici à 2025, Nathalie Guibert, journaliste au « Monde », a répondu à vos questions.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤                     
                                                

Défense : « Une grosse part des budgets va aller à la modernisation de la dissuasion nucléaire »

Après l’annonce, jeudi, de 300 milliards d’euros consacrés à la défense nationale d’ici à 2025, Nathalie Guibert, journaliste au « Monde », a répondu à vos questions.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 12h20
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 12h24
   





                        


L’effort est colossal : près de 300 milliards d’euros cumulés seront consacrés à la défense nationale à l’horizon 2025. Le conseil des ministres doit examiner, jeudi 8 février, la loi de programmation militaire, qui prévoit précisément la façon dont cet argent sera dépensé pour les sept années à venir. L’objectif ? Porter les dépenses de défense de la France à 2 % du PIB en 2025. Dans un tchat avec les internautes du Monde.fr, notre journaliste Nathalie Guibert a répondu à vos questions sur cet effort budgétaire inédit.

        Lire aussi :
         

                Près de 300 milliards d’euros promis à la défense d’ici à 2025



QDI : Quel est le montant supplémentaire consacré à la défense, par rapport au budget précédent ?
Le gouvernement fait une comparaison entre la période 2014-2018 et la période 2019-2023 en disant que l’effort était de 160 milliards d’euros durant la première, et qu’il sera de 198 milliards sur la seconde. Soit 7,4 milliards d’euros de plus en moyenne sur le budget annuel de la défense, qui doit atteindre 44 milliards en 2023.
Yoyo : 2 % du PIB, est-ce beaucoup par rapport aux autres pays, et notamment nos voisins européens ?
2 % est un indicateur grossier (tout dépend de ce qu’on fait avec), mais qui a été adopté par les 28 alliés de l’OTAN en 2014 pour fixer un objectif commun, un effort mesurable. Actuellement, cinq pays, dont les Etats-Unis, atteignent cet effort de défense. La réalité de cette mesure dépend aussi beaucoup de la richesse nationale : si l’Allemagne veut atteindre 2 %, elle aura un budget militaire de 60 milliards d’euros !
En France, les 2 % sont, en réalité, quasiment atteints si on compte les pensions militaires. Et globalement, on peut aussi relativiser l’indicateur en rappelant que les dépenses sociales, en Europe, sont beaucoup plus lourdes : 31,5 % du PIB en France, par exemple.
Albert : A quelles nouvelles menaces cette politique répond-elle ?
La Revue stratégique de défense et de sécurité nationale a défini, en octobre 2017, les menaces telles que la France les voit : terrorisme, délitement d’Etats en Afrique ou au Moyen-Orient, réaffirmation de grandes puissances comme la Russie, cybermenaces exponentielles, etc.
Ces menaces s’amplifient, reconnaît l’Elysée. Mais elles existaient déjà quand la France a décidé de réduire fortement les moyens de sa défense, entre 2008 et 2012 d’une part, puis entre 2012 et 2016 d’autre part. Les armées ont perdu 60 000 emplois entre 2007 et 2017. C’est le choc provoqué par les attentats terroristes de 2015 et 2016 en France qui a convaincu François Hollande d’augmenter les moyens de la défense. Depuis, les effectifs militaires arrêtent de baisser. Ils augmenteront de 6 000 d’ici à 2025.
Brelos : 2025… c’est loin. Emmanuel Macron promet-il des choses pour son successeur ? Quelle crédibilité cette décision a-t-elle auprès du corps militaire ?
Les chefs militaires sont plutôt satisfaits. L’armée de terre avait insisté pour que les conditions de vie et d’entraînement des soldats soient améliorées en priorité, et il est annoncé 300 millions d’euros pour les petits équipements comme les gilets pare-balles, les treillis etc. Des crédits permettront de moderniser plus vite des matériels.
Cela dit, comme le dit le ministère des armées lui-même, les engagements sont « couverts de manière ferme » jusqu’en 2023, pas au-delà. Entre aujourd’hui et 2023, les armées comme les autres ministères doivent obéir à Bercy pour réduire leur dette dans l’optique de respecter les normes de Bruxelles. Ensuite, l’Elysée promet beaucoup d’argent entre 2023 et 2025, et certains attendent de voir, à raison.
Loere : Comment sera reparti le budget entre les différentes branches de l’armée ?
L’effort cumulé global (198 milliards d’euros d’ici à 2023 et de 295 milliards d’ici à 2025) se répartit non par type d’armée (terre, air, marine), mais par grandes fonctions militaires : entraînement et équipement du soldat, modernisation des matériels, innovation, renseignement, etc. Pour le renseignement, par exemple, les trois armées sont concernées par les nouveaux crédits.
Leym : Est-ce que ça colle avec ce que veut l’armée ?
Oui, si les ressources arrivent bien comme prévu. L’armée avait des priorités qui ont été retenues par le président de la République : « boucher les trous » des équipements et des moyens d’entraînement des soldats, accélérer les livraisons d’armement qui avaient été plusieurs fois retardées depuis dix ans (blindés, patrouilleurs de la marine, avions légers de surveillance…) et lancer les futurs programmes militaires pour garder l’avantage technologique.
Ensuite, une grosse part des budgets va aller à la modernisation de la dissuasion nucléaire, qui, elle, a été décidée avant l’élection de M. Macron et qu’il a assumée.
Est-ce que cette remontée en puissance du budget de l’armée signifie que la France pourra de nouveau mener des OPEX (opérations extérieures) de grande envergure ?
En tous les cas, c’est l’objectif affiché : le plan prévoit d’accélérer la livraison de matériels qui sont actuellement fournis par les alliés, notamment les avions ravitailleurs. La défense va commander plus de tankers multirôle (avions de transport et de ravitaillement), quinze au lieu de douze initialement prévus, et les livrer plus tôt que prévu dans les forces.
De plus, de gros investissements sont annoncés en matière de renseignement – avec des satellites d’écoute et d’imagerie, des bateaux (un jumeau pour le navire de guerre électronique Dupuy-de-Lôme) et des drones Reaper (deux systèmes supplémentaires, qui auront vocation d’être armés) –, afin de limiter aussi la dépendance aux moyens américains.
Seb : Un nouveau porte-avions est-il prévu, pour remplacer le porte-avions « Charle-de-Gaulle », en partie obsolète ?
Il n’y aura pas de deuxième porte-avions commandé dans cette période. Mais des crédits seront alloués pour lancer les études sur le successeur de l’actuel Charles-de-Gaulle, qui devra être prêt à l’horizon 2040.
Christophe Bourdon : Six mois après la démission du général de Villiers à la suite d’un désaccord sur la question du budget de la défense, s’agit-il d’une volte-face du président Macron ?
Non, l’augmentation des ressources des armées était une promesse de la campagne électorale. Dans son discours de mars 2017 sur la défense, le candidat Macron avait promis, sans autre précision, d’atteindre un effort de 2 % du PIB en 2025. Mais, ensuite, tout est une affaire de tempo et de réalité des engagements pris.
Le général de Villiers pensait avoir convaincu le président de démarrer fort en augmentant beaucoup plus le budget dès 2018. Or, non seulement les décisions prises par Bercy pour boucler le budget global de l’Etat sur l’année 2017 ont conduit à annuler 850 millions d’euros de crédits dans les armées en juillet, mais en plus, l’augmentation inscrite dans la loi de finances initiale de 2018 a été moindre que celle souhaitée par l’ancien chef d’état-major. Cela pouvait paraître contradictoire.
Aujourd’hui, le général de Villiers reconnaît toutefois que le cap fixé dans la loi de programmation pour 2025 est le bon. Quand il a démissionné, c’était pour dénoncer un manque de moyens. Mais il y avait aussi des raisons personnelles : il a expliqué dans son livre (Servir, Fayard, 2017) qu’il ne pouvait pas rester après l’humiliation subie le 13 juillet, quand le président l’a publiquement rappelé à l’ordre devant tous ses subordonnés et devant les invités étrangers du ministère de la défense à la veille du défilé.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-10">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Le rapport ­sur la réforme de cet ­examen est présenté le 14 février en ­conseil des ministres. Va-t-il corriger les failles de ce rite républicain ? Entretien avec la sociologue Annabelle Allouch sur la construction de ce « monument national », ses mythes et ses limites
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Le bac est un rite institutionnel et politique »

Le rapport ­sur la réforme de cet ­examen est présenté le 14 février en ­conseil des ministres. Va-t-il corriger les failles de ce rite républicain ? Entretien avec la sociologue Annabelle Allouch sur la construction de ce « monument national », ses mythes et ses limites



Le Monde
 |    08.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 16h45
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            
Annabelle Allouch est enseignante-chercheuse en sociologie à l’université de Picardie-Jules-Verne. Elle est l’auteure de La Société du concours. L’empire des classements scolaires (Seuil, 2017).
Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé une réforme du baccalauréat, diplôme auquel les Français sont très attachés. Peut-on dire qu’en France, le bac est une forme de « monument national » ?
En France, le baccalauréat est effectivement un rite de passage : à la fin de la terminale, le jeune est invité à réfléchir à sa vie professionnelle et à imaginer son avenir. C’est le moment où il passe symboliquement à l’âge adulte – parce qu’il obtient son bac, mais aussi parce qu’il accède à la majorité et qu’il obtient le droit de vote.
Mais le bac n’est pas seulement un rite individuel : c’est aussi un rite institutionnel et politique. En passant ses épreuves, l’élève rencontre la transcendance de l’Etat. Sa copie, anonyme, porte la mention « ministère de l’éducation nationale » : tout lui indique qu’il passe un examen national. Au baccalauréat, le candidat n’est pas jugé par un professeur, mais par l’Etat.
« L’anonymat de la copie est la promesse que tous les candidats seront jugés sur la même base – même si ce grand principe égalitaire et méritocratique ne se traduit pas dans la réalité »
Depuis le XIXe siècle, le baccalauréat est le symbole du monopole de la République sur la certification des diplômes : c’est lui qui impose les normes d’évaluation des savoirs. Sous la IIIe République, le certificat d’études incarnait déjà ce rapport aux institutions : avec ce diplôme national, l’Etat certifiait la valeur du citoyen. L’anonymat de la copie est la promesse que tous les candidats seront jugés sur la même base, sans considération pour leur origine sociale, leur sexe, leur ethnie ou leur lieu de résidence – même si ce grand principe égalitaire et méritocratique ne se traduit pas...




                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-11">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Editorial. Le chef de l’Etat a écarté, lors de son déplacement sur l’île, la plupart des changements exigés par les autonomistes et indépendantistes représentés par le tandem ­Simeoni-Talamoni.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤                     
                                                

Macron et la Corse, le pari de la fermeté

Editorial. Le chef de l’Etat a écarté, lors de son déplacement sur l’île, la plupart des changements exigés par les autonomistes et indépendantistes représentés par le tandem ­Simeoni-Talamoni.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 15h56
   





                        



   


Editorial du « Monde ». C’est un dialogue sans « faux-semblants », mais plus encore sans concession, que le président de la République a proposé aux responsables corses, au terme du déplacement qu’il a effectué, mardi 6 et mercredi 7 février, dans l’île de Beauté.
Depuis que, au terme d’une victoire électorale éclatante, autonomistes et nationalistes se sont installés en force, début janvier, à la tête de l’Assemblée de la nouvelle collectivité de Corse et de son exécutif, leurs deux leaders, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, n’ont cessé de réclamer l’ouverture d’un « dialogue véritable » sur l’avenir de l’île.
L’occasion est enfin venue, ont-ils martelé, de reconnaître « le caractère politique de la question corse ». Et de répondre à leurs revendications : mention spécifique de la Corse dans la Constitution, statut de large autonomie (notamment fiscale, voire législative), co-officialité de la langue Corse, statut de résident pour juguler la spéculation immobilière, rapprochement puis amnistie des « prisonniers politiques ». Sans quoi l’île risquerait de connaître à nouveau les violentes crispations qui ont marqué son histoire récente.
Emmanuel Macron a démontré que, s’il était parfaitement disposé à accompagner la Corse dans son développement et dans son « émancipation », il n’entendait nullement céder à cette pression très insistante. Aussi clairement que fermement, le chef de l’Etat a écarté la plupart des changements exigés, ou peu s’en faut, par le tandem ­Simeoni-Talamoni.

        Lire aussi :
         

                Emmanuel Macron met les dirigeants corses au pied du mur



L’amnistie des prisonniers ? Pas question. La co-officialité de la langue corse ? Elle serait contraire à la Constitution, ce qui n’interdit pas, au contraire, le développement du « bilinguisme ». Le statut de résident ? Ce serait une « impasse juridique », a jugé le président, tout en notant que les Corses eux-mêmes sont les principaux bénéficiaires de la spéculation immobilière qu’ils dénoncent. Quant à une éventuelle réforme fiscale, il a averti qu’elle entraînerait nécessairement une réduction équivalente des importantes dotations de l’Etat attribuées à l’île.
« Face-à-face ruineux et stérile »
Seul le point symbolique de la reconnaissance de la Corse dans la Constitution, par un aménagement de son article 72 consacré aux collectivités territoriales, a fait l’objet d’une ouverture significative, sous réserve que le contenu concret de cette singularité soit rapidement discuté et précisé.
Mais Emmanuel Macron ne s’est pas arrêté là. Il a également donné aux responsables corses une leçon de bonne administration. Avant de revendiquer de nouvelles évolutions institutionnelles, commencez par exercer pleinement les responsabilités – déjà très larges – qui sont les vôtres, leur a-t-il recommandé sans ménagement. Et de souligner, notamment, le sous-emploi des dotations de l’Etat ou des aides européennes, ou encore les faiblesses de la politique du logement conduite par la collectivité insulaire.
Le message présidentiel a donc été on ne peut plus clair : la République est résolue à aider vigoureusement la Corse à construire son avenir, à condition que celle-ci ne s’enferme pas dans un « face-à-face ruineux et stérile » avec la République.

        Lire aussi :
         

                Après le discours de Macron, les nationalistes corses dénoncent « une occasion manquée »



« Occasion manquée », ont aussitôt regretté amèrement les responsables de l’île. Reste à savoir s’il s’agit des premices d’un dialogue rugueux mais nécessaire ou d’un nouvel épisode du dialogue de sourds engagé depuis trop longtemps entre la Corse et « Paris ». La réponse, à ce stade, est imprévisible.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-12">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Le maire de la ville, Damien Carême, réclame davantage de moyens de l’Etat pour nourrir les migrants.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Grande-Synthe : un pas vers un nouveau camp

Le maire de la ville, Damien Carême, réclame davantage de moyens de l’Etat pour nourrir les migrants.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 11h24
    |

            Maryline Baumard et 
                                Laurie Moniez (Lille, correspondance)








                        



                                


                            

Une signature au bas d’un bail… Le coup de crayon serait anodin si ce contrat ne concernait pas une partie de l’ex-camp de migrants de Grande-Synthe (Nord). Le maire (EELV) Damien Carême, qui avait ouvert le premier espace humanitaire pour réfugiés de France, en mars 2016, vient de décider de garder jusqu’à l’été la ferme qu’il devait rendre à son propriétaire en ce début d’année. La prolongation de ce bail lui permet de maintenir au chaud la cinquantaine de Kurdes irakiens qui s’y sont installés, et lui laisse la possibilité de rouvrir un accueil pour les migrants sur sa commune, si le besoin s’en fait sentir.
« Après tout, estime l’élu, les sanitaires de l’ancien camp n’ont pas été incendiés, et cela permettrait aux réfugiés de se poser dans un endroit où ils pourraient planter des tentes, à défaut de reconstruire des cabanons en bois. » De l’ancien camp, dont les abris étaient partis en fumée en avril 2017, il reste en effet les cabanons communs et le corps de ferme.
Le maire de cette ville ouvrière de la banlieue de Dunkerque, très touchée par le chômage et la désindustrialisation, aimerait continuer à prouver qu’on peut accueillir dignement, et rappeler du même coup que l’accueil des réfugiés est possible s’il est organisé. « Quand il y a une connexion entre la population et les exilés, tout se passe bien », répète volontiers celui qui enchaîne les mandats municipaux depuis 2001.

« Pas d’autre solution »
Bien avant la vague de froid, mi-décembre 2017, l’élu avait déjà ouvert une salle de sport pour mettre à l’abri « tous ceux qui étaient encore dehors ». « Ces exilés sont dans la ville, alors je ne vois pas [d’]autre solution que [celle] d’organiser leur accueil », explique le maire à ceux qui seraient tentés de lui opposer l’argument d’un potentiel appel d’air.
En décembre, la mairie et les associations se sont donc réunies pour faire le point sur les besoins,...




                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-13">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ A Bastia, le chef de l’Etat a invité les élus nationalistes de la collectivité à « exercer leurs responsabilités nouvelles ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Emmanuel Macron met les dirigeants corses au pied du mur

A Bastia, le chef de l’Etat a invité les élus nationalistes de la collectivité à « exercer leurs responsabilités nouvelles ».



Le Monde
 |    08.02.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 11h29
    |

            Patrick Roger (Bastia, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Ils sont repartis comme ils étaient venus : en groupe, comme pour faire la démonstration de leur unité, et le visage fermé. C’est peu dire que les élus nationalistes n’ont guère apprécié le discours qu’Emmanuel Macron a prononcé, mercredi 7 février à Bastia, en conclusion de son déplacement de deux jours en Corse. « Une occasion manquée », a résumé l’autonomiste Gilles Simeoni, le président de la collectivité de Corse. Cette visite, très attendue, pouvait laisser entrevoir une nouvelle phase de relations entre la majorité insulaire et le pouvoir exécutif. Elle se sera limitée à un dialogue de sourds.
Ce n’est pas devant l’Assemblée de Corse que le président de la République a voulu délivrer son message mais dans un centre culturel des faubourgs bastiais, devant un parterre d’invités choisis. Histoire de marquer qu’il ne s’adressait pas aux élus corses mais à la société corse. Maître du temps, des lieux et de l’image. L’image : pour seul décor, derrière le pupitre présidentiel, une rangée de dix drapeaux tricolores et européens sur fond blanc.
D’emblée, le chef de l’Etat pose ce qui fonde sa « conviction » et sa « cohérence » : « La Corse est au cœur de la République. » Mais, ajoute-t-il, « au cœur de la République ne veut pas dire uniformité ». C’est le deuxième volet de son diptyque : la reconnaissance des spécificités de la Corse, dont il souligne que la République les a déjà reconnues, en dotant notamment l’île d’un statut particulier et d’institutions aux compétences étendues dont aucune autre collectivité métropolitaine ne bénéficie. « C’est aussi à la collectivité de Corse d’exercer pleinement ces compétences », glisse-t-il, renvoyant les élus insulaires à leurs propres responsabilités.
Rappels à l’ordre
Le public, qui ne manifeste aucune réaction, attend de M. Macron qu’il apporte des clarifications sur les revendications centrales portées par la majorité nationaliste. Lui prend...




                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-14">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ La majorité de droite a introduit un amendement qui renforce la sélection à l’entrée en licence, considérée comme « un gage de réussite pour les étudiants ». Les députés auront le dernier mot.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤                     
                                                

Accès à l’université : le Sénat voudrait définir les capacités d’accueil en fonction des débouchés

La majorité de droite a introduit un amendement qui renforce la sélection à l’entrée en licence, considérée comme « un gage de réussite pour les étudiants ». Les députés auront le dernier mot.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 11h16
   





                        



   


Le Sénat a commencé, mercredi 7 février, l’examen du projet de loi sur l’« orientation et réussite des étudiants » réformant l’accès à l’université. La Haute Assemblée, où la droite est majoritaire, a ajouté au texte de nouveaux critères afin d’officialiser et de renforcer la sélection.
Un amendement du rapporteur Jacques Grosperrin (Les Républicains, LR), adopté en commission, prévoit ainsi de définir les capacités d’accueil de chaque licence en fonction du taux de réussite et de l’insertion professionnelle. « Ce ne sont pas les vœux des candidats qui doivent guider les choix d’ouvertures de places dans les filières de l’enseignement supérieur, mais les débouchés professionnels réels qui s’offrent aux diplômés », a argué l’élu du Doubs. « La sélection est une chance, a-t-il dit. Elle représente une solution juste et égalitaire, profondément républicaine, gage de réussite pour les étudiants. »
Le Sénat doit se prononcer jeudi sur ce texte en séance plénière, une fois examinés les quelque 200 amendements déposés. La procédure d’urgence ayant été choisie, le projet de loi fera ensuite l’objet d’une commission mixte paritaire (CMP), la semaine prochaine, chargée de trouver une version commune avec l’Assemblée nationale. En cas de désaccord, les députés auront cependant le dernier mot.

        Lire aussi :
         

                L’Assemblée nationale vote la réforme de l’accès à l’université



« Mesure de bon sens »
Colette Mélot (Les Indépendants) a qualifié de « mesure de bon sens » la proposition de M. Grosperrin, tandis que pour Laurent Lafon (Union centriste, UC) « le taux d’échec à l’université illustre les défauts qui subsistent dans notre système d’orientation ». Au contraire, l’opposition de gauche critique le texte. Pour Pierre Ouzoulias (Communiste républicain citoyen et écologiste – CRCE –, à majorité communiste), c’est l’ensemble du projet de loi qui « termine de légaliser la sélection à l’entrée de l’université » et qu’il faut combattre. « Le gouvernement fait le choix de restreindre l’accès à l’université en maintenant l’enseignement supérieur dans un état budgétaire critique, plutôt que de mener une politique ambitieuse de réinvestissement dans l’enseignement supérieur », a-t-il accusé.
Les sénateurs CRCE ont déposé lundi un recours en référé auprès du Conseil d’Etat pour obtenir la suspension de l’arrêté mettant en place Parcoursup. Il s’agissait de « contraindre le gouvernement à respecter les droits du Sénat et pour réaffirmer son attachement au libre accès des bacheliers à l’enseignement supérieur qui est une des composantes majeures du pacte républicain », avait-il expliqué.

        Lire aussi :
         

                Les six mois qui ont bouleversé l’accès à l’université



« Nous sommes opposés à toute idée de sélection, qu’elle soit sauvage, institutionnelle ou déguisée », a rappelé, de son côté, Sylvie Robert (Parti socialiste, PS). « Nous ne pouvons qu’approuver le dispositif d’accompagnement et les parcours individualisés mis en place, a-t-elle dit. Mais les mesures d’accompagnement nécessitent des moyens financiers. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-15">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Ancienne secrétaire d’Etat au budget, l’énarque n’est pas une spécialiste des questions de défense, mais elle compense par sa force de travail et son opiniâtreté.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Florence Parly, une ministre discrète et tenace à la manœuvre

Ancienne secrétaire d’Etat au budget, l’énarque n’est pas une spécialiste des questions de défense, mais elle compense par sa force de travail et son opiniâtreté.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 11h41
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            
On hésite, au premier contact avec Florence Parly. Est-elle discrète ? Pire, transparente ? Ou bien aurait-on affaire à une dure à cuire, camouflée sous des vestes de velours rose ? Ses tout premiers clichés de ministre des armées sont ratés, comme si le photographe n’avait pas su la cerner. Elle y affiche le sourire de biais de ceux qui détestent être exposés. « On ne m’a pas énormément vue, c’est un fait, mais je me soigne », lance-t-elle à la presse pour ses vœux, le 16 janvier. Parly ? « Sur Google, vous tomberiez d’abord sur un centre commercial ! », ironise-t-elle. En référence à la galerie marchande de Vélizy, une commune bourgeoise de l’Ouest parisien, certains ont ainsi surnommé « Parly 2 » son compagnon, Martin Vial, ancien de la direction du Trésor, puis patron de La Poste, nommé en 2015 par Emmanuel Macron à l’Agence des participations de l’Etat.
« Les sujets de défense, je ne les connaissais pas », dit-elle au Monde, avant d’employer une formule d’énarque habituée aux allers et retours avec le secteur privé, comme si elle s’excusait d’une infidélité : « J’ai quitté l’Etat il y a quinze ans. » Attention, prévient Philippe Grangeon, un ami proche du couple, ancien conseiller de Dominique Strauss-Kahn et communicant d’entreprise : « Elle pédale, elle apprend, c’est un diesel. » Un expert proche du ministère constate : « Elle est allée faire un tour chez Harry Potter, elle a pris sa cape d’invisibilité, mais elle n’en regarde pas moins tout ce qui se passe. »

Première femme secrétaire d’Etat au budget
Florence Parly a été deux fois nommée dans des gouvernements, « deux fois des surprises » résume-t-elle. Deux crises, à vrai dire. A 37 ans, en 2000, elle devient la première femme secrétaire d’Etat au budget. Elle seconde Christian Sautter après la démission de DSK, empêtré dans l’affaire de la MNEF. A 54 ans, le 21 juin 2017, elle succède à Sylvie Goulard...




                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-16">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Le choix d’un social-démocrate modéré comme ministre des finances est vu à Bruxelles comme le signe d’un nouvel élan pour l’Eurogroupe.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤                     
                                                

Après l’accord de coalition en Allemagne, les Européens impatients de négocier

Le choix d’un social-démocrate modéré comme ministre des finances est vu à Bruxelles comme le signe d’un nouvel élan pour l’Eurogroupe.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 10h39
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


L’annonce de l’accord de coalition entre la CDU et le SPD allemands a été chaudement saluée à Bruxelles, même si les dirigeants de l’Union restent prudents : ils ne féliciteront la chancelière Merkel que quand la « GroKo » sera approuvée par le vote des adhérents du SPD.
Les Européens s’inquiétaient de la paralysie politique allemande, qui bloquait des dossiers cruciaux à Bruxelles (une réforme de l’asile, une clarification des relations avec la Turquie, etc.). Ils déploraient surtout l’effacement de l’Allemagne, au moment même où Emmanuel Macron proposait de substantielles réformes pour l’Union, en premier lieu pour l’Eurozone.
Le choix d’un social-démocrate modéré – Olaf Scholz, le maire de Hambourg – au ministère des finances est perçu à Bruxelles comme le signe d’un nouvel élan pour l’Eurogroupe, le club des ministres des finances de l’Eurozone. Le « règne » de Wolfgang Schaüble, chantre de l’austérité, s’est achevé en octobre dernier. L’arrivée, mi-janvier, comme président de l’Eurogroupe, du Portugais Mario Centeno, issu d’un gouvernement de gauche, le prouve encore : l’Union monétaire veut tourner la page de la crise des dettes souveraines.
Réticences
Pour autant, si l’accord de grande coalition s’engage à « réformer la zone euro », les formules restent vagues et en deçà des ambitions initiales du président français, qui plaide pour la création d’un budget substantiel, d’un ministre des finances et d’un Parlement propres à l’Eurozone. Mais ses deux dernières propositions sont peu soutenues à Bruxelles.
Et si la Commission planche bien sur un mini-budget pour l’Eurozone, les Allemands ont toujours plaidé pour que ces moyens soient destinés à l’investissement et leur accès, fortement conditionné. Pas question pour eux de parler de mutualisation des dettes. « L’accord laisse des portes ouvertes », veut croire un haut diplomate français, qui indique que Mme Merkel et M. Macron espèrent négocier une « feuille de route » d’ici à juin.

        Lire aussi :
         

                En Allemagne, Merkel et Schulz trouvent un accord de coalition mais sont contestés par leurs troupes



Pour l’instant, Donald Tusk, le président du Conseil (les Etats membres) ne table, en juin, que sur un accord politique, afin de créer un Fonds monétaire européen et de parachever l’union bancaire. Même sur ce dernier point, les diplomates ont des doutes, tant les réticences allemandes demeurent fortes à l’encontre d’une garantie commune des dépôts bancaires. « Au Bundestag, l’arrivée de l’AfD [extrême droite] va limiter la marge de manœuvre du SPD et de la CDU, qui ne voudront pas donner l’impression de valider des transferts financiers entre Etats », alerte un diplomate bruxellois.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-17">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le ministre de l’écologie a reconnu jeudi l’existence d’une plainte, déposée en 2008, par une jeune femme « majeure », et classée « sans suite ». Il a assuré ne pas « avoir pensé » à démissionner.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤                     
                                                

Nicolas Hulot dément des rumeurs d’agression et de harcèlement sexuels

Le ministre de l’écologie a reconnu jeudi l’existence d’une plainte, déposée en 2008, par une jeune femme « majeure », et classée « sans suite ». Il a assuré ne pas « avoir pensé » à démissionner.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 14h13
   





                        



   


Le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, a tenu à démentir, jeudi 8 février sur BFM-TV, des rumeurs « ignominieuses » d’agression et de harcèlement sexuels qui le viseraient, avant la publication annoncée d’un article sur le sujet dans l’hebdomadaire Ebdo vendredi.
Interrogé sur une plainte pour agression sexuelle, il a reconnu son existence, précisant qu’elle avait été déposée en 2008, par une jeune femme « majeure », concernant « des allégations remontant à 1997 », et classée « sans suite ».
« Cette plainte a été classée sans suite, car non seulement l’affaire était prescrite, mais j’ai été auditionné par les gendarmes à ma demande, et les enquêteurs ont très rapidement considéré qu’il n’y avait rien qui permettrait de poursuivre cette affaire », selon l’ex-présentateur d’« Ushuaïa ».
Interrogé également sur l’existence d’accusations de harcèlement sexuel qu’aurait porté une ancienne collaboratrice, il a, de même, démenti : « La réponse est non et je le dis avec autant de force que la personne vous dira exactement la même chose », a-t-il déclaré.
« Il n’y a pas d’affaire ! »
« Je n’ai évidemment rien à me reprocher », a insisté Nicolas Hulot. « Cela fait mal, quand c’est injuste, quand c’est infondé, car moi, hier, on a fait pleurer mes enfants », a-t-il dit, se disant « dans une rage folle » et évoquant « un cauchemar ».
« Depuis que tout ça est en train de bouillonner, vous imaginez bien qu’avec le premier ministre et le président on se parle très régulièrement, a-t-il dit. Ils m’ont affirmé leur affection, leur confiance, bien entendu, d’autant plus qu’il n’y a pas à dire : “Il y a une affaire qui est en instruction et on va attendre.” Il n’y a pas d’affaire ! »
Edouard Philippe a adressé jeudi « un message de soutien » à son ministre. « Nicolas Hulot s’est exprimé avec sincérité et émotion sur les rumeurs dont il est l’objet depuis plusieurs jours. Ses explications ont été claires, précises, et nous n’avons aucune raison de douter de sa parole. Comme il l’a rappelé, la justice s’est prononcée. Le premier ministre a adressé à Nicolas Hulot un message de soutien dans cette épreuve qui l’affecte, lui et sa famille », a indiqué Matignon dans une brève déclaration à l’Agence France-Presse. En l’absence de mise en examen, l’Elysée a écarté toute démission du ministre, a précisé à la presse l’entourage du chef de l’Etat.
Nicolas Hulot a assuré n’avoir « pas pensé » à démissionner, tout en soulignant que « c’est ma famille qui prime, c’est sa résistance qui prime et c’est cela qui guidera ma décision, mes choix », a-t-il déclaré sur BFM-TV.
« Je n’ai pas peur de la vérité, j’ai peur de la rumeur, car c’est un poison lent qui tue. »
« Depuis des mois, je subis toutes sortes d’insinuations, de rumeurs, d’interrogations auprès d’hommes et de femmes que j’ai connus récemment ou alors il y a vingt, trente ans. Je me suis senti traqué. (…) On a examiné mon patrimoine, on m’a accusé d’être l’homme le plus riche de France. Mais là, on passe à un autre registre, on sort l’arme infaillible, celle qui blesse, qui tue. (…) On franchit une ligne rouge, on touche à mon honneur, à ma famille, à mes enfants. »
« Je ne laisserai pas la suspicion se développer »
Le contexte de « libération de la parole des femmes » est toutefois « nécessaire, salutaire ». Il « oblige les hommes à une forme d’introspection, moi, le premier », a souligné le ministre de la transition écologique. « On a une vie, j’ai 62 ans, on a eu des relations de séduction, peut-être que ce qui nous a semblé anodin à une époque ne l’est plus aujourd’hui, le ressenti des femmes s’exprime et c’est très bien. »
Concernant d’éventuelles suites judiciaires à la publication de telles informations, « on ne va pas brûler les étapes, on va regarder ce qui est dit demain, aujourd’hui », a répondu Nicolas Hulot. « Mais comprenez bien que je ne laisserai pas la diffamation, la suspicion, les insinuations se développer. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-18">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Macron a promis près de 300 milliards d’euros à la défense d’ici à 2025. Un effort colossal. Nathalie Guibert, notre journaliste spécialiste de la question, a répondu à vos questions.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ 
<article-nb="2018/02/08/19-19">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif, emmené par le journaliste et essayiste Aymeric Caron, annonce la fondation d’une nouvelle organisation politique, le Rassemblement des écologistes pour le vivant, particulièrement axé sur la défense des droits des animaux.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Aymeric Caron : « Le Rassemblement des écologistes pour le vivant (REV) voit aujourd’hui le jour »

Dans une tribune au « Monde », un collectif, emmené par le journaliste et essayiste Aymeric Caron, annonce la fondation d’une nouvelle organisation politique, le Rassemblement des écologistes pour le vivant, particulièrement axé sur la défense des droits des animaux.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 09h09
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 11h37
    |

Benjamin Joyeux (Juriste en droit de l’environnement), Aymeric Caron (Journaliste et écrivain) et Malena Azzam (Ancienne porte-parole de l'associat...







                        



                                


                            

Tribune. L’écologie politique est dans l’impasse en France. Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a perdu aujourd’hui la crédibilité nécessaire pour porter le projet d’une société réinventée autour du respect de la planète et de tous ses habitants, humains comme non humains. Les guerres d’ego et les calculs mercantiles n’expliquent pas à eux seuls ce fiasco.
Une des principales faiblesses d’EELV réside dans son mode de pensée dépassé : ce parti prône encore une écologie trop anthropocentrée, qui prétend que la nature est au service de l’homme. D’après cette conception, les animaux non humains, les mers et les forêts ne sont que des « ressources » qu’il faut prendre soin de ne pas épuiser trop vite.
De ce fait, EELV s’accommode du modèle économique néolibéral et se contente de lutter contre ses conséquences les plus néfastes pour la planète. On peut qualifier ce modèle d’« écologie molle ».
Résultat : la défense des droits des animaux n’avance pas d’un pouce, l’industrie continue de faire la loi sur notre agriculture, notre politique énergétique reste indéfectiblement liée au nucléaire, la destruction de la biodiversité s’accélère, en même temps que la pollution de l’eau, de l’air et des sols.
La pollution engendre chaque année la mort de plus de 12 millions de personnes dans le monde, les pesticides en tuent 200 000 et l’antibiorésistance 700 000
Il y a peu pourtant, plus de 15 000 scientifiques de 184 pays signaient un texte dans la revue BioScience [et publié dans Le Monde le 13 novembre 2017], pour alerter sur la gravité de la situation actuelle. Entre 1990 et 2015, la surface des forêts mondiales a diminué de 129 millions d’hectares, ce qui équivaut à la surface de l’Afrique du Sud. La disponibilité d’eau douce par habitant a diminué de moitié depuis le début des années 1960. Les trois dernières années ont été parmi les plus chaudes jamais enregistrées, et le réchauffement climatique risque d’atteindre...




                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-20">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Si une réforme est urgente, comme l’annonce le gouvernement, une simple augmentation des moyens ne suffira pas, estime le chercheur Sebastian Roché dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Les polices françaises doivent se démocratiser »

Si une réforme est urgente, comme l’annonce le gouvernement, une simple augmentation des moyens ne suffira pas, estime le chercheur Sebastian Roché dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    08.02.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 07h13
    |

Sebastian Roché (Directeur de recherche au CNRS, Sciences-Po Grenoble)







                        



                                


                            

Tribune. Le ministère de l’intérieur lance une réforme majeure : la police de sécurité du quotidien. Pourquoi prendre le risque de remettre sur le métier une réforme qui ressemble à la police de proximité ? Parce que la France en a un besoin criant. L’absence de réforme a des conséquences dramatiques. Un organisme qui n’évolue pas régresse ou entre en décomposition. En dépit du diagnostic d’Alain Peyrefitte en 1977, appelant au changement, malgré le lancement de la police de proximité vingt ans après par Lionel Jospin. En brisant cet élan, Nicolas Sarkozy a étouffé la police, et les ministres de François Hollande n’ont pas réussi ou plutôt pas essayé de la réanimer.
Résultat ? Des policiers mécontents, qui disent ne plus voir le sens de leur action et défient ouvertement le gouvernement. Des citoyens qui ne sont pas satisfaits des policiers et ne les trouvent pas légitimes. Sur ces deux derniers critères, les polices de France sont dans le bas du tableau des Vingt-Sept, proches de la Grèce ou la Pologne et bien loin de l’excellence nordique du Danemark, comme en attestent de nombreuses études internationales.

On ne sait pas encore ce que va être la réforme promise par Emmanuel Macron. Mais il me semble clair qu’elle ne peut prétendre réussir si elle se contente de chercher à développer ce qui ne marchait pas hier. Les moyens ne sont nullement négligeables, mais seuls, ils ne produiront pas le nouveau modèle de police dont nous avons besoin, citoyens comme policiers. Changer le logiciel de prise des plaintes, ou patrouiller à quatre au lieu de trois dans les zones chaudes, même avec une caméra à la boutonnière ne suffira pas. Ce ne sont pas des améliorations de quelques pour-cent dans l’élucidation des vols de téléphone mobile ou dans le taux de cambriolages qui vont changer le rapport des citoyens à la police. Les objectifs doivent être à la hauteur des enjeux. M. Macron et M. Collomb ont placé le retour de la confiance...




                        

                        

