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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ La présidente de l’Ifrap, un think tank très libéral, déplore le faible temps de travail des fonctionnaires. Mais la réalité est plus complexe.
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Peut-on « récupérer 50 000 postes » dans la fonction publique juste en appliquant les 35 heures ?

La présidente de l’Ifrap, un think tank très libéral, déplore le faible temps de travail des fonctionnaires. Mais la réalité est plus complexe.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 18h42
    |

            Anne-Aël Durand








                        


Alors que le gouvernement souhaite réduire de 120 000 le nombre de fonctionnaires en France, Agnès Verdier-Molinié, présidente de la très libérale Ifrap (fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques) a estimé, mardi 5 février, durant l’émission « 28 minutes » sur Arte, que l’on pourrait déjà économiser « l’équivalent de 50 000 postes » en faisant simplement appliquer les 35 heures.
Ce qu’elle a dit :
« Quand on regarde ce que travaille un agent en Suède, il va être à plus de 1 700 heures par an travaillées. Nous, dans la plupart des collectivités on n’est même pas dans le respect des 35 heures. Pourquoi ? Parce que les syndicats ont négocié avec les exécutifs locaux des temps de travail inférieurs aux 35 heures (…). La Cour des comptes le dit, le fait qu’on n’applique pas les 35 heures dans les administrations publiques, c’est l’équivalent de 50 000 postes payés par les Français collectivement et où le travail n’est pas effectué. »
La directrice de l’Ifrap avait déjà tenu le même raisonnement dans Les Echos, le 2 février, expliquant qu’« en remettant les agents aux 35 heures, on récupérerait l’équivalent de 50 000 postes ».
Pourquoi c’est plus compliqué
Plusieurs rapports montrent que les salariés travaillent moins d’heures dans le public que dans le privé, mais transformer mathématiquement ces chiffres en postes est un peu rapide.
Que dit la Cour des comptes ? 
Agnès Verdier-Molinié se réfère au rapport sur les finances publiques locales d’octobre 2016, qui dénonçait une « gestion du temps de travail à rendre plus rigoureuse » dans la fonction publique territoriale, avec des durées annuelles inférieures à 1 607 heures (équivalant à 35 heures hebdomadaires). Après avoir récupéré les informations de 103 communes de toutes tailles, intercommunalités et départements, la Cour a calculé que les agents n’avaient travaillé en moyenne que 1 562 heures en 2015, non par fainéantise personnelle, mais à cause de congés supplémentaires octroyés par les collectivités (ponts, lendemain de Noël, Mardi gras, fêtes locales…). Supprimer ces « jours de congés irréguliers », selon la Cour, « pourrait permettre, toutes choses étant égales par ailleurs, une réduction des effectifs d’environ 3 %, soit 57 000 agents ». Un chiffre qui dépasse même celui cité par la directrice de l’Ifrap.
Quelles sont les limites du calcul ? 
Le rapport nuance immédiatement le chiffre de 57 000 agents en expliquant qu’« un tiers de la hausse du temps de travail serait absorbé par une baisse de la productivité ou une augmentation de l’activité et ne se traduirait pas nécessairement par une réduction des emplois », et estime qu’il faudrait plutôt tabler sur une économie de 1,2 milliard d’euros. La Cour des comptes rappelle aussi que plusieurs collectivités ont déjà agi pour réduire ces congés supplémentaires.
Un autre rapport sur le temps de travail dans la fonction publique, réalisé en 2016 par Philippe Laurent, citant l’Insee, arrive non pas à 1 562 heures, mais à 1 578 heures annuelles dans la fonction publique territoriale. Ces données réduiraient encore d’un tiers les « économies » potentielles. D’autant que les économies restent le plus souvent théoriques, puisque les agents en congés ou RTT ne sont pas systématiquement remplacés : bien souvent, on ne pourra « récupérer » aucun poste supplémentaire.
Par ailleurs, les collectivités locales ne représentent qu’un tiers des agents (1,9 million sur 5,4 millions). La durée de travail est supérieure dans la fonction publique d’Etat, et inférieure dans les hôpitaux. Avec une grande diversité selon les catégories et les métiers : 2 073 heures pour les personnels de direction et ingénieurs, 1 673 heures pour les policiers, 1 509 heures pour les animateurs socioculturels… Sans compter les catégories particulières de fonctionnaires qui ne sont pas assujettis aux 35 heures, comme les enseignants ou les militaires. En moyenne toutefois, les fonctionnaires travaillent moins d’heures annuelles que les salariés du privé.


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Le temps de travail annuel dans le public est inférieur à celui du privé
Durée annuelle de travail (pour un salarié à temps complet) hors enseignants, magistrats, militaires et médecins hospitaliers en 2013-2014. En rouge, la durée théorique (1 607 heures) correspondant à 35 heures hebdomadaires. 

Source : Rapport Laurent



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Le casse-tête du temps de travail des fonctionnaires
L’écart de temps de travail entre le public et le privé peut s’expliquer en partie par les contraintes inhérentes à la continuité des missions de service public : santé, sécurité, voirie… Ainsi, 36,7 % des fonctionnaires sont amenés à travailler le dimanche (64 % dans la fonction publique hospitalière), contre seulement 25,8 % dans le privé, 17,5 % travaillent la nuit (32,3 % à l’hôpital), contre 14,9 % dans le secteur privé, et 16 % font des astreintes, contre 8 % dans le privé, selon la direction générale de l’administration et de la fonction publique.
Ces horaires atypiques peuvent donner lieu à des compensations immédiates (congés supplémentaires) ou des heures supplémentaires qui ne sont ni payées ni récupérées, mais placées sur des comptes épargne-temps (CET), notamment à l’hôpital et dans la police nationale. Selon le rapport Philippe, la police totalise à elle seule 17,19 millions d’heures supplémentaires, soit 133 heures en moyenne par agent. Ces CET constituent une dette virtuelle envers les agents, pour laquelle les fonctions publiques d’Etat et hospitalière ont provisionné de près de 3 milliards d’euros – ce qui n’est pas le cas dans la fonction publique territoriale.
Inversement, le rapport Philippe s’inquiète du « travail invisible » de certains fonctionnaires (directeurs, experts) soumis au régime du « forfait » qui peuvent effectuer entre 45 et 70 heures par semaine et sont victimes des mêmes écueils que les cadres du privé – culture du présentéisme ou difficultés de déconnexion – alors que leurs rémunérations sont moins élevées.



                            


                        

                        


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Les Bourses de Paris, Londres et Francfort baissent une nouvelle fois avant la fermeture

Après la plongée du Dow Jones, lundi, les marchés européens font toujours grise mine.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 18h24
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 18h29
   





                        


Ces derniers jours, la reprise de l’économie mondiale, saluée par tous les secteurs, s’accompagne d’une chute des marchés mondiaux. Après la plongée du Dow Jones, l’indice vedette de la place de New York qui a perdu, lundi, 4,6 %, à 24 345 points, les Bourses européennes continuent à baisser.
Paris a fini en nette baisse, jeudi 8 février (– 1,98 %). L’indice CAC 40 a perdu 104,22 points à 5 151,68 points dans un volume d’échanges de 5,6 milliards d’euros. La veille, il avait fini en hausse de 1,82 %.  Francfort a cédé 3 %, le DAX retombant à 12 210,64, quelques minutes avant la fermeture, dans un marché encore à la merci des fortes turbulences de la semaine.  Londres a terminé en forte baisse de 1,49 %, plombée par la hausse de la livre après un discours ferme de la Banque d’Angleterre (BoE). L’indice FTSE-100 des principales valeurs a perdu 108,73 points à 7 170,69 points.
Ces secousses illustrent un changement fondamental : la politique ultra-accommodante des banques centrales qui ont conduit les taux au plus bas est en train de s’achever.

        Lire nos explications :
         

          Les marchés financiers craignent la fin de « l’argent facile »



L’emballement de la Bourse de New York a débuté vendredi avec l’annonce d’une augmentation significative des salaires américains en janvier (la plus forte depuis 2009) qui a ravivé les craintes d’une poussée de l’inflation et d’un relèvement des taux d’intérêt par la Réserve fédérale des Etats-Unis.
Derrière ces inquiétudes, c’est surtout un désengagement plus rapide que prévu des banques centrales que les marchés redoutent, après de longues années de perfusion monétaire.



                            


                        

                        


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<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Dans un tchat, Arnaud Leparmentier, correspondant du « Monde » à New York, a répondu, jeudi, à des questions d’internautes sur le protectionnisme pratiqué par l’Amérique de Donald Trump.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Protectionnisme : « Trump donne les clés du monde à la Chine »

Dans un tchat, Arnaud Leparmentier, correspondant du « Monde » à New York, a répondu, jeudi, à des questions d’internautes sur le protectionnisme pratiqué par l’Amérique de Donald Trump.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 18h15
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 18h46
   





                        



   


Hillary : Pouvez-vous nous donner des exemples concrets de mesures protectionnistes prises par Trump ?
Arnaud Leparmentier : Pour répondre à votre question, en voici quelques-unes, pêle-mêle : les droits antidumping sur des avions Bombardier de 300 % (annulés depuis par un panel indépendant) ; les droits sur les panneaux solaires et les lave-linge ; les droits sur le bois et le papier canadiens ; l’interdiction d’acquisitions chinoises dans les semiconducteurs ; ou encore le refus de nommer des juges à l’OMC, l’Organisation mondiale du commerce (ce qui la bloque).
Xavier : Existait-il des mesures protectionnistes aux Etats-Unis avant Trump ?
Oui, il en existait beaucoup. Il n’y a pas de rupture complète. La guerre du bois avec le Canada dure depuis une éternité, celle de l’acier aussi, tout comme les querelles automobiles. Obama a interdit le rachat d’entreprises de semiconducteurs par des Chinois, Trump aussi ; Airbus a fini par perdre le contrat des avions ravitailleurs.
Le marché américain est particulièrement difficile à pénétrer. Le représentant au commerce, Robert Lighthizer, adepte du protectionnisme, a été confirmé par 82 sénateurs sur 100. Cette tentation du repli n’est donc pas une lubie de Trump, elle est beaucoup plus consensuelle qu’on ne le croit en Europe.
Aboy : Est-ce que Trump s’inspire d’un ou de plusieurs de ses prédécesseurs à la Maison Blanche pour sa politique économique ? Reagan peut-être ?
Il se revendique de Ronald Reagan dans ses slogans : « America is back » (« l’Amérique est de retour « ) pour Reagan ; « America first » (« l’Amérique d’abord ») pour Trump. Et surtout, il s’en inspire pour sa réforme fiscale : baisse des impôts et des déficits, simplification et dérégulation. Attention cependant de ne pas faire l’erreur qui a été commise à l’égard de Reagan, qui a sorti les Etats-Unis de la récession et de l’inflation. Tout n’est pas mauvais chez Trump, sous prétexte que c’est Trump. La réforme fiscale est une réforme traditionnelle de droite, avec une baisse des impôts et des déficits. De plus, Reagan était confronté au même défi que Trump avec la Chine, mais c’était avec le Japon.
Shaq : Les mesures protectionnistes de l’administration Trump ont-elles eu des effets sur le pouvoir d’achat de la classe moyenne américaine ?
Marcel : Les Américains ont-ils senti le moindre changement positif dans leur vie quotidienne, lié à la politique protectionniste de Trump ?
Non, c’est trop tôt et trop ciblé. C’est même le contraire : il y a eu des importations massives de lave-linge en décembre, pour éviter les droits de douane prévisibles imposés en janvier.
Les entreprises high-tech ont du mal à obtenir des visas ; les agriculteurs sont inquiets pour leurs exportations et quelques entreprises qui ont obtenu gain de cause (Whirlpool sur les lave-linge) sont satisfaites. Mais le déficit commercial bat des records, en dépit du dollar faible, ce qui prouve que ce sujet est mal abordé par Donald Trump.

        Lire aussi :
         

                Aux Etats-Unis, l’attribution des visas, un système kafkaïen



Lisandru : Au vu des annonces et investissements notamment du secteur automobile américain, Trump est-il en train de réussir son pari de rapatrier nombre d’emplois aux Etats-Unis ?
Partiellement, en tous cas. L’explication est simple : le marché est énorme, les entreprises automobiles veulent avoir accès à ce marché et se disent que l’Alena n’est peut-être pas pérenne. Dans le doute, elles préfèrent réinvestir aux Etats-Unis. C’est le cas des pick-up, qui seraient taxés à 25 % si l’on en revenait au régime normal de l’Organisation mondiale du commerce. Fiat Chrysler va rapatrier sa production de pick-up du Mexique dans le Michigan ; General Motors, de son côté, réduit la voilure. Pour l’automobile classique, c’est moins évident : le taux OMC est de 2,5 %, ce n’est pas une barrière insurmontable. Il n’empêche : les constructeurs Toyota et Mazda ont annoncé des investissements dans l’Alabama, où les salaires sont faibles.

        Lire aussi :
         

                Le pick-up, histoire d’une réussite protectionniste



Unknown : La politique économique de Trump est-elle soutenue par les Américains ? Que disent les sondages à ce sujet ?
Même s’il reste très impopulaire (plus de 53 % de rejet), Trump remonte sensiblement dans les sondages depuis quelques semaines (il était en dessous de 37 % à l’été 2017, il s’approche de 41 %, selon le site FiveThirtyEight, spécialisé dans le datajournalisme). C’est visiblement la réforme fiscale qui se fait sentir immédiatement, en raison du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, et parce qu’il montre qu’il peut agir. A l’été 2017, personne ne croyait une seconde qu’il réussirait à faire adopter cette réforme.
Jeune inculte : Est-ce que la politique protectionniste de Trump est le signe du déclin des Etats-unis ?
Non, les Américains possèdent un savoir-faire technologique et numérique considérable. Ils prennent seulement conscience que la mondialisation conduit à une égalisation relative des conditions par classe sociale : si vous êtes ouvrier aux Etats-Unis, il n’y a pas de raison que vous gagniez plus que l’ouvrier chinois, expliquait récemment un économiste. C’est ce choc, que j’exagère un peu, qui a conduit à la révolte des Blancs déclassés de la mondialisation et au vote en faveur de Trump, mais aussi de Bernie Sanders, à la gauche du Parti démocrate.
MG : Est-ce que la politique protectionniste de Trump est synonyme d’un certain retour de l’isolationnisme américain ?
Oui, mais cet isolationnisme a commencé, dans d’autres domaines, sous Obama. Par un repli militaire. Commercialement, le traité transpacifique signé par Obama n’était pas soutenu par la candidate Hillary Clinton. Trump, à mon sens, commet une erreur, car les autres s’organisent sans lui. On le voit avec tous les pays qui signent entre eux des accords de libre-échange.
Il donne les clés du monde à la Chine. D’ailleurs, c’est pour cela qu’ils n’ont pas claqué la porte des négociations de l’Alena (l’Accord de libre-échange nord-américain), en découvrant que les Canadiens cherchaient d’autres voies. De même, avec la Chine, on attend le rapport sur le transfert de technologies forcé. Mais je parie davantage sur des conflits rugueux que sur une guerre commerciale destructrice.
Fitz : Qui a le plus à perdre d’un repli américain ? Les pays asiatiques ? Ne croyez-vous pas que le marché européen est suffisamment grand et diversifié entre l’Est et l’Ouest, pour pouvoir s’accommoder d’une guerre commerciale ?
Ceux qui ont le plus à perdre sont les petits pays très ouverts et très mondialisés ou ceux qui sont dépendants des Etats-Unis. Les Etats-Unis ont beaucoup à perdre, par exemple avec la Chine, tant leurs économies sont imbriquées. C’est, pour l’instant, beaucoup de bruit pour rien. Il n’y a pas de guerre avec la Chine ; les négociations sur l’Alena n’ont pas été rompues. Le marché européen dépend énormément des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) et du savoir-faire technologique américain. Enfin, ce sont surtout les entreprises qui seront très pénalisées, elles qui ont disséminé leur production à travers la planète.
Je précise qu’en aparté, les responsables européens partagent la vision antichinoise des Américains, même s’ils désapprouvent leur méthode, jugée trop brutale. C’est pour cela que les rapports entre les Etats-Unis et l’Union européenne sont apaisés : ils sont au fond assez d’accord sur le sujet majeur, la Chine.
John : Les pays frontaliers, Canada et Mexique, ont-ils des retombées économiques positives ou négatives de la politique menée par Trump ?
Le Canada essaie de profiter de la peur des investisseurs et des restrictions sur les visas américains pour attirer les talents. Il n’empêche : en cas de sortie de l’Alena, ils seraient perdants, car les Etats-Unis sont de loin leur premier partenaire. Ils s’ouvrent à d’autres pays pour compenser : le traité avec l’Union européenne et le traité transpacifique (TPP), que les Japonais ont fait revivre sans les Américains. Les Mexicains, eux, se trouvent dans une situation encore pire, car ils sont les sous-traitants des Américains. Les industriels, on le voit avec l’automobile, hésitent à investir tant que la donne n’est pas claire sur l’Alena.  ClavierQWERTY : Quel est l’impact du protectionnisme américain sur les relations avec l’Union européenne ?
Pour l’instant, il est faible, puisque Donald Trump s’est concentré sur trois régions : le Canada et le Mexique, avec la renégociation de l’Alena, la zone Pacifique (avec la sortie du partenariat transpacifique, TPP) et la Chine (avec des mesures antidumping, notamment sur le solaire et les lave-linge). Mais il a dit qu’il allait examiner le dossier.  Il ne faut pas oublier qu’il avait accordé sa première interview à la Bild Zeitung, se plaignant qu’il y avait des BMW et des Mercedes dans tout New York, mais pas de Cadillac en Europe. Sur l’Europe, Trump vise surtout l’Allemagne et son excédent commercial considérable.
NYprice : Vous parlez de tentation du repli. Mais est-elle vraiment supérieure à celle de l’Europe ?
Oui, car les Etats-Unis ont une culture d’autosuffisance agricole, énergétique, intellectuelle et économique. Le repli traverse périodiquement l’histoire des Etats-Unis, qui se sont largement repliés sur eux-mêmes dans l’entre-deux-guerres. L’Europe a toujours été plus ouverte. Elle en bénéficie puisqu’elle exporte massivement ses biens à travers la planète grâce à l’industrie allemande. Les Néerlandais et les Britanniques sont très ouverts aussi. Il peut y avoir une proximité plus forte avec la France.
Mag : La politique protectionniste de Trump risque-t-elle d’entraîner une dégradation des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et les pays traditionnellement considérés comme leurs alliés ?
Oui, Trump a réussi à tendre les relations, notamment avec la Corée du Sud, et ce sur fond de tensions avec la Corée du Nord. Les propos qu’il a tenus sur le Mexique et le Canada n’étaient pas raisonnables. Les ravages du « trumpisme » sont surtout liés à sa parole politique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Sur l’ensemble de 2017, l’entreprise est restée déficitaire avec une perte nette d’un peu plus de 108 millions de dollars, fortement réduite toutefois par rapport à l’exercice 2016, lors duquel Twitter avait perdu environ 457 millions de dollars.
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Twitter enregistre le premier bénéfice de son histoire

Sur l’ensemble de 2017, l’entreprise est restée déficitaire avec une perte nette d’un peu plus de 108 millions de dollars, fortement réduite toutefois par rapport à l’exercice 2016, lors duquel Twitter avait perdu environ 457 millions de dollars.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 16h55
   





                        



   


C’est une permière pour Twitter. Le réseau social a annoncé, jeudi 8 février, avoir dégagé son premier bénéfice net trimestriel, ce qui a immédiatement dopé l’action.
La société, entrée en Bourse en 2013, a dégagé au quatrième trimestre 2017 un bénéfice net se montant à un peu plus de 91 millions de dollars. Son chiffre d’affaires sur la période a atteint 732 millions de dollars, en hausse de 2 % sur un an.
Sur l’ensemble de 2017, le réseau social est resté déficitaire avec une perte nette d’un peu plus de 108 millions de dollars, fortement réduite toutefois par rapport à l’exercice 2016, lors duquel Twitter avait perdu environ 457 millions de dollars. L’entreprise annonce avoir 330 millions d’utilisateurs actifs au quatrième trimestre, stable par rapport au troisième, mais en deçà des attentes de Wall Street. « Nous avons atteint notre objectif de rentabilité » et réalisé une « fin d’année solide », s’est félicité le patron Jack Dorsey dans un communiqué.
Problèmes à régler
Comme Facebook et Google, Twitter a été confronté à une série de révélations sur la manière dont Moscou a tenté d’utiliser sa plate-forme pour semer la discorde aux Etats-Unis et influencer sur l’issue de l’élection en faveur du candidat républicain Donald Trump.
Twitter a été sommé par des parlementaires américains, comme Facebook et Google, de rendre publiques ses investigations sur la présence de contenus problématiques liés à la Russie autour de l’élection présidentielle.



                            


                        

                        


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Compte rendu

Création d’un Conseil d’affaires par les patrons français et algériens

Cette nouvelle structure doit servir de « cadre de travail commun » et favoriser un échange régulier entre les deux centrales patronales.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-02-08T15:57:30+01:00"

        Le 08.02.2018 à 15h57






    
Pierre Gattaz (à gauche), président du Mouvement des entreprises de France (Medef),  et Ali Haddad, président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), à Alger, le 7 février 2018.
Crédits : RYAD KRAMDI / AFP


Un « Conseil d’affaires algéro-français » a été créé, mercredi 7 février, par les deux principales organisations patronales d’Algérie et de France, au premier jour d’une visite d’une soixantaine de chefs d’entreprises français à Alger. Emmenée par le président du Medef (patronat) Pierre Gattaz, cette délégation, la plus imposante du genre depuis 2011, entend œuvrer durant cette visite de deux jours au renforcement des liens entre les entreprises des deux pays.
A ce titre, la création d’un Conseil d’affaires par le Medef et son homologue algérien – le Forum des chefs d’entreprises (FCE) – doit servir de « cadre de travail commun » et favoriser un échange régulier entre les deux centrales patronales, a déclaré à l’AFP un membre du Medef.
« Création de filières technologiques et industrielles »
Cette structure « impulsera des partenariats sectoriels ciblés entre entreprises algériennes et françaises (…) pour la création de filières technologiques et industrielles », a ajouté Ali Haddad, le président du FCE. « L’entreprise et l’entrepreneuriat doivent être au centre du renforcement des relations entre la France et l’Algérie », a pour sa part jugé Pierre Gattaz devant des patrons des deux pays. Mais « pour agir, il nous faut des signaux », et « l’économie algérienne devrait s’ouvrir davantage », a-t-il prévenu.
Dans un entretien au quotidien algérien Liberté, M. Gattaz a estimé que les entreprises françaises avaient notamment besoin « d’une plus grande clarté dans le dialogue avec l’administration, de simplification des procédures douanières et de clarification sur les exigences à l’importation ».

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                Au Medef, « l’Afrique sans risque » des start-up françaises



Devant ces mêmes patrons, le ministre algérien de l’industrie et des mines, Youcef Yousfi, s’est lui dit conscient « des difficultés ». « Il faut être patient et voir le long terme », a-t-il plaidé, réitérant son « invitation » aux entreprises françaises à investir en Algérie. « L’Algérie accélère la diversification de son économie », et « beaucoup d’entreprises à travers le monde sont conscientes du nouvel élan », a-t-il argué. Quant aux « lourdeurs administratives, nous les réglerons au fur et à mesure », a assuré M. Yousfi.
Attentes différentes
M. Haddad a, de son côté, déploré des attentes différentes dans la coopération économique entre la France et son ancienne colonie. « Nos modèles économiques en sont à des stades différents. La France souhaite renouer avec la performance, la croissance, innover pour promouvoir ses exportations. L’Algérie aspire, quant à elle, à diversifier son économie et à construire un appareil productif compétitif », a-t-il commenté.
MM. Haddad et Gattaz ont tous deux mis en avant la diaspora algérienne en France comme un atout dans le développement des partenariats entre entreprises algériennes et françaises. A l’occasion de cette visite, le géant français de l’énergie Engie, acteur économique majeur dans le secteur du gaz en Algérie, et le groupe public pétrolier algérien Sonatrach ont signé un « protocole d’accord de coopération et de partage des compétences » dans le secteur des énergies renouvelables.
L’accord porte sur le passage à l’énergie solaire des stations de compression des gazoducs, la valorisation des « gaz torchés » (brûlés lors de l’extraction du pétrole et du gaz) et « l’efficacité énergétique » des processus industriels (tels que production ou liquéfaction de gaz par exemple), selon le directeur Afrique d’Engie Bruno Bensasson.


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ L’ambition de ce recueil n’est pas de commenter les nouvelles règles du jeu introduites par la loi El Khomri puis par les ordonnances Macron, mais de reprendre les débats qui accompagnent les transformations du marché du travail en cours.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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« Trois heures de travail par jour suffiront », disait-il

L’ambition de ce recueil n’est pas de commenter les nouvelles règles du jeu introduites par la loi El Khomri puis par les ordonnances Macron, mais de reprendre les débats qui accompagnent les transformations du marché du travail en cours.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 15h44
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            

Le livre. « Trois heures de travail par jour suffiront encore amplement à satisfaire en nous le vieil Adam », écrivait John Maynard Keynes en 1931. En 2014, l’économiste Jeremy Rifkin estimait quant à lui que « l’idéal serait de travailler cinq à six heures par jours ». Pourquoi travaillons-nous ? A quoi ressemblera le travail de demain ? En quoi le chômage est-il un problème ? Vastes questions abordées par le dernier volume des 1ndispensables publié le 11 janvier.
Depuis deux ans la collection « les 1ndispensables » de l’éditeur Philippe Rey se penche sur les thèmes qui font l’actualité, de Daech au rôle du président de la République en passant par l’éducation nationale. En écho à la réforme du code du travail, c’est le sujet « travail » qui s’est imposé en ce début d’année 2018, sous un titre emprunté aux sociologues Dominique Méda et Patricia Vendramin : « Réinventer le travail ».
L’ambition de ce recueil, réalisé sous la direction d’Eric Fottorino, « n’est pas de commenter les nouvelles règles du jeu » introduites par la loi El Khomri puis par les ordonnances Macron, précise dans son introduction l’ancien directeur du Monde et fondateur de l’hebdomadaire Le 1. Les changements finalement adoptés le 22 septembre 2017 par les ordonnances Macron relatives à la réforme du code du travail sont d’ailleurs absents de l’ouvrage.
Se méfier des idées reçues
Mais en une vingtaine de textes, « les 1ndispensables » reprennent les débats qui accompagnent les transformations du marché du travail en cours : la fragmentation du travail, l’avenir du salariat, la fin du CDI, l’envolée des recrutements en contrats courts, l’essor du coworking, la simplification du code du travail, le temps de travail.

Se replonger dans les propos tenus en 2016 par les économistes Eloi Laurent et Daniel Cohen rappelle ainsi quelques fondamentaux sur le chômage : « Comprendre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ A l’occasion de la série « L’Amérique citadelle », que publie « Le Monde » depuis le début de la semaine, Arnaud Leparmentier, correspondant à New York, vous répond.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Le sixième portrait de la série « le numérique a changé mon métier » : « Tous les métiers à bord d’une frégate ont été impactés par la numérisation », explique l’officier chef de secteur réseau.
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Le major Wilfrid, au service d’une marine nationale numérisée

Le sixième portrait de la série « le numérique a changé mon métier » : « Tous les métiers à bord d’une frégate ont été impactés par la numérisation », explique l’officier chef de secteur réseau.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 15h13
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 15h13
    |

                            Gaëlle Picut








                        



                                


                            
« Le Monde » a voulu savoir comment des métiers très variés étaient impactés par la digitalisation et le développement des outils numériques. Nous sommes ainsi allés à la rencontre d’une dizaine de personnes pour savoir comment le numérique avait transformé leurs pratiques professionnelles. Elles témoigneront aussi de leur adaptation, plus ou moins facile, et comment elles voient leur avenir professionnel. Après les portraits du vigneron Jonathan Ducourt, de l’enseignante Sandrine Babinet, de la directrice d’hôtel Anita Steinmann, du charpentier Colin Vernet, du médecin Philippe Héno, le major Wilfrid explique comment une « surcouche de numérique » s’est intégrée aux différents métiers de la marine.

Le major Wilfrid, 47 ans, est rentré en 1993 dans la marine nationale comme officier marinier de spécialité informaticien. « En vingt-cinq ans, j’ai vécu la révolution numérique au sein de la Marine. Lorsque j’ai débuté, on en était aux balbutiements de l’informatique. On n’utilisait les ordinateurs que pour la bureautique et l’intranet. Mon métier a beaucoup évolué depuis. La numérisation concerne désormais tous les domaines de conduite, de maintenance et d’exploitation d’un navire », explique le major Wilfrid.
Il est actuellement administrateur système d’information à bord de la frégate Languedoc. Celle-ci fait partie des frégates multi-missions (FREMM) nouvelle génération, les fleurons de la marine nationale, qui sont de plus en plus automatisées et dotées des technologies les plus modernes. Son rôle est de coordonner et d’assurer l’interconnexion des systèmes d’information et de communication à bord du bâtiment.

Tous les métiers à bord d’une frégate ont été impactés par la numérisation, « à l’exception du chef cuisinier, dont le métier reste artisanal, et de certaines tâches techniques tels que l’entretien ou la peinture » précise-t-il. « Sur les gros bateaux, on a essayé des lessiveuses automatiques,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Question de droit social. La Cour de cassation exige une durée et un périmètre raisonnables aux clauses de cet « après-contrat » qui pouvaient provoquer pour l’ancien salarié une longue période de chômage.
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Les aléas de la clause de non-concurrence

Question de droit social. La Cour de cassation exige une durée et un périmètre raisonnables aux clauses de cet « après-contrat » qui pouvaient provoquer pour l’ancien salarié une longue période de chômage.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 15h00
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            
Pour fidéliser les meilleurs collaborateurs en leur fermant le marché sur lequel ils ont le plus de chances de se reclasser à un meilleur prix, certains contrats de travail contiennent une clause de non-concurrence à l’exceptionnelle particularité : elle n’est pratiquement effective qu’à la mort du contrat qui l’a fait naître. Elle ne vise donc que l’après-contrat, alors qu’au nom de la loyauté contractuelle, une obligation de non-concurrence s’impose naturellement au salarié pendant toute l’exécution de celui-ci : sous peine de licenciement pour faute, on ne peut être à la fois collaborateur et concurrent. La simple création à l’insu de son employeur d’une entreprise directement concurrente, même en l’absence d’actes de concurrence déloyale ou de détournement de clientèle, constitue même une faute grave (Cass. Soc. 30 novembre 2017).
Choquée par certaines de ces clauses de non-concurrence (par exemple, quatre ans pour un laveur de vitres) qui provoquent parfois une longue période de chômage, la Cour de cassation a reviré le 10 juillet 2002. Au visa du « principe fondamental de libre exercice d’une activité professionnelle » (pas seulement salariale), elle exige une durée et un périmètre raisonnables, et, sous peine de nullité, l’obligation pour l’employeur de verser au salarié une contrepartie financière pendant toute la durée de l’interdiction, ce qui a réduit de façon drastique le nombre de ces clauses.
« Clause de respect de la clientèle »
Des entreprises ont alors cherché à contourner l’obstacle en leur donnant une autre dénomination : « clause de respect de la clientèle », interdisant à une assistante juridique, par exemple, d’« exercer directement ou indirectement une activité d’assistance juridique pendant trente-six mois suivant la cessation de ses fonctions » dans l’arrêt du 18 janvier 2018. La dénomination a été requalifiée en clause de non-concurrence, avec versement de la contrepartie financière prévue par la convention...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Les SCPI et les OPCI pèsent de plus en plus lourd sur le marché de l’épargne, mais aussi de l’investissement en immobilier d’entreprise.
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L’année 2017 a été faste pour les placements immobiliers collectifs

Les SCPI et les OPCI pèsent de plus en plus lourd sur le marché de l’épargne, mais aussi de l’investissement en immobilier d’entreprise.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 14h59
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 16h04
    |

            Jérôme Porier








                        



   


En 2017, les épargnants ont continué à plébisciter les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) et les organismes de placement collectif immobilier (OPCI), selon une étude publiée le 6 février par l’Association française de sociétés de placement Immobilier (Aspim).
La collecte des SCPI a battu un record, dépassant pour la première fois le cap des 6 milliards d’euros (+15,2 %), même si les flux se sont un peu tassés en cours d’année. La capitalisation des SCPI atteint désormais 46 milliards d’euros (+18,1 %).
La mécanique de ces produits est désormais bien connue des investisseurs. Les SCPI achètent des immeubles ou des commerces (rarement des logements) pour percevoir des loyers qu’elles redistribuent à leurs porteurs de parts sous la forme de généreux dividendes. Leurs frais élevés en font un placement à conseiller pour le long terme (au moins 10 ans). A la différence des SCPI, les OPCI possèdent une poche de valeurs mobilières destinée à assurer leur liquidité en toutes circonstances.

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                La pierre-papier victime de son succès



Même si les taux de rendement des SCPI ont poursuivi leur baisse, ils restent nettement supérieurs à ceux des fonds en euros de l’assurance-vie, estimés à environ 1,60 % en 2017. En moyenne, ils sont ressortis à 4,43 % l’an dernier, après 4,64 % en 2016. Cet effritement s’explique par une hausse du prix moyen des parts (+1,79 %) et par une baisse des distributions (-3,28 %).
13 milliards d’euros
Plus modestement, la collecte les OPCI grand public a progressé de 5,5 % pour atteindre 4,21 milliards d’euros en 2017. La capitalisation des OPCI approche désormais les 13 milliards d’euros.
La performance moyenne des OPCI est passée de 3,23 % en 2016 à 3,98 % en 2017. Une progression qui s’explique par la hausse de la valorisation de leur patrimoine (+2,4 % en 2016 contre 0,8 % en 2016) qui a compensé la baisse du rendement courant, passé de 2,4 % à 1,6 %.

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                Pourquoi faut-il surveiller les réserves des SCPI ?



Côté investissement aussi, la pierre papier pèse de plus en plus lourd. Selon une étude de Knight Frank, les fonds de placement collectifs sont à l’origine de 43 % des montants investis en Ile-de-France. Par comparaison, les assureurs n’ont réalisé que 13 % des investissements en immobilier dans la région parisienne en 2017.
Avec un volume investi en hausse de 48 % et près de 9 milliards d’euros d’acquisitions d’actifs immobiliers, les SCPI et OPCI ont été les investisseurs les plus actifs en 2017, indique Cushman & Wakefield.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Dans sa chronique, l’économiste Pierre-Yves Gomez revient sur l’étape versaillaise proposée, sur le chemin de Davos, par Emmanuel Macron à ces cent quarante patrons du monde entier, décideurs qui comptent vraiment.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
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A Versailles, l’hommage aux « décideurs qui comptent vraiment » de l’économie mondiale

Dans sa chronique, l’économiste Pierre-Yves Gomez revient sur l’étape versaillaise proposée, sur le chemin de Davos, par Emmanuel Macron à ces cent quarante patrons du monde entier, décideurs qui comptent vraiment.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 15h26
    |

                            Pierre-Yves Gomez (Professeur à l'EM Lyon)








                        



                                


                            
Entreprises. Dans son grand essai sur le processus de civilisation, L’Essor de l’Occident (1969), le sociologue allemand Norbert Elias (1897-1990) a montré que l’accumulation et la concentration monopolistique des ressources sont une loi constante des sociétés. Elle élimine la concurrence entre détenteurs de pouvoir locaux jusqu’à l’apparition de grands féodaux, eux-mêmes dépassés finalement par un des leurs qui établit un pouvoir dominant et bureaucratique en centralisant les ressources et les budgets.
A cette loi de concentration fait pendant une loi de désagrégation sociale, au terme de laquelle le pouvoir central décline et se dissout en d’innombrables pouvoirs locaux en concurrence les uns avec les autres, jusqu’à ce qu’émergent de nouvelles concentrations, des féodalités et finalement un nouveau cycle de concentration.
Norbert Elias examine en particulier la dynamique historique qui a fait naître la féodalité française à partir du XIe siècle et la compétition guerrière entre nobles instaurant le pouvoir des grands féodaux qui se partageaient la puissance et les ressources jusqu’à ce que l’un d’eux, le roi de France, par la force et par l’habileté, prenne l’ascendant et fonde l’Etat national.
« La société de cour »
C’est Louis XIV qui acheva cette concentration, Roi-Soleil autour duquel tous les « grands » devaient désormais graviter dans ce qu’Elias appelle « la société de cour ». En 1682, son centre physique fut établi au château de Versailles, ­destiné à mettre en scène la puissance organisée autour d’un roi qui pouvait dire : « L’Etat, c’est moi », et aux grands seigneurs : « Vos sujets sont mes sujets. »

Lorsque, trois siècles plus tard, le 22 janvier 2018, Emmanuel Macron ­invite à Versailles cent quarante patrons du monde entier pour un déjeuner avec son gouvernement, le rapport de force s’est inversé. Ces nouveaux « grands » dirigent les entreprises les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Dans sa chronique mensuelle, Corine Lesnes, correspondante du « Monde » à San Francisco, explique qu’un vent nouveau souffle sur ce haut lieu de la technologie californienne où l’époque est à l’autocritique.
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« Le temps presque “retrouvé” de la Silicon Valley »

Dans sa chronique mensuelle, Corine Lesnes, correspondante du « Monde » à San Francisco, explique qu’un vent nouveau souffle sur ce haut lieu de la technologie californienne où l’époque est à l’autocritique.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 14h00
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        



                                


                            
Transformations. Même les experts de Silicon Valley Speak qui analysent le jargon des « techies » ne l’ont pas vu venir. Tout va tellement vite dans l’univers des technologies… Le langage lui-même est bousculé. Il n’est qu’à écouter certains des magiciens du logiciel. Ils parlent si vite que leurs (bons) mots entrent dans le ­dictionnaire à vitesse accélérée. Selon Merriam-Webster, la bible de l’anglais américain, il a fallu trente ans pour ­intégrer le mot « télévision ». Pour « blog », apparu en 1999, cinq ont suffi.
Silicon Valley Speak est le nom d’un site créé par Rochelle Kopp, spécialiste du Japon, et son mari, Steven Ganz, ­informaticien. En 2016, le couple a ­publié un livre (Valley Speak, Genetius Publishing) à l’attention des nouveaux venus dans la baie de San Francisco. Il y décrypte les néologismes qui vont de pair avec la philosophie locale de destruction créative, la « disruption », mot qui a fait le tour du monde depuis son apparition dans un article en 1995.
Pour propager la bonne parole, certaines start-up ont même un « évangéliste en chef »
La Silicon Valley aime tout ce qui est nouveau, expliquent les auteurs. Elle aime aussi à inventer de nouveaux termes. Pour les nouvelles idées, bien sûr, mais aussi pour les anciennes, qu’elle reconditionne dans « un nouvel emballage ». Le jargon est un mélange d’agrégations : « Ten-eks », par exemple, ou « 10 X », pour décrire un ­employé qui fait le travail de dix programmeurs. Et d’habillage marketing. L’échec (failure) est une bénédiction (fail fast, « échouer rapidement », ­encore mieux). L’entreprise est un univers harmonieux où le directeur ou la directrice des ressources humaines (l’ex-chef du personnel) est rebaptisé chief happiness officer, « cadre chargé du bonheur ». Pour propager la bonne parole, certaines start-up ont même un « évangéliste en chef ».
Evolution des mentalités
Le jargon est parfois irritant....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », trois chercheurs estiment que faute de corriger le rapport de force au sein de la chaîne de distribution, la réforme du SRP profitera principalement aux industriels et aux distributeurs.
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« Relever le seuil de revente à perte est une fausse bonne idée »

Dans une tribune au « Monde », trois chercheurs estiment que faute de corriger le rapport de force au sein de la chaîne de distribution, la réforme du SRP profitera principalement aux industriels et aux distributeurs.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 15h19
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Relever le seuil de revente à perte (SRP) des distributeurs de 10 %, comme le propose le nouveau projet de loi à la suite des Etats généraux de l’alimentation, ne permettra pas d’atteindre l’objectif affiché d’améliorer le revenu des agriculteurs. En revanche, on peut en attendre une hausse des prix de détail qui nuira aux consommateurs et profitera aux distributeurs et industriels les plus puissants. Cette réforme est une fausse bonne idée dont on comprend d’autant mieux l’attrait politique qu’elle a le don d’accorder industriels et distributeurs sur le dos des consommateurs.
Les torts causés par les mauvaises définitions du SRP adoptées par le passé ont été largement analysés et évalués
Concrètement, relever le SRP de 10 %, c’est imposer aux distributeurs de fixer le prix de détail de chaque produit au moins 10 % au-dessus de son prix d’achat effectif au fournisseur. Cette mesure les place face au choix suivant : soit, ils augmentent le prix de détail, quitte à mécontenter les consommateurs et à voir la demande pour le produit concerné diminuer, soit ils cherchent à faire baisser leur prix d’achat pour limiter l’augmentation des prix de détail. La seconde option renforce la pression exercée sur les fournisseurs les moins puissants de la filière, c’est-à-dire les agriculteurs, que cette mesure n’empêchera en rien de vendre leur production à perte.
Les torts causés par les mauvaises définitions du SRP adoptées par le passé ont été largement analysés et évalués. En 1996, la loi Galland a fixé le SRP d’un produit au prix unitaire d’achat sur facture, à l’exclusion des rabais fixes accordés par les producteurs aux distributeurs (les « marges arrière »). Pendant une dizaine d’années, cette définition a engendré une mécanique de prix très inflationniste. Ce seuil artificiellement élevé était d’autant plus dangereux qu’il devait être non différencié : chaque distributeur était alors assuré que ses rivaux auraient le même...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Les mystères du Grand Paris 7/10. La densification de la ville entraînée par le Grand Paris devraient booster la croissance, qui « ruissellerait » ensuite sur les territoires alentour. Mais cela appelle une coopération économique et politique beaucoup plus forte.
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Grand Paris : et si le « ruissellement » de l’emploi n’était pas automatique ?

Les mystères du Grand Paris 7/10. La densification de la ville entraînée par le Grand Paris devraient booster la croissance, qui « ruissellerait » ensuite sur les territoires alentour. Mais cela appelle une coopération économique et politique beaucoup plus forte.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 13h51
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 18h10
    |

                            Jean-Pierre Gonguet








                        



   


« Les métropoles françaises se caractérisent par le primat de l’institutionnel et de l’infrastructure : les structures administratives et le nombre de tonnes de béton que l’on coule ! Tout le reste passe au second plan, comme si, mécaniquement, la gouvernance et le béton, ou les rails de métro, allaient générer de l’emploi », dit en soupirant Nadine Levratto, directrice de recherches au CNRS. Dans un rapport pour la Société du Grand Paris réalisé avec Denis Carré et Clarisse Nguedam Ntouko et rendu public en janvier 2018, l’économiste recadre certaines hypothèses économiques sur la base desquelles a été pensé, il y a maintenant plus de dix ans, le Grand Paris Express.
Ces hypothèses sont fondées sur les travaux du Prix Nobel d’économie Paul Krugman, selon lesquels plus les populations se concentrent, plus les métropoles se densifient, et plus l’économie gagne en efficacité et en productivité. Ce sont les « effets d’agglomération » qui accélèrent la croissance des métropoles, laquelle « ruisselle », se diffuse ensuite dans les territoires autour.
Nul ne conteste plus ces effets d’agglomération qui justifient un Grand Paris Express pour favoriser concentration, densité et efficacité. Mais Nadine Levratto s’étonne que si peu de personnes s’interrogent sur les conditions qui permettent à ces effets d’agglomération de jouer. « A aucun moment on ne se demande comment activer ces effets, relève-t-elle. A aucun moment on ne cherche à structurer les politiques publiques à mettre en place, pour les impulser. Comme si ces effets d’agglomération allaient de soi, une fois qu’on a mis en place les bonnes infrastructures ! »
Anticiper les effets positifs d’une nouvelle gare
Cette pensée mécaniciste qui ne lui convient guère a conduit Nadine Levratto et ses deux confrères à étudier la dynamique en emplois des 1 300 communes d’Ile-de-France, et, ensuite, à regarder la perspective économique qu’elles seraient en mesure d’espérer avec l’arrivée du métro automatique. « L’idée, explique-elle, était que s’il y avait ruissellement en emplois, on pourrait alors anticiper des effets positifs d’une nouvelle gare. Un exercice somme toute assez basique, mais jamais réalisé, car on a toujours postulé que les nouvelles gares auraient des effets d’entraînement forts dans la proximité immédiate. »
Le résultat est inverse ! Aucune commune de l’une des futures gares ne semble avoir de dynamique d’emplois supplémentaire à ce que prévoit la croissance naturelle de la région. « Aucun effet de débordement n’est perceptible sur les territoires concernés, observent les trois économistes, qui ont exploré toutes les formes d’activités économiques présentes localement, pour finalement « mettre en évidence le caractère morcelé de l’économie francilienne et la rareté des effets de débordement ». L’effet structurant du Grand Paris Express et de ses gares n’a donc rien d’évident pour l’ensemble de la région. Même les communes à forte croissance en emplois qualifiés n’entraînent que peu les communes autour d’elles, soulignent-ils.
Coopération
La conclusion peut paraître brutale : autant d’investissements pour un résultat aussi faible ! Mais elle a aussi un versant très positif. Car l’observation est loin d’affirmer que les effets d’agglomération ne marchent pas ; elle montre surtout qu’ils ne se déclencheront pas tout seuls. Créer des infrastructures ne suffit pas. « Les dynamiques économiques territoriales ne tiennent pas tant aux structures, à la composition du secteur productif ou aux secteurs d’activité ; elles s’appuient surtout, comme le souligne la Banque mondiale, sur un climat des affaires propre à chaque territoire, expose Nadine Levratto. Or en région parisienne, ce climat est actuellement plutôt négatif. Le territoire a un potentiel élevé mais il est en partie détruit par un fractionnement, des clivages politiques et institutionnels, une faible coopération entre les milieux économiques et politiques. Sur la métropole du Grand Paris, la coopération des acteurs est très faible. »

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Autrement dit les effets d’agglomération ne joueront qu’avec davantage de coopération, une moindre concurrence entre territoires, une harmonisation de leurs stratégies. « Les coopérations initiées par des acteurs locaux connaissant le tissu économique de proximité sont ce qu’il a de plus efficace et de plus cohésif. Certaines intercommunalités ont réussi à instaurer une telle dynamique. Cela commence même à donner des résultats », souligne Nadine Levratto. Et l’économiste d’ajouter : « Remettre en cause aujourd’hui ces coopérations, en privilégiant l’échelon de la métropole, ferait perdre tout le bénéfice de ces collaborations qui ont mis du temps à s’instaurer. Pour que la coopération s’installe, il faut que la confiance s’instaure, et cela prend du temps. Il faut des projets communs et de la stabilité politique. Les périmètres actuels et discutés du Grand Paris ne corrigeront pas les disparités régionales, car le cœur de la métropole ne génère pas le ruissellement espéré. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Elles dénoncent les écarts entre leurs salaires et ceux des manutentionnaires – majoritairement des hommes – au sein du groupe britannique de supermarchés.
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Au Royaume-Uni, les caissières de Tesco réclament une compensation de 4,5 milliards d’euros

Elles dénoncent les écarts entre leurs salaires et ceux des manutentionnaires – majoritairement des hommes – au sein du groupe britannique de supermarchés.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 13h24
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Qui apporte le plus de valeur à Tesco, le groupe britannique de supermarchés : une caissière qui travaille dans un magasin ou un manutentionnaire qui range les marchandises dans un entrepôt ? Aucun des deux, répond Paula Lee, avocate au cabinet Leigh Day : « la question ne devrait vraiment pas se poser, ils contribuent de la même manière aux vastes profits de Tesco. »
Et pourtant, les salaires de l’enseigne britannique disent le contraire. En moyenne, les employés qui travaillent dans les magasins sont payés 8 livres de l’heure (9 euros), contre 11 livres pour ceux qui sont employés dans les centres de distribution. Or, les premiers sont très majoritairement des femmes, tandis que les seconds sont essentiellement des hommes. Si l’entreprise paie de la même façon les hommes et les femmes qui font exactement le même travail, elle a laissé des écarts de rémunération s’immiscer entre ces catégories.
Sur cette base, une centaine de caissières ont engagé, mercredi 7 février, une procédure judiciaire, pour demander compensation. La facture pourrait s’envoler pour Tesco. Si les caissières gagnent, la décision pourrait s’appliquer à environ 200 000 employés, la loi permettant de revenir six ans en arrière. Soit jusqu’à 4 milliards de livres (4,5 milliards d’euros) de compensation au total, selon les calculs de Leigh Day, qui représente les plaignantes.

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Il ne s’agit que de la toute première étape d’une bataille judiciaire qui devrait durer plusieurs années. Dans un premier temps, les deux parties doivent essayer de trouver un terrain d’entente auprès de l’ACAS, un service d’arbitrage des conflits du travail.
Leigh Day n’en est cependant pas à son coup d’essai. Le cabinet d’avocats a entamé des procédures similaires contre Asda et Sainsbury’s, deux autres grandes chaînes de supermarchés, enrôlant 20 000 plaignants. En juin 2016, le tribunal de l’emploi a tranché en faveur des caissières d’Asda, estimant que leur travail était d’une valeur équivalente à celui de leurs confrères des entrepôts. L’enseigne fait appel.

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L’argument de la « valeur similaire » d’emplois différents avait été utilisé avec succès contre la mairie de Birmingham. Les dames des cantines s’étaient érigées contre les salaires des éboueurs, estimant qu’il n’y avait aucune raison que ces derniers soient mieux payés. La cour suprême leur a donné gain de cause en 2013, condamnant la mairie à verser 757 millions de livres (850 millions d’euros) de compensation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Grâce à des droits de douane protecteurs, les constructeurs américains dominent le secteur. Craignant une sortie de l’Alena, l’accord de libre-échange nord-américain, ils relocalisent leur production.
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Le pick-up, histoire d’une réussite protectionniste

Grâce à des droits de douane protecteurs, les constructeurs américains dominent le secteur. Craignant une sortie de l’Alena, l’accord de libre-échange nord-américain, ils relocalisent leur production.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 12h55
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 12h59
    |

            Arnaud Leparmentier (Hastings (Nebraska), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Série « L’Amérique citadelle » (3/5). Pour aller à la rencontre des fermiers du Nebraska – républicains mais opposés au passage de l’oléoduc Keystone XL sur leurs terres –, nous avons opté pour un énorme pick-up noir, un Ram Rebel du groupe Fiat Chrysler. Pas un véhicule pour bobos new-yorkais, mais un vrai 4 × 4 capable de rouler dans les champs de maïs et de braver les intempéries des plaines désolées du Midwest. Le fait d’arriver à bord d’un tel engin, qui consomme seize litres aux cent kilomètres, nous a valu d’être adopté immédiatement par les fermiers.
Début janvier, Fiat Chrysler a annoncé qu’il allait rapatrier l’ensemble de sa production mexicaine de pick-up d’ici à 2020
Dans cette région aux routes défoncées, chacun ou presque possède un pick-up. Une vraie aventure américaine. Le pick-up Ram est fièrement assemblé dans l’usine de Warren (Michigan), 1 500 kilomètres à l’est du Nebraska. Si les Américains ne sont pas les meilleurs dans ce domaine, ils le sont devenus grâce aux droits de douane qui protègent le secteur. Et cela va se poursuivre, car Donald Trump est en train de réarmer la forteresse américaine.

Début janvier, Fiat Chrysler a annoncé qu’il allait rapatrier l’ensemble de sa production mexicaine de pick-up d’ici à 2020. Le président a adopté un ton triomphant, attribuant ce mouvement à sa réforme fiscale et aux baisses d’impôts. « Chrysler déplace une énorme usine du Mexique vers le Michigan, inversant une tendance qui prévaut depuis plusieurs années. Merci Chrysler ! C’est une décision très sage. Les électeurs du Michigan sont très heureux d’avoir voté Trump/Pence »,a-t-il écrit sur le réseau social Twitter.
La suite viendra sans doute de General Motors (GM), qui louvoie à propos de son usine mexicaine, tandis que Ford peut se targuer d’être un élève modèle, ne produisant ce type de véhicule que sur le sol américain. Si les constructeurs font bouger les lignes, ce n’est pas tant parce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Face aux Etats-Unis, la dynamique d’exportation du crustacé est favorable au Canada, grâce au CETA. Mais les Américains comptent sur leurs capacités logistiques pour rester dans la course.
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Des grains de sable dans le homard mondialisé

Face aux Etats-Unis, la dynamique d’exportation du crustacé est favorable au Canada, grâce au CETA. Mais les Américains comptent sur leurs capacités logistiques pour rester dans la course.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 12h53
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 13h50
    |

            Arnaud Leparmentier (Eliot (Maine) et Centreville (Nouvelle-Ecosse), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Le lieu est ultrasécurisé. Pour y pénétrer, il faut porter un badge et être accompagné d’un haut responsable. Bienvenue dans une... usine d’expédition de homards vivants, perdue en Nouvelle-Ecosse, sur la côte atlantique du Canada.
Une fois le crustacé sorti de l’eau, une course contre la montre s’engage. Il doit être dans les restaurants de Pékin, Nice ou Miami dans un délai de 55 heures. Impossible d’être inspecté systématiquement à la douane, ce serait condamner le homard à mort. En contrepartie d’une sécurité draconienne, Gidney Fisheries, l’entreprise dirigée par Robert MacDonald, a droit à un passage accéléré.

Ses homards sont acheminés à Londres via Halifax. A partir de là, il est facile d’approvisionner le marché européen. Le homard américain, c’est l’histoire de la mondialisation heureuse. Il est expédié à travers la planète comme on exporte les fleurs du Kenya aux élites mondialisées. Passons sur la querelle avec le homard breton, réputé plus savoureux et à la chair plus ferme : il n’est pas dans la course, les quantités pêchées étant négligeables.
Nul ne sait ce qu’il adviendra de la liberté de circulation des homards lorsque le Brexit deviendra effectif. Pour l’heure, Robert MacDonald bénéficie de l’entrée en vigueur du CETA, le traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne. Depuis l’automne 2017, les droits de 8 % sur le homard vivant sont supprimés, tandis que ceux de 16 % et 20 % sur le homard congelé ou cuisiné vont disparaître en trois à cinq ans.
Pêche miraculeuse
Si l’effet ne s’est pas fait sentir à Noël, M. MacDonald compte sur les mois d’hiver, au cours desquels le homard des Etats-Unis n’est pas pêché, pour aller ravir des parts de marché aux Américains en Italie, en France et en Espagne. La dynamique est favorable au Canada, qui compte sur le traité transpacifique (TPP) pour exporter au Vietnam et n’est plus handicapé par rapport aux Américains depuis l’entrée en vigueur d’un accord...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Le PDG Alexandre Ricard continue à imprimer sa marque sur le groupe familial.
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Pernod Ricard : une valse de nominations remodèle le comité exécutif

Le PDG Alexandre Ricard continue à imprimer sa marque sur le groupe familial.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 12h48
    |

            Laurence Girard








                        



   


Quasiment trois ans, jour pour jour, après avoir été intronisé à la tête de l’entreprise familiale, Alexandre Ricard continue à imprimer sa marque sur le groupe Pernod Ricard. Une valse de nominations a été annoncée jeudi 8 février, à l’occasion de la publication des résultats semestriels.
« Notre organisation est un organisme vivant qui se transforme en permanence pour s’adapter à ses consommateurs et son environnement », dit en exergue le patron du deuxième groupe mondial de spiritueux pour justifier le remodelage du comité exécutif (Comex) du groupe. Concrètement, Christian Porta, entré dans le groupe en 1988 et actuel PDG de la région EMEA-Latam, c’est-à-dire Europe, Moyen-Orient, Afrique, Amérique du Sud devient directeur général adjoint, Global Business Development, un poste nouvellement créé.

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Il aura sous sa responsabilité tous les patrons de marque et sera rattaché directement à Alexandre Ricard. Son rôle sera de veiller à la bonne allocation des ressources en fonction des arbitrages faits dans chaque pays pour pousser une marque plutôt qu’une autre. Il sera remplacé à son poste par l’actuel directeur général adjoint en charges des finances Gilles Bogaert. Ce mouvement permet l’entrée en scène dans le Comex d’une nouvelle figure, Hélène de Tissot, nommée directrice finances.

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Un retour à meilleure fortune du marché chinois
Mais il y a aussi des départs, comme celui de Philippe Savinel, qui prend sa retraite après avoir mené à bien le rapprochement de Pernod et Ricard en France et sera remplacé par Philippe Coutin, qui fera, lui aussi, son entrée au Comex. Ou celui de Laurent Lacassagne, PDG de Chivas Brothers, qui quitte le groupe.
« Je ne suis pas là pour réinventer la roue, je ne m’inscris pas dans le changement mais dans l’accélération », avait martelé Alexandre Ricard dès sa prise de pouvoir.
Dès sa prise de pouvoir, M. Ricard l’avait martelé : « Je ne suis pas là pour réinventer la roue, je ne m’inscris pas dans le changement mais dans l’accélération. » Cette volonté de pousser les feux avec le portefeuille de marques dont dispose le groupe français s’illustre dans les résultats du premier semestre de l’exercice fiscal 2017-2018, clos le 31 décembre. Hors effets de change négatifs, le chiffre d’affaires a progressé de 5,1 % à 5,082 milliards d’euros. Le résultat opérationnel courant hors effets de change augmente également de 5,7 % à 1,496 milliard d’euros. Le résultat net bondit, lui, de 25 % à 1,147 milliard d’euros, grâce, il est vrai, à des éléments exceptionnels.

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Pernod Ricard bénéficie du retour à meilleure fortune du marché chinois. La marque de cognac Martell en profite et affiche une croissance de 10 % sur cette période. Seul le whisky Jameson fait mieux avec une progression de 12 % des ventes. Dans ce contexte, le groupe de spiritueux a révisé à la hausse ses prévisions de croissance du résultat opérationnel courant pour l’exercice en cours, comprises désormais entre 4 et 6 %.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Dans cet Etat du nord-est des Etats-Unis, la société Island Seafood s’est spécialisée dans l’exportation du crustacé vers l’Europe et l’Asie. Un travail qui nécessite vitesse et délicatesse.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Le ministre de l’intérieur annonce les grandes lignes de la police de sécurité du quotidien, déployée jeudi.
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Police de sécurité du quotidien : « 30 quartiers bénéficieront de moyens supplémentaires », déclare Gérard Collomb au « Monde »

Le ministre de l’intérieur annonce les grandes lignes de la police de sécurité du quotidien, déployée jeudi.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 12h44
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 14h13
    |

            Julia Pascual, 
Louise Couvelaire et 
Bastien Bonnefous








                        



                                


                            

Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, lance, jeudi 8 février la police de sécurité du quotidien, une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. Il en dévoile les grandes lignes au Monde. Déployée en priorité dans certains territoires, elle vise à insuffler « un nouvel état d’esprit » parmi les forces de l’ordre. 
M. Collomb dévoile notamment que 30 quartiers prioritaires de « reconquête républicaine » ont été ciblés en zone police et que 20 départements seront estampillés « mieux accompagnés » en zone gendarmerie.
Vous lancez la police de sécurité du quotidien (PSQ). Est-ce une nouvelle doctrine pour les policiers qui interviennent sur la voie publique ?
Personne ne peut se satisfaire de la situation actuelle, où l’insécurité est forte et où les forces de l’ordre ont souvent le sentiment de perdre du terrain. Plus de 70 000 policiers et gendarmes ont répondu à un questionnaire. C’est à partir de leur ressenti que nous avons défini la police de sécurité du quotidien. Ce sera une police aux ambitions renouvelées – les forces de l’ordre doivent retrouver un sens à leur métier ; une police respectée, parce que dotée de moyens nouveaux ; « sur-mesure » car il faut adapter la réponse à chaque territoire ; connectée parce qu’elle intégrera la révolution numérique. Elle sera, enfin, partenariale parce que travaillant avec les maires et leurs polices municipales, les entreprises de sécurité privée, mais aussi la population. Je veux redonner une vraie responsabilité aux cadres locaux, car nous sommes dans un système où trop souvent tout se décide vu de Paris.
Allez-vous mettre fin à la politique du chiffre ?
Oui. Nous ne serons plus dans une politique du chiffre et du « reporting » comme par le passé. Je préfère des policiers qui prennent le temps d’enquêter pour arrêter les délinquants plutôt que de consacrer une grande partie de leur journée à faire...




                        

                        

