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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Le cofondateur du Mémorial du camp des Milles, ancien de la 2e division blindée, est mort le 3 février à l’âge de 103 ans
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La mort du résistant Sidney Chouraqui

Le cofondateur du Mémorial du camp des Milles, ancien de la 2e division blindée, est mort le 3 février à l’âge de 103 ans



Le Monde
 |    08.02.2018 à 17h43
    |

                            Philippe-Jean Catinchi








                        


                                                        
Résistant, ancien de la 2e division blindée (2e DB) et cofondateur du Mémorial du camp des Milles, Sidney Chouraqui est mort le 3 février à l’âge de 103 ans.
Quand Isaac Sidney Chouraqui naît en terre algérienne, territoire alors français, dans le département d’Oran, à Sidi Bel Abbès le 13 octobre 1914, la guerre fait déjà rage en Europe, et son père, céréalier minotier, est engagé dans le corps expéditionnaire français qui part combattre aux Dardanelles les Turcs, alliés de la Triplice.
Avec le retour à la paix, la situation de son père, florissante jusqu’aux effets de la crise économique qui bouleverse les équilibres au début des années 1930, autorise un parcours studieux sans faute à Isaac Sidney, d’autant qu’il grandit au sein d’une famille unie et aimante. Mais il souffre d’être confronté très tôt à l’antisémitisme, à la xénophobie et au racisme, et, ce, de façon continue. Aussi décide-t-il de devenir avocat et il s’établit à Casablanca.
Deux ans de service militaire, au 9e régiment de zouaves d’Alger (1935-1937), puis la découverte du Maroc. Un véritable coup de foudre. Aussi s’y installe-t-il pour ses années de stage d’avocat. C’est là qu’il est mobilisé en 1939 et est affecté à Meknès, où la drôle de guerre s’éternise quand en métropole l’invasion allemande met à terre la République. Quand Pétain demande un armistice aux Allemands en juin 1940, livrant la France à Hitler, il décide de résister.
« Pas de justice dans l’injustice ! »
S’il ne parvient pas à répondre à l’appel de De Gaulle et à rejoindre Londres, avec son ami, confrère et coreligionnaire Max Guedj, natif de Sousse et fils du bâtonnier du barreau de Casablanca, il constitue un petit groupe d’activistes qui, par l’intermédiaire de Maurice Schumann, animateur de l’émission de la BBC « Les Français parlent aux Français », entre en contact avec Londres et le leader de la France libre.
Mais victime du « statut des juifs » édicté par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Question de droit social. La Cour de cassation exige une durée et un périmètre raisonnables aux clauses de cet « après-contrat » qui pouvaient provoquer pour l’ancien salarié une longue période de chômage.
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Les aléas de la clause de non-concurrence

Question de droit social. La Cour de cassation exige une durée et un périmètre raisonnables aux clauses de cet « après-contrat » qui pouvaient provoquer pour l’ancien salarié une longue période de chômage.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 15h00
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            
Pour fidéliser les meilleurs collaborateurs en leur fermant le marché sur lequel ils ont le plus de chances de se reclasser à un meilleur prix, certains contrats de travail contiennent une clause de non-concurrence à l’exceptionnelle particularité : elle n’est pratiquement effective qu’à la mort du contrat qui l’a fait naître. Elle ne vise donc que l’après-contrat, alors qu’au nom de la loyauté contractuelle, une obligation de non-concurrence s’impose naturellement au salarié pendant toute l’exécution de celui-ci : sous peine de licenciement pour faute, on ne peut être à la fois collaborateur et concurrent. La simple création à l’insu de son employeur d’une entreprise directement concurrente, même en l’absence d’actes de concurrence déloyale ou de détournement de clientèle, constitue même une faute grave (Cass. Soc. 30 novembre 2017).
Choquée par certaines de ces clauses de non-concurrence (par exemple, quatre ans pour un laveur de vitres) qui provoquent parfois une longue période de chômage, la Cour de cassation a reviré le 10 juillet 2002. Au visa du « principe fondamental de libre exercice d’une activité professionnelle » (pas seulement salariale), elle exige une durée et un périmètre raisonnables, et, sous peine de nullité, l’obligation pour l’employeur de verser au salarié une contrepartie financière pendant toute la durée de l’interdiction, ce qui a réduit de façon drastique le nombre de ces clauses.
« Clause de respect de la clientèle »
Des entreprises ont alors cherché à contourner l’obstacle en leur donnant une autre dénomination : « clause de respect de la clientèle », interdisant à une assistante juridique, par exemple, d’« exercer directement ou indirectement une activité d’assistance juridique pendant trente-six mois suivant la cessation de ses fonctions » dans l’arrêt du 18 janvier 2018. La dénomination a été requalifiée en clause de non-concurrence, avec versement de la contrepartie financière prévue par la convention...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Un collectif de femmes dénonce, dans une tribune au « Monde », le manque de moyens concrets prévus par le gouvernement pour répondre aux attentes et besoins révélés par le mouvement #Metoo.
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« Montrer une véritable détermination politique à éradiquer les violences faites aux femmes »

Un collectif de femmes dénonce, dans une tribune au « Monde », le manque de moyens concrets prévus par le gouvernement pour répondre aux attentes et besoins révélés par le mouvement #Metoo.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 15h00
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Le travail des associations féministes qui reçoivent les femmes victimes de violence, les écoutent, les hébergent, les accompagnent, expriment des revendications, participent à l’élaboration de propositions de loi et en rédigent même, luttent et manifestent, rejointes par des élus, trouve enfin un large écho.
Ces missions de service public, faute d’être prises en charge par l’Etat, sont ainsi assumées par des associations, sans moyens suffisants, sans réelle reconnaissance, et dont l’existence est parfois menacée.
La révolte #MeToo révèle l’ampleur du phénomène. La parole des victimes parvient enfin à être entendue. Nous ne voulons plus que les femmes victimes vivent bâillonnées avec la maladie et la mort au bout du silence. Une vague de fond déferle malgré les tentatives des thuriféraires de l’ordre ancien. Les historiens nous disent que l’accusation de puritanisme, d’entrave à la libre sexualité, de victimisation des femmes est un classique de l’antiféminisme depuis le XIXe siècle !

Le potentiel émancipateur est là, cinquante ans après mai-68. Une grande révolte politique, au sens noble du terme, peut permettre une accélération considérable dans la conquête des droits des femmes.
Instaurer une norme symbolique référentielle
Il est urgent d’apporter une réponse adaptée en matière de politiques publiques, au niveau national comme dans les collectivités, par l’application des lois existantes et par la rédaction de nouvelles lois, en y mettant les moyens nécessaires.
Comme dans bien d’autres domaines légiférer permet d’instaurer une norme symbolique référentielle qui contribuera à faire changer les mentalités.
Quel bilan tirons-nous aujourd’hui ?
L’application des lois est-elle défaillante ? Oui, puisque nombre de plaintes pour violences conjugales sont encore transformées en main courante. Oui, puisque le crime de viol est encore très souvent jugé comme un délit en correctionnelle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Présidée par Noëlle Lenoir, cette instance a pour mission de « questionner régulièrement l’ensemble des éléments de la procédure » d’accès à l’enseignement supérieur et remettra un rapport annuel public.
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Parcoursup : un comité scientifique et éthique va veiller à son bon fonctionnement

Présidée par Noëlle Lenoir, cette instance a pour mission de « questionner régulièrement l’ensemble des éléments de la procédure » d’accès à l’enseignement supérieur et remettra un rapport annuel public.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 13h56
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 15h47
   





                        



   


Le comité scientifique et éthique de Parcoursup, présenté mercredi 7 février, aura « un rôle de conseil et d’alerte » pour garantir que cette plate-forme qui remplace Admission post-bac (APB) soit « au service » des 800 000 candidats attendus. Il s’agit d’« une des réponses à la critique faite à APB d’avoir été un système sans aucune intervention humaine, opaque et dans lesquelles les réponses étaient dictées par des règles non transparentes, gouvernant l’algorithme », a déclaré la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, qui avait annoncé la création d’une telle instance à la suite d’un avis critique de la Commission informatique et libertés (CNIL) sur APB.

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                APB : le gouvernement promet de se conformer aux demandes de la CNIL



Groupe indépendant placé auprès de la ministre, ce comité aura pour mission de « questionner régulièrement l’ensemble des éléments de la procédure Parcoursup », qui fait partie du projet de loi Orientation et réussite des étudiants qui définit de nouvelles règles d’accès à l’université, en discussion actuellement au Sénat. Ainsi, il devra « Garantir que les règles légales et réglementaires pour l’admission des futurs étudiants sont appliquées par la plate-forme » ; « Emettre un avis sur les évolutions des règles de fonctionnement de Parcoursup » ; « Evaluer les choix techniques et l’efficacité de la plate-forme pour l’admission des futurs étudiants » ; « Se prononcer sur les conditions d’ouverture du code informatique de la plate-forme » et « Proposer des pistes d’amélioration répondant en particulier aux attentes des usagers ». Il remettra chaque année un rapport public à la ministre.
Des spécialistes des algorithmes parmi les membres
La présidence a été confiée à l’ancienne ministre et ancienne membre du Conseil constitutionnel Noëlle Lenoir, aujourd’hui avocate spécialisée en droit public, droit de la concurrence et protection des données. Elle aura pour vice-président Gérard Berry, membre du Collège de France, où il est titulaire de la chaire « Algorithmes, machines et langages ». Parmi les quatre autres membres figure Julien Grenet, chargé de recherche au CNRS et professeur associé à l’Ecole d’économie de Paris, qui avait regretté auprès des parlementaires, en novembre, que les chercheurs en économie qui travaillent comme lui sur les algorithmes d’affectation scolaire et qui ont développé une expertise sur le sujet n’aient « pas été consultés par le gouvernement » sur le fonctionnement de la plate-forme avant son lancement…

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                APB : des chercheurs s’inquiètent du fonctionnement de la future plate-forme




        Lire aussi notre entretien avec Julien Grenet :
         

          Pourquoi l’algorithme APB mérite d’être sauvé



Le comité est en outre composé de Max Dauchet, professeur émérite de l’université de Lille, de Laure Lucchesi, directrice d’Etalab, la mission gouvernementale qui coordonne la politique d’ouverture et de partage des données publiques, et de Catherine Moisan, présidente du conseil de l’ESPE (Ecole supérieure du professorat et de l’éducation) de Créteil et de l’AFAE (Association française des acteurs de l’éducation).
Le comité d’éthique et scientifique ne sera « ni une juridiction ni une autorité administrative indépendante ». Ainsi, il n’exercera pas le rôle d’instruction des réclamations individuelles formulées auprès de la médiatrice de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, Catherine Becchetti-Bizot, « mais en sera informé ». Enfin, « La médiatrice aura un rôle consultatif au sein du comité. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ « Chaque année, il nous manque 10 000 diplômés dans la branche, dont une majorité d’ingénieurs », dit Rémi Ferrand, le délégué général de l’association Talents du numérique (ex-Pasc@line) qui réunit entreprises et établissements du numérique. Sur son blog, Olivier Rollot analyse les causes de cette tension.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Plutôt que de créer une nouvelle brigade spécialisée, le gouvernement ouvre des chantiers ambitieux dont les effets se feront attendre.
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La police de sécurité du quotidien : tournant ou rendez-vous manqué ?

Plutôt que de créer une nouvelle brigade spécialisée, le gouvernement ouvre des chantiers ambitieux dont les effets se feront attendre.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 12h45
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 17h10
    |

            Julia Pascual








                        



   


La police de sécurité du quotidien (PSQ) qu’a lancée le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, jeudi 8 février, sera-t-elle regardée dans dix ans comme un tournant dans l’histoire de la police française ? Ou comme un rendez-vous manqué ? Le contexte politique et social actuel est, à plusieurs égards, propice à une refonte ambitieuse de la sécurité publique. Parce que le malaise est profond au sein des forces de l’ordre qui, dans les commissariats, les brigades ou sur la voie publique, traitent de la délinquance ordinaire. Parce que les attentes sont nombreuses parmi la population. Parce que c’est un engagement de campagne du chef de l’Etat.

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                Police de sécurité du quotidien : « 30 quartiers bénéficieront de moyens supplémentaires », déclare Gérard Collomb au « Monde »



Alors que le précédent quinquennat a été accaparé par la lutte antiterroriste, Emmanuel Macron a promis une police « plus proche du terrain, mieux intégrée dans le tissu social des quartiers, mieux à même d’intervenir avec discernement et de traiter les problèmes de proximité ». Ce chantier s’ouvre quinze ans après l’enterrement de la police de proximité par Nicolas Sarkozy qui, ministre de l’intérieur, avait déclaré : « La police de proximité est là pour prévenir mais, si elle est faite au détriment du travail d’investigation et d’interpellation, elle ne sert à rien… »
Le basculement vers une police de l’intervention et de la répression a depuis montré ses limites. Les policiers et les gendarmes le disent, lorsqu’ils dénoncent les effets pervers d’une politique du résultat qui les pousse à faire du chiffre sans considérer la finalité de leur action. C’est multiplier les interpellations de « shiteux » ou de sans-papiers, accumuler les verbalisations d’automobilistes, en négligeant les trafics, en se détournant du travail de renseignement et des modes de régulation « douce ».
C’est aussi faire le constat d’un fossé qui se creuse entre la police et la population dans les quartiers pauvres. Régulièrement, l’actualité rappelle cette hostilité, à l’instar de la violente agression de quatre policiers au moyen de cocktails Molotov à Viry-Châtillon (Essonne) en octobre 2016, ou de l’interpellation du jeune Théo à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) en février 2017, victime d’un viol présumé au moyen d’une matraque télescopique.

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                Les délégués à la cohésion police-population, d’anciens « schmitts » qui tentent de « faire le lien »



Nombreux griefs
En ce sens, l’absence dans les mesures annoncées jeudi de toute réflexion sur les contrôles d’identité – dont la forme routinisée et discriminatoire est documentée – fera des déçus. Quant aux nombreux griefs sur lesquels achoppe le « malaise policier », qui vont du sentiment d’une réponse judiciaire inadaptée au manque de moyens, en passant par la lourdeur de la procédure pénale, ils ne devraient pas trouver d’issue à court terme.
Le choix de Gérard Collomb est que sa réforme « infuse » tout au long du quinquennat. S’il n’a pas cédé à la création d’une énième brigade spécialisée qui aurait prêché seule une façon de faire de la police différemment, ceux qui critiquaient le flou de la PSQ risquent d’être confortés dans leur scepticisme.

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                Les policiers résignés face à la réforme Collomb : « A chaque gouvernement, sa nouvelle appellation »



Des chantiers sont ouverts, et le gouvernement sera jugé sur ce qu’ils produiront à terme. Le recentrage des policiers sur leur cœur de métier, avec la suppression de certaines tâches, s’étalera sur plusieurs années ; la simplification de la procédure pénale sera négociée dans les prochains mois avec le ministère de la justice ; la réforme de la formation des policiers est encore incertaine et devra, pour réussir, s’affranchir des corporatismes de l’institution.
Ainsi en est-il aussi de la fin de la politique du chiffre, que promet le ministre de l’intérieur. Si l’évaluation de l’action de la police par la population, et l’association des maires à la définition de stratégies locales de lutte contre la délinquance ne restent pas des vœux pieux, elles feront date.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Le ministre de l’intérieur annonce les grandes lignes de la police de sécurité du quotidien, déployée jeudi.
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Police de sécurité du quotidien : « 30 quartiers bénéficieront de moyens supplémentaires », déclare Gérard Collomb au « Monde »

Le ministre de l’intérieur annonce les grandes lignes de la police de sécurité du quotidien, déployée jeudi.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 12h44
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 14h13
    |

            Julia Pascual, 
Louise Couvelaire et 
Bastien Bonnefous








                        



                                


                            

Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, lance, jeudi 8 février la police de sécurité du quotidien, une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. Il en dévoile les grandes lignes au Monde. Déployée en priorité dans certains territoires, elle vise à insuffler « un nouvel état d’esprit » parmi les forces de l’ordre. 
M. Collomb dévoile notamment que 30 quartiers prioritaires de « reconquête républicaine » ont été ciblés en zone police et que 20 départements seront estampillés « mieux accompagnés » en zone gendarmerie.
Vous lancez la police de sécurité du quotidien (PSQ). Est-ce une nouvelle doctrine pour les policiers qui interviennent sur la voie publique ?
Personne ne peut se satisfaire de la situation actuelle, où l’insécurité est forte et où les forces de l’ordre ont souvent le sentiment de perdre du terrain. Plus de 70 000 policiers et gendarmes ont répondu à un questionnaire. C’est à partir de leur ressenti que nous avons défini la police de sécurité du quotidien. Ce sera une police aux ambitions renouvelées – les forces de l’ordre doivent retrouver un sens à leur métier ; une police respectée, parce que dotée de moyens nouveaux ; « sur-mesure » car il faut adapter la réponse à chaque territoire ; connectée parce qu’elle intégrera la révolution numérique. Elle sera, enfin, partenariale parce que travaillant avec les maires et leurs polices municipales, les entreprises de sécurité privée, mais aussi la population. Je veux redonner une vraie responsabilité aux cadres locaux, car nous sommes dans un système où trop souvent tout se décide vu de Paris.
Allez-vous mettre fin à la politique du chiffre ?
Oui. Nous ne serons plus dans une politique du chiffre et du « reporting » comme par le passé. Je préfère des policiers qui prennent le temps d’enquêter pour arrêter les délinquants plutôt que de consacrer une grande partie de leur journée à faire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Le rapport ­sur la réforme de cet ­examen est présenté le 14 février en ­conseil des ministres. Va-t-il corriger les failles de ce rite républicain ? Entretien avec la sociologue Annabelle Allouch sur la construction de ce « monument national », ses mythes et ses limites
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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« Le bac est un rite institutionnel et politique »

Le rapport ­sur la réforme de cet ­examen est présenté le 14 février en ­conseil des ministres. Va-t-il corriger les failles de ce rite républicain ? Entretien avec la sociologue Annabelle Allouch sur la construction de ce « monument national », ses mythes et ses limites



Le Monde
 |    08.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 16h45
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            
Annabelle Allouch est enseignante-chercheuse en sociologie à l’université de Picardie-Jules-Verne. Elle est l’auteure de La Société du concours. L’empire des classements scolaires (Seuil, 2017).
Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé une réforme du baccalauréat, diplôme auquel les Français sont très attachés. Peut-on dire qu’en France, le bac est une forme de « monument national » ?
En France, le baccalauréat est effectivement un rite de passage : à la fin de la terminale, le jeune est invité à réfléchir à sa vie professionnelle et à imaginer son avenir. C’est le moment où il passe symboliquement à l’âge adulte – parce qu’il obtient son bac, mais aussi parce qu’il accède à la majorité et qu’il obtient le droit de vote.
Mais le bac n’est pas seulement un rite individuel : c’est aussi un rite institutionnel et politique. En passant ses épreuves, l’élève rencontre la transcendance de l’Etat. Sa copie, anonyme, porte la mention « ministère de l’éducation nationale » : tout lui indique qu’il passe un examen national. Au baccalauréat, le candidat n’est pas jugé par un professeur, mais par l’Etat.
« L’anonymat de la copie est la promesse que tous les candidats seront jugés sur la même base – même si ce grand principe égalitaire et méritocratique ne se traduit pas dans la réalité »
Depuis le XIXe siècle, le baccalauréat est le symbole du monopole de la République sur la certification des diplômes : c’est lui qui impose les normes d’évaluation des savoirs. Sous la IIIe République, le certificat d’études incarnait déjà ce rapport aux institutions : avec ce diplôme national, l’Etat certifiait la valeur du citoyen. L’anonymat de la copie est la promesse que tous les candidats seront jugés sur la même base, sans considération pour leur origine sociale, leur sexe, leur ethnie ou leur lieu de résidence – même si ce grand principe égalitaire et méritocratique ne se traduit pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ D’où vient l’appellation du diplôme qui sanctionne la fin des études secondaires ? Les réponses du linguiste Maurice Tournier.
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Petite étymologie du baccalauréat

D’où vient l’appellation du diplôme qui sanctionne la fin des études secondaires ? Les réponses du linguiste Maurice Tournier.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 12h00
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            
Dans un texte publié en 1991 dans la revue Mots. Les langages du politique, le linguiste Maurice Tournier (1933-2013) s’amuse à traquer les origines du terme qu’il rebaptise malicieusement « bac à lauréats ». Et sa quête le conduit jusqu’à la ­Renaissance. « Officiellement, le baccalauréat est dû à François Ier, qui a institué sous ce nom un nouvel ordre de chevalerie, de type universitaire et non seigneurial, réservé aux hommes de lettres et de science méritants », écrit-il.
Maurice Tournier ne se satisfait cependant pas de cet héritage, qu’il juge sans doute trop récent : il remonte donc jusqu’à un mot de bas latin, baccalarius, qui ­signifie petit propriétaire foncier. Pendant le haut Moyen Age, son héritier, le bachelier de l’ancien français, désigne le possesseur de quelques arpents de terre, puis tout gentilhomme qui n’est pas suffisamment pourvu de biens pour être banneret (digne de bannière) ou qui n’a pas encore été armé chevalier.
Au XIIe et au XIIIe siècle, le terme se colore de nuances bienveillantes : dans La Chanson de Roland comme dans les œuvres du poète normand Wace, le bachelier est un jeune que l’on admire. « Le terme est universellement laudatif, constate Maurice Tournier. Son sème majeur semble bien être la jeunesse. Il a fini par désigner au Moyen Age tout homme jeune et libre – donc aussi non marié. C’est ce dernier sème qui se perpétue dans bachelor en anglais et dans bachelette en français, la fille à marier. »
Faut-il faire un lien entre le baccalauréat d’aujourd’hui et les cérémonies durant lesquelles les jésuites, à partir du XVIe siècle, ceignent le front des élèves méritants de baies de laurier, bacca laurea ou bacca lauri en ­latin ? Maurice Tournier s’y hasarde avec délice. « On imagine que le mot baccalarius, sous l’influence de ces couronnes,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Les « sages » ont censuré les mots « nationalité française », qui réservaient jusqu’alors ces avantages aux seules victimes françaises.
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Le Conseil constitutionnel reconnaît le droit à des pensions aux victimes non françaises de la guerre d’Algérie

Les « sages » ont censuré les mots « nationalité française », qui réservaient jusqu’alors ces avantages aux seules victimes françaises.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 14h38
   





                        


Dans une décision rendue publique jeudi 8 février, le Conseil constitutionnel a étendu le droit à des pensions aux victimes d’actes de violence pendant la guerre d’Algérie à l’ensemble des personnes qui résidaient alors dans le pays, quelle que soit leur nationalité.
Le Conseil constitutionnel avait été saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déposée par Abdelkader K., victime à l’âge de 8 ans des violences liées au conflit en Algérie.
Ce dernier contestait la constitutionnalité de l’article 13 de la loi du 31 juillet 1963 qui a créé un régime d’indemnisation des personnes de nationalité française victimes de dommages physiques subis en Algérie entre le 31 octobre 1954 et le 29 septembre 1962, dates du début et de la fin du conflit.
Dans leur décision, les « sages » relèvent que l’objet des dispositions contesté était « de garantir le paiement de rentes aux personnes ayant souffert de préjudices résultant de dommages qui se sont produits sur un territoire français à l’époque ».
Principe d’« égalité devant la loi »
Ils jugent que le législateur de l’époque « ne pouvait, sans méconnaître le principe d’égalité devant la loi, établir (…) une différence de traitement entre les victimes françaises et celles, de nationalité étrangère, qui résidaient sur le territoire français au moment du dommage qu’elles ont subi ».
Les « sages » considèrent enfin que cette différence de traitement n’est pas plus acceptable en ce qui concerne les ayants droit des victimes mortes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Le maire de la ville, Damien Carême, réclame davantage de moyens de l’Etat pour nourrir les migrants.
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Grande-Synthe : un pas vers un nouveau camp

Le maire de la ville, Damien Carême, réclame davantage de moyens de l’Etat pour nourrir les migrants.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 11h24
    |

            Maryline Baumard et 
                                Laurie Moniez (Lille, correspondance)








                        



                                


                            

Une signature au bas d’un bail… Le coup de crayon serait anodin si ce contrat ne concernait pas une partie de l’ex-camp de migrants de Grande-Synthe (Nord). Le maire (EELV) Damien Carême, qui avait ouvert le premier espace humanitaire pour réfugiés de France, en mars 2016, vient de décider de garder jusqu’à l’été la ferme qu’il devait rendre à son propriétaire en ce début d’année. La prolongation de ce bail lui permet de maintenir au chaud la cinquantaine de Kurdes irakiens qui s’y sont installés, et lui laisse la possibilité de rouvrir un accueil pour les migrants sur sa commune, si le besoin s’en fait sentir.
« Après tout, estime l’élu, les sanitaires de l’ancien camp n’ont pas été incendiés, et cela permettrait aux réfugiés de se poser dans un endroit où ils pourraient planter des tentes, à défaut de reconstruire des cabanons en bois. » De l’ancien camp, dont les abris étaient partis en fumée en avril 2017, il reste en effet les cabanons communs et le corps de ferme.
Le maire de cette ville ouvrière de la banlieue de Dunkerque, très touchée par le chômage et la désindustrialisation, aimerait continuer à prouver qu’on peut accueillir dignement, et rappeler du même coup que l’accueil des réfugiés est possible s’il est organisé. « Quand il y a une connexion entre la population et les exilés, tout se passe bien », répète volontiers celui qui enchaîne les mandats municipaux depuis 2001.

« Pas d’autre solution »
Bien avant la vague de froid, mi-décembre 2017, l’élu avait déjà ouvert une salle de sport pour mettre à l’abri « tous ceux qui étaient encore dehors ». « Ces exilés sont dans la ville, alors je ne vois pas [d’]autre solution que [celle] d’organiser leur accueil », explique le maire à ceux qui seraient tentés de lui opposer l’argument d’un potentiel appel d’air.
En décembre, la mairie et les associations se sont donc réunies pour faire le point sur les besoins,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Paris veut que les combattants français soient jugés sur zone, malgré les risques d’évasion en Irak et l’instabilité politique des Kurdes de Syrie.
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Procès de djihadistes en Syrie et en Irak : un calcul risqué pour la sécurité des Français

Paris veut que les combattants français soient jugés sur zone, malgré les risques d’évasion en Irak et l’instabilité politique des Kurdes de Syrie.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 11h13
    |

            Soren Seelow, 
                                Allan Kaval et 
Hélène Sallon








                        



                                


                            

Les djihadistes arrêtés en Irak et en Syrie doivent-ils être rapatriés en France ou jugés sur place ? Conforté par une large majorité de l’opinion, le gouvernement a arrêté une ligne : les membres français de l’organisation Etat islamique (EI) seront jugés dans les pays où ils ont été arrêtés chaque fois que c’est possible. L’exécutif se fonde sur le droit et les principes : les populations locales étant les premières victimes de leurs exactions, leurs institutions sont a priori considérées comme légitimes à les juger.
Un enjeu, pourtant crucial, a jusqu’ici été occulté du débat public : celui de la sécurité des Français. L’Irak, qui a connu dans son histoire récente de spectaculaires évasions de djihadistes, et les autorités à dominante kurde du nord-est de la Syrie, qui n’ont aucune légitimité politique, offrent-elles plus de garanties que le système légal français ? Paris semble le penser : « La menace qu’ils représentent là-bas nous paraît moins forte que le retour immédiat de plusieurs dizaines de combattants », résume une source ministérielle.
Ce diagnostic s’appuie sur un constat : confronté à un phénomène inédit par son ampleur et sa virulence, le système antiterroriste français est au bord de l’asphyxie. L’effet de saturation touche tous les étages : justice, administration pénitentiaire et renseignement intérieur. L’absorption de dizaines de nouveaux combattants représenterait dès lors un « effort considérable », insiste cette source.
Un système légal saturé
Premier sujet d’inquiétude : la réponse de la justice antiterroriste, pourtant réputée pour sa sévérité. Depuis la loi du 21 juillet 2016, les djihadistes français encourent jusqu’à trente ans de réclusion criminelle. Mais à ce jour, un seul dossier a été jugé par la cour d’assises spéciale : celui de la famille Garrido, dont les parents et les trois enfants ont été condamnés en leur absence en avril 2017 à des peines de dix à quinze ans de prison.
Nul...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Gouvernement et opinion sont favorables à des procès dans la zone irako-syrienne. Mais des incertitudes juridiques et sécuritaires demeurent sur ce terrain en guerre.
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Djihadistes français capturés : le débat miné

Gouvernement et opinion sont favorables à des procès dans la zone irako-syrienne. Mais des incertitudes juridiques et sécuritaires demeurent sur ce terrain en guerre.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 16h28
    |

                            Service politique, 
Marc Semo et 
Elise Vincent








                        



                                


                            

Les autorités françaises le savent depuis le début : le sort des djihadistes arrêtés dans la zone irako-syrienne est un sujet miné, aux confins du juridique, du politique, du sécuritaire et du diplomatique. Or, sous le coup de l’émotion des familles de femmes capturées et de leurs avocats, le débat est devenu lancinant : ces djihadistes doivent-ils être jugés en France ? Faut-il exfiltrer mères et enfants ? Une situation compliquée à gérer pour l’exécutif alors que sur le terrain la guerre n’est pas terminée, et que le nombre de Français détenus – une centaine en Syrie, dont quarante adultes et soixante enfants, et six familles en Irak – « va continuer d’augmenter » selon une source proche du dossier. Près de 1 200 Français sont encore disséminés dans la région.
L’évolution du débat a cependant amené le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, à tenter de resserrer les rangs, mercredi 7 février. Invité de BFMTV, le chef de la diplomatie a paru vouloir éclairer la position française du « cas par cas » déclinée jusque-là par l’Elysée, la défense ou la justice sans lisibilité d’ensemble. Les combattants arrêtés en Irak ou en Syrie « ne seront pas rapatriés en France », a-t-il ainsi clairement soutenu, ajoutant : « Ce sont des combattants, donc ce sont des ennemis. »
M. Le Drian a cependant levé les interrogations sur les enfants : eux seuls pourront être « rapatriés ». Pour les éventuelles condamnations à mort de djihadistes jugés en Irak, dont Paris reconnaît le système judiciaire, la France fera « savoir sa position » contre la peine capitale, a-t-il ajouté, confirmant les déclarations de la ministre de la justice le 28 janvier, qui avait précisé que Paris pourrait « négocier » si le cas se présentait. Une constante lorsque des Français sont condamnés à l’étranger, en vertu de la protection consulaire. Huit sont dans cette situation aujourd’hui dans le monde.
« Si...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ La majorité de droite a introduit un amendement qui renforce la sélection à l’entrée en licence, considérée comme « un gage de réussite pour les étudiants ». Les députés auront le dernier mot.
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Accès à l’université : le Sénat voudrait définir les capacités d’accueil en fonction des débouchés

La majorité de droite a introduit un amendement qui renforce la sélection à l’entrée en licence, considérée comme « un gage de réussite pour les étudiants ». Les députés auront le dernier mot.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 11h16
   





                        



   


Le Sénat a commencé, mercredi 7 février, l’examen du projet de loi sur l’« orientation et réussite des étudiants » réformant l’accès à l’université. La Haute Assemblée, où la droite est majoritaire, a ajouté au texte de nouveaux critères afin d’officialiser et de renforcer la sélection.
Un amendement du rapporteur Jacques Grosperrin (Les Républicains, LR), adopté en commission, prévoit ainsi de définir les capacités d’accueil de chaque licence en fonction du taux de réussite et de l’insertion professionnelle. « Ce ne sont pas les vœux des candidats qui doivent guider les choix d’ouvertures de places dans les filières de l’enseignement supérieur, mais les débouchés professionnels réels qui s’offrent aux diplômés », a argué l’élu du Doubs. « La sélection est une chance, a-t-il dit. Elle représente une solution juste et égalitaire, profondément républicaine, gage de réussite pour les étudiants. »
Le Sénat doit se prononcer jeudi sur ce texte en séance plénière, une fois examinés les quelque 200 amendements déposés. La procédure d’urgence ayant été choisie, le projet de loi fera ensuite l’objet d’une commission mixte paritaire (CMP), la semaine prochaine, chargée de trouver une version commune avec l’Assemblée nationale. En cas de désaccord, les députés auront cependant le dernier mot.

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                L’Assemblée nationale vote la réforme de l’accès à l’université



« Mesure de bon sens »
Colette Mélot (Les Indépendants) a qualifié de « mesure de bon sens » la proposition de M. Grosperrin, tandis que pour Laurent Lafon (Union centriste, UC) « le taux d’échec à l’université illustre les défauts qui subsistent dans notre système d’orientation ». Au contraire, l’opposition de gauche critique le texte. Pour Pierre Ouzoulias (Communiste républicain citoyen et écologiste – CRCE –, à majorité communiste), c’est l’ensemble du projet de loi qui « termine de légaliser la sélection à l’entrée de l’université » et qu’il faut combattre. « Le gouvernement fait le choix de restreindre l’accès à l’université en maintenant l’enseignement supérieur dans un état budgétaire critique, plutôt que de mener une politique ambitieuse de réinvestissement dans l’enseignement supérieur », a-t-il accusé.
Les sénateurs CRCE ont déposé lundi un recours en référé auprès du Conseil d’Etat pour obtenir la suspension de l’arrêté mettant en place Parcoursup. Il s’agissait de « contraindre le gouvernement à respecter les droits du Sénat et pour réaffirmer son attachement au libre accès des bacheliers à l’enseignement supérieur qui est une des composantes majeures du pacte républicain », avait-il expliqué.

        Lire aussi :
         

                Les six mois qui ont bouleversé l’accès à l’université



« Nous sommes opposés à toute idée de sélection, qu’elle soit sauvage, institutionnelle ou déguisée », a rappelé, de son côté, Sylvie Robert (Parti socialiste, PS). « Nous ne pouvons qu’approuver le dispositif d’accompagnement et les parcours individualisés mis en place, a-t-elle dit. Mais les mesures d’accompagnement nécessitent des moyens financiers. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Le ministre de l’écologie a reconnu jeudi l’existence d’une plainte, déposée en 2008, par une jeune femme « majeure », et classée « sans suite ». Il a assuré ne pas « avoir pensé » à démissionner.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Nicolas Hulot dément des rumeurs d’agression et de harcèlement sexuels

Le ministre de l’écologie a reconnu jeudi l’existence d’une plainte, déposée en 2008, par une jeune femme « majeure », et classée « sans suite ». Il a assuré ne pas « avoir pensé » à démissionner.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 14h13
   





                        



   


Le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, a tenu à démentir, jeudi 8 février sur BFM-TV, des rumeurs « ignominieuses » d’agression et de harcèlement sexuels qui le viseraient, avant la publication annoncée d’un article sur le sujet dans l’hebdomadaire Ebdo vendredi.
Interrogé sur une plainte pour agression sexuelle, il a reconnu son existence, précisant qu’elle avait été déposée en 2008, par une jeune femme « majeure », concernant « des allégations remontant à 1997 », et classée « sans suite ».
« Cette plainte a été classée sans suite, car non seulement l’affaire était prescrite, mais j’ai été auditionné par les gendarmes à ma demande, et les enquêteurs ont très rapidement considéré qu’il n’y avait rien qui permettrait de poursuivre cette affaire », selon l’ex-présentateur d’« Ushuaïa ».
Interrogé également sur l’existence d’accusations de harcèlement sexuel qu’aurait porté une ancienne collaboratrice, il a, de même, démenti : « La réponse est non et je le dis avec autant de force que la personne vous dira exactement la même chose », a-t-il déclaré.
« Il n’y a pas d’affaire ! »
« Je n’ai évidemment rien à me reprocher », a insisté Nicolas Hulot. « Cela fait mal, quand c’est injuste, quand c’est infondé, car moi, hier, on a fait pleurer mes enfants », a-t-il dit, se disant « dans une rage folle » et évoquant « un cauchemar ».
« Depuis que tout ça est en train de bouillonner, vous imaginez bien qu’avec le premier ministre et le président on se parle très régulièrement, a-t-il dit. Ils m’ont affirmé leur affection, leur confiance, bien entendu, d’autant plus qu’il n’y a pas à dire : “Il y a une affaire qui est en instruction et on va attendre.” Il n’y a pas d’affaire ! »
Edouard Philippe a adressé jeudi « un message de soutien » à son ministre. « Nicolas Hulot s’est exprimé avec sincérité et émotion sur les rumeurs dont il est l’objet depuis plusieurs jours. Ses explications ont été claires, précises, et nous n’avons aucune raison de douter de sa parole. Comme il l’a rappelé, la justice s’est prononcée. Le premier ministre a adressé à Nicolas Hulot un message de soutien dans cette épreuve qui l’affecte, lui et sa famille », a indiqué Matignon dans une brève déclaration à l’Agence France-Presse. En l’absence de mise en examen, l’Elysée a écarté toute démission du ministre, a précisé à la presse l’entourage du chef de l’Etat.
Nicolas Hulot a assuré n’avoir « pas pensé » à démissionner, tout en soulignant que « c’est ma famille qui prime, c’est sa résistance qui prime et c’est cela qui guidera ma décision, mes choix », a-t-il déclaré sur BFM-TV.
« Je n’ai pas peur de la vérité, j’ai peur de la rumeur, car c’est un poison lent qui tue. »
« Depuis des mois, je subis toutes sortes d’insinuations, de rumeurs, d’interrogations auprès d’hommes et de femmes que j’ai connus récemment ou alors il y a vingt, trente ans. Je me suis senti traqué. (…) On a examiné mon patrimoine, on m’a accusé d’être l’homme le plus riche de France. Mais là, on passe à un autre registre, on sort l’arme infaillible, celle qui blesse, qui tue. (…) On franchit une ligne rouge, on touche à mon honneur, à ma famille, à mes enfants. »
« Je ne laisserai pas la suspicion se développer »
Le contexte de « libération de la parole des femmes » est toutefois « nécessaire, salutaire ». Il « oblige les hommes à une forme d’introspection, moi, le premier », a souligné le ministre de la transition écologique. « On a une vie, j’ai 62 ans, on a eu des relations de séduction, peut-être que ce qui nous a semblé anodin à une époque ne l’est plus aujourd’hui, le ressenti des femmes s’exprime et c’est très bien. »
Concernant d’éventuelles suites judiciaires à la publication de telles informations, « on ne va pas brûler les étapes, on va regarder ce qui est dit demain, aujourd’hui », a répondu Nicolas Hulot. « Mais comprenez bien que je ne laisserai pas la diffamation, la suspicion, les insinuations se développer. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif, emmené par le journaliste et essayiste Aymeric Caron, annonce la fondation d’une nouvelle organisation politique, le Rassemblement des écologistes pour le vivant, particulièrement axé sur la défense des droits des animaux.
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Aymeric Caron : « Le Rassemblement des écologistes pour le vivant (REV) voit aujourd’hui le jour »

Dans une tribune au « Monde », un collectif, emmené par le journaliste et essayiste Aymeric Caron, annonce la fondation d’une nouvelle organisation politique, le Rassemblement des écologistes pour le vivant, particulièrement axé sur la défense des droits des animaux.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 09h09
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 11h37
    |

Benjamin Joyeux (Juriste en droit de l’environnement), Aymeric Caron (Journaliste et écrivain) et Malena Azzam (Ancienne porte-parole de l'associat...







                        



                                


                            

Tribune. L’écologie politique est dans l’impasse en France. Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a perdu aujourd’hui la crédibilité nécessaire pour porter le projet d’une société réinventée autour du respect de la planète et de tous ses habitants, humains comme non humains. Les guerres d’ego et les calculs mercantiles n’expliquent pas à eux seuls ce fiasco.
Une des principales faiblesses d’EELV réside dans son mode de pensée dépassé : ce parti prône encore une écologie trop anthropocentrée, qui prétend que la nature est au service de l’homme. D’après cette conception, les animaux non humains, les mers et les forêts ne sont que des « ressources » qu’il faut prendre soin de ne pas épuiser trop vite.
De ce fait, EELV s’accommode du modèle économique néolibéral et se contente de lutter contre ses conséquences les plus néfastes pour la planète. On peut qualifier ce modèle d’« écologie molle ».
Résultat : la défense des droits des animaux n’avance pas d’un pouce, l’industrie continue de faire la loi sur notre agriculture, notre politique énergétique reste indéfectiblement liée au nucléaire, la destruction de la biodiversité s’accélère, en même temps que la pollution de l’eau, de l’air et des sols.
La pollution engendre chaque année la mort de plus de 12 millions de personnes dans le monde, les pesticides en tuent 200 000 et l’antibiorésistance 700 000
Il y a peu pourtant, plus de 15 000 scientifiques de 184 pays signaient un texte dans la revue BioScience [et publié dans Le Monde le 13 novembre 2017], pour alerter sur la gravité de la situation actuelle. Entre 1990 et 2015, la surface des forêts mondiales a diminué de 129 millions d’hectares, ce qui équivaut à la surface de l’Afrique du Sud. La disponibilité d’eau douce par habitant a diminué de moitié depuis le début des années 1960. Les trois dernières années ont été parmi les plus chaudes jamais enregistrées, et le réchauffement climatique risque d’atteindre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ La banque a dégagé un bénéfice de 2,8 milliards d’euros en 2017. Le redressement de 2,2 milliards dans le cadre de l’affaire Kerviel ne devrait pas rattraper le groupe avant plusieurs années.
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Affaire Kerviel : vers un long bras de fer entre la Société générale et le fisc

La banque a dégagé un bénéfice de 2,8 milliards d’euros en 2017. Le redressement de 2,2 milliards dans le cadre de l’affaire Kerviel ne devrait pas rattraper le groupe avant plusieurs années.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 06h50
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 10h40
    |

                            Véronique Chocron








                        



                                


                            

L’année 2017 restera à plus d’un titre une année difficile pour la Société générale. La mauvaise nouvelle la plus retentissante concerne le bras de fer engagé avec l’administration fiscale dans le cadre de l’affaire Kerviel. Le groupe a, en effet, profité de la publication de ses comptes annuels, jeudi 8 février, pour lever en partie le voile sur le risque de redressement fiscal de 2,2 milliards d’euros qu’il encourt.
Pour mémoire, dans cette affaire de fraude commise par l’ex-tradeur Jérôme Kerviel, qui aura coûté 4,9 milliards d’euros à la banque française après sa mise au jour en 2008, un arrêt de la cour d’appel de Versailles du 23 septembre 2016 a conclu à une responsabilité partagée entre M. Kerviel et la Société générale dans ce scandale, du fait de « manquements » dans les procédures de contrôle au sein de l’établissement. Une conclusion de nature à remettre en cause l’octroi du crédit d’impôt de 2,2 milliards d’euros accordé à la banque, au titre du régime fiscal applicable aux sociétés déficitaires victimes de fraudes.
Déduire la perte Kerviel ?
A la toute fin du communiqué portant sur ses résultats annuels, la Société générale précise que « l’administration fiscale (…) a récemment confirmé qu’elle envisageait de remettre en cause la déductibilité de la perte occasionnée par les agissements de Jérôme Kerviel ». Mais la banque estime que « cette proposition de rectification est sans effet immédiat et devra éventuellement être confirmée par une notification de redressement adressée par l’administration fiscale, lorsque la Société générale sera en situation d’imputer les déficits reportables, issus de la perte, sur son résultat imposable ».
Or, selon les prévisions de la banque, « une telle situation ne se produira pas avant plusieurs années ». Si, le moment venu, l’administration décidait bel et bien de notifier le redressement, « le groupe Société générale ne manquerait pas de faire valoir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Le concours en fin de première année garantit le prestige des études médicales, mais pas l’identification des futurs bons médecins.
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Concours de médecine : un mode de sélection pertinent ?

Le concours en fin de première année garantit le prestige des études médicales, mais pas l’identification des futurs bons médecins.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 06h45
    |

                            Isabelle Maradan








                        



   


Une foule de prétendants et peu d’élus. « Une boucherie » même, selon certains universitaires. A la rentrée 2017, la première année commune des études de santé (Paces) a attiré près de 60 000 étudiants, dont environ 80 % ne poursuivront leurs études ni en médecine, ni en pharmacie, odontologie ou maïeutique. Réussir son année ne suffit pas pour décrocher un ticket d’entrée en deuxième année. C’est le rang de classement aux concours qui décide de l’obtention de l’une des places disponibles dans les différentes spécialités, dont le nombre est fixé chaque année par le gouvernement depuis 1971, le fameux « numerus clausus ».
Peu d’équivalences
Les étudiants qui échouent à la deuxième tentative « perdent », de fait, deux années. Une situation régulièrement dénoncée dans des rapports d’experts sur la filière. Car, contrairement aux classes préparatoires aux grandes écoles, la Paces n’offre pas ou peu d’équivalences.
Six universités veulent expérimenter, dès la rentrée 2018, la suppression du redoublement en première année au profit d’un concours remanié. Et des expérimentations visant à diversifier les voies d’entrée dans les études de santé sans passer par la Paces se développent dans une dizaine d’universités françaises. Mais ces alternatives (dont l’« Alter Paces ») sont encore marginales, et le concours de la ­Paces quasiment incontournable.
Le bonheur des prépas privées
A première vue, les prépas privées sont les grandes gagnantes de l’histoire, avec un accompagnement à la Paces facturé 3 000 euros en moyenne, mais pouvant atteindre 17 000 euros ! Elles ne sont pas les seules à être attachées au principe de ce concours, régulièrement remis en question. « Il profite d’abord à ceux qui le réussissent », lance Jean-Loup Salzmann, docteur en médecine et ex-président de la ­Conférence des présidents d’universités.
Portrait-robot du lauréat ? Bachelier scientifique, mention bien ou très bien, issu de catégories professionnelles élevées. Un enfant d’ouvriers en Paces est une exception statistique : il a 2,5 fois moins de chances d’intégrer la deuxième année de médecine qu’un enfant de cadres, selon un rapport de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, publié en 2015.
« Comment identifier, chez un jeune de 18 ans, la petite graine de bon médecin, rigoureux, humaniste et suffisamment résistant pour faire face à la mort ? » s’interroge Jean Sibilia, doyen de l’université de médecine de Strasbourg
« L’existence d’une forte sélection en amont apporte un certain prestige aux études médicales et contribue à garantir une forte sélection sociale, comme dans les grandes écoles », complète Marc-Olivier Déplaude, auteur de La Hantise du nombre. Une histoire des numerus clausus de médecine (Les Belles Lettres, 2015). Selon lui, cette « logique de statut » est – avec le fait d’être « suffisamment nombreux pour satisfaire les demandes, mais pas trop pour éviter une grande concurrence » – l’une des raisons de l’attachement des médecins libéraux au concours.
Le sociologue note également que le numerus clausus profite aux caisses de l’Assurance-maladie : « Plus il y a de médecins, plus cela coûte cher en honoraires et prescriptions. » Limiter le nombre de médecins est donc un moyen de réduire leur impact sur les dépenses de santé.
« Les meilleurs en quoi ? »
Quid de la pertinence du concours pour sélectionner ceux qui ont le potentiel pour devenir de bons médecins dans dix ans ? Jugeant que c’est l’outil utilisé pour sélectionner qui contraint le profil, le doyen de l’université de médecine de Strasbourg, Jean Sibilia, s’interroge : « La sélection sur les maths et la physique, bref, la docimologie classique [façon dont sont attribuées les notes par les correcteurs], avantage les meilleurs lycéens. Mais les meilleurs en quoi ? Comment trouver l’outil algorithmique qui permette d’identifier, chez un jeune de 18 ans, la petite graine de bon médecin, rigoureux, humaniste et suffisamment résistant pour faire face à la mort ? »
Le doyen est favorable à l’ouverture de 10 % à 20 % des places en deuxième année à des étudiants sélectionnés sur dossier et entretien. L’université de Strasbourg fait d’ailleurs partie des universités ayant déjà sorti un petit orteil de la voie unique du concours, avec l’Alter Paces, qui réserve quelques places en deuxième année à des étudiants issus d’une L2 ou L3 de sciences. Une évolution, pas une révolution. « Les services administratifs qui gèrent plusieurs milliers de dossiers n’en peuvent plus des réformes des études de santé », prévient Jean Sibilia.
Des métiers plus tournés vers l’humain
Si Yanis Merad, le président de l’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf), se réjouit de la « multiplication des voies d’entrée en deuxième année », il estime que la sélection des futurs médecins « ne peut plus reposer uniquement sur les sciences et l’apprentissage par cœur, très présent en Paces comme en deuxième cycle ».
Etudiant en quatrième année de médecine, il déplore que l’on entende « encore régulièrement que si on fait médecine, c’est pour en baver. C’est une forme de bizutage intergénérationnel ». Selon lui, le profil très scientifique « de gens qui triment de façon individualiste pour les concours » ne correspond plus « à l’évolution des métiers de la santé et de la médecine de plus en plus tournés vers l’humain ».
Davantage de stages notés
Ancien président de Paris-XIII, Jean-Loup Salzmann relève que « les épreuves actuelles permettent de sélectionner une forme d’esprit, sur la mémoire, l’abstraction et la puissance de travail ». La sélection idéale devrait, selon lui, se faire « à la manière de l’Alter Paces, mais pour tous les étudiants et pas seulement pour 10 à 20 % du numerus clausus. Elle concernerait les meilleurs des différentes licences disciplinaires, après deux ou trois ans de licence, avec un concours en contrôle continu plutôt qu’un examen terminal »
L’ex-président de la CPU préconise également de mettre en place « davantage de stages notés, durant lesquels on regarderait bien ce qu’il en est de l’empathie, de la motivation et de la présence au lit du malade, cela afin d’éviter de se retrouver avec de très bons étudiants mais qui ne supportent pas cette dimension essentielle du métier ».
A l’heure où l’intelligence artificielle parvient à coiffer n’importe quel médecin en matière d’analyses de données et de diagnostic, le président de l’Anemf plaide également pour une meilleure prise en compte des « compétences relationnelles et professionnelles » dans l’évaluation des futurs professionnels de santé. Jean Sibilia assure que la réforme du deuxième cycle d’études de médecine, l’externat, proposée par la Conférence des doyens d’université aux ministres de la santé et de l’enseignement supérieur, va dans ce sens. « Mais il n’y a pas de compétences sans connaissances, prévient le doyen strasbourgeois. Et il ne faudrait pas laisser toute la connaissance au robot. »

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Le Monde publie, dans son édition datée du jeudi 8 février, un supplément dédié aux nombreux concours de l’enseignement supérieur, qu’il s’agisse de l’accès aux études de médecine, aux grandes écoles, et des « prépas » qui permettent de les réviser. Ses différents articles sont progressivement mis en ligne sur Le Monde.fr Campus, rubrique Concours.








                            


                        

                        


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Les posts Facebook complotistes d’une candidate de « The Voice » provoquent la polémique

Des internautes ont exhumé les publications de Mennel Ibtissem, 22 ans, qui participe au télécrochet de TF1, publiés après les attentats de Nice et Saint-Etienne-du-Rouvray.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 11h20
    |

                            Mathieu Ait Lachkar








                        



   


Elle avait reçu les ovations du public de « The Voice » samedi 3 février pour son interprétation du morceau Hallelujah de Leonard Cohen. Mais Mennel Ibtissem, 22 ans, n’a pas uniquement retenu l’attention pour sa performance. Après la diffusion de l’émission, certains internautes sont allés fouiller dans les anciennes publications de la chanteuse sur les réseaux sociaux. Des posts Facebook, supprimés depuis, dans lesquels elle s’exprimait après les attentats de Nice et de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), en juillet 2016.
Après celui survenu sur la promenade des Anglais, le 14 juillet 2016, elle affirmait que « c’est devenu une routine, un attentat par semaine. Et toujours pour rester fidèle, le “terroriste” prend avec lui ses papiers d’identité. » Ajoutant, « c’est vrai que quand on prépare un sale coup, on n’oublie surtout pas de prendre ses papiers #PrenezNousPourDesCons. » Deux semaines plus tard, après l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, elle haranguait : « Les vrais terroristes, c’est notre gouvernement. »
Face à ces propos complotistes, les réactions ont vite afflué. Valérie Boyer, députée Les Républicains des Bouches-du-Rhône, a dénoncé sur Twitter la teneur de ces messages, s’indignant au passage du fait que la candidate portait le voile sur le plateau du télécrochet. Françoise Laborde, ancienne membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel a aussi réagi, tout comme Philippe Vardon, conseiller régional Front national en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui a évoqué « une véritable insulte aux victimes de l’attentat islamiste de Nice ».
Le mal est fait
Mennel Ibtissem a alors souhaité clarifier sa position. « On me prête des intentions qui ne sont pas les miennes. (…) J’aime la France. Je condamne bien évidement avec la plus grande fermeté le terrorisme. (…) Je comprends que ces messages choquent et je m’en excuse », a-t-elle notamment publié sur les réseaux sociaux.
Mais le mal est fait. Au point de peut-être compromettre la suite de son parcours. Dans un communiqué du 6 février, l’association de victimes Promenade des anges en appelle d’ailleurs à la « responsabilité » de TF1. Interrogée, la chaîne affirme qu’il est trop tôt pour répondre aux questions sur l’éventuel départ de Mennel et l’impact que cela aurait sur l’émission. « Nous discutons avec Mennel de cette situation complexe, incompatible avec l’exigence d’immédiateté des réseaux sociaux. Nous prenons le temps de la réflexion », assure de son côté ITV Studios France, producteur de « The Voice ». Hier soir au micro de RTL, Mennel Ibtissem confiait déjà sa déception à l’idée de devoir quitter le programme.
Après la décision, viendra le temps des questions. En cas de sanction, comment effacer une personne des enregistrements ? En novembre 2017, après les accusations de viol à l’encontre de Gilbert Rozon, M6 avait réussi à modifier le montage d’« Un incroyable talent », émission pour laquelle il était membre du jury. Mais pour un candidat, la tâche risque d’être plus compliquée. Se posera également à l’avenir pour les chaînes, la question de la mise en place d’enquêtes de personnalité sur les participants, pour éviter ce genre de polémique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Le ministre de l’intérieur doit lancer jeudi sa police de sécurité du quotidien. « On en parle au “20 heures” mais ça va rien changer dans notre vie et à la criminalité », estime un fonctionnaire.
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Les policiers résignés face à la réforme Collomb : « A chaque gouvernement, sa nouvelle appellation »

Le ministre de l’intérieur doit lancer jeudi sa police de sécurité du quotidien. « On en parle au “20 heures” mais ça va rien changer dans notre vie et à la criminalité », estime un fonctionnaire.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 11h47
    |

            Julia Pascual








                        



                                


                            
« La police de sécurité du quotidien ? Ça ne traumatise pas grande monde… » C’est par une litote que ce policier d’une brigade anticriminalité (BAC) de Paris résume le peu d’enthousiasme ressenti dans les rangs des forces de l’ordre, alors que le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, devait lancer, jeudi 8 février, sa réforme de la police de sécurité publique. « 80 % de leurs trucs, c’est des effets d’annonce, poursuit le gardien de la paix. On en parle au “20 heures”, mais ça va rien changer dans notre vie et à la criminalité. »
A la veille desdites annonces, les policiers étaient nombreux à se dire échaudés par des réformes qu’ils jugent avant tout politiques. « Ils passent leur temps à faire et à défaire, alors ce n’est pas notre priorité », dit un fonctionnaire du Val-d’Oise. « A chaque gouvernement, sa nouvelle appellation. C’est encore un effet de mode », enfonce un de ses collègues d’une BAC de l’Essonne.
Ils craignent notamment que les moyens ne suivent pas lors de la mise en œuvre de la police de sécurité du quotidien (PSQ). « Ça va être un ajout de missions, redoute une policière du Val-de-Marne, qui travaille dans une brigade de police-secours. Je ne sais pas comment ils veulent qu’on assume tout, les “appels 17”, la sécurisation des écoles le matin, les gardes de détenus à l’hôpital… Etre plus au contact des citoyens, on n’aura pas le temps. »
Alors que le président de la République, Emmanuel Macron, a dit son souhait de « replacer le service du citoyen au cœur du métier de gendarme et de policier », c’est aussi la philosophie de la PSQ qui inquiète. « Cela ressemble énormément à une escouade d’assistantes sociales, se méfie un fonctionnaire d’une BAC des Hauts-de-Seine. C’est mettre beaucoup de bleu dans la rue, mais de la police gentille, pour réconforter les gens. Pour moi, ce n’est pas une forme d’intervention efficace. »
Deux...



                        

                        

