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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Les parlementaires ont demandé, jeudi, à la Commission européenne de « lancer une évaluation complète » du système actuel.
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Le Parlement européen s’interroge sur l’utilité du changement d’heure

Les parlementaires ont demandé, jeudi, à la Commission européenne de « lancer une évaluation complète » du système actuel.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 17h16
   





                        


Le changement d’heure vivrait-il ses dernières heures ? Les députés européens ont réclamé, jeudi 8 février, une « évaluation » détaillée du système de changement d’heure, qui pourrait aboutir à sa révision, après avoir longuement débattu de l’intérêt ou non de maintenir ces modifications horaires semestrielles.
Par 384 voix pour (153 voix contre), les parlementaires, réunis en session plénière à Strasbourg, ont demandé à la Commission européenne de « lancer une évaluation complète » du système actuel et, si nécessaire, de « présenter une proposition pour la réviser ».
Plus d’accidents, moins de sommeil
« De nombreuses études, si elles n’aboutissent pas à des conclusions définitives, ont indiqué l’existence d’effets négatifs sur la santé des êtres humains » de ces décalages d’une heure qui ont lieu les derniers week-ends de mars et d’octobre depuis 2001, soulignent les eurodéputés.
« Les études démontrant un accroissement des accidents de la route ou des troubles du sommeil lors du changement d’heure, doivent être prises au sérieux », a également plaidé la députée européenne écologiste Karima Delli, à l’origine de la résolution. Elle estime, par ailleurs, que les économies d’énergie, but initial des changements d’heure saisonniers, « ne sont pas probantes ».
La Commission européenne ne s’est pas montrée enthousiaste à l’idée de se lancer dans une révision du système. « Mais il est évident que si on laisse les Etats membres libres de décider d’appliquer ou non des changements d’heure, cela sera problématique pour le marché intérieur », a reconnu la commissaire européenne slovène Violeta Bulc devant les députés.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Le maire de la ville, Damien Carême, réclame davantage de moyens de l’Etat pour nourrir les migrants.
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Grande-Synthe : un pas vers un nouveau camp

Le maire de la ville, Damien Carême, réclame davantage de moyens de l’Etat pour nourrir les migrants.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 11h24
    |

            Maryline Baumard et 
                                Laurie Moniez (Lille, correspondance)








                        



                                


                            

Une signature au bas d’un bail… Le coup de crayon serait anodin si ce contrat ne concernait pas une partie de l’ex-camp de migrants de Grande-Synthe (Nord). Le maire (EELV) Damien Carême, qui avait ouvert le premier espace humanitaire pour réfugiés de France, en mars 2016, vient de décider de garder jusqu’à l’été la ferme qu’il devait rendre à son propriétaire en ce début d’année. La prolongation de ce bail lui permet de maintenir au chaud la cinquantaine de Kurdes irakiens qui s’y sont installés, et lui laisse la possibilité de rouvrir un accueil pour les migrants sur sa commune, si le besoin s’en fait sentir.
« Après tout, estime l’élu, les sanitaires de l’ancien camp n’ont pas été incendiés, et cela permettrait aux réfugiés de se poser dans un endroit où ils pourraient planter des tentes, à défaut de reconstruire des cabanons en bois. » De l’ancien camp, dont les abris étaient partis en fumée en avril 2017, il reste en effet les cabanons communs et le corps de ferme.
Le maire de cette ville ouvrière de la banlieue de Dunkerque, très touchée par le chômage et la désindustrialisation, aimerait continuer à prouver qu’on peut accueillir dignement, et rappeler du même coup que l’accueil des réfugiés est possible s’il est organisé. « Quand il y a une connexion entre la population et les exilés, tout se passe bien », répète volontiers celui qui enchaîne les mandats municipaux depuis 2001.

« Pas d’autre solution »
Bien avant la vague de froid, mi-décembre 2017, l’élu avait déjà ouvert une salle de sport pour mettre à l’abri « tous ceux qui étaient encore dehors ». « Ces exilés sont dans la ville, alors je ne vois pas [d’]autre solution que [celle] d’organiser leur accueil », explique le maire à ceux qui seraient tentés de lui opposer l’argument d’un potentiel appel d’air.
En décembre, la mairie et les associations se sont donc réunies pour faire le point sur les besoins,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Les capitales du continent rappellent leur refus de la peine de mort à l’encontre des terroristes présumés arrêtés dans les régions reprises à l’EI.
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Les pays européens ne tiennent pas au retour de leurs ressortissants djihadistes capturés

Les capitales du continent rappellent leur refus de la peine de mort à l’encontre des terroristes présumés arrêtés dans les régions reprises à l’EI.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 14h16
    |

                            service international








                        



   


Aucun des principaux Européens concernés par les départs de djihadistes en Syrie et en Irak n’a insisté pour les faire juger par sa justice. Seuls la peine de mort et le sort des mineurs posent véritablement problème.
Belgique. Selon des sources officieuses, une trentaine de Belges auraient été capturés lors de la chute de l’organisation Etat islamique (EI) à Mossoul, et quelques autres à Rakka, sur les 498 partis rejoindre l’EI en Syrie et en Irak. Le seul combattant clairement identifié, Tarik Jadaoun, pourrait faire prochainement l’objet d’un procès en Irak. Il risque une lourde condamnation, peut-être la peine de mort.
Originaire de Verviers, un foyer du djihadisme en Belgique, ce jeune de 28 ans avait menacé la Belgique et la France en 2014 et entraîné des enfants de 8 à 13 ans au combat. Il s’est présenté comme le successeur d’Abdelhamid Abaaoud, l’un des coordinateurs présumés des attentats du 13 novembre 2015. Jadaoun affirme aujourd’hui avoir surtout assumé un rôle d’infirmier et a indiqué aux services belges de renseignement qu’il pourrait, en échange de son retour, fournir des informations importantes. Sans convaincre les autorités de son pays, qui n’entendent pas répondre à ses offres de service.
Que faire si d’autres Belges sont jugés en Syrie ou en Irak et y sont condamnés à la peine capitale ? Il n’existe pas de traité d’extradition avec Bagdad et il n’y a plus de relations diplomatiques avec Damas. Donc, « autant laisser faire les autorités de ces pays », indique un magistrat. Contrairement au premier ministre néerlandais, Mark Rutte, qui a estimé qu’il valait mieux que ceux qui étaient partis meurent sur place, Bruxelles n’a pas fait de déclaration, mais devrait calquer son attitude sur ses voisins.
Bruxelles a recensé, par ailleurs, 45 enfants partis vers la Syrie et l’Irak, et 105 autres nés sur place. Le gouvernement de Charles Michel a indiqué que ceux qui ont moins de 10 ans pourraient revenir au pays. Des tests ADN pourraient être pratiqués pour déterminer leur origine exacte.

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Allemagne. Sur les 960 personnes ayant quitté le pays pour rejoindre l’EI, au moins 145 seraient mortes et un peu plus de 200 seraient rentrées outre-Rhin. Parmi les 600 autres, le nombre précis de ceux qui sont actuellement prisonniers en Syrie ou en Irak n’est pas connu.
Berlin a rappelé, le 15 octobre 2017, aux autorités irakiennes, qu’il était attaché au respect des règles de l’Etat de droit et opposé à la peine capitale. Cela n’a pas empêché la cour pénale de Bagdad de condamner à mort, le 21 janvier, une ressortissante allemande de 50 ans d’origine marocaine qui avait rallié l’EI en Syrie puis en Irak avec ses deux filles, dont l’une, âgée de 21 ans, vient d’être condamnée à un an de prison. Berlin n’a pas réagi officiellement à cette condamnation à mort, la première dans le cas d’une Européenne jugée en Irak. Mais, selon l’hebdomadaire Der Spiegel, le gouvernement aurait entrepris des démarches pour que la peine soit commuée en peine de prison. Si l’Allemagne reconnaît travailler avec la justice irakienne pour échanger des informations à propos de ses ressortissants ayant rejoint l’EI, il n’en va pas de même avec la Syrie, où son ambassade à Damas est fermée depuis 2012.
Concernant ceux qui sont revenus, le débat s’est concentré, ces dernières semaines, sur le sort des mineurs, dont le nombre est estimé à une centaine. « Nous sommes conscients du danger que représente le retour en Allemagne d’enfants de djihadistes qui ont été socialisés et endoctrinés dans les zones de combat », a affirmé Hans-Georg Maassen, le président de l’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV), chargé du renseignement intérieur, mi-décembre.
Royaume-Uni. Selon le MI5, le service de renseignement extérieur britannique, quelque 850 ressortissants britanniques sont partis combattre avec l’EI : 150 auraient été tués et 400 seraient rentrés. Le seul cas rendu public de Britannique détenu en Syrie concerne Jack Letts, 21 ans, un ancien étudiant d’Oxford converti, surnommé par la presse « Jihadi Jack ». Capturé en mai 2017 par les forces kurdes, il serait détenu à Kamechliyé. Les Kurdes se disent prêts à le transférer au Canada – dont il a aussi la nationalité – ou au Royaume-Uni, mais le Foreign Office reste silencieux.
En décembre 2017, Gavin Williamson, le ministre de la défense, a déclaré qu’« aucun terroriste [y compris britannique] ne devrait être autorisé à rentrer dans ce pays » et qu’« un terroriste mort ne peut plus nuire à la Grande-Bretagne ». Ces déclarations contredisent radicalement celle du contrôleur indépendant de la législation antiterroriste, l’avocat Max Hill, qui met en garde contre le danger de « perdre une génération ». Au Royaume-Uni, qui a connu en 2017 une vague d’attentats islamistes sans précédent depuis 2005, le débat public se concentre sur les risques liés au retour des djihadistes.

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Scandinavie. La Suède a enregistré 300 départs, et la moitié de retours, selon les services de renseignement, qui ne communiquent pas sur le nombre de Suédois détenus en Syrie ou en Irak. Mi-décembre 2017, la ministre des affaires étrangères, Margot Wallström, a convoqué l’ambassadeur d’Irak pour avoir des explications sur l’exécution d’un homme d’une soixantaine d’années, portant la double nationalité irako-suédoise et capturé alors qu’il combattait aux côtés de l’EI. Pendant plus d’un an, la Suède avait fait pression sur le gouvernement irakien pour que la condamnation à mort soit commuée en une longue peine de prison.
A cette occasion, le premier ministre Stefan Löfven a précisé la position du gouvernement : « Si on se rend dans un pays, et on y commet un crime, il faut compter être puni dans ce pays. Cependant, nous rappelons aussi notre opposition de principe à la peine de mort. » Plus tôt, le ministère des affaires étrangères avait d’ailleurs fait savoir qu’il ne viendrait pas en aide aux djihadistes suédois capturés à l’étranger. Même son de cloche au Danemark, où le sujet ne fait pas plus débat qu’en Suède. Un silence qui, selon Magnus Ranstorp, expert suédois du terrorisme, « montre que les gouvernements préféreraient que les djihadistes ne reviennent pas du tout ». 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le choix d’un social-démocrate modéré comme ministre des finances est vu à Bruxelles comme le signe d’un nouvel élan pour l’Eurogroupe.
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Après l’accord de coalition en Allemagne, les Européens impatients de négocier

Le choix d’un social-démocrate modéré comme ministre des finances est vu à Bruxelles comme le signe d’un nouvel élan pour l’Eurogroupe.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 10h39
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


L’annonce de l’accord de coalition entre la CDU et le SPD allemands a été chaudement saluée à Bruxelles, même si les dirigeants de l’Union restent prudents : ils ne féliciteront la chancelière Merkel que quand la « GroKo » sera approuvée par le vote des adhérents du SPD.
Les Européens s’inquiétaient de la paralysie politique allemande, qui bloquait des dossiers cruciaux à Bruxelles (une réforme de l’asile, une clarification des relations avec la Turquie, etc.). Ils déploraient surtout l’effacement de l’Allemagne, au moment même où Emmanuel Macron proposait de substantielles réformes pour l’Union, en premier lieu pour l’Eurozone.
Le choix d’un social-démocrate modéré – Olaf Scholz, le maire de Hambourg – au ministère des finances est perçu à Bruxelles comme le signe d’un nouvel élan pour l’Eurogroupe, le club des ministres des finances de l’Eurozone. Le « règne » de Wolfgang Schaüble, chantre de l’austérité, s’est achevé en octobre dernier. L’arrivée, mi-janvier, comme président de l’Eurogroupe, du Portugais Mario Centeno, issu d’un gouvernement de gauche, le prouve encore : l’Union monétaire veut tourner la page de la crise des dettes souveraines.
Réticences
Pour autant, si l’accord de grande coalition s’engage à « réformer la zone euro », les formules restent vagues et en deçà des ambitions initiales du président français, qui plaide pour la création d’un budget substantiel, d’un ministre des finances et d’un Parlement propres à l’Eurozone. Mais ses deux dernières propositions sont peu soutenues à Bruxelles.
Et si la Commission planche bien sur un mini-budget pour l’Eurozone, les Allemands ont toujours plaidé pour que ces moyens soient destinés à l’investissement et leur accès, fortement conditionné. Pas question pour eux de parler de mutualisation des dettes. « L’accord laisse des portes ouvertes », veut croire un haut diplomate français, qui indique que Mme Merkel et M. Macron espèrent négocier une « feuille de route » d’ici à juin.

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Pour l’instant, Donald Tusk, le président du Conseil (les Etats membres) ne table, en juin, que sur un accord politique, afin de créer un Fonds monétaire européen et de parachever l’union bancaire. Même sur ce dernier point, les diplomates ont des doutes, tant les réticences allemandes demeurent fortes à l’encontre d’une garantie commune des dépôts bancaires. « Au Bundestag, l’arrivée de l’AfD [extrême droite] va limiter la marge de manœuvre du SPD et de la CDU, qui ne voudront pas donner l’impression de valider des transferts financiers entre Etats », alerte un diplomate bruxellois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ L’évolution démographique du continent devrait avoir pour corollaire une forte poussée migratoire en direction du Vieux Continent, explique, dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».
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« Une partie essentielle du destin de l’Europe se joue avec l’Afrique, que nous le voulions ou non »

L’évolution démographique du continent devrait avoir pour corollaire une forte poussée migratoire en direction du Vieux Continent, explique, dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    08.02.2018 à 09h33
   





                        



                                


                            
Chronique. Paris, 1966. Jacques Dutronc chante « et moi, et moi, et moi ». Il est dans sa baignoire, dit la chanson. Il a une pensée émue pour les « 700 millions de Chinois » de l’époque. Ces hordes misérables, on les appelle alors « le péril jaune ». Aujourd’hui, elles fondent sur Paris sacs Vuitton lourdement chargés, cependant que les investisseurs de Shanghaï sillonnent l’Hexagone en quête d’investissements. Depuis la chanson du talentueux Dutronc, la Chine a doublé sa population. Elle est devenue la première ou la deuxième économie du monde.
Les Européens, qui sont souvent des inquiets, gambergent sur un autre « péril » : l’Afrique. Elle n’est pas lointaine comme la Chine. Elle est notre voisine. Elle va devenir un géant démographique. Plus d’un milliard d’habitants en 2017, plus de deux milliards d’ici à 2050. Le continent pourrait approcher les quatre milliards à la fin du siècle. Pour finir d’accabler l’Europe, on ajoutera que cette Afrique sera jeune, que la moitié de ses habitants en 2050 auront moins de 25 ans et que, dans le même temps, le Vieux Continent justifiera son nom comme jamais.
« En 1900, un quart de la population mondiale était européenne » ; en 2050, cette part sera ramenée à 7 % « dont près d’un tiers auront plus de 65 ans », écrit Stephen Smith, dans son dernier et stimulant essai : La Ruée vers l’Europe. La jeune Afrique en route pour le Vieux Continent (Grasset, 272 p., 19,50 €).
Poussée migratoire
Le « choc migratoire » est inévitable. La démographie n’est pas une science exacte, mais la plupart des experts, à l’ONU comme ailleurs, s’entendent grosso modo sur ces chiffres. « Que nous le voulions ou non, cette Afrique de 2 milliards d’habitants va être notre voisin, et nous sommes le sien », observe Jean-Michel Sévérino. L’ancien patron de l’Agence française de développement (AFD) a l’Afrique aux tripes et, comme Smith ou comme l’écrivain...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Analyse. Pour le correspondant du « Monde » à Berlin, la bataille sémantique qui oppose droite et gauche autour d’un mot devenu tabou après 1945 et récemment réapparu dans la sphère politique est révélatrice des obsessions qui hantent la société.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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En Allemagne, le retour de la « Heimat » fait polémique

Analyse. Pour le correspondant du « Monde » à Berlin, la bataille sémantique qui oppose droite et gauche autour d’un mot devenu tabou après 1945 et récemment réapparu dans la sphère politique est révélatrice des obsessions qui hantent la société.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 11h50
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            
Analyse. La place qu’occupent certains mots dans le débat public en dit parfois long sur les obsessions qui hantent une société. C’est le cas, en Allemagne, de Heimat. Difficile à traduire en français, ce terme utilisé pour désigner son pays natal, la terre de ses ancêtres ou la région où l’on a grandi, mais qui est également employé pour évoquer tout endroit où l’on se sent chez soi, fait une spectaculaire réapparition dans le ­vocabulaire politique outre-Rhin : dans le « contrat de coalition » présenté mercredi 7 février, il est ainsi prévu que le terme figure dans l’intitulé du ministère fédéral de l’intérieur dont doit hériter Horst Seehofer, le chef de file des conservateurs bavarois de la CSU.
Sur les réseaux sociaux, les réactions n’ont pas tardé. Cela n’est pas surprenant. Comme l’écrit Sigrid Schmid-Bortenschlager dans le Dictionnaire du monde germanique (Bayard, 2007),« l’usage de cette notion dans l’idéologie du Blut und Boden[“sang et sol”] des ­nazis a fait de “Heimat” un mot tabou après 1945 [date après laquelle] on le trouve seulement dans les discours de l’extrême droite des associations de Heimatvertriebene [réfugiés germanophones des pays de l’Est] ».

Si le mot a continué à être employé dans le champ culturel après la guerre, en particulier pour désigner des œuvres d’inspiration régionaliste (Heimatfilme, Heimatliteratur…), sa réapparition dans la sphère politique n’est qu’assez récente. Avec son slogan « Unser Land, unsere Heimat », le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), créé en 2013, a contribué à réactiver l’imaginaire réactionnaire de la Heimat, en jouant sur la nostalgie de l’enracinement face au danger que représenterait l’immigration musulmane pour l’identité allemande.
Parallèlement, une partie des conservateurs a commencé à revendiquer le terme : en 2014, le ­ministère des finances de Bavière...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ La nomination d’un social-démocrate au ministère des finances passe mal dans la CDU de la chancelière et pourrait ne pas suffire à convaincre le SPD de valider le « contrat » de gouvernement.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 07/02/2018
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En Allemagne, Merkel et Schulz trouvent un accord de coalition mais sont contestés par leurs troupes

La nomination d’un social-démocrate au ministère des finances passe mal dans la CDU de la chancelière et pourrait ne pas suffire à convaincre le SPD de valider le « contrat » de gouvernement.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 07h47
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Des trois, c’est celui qui a le plus souri et le moins parlé. Mercredi 7 février, face à la presse qui assistait à la présentation du « contrat de coalition » scellé un peu plus tôt, à Berlin, entre les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates (SPD), Horst Seehofer semblait surtout désireux de savourer le moment. A vrai dire, il n’avait pas besoin d’en faire davantage. A 68 ans, le président de la CSU bavaroise a de quoi être satisfait de l’issue des négociations.
Sur le fond, la politique très restrictive que prévoit le « contrat de coalition » à propos de l’accueil des demandeurs d’asile et de leurs familles correspond largement à ce que la CSU réclamait. En outre, celle-ci va peser davantage dans le gouvernement fédéral, en récupérant le portefeuille clé de l’intérieur, qui était jusque-là aux mains de la CDU. Un ministère dont M. Seehofer va lui-même hériter.
A ses côtés, la chancelière Angela Merkel et le patron du SPD, Martin Schulz, semblaient plus préoccupés. Certes, l’un et l’autre se sont félicités du résultat de leurs tractations. « Cela valait la peine », a commenté la présidente de la CDU, convaincue que ce « contrat de coalition » sera « le fondement du gouvernement stable dont notre pays a besoin et que beaucoup dans le monde attendent de nous ». 
Coup de poker politique
Un « très bon accord », a, quant à lui, salué le président du SPD, assurant que le document de 177 pages publié mercredi porte bien « la marque de la social-démocratie ». Reste que ces satisfecit n’ont pas réussi à faire oublier l’essentiel : le coup de poker politique que représente ce compromis pour deux dirigeants qui se trouvent aujourd’hui en délicatesse avec chacune de leur famille politique.
C’est le cas de Mme Merkel. Au sein de la CDU, la répartition des ministères qui a été actée a suscité une avalanche de réactions. Plus encore que la cession de l’intérieur à la CSU, c’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Ian Bone, 70 ans, menace de pénétrer dans les gratte-ciel de luxe inoccupés alors que se loger est devenu quasi impossible dans la capitale, même pour les classes moyennes.
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Un « très vieil anar » britannique à l’assaut des appartements de luxe vides de Londres

Ian Bone, 70 ans, menace de pénétrer dans les gratte-ciel de luxe inoccupés alors que se loger est devenu quasi impossible dans la capitale, même pour les classes moyennes.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 15h20
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

LETTRE DE LONDRES
En 1997, après la mort de la princesse Diana, il a organisé la plus grosse manifestation antimonarchiste que le Royaume-Uni ait connue : 1 500 personnes. En 2006, il appelait à la désertion les soldats envoyés en Irak et préconisait de poursuivre pour « crimes de guerre » les députés qui avaient voté pour l’intervention britannique. Plus récemment, il a organisé des descentes musclées dans des cafés branchés pour dénoncer la boboïsation des quartiers populaires. Aujourd’hui, c’est contre les « tours fantôme chics » qu’il veut mobiliser.« Very old anarchist ». Sur son compte Twitter, Ian Bone, 70 ans, ne cache pas son jeu. Depuis des décennies, il tente de secouer la société britannique en attisant la « guerre de classe » (« Class war »), nom du journal et du groupuscule qu’il a fondés dans les années 1980.
Plusieurs quartiers de la capitale britannique sont hérissés de gratte-ciel empilant des appartements de grand luxe prisés notamment par les magnats chinois, les princes arabes et les oligarques russes. Point commun aisément détectable à la nuit tombée : ils sont vides, alors que se loger à Londres est devenu quasi impossible, même pour les classes moyennes.
Pour dénoncer « cette inquiétante inégalité, avec toutes ces tours pour riches vides et pas de logement pour des milliers d’entre nous », Ian Bone a prévu de passer à l’action jeudi 8 février. « Quelqu’un sait-il où est l’entrée des appartements de luxe du Shard [la tour de 310 mètres construite par Renzo Piano et inaugurée en 2012 près de London Bridge] ? Nous commençons des manifestations hebdomadaires jeudi de 18 heures à 20 heures. Le but est d’occuper les appartements vides. » Outre des bureaux et un hôtel de luxe, le « Shard » (« éclat de verre ») comprend des appartements de plusieurs millions de livres dont dix restent inoccupés.
Mettre en lumière une « obscénité »
Posté sur Facebook, l’appel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », trois experts estiment que les Européens doivent accepter l’idée que le régime de Pyongyang soit doté de l’arme nucléaire et s’y préparer.
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« La Corée du Nord est un Etat voyou avec qui il n’y a pas de bonnes solutions »

Dans une tribune au « Monde », trois experts estiment que les Européens doivent accepter l’idée que le régime de Pyongyang soit doté de l’arme nucléaire et s’y préparer.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 04h45
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 11h45
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Par Mason Richey (Maître de conférence à l’Université Hankuk des études étrangères de Séoul, Corée du Sud) , Tongfi Kim (Maître de conférence à Vesalius College, Bruxelles et chercheur principal au Korea Foundation-VUB Chair à l’Institut des études européennes) et Ramon Pacheco Pardo (Professeur et Korea Foundation-VUB Chair à l’Institut des études européennes de Bruxelles)

Tribune. Malgré les pourparlers actuels entre les deux Corées, la situation de la péninsule reste probablement le plus grand défi que doit relever le monde d’aujourd’hui. En 2017, le régime de Kim Jong-un est parvenu à prouver que son programme d’armement nucléaire et balistique représentait une force de frappe réelle et crédible.
Comme le souligne le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, « l’Europe est désormais à la portée des missiles [balistiques intercontinentaux] nord-coréens, et les pays membres de l’OTAN sont déjà en danger ». Le tir du 29 novembre 2017 tend à confirmer ces propos. La participation du Nord aux Jeux olympiques (JO) de Pyeongchang (Corée du Sud) ne change évidemment rien au dilemme sécuritaire sur la péninsule.

« Exercer une pression maximum tout en laissant la porte ouverte au dialogue » : telle reste la stratégie qu’a décidé d’adopter l’administration Trump. L’objectif est de faire pression sur le régime en adoptant une diplomatie coercitive reposant notamment sur des sanctions internationales et secondaires, afin de le forcer à rouvrir les négociations sur la dénucléarisation. Mais Pyongyang rejette en bloc cette option.
Risque de guerre élevé
Comme l’ont répété maintes fois les Etats-Unis, cette stratégie est la dernière option diplomatique envisageable, et les sanctions ne sont pas une fin en soi. Au sein du gouvernement américain, de nombreuses personnalités ne croient pas à l’efficacité de la dissuasion nucléaire sur le dossier nord-coréen. Et comme l’idée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Le petit pays des Balkans s’est dit prêt à adjoindre à son nom un adjectif géographique, pour mettre un terme à un conflit vieux d’un quart de siècle avec la Grèce.
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La Macédoine ne sera bientôt plus la Macédoine

Le petit pays des Balkans s’est dit prêt à adjoindre à son nom un adjectif géographique, pour mettre un terme à un conflit vieux d’un quart de siècle avec la Grèce.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 18h45
   





                        



Ne l’appelez (bientôt) plus Macédoine. Le pays s’est dit prêt, mardi 6 février, à adjoindre à son nom un adjectif géographique, pour mettre un terme à un conflit vieux d’un quart de siècle avec la Grèce, a confirmé son premier ministre, Zoran Zaev.
« Je veux que le processus de négociation réussisse, nous sommes d’accord pour une désignation géographique. Je n’en dirai pas plus, car c’est une question sensible. »
Aussitôt cette phrase prononcée, la presse locale a commencé à évoquer les hypothèses de travail qui pourraient désigner le pays à l’avenir. « Haute-Macédoine », « Macédoine du Nord », « Macédoine-Skopje » ou encore « Nouvelle-Macédoine » sont notamment évoqués.
Ces déclarations politiques interviennent deux jours après une manifestation d’ampleur à Athènes d’opposants à tout accord avec la Macédoine sur l’épineux sujet du gentilé de ses habitants. Des centaines de milliers de Grecs ont défilé dans les rues de la capitale grecque pour dénoncer toute utilisation du mot « Macédoine » dans le cadre d’un compromis, y voyant là une revendication sous-jacente de la région grecque homonyme.

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Ambitions territoriales
Depuis vingt-cinq ans, cette querelle mine les relations entre les deux pays et bloque le processus d’accession à l’Union européenne ou à l’OTAN du petit pays des Balkans. Indépendante depuis 1991, la Macédoine a rejoint les Nations unies en 1993 sous l’appellation provisoire d’« Ancienne République yougoslave de Macédoine » (ARYM).
La Grèce refuse, en effet, que le petit pays des Balkans adopte le nom de Macédoine, le même que celui de la région de Thessalonique et de l’ancien royaume d’Alexandre le Grand. Derrière ce conflit, Athènes accuse Skopje d’entretenir des ambitions territoriales sur sa province éponyme de Macédoine.
« Autoroute de l’Amitié »
Pour trouver un compromis, les gouvernements d’Athènes et de Skopje ont décidé de relancer des négociations, cette année, sous l’égide des Nations unies. Pour désigner l’ancienne république yougoslave, le gouvernement grec d’Alexis Tsipras a proposé un nom composé, comme Macédoine du Nord, mais les sondages montrent qu’une majorité de Grecs s’opposent à l’utilisation du mot « Macédoine » dans une quelconque combinaison.

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                D’où vient le contentieux gréco-macédonien ?



De son côté, le premier ministre de Macédoine, Zoran Zaev, a donné d’autres gages de sa bonne volonté. Il a ainsi confirmé que l’aéroport du pays ne s’appellerait plus « Alexandre-Le-Grand », mais deviendrait l’« aéroport international de Skopje ». Egalement baptisée du nom du roi antique, l’autoroute qui traverse le pays du nord au sud, jusqu’à la Grèce, est devenue l’« autoroute de l’Amitié ».
Des sujets de tensions très importantes dans la région, alors que Grecs et Macédoniens se disputent l’héritage d’Alexandre Le Grand et de son père Philippe. La manifestation de dimanche à Athènes était en grande partie organisée et financée par des groupes de la diaspora grecque, des associations de militaires à la retraite, des groupes religieux et des associations culturelles de la Macédoine grecque.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ La Turquie plaide pour la relance de son processus d’adhésion, commencé en 2004 et totalement arrêté, plusieurs pays s’étant prononcés contre.
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UE-Turquie : un mini-sommet sous la pression d’Ankara

La Turquie plaide pour la relance de son processus d’adhésion, commencé en 2004 et totalement arrêté, plusieurs pays s’étant prononcés contre.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 17h24
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 18h41
    |

            Cécile Ducourtieux (Strasbourg, Envoyée spéciale) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Donald Tusk, le président du Conseil européen, a confirmé, mardi 6 février, la tenue d’un prochain sommet réunissant les responsables des institutions européennes et le président turc Recep Tayyip Erdogan. La rencontre aura lieu le 26 mars à Varna, en Bulgarie, en présence de Boïko Borissov, premier ministre de ce pays qui exerce actuellement la présidence tournante de l’Union.
Cette réunion, jugée impossible il y a quelques semaines encore, ne fait pas l’unanimité au sein des Etats membres. Elle était toutefois devenue inévitable compte tenu des pressions exercées par la diplomatie turque à Bruxelles. Faruk Kaymakci, le représentant permanent de la Turquie auprès de l’UE, plaidait ainsi récemment, devant des journalistes, pour la relance du processus d’adhésion de son pays, commencé en 2005 – et totalement arrêté à ce jour -, même si la dérive du pouvoir à Ankara le rend plus impossible que jamais, et même si la chancelière allemande Angela Merkel et une série de pays (l’Autriche, le Danemark, les Pays-Bas, mais aussi la France) s’y opposent. « L’adhésion n’est pas envisageable, nous devons interrompre le processus d’élargissement. Ce pays s’écarte de nos valeurs européennes, il est sur la mauvaise voie, même s’il y a eu des signaux contradictoires ces dernières semaines », explique Manfred Weber, le président du principal groupe politique à Strasbourg, le PPE.
« Pleine adhésion »
« Nous désirons une pleine adhésion à l’Europe », a répliqué récemment M. Erdogan dans une interview à La Stampa. Au passage, il rejetait le « partenariat » que lui a proposé récemment Emmanuel Macron. « L’UE bloque l’accès à la négociation et laisse entendre que l’absence de progrès dépend de nous. C’est injuste. Tout comme le fait que certains pays de l’UE avancent pour nous d’autres options que l’adhésion », expliquait M. Erdogan.
À Bruxelles, M. Kaymakci enchaîne : « La Turquie est un pays...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ RÉSONANCE. Alors que certaines écoles publiques catalanes ont proscrit les livres en castillan, l’historienne Valérie Théis rappelle que c’est grâce à ses riches bibliothèques que la région a rayonné au Moyen-Age.
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C’est ainsi que la Catalogne fut grande

RÉSONANCE. Alors que certaines écoles publiques catalanes ont proscrit les livres en castillan, l’historienne Valérie Théis rappelle que c’est grâce à ses riches bibliothèques que la région a rayonné au Moyen-Age.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 16h53
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 16h57
   





                        



                                


                            
Par Valérie Theis, historienne
Ne pas avoir vécu au Moyen Age est plutôt une chance. Pourtant, le quotidien nous donne régulièrement l’occasion d’observer des ­comportements relevant d’une fermeture d’esprit qui aurait été impensable à cette époque. Dans un article du Monde daté du 24 octobre 2017, on apprenait ainsi que certaines écoles publiques catalanes ne proposaient plus aucun livre en castillan dans les rayons de leurs ­bibliothèques. A cette lecture, je ne pus m’empêcher de penser à la bibliothèque de l’abbaye catalane de Ripoll qui, au Xe siècle, avait attiré Gerbert, moine de l’abbaye Saint-Géraud d’Aurillac.
Repéré par son abbé comme l’un de ses plus brillants ­élèves dans le domaine des lettres, Gerbert souhaitait poursuivre son apprentissage dans celui des sciences, mais la bibliothèque de son abbaye ne le permettait pas. Profitant du pèlerinage du comte de Barcelone, Borrell, à Aurillac, en 967, l’abbé Adralde demanda à ce dernier d’emmener le jeune moine avec lui en Catalogne : ­il existait en effet, à Ripoll, une bibliothèque à même de répondre à ses besoins.
Ce n’était pas la taille de cette bibliothèque – elle ne ­comptait alors qu’une centaine d’ouvrages – qui la ­distinguait des autres, mais la richesse de son fonds. Elle était à la fois un conservatoire de la culture classique et le lieu où l’on pouvait accéder à des ouvrages scienti­fiques ­venus ­d’Al-Andalus, ainsi qu’à leur traduction ­en latin pour ceux qui, comme Gerbert, ne savaient pas l’arabe. Quelques ­années plus tard, en 971, Gerbert fut invité à sa cour par l’empereur Otton Ier pour y ­enseigner les mathématiques et l’astronomie, dont il était devenu un des meilleurs ­connaisseurs de son temps. En 999, ce brillant scienti­fique devint pape sous le nom de Sylvestre II, à l’initiative du roi Otton III, dont il avait été le maître.
Nouveaux manuscrits
L’histoire de Gerbert rappelle ainsi qu’il fut un temps où la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Martin Schulz devrait succéder à Sigmar Gabriel aux affaires étrangères et quitter la présidence du parti social-démocrate.
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Allemagne : les principaux points de l’accord de coalition

Martin Schulz devrait succéder à Sigmar Gabriel aux affaires étrangères et quitter la présidence du parti social-démocrate.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 16h44
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 20h40
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Quatre mois après les élections législatives du 24 septembre 2017, les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates (SDP) allemands ont conclu, mercredi 7 février, un « contrat de coalition ». Intitulé « Un nouvel élan pour l’Europe. Une nouvelle dynamique pour l’Allemagne. Une nouvelle cohésion pour notre pays », ce document de 177 pages servira de feuille de route au prochain gouvernement d’Angela Merkel.
Avant que celui-ci ne soit formé, une condition reste toutefois à remplir : que les 463 723 adhérents du SPD donnent leur accord lors de la consultation interne que le parti va organiser et dont les résultats seront connus au début de mars.
Voici les principaux points de l’accord :
Répartition des portefeuilles ministériels : le SPD obtient les finances
Par rapport à la « grande coalition » sortante (2013-2017), le poids de la CDU dans le futur gouvernement va reculer. Certes, le parti de Mme Merkel récupère le portefeuille de l’économie, jusqu’alors détenu par le SPD. Mais il lui cède celui des finances, beaucoup plus important, et qui sera confié à Olaf Scholz, le maire (social-démocrate) de Hambourg. Autre portefeuille-clé que perd la CDU : l’intérieur, dont hérite Horst Seehofer, le président de la CSU bavaroise, dont le périmètre est élargi au secteur de la construction et auquel est associé le terme de « Heimat » (« patrie, terre natale »).
Pour le reste, la répartition des portefeuilles évolue peu. Ainsi, le SPD conserve-t-il le travail et les affaires sociales, de même que la justice, la famille, l’environnement et les affaires étrangères, où Martin Schulz succédera à Sigmar Gabriel — et quittera prochainement, de fait, la présidence du parti social-démocrate. De son côté, la CDU garde la défense, qui reste entre les mains d’Ursula von der Leyen, ainsi que la santé, l’éducation et la recherche. Quant à la CSU, elle conserve notamment les transports et le développement.
L’Europe à l’honneur
C’est par un chapitre intitulé « Un nouvel élan pour l’Europe » que commence le contrat de coalition. Les partenaires s’engagent à « renforcer financièrement l’Union européenne pour qu’elle puisse mieux assurer ses missions ». Ils assurent également vouloir « renforcer durablement » et « réformer » la zone euro.
En écho aux propositions du président français, Emmanuel Macron, le document ouvre la voie à la création d’un budget d’investissement de la zone euro, même si la formulation est prudente et que celui-ci n’est envisagé que comme un point d’aboutissement, la priorité étant mise sur la « stabilisation » et les « réformes structurelles de la zone euro ».
Si le document évoque la mise en place d’un fonds monétaire européen, il n’est en revanche pas fait mention du ministre des finances de la zone euro que souhaite instituer M. Macron.
Immigration : avantage aux conservateurs
Depuis la crise de 2015, année pendant laquelle 890 000 réfugiés sont arrivés outre-Rhin, la CSU bavaroise n’a cessé de réclamer l’instauration d’un « plafond » (Obergrenze) fixant à 200 000 le nombre maximal de demandeurs d’asile susceptibles d’être accueillis chaque année en Allemagne. Le SPD ne voulait pas en entendre parler, et il a fallu attendre le lendemain des législatives du 24 septembre 2017 pour que Mme Merkel, qui avait jusque-là rejeté l’idée, finisse par l’accepter.
De ce point de vue, même si le terme de « plafond », qui a crispé le débat politique allemand depuis 2015, ne figure pas dans le contrat de coalition, et même si ses rédacteurs ont préféré établir une fourchette comprise entre 180 000 et 220 000 plutôt qu’un nombre fixe, le texte est directement inspiré des revendications de la CSU bavaroise.
Concernant le regroupement familial pour les réfugiés bénéficiant d’un statut temporaire, sujet très présent dans les médias allemands ces dernières semaines, chacun des deux camps se prévaut d’avoir obtenu gain de cause. Alors que les conservateurs souhaitaient pérenniser une loi qui l’interdit et doit arriver à expiration en mars, le SPD a obtenu que ce type de regroupement familial soit réautorisé à partir d’août. Mais le nombre reste symbolique, et les conservateurs sont parvenus à ce que cela ne concerne que 1 000 personnes par mois.
Economie et social : l’art des compromis
Même si le portefeuille des finances passe des mains de la CDU à celles du SPD, l’objectif d’avoir un budget à l’équilibre, ce fameux principe du « zéro noir » (schwarze Null) cher à Wolfgang Schäuble, qui fut le détenteur du poste de 2009 à 2017, doit demeurer.
Les 45 milliards d’euros dont sont remplies les caisses de l’Etat seront répartis entre investissements et baisses d’impôt. Contrairement à ce que réclamait le SPD, le taux d’imposition maximal sur les revenus les plus aisés ne sera pas relevé de 42 à 45 %. En revanche, l’impôt de solidarité (le « Soli ») — payé par les Allemands de l’Ouest pour soutenir ceux de l’ancienne RDA — sera progressivement supprimé. Cela correspond à un allégement d’impôt de 10 milliards d’euros d’ici à 2021.
En matière de droit du travail, le SPD a obtenu un plus strict encadrement des contrats à durée déterminée (CDD), afin de rendre plus difficile leur reconduction, parfois systématique, par les employeurs. Dans le secteur de la santé, ils ont également obtenu un rapprochement des tarifs payés aux médecins par les caisses d’assurance-maladie publiques et privées. Afin de mettre fin à la « médecine à deux vitesses » que M. Schulz n’a cessé de dénoncer pendant sa campagne électorale, les sociaux-démocrates souhaitaient également instaurer une « assurance citoyenne » financée par tous les contribuables pour réduire les inégalités en matière de remboursement des soins médicaux. Sur ce point, ils n’ont pas eu gain de cause.
Retraites, climat… : le temps des commissions
Si le niveau des pensions et des cotisations est garanti jusqu’en 2025, leur avenir à plus long terme reste ouvert. Pour cela, sociaux-démocrates et conservateurs se sont mis d’accord pour que soit nommée une commission cette année, dont les travaux devront être rendus en 2020.
Les questions environnementales, enfin, qui avaient été au cœur des discussions engagées au lendemain des élections législatives entre les conservateurs, les libéraux-démocrates et les écologistes, avant d’échouer en novembre 2017, ont occupé une place marginale dans les négociations entre la CDU-CSU et le SPD.
Sans surprise, le « contrat de coalition » confirme que l’Allemagne ne remplira pas ses objectifs prévus pour 2020 de diminution des émissions de gaz à effet de serre. Sur la question économiquement épineuse et politiquement sensible de l’avenir des centrales à charbon, les partenaires ont décidé de s’en remettre à une commission.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ L’« expédition punitive » contre des Africains, qui a fait six blessés samedi à Macerata, dans le centre de l’Italie, révèle les divisions du pays.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Le Parlement européen est opposé à des listes mélangeant des candidats de plusieurs nationalités européennes.
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Le Parlement européen rejette le principe des listes transnationales pour les européennes

Le Parlement européen est opposé à des listes mélangeant des candidats de plusieurs nationalités européennes.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 15h21
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 07h09
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        


Jusqu’à présent, tout ou presque souriait à Emmanuel Macron à Bruxelles et à Strasbourg. Le président français vient cependant de subir un premier revers symbolique sur la scène européenne, avec, mercredi 7 février, le rejet par le Parlement européen de son idée de créer des listes transnationales aux prochaines élections européennes, en mai 2019.
Le vote n’est que consultatif, car c’est au Conseil (les Etats membres) de se prononcer. Mais comme cette vieille proposition des fédéralistes européens n’enthousiasme pas non plus les dirigeants de l’Union, il paraît désormais improbable que le président français réussira à les convaincre, d’autant que leur unanimité est requise pour ces questions d’ordre constitutionnel.
Les eurodéputés ont rejeté à 368 voix contre 274 le principe de réserver une trentaine de sièges dans le prochain hémicycle strasbourgeois (pris sur les 73 que vont libérer les Britanniques à la suite du Brexit), à des candidats issus de toute l’Union, choisis indépendamment de leur nationalité par les différents partis politiques européens.
« Les gens ne sont pas prêts »
Le président français s’était pourtant fait l’avocat de ces listes, notamment lors de son discours de la Sorbonne sur l’Europe en septembre 2017, disant y voir une avancée démocratique. Sa ministre des affaires européennes, Nathalie Loiseau, n’avait pas ménagé sa peine pour promouvoir l’idée auprès des dirigeants européens ces dernières semaines.
« J’ai reçu un SMS de la ministre, vendredi dernier », révèle Franck Proust, chef de file des LR à Strasbourg, qui, comme une bonne partie de sa famille politique, se délecte du « revers » du président français. L’élu du Sud-Ouest récuse toutefois l’idée que le vote aurait visé davantage à sanctionner le président français que le nouveau mode de scrutin : « Les gens ne sont pas prêts aujourd’hui à cette innovation, on a déjà du mal, nous élus, à créer du lien sur le terrain avec les citoyens. »
« Nous prenons acte de ce vote négatif, mais le débat va se poursuivre au Conseil », souligne Pieyre-Alexandre Anglade, député LRM chargé par son parti de préparer l’atterrissage politique d’Emmanuel Macron à Bruxelles et à Strasbourg (le dirigeant français n’a toujours pas choisi de « chapelle » partisane européenne).
« Spitzenkandidat »
Autre signal négatif pour le président Macron : les eurodéputés se sont aussi prononcés, mercredi, pour des « Spitzenkandidat » (ou « chefs de file », en allemand) aux prochaines européennes. Imposé pour la première fois aux forceps par le Parlement européen au Conseil en 2014, il s’agit d’un mode de désignation du président de la Commission, qui force les dirigeants européens à choisir pour ce poste le chef de file du parti arrivé en tête aux élections européennes. C’est ainsi que Jean-Claude Juncker avait été imposé, y compris à Angela Merkel, par les dirigeants du Parti conservateur européen (PPE).
Ce mode de scrutin donne une prime évidente au PPE, qui a remporté toutes les élections européennes depuis 1999. L’entourage du président Macron n’a pas fait mystère de son peu d’appétence pour les « Spitzenkandidat » ces dernières semaines.
Mais sur ce sujet, le président est moins isolé que sur les listes transnationales. Ses pairs, dirigeants de l’Union, sont aussi très partagés. « J’ai l’impression qu’il y a presque une majorité contre », a prévenu M. Juncker depuis Strasbourg. Les dirigeants redoutent que le Parlement ne tente de leur tordre le bras alors que, d’après les traités, la désignation du président de la Commission continue de leur revenir. Même si, depuis celui de Lisbonne, ils sont censés « tenir compte » du résultat des européennes.
Bataille partisane
« Ce qui se joue, c’est de savoir si aux prochaines élections, ce seront les leaders qui nommeront à huis clos les grands dirigeants de l’Union, ou si ce pouvoir sera donné aux citoyens », souligne l’eurodéputé juppéiste Alain Lamassoure, très en faveur du Spitzenkandidat, et, accessoirement, d’une candidature du Français Michel Barnier pour le poste. « Nous ne dénonçons pas a priori le Spitzenkandidat, nous estimons juste que ce système aurait eu plus de sens avec les listes transnationales », note M. Anglade.

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                Comment seront élus les eurodéputés en 2019 ?



Au-delà de ces grands débats sur la démocratie, et comment la faire progresser à l’occasion du scrutin de 2019, c’est à une sourde bataille partisane que se livrent dirigeants et élus européens. Que les eurodéputés socialistes français résument assez bien, dans un communiqué publié mercredi : « Une vaste majorité de la droite européenne, en contradiction avec les conditions de construction d’une véritable démocratie européenne, a décidé de rejeter les listes transnationales. Et le président Macron rejette le Spitzenkandidat parce que La République en marche n’est pas organisée à l’échelle européenne et qu’elle sait que ce mode de désignation ne la mettra pas au centre du dispositif. »

        Lire la tribune :
         

          Pour « la création de listes transnationales » aux élections européennes



Le désaveu sur les listes transnationales rend encore plus indispensable l’ancrage politique du président français à Bruxelles et à Strasbourg. Ralliement à l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ALDE, centre) ? Lancement d’un En Marche européen ? Le président français n’a pas encore abattu ses cartes, mais pourrait bien parier sur les fortes divisions internes au sein des grandes écuries européennes. « Ce n’est pas le vote [sur les listes transnationales] de ce mercredi qui empêchera une recomposition politique au niveau européen en 2019 », prévient Pieyre-Alexandre Anglade.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Ankara regrette de voir les Européens préciser la perspective d’intégration de la Serbie ou du Monténégro, alors que son adhésion s’éloigne.
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Elargissement : l’UE envoie un signal aux Balkans, la Turquie s’agace

Ankara regrette de voir les Européens préciser la perspective d’intégration de la Serbie ou du Monténégro, alors que son adhésion s’éloigne.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 12h33
    |

            Cécile Ducourtieux (Strasbourg, Envoyée spéciale) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Des perspectives, mais surtout pas de promesses. La Commission de Bruxelles a rendu publique, mardi 6 février, une proposition – dite « stratégie » – pour relancer le processus d’élargissement de l’Union européenne (UE) aux six pays des Balkans occidentaux (Serbie, Kosovo, Albanie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine, Macédoine). Ce processus, censé favoriser l’entrée de certains de ces pays en 2025 au plus tôt, avait été solennellement lancé lors d’un sommet à Thessalonique en Grèce en 2003, mais il est paralysé à ce stade, faute de volonté politique côté européen, et surtout, faute de réformes dans des pays encore gangrenés par la corruption et, parfois, la violence.
La Commission européenne veut avancer dans les négociations d’adhésion, d’ores et déjà ouvertes, en 2012, avec le Monténégro (650 000 habitants) et surtout, depuis 2014, avec la Serbie (7 millions d’habitants). L’Albanie et la Macédoine sont officiellement candidates. La Bosnie-Herzégovine et le Kosovo n’ont pas encore atteint ce stade des discussions avec Bruxelles.
La date de 2025 ne concerne en fait que la Serbie et le Monténégro en vue d’une éventuelle adhésion. Une date « indicative », a souligné le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, devant le Parlement de Strasbourg, mardi 6 février. Il a souligné que cet horizon temporel est surtout « une perspective pour motiver les pays à poursuivre les réformes ».
« Fatigue liée à l’élargissement »
Car son institution marche sur des œufs : en « off », à Bruxelles, personne ne croit au réalisme de cette proposition. Qui peut imaginer que le Kosovo va entrer rapidement dans un processus d’adhésion, alors que cinq pays de l’UE, dont l’Espagne, ne reconnaissent toujours pas son existence ? Idem pour la Macédoine, qui ne parvient toujours pas à résoudre le conflit sur son nom avec la Grèce…

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Les Etats membres n’ont en réalité pas envie d’évoquer l’élargissement de l’Union, alors que la France, pour ne parler que d’elle, déplore déjà qu’une Europe à 28 (27 bientôt avec le Brexit) soit difficilement gouvernable. Et surtout, alors que la Pologne et la Hongrie, pourtant membres de club, prennent des libertés avec l’Etat de droit, voire le violent.
De nombreux diplomates estiment aussi que le processus d’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie, entrées en 2007, a été beaucoup trop rapide. La Bulgarie souffre encore d’une corruption endémique, et, en Roumanie, le Parti socialiste au pouvoir tente de réformer le parquet anticorruption national, au mépris de l’Etat de droit. Les deux Etats n’ont toujours pas été intégrés dans l’espace sans passeports Schengen. Johannes Hahn, le commissaire à l’intégration, a lui-même reconnu la situation, mardi, parlant de « fatigue liée à l’élargissement » dans l’UE.
Après avoir passablement négligé les Balkans occidentaux, la Commission fait face à un défi géopolitique, avec six pays encore très instables à ses portes. Bruxelles espère les soustraire aux influences grandissantes de la Russie, mais aussi de la Chine, de l’Arabie saoudite ou de la Turquie.
« Exporter de la stabilité »
Moscou diffuse dans la zone sa propagande antieuropéenne et soutient les mouvements nationalistes. Les pays du Golfe ou Riyad inquiètent le Service d’action extérieure que dirige Federica Mogherini, la haute représentante de l’UE, parce qu’ils tentent d’instiller une vision radicale de l’islam dans les sociétés balkaniques, d’où sont d’ailleurs partis de nombreux djihadistes vers les zones de combat irakiennes et syriennes.
« Je ne voudrais pas que, dans cinq, dix ou vingt ans, on nous dise que nous avons trahi une région qui voulait vraiment entrer dans l’UE », a souligné, mardi, Mme Mogherini. Le premier ministre albanais, Edi Rama, indiquait, il y a quelques semaines, que, « si la perspective [d’une adhésion] s’éteint ou devient une illusion, les choses pourraient tourner mal » dans la région.
La « perspective » plutôt vague de Bruxelles et les moyens modestes alloués à sa nouvelle politique – 500 millions d’euros du budget de l’UE seront réorientés vers des projets spécifiques, notamment la baisse des coûts du roaming (« itinérance ») téléphonique dans la région –, suffiront-ils à tirer les Balkans vers le haut ?
D’ici là, le retour de l’élargissement risque de s’inviter rapidement dans la campagne pour les élections européennes de 2019. Surtout si la Turquie en profite pour réclamer que le processus lié à sa propre adhésion soit relancé, alors qu’il est complètement gelé depuis des mois, à la suite des multiples dérives autoritaires du président Recep Tayyip Erdogan. Et que plus personne parmi les pays membres ne soutient ce processus. « L’UE parle de la relance de l’élargissement dans les Balkans occidentaux, mais la Turquie est également un sujet », argue Faruk Kaymakci, le représentant permanent de la Turquie auprès de l’UE.
« Nous désirons une pleine adhésion à l’Europe. D’autres options ne nous satisfont pas », a assuré le président Erdogan dans le journal italien La Stampa, dimanche 4 février, balayant la proposition du président Macron, qui a récemment suggéré qu’il fallait repenser la relation avec Ankara, « non pas dans le cadre du processus d’intégration, mais d’une coopération, d’un partenariat ».
Mardi soir, le Conseil européen a confirmé la tenue, le 26 mars, d’une rencontre avec son président, Donald Tusk, M. Juncker, le président Erdogan et le premier ministre bulgare, Boïko Borissov. L’occasion pour Ankara de jouer à nouveau cette carte de l’adhésion pour avancer sur d’autres sujets lui tenant à cœur : la libéralisation des visas vers l’UE ou la modernisation d’un accord d’union douanière vieux de plus de 15 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le redressement de l’île, frappée par le naufrage de ses banques en 2013, est spectaculaire. Le gouvernement a créé un dispositif pour retenir les plus riches investisseurs étrangers en leur offrant soit un droit de résidence, soit la nationalité.
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Chypre offre des « passeports en or » aux investisseurs étrangers

Le redressement de l’île, frappée par le naufrage de ses banques en 2013, est spectaculaire. Le gouvernement a créé un dispositif pour retenir les plus riches investisseurs étrangers en leur offrant soit un droit de résidence, soit la nationalité.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 12h04
    |

            Philippe Ricard (Nicosie, envoyé spécial)








                        



                                


                            

L’annonce parue dans un quotidien chypriote offre une vue plongeante sur les arcanes du redressement de l’île. « Idéal pour ceux qui cherchent la nationalité chypriote », est-il indiqué, afin de vanter les charmes de ce terrain à bâtir, proche de la mer et éligible au dispositif mis en place pour attirer les investisseurs russes, chinois ou autres en contrepartie d’un précieux sésame : le passeport de la République de Chypre, porte d’entrée dans l’Union européenne.

Cinq ans après son naufrage économique, ce pays méditerranéen a bel et bien amorcé une reprise spectaculaire, qui a permis à son président, le conservateur Nicos Anastasiades, d’être réélu avec plus de 55 % des voix, dimanche 4 février, face à Stavros Malas, soutenu par le Parti communiste. La croissance devrait atteindre 4 % cette année. L’île, dont la Turquie occupe la partie Nord, s’est passée, dès 2016, de la tutelle de ses créanciers de la zone euro.

Son redressement est plus tangible que celui de la Grèce, à l’origine d’une grande partie de ses déboires. Le chômage baisse, même s’il touche encore plus de 10 % de la population active, dont de nombreux jeunes. La deuxième ville du pays, Limassol, où résident près de 30 000 Russes, connaît même un boom immobilier.
Boom immobilier et touristique
En arrivant au pouvoir, en 2013, Nicos Anastasiades avait pourtant été contraint de négocier un plan d’aide auprès de la zone euro et du Fonds monétaire international, en échange d’une restructuration draconienne d’un secteur bancaire alors aux abois. L’un des enjeux du programme négocié au forceps à l’époque : assainir les banques, gorgées des dépôts d’épargnants russes soucieux de faire fructifier leur patrimoine à l’abri des revers de fortune de leur pays d’origine.
« Les Russes ne sont pas les seuls à être présents. Des Américains, des Européens ou des Chinois sont là aussi et participent à la progression des investissements étrangers. » Harris Georgiades,...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Les ONG constatent que les fonds européens profitent aux Syriens mais s’inquiètent du renforcement des contrôles par Ankara.
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A Gaziantep, l’accord controversé entre UE et Turquie améliore le sort des réfugiés

Les ONG constatent que les fonds européens profitent aux Syriens mais s’inquiètent du renforcement des contrôles par Ankara.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 11h33
    |

            Jean-Baptiste Chastand (Gaziantep (Turquie)








                        



                                


                            

Vues du modeste appartement de Nahla, trois pièces mal chauffées en sous-sol d’un immeuble situé dans un quartier populaire de Gaziantep, les arrière-pensées politiques de l’accord Union européenne (UE)-Turquie sur les migrants semblent bien loin. « Mon loyer est de 400 livres turques [85 euros] par mois et les charges de 200 », explique cette veuve syrienne, qui, avec ses neuf enfants, a fui Alep, dans le nord de la Syrie, pour la Turquie en 2013.
Pour payer ces frais et « nourrir ses enfants », elle ne pouvait compter, jusqu’au début de 2017, que sur le salaire au noir de son fils aîné comme plâtrier, les quelques dizaines de livres que lui verse une usine locale pour assembler des pièces de pantoufle depuis son salon et les heures de travail de son fils de 12 ans dans un supermarché après l’école… Tout cela complété par les dons de voisins.

Très contesté, l’accord signé entre Bruxelles et Ankara en mars 2016 a conduit à un renforcement drastique des contrôles en Turquie et autorisé le renvoi de tout Syrien arrivant sur les côtes grecques. Mais en échange de chaque renvoi, l’UE s’est engagée à relocaliser un Syrien sur son territoire – un point qui a finalement été à peine appliqué faute de renvois effectifs – et a débloqué 3 milliards d’euros (dont 300 millions par la France) pour soutenir les réfugiés en Turquie. Un tiers de cette somme sert à financer le plus grand programme humanitaire de l’histoire de l’UE : la distribution massive d’argent à près de 1,2 million de réfugiés. Ce qui a changé la vie de Nahla.
Depuis mars 2017, elle et ses enfants ont ainsi droit à 720 livres par mois. Auxquels s’ajoutent des versements chaque trimestre et des bonus si ses enfants vont bien à l’école. « Je n’ai plus à me préoccuper du loyer, se réjouit-elle. Je veux rentrer en Syrie dès que la situation sera plus sûre, Gaziantep est très proche de la frontière et ressemble en plus beaucoup...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Le certificat de détachement remis au travailleur détaché par le pays d’envoi pourra être écarté par le pays d’accueil en cas de fraude, a décidé mardi la Cour de justice de l’Union européenne.
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Travail détaché : la Cour de justice de l’Union européenne fait « tomber un dogme »

Le certificat de détachement remis au travailleur détaché par le pays d’envoi pourra être écarté par le pays d’accueil en cas de fraude, a décidé mardi la Cour de justice de l’Union européenne.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 11h40
    |

            Bertrand Bissuel








                        



   


C’est une décision qui écorne la thèse selon laquelle Europe rime nécessairement avec moins-disant social. Mardi 6 février, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a estimé que le certificat remis à un travailleur détaché pouvait être écarté, en cas de fraude, par une juridiction du pays accueillant ce même salarié.

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Il s’agit d’une première, dont se félicite le ministère du travail français. Elle peut avoir un impact, en matière de lutte contre le travail illégal et de recouvrement de cotisations sociales, mais sa portée reste, à ce stade, malaisée à cerner.
Au cœur de l’arrêt rendu mardi, il y a donc le certificat de détachement : le salarié envoyé pour une mission à l’étranger se voit octroyer ce document par les autorités du pays où est implantée son entreprise ; le formulaire prouve qu’il est affilié à la Sécurité sociale de son Etat d’origine et que c’est à elle qu’il paiera ses cotisations, et non pas à celle du pays d’accueil.
« Une vraie inflexion »
La décision de la CJUE résulte d’une procédure pénale contre une entreprise de construction belge qui avait fait appel à des salariés détachés par des sociétés bulgares. Une enquête, conduite par un juge d’instruction belge, avait démontré que celles-ci n’exerçaient aucune activité significative en Bulgarie ; dès lors, elles n’avaient pas le droit de détacher de la main-d’œuvre dans un pays tiers. Elles avaient néanmoins obtenu des autorités bulgares que soit délivré à leurs personnels un certificat de détachement, ce qui permettait de les faire travailler en Belgique tout en les affiliant à la Sécurité sociale bulgare. L’inspection sociale belge avait demandé à la Bulgarie de retirer ces certificats. Requête infructueuse.
Parallèlement, les dirigeants de l’entreprise de construction, poursuivis par la justice pénale belge, avaient été condamnés en appel : les magistrats avaient considéré que les certificats de détachement ne s’appliquaient pas car ils avaient été obtenus frauduleusement.
Saisie de l’affaire, la Cour de cassation du royaume avait, avant de se prononcer, préféré demander l’avis de la CJUE, en lui posant la « question préjudicielle » suivante : un juge du pays d’accueil peut-il « écarter » le certificat si celui-ci a été remis frauduleusement ?
La réponse n’était pas évidente car les règles de l’Union européenne prévoient que ce document est présumé régulier et qu’il s’impose, par conséquent, aux autorités de l’Etat d’accueil. Si celles-ci veulent le remettre en question, elles doivent engager un dialogue avec le pays d’envoi, lui seul pouvant décider le retrait du formulaire incriminé.

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La CJUE a jugé, mardi, qu’il pouvait en aller différemment, dès l’instant où il y a fraude et où le pays d’envoi n’en tient pas compte alors même que le pays d’accueil lui a signalé les manœuvres irrégulières.
Pour Jean-Philippe Lhernould, professeur de droit à l’université de Poitiers, cette décision « correspond à une vraie inflexion de la jurisprudence de la CJUE car elle fait tomber un dogme ». « Jusqu’à présent, poursuit-il, le juge du pays d’accueil n’avait pas la possibilité d’écarter un certificat de détachement. »
« Coopération loyale entre Etats membres »
« Cet arrêt est d’une importance considérable car il vient utilement préciser le sens de la jurisprudence européenne au sujet du caractère opposable des certificats de détachement, enchaîne Me Jean-Victor Borel, un avocat qui avait représenté l’Urssaf dans un dossier ayant valu à la compagnie irlandaise Ryanair d’être condamnée à 8,1 millions d’euros de dommages et intérêts. La Cour réaffirme ici le principe général selon lequel un ressortissant d’un Etat membre ne saurait frauduleusement se prévaloir du droit de l’Union, dans la lignée de sa jurisprudence antérieure. Elle confirme que le principe de coopération loyale entre Etats membres de l’UE oblige les autorités compétentes de l’Etat d’accueil à tenter d’obtenir le retrait ou l’invalidation de certificats de détachement obtenus frauduleusement auprès de l’Etat d’envoi. Mais elle dit aussi que ce même principe de coopération loyale ne saurait empêcher l’autorité judiciaire de l’Etat d’accueil de sanctionner une telle fraude si le pays d’envoi s’abstient de procéder au retrait ou à l’invalidation de ces certificats de détachement. »

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                Après le travail détaché, le transport, prochaine pomme de discorde au sein de l’Union européenne



L’arrêt rendu mardi « ouvre des perspectives très favorables à l’aboutissement de [certaines] procédures engagées pour travail dissimulé », réagit-on dans l’entourage de la ministre du travail, Muriel Pénicaud.
« La décision de la CJUE apporte des précisions importantes pour des dossiers, portés devant des juridictions françaises, dans lesquels sont mises en cause des compagnies aériennes low cost, qui ont rattaché leurs personnels navigants au système de Sécurité sociale des pays d’envoi, abonde Etienne Pataut, professeur à l’Ecole de droit de la Sorbonne. L’arrêt de mardi donne aussi une marche à suivre pour les services des Urssaf qui veulent recouvrer des cotisations non payées. »
« Des incidences pratiques difficiles à évaluer »
M. Lhernould, lui, se montre prudent sur « les incidences pratiques » de la décision de la CJUE : elles « sont difficiles à évaluer car plusieurs conditions doivent être remplies pour que la justice du pays d’accueil ne s’estime pas liée par le certificat ». « Il faut notamment établir des éléments de fraude, ce qui implique de mettre en évidence des éléments objectifs mais aussi subjectifs – c’est-à-dire l’intention de se soustraire au paiement de cotisations sociales du pays de détachement », souligne-t-il.
« Avec cet arrêt, difficile de soutenir que l’on veut construire une Europe sociale et lutter contre la fraude transnationale », confie Hervé Guichaoua, un « vieux routier » du ministère du travail qui connaît très bien la problématique. A ses yeux, la CJUE procède à « une analyse purement administrative, voire technocratique, des textes » qui bride le pouvoir de contrôle et de sanction du juge français.
Pour que les certificats puissent être écartés, « l’institution de Sécurité sociale de l’Etat d’envoi doit être saisie par son homologue de l’Etat d’accueil et il faut, de surcroît, que cette même institution de l’Etat d’envoi n’ait pas répondu dans un délai raisonnable ou n’ait pas tenu compte des éléments d’information transmis par le pays d’accueil », rappelle-t-il. En d’autres termes, toutes ces conditions ne sont guère favorables à la lutte contre la fraude au détachement.



                            


                        

                        


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En Italie, la petite ville de Macerata frappée de sidération après l’attentat

Dans la ville où un militant de la Ligue du Nord a tiré samedi sur des migrants, le traumatisme reflète les divisions du pays.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 12h40
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            Jérôme Gautheret (Macerata (Marches) envoyé spécial)








                        



                                


                            

Tout a commencé comme un mauvais rêve, dont personne, à Macerata, n’est encore sorti. Samedi 3 février, quelques minutes avant midi, tous les téléphones de la ville se sont mis à sonner. Dans un message vocal prononcé d’une voix blanche, le maire de la ville, Romano Carancini (Parti démocrate [PD], centre-gauche), demandait à ses administrés de ne sortir de chez eux sous aucun prétexte : « Il y a actuellement en ville un homme armé qui circule, et il tire. » 
Quatre jours plus tard, le maire semble encore sonné par ces instants dramatiques. « J’étais à une réunion quand j’ai reçu un appel des carabiniers me demandant de faire tout de suite une annonce, en utilisant la chaîne de diffusion que nous avions mise en place lors des tremblements de terre de 2016, se souvient-il. Je suis sorti en courant, j’ai croisé un groupe de jeunes qui se rendaient au théâtre, je leur ai demandé de se barricader… et j’ai attendu. »
Pendant plus d’une heure, la confusion règne. Les pires rumeurs circulent : il y aurait plusieurs tireurs, des morts… Puis en début d’après-midi, Luca Traini s’est arrêté devant le gigantesque monument aux morts de Macerata, un mastodonte de pierre typique de l’époque mussolinienne, qui écrase de sa présence le centre de la ville. Il a revêtu un drapeau italien, a tendu le bras pour faire un salut fasciste, a crié « Viva Italia ! » et s’est laissé interpeller par les forces de l’ordre.
Aux environs de 14 heures, l’alerte était levée et ce qui venait de se passer prenait soudain tout son sens : réagissant à la mort horrible d’une jeune toxicomane de 18 ans, Pamela Mastropietro, dont le corps démembré avait été retrouvé trois jours plus tôt dans deux valises abandonnées, dans la zone industrielle voisine de Pollenza, et pour laquelle un sans-papiers nigérian avait été interpellé, ce militant de la Ligue du Nord avait décidé de faire justice lui-même, tirant, au hasard, sur des migrants africains qui avaient...




                        

                        

