<FILE-date="2018/02/08/19">

<article-nb="2018/02/08/19-1">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Le Parlement européen a rejeté mercredi une motion demandant le retrait de cette liste de la Tunisie. Le directeur de la Banque centrale va être démis pour sanctionner ce raté.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤         

Compte rendu

L’UE inscrit la Tunisie sur sa « liste noire » des pays exposés au financement du terrorisme

Le Parlement européen a rejeté mercredi une motion demandant le retrait de cette liste de la Tunisie. Le directeur de la Banque centrale va être démis pour sanctionner ce raté.

Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
              datetime="2018-02-08T18:36:53+01:00"

        Le 08.02.2018 à 18h36






                        

Crédits : ZOUBEIR SOUISSI/REUTERS


                    

C’est un camouflet diplomatique pour la Tunisie. Le Parlement européen a validé, mercredi 7 février, la présence de la Tunisie dans la « liste noire » des pays « susceptibles d’être fortement exposés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme ». Le ministère tunisien des affaires étrangères a aussitôt déploré une « décision injuste, hâtive et unilatérale ».
Cette mise à l’index survient deux mois après l’inclusion de la Tunisie dans une autre liste noire, celle des paradis fiscaux, établie par les ministres européens des finances. Le dommage infligé à l’image de la Tunisie avait toutefois été ensuite réparé. Le 23 janvier, l’UE retirait le petit pays d’Afrique du Nord de cette liste de mauvais élèves en matière de lutte contre l’évasion fiscale. Entre-temps, la machine diplomatique tunisienne, initialement peu réactive, s’était remobilisée en s’engageant à entreprendre les réformes fiscales requises, notamment dans le secteur des entreprises exportatrices offshore.
Le coup à peine encaissé, le vote du Parlement de Strasbourg adresse une nouvelle semonce à la Tunisie, cette fois sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Une motion déposée par des députés visant à retirer la Tunisie, le Sri Lanka et Trinité-et-Tobago de la liste noire établie par la Commission n’a pas recueilli la majorité requise des 376 voix. Les débats, très intenses, se sont surtout focalisés sur la Tunisie, unique rescapée de la vague des révolutions arabes de 2011. Les défenseurs de la motion n’auront manqué que de 19 voix pour la faire adopter.
« Beaucoup d’élus ont été sensibles, y compris chez les conservateurs et les sociaux-démocrates, à l’argument selon lequel il ne faut pas enfoncer une démocratie fragile, rapporte une source interne au Parlement. Mais il s’agit quand même des risques de financement du terrorisme. Seuls les arguments techniques devraient prévaloir. » De fait,...



<article-nb="2018/02/08/19-2">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Dans un tchat, Arnaud Leparmentier, correspondant du « Monde » à New York, a répondu, jeudi, à des questions d’internautes sur le protectionnisme pratiqué par l’Amérique de Donald Trump.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Protectionnisme : « Trump donne les clés du monde à la Chine »

Dans un tchat, Arnaud Leparmentier, correspondant du « Monde » à New York, a répondu, jeudi, à des questions d’internautes sur le protectionnisme pratiqué par l’Amérique de Donald Trump.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 18h15
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 18h46
   





                        



   


Hillary : Pouvez-vous nous donner des exemples concrets de mesures protectionnistes prises par Trump ?
Arnaud Leparmentier : Pour répondre à votre question, en voici quelques-unes, pêle-mêle : les droits antidumping sur des avions Bombardier de 300 % (annulés depuis par un panel indépendant) ; les droits sur les panneaux solaires et les lave-linge ; les droits sur le bois et le papier canadiens ; l’interdiction d’acquisitions chinoises dans les semiconducteurs ; ou encore le refus de nommer des juges à l’OMC, l’Organisation mondiale du commerce (ce qui la bloque).
Xavier : Existait-il des mesures protectionnistes aux Etats-Unis avant Trump ?
Oui, il en existait beaucoup. Il n’y a pas de rupture complète. La guerre du bois avec le Canada dure depuis une éternité, celle de l’acier aussi, tout comme les querelles automobiles. Obama a interdit le rachat d’entreprises de semiconducteurs par des Chinois, Trump aussi ; Airbus a fini par perdre le contrat des avions ravitailleurs.
Le marché américain est particulièrement difficile à pénétrer. Le représentant au commerce, Robert Lighthizer, adepte du protectionnisme, a été confirmé par 82 sénateurs sur 100. Cette tentation du repli n’est donc pas une lubie de Trump, elle est beaucoup plus consensuelle qu’on ne le croit en Europe.
Aboy : Est-ce que Trump s’inspire d’un ou de plusieurs de ses prédécesseurs à la Maison Blanche pour sa politique économique ? Reagan peut-être ?
Il se revendique de Ronald Reagan dans ses slogans : « America is back » (« l’Amérique est de retour « ) pour Reagan ; « America first » (« l’Amérique d’abord ») pour Trump. Et surtout, il s’en inspire pour sa réforme fiscale : baisse des impôts et des déficits, simplification et dérégulation. Attention cependant de ne pas faire l’erreur qui a été commise à l’égard de Reagan, qui a sorti les Etats-Unis de la récession et de l’inflation. Tout n’est pas mauvais chez Trump, sous prétexte que c’est Trump. La réforme fiscale est une réforme traditionnelle de droite, avec une baisse des impôts et des déficits. De plus, Reagan était confronté au même défi que Trump avec la Chine, mais c’était avec le Japon.
Shaq : Les mesures protectionnistes de l’administration Trump ont-elles eu des effets sur le pouvoir d’achat de la classe moyenne américaine ?
Marcel : Les Américains ont-ils senti le moindre changement positif dans leur vie quotidienne, lié à la politique protectionniste de Trump ?
Non, c’est trop tôt et trop ciblé. C’est même le contraire : il y a eu des importations massives de lave-linge en décembre, pour éviter les droits de douane prévisibles imposés en janvier.
Les entreprises high-tech ont du mal à obtenir des visas ; les agriculteurs sont inquiets pour leurs exportations et quelques entreprises qui ont obtenu gain de cause (Whirlpool sur les lave-linge) sont satisfaites. Mais le déficit commercial bat des records, en dépit du dollar faible, ce qui prouve que ce sujet est mal abordé par Donald Trump.

        Lire aussi :
         

                Aux Etats-Unis, l’attribution des visas, un système kafkaïen



Lisandru : Au vu des annonces et investissements notamment du secteur automobile américain, Trump est-il en train de réussir son pari de rapatrier nombre d’emplois aux Etats-Unis ?
Partiellement, en tous cas. L’explication est simple : le marché est énorme, les entreprises automobiles veulent avoir accès à ce marché et se disent que l’Alena n’est peut-être pas pérenne. Dans le doute, elles préfèrent réinvestir aux Etats-Unis. C’est le cas des pick-up, qui seraient taxés à 25 % si l’on en revenait au régime normal de l’Organisation mondiale du commerce. Fiat Chrysler va rapatrier sa production de pick-up du Mexique dans le Michigan ; General Motors, de son côté, réduit la voilure. Pour l’automobile classique, c’est moins évident : le taux OMC est de 2,5 %, ce n’est pas une barrière insurmontable. Il n’empêche : les constructeurs Toyota et Mazda ont annoncé des investissements dans l’Alabama, où les salaires sont faibles.

        Lire aussi :
         

                Le pick-up, histoire d’une réussite protectionniste



Unknown : La politique économique de Trump est-elle soutenue par les Américains ? Que disent les sondages à ce sujet ?
Même s’il reste très impopulaire (plus de 53 % de rejet), Trump remonte sensiblement dans les sondages depuis quelques semaines (il était en dessous de 37 % à l’été 2017, il s’approche de 41 %, selon le site FiveThirtyEight, spécialisé dans le datajournalisme). C’est visiblement la réforme fiscale qui se fait sentir immédiatement, en raison du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, et parce qu’il montre qu’il peut agir. A l’été 2017, personne ne croyait une seconde qu’il réussirait à faire adopter cette réforme.
Jeune inculte : Est-ce que la politique protectionniste de Trump est le signe du déclin des Etats-unis ?
Non, les Américains possèdent un savoir-faire technologique et numérique considérable. Ils prennent seulement conscience que la mondialisation conduit à une égalisation relative des conditions par classe sociale : si vous êtes ouvrier aux Etats-Unis, il n’y a pas de raison que vous gagniez plus que l’ouvrier chinois, expliquait récemment un économiste. C’est ce choc, que j’exagère un peu, qui a conduit à la révolte des Blancs déclassés de la mondialisation et au vote en faveur de Trump, mais aussi de Bernie Sanders, à la gauche du Parti démocrate.
MG : Est-ce que la politique protectionniste de Trump est synonyme d’un certain retour de l’isolationnisme américain ?
Oui, mais cet isolationnisme a commencé, dans d’autres domaines, sous Obama. Par un repli militaire. Commercialement, le traité transpacifique signé par Obama n’était pas soutenu par la candidate Hillary Clinton. Trump, à mon sens, commet une erreur, car les autres s’organisent sans lui. On le voit avec tous les pays qui signent entre eux des accords de libre-échange.
Il donne les clés du monde à la Chine. D’ailleurs, c’est pour cela qu’ils n’ont pas claqué la porte des négociations de l’Alena (l’Accord de libre-échange nord-américain), en découvrant que les Canadiens cherchaient d’autres voies. De même, avec la Chine, on attend le rapport sur le transfert de technologies forcé. Mais je parie davantage sur des conflits rugueux que sur une guerre commerciale destructrice.
Fitz : Qui a le plus à perdre d’un repli américain ? Les pays asiatiques ? Ne croyez-vous pas que le marché européen est suffisamment grand et diversifié entre l’Est et l’Ouest, pour pouvoir s’accommoder d’une guerre commerciale ?
Ceux qui ont le plus à perdre sont les petits pays très ouverts et très mondialisés ou ceux qui sont dépendants des Etats-Unis. Les Etats-Unis ont beaucoup à perdre, par exemple avec la Chine, tant leurs économies sont imbriquées. C’est, pour l’instant, beaucoup de bruit pour rien. Il n’y a pas de guerre avec la Chine ; les négociations sur l’Alena n’ont pas été rompues. Le marché européen dépend énormément des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) et du savoir-faire technologique américain. Enfin, ce sont surtout les entreprises qui seront très pénalisées, elles qui ont disséminé leur production à travers la planète.
Je précise qu’en aparté, les responsables européens partagent la vision antichinoise des Américains, même s’ils désapprouvent leur méthode, jugée trop brutale. C’est pour cela que les rapports entre les Etats-Unis et l’Union européenne sont apaisés : ils sont au fond assez d’accord sur le sujet majeur, la Chine.
John : Les pays frontaliers, Canada et Mexique, ont-ils des retombées économiques positives ou négatives de la politique menée par Trump ?
Le Canada essaie de profiter de la peur des investisseurs et des restrictions sur les visas américains pour attirer les talents. Il n’empêche : en cas de sortie de l’Alena, ils seraient perdants, car les Etats-Unis sont de loin leur premier partenaire. Ils s’ouvrent à d’autres pays pour compenser : le traité avec l’Union européenne et le traité transpacifique (TPP), que les Japonais ont fait revivre sans les Américains. Les Mexicains, eux, se trouvent dans une situation encore pire, car ils sont les sous-traitants des Américains. Les industriels, on le voit avec l’automobile, hésitent à investir tant que la donne n’est pas claire sur l’Alena.  ClavierQWERTY : Quel est l’impact du protectionnisme américain sur les relations avec l’Union européenne ?
Pour l’instant, il est faible, puisque Donald Trump s’est concentré sur trois régions : le Canada et le Mexique, avec la renégociation de l’Alena, la zone Pacifique (avec la sortie du partenariat transpacifique, TPP) et la Chine (avec des mesures antidumping, notamment sur le solaire et les lave-linge). Mais il a dit qu’il allait examiner le dossier.  Il ne faut pas oublier qu’il avait accordé sa première interview à la Bild Zeitung, se plaignant qu’il y avait des BMW et des Mercedes dans tout New York, mais pas de Cadillac en Europe. Sur l’Europe, Trump vise surtout l’Allemagne et son excédent commercial considérable.
NYprice : Vous parlez de tentation du repli. Mais est-elle vraiment supérieure à celle de l’Europe ?
Oui, car les Etats-Unis ont une culture d’autosuffisance agricole, énergétique, intellectuelle et économique. Le repli traverse périodiquement l’histoire des Etats-Unis, qui se sont largement repliés sur eux-mêmes dans l’entre-deux-guerres. L’Europe a toujours été plus ouverte. Elle en bénéficie puisqu’elle exporte massivement ses biens à travers la planète grâce à l’industrie allemande. Les Néerlandais et les Britanniques sont très ouverts aussi. Il peut y avoir une proximité plus forte avec la France.
Mag : La politique protectionniste de Trump risque-t-elle d’entraîner une dégradation des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et les pays traditionnellement considérés comme leurs alliés ?
Oui, Trump a réussi à tendre les relations, notamment avec la Corée du Sud, et ce sur fond de tensions avec la Corée du Nord. Les propos qu’il a tenus sur le Mexique et le Canada n’étaient pas raisonnables. Les ravages du « trumpisme » sont surtout liés à sa parole politique.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-3">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Les parlementaires ont demandé, jeudi, à la Commission européenne de « lancer une évaluation complète » du système actuel.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Le Parlement européen s’interroge sur l’utilité du changement d’heure

Les parlementaires ont demandé, jeudi, à la Commission européenne de « lancer une évaluation complète » du système actuel.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 17h16
   





                        


Le changement d’heure vivrait-il ses dernières heures ? Les députés européens ont réclamé, jeudi 8 février, une « évaluation » détaillée du système de changement d’heure, qui pourrait aboutir à sa révision, après avoir longuement débattu de l’intérêt ou non de maintenir ces modifications horaires semestrielles.
Par 384 voix pour (153 voix contre), les parlementaires, réunis en session plénière à Strasbourg, ont demandé à la Commission européenne de « lancer une évaluation complète » du système actuel et, si nécessaire, de « présenter une proposition pour la réviser ».
Plus d’accidents, moins de sommeil
« De nombreuses études, si elles n’aboutissent pas à des conclusions définitives, ont indiqué l’existence d’effets négatifs sur la santé des êtres humains » de ces décalages d’une heure qui ont lieu les derniers week-ends de mars et d’octobre depuis 2001, soulignent les eurodéputés.
« Les études démontrant un accroissement des accidents de la route ou des troubles du sommeil lors du changement d’heure, doivent être prises au sérieux », a également plaidé la députée européenne écologiste Karima Delli, à l’origine de la résolution. Elle estime, par ailleurs, que les économies d’énergie, but initial des changements d’heure saisonniers, « ne sont pas probantes ».
La Commission européenne ne s’est pas montrée enthousiaste à l’idée de se lancer dans une révision du système. « Mais il est évident que si on laisse les Etats membres libres de décider d’appliquer ou non des changements d’heure, cela sera problématique pour le marché intérieur », a reconnu la commissaire européenne slovène Violeta Bulc devant les députés.

        Lire aussi :
         

                Changement d'heure : ce qu'il faut savoir 







                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-4">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Les abonnements représentent désormais 60 % du chiffre d’affaires annuel du groupe, contre un tiers seulement pour la publicité.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Le « New York Times » compte 2,64 millions d’abonnés en ligne

Les abonnements représentent désormais 60 % du chiffre d’affaires annuel du groupe, contre un tiers seulement pour la publicité.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 17h07
   





                        



   


Il y a de quoi faire pâlir d’envie bien des médias en quête d’un modèle économique pérenne. En un an, le New York Times a enregistré une hausse de 41,8 % de ses abonnements aux seules éditions en ligne, selon un communiqué publié jeudi 8 février. Ils sont désormais 2,64 millions de lecteurs abonnés au vénérable quotidien new-yorkais.
Après avoir connu un net ralentissement après l’investiture de Donald Trump, le quotidien accélère de nouveau et a gagné 157 000 abonnés numériques au quatrième trimestre, soit mieux que les deux précédents (154 000 et 114 000). En trois ans seulement, le New York Times a triplé le nombre de ses abonnés aux seuls contenus en ligne. Il ne publie plus désormais de chiffres concernant les abonnés aux éditions papiers.

        Lire :
         

          Donald Trump et les médias, une guerre très rentable



60 % du chiffre d’affaires
Les abonnements représentent désormais 60 % du chiffre d’affaires annuel du groupe, contre un tiers seulement pour la publicité. Le rapport a basculé en 2012, année lors de laquelle les recettes publicitaires sont passées en deçà du seuil de 50 % du chiffre d’affaires total.
« Il apparaît que notre modèle économique fondé d’abord sur les abonnements est un moyen efficace de soutenir nos ambitions journalistiques », a commenté le PDG, Mark Thompson, cité dans le communiqué. Un basculement d’autant plus important que les revenus tirés de la publicité ont reculé de 3,8 % en 2017.
Si le chiffre d’affaires total est en hausse de 7,7 % sur l’année, à 1,67 milliard de dollars, le groupe finit 2017 à l’équilibre, avec un résultat net de 4,2 millions de dollars. Un décalage dû, en partie, à une perte nette de 57 millions de dollars enregistrée au quatrième trimestre, liée à une série de charges exceptionnelles, principalement des engagements liés aux retraites et un effet fiscal consécutif à la réforme votée récemment au Congrès.

        Lire aussi :
         

                Google veut « aider » les médias à recruter des abonnés


Le New York Times prévoit une augmentation des revenus provenant des abonnés comprise entre 5 et 9 % au premier trimestre 2018, conjuguée à une baisse des revenus publicitaires également située entre 5 et 9 %.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-5">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Le premier ministre israélien, soupçonné d’avoir reçu des cadeaux d’hommes d’affaires, met en cause « l’objectivité » des officiers qui enquêtent sur lui.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Mis en danger par les affaires, Nétanyahou attaque le chef de la police

Le premier ministre israélien, soupçonné d’avoir reçu des cadeaux d’hommes d’affaires, met en cause « l’objectivité » des officiers qui enquêtent sur lui.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 16h29
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 18h41
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            

Plus l’échéance approche, et plus les rapports entre Benyamin Nétanyahou et la police deviennent électriques. Le 6 février, la chaîne de télévision Hadashot annonçait que les enquêteurs s’apprêtaient dans les jours à venir à transmettre leurs recommandations au procureur général, en vue de l’inculpation du premier ministre israélien dans le « dossier 1000 ». M. Nétanyahou est soupçonné d’avoir reçu des cadeaux indus de la part de deux puissants hommes d’affaires, potentiellement en échange de services rendus. Il est également mis en cause, directement ou à travers son entourage, dans plusieurs autres enquêtes.
Roni Alsheikh, le patron de la police, pourtant nommé par Benyamin Nétanyahou, se trouve depuis des mois sous une pression extrême. Mais il ne cède rien. Dans « Uvda », une émission phare de la télévision israélienne, il a apporté le 7 février son soutien à Roni Ritman, le chef de l’unité Lahav 433, chargée des investigations sensibles. Il a même accusé des « forces puissantes », sans citer de nom, d’avoir envoyé des détectives privés pour « renifler » autour des policiers conduisant les enquêtes – pour trouver, donc, des informations compromettantes sur eux. Une accusation d’une gravité rare. Aucune enquête n’a été ouverte à ce sujet, mais Roni Alsheikh dit avoir soulevé la question afin que ces pressions cessent.

Selon les médias israéliens, la conviction de la hiérarchie policière penche en faveur d’une inculpation dans le « dossier 1000 ». En revanche, elle est divisée sur les suites à donner au « dossier 2000 ». Il concerne des soupçons d’échange de bons procédés entre le premier ministre et le patron du quotidien Yediot Aharonot, Arnon Moses. Dans une conversation enregistrée, on découvre que M. Nétanyahou aimerait obtenir une couverture plus favorable du journal, s’engageant pour sa part à réduire la diffusion du gratuit Israel Hayom, le concurrent lancé par le magnat des casinos Sheldon...




                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-6">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Le projet de loi interdisant d’attribuer « à l’Etat ou à la nation polonaise » des crimes nazis est, pour le chercheur Jan Tomasz Gross, une étape supplémentaire dans un combat pour museler les historiens.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La Pologne est-elle malade de son histoire ?

Le projet de loi interdisant d’attribuer « à l’Etat ou à la nation polonaise » des crimes nazis est, pour le chercheur Jan Tomasz Gross, une étape supplémentaire dans un combat pour museler les historiens.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 18h25
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            
Sociologue et historien polonais et américain, Jan Tomasz Gross est spécialiste de la seconde guerre mondiale et de la Shoah. Il est notamment l’auteur de Moisson d’or. Le pillage des biens juifs (coédition Mémorial de la Shoah/Calmann-Lévy, 2014).
Pourquoi le Sénat polonais a-t-il voté une loi punissant par des amendes ou des peines de prison ceux qui attribuent « à la nation ou à l’Etat » des crimes commis par les nazis en Pologne occupée ?
Cette loi, portée par le parti nationaliste Droit et justice, majoritaire à la Diète et au Sénat, part, selon moi, d’une pulsion antisémite. Le fait que des dirigeants politiques israéliens aient formulé des protestations, lorsque la Diète a voté dans un premier temps la loi, a encouragé la majorité des sénateurs polonais à approuver ce texte pour montrer à l’opinion polonaise qu’ils ne céderaient pas devant la demande des juifs.
Pour Droit et justice, il est impératif que la Pologne, trop longtemps à genoux, se lève et se tienne debout face aux puissances étrangères, à l’Allemagne, à l’Union européenne et « aux juifs ». Ce discours nationaliste radical est exclusif. Il s’agit de clamer haut et fort : « La Pologne d’abord. » Naturellement, le fait que beaucoup de chercheurs polonais aient fait des découvertes majeures, au cours des vingt dernières années, sur la complicité de nombreux Polonais dans la persécution des juifs durant la seconde guerre mondiale est tout à fait insupportable pour ce parti.

Celui-ci ne veut pas entendre parler de ces travaux qui s’attaquent au mythe d’une Pologne éternelle victime, meurtrie par les conflits depuis le XIXe siècle et trahie par les Alliés pendant la seconde guerre mondiale. Les fondateurs de Droit et justice, les frères Jaroslaw Kaczynski et Lech Kaczynski, militants anticommunistes engagés aux côtés de Solidarnosc, veulent se présenter comme les seuls héros de l’histoire polonaise.
Depuis sa création...




                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-7">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ A l’occasion de la série « L’Amérique citadelle », que publie « Le Monde » depuis le début de la semaine, Arnaud Leparmentier, correspondant à New York, vous répond.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ 
<article-nb="2018/02/08/19-8">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Les secouristes poursuivaient leurs efforts, jeudi 7 avril, pour retrouver des survivants dans un immeuble dangereusement incliné qui menace de s’effondrer.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ 
<article-nb="2018/02/08/19-9">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Depuis un an, les rapts se multiplient dans la capitale du Nord-Kivu, où l’armée et de multiples milices maintiennent une tension permanente.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤         

Reportage

En RDC, les enfants volés de Goma

Depuis un an, les rapts se multiplient dans la capitale du Nord-Kivu, où l’armée et de multiples milices maintiennent une tension permanente.

Par                                            Pierre Benetti (Goma, envoyé spécial)




LE MONDE
              datetime="2018-02-08T14:17:04+01:00"

        Le 08.02.2018 à 14h17

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-02-08T15:13:26+01:00"

        Mis à jour le 08.02.2018 à 15h13






    
Sur le flanc du volcan Nyiragongo, à Goma, en République démocratique du Congo, en 2006.
Crédits : JOSE CENDON / AFP


Tout semble protégé chez Valentin Sendegeya. Derrière une clôture en pierres, des rideaux imprimés de grosses roses filtrent les regards. Des bâches en plastique couvrent les murs du salon pour éviter la poussière. Contre le pourrissement, les planches de la maisonnette sont enduites d’huile. Dans l’immense périphérie de Goma, principale ville de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le ciel plombé de la saison sèche se reflète dans le sol couleur de cendre des ruelles creusées dans la roche du volcan Nyiragongo, donnant au quartier Majengo des teintes sinistres.
En 1997, Valentin Sendegeya a quitté son territoire natal de Rutshuru pour vivre ici avec son épouse, Consolée Ndabonimpa. « C’est comme si nous étions en deuil », dit l’ancien fonctionnaire de 47 ans au front strié de petites cicatrices, les sourcils toujours froncés. Voilà deux semaines que leur fille de 11 ans, Vanessa, n’est pas rentrée de l’école. « Elle a disparu la veille de l’examen », insiste le père, désespéré. La mère reste silencieuse.
« L’enlèvement est devenu monnaie courante »
On ne sait pas qui a enlevé Vanessa. Aucune demande de rançon n’a été faite. Valentin Sendegeya a lancé des communiqués, frappé en vain à la porte des églises, des ONG et des radios. Il y a eu des appels, des faux témoignages. Des voisins insinuant qu’il fallait donner environ 2 000 dollars (1 636 euros). Des pasteurs qui voulaient bien, contre des unités téléphoniques, jouer les intermédiaires avec des ravisseurs qu’ils ne connaissaient pas. Valentin Sendegeya s’est résolu à proposer une récompense : « Ces derniers temps, c’est l’argent qui compte. L’enlèvement est devenu monnaie courante. »
Puis les visions d’une vieille femme de Majengo ont relancé l’espoir. Elle disait que l’enfant, retenue dans une maison, réapparaîtrait avant un mois. Les parents lui ont donné quelques billets. Ils ont dit aux six frères et sœurs de Vanessa qu’elle allait revenir. Mais, pour l’instant, à Majengo, personne n’a vu Vanessa autrement qu’en esprit.

        Lire aussi :
         

                Au Congo, une violence sans nombres



Vanessa n’est pas la seule enfant kidnappée dans les quartiers populaires de Goma. Le phénomène a débuté en janvier 2017 et se poursuit depuis. Des dizaines de cas ont été mentionnés depuis le printemps par les médias locaux, sans véritable recensement. « A Goma, il y a eu les pillages pendant la guerre. Puis les viols de nos femmes. Ensuite, les kidnappings d’adultes. Maintenant, on enlève des enfants », égrène Valentin Sendegeya. Le 25 janvier, plusieurs centaines d’élèves de l’Institut Majengo, un établissement scolaire, ont manifesté après l’enlèvement, trois jours plus tôt, d’un des leurs.
Mosaïque de peuples, de langues et d’histoires, la capitale de la province du Nord-Kivu gonfle au rythme des déplacements de populations fuyant les violences des collines environnantes. A moins de 50 km de la ville, des villageois sont tués, des récoltes, pillées, des prêtres, des paysans ou des humanitaires, enlevés. L’armée et de multiples milices, entretenues ou simplement abandonnées à leur sort, maintiennent une tension permanente depuis deux décennies. A tel point que Goma est devenue le quartier général de la Monusco, la mission des Nations unies en RDC, en place depuis 1999.
« La sécurité, c’est pendant la journée »
Mais désormais, on kidnappe même où l’on se croyait à l’abri. En novembre 2015, Valentin Sendegeya avait été enlevé lui aussi, jeté devant un cimetière, les yeux bandés. A-t-on visé sa fille parce qu’il a été candidat aux législatives à Majengo ? « Je ne sais pas, dit-il, très las. Si les ravisseurs veulent de l’argent, ils ont mal tapé. Nous mangeons une fois par jour. L’argent gagné ici ou là, c’est pour payer l’école des enfants. Aujourd’hui, nous mettons tout entre les mains de Dieu. »
Comme Majengo, le quartier Keshero fait partie de la « zone rouge » délimitée par la Monusco : la partie de Goma où des tirs déchirent le silence de la nuit et dont les habitants ne sortent plus après 18 heures. Des bicoques en bois entourées de bananiers voisinent de lourdes maisons à toit pointu et portail de fer.

        Lire aussi :
         

                En RDC, le trafic du charbon de bois, sève de la guerre



Une bande de jeunes bavarde entre un salon de coiffure qui rase pour 1 000 francs congolais (0,50 euro) et un étal de chaussures européennes d’occasion. « Je suis là depuis six mois, mais personne ne me connaît », s’exclame l’un, venu de Bukavu, la ville située de l’autre côté du lac Kivu. « Avant, les hommes du quartier se réunissaient. Maintenant, tout le monde s’est dispersé pour chercher de l’argent », ajoute un autre. Et de dire en chœur : « La sécurité, c’est pendant la journée. Ici, il n’y a ni la police, ni l’ONU. » Les casques bleus ne patrouillent pas au-delà du centre-ville, où les expatriés, les grands commerçants et les hommes politiques donnent leurs rendez-vous dans les hôtels hors de prix qui bordent le lac : la partie de Goma qui sort le soir et rentre dormir en véhicule tout terrain.
Si cet autre monde a lui aussi grandi avec la guerre, il n’a pas peur des enlèvements. Les hélicoptères de la Monusco et les pick-up de casques bleus fusil au poing donnent à Goma des airs de camp retranché qui aurait oublié de quelle menace il se protège. Humanitaires et hommes d’affaires se rassemblent tous les mercredis autour des cocktails du Chalet, un somptueux hôtel au bord du lac. Ceux qui le peuvent vivent de l’autre côté de la frontière rwandaise, à Rubavu, où les loyers sont moins chers et la sécurité mieux assurée.

        Lire aussi :
         

                Le maintien de la paix, version ONU : radiographie d’une impuissance



La nuit approche, les grands de Keshero font signe aux petits de rentrer à la maison. Les enfants du quartier sont nombreux. Ils portent des sacs de manioc et des bidons d’eau dans leurs bras, sur leur tête ou à bord des chikudu, des trottinettes de bois géantes. Ils passent à la queue leu-leu en agitant des drapeaux noirs faits d’une branche et d’un sac plastique. Ils ont des ballons de chiffons, des cordes à sauter en lambeaux. Certains ne jouent plus dehors. Comme Mugisha, 6 ans, kidnappé le 17 mai par des hommes à moto et retrouvé douze jours plus tard. Depuis, ce garçon au tee-shirt couvert de dinosaures reste dans la maison familiale en travaux, bâtie en face de celle, immense et rouge, d’un député local. Trois autres enfants ont été kidnappés à Keshero, dont Charles, 10 ans. Il a été retrouvé égorgé dans la rue.
Les procès sont rares
« Les ravisseurs nous ont demandé 5 000 dollars par SMS, mais nous avons négocié pour baisser à 1 000 », raconte la tante de Mugisha, une jeune femme en pagne qui agite les sourcils et le front en parlant. La famille a rassemblé l’argent auprès des voisins et des amis. La somme collectée a été envoyée par transfert via le service d’Airtel, le leader du marché congolais. Puis Mugisha est revenu, le visage ensanglanté. Il a raconté avoir été retenu dans une maison de planches, derrière un camp de soldats démobilisés. « Nous n’avons pas confiance dans l’Etat. Si on attrape des ravisseurs, on les brûlera avec des pneus », menace la tante. Elle ne se rappelle plus ce qu’est la Monusco.

        Lire aussi :
         

                Dans l’est de la RDC, « une vie de guerres pour rien »



En août 2017, trois personnes ont été condamnées à vingt ans de prison pour kidnapping d’enfants, mais les procès sont rares à Goma. Me Jean-Paul Lumbulumbu, un avocat inscrit au barreau de Kinshasa mais qui a grandi ici, est monté au créneau au bout du neuvième cas. Ce quadra élégant et beau parleur est devenu la référence de la ville sur le dossier. Il a demandé la création d’un comité de surveillance et de réunir les services de l’Etat et les sociétés de téléphonie mobile, accusées par la population de complicité avec les ravisseurs. Il espère aussi que son combat aidera sa candidature aux prochaines élections locales.
Deux semaines après l’enlèvement de Vanessa, un garçon nommé Abubakar a indiqué où l’enfant se trouvait : « Dans une maison de femmes libres, près de la frontière rwandaise », raconte le jour même Valentin Sendegeya, ému par la nouvelle. Toute la famille fait le chemin jusqu’à la maison de la vieille femme de Majengo pour la remercier. Le père de famille ne portera pas plainte. Il ne veut plus savoir qui a enlevé sa fille. Vanessa, assise sur un banc, a le regard perdu et n’a pas dit un mot depuis sa libération. « Au Congo, c’est compliqué, dit son père. On peut me causer des ennuis en me demandant comment j’ai récupéré mon enfant. »


<article-nb="2018/02/08/19-10">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ La participation d’athlètes nord-coréens soulève le timide espoir d’un dialogue durable entre les deux Corées, sans faire oublier les vives tensions en Asie de l’Est.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

La Corée du Nord, enjeu diplomatique des JO de Pyeongchang

La participation d’athlètes nord-coréens soulève le timide espoir d’un dialogue durable entre les deux Corées, sans faire oublier les vives tensions en Asie de l’Est.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 14h00
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



   


La participation de la Corée du Nord aux Jeux olympiques de Pyeongchang fait déjà de l’événement un certain succès. Elle soulève le timide espoir d’un dialogue durable, sans faire oublier les vives tensions en Asie de l’Est. Evoquée par le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un dans son discours du Nouvel An, la participation d’une délégation de la République populaire et démocratique de Corée (RPDC) a été confirmée le 9 janvier lors d’une rencontre intercoréenne.
Depuis, les deux voisins ont décidé de faire défiler leurs délégations sous la bannière de la réunification lors de la cérémonie d’ouverture du 9 février, ce qui n’était pas arrivé depuis les Jeux d’hiver asiatiques de Chongchun (Chine) en 2007, au crépuscule de la politique dite du « rayon de soleil » qui avait fait régner un climat de détente dans la péninsule.
Plusieurs événements culturels, dont des démonstrations de taekwondo et des concerts de groupes du Nord, sont prévus avant le début des Jeux
Au total, le Comité international olympique (CIO) a autorisé 22 athlètes du Nord, dont des hockeyeuses qui intègrent une équipe unifiée, à participer aux JO. Parmi eux, seuls deux, le couple de danse sur glace Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik, s’étaient qualifiés sportivement. La délégation sportive de 46 personnes sera entièrement financée par le CIO.

Les autres composantes de la délégation du Nord, notamment les « pom-pom girls » et un groupe d’artistes, devraient bénéficier de financements du gouvernement sud-coréen. Séoul et Pyongyang ont organisé un entraînement commun des skieurs des deux Corées, les 31 janvier et 1er février, en Corée du Nord. Plusieurs événements culturels, dont des démonstrations de taekwondo et des concerts de groupes du Nord, sont prévus avant le début des Jeux à Pyeongchang. La multiplication des événements ne saurait faire oublier le climat dans lequel cette embellie survient.
Défilé militaire d’ampleur
L’année 2017 reste marquée par quatre essais de missiles balistiques intercontinentaux et un essai nucléaire, présumé de bombe à hydrogène, par la Corée du Nord. Les invectives entre le président américain Donald Trump et le dirigeant de Pyongyang et le durcissement des sanctions économiques ont exacerbé les tensions et fait oublier les appels du président ­sud-coréen Moon Jae-in, élu en mai, à la relance d’un dialogue intercoréen, au point mort depuis 2007.

        Lire aussi :
         

                Avant l’ouverture des JO d’hiver, Washington annonce des sanctions contre Pyongyang



De ce fait, l’apparent réchauffement reste fragile. Désireux de consolider les bases d’un dialogue durable, Séoul doit aussi ménager l’allié américain. La Corée du Sud a obtenu de Washington le report d’importantes manœuvres annuelles conjointes qui devaient coïncider avec les JO. Elle affirme dans le même temps que l’alliance militaire reste indéfectible avec les Etats-Unis, dont l’objectif, réaffirmé le 26 janvier, à Hawaï, par le secrétaire à la défense, Jim Mattis, demeure « le maintien déterminé des pressions économiques pour dénucléariser la péninsule coréenne ».
Le financement de la délégation nord-coréenne suscite des débats au Sud
De même, la Corée du Sud doit éviter d’agir en contradiction avec les sanctions onusiennes, qu’elle a appuyées. Le financement de la délégation nord-coréenne suscite des débats au Sud. Le gouverneur de la province du Gangwon (où se trouve Pyeongchang), Choi Moon-soon, par ailleurs très engagé en faveur de la participation du Nord aux JO, a proposé d’utiliser le fonds de coopération intercoréen, créé par le gouvernement en 1991 pour les échanges culturels et l’aide sociale. Mais les critiques redoutent de voir l’argent détourné par les autorités nord-coréennes au profit de ses programmes nucléaires et de développement de missiles.

        Lire aussi :
         

                A la veille des JO, Pyongyang organise un défilé militaire et rejette tout contact avec les Américains



Côté nord-coréen, le message d’ou­ver­ture pourrait être brouillé par l’organisation envisagée, le 8 février, jour de commémoration de la création de ­l’Armée du peuple, de ce que le ministre sud-coréen de l’unification, Cho Myoung-gyon, a qualifié, le 27 janvier, de défilé militaire d’une ampleur « menaçante », mobilisant « quasiment l’ensemble des forces et armements » de la RPDC. L’événement pourrait constituer un défi à la veille de l’ouverture des Jeux que le président Moon aimerait faire entrer dans l’histoire comme les « Jeux olympiques de la paix ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-11">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Grâce à des droits de douane protecteurs, les constructeurs américains dominent le secteur. Craignant une sortie de l’Alena, l’accord de libre-échange nord-américain, ils relocalisent leur production.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le pick-up, histoire d’une réussite protectionniste

Grâce à des droits de douane protecteurs, les constructeurs américains dominent le secteur. Craignant une sortie de l’Alena, l’accord de libre-échange nord-américain, ils relocalisent leur production.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 12h55
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 12h59
    |

            Arnaud Leparmentier (Hastings (Nebraska), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Série « L’Amérique citadelle » (3/5). Pour aller à la rencontre des fermiers du Nebraska – républicains mais opposés au passage de l’oléoduc Keystone XL sur leurs terres –, nous avons opté pour un énorme pick-up noir, un Ram Rebel du groupe Fiat Chrysler. Pas un véhicule pour bobos new-yorkais, mais un vrai 4 × 4 capable de rouler dans les champs de maïs et de braver les intempéries des plaines désolées du Midwest. Le fait d’arriver à bord d’un tel engin, qui consomme seize litres aux cent kilomètres, nous a valu d’être adopté immédiatement par les fermiers.
Début janvier, Fiat Chrysler a annoncé qu’il allait rapatrier l’ensemble de sa production mexicaine de pick-up d’ici à 2020
Dans cette région aux routes défoncées, chacun ou presque possède un pick-up. Une vraie aventure américaine. Le pick-up Ram est fièrement assemblé dans l’usine de Warren (Michigan), 1 500 kilomètres à l’est du Nebraska. Si les Américains ne sont pas les meilleurs dans ce domaine, ils le sont devenus grâce aux droits de douane qui protègent le secteur. Et cela va se poursuivre, car Donald Trump est en train de réarmer la forteresse américaine.

Début janvier, Fiat Chrysler a annoncé qu’il allait rapatrier l’ensemble de sa production mexicaine de pick-up d’ici à 2020. Le président a adopté un ton triomphant, attribuant ce mouvement à sa réforme fiscale et aux baisses d’impôts. « Chrysler déplace une énorme usine du Mexique vers le Michigan, inversant une tendance qui prévaut depuis plusieurs années. Merci Chrysler ! C’est une décision très sage. Les électeurs du Michigan sont très heureux d’avoir voté Trump/Pence »,a-t-il écrit sur le réseau social Twitter.
La suite viendra sans doute de General Motors (GM), qui louvoie à propos de son usine mexicaine, tandis que Ford peut se targuer d’être un élève modèle, ne produisant ce type de véhicule que sur le sol américain. Si les constructeurs font bouger les lignes, ce n’est pas tant parce...




                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-12">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Face aux Etats-Unis, la dynamique d’exportation du crustacé est favorable au Canada, grâce au CETA. Mais les Américains comptent sur leurs capacités logistiques pour rester dans la course.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Des grains de sable dans le homard mondialisé

Face aux Etats-Unis, la dynamique d’exportation du crustacé est favorable au Canada, grâce au CETA. Mais les Américains comptent sur leurs capacités logistiques pour rester dans la course.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 12h53
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 13h50
    |

            Arnaud Leparmentier (Eliot (Maine) et Centreville (Nouvelle-Ecosse), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Le lieu est ultrasécurisé. Pour y pénétrer, il faut porter un badge et être accompagné d’un haut responsable. Bienvenue dans une... usine d’expédition de homards vivants, perdue en Nouvelle-Ecosse, sur la côte atlantique du Canada.
Une fois le crustacé sorti de l’eau, une course contre la montre s’engage. Il doit être dans les restaurants de Pékin, Nice ou Miami dans un délai de 55 heures. Impossible d’être inspecté systématiquement à la douane, ce serait condamner le homard à mort. En contrepartie d’une sécurité draconienne, Gidney Fisheries, l’entreprise dirigée par Robert MacDonald, a droit à un passage accéléré.

Ses homards sont acheminés à Londres via Halifax. A partir de là, il est facile d’approvisionner le marché européen. Le homard américain, c’est l’histoire de la mondialisation heureuse. Il est expédié à travers la planète comme on exporte les fleurs du Kenya aux élites mondialisées. Passons sur la querelle avec le homard breton, réputé plus savoureux et à la chair plus ferme : il n’est pas dans la course, les quantités pêchées étant négligeables.
Nul ne sait ce qu’il adviendra de la liberté de circulation des homards lorsque le Brexit deviendra effectif. Pour l’heure, Robert MacDonald bénéficie de l’entrée en vigueur du CETA, le traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne. Depuis l’automne 2017, les droits de 8 % sur le homard vivant sont supprimés, tandis que ceux de 16 % et 20 % sur le homard congelé ou cuisiné vont disparaître en trois à cinq ans.
Pêche miraculeuse
Si l’effet ne s’est pas fait sentir à Noël, M. MacDonald compte sur les mois d’hiver, au cours desquels le homard des Etats-Unis n’est pas pêché, pour aller ravir des parts de marché aux Américains en Italie, en France et en Espagne. La dynamique est favorable au Canada, qui compte sur le traité transpacifique (TPP) pour exporter au Vietnam et n’est plus handicapé par rapport aux Américains depuis l’entrée en vigueur d’un accord...




                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-13">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Dans cet Etat du nord-est des Etats-Unis, la société Island Seafood s’est spécialisée dans l’exportation du crustacé vers l’Europe et l’Asie. Un travail qui nécessite vitesse et délicatesse.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ 
<article-nb="2018/02/08/19-14">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Athlètes, médailles, sites... Tout ,tout, tout, vous saurez tout sur ces XXIIIe Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ 
<article-nb="2018/02/08/19-15">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ La Commission d’intégrité publique se heurte à la résistance des politiques et de la justice.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Irak, la lutte anticorruption est semée d’embûches

La Commission d’intégrité publique se heurte à la résistance des politiques et de la justice.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 11h43
    |

            Hélène Sallon (Bagdad, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

L’extradition de l’ancien ministre irakien du commerce, Abdel Falah Al-Soudani, du Liban vers Bagdad, le 25 janvier, est une victoire obtenue de haute lutte pour Hassan Al-Yasiri. Depuis qu’il a été placé à la tête de la Commission d’intégrité publique, en 2015, cet ex-avocat et professeur de droit déploie des trésors d’ingéniosité pour intensifier la lutte anticorruption, érigée en priorité par le premier ministre Haïder Al-Abadi, en campagne pour les élections générales de mai, après sa victoire contre l’organisation Etat islamique (EI). La tâche est abyssale dans un pays classé dixième plus corrompu au monde par l’ONG Transparency International.
L’ancien ministre Soudani est une belle prise pour la Commission : une « grosse baleine », comme les Irakiens surnomment les responsables politiques qui s’engraissent sur le dos de l’Etat depuis la chute du dictateur Saddam Hussein en 2003. Ministre du commerce de 2006 à 2009, Abdel Falah Al-Soudani avait été condamné à sept ans de prison par contumace pour enrichissement illégal en 2012. Il s’était réfugié en 2009 au Royaume-Uni, pays dont il a aussi la nationalité. Placé sur la liste des personnes recherchées par Interpol, l’homme de 70 ans a été arrêté à l’aéroport de Beyrouth en septembre 2017. Sa proximité avec Nouri Al-Maliki, le chef du parti chiite Al-Dawa, dont il est membre, n’a pas suffi à le protéger. Interpol l’a remis aux autorités de Bagdad.
La coopération de l’organisation internationale – une première en Irak – est bienvenue pour Hassan Al-Yasiri, dont le travail s’apparente à celui de Sisyphe. La corruption a atteint un niveau sans précédent à tous les échelons de l’Etat irakien, entraînant le délitement des infrastructures et l’effritement des institutions en dépit des milliards de dollars investis depuis l’invasion américaine de 2003. Selon le centre Injah pour le développement économique, alors que le pétrole a assuré plus de 800 milliards de dollars de...




                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-16">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le maire de la ville, Damien Carême, réclame davantage de moyens de l’Etat pour nourrir les migrants.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Grande-Synthe : un pas vers un nouveau camp

Le maire de la ville, Damien Carême, réclame davantage de moyens de l’Etat pour nourrir les migrants.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 11h24
    |

            Maryline Baumard et 
                                Laurie Moniez (Lille, correspondance)








                        



                                


                            

Une signature au bas d’un bail… Le coup de crayon serait anodin si ce contrat ne concernait pas une partie de l’ex-camp de migrants de Grande-Synthe (Nord). Le maire (EELV) Damien Carême, qui avait ouvert le premier espace humanitaire pour réfugiés de France, en mars 2016, vient de décider de garder jusqu’à l’été la ferme qu’il devait rendre à son propriétaire en ce début d’année. La prolongation de ce bail lui permet de maintenir au chaud la cinquantaine de Kurdes irakiens qui s’y sont installés, et lui laisse la possibilité de rouvrir un accueil pour les migrants sur sa commune, si le besoin s’en fait sentir.
« Après tout, estime l’élu, les sanitaires de l’ancien camp n’ont pas été incendiés, et cela permettrait aux réfugiés de se poser dans un endroit où ils pourraient planter des tentes, à défaut de reconstruire des cabanons en bois. » De l’ancien camp, dont les abris étaient partis en fumée en avril 2017, il reste en effet les cabanons communs et le corps de ferme.
Le maire de cette ville ouvrière de la banlieue de Dunkerque, très touchée par le chômage et la désindustrialisation, aimerait continuer à prouver qu’on peut accueillir dignement, et rappeler du même coup que l’accueil des réfugiés est possible s’il est organisé. « Quand il y a une connexion entre la population et les exilés, tout se passe bien », répète volontiers celui qui enchaîne les mandats municipaux depuis 2001.

« Pas d’autre solution »
Bien avant la vague de froid, mi-décembre 2017, l’élu avait déjà ouvert une salle de sport pour mettre à l’abri « tous ceux qui étaient encore dehors ». « Ces exilés sont dans la ville, alors je ne vois pas [d’]autre solution que [celle] d’organiser leur accueil », explique le maire à ceux qui seraient tentés de lui opposer l’argument d’un potentiel appel d’air.
En décembre, la mairie et les associations se sont donc réunies pour faire le point sur les besoins,...




                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-17">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ La justice post-EI dans le nord-est du pays répond surtout à des nécessités immédiates de stabilisation politique.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Le système judiciaire improvisé des Kurdes de Syrie

La justice post-EI dans le nord-est du pays répond surtout à des nécessités immédiates de stabilisation politique.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 11h23
    |

                            Allan Kaval (Erbil, correspondance)








                        



   


La lutte contre l’organisation Etat islamique (EI) touche à sa fin dans le nord-est de la Syrie. Et c’est aux vainqueurs qu’il revient à présent d’appliquer leur justice aux vaincus. Mais si les anciens territoires du « califat » ont changé de maître, aucune autorité internationalement reconnue ne s’exerce encore sur la rive gauche de l’Euphrate. Les Forces démocratiques syriennes (FDS, à dominante kurde), alliées de la coalition internationale victorieuse des djihadistes dans cette partie du champ de bataille, sont le bras armé d’une entité politique de facto – la Fédération de Syrie du Nord –, qui exerce une gouvernance sommaire mais structurée dans les territoires qu’elles contrôlent.
Le système judiciaire en vigueur dans les territoires désormais contrôlés par les FDS est un assemblage souple d’institutions improvisées à la faveur de la vacance du pouvoir central, correspondant aux principes idéologiques de l’encadrement kurde, et d’instances informelles d’arbitrages locaux. Aussi, la justice post-EI dans le nord-est de la Syrie, nichée dans une zone grise de la politique et du droit internationaux, répond davantage à des nécessités immédiates de stabilisation qu’aux principes d’une véritable justice transitionnelle. Plusieurs groupes de détenus syriens capturés par les FDS, combattants de base ou simples exécutants de l’EI, ont été régulièrement libérés depuis la reprise totale de Rakka en octobre 2017. Des amnisties collectives ont également été octroyées alors que les combats faisaient encore rage entre les djihadistes et leurs adversaires.

        Lire aussi :
         

                Djihadistes français capturés : le débat miné



Cette relative mansuétude à l’égard des petites mains syriennes du « califat » s’explique par les capacités limitées des services de sécurité mis en place par les FDS dans les vastes territoires qu’elles contrôlent. Elle répond également à des préoccupations éminemment politiques. « On ne peut pas emprisonner une société tout entière », déclarait cet automne au Monde Fawza Youssef, une membre haut placée de l’encadrement politique des FDS, ajoutant : « Après la guerre doit venir le temps de la réconciliation. » Des notables locaux peuvent ainsi se porter garant de certains individus et organiser leur réintégration dans leur communauté d’origine. C’est un moyen de garantir la paix sociale dans des zones majoritairement arabes prises récemment par les FDS à dominante kurde.
Les cas plus graves sont déférés devant les « tribunaux de protection du peuple », qui condamnent à des peines de prison dans les structures pénitentiaires locales. Les étrangers étant exclus de fait des arbitrages locaux, c’est au sein de ces tribunaux qu’ils auraient vocation à être jugés. « A l’exception de quelques Irakiens, aucun étranger n’a encore été jugé par les tribunaux antiterroristes », indique Nadim Houry, de Human Rights Watch : « C’est un système judiciaire rudimentaire, bâti avec les moyens du bord et pas suffisamment équipé. » 
Si la peine de mort est exclue, la procédure n’intègre en effet pas de rôle pour les avocats de la défense et il n’existe pas de système d’appel formel. « Nous relevons de bonnes intentions de la part des autorités, qui sont conscientes des lacunes du système, mais on est encore très loin des standards internationaux », souligne Nadim Houry. « L’attitude de la France, qui estime que nous pouvons juger les terroristes, est positive mais nous attendons davantage », indique Badran Jia Kurd, un cadre politique de la Fédération de Syrie du Nord joint par Le Monde, qui ajoute : « Nous souhaitons une collaboration concrète dans le domaine de la justice, une aide extérieure qui nous permettrait de renforcer notre système judiciaire et la sécurité de nos prisons. » 



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-18">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Les républicains obtiennent gain de cause sur la défense et font des concessions aux démocrates sur le social.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Accord au Sénat américain pour augmenter les dépenses budgétaires

Les républicains obtiennent gain de cause sur la défense et font des concessions aux démocrates sur le social.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 11h29
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


La formule, assassine, a été prononcée, mardi 6 février, par le secrétaire à la défense des Etats-Unis, James Mattis, lors d’une audition au Sénat. « Les seize dernières années de guerre ont beau avoir été dures, aucun ennemi sur le terrain n’a autant fait pour nuire à la préparation de l’armée américaine » que les tergiversations du Congrès, a-t-il assuré. La situation pourrait changer avec l’accord conclu entre démocrates et républicains au Sénat, mercredi 7 février. Il a semblé satisfaire la Maison Blanche, si l’on en juge le message enthousiaste que le président Donald Trump a publié aussitôt sur son compte Twitter.
Trois semaines après un bref blocage du gouvernement fédéral, du 20 au 22 janvier, faute de moyens alloués par les élus pour fonctionner, y compris pour les armées, une nouvelle menace de shutdown (« fermeture ») pesait en effet sur Washington. Le Congrès avait débloqué la situation en votant une courte rallonge de trois semaines, qui arrivait à expiration jeudi 8 février.
Seuls maîtres du jeu par rapport aux souhaits que peut exprimer de son côté la Maison Blanche, les élus américains ont pris depuis longtemps la mauvaise habitude d’être incapables de s’entendre sur un budget au début de chaque année fiscale, qui débute traditionnellement en octobre. La maîtrise totale par le Grand Old Party du Congrès et de la Maison Blanche, depuis l’élection de Donald Trump, n’a pas modifié cette donne, faute d’une majorité suffisamment large au Sénat pour se passer des voix démocrates. Un seuil de 60 voix est en effet requis, alors que les républicains n’y disposent que de 51 sièges.
Trois rallonges ont ainsi été votées successivement en septembre, en décembre 2017, et en janvier 2018, en reconduisant les dépenses votées lors du dernier exercice. Selon le secrétaire à la défense, ces reconductions au coup par coup empêchent tout effort de planification à long terme. « La Chine court, et pendant ce temps, les deux partis américains font du tir à la corde », assure le politologue Bill Galston, ancien de l’administration de Bill Clinton, aujourd’hui à la Brookings Institution.
Relèvement du plafond de la dette
Une nouvelle rallonge avait été votée mardi par la Chambre des représentants, mais l’accord obtenu mercredi au Sénat par le chef de la majorité républicain, Mitch McConnell (Kentucky), et celui de la minorité démocrate, Chuck Schumer (New York), devait permettre pour un temps de rompre avec cette pratique adoptée par défaut. Il devait être mis au vote jeudi. Un échec ouvrirait une crise majeure.
L’accord prévoit une hausse des dépenses d’environ 300 milliards de dollars sur deux ans. Les sénateurs envisageaient pour 2018 et 2019 un gonflement annuel des dépenses militaires de l’ordre de 80 milliards de dollars (65 milliards d’euros), selon le Washington Post, qui s’ajouteraient aux 549 milliards du dernier exercice. Il serait complété par une hausse des dépenses non militaires, notamment sociales, de 63 milliards de dollars, selon la même source, en plus d’un total qui s’élève pour l’instant à 516 milliards. S’y ajouterait également une aide de 90 milliards de dollars pour les Etats et territoires américains dévastés par les tempêtes de 2017.

        Lire aussi :
         

                « Un an après son entrée en fonctions, Trump reste obsédé par l’idée de se démarquer d’Obama »



Le compromis devait satisfaire la majorité des élus des deux camps, à l’exception des conservateurs fiscaux. Ces largesses, en rupture avec la discipline budgétaire prônée par les républicains durant les deux mandats de Barack Obama, si elles sont adoptées, pèseront en effet lourdement sur un déficit déjà aggravé par la réforme des impôts votée en décembre 2017. Cette dernière va priver l’Etat fédéral de précieuses recettes provenant de la fiscalité des entreprises et des personnes les plus fortunées. L’accord du Sénat prévoit d’ailleurs un nouveau relèvement du plafond de la dette.

   


Ces blocages budgétaires récurrents auxquels Donald Trump, en dépit des assurances sur ses qualités managériales avancées pendant la campagne, n’a pas été capable de remédier, sont compliqués cette année par le dossier de l’immigration, qui divise profondément les deux grands partis. Le président a même envisagé un instant de bloquer lui-même l’Etat fédéral, ce qu’il peut faire en refusant de signer toute loi de finance votée par les élus, si le Congrès n’adopte pas les mesures restrictives qu’il propose. Manifestement tenu à distance par les responsables du Sénat dans la négociation budgétaire, il a semblé remiser ses menaces jeudi, alors que le compromis au Sénat ne les évoque pourtant pas.
De son côté, la responsable de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi (Californie), a conditionné mercredi, au terme d’un discours marathon de plus de huit heures, un vote favorable sur le compromis budgétaire du Sénat à l’engagement du speaker (président) de la Chambre, Paul Ryan (Wisconsin), d’organiser un vote sur la politique migratoire. « De quoi avez-vous peur ? », s’est interrogée Mme Pelosi. Le dernier record de durée pour une intervention prononcée dans cette assemblée remontait à 1909.
Troc sur le « mur »
Le débat sur l’immigration a été relancé par la perspective de voir, début mars, les sans-papiers arrivés enfants aux Etats-Unis (également appelés « Dreamers ») se voir privés d’un statut temporaire créé par Barack Obama mais supprimé par son successeur. Donald Trump veut monnayer la régularisation des bénéficiaires de ce statut et de ceux qui auraient pu le solliciter (1,8 million de personnes au total) en échange du financement du « mur » qu’il souhaite voir érigé sur la frontière avec le Mexique et d’une importante révision des règles migratoires. M. McConnell, le patron de la majorité sénatoriale, pourrait cependant prendre ses distances par rapport à ces exigences.

        Lire aussi :
         

                Aux Etats-Unis, Donald Trump esquisse un geste en direction des « dreamers »



Après avoir bloqué sans succès le gouvernement fédéral en janvier pour obtenir un règlement de la question des « Dreamers », les démocrates se sont ravisés. Au grand dam de leur aile gauche, très mobilisée sur le sujet, ils ont levé leurs menaces sur le budget au prix d’une augmentation significative des dépenses non militaires qui leur tiennent à cœur, notamment sociales.
Ils semblent prêts désormais à troquer la régularisation des sans-papiers contre des fonds fédéraux pour le « mur », mais sans s’engager sur les autres points d’une réforme de la politique d’immigration. Les « Dreamers » disposent d’une image favorable auprès d’une large majorité d’Américains, toutes sensibilités politiques confondues. En revanche, seule une majorité de républicains soutient le projet de « mur » dont Donald Trump avait assuré, pendant la campagne, qu’il serait financé par le Mexique.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-19">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ La politique d’apaisement avec la Corée du Nord menée par le président Moon Jae-in est contestée.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les jeunes Sud-Coréens hostiles à la réunification

La politique d’apaisement avec la Corée du Nord menée par le président Moon Jae-in est contestée.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 11h18
    |

            Harold Thibault et 
Philippe Pons (Séoul, envoyé spécial)








                        



                                


                            

L’espoir que suscita il y a une vingtaine d’années la politique de rapprochement intercoréen (« dite du rayon de soleil ») lancée par le président d’alors, Kim Dae-jung, n’est plus de mise aujourd’hui au Sud. La détente entre les deux Corées, amorcée par la participation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) aux Jeux olympiques de Pyeongchang (9-25 février), est accueillie avec scepticisme par une partie de l’opinion au Sud et avec amertume par une autre qui pense que le Nord lui « vole » la vedette. A en croire la presse de droite, les « Jeux de la paix » que souhaitait le président sud-coréen, Moon Jae-in, tendent à devenir les jeux de la discorde entre Coréens du Sud.
Au-delà de la participation de la RPDC aux JO et de la constitution d’une équipe commune de hockeyeuses, les intentions de Pyongyang restent obscures et le régime ne baisse pas la garde. Les incertitudes qui planent sur l’avenir du dialogue intercoréen à l’occasion des JO ont attisé dans l’opinion au Sud les controverses sur la participation de la RPDC.

La presse conservatrice fait valoir que le gouvernement a fait trop de concessions : il a sacrifié des hockeyeuses de l’équipe nationale malgré leurs années d’efforts individuels pour faire place à des Nord-Coréennes, moins fortes sur le plan technique et appuyées par un régime hostile, et assume financièrement la participation de la RPDC, réduisant l’effet des sanctions à son encontre et affaiblissant le front avec ses alliés américain et japonais. Des arguments qui portent dans une frange inattendue de la population : la jeune génération qui a pourtant largement voté pour le président Moon Jae-in.
« Chômage et précarité »
« Cela a été une grosse affaire que l’équipe de hockey de Corée du Sud soit unie avec l’équipe de Corée du Nord. Beaucoup de gens ont tourné le dos au président sur cette histoire. Ce n’est pas une question de sport », dit Yi Su-gyeong, 25 ans, étudiante à l’université...




                        

                        


<article-nb="2018/02/08/19-20">
<filnamedate="20180208"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180208"><AAMMJJHH="2018020819">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Paris veut que les combattants français soient jugés sur zone, malgré les risques d’évasion en Irak et l’instabilité politique des Kurdes de Syrie.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Procès de djihadistes en Syrie et en Irak : un calcul risqué pour la sécurité des Français

Paris veut que les combattants français soient jugés sur zone, malgré les risques d’évasion en Irak et l’instabilité politique des Kurdes de Syrie.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 11h13
    |

            Soren Seelow, 
                                Allan Kaval et 
Hélène Sallon








                        



                                


                            

Les djihadistes arrêtés en Irak et en Syrie doivent-ils être rapatriés en France ou jugés sur place ? Conforté par une large majorité de l’opinion, le gouvernement a arrêté une ligne : les membres français de l’organisation Etat islamique (EI) seront jugés dans les pays où ils ont été arrêtés chaque fois que c’est possible. L’exécutif se fonde sur le droit et les principes : les populations locales étant les premières victimes de leurs exactions, leurs institutions sont a priori considérées comme légitimes à les juger.
Un enjeu, pourtant crucial, a jusqu’ici été occulté du débat public : celui de la sécurité des Français. L’Irak, qui a connu dans son histoire récente de spectaculaires évasions de djihadistes, et les autorités à dominante kurde du nord-est de la Syrie, qui n’ont aucune légitimité politique, offrent-elles plus de garanties que le système légal français ? Paris semble le penser : « La menace qu’ils représentent là-bas nous paraît moins forte que le retour immédiat de plusieurs dizaines de combattants », résume une source ministérielle.
Ce diagnostic s’appuie sur un constat : confronté à un phénomène inédit par son ampleur et sa virulence, le système antiterroriste français est au bord de l’asphyxie. L’effet de saturation touche tous les étages : justice, administration pénitentiaire et renseignement intérieur. L’absorption de dizaines de nouveaux combattants représenterait dès lors un « effort considérable », insiste cette source.
Un système légal saturé
Premier sujet d’inquiétude : la réponse de la justice antiterroriste, pourtant réputée pour sa sévérité. Depuis la loi du 21 juillet 2016, les djihadistes français encourent jusqu’à trente ans de réclusion criminelle. Mais à ce jour, un seul dossier a été jugé par la cour d’assises spéciale : celui de la famille Garrido, dont les parents et les trois enfants ont été condamnés en leur absence en avril 2017 à des peines de dix à quinze ans de prison.
Nul...




                        

                        

