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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Plutôt que de créer une nouvelle brigade spécialisée, le gouvernement ouvre des chantiers ambitieux dont les effets se feront attendre.
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La police de sécurité du quotidien : tournant ou rendez-vous manqué ?

Plutôt que de créer une nouvelle brigade spécialisée, le gouvernement ouvre des chantiers ambitieux dont les effets se feront attendre.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 12h45
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 17h10
    |

            Julia Pascual








                        



   


La police de sécurité du quotidien (PSQ) qu’a lancée le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, jeudi 8 février, sera-t-elle regardée dans dix ans comme un tournant dans l’histoire de la police française ? Ou comme un rendez-vous manqué ? Le contexte politique et social actuel est, à plusieurs égards, propice à une refonte ambitieuse de la sécurité publique. Parce que le malaise est profond au sein des forces de l’ordre qui, dans les commissariats, les brigades ou sur la voie publique, traitent de la délinquance ordinaire. Parce que les attentes sont nombreuses parmi la population. Parce que c’est un engagement de campagne du chef de l’Etat.

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Alors que le précédent quinquennat a été accaparé par la lutte antiterroriste, Emmanuel Macron a promis une police « plus proche du terrain, mieux intégrée dans le tissu social des quartiers, mieux à même d’intervenir avec discernement et de traiter les problèmes de proximité ». Ce chantier s’ouvre quinze ans après l’enterrement de la police de proximité par Nicolas Sarkozy qui, ministre de l’intérieur, avait déclaré : « La police de proximité est là pour prévenir mais, si elle est faite au détriment du travail d’investigation et d’interpellation, elle ne sert à rien… »
Le basculement vers une police de l’intervention et de la répression a depuis montré ses limites. Les policiers et les gendarmes le disent, lorsqu’ils dénoncent les effets pervers d’une politique du résultat qui les pousse à faire du chiffre sans considérer la finalité de leur action. C’est multiplier les interpellations de « shiteux » ou de sans-papiers, accumuler les verbalisations d’automobilistes, en négligeant les trafics, en se détournant du travail de renseignement et des modes de régulation « douce ».
C’est aussi faire le constat d’un fossé qui se creuse entre la police et la population dans les quartiers pauvres. Régulièrement, l’actualité rappelle cette hostilité, à l’instar de la violente agression de quatre policiers au moyen de cocktails Molotov à Viry-Châtillon (Essonne) en octobre 2016, ou de l’interpellation du jeune Théo à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) en février 2017, victime d’un viol présumé au moyen d’une matraque télescopique.

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Nombreux griefs
En ce sens, l’absence dans les mesures annoncées jeudi de toute réflexion sur les contrôles d’identité – dont la forme routinisée et discriminatoire est documentée – fera des déçus. Quant aux nombreux griefs sur lesquels achoppe le « malaise policier », qui vont du sentiment d’une réponse judiciaire inadaptée au manque de moyens, en passant par la lourdeur de la procédure pénale, ils ne devraient pas trouver d’issue à court terme.
Le choix de Gérard Collomb est que sa réforme « infuse » tout au long du quinquennat. S’il n’a pas cédé à la création d’une énième brigade spécialisée qui aurait prêché seule une façon de faire de la police différemment, ceux qui critiquaient le flou de la PSQ risquent d’être confortés dans leur scepticisme.

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Des chantiers sont ouverts, et le gouvernement sera jugé sur ce qu’ils produiront à terme. Le recentrage des policiers sur leur cœur de métier, avec la suppression de certaines tâches, s’étalera sur plusieurs années ; la simplification de la procédure pénale sera négociée dans les prochains mois avec le ministère de la justice ; la réforme de la formation des policiers est encore incertaine et devra, pour réussir, s’affranchir des corporatismes de l’institution.
Ainsi en est-il aussi de la fin de la politique du chiffre, que promet le ministre de l’intérieur. Si l’évaluation de l’action de la police par la population, et l’association des maires à la définition de stratégies locales de lutte contre la délinquance ne restent pas des vœux pieux, elles feront date.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Un livre blanc « cyber » pour adapter la posture française aux menaces informatiques a également été présenté.
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Cybersécurité : le gouvernement veut mettre les télécoms à contribution pour détecter les attaques

Un livre blanc « cyber » pour adapter la posture française aux menaces informatiques a également été présenté.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 13h34
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 17h25
    |

            Martin Untersinger








                        


En 2013, la loi de programmation militaire (LPM) dotait la France d’un cadre strict en matière de sécurité informatique. Cinq ans plus tard – le diagnostic fait consensus –, les menaces informatiques demeurent à un niveau sans précédent. Les craintes d’ingérence dans l’élection présidentielle, ainsi que les virus WannaCry et NotPetya, au printemps, ont durablement marqué les experts et le pouvoir politique français. Le gouvernement profite donc de la nouvelle loi de programmation militaire, présentée en conseil des ministres, jeudi 8 février, pour muscler encore le dispositif français en matière de cybersécurité.
Pour détecter certaines attaques, la LPM prévoit ainsi de mettre à contribution les opérateurs de télécommunications, une première. Ces derniers pourront scanner leurs réseaux à la recherche d’indices techniques d’une cyberattaque en cours ou à venir. Ces indicateurs pourront être fournis par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), le garde du corps numérique de l’Etat sous le contrôle, pour les menaces les plus graves, de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep). En cas de détection, les opérateurs n’auront pas l’obligation d’interrompre l’attaque, mais devront fournir à l’Anssi les traces informatiques laissées par les pirates et, dans certains cas, informer leurs abonnés victimes.
Actuellement, l’Anssi dispose déjà de ces indicateurs, mais ne peut les rechercher que sur les systèmes informatiques étatiques ou des entreprises ultrasensibles ; les seuls qui relèvent aujourd’hui de sa compétence. L’idée est donc d’élargir le champ de vision de l’agence. « La difficulté aujourd’hui c’est de chercher des traces d’attaques dans les flux des opérateurs. Ils transportent l’eau, qu’elle soit potable ou non. Nous sommes en retard sur la détection par rapport à nos alliés, qui voient beaucoup plus d’attaques que nous » a expliqué jeudi le directeur de l’Anssi, Guillaume Poupard, lors d’une conférence de presse.
Cette obligation de détection va contraindre les opérateurs à inspecter de près l’activité de leurs réseaux et à faire remonter aux pouvoirs publics des éléments précis, de quoi nourrir des craintes en matière de vie privée et de neutralité du Net, le principe qui veut qu’un opérateur n’interfère pas dans les flux de communication qu’il achemine. L’exécutif espère que l’implication de l’Anssi, un organisme dépourvu de pouvoir judiciaire ou de renseignement, désamorcera les craintes en matière d’intrusion dans les communications. Les agents de l’Anssi ne s’intéresseront qu’aux éléments techniques, pas aux contenus des communications, insiste une source proche du dossier. Côté neutralité du Net, l’Arcep devra s’assurer de la conformité des demandes de l’Anssi aux exceptions à ce principe que prévoit le droit européen.
La LPM prévoit aussi de donner la possibilité à l’Anssi, en cas d’attaque visant l’Etat ou des entreprises sensibles, de positionner ses capteurs sur les systèmes intermédiaires utilisés pour mener l’attaque – un serveur informatique situé en France et qui sert de relai par exemple.
Un livre blanc « cyber »
Cette nouvelle mesure de protection figure dans la « Revue stratégique de cyberdéfense », présentée en conseil des ministres en même temps que la LPM. Ce document, en partie classifié, se veut être un livre blanc « cyber », le premier du genre. Contenant une vingtaine de recommandations, il entend adapter la posture de la France aux menaces informatiques comme l’avait fait, en 1972, toutes proportions gardées, le premier livre blanc de la défense face à l’arme atomique. « La cyberprotection de la France devient une priorité stratégique », s’est réjoui le secrétaire général à la défense et à la sécurité nationale, Louis Gautier (par ailleurs membre du conseil de surveillance du Monde), qui a piloté les travaux de la revue de cyberdéfense.
Celle-ci distingue d’abord deux grands risques pesant sur la France. Les opérations étatiques d’espionnage, voire de sabotage, d’une part ; les dégâts provoqués par des virus qui échappent à leur créateur, similaires à WannaCry et NotPetya, d’autre part. Certains pays responsables d’attaques informatiques passées sont mentionnés, mais n’apparaîtront pas dans la version déclassifiée de la revue. Celle-ci définit également finement les différentes attaques informatiques menaçant la France, afin de faciliter une réaction homogène avec ses partenaires internationaux.
En matière plus opérationnelle, la revue s’attaque au « renseignement cyber », les opérations des services destinées à analyser et détecter les cyberattaques. La revue entend structurer ce nouveau champ du renseignement et préserve la séparation, au sein de l’Etat, entre les missions offensives et défensives.
Certains, au sein de l’appareil d’Etat, souhaitaient revenir sur cette stricte séparation et donner plus de pouvoirs aux services de renseignement en matière de surveillance. « Les crises récentes nous ont montré la pertinence du modèle français par rapport au modèle anglo-saxon, qui confie à une même entité la défense informatique et le renseignement offensif. L’Anssi est confortée dans son rôle de protection des systèmes informatiques, différent des missions confiées aux services de renseignement. C’est une question de principe démocratique mais aussi d’efficacité des moyens spécialisés qui sont déployés », relève Louis Gautier.
Les auteurs de la revue se sont aussi penchés sur la question de l’attribution des attaques informatiques. Dans ce domaine, où les faux-semblants sont nombreux et les incertitudes multiples, découvrir le responsable d’une attaque est très complexe. Alors que la France ne s’interdit rien en matière de riposte, elle manque de capacités d’attribution et va donc les muscler en la matière. Pour autant, Paris ne va pas pointer ouvertement du doigt des puissances étrangères à la moindre offensive. La France ne s’y est d’ailleurs à ce jour jamais risquée, à la différence d’autres pays comme les Etats-Unis et le Royaume-Uni. La décision d’attribuer publiquement une attaque ne sera qu’une option parmi d’autres et devra prendre en compte les risques d’escalade ou de tensions diplomatiques. Elle reviendra alors aux plus hautes instances de l’Etat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ La participation d’athlètes nord-coréens soulève le timide espoir d’un dialogue durable entre les deux Corées, sans faire oublier les vives tensions en Asie de l’Est.
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La Corée du Nord, enjeu diplomatique des JO de Pyeongchang

La participation d’athlètes nord-coréens soulève le timide espoir d’un dialogue durable entre les deux Corées, sans faire oublier les vives tensions en Asie de l’Est.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 14h00
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



   


La participation de la Corée du Nord aux Jeux olympiques de Pyeongchang fait déjà de l’événement un certain succès. Elle soulève le timide espoir d’un dialogue durable, sans faire oublier les vives tensions en Asie de l’Est. Evoquée par le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un dans son discours du Nouvel An, la participation d’une délégation de la République populaire et démocratique de Corée (RPDC) a été confirmée le 9 janvier lors d’une rencontre intercoréenne.
Depuis, les deux voisins ont décidé de faire défiler leurs délégations sous la bannière de la réunification lors de la cérémonie d’ouverture du 9 février, ce qui n’était pas arrivé depuis les Jeux d’hiver asiatiques de Chongchun (Chine) en 2007, au crépuscule de la politique dite du « rayon de soleil » qui avait fait régner un climat de détente dans la péninsule.
Plusieurs événements culturels, dont des démonstrations de taekwondo et des concerts de groupes du Nord, sont prévus avant le début des Jeux
Au total, le Comité international olympique (CIO) a autorisé 22 athlètes du Nord, dont des hockeyeuses qui intègrent une équipe unifiée, à participer aux JO. Parmi eux, seuls deux, le couple de danse sur glace Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik, s’étaient qualifiés sportivement. La délégation sportive de 46 personnes sera entièrement financée par le CIO.

Les autres composantes de la délégation du Nord, notamment les « pom-pom girls » et un groupe d’artistes, devraient bénéficier de financements du gouvernement sud-coréen. Séoul et Pyongyang ont organisé un entraînement commun des skieurs des deux Corées, les 31 janvier et 1er février, en Corée du Nord. Plusieurs événements culturels, dont des démonstrations de taekwondo et des concerts de groupes du Nord, sont prévus avant le début des Jeux à Pyeongchang. La multiplication des événements ne saurait faire oublier le climat dans lequel cette embellie survient.
Défilé militaire d’ampleur
L’année 2017 reste marquée par quatre essais de missiles balistiques intercontinentaux et un essai nucléaire, présumé de bombe à hydrogène, par la Corée du Nord. Les invectives entre le président américain Donald Trump et le dirigeant de Pyongyang et le durcissement des sanctions économiques ont exacerbé les tensions et fait oublier les appels du président ­sud-coréen Moon Jae-in, élu en mai, à la relance d’un dialogue intercoréen, au point mort depuis 2007.

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De ce fait, l’apparent réchauffement reste fragile. Désireux de consolider les bases d’un dialogue durable, Séoul doit aussi ménager l’allié américain. La Corée du Sud a obtenu de Washington le report d’importantes manœuvres annuelles conjointes qui devaient coïncider avec les JO. Elle affirme dans le même temps que l’alliance militaire reste indéfectible avec les Etats-Unis, dont l’objectif, réaffirmé le 26 janvier, à Hawaï, par le secrétaire à la défense, Jim Mattis, demeure « le maintien déterminé des pressions économiques pour dénucléariser la péninsule coréenne ».
Le financement de la délégation nord-coréenne suscite des débats au Sud
De même, la Corée du Sud doit éviter d’agir en contradiction avec les sanctions onusiennes, qu’elle a appuyées. Le financement de la délégation nord-coréenne suscite des débats au Sud. Le gouverneur de la province du Gangwon (où se trouve Pyeongchang), Choi Moon-soon, par ailleurs très engagé en faveur de la participation du Nord aux JO, a proposé d’utiliser le fonds de coopération intercoréen, créé par le gouvernement en 1991 pour les échanges culturels et l’aide sociale. Mais les critiques redoutent de voir l’argent détourné par les autorités nord-coréennes au profit de ses programmes nucléaires et de développement de missiles.

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Côté nord-coréen, le message d’ou­ver­ture pourrait être brouillé par l’organisation envisagée, le 8 février, jour de commémoration de la création de ­l’Armée du peuple, de ce que le ministre sud-coréen de l’unification, Cho Myoung-gyon, a qualifié, le 27 janvier, de défilé militaire d’une ampleur « menaçante », mobilisant « quasiment l’ensemble des forces et armements » de la RPDC. L’événement pourrait constituer un défi à la veille de l’ouverture des Jeux que le président Moon aimerait faire entrer dans l’histoire comme les « Jeux olympiques de la paix ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Les récentes secousses sur les marchés sont révélatrices de la fin d’une politique très accommodante des banques centrales.
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Les marchés financiers craignent la fin de « l’argent facile »

Les récentes secousses sur les marchés sont révélatrices de la fin d’une politique très accommodante des banques centrales.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 18h36
    |

            Isabelle Chaperon, 
Marie de Vergès et 
Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Le yoyo des Bourses mondiales, qui ont connu un début de semaine agité, le Dow Jones plongeant de 4,6 % lundi, avant de se reprendre depuis fébrilement, ne constituerait pas les prémices d’un krach, veulent croire les experts. Les économies européennes et américaine sont en bonne santé et l’inflation demeure faible. « C’est une simple indigestion, après presque deux années de hausse continue », juge Paul Jackson, directeur de la recherche à Invesco PowerShares, un groupe de produits financiers.
Ces secousses illustrent toutefois un changement fondamental : la politique ultra-accommodante des banques centrales qui ont conduit les taux au plus bas est en train de s’achever. A des degrés divers, les institutions monétaires réduisent leur politique d’achat de dettes sur les marchés financiers. « On est en train de voir la fin de la bulle obligataire, démarrée en 1987, explique Simon Derrick de BNY Mellon. Les secousses qui viennent de se produire sont symptomatiques de ce qu’on verra régulièrement dans les années à venir. » Le tournant est lent, mais historique.

La bulle gonfle depuis trente ans
L’histoire commence en 1987. Alan Greenspan, qui vient d’être nommé à la tête de la Réserve fédérale américaine (Fed), assure qu’il ne faut pas intervenir sur les marchés et laisser les bulles se faire et se défaire d’elles-mêmes. Deux mois plus tard, le 19 octobre, Wall Street s’effondre, perdant plus de 20 %. C’est le « lundi noir ». M. Greenspan se fend d’un communiqué, affirmant cette fois, au contraire, que la Fed est « prête à servir de source de liquidités pour soutenir le système économique et financier ». « Cela a marqué le début de l’ère pendant laquelle les investisseurs ont cru au pouvoir des banques centrales », estime M. Derrick.
Cet interventionnisme de la Fed a une conséquence profonde : rassurés par cette politique monétaire laxiste, les investisseurs placent leur argent dans la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ La neige a pris de court les Français ces derniers jours. Pour les Québécois, c’est la routine, et ils ne se sont pas gênés pour se moquer.
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« Mais ils déneigent quoi ? De la poussière ? » : les Québécois nous raillent

La neige a pris de court les Français ces derniers jours. Pour les Québécois, c’est la routine, et ils ne se sont pas gênés pour se moquer.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 16h19
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 17h44
    |

                            Charlotte Herzog








                        


Douze centimètres. C’est le cumul de neige tombée à Paris ces deux derniers jours. « Ça panique pour un 12 centimètres de neige et un petit – 8 °C dehors, alors que c’est presque la routine pour nous, et encore, une piqûre de moustique avec ce qu’on a comme hiver actuellement ! » Les commentaires sous l’article « Paris ensevelie sous la neige », sur Radio-Canada, n’épargnent ni la France ni les Parisiens (surtout les Parisiens). Globalement, les Québécois se marrent bien en nous regardant, on peut le dire.

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                Déneigement : pourquoi comparer l’Ile-de-France et le Québec n’a pas de sens



Luc Monette, un internaute québécois, a filmé sa télévision, branchée sur TV5 Monde, et a commenté, hilare, par-dessus les commentaires des journalistes, tantôt en plateau, tantôt sur le terrain, montrant les images de situations toutes plus « exceptionnelles » les unes que les autres. Les camions arrêtés, les routes impraticables, les trains paralysés, les accès difficiles aux aéroports… La vidéo, intitulée « Sont fous ces Français », que Luc Monette a postée sur Facebook, a été vue près de 2 millions de fois en une demi-journée.
Luc Monette, devant TV5 Monde, réagissant au commentaire de la présentatrice, qui explique que les « voitures se sont échouées » :
« Bah oui, check les tire [les pneus] qu’y a sur sa BM, c’est slick [glissant] ! C’est même pas du verglas, c’est juste… de la neige… Mais ils déneigent quoi ? De la poussière ? Ils doivent bien capoter [devenir fou] quand ils débarquent ici quand même… »



La neige à Paris et en Ile-de-France, c’est à chaque fois toute une histoire, des tonnes de sel déversées et de tweets partagés. #CestCoolLaNeigeMais (au choix) : ça bousille les baskets ; ça te donne l’air de marcher comme si ta mère venait de laver par terre ; les amateurs de Ugg se sentent légitimes ; les SDF dorment toujours dehors ; les livreurs ne livrent plus ; on ne voit plus les crottes de chien sur les trottoirs ; ce serait mieux avec une tartiflette et du vin chaud ; et, surtout, les Québécois nous raillent. Pour mieux comprendre l’hiver et la neige, les Français sont invités au Québec, s’ils le souhaitent, pour une session pédagogique.

#CestCoolLaNeigeMais venez faire un petit tour en hiver au Quebec pour mieux comprendre les tempêtes de neige  🌬❄️🌨 pic.twitter.com/eStagCvAvl— Marie-NoëlleBergeron (@MNoelleBergeron) 7 février 2018


Une internaute parisienne, Morgane A., partie vivre à Montréal, n’a pu résister à la tentation de filmer un de ses collègues devant BFM, et de nous envoyer la vidéo :
« Non, c’est une blague ? Elle est où la neige ? Y a pas de neige ! J’ai plus de neige sur ma voiture que ce qu’y a là ! »

Déjà, en 2013, France 2 faisait l’objet d’un détournement canadien dans l’émission satirique Infoman, dans un froid glacial, où il rassurait les internautes en relativisant : « Ça pourrait être pire, on pourrait être en France. » Pour leurs amis les Français, les internautes Québécois ont aussi mis à disposition une vidéo qui « explique les réalités de l’hiver », sous la forme d’un tutoriel humoristique qui donne les clés pour sortir son char (sa voiture) quand il a neigé.

#CestCoolLaNeigeMais y’a toujours un canadien pour dire « ah mais en France vous avez que 3 cm bla-bla-bla vous êtes nul bla-bla-bla allez au Canada pour voir un vrai hiver »— Thibault Élcu (@tamerelachevre5) 7 février 2018





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Editorial. Le chef de l’Etat a écarté, lors de son déplacement sur l’île, la plupart des changements exigés par les autonomistes et indépendantistes représentés par le tandem ­Simeoni-Talamoni.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Macron et la Corse, le pari de la fermeté

Editorial. Le chef de l’Etat a écarté, lors de son déplacement sur l’île, la plupart des changements exigés par les autonomistes et indépendantistes représentés par le tandem ­Simeoni-Talamoni.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 15h56
   





                        



   


Editorial du « Monde ». C’est un dialogue sans « faux-semblants », mais plus encore sans concession, que le président de la République a proposé aux responsables corses, au terme du déplacement qu’il a effectué, mardi 6 et mercredi 7 février, dans l’île de Beauté.
Depuis que, au terme d’une victoire électorale éclatante, autonomistes et nationalistes se sont installés en force, début janvier, à la tête de l’Assemblée de la nouvelle collectivité de Corse et de son exécutif, leurs deux leaders, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, n’ont cessé de réclamer l’ouverture d’un « dialogue véritable » sur l’avenir de l’île.
L’occasion est enfin venue, ont-ils martelé, de reconnaître « le caractère politique de la question corse ». Et de répondre à leurs revendications : mention spécifique de la Corse dans la Constitution, statut de large autonomie (notamment fiscale, voire législative), co-officialité de la langue Corse, statut de résident pour juguler la spéculation immobilière, rapprochement puis amnistie des « prisonniers politiques ». Sans quoi l’île risquerait de connaître à nouveau les violentes crispations qui ont marqué son histoire récente.
Emmanuel Macron a démontré que, s’il était parfaitement disposé à accompagner la Corse dans son développement et dans son « émancipation », il n’entendait nullement céder à cette pression très insistante. Aussi clairement que fermement, le chef de l’Etat a écarté la plupart des changements exigés, ou peu s’en faut, par le tandem ­Simeoni-Talamoni.

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L’amnistie des prisonniers ? Pas question. La co-officialité de la langue corse ? Elle serait contraire à la Constitution, ce qui n’interdit pas, au contraire, le développement du « bilinguisme ». Le statut de résident ? Ce serait une « impasse juridique », a jugé le président, tout en notant que les Corses eux-mêmes sont les principaux bénéficiaires de la spéculation immobilière qu’ils dénoncent. Quant à une éventuelle réforme fiscale, il a averti qu’elle entraînerait nécessairement une réduction équivalente des importantes dotations de l’Etat attribuées à l’île.
« Face-à-face ruineux et stérile »
Seul le point symbolique de la reconnaissance de la Corse dans la Constitution, par un aménagement de son article 72 consacré aux collectivités territoriales, a fait l’objet d’une ouverture significative, sous réserve que le contenu concret de cette singularité soit rapidement discuté et précisé.
Mais Emmanuel Macron ne s’est pas arrêté là. Il a également donné aux responsables corses une leçon de bonne administration. Avant de revendiquer de nouvelles évolutions institutionnelles, commencez par exercer pleinement les responsabilités – déjà très larges – qui sont les vôtres, leur a-t-il recommandé sans ménagement. Et de souligner, notamment, le sous-emploi des dotations de l’Etat ou des aides européennes, ou encore les faiblesses de la politique du logement conduite par la collectivité insulaire.
Le message présidentiel a donc été on ne peut plus clair : la République est résolue à aider vigoureusement la Corse à construire son avenir, à condition que celle-ci ne s’enferme pas dans un « face-à-face ruineux et stérile » avec la République.

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« Occasion manquée », ont aussitôt regretté amèrement les responsables de l’île. Reste à savoir s’il s’agit des premices d’un dialogue rugueux mais nécessaire ou d’un nouvel épisode du dialogue de sourds engagé depuis trop longtemps entre la Corse et « Paris ». La réponse, à ce stade, est imprévisible.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Dans la course vers la planète rouge, la Russie est désormais distancée par les Etats-Unis. Faute de crédits suffisants, mais aussi d’« entrepreneurs un peu fous » comme Elon Musk, le patron de SpaceX.
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Falcon Heavy en route pour Mars, l’odyssée de l’espace qui agace la Russie

Dans la course vers la planète rouge, la Russie est désormais distancée par les Etats-Unis. Faute de crédits suffisants, mais aussi d’« entrepreneurs un peu fous » comme Elon Musk, le patron de SpaceX.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 12h24
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 16h56
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Chronique. C’est Vladimir Poutine qui a dû faire la grimace. Il ne lui a pas échappé que les Etats-Unis – rival de la Russie dans l’espace depuis soixante ans – avaient lancé avec succès, mardi 6 février, la fusée la plus puissante du monde pour une mission vers Mars.
A son bord, une décapotable Tesla de couleur rouge cerise « conduite » par un mannequin habillé d’une combinaison d’astronaute. Le tout au son de Space Oddity, la chanson de David Bowie. Barnum marketing, succès technique… et victoire politique.

Ce n’est certes pas l’Amérique et la NASA qui ont lancé Falcon Heavy, mais la société Space X d’Elon Musk, fondateur du constructeur de voitures électriques Tesla. En 1961, le président John Kennedy avait promis qu’un Américain marcherait sur la Lune avant la fin de la décennie ; Musk a repris le flambeau et promet de décrocher la planète rouge.
Guerre des gros lanceurs
Sa fusée est la digne héritière de la Saturn V de la NASA, qui a propulsé les astronautes de la mission Apollo. Dans la guerre des gros lanceurs, les Etats-Unis ont pris une confortable avance sur l’Europe, la Russie et la Chine, grâce à la puissance de Falcon Heavy et à la possibilité de récupérer ses boosters.
Une aventure privée ? Pas tout à fait. La NASA a apporté son excellence technologique et le gouvernement des milliards de dollars.

Ce n’est pas un hasard si, au lendemain du lancement de Falcon Heavy, le Pentagone s’est félicité de voir un nouvel acteur entrer dans la danse, même si la Falcon 9 de Space X concurrence depuis peu la fusée Delta de Boeing-Lockheed Martin. Avec plus de concurrence, les militaires américains espèrent ainsi réduire le coût de lancement de leurs satellites.
Ces avancées inquiètent et agacent les Russes. Avec l’européen Arianespace, ils formaient pendant des années un duopole sur le marché des lanceurs commerciaux. Le duo est désormais américano-européen, avec Falcon 9...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Le skieur autrichien et le biathlète français sont les stars attendues des JO de Pyeongchang, qui s’ouvrent le 9 février en Corée du Sud.
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Marcel Hirscher et Martin Fourcade, rois de la piste


                      Le skieur autrichien et le biathlète français sont les stars attendues des JO de Pyeongchang, qui s’ouvrent le 9 février en Corée du Sud.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 15h48
    |

            Pierre Jaxel-Truer








   


Lors de ces Jeux Olympiques, Marcel Hirscher, empereur de l’alpin, veut ajouter l’or à son palmarès, tandis que Martin Fourcade, pape du biathlon, entend compléter sa collection.
Marcel Hirscher
Prophète en son pays. S’il est un pays où le ski alpin est la religion nationale, c’est l’Autriche. Marcel Hirscher est né près de Salzbourg, il y a vingt-huit ans, avec les Alpes tyroliennes et leurs pistes comme seul horizon. Cela fait six ans qu’il remporte le classement général de la Coupe du monde, record en la matière.
A la poursuite de Stenmark. Le skieur, incontesté en slalom et en géant, grignote un à un tous les records. Le 28 janvier, avec sa 55e victoire en Coupe du monde, il a dépassé à la vitesse d’un avion de chasse le score de son compatriote Hermann Maier. Il n’a plus que le Suédois Ingemar Stenmark (86 victoires) en ligne de mire.

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Fils choyé. Derrière le succès de Marcel Hirscher, il y a ses parents, moniteurs de ski. Ferdinand et ses grosses moustaches suivent toute l’année le fiston, qui a monté sa structure d’entraînement indépendante en marge de celle de la Fédération autrichienne. Sa mère, Sylvia, Néerlandaise, lui a – dit-on – donné un tempérament plus « cool » que la moyenne de ses compatriotes skieurs.
Force tranquille. Marcel Hirscher n’est pas le genre de champion qui défraie la chronique par ses déclarations fracassantes ou une vie mondaine débridée. « Je skie, je skie et je skie », affirme-t-il, tout en observant : « Mon seul adversaire, c’est moi. » Cela pourrait paraître présomptueux, mais c’est, au regard de son début de saison, simplement vrai.

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Martin Fourcade
Icône chez les Vikings. En France, où s’échiner sur des skis de fond avec une carabine sur le dos est exotique, le biathlète de 28 ans Martin Fourcade a longtemps été un champion anonyme, alors qu’il était déjà célébré en Scandinavie. Ses succès aux JO de Sotchi (trois médailles, dont deux en or), en 2014, ont changé la donne.
Dans le sillage de Bjørndalen. Ole Einar Bjørndalen, avec ses treize médailles, règne seul sur l’Olympe du biathlon. Le Français ne pourra pas le dépasser à Pyeongchang. Mais peut-être pourra-t-il se consoler avec une septième victoire au classement général de la Coupe du monde, alors que le Norvégien s’est arrêté à six.
Frère surpassé. Le premier Fourcade qui s’est fait un nom sur les podiums de biathlon n’est pas Martin, mais Simon. Leader de la Coupe du monde au moment des Jeux de Vancouver, en 2010, il est passé à côté de ce rendez-vous supposé être sa consécration. Et il a assisté à l’envol de son petit frère, qui a obtenu au Canada la première médaille de sa carrière.

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Soupe au lait. Le Catalan Martin Fourcade a le sang plus chaud. Il a naguère cassé son bâton sur un adversaire qui le collait de trop près. Récemment, Europe 1 a testé son sens de la repartie. Sur son site, la radio avait écrit : « Fourcade encore battu par Boe ». « Audiences : Europe 1 encore battu par France Inter, France bleu… », a répondu le biathlète sur Twitter.



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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Le ministre de l’écologie a reconnu jeudi l’existence d’une plainte, déposée en 2008, par une jeune femme « majeure », et classée « sans suite ». Il a assuré ne pas « avoir pensé » à démissionner.
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Nicolas Hulot dément des rumeurs d’agression et de harcèlement sexuels

Le ministre de l’écologie a reconnu jeudi l’existence d’une plainte, déposée en 2008, par une jeune femme « majeure », et classée « sans suite ». Il a assuré ne pas « avoir pensé » à démissionner.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 14h13
   





                        



   


Le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, a tenu à démentir, jeudi 8 février sur BFM-TV, des rumeurs « ignominieuses » d’agression et de harcèlement sexuels qui le viseraient, avant la publication annoncée d’un article sur le sujet dans l’hebdomadaire Ebdo vendredi.
Interrogé sur une plainte pour agression sexuelle, il a reconnu son existence, précisant qu’elle avait été déposée en 2008, par une jeune femme « majeure », concernant « des allégations remontant à 1997 », et classée « sans suite ».
« Cette plainte a été classée sans suite, car non seulement l’affaire était prescrite, mais j’ai été auditionné par les gendarmes à ma demande, et les enquêteurs ont très rapidement considéré qu’il n’y avait rien qui permettrait de poursuivre cette affaire », selon l’ex-présentateur d’« Ushuaïa ».
Interrogé également sur l’existence d’accusations de harcèlement sexuel qu’aurait porté une ancienne collaboratrice, il a, de même, démenti : « La réponse est non et je le dis avec autant de force que la personne vous dira exactement la même chose », a-t-il déclaré.
« Il n’y a pas d’affaire ! »
« Je n’ai évidemment rien à me reprocher », a insisté Nicolas Hulot. « Cela fait mal, quand c’est injuste, quand c’est infondé, car moi, hier, on a fait pleurer mes enfants », a-t-il dit, se disant « dans une rage folle » et évoquant « un cauchemar ».
« Depuis que tout ça est en train de bouillonner, vous imaginez bien qu’avec le premier ministre et le président on se parle très régulièrement, a-t-il dit. Ils m’ont affirmé leur affection, leur confiance, bien entendu, d’autant plus qu’il n’y a pas à dire : “Il y a une affaire qui est en instruction et on va attendre.” Il n’y a pas d’affaire ! »
Edouard Philippe a adressé jeudi « un message de soutien » à son ministre. « Nicolas Hulot s’est exprimé avec sincérité et émotion sur les rumeurs dont il est l’objet depuis plusieurs jours. Ses explications ont été claires, précises, et nous n’avons aucune raison de douter de sa parole. Comme il l’a rappelé, la justice s’est prononcée. Le premier ministre a adressé à Nicolas Hulot un message de soutien dans cette épreuve qui l’affecte, lui et sa famille », a indiqué Matignon dans une brève déclaration à l’Agence France-Presse. En l’absence de mise en examen, l’Elysée a écarté toute démission du ministre, a précisé à la presse l’entourage du chef de l’Etat.
Nicolas Hulot a assuré n’avoir « pas pensé » à démissionner, tout en soulignant que « c’est ma famille qui prime, c’est sa résistance qui prime et c’est cela qui guidera ma décision, mes choix », a-t-il déclaré sur BFM-TV.
« Je n’ai pas peur de la vérité, j’ai peur de la rumeur, car c’est un poison lent qui tue. »
« Depuis des mois, je subis toutes sortes d’insinuations, de rumeurs, d’interrogations auprès d’hommes et de femmes que j’ai connus récemment ou alors il y a vingt, trente ans. Je me suis senti traqué. (…) On a examiné mon patrimoine, on m’a accusé d’être l’homme le plus riche de France. Mais là, on passe à un autre registre, on sort l’arme infaillible, celle qui blesse, qui tue. (…) On franchit une ligne rouge, on touche à mon honneur, à ma famille, à mes enfants. »
« Je ne laisserai pas la suspicion se développer »
Le contexte de « libération de la parole des femmes » est toutefois « nécessaire, salutaire ». Il « oblige les hommes à une forme d’introspection, moi, le premier », a souligné le ministre de la transition écologique. « On a une vie, j’ai 62 ans, on a eu des relations de séduction, peut-être que ce qui nous a semblé anodin à une époque ne l’est plus aujourd’hui, le ressenti des femmes s’exprime et c’est très bien. »
Concernant d’éventuelles suites judiciaires à la publication de telles informations, « on ne va pas brûler les étapes, on va regarder ce qui est dit demain, aujourd’hui », a répondu Nicolas Hulot. « Mais comprenez bien que je ne laisserai pas la diffamation, la suspicion, les insinuations se développer. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ L’Assemblée nationale a terminé l’examen, mercredi 7 février, en première lecture des articles du projet de loi sur les données personnelles.
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L’Assemblée nationale fixe à 15 ans l’âge minimal pour s’inscrire seul à un réseau social

L’Assemblée nationale a terminé l’examen, mercredi 7 février, en première lecture des articles du projet de loi sur les données personnelles.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 12h41
    |

            Martin Untersinger








                        


Il faudra, désormais, être âgé d’au moins quinze ans pour s’inscrire seul sur un réseau social, comme sur tout autre service en ligne collectant des données personnelles. L’Assemblée nationale a terminé l’examen, mercredi 7 février, en première lecture des articles du projet de loi sur les données personnelles, dont l’une des dispositions fixe un âge minimal pour le consentement d’un mineur seul à la collecte de données. Entre 13 ans et 15 ans, le consentement de l’enfant, ainsi que celui de ses responsables légaux devront être recueillis par les plates-formes. En dessous de 13 ans, toute collecte de données par ce type d’acteur est interdite.
Ce projet de loi modifie le droit français en vue de l’entrée en vigueur, en mai, du règlement européen sur les données personnelles. Ce nouveau texte, directement applicable dans toute l’Europe, laissait, cependant, des marges de manœuvre aux Etats sur certains points, dont l’âge du consentement.
C’est la rapporteure du texte, Paula Forteza, qui est à l’origine, en commission des lois, de cette limitation à 15 ans, initialement placée à 16 ans. « C’est un moment où le mineur rentre au lycée. C’est un moment où il y a une maturité suffisante pour maîtriser les usages sur Internet, et c’est un seuil que nous retrouvons aussi dans différents domaines (par exemple, le seuil de consentement en matière de sexualité, en matière de données de santé) », expliquait-elle alors, selon des propos rapportés par le site spécialisé NextInpact.
Nul doute que beaucoup de jeunes utilisateurs tenteront de contourner cette nouvelle limite. Cependant, les très lourdes amendes prévues par le règlement européen inciteront les entreprises à la vigilance. Hasard ? Fin janvier, Facebook confirmait l’acquisition d’une start-up spécialisée dans la vérification des documents d’identité. Les grandes plates-formes seront face à une autre difficulté : le règlement laissant les Etats déterminer l’âge minimal, ce dernier ne sera pas le même dans toute l’Europe. L’Espagne a, par exemple, fixé à 13 ans l’âge à partir duquel un mineur peut consentir seul à l’utilisation de ses données.

        Lire aussi :
         

                Il faut « interdire la collecte de données personnelles en ligne »



La propriété des données débattue
En séance publique, l’Assemblée a également débattu d’un amendement tendant à remettre en cause la présence par défaut de certains moteurs de recherche, en particulier Google, dans certains terminaux, surtout les mobiles. Selon le site spécialisé Contexte, il a fait l’objet d’une intense bataille de lobbying entre Google et le moteur de recherche français Qwant, avant d’être finalement retiré par son auteur, Eric Bothorel (LREM, Côtes-d’Armor).
La nouvelle loi donne aussi le pouvoir aux parlementaires de saisir la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) sur tout projet législatif touchant les données personnelles. Comme le relève NextInpact, les présidents des deux Assemblées, des commissions compétentes mais aussi ceux des groupes parlementaires pourront désormais saisir l’autorité administrative.
La vieille idée de donner un droit de propriété aux internautes sur leurs données a ressurgi ces derniers jours à la faveur d’un rapport du think tank libéral Génération libre. Elle s’est frayé un chemin jusqu’à l’Assemblée nationale, où le député Bruno Bonnell (LREM, Rhône) a déposé un amendement, finalement rejeté. La rapporteure du projet de loi avait cosigné, dans les colonnes du Monde, une tribune critiquant cette idée.

        Lire la tribune :
         

          « Les internautes réclament un usage moins opaque et une maîtrise de leurs données personnelles »



Cette dernière s’est, enfin, frottée à l’arlésienne du contrôle par la CNIL des fichiers de renseignement, qui lui échappent encore. Le ministère de la justice s’est opposé à ce que cette autorité administrative empiète sur les pouvoirs déjà dévolus, en théorie, à une autre commission, celle de contrôle des techniques de renseignement. Paula Forteza a finalement retiré son amendement.
L’Assemblée votera l’intégralité du projet de loi, mardi 13 février, avant de passer la balle au Sénat qui pourra encore modifier le texte. Il y a urgence : le texte devra être définitivement adopté avant l’entrée en vigueur du règlement européen, le 25 mai.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Paris veut que les combattants français soient jugés sur zone, malgré les risques d’évasion en Irak et l’instabilité politique des Kurdes de Syrie.
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Procès de djihadistes en Syrie et en Irak : un calcul risqué pour la sécurité des Français

Paris veut que les combattants français soient jugés sur zone, malgré les risques d’évasion en Irak et l’instabilité politique des Kurdes de Syrie.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 11h13
    |

            Soren Seelow, 
                                Allan Kaval et 
Hélène Sallon








                        



                                


                            

Les djihadistes arrêtés en Irak et en Syrie doivent-ils être rapatriés en France ou jugés sur place ? Conforté par une large majorité de l’opinion, le gouvernement a arrêté une ligne : les membres français de l’organisation Etat islamique (EI) seront jugés dans les pays où ils ont été arrêtés chaque fois que c’est possible. L’exécutif se fonde sur le droit et les principes : les populations locales étant les premières victimes de leurs exactions, leurs institutions sont a priori considérées comme légitimes à les juger.
Un enjeu, pourtant crucial, a jusqu’ici été occulté du débat public : celui de la sécurité des Français. L’Irak, qui a connu dans son histoire récente de spectaculaires évasions de djihadistes, et les autorités à dominante kurde du nord-est de la Syrie, qui n’ont aucune légitimité politique, offrent-elles plus de garanties que le système légal français ? Paris semble le penser : « La menace qu’ils représentent là-bas nous paraît moins forte que le retour immédiat de plusieurs dizaines de combattants », résume une source ministérielle.
Ce diagnostic s’appuie sur un constat : confronté à un phénomène inédit par son ampleur et sa virulence, le système antiterroriste français est au bord de l’asphyxie. L’effet de saturation touche tous les étages : justice, administration pénitentiaire et renseignement intérieur. L’absorption de dizaines de nouveaux combattants représenterait dès lors un « effort considérable », insiste cette source.
Un système légal saturé
Premier sujet d’inquiétude : la réponse de la justice antiterroriste, pourtant réputée pour sa sévérité. Depuis la loi du 21 juillet 2016, les djihadistes français encourent jusqu’à trente ans de réclusion criminelle. Mais à ce jour, un seul dossier a été jugé par la cour d’assises spéciale : celui de la famille Garrido, dont les parents et les trois enfants ont été condamnés en leur absence en avril 2017 à des peines de dix à quinze ans de prison.
Nul...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Les parlementaires ont demandé, jeudi, à la Commission européenne de « lancer une évaluation complète » du système actuel.
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Le Parlement européen s’interroge sur l’utilité du changement d’heure

Les parlementaires ont demandé, jeudi, à la Commission européenne de « lancer une évaluation complète » du système actuel.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 17h16
   





                        


Le changement d’heure vivrait-il ses dernières heures ? Les députés européens ont réclamé, jeudi 8 février, une « évaluation » détaillée du système de changement d’heure, qui pourrait aboutir à sa révision, après avoir longuement débattu de l’intérêt ou non de maintenir ces modifications horaires semestrielles.
Par 384 voix pour (153 voix contre), les parlementaires, réunis en session plénière à Strasbourg, ont demandé à la Commission européenne de « lancer une évaluation complète » du système actuel et, si nécessaire, de « présenter une proposition pour la réviser ».
Plus d’accidents, moins de sommeil
« De nombreuses études, si elles n’aboutissent pas à des conclusions définitives, ont indiqué l’existence d’effets négatifs sur la santé des êtres humains » de ces décalages d’une heure qui ont lieu les derniers week-ends de mars et d’octobre depuis 2001, soulignent les eurodéputés.
« Les études démontrant un accroissement des accidents de la route ou des troubles du sommeil lors du changement d’heure, doivent être prises au sérieux », a également plaidé la députée européenne écologiste Karima Delli, à l’origine de la résolution. Elle estime, par ailleurs, que les économies d’énergie, but initial des changements d’heure saisonniers, « ne sont pas probantes ».
La Commission européenne ne s’est pas montrée enthousiaste à l’idée de se lancer dans une révision du système. « Mais il est évident que si on laisse les Etats membres libres de décider d’appliquer ou non des changements d’heure, cela sera problématique pour le marché intérieur », a reconnu la commissaire européenne slovène Violeta Bulc devant les députés.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Clint Eastwood s’attache aux vies ordinaires des trois Américains qui ont empêché, en 2015, un carnage à bord du Thalys.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/02/2018
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« Le 15 h 17 pour Paris » : une fiction lourdement lestée de réel

Clint Eastwood s’attache aux vies ordinaires des trois Américains qui ont empêché, en 2015, un carnage à bord du Thalys. Ils jouent leur propre rôle.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 15h40
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
D’ordinaire, les films sont « inspirés de faits réels ». Le 15 h 17 pour Paris, de Clint Eastwood, découvert en salle ce 7 février (le film a été gardé sous scellé jusqu’à sa sortie française, deux jours avant l’américaine), peut se targuer d’inspirer la réalité. Cette fiction, qui relate la tentative avortée d’attentat contre les passagers du Thalys, le 21 août 2015, est lourdement lestée de réel. Les trois soldats américains qui jouèrent un rôle essentiel dans la mise en échec d’Ayoub El-Khazzani, monté à bord du train avec un fusil d’assaut et des armes de poing, tiennent leurs propres rôles, comme d’autres acteurs du drame, passagers ou équipe médicale.

        Lire dans « M » :
         

          Rencontre avec les « héros du Thalys », portés à l’écran par Clint Eastwood



Au moment où débutaient les premières projections du 15 h 17 pour Paris, on apprenait, sur France Inter, que le magistrat qui instruit l’affaire venait de refuser à l’avocate d’El-Khazzani l’organisation d’une reconstitution au motif que « la réalisation d’un film retraçant les faits (…) est de nature à entraîner (…) une confusion des genres incompatible avec la recherche de la vérité ». Sans le vouloir, et probablement sans s’en soucier, Clint Eastwood a d’ores et déjà influé sur le cours de l’instruction.
Sans souci, parce que la préoccupation première du cinéaste, ces derniers temps, ne le porte pas vers la recherche de la vérité, mais du côté de l’alchimie par laquelle celle-ci se mue en légende. Après les GI devenus personnages d’une icône patriotique (Mémoires de nos pères), le bon à rien texan exalté en tant que tireur d’élite (American Sniper), le pilote quasi sexagénaire forcé de devenir l’ange gardien de ses passagers (Sully), Eastwood prend pour sujets d’étude Spencer Stone, Alek Skarlatos et Anthony Sadler, trois amis qui se sont connus au collège à Sacramento (Californie), deux soldats et un étudiant, des garçons ordinaires.
Soap opera traditionnel
Plutôt que de mettre en scène, comme il l’a fait dans les précédents films, des héros qui s’acquittent du prix de la gloire, l’auteur-interprète du Maître de guerre s’attache à ces vies ordinaires, avant qu’elles ne soient transfigurées par quelques minutes de violence. C’est prendre – cette fois en toute connaissance de cause – le risque de l’ennui. Il est assumé ici avec une ferveur ascétique, pour redire encore une fois que, sur l’enclume de la banalité (voire, ici, de la médiocrité), on peut forger la grandeur d’une nation. Pas plus que, dans American Sniper, il ne s’intéressait à ce qui pouvait pousser des Irakiens à prendre les armes contre l’armée américaine, Eastwood ne se préoccupera de ce qui peut bien pousser un jeune Marocain à monter dans un train armé jusqu’aux dents. El-Khazzani (Ray Corasani) restera une silhouette mortifère.
L’attaque du Thalys ne dure pas plus d’un dixième du film
Découpée en quelques plans prémonitoires et une description minutieuse mais très brève (respect de la chronologie des faits oblige), l’attaque du Thalys ne dure pas plus d’un dixième du film. Le reste du 15 h 17 pour Paris est occupé par de longs retours en arrière, appesantis par la présence, dans les trois rôles principaux, d’acteurs non professionnels qui peinent à redonner vie à leur existence passée. Les séquences qui évoquent l’enfance du trio, à Sacramento, relèvent, elles, du soap opera traditionnel. Eastwood pénètre dans l’intimité familiale de Stone et Skarlatos, confiant les rôles de leurs mères aux actrices Jenna Fischer et Judy Greer, tout en se tenant à l’écart de celle de Sadler, le seul Afro-Américain du trio.

   


Une fois les trois garçons grandis, les enfants acteurs cèdent la place aux modèles originaux. Le scénario de la débutante Dorothy Blyskal suit pas à pas les efforts peu fructueux de Spencer Stone pour intégrer une unité d’élite de l’armée de l’air, et les échecs à répétition que subit le garçon. On entrevoit un moment une affiche du Full Metal Jacket, de Stanley Kubrick, et il y a quelque chose du sadisme du sergent instructeur dans l’acharnement avec lequel Clint Eastwood refait faire à Spencer Stone le chemin peu glorieux qui l’a mené jusqu’à la gare d’Amsterdam.
Un étonnant final
Dans les jours qui précèdent leur embarquement à bord du Thalys, les trois garçons sillonnent l’Europe avec pour tout arsenal une perche à selfie. Tom Stern, grand directeur de la photographie, filme Rome, Venise, Berlin et Amsterdam avec l’enthousiasme dérisoire d’un propriétaire de smartphone. De la somme de platitudes échangées au long de cette abrutissante odyssée émerge une tirade de Stone, qui se dit convaincu d’être poussé par une force mystérieuse vers « quelque chose de plus grand que lui ».
Cette destinée manifeste – pierre angulaire de l’identité des Etats-Unis d’Amérique – s’accomplira, arrachant les trois garçons à la réalité pour les placer dans un panthéon où se côtoient les saints (Lincoln) et les criminels (William Sherman). Le passage de l’un à l’autre prend la forme d’un étonnant final, montage des images tournées à l’Elysée lors de la remise de la Légion d’honneur aux trois Américains (ainsi qu’au Britannique qui leur prêta son concours) et de plans reconstitués. Dans le contrechamp de François Hollande célébrant les héros, on voit ainsi les actrices qui jouent les mères de ceux-ci.

Film américain de Clint Eastwood. Avec Spencer Stone, Alex Skarlatos, Anthony Sadler, François Hollande (1 h 34). Sur le Web : www.facebook.com/15h17PourParis et www.1517toparis.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Les abonnements représentent désormais 60 % du chiffre d’affaires annuel du groupe, contre un tiers seulement pour la publicité.
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Le « New York Times » compte 2,64 millions d’abonnés en ligne

Les abonnements représentent désormais 60 % du chiffre d’affaires annuel du groupe, contre un tiers seulement pour la publicité.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 17h07
   





                        



   


Il y a de quoi faire pâlir d’envie bien des médias en quête d’un modèle économique pérenne. En un an, le New York Times a enregistré une hausse de 41,8 % de ses abonnements aux seules éditions en ligne, selon un communiqué publié jeudi 8 février. Ils sont désormais 2,64 millions de lecteurs abonnés au vénérable quotidien new-yorkais.
Après avoir connu un net ralentissement après l’investiture de Donald Trump, le quotidien accélère de nouveau et a gagné 157 000 abonnés numériques au quatrième trimestre, soit mieux que les deux précédents (154 000 et 114 000). En trois ans seulement, le New York Times a triplé le nombre de ses abonnés aux seuls contenus en ligne. Il ne publie plus désormais de chiffres concernant les abonnés aux éditions papiers.

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60 % du chiffre d’affaires
Les abonnements représentent désormais 60 % du chiffre d’affaires annuel du groupe, contre un tiers seulement pour la publicité. Le rapport a basculé en 2012, année lors de laquelle les recettes publicitaires sont passées en deçà du seuil de 50 % du chiffre d’affaires total.
« Il apparaît que notre modèle économique fondé d’abord sur les abonnements est un moyen efficace de soutenir nos ambitions journalistiques », a commenté le PDG, Mark Thompson, cité dans le communiqué. Un basculement d’autant plus important que les revenus tirés de la publicité ont reculé de 3,8 % en 2017.
Si le chiffre d’affaires total est en hausse de 7,7 % sur l’année, à 1,67 milliard de dollars, le groupe finit 2017 à l’équilibre, avec un résultat net de 4,2 millions de dollars. Un décalage dû, en partie, à une perte nette de 57 millions de dollars enregistrée au quatrième trimestre, liée à une série de charges exceptionnelles, principalement des engagements liés aux retraites et un effet fiscal consécutif à la réforme votée récemment au Congrès.

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Le New York Times prévoit une augmentation des revenus provenant des abonnés comprise entre 5 et 9 % au premier trimestre 2018, conjuguée à une baisse des revenus publicitaires également située entre 5 et 9 %.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Sur l’ensemble de 2017, l’entreprise est restée déficitaire avec une perte nette d’un peu plus de 108 millions de dollars, fortement réduite toutefois par rapport à l’exercice 2016, lors duquel Twitter avait perdu environ 457 millions de dollars.
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Twitter enregistre le premier bénéfice de son histoire

Sur l’ensemble de 2017, l’entreprise est restée déficitaire avec une perte nette d’un peu plus de 108 millions de dollars, fortement réduite toutefois par rapport à l’exercice 2016, lors duquel Twitter avait perdu environ 457 millions de dollars.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 16h55
   





                        



   


C’est une permière pour Twitter. Le réseau social a annoncé, jeudi 8 février, avoir dégagé son premier bénéfice net trimestriel, ce qui a immédiatement dopé l’action.
La société, entrée en Bourse en 2013, a dégagé au quatrième trimestre 2017 un bénéfice net se montant à un peu plus de 91 millions de dollars. Son chiffre d’affaires sur la période a atteint 732 millions de dollars, en hausse de 2 % sur un an.
Sur l’ensemble de 2017, le réseau social est resté déficitaire avec une perte nette d’un peu plus de 108 millions de dollars, fortement réduite toutefois par rapport à l’exercice 2016, lors duquel Twitter avait perdu environ 457 millions de dollars. L’entreprise annonce avoir 330 millions d’utilisateurs actifs au quatrième trimestre, stable par rapport au troisième, mais en deçà des attentes de Wall Street. « Nous avons atteint notre objectif de rentabilité » et réalisé une « fin d’année solide », s’est félicité le patron Jack Dorsey dans un communiqué.
Problèmes à régler
Comme Facebook et Google, Twitter a été confronté à une série de révélations sur la manière dont Moscou a tenté d’utiliser sa plate-forme pour semer la discorde aux Etats-Unis et influencer sur l’issue de l’élection en faveur du candidat républicain Donald Trump.
Twitter a été sommé par des parlementaires américains, comme Facebook et Google, de rendre publiques ses investigations sur la présence de contenus problématiques liés à la Russie autour de l’élection présidentielle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Les mystères du Grand Paris 7/10. La densification de la ville entraînée par le Grand Paris devraient booster la croissance, qui « ruissellerait » ensuite sur les territoires alentour. Mais cela appelle une coopération économique et politique beaucoup plus forte.
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Grand Paris : et si le « ruissellement » de l’emploi n’était pas automatique ?

Les mystères du Grand Paris 7/10. La densification de la ville entraînée par le Grand Paris devraient booster la croissance, qui « ruissellerait » ensuite sur les territoires alentour. Mais cela appelle une coopération économique et politique beaucoup plus forte.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 13h51
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 18h10
    |

                            Jean-Pierre Gonguet








                        



   


« Les métropoles françaises se caractérisent par le primat de l’institutionnel et de l’infrastructure : les structures administratives et le nombre de tonnes de béton que l’on coule ! Tout le reste passe au second plan, comme si, mécaniquement, la gouvernance et le béton, ou les rails de métro, allaient générer de l’emploi », dit en soupirant Nadine Levratto, directrice de recherches au CNRS. Dans un rapport pour la Société du Grand Paris réalisé avec Denis Carré et Clarisse Nguedam Ntouko et rendu public en janvier 2018, l’économiste recadre certaines hypothèses économiques sur la base desquelles a été pensé, il y a maintenant plus de dix ans, le Grand Paris Express.
Ces hypothèses sont fondées sur les travaux du Prix Nobel d’économie Paul Krugman, selon lesquels plus les populations se concentrent, plus les métropoles se densifient, et plus l’économie gagne en efficacité et en productivité. Ce sont les « effets d’agglomération » qui accélèrent la croissance des métropoles, laquelle « ruisselle », se diffuse ensuite dans les territoires autour.
Nul ne conteste plus ces effets d’agglomération qui justifient un Grand Paris Express pour favoriser concentration, densité et efficacité. Mais Nadine Levratto s’étonne que si peu de personnes s’interrogent sur les conditions qui permettent à ces effets d’agglomération de jouer. « A aucun moment on ne se demande comment activer ces effets, relève-t-elle. A aucun moment on ne cherche à structurer les politiques publiques à mettre en place, pour les impulser. Comme si ces effets d’agglomération allaient de soi, une fois qu’on a mis en place les bonnes infrastructures ! »
Anticiper les effets positifs d’une nouvelle gare
Cette pensée mécaniciste qui ne lui convient guère a conduit Nadine Levratto et ses deux confrères à étudier la dynamique en emplois des 1 300 communes d’Ile-de-France, et, ensuite, à regarder la perspective économique qu’elles seraient en mesure d’espérer avec l’arrivée du métro automatique. « L’idée, explique-elle, était que s’il y avait ruissellement en emplois, on pourrait alors anticiper des effets positifs d’une nouvelle gare. Un exercice somme toute assez basique, mais jamais réalisé, car on a toujours postulé que les nouvelles gares auraient des effets d’entraînement forts dans la proximité immédiate. »
Le résultat est inverse ! Aucune commune de l’une des futures gares ne semble avoir de dynamique d’emplois supplémentaire à ce que prévoit la croissance naturelle de la région. « Aucun effet de débordement n’est perceptible sur les territoires concernés, observent les trois économistes, qui ont exploré toutes les formes d’activités économiques présentes localement, pour finalement « mettre en évidence le caractère morcelé de l’économie francilienne et la rareté des effets de débordement ». L’effet structurant du Grand Paris Express et de ses gares n’a donc rien d’évident pour l’ensemble de la région. Même les communes à forte croissance en emplois qualifiés n’entraînent que peu les communes autour d’elles, soulignent-ils.
Coopération
La conclusion peut paraître brutale : autant d’investissements pour un résultat aussi faible ! Mais elle a aussi un versant très positif. Car l’observation est loin d’affirmer que les effets d’agglomération ne marchent pas ; elle montre surtout qu’ils ne se déclencheront pas tout seuls. Créer des infrastructures ne suffit pas. « Les dynamiques économiques territoriales ne tiennent pas tant aux structures, à la composition du secteur productif ou aux secteurs d’activité ; elles s’appuient surtout, comme le souligne la Banque mondiale, sur un climat des affaires propre à chaque territoire, expose Nadine Levratto. Or en région parisienne, ce climat est actuellement plutôt négatif. Le territoire a un potentiel élevé mais il est en partie détruit par un fractionnement, des clivages politiques et institutionnels, une faible coopération entre les milieux économiques et politiques. Sur la métropole du Grand Paris, la coopération des acteurs est très faible. »

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Autrement dit les effets d’agglomération ne joueront qu’avec davantage de coopération, une moindre concurrence entre territoires, une harmonisation de leurs stratégies. « Les coopérations initiées par des acteurs locaux connaissant le tissu économique de proximité sont ce qu’il a de plus efficace et de plus cohésif. Certaines intercommunalités ont réussi à instaurer une telle dynamique. Cela commence même à donner des résultats », souligne Nadine Levratto. Et l’économiste d’ajouter : « Remettre en cause aujourd’hui ces coopérations, en privilégiant l’échelon de la métropole, ferait perdre tout le bénéfice de ces collaborations qui ont mis du temps à s’instaurer. Pour que la coopération s’installe, il faut que la confiance s’instaure, et cela prend du temps. Il faut des projets communs et de la stabilité politique. Les périmètres actuels et discutés du Grand Paris ne corrigeront pas les disparités régionales, car le cœur de la métropole ne génère pas le ruissellement espéré. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Washington, qui dit avoir prévenu Moscou de la présence des Forces démocratiques syriennes dans la région, assure avoir agi en état de légitime défense.
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Syrie : plus de 200 morts en quatre jours de raids de l’armée syrienne sur un fief rebelle

Washington, qui dit avoir prévenu Moscou de la présence des Forces démocratiques syriennes dans la région, assure avoir agi en état de légitime défense.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 18h09
   





                        



   


L’offensive de l’armée syrienne contre le bastion rebelle de la Ghouta orientale, près de Damas, continue d’être aussi meurtrière. Plus de 200 civils ont été tués et des centaines blessés dans les raids aériens intensifs menés depuis lundi par le régime syrien, a indiqué jeudi 8 février l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Pour la seule journée de jeudi, 58 civils ont péri sous les bombes de l’armée de l’air syrienne. Mardi, le bilan s’était élevé à 80 morts, l’un des plus lourds depuis plusieurs années. Les forces du régime ont lancé en début de semaine une attaque d’une ampleur inédite contre cette zone où 400 000 habitants sont assiégés depuis 2013.
Bombardements de la coalition internationale
Dans le même temps, dans la région de Deir ez-Zor, des bombardements aériens et des tirs d’artillerie effectués dans la nuit de mercredi à jeudi par la coalition antidjihadiste menée par les Etats-Unis ont visé des forces loyales au régime syrien du président Bachar Al-Assad, a annoncé le commandement central des Etats-Unis, dans un communiqué.
« Nous estimons que plus de 100 membres des forces prorégime syriennes ont été tuées au cours d’un affrontement avec les Forces démocratiques syriennes (FDS) et les forces de la coalition », a déclaré un responsable militaire américain. Les FDS sont une alliance rebelle arabo-kurde soutenue par les Etats-Unis qui jouent un rôle incontournable dans la lutte contre les djihadistes du groupe Etat islamique (EI), en Syrie.
Selon ce responsable, des chars d’assaut soutenus par des tirs d’artillerie étaient en train d’attaquer un quartier général de FDS dans la région de Kusham, dans la province de Deir ez-Zor. La coalition ajoute que des frappes ont été alors déclenchées pour repousser les assaillants. Aucun militaire américain se trouvant parmi les FDS n’a semble-t-il été tué ou blessé dans cette attaque.
Tensions croissantes
Ces frappes surviennent sur fond de tensions croissantes entre Damas et Washington, les Etats-Unis accusant le régime syrien d’avoir utilisé des armes chimiques. Les forces américaines, qui disent avoir prévenu Moscou de la présence de ses forces dans la région, assurent avoir agi en état de légitime défense.

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La télévision d’Etat syrienne a qualifié jeudi d’« agression » les frappes de la coalition antijihadiste. « Les actes de la coalition américaine ne sont pas conformes aux normes juridiques ; il s’agit sans conteste d’une agression », a déclaré, à Moscou, un sénateur russe, Franz Klintsevitch, cité par l’agence de presse russe Interfax.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Elles dénoncent les écarts entre leurs salaires et ceux des manutentionnaires – majoritairement des hommes – au sein du groupe britannique de supermarchés.
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Au Royaume-Uni, les caissières de Tesco réclament une compensation de 4,5 milliards d’euros

Elles dénoncent les écarts entre leurs salaires et ceux des manutentionnaires – majoritairement des hommes – au sein du groupe britannique de supermarchés.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 13h24
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Qui apporte le plus de valeur à Tesco, le groupe britannique de supermarchés : une caissière qui travaille dans un magasin ou un manutentionnaire qui range les marchandises dans un entrepôt ? Aucun des deux, répond Paula Lee, avocate au cabinet Leigh Day : « la question ne devrait vraiment pas se poser, ils contribuent de la même manière aux vastes profits de Tesco. »
Et pourtant, les salaires de l’enseigne britannique disent le contraire. En moyenne, les employés qui travaillent dans les magasins sont payés 8 livres de l’heure (9 euros), contre 11 livres pour ceux qui sont employés dans les centres de distribution. Or, les premiers sont très majoritairement des femmes, tandis que les seconds sont essentiellement des hommes. Si l’entreprise paie de la même façon les hommes et les femmes qui font exactement le même travail, elle a laissé des écarts de rémunération s’immiscer entre ces catégories.
Sur cette base, une centaine de caissières ont engagé, mercredi 7 février, une procédure judiciaire, pour demander compensation. La facture pourrait s’envoler pour Tesco. Si les caissières gagnent, la décision pourrait s’appliquer à environ 200 000 employés, la loi permettant de revenir six ans en arrière. Soit jusqu’à 4 milliards de livres (4,5 milliards d’euros) de compensation au total, selon les calculs de Leigh Day, qui représente les plaignantes.

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Il ne s’agit que de la toute première étape d’une bataille judiciaire qui devrait durer plusieurs années. Dans un premier temps, les deux parties doivent essayer de trouver un terrain d’entente auprès de l’ACAS, un service d’arbitrage des conflits du travail.
Leigh Day n’en est cependant pas à son coup d’essai. Le cabinet d’avocats a entamé des procédures similaires contre Asda et Sainsbury’s, deux autres grandes chaînes de supermarchés, enrôlant 20 000 plaignants. En juin 2016, le tribunal de l’emploi a tranché en faveur des caissières d’Asda, estimant que leur travail était d’une valeur équivalente à celui de leurs confrères des entrepôts. L’enseigne fait appel.

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L’argument de la « valeur similaire » d’emplois différents avait été utilisé avec succès contre la mairie de Birmingham. Les dames des cantines s’étaient érigées contre les salaires des éboueurs, estimant qu’il n’y avait aucune raison que ces derniers soient mieux payés. La cour suprême leur a donné gain de cause en 2013, condamnant la mairie à verser 757 millions de livres (850 millions d’euros) de compensation.



                            


                        

                        


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Reportage

En RDC, les enfants volés de Goma

Depuis un an, les rapts se multiplient dans la capitale du Nord-Kivu, où l’armée et de multiples milices maintiennent une tension permanente.

Par                                            Pierre Benetti (Goma, envoyé spécial)




LE MONDE
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        Le 08.02.2018 à 14h17

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        Mis à jour le 08.02.2018 à 15h13






    
Sur le flanc du volcan Nyiragongo, à Goma, en République démocratique du Congo, en 2006.
Crédits : JOSE CENDON / AFP


Tout semble protégé chez Valentin Sendegeya. Derrière une clôture en pierres, des rideaux imprimés de grosses roses filtrent les regards. Des bâches en plastique couvrent les murs du salon pour éviter la poussière. Contre le pourrissement, les planches de la maisonnette sont enduites d’huile. Dans l’immense périphérie de Goma, principale ville de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le ciel plombé de la saison sèche se reflète dans le sol couleur de cendre des ruelles creusées dans la roche du volcan Nyiragongo, donnant au quartier Majengo des teintes sinistres.
En 1997, Valentin Sendegeya a quitté son territoire natal de Rutshuru pour vivre ici avec son épouse, Consolée Ndabonimpa. « C’est comme si nous étions en deuil », dit l’ancien fonctionnaire de 47 ans au front strié de petites cicatrices, les sourcils toujours froncés. Voilà deux semaines que leur fille de 11 ans, Vanessa, n’est pas rentrée de l’école. « Elle a disparu la veille de l’examen », insiste le père, désespéré. La mère reste silencieuse.
« L’enlèvement est devenu monnaie courante »
On ne sait pas qui a enlevé Vanessa. Aucune demande de rançon n’a été faite. Valentin Sendegeya a lancé des communiqués, frappé en vain à la porte des églises, des ONG et des radios. Il y a eu des appels, des faux témoignages. Des voisins insinuant qu’il fallait donner environ 2 000 dollars (1 636 euros). Des pasteurs qui voulaient bien, contre des unités téléphoniques, jouer les intermédiaires avec des ravisseurs qu’ils ne connaissaient pas. Valentin Sendegeya s’est résolu à proposer une récompense : « Ces derniers temps, c’est l’argent qui compte. L’enlèvement est devenu monnaie courante. »
Puis les visions d’une vieille femme de Majengo ont relancé l’espoir. Elle disait que l’enfant, retenue dans une maison, réapparaîtrait avant un mois. Les parents lui ont donné quelques billets. Ils ont dit aux six frères et sœurs de Vanessa qu’elle allait revenir. Mais, pour l’instant, à Majengo, personne n’a vu Vanessa autrement qu’en esprit.

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Vanessa n’est pas la seule enfant kidnappée dans les quartiers populaires de Goma. Le phénomène a débuté en janvier 2017 et se poursuit depuis. Des dizaines de cas ont été mentionnés depuis le printemps par les médias locaux, sans véritable recensement. « A Goma, il y a eu les pillages pendant la guerre. Puis les viols de nos femmes. Ensuite, les kidnappings d’adultes. Maintenant, on enlève des enfants », égrène Valentin Sendegeya. Le 25 janvier, plusieurs centaines d’élèves de l’Institut Majengo, un établissement scolaire, ont manifesté après l’enlèvement, trois jours plus tôt, d’un des leurs.
Mosaïque de peuples, de langues et d’histoires, la capitale de la province du Nord-Kivu gonfle au rythme des déplacements de populations fuyant les violences des collines environnantes. A moins de 50 km de la ville, des villageois sont tués, des récoltes, pillées, des prêtres, des paysans ou des humanitaires, enlevés. L’armée et de multiples milices, entretenues ou simplement abandonnées à leur sort, maintiennent une tension permanente depuis deux décennies. A tel point que Goma est devenue le quartier général de la Monusco, la mission des Nations unies en RDC, en place depuis 1999.
« La sécurité, c’est pendant la journée »
Mais désormais, on kidnappe même où l’on se croyait à l’abri. En novembre 2015, Valentin Sendegeya avait été enlevé lui aussi, jeté devant un cimetière, les yeux bandés. A-t-on visé sa fille parce qu’il a été candidat aux législatives à Majengo ? « Je ne sais pas, dit-il, très las. Si les ravisseurs veulent de l’argent, ils ont mal tapé. Nous mangeons une fois par jour. L’argent gagné ici ou là, c’est pour payer l’école des enfants. Aujourd’hui, nous mettons tout entre les mains de Dieu. »
Comme Majengo, le quartier Keshero fait partie de la « zone rouge » délimitée par la Monusco : la partie de Goma où des tirs déchirent le silence de la nuit et dont les habitants ne sortent plus après 18 heures. Des bicoques en bois entourées de bananiers voisinent de lourdes maisons à toit pointu et portail de fer.

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Une bande de jeunes bavarde entre un salon de coiffure qui rase pour 1 000 francs congolais (0,50 euro) et un étal de chaussures européennes d’occasion. « Je suis là depuis six mois, mais personne ne me connaît », s’exclame l’un, venu de Bukavu, la ville située de l’autre côté du lac Kivu. « Avant, les hommes du quartier se réunissaient. Maintenant, tout le monde s’est dispersé pour chercher de l’argent », ajoute un autre. Et de dire en chœur : « La sécurité, c’est pendant la journée. Ici, il n’y a ni la police, ni l’ONU. » Les casques bleus ne patrouillent pas au-delà du centre-ville, où les expatriés, les grands commerçants et les hommes politiques donnent leurs rendez-vous dans les hôtels hors de prix qui bordent le lac : la partie de Goma qui sort le soir et rentre dormir en véhicule tout terrain.
Si cet autre monde a lui aussi grandi avec la guerre, il n’a pas peur des enlèvements. Les hélicoptères de la Monusco et les pick-up de casques bleus fusil au poing donnent à Goma des airs de camp retranché qui aurait oublié de quelle menace il se protège. Humanitaires et hommes d’affaires se rassemblent tous les mercredis autour des cocktails du Chalet, un somptueux hôtel au bord du lac. Ceux qui le peuvent vivent de l’autre côté de la frontière rwandaise, à Rubavu, où les loyers sont moins chers et la sécurité mieux assurée.

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La nuit approche, les grands de Keshero font signe aux petits de rentrer à la maison. Les enfants du quartier sont nombreux. Ils portent des sacs de manioc et des bidons d’eau dans leurs bras, sur leur tête ou à bord des chikudu, des trottinettes de bois géantes. Ils passent à la queue leu-leu en agitant des drapeaux noirs faits d’une branche et d’un sac plastique. Ils ont des ballons de chiffons, des cordes à sauter en lambeaux. Certains ne jouent plus dehors. Comme Mugisha, 6 ans, kidnappé le 17 mai par des hommes à moto et retrouvé douze jours plus tard. Depuis, ce garçon au tee-shirt couvert de dinosaures reste dans la maison familiale en travaux, bâtie en face de celle, immense et rouge, d’un député local. Trois autres enfants ont été kidnappés à Keshero, dont Charles, 10 ans. Il a été retrouvé égorgé dans la rue.
Les procès sont rares
« Les ravisseurs nous ont demandé 5 000 dollars par SMS, mais nous avons négocié pour baisser à 1 000 », raconte la tante de Mugisha, une jeune femme en pagne qui agite les sourcils et le front en parlant. La famille a rassemblé l’argent auprès des voisins et des amis. La somme collectée a été envoyée par transfert via le service d’Airtel, le leader du marché congolais. Puis Mugisha est revenu, le visage ensanglanté. Il a raconté avoir été retenu dans une maison de planches, derrière un camp de soldats démobilisés. « Nous n’avons pas confiance dans l’Etat. Si on attrape des ravisseurs, on les brûlera avec des pneus », menace la tante. Elle ne se rappelle plus ce qu’est la Monusco.

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En août 2017, trois personnes ont été condamnées à vingt ans de prison pour kidnapping d’enfants, mais les procès sont rares à Goma. Me Jean-Paul Lumbulumbu, un avocat inscrit au barreau de Kinshasa mais qui a grandi ici, est monté au créneau au bout du neuvième cas. Ce quadra élégant et beau parleur est devenu la référence de la ville sur le dossier. Il a demandé la création d’un comité de surveillance et de réunir les services de l’Etat et les sociétés de téléphonie mobile, accusées par la population de complicité avec les ravisseurs. Il espère aussi que son combat aidera sa candidature aux prochaines élections locales.
Deux semaines après l’enlèvement de Vanessa, un garçon nommé Abubakar a indiqué où l’enfant se trouvait : « Dans une maison de femmes libres, près de la frontière rwandaise », raconte le jour même Valentin Sendegeya, ému par la nouvelle. Toute la famille fait le chemin jusqu’à la maison de la vieille femme de Majengo pour la remercier. Le père de famille ne portera pas plainte. Il ne veut plus savoir qui a enlevé sa fille. Vanessa, assise sur un banc, a le regard perdu et n’a pas dit un mot depuis sa libération. « Au Congo, c’est compliqué, dit son père. On peut me causer des ennuis en me demandant comment j’ai récupéré mon enfant. »


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Destinations, aides, niveau en langue, dates et constitution des dossiers, critères de sélection… Les recommandations d’une université qui se distingue par son taux d’étudiants partant en mobilité internationale.
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Erasmus : nos conseils pour partir étudier ou faire un stage à l’étranger

Destinations, aides, niveau en langue, dates et constitution des dossiers, critères de sélection… Les recommandations d’une université qui se distingue par son taux d’étudiants partant en mobilité internationale.



Le Monde
 |    08.02.2018 à 12h20
   





                        



   


Si l’on souhaite partir en Erasmus à la rentrée 2018, c’est le moment de préparer son dossier de candidature auprès de son université ou école. Bon à savoir : la hausse du budget Erasmus + pour les étudiants français va leur permettre de partir plus nombreux, et de bénéficier de bourses d’un montant plus élevé, pour les prochaines années. Voici les conseils et bons plans, actualisés, de l’université Savoie Mont Blanc, qui s’illustre régulièrement par le taux de départs de ses étudiants à l’étranger. Si l’on ajoute aux séjours en Erasmus + les autres mobilités, ce sont ainsi près de 1 000 des 15 000 étudiants de cet établissement au « statut transfrontalier » qui partent chaque année, pour des études ou un stage.

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Quelles sont les destinations les plus prisées ? Que choisir ?
Comme dans la majorité des universités françaises, les étudiants de l’université Savoie Mont Blanc privilégient quatre destinations phares : le Royaume-Uni, qui arrive en première position, suivi de l’Espagne, de l’Italie et de l’Allemagne. Apprentissage de l’anglais oblige, parmi les trois vœux au maximum qu’ils peuvent émettre, de nombreux étudiants mettent le Royaume-Uni en tête. Les places sont donc chères. « Les progrès y sont forcément plus importants. Mais il ne faut pas négliger la riche expérience qu’est celle de suivre des cours en anglais dans un pays non anglo-saxon, rappelle Laurence Vignollet, vice-présidente de l’université, chargée des relations internationales. Car, bien que la maîtrise de l’anglais soit aujourd’hui incontournable, elle est de moins en moins différenciante sur un CV. »

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Quel est le meilleur moment pour partir ?
Les séjours d’études Erasmus + ne sont possibles qu’après une première année de licence. De nombreuses universités donnent cependant la priorité aux étudiants de master 1, pour lesquels c’est la dernière chance de partir, puis à ceux de troisième année de licence. A l’université Savoie Mont Blanc, on estime aussi qu’il faut avoir « mûri son projet, attendre le bon moment pour partir, avoir le niveau à la fois dans les matières et dans la nouvelle langue d’apprentissage », « il ne faut pas que la mobilité soit une sorte de fuite. Les études ne sont pas “plus simples” à l’étranger, loin de là ».
Quand faut-il s’y prendre ?
Tôt, très tôt : un séjour d’études à l’étranger se prépare « un an à l’avance », affirme Emilie Viret, la directrice des relations internationales de l’université. Si les lenteurs de procédure mises en scène en 2002 dans le film de Cédric Klapisch L’Auberge espagnole ne sont plus tout à fait à l’ordre du jour dans les universités françaises, il faut quand même prendre le temps de s’informer sur les destinations envisageables, les financements, les possibilités de cours et d’hébergement sur place, etc. Le plus important est donc d’en parler très vite à ses enseignants et de prendre contact avec le coordinateur mobilité internationale de sa formation.
Les candidatures doivent en général être envoyées avant la fin du mois de mars, pour des réponses à la fin de mai, au début de juin. S’ensuit la mise en place du « contrat d’études » et du choix des cours sur place. Ce contrat doit être validé par les deux universités afin de permettre au retour de valider les équivalences… et donc son année.

Quelles sont les aides financières possibles ?
Seuls les frais d’inscription de l’université française d’origine sont à payer, sauf pour les étudiants boursiers, qui en étaient dispensés. Les différentes bourses de mobilité sont en effet cumulables avec celles sur critères sociaux déjà existantes. L’Union européenne fournit la première. Celle-ci est proportionnelle au coût de la vie selon les pays.
Il faut y ajouter les cofinancements de la région et parfois des villes. A l’université Savoie Mont Blanc, ce cofinancement permet d’atteindre 350 à 400 euros par mois d’aides. En complément, et sur critères sociaux, une dernière bourse d’Etat peut être octroyée : l’aide à la mobilité internationale (AMI). Elle est de l’ordre de 400 euros par mois, sur seulement quelques mensualités. « Nous essayons toujours de faire en sorte que l’aspect financier ne soit pas un obstacle à la mobilité », explique Mme Vignollet.

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Comment la sélection s’effectue-t-elle ?
Quatre éléments priment : la motivation, le projet personnel et professionnel, le dossier universitaire et la connaissance de la langue d’enseignement de l’université partenaire. Une lettre de motivation est donc toujours demandée. Pour les départs Erasmus +, celle-ci devra dans la plupart des cas être rédigée uniquement en français. « Pour être sûr d’être pris dans l’université de ses rêves, il faut être le meilleur », résume Emilie Viret. Mais « une proposition de destination sera toujours faite à l’étudiant qui veut partir, à condition que son dossier académique soit correct et qu’il soit motivé ». Les universités ont en effet souvent plus de places que de demandes sur l’ensemble des destinations.
Quel est le niveau de langue demandé ?
Selon les universités d’accueil, les exigences ne sont pas les mêmes. Les universités britanniques sont souvent celles qui demandent le niveau de langue le plus élevé. Les autres pays sont plus indulgents. Dans la plupart des cas, il appartient aux enseignants de langues étrangères de l’université de départ d’attester du niveau de l’étudiant. Très rares sont les établissements étrangers qui demandent un niveau de langue certifié par un test de type Toefl (Test of English as a Foreign Language). Pour Mme Viret, il ne faut de toute façon pas partir « avec un mauvais niveau de langue dans le but de l’améliorer. Il faut être tout de même capable de suivre les cours et ne pas se mettre en difficulté ».

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Depuis deux ans, l’Union européenne impose un test de niveau de langue avant le départ et au retour de l’étudiant. Celui-ci, qui s’effectue en ligne après la sélection de l’étudiant, sert avant tout à évaluer la progression pendant le séjour. Autre avantage : à l’issue de la première phase de test, des cours en ligne gratuits peuvent être donnés aux étudiants qui en auraient besoin.
Comment se préparer ?

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A l’université Savoie Mont Blanc, les étudiants partants sont encouragés à lier des contacts avec les élèves étrangers en échange en France. « Cela permet de mettre en place des tandems de langue qui bénéficieront aux deux », explique Emilie Viret. Mais aussi d’avoir une idée du pays dans lequel on va mettre les pieds.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 07/02/2018
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La France peut-elle rattraper son retard dans les énergies renouvelables ?

A la traîne par rapport à beaucoup de ses voisins, l’Hexagone doit redoubler d’efforts s’il veut atteindre les objectifs qu’il s’est fixés en matière d’énergies « vertes ».



Le Monde
 |    08.02.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
08.02.2018 à 11h01
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            

« Accélérons la croissance des énergies renouvelables face à l’urgence climatique. » Le thème choisi pour le 19e colloque annuel du Syndicat des énergies renouvelables (SER), jeudi 8 février à Paris, résume la situation d’un secteur économique au milieu du gué. A la traîne par rapport à nombre de ses voisins, la France doit redoubler d’efforts si elle veut atteindre les objectifs qu’elle s’est fixés en matière d’énergies « vertes ».
Les données publiées, fin janvier, par Eurostat, l’Office statistique de l’Union européenne (UE), la classent parmi les cancres de l’espace communautaire. Avec 16 % de sa consommation finale d’énergie provenant de sources renouvelables fin 2016, la France se situe au-dessous de la moyenne européenne (17 %), loin derrière les champions que sont la Suède (53,8 %), la Finlande (38,7 %), la Lettonie (37,2 %), l’Autriche (33,5 %) ou le Danemark (32,2 %). Elle devance toutefois l’Allemagne (14, 8 %) et le Royaume-Uni (9,3 %).
Surtout, elle est, avec les Pays-Bas, le pays qui accuse le plus gros retard par rapport à son objectif pour 2020, soit 23 %. Cela, alors que onze des vingt-huit Etats membres de l’UE ont déjà atteint – et parfois largement dépassé – leur cible.

Une soudaine embellie
« L’objectif de 2020 est hors de portée », a prévenu depuis plusieurs années le président du SER, Jean-Louis Bal. Pour autant, le seuil de 32 % prévu, en 2030, par la loi de transition énergétique, lui semble accessible. Il en veut pour preuve « la hausse record » des raccordements d’installations de production d’électricité renouvelable en 2017.
Au cours de l’année écoulée, précise-t-il, une capacité de 2 763 mégawatts (MW) s’est ajoutée sur le réseau métropolitain, dont 1 797 MW d’éolien (contre 1 345 MW en 2016) et 887 MW de solaire photovoltaïque (576 MW en 2016). A lui seul, le quatrième trimestre a enregistré une progression d’un peu plus de 1 100 MW. Un rythme de croissance...




                        

                        

