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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ De nombreux végétaux maîtrisent les lois géométriques de la « divine proportion ». Mais quels sont les processus biologiques qui sous-tendent ce talent végétal ?
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Les plantes, des mathématiciennes qui s’ignorent

De nombreux végétaux maîtrisent les lois géométriques de la « divine proportion ». Mais quels sont les processus biologiques qui sous-tendent ce talent végétal ?



Le Monde
 |    07.02.2018 à 17h00
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            
Comment les plantes construisent-elles des organes sophistiqués comme les feuilles ou les fleurs ? Comment parviennent-elles, par exemple, à distribuer les feuilles autour d’une tige, en produisant des formes fractales quasi parfaites ? C’est simple : elles font des maths ! Vision anthropomorphique, certes. Mais les botanistes restent fascinés par ce talent végétal.
Depuis plus de vingt ans, le laboratoire Reproduction et développement des plantes (CNRS, ENS, INRA, Inria, université Lyon-I)traque ces secrets des plantes. En ­décembre, il ouvrait ses portes à la presse. « Comment les plantes font des maths ? Je n’ai pas la réponse complète, reconnaît Teva Vernoux, son directeur. Mais nous disposons d’éléments précis, tirés de l’expérimentation et de la modélisation. »
Examinons une pomme de pin. Ses écailles forment des spirales centrifuges, dans le sens des aiguilles d’une montre et en sens inverse. Selon les espèces, ce nombre de spirales est de 5 dans un sens et 8 dans l’autre, ou de 8 et 13. Autre exemple : dans les capitules de tournesol, on compte 21 spirales dans un sens et 34 dans l’autre. Le botaniste allemand Alexander Braun découvrit, au XIXe siècle, que ces nombres sont toujours deux termes consécutifs de la « suite de Fibonacci ». Ses deux premiers termes sont 0 et 1 ; puis chaque terme successif est la somme des deux précédents. On obtient ainsi : 0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89…
Angle d’or
Cette suite recèle de nombreuses propriétés mathématiques. Ainsi, la spirale reliant les écailles de pomme de pin est logarithmique ; son esthétique évoque celle des ­galaxies ou de certains coquillages. Dans ces structures, l’angle qui sépare deux organes successifs est constant : il converge vers « l’angle d’or » – soit environ 1370 30’. Or, cet angle correspond au ratio de deux termes successifs de la suite de Fibonacci, appliqué à un cercle. C’est le fameux « nombre d’or », souvent qualifié de...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ « Cheddar Man », qui avait la peau noire, les cheveux noirs bouclés et les yeux bleus, faisait partie d’une population de chasseurs-cueilleurs qui a migré du Moyen-Orient au nord de l’Europe après la dernière ère glacière.
<filname="PROF-env_sciences-2"> ¤                     
                                                

L’étonnant portrait de « Cheddar Man », l’un des ancêtres des Britanniques

« Cheddar Man », qui avait la peau noire, les cheveux noirs bouclés et les yeux bleus, faisait partie d’une population de chasseurs-cueilleurs qui a migré du Moyen-Orient au nord de l’Europe après la dernière ère glacière.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 14h12
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 14h50
   





                        


Le premier homme britannique connu de notre ère, qui a vécu il y a environ 10 000 ans, révèle des caractéristiques inattendues, selon son portrait dévoilé par une équipe de chercheurs du Musée d’histoire naturelle de Londres (Natural History Museum).
Connu sous le nom de « Cheddar Man », du nom des gorges dans lesquels son squelette a été retrouvé, dans le sud-ouest de l’Angleterre, cet homme avait la peau noire, les cheveux noirs bouclés et les yeux bleus.
« Une reconstitution du visage de “Cheddar Man”, réalisée il y a seulement quelques années, le montrait avec les cheveux noirs, mais avec la peau plus claire et les yeux marrons », reconnaît Chris Stringer, directeur des recherches au Musée d’histoire naturelle de Londres. « Il est très surprenant de voir qu’un Britannique, il y a 10 000 ans, pouvait avoir la peau très sombre et des yeux très bleus », explique-t-il.

Ces découvertes ont été réalisées grâce à la combinaison de deux facteurs : la qualité de l’ADN prélevé, particulièrement bien conservé pour un squelette aussi ancien, et les nouvelles techniques de séquençage du génome, mises au point ces dernières années.
« C’est très inhabituel d’obtenir un ADN d’aussi bonne qualité », relevé la chercheuse Selina Brace, qui a percé un trou dans l’os temporal du squelette pour en récupérer une poudre et en extraire le matériel génétique. « Le squelette a été découvert dans une grotte. Les conditions y sont constantes, l’air est frais et sec, ce qui a permis d’éviter que l’ADN se dégrade. »
Grâce aux informations obtenues, et à partir d’un scanner complet du crâne du squelette, deux modélistes néerlandais ont réalisé un portrait en trois dimensions, pour tenter de figurer à quoi ressemblait l’ancêtre des Britanniques.
« Cheddar Man » faisait partie d’une population de chasseurs-cueilleurs qui a migré du Moyen-Orient au nord de l’Europe après la fin de la dernière ère glacière. Aujourd’hui, environ 10 % de la population britannique blanche présente une ascendance liée à ces chasseurs-cueilleurs.
Son squelette est exposé au Musée d’histoire naturelle de Londres. « Bien sûr, nous savons qu’il y a eu des habitants ici depuis au moins un million d’années, précise Chris Stringer. Mais depuis la dernière ère glacière, il est le premier homme connu de cette période d’occupation constante de la Grande-Bretagne. »
Pour expliquer l’évolution de la couleur de peau de la population vers des teintes plus claires, le chercheur associe deux éléments. « Nous savons que la couleur de peau plus claire est apparue au cours de ces 10 000 dernières années, avec l’invention de l’agriculture » et la modification des régimes alimentaires, plus pauvres en vitamine D, explique-t-il.
« Nous ne suggérons pas que “Cheddar Man” a évolué pour développer une peau plus claire, mais il y a eu des vagues de peuplement de personnes maîtrisant l’agriculture, et elles ont apporté avec elles le gêne d’une couleur de peau plus claire. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Cette causerie inclassable, qui emprunte à la philo autant qu’à l’enquête historique, nous plonge dans le monde des déchets.
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De la poésie dans nos ordures

Cette causerie inclassable, qui emprunte à la philo autant qu’à l’enquête historique, nous plonge dans le monde des déchets.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 16h28
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Le livre. Une fois n’est pas coutume, ce rendez-vous hebdomadaire ne rendra pas compte d’un brillant essai scientifique. Ni d’une exposition bien choisie ou d’une pièce de théâtre. Le Sale Discours échappe à toutes ces catégories. Ou plutôt, il les dépasse toutes, les piétine délicatement, empruntant au passage au stand-up et à la philosophie, à l’enquête historique et même à la poésie. Ce drôle d’objet littéraire, David Wahl a choisi de l’intituler « causerie ». Faussement modeste, diront certains. Follement ambitieux, en vérité. Après le Traité de la boule de cristal, La Visite curieuse et secrète et Histoire spirituelle de la danse, ce quatrième opus – qu’il donne aussi sur scène – nous plonge dans le monde des déchets. Avec, pour poisson pilote, l’un de nos plus anciens compagnons, le plus déconsidéré aussi : le cochon.
Du désormais célèbre #balancetonporc, l’auteur ne dit rien. Sans doute n’en a-t-il pas eu le temps. Mais gageons qu’il aurait jugé la formule clairement insultante… pour l’animal. « Je suis bien peiné de le reconnaître, mais Platon s’est affreusement planté, écrit-il ainsi. L’homme n’a vraiment rien d’un porc. Le porc est sale et nettoie ; l’homme est propre et ­salit. » Souvenons-nous seulement : au début du XIIe siècle, Louis VI règne et Paris regorge de cochons noirs. Jusqu’à ce funeste 13 octobre 1131, et le terrible choc, dans une ruelle sombre, entre un suidé lancé à vive allure et le cheval du fils du roi, qui rentrait de la chasse. Le prince chute, sa monture le piétine, il meurt. « C’est ainsi qu’en cette même année 1131, Louis VI, dit “le Gros”, interdit formellement aux truies, verrats et autres pourceaux de baguenauder librement dans les rues et obligea quiconque en possédait à les tenir dorénavant en laisse. »
Véritable saga
Cet épisode sert de tremplin à David Wahl pour déployer une véritable saga, aussi vaste...




                        

                        


<article-nb="2018/02/07/19-4">
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Pour Catherine Hill, ancienne responsable du service d’épidémiologie de l’institut Gustave-Roussy, le dépistage de ce cancer reste largement perfectible.
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<filnamedate="20180207"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180207"><AAMMJJHH="2018020719">
<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les chercheurs Thomas Andrillon et Jérôme Sackur rappellent que les sciences cognitives restent avant tout les héritières de plusieurs siècles de réflexion sur le fonctionnement de l’esprit.
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« Il n’y a pas eu de big bang cognitif »

Dans une tribune au « Monde », les chercheurs Thomas Andrillon et Jérôme Sackur rappellent que les sciences cognitives restent avant tout les héritières de plusieurs siècles de réflexion sur le fonctionnement de l’esprit.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 06h48
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 11h47
    |

Thomas Andrillon (Docteur en neurosciences cognitives) et Jérôme Sackur (Philosophe, psychologue et professeur des universités)







                        



                                


                            
[Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a porté en début d’année sur les fonts baptismaux un nouvel organisme : le conseil scientifique de l’éducation nationale, dont il a confié la présidence à Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive au Collège de France. Objectif de ce scientifique : « Tenter de dégager des facteurs qui ont prouvé leur effet bénéfique sur l’apprentissage des enfants. » Même si les chercheurs en sciences cognitives n’occupent que six des vingt et un sièges dudit conseil, cette nouvelle orientation du ministère de l’éducation nationale suscite de vives polémiques. Tant les syndicats que des chercheurs renommés craignent que les sciences cognitives prennent le pas sur les sciences de l’éducation. Pour eux, enseigner est un art et non une science. De plus, les sciences cognitives sous-estimeraient l’influence de l’environnement social de l’élève dans ses performances. Au contraire, les partisans des neurosciences affirment que leurs thèses sont trop souvent caricaturées et qu’ils sont tout à fait conscients de cette influence.]
Tribune. Les sciences cognitives semblent aujourd’hui triomphantes. La nomination du conseil scientifique de l’éducation nationale, présidé par le cognitiviste Stanislas Dehaene, apparaît comme une nouvelle démonstration de leur omniprésence. Mais à mesure qu’elles s’étendent, elles inquiètent. Le SNUIPP [Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC], appuyé par une cinquantaine de personnalités, appelle le gouvernement à une plus grande diversité des approches pour guider les politiques éducatives. Ces craintes sont-elles fondées ? Les sciences cognitives sont-elles porteuses, comme il leur est souvent reproché, d’un réductionnisme annihilant l’individu et son contexte pour le remplacer par des « cerveaux de laboratoire » ?
Malgré ses airs de grande nouveauté, il n’y a pas eu de big bang cognitif. Les...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Olivier Houdé, professeur de psychologie du développement, estime que le cerveau était jusqu’ici l’« angle mort » de l’éducation nationale.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/02/2018
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Olivier Houdé : « Les neurosciences, une révolution de l’éducation »

Dans une tribune au « Monde », Olivier Houdé, professeur de psychologie du développement, estime que le cerveau était jusqu’ici l’« angle mort » de l’éducation nationale.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 11h25
    |

Olivier Houdé (Ancien instituteur, professeur de psychologie du développement)







                        



                                


                            

[Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a porté en début d’année sur les fonts baptismaux un nouvel organisme : le conseil scientifique de l’éducation nationale, dont il a confié la présidence à Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive au Collège de France. Objectif de ce scientifique : « Tenter de dégager des facteurs qui ont prouvé leur effet bénéfique sur l’apprentissage des enfants ». Même si les chercheurs en sciences cognitives n’occupent que six des vingt et un sièges dudit conseil, cette nouvelle orientation du ministère de l’éducation nationale suscite de vives polémiques.] 
Tribune. Au début du XXe siècle, le courant de l’éducation nouvelle a réuni des médecins, psychologues et pédagogues passionnés – Maria Montessori en Italie, Célestin Freinet en France, Ovide Decroly en Belgique –, auprès d’enfants en grande difficulté, puis de tous les enfants. A la demande du gouvernement français, un psychologue parisien, Alfred Binet, s’est aussi intéressé il y a plus d’un siècle aux questions scolaires par le biais des différences interindividuelles d’intelligence et d’attention chez les enfants, à l’origine du quotient intellectuel (QI).

Ensuite, durant le XXe siècle, le Suisse Jean Piaget a exploré les stades du développement de l’intelligence des enfants comme forme optimale de l’adaptation biologique, disait-il, étant convaincu de l’ancrage cérébral des opérations logico-mathématiques (nombre, catégorisation, raisonnement) de l’enfant, de l’adolescent et de l’adulte. Il lui manquait toutefois, à l’époque, le moyen technologique de l’observer in vivo : l’imagerie cérébrale. Il s’est donc limité, expérimentalement, à déduire les mécanismes psychologiques des opérations logico-mathématiques à partir de l’observation fine des comportements : actions et réponses verbales des enfants.
Recherche avec des enfants volontaires
Aujourd’hui, avec les progrès...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le philosophe Yves Charles Zarka estime que les thèses de Stanislas Dehaene, président du nouveau conseil scientifique de l’éducation nationale, sur la science de la conscience, sont fausses et dangereuses.
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Yves Charles Zarka: « La neurologie cognitive relève d’un scientisme non dénué de dangers »

Dans une tribune au « Monde », le philosophe Yves Charles Zarka estime que les thèses de Stanislas Dehaene, président du nouveau conseil scientifique de l’éducation nationale, sur la science de la conscience, sont fausses et dangereuses.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 11h44
    |

Yves Charles Zarka (Philosophe, professeur à l’université Paris-Descartes-Sorbonne)







                        



                                


                            

[ Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a porté en début d’année sur les fonts baptismaux un nouvel organisme : le conseil scientifique de l’éducation nationale, dont il a confié la présidence à Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive au Collège de France. Objectif de ce scientifique : « Tenter de dégager des facteurs qui ont prouvé leur effet bénéfique sur l’apprentissage des enfants ». Même si les chercheurs en sciences cognitives n’occupent que six des vingt et un sièges dudit conseil, cette nouvelle orientation du ministère de l’éducation nationale suscite de vives polémiques. Tant les syndicats que des chercheurs renommés craignent que les sciences cognitives prennent le pas sur les sciences de l’éducation. Pour eux, enseigner est un art et non une science. De plus, les sciences cognitives sous-estimeraient l’influence de l’environnement social de l’élève dans ses performances. Au contraire, les partisans des neurosciences affirment que leurs thèses sont trop souvent caricaturées et qu’ils sont tout à fait conscients de cette influence.]
Tribune. La création par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, d’un conseil scientifique de l’éducation nationale et la nomination, très médiatisée, pour le présider, de Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive expérimentale au Collège de France, sont certainement pleines de bonnes intentions.
Je voudrais examiner deux thèses de Stanislas Dehaene, reprises dans un article du Monde du 10 janvier. La première consiste à affirmer qu’« enseigner est une science » ; la seconde que la démarche des neurosciences cognitives serait orientée par « l’idée d’agir pour l’éducation des jeunes, indépendamment de toute idéologie ».

La première est d’une prétention aussi exorbitante que fausse. Enseigner n’est pas une science, mais un art. Un art qui exige un sens des relations, de...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le psychanalyste juge que les difficultés dans l’acquisition des savoirs sont bien davantage liées à des questions sociales et familiales que neurobiologiques.
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Gérard Pommier : « Les neurosciences sont utilisées par certains en contradiction avec leurs résultats les plus assurés »

Dans une tribune au « Monde », le psychanalyste juge que les difficultés dans l’acquisition des savoirs sont bien davantage liées à des questions sociales et familiales que neurobiologiques.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 15h12
    |

Gérard Pommier (Psychiatre, psychanalyste, directeur de recherche à Paris-VII)







                        



                                


                            
[Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a porté en début d’année sur les fonts baptismaux un nouvel organisme : le conseil scientifique de l’éducation nationale, dont il a confié la présidence à Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive au Collège de France. Objectif de ce scientifique : « Tenter de dégager des facteurs qui ont prouvé leur effet bénéfique sur l’apprentissage des enfants. » Même si les chercheurs en sciences cognitives n’occupent que six des vingt et un sièges dudit conseil, cette nouvelle orientation du ministère de l’éducation nationale suscite de vives polémiques. Tant les syndicats que des chercheurs renommés craignent que les sciences cognitives prennent le pas sur les sciences de l’éducation. Pour eux, enseigner est un art et non une science. De plus, les sciences cognitives sous-estimeraient l’influence de l’environnement social de l’élève dans ses performances. Au contraire, les partisans des neurosciences affirment que leurs thèses sont trop souvent caricaturées et qu’ils sont tout à fait conscients de cette influence.]
Tribune. Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, vient donc d’installer un conseil scientifique dominé par des neuroscientifiques. Dans une récente interview, il a déclaré que « l’école est la petite-fille des Lumières »… et qu’il fallait donc se conformer aux résultats les plus avancés de la science. Quelle bonne idée ! Qu’il le fasse surtout ! Ce serait si bien s’il se conformait aux travaux des plus grands neuroscientifiques !
Jean-Pierre Changeux, dans son livre phare, L’Homme neuronal (Fayard, 2012), a donné les résultats d’une expérimentation majeure : les neurones de l’aire du langage ne se développent que s’ils sont stimulés par les sons de la voix maternelle. Les neurones qui ne correspondent pas meurent. Ces expériences corroborent la fameuse tentative de Louis II, roi de Sicile (1377-1417) : celui-ci...




                        

                        


<article-nb="2018/02/07/19-9">
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Le lanceur de SpaceX doit préfigurer les premiers jalons de la conquête martienne. Ses aventures sont suivies par des millions de personnes sur les réseaux sociaux.
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Décollage de Falcon Heavy, la fusée la plus puissante du monde

Le lanceur de SpaceX doit préfigurer les premiers jalons de la conquête martienne. Ses aventures sont suivies par des millions de personnes sur les réseaux sociaux.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 22h01
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 09h14
   





                        


La démonstration a été parfaitement réussie. La fusée Falcon Heavy de SpaceX a décollé avec succès, mardi 6 février, depuis Cap Canaveral en Floride, devenant le lanceur le plus puissant du monde depuis le dernier vol, voici vingt-neuf ans, d’Energia, développé par l’Union soviétique. Le véhicule devait rester en orbite autour de la Terre pendant cinq heures avant de s’élancer vers Mars.
« Décollage ! », a tweeté à 21 h 46 (heure de Paris) la société SpaceX dans un message accompagné d’une photo de Falcon Heavy, qui est composée de trois fusées Falcon-9 de front sur lesquelles SpaceX a juché un deuxième étage et une coiffe pour la charge utile. De cette coiffe est sortie la décapotable rouge de Tesla, où était joué « Space Oddity » de David Bowie.
Ses aventures étaient diffusées en direct par SpaceX sur les réseaux sociaux, où elles étaient suivies par des millions de personnes, subjuguées par ce véhicule flottant dans l’espace. Starman, le mannequin qui l’habite, était ainsi vu au volant de la voiture, le bras gauche nonchalamment posé sur sa portière.
Après deux minutes de vol, deux des lanceurs se sont détachés comme prévu de la fusée centrale qui a poursuivi sa route dans l’espace. Huit minutes et 20 secondes après s’être détachés, les deux boosters se sont posés quasiment simultanément sur deux zones d’atterrissage de Cap Canaveral, à quelques dizaines de mètres seulement l’une de l’autre. « C’est tout ce dont on pouvait rêver pour un vol d’essai », a réagi John Innsbrucker, un commentateur de SpaceX.

Falcon Heavy side cores have landed at SpaceX’s Landing Zones 1 and 2. https://t.co/oMBqizqnpI— SpaceX (@SpaceX)


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« Actuellement au-dessus de l’Australie », a écrit Elon Musk à 23 h 09 en postant une photo de Starman. Sur son tableau de bord se trouve le message « Don’t Panic ! », référence au « Guide du voyageur galactique », célèbre roman de science-fiction.

Currently over Australia 🇦🇺 https://t.co/HAya3E6OEJ— elonmusk (@Elon Musk)


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Elon Musk a pour l’heure réussi son pari, contredisant les spéculations qui allaient pourtant bon train sur une éventuelle annulation du décollage, alors que celui-ci a connu trois retards successifs, en raison du vent à haute altitude.
Voyage d’une voiture électrique
Pour ce vol d’essai, la fusée n’emporte pas de satellites pour un client particulier, mais la voiture électrique du milliardaire américain Elon Musk, fondateur de SpaceX. « J’adore l’idée d’une voiture dérivant apparemment à l’infini dans l’espace et qui sera peut-être découverte par une race extraterrestre dans des millions d’années », avait imaginé l’an dernier M. Musk, qui ne veut ni plus ni moins que coloniser Mars.
La destination de ce vol est l’espace lointain, à une distance à peu près équivalente de celle de Mars par rapport au Soleil, où l’engin sera placé en orbite quand les trois lanceurs auront repris le chemin de la terre ferme. Du moins, si la fusée ne rencontre pas de problème technique. SpaceX, qui n’a effectué que des tests statiques, est consciente du risque de pépin. Et Elon Musk a martelé, lundi, que cela serait déjà un succès si la fusée « quitte le pas de tir et ne le pulvérise pas en mille morceaux ».
La réussite de ce décollage sonne donc déjà comme une victoire personnelle pour Elon Musk, qui, pendant des années, avait été regardé avec condescendance par le monde spatial. Force est de constater qu’il est devenu, en cinq ans, incontournable. Car l’ambition du milliardaire est avant tout la conquête spatiale, et surtout l’installation sur Mars. D’où sa volonté de concevoir des fusées plus puissantes. Pour cela, la Falcon Heavy dispose d’une capacité double de celle du plus gros lanceur actuel, le Delta-IV américain de Boeing et Lockheed Martin.

Live view of Starman https://t.co/gvSlztlE6l— elonmusk (@Elon Musk)


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Mars à l’horizon 2030
Dotée de vingt-sept moteurs Merlin, elle pourra propulser en orbite « plus de 54 tonnes, soit une masse équivalente à un Boeing 737 chargé de ses passagers, équipage, bagages et carburant », précise SpaceX sur son site Internet. Concrètement, il s’agit de trois fusées de type Falcon-9, réunies ensemble qui seront réutilisées. Deux des trois premiers étages, chacun haut de 70 mètres, ont déjà servi et reviendront se poser sur terre à Cap Canaveral. Le troisième, celui du milieu, dont la structure a été renforcée pour résister à la chaleur des deux autres, reviendra sur Terre un peu plus tard.
Pour l’instant, la fusée semble surdimensionnée. Dans ses quatre missions connues, dont deux en 2018, figurent des satellites pour la NASA, pour deux opérateurs de télécoms, le saoudien Arabsat et l’américain ViaSat et un vol privé autour de la Lune en 2019.
Pour accélérer la conquête spatiale, SpaceX a dévoilé, en septembre 2017, une ébauche du BFR, pour Big Falcon Rocket, surnommé « Big Fucking Rocket » (putain de grosse fusée) par le milliardaire. Il s’agit d’une navette capable de se rendre sur la Lune et sur Mars avec des passagers. Premier vol prévu vers 2020 pour cet engin trois fois plus puissant que la Falcon Heavy. Première expédition humaine vers 2025. Et, surtout, la NASA élabore, avec des industriels comme Boeing, le Space Launch System (SLS) pour conquérir la Planète rouge à l’horizon 2030.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Troisième volet de la collection « Archéologie », à la découverte ­des grandes cités antiques telles qu’elles étaient au temps de leur splendeur. A Pompéi, après des années de laxisme, la nouvelle gestion du site italien porte ses fruits.
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Pompéi sur la bonne voie

Troisième volet de la collection « Archéologie », à la découverte ­des grandes cités antiques telles qu’elles étaient au temps de leur splendeur. A Pompéi, après des années de laxisme, la nouvelle gestion du site italien porte ses fruits.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 17h00
    |

            Florence Evin








                        



                                


                            

Collection « Archéologie ». Dans le golfe de Naples, en Italie, Pompéi, la cité ­ensevelie le 24 août 79 sous des mètres de cendres issues de l’éruption du Vésuve, renaît. Après des années de médiocre gestion, ses vestiges seraient tirés d’affaire. En 2010, des pluies torrentielles et un système de drainage inefficace avaient provoqué l’effondrement de plusieurs édifices, dont les célèbres maisons des Gladiateurs et du Moraliste, ce qui révélait le mauvais état du site classé Patrimoine mondial de l’Unesco en 1997.
L’organisation onusienne lista les griefs : « Projets de construction à proximité du site classé ; restaurations et entretien inadéquats ; ­insuffisance de compétences et ­financement inadapté. » Et elle exigea, comme l’impose le « label » Unesco, une bonne gouvernance de ce joyau qui témoigne, comme un arrêt sur image, de l’activité de la « ville mondaine de Campanie » dont parlait Sénèque. Le 29 novembre 2013, un accord était signé par Francesco Bandarin, sous-directeur général pour la culture de l’Unesco, pour qu’une expertise soit établie. Le Grand Projet ­Pompéi a été mis en place avec 100 millions d’euros de contribution de l’Union européenne.
 « Ensembles fragiles »
Aujourd’hui, le sauvetage de la cité antique « est sur la bonne voie », ­assure l’archéologue Stefano de Caro, membre du Conseil scientifique de Pompéi : « Maisons et quartiers singuliers ont été ­restaurés. Sur certains îlots, les ­enduits sont à reprendre. Pompéi a toujours souffert du manque de projets à long terme, d’un contrôle ­continu de l’état des lieux, ­notamment de la condition des murs. Il faudrait un programme sur trente ans. Avec un suivi jour après jour, les choses iraient beaucoup mieux. »
Massimo Osanna, le directeur du site archéologique, indique que, « fin 2018, toute l’emprise de la ville déjà fouillée sera en sûreté ». C’est-à-dire 46 hectares sur les 68 de la cité antique....




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Conductance électrique de la peau, phéromones et coup de foudre : en assistant à un « café sciences » sur la biologie de l’amour, notre chroniqueuse a constaté que les sentiments, c’est du sérieux.
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Les lois de l’attraction amoureuse vues par des scientifiques d’un soir


                      Conductance électrique de la peau, phéromones et coup de foudre : en assistant à un « café sciences » sur la biologie de l’amour, notre chroniqueuse a constaté que les sentiments, c’est du sérieux.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 15h43
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 17h44
    |

                            Guillemette Faure








   


« Alors, là, on va mettre le pouce en contact avec la pile… » On est lundi soir et, à l’étage d’un restaurant parisien, une grosse vingtaine de personnes se retrouvent pour un « café sciences ». Le thème – la biologie de l’amour – a fait carton plein. Ils étaient bien moins nombreux à la rencontre autour de la modification du génome. Laurent, animateur de la soirée, a apporté un multimètre pour mesurer la conductance électrique de la peau de chacun. Comme sur l’affichette accrochée à la vitre, il porte un bandana rouge noué dans sa chemise blanche. « La conductance, c’est l’inverse de la résistance, c’est ça ? », demande un homme qui a fait une école d’ingénierie électrique. C’est souvent lui qui pose les questions.
Laurent explique son projet : on va tous prendre une mesure. A 20 h 30, on mangera des chocolats, et, vers 21 heures, on mesurera à nouveau, pour voir si le niveau a bougé. « Si c’est lié à la sudation, comment faire la différence entre une bonne séance de sport et manger du chocolat ? », demande celui qui pose les questions. « Ça ne marchera pas », promet Jean-Pierre, un hyperémotif. Que ses émotions soient positives ou négatives, ça ne fait pas bouger le bidule chez lui.
Coordination d’ondes cérébrales
En attendant, l’appareil tourne autour de la table, en même temps qu’une feuille sur laquelle chacun inscrit son nom. Vanillechoco, Djendjens, Serein… Plutôt qu’un patronyme, on laisse l’identifiant avec lequel on s’est inscrit. Certains sont venus par Meetup (une plate-forme qui nous propose de « partager nos passions »), d’autres, par OVS (On va sortir !). « Quarante-cinq inscrits… On devrait être vingt-deux », estime Laurent. La règle, c’est de diviser par deux le nombre d’inscrits pour avoir le nombre de présents.
Pendant que le multimètre tourne, Pauline raconte sa dernière expérience électrostatique. D’autres discutent des phénomènes de coordination d’ondes cérébrales. Une Allemande est venue parce qu’elle s’intéresse au docteur Robert Schleip, le pape des fascias, ces tissus qui, d’après elle, expliquent pourquoi, « quand on a mal à la cheville, ça fait mal à la nuque ». Un jeune homme, lui, se fiche un peu du sujet. Mais il adore Meetup. « Ce que j’aime, c’est l’interface. »
Il avait commencé par des rencontres de conversation en chinois. La semaine dernière, il a participé à une réunion organisée pour tester un nouveau jeu de société avec son inventeur. Dans ces cafés sciences, certains sont donc là pour le café, d’autres pour la science. D’ailleurs, en fait de café, c’est un milk-shake peanut butter chocolat qui arrive. Les soirées se tiennent dans le quartier du Marais, à Paris, au Breakfast in America, une enseigne de diner à l’américaine.
Les substances odoriférantes du cerf porte-musc
« Vous avez lu les documents que j’ai mis en ligne ? », demande Laurent. « Non », répond quelqu’un. « Les titres », dit un autre. Devant chacun de nous, à côté du menu du resto, un schéma du circuit cérébral du cortex et des ganglions de la base. « Tu peux rappeler ce que sont les phéromones ? », demande celui qui pose toujours les questions. Je n’ai pas l’impression qu’il y ait beaucoup de neuroscientifiques autour de la table, ce qui crée le même type de suspicion que lorsqu’on va dans un resto chinois et qu’il n’y a pas de Chinois en vue.
L’animateur évoque une étude de prélèvements dans « l’atmosphère » de salles de cinéma, qui diffèrent selon les genres de film.
Laurent nous dit avoir fait une thèse de biochimie aux Etats-Unis, étudié les neurosciences comportementales au Canada. Il collecte des articles scientifiques qu’il presse pour en extraire des conférences. Mais revenons à la biologie de l’amour. Il nous parle des substances odoriférantes du cerf porte-musc pendant la période du rut… Il nous explique que, pour plein de raisons, il est difficile de faire financer des études similaires sur les humains. Il évoque aussi une étude de prélèvements dans « l’atmosphère » de salles de cinéma, qui diffèrent selon les genres de film. « Est-ce qu’on aurait pu le détecter avec le changement de pigmentation de la peau ? », demande l’homme qui pose les questions. Laurent nous dit que de toute façon tout cela sera bientôt collecté par nos bracelets connectés et que, comme on aura coché toutes les cases « j’accepte » sans rien lire, toutes nos données finiront chez Google.

        Lire aussi :
         

                Réseaux sociaux, sucre... les Occidentaux accros à la dopamine



Le truc avec les conversations scientifiques, c’est que ça digresse souvent. On était venu parler d’amour et voilà que l’on se retrouve à se demander si les chances de mourir pendant une anesthésie générale sont supérieures à celles de gagner au Loto. Laurent nous ramène au sujet avec une étude qui démontre que le cerveau se fait une idée d’une personne à partir de son visage en « cent millièmes de seconde ». « Vous voulez dire dix centièmes ? », dit un homme à l’aise avec les déplacements de virgule. « Mais le coup de foudre, c’est quoi ? », demande une participante qui jusque-là pianotait sur son téléphone. L’animateur de la soirée lui répond qu’il ne se traduit pas forcément par une relation durable. Il fallait bien un café sciences pour s’en assurer.



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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Alors que l’inactivité est fréquente pendant la grossesse, de nombreuses études ont montré l’innocuité et les nombreux bienfaits de l’exercice pour la future mère et son enfant.
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L’activité physique, un allié pendant la grossesse

Alors que l’inactivité est fréquente pendant la grossesse, de nombreuses études ont montré l’innocuité et les nombreux bienfaits de l’exercice pour la future mère et son enfant.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 23h42
    |

            Sandrine Cabut








                        




ATTENTION EDITORS - PICTURE 17 OF 25 FOR PACKAGE 'THE OTHER PAKISTAN'
                                
ATTENTION EDITORS - PICTURE 17 OF 25 FOR PACKAGE 'THE OTHER PAKISTAN'



                            
Dix mille pas et plus. Connaissez-vous le point commun entre la joueuse de beach-volley américaine Kerri Walsh Jennings et la tireuse à la carabine ­malaisienne Nur Suryani Mohamed Taibi ? Toutes deux étaient enceintes lors de leur participation aux Jeux olympiques de Londres en 2012. La première, qui y a gagné sa troisième médaille d’or, avait entamé sa grossesse cinq semaines plus tôt. La seconde restera dans les annales de ces Jeux, pas tant pour ses performances sportives (elle n’a même pas atteint la finale), mais comme l’une des athlètes les plus avancées dans sa grossesse lors d’une telle compétition : 8 mois.
La participation de femmes enceintes à des événements sportifs majeurs n’est pas exceptionnelle. Au moins 17 cas sont connus, rien que dans le cadre des Jeux olympiques, selon un éditorial publié en 2015 dans la revue British Journal of Sports Medicine.
Mais, si la question de la pratique intensive d’un sport pendant cette période de la vie est délicate, celle d’une activité physique modérée est beaucoup plus simple et plus universelle. Depuis cinquante ans, de nombreuses études scientifiques ont établi son innocuité et ses bienfaits pour la future mère et son enfant, et bien des pays ont établi des recommandations.
Moins de recours aux césariennes
De fait, l’inactivité physique, qui est fréquente pendant la grossesse, « favorise des complications prénatales comme une fatigue accrue, un gain de poids excessif, ainsi qu’un risque augmenté de diabète gestationnel et d’hypertension, soulignent Gautier Filhol et ses collègues dans la revue Gynécologie obstétrique et fertilité. A l’inverse, l’activité physique diminue les sensations de fatigue et d’essoufflement, permet un meilleur maintien postural et prévient l’apparition de complications. »
Trente minutes d’activité physique (AP) quotidienne améliorent la condition physique respiratoire, musculaire et cardiaque de...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Les agences d’expertise officielles sont prisonnières d’une économie de la connaissance façonnée par les firmes agrochimiques, explique David Demortain, sociologue à l’INRA, dans une tribune au « Monde ».
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Glyphosate : « L’expertise scientifique n’a pas été décisive »

Les agences d’expertise officielles sont prisonnières d’une économie de la connaissance façonnée par les firmes agrochimiques, explique David Demortain, sociologue à l’INRA, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    06.02.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 14h42
    |

David Demortain (Sociologue à l’INRA, au sein du Laboratoire Interdisciplinaire Sciences Innovations Sociétés)







                        



                                


                            
Tribune. La saga sur la réautorisation du glyphosate, principe actif de nombreux désherbants, s’est terminée en novembre 2017 de la plus imprévue des manières. Le revirement de deux Etats membres a permis d’avaliser la proposition de la Commission de réautoriser pour cinq ans le pesticide le plus utilisé au monde.
La fin de la saga est inattendue parce que l’affaire du glyphosate s’était nouée depuis 2015 sur le terrain de l’évaluation de la toxicité de la substance, et notamment de son caractère cancérogène – probable, selon le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Mais elle ne s’est pas dénouée sur ce terrain scientifique.
Comme on le sait, les agences du circuit d’expertise officielle, European Food Safety Authority (EFSA) et European Chemicals Agency (ECHA), n’ont pas abondé dans le sens du CIRC, ce qui leur a valu leur lot d’accusations de complaisance vis-à-vis des données des fabricants de Roundup. C’est ce que les députés européens veulent ­tirer au clair : ils viennent de créer une commission spéciale sur le rôle des agences européennes et les failles ­potentielles dans l’évaluation scientifique des pesticides.

L’avis des agences n’a pourtant pas emporté la décision de la Commission européenne et des Etats membres. Les durées d’autorisation proposées par la Commission (quinze ans, puis dix, puis cinq) n’ont rien à voir avec une mesure de la toxicité du produit ou sa durée de persistance dans les sols. Aucune étude scientifique décisive n’a motivé le changement de position de la Pologne ou de l’Allemagne – plus liée, semble-t-il, au rachat de Monsanto par Bayer qu’à un calcul de risque cancérogène. La contre-expertise de l’avis du CIRC par les agences ne semble pas non plus avoir empêché les gouvernements ­opposés à la réautorisation du glyphosate de continuer à penser que le produit était plus néfaste que bénéfique.
« Contre toute attente, l’expertise scientifique n’a pas été décisive dans...



                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le docteur Pierre Micheletti déplore que la ministre de la santé, Agnès Buzyn, ne prenne pas davantage conscience de l’essoufflement de cette spécialité.
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« La psychiatrie publique est en état de grande fragilité »

Dans une tribune au « Monde », le docteur Pierre Micheletti déplore que la ministre de la santé, Agnès Buzyn, ne prenne pas davantage conscience de l’essoufflement de cette spécialité.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 11h40
    |

Pierre Micheletti (Médecin)







                        



                                


                            

Tribune. La ministre de la santé, Agnès Buzyn, vient d’annoncer la suppression du Conseil national de la santé mentale (CNSM), lui substituant un comité stratégique qu’elle réunira une fois pas an. Mme Buzyn, dans ses propositions, attribue à la psychiatrie hospitalière un rôle largement prépondérant qui remet en cause l’approche décloisonnée du CNSM.
Pourtant, la psychiatrie publique est en état de grande fragilité, comme l’illustrent la difficulté notoire à pourvoir des postes pourtant budgétés (25 % des postes sont vacants, ou octroyés à des médecins non statutaires, selon les données 2010) ainsi que la grogne sociale actuelle des médecins comme de l’ensemble des professionnels du secteur.

Pour comprendre les racines du problème, il est utile de rappeler les particularismes de la psychiatrie hospitalière depuis les ordonnances de 1960. Ces textes, instaurant la sectorisation, ont abouti à répartir les ressources et les professionnels entre des activités intra-hospitalières et un maillage de différentes structures extra-hospitalières (centres médico-psychologiques, hôpitaux de jour…). Ces structures périphériques délivrent la grande majorité des soins en psychiatrie générale adulte et la quasi-totalité en psychiatrie générale infanto-juvénile.
C’est dire l’importance acquise par les dispositifs « hors les murs », car, sur bien des territoires ruraux isolés ou périurbains défavorisés, l’offre de soins libérale est absente.
Sectorisation
Mais la France de 2018 n’est pas celle de 1960. De plus, la sectorisation s’est mise en place sans véritables outils d’aménagement du territoire. Le découpage géographique avait consisté à répartir les moyens de l’époque sur des critères simples : un secteur « adultes » pour 70 000 habitants, un secteur de « psychiatrie infanto-juvénile » pour 150 000 enfants. En raison de l’absence d’outils satisfaisants pour suivre les évolutions et décider des nécessaires adaptations,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Cette étrange substance qui fleure bon la science-fiction est comme une sœur jumelle de la matière. Une sorte de monde inversé.
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Au CERN, près de Genève, des expériences pour mieux comprendre l’antimatière

Cette étrange substance qui fleure bon la science-fiction est comme une sœur jumelle de la matière. Une sorte de monde inversé.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 11h13
    |

            David Larousserie (Meyrin (Suisse), envoyé spécial)








                        



                                


                            
En ce matin du mois de janvier, la brume humide a du mal à se lever sur Genève et sur le célèbre CERN, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire. Les bâtiments grisâtres, plus longs que hauts, se succèdent, repérables par de simples numéros. Un long cylindre bleu, posé au ras du sol, rappelle le slogan du laboratoire, « l’accélérateur de science ». C’est une pièce identique à celles constituant une partie du célèbre accélérateur de particules qui a permis la découverte du boson de Higgs, une pièce manquante au puzzle de la physique en 2012. Et le CERN a bien l’intention de continuer d’accélérer la connaissance en 2018 dans un autre domaine.
Ce dernier s’épanouit dans un bâtiment qui se ­dévoile, après un virage. Telle une publicité, un grand panneau bleu fend le brouillard : « Antimatter factory ». L’usine à antimatière du CERN est devant nous.
Antimatière ? Cette étrange substance qui fleure bon la science-fiction est comme une sœur jumelle de la matière. Une sorte de monde inversé : même masse, mais une charge électrique opposée. Il existe ainsi des antiélectrons (appelés aussi positrons), des antiprotons (les protons constituent le cœur des noyaux atomiques) ou des antineutrons (dont les constituants internes, les antiquarks, portent une charge opposée à celle des quarks du neutron)… Mais gare aux réunions de famille ! La rencontre entre une antiparticule et une particule est destructrice : les deux membres s’annihilent en émettant un grain de lumière, ou photon, très énergétique. Malgré ce risque, c’est entre les murs de cette usine que, depuis 1995, les physiciens forgent avec succès cette antimatière pour en percer les secrets.

Et c’est dans ces murs, aussi, que la physique vire à la métaphysique. « Pourquoi on existe ? », s’interroge ainsi Chloé Malbrunot, chercheuse du CERN dans cette usine. Elle pose là une des questions les plus fondamentales sur nos origines. Au commencement de l’Univers, il y a 14 milliards...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Positrons ou antiprotons sont utilisés pour sonder les matériaux et y trouver de microscopiques défauts.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                     
                                                   
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L’antimatière, un outil pour percer la matière

Positrons ou antiprotons sont utilisés pour sonder les matériaux et y trouver de microscopiques défauts.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 17h39
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Disparue de l’Univers depuis 14 milliards d’années, l’antimatière, recréée par l’homme, pourrait bien servir à quelque chose sur Terre. En fait, c’est déjà indirectement le cas. Dans les examens par TEP scan ­(tomographie par émission de positrons), le P, pour « positron », signe la ­présence d’antimatière. Un marqueur ­radioactif est introduit dans l’organisme pour cibler une tumeur. Celui-ci, en se ­désintégrant, émet un antiélectron qui, rencontrant rapidement de la matière, s’annihile en émettant un photon lumineux repéré par les détecteurs autour du corps. La tumeur est localisée.
C’est un peu le même principe, mais pour des usages moins grand public, que visent une start-up issue du CEA et un projet européen du conseil européen de la recherche.
Posithôt, entreprise née fin 2015, utilise des positrons pour sonder la matière et y trouver de microscopiques défauts, comme des atomes manquants. « Ce peut être dans des matériaux semi-conducteurs pour l’industrie de la microélectronique, des cellules photovoltaïques, des ­catalyseurs poreux, des pièces aéronautiques… », décrit Jean-Michel Rey, son fondateur, ancien du CEA. Les positrons ­pénètrent dans le matériau, sont repoussés par les électrons, mais s’annihilent dès qu’il y en a moins ; preuve d’un ­défaut dans la structure. L’instrument est sensible à un atome près.
Mille fois plus de positrons
La source de positrons est la même que celle utilisée par GBAR, une des six expériences d’antimatière du CERN, à Meyrin, près de Genève. Cela permet d’avoir mille fois plus de positrons que par la méthode de leurs concurrents qui utilisent de la matière radioactive. L’entreprise espère un premier client cette année et, en attendant, facture des prestations de service pour des mesures dans son laboratoire. « Notre technique pourrait aider à mieux comprendre le vieillissement de certaines pièces et donc à prévoir dans combien de temps un défaut rédhibitoire apparaîtrait », explique Jean-Michel...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Installées tous les dix mètres, les ruches forment une barrière que les éléphants ne franchissent pas. Une solution étudiée par une équipe d’Oxford, qui permet de les tenir à l’écart des zones où ils seraient en danger.
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Les abeilles volent au secours des éléphants

Installées tous les dix mètres, les ruches forment une barrière que les éléphants ne franchissent pas. Une solution étudiée par une équipe d’Oxford, qui permet de les tenir à l’écart des zones où ils seraient en danger.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 12h08
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 06h43
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

L’éléphant a peur des souris, c’est bien connu. Mais pas seulement : présentez-lui quelques vulgaires abeilles, et le voilà qui tremble, tape des pattes, barrit, secoue la tête et les oreilles, s’asperge de poussière avec la trompe… Sensible, l’animal ? Pas sur sa peau, trop épaisse pour percevoir la piqûre de l’insecte. Mais sur la trompe, les oreilles ou la bouche, l’attaque ciblée d’un essaim d’abeilles fait mouche.
Depuis plusieurs années, les organisations de protection de la nature tentent de détourner cette peur ancestrale au profit de l’animal. Menacé en Afrique par le braconnage et la réduction de son habitat, le géant de la savane subit aussi la colère des fermiers, dont il détruit régulièrement les plantations. Astucieux et puissant, amateur de fruits comme de légumes, il se joue des clôtures pour faire ripaille. Convaincu de son bon droit, le fermier tire et souvent tue.
En Afrique, plusieurs associations, encadrées par des biologistes, ont donc proposé d’installer, tous les dix mètres, des ruches en guise de barrières. L’éléphant a enregistré la menace : selon les études de suivi conduites par Lucy King, de l’université d’Oxford, 80 % des individus se tiendraient à l’écart des champs protégés. Le fermier y trouve aussi son intérêt. Non seulement il ne risque plus de violer la loi en tuant un animal protégé, mais il dispose de pollinisateurs pour ses cultures et peut vendre le miel récolté.

Seulement, l’éléphant d’Afrique dispose d’un cousin en Asie. Moins majestueux, affublé d’un dos rond et de petites oreilles, Elephas maximus n’exerce pas le même pouvoir de fascination. Ni les mêmes efforts de protection. Résultat : ses trois sous-espèces sont classées « en danger », celle de Sumatra étant même au bord de l’extinction.
Un animal « particulièrement malin »
Lucy King et ses collègues ont voulu savoir si les méthodes africaines pouvaient s’appliquer en Asie. Selon une étude publiée dans Current Biology,...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 05/02/2018
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SpaceX s’apprête à lancer la Falcon Heavy, sa fusée ultrapuissante

Le lanceur doit décoller mardi de Cap Canaveral en Floride. Principale ambition de la société d’Elon Musk : la conquête spatiale, avec Mars en ligne de mire.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 07h29
    |

            Dominique Gallois








                        



                                


                            

« La destination est l’orbite de Mars, la voiture restera dans l’espace lointain un milliard d’années, si elle n’explose pas pendant le lancement. » Mardi 6 février, deux mois après la publication de ce tweet surprenant, Elon Musk devait être fixé sur le sort de son cabriolet Tesla rouge cerise. Ce jour-là, si le calendrier est respecté, devait décoller de Cap Canaveral, en Floride, la Falcon Heavy, présentée comme la fusée la plus puissante du monde depuis le dernier vol, voici quarante-cinq ans, de Saturne V, le lanceur des missions Apollo.
Pour ce vol d’essai, la fusée n’emporte pas de satellites pour un client particulier, mais la voiture électrique du milliardaire américain, au son de Space Oddity, la chanson de David Bowie. Un vol privé en quelque sorte, puisque tant Tesla que SpaceX, qui fabrique le lanceur, ont été fondées par Elon Musk. Celui qui, pendant des années, avait été regardé avec condescendance par le monde spatial est devenu, en cinq ans, incontournable. Avec des financements publics venant de la NASA et du département américain de la défense, sa firme privée a pu développer un lanceur Falcon 9 et casser les prix des mises en orbite de satellites de télécommunications. Sa fusée s’est ainsi substituée au russe Proton dans le duopole formé avec Ariane sur le marché commercial des lanceurs. L’un comme l’autre se disputent la première place mondiale.

Mais l’ambition d’Elon Musk est avant tout la conquête spatiale, et surtout l’installation sur Mars. D’où sa volonté de concevoir des fusées plus puissantes. Pour cela, la Falcon Heavy dispose d’une capacité double de celle du plus gros lanceur actuel, le Delta IV américain de Boeing et Lockheed Martin.
« Une puissance phénoménale, mais pour quoi faire ? »
Dotée de vingt-sept moteurs Merlin, elle pourra propulser en orbite « plus de 54 tonnes, soit une masse équivalente à un Boeing 737 chargé de ses passagers, équipage, bagages et carburant »,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Un nouveau relevé numérique de la cavité est en cours pour étudier et restituer au public une merveille décorée par l’homme il y a 30 000 ans.
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La grotte Cosquer, immergée près des calanques de Marseille, refait surface grâce à la 3D

Un nouveau relevé numérique de la cavité est en cours pour étudier et restituer au public une merveille décorée par l’homme il y a 30 000 ans.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 06h42
    |

                            Pedro Lima








                        



                                


                            

Depuis le mois de septembre 2017, par mer calme, un ballet aquatique insolite se déroule au large du cap Morgiou, dans le parc national des Calanques, au sud de Marseille. Partis de bon matin du petit port de la Pointe-Rouge, à huit milles marins de là (15 km), des plongeurs lourdement équipés se glissent dans les eaux froides et bleues de la Méditerranée, au pied des falaises d’un blanc immaculé. Ils ne referont surface qu’en fin d’après-midi, après six heures passées hors du temps, dans le silence d’une grotte ornée il y a 30 000 ans. L’objectif de ces journées de travail éprouvantes, une vingtaine au total entre septembre et décembre 2017, est de réaliser un relevé tridimensionnel de haute précision de la grotte Cosquer, qui s’ouvre sous le ­niveau de la mer, à des fins de conservation, de recherche et de partage avec le public.
Il y a urgence, car la lente et inexorable montée du niveau de la mer (2,5 mm par an dans le massif des Calanques) menace d’engloutir les œuvres d’art parvenues miraculeusement jusqu’à nous. Visitée à partir de 1985 par le plongeur Henri ­Cosquer, la grotte ornée sera déclarée aux autorités en 1991. La cavité recèle 500 figures gravées et peintes, dont certaines représentations d’animaux marins (pingouins, phoques et poissons) uniques dans tout l’art pariétal.
Du temps de son ornementation par des groupes de chasseurs-cueilleurs paléolithiques, lors du maximum glaciaire, la Méditerranée se situait 115 mètres plus bas qu’actuellement, et le rivage cinq kilomètres plus loin. Mais, à la fin de la ­dernière glaciation, il y a environ 9 000 ans, la ­remontée du niveau de la mer a englouti l’entrée originelle du site et ennoyé une grande partie du réseau souterrain… avant de s’interrompre et d’épargner une partie du décor orné.
Plongée à 37 mètres de profondeur
Pour atteindre aujourd’hui le sanctuaire sous-marin, les spécialistes chargés du relevé 3D plongent tout d’abord à 37 mètres de profondeur, le long de la falaise...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ La NASA vient de diffuser une spectaculaire vidéo panoramique du cratère Gale vu du flanc du mont Sharp, sur lequel progresse le rover martien.
<filname="PROF-env_sciences-20"> ¤ 