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Affaire Weinstein, pratiques sur les tournages... la réponse de Tarantino à Uma Thurman

Le réalisateur américain est revenu, dans une interview au site « Deadline Hollywood », sur les critiques adressées par son actrice phare.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 16h23
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 16h55
   





                        


Depuis la publication, samedi 3 février, d’un article du New York Times (NYT) intitulé « Voilà pourquoi Uma Thurman est en colère », le réalisateur américain Quentin Tarantino fait l’objet d’interrogations sur son silence au sujet d’agressions sexuelles commises par son producteur, Harvey Weinstein, et sur son comportement sur des plateaux de tournage. Quentin Tarantino s’est, finalement, décidé à s’exprimer, lundi, et à « tout expliquer » au magazine en ligne américain Deadline Hollywood.
Dans un entretien au NYT, Uma Thurman, actrice vedette de Pulp Fiction (1994) et Kill Bill (2003), revenait en détail sur les violences sexuelles de Harvey Weinstein, dont elle a été victime. « Il m’a poussée. Il a essayé de se jeter sur moi. Il a essayé de se déshabiller », accusait-elle notamment. Quentin Tarantino, qui avait parlé au début de l’affaire Weinstein de « révélations », avait, finalement, reconnu mi-octobre avoir été au courant depuis de longues années des agissements du producteur. Le réalisateur assure à Deadline Hollywood « avoir demandé à Harvey de s’excuser auprès d’Uma », après avoir appris que la comédienne avait été agressée par le producteur.
Mais, dans cette interview, Uma Thurman dénonce également les pratiques du cinéaste. Il ne s’agit pas ici de violences sexuelles mais, selon elle, du sadisme, dont le réalisateur a fait preuve sur ses tournages.

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                Uma Thurman : Harvey Weinstein « m’a poussée, a essayé de se jeter sur moi, de se déshabiller »



« Un des plus grands regrets de ma vie »
Dans son interview à Deadline Hollywood, Quentin Tarantino revient longuement sur un épisode du tournage de Kill Bill, au cours duquel Uma Thurman avait eu un accident de voiture. Le réalisateur l’avait, selon elle, obligée à prendre le volant d’une voiture décapotable à la sécurité douteuse pour rouler à plus de 60 km/h sur une route sinueuse, sans doublure. Selon l’actrice, Tarantino lui avait ordonné :
« Atteins plus de 60 km/h, sinon tes cheveux ne voleront pas au vent correctement, et je te la ferai refaire. »
« Aucun de nous ne considérait cette scène comme une cascade, il suffisait de conduire », se défend le réalisateur dans l’interview et ajoute ne pas avoir brusqué l’actrice pour qu’elle accepte de tourner la scène.
A propos de la vitesse de la voiture, Tarantino reconnaît « avoir eu tort » mais dit ne pas avoir forcé Uma Thurman à prendre le volant :
« Je lui ai dit qu’elle pouvait le faire, que c’était une ligne droite, qu’il n’y avait pas de risque. Elle m’a répondu : “OK”. Parce qu’elle croyait en moi et me faisait confiance. (…) Je lui ai dit qu’il n’y avait pas de risque. Alors qu’il y en avait. »
La route n’était, en fait, pas parfaitement droite, elle dessinait un « s », et Uma Thurman perdit le contrôle de la voiture et finit dans un arbre. « C’est l’un des plus grands regrets de ma vie et de ma carrière », confie le réalisateur, expliquant que, par la suite, « la confiance était rompue » avec l’actrice.

Etouffées par les mains de Tarantino
Dans le reste de l’interview à Deadline Hollywood, Quentin Tarantino évoque également les scènes de crachat au visage, ou de strangulations auxquelles il a lui-même participé, expliquant que l’idée d’une chaîne autour du cou de l’actrice était « une suggestion d’Uma », et, pragmatique, l’explique par un souci de réalisme : « Si tu veux que mon visage devienne rouge, et que les larmes me montent aux yeux, alors, dans ce cas, il faut m’étrangler. »
Une scène similaire dans un autre film de Tarantino, Inglourious Basterds (2009), impliquait l’actrice d’origine allemande Diane Kruger. Et, cette fois encore, c’est le réalisateur qui avait pris en main la scène et étranglé lui-même la comédienne. Diane Kruger s’était exprimée, en 2009, sur cette scène :
« Je me fais étrangler, ce qui était très bizarre, car on le ressent quand quelqu’un vous étouffe, donc c’était une journée de boulot particulière. Le plus drôle, c’est qu’on voit les mains de Quentin sur le plan serré. (…) Je dois dire que c’était très étrange de me faire étrangler par le réalisateur. »
Tarantino s’est, par le passé, déjà justifié d’avoir voulu jouer la scène lui-même, et il réitère dans l’interview donnée à Deadline Hollywood, mettant, encore une fois en avant le réalisme de la scène : « Quand j’ai réalisé Inglourious Basterds, je suis allé voir Diane et je lui ai dit : “Ecoute, je dois t’étrangler. Si c’est juste un type qui pose ses mains sur ton cou, sans appuyer, (…) ça aura l’air d’un étranglement classique de film, (…) et tu n’aura pas cet air paniqué qui arrive quand on te prive d’air. Je te demande la permission de juste… t’étrangler, avec mes mains, en gros plan.” »
A la suite des propos tenus par Uma Thurman, Diane Kruger est venue sur son compte Instagram apporter son soutien au réalisateur en rappelant à quel point tourner avec lui avait été un moment de « pur bonheur ». « Il m’a traitée avec le plus grand respect et n’a jamais abusé de son pouvoir ni ne m’a forcée à faire quoi que ce soit qui m’aurait mise mal à l’aise », assure l’actrice.
« Combien d’images de femmes qui montrent un abus ? »
Sur son compte Instagram, Uma Thurman est, quant à elle, revenue sur ses accusations lundi et notamment sur l’accident de voiture dont elle a été victime, en affirmant ne pas croire « à un acte intentionnel » du réalisateur qui « a beaucoup regretté et a toujours des remords sur cet événement malheureux ». Elle ajoute qu’il lui a remis les images de l’accident « en sachant bien que cela pourrait lui faire du tort ».
A la suite de l’article du NYT, plusieurs personnalités du milieu du cinéma, ont réagi pour condamner les pratiques de Quentin Tarantino. L’une des premières accusatrices de Harvey Weinstein, Asia Argento, s’était fendue d’un tweet dans lequel elle déclarait notamment : « Weinstein et Tarantino, quel duo ! Un violeur en série et un quasi-meurtrier. » L’actrice américaine Jessica Chastain a déclaré pour sa part : « Je continue de visualiser Tarantino crachant au visage d’Uma et l’étranglant avec une chaîne pour Kill Bill. Combien d’images de femmes dans les médias célébrons-nous qui montrent un abus ? Quand est-ce que c’est devenu la mode dans l’industrie du “divertissement” ? »
Les interrogations autour de Quentin Tarantino ne devraient pas s’interrompre tout de suite. Mercredi 7 février, le réalisateur a été rattrapé par des propos tenus dans une ancienne interview, en 2003. Le site Jezebel a exhumé un échange entre l’animateur de radio Howard Stern et Quentin Tarantino, dans lequel le réalisateur répond à propos du cinéaste Roman Polanski que ce dernier « n’a pas violé une fille de 13 ans. Il a eu un rapport sexuel avec une mineure. Ce n’est pas un viol. » Il ajoute que, selon lui, un viol « implique de la violence ». 
Roman Polanski est accusé d’avoir drogué Samantha Geimer, 13 ans à l’époque des faits, et de l’avoir violée au domicile de l’acteur Jack Nicholson, à Los Angeles, en 1977. Dans cette interview de 2003, Tarantino assure que Samatha Geimer « voulait » cette relation puisqu’elle « sortait » avec lui.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Si vous faites partie des nombreux fans ravis par l’annonce d’un nouveau film « OSS 117 », voici de quoi vous faire patienter avant d’en savoir plus sur le synopsis.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Agents nazis, Françafrique ou guérilla marxiste : créez votre propre synopsis pour le troisième « OSS 117 »

Si vous faites partie des nombreux fans ravis par l’annonce d’un nouveau film « OSS 117 », voici de quoi vous faire patienter avant d’en savoir plus sur le synopsis.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 09h40
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 11h21
    |

            Pierre Breteau et 
Maxime Vaudano








                        



   


Il y aura un troisième film OSS 117. L’annonce, attendue depuis des années par les fans, a été faite, lundi 5 février, par Jean Dujardin sur le plateau de « Quotidien », sur TMC. Ce nouvel opus devrait sortir en salle au premier trimestre 2019, croit même savoir Europe 1.
Jean Dujardin n’a donné aucun indice sur le fond de l’histoire, ni sur la période et la région du monde dans lesquelles se déroulera l’action.
Mais comme chez Les Décodeurs on a beaucoup aimé les deux premiers opus de la série, il était hors de question que l’on ne donne pas un coup de main aux producteurs et au réalisateur pour mettre sur pied un scénario.

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Générez aléatoirement votre propre synopsis en choisissant un président et une mission – nous nous chargeons du reste.
Choisissez un président



 Vincent Auriol

 René Coty

 Charles de Gaulle

 Georges Pompidou

 Valéry Giscard d'Estaing

 François Mitterrand

 Jacques Chirac

et une mission avec…


 un traître

 des nazis

 des microfilms

 l'arme nucléaire

 un prisonnier politique

 des diamants

 une liste d'agents

 un traité de paix

 une organisation criminelle

 une guérilla

 du capitalisme sauvage

 un ministre français


Pour la France !






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            "Pakistan": { "article": "au", "adjectif": "pakistanaise", "capitale": "Islamabad" },
            "Côte-d'Ivoire": { "article": "en", "adjectif": "ivoirienne", "capitale": "Yamoussoukro" },
            "Belgique": { "article": "en", "adjectif": "belge", "capitale": "Bruxelles" },
            "Italie": { "article": "en", "adjectif": "italienne", "capitale": "Rome" },
            "Inde": { "article": "en", "adjectif": "indienne", "capitale": "New Dehli" },
            "Grèce": { "article": "en", "adjectif": "grecque", "capitale": "Athènes" },
            "Luxembourg": { "article": "au", "adjectif": "luxembourgeoise", "capitale": "Luxembourg" },
            "Nouvelles-Hébrides": { "article": "aux", "adjectif": "néohébridaise", "capitale": "Port-Vila" },
            "Bhoutan": { "article": "au", "adjectif": "bhoutanaise", "capitale": "Thimphou" },
            "Territoire de Pondichéry": { "article": "dans le", "adjectif": "pondichérienne", "capitale": "Pondichéry" },
            "Allemagne de l'Est": { "article": "en", "adjectif": "allemande", "capitale": "Berlin" },
            "Maroc": { "article": "au", "adjectif": "marocaine", "capitale": "Rabat" },
            "Israël": { "article": "en", "adjectif": "israélienne", "capitale": "Tel-Aviv" },
            "Québec": { "article": "au", "adjectif": "québécoise", "capitale": "Québec" },
            "Nouvelle-Calédonie": { "article": "en", "adjectif": "néo-calédonienne", "capitale": "Nouméa" },
            "Togo": { "article": "au", "adjectif": "togolaise", "capitale": "Lomé" }
        },
        missions = {
            "nazis": "retrouver le nazi qui a écrit le scénario original de « Sharknado »",
            "microfilms": "retrouver des microfilms pour innocenter la fille du président",
            "guerrenucleaire": "s'infiltrer dans une chambre froide afin d'empêcher une guerre nucléaire entre l'Est et l'Ouest",
            "prisonnier": "libérer un prisonnier politique pour empêcher la guerre civile d'éclater",
            "diamants": "récupérer un sac de diamants pour empêcher qu'un chef de milice s'en empare et perpètre un coup d'Etat",
            "liste": "récupérer une liste d'agents étrangers soupçonnés de duplicité",
            "conflit": "contraindre les diplomates à signer un traité pour mettre fin au conflit israélo-palestinien",
            "mafia": "éliminer le parrain afin d'anéantir la mafia qui gangrène le pays",
            "guerilla": "ramener la guérilla marxiste et les narcotrafiquants à la table des négociations",
            "argent": "tordre le coup aux banques pour mettre fin au règne de l'argent roi",
            "interets": "empêcher l'assassinat du ministre des PTT venu défendre les intérêts de la France dans la région",
            "traitre": "ramener à la raison un agent français passé à l'ennemi pour préserver la paix sur le continent"
        },
        societes = [{ "nom": "de négoce pétrolifère", "sigle": "np" },
            { "nom": "d'importation d'opioïdes", "sigle": "io" },
            { "nom": "de négoce de thé", "sigle": "nt" },
            { "nom": "d'agriculture potagère", "sigle": "ap" },
            { "nom": "d'extraction diamantaire", "sigle": "ed" },
            { "nom": "d'importation de denrées alimentaires", "sigle": "ida" },
            { "nom": "de vente de patates", "sigle": "vp" },
            { "nom": "de manufacture de fourrure", "sigle": "mf" },
            { "nom": "de conclusion de marchés publics", "sigle": "cmp" },
            { "nom": "des postes et télécommunications", "sigle": "ptt" },
            { "nom": "de sismologie en zone accidentée", "sigle": "sza" },
            { "nom": "d'élevage de pigeons voyageurs", "sigle": "epv" },
            { "nom": "de culture de papaye", "sigle": "cp" }
        ],
        potes = [{ "genre": "m", "nom": "Jean-Huan Li" },
            { "genre": "m", "nom": "José de la Rosa" },
            { "genre": "m", "nom": "Mounir Kanté" },
            { "genre": "m", "nom": "Eugène Allen" },
            { "genre": "m", "nom": "Modeste M'Bafimbi" },
            { "genre": "m", "nom": "Torf Meraak" },
            { "genre": "f", "nom": "Gisele Katanga" },
            { "genre": "f", "nom": "Marylin Erickson" },
            { "genre": "f", "nom": "Muriel Savory" },
            { "genre": "m", "nom": "vicomte du Zanzibar" },
            { "genre": "f", "nom": "Esther Lamm" },
            { "genre": "f", "nom": "Carlotta Frida" },
            { "genre": "f", "nom": "Polina Choubina" },
            { "genre": "m", "nom": "Elias Koussa" }
        ],
        pseudos = ["Noël Flantier", "Gontran Bouchard", "Emilien Roussel", "Donatien Berthaud", "Gaston Lejeune", "Louis Guichard", "Stanislas Lambert", "Nestor Pichon", "Joseph Vieilledent", "Yvon Jacquard", "Auguste Corsetier", "Jules Brisquet", "Stefan Menzel", "Hubert de Bessancourt", "Gunner Vimmerby", "Peter Larne", "Nicolas Jeannot", "Emile Ragondin"],
        qualif = {
            "m": [{ "adjectif prefixe": "le ", "adjectif": "sulfureux" },
                { "adjectif prefixe": "l'", "adjectif": "aventureux" },
                { "adjectif prefixe": "le ", "adjectif": "brillant" },
                { "adjectif prefixe": "le ", "adjectif": "divin" },
                { "adjectif prefixe": "le ", "adjectif": "sémillant" },
                { "adjectif prefixe": "l'", "adjectif": "indispensable" },
                { "adjectif prefixe": "l'", "adjectif": "habile" },
                { "adjectif prefixe": "le ", "adjectif": "redoutable" }
            ],
            "f": [{ "adjectif prefixe": "la ", "adjectif": "sulfureuse" },
                { "adjectif prefixe": "l'", "adjectif": "aventureuse" },
                { "adjectif prefixe": "la ", "adjectif": "brillante" },
                { "adjectif prefixe": "la ", "adjectif": "divine" },
                { "adjectif prefixe": "la ", "adjectif": "sémillante" },
                { "adjectif prefixe": "l'", "adjectif": "indispensable" },
                { "adjectif prefixe": "l'", "adjectif": "habile" },
                { "adjectif prefixe": "la ", "adjectif": "redoutable" }
            ]
        },
        titresoriginaux = ["VILLE ne répond (toujours) pas", "VILLE balise à gogo", "rafales de pruneaux à VILLE", "orgie de bidoche à VILLE", "boulottage maximal à VILLE", "boxon à VILLE", "à fond dans le buffet à VILLE", "tape tout dans VILLE", "ça chlingue pour VILLE", "table ronde en loucedé à VILLE", "ça carbure à VILLE", "ça marave à VILLE", "cadavre au détail à VILLE", "émission interrompue à VILLE", "carte blanche à VILLE", "ombres ADJECTIFs sur VILLE", "cache-cache ARTICLE PAYS", "PAYS sans filet", "opération ADJECTIF en duo", "panique à VILLE", "plein gaz ARTICLE PAYS", "valse ADJECTIF en solo", "VILLE récolte la tempête", "tango sur une corde à piano ADJECTIF", "rencontre ADJECTIF surprise", "coup d'éclat à VILLE", "K.O. à VILLE", "arnaque ADJECTIF à VILLE", "pas de pigeon à VILLE", "folies ADJECTIFs", "rodéo dans VILLE", "les milices ADJECTIFs contre PREZ", "peine de mort ADJECTIF", "l'espionne ADJECTIF s'évade de VILLE", "la trahison ADJECTIF", "chasse ADJECTIF aux atomes"];

    /* on duplique les titres */
    function dupliquerTableau() {
        titres = titresoriginaux.slice(0)
    };

    dupliquerTableau();

    /* événements quand on choisit et qu'on clique */
    $("#choixoss input").on("change", function(d) {
        if ($(this).parent().parent().attr('id') == "prezoss") {
            options[0] = $(this).val()
        }
        if ($(this).parent().parent().attr('id') == "missionoss") {
            options[1] = $(this).val()

        }
    });
    $("#bingo").on("click", function() {
        bingo();
    });


    recupURL = false;
    /* On tente de récupérer des infos dans l'URL */
    try{
                 urlhash = document.location.hash;
 -1){
                    v = JSON.parse(window.atob(urlhash.substring(urlhash.indexOf("#data=")+6)))
                    recupURL = true;
                    $("#choixoss input[value="+v.president+"]").attr("checked","checked")
                    $("#choixoss input[value="+v.mission+"]").attr("checked","checked")
                    bingo()
                 }
    }
    catch(err){
        urlpage = false;
    }


    /* la fonction qui gère le chemin pour Thouars (allez à Thouars, aléatoire, vous l'avez ?) */

    function bingo() {
        
        options[0] = $("#choixoss input[name=quelprez]:checked").val()
        options[1] = $("#choixoss input[name=quellemission]:checked").val()


        r = Math.floor(Math.random() * titres.length)
        if(recupURL == false){

            p = Math.floor(Math.random() * pseudos.length)
            q = Math.floor(Math.random() * pays[options[0]].length)            
            s = Math.floor(Math.random() * societes.length)
            t = Math.floor(Math.random() * potes.length)
            u = Math.floor(Math.random() * qualif[potes[t].genre].length)

            v = {
                "president":options[0],
                "mission":options[1],
                "articlegenre": qualif[potes[t].genre][u]["adjectif prefixe"] + qualif[potes[t].genre][u]["adjectif"],
                "montitre": titres[r],
                "pseu": pseudos[p],
                "monpays": pays[options[0]][q],
                "prez": presidents[options[0]].president,            
                "miss": missions[options[1]]
            }
            v["acolyte"] = v.articlegenre + " " + potes[t].nom;
            v["adj"] = dico[v.monpays].adjectif;
            v["cap"] = dico[v.monpays].capitale;
            v["arti"] = dico[v.monpays].article;
            v["soc"] = "Société " + v.adj + " " + societes[s].nom + " (S" + (v.adj).substring(0, 1).toUpperCase() + (societes[s].sigle).toUpperCase() + ")";

Pour protéger sa confidentialité, il se présente comme " + v.pseu + ", sous-directeur de la " + v.soc + ". Sur place, il rencontre " + v.acolyte + ", qui va l'aider à mener à bien sa mission envers et contre tous.",
Sur place, il rencontre " + v.acolyte + ", qui va l'aider à mener à bien sa mission envers et contre tous. Afin de rester discret, il se présente sous l'identité de " + v.pseu + ", représentant local de la " + v.soc + "."
            ]

            v["quellephrase"] = phrases[Math.floor(Math.random() * phrases.length)] 
       
            
            /* Stockage dans l'URL */
            hasheddata = window.btoa(JSON.stringify(v))
            urlpage = false;
            try{
                if(document.location.href.indexOf("les-decodeurs") != -1){ /* On modifie l'URL */
                     urlpage = document.location.href.replace(document.location.hash, "").replace(document.location.search, "");
                     urlpage = "http://www."+urlpage.substring(urlpage.indexOf("lemonde.fr"),urlpage.length);
                     history.pushState({}, "", "#data="+hasheddata);
                }
            }
            catch(err){
                urlpage = false;
            }

        }

       

            

        
        titrecomplet = v.montitre.replace("VILLE", v.cap).replace("ARTICLE", v.arti).replace("PAYS", v.monpays).replace("ADJECTIF", v.adj).replace("PREZ", v.prez);
        titrecomplet = titrecomplet.substring(0,1).toUpperCase() + titrecomplet.substring(1);
OSS 117 : " + titrecomplet + "");

";

" + v.quellephrase + "";

        try{
            if(document.location.href.indexOf("les-decodeurs") != -1){ /* On modifie l'URL */
                urlpartage = encodeURIComponent(document.location.href.replace("mobile.", "").replace("abonnes", "www"));
Partagez votre synopsis : \
 \
 \
";
            }
        }
        catch(err){
               
        }
         
                                                    
        
        $("#containertos").removeClass("initial")
        $("#resultatoss").addClass( "hover" )
        $("#containertos .spinner").show()
        
        setTimeout(function(){
            $("#resultatoss").removeClass( "hover" )
            $("#resultatoss").html(html)            
            $("#containertos .spinner").hide()
        },700)


        /* si il en reste sinon on reduplique les citations pour repartir de zéro */
 1) {
            titres.splice(r, 1)
        } else {
            dupliquerTableau();
        }

        recupURL = false;

    };



});





                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/07/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ L’artiste dissident Ai Weiwei rend compte de l’ampleur du drame des réfugiés à travers le monde.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

« Human Flow » : abri cinématographique pour vies mutilées

L’artiste dissident Ai Weiwei rend compte de l’ampleur du drame des réfugiés à travers le monde.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 07h43
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 10h41
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
On pouvait craindre que Human Flow appartienne à la catégorie de ces films documentaires humanitaires qui pèchent par excès de bons sentiments, parfois sur le dos de la cause censément embrassée, ici celle de la crise globale des réfugiés.
Dès les premières images, le film de l’artiste chinois de renommée mondiale Ai Weiwei, présenté en compétition à la Mostra de Venise en septembre 2017, dévoile une dimension universaliste et humaniste qui prend le risque de s’engouffrer dans la niaiserie. Les écueils sont heureusement contournés, du moins modérés, par l’impressionnant travail accompli et son évidente vertu pédagogique.

        Lire le reportage à la Mostra de Venise :
         

          Ai Weiwei aux sources de l’humanité déplacée



Connu pour son œuvre engagée, Ai Weiwei (sculpteur, photographe, performeur, blogueur) s’était d’ailleurs déjà attelé, à travers plusieurs installations, à évoquer le drame de cette humanité déplacée, notamment avec La Loi du voyage, un canot pneumatique long de 70 mètres avec, à son bord, 258 figures de réfugiés, ou lorsqu’il a entassé dans une salle de concerts berlinoise 3 000 gilets de sauvetage échoués sur l’île de Lesbos. Human Flow prolonge naturellement sous la forme cinématographique un désir de sensibilisation qui hante celui qui fut assigné à résidence et emprisonné dans son pays avant de pouvoir sortir du pays en 2015 et de s’exiler dans la capitale allemande.

        Lire l’entretien avec Ai Weiwei :
         

          « Je n’ai jamais voulu être cinéaste »



Pour sortir du dispositif de l’installation et entrer de plain-pied dans le documentaire, pour rendre compte d’un tel phénomène, il a fallu missionner pas moins de 200 techniciens postés dans plus de 23 pays et 7 monteurs. En résulte un film de plus de deux heures, réalisé à partir de plus de mille heures de rushs, durée qui traduit le désir de tendre le plus possible vers une forme d’exhaustivité qui n’oublierait personne.

        Lire la sélection d’œuvres :
         

          Ai Weiwei, l’art du scandale



Afghanistan, Bangladesh, Irak, Israël, Allemagne, Kenya, France, Grèce ou Italie : la force du documentaire Human Flow est de disposer des moyens pour évoquer l’ampleur planétaire de la crise des migrants. Tout autour de la planète apparaissent des camps de réfugiés, des endroits où l’on n’est nulle part et où sévissent la peur et le désespoir. Dans tous ces lieux, le temps s’est arrêté, l’avenir n’existe pas, pas plus que l’intimité.

        Lire le compte-rendu :
         

          De Lesbos à Calais, Ai Weiwei et Banksy œuvrent pour les migrants



Visions apocalyptiques
Non sans défauts, la volonté d’exhaustivité de Human Flow l’oblige à la facilité formelle, en faisant se succéder les zones géographiques à la manière d’un catalogue. Mêlant enquête de terrain, extraits de poésie ou d’articles de presse et entretiens avec des experts, le documentaire court parfois le risque d’une dispersion confuse. On peut également regretter la présence de l’artiste superstar, qui se met en scène dans des séquences dispensables.
Pour autant, on ne peut qu’être saisi et longtemps hanté par ces visions apocalyptiques : des réfugiés harassés par des jours de marche et bloqués à la frontière gréco-macédonienne, une jeune fille prise en charge dans un centre à Berlin qui dit son envie de partir au plus vite parce qu’elle n’a jamais été si malheureuse, ou encore ce groupe d’adolescentes palestiniennes coincées dans cette prison à ciel ouvert qu’est la bande de Gaza. Ces longues marches, cette fatigue inconcevable, l’insalubrité dans laquelle vivent des millions de gens – bien qu’exilés pour des raisons différentes dans des lieux différents – forment, scène après scène, l’image déchirante d’une humanité indésirable.
Scène après scène, se forme l’image déchirante d’une humanité indésirable
On mettra donc de côté les quelques scories du film d’Ai Weiwei pour en retenir la mission, parfaitement remplie, de sensibilisation à une tragédie qui risque de durer et de s’aggraver sous le poids des facteurs politiques, économiques et écologiques.
Human Flow, comme d’autres documentaires existants ou à venir, a également le mérite d’arracher ces réfugiés à l’impitoyable grammaire des journaux télévisés. Il navigue plutôt savamment entre points de vue intimistes et macroscopiques, et parvient à offrir un abri cinématographique à ces vies mutilées.

        Lire l’analyse :
         

          En prenant la pose du petit Aylan, Ai Weiwei prend position




Documentaire allemand et américain d’Ai Weiwei (2 h 20). Sur le Web : www.marsfilms.com/film/human-flow

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 7 février)
Jusqu’à la garde, film français de Xavier Legrand (à ne pas manquer)Atelier de conversation, documentaire autrichien, français et liechtensteinois de Bernhard Braunstein (à voir)Human Flow, documentaire allemand et américain d’Ai Weiwei (à voir)Le Voyage de Ricky, film d’animation allemand, belge, luxembourgeois et norvégien de Toby Genkel et Reza Memari (à voir)The Ride, documentaire français et américain de Stéphanie Gillard (à voir)Vivir y otras ficciones, film espagnol de Jo Sol (à voir)Cro Man, film d’animation britannique de Nick Park (pourquoi pas)England Is Mine. Steven Before Morrissey, film britannique de Mark Gill (pourquoi pas)Ni juge, ni soumise, documentaire français et belge de Jean Libon et Yves Hinant (pourquoi pas)Revenge, film français de Coralie Fargeat (pourquoi pas)Le Labyrinthe : Le Remède mortel, film américain de Wes Ball (on peut éviter)Stronger, film américain de David Gordon Green (on peut éviter)
Nous n’avons pas pu voir :
Agatha, ma voisine détective, film d’animation danois de Karla von BengtsonBrodre : Markus et Lukas, documentaire norvégien et français d’Aslaug HolmCinquante nuances plus claires, film américain de James FoleyLa Sculpture vivante, film français de Nguyen Tuong HungLe 15 h 17 pour Paris, film américain de Clint EastwoodRita & Crocodile, film d’animation danois et britannique de Siri MelchiorRosa & Darla, leur fabuleux voyage, film d’animation tchèque et français de Martin Duda, Natalia Chernysheva et Katerina Karhankova





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ La documentariste Stéphanie Gillard filme une chevauchée annuelle qui célèbre le massacre de Wounded Knee.
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« The Ride » : western contemporain dans le Dakota du Sud

La documentariste Stéphanie Gillard filme une chevauchée annuelle qui célèbre le massacre de Wounded Knee.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 07h41
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 08h24
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
En 1890, dans le Dakota du Sud, l’armée américaine exécute près de 350 Amérindiens de la tribu des Lakotas. Cette hécatombe, connue sous le nom de « massacre de Wounded Knee », marqua la fin des guerres indiennes. C’est cette tragédie, celle de leurs ancêtres, qu’un groupe de cavaliers sioux commémore chaque hiver lors d’une longue et rude traversée à cheval des plaines de l’Etat. Tous les âges se retrouvent lors d’un périple de quinze jours jusqu’au cimetière de Wounded Knee.
La jeune documentariste Stéphanie Gillard, qui signe là son premier long-métrage, a participé à cette chevauchée avec la communauté des Lakotas et recueille, avec The Ride, le récit précis et émouvant de ce western contemporain. Plus d’un siècle après, les vastes plaines sont encerclées par les autoroutes et les stations-service, circonscrites par d’innombrables barbelés, les Lakotas sont habillés et parlent comme des Américains moyens, et ce qui jadis était leur réserve ne leur appartient plus.
Un passé meurtri
La chevauchée est là pour invoquer tout un passé meurtri au cœur d’une Amérique contemporaine plongée dans l’amnésie : cet acte de résistance est d’abord un voyage dans le temps. La faim, les températures extrêmes et la fatigue sont moins des obstacles pour eux qu’une manière de se rappeler, à même leur propre corps, ce que leurs ancêtres ont traversé.
Et les enjeux sont immenses pour cette communauté, car il s’agit de transmettre aux plus jeunes ce qui fait leur histoire, de recréer un lien social qui, l’espace de quelques jours, fait oublier la violence du quotidien, la précarité et l’isolement. Dans les discours et sur les visages des Lakotas se devinent une dignité dans la colère et une infinie capacité de résilience face à un implacable processus de dépossession de leur identité. Ici, ni commentaire de spécialiste ni voix off. Juste un écrin cinématographique d’une beauté à la fois sereine et douloureuse où l’invisible a autant, sinon plus, de réalité que ce qui apparaît.



Documentaire français et américain de Stéphanie Gillard (1 h 26). Sur le Web : www.rouge-distribution.com/2017/08/28/the-ride.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ Le réalisateur Mark Gill dresse un portrait de Stephen Morrissey, âme des Smiths, en adolescent.
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« England Is Mine » : la rock star en son cocon

Le réalisateur Mark Gill dresse un portrait de Stephen Morrissey, âme des Smiths, en adolescent.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 07h39
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Naît-on rock star ou le devient-on ? Cette variante du débat sur les rôles respectifs de l’inné et de l’acquis a déjà donné quelques films. Dans Nowhere Boy (2010), Sam Taylor-Wood mettait en scène l’adolescence de John Lennon comme une succession de présages de la gloire à venir. D’innombrables documentaires, dont Joe Strummer : The Future Is Unwritten (2007), de Julien Temple, ont adopté une position plus prudente, confrontant les images du rebelle à guitare à celles du petit garçon bien peigné. L’audace – et la limite – d’England Is Mine est de prendre pour héros un garçon qui n’arrive pas à trouver en lui la rock star dont il soupçonne l’existence, ne serait-ce qu’à l’état larvaire.
Le premier long-métrage de Mark Gill est en réalité la chronique d’une jeunesse d’une extrême banalité, empreinte d’incertitude et d’ennui, au risque de communiquer ces impressions au public. A moins, bien sûr, que celui-ci ne soit fan des Smiths et de Morrissey.
Vivre son mal-être
Dans ce cas, les vues rêveuses de Manchester que capte le chef opérateur Nicholas D. Knowland, la mine tantôt ahurie, tantôt méprisante de Jack Lowden, qui tient le rôle de Steven Patrick Morrissey (qui ne sait pas encore qu’il va abandonner ses prénoms pour devenir le chantre d’une nouvelle façon de vivre son mal-être) deviennent des éléments dont on retrouvera des traces dans l’œuvre à venir.
Steven Patrick vit dans un foyer désuni, fait le désespoir de son père et l’admiration de sa mère. Il est le descendant des jeunes gens que Lindsay Anderson, Tony ­Richardson ou Karel Reisz ont mis en scène au début des années 1960. Mais, au lieu de claquer sa paie avec ses copains à Brixton ou Blackpool, ce jeune homme-là s’offre un billet pour le concert des Sex Pistols au printemps 1976, celui qui provoqua, dans les semaines qui suivirent, la formation des Buzzcocks et du groupe qui devint ensuite Joy Division.
La trajectoire de Morrissey, la rock star, a démontré les contradictions du personnage, sa sensibilité et sa brutalité
Morrissey avait besoin d’une période de latence, et il lui fallut presque un lustre pour passer à l’acte. Entre-temps, entouré de femmes – sa mère, sa sœur, ses amies (le film reste très discret quant à l’orientation sexuelle de l’artiste) –, il se réfugie dans une contemplation affligée du monde qui l’entoure. Cette description minutieuse et souvent drôle de l’aboulie adolescente évoquera de lointains souvenirs et des tourments contemporains aux enfants et aux parents.
England Is Mine ne parvient toutefois pas à percer le mystère des forces qui tirèrent ce garçon timide de sa chambre pour le précipiter sur les scènes du monde entier. A en croire Mark Gill, sa carapace s’est érodée sous le flot d’adulation presciente que ses intimes (dont le cercle ressemblait déjà à un fan-club) ont déversé sur le garçon. L’histoire est sûrement plus complexe, et la trajectoire de Morrissey, la rock star, a amplement démontré les contradictions du personnage, sa sensibilité et sa brutalité. Si l’énigme reste entière, il restera aux nostalgiques l’évocation d’un temps où le rock était encore une musique de jeunes.



Film britannique de Mark Gill. Avec Jack Lowden, Jessica Brown Findlay, Jodie Comer, Katherine Pearce (1 h 34). Sur le Web : www.bodegafilms.com/film/england-is-mine



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ La réalisatrice Coralie Fargeat se risque au film de « viol et vengeance », mais abuse du symbolisme.
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« Revenge » : un film d’horreur qui met la question du genre à l’honneur

La réalisatrice Coralie Fargeat se risque au film de « viol et vengeance », mais abuse du symbolisme.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 07h38
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 08h04
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
S’il est un film qui tombe à pic, c’est bien celui-ci. Revenge est un film de genre qui met la question du genre à l’honneur, un film de revanche féministe signé par une réalisatrice dont la brutalité et la ténacité du propos sont au diapason du combat sociétal qui vient de s’engager avec #balancetonporc. S’inscrivant dans la lignée d’un sous-genre du film d’horreur, le rape and revenge (« viol et vengeance »), le récit réunit pour une partie de chasse trois quadragénaires friqués et virils et une jeune gourde, amenée par l’un d’eux, qui fait office d’objet sexuel, dans une maison située à la lisière d’une zone désertique.

        Lire le reportage :
         

          A Gérardmer, du sang neuf pour le cinéma d’horreur



On sait que le genre – dispensateur d’une jouissance qui ne s’embarrasse pas de questions morales et qui célèbre la libération cathartique des victimes à l’encontre de leurs bourreaux – se passe ordinairement de subtilité. Coralie Fargeat, passée par Sciences Po et la Fémis, ne se contente pas d’en respecter l’esprit, elle en accuse le trait, évacuant toute psychologie, creusant jusqu’à l’os la dramaturgie, réduisant le décor à une maison et à un désert.
La structure narrative elle-même est limpide : viol, fuite, chasse à la femme, renversement des rôles. Les trois types, bas du front, abjects, sadiques, veules, sont des monstres que la réalisatrice n’hésite pas à animaliser (le lézard, œil torve sur corps adipeux, remplaçant ici le porc). La fille, jeune blonde sexy bientôt empalée sur la branche acérée d’un arbre mort (suivez la métaphore phallique), noircie de crasse et de sang séché, ravalée à l’état de souillure dégoulinante, se régénère quant à elle en pure force de résistance vitale.
Style trop clipesque
Autant dire que la simplification et le symbole sont au programme, au risque de la caricature. Les hommes y sont de fait trop débiles, la fille trop pétasse, la maison trop clinquante, le style trop clipesque, les raisons d’agir trop ineptes, les blessures trop sanglantes, le sang trop rouge, le ciel trop bleu, etc. Ce choix, évidemment assumé, vise d’une part à coller aux clichés pour mieux les retourner, d’autre part à « déréaliser » le monde pour le transformer en surface de jeu.
Le pari est-il réussi ? Il n’est pas simple de répondre à la question. Le film dispense certes de beaux moments : effets de montage inspirés, mêlés à une partition tirant vers la musique concrète, humour discret désamorçant le parti pris de la démesure, course-poursuite entre un homme mécanisé et une Diane chasseresse, trivialité poétique d’une rédemption lorsqu’une plaie cautérisée avec une canette de bière chauffée à blanc imprime sur le ventre de la fille la marque fumante d’un aigle noir.
Mais il est quand même loisible de s’interroger sur la portée d’une ambition dont le niveau de complexité s’avère, in fine, plutôt sommaire. Suffit-il, en un mot, d’inverser le stéréotype viril pour le dépasser ? De retourner contre lui-même un genre historiquement phallocratique ? Mettre en scène une femme qui cesse d’être une proie pour devenir à son tour prédatrice la rend-elle quitte de la violence qu’elle s’approprie ? Vaste question, qui vaut dans l’art comme dans la vie.

Film français de Coralie Fargeat. Avec Matilda Lutz, Kevin Janssens, Vincent Colombe, Guillaume Bouchède (1 h 48). Sur le Web : www.rezofilms.com/distribution/revenge



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ « Espions sur la Tamise », film de propagande antinazie du cinéaste ayant fui l’Allemagne hitlérienne, ressort en haute définition.
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DVD : jeux d’ombre et de lumière de Fritz lang

« Espions sur la Tamise », film de propagande antinazie du cinéaste ayant fui l’Allemagne hitlérienne, ressort en haute définition.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 07h36
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


Espions sur la Tamise (1944) est le troisième des quatre films de propagande antinazie tournés à Hollywood par Fritz Lang, dix ans après qu’il eut quitté l’Allemagne hitlérienne. Adapté d’un roman d’espionnage de Graham Greene, Ministry of Fear (1943), le film, réédité par Elephant Films dans une belle copie haute définition, était déconsidéré par le maître, auquel un scénario, des dialogues et des acteurs furent imposés par la Paramount.
Il n’est pourtant pas impossible d’y voir, aujourd’hui, un film éminemment « langien », et sans doute, avec Cape et Poignard (1945), l’un des plus beaux de cette série. Car, contrairement aux Bourreaux meurent aussi (1943), le propagandisme est ici dissous dans un substrat paranoïaque qui en brouille les lignes de partage.
Le véritable sujet du film n’est pas tant la lutte contre le nazisme que le sentiment d’une folie plus générale
A ce titre, le véritable sujet du film n’est peut-être pas tant la lutte contre le nazisme, lointainement investie, que le sentiment d’une folie plus générale, celle d’un monde en guerre dont la ­cohérence s’estompe sous les jeux de la clandestinité et de la dissimulation. Le récit démarre d’ailleurs au sein d’un asile, dont les portes s’ouvrent sur l’extérieur pour relâcher son protagoniste.
Stephen Neale (Ray Milland), à peine sorti d’internement, fait un détour inopiné par une kermesse de bienfaisance et en repart muni d’un lot – un gâteau – qui lui vaut d’être poursuivi. De retour à Londres, alors sous le feu des bombardements, il découvre que l’œuvre caritative dissimulait un groupuscule d’espions nazis sur le point de capter des documents importants. Neale, que les circonstances accusent, se retrouve pris dans une machination qui engage son identité mais aussi sa conscience.
Film à double détente
Espions sur la Tamise fait partie de ces films langiens à double détente, qui racontent quelque chose en surface (la course de Neale pour confondre les espions) et autre chose en profondeur (la guerre de tous contre tous, l’ère du soupçon et de la surveillance). Neale ne quitte un asile que pour se retrouver piégé dans une série d’espaces clos, qui fonctionnent comme des théâtres de faux-semblants.
A chaque fois, la réalité déraille à cause d’un détail qui ne cadre pas, d’un signe récalcitrant, trahissant un mouvement occulte, comme si le visible n’était qu’une grande conspiration. Plus le film avance, plus le monde traversé semble sorti du même asile que son héros.
Dans cet univers instable, la mise en scène est toute-puissante, puisque c’est la réalité qui apparaît comme une mise en scène
Dans cet univers instable, la mise en scène est toute-puissante, puisque c’est la réalité elle-même qui apparaît comme une constante mise en scène. Le plus frappant étant le rôle qu’attribue Lang aux jeux ­intensément contrastés d’ombre et de lumière. Ici, c’est la possibilité même de déchiffrer la réalité qui dépend des alternances de la lumière, tandis que les ténèbres font planer une suspension du sens. De même, la mort n’advient qu’avec l’arrivée de la lumière et des faisceaux qu’elle projette. Dans un passage célèbre, un appartement est soudain plongé dans un noir complet : l’image est percée tout à coup par un infime point de lumière, celui d’un coup de feu tiré à travers une porte et signalant la mort d’un adversaire.
Tout le ­génie de Lang réside dans cette soudaine trouée de l’image, sachant conduire le cinéma au paroxysme de ses capacités de figuration et d’abstraction mêlées.

Film américain de Fritz Lang (1944). Avec Alan Napier, Ray Milland, Marjorie Reynolds (1 h 26). Combo Blu-ray + DVD, Elephant Films, 19,99 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ Son deuxième long-métrage, « Un enfant attend », invisible pendant des décennies, ressort en salle.
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Reprise : John Cassavetes face à la vulnérabilité enfantine

Son deuxième long-métrage, « Un enfant attend », invisible pendant des décennies, ressort en salle.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 07h35
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


Jean Hansen est une musicienne qui n’a jamais réussi à percer. Elle a passé sa vie à enchaîner les petits boulots sans trouver un travail qui puisse véritablement la combler. Un jour, Jean se présente dans une institution spécialisée qui s’occupe d’enfants autistes et ­trisomiques. Bien décidée à y ­travailler, Jean s’égare dans les couloirs de l’établissement et tombe nez à nez avec les petits qui sortent de leurs cours. Intrigués par sa présence, ils l’encerclent et la dévisagent, lui posent sans cesse des questions. Jean Hansen est ­incarnée par Judy Garland, « la ­petite fille de l’Amérique » qui, en 1963, va sur ses 40 ans. Elle joue dans l’un de ses derniers films, réalisé par un jeune ­cinéaste qui, lui, tourne son troisième long-métrage : John Cassavetes. Après Shadows (1959), ­manifeste pour un ­cinéma sauvage, physique et ­improvisé, Cassavetes tournera deux films pour des grands studios : Too Late Blues (1961) pour la Paramount et Un enfant ­attend (1963) pour la ­United ­Artists. Une parenthèse qui lui laissera un goût amer.
Invisible pendant des décennies, Un enfant attend ressort sur les écrans : l’occasion de réaliser que ce qui fut longtemps considéré comme une erreur de parcours est un très grand film. Il n’y a pas à attendre longtemps pour le comprendre : les dix premières minutes suffisent à nous déchirer. Que ce soit l’arrivée de ­Reuben Widdicombe (l’inconsolable et sidérant Bruce Ritchey), un ­enfant autiste qui, devant l’institut, refuse de descendre du taxi et ne se doute pas une seule seconde qu’il ne reverra jamais ses ­parents, ou celle de Jean Hansen. A travers son ­maquillage prononcé et son ­allure de grande dame, impossible de ne pas ­retrouver les traits poupins de la Dorothy du Magicien d’Oz. Dans cette scène, où Jean fait connaissance avec les pensionnaires, Judy Garland ne joue pas : elle est elle-même, c’est-à-dire une enfant qui a vieilli, encerclée par d’autres ­enfants qui semblent la reconnaître – elle est une des leurs.
Instiller de l’imprévu
La scène est splendide, parce que Cassavetes la filme comme un moment documentaire où un mythe hollywoodien se cogne contre le réel. C’est cette collision entre deux mondes qui fait tout le prix d’Un enfant attend, un film qui appartient autant à son studio qu’à Cassavetes, autant à Burt Lancaster et à Judy Garland qu’aux enfants qui peuplent les plans. Cassavetes est avec eux, auprès d’eux, leur confiant la ­mission d’instiller de l’imprévu à l’intérieur du film. Ce sont eux que sa caméra filme longuement, sidérée devant leur puissance d’apparition, leur innocence et leur vulnérabilité.
Là encore s’opposent la retenue des acteurs hollywoodiens et l’élan incontrôlable de ces corps d’enfants
Le film aurait très bien pu porter le titre de son film suivant, Faces (1968), ou encore s’appeler Love Streams, qu’il réalisera en 1983, car l’histoire est celle d’une femme qui cherche son monde d’Oz, un endroit où donner un sens à sa vie, et qui fera la rencontre d’un enfant qui attend d’être aimé. Là encore s’opposent la retenue des acteurs hollywoodiens et l’élan incontrôlable de ces corps d’enfants, qui débordent d’amour et manquent d’affection. Des corps qui appartiennent complètement au cinéma de Cassavetes, prophétisant à leur manière celui de Gena Rowlands que l’on croise dans le film, mais qui n’est pas encore la princesse effondrée d’Une femme sous ­influence.
Sur le tournage, le cinéaste ­entrera en conflit avec Stanley Kramer, alors producteur du film. L’enjeu concerne le sens que l’on doit donner à la toute fin. La querelle est à l’image du débat qui fait rage dans la société ­concernant la meilleure manière de traiter les enfants handicapés. Kramer aura le final cut, et ­Cassavetes, qui reniera le film, expliquera que le montage de Kramer « affirme que les enfants attardés doivent rester dans des maisons spécialisées ». Difficile de ne pas voir, dans cette fin ­voulue et contrariée et dans le portrait d’un enfant qui ne pense qu’à s’enfuir pour étreindre le réel et ses parents, une façon pour­ ­Cassavetes d’orchestrer son adieu au système des studios.

Film américain de John Cassavetes (1963). Avec Judy Garland, Burt Lancaster, Gena Rowlands (1 h 42). Sur le Web : www.lafilmotheque.fr/films/un-enfant-attend



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ Le documentariste Bernhard Braunstein filme les ateliers organisés par la Bibliothèque publique d’information au Centre Pompidou.
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« Atelier de conversation » : un havre de paix dédié à la parole en plein Paris

Le documentariste Bernhard Braunstein filme les ateliers organisés par la Bibliothèque publique d’information au Centre Pompidou.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 07h33
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Située en plein cœur du Centre Pompidou à Paris, la Bibliothèque publique d’information (BPI) organise chaque semaine des Ateliers de conversation en accès libre. Des visiteurs venus des quatre coins du monde s’y rassemblent pour pratiquer et parfaire leur français. Sur des chaises disposées en cercle, chacun s’exprime à tour de rôle jusqu’à ce que les discussions s’enclenchent naturellement. C’est d’abord en tant qu’usager que Bernhard Braunstein, qui signe avec Atelier de conversation son premier long-métrage documentaire, a pris connaissance de ces ateliers. Et c’est en tant que cinéaste qu’il revient capter l’atmosphère si particulière de cette petite salle, sise au milieu de l’impressionnante BPI.
Pour ce faire, le documentariste s’en tient à un dispositif rigoureusement homogène : des plans frontaux sur les visages des usagers se succèdent, créant par sa répétition une sorte d’hypnose où le spectateur contemple et capte les moindres frémissements de ses usagers qui hésitent, cherchent leurs mots, sourient, écoutent avec bienveillance, regardent dans le vide et se racontent dans une langue qui n’est pas la leur.
Contourner l’ennui
Atelier de conversation relève brillamment le défi de contourner l’ennui qu’on pourrait craindre par une telle approche systématique : cela tient à un montage précis qui filme aussi bien la parole que l’écoute.
Le documentariste rend bien compte de la diversité des sujets de conversation, des origines et des trajectoires qui se succèdent devant nos yeux et aiguisent naturellement notre curiosité. Et si, parfois, la polémique enfle inévitablement sur des sujets délicats, l’atelier est d’abord et surtout une parenthèse chaleureuse où se confier, un havre de paix planté au milieu d’une grande ville qui se montre parfois inhospitalière.

Documentaire français, autrichien et liechtensteinois de Bernhard Braunstein (1 h 12). Sur le Web : ascdistribution.com/project/atelier-de-conversation



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Malgré la relative banalité de son graphisme, le film d’animation de Toby Genkel et Reza Memari est porté par un vent de folie poétique.
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« Le Voyage de Ricky » : le petit moineau qui se croyait cicogne

Malgré la relative banalité de son graphisme, le film d’animation de Toby Genkel et Reza Memari est porté par un vent de folie poétique.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 07h32
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Alors que ses parents viennent de se faire dévorer par un ours, un moineau sort de sa coquille sous les yeux émus d’une cigogne qu’il prend immédiatement pour sa maman. C’est Ricky. La grande échassière qui n’a pas le cœur à l’abandonner le ramène dans son nid où l’attendent son compagnon, le grand chef du clan des cigognes, et leur enfant. Elevé comme une cigogne, Ricky est persuadé d’en être une. Aussi lorsqu’il découvre, à l’arrivée de l’automne, que sa tribu a levé le camp pour l’Afrique sans l’attendre, il n’a qu’une idée en tête : la rejoindre. Son voyage commence là.
Avec son désir fou comme simple viatique, l’ oisillon se lance à la découverte du monde où il va subir quelques déconvenues, se faire quelques amis aussi, pour finalement apprendre à se connaître lui-même et être en mesure d’aider les autres.
Relative âpreté
La trame est classique mais la valeur du film tient à la complexité, voire la relative âpreté avec laquelle il aborde les situations, les émotions, les caractères des personnages, y compris les plus secondaires, et plus encore au parfum brindezingue qui se diffuse dans ses ramifications.
Entre les conversations échevelées de la chouette pygmée avec son ami imaginaire et les pigeons voyageurs sédentarisés depuis qu’ils captent Internet sur les lignes à haute tension, un vent de folie poétique virevolte du début à la fin, qui fait facilement oublier la relative banalité du graphisme.

Film d’animation belge, allemand, luxembourgeois et norvégien de Toby Genkel et Reza Memari (1 h 24). Sur le Web : paradisfilms.com/project/ricky



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ A mi-chemin entre documentaire et fiction, le film de Jo Sol s’interroge sur l’émancipation des handicapés par rapport à leur corps malade.
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« Vivir y otras ficciones » : vivre au-delà du handicap

A mi-chemin entre documentaire et fiction, le film de Jo Sol s’interroge sur l’émancipation des handicapés par rapport à leur corps malade.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 07h31
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Filmé avec ce que l’on devine peu de moyens, ce qui lui confère une authenticité particulière, Vivir y otras ficciones est avant tout une histoire d’amitié. Celle qui unit Antonio, écrivain et tétraplégique, et Pepe, ancien chauffeur de taxi fraîchement sorti d’asile psychiatrique, dans l’attente d’un fils qui ne vient plus le voir.
Antonio tente de mettre au point un service d’assistance sexuelle pour handicapés. Il reçoit ainsi une sympathique travailleuse du sexe dont il utilise les talents pour lui et ses amis. Il est évident que le système qu’il met en place a fait l’objet d’un certain nombre d’objections émises ici par l’assistante de vie d’Antonio, au nom essentiellement d’une certaine conception de la morale.
Individualités attachantes
Le film de Jo Sol constitue ainsi, derrière la singularité de son sujet, une interrogation sur l’émancipation et le refus de se soumettre à la passivité qu’assignerait un corps malade à ceux qui en souffrent. La dimension politique du film réside ainsi dans cette réflexion, dialectiquement énoncée et dans la description d’individualités attachantes et vraies, saisies par un processus cinématographique où les notions de documentaire et de fiction ne seraient pas fortement antagoniques.

Film espagnol de Jo Sol. Avec Antonio Centeno, Pepe Rovira, Arantzazu Ruiz (1 h 25). Sur le Web : filmsdesdeuxrives.wixsite.com/societe/copie-de-la-mort-se-merite



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ La première réalisation cinématographique en solitaire de Nick Park manque de subtilité et de complexité.
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« Cro Man » : une fable préhistorique par le père de Wallace et Gromit

La première réalisation cinématographique en solitaire de Nick Park manque de subtilité et de complexité.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 07h30
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Créateur de Creature Comforts en 1989, grande date dans l’histoire du film d’animation, et en même temps du duo Wallace et Gromit (un inventeur fou et son chien pragmatique), assurément le plus loufoque de l’animation de marionnettes contemporaine, Nick Park est un génie qui, au sein des légendaires studios Aardman, fait triompher l’artisanat et l’humour anglais aux quatre coins de la planète.
Le coréalisateur, avec Peter Lord, de Chicken Run (2000), nous revient aujourd’hui avec Cro Man, première réalisation cinématographique en solitaire. Il s’agit d’une fable préhistorique qui oppose une sympathique tribu de l’âge de pierre, menée par le jeune Doug et son cochon domestique Crochon, à l’infâme Lord Noz, chancelier véreux d’une civilisation de bronze qui aspire à la conquête de leur territoire. La question se règlera autour d’une partie de football, sport récemment inventé, ce qui permet au réalisateur d’afficher sa préférence pour les vaillants amateurs de l’âge de pierre contre l’équipe de mercenaires infects de l’âge de bronze.
Anachronisme un peu facile
Apologie de l’esprit d’équipe contre les pouvoirs de l’argent, le film manque singulièrement de subtilité et de complexité, et recourt à un anachronisme un peu facile pour nourrir des gags qui finissent par lasser. Reste évidemment le charme typiquement british des créatures et le côté bon enfant du récit, toutes choses qui ne suffisent pas néanmoins à égaler la fantaisie enlevée et désopilante de Shaun le mouton (2015), de Richard Starzak et Mark Burton, précédente production des studios Aardman.

Film d’animation britannique de Nick Park (1 h 29). Sur le Web : www.earlymanmovie.com/?lang=fr et www.studiocanal.fr/cid35127/cro-man.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ L’équipe de l’émission documentaire « Strip-Tease » est passée au grand écran, avec plus ou moins de réussite.
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« Ni juge, ni soumise » : la magistrate et le petit théâtre de la justice

L’équipe de l’émission documentaire « Strip-Tease » est passée au grand écran, avec plus ou moins de réussite.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 07h28
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Anne Gruwez est juge à Bruxelles. C’est aussi un personnage suffisamment haut en couleur pour que l’équipe de la célèbre collection de documentaires franco-belge « Strip-Tease », diffusée sur France 3, lui consacre son premier long-métrage de cinéma. Adoptant les mêmes principes que ceux qui présidaient à ses productions pour le petit écran (pas de voix off, pas de commentaire, pas d’interview), les réalisateurs nous plongent dans son quotidien, entre son bureau où elle se confronte avec les prévenus, parfois comme sur un ring, parfois comme une psy bienveillante, et son domicile, où elle cultive tranquillement son jardin en compagnie d’un rat domestique.
Le film vaut à la fois pour la personnalité, mélange de sang-froid, d’esprit de provocation, de truculence, de professionnalisme et d’humanité de son héroïne, et pour le tableau de la misère du monde belge qui s’esquisse au fil des comparutions. En trois ans de tournage, les réalisateurs ont eu le temps de filmer des moments forts.
Spectacle comique
Chacune des scènes, de fait, se présente comme un petit théâtre autonome, appelant le spectateur à se faire son opinion sur l’innocence ou la culpabilité des prévenus, lui ménageant des surprises, des moments éventuellement comiques, ou au contraire proprement effarants. Elles durent suffisamment pour laisser la pensée vagabonder, se demander pourquoi la juge a quatre doigts coupés, méditer sur l’écrasante proportion, parmi les prévenus, de personnes issues de l’immigration.
Comme c’est souvent le cas avec « Strip-Tease », le film gêne aussi aux entournures, notamment quand cette misère devient, aux dépens de ceux qui en sont les premières victimes, la matière d’un spectacle comique.

Documentaire français et belge de Jean Libon et Yves Hinant (1 h 39). Sur le Web : www.arpselection.com/category/tous-nos-films/documentaire/ni-juge-ni-soumise-423.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ Le troisième volet de la saga pour adolescents signé Wes Ball est tristement prévisible.
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« Le Labyrinthe : Le Remède mortel » : un mix raté entre « Mad Max » et zombies

Le troisième volet de la saga pour adolescents signé Wes Ball est tristement prévisible.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 07h25
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » – on peut éviter
Troisième volet de la saga pour adolescents inspirée des romans à succès de James Dashner, Le Labyrinthe : Le Remède mortel mixe grossièrement les références à Mad Max, aux zombies de Romero, aux images du 11-Septembre, on en passe et des meilleures. Deux heures vingt durant, cette dystopie nous plonge dans un monde post-apocalyptique ravagé par un virus mortel terriblement puissant, dans lequel des adolescents naturellement immunisés, réduits en esclavage pour cette raison par le géant de l’industrie pharmaceutique local, entrent en résistance.
Indices subliminaux
De ces jeunes héros, on ne sait à peu près rien sinon ce que suggèrent de leur passé commun quelques indices subliminaux distillés ici et là. Ce n’est certainement pas assez pour supporter ce tunnel interminable et tristement prévisible de courses poursuites, de bagarres, d’immeubles qui s’effondrent, de cliffhangers téléphonés, qui tient lieu de film.
Avoir vu les deux premiers épisodes (respectivement sortis en France, en 2014 et 2015), en avoir conçu une forme d’attachement pour les personnages et d’intérêt pour leur aventure est sans doute la condition requise pour entrer dans le film – ce qui pose quelques questions sur la stratégie du studio, la Fox en l’occurrence, dont on se demande comment il espère rentabiliser son investissement. Pas sûr que cela suffise à y prendre du plaisir.

Film américain de Wes Ball. Avec Dylan O’Brien, Kaya Scodelario, Thomas Brodie-Sangster (2 h 22). Sur le Web : www.foxfrance.com/lelabyrintheleremedemortel et fr-fr.facebook.com/MazeRunnerMovie



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ Chaque mercredi, dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 06/02/2018
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Une tragédie, un western et un Cassavetes : notre sélection cinéma

Chaque mercredi, dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 07h54
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Une révélation française, un western contemporain, un film d’animation, un trésor oublié du cinéma hollywoodien : voici quatre films à découvrir cette semaine.
LE TERREAU DE LA TERREUR : « Jusqu’à la garde », de Xavier Legrand

Xavier Legrand jette les fondations de son premier long-métrage en édifiant avec un luxe infini de détails la plus ordinaire des situations : le règlement d’un divorce entre une femme et un homme. Une heure et demie plus tard, le film aura cheminé le long d’un mystérieux passage du Nord-Ouest, qui mène de la vie de tous les jours jusqu’aux figures les plus terrifiantes, les plus profondément ancrées dans nos mémoires et nos imaginations – du quotidien à la tragédie. Le premier acte de Jusqu’à la garde est confiné dans la salle de réunion d’un palais de justice. Un homme, Antoine Besson (Denis Ménochet) vient d’emménager dans la région pour se rapprocher de ses enfants. La mère (Léa Drucker) fait valoir que Julien et Joséphine, le petit garçon et l’adolescente issus de cette union en ruine, ne veulent plus voir leur père. La magistrate donne lecture de la déposition de Julien qui « n’a plus rien à dire » à son père, et la greffière consigne les propos de chacun. Il y a une part de dissimulation dans la façon dont le cinéaste expose la situation.
Si bien que, au sortir de l’audience, on peut hésiter sur la réalité du rapport de force. La juge accorde à Antoine le droit de visite dont son fils ne veut pas. Les rencontres entre père et fils constituent la partie centrale du film, celle où le regard du specteur va basculer, forcé de faire le point sur ce qui se passe à l’écran tandis que s’enchaînent les présages de la catastrophe à venir. Le malaise du début, qui ressemblait à celui que l’on peut éprouver à observer la souffrance d’inconnus, se transforme alors en l’une des formes de terreur que peut produire le cinéma : celle qui fait espérer la déflagration – pour qu’on en finisse – tout en tremblant pour ceux et celles à qui la conduite du récit nous a attachés. Thomas Sotinel
Film français de Xavier Legrand, avec Léa Drucker, Denis Ménochet, Thomas Gioria, Mathilde Auneveux (1 h 30).
UN WESTERN EN ZONES PÉRIURBAINES : « The Ride », de Stéphanie Gillard

En 1890, dans le Dakota du Sud, l’armée américaine exécute près de 350 Amérindiens issus de la tribu des Lakotas. Cette hécatombe, connue sous le nom de « massacre de Wounded Knee », marqua la fin des guerres indiennes. C’est cette tragédie, celle de leurs ancêtres, qu’un groupe de cavaliers sioux commémore chaque hiver lors d’une longue et rude traversée à cheval des plaines du Dakota du Sud. Tous les âges se retrouvent lors d’un périple de quinze jours qui a pour destination le cimetière de Wounded Knee. La jeune documentariste Stéphanie Gillard, qui signe là son premier long-métrage, a participé à cette chevauchée avec la communauté des Lakotas et recueille, avec The Ride, le récit précis et émouvant de ce western contemporain.
Plus d’un siècle après, les vastes plaines sont encerclées par les autoroutes et les stations-service, circonscrites par d’innombrables barbelés, les Lakotas sont habillés et parlent comme des Américains moyens, et ce qui jadis était leur réserve ne leur appartient plus. Dans les discours et sur les visages des Lakotas se devine une infinie capacité de résilience face à un implacable processus de dépossession de leur identité. Stéphanie Gillard prend le parti de n’adjoindre aucun commentaire de spécialiste ni aucune voix off. Elle offre à cette tribu un écrin cinématographique d’une beauté à la fois sereine et douloureuse où l’invisible a autant, sinon plus, de réalité que ce qui apparaît. Murielle Joudet
Documentaire franco-américain (1 h 26).
DRÔLES D’OISEAUX : « Le Voyage de Ricky », de Toby Genkel et Reza Memari

Alors que ses parents viennent de se faire dévorer par un ours, un moineau sort de sa coquille sous les yeux émus d’une cigogne qu’il prend immédiatement pour sa maman. C’est Ricky. La grande échassière qui n’a pas le cœur à l’abandonner le ramène dans son nid où l’attendent son compagnon, le grand chef du clan des cigognes, et leur enfant. Elevé comme une cigogne, Ricky est persuadé d’en être une. Aussi lorsqu’il découvre, à l’arrivée de l’automne, que sa tribu a levé le camp pour l’Afrique sans l’attendre, il n’a qu’une idée en tête : la rejoindre. Son voyage commence là. Avec son désir fou comme simple viatique, l’ oisillon se lance à la découverte du monde.
La trame est classique, mais la valeur du film tient à la complexité, voire la relative âpreté avec laquelle il aborde les situations, les émotions et les caractères des personnages. Entre les conversations échevelées de la chouette pygmée avec son ami imaginaire et les pigeons voyageurs sédentarisés depuis qu’ils captent Internet sur les lignes à haute tension, un vent de folie poétique virevolte du début à la fin, qui fait facilement oublier la relative banalité du graphisme. Isabelle Regnier
Film d’animation belge, allemand, luxembourgeois et norvégien de Toby Genkel et Reza Memari (1 h 24).
UN CHEF-D’ŒUVRE SORTI DES LIMBES : « Un enfant attend », de John Cassavetes

Jean Hansen est une musicienne qui n’a jamais réussi à percer. Un jour, Jean se présente dans une institution spécialisée qui s’occupe d’enfants autistes et trisomiques. Bien décidée à y travailler, Jean s’égare dans les couloirs de l’établissement et tombe nez à nez avec les petits qui sortent de leurs cours. Intrigués par sa présence, ils l’encerclent et la dévisagent, lui posent sans cesse des questions. Jean Hansen est incarnée par Judy Garland, « la petite fille de l’Amérique » qui, en 1963, va sur ses 40 ans. Elle joue dans l’un de ses derniers films, réalisé par un jeune cinéaste qui, lui, tourne son troisième long-métrage : John Cassavetes. Après Shadows (1959), manifeste pour un cinéma sauvage, physique et improvisé, Cassavetes tournera deux films pour des grands studios : Too Late Blues (1961) pour la Paramount et Un enfant attend (1963) pour la United Artists. Une parenthèse qui lui laissera un goût amer.
Invisible pendant des décennies, Un enfant attend ressort sur les écrans : l’occasion de réaliser que ce qui fut longtemps considéré comme une erreur de parcours est un très grand film. Dans cette scène où Jean fait connaissance avec les pensionnaires, Judy Garland ne joue pas : elle est elle-même, c’est-à-dire une enfant qui a vieilli, encerclée par d’autres enfants qui semblent la reconnaître – elle est une des leurs. La scène est splendide, parce que Cassavetes la filme comme un moment documentaire où un mythe hollywoodien se cogne au réel. Sur le tournage, le cinéaste entrera en conflit avec Stanley Kramer, alors producteur du film. L’enjeu concerne le sens que l’on doit donner à la toute fin. Kramer aura le final cut, et Cassavetes, qui reniera le film, expliquera que le montage de Kramer « affirme que les enfants attardés doivent rester dans des maisons spécialisées ». Difficile de ne pas voir, dans cette fin voulue et contrariée et dans le portrait d’un enfant qui ne pense qu’à s’enfuir pour étreindre le réel et ses parents, une façon pour Cassavetes d’orchestrer son adieu au système des studios. M. J.
Film américain de John Cassavetes (1963). Avec Judy Garland, Burt Lancaster, Gena Rowlands (1 h 42).

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 7 février)
Jusqu’à la garde, film français de Xavier Legrand (à ne pas manquer)Atelier de conversation, documentaire autrichien, français et liechtensteinois de Bernhard Braunstein (à voir)Human Flow, documentaire allemand et américain d’Ai Weiwei (à voir)Le Voyage de Ricky, film d’animation allemand, belge, luxembourgeois et norvégien de Toby Genkel et Reza Memari (à voir)The Ride, documentaire français et américain de Stéphanie Gillard (à voir)Vivir y otras ficciones, film espagnol de Jo Sol (à voir)Cro Man, film d’animation britannique de Nick Park (pourquoi pas)England Is Mine. Steven Before Morrissey, film britannique de Mark Gill (pourquoi pas)Ni juge, ni soumise, documentaire français et belge de Jean Libon et Yves Hinant (pourquoi pas)Revenge, film français de Coralie Fargeat (pourquoi pas)Le Labyrinthe : Le Remède mortel, film américain de Wes Ball (on peut éviter)Stronger, film américain de David Gordon Green (on peut éviter)
Nous n’avons pas pu voir :
Agatha, ma voisine détective, film d’animation danois de Karla von BengtsonBrodre : Markus et Lukas, documentaire norvégien et français d’Aslaug HolmCinquante nuances plus claires, film américain de James FoleyLa Sculpture vivante, film français de Nguyen Tuong HungLe 15 h 17 pour Paris, film américain de Clint EastwoodRita & Crocodile, film d’animation danois et britannique de Siri MelchiorRosa & Darla, leur fabuleux voyage, film d’animation tchèque et français de Martin Duda, Natalia Chernysheva et Katerina Karhankova





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ David Benioff et D. B. Weiss plancheront sur cette série de films, qui sont distincts de la trilogie en cours, dès que la dernière saison de « Game of Thrones » sera terminée.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/02/2018
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Disney annonce des films Star Wars dirigés par les créateurs de « Game of Thrones »

David Benioff et D. B. Weiss plancheront sur cette série de films, qui sont distincts de la trilogie en cours, dès que la dernière saison de « Game of Thrones » sera terminée.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 23h43
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 10h06
   





                        


Les fans de la saga, comme ceux de la série dont la dernière saison sortira en 2019, vont frôler l’hystérie. Disney a annoncé mardi 6 février une nouvelle série de films Star Wars, dirigée par David Benioff et D. B. Weiss, le duo créateur de la série à succès Game of Thrones, diffusé chez le concurrent HBO (Time Warner).
L’intrigue sera à la fois séparée des aventures de Luke Skywalker et des dynasties de Jedi, au cœur de l’actuelle trilogie, et de la nouvelle trilogie, dont Disney a annoncé la préparation au mois de novembre.

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                « Univers étendu » et clins d’œil : comment Disney a redéfini la galaxie « Star Wars »



« David et Dan sont parmi les meilleurs pour concevoir des récits, a commenté la patronne de Lucasfilm, Kathleen Kennedy, dans un communiqué. Leur maîtrise des personnages complexes, la profondeur du récit, la richesse de la mythologie devrait emmener Star Wars vers de nouveaux chemins et je trouve cela terriblement enthousiasmant. »
Benioff et Weiss ont, quant à eux, publié un communiqué joint où ils confient avoir rêvé de voyager vers la célèbre galaxie « lointaine, très lointaine » créée par George Lucas depuis le premier opus de la saga, sorti en 1977. « Nous sommes honorés de cette chance, un peu terrifiés par la responsabilité, et si excités de démarrer ce projet dès que la dernière saison de Game of Thrones sera terminée », ont-ils poursuivi.
Une des sagas les plus rentables de l’histoire du cinéma
Bob Iger, le patron de Disney, maison mère de Lucasfilm, a déclaré que la saga avait dépassé les attentes du groupe depuis que le géant du divertissement a racheté en 2012 la société de production créée par George Lucas. Les deux premiers films de la plus récente trilogie, Le Réveil de la Force et Les Derniers Jedi font partie des plus grosses recettes de l’histoire du cinéma, avec 2 milliards de dollars et 1,3 milliard générés respectivement.

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                Bob Iger, le patron qui redessine Disney



Rogue One (2016), premier spin-off indépendant des trilogies, a quant à lui amassé plus d’un milliard de dollars de recettes en salles, ce qui augure une bonne performance pour le prochain spin-off Solo : A Star Wars Story qui sort en mai et racontera la jeunesse de Han Solo, autre personnage mythique de la saga.

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                Disney devient le plus puissant studio de cinéma à Hollywood



Le réalisateur californien George Lucas avait 33 ans lorsqu’il préparait la sortie de son troisième long-métrage, une saga intergalactique un peu à l’eau de rose sur le combat entre le bien et le mal. Star Wars est depuis devenu l’une des sagas les plus rentables et populaires de l’histoire du cinéma.
Des critiques émises
Certaines critiques voyaient toutefois dans l’annonce de la réalisation de cette nouvelle série de films par les créateurs de Game of Thrones une preuve supplémentaire du manque de femmes ou de réalisateurs issus de minorités derrière la caméra de Star Wars – contrairement à la mixité des acteurs.
« Toujours pas de signe nulle part dans une galaxie très ancienne et lointaine d’une femme ou de personnes de couleur dans sa conception », s’est plaint Franklin Leonard, un cadre de l’industrie du film, entre autres critiques sur les réseaux sociaux.

Still no sign of ever seeing any part of a galaxy long time ago and far, far away as conceived of by a woman or per… https://t.co/hOdAvpf38l— franklinleonard (@Franklin Leonard)


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Le magazine Variety, la bible du secteur du film et de la télévision, a été jusqu’à publier une tribune acide soulignant que « 96 % des scénaristes et réalisateurs de l’univers de Star Wars sont des hommes blancs ».
La journaliste Maureen Ryan insiste : « Je ne vois pas ce qui empêche Kathleen Kennedy d’engager les hommes et femmes de couleur, ou les femmes blanches, qui sont motivés, talentueux, expérimentés avec des histoires sur Star Wars à raconter. Depuis toutes les années où j’écris sur ces questions, j’ai entendu toutes sortes de justifications et honnêtement, elles sont toutes bidon. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ La 25e édition du Festival international du film fantastique a témoigné d’un souci de secouer le film de genre.
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A Gérardmer, du sang neuf pour le cinéma d’horreur

La 25e édition du Festival international du film fantastique a témoigné d’un souci de secouer le film de genre.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 10h22
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 08h02
    |

                            Mathieu Macheret (Gérardmer (Vosges)








                        



                                


                            

Du 31 janvier au 4 février s’est tenue la 25e édition du Festival international du film fantastique de Gérardmer, héritier pérenne du défunt Festival d’Avoriaz, qui réunit chaque année, dans les salles de la cité vosgienne, amateurs et professionnels du cinéma de la peur, ou, plus largement, « de l’imaginaire et des pulsions », comme aime à le rappeler son directeur, Bruno Barde.
Pour fêter son quart de siècle, la manifestation a rendu hommage au cinéaste espagnol Alex de la Iglesia (Le Jour de la bête, Perdita Durango, Le Crime farpait), qu’elle accompagne depuis ses débuts, et a décerné un Grand Prix des Grands Prix au plus emblématique de ses lauréats, le film Scream (1996), de Wes Craven. Mais ce qui fait la force indéniable du rendez-vous à travers les années, c’est son public fervent, constitué de passionnés et de curieux, toujours aussi nombreux (38 000 entrées pour l’édition 2017), qui animent chaque séance d’une réactivité frémissante et bon enfant, comme pour mieux dialoguer avec les œuvres présentées.
Bon nombre de films affichaient la particularité de repenser le rôle des personnages féminins au sein d’un genre pourtant très codifié
Deux sélections, de longs et de courts-métrages en compétition, étaient donc soumises à la sagacité des jurés, le premier présidé par le réalisateur et comédien Mathieu Kassovitz, le second par le duo de cinéastes Hélène Cattet et Bruno Forzani (Amer, Laissez bronzer les cadavres). Les films affichaient, pour bon nombre d’entre eux, la particularité de repenser le rôle des personnages féminins au sein d’un genre pourtant très codifié, prouvant, s’il le fallait, que celui-ci n’était pas hermétique aux évolutions de la société et pouvait même s’en faire la caisse de résonance.
En effet, la tradition fantastique (qui remonte bien au-delà du cinéma) a souvent fait de la femme un sujet privilégié d’identification à la peur ou aux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ Pour son premier long-métrage, Xavier Legrand montre la destruction d’une famille par l’un des siens.
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« Jusqu’à la garde » : un foyer réduit en cendres

Pour son premier long-métrage, Xavier Legrand montre la destruction d’une famille par l’un des siens.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 07h52
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 15h55
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
D’habitude, ce sont deux continents séparés : l’ima­ginaire, la réalité. Shining (puisque le film de Kubrick vient forcément à la mémoire quand on découvre Jusqu’à la garde) fait trembler, sans que l’on doute jamais que Jack et Wendy Torrance sont sortis de l’imagination de Stephen King, de la vision de Kubrick, du travail de Jack Nicholson et Shelley Duvall. Aussi bouleversé que l’on soit par leur sort, on situe clairement leur parcours sur les terres de l’imaginaire.
Xavier Legrand, qui signe ici un premier long-métrage hors du commun, jette les fondations de Jusqu’à la garde en édifiant avec un luxe infini de détails la plus ordinaire des situations : le règlement d’un divorce entre une femme et un homme. Une heure et demie plus tard, le film aura cheminé le long d’un mystérieux passage du Nord-Ouest, qui mène de la vie de tous les jours jusqu’aux figures les plus terrifiantes, les plus ­profondément ancrées dans nos mémoires et nos imaginations – du quotidien à la tragédie.

        Lire le portrait :
         

          Xavier Legrand, un tragédien derrière la caméra



Le premier acte (Xavier Legrand est aussi comédien au théâtre et le découpage de son récit garde la trace de cette expérience) de ­Jusqu’à la garde est confiné dans la salle de réunion d’un palais de justice. Il y a là un homme et cinq femmes. L’homme, Antoine Besson (Denis Ménochet) vient d’emménager dans la région pour se rapprocher de ses enfants. C’est ce qu’explique son avocate qui répond à sa consœur, représentante de Miriam Besson (Léa Drucker). Par sa voix, la mère fait valoir que Julien et Joséphine, le petit garçon et l’adolescente issus de cette union en ruine, ne veulent plus voir leur père.
Une part de dissimulation
La magistrate donne lecture de la déposition de Julien qui « n’a plus rien à dire » à son père, et la greffière consigne les propos de chacun. Tout est précis, convaincant, aussi bien la monopolisation de la parole par les professionnels de la justice que le silence tétanisé des ex-époux que ces derniers ne parviennent à briser que par quelques banalités (« Je veux que tout se passe bien »).
Il y a une part de dissimulation dans la façon dont le cinéaste expose la situation. Si bien qu’au sortir de l’audience, on peut hésiter sur la réalité du rapport de force. Denis Ménochet ne cache rien de la douleur qui travaille ce père ­rejeté par ses enfants, Léa Drucker pourrait être aussi bien indif­férente que terrorisée – elle est tendue par une volonté intérieure qui lui interdit de s’exprimer.
La juge accorde à Antoine le droit de visite dont son fils (sa fille sera bientôt majeure et libre de décider si elle voit son père ou non) ne veut pas. Thomas Gioria, qui incarne le petit Julien, oppose une opacité épuisante (tout, dans la façon dont l’enfant est dirigé, montre que la fréquentation de son père le force à puiser dans ses dernières forces) à la masse de ­Denis Ménochet.
La menace du père
Ces deux rencontres entre père et fils constituent la partie centrale du film. C’est là que Xavier ­Legrand opère avec autant d’habileté que de sensibilité le basculement qui force le regard du spectateur à faire le point sur ce qui se passe à l’écran. Les ambiguïtés que l’on pouvait discerner laissent place à des contours très nettement dessinés : comme dans les contes, comme dans les tragédies, il y a la maison et ceux qu’elle abrite, la femme et les enfants, et – au dehors – une menace qui se fait de plus en plus oppressante, l’homme qui ne veut pas renoncer à sa puissance.
Ce processus est un peu ralenti par une digression consacrée à ­Joséphine, la fille, qui veut à tout prix échapper à la cellule familiale, au risque de reconstruire le piège qui s’est refermé sur sa mère. C’est la seule occasion où Jusqu’à la garde perd son caractère d’épure.
Xavier Legrand a mis en scène l’aveuglement et ses conséquences
Au cours des deux moments que Julien et son père passent ensemble, l’enchaînement des présages de la catastrophe à venir se fait inexorable. Le dernier acte se joue autour de la fête d’anniversaire de Joséphine, une célébration entachée par la présence, à l’extérieur de la salle, de celui dont on ne peut plus ignorer la capacité de destruction. Le malaise du début, qui ressemblait à celui que l’on peut éprouver à observer la souffrance d’inconnus, s’est transformé en l’une des formes de terreur que peut produire le ­cinéma : celle qui fait espérer la déflagration – pour qu’on en finisse – tout en tremblant pour ceux et celles à qui la conduite du récit nous a attachés.
Cette habileté ne relève pas de la manipulation. Une seconde vision de Jusqu’à la garde (et le film en vaut vraiment la peine) révèle que, si l’on a été surpris, on n’aurait pas dû l’être. On voit alors les indices que – à l’instar de la magistrate du premier acte – l’on peut avoir négligés. On se rend compte alors que Xavier Legrand a mis en scène l’aveuglement et ses conséquences.

Film français de Xavier Legrand. Avec Léa Drucker, Denis Ménochet, Thomas Gioria, Mathilde Auneveux (1 h 30). Sur le Web : www.hautetcourt.com/film/fiche/309/jusqua-la-garde

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 7 février)
Jusqu’à la garde, film français de Xavier Legrand (à ne pas manquer)Atelier de conversation, documentaire autrichien, français et liechtensteinois de Bernhard Braunstein (à voir)Human Flow, documentaire allemand et américain d’Ai Weiwei (à voir)Le Voyage de Ricky, film d’animation allemand, belge, luxembourgeois et norvégien de Toby Genkel et Reza Memari (à voir)The Ride, documentaire français et américain de Stéphanie Gillard (à voir)Vivir y otras ficciones, film espagnol de Jo Sol (à voir)Cro Man, film d’animation britannique de Nick Park (pourquoi pas)England Is Mine. Steven Before Morrissey, film britannique de Mark Gill (pourquoi pas)Ni juge, ni soumise, documentaire français et belge de Jean Libon et Yves Hinant (pourquoi pas)Revenge, film français de Coralie Fargeat (pourquoi pas)Le Labyrinthe : Le Remède mortel, film américain de Wes Ball (on peut éviter)Stronger, film américain de David Gordon Green (on peut éviter)
Nous n’avons pas pu voir :
Agatha, ma voisine détective, film d’animation danois de Karla von BengtsonBrodre : Markus et Lukas, documentaire norvégien et français d’Aslaug HolmCinquante nuances plus claires, film américain de James FoleyLa Sculpture vivante, film français de Nguyen Tuong HungLe 15 h 17 pour Paris, film américain de Clint EastwoodRita & Crocodile, film d’animation danois et britannique de Siri MelchiorRosa & Darla, leur fabuleux voyage, film d’animation tchèque et français de Martin Duda, Natalia Chernysheva et Katerina Karhankova





                            


                        

                        


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Compte rendu

« Les Initiés », le film d’un double tabou en Afrique du Sud

La sortie du film de John Trengove, qui raconte une histoire charnelle entre deux adolescents dans un camp d’initiation xhosa, suscite un scandale en Afrique du Sud.

Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant régional)
    



LE MONDE
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        Le 06.02.2018 à 06h45

     •
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        Mis à jour le 06.02.2018 à 07h28






                        

Crédits : PYRAMIDE DISTRIBUTION


                    

LETTRE D’AFRIQUE
Dehors, le scandale gronde. A l’intérieur, dans la salle numéro 1 du Cinema Nouveau, à Johannesburg, l’un des rares cinémas sud-africains où se joue le film Inxeba (Wound, en anglais, Les Initiés, en français), on s’esclaffe sans retenue. Le comique de la situation ne crève pourtant pas les yeux. A l’écran, des scènes se déroulent dans un camp d’initiation pour adolescents. Des garçons du groupe xhosa se font circoncire, endurent des jours de douleur. Ils sortiront de ce camp avec le statut d’homme, et devront garder le secret sur cette période d’initiation. Or, deux des hommes qui veillent au bon déroulement des cérémonies ont un secret d’une tout autre nature. Ils font l’amour, et la caméra n’élude rien de l’âpreté de leur étreinte, violente et désespérée. Ils s’aiment, se cachent, vont être surpris. Il y a de la méchanceté, du désir et plusieurs formes de souffrance dans Inxeba.

Dans un climat de vérité crue, le film se saisit de deux tabous – les rites traditionnels, l’homosexualité –, et les met en action comme des lames d’une cisaille. Attention, il va y avoir des blessures, et aussi pas mal de malentendus. Dernier détail, le réalisateur, John Trengove, se trouve être blanc. Avec tout cela, l’Afrique du Sud s’est fait une opinion tranchée sur Inxeba avant même de l’avoir vu, lui reprochant, par-dessus tout, sa façon de dire sans détour ce qui est, par définition, tu.

Après avoir rencontré un beau succès dans les festivals à l’étranger (une quinzaine de récompenses diverses), avoir frôlé la sélection finale aux Oscars dans la catégorie du meilleur film étranger, Inxeba est sorti de sa boîte à fantasmes dans le pays le mieux placé pour comprendre, ou ne rien comprendre, au film. En Afrique du Sud, vendredi 2 février, on aurait dit qu’un seau de nitroglycérine venait d’être posé au milieu du pays, menaçant de sauter au premier faux mouvement. En...



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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ Agé de 38 ans, le réalisateur de « Jusqu’à la garde » s’est formé sur les scènes de théâtre. Il sort son premier long-métrage, déjà primé à la Mostra de Venise.
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/02/2018
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« Jusqu’à la garde » : Xavier Legrand, un tragédien derrière la caméra

Agé de 38 ans, le réalisateur de « Jusqu’à la garde » s’est formé sur les scènes de théâtre. Il sort son premier long-métrage, déjà primé à la Mostra de Venise.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 09h57
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

A la Mostra de Venise, quand Benoît Jacquot lui a remis, en septembre 2017, le Prix du meilleur premier film, sa lèvre a tremblé. Mais quand, ensuite, ­Annette Bening lui a tendu le Lion d’argent du meilleur réalisateur et qu’il a vu son jeune acteur, ­Thomas Gioria, 14 ans, pleurer dans la salle, les larmes de Xavier Legrand ont débordé. Prix du ­public à San Sebastian, à Angers… Son long-métrage, Jusqu’à la garde, est en train de suivre le même parcours incroyable que son unique essai précédent, un court-métrage de vingt-deux minutes, Avant que de tout perdre, qui, en 2014, avait raflé les prix, dont le César du court-métrage, jusqu’à être nommé aux Oscars…

Xavier Legrand. Yeux marron, barbe bien taillée, petit blouson, 38 ans. Comédien de théâtre. « J’ai toujours été passionné par les tragédies, raconte-t-il. Entre deux spectacles dans les villes où je tournais, quand tu te retrouves le soir seul dans des chambres d’hôtel… J’ai eu envie d’écrire pour le théâtre. Les Atrides, Médée, les liens du sang, les drames de famille… l’équivalent contemporain de la tragédie, aujourd’hui, c’est la violence conjugale. Ce faisant, j’ai réalisé que mon écriture était liée à l’image. D’où l’idée d’un film. Aujourd’hui, cela fait dix ans que j’ai commencé à travailler dessus. C’était en 2008. »
« Etre un miroir, un vecteur »
Le long-métrage est la suite du court : thriller sobre et terrifiant sur les violences faites aux femmes, qui résonne avec l’actualité. Et, au milieu de tout ça, un gamin pris en otage. « Une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint en France », dit le cinéaste, qui a pris le temps d’enquêter, de rencontrer des ­victimes et des bourreaux, des sociologues et des juges, de passer des nuits avec la police.
« Or le pouvoir, la vengeance, l’honneur, l’idée qu’il est préférable que la mort nous sépare plutôt que, toi, tu t’en...




                        

                        

