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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Le Collège des directeurs de développement durable (C3D) propose, dans une tribune au « Monde », l’inclusion dans la loi de la reconnaissance et de l’encouragement de la contribution des entreprises à l’intérêt général.
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« Quelles sont les nouvelles lignes de partage entre acteurs publics et acteurs privés ? »

Le Collège des directeurs de développement durable (C3D) propose, dans une tribune au « Monde », l’inclusion dans la loi de la reconnaissance et de l’encouragement de la contribution des entreprises à l’intérêt général.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 18h00
    |

Fabrice Bonnifet (Président du Collège des directeurs du développement durable/C3D) et Hélène Valade (Vice-présidente du C3D)







                        



                                


                            

Tribune. Au cours des quinze dernières années, le concept de responsabilité sociale et environnementale des entreprises (RSE) a généré une transformation sans précédent des entreprises dans leur contribution aux grands enjeux du monde contemporain. Nombre de directions générales se sont en effet dotées de Comités de parties prenantes ou ont organisé leur consultation régulière, tandis que la prise en compte des dimensions environnementales, sociales et éthiques dans les processus de conception, de fabrication et de commercialisation se sont considérablement développées.
Une évolution, fruit d’une alchimie heureuse entre démarches volontaires et imposées
Résultat : l’émergence d’une entreprise plus ouverte et contributive aux défis d’intérêt général que sont le changement climatique, la raréfaction des ressources, la montée du chômage, la fracture territoriale et les inégalités. Cette évolution n’est pas simplement discrétionnaire : elle est le fruit d’une alchimie heureuse entre démarches volontaires et imposées et se met en œuvre dans le cadre d’un corpus réglementaire dont on peut critiquer l’hétérogénéité mais qui existe bel et bien (égalité entre les sexes, stratégie bas carbone, devoir de vigilance, respect des droits humains fondamentaux, etc.).

Les entreprises n’ont donc pas attendu le débat généré par le Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte) pour comprendre qu’elles n’étaient pas simplement sur un marché financier privilégiant le court terme, mais également en société, et qu’à ce titre, elles devaient proposer les solutions d’un développement et d’une création de valeur durables.
Ce qui d’ailleurs a permis à certaines d’entre elles de transformer structurellement leurs modèles économiques et d’innover pour répondre aux nouveaux besoins, et aux PME de renforcer leur empreinte territoriale. Les exemples de solutions et de bonnes pratiques qui contribuent au bien commun...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ RÉSONANCE. Alors que certaines écoles publiques catalanes ont proscrit les livres en castillan, l’historienne Valérie Théis rappelle que c’est grâce à ses riches bibliothèques que la région a rayonné au Moyen-Age.
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C’est ainsi que la Catalogne fut grande

RÉSONANCE. Alors que certaines écoles publiques catalanes ont proscrit les livres en castillan, l’historienne Valérie Théis rappelle que c’est grâce à ses riches bibliothèques que la région a rayonné au Moyen-Age.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 16h53
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 16h57
   





                        



                                


                            
Par Valérie Theis, historienne
Ne pas avoir vécu au Moyen Age est plutôt une chance. Pourtant, le quotidien nous donne régulièrement l’occasion d’observer des ­comportements relevant d’une fermeture d’esprit qui aurait été impensable à cette époque. Dans un article du Monde daté du 24 octobre 2017, on apprenait ainsi que certaines écoles publiques catalanes ne proposaient plus aucun livre en castillan dans les rayons de leurs ­bibliothèques. A cette lecture, je ne pus m’empêcher de penser à la bibliothèque de l’abbaye catalane de Ripoll qui, au Xe siècle, avait attiré Gerbert, moine de l’abbaye Saint-Géraud d’Aurillac.
Repéré par son abbé comme l’un de ses plus brillants ­élèves dans le domaine des lettres, Gerbert souhaitait poursuivre son apprentissage dans celui des sciences, mais la bibliothèque de son abbaye ne le permettait pas. Profitant du pèlerinage du comte de Barcelone, Borrell, à Aurillac, en 967, l’abbé Adralde demanda à ce dernier d’emmener le jeune moine avec lui en Catalogne : ­il existait en effet, à Ripoll, une bibliothèque à même de répondre à ses besoins.
Ce n’était pas la taille de cette bibliothèque – elle ne ­comptait alors qu’une centaine d’ouvrages – qui la ­distinguait des autres, mais la richesse de son fonds. Elle était à la fois un conservatoire de la culture classique et le lieu où l’on pouvait accéder à des ouvrages scienti­fiques ­venus ­d’Al-Andalus, ainsi qu’à leur traduction ­en latin pour ceux qui, comme Gerbert, ne savaient pas l’arabe. Quelques ­années plus tard, en 971, Gerbert fut invité à sa cour par l’empereur Otton Ier pour y ­enseigner les mathématiques et l’astronomie, dont il était devenu un des meilleurs ­connaisseurs de son temps. En 999, ce brillant scienti­fique devint pape sous le nom de Sylvestre II, à l’initiative du roi Otton III, dont il avait été le maître.
Nouveaux manuscrits
L’histoire de Gerbert rappelle ainsi qu’il fut un temps où la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Le testament de Michel Foucault dit  : « Pas de publication posthume. » Voici comment le dernier tome d’« Histoire de la sexualité » a malgré tout vu le jour.
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Des « Aveux de la chair » obtenus à force de patience

Le testament de Michel Foucault dit  : « Pas de publication posthume. » Voici comment le dernier tome d’« Histoire de la sexualité » a malgré tout vu le jour.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 16h09
    |

                            Florent Georgesco et 
                            Marianne Dautrey








                        



                                


                            


Le public s’est pressé en masse, jeudi 1er février, à l’auditorium de la galerie Colbert (Institut national d’histoire de l’art), pour assister à la séance inaugurale du colloque organisé par la Bibliothèque nationale « Foucault, les Pères et le sexe ». Sur la tribune, les visages sont graves, le ton solennel. Ce sérieux est certainement la trace résiduelle d’une hésitation. Un nouveau livre de Michel Foucault paraît. Quel ton adopter pour être à la mesure de l’événement ? « La qualité extrême, géniale des analyses historiques de Foucault lui vaut de passer à la postérité. C’est ce passage auquel nous assistons actuellement. Ne ferions-nous que parcourir la presse hebdomadaire feutrée, elle parle de Foucault comme d’un auteur classique », écrit l’historien de l’Antiquité Paul Veyne, l’absent que tout le monde attendait. Il n’a pu que laisser une lettre, un commentaire de ce à quoi tout le monde assiste effectivement, ce soir-là.
Que la publication des Aveux de la chair fasse date, personne n’en doute. Pour autant, certains, dans le monde intellectuel, s’interrogent sur sa légitimité. Car Michel Foucault a été limpide dans son testament : « Pas de publication posthume. » « Ne me faites pas le coup de Max Brod avec Kafka », répétait-il à ses proches, analogie qui, il est vrai, compliquait un peu la question par avance : comment donner tort à Max Brod d’avoir trahi la volonté de son ami, dont nous ne connaîtrions sans cela ni L’Amérique, ni Le Procès, ni Le Château ? Toute la question est en somme de savoir si, parmi les inédits de Foucault, se trouvait un texte important, dont l’omission aurait été injuste envers le public, à défaut de l’être envers la personne de Foucault. Et tel semble être le cas, selon les protagonistes de son exhumation, avec Les Aveux de la chair.
Difficultés et rebondissements
Ainsi l’historien et éditeur Pierre Nora, qui a édité chez Gallimard...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ A sa mort, en 1984, le philosophe avait laissé inachevé « Les Aveux de la chair », centré sur la façon dont saint Augustin et les autres Pères de l’Eglise concevaient le désir. Il paraît aujourd’hui.
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Un livre inédit de Michel Foucault fait la généalogie de la libido

A sa mort, en 1984, le philosophe avait laissé inachevé « Les Aveux de la chair », centré sur la façon dont saint Augustin et les autres Pères de l’Eglise concevaient le désir. Il paraît aujourd’hui.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 16h13
    |

                            Elisabeth Roudinesco (Historienne et collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Les Aveux de la chair. Histoire de la sexualité 4, de Michel Foucault, édité par Frédéric Gros, Gallimard, « Bibliothèque des histoires », 426 p., 24 €.

Lorsque, en 1976, Michel Foucault publie le premier tome de son Histoire de la sexualité (La Volonté de savoir, Gallimard), qui se présente comme une étude générale des techniques politiques de contrôle et de normalisation de la vie, il annonce la mise en chantier de cinq autres volumes : La Chair et le Corps ; La Croisade des enfants ; La Femme, la mère et l’hystérique ; Les Pervers ; Population et race. Les thèmes en seront repris dans son cours au Collège de France, mais aucun ne paraîtra.
S’agissant de son œuvre écrite, il a entre-temps quitté sa réflexion initiale, dite « archéologique », centrée sur le XIXe siècle, pour s’intéresser aux maîtres de l’Antiquité grecque et latine – Platon, Epicure, Epictète, Sénèque, etc. – et à la manière dont ils pensent la sexualité comme expérience de subjectivation fondée sur la maîtrise des aphrodisia (« plaisirs ») et sur la nécessité de la ­parrêsia (« courage de dire des vérités qui dérangent »).
Ayant déjà critiqué l’« hypothèse répressive », selon laquelle le désir aurait été réprimé par la société bourgeoise, Foucault choisit de montrer, selon une perspective désormais « généalogique », comment se développe, chez les maîtres gréco-latins, puis dans le christianisme primitif, une technique de vie qui permet à la fois de dire et de contrôler les pratiques du sexe. Deux volumes paraissent au printemps 1984 (L’Usage des plaisirs et Le Souci de soi), tandis que le dernier (Les Aveux de la chair) demeure inachevé. Michel Foucault meurt le 25 juin 1984, à l’âge de 57 ans.
Le feu du désir
C’est ce quatrième volume qui est publié aujourd’hui, magnifiquement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Spécialiste d’Augustin, Jérôme Lagouanère examine les apports, et les limites, des « Aveux de la chair », à l’aune des connaissances actuelles.
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Foucault disputant avec les Pères de l’Eglise

Spécialiste d’Augustin, Jérôme Lagouanère examine les apports, et les limites, des « Aveux de la chair », à l’aune des connaissances actuelles.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 17h19
    |

                            Jérôme Lagouanère (Membre de l’Institut d’études augustiniennes (CNRS-EPHE)








                        



                                


                            

L’attrait majeur des Aveux de la chair, au-delà de la description du rapport des premiers chrétiens à la sexualité, réside dans la dé­couverte d’un Foucault patrologue – le terme consacré pour désigner les spécialistes des théo­logiens des origines, les Pères de l’Eglise –, qui commente Clément ­d’Alexandrie, Jean Chrysostome, Augustin ou Jean Cassien, en s’appuyant surune connaissance solide des travaux critiques disponibles à son époque.

Il déploie en outre, le plus souvent, une lecture fine des textes, qui représente encore, près de quarante ans plus tard, un apport à ce champ de recherche.Sur la virginité, par exemple, dont il note que, pour les premiers chrétiens, elle « n’est pas simplement (…) une renonciation à l’autre sexe », mais « une remontée, au-delà de cette différenciation (…), vers une unité divine ». Ou sur la conception augustinienne du sujet humain, perçu, fondamentalement, comme un « sujet de désir », comme il le souligne. Il montre que, chez Augustin, la sexualité n’est plus seulement pensée en termes de vice ou de vertu, d’excès ou de tempérance, mais dans un positionnement du sujet par rapport à sa propre existence.
L’épaisseur historique effacée
Le propos de Foucault mérite cependant d’être nuancé, eu égard, non seulement aux connaissances actuelles (pensons au corpus augustinien, qui s’est accru depuis les années 1980, avec la découverte de lettres et de ­sermons inédits), mais aussi à ses présupposés méthodologiques. L’entreprise généalogique de Foucault tend, paradoxalement, à effacer l’épaisseur historique. L’ouvrage laisse ainsi de côté l’étude des jeux d’influence entre interdits juifs et interdits chrétiens, ou entre gnosticisme et christianisme. Il néglige aussi la vision millénariste du temps historique qui prévalait chez les premiers chrétiens – chaque génération étant convaincue de connaître la fin des temps. Or ce facteur paraît expliquer le développement des pratiques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Automatiser les paiements reviendrait, pour les universitaires Françoise Carré et Chris Tilly dans une tribune au « Monde », à reporter sur le client nombre de tâches effectuées, dans les magasins américains, par le personnel de caisse.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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« Une automatisation des paiements reporterait sur les clients toutes les tâches effectuées par les caissières »

Automatiser les paiements reviendrait, pour les universitaires Françoise Carré et Chris Tilly dans une tribune au « Monde », à reporter sur le client nombre de tâches effectuées, dans les magasins américains, par le personnel de caisse.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 15h00
    |

Françoise Carré (Professeure à l’université du Massachusetts, à Boston) et Chris Tilly (Professeur à l’université de Californie, à Los Angeles)







                        



                                


                            

Tribune. Après l’achat par Amazon de la chaîne haut de gamme Whole Foods Market aux Etats-Unis, l’annonce, le 22 janvier, de l’ouverture du premier supermarché Amazon avec encaissement automatisé à Seattle, dans l’Etat de Washington, interpelle les professionnels de la grande distribution. Ce modèle du supermarché « sans caisses » présente en effet a priori l’avantage pour les consommateurs d’éviter de faire la queue, et pour les entreprises d’économiser des coûts de main-d’œuvre. Mais quelles seraient les conséquences réelles dans les magasins où les aliments frais constituent l’attrait de la formule et le facteur de différenciation de chaque enseigne ?
Un usage intensif d’une main-d’œuvre à bas coût permet aux magasins de fonctionner sept jours sur sept et presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre
Aux Etats-Unis, les emplois de base des super et hypermarchés sont mal payés (le salaire horaire n’atteignait que 68 % de la moyenne nationale en 2017) et sont très rarement couverts par une convention collective. L’embauche se fait à temps partiel, un statut dénué de droits sociaux tels que l’assurance médicale, les congés maladie ou les jours fériés payés. De plus, ce temps n’a de « partiel » que le nom : il correspond en fait à des horaires garantis (quinze heures par semaine) auxquels s’ajoutent des heures complémentaires variables d’une semaine à l’autre (jusqu’à quarante heures par semaine), qui ne peuvent ni être refusées ni permettre d’accéder au statut de temps plein.
Les magasins emploient ainsi de nombreux adolescents (« teenagers ») mais aussi des personnels qui espèrent pouvoir faire carrière dans le secteur. Un usage intensif de cette main-d’œuvre à bas coût permet aux magasins de fonctionner sept jours sur sept et presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Dans ce cadre, automatiser la surveillance des étals et leur restockage est sans doute attrayant pour les magasins, surtout...




                        

                        


<article-nb="2018/02/07/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de signataires, parmi lesquelles la députée (LRM) Paula Forteza, explique que ne regarder les données qu’au simple prisme économique, c’est oublier qu’elles sont d’abord le fruit de nos interactions avec des services, avec des objets connectés et de nos sociabilités liées à nos échanges.
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« Les internautes réclament un usage moins opaque et une maîtrise de leurs données personnelles »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de signataires, parmi lesquelles la députée (LRM) Paula Forteza, explique que ne regarder les données qu’au simple prisme économique, c’est oublier qu’elles sont d’abord le fruit de nos interactions avec des services, avec des objets connectés et de nos sociabilités liées à nos échanges.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 14h12
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 16h14
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Par Judith Rochfeld (Professeur à Paris-I), Joëlle Farchy (Professeur à Paris-I), Paula Forteza (Députée LRM, rapporteure pour la commission des lois sur le projet de loi sur la protection des données personnelles) et Valérie Peugeot (Chercheuse et présidente de l’association Vecam)

Tribune. Sur la base du constat largement partagé de l’importance des données personnelles dans une économie numérique en pleine transformation, l’idée, ancienne, d’un droit de propriété accordé aux individus a fait récemment l’objet d’un regain d’attention médiatique.
Cette proposition qui affiche pour ambition de donner à l’internaute un pouvoir de négociation face aux géants du numérique ne résout en réalité aucun des problèmes posés. Au moment où se débat à l’Assemblée nationale le projet de loi sur la protection des données personnelles, ne tombons pas dans le piège des fausses bonnes idées.
Propriété de personne
Aujourd’hui, ces données ne sont la propriété de personne, ce qui autorise leur collecte et leur traitement sous réserve du respect du droit des individus. Dans l’hypothèse de l’instauration de droits de propriété, la question de savoir qui serait titulaire de droits est loin d’être simple.
Qui serait propriétaire de mes « likes » sur le mur de mes amis sur Facebook, eux ou moi ? Qui serait propriétaire des données de mon tensiomètre connecté prescrit par mon médecin ? Ce dernier, le fabricant du tensiomètre, moi en tant que patient, le Conservatoire national des arts et métiers ou encore la recherche médicale publique ?

Du point de vue de l’analyse économique, quel que soit le titulaire initial de ce droit, dans la mesure où des transactions seraient possibles, le marché permettrait de les attribuer in fine aux agents économiques les mieux à mêmes d’en tirer profit.
Dans le cas des données personnelles, le droit de propriété bénéficierait alors aux organisations qui sont...




                        

                        


<article-nb="2018/02/07/19-8">
<filnamedate="20180207"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180207"><AAMMJJHH="2018020719">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. Le déficit commercial s’est creusé pour atteindre 62,3 milliards d’euros en 2017 en raison du taux de pénétration des produits étrangers dans l’Hexagone et de la faiblesse de l’appareil productif.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Commerce extérieur : la France n’est toujours pas de retour

Editorial. Le déficit commercial s’est creusé pour atteindre 62,3 milliards d’euros en 2017 en raison du taux de pénétration des produits étrangers dans l’Hexagone et de la faiblesse de l’appareil productif.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 14h02
   





                        


Editorial du « Monde ». Alors que beaucoup d’indicateurs de l’économie française passent au vert, il y en a au moins un qui reste désespérément au rouge : le commerce extérieur. Avec une belle régularité, la France aligne les déficits de sa balance commerciale. En 2017, le déséquilibre a atteint 62,3 milliards d’euros. Pour la quatorzième année d’affilée, la France achète (beaucoup) plus à l’étranger qu’elle n’y vend ses produits.
Pour retrouver un tel chiffre, il faut remonter à 2012, première année du quinquennat de François Hollande. Si Emmanuel Macron récolte dans d’autres domaines ce que son prédécesseur a semé, au contraire, en matière de commerce extérieur, les faits sont têtus. La situation s’est même aggravée sur les douze derniers mois, ce qui nous a coûté environ un demi-point de croissance, soit, grosso modo, ce qu’il nous manque pour progresser au même rythme que le reste de la zone euro.

        L’éclairage :
         

          Pourquoi la France creuse encore un peu plus son déficit commercial



Le décrochage est un phénomène de long terme, qui résulte d’un double mouvement. Sur le plan intérieur, les produits étrangers ne cessent de gagner du terrain. Leur taux de pénétration, qui n’était que de 19 % il y a quinze ans, dépasse désormais les 25 %.
Sur le plan extérieur, la situation est tout aussi critique. Nos exportations progressent deux fois moins vite que la demande mondiale sur les produits que la France est susceptible de vendre. Depuis 2003, celle-ci a doublé, alors que les premières n’ont augmenté que de 50 %. L’argument consistant à faire de l’euro le responsable de la situation ne tient pas : les autres pays de la zone euro ont globalement maintenu leurs performances à l’exportation.
Les secteurs d’excellence se réduisent comme peau de chagrin
Les faiblesses de l’appareil productif français relèvent de l’évidence. Quand l’Allemagne, qui a dégagé de nouveaux excédents record en 2017, est capable d’aligner plus de 331 000 entreprises exportatrices, la France n’en compte qu’un peu plus de 124 000. Même l’Espagne et l’Italie font mieux.

        Lire aussi :
         

                En Allemagne, la fierté des excédents record a fait place au doute



Et nos secteurs d’excellence se réduisent comme peau de chagrin. La force de frappe exportatrice ne repose plus que sur trois piliers : aéronautique, boissons et luxe. L’extrême dépendance de notre commerce extérieur au carnet de commandes d’Airbus constitue une faiblesse inquiétante. La France est désormais en déficit avec plus d’un partenaire commercial sur deux.
La situation résulte globalement d’une mauvaise adaptation de notre appareil productif à la demande. La France paye à la fois les effets de sa désindustrialisation et le retard pris dans la modernisation de ses usines, illustré par un taux de robotisation faible. Elle souffre aussi d’un handicap de compétitivité-coût par rapport à des pays ayant un niveau de gamme similaire comme l’Espagne. Se pose enfin un problème d’amélioration de la compétence de la population active, qui ralentit le processus de montée en gamme de la production, indispensable à la différenciation sur des marchés de plus en plus compétitifs.
Notre déficit extérieur n’a rien d’inéluctable. On a tendance à l’oublier, mais, entre 1980 et 1991, la balance commerciale de la France était structurellement déficitaire avant que le mouvement ne s’inverse au cours de la décennie suivante. Toutefois, la reconquête est œuvre de longue haleine. Elle nécessite constance et opiniâtreté pour ajuster la pertinence et la compétitivité de notre production. « France is back », a proclamé Emmanuel Macron au Forum économique de Davos. Mais il faudra plus que des slogans pour que la France soit vraiment de retour dans le commerce mondial.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Le concept Amazon Go doit être l’occasion de repenser la pénibilité du travail dans la grande distribution et d’envisager autrement qu’en termes de réduction d’effectifs les effets de la révolution numérique, pour l’universitaire Sophie Prunier-Poulmaire, dans une tribune au « Monde ».
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« En identifiant ce qui nous différencie du robot, on est plus que jamais conduit à miser sur le capital humain »

Le concept Amazon Go doit être l’occasion de repenser la pénibilité du travail dans la grande distribution et d’envisager autrement qu’en termes de réduction d’effectifs les effets de la révolution numérique, pour l’universitaire Sophie Prunier-Poulmaire, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    07.02.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 17h33
    |

Sophie Prunier-Poulmaire (Vice-présidente de l’université Paris-X Nanterre, chargée de l’insertion professionnelle des étudiants et des relations a...







                        



                                


                            

Tribune. Lundi 22 janvier, Amazon a ouvert à Seattle (Etat de Washington) son nouveau concept de magasin, Amazon Go, un supermarché « intelligent », entièrement numérique, où les clients font leurs courses et repartent sans passer en caisse. Quelques heures plus tôt, le président de Carrefour, Alexandre Bompard, annonçait la suppression de 2 400 emplois et l’objectif d’investir sur cinq ans 2,8 milliards d’euros dans le numérique.
Ces deux informations délivrées à quelques heures d’intervalle annoncent vraisemblablement l’avènement d’une profonde révolution dans l’univers de la grande distribution. Une mutation s’est amorcée et suscite chez beaucoup d’entre nous des sentiments ambivalents. Comme client, nous nous réjouissons de la disparition des files d’attente ; comme citoyen, nous ne pouvons que nous inquiéter des prémices de la disparition annoncée des caissières et caissiers et de ses conséquences sur l’emploi.

La grande distribution, comme bien d’autres secteurs, est à la recherche de gains de productivité. Les innovations technologiques des trente dernières années l’y ont aidé, de l’implantation de scanners au poste de caisse jusqu’aux chariots connectés. Mais ces avancées technologiques se sont majoritairement accompagnées d’une diminution des effectifs du personnel de caisse qui représente, à lui seul, un quart des frais de personnel d’un magasin.
Une question de temps
Nous venons de franchir un pas de plus avec Amazon Go, et ce nouveau concept paraît plus que les autres pouvoir signer la disparition de ces emplois. Cette première tentative menée dans un point de vente proposant un nombre réduit d’articles pourrait être déployée en hypermarché. Question de temps.
Néanmoins, faut-il déplorer la disparition de tâches pénibles, mal rémunérées, induisant une multitude de gestes répétitifs sous contrainte de temps, sources de troubles musculo-squelettiques et de risques psychosociaux, ­engendrant de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Les publicitaires Julien Carette et Benoît Lozé affirment, dans une tribune au « Monde », que l’opinion reconnaît désormais la légitimité des grandes entreprises, devenues des superpuissances, à entrer en politique.
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« Une nouvelle concurrence s’ouvre entre professionnels de la politique et patrons engagés »

Les publicitaires Julien Carette et Benoît Lozé affirment, dans une tribune au « Monde », que l’opinion reconnaît désormais la légitimité des grandes entreprises, devenues des superpuissances, à entrer en politique.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 10h48
    |

Julien Carette (PDG de Havas Paris) et Benoît Lozé (Directeur du planning stratégique de Havas Paris)







                        



                                


                            

Tribune. Pour 60 % des Français, « les entreprises ont aujourd’hui un rôle plus important que les gouvernements dans la création d’un avenir meilleur ». C’est une bascule, un moment charnière : pour transformer la société, la confiance a changé de camp. Les Français, jusqu’ici méfiants vis-à-vis de l’entreprise, de ses performances et de ses intentions, se disent prêts aujourd’hui à lui confier une part de leur destin collectif (Etude Havas/Market Probe CAWI, février 2017). 
D’abord par déception vis-à-vis d’un monde politique qui, à leurs yeux, a doublement failli. 65 % des Français affirment que « les Etats et les gouvernements ont de moins en moins de pouvoir pour changer les choses. » Et 74 % que « les hommes et femmes politiques n’ont plus de projet de société » (Etude CSA pour Havas Paris, janvier 2018).
Par pragmatisme ensuite. Face au spectacle quotidien d’entreprises-superpuissances qui n’ont jamais disposé d’autant de pouvoirs humains, technologiques et financiers, les Français sont désormais convaincus que de ce grand pouvoir doivent émerger de grandes responsabilités. Quitte à accepter qu’une entreprise soit en même temps le lieu de la performance économique et de l’engagement sociétal, si c’est la condition sine qua non du progrès collectif.
Repenser la contribution à la société
Ainsi, 86 % des Français déclarent « qu’une entreprise peut tout à fait se comporter de manière très responsable et éthique et cependant gagner beaucoup d’argent. ». Une petite révolution idéologique donc. Le leitmotiv des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) – « making good while make money » (« faire le bien tout en gagnant de l’argent ») – devient acceptable pour une majorité de nos concitoyens.
Nous entrons ainsi dans une ère post-« responsabilité sociale et environnementale » (RSE). Le sujet pour les entreprises n’est plus seulement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Alors que la Cour des comptes publie son rapport annuel mercredi, son premier président appelle l’Etat à faire des choix dans ses missions pour davantage réduire son déficit.
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Didier Migaud : « Les phases de croissance ne dispensent pas d’efforts sur la dépense »

Alors que la Cour des comptes publie son rapport annuel mercredi, son premier président appelle l’Etat à faire des choix dans ses missions pour davantage réduire son déficit.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 10h28
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 12h38
    |

            Audrey Tonnelier et 
Patrick Roger








                        



                                


                            
Dans son rapport public annuel, publié mercredi 7 février, la Cour des Comptes livre son diagnostic sur la situation des finances publiques tricolores, et passe au crible un certain nombre de politiques publiques.
Son premier président, Didier Migaud, rappelle au Monde la nécessité de continuer à réduire le déficit, et appelle l’Etat à faire des choix dans ses missions de service public, quelques jours après l’annonce du grand plan de réforme touchant les fonctionnaires.
En matière de maîtrise des finances publiques, quel bilan tirez-vous du début de mandat d’Emmanuel Macron ?
Pour 2017, les éléments dont nous disposons confirment le diagnostic formulé au moment de l’audit remis fin juin au premier ministre. Cet audit avait mis en évidence des risques forts de dépassement des dépenses affectant la sincérité de la loi de finances pour 2017. L’accélération de la croissance a généré des ressources supplémentaires qui ont contribué à compenser cette sous-estimation.
Le déficit devrait être in fine proche de celui prévu par le gouvernement précédent [2,9 % au lieu de 2,7 % prévu par la loi de finances initiale 2017], mais ce ne sera pas du tout avec le même contenu. Il y a eu plus de recettes grâce à la croissance et, simultanément, plus de dépenses du fait des sous-budgétisations, en dépit des annulations de crédits et de mesures d’économies ciblées décidées à l’été [baisses des APL, diminution des contrats aidés].
En 2018, la France devrait pouvoir sortir de la procédure de déficit excessif, tout en restant proche des 3 % de déficit. La dépense devrait continuer de croître, à un rythme plus ralenti (+ 0,6 %) mais néanmoins pas assuré. L’amélioration de la conjoncture ne doit pas avoir un effet anesthésiant. Si la croissance réduit mécaniquement le déficit, elle ne règle pas la question de la maîtrise des dépenses et de leur efficacité.
Sur quels postes reposera le ralentissement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les chercheurs Thomas Andrillon et Jérôme Sackur rappellent que les sciences cognitives restent avant tout les héritières de plusieurs siècles de réflexion sur le fonctionnement de l’esprit.
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« Il n’y a pas eu de big bang cognitif »

Dans une tribune au « Monde », les chercheurs Thomas Andrillon et Jérôme Sackur rappellent que les sciences cognitives restent avant tout les héritières de plusieurs siècles de réflexion sur le fonctionnement de l’esprit.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 06h48
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 11h47
    |

Thomas Andrillon (Docteur en neurosciences cognitives) et Jérôme Sackur (Philosophe, psychologue et professeur des universités)







                        



                                


                            
[Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a porté en début d’année sur les fonts baptismaux un nouvel organisme : le conseil scientifique de l’éducation nationale, dont il a confié la présidence à Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive au Collège de France. Objectif de ce scientifique : « Tenter de dégager des facteurs qui ont prouvé leur effet bénéfique sur l’apprentissage des enfants. » Même si les chercheurs en sciences cognitives n’occupent que six des vingt et un sièges dudit conseil, cette nouvelle orientation du ministère de l’éducation nationale suscite de vives polémiques. Tant les syndicats que des chercheurs renommés craignent que les sciences cognitives prennent le pas sur les sciences de l’éducation. Pour eux, enseigner est un art et non une science. De plus, les sciences cognitives sous-estimeraient l’influence de l’environnement social de l’élève dans ses performances. Au contraire, les partisans des neurosciences affirment que leurs thèses sont trop souvent caricaturées et qu’ils sont tout à fait conscients de cette influence.]
Tribune. Les sciences cognitives semblent aujourd’hui triomphantes. La nomination du conseil scientifique de l’éducation nationale, présidé par le cognitiviste Stanislas Dehaene, apparaît comme une nouvelle démonstration de leur omniprésence. Mais à mesure qu’elles s’étendent, elles inquiètent. Le SNUIPP [Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC], appuyé par une cinquantaine de personnalités, appelle le gouvernement à une plus grande diversité des approches pour guider les politiques éducatives. Ces craintes sont-elles fondées ? Les sciences cognitives sont-elles porteuses, comme il leur est souvent reproché, d’un réductionnisme annihilant l’individu et son contexte pour le remplacer par des « cerveaux de laboratoire » ?
Malgré ses airs de grande nouveauté, il n’y a pas eu de big bang cognitif. Les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Olivier Houdé, professeur de psychologie du développement, estime que le cerveau était jusqu’ici l’« angle mort » de l’éducation nationale.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/02/2018
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Olivier Houdé : « Les neurosciences, une révolution de l’éducation »

Dans une tribune au « Monde », Olivier Houdé, professeur de psychologie du développement, estime que le cerveau était jusqu’ici l’« angle mort » de l’éducation nationale.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 11h25
    |

Olivier Houdé (Ancien instituteur, professeur de psychologie du développement)







                        



                                


                            

[Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a porté en début d’année sur les fonts baptismaux un nouvel organisme : le conseil scientifique de l’éducation nationale, dont il a confié la présidence à Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive au Collège de France. Objectif de ce scientifique : « Tenter de dégager des facteurs qui ont prouvé leur effet bénéfique sur l’apprentissage des enfants ». Même si les chercheurs en sciences cognitives n’occupent que six des vingt et un sièges dudit conseil, cette nouvelle orientation du ministère de l’éducation nationale suscite de vives polémiques.] 
Tribune. Au début du XXe siècle, le courant de l’éducation nouvelle a réuni des médecins, psychologues et pédagogues passionnés – Maria Montessori en Italie, Célestin Freinet en France, Ovide Decroly en Belgique –, auprès d’enfants en grande difficulté, puis de tous les enfants. A la demande du gouvernement français, un psychologue parisien, Alfred Binet, s’est aussi intéressé il y a plus d’un siècle aux questions scolaires par le biais des différences interindividuelles d’intelligence et d’attention chez les enfants, à l’origine du quotient intellectuel (QI).

Ensuite, durant le XXe siècle, le Suisse Jean Piaget a exploré les stades du développement de l’intelligence des enfants comme forme optimale de l’adaptation biologique, disait-il, étant convaincu de l’ancrage cérébral des opérations logico-mathématiques (nombre, catégorisation, raisonnement) de l’enfant, de l’adolescent et de l’adulte. Il lui manquait toutefois, à l’époque, le moyen technologique de l’observer in vivo : l’imagerie cérébrale. Il s’est donc limité, expérimentalement, à déduire les mécanismes psychologiques des opérations logico-mathématiques à partir de l’observation fine des comportements : actions et réponses verbales des enfants.
Recherche avec des enfants volontaires
Aujourd’hui, avec les progrès...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Plus encore que la Russie, c’est la stratégie d’influence de la Chine et ses velléités de se présenter en modèle alternatif qui inquiètent les gouvernements occidentaux, relève Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/02/2018
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« La Chine avance ses pions de manière beaucoup moins bénigne qu’elle ne voudrait le faire croire »

Plus encore que la Russie, c’est la stratégie d’influence de la Chine et ses velléités de se présenter en modèle alternatif qui inquiètent les gouvernements occidentaux, relève Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    07.02.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 10h17
    |

            Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            
Chronique. Vous avez aimé le péril russe ? Vous allez adorer la menace chinoise. C’est la dominante de ce début d’année 2018, dans les cercles occidentaux où l’on observe à la loupe l’évolution des relations internationales : face aux Etats-Unis secoués par le trumpisme, à l’Europe en butte au populisme, à la Russie figée par le poutinisme, la Chine, elle, campée sur sa trajectoire ascendante, avance ses pions de manière beaucoup moins bénigne qu’elle ne voudrait le faire croire.
Effacée, l’image bienveillante d’un président Xi Jinping rayonnant de bonhomie au Forum de Davos 2017, dont il avait émerveillé l’audience par son credo mondialiste et libre-échangiste ! Le 19e congrès du PC chinois est passé par-là. Investi de pouvoirs qui font de lui le leader chinois le plus puissant depuis Mao, Xi a remisé Deng et sa doctrine du profil bas ; Pékin assume désormais un rôle d’acteur mondial. C’est la face visible de la Chine triomphante. La face cachée, celle d’un capitalisme autoritaire qui se voit comme un modèle alternatif à la démocratie libérale, est moins glorieuse : elle masque, assurent aujourd’hui les Américains, infiltration, influence et espionnage.
Tir groupé
L’avertissement est répété à l’envi et sur tous les tons. « Nous avons tous les yeux rivés sur la Russie, mais le problème de demain, c’est la Chine, et nous aimerions alerter les Européens sur ce sujet », nous assène d’emblée à Washington un responsable que nous venions interroger sur les relations russo-américaines. Le patron de la CIA, Mike Pompeo, a, lui, ouvertement tiré le signal d’alarme dans un entretien diffusé par la BBC le 30 janvier : à ses yeux, la Chine est largement aussi inquiétante que la Russie.
« Pensez juste à l’échelle de ces deux économies, dit-il. Les Chinois ont des moyens bien plus gros pour exécuter cette mission que les Russes. Ce que nous observons, c’est un effort délibéré pour voler de l’information, pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le philosophe Yves Charles Zarka estime que les thèses de Stanislas Dehaene, président du nouveau conseil scientifique de l’éducation nationale, sur la science de la conscience, sont fausses et dangereuses.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Yves Charles Zarka: « La neurologie cognitive relève d’un scientisme non dénué de dangers »

Dans une tribune au « Monde », le philosophe Yves Charles Zarka estime que les thèses de Stanislas Dehaene, président du nouveau conseil scientifique de l’éducation nationale, sur la science de la conscience, sont fausses et dangereuses.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 11h44
    |

Yves Charles Zarka (Philosophe, professeur à l’université Paris-Descartes-Sorbonne)







                        



                                


                            

[ Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a porté en début d’année sur les fonts baptismaux un nouvel organisme : le conseil scientifique de l’éducation nationale, dont il a confié la présidence à Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive au Collège de France. Objectif de ce scientifique : « Tenter de dégager des facteurs qui ont prouvé leur effet bénéfique sur l’apprentissage des enfants ». Même si les chercheurs en sciences cognitives n’occupent que six des vingt et un sièges dudit conseil, cette nouvelle orientation du ministère de l’éducation nationale suscite de vives polémiques. Tant les syndicats que des chercheurs renommés craignent que les sciences cognitives prennent le pas sur les sciences de l’éducation. Pour eux, enseigner est un art et non une science. De plus, les sciences cognitives sous-estimeraient l’influence de l’environnement social de l’élève dans ses performances. Au contraire, les partisans des neurosciences affirment que leurs thèses sont trop souvent caricaturées et qu’ils sont tout à fait conscients de cette influence.]
Tribune. La création par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, d’un conseil scientifique de l’éducation nationale et la nomination, très médiatisée, pour le présider, de Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive expérimentale au Collège de France, sont certainement pleines de bonnes intentions.
Je voudrais examiner deux thèses de Stanislas Dehaene, reprises dans un article du Monde du 10 janvier. La première consiste à affirmer qu’« enseigner est une science » ; la seconde que la démarche des neurosciences cognitives serait orientée par « l’idée d’agir pour l’éducation des jeunes, indépendamment de toute idéologie ».

La première est d’une prétention aussi exorbitante que fausse. Enseigner n’est pas une science, mais un art. Un art qui exige un sens des relations, de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le psychanalyste juge que les difficultés dans l’acquisition des savoirs sont bien davantage liées à des questions sociales et familiales que neurobiologiques.
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Gérard Pommier : « Les neurosciences sont utilisées par certains en contradiction avec leurs résultats les plus assurés »

Dans une tribune au « Monde », le psychanalyste juge que les difficultés dans l’acquisition des savoirs sont bien davantage liées à des questions sociales et familiales que neurobiologiques.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 15h12
    |

Gérard Pommier (Psychiatre, psychanalyste, directeur de recherche à Paris-VII)







                        



                                


                            
[Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a porté en début d’année sur les fonts baptismaux un nouvel organisme : le conseil scientifique de l’éducation nationale, dont il a confié la présidence à Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive au Collège de France. Objectif de ce scientifique : « Tenter de dégager des facteurs qui ont prouvé leur effet bénéfique sur l’apprentissage des enfants. » Même si les chercheurs en sciences cognitives n’occupent que six des vingt et un sièges dudit conseil, cette nouvelle orientation du ministère de l’éducation nationale suscite de vives polémiques. Tant les syndicats que des chercheurs renommés craignent que les sciences cognitives prennent le pas sur les sciences de l’éducation. Pour eux, enseigner est un art et non une science. De plus, les sciences cognitives sous-estimeraient l’influence de l’environnement social de l’élève dans ses performances. Au contraire, les partisans des neurosciences affirment que leurs thèses sont trop souvent caricaturées et qu’ils sont tout à fait conscients de cette influence.]
Tribune. Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, vient donc d’installer un conseil scientifique dominé par des neuroscientifiques. Dans une récente interview, il a déclaré que « l’école est la petite-fille des Lumières »… et qu’il fallait donc se conformer aux résultats les plus avancés de la science. Quelle bonne idée ! Qu’il le fasse surtout ! Ce serait si bien s’il se conformait aux travaux des plus grands neuroscientifiques !
Jean-Pierre Changeux, dans son livre phare, L’Homme neuronal (Fayard, 2012), a donné les résultats d’une expérimentation majeure : les neurones de l’aire du langage ne se développent que s’ils sont stimulés par les sons de la voix maternelle. Les neurones qui ne correspondent pas meurent. Ces expériences corroborent la fameuse tentative de Louis II, roi de Sicile (1377-1417) : celui-ci...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Le juriste Dominique Schmidt, dans une tribune au « Monde », émet des doutes sur la faisabilité juridique d’une prise en compte de « l’intérêt général » dans le statut des sociétés, où les parties prenantes poursuivent des buts divergents.
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Entreprises : « Comment trancher en faveur de l’intérêt commun ? »

Le juriste Dominique Schmidt, dans une tribune au « Monde », émet des doutes sur la faisabilité juridique d’une prise en compte de « l’intérêt général » dans le statut des sociétés, où les parties prenantes poursuivent des buts divergents.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 17h16
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Dominique Schmidt (Agrégé des facultés de droit et avocat au barreau de Paris)







                        



                                


                            

Tribune. Les prises de position sur la réforme de « l’objet social » des sociétés gérant une entreprise se sont multipliées. Certaines avancent que les sociétés sont gérées en vue de la maximisation du profit à court terme partagé entre les actionnaires, et demandent que l’entreprise ait désormais pour finalité l’intérêt commun des parties prenant part à son développement ainsi que l’intérêt général, dont la réponse aux défis environnementaux, le respect des droits humains et la préservation des biens communs.
Or, les sociétés prennent déjà en compte l’intérêt de ces parties ainsi que l’intérêt général, et nombre d’entre elles en rendent compte dans leur rapport annuel de gestion. Mais les réformateurs préconisent d’imposer comme finalité première du gouvernement des sociétés non plus le partage du profit mais la satisfaction de l’intérêt commun des parties prenantes et de l’intérêt général.
Notre propos n’est pas ici de discuter cette préconisation ; il s’attache à dégager les principales questions que la mise en œuvre concrète de cette nouvelle finalité soulèverait.
Première question : existe-t-il un intérêt commun des parties prenantes et un intérêt général ? Cette question doit être examinée de manière factuelle, c’est-à-dire à propos d’une décision stratégique à prendre. Un exemple : les actionnaires veulent fermer un site de production non rentable ; les salariés et les fournisseurs s’y opposent ; les créanciers et les ONG approuvent, les premiers parce qu’ils y voient l’extinction d’un foyer de pertes, les seconds parce qu’ils y voient l’arrêt d’un site polluant. Peut-on fondre ces intérêts partisans en un intérêt commun et général ?
Une réponse à caractère indistinct
Les réformateurs répondent que l’intérêt commun et général réside en la pérennité de l’entreprise gérée dans une optique à long terme, seule à même de promouvoir à la fois son développement et l’intérêt général.
Cette réponse repose sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Analyse. Le plus grand danger, à long terme, estime le journaliste du « Monde » Damien Leloup, est celui de créer des sociétés habituées à la surveillance de masse permanente, dans laquelle tout libre arbitre disparaît dans les bases de données de quelques entreprises géantes.
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Il faut « interdire la collecte de données personnelles en ligne »

Analyse. Le plus grand danger, à long terme, estime le journaliste du « Monde » Damien Leloup, est celui de créer des sociétés habituées à la surveillance de masse permanente, dans laquelle tout libre arbitre disparaît dans les bases de données de quelques entreprises géantes.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 16h32
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 17h06
    |

            Damien Leloup (Journaliste au "Monde")








                        



                                


                            

Analyse. Que se serait-il passé si, la semaine qui a suivi le naufrage de l’Amoco Cadiz, en 1978, on avait annoncé comme solution pour réguler le problème des marées noires le versement de quelques euros par an aux habitants du Finistère ? C’est, en substance, ce que proposent les auteurs d’une tribune publiée le 4 février dans Le Monde (« Nos “données personnelles” nous appartiennent : monétisons-les ! »), qui arguent que face à la captation des données personnelles et à la place grandissante des algorithmes, il est urgent que chacune et chacun puisse « monétiser » librement ses données personnelles.
C’est un cliché qui, une fois n’est pas coutume, est un peu vrai : les données personnelles sont le « nouvel or noir », la clef de la nouvelle économie... Si, par « or noir », vous entendez une substance dangereuse à laquelle notre économie et nous-même sommes devenus accros, tout en sachant pertinemment que des catastrophes sont à venir. Tout en faisant semblant de croire, à chaque catastrophe, que le pire est derrière nous et qu’il n’y en aura probablement pas d’autre.
Or, des Exxon-Valdez [du nom du pétrolier américain qui répandit 38 000 tonnes de pétrole sur 1 300 km de côtes en Alaska en 1989] de données, il y en a tous les jours. Il ne se passe pas 24 heures sans que l’on apprenne le vol d’une gigantesque base de données, la collecte illégale d’informations médicales ou sur des mineurs par une grande société en ligne, ou l’utilisation de ces données pour débusquer des opposants politiques ou vendre des informations ou des produits frelatés.
Risque de s’habituer à la surveillance de masse
Et le pire est à venir. Nous n’en sommes qu’aux balbutiements de notre savoir en matière d’analyse des données. Ce que nous savons déjà faire devrait nous terrifier : on peut, aujourd’hui, déterminer assez précisément l’orientation sexuelle d’une personne en fonction de ses « likes » sur Facebook, ou savoir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Le 6 février 1918, la loi autorisait les femmes à voter au Royaume-Uni. Avec cet anniversaire, le pays célèbre le mouvement féministe fondé par Emmeline Pankhurst.
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Il y a cent ans, la victoire des suffragettes britanniques

Le 6 février 1918, la loi autorisait les femmes à voter au Royaume-Uni. Avec cet anniversaire, le pays célèbre le mouvement féministe fondé par Emmeline Pankhurst.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 16h08
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 18h23
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            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            
La célébration du centenaire de la loi donnant le droit de vote aux femmes britanniques devait passer inaperçue : un anniversaire de plus sur un sujet considéré depuis longtemps comme un acquis. Mais le mouvement #metoo, l’immense impact de l’affaire Weinstein et la vague de dénonciations du harcèlement sexuel ont donné une brûlante actualité aux batailles qui ont permis la spectaculaire conquête démocratique arrachée à Westminster voilà tout juste cent ans.
Un acquis partiel
Le 6 février 1918, le roi George V promulgue le « Representation of the People Act », loi ouvrant le droit de vote aux femmes aux élections nationales. Historique, la date ne marque pourtant qu’un acquis partiel : seules sont concernées les femmes âgées de plus de 30 ans, propriétaires ou femmes de propriétaire. Les hommes, eux, jusqu’alors soumis au vote censitaire, obtiennent de pouvoir voter sans condition de statut social à partir de 21 ans, 19 s’ils sont militaires. La loi maintient alors une différence d’âge entre les sexes pour s’assurer que les hommes, à la suite de l’hécatombe de la guerre, ne deviennent pas minoritaires dans le corps électoral. Seules 40 % des femmes britanniques accédèrent alors à la pleine citoyenneté. Elles obtiendront l’égalité électorale en 1928, seize ans avant les Françaises.
La conquête législative de 1918 est-elle une conséquence de l’implication généralisée des femmes dans l’effort de guerre ou une victoire directe des suffragettes ? « La guerre a fourni un argument à opposer aux dinosaures de la politique qui refusaient encore aux femmes le droit de vote : elles avaient été d’une grande utilité, à la fois sur le front domestique et dans les usines d’armement. La preuve était faite qu’elles pouvaient exercer toutes sortes de fonctions, explique Helen Pankhurst, 53 ans, arrière-petite-fille d’Emmeline Pankhurst, fondatrice du mouvement en 1903 et elle-même militante féministe. Le paradoxe est que les femmes qui ont obtenu le vote...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ L’Etat et la Corse devraient signer un « new deal », estime dans une tribune au « Monde » l’investisseur André Loesekrug-Pietri. Les dirigeants corses doivent faire leur aggiornamento en se projetant dans le monde d’aujourd’hui, où l’influence et la crédibilité se conquièrent sur le terrain.
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« La Corse doit rapidement et de manière collective bâtir un projet, positif et dynamique »

L’Etat et la Corse devraient signer un « new deal », estime dans une tribune au « Monde » l’investisseur André Loesekrug-Pietri. Les dirigeants corses doivent faire leur aggiornamento en se projetant dans le monde d’aujourd’hui, où l’influence et la crédibilité se conquièrent sur le terrain.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 15h23
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 17h22
    |

André Loesekrug-Pietri (Investisseur, entrepreneur, ancien membre des cabinets ministériels de Sylvie Goulard et de Florence Parly)







                        



                                


                            

Tribune. Emmanuel Macron est en Corse, les 6 et 7 février. Il y est attendu. Certains diraient qu’il est attendu depuis des décennies, tant le « dossier corse » semble marqué par un nombre innombrable de rendez-vous manqués. Et paradoxalement, c’est d’abord un vrai test pour la République. Le rôle de l’Etat-nation est à réinventer.
Il faut proposer un new deal à la Corse et ne pas se crisper sur des positions de principe qui empêchent d’avancer sur l’essentiel : rappelez-vous les panneaux de signalisation, enfin préservés des projectiles maintenant qu’ils sont bilingues… Il a fallu trente années pour arriver à cette position pragmatique. Que de temps perdu.

Concentrer ses efforts sur l’éducation, sur les infrastructures, sur la cohésion sociale, sur la justice, sur l’environnement – on ne répétera jamais assez le rôle clé qu’a joué le Conservatoire du littoral dans la véritable préservation des côtes corses. Loin de gagner les cœurs et les esprits, l’Etat est défaillant aujourd’hui dans le combat contre les mafias, la spéculation immobilière, les affaires criminelles non résolues, le développement économique.
La Corse, elle aussi, doit faire un grand pas. Vers la modernité. Aller au-delà des revendications idéologiques qui ont rythmé les dizaines d’années d’engagement des nouveaux dirigeants, mais dont certaines n’ont que peu d’impact sur la réalité quotidienne des 330 000 habitants de l’île.
Napoléon
La Corse doit rapidement et de manière collective bâtir un projet, positif et dynamique. C’est cela qui la rendra crédible à Paris et en Europe. L’île ne peut compter que sur elle-même pour s’émanciper, sauf à être en permanence dans un dialogue de sourds : en perpétuant chez les plus jeunes Corses ce sentiment que l’île est abandonnée, au moment où les dirigeants centralisateurs d’un autre siècle, comme Jean-Pierre Chevènement, répondent par le « coût » direct que ferait supporter la Corse à la République.
La...




                        

                        

