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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Le chef de l’Etat s’est toutefois opposé au statut de résident corse et à la coofficialité de la langue corse, le 7 février, à Bastia.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Le président a affirmé que la Corse était au cœur de la République et s’est dit opposé à la création d’un statut de résident.
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Ce qu’il faut retenir du discours de Macron sur l’avenir de la Corse

Le président a affirmé que la Corse était au cœur de la République et s’est dit opposé à la création d’un statut de résident.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 18h40
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 18h44
   





                        



Emmanuel Macron a détaillé, mercredi 7 février, sa stratégie pour l’avenir de la Corse lors d’un long discours à Bastia devant les élus nationalistes. De l’identité locale au bilinguisme, en passant par la fiscalité et le patrimoine naturel, le président a passé en revue de nombreux dossiers et a rejeté plusieurs revendications des nationalistes. Voici ses principales déclarations :

        Relisez :
         

          le direct du discours d’Emmanuel Macron à Bastia




        Lire aussi :
         

                Quelles sont les revendications des nationalistes corses ?



Reconnaissance de l’« identité » corse 
Le président s’est déclaré « favorable à ce que la Corse soit mentionnée dans la Constitution », l’une des principales revendications des nationalistes.
Ce serait « une manière de reconnaître son identité et de l’ancrer dans la République », a-t-il dit. Il a appelé les élus insulaires à débattre de ce projet « dans le mois qui vient », avant sa discussion au printemps dans le cadre du projet de révision constitutionnelle. Il a également affirmé que, « plus que jamais », l’île était « au cœur de la République », mais que cela ne revenait pas pour autant à « faire l’éloge de l’uniformité ».

        Lire la tribune du maire d’Ajaccio :
         

          « Oui à un nouveau statut pour la Corse, mais dans la République »



Pas de statut de résident 
Emmanuel Macron a estimé que « la mise en œuvre d’un statut de résident » en Corse, une exigence des élus nationalistes, n’était « pas la bonne réponse » aux problèmes immobiliers sur l’île.
« Aujourd’hui, quand les prix montent et que les terrains sont vendus, ce sont rarement des gens qui ne sont pas corses qui en profitent », a-t-il déclaré. Il s’est engagé à « favoriser la construction de logements » et à « simplifier les règles d’urbanisme », face à des « contraintes parfois exorbitantes » liées à la spécificité géographique de l’île.
Oui au bilinguisme, non à la « coofficialité » 
Le chef de l’Etat s’est prononcé contre la « coofficialité » de la langue corse en déclarant que « dans la République française, il y a une langue officielle, le français ».
« Le bilinguisme, ce n’est pas la coofficialité », a ajouté le chef de l’Etat, prévenant qu’il n’accepterait « jamais de réserver à celui qui parle corse tel ou tel emploi ».
Renforcement de la fiscalité locale
Emmanuel Macron a dit que si « des formes de fiscalité locale » pouvaient être développées, elles s’accompagneraient de « baisses de dotation parallèles », assurant qu’« il n’y a pas de finances magiques ». « Une liberté pourrait être donnée à la Corse de mettre en œuvre de nouvelles taxes locales. […] Mais on ne peut pas souhaiter que le produit des impôts en Corse reste en Corse, et ne pas garantir la même chose à d’autres régions », a expliqué le président.
« Comment souhaiter une autonomie fiscale et en même temps demander encore plus à la solidarité nationale ? Comment vouloir que la ressource fiscale soit affectée à un territoire et demander la solidarité nationale pour la dotation ? Ça n’existe pas. Je ne connais pas de finances magiques. Il n’y a pas de République magique non plus. »
Une loi littoral « plus intelligente »
Le président a promis de simplifier la réglementation pour mettre fin aux « situations ubuesques » liées à la loi littoral. « La priorité doit porter sur la protection des littoraux et des montagnes. Pour cela, nous mettrons fin aux situations ubuesques », a-t-il expliqué.
Il a cité des situations d’« application totale » de la loi littoral et de la loi montagne, « parfois sur le même terrain ». Il a promis de donner aux élus locaux « la possibilité d’adapter ces réglementations pour qu’elles soient plus intelligentes ».
« Tolérance zéro » envers la délinquance
« Rien ne sera possible si la violence et l’insécurité continuent de perturber l’île. Cette violence, qu’elle soit d’inspiration terroriste ou de droit commun, n’est pas bonne pour la Corse et doit disparaître », a déclaré le chef de l’Etat, prônant une « tolérance zéro » envers la délinquance et le trafic organisé. Plusieurs mesures ont été annoncées afin d’améliorer la sécurité : 
« Il y aura des renforts d’équipement et de la police du quotidien. Un plan de déploiement des brigades et des groupes de contact sera mis en place. »
Améliorer l’offre de santé
Le président a déclaré qu’il voulait installer des maisons de santé sur toute l’île. Concernant les personnes âgées, pour lesquelles le taux d’équipement est deux fois moins élevé que sur l’ensemble du territoire, il a annoncé le lancement d’un plan d’infrastructure et d’équipement, présenté à l’été prochain, afin de permettre un meilleur accès au soins.
Assurer une totale couverture téléphonique 
Emmanuel Macron s’est engagé à garantir la couverture totale en téléphonie mobile d’ici à 2020. Si besoin, « il y aura des sanctions pour les opérateurs ». 
Dans les agglomérations de Bastia et d’Ajaccio, « les déploiements ont commencé pour respecter le plan déjà avalisé par les opérateurs », a-t-il dit. Quelque 38 000 lignes ont été déployées dans ces deux agglomérations.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Le nombre de morts dans des règlements de comptes a notamment été divisé par deux entre 2016 et 2017.
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Le préfet de police de Marseille vante une baisse de la délinquance dans sa ville

Le nombre de morts dans des règlements de comptes a notamment été divisé par deux entre 2016 et 2017.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 16h35
   





                        



   


Marseille connaît depuis cinq ans une chute de la délinquance, a soutenu mercredi 7 février le préfet de police des Bouches-du-Rhône, Olivier de Mazières, citant plusieurs chiffres à l’appui. L’année 2017, surtout, a été marquée par une baisse spectaculaire du nombre de morts dans des règlements de comptes, passé de vingt-neuf à quatorze en un an.
Le préfet de police a invité les médias à prendre du recul par rapport aux homicides récents, qui ont vu cinq jeunes hommes perdre la vie depuis le début de 2018, dont trois le week-end dernier. « Il peut y avoir des évolutions erratiques, y compris à la baisse », a souligné M. de Mazières lors d’une conférence de presse. « L’évolution des règlements de comptes est en dents de scie, il n’y a pas de règle en la matière », a abondé le patron de la police judiciaire Marseillaise, Eric Arella. Douze règlements de comptes avaient pu être évités en 2016, et trois en 2017, a précisé M. Arella.
Baisse des cambriolages, hausses des violences gratuites
Le préfet de police a énuméré plusieurs indicateurs qui prouvent, selon lui, la baisse continue de la délinquance depuis cinq ans. Le nombre de cambriolages a chuté (de 16 %), les braquages, de moitié.
Les chiffres de la lutte contre la drogue sont moins clairs. La lutte contre les trafics de stupéfiant se poursuit, avec une « hausse de 30 % des mises en cause », et cinquante réseaux importants démantelés principalement dans la douzaine de cités les plus sensibles de la ville.
Le tableau est assombri par deux mauvais points : les vols sans violence contre des personnes sont en hausse d’un tiers depuis 2012. Les violences gratuites, dites « non crapuleuses », ont augmenté de 20%.
Sentiment d’insécurité persistant
Dans l’argumentaire du préfet de police, l’année 2012 n’a pas été citée par hasard. Cette année-là, une série de faits divers avait amené le gouvernement de Jean-Marc Ayrault à faire de la sécurité à Marseille une priorité, allouant des moyens supplémentaires et y remaniant l’organisation policière.
Malgré le tassement de la grande délinquance, le préfet juge qu’ « il y a une réalité statistique et il y a le sentiment d’insécurité, qui sont deux choses distinctes », soulignant que ce dernier « persiste ». La situation s’améliore, mais « l’attente de sécurité est plus forte que par le passé », argue-t-il.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Dans un discours prononcé à Bastia, le chef de l’Etat s’est opposé au statut de résident corse et à la co-officialité de la langue corse, des revendications importantes des élus nationalistes.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Condamné pour « mise à disposition d’hébergement contraire à la dignité humaine », le propriétaire, qui louait une soixantaine de logements, ne pourra plus exercer son activité de logeur.
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A Paris, un marchand de sommeil condamné à 500 000 euros d’amende

Condamné pour « mise à disposition d’hébergement contraire à la dignité humaine », le propriétaire, qui louait une soixantaine de logements, ne pourra plus exercer son activité de logeur.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 14h41
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 18h41
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        


Sourires et embrassades, mercredi 7 février, à la sortie du palais de justice de Paris, des locataires, des associations et leurs deux avocates, Alexandra Boisset et Bénédicte Laville, ne cachent pas leur soulagement. « Cela couronne sept ans de démarche pour les dix familles que nos deux associations ont soutenues », se félicitent Samuel Mouchard, de la Fondation Abbé Pierre, et Violette Colson, du Comité d’action logement du 18e arrondissement de Paris, elles aussi parties civiles.
La cour d’appel de Paris a condamné Michel Zaghdoun, un marchand de sommeil de 57 ans, pour « soumission de personnes vulnérables à des conditions d’hébergement indigne » à deux ans de prison avec sursis, une amende à titre personnel de 200 000 euros, une autre de 300 000 euros pour sa société civile et l’interdiction définitive d’exercer la « profession » de logeur. Dix des treize familles qui avaient porté plainte se sont vu accorder des dommages et intérêts pour une somme de 60 000 euros.

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Jugé en première instance en 2015, Michel Zaghdoun avait été relaxé. Le parquet et les parties civiles avaient fait appel. La sévérité de l’arrêt, inédite à Paris, s’explique par l’ampleur du délit qui a concerné jusqu’à 60 familles à la fois, pendant près de dix ans, bien que les faits ici jugés ne couvrent que la période de mars 2011 à mars 2013.
Insalubrité et intimidation
Ancien garagiste, M. Zaghdoun a transformé son garage, un bâtiment industriel et un immeuble voisin en un ensemble de 60 logements loués à des prix allant jusqu’à 1 000 euros pour 20 ou 30 m2, à des familles, étrangères pour la plupart.
La façade du bâtiment, rue Marx Dormoy (Paris 18e), paraissait correcte. Lorsque les locataires prenaient possession de leur appartement, les peintures avaient été refaites. Mais les murs étaient si humides que rien ne tenait : « La hotte m’est tombée sur le nez, les radiateurs se détachaient du mur et un globe au plafond de la salle de bains est tombé, fracassant la lunette des WC », ont témoigné des locataires lors de l’audience des 27 et 28 novembre 2017.

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« Le parquet était gonflé d’eau, ma femme était constamment malade à cause de l’humidité », se souvient M. Lu Gang, un cuisinier qui louait depuis 2006 un 16 m2 pour 580 euros par mois. « Quand je louais, c’était correct, s’est défendu M. Zaghdoun à l’audience, mais je louais pour une personne et c’est eux qui, ensuite, faisaient venir leur famille et suroccupaient les lieux. Mon erreur a été d’accepter une certaine clientèle. »
« C’était insalubre mais, ce dont souffraient le plus les locataires, c’était du climat d’intimidation que faisait régner M. Zaghdoun », a raconté Mme Volson. Le propriétaire, lui-même père de six enfants, « n’hésitait pas à mettre des familles dehors du jour au lendemain avec leurs affaires sur le trottoir », a renchéri Jean-François Lagoutte, un ex-locataire, intermittent du spectacle.
M. Zaghdoun était constamment présent dans l’immeuble. Son bureau était au rez-de chaussée. Et une petite affiche précisait : « La maison n’accepte pas les chèques. » Il arpentait l’immeuble et tambourinait aux portes pour réclamer loyers, cautions astronomiques et rappels de charges, le tout en liquide. « Il vous barrait le passage, très impressionnant avec sa carrure de rugbyman, menaçant, parlant fort près du visage », poursuit Mme Volson.
« Il fallait sans cesse payer puis réclamer à M. Zaghdoun les documents, états des lieux, quittances. » M. Lagoutte a été relogé par la ville de Paris, en 2014, comme l’ensemble des occupants, soit 205 personnes dont 35 enfants.
Quarante-quatre arrêtés d’insalubrité
Alertés, les services de la Ville et l’Agence régionale de santé (ARS) avaient, dès 2011, dressé 44 arrêtés d’insalubrité touchant tant les parties communes que les logements. Pour remédier aux défauts pointés dans ces arrêtés, M. Zaghdoun s’empressait de faire les travaux : « Mais il s’agissait de travaux cache-misère. M. Zaghdoun n’attendait même pas que les plâtres soient secs pour peindre », a constaté un ex-locataire.
« En 2012, M. Zaghdoun a demandé à deux familles de quitter les lieux quelques heures pour changer les fenêtres. En réalité, il a abattu des cloisons pour supprimer les pièces aveugles, et laissé les lieux couverts de gravats et de poussière sur les affaires des locataires, a rappelé Mme Volson. Un épisode traumatisant pour l’une des familles, qui avait un nourrisson. »
« J’ai travaillé d’arrache-pied dans cet immeuble, a soutenu M. Zaghdoun devant la présidente du tribunal, Danièle Dionis, j’y ai laissé ma santé, ma vie, j’ai fait tout ce que demandaient les arrêtés, j’ai embauché des ouvriers et même payé un architecte. » Et M. Zaghdoun a, en effet, non seulement réussi à faire annuler sept de ces arrêtés par le tribunal administratif, mais obtenu la mainlevée de tous les autres.
Malgré les arrêtés d’insalubrité et une enquête de police de 2 000 pages, l’affaire a frôlé le fiasco juridique en raison de la fragilité des arguments de l’ARS qui a mal rédigé ses arrêtés, n’a pas assez vérifié la qualité des travaux réalisés et, surtout, ne s’est pas défendue devant le tribunal administratif, ni n’a fait appel de l’annulation de ses arrêtés. Ce qui a sans doute pesé en première instance.

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« L’ARS a cédé aux pressions de M. Zaghdoun, qui l’appelait tous les jours, alors qu’elle savait très bien que ces travaux ne réglaient rien », explique M. Mouchard. Les réponses de l’Etat aux marchands de sommeil sont d’une grande faiblesse et ne protègent pas les victimes. La législation est complète, ce sont les moyens de l’appliquer qui font défaut », estime-t-il. « Nous allons examiner la motivation de l’arrêt et peut-être nous pourvoir en cassation. L’indignité des locaux ou la vulnérabilité des personnes qui toutes ont bénéficié d’aides de l’Etat, posent question », a déclaré Me Ouaknin-Melki, après l’énoncé du jugement en appel, mercredi.
L’affaire aura été lucrative pour M. Zaghdoun : l’immeuble lui a procuré 350 000 euros de revenus annuels pendant vingt-cinq ans ; il en a été exproprié par la Ville, en mars 2014, avec une indemnité de 6,7 millions d’euros, soit dix fois son prix d’acquisition (686 000 euros), en avril 1989. « Il n’est pas normal que la ville ait dû payer cet immeuble, qui a ensuite été démoli pour y édifier 44 logements sociaux. Il faudrait, comme en Belgique, pouvoir le confisquer », a déclaré Ian Brossat, chargé du logement à la ville de Paris, présent à l’issue du délibéré.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Germaine X attaque sa copropriété qui refuse de faire des travaux de remise aux normes des conduits de fumée, ce qui l’empêche d’utiliser sa cheminée et de se chauffer.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Cette causerie inclassable, qui emprunte à la philo autant qu’à l’enquête historique, nous plonge dans le monde des déchets.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


De la poésie dans nos ordures

Cette causerie inclassable, qui emprunte à la philo autant qu’à l’enquête historique, nous plonge dans le monde des déchets.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 16h28
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Le livre. Une fois n’est pas coutume, ce rendez-vous hebdomadaire ne rendra pas compte d’un brillant essai scientifique. Ni d’une exposition bien choisie ou d’une pièce de théâtre. Le Sale Discours échappe à toutes ces catégories. Ou plutôt, il les dépasse toutes, les piétine délicatement, empruntant au passage au stand-up et à la philosophie, à l’enquête historique et même à la poésie. Ce drôle d’objet littéraire, David Wahl a choisi de l’intituler « causerie ». Faussement modeste, diront certains. Follement ambitieux, en vérité. Après le Traité de la boule de cristal, La Visite curieuse et secrète et Histoire spirituelle de la danse, ce quatrième opus – qu’il donne aussi sur scène – nous plonge dans le monde des déchets. Avec, pour poisson pilote, l’un de nos plus anciens compagnons, le plus déconsidéré aussi : le cochon.
Du désormais célèbre #balancetonporc, l’auteur ne dit rien. Sans doute n’en a-t-il pas eu le temps. Mais gageons qu’il aurait jugé la formule clairement insultante… pour l’animal. « Je suis bien peiné de le reconnaître, mais Platon s’est affreusement planté, écrit-il ainsi. L’homme n’a vraiment rien d’un porc. Le porc est sale et nettoie ; l’homme est propre et ­salit. » Souvenons-nous seulement : au début du XIIe siècle, Louis VI règne et Paris regorge de cochons noirs. Jusqu’à ce funeste 13 octobre 1131, et le terrible choc, dans une ruelle sombre, entre un suidé lancé à vive allure et le cheval du fils du roi, qui rentrait de la chasse. Le prince chute, sa monture le piétine, il meurt. « C’est ainsi qu’en cette même année 1131, Louis VI, dit “le Gros”, interdit formellement aux truies, verrats et autres pourceaux de baguenauder librement dans les rues et obligea quiconque en possédait à les tenir dorénavant en laisse. »
Véritable saga
Cet épisode sert de tremplin à David Wahl pour déployer une véritable saga, aussi vaste...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ La dernière statistique de référence pour le nombre de personnes sans domicile fixe en France remonte à 2012, date à laquelle l’Insee avait fait état de 143 000 sans-abri.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Froid : les pouvoirs publics annoncent 1 000 places supplémentaires pour les sans-abri

La dernière statistique de référence pour le nombre de personnes sans domicile fixe en France remonte à 2012, date à laquelle l’Insee avait fait état de 143 000 sans-abri.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 12h23
   





                        


Les pouvoirs publics ont prévu d’ouvrir cette semaine mille places supplémentaires d’hébergement d’urgence, dont 650 en Ile-de-France et 250 à Paris, pour les personnes sans domicile fixe, a annoncé, mercredi 7 février, Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement.
Invité de RTL, il a jugé « regrettables » les propos du député Sylvain Maillard (La République en marche, LRM) qui avait affirmé lundi sur Radio France international que des sans-domicile-fixe dormaient dans la rue par « choix ».
« Il y a quelques personnes qui font le choix difficile de vivre en marge de la société, mais c’est une infime minorité. Une très grande majorité ne fait pas ce choix, c’est une situation subie, et le rôle des pouvoirs publics, c’est de leur offrir un hébergement, de la dignité, d’être au chaud. »

Des moyens exceptionnels mobilisés pour l’hébergement d’urgence des personnes en difficulté. #GrandFroid #Neige… https://t.co/PbqHqhglEE— BGriveaux (@Benjamin Griveaux)


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Le porte-parole du gouvernement a assuré que l’Etat mobilisait dans ce domaine des moyens « comme jamais ils n’ont été mobilisés ». « On a 145 000 places d’hébergement d’urgence, c’est 10 000 places de plus que l’an dernier », a-t-il fait valoir, précisant que le budget 2018 prévoyait une augmentation de « 12 % des moyens » dans ce cadre.

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Emmanuel Macron s’était engagé en juillet à ce qu’il n’y ait plus en France, à la fin de 2017, « des hommes et des femmes dans les rues, dans les bois ».
Une centaine de personnes mal logées et de militants de l’association Droit au logement (DAL) ont brièvement investi le 31 janvier une aile vide de l’hôpital parisien de l’Hôtel-Dieu pour réclamer l’ouverture des parties inoccupées de l’établissement, avant d’en être évacuées.
Selon Jean-Baptiste Eyraud, le porte-parole du DAL, « l’Etat dispose en France de 11 millions de mètres carrés de locaux inoccupés, dont 4 millions de mètres carrés de logements ». La dernière statistique de référence pour le nombre de personnes sans domicile fixe en France remonte à 2012, date à laquelle l’Insee avait fait état de 143 000 sans-abri.
Benjamin Griveaux a défendu le secrétaire d’Etat chargé de la cohésion des territoires, Julien Denormandie, qui avait assuré le 30 janvier sur France Inter qu’« une cinquantaine » d’hommes avaient dormi dehors la nuit précédente en Ile-de-France, s’attirant les critiques des associations d’aide aux sans-abri, notamment, qui dénoncent des chiffres « très en deçà des réalités ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ La filière viticole n’avait pas apprécié que le vin soit considéré comme une « substance psychoactive ». Le milieu de la santé accuse l’Elysée d’avoir cédé à leurs demandes.
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Les viticulteurs, acteurs officiels de la politique de prévention ?

La filière viticole n’avait pas apprécié que le vin soit considéré comme une « substance psychoactive ». Le milieu de la santé accuse l’Elysée d’avoir cédé à leurs demandes.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 11h52
    |

            Pascale Santi








                        


Les associations de prévention contre l’alcool sont en colère. Elles dénoncent le fait que l’Elysée aurait cédé aux demandes des viticulteurs. Cette filière « se félicite aujourd’hui d’avoir eu gain de cause et même au-delà », explique l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa), dans un communiqué commun publié le 2 février.
C’est une phrase de Jean-Marie Barillère, le président du Comité national des interprofessions des vins, qui a mis le feu aux poudres. Cité par le site Vitisphère, il se réjouissait d’un courrier du président de la République qui « répond à nos attentes. Il sépare bien les consommations excessives et raisonnables et nous propose de participer à une politique de prévention ». Autrement dit, la profession viticole aurait réussi à ce que le vin soit traité comme un alcool « à part ».
Un programme annoncé fin mars
La filière n’avait pas apprécié que la Stratégie nationale de santé 2018-2022, validée en décembre 2017, inclut l’alcool – et donc le vin – comme « substance psychoactive licite ou illicite », au même titre que le tabac. Après la publication de ces grandes lignes, un programme national de santé publique, qui couvre la prévention, devra être annoncé fin mars. Alors que l’alcool est à l’origine de près de 50 000 décès prématurés par an, le milieu de la santé alerte sur le « danger de faire des producteurs d’alcool des acteurs de la prévention ».
Les viticulteurs auraient eu gain de cause à la suite d’un rendez-vous avec Audrey Bourolleau, conseillère agriculture de l’Elysée, avancent les associations. La nomination en mai 2017 de l’ex-déléguée générale de Vin et société, chargé de défendre les intérêts de la filière viticole, avait déjà inquiété les addictologues. Interrogé lundi 5 février sur France 5, Jean-Pierre Couteron, le président de la Fédération addiction, s’est dit « choqué » de découvrir ces discussions sur Twitter, alors qu’eux-mêmes n’ont pas été reçus.
Au ministère de la santé, on rappelle que, pour Agnès Buzyn, « toute consommation d’alcool comporte des risques », avec une attention particulière sur les plus jeunes et les femmes enceintes. Du côté de l’Elysée, on indique que les acteurs de la santé seront aussi consultés, « personne n’ayant le monopole de la prévention ». Affaire à suivre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Dans un rapport publié mercredi, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté recommande d’imposer par une loi un dispositif empêchant tout établissement pénitentiaire de dépasser un taux d’occupation de 100 %.
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« Construire de nouvelles places de prison n’est pas une réponse », selon Adeline Hazan

Dans un rapport publié mercredi, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté recommande d’imposer par une loi un dispositif empêchant tout établissement pénitentiaire de dépasser un taux d’occupation de 100 %.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 11h21
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        


Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté a publié, mercredi 7 février, un rapport sur « les droits fondamentaux à l’épreuve de la surpopulation carcérale », dans lequel cette autorité indépendante formule une série de recommandations pour « mettre un terme » à cette situation. Il sonne comme une réponse aux projets de construction de prisons sur lesquels planche le gouvernement.
« La construction de places nouvelles n’est pas une réponse satisfaisante au problème de la surpopulation carcérale, écrit ainsi Adeline Hazan, qui dirige l’institution. Sans une transformation profonde de la politique pénale et de la gestion pénitentiaire, les nouvelles places créées seront très probablement insuffisantes avant même leur mise en service. » Elle souligne la nécessité d’une « politique publique de déflation carcérale », alors que les droits fondamentaux sont compromis par les conséquences d’une surpopulation chronique.

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Mécanisme de régulation
Parmi ses recommandations, certaines rejoignent les pistes sur lesquelles travaille le ministère de la justice, comme la remise en cause des plus courtes peines ou la promotion des peines alternatives à l’emprisonnement. D’autres susciteront davantage de polémique comme la mise en place d’un mécanisme de régulation carcérale.
La contrôleuse recommande d’imposer par une loi un dispositif empêchant tout établissement pénitentiaire de dépasser un taux d’occupation de 100 %. Au 1er janvier, il était en moyenne de 115 %, mais dépassait les 150 % dans 38 établissements. Au niveau local, les acteurs de la justice et de l’administration pénitentiaire devraient s’accorder sur les détenus à libérer en priorité pour faire de la place, avant de pouvoir accueillir de nouvelles personnes condamnées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Une plainte visant indirectement le ministère de l’intérieur a été déposée par l’association Anticor. Elle cible des contrats d’externalisation de contrôles de vitesse à des sociétés privées.
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Radars embarqués : soupçons de favoritisme dans l’attribution de marchés publics

Une plainte visant indirectement le ministère de l’intérieur a été déposée par l’association Anticor. Elle cible des contrats d’externalisation de contrôles de vitesse à des sociétés privées.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 11h28
   





                        



   


L’association anticorruption Anticor a porté plainte pour « favoritisme », dénonçant le marché des radars automatiques qui équipent certains véhicules banalisés conduits par des sociétés privées. L’association a saisi le 18 janvier le parquet national financier (PNF) pour demander une enquête sur les conditions d’attribution de ces contrats qui externalisent certains contrôles de vitesse.

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La plainte d’Anticor, révélée mercredi par L’Express, soutient que « deux marchés publics faramineux » auraient été passés avec la société Fareco, filiale du groupe de BTP Fayat, « en violation totale de la législation en matière de marchés publics ». Déposée contre X, la plainte viserait indirectement le ministère de l’intérieur, ainsi que l’entreprise.
Anticor dénonce notamment un contrat de 53,8 millions d’euros passé le 1er février 2017 par la Place Beauvau. Selon l’association, ce marché a été remporté en dehors de tout appel d’offres, « au motif que la société était la seule à détenir un certificat d’homologation » des véhicules, comme l’explique l’avocat d’Anticor, Jérôme Karsenti. Selon le ministère, ce problème juridique rendait impossible toute concurrence. Il est contesté par l’association.
Externalisation des contrôles de vitesse
Fareco affirme fournir la moitié des 700 radars de franchissement de feux rouges installés sur le territoire. L’entreprise doit déployer environ 300 véhicules de contrôle de vitesse automatisé selon les informations disponibles sur son site Internet.
L’externalisation d’une partie des contrôles de vitesse effectués à bord de véhicules est destinée à libérer les forces de l’ordre de cette tâche, afin qu’elles se concentrent « sur leurs tâches prioritaires », selon Gérard Collomb, le ministre de l’intérieur. Elle a fait l’objet d’une expérimentation à partir de février 2017 en Normandie, avant d’entrer en vigueur dans cette région en décembre.
Alors que les opposants s’inquiètent de cette « privatisation », le gouvernement rappelle que les employés de sociétés privées se contenteront de piloter les voitures. Les contrôles de vitesse seront effectués automatiquement par le matériel embarqué. L’association Anticor, par l’intérmédiaire de son avocat, voit elle aussi dans ce mouvement « une dérive vers une privatisation de la justice qui verrait l’Etat transférer peu à peu sa souveraineté sur ses missions régaliennes à des personnes privées ».
Anticor avait déposé une plainte similaire dans une autre affaire, en novembre 2015, accusant la société de services numériques Atos d’avoir été favorisée dans l’attribution de quatre marchés publics concernant le parc des radars automatiques. Le parquet national financier avait ouvert une enquête pour favoritisme en mars 2016.



                            


                        

                        


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Contrats aidés, compteur Linky, politique vaccinale... Les préconisations de la Cour des comptes

Dans son rapport public annuel, publié mercredi, les magistrats passent au crible un certain nombre de politiques publiques.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 11h23
    |

            Julia Pascual, 
François Béguin, 
Patrick Roger, 
                                Nabil Wakim et 
Bertrand Bissuel








                        



   


La Cour des comptes a publié, mercredi 7 février, son rapport annuel 2018, qui met en lumière des exemples de mauvaise gestion de l’argent public. Voici les points marquants identifiés cette année par les magistrats financiers.
Contrats aidés : un dispositif peu efficace, qui doit être recentréLinky : le coût du programme pointé du doigtPolitique vaccinale : des mesures « mal coordonnées » et « insuffisantes »La régulation du secteur de la sécurité privée étrilléeLa coûteuse sortie des emprunts à risque pour les finances publiques
Contrats aidés : un dispositif peu efficace, qui doit être recentré
La Cour des comptes juge sévèrement le dispositif des contrats aidés : s’avérant peu efficace en termes de réinsertion professionnelle, il doit être recentré sur certains publics bien spécifiques, avec un encadrement plus poussé des bénéficiaires.
Mis en place à partir du milieu des années 1980, les contrats aidés ont pour objectif de favoriser le retour dans le monde du travail de personnes qui en sont éloignées. Entre 2012 et 2016, l’Etat a alloué quelque 13,6 milliards d’euros en faveur de cette politique.
Mais le bilan en matière de retour à l’emploi n’est pas pharamineux, aux yeux de la Cour, qui cite plusieurs études réalisées par le ministère du travail. Ainsi, en 2016, 29 % des signataires d’un contrat aidé dans le secteur non marchand (collectivités locales, associations) ont décroché un CDD d’au moins six mois ou un CDI, six mois après avoir quitté le dispositif. Dans le secteur marchand, le ratio est plus élevé : 54 %. « Ces résultats ne sont pas à la hauteur des moyens engagés », déplore la haute juridiction.
Au fil des ans, cette forme d’emploi a été ouverte à des catégories plus larges, diminuant la part de celles qui sont les plus en difficultés.
A l’avenir, selon la Cour, cette action devrait être ciblée sur des publics fragiles, qui ne peuvent pas être orientés « directement » vers des stages de formation « plus intensifs », sans pour autant nécessiter un suivi « global ». La Cour ajoute qu’il faut renforcer l’accompagnement et la formation des intéressés.
Linky : le coût du programme pointé du doigt
Le rapport est très sévère pour Linky. Alors que 8 millions de compteurs communicants ont déjà été déployés en France, la Cour des comptes ne critique pas le bien-fondé du projet, mais estime que les conditions de son déploiement profitent surtout à Enedis (ex-ERDF), et pas suffisamment aux consommateurs.
Le déploiement des compteurs est assuré par Enedis pour un coût de plus de 5 milliards d’euros entre 2014 et 2024. Pour ne pas faire peser cette somme sur les particuliers, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a mis en place un système de tarif différé. Enedis a avancé l’argent et sera remboursé avec intérêts au moment où le programme portera ses fruits, à partir de 2021, dans la facture des consommateurs. Mais, en analysant la construction de ce tarif, la Cour estime qu’il permettra à Enedis d’empocher au passage près de 500 millions d’euros.
Enfin, la Cour relève que « les gains que les compteurs peuvent apporter au consommateur sont encore insuffisants. » Le rapport estime que les informations disponibles sont insuffisantes pour permettre aux utilisateurs de connaître leur consommation détaillée. Et souligne au passage que l’impact sur la consommation d’électricité pourrait être assez faible. Fin 2017, seuls 1,5 % des usagers disposant de compteurs Linky ont ouvert un compte pour connaître leur consommation.
Enfin, la Cour déplore un « défaut de pilotage » de la part de l’Etat et d’Enedis, en ce qui concerne pédagogie et communication.
Politique vaccinale : des mesures « mal coordonnées » et « insuffisantes »
Face à la montée de « l’hésitation vaccinale » chez une partie de la population française, les pouvoirs publics n’ont pris que des mesures « de portée limitée » au travers d’une « succession de plans inaboutis ». Le rapport critique avec sévérité la politique vaccinale menée ces dernières années, faite selon elle de « mesures partielles », « mal coordonnées » et « insuffisantes » face à la réémergence de certaines maladies, comme la rougeole (24 000 cas déclarés entre 2008 et 2016).
L’institution dénonce notamment une stratégie d’information et de communication en matière de vaccins « partielle et imparfaite », et juge « particulièrement dommageable » la position en « complet retrait » du ministère de l’éducation nationale à l’égard des problématiques de vaccination. Ce constat intervient quelques semaines après un important changement sur cette question : le passage de trois à onze vaccins obligatoires pour les enfants nés après le 1er janvier 2018. Une mesure certes saluée par la Cour, qui y voit une « clarification attendue et nécessaire », mais qui « ne suffira pas à elle seule à rétablir durablement la confiance ».
Pour y parvenir, les magistrats formulent des propositions, dont plusieurs sont déjà à l’étude. Ils suggèrent par exemple d’autoriser davantage de professionnels de santé à pouvoir vacciner, dans la lignée de l’expérimentation qui a permis à des pharmaciens de vacciner sous certaines conditions contre la grippe. Ils souhaitent également la mise en place de façon prioritaire d’un « registre de vaccination unique ».
Regrettant la faible couverture vaccinale antigrippale des professionnels de santé, la Cour émet le vœu qu’ils soient tous obligatoirement vaccinés contre le virus. Une disposition déjà prévue par la loi, mais jamais appliquée.
La régulation du secteur de la sécurité privée étrillée
C’est un coup de semonce que la Cour des comptes adresse au secteur de la sécurité privée. Alors que l’Etat confère à ces entreprises toujours plus de missions et étend progressivement les pouvoirs de leurs agents, l’institution critique l’absence de pilotage de cette dynamique et s’alarme de la régulation « lacunaire » du secteur face à des risques patents en matière de moralité et de fraude. Le rapport de la Cour tire à boulets rouges sur le Conseil national des activités privées de sécurité (Cnaps), autorité de régulation qui n’est « pas à la hauteur des attentes ».
Le secteur de la sécurité privée jouit d’une croissance forte mais demeure éclaté en une myriade de sociétés peu rentables se livrant une « concurrence sévère ». Celles-ci pratiquent notamment un dumping social grâce à une variable d’ajustement : une main-d’œuvre « volatile, très peu qualifiée et mal rémunérée ». Pourtant, l’Etat n’a eu de cesse de déléguer des missions au privé comme la surveillance de bâtiments publics. En dix ans, près de 600 équivalents temps plein ont ainsi été externalisés.

        Lire l’intégralité de cet article :
         

          La régulation du secteur de la sécurité privée étrillée par la Cour des comptes



La coûteuse sortie des emprunts à risque pour les finances publiques
Fin 2017, le coût pour les finances publiques de la sortie des emprunts à risque contractés par les collectivités territoriales dans les années 2000 aura atteint plus de 3 milliards d’euros, dont 1 milliard supporté par l’Etat et 2 milliards par les collectivités elles-mêmes. Un coût de sortie « élevé », estime la Cour.
Depuis les lois de décentralisation de 1982 et 1983, les collectivités territoriales ont acquis le droit de souscrire différentes formules d’emprunt. C’est dans le courant des années 2000 qu’apparaissent des produits dits « structurés » reposant sur des taux d’intérêt variables à court et à long terme ou sur des parités de devises. La banque Dexia s’est fait une spécialité de ce type de dispositif, très attractif au départ car proposant des taux inférieurs aux conditions du marché.
La crise de 2008, et l’envolée des taux qui s’en est suivie, va faire déchanter les collectivités , dont environ un millier se sont ainsi retrouvées à devoir éponger des encours d’emprunts dits sensibles, devenus des « emprunts toxiques », pour un montant d’une dizaine de milliards d’euros. Ce qu’elles étaient bien dans l’incapacité de faire.
L’Etat a alors dû intervenir. En janvier 2013, il est devenu actionnaire de la Société de financement local (SFIL), qui a repris pour 8,5 milliards d’euros d’encours sensibles des prêts accordés aux collectivités territoriales par Dexia. Il a ensuite mis en place un fonds de soutien aux collectivités doté initialement de 1,5 milliard d’euros. Un montant doublé en 2015. Parmi les plus gros bénéficiaires, figurent notamment le conseil départemental du Rhône (127 millions d’euros), la collectivité territoriale de Corse (104 millions) et la métropole de Lyon (101 millions).
Pour les finances publiques, même si le dispositif a incontestablement permis de circonscrire les effets dévastateurs de ces emprunts toxiques et d’amortir les risques pesant sur les collectivités, le coût aura été significatif. Pour les représentants du gouvernement, cependant, ce coût de 3 milliards d’euros doit être mis en perspective avec le risque de plus de 17 milliards d’euros pour l’Etat qui aurait pu résulter des pertes encourues par la SFIL et Dexia.

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                La Cour des comptes dresse un bilan « en demi-teinte » du plan de rénovation des universités


Cette crise des emprunts à risque aura constitué une des plus graves ayant affecté les finances locales au cours des dernières décennies, entremêlant la triple responsabilité des collectivités territoriales, des banques et de l’Etat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Dans son rapport annuel, la Cour des comptes pointe les retards pris par l’opération Campus, lancée en 2008 par Nicolas Sarkozy. Notamment en raison d’un mode de financement jugé peu adapté.
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La Cour des comptes dresse un bilan « en demi-teinte » du plan de rénovation des universités

Dans son rapport annuel, la Cour des comptes pointe les retards pris par l’opération Campus, lancée en 2008 par Nicolas Sarkozy. Notamment en raison d’un mode de financement jugé peu adapté.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 14h25
    |

            Eric Nunès








                        



   


Dix ans après le lancement d’un grand plan de rénovation du parc immobilier universitaire par Nicolas Sarkozy, la Cour des comptes dresse, dans son rapport annuel publié mercredi 7 février, un premier bilan « en demi-teinte » de cette « opération campus ».
La pertinence du chantier n’est pas remise en cause. « L’état du bâti immobilier des universités nécessitait une intervention exceptionnelle de l’Etat, après plusieurs années de déshérence », rappelle la Cour. En effet, plus de 40 % de leurs locaux étaient considérés en « état moyen ou dégradé » en 2008. Parmi eux, un grand nombre de bâtiments ne répondaient pas aux normes de sécurité pour des établissements accueillant du public. A Strasbourg, Lille et Clermont-Ferrand, les universités avaient reçu un avis défavorable d’ouverture au public « pour plus de 50 % de leurs surfaces », notent les auteurs du rapport. A Paris, « l’université Paris-Descartes a [vait] dû évacuer en 2007 ses étudiants en médecine d’un bâtiment en raison d’un dépassement des seuils réglementaires d’empoussièrement en fibres d’amiantes ».
Le redressement de cette situation se voit inscrit en 2007 dans la lettre de mission de Valérie Pécresse, quand elle est nommée ministre de l’enseignement supérieur. Quant au financement de ce vaste programme, Nicolas Sarkozy précise en novembre de la même année qu’il sera assuré par la vente de 3 % du capital d’EDF, évalué à 5 milliards d’euros.
Lire aussi (édition abonnés) : 3 % du capital d’EDF seront affectés aux campus et logements étudiants
Pourtant, dix ans plus tard, l’opération « est loin d’être terminée », remarque la Cour des comptes. Si plusieurs sites ont achevé leurs travaux (Grenoble, Aix-Marseille), d’autres sont encore en phase d’études pour tout ou partie de leurs projets (Toulouse, Montpellier, Nice). Quant à celui du Havre, il a été suspendu. Finalement, seulement un quart des opérations principales ont été livrées en 2017. L’achèvement du projet est aujourd’hui reporté à 2023, dans des délais « bien supérieurs aux annonces initiales ». 
Des contrats « rigides et complexes »
Pourquoi une telle lenteur ? L’opération a été marquée « par des difficultés portant sur les modalités de financement et de réalisation », constate la cour. La session d’actions d’EDF n’a rapporté que 3,7 milliards d’euros, au lieu des 5 milliards prévus. Il a donc fallu ajouter, en mars 2010, un programme de financement complémentaire de 1,3 milliard d’euros. « Le recours à la vente de participations de l’Etat pour financer l’opération Campus n’était pas adapté », analyse la Cour. La vente massive de titres EDF a entraîné une baisse du titre de 3 % en une séance, alors que parallèlement le CAC 40 augmentait de 1,3 %.
Pour réaliser l’opération Campus, le ministère impose alors aux universités candidates un recours aux partenariats public-privé. Des « contrats rigides et complexes » qui présentent un risque de surcoût et « la plupart des universités ne disposaient pas des compétences nécessaires pour suivre l’exécution du contrat », indique le rapport.
En juin 2012, après la victoire de François Hollande à la présidentielle, la nouvelle ministre de l’enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, recommande l’abandon du recours exclusif aux contrats de partenariats. En 2013 plusieurs sites (Paris, Strasbourg, Toulouse et Montpellier) basculent la totalité de leurs opérations en maîtrise d’ouvrage public. « Les retards importants s’expliquent par l’impréparation des universités à faire face rapidement à des projets d’une telle ampleur », insiste la Cour des comptes, ainsi que par les « tergiversations » sur les modalités de réalisation.
« les buts finaux autres qu’immobiliers ont été négligés »
Enfin, l’un des moteurs qui justifiait l’investissement massif pour l’opération campus était de favoriser les sites engagés dans une dynamique de regroupement via la mise en place de pôles de recherches et d’enseignement supérieur, la fusion d’établissements, en vue de créer des universités compétitives au niveau mondial. Mais « cette dimension a rapidement disparu des objectifs ministériels », pointent les auteurs, et « les buts finaux autres qu’immobiliers ont été négligés. »

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                Logement étudiant : le « plan 40 000 » avance lentement


En conclusion, la Cour des comptes recommande notamment, au ministère comme aux universités, de « capitaliser sur les compétences acquises en matière immobilière » durant ces dix années de mise en œuvre et engage les acteurs « à ne pas perdre le bénéfice de cet investissement massif », en mettant en place une politique d’entretien et de maintenance du parc immobilier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Pour Patrick Fournié, proviseur du lycée situé à Sceaux, le choix de l’étranger plutôt que les classes préparatoires opéré par des élèves à haut potentiel doit interroger le modèle pédagogique des prépas
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Prépas : à Lakanal, le « coaching » a remplacé les « khôlles »

Pour Patrick Fournié, proviseur du lycée situé à Sceaux, le choix de l’étranger plutôt que les classes préparatoires opéré par des élèves à haut potentiel doit interroger le modèle pédagogique des prépas



Le Monde
 |    07.02.2018 à 07h48
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 07h49
    |

                            Soazig Le Nevé








                        


Au sein de l’association des proviseurs de lycées à classes prépa, son discours détonne. Plus préoccupé que ses homologues par l’évaporation soudaine d’élèves admis en prépas, Patrick Fournié, proviseur du lycée Lakanal, à Sceaux (Hauts-de-Seine), met les bouchées doubles pour éteindre ces signaux faibles qui écornent le prestige des prépas. « C’est un sujet sensible que je prends très au sérieux », dit-il.

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A ses yeux, « c’est la pression parentale et celle du système scolaire qui font envisager aux jeunes des études postbac différentes ». Cours de soutien au lycée, coaching, séjours linguistiques… « Beaucoup d’élèves ont vécu avant l’heure le rythme d’une prépa, et ils en ont assez », assène-t-il.
Afin de capter les meilleurs élèves en amont, le proviseur de Lakanal dispose d’un chargé de mission international, qui parcourt le monde pour défendre les couleurs des prépas tricolores auprès des enfants de diplomates et d’expatriés scolarisés dans les lycées français à l’étranger.
Attractivité de la vie scolaire
Organisés au sein même des établissements, les forums sur l’orientation grouillent d’opérateurs anglo-saxons, français ou du pays d’accueil, recrutant après le bac. « Pour ces élèves-là, le marché de l’éducation est déjà mondialisé. Partir ne leur fait pas peur, et ils ne connaissent aucune problématique financière. Ils se retrouvent avec le monde entier devant eux, rapporte le chargé de mission, Guillaume Vincenot, professeur et responsable des relations internationales au lycée Lakanal. Les classes prépa, c’était prestigieux, mais les élèves d’aujourd’hui ne sont plus dans cette dynamique. Ils se demandent quelles activités sont prévues et quelles associations existent. C’est une vision américaine des études. Laquelle n’est pas du tout en phase avec notre propos et l’ambition intellectuelle que l’on propose en prépa. »

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Et « les concurrents », dit-il, l’ont bien compris, qui présentent des plaquettes promotionnelles et des vidéos sur le week-end d’intégration, les installations sportives, les voyages… « C’est un discours marqueté sur le bien-être. Ces organismes ne jouent que sur l’attractivité de la vie scolaire », décrypte Guillaume Vincenot.
En guise de contre-attaque, l’émissaire de Lakanal ne parle plus aux élèves de « khôlles », mais de sessions de « coaching individualisé », lors desquelles des professeurs qualifiés sont à la disposition des élèves pour leur montrer la méthodologie à suivre et les techniques à mobiliser. « C’est d’ailleurs ça, la réalité d’une classe prépa !, s’amuse-t-il. Nous avons pris conscience qu’on n’emploie pas les bons mots, car la communication et le marketing ne sont pas dans notre ADN. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Plutôt que d’intégrer la classe préparatoire dans laquelle ils ont été admis, une poignée d’élèves décident de quitter la France pour goûter à un autre type d’excellence plus en phase avec leur mode de vie. Garantissant un travail bien rémunéré et offrant « un très bon retour sur investissement ».
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Ces bons élèves qui boudent les prépas

Plutôt que d’intégrer la classe préparatoire dans laquelle ils ont été admis, une poignée d’élèves décident de quitter la France pour goûter à un autre type d’excellence plus en phase avec leur mode de vie. Garantissant un travail bien rémunéré et offrant « un très bon retour sur investissement ».



Le Monde
 |    07.02.2018 à 07h40
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 11h34
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                            Soazig Le Nevé








                        



   


A la rentrée prochaine, Djilali Azaoui aura le choix : intégrer l’University College London, le King’s College ou la London School of Economics. Les trois prestigieuses universités londoniennes lui ont d’ores et déjà réservé une place, en histoire, sous réserve qu’il obtienne la mention « très bien » au bac. Djilali Azaoui est en terminale ES au lycée Lacordaire, à Marseille. Il a une moyenne supérieure à 17/20 et une ambition claire : ses études, c’est dans un parcours d’excellence à l’étranger qu’il veut les inscrire, pas dans une prépa française. « J’ai envie d’étudier, de travailler mais surtout de vivre dans une capitale culturelle, financière et politique qui me transmette une culture et un mode de vie anglo-saxons, qui me fascinent depuis mon plus jeune âge », raconte le jeune homme.

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Certes, le montant de la scolarité dans ces universités s’élève à 9 250 livres sterling par an (10 500 euros), auxquels il faut ajouter le coût du logement universitaire de 800 livres par mois (900 euros). « Mais il ne faut pas oublier que ces frais sont à peu près les mêmes que ceux des meilleures écoles de commerce parisiennes », nuance Djilali Azaoui. Le jeune homme fait un autre calcul, sous forme de pari sur l’avenir : l’accès à l’une de ces universités garantissant un travail bien rémunéré, ces études représentent en réalité « un très bon retour sur investissement ». Prestigieux, UCL, King’s et la LSE sont des établissements qui nouent des partenariats avec les plus grandes entreprises et peuvent se prévaloir d’un très puissant réseau d’anciens.
« La prépa, on s’y inscrit par mimétisme »
Pour une poignée d’excellents lycéens, les classes prépa – de tout temps prisées par les meilleurs (42 600 nouveaux élèves en 2017 et 10 000 étudiants supplémentaires au total en dix ans) – ne sont plus qu’un « plan B ». Bien sûr, ils s’y inscrivent par sécurité, validant leur choix jusqu’à la dernière étape sur APB et bientôt sur Parcoursup. Mais ils n’ont d’autre idée en tête que de les éviter. « La prépa, on s’y inscrit par mimétisme », témoigne Johanna Pretot, qui a intégré HEC Montréal aussitôt son bac en poche, au lieu de faire sa rentrée dans la prépa aux écoles de commerce de la région parisienne qui l’avait admise. Le proviseur de son lycée, à Reims, avait bien tenté de la dissuader de partir. Mais pas pour de bonnes raisons, selon la jeune femme : « Il craignait surtout de perdre en prestige car mon lycée était petit et le fait qu’un élève de moins intègre une prépa faisait baisser ses statistiques ».

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Marginal mais constant, le phénomène n’est pas comptabilisé précisément par le ministère de l’enseignement supérieur. « On sait qu’en moyenne, 4 000 places de prépas restent vacantes à la rentrée alors que les élèves avaient reçu un oui définitif et avaient dit oui eux-mêmes, indique Claude Boichot, ancien inspecteur général de l’éducation nationale chargé des prépas entre 1994 et 2012. Parmi les élèves manquant à l’appel, plus de 1 000 ont finalement rejoint un IEP, et presque autant un BTS. Mais les autres, on n’en sait rien. »
« Des mythes circulent »
En 2007, bien qu’admis en prépa scientifique PCSI au lycée Henri-IV de Paris, Matthieu Vallin a préféré partir à l’Imperial College de Londres. « Mes amis français pensaient que j’étais fou !, se souvient-il. Il y a dix ans, j’étais un des seuls, mais je vois que c’est beaucoup plus courant aujourd’hui. »
Cette évaporation laisse impassible Jean Bastianelli, le président de l’association des proviseurs de lycées à classes préparatoires aux grandes écoles (APLCPGE) et proviseur du lycée Louis-le-Grand à Paris. « Des mythes circulent, raconte-t-il. Quand je suis arrivé à mon poste il y a trois ans, tout le monde m’a alerté en disant : “Tu verras, l’étranger concurrence les prépas, il n’y a plus que ça qui compte aux yeux des élèves.” Mais ce n’est pas ce que j’ai pu constater en arrivant dans ce lycée : sur 25 élèves de terminale qui avaient fait un dossier pour partir à l’étranger, 20 sont restés à Louis-le-Grand en prépa. » A la rentrée dernière, seulement trois élèves sont partis, dont deux à Londres (à la LSE et à l’Imperial College).
« J’ai rencontré beaucoup d’élèves ayant étudié dans d’excellentes prépas et qui sont déçus de leur école par la suite »
L’Imperial College plutôt que la prépa Fénelon - Sainte-Marie, ce fut aussi le choix de Victor Badoual à la rentrée 2017. « Lorsque j’ai eu mon oral d’admission, le professeur m’a demandé pourquoi je ne restais pas en France alors que les ingénieurs français font partie des meilleurs au monde, raconte-t-il. Je lui ai expliqué mes motivations à suivre une éducation plus basée sur la pratique, sur les projets et la recherche, mais aussi plus spécialisée dès le début. Il m’a répondu que c’est en effet la différence entre les deux systèmes, mais que les deux se valent et excellent à leur façon. » 

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Son camarade Edouard Martin (qui était admis dans la même prépa) complète en pointant « la principale faiblesse des prépas » : l’incertitude, qui demeure jusqu’aux résultats du concours, deux ans, voire trois ans après. « Personne n’a la garantie d’avoir une bonne école et de ce fait, un bon diplôme. J’ai rencontré beaucoup d’élèves ayant étudié dans d’excellentes prépas et qui sont déçus de leur école par la suite », confie-t-il.
Trouver une alternative
Un sentiment partagé par Léo Meynent, qui a opté pour un bachelor à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (l’EPFL recrute les bac S mention « très bien ») alors qu’il était admis dans deux très bonnes prépas, aux lycées du Parc à Lyon et Champollion à Grenoble. « Plus que partir à l’étranger, j’avais envie de trouver une alternative à la classe préparatoire », explique-t-il.
Le jeune homme se tourne alors vers les prépas intégrées, comme dans les instituts nationaux des sciences appliquées (INSA) ou les instituts nationaux polytechniques (INP). « Ces cursus semblaient assez intéressants pour un parcours ingénieur, mais ne sortaient pas vraiment de la “pédagogie prépa”, explique-t-il. C’est alors que j’ai entendu parler de l’EPFL, qui mélangeait un cursus d’ingénieur très reconnu à une méthode d’enseignement plus proche de celle de l’université. » Le tout dans un décor de rêve, au bord du lac Léman, et à 1 266 francs suisses (soit 1 090 euros) l’année.

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Son compatriote Nicolas Lesimple acquiesce : « Nous avons un cadre de travail magnifique ainsi qu’un centre sportif. On nous demande beaucoup de travail mais l’EPFL nous apprend vraiment à travailler tout en prenant le temps de faire du sport, la fête, et de participer à la vie associative du campus. Le travail passe bien sûr avant tout, mais nous sommes vraiment encouragés à nous épanouir en dehors de nos cours. »
Ouverture internationale
En première année, 39 % des étudiants sont des bacheliers français, soit 678 élèves. « Notre section génie mécanique attire beaucoup, souligne Daniel Chuard, délégué à la formation à l’EPFL. Nous savons que nous sommes attractifs et ce, notamment parce que notre diplôme est reconnu par la Commission des titres d’ingénieurs française » – qu’il s’agisse du bachelor ou des masters. De plus, l’établissement mise sur l’ouverture internationale : les stages à l’étranger, les échanges avec d’autres pays font partie de la formation, surtout en troisième année du bachelor et lors des projets de master. L’effectif des élèves est lui-même très cosmopolite puisque pas moins de 120 nationalités s’y côtoient.

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Partir à l’étranger pour « s’ouvrir » plutôt que « subir » une prépa, tel est bien le leitmotiv de ces jeunes talents en fuite.
Partir à l’étranger pour « s’ouvrir » plutôt que « subir » une prépa, tel est bien le leitmotiv de ces jeunes talents en fuite. Pour François Beckrich, proviseur du lycée Pierre-de-Fermat à Toulouse, ces étudiants n’avaient de toute façon « pas fait, d’abord, le choix de la prépa ». Car « on n’y vient pas par hasard, affirme-t-il. On adhère à des exigences, des fondamentaux et aux qualités intrinsèques d’une prépa ».

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Et Jean Bastianelli, président de l’APLCPGE, de renchérir : « Je préviens toujours les lycéens que s’ils rêvent d’un campus à l’américaine, ce n’est pas la peine de venir en prépa car ils seraient malheureux. » Certains partent et d’autres restent, comme il en va depuis toujours. Aux yeux d’une majorité de proviseurs de lycées à CPGE, l’honneur des prépas reste donc sauf.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ D’un diamètre de 10 à 15 centimètres, les médaillons en cuivre gravés se multiplient au sol. Que ce soit pour délimiter des places de stationnement, une bande cyclable ou pour valoriser le patrimoine, les municipalités en raffolent.
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Mobilier urbain : les villes enfoncent le clou


                      D’un diamètre de 10 à 15 centimètres, les médaillons en cuivre gravés se multiplient au sol. Que ce soit pour délimiter des places de stationnement, une bande cyclable ou pour valoriser le patrimoine, les municipalités en raffolent.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 07h15
    |

                            Olivier Razemon








   


Une fleur de lys, une horloge, un oiseau, une tour cathare… Il suffit de baisser les yeux pour les apercevoir. Gravés sur de petits clous cuivrés fichés dans le sol, ces symboles s’affichent sous les pieds des passants dans de nombreuses villes. D’un diamètre de 10 à 15 centimètres, les « clous de voirie », comme les aménageurs ont baptisé ce discret mobilier urbain, luisent sur les dalles des rues piétonnes les jours de pluie, ou brillent sous le soleil dans la poussière des trottoirs. Cette mode consistant à fixer des emblèmes au sol se répand depuis quelques années. Montpellier (Hérault) a scellé ses clous en 2004, Metz (Moselle) s’y est mise en 2007, Dole (Jura) en 2011, Vannes (Morbihan) en 2016. « Le volume des commandes progresse régulièrement, émanant de villes qui veulent mettre en valeur leur patrimoine », constate Alexandre Collomb-Clerc, responsable de la société Openspace, spécialisée en mobilier urbain.
Anciens passages piétons
Ces clous ne sont pas des nouveaux venus en ville. Ils servaient autrefois à matérialiser les cheminements permettant aux piétons de traverser la rue. Ils ont été remplacés dès les années 1960 par des bandes blanches, mais les expressions « rester dans les clous » ou « traverser en dehors des clous » perdurent. De nos jours, ces petits éléments de voirie sont affectés à diverses fonctions. Des municipalités mais aussi des institutions privées, musées ou entreprises, en installent pour délimiter des places de stationnement, une bande cyclable ou une terrasse de café. Généralement métalliques, plus rarement en plastique, ils sont parfois dotés d’« yeux de chat », des billes de verre réfléchissant la lumière dès qu’il fait nuit.

   


De plus en plus, on leur assigne une délicate mission, consistant à valoriser le patrimoine. L’enjeu est crucial dans les villes petites et moyennes, touchées par la dévitalisation des commerces, une proportion croissante de logements vides et l’indifférence des touristes. Dès lors, les clous, aussi baptisés « médaillons », sonnent comme autant d’opérations promotionnelles : « Voyez le blason, vous êtes bien à Digne-les-Bains », « Ici Toulon, un indice, voici une ancre », ou encore « C’est Chalon-sur-Saône, la preuve, c’est écrit par terre ». Moins solennels que les plaques de marbre apposées aux murs, plus élégants que les panneaux de signalisation, plus pérennes que les dépliants touristiques, les clous de voirie se sont imposés comme outils de promotion.
Ambassadeurs de la ville
Il est difficile de déterminer qui a eu, le premier, l’idée de faire de ces morceaux de métal des ambassadeurs de la ville. Un collectionneur savoyard, Michel Mazzella, possède un clou frappé de l’écusson de la ville d’Annecy (Haute-Savoie), œuvre d’un sculpteur de Rumilly (Haute-Savoie) destinée à « clouter les rues pavées du vieil Annecy, mais qui n’a jamais servi », raconte-t-il sur son blog. A Paris, depuis 2000, des médaillons sculptés au nom de François Arago, astronome et homme politique, marquent la « méridienne verte », qui matérialise le méridien de Paris. Mais, s’il y a un précurseur de la tendance, il est peut-être à chercher à Nîmes (Gard). Dans les années 1980, le designer Philippe Starck, sous l’impulsion du maire de l’époque, Jean Bousquet, a remis au goût du jour le crocodile, qui ornait des pièces de monnaie sous l’Empire romain. La vedette du design a placé cet emblème sur le logo de la ville, un abri d’autobus de sa création et des clous dorés qui parsèment l’Ecusson, le centre ancien de Nîmes. Ce blason « ne manque pas de piquer la curiosité des visiteurs », peut-on lire sur le site de la ville.

   


Car les clous de voirie ont une vocation avant tout patrimoniale. A Tournus (Saône-et-Loire), la municipalité en a installé une vingtaine en 2010 pour matérialiser un circuit de découverte. « Nous avions suivi l’exemple du parcours de la chouette, à Dijon, qui mène les touristes d’une attraction touristique à une autre », explique Monique Monnot, alors adjointe à la culture de cette ville de 5 700 habitants des bords de Saône. Les clous fichés dans le pavé tournusien, triangulaires, sont gravés de la représentation d’un personnage local, Gerlannus. Cette tête sculptée orne un chapiteau de la chapelle Saint-Michel, attenante à l’église abbatiale Saint-Philibert, la fierté de la ville. Comme Tournus, Metz a matérialisé des parcours à l’aide de symboles facilement reconnaissables, la façade de l’opéra, l’horloge de la gare ou Graoully, le dragon qui a, selon la légende, terrorisé la population messine avant que celle-ci ne se convertisse au christianisme. A Besançon (Doubs), il faut suivre des flèches, triangles de bronze décorés d’horloges comtoises ou de la citadelle. A Auxerre (Yonne), c’est Cadet Rousselle, un excentrique huissier à qui l’on fit une chanson, qui accompagne les visiteurs.
Un symbole esthétique et historique
Le choix du symbole appelé à être gravé dans le métal revêt la plus haute importance, au point que c’est parfois le maire en personne qui préside à cette décision. L’image ou l’inscription doit rappeler l’histoire ou la géographie de la ville, susciter la curiosité, sans oublier l’aspect esthétique. Cognac (Charente) a ainsi choisi un alambic, Auvers-sur-Oise (Val-d’Oise), la signature de Vincent Van Gogh et Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), un féroce « chien du guet », chargé autrefois de surveiller les alentours des remparts à la nuit tombée. A Orléans (Loiret), on peut voir, sur le sol, une Jeanne d’Arc sur son cheval, portant une bannière manifestement surdimensionnée. « Les municipalités aimeraient inscrire le plus possible de choses sur un clou le plus petit possible », sourit M. Collomb-Clerc.

   


D’autres villes ont choisi un symbole bien connu, la coquille Saint-Jacques. Le parcours remplit alors une double fonction, matérialiser le centre-ville et indiquer aux pèlerins la direction de Compostelle. D’une ville à l’autre, les médaillons ne se ressemblent pas forcément. La coquille est tantôt stylisée, tantôt agrémentée d’un logo ou d’une inscription. Compostelle 2000, l’association francilienne des amis de Saint-Jacques, aimerait en poser davantage. « Nous avons convaincu une douzaine de localités d’Ile-de-France de placer des coquilles en bronze, mais Paris n’a pas répondu à nos sollicitations. Il en faudrait 300 dans la capitale », argumente Jean-François Fejoz, responsable du balisage de l’association.
Quelle que soit la ville, les balises métalliques sont l’apanage du cœur de ville, le quartier qui symbolise le mieux l’identité citadine. Dans la banlieue parisienne, Courbevoie s’est dotée en 2013 de clous en bronze portant le blason (un pont sur la Seine) et l’inscription « Ville de Courbevoie, Hauts-de-Seine ». On peut voir ces médaillons avenue de la ­Liberté, non loin de la gare de Bécon-les-Bruyères, « dans un quartier à caractère haussmannien, qui symbolise bien le centre-ville », indique Gérald ­Chirouze, directeur des services techniques.



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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les chercheurs Thomas Andrillon et Jérôme Sackur rappellent que les sciences cognitives restent avant tout les héritières de plusieurs siècles de réflexion sur le fonctionnement de l’esprit.
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« Il n’y a pas eu de big bang cognitif »

Dans une tribune au « Monde », les chercheurs Thomas Andrillon et Jérôme Sackur rappellent que les sciences cognitives restent avant tout les héritières de plusieurs siècles de réflexion sur le fonctionnement de l’esprit.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 06h48
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 11h47
    |

Thomas Andrillon (Docteur en neurosciences cognitives) et Jérôme Sackur (Philosophe, psychologue et professeur des universités)







                        



                                


                            
[Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a porté en début d’année sur les fonts baptismaux un nouvel organisme : le conseil scientifique de l’éducation nationale, dont il a confié la présidence à Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive au Collège de France. Objectif de ce scientifique : « Tenter de dégager des facteurs qui ont prouvé leur effet bénéfique sur l’apprentissage des enfants. » Même si les chercheurs en sciences cognitives n’occupent que six des vingt et un sièges dudit conseil, cette nouvelle orientation du ministère de l’éducation nationale suscite de vives polémiques. Tant les syndicats que des chercheurs renommés craignent que les sciences cognitives prennent le pas sur les sciences de l’éducation. Pour eux, enseigner est un art et non une science. De plus, les sciences cognitives sous-estimeraient l’influence de l’environnement social de l’élève dans ses performances. Au contraire, les partisans des neurosciences affirment que leurs thèses sont trop souvent caricaturées et qu’ils sont tout à fait conscients de cette influence.]
Tribune. Les sciences cognitives semblent aujourd’hui triomphantes. La nomination du conseil scientifique de l’éducation nationale, présidé par le cognitiviste Stanislas Dehaene, apparaît comme une nouvelle démonstration de leur omniprésence. Mais à mesure qu’elles s’étendent, elles inquiètent. Le SNUIPP [Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC], appuyé par une cinquantaine de personnalités, appelle le gouvernement à une plus grande diversité des approches pour guider les politiques éducatives. Ces craintes sont-elles fondées ? Les sciences cognitives sont-elles porteuses, comme il leur est souvent reproché, d’un réductionnisme annihilant l’individu et son contexte pour le remplacer par des « cerveaux de laboratoire » ?
Malgré ses airs de grande nouveauté, il n’y a pas eu de big bang cognitif. Les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Olivier Houdé, professeur de psychologie du développement, estime que le cerveau était jusqu’ici l’« angle mort » de l’éducation nationale.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/02/2018
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Olivier Houdé : « Les neurosciences, une révolution de l’éducation »

Dans une tribune au « Monde », Olivier Houdé, professeur de psychologie du développement, estime que le cerveau était jusqu’ici l’« angle mort » de l’éducation nationale.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 11h25
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Olivier Houdé (Ancien instituteur, professeur de psychologie du développement)







                        



                                


                            

[Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a porté en début d’année sur les fonts baptismaux un nouvel organisme : le conseil scientifique de l’éducation nationale, dont il a confié la présidence à Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive au Collège de France. Objectif de ce scientifique : « Tenter de dégager des facteurs qui ont prouvé leur effet bénéfique sur l’apprentissage des enfants ». Même si les chercheurs en sciences cognitives n’occupent que six des vingt et un sièges dudit conseil, cette nouvelle orientation du ministère de l’éducation nationale suscite de vives polémiques.] 
Tribune. Au début du XXe siècle, le courant de l’éducation nouvelle a réuni des médecins, psychologues et pédagogues passionnés – Maria Montessori en Italie, Célestin Freinet en France, Ovide Decroly en Belgique –, auprès d’enfants en grande difficulté, puis de tous les enfants. A la demande du gouvernement français, un psychologue parisien, Alfred Binet, s’est aussi intéressé il y a plus d’un siècle aux questions scolaires par le biais des différences interindividuelles d’intelligence et d’attention chez les enfants, à l’origine du quotient intellectuel (QI).

Ensuite, durant le XXe siècle, le Suisse Jean Piaget a exploré les stades du développement de l’intelligence des enfants comme forme optimale de l’adaptation biologique, disait-il, étant convaincu de l’ancrage cérébral des opérations logico-mathématiques (nombre, catégorisation, raisonnement) de l’enfant, de l’adolescent et de l’adulte. Il lui manquait toutefois, à l’époque, le moyen technologique de l’observer in vivo : l’imagerie cérébrale. Il s’est donc limité, expérimentalement, à déduire les mécanismes psychologiques des opérations logico-mathématiques à partir de l’observation fine des comportements : actions et réponses verbales des enfants.
Recherche avec des enfants volontaires
Aujourd’hui, avec les progrès...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Le président compte reprendre l’objectif de 15 000 nouvelles places en incluant des établissements « ouverts », sans barreaux ni miradors.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/02/2018
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Macron veut construire plus rapidement des prisons plus diversifiées

Le président compte reprendre l’objectif de 15 000 nouvelles places en incluant des établissements « ouverts », sans barreaux ni miradors.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 17h23
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            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            
En annonçant dès le 15 janvier, au premier jour du mouvement de protestation des surveillants de prison, qu’un « plan pénitentiaire global » serait prêt avant la fin du mois de février, le président de la République a pris date, avec l’intention de faire des annonces fortes. Selon nos informations, Emmanuel Macron devrait en particulier décider d’accélérer le plan de construction de 15 000 places de prisons annoncé par le gouvernement Valls en septembre 2016, mais non financé.
Nicole Belloubet, la ministre de la justice, a affirmé jusqu’ici pouvoir s’engager sur la livraison (ou la pose de la première pierre) de 10 000 places, avant la fin du quinquennat. Un objectif déjà ambitieux alors que le délai moyen pour faire sortir de terre de tels établissements est de sept ans, hors aléas juridiques. L’horizon fixé par le précédent gouvernement était d’ailleurs 2027. Pour l’heure, le budget 2018 du ministère de la justice prévoit 26 millions d’euros pour ce programme. Une goutte d’eau pour un plan qui pourrait dépasser les 2 milliards d’euros. Juste de quoi lancer des études sur une poignée d’établissements et commencer à acquérir des terrains.
Mais le président de la République en veut plus et plus vite. Afin de pouvoir inscrire l’objectif de 15 000 places de prison supplémentaires (s’ajoutant aux 60 000 actuelles) dans le temps du quinquennat, l’Elysée devrait annoncer des réformes législatives permettant de réduire les délais inhérents à ce type d’investissement public.
Diversification des établissements pénitentiaires
Surtout, le plan de construction devrait reposer sur une forte diversification des établissements pénitentiaires. « Nous ne devons pas avoir un modèle unique de prisons », a prévenu la garde des sceaux devant la commission des lois du Sénat, jeudi 1er février. Selon Mme Belloubet, « la réponse doit être adaptée à la situation du détenu ». Des établissements hypersécurisés ne sont pas...




                        

                        

